1. La grâce et le sens de la foi véritable1. Grace and the Meaning of Genuine Faith
John Wesley, Sermons on Several Occasions, sermons I et II : « Le salut par la foi » (Éphésiens 2.8 ; prêché à St. Mary’s, Oxford, devant l’Université, le 18 juin 1738) et « Le presque chrétien » (Actes 26.28 ; prêché à St. Mary’s, Oxford, devant l’Université, le 25 juillet 1741), tirés de The Works of the Rev. John Wesley, vol. I (Bristol : William Pine, 1771), transcrits dans le livre numérique 59743 du Projet Gutenberg. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John Wesley, Sermons on Several Occasions, Sermons I and II: “Salvation by Faith” (Ephesians 2:8; preached at St. Mary’s, Oxford, before the University, June 18, 1738) and “The Almost Christian” (Acts 26:28; preached at St. Mary’s, Oxford, before the University, July 25, 1741), from The Works of the Rev. John Wesley, vol. I (Bristol: William Pine, 1771), transcribed as Project Gutenberg ebook 59743. Primary source; the interpretations are the author’s.
Note du STC : Wesley écrit dans l’anglais du XVIIIe siècle. Dans l’édition de 1771, l’italique marque d’ordinaire les paroles de l’Écriture ; il est conservé ici. L’astérisque (*) signale les passages que Wesley lui-même jugeait les plus dignes d’attention. Ses notes sont données entre crochets à l’endroit où elles se trouvent. « Païen » (heathen) désigne un non-chrétien ; les « dispositions » (tempers) sont des inclinations stables du cœur ; « notre Église » est l’Église d’Angleterre, et l’« Homélie » citée est l’un de ses sermons officiels. Les vers latins du Sermon II sont du poète romain Horace ; les notes de Wesley lui-même les traduisent.CTS note: Wesley writes in eighteenth-century English. In the 1771 edition, italics usually mark the words of Scripture; they are kept here. An asterisk (*) marks the passages Wesley himself judged most worthy of attention. His footnotes are given in square brackets where they occur. “Heathen” means a non-Christian; “tempers” are settled dispositions of the heart; “our church” is the Church of England, and the “Homily” quoted is one of its official sermons. The Latin lines in Sermon II are from the Roman poet Horace; Wesley’s own footnotes translate them.
SERMON I. LE SALUT PAR LA FOI.SERMON I. SALVATION BY FAITH.
Éphésiens 2.8. C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi.EPHES. ii. 8. By grace ye are saved through faith.
1. Toutes les bénédictions que Dieu a accordées à l’homme viennent de sa pure grâce, de sa bonté ou de sa faveur : sa faveur gratuite, imméritée ; une faveur entièrement imméritée, l’homme n’ayant aucun droit à la moindre de ses miséricordes. Ce fut la grâce gratuite qui forma l’homme de la poussière de la terre, et souffla en lui une âme vivante, qui imprima sur cette âme l’image de Dieu, et qui mit toutes choses sous ses pieds. Cette même grâce gratuite nous continue, aujourd’hui encore, la vie, le souffle et toutes choses. Car il n’est rien de ce que nous sommes, de ce que nous avons ou de ce que nous faisons, qui puisse mériter la moindre chose de la main de Dieu. Toutes nos œuvres, ô Dieu, c’est toi qui les as accomplies en nous. Ce sont donc là autant de preuves de plus de sa libre miséricorde. Et quelque justice qui puisse se trouver dans l’homme, elle aussi est un don de Dieu.1. ALL the blessings which God hath bestowed upon man are of his mere grace, bounty or favour: his free, undeserved favour; favour altogether undeserved; man having no claim to the least of his mercies. It was free grace that formed man of the dust of the ground, and breathed into him a living soul, and stamped on that soul the image of God, and put all things under his feet. The same free grace continues to us, at this day, life and breath, and all things. For there is nothing we are, or have, or do, which can deserve the least thing at God’s hand. All our works thou, O God, hast wrought in us. These, therefore, are so many more instances of free mercy. And whatever righteousness may be found in man, this is also the gift of God.
2. Avec quoi donc un homme pécheur expiera-t-il le moindre de ses péchés ? Avec ses propres œuvres ? Non. Fussent-elles très nombreuses ou très saintes, elles ne sont pas à lui, mais à Dieu. Mais en vérité elles sont toutes, en elles-mêmes, impies et pécheresses, de sorte que chacune d’elles a besoin d’une nouvelle expiation. Seul un fruit corrompu pousse sur un arbre corrompu. Et son cœur est entièrement corrompu et abominable, étant privé de la gloire de Dieu, de cette glorieuse justice imprimée au commencement sur son âme, à l’image de son grand Créateur. C’est pourquoi, n’ayant rien à faire valoir, ni justice ni œuvres, il a la bouche entièrement fermée devant Dieu.2. Wherewithal then shall a sinful man atone for any the least of his sins? With his own works? No. Were they ever so many or holy, they are not his own, but God’s. But indeed they are all unholy and sinful themselves, so that every one of them needs a fresh atonement. Only corrupt fruit grows on a corrupt tree. And his heart is altogether corrupt and abominable; being come short of the glory of God, the glorious righteousness at first impress’d on his soul, after the image of his great Creator. Therefore, having nothing, neither righteousness nor works to plead, his mouth is utterly stopt before God.
3. Si donc des hommes pécheurs trouvent grâce devant Dieu, c’est grâce pour grâce. Si Dieu daigne encore répandre sur nous de nouvelles bénédictions, oui, la plus grande de toutes, le salut, que pouvons-nous dire à ces choses, sinon : Grâces soient rendues à Dieu pour son don ineffable ? Et il en est bien ainsi. En ceci Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous sauver. C’est donc par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. La grâce est la source, et la foi la condition, du salut.3. If then sinful men find favour with God, it is grace upon grace. If God vouchsafe still to pour fresh blessings upon us, yea, the greatest of all blessings, salvation; what can we say to these things, but thanks be unto God for his unspeakable gift! And thus it is. Herein God commendeth his love toward us, in that while we were yet sinners, Christ died to save us. By grace then are ye saved through faith. Grace is the source, faith the condition, of salvation.
Or, afin que nous ne restions pas privés de la grâce de Dieu, il nous importe de rechercher avec soin :Now, that we fall not short of the grace of God, it concerns us carefully to enquire,
I. Quelle est la foi par laquelle nous sommes sauvés ?I. What faith it is through which we are saved?
II. Quel est le salut qui s’obtient par la foi ?II. What is the salvation which is through faith?
III. Comment nous pouvons répondre à quelques objections.III. How we may answer some objections.
I. Quelle est la foi par laquelle nous sommes sauvés ?I. What faith it is through which we are saved?
1. Et d’abord, ce n’est pas simplement la foi d’un païen. Or Dieu demande à un païen de croire que Dieu existe ; qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent avec soin ; et qu’il doit être cherché en le glorifiant comme Dieu, en lui rendant grâces pour toutes choses, et par la pratique attentive de la vertu morale, de la justice, de la miséricorde et de la vérité envers ses semblables. Un Grec ou un Romain, oui, un Scythe ou un Indien, était donc inexcusable s’il ne croyait pas au moins ceci : l’existence et les attributs de Dieu, un état futur de récompense et de châtiment, et le caractère obligatoire de la vertu morale. Car ce n’est là que la foi d’un païen.1. And first, It is not barely the faith of an Heathen. Now God requireth of a Heathen to believe, That God is; that he is a rewarder of them that diligently seek him; and that he is to be sought by glorifying him as God, by giving him thanks for all things; and by a careful practice of moral virtue, of justice, mercy and truth toward their fellow creatures. A Greek or Roman therefore, yea, a Scythian or Indian, was without excuse if he did not believe thus much; The being and attributes of God, a future state of reward and punishment, and the obligatory nature of moral virtue. For this is barely the faith of a Heathen.
2. Ce n’est pas non plus, en second lieu, la foi d’un démon, bien que celle-ci aille beaucoup plus loin que celle d’un païen. Car le diable croit non seulement qu’il y a un Dieu sage et puissant, bon pour récompenser et juste pour punir, mais aussi que Jésus est le Fils de Dieu, le Christ, le Sauveur du monde. Ainsi le trouvons-nous déclarant en termes exprès, Luc 4.34 : Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. Et nous ne pouvons douter que cet esprit malheureux ne croie toutes les paroles sorties de la bouche du Saint ; oui, et tout ce qui a encore été écrit par ces saints hommes d’autrefois, à deux desquels il fut contraint de rendre ce glorieux témoignage : Ces hommes sont les serviteurs du Dieu Très-Haut, et ils vous annoncent la voie du salut. Voilà donc ce que croit le grand ennemi de Dieu et des hommes, et il tremble en le croyant : que Dieu a été manifesté en chair, qu’il mettra tous ses ennemis sous ses pieds, et que toute Écriture est inspirée de Dieu. Jusque-là va la foi d’un démon.2. Nor, 2dly, Is it the faith of a devil, tho’ this goes much farther than that of a Heathen. For the devil believes, not only, that there is a wise and powerful God, gracious to reward, and just to punish; but also, that Jesus is the son of God, the Christ, the Saviour of the world. So we find him declaring, in express terms, Luke iv. 34. I know thee, who thou art, the holy one of God. Nor can we doubt but that unhappy spirit believes all those words, which came out of the mouth of the holy one; yea, and whatsoever else was written by those holy men of old; of two of whom he was compell’d to give that glorious testimony, These men are the servants of the most high God, who shew unto you the way of salvation. Thus much then the great enemy of God and man believes, and trembles in believing, that God was made manifest in the flesh, that he will tread all enemies under his feet, and that all scripture was given by inspiration of God. Thus far goeth the faith of a devil.
3. En troisième lieu, la foi par laquelle nous sommes sauvés, dans le sens du mot qui sera expliqué plus loin, n’est pas simplement celle qu’avaient les apôtres eux-mêmes pendant que Christ était encore sur la terre ; bien qu’ils aient cru en lui au point de tout quitter pour le suivre ; bien qu’ils aient eu alors le pouvoir de faire des miracles, de guérir toute maladie et toute infirmité ; oui, qu’ils aient eu alors force et pouvoir sur tous les démons ; et, ce qui dépasse tout cela, qu’ils aient été envoyés par leur Maître pour prêcher le royaume de Dieu.3. Thirdly, The faith through which we are saved, in that sense of the word which will hereafter be explained, is not barely that which the apostles themselves had while Christ was yet upon earth; tho’ they so believed on him as to leave all and follow him; altho’ they had then power to work miracles, to heal all manner of sickness, and all manner of disease; yea, they had then power and authority over all devils: and which is beyond all this, were sent by their master to preach the kingdom of God.
4. Quelle est donc la foi par laquelle nous sommes sauvés ? On peut répondre, d’abord, en général, que c’est une foi en Christ : Christ, et Dieu par Christ, en sont les objets propres. En cela, elle se distingue donc suffisamment, absolument, de la foi des païens, anciens ou modernes. Et de la foi d’un démon, elle se distingue pleinement en ceci : elle n’est pas simplement une chose spéculative et rationnelle, un assentiment froid et sans vie, une suite d’idées dans la tête, mais aussi une disposition du cœur. Car ainsi parle l’Écriture : C’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice. Et : Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé.4. What faith is it then through which we are saved? It may be answered, first, in general, it is a faith in Christ; Christ, and God through Christ, are the proper objects of it. Herein therefore, it is sufficiently, absolutely, distinguished from the faith either of ancient or modern Heathens. And from the faith of a devil, it is fully distinguished by this, it is not barely a speculative, rational thing, a cold, lifeless assent, a train of ideas in the head; but also a disposition of the heart. For thus saith the scripture, With the heart, man believeth unto righteousness. And, If thou shalt confess with thy mouth the Lord Jesus, and shalt believe with thy heart, that God hath raised him from the dead, thou shalt be saved.
5. Et elle diffère de la foi qu’avaient les apôtres eux-mêmes pendant que notre Seigneur était sur la terre en ce qu’elle reconnaît la nécessité et le mérite de sa mort, et la puissance de sa résurrection. Elle reconnaît sa mort comme le seul moyen suffisant de racheter l’homme de la mort éternelle, et sa résurrection comme notre rétablissement à tous dans la vie et l’immortalité, puisqu’il a été livré pour nos offenses, et qu’il est ressuscité pour notre justification. La foi chrétienne est donc non seulement un assentiment à tout l’Évangile de Christ, mais aussi un plein appui sur le sang de Christ, une confiance dans les mérites de sa vie, de sa mort et de sa résurrection ; un repos sur lui comme notre expiation et notre vie, comme donné pour nous et vivant en nous ; et, en conséquence, une union avec lui et un attachement à lui comme à notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption.5. And herein does it differ from that faith which the apostles themselves had while our Lord was on earth, that it acknowledges the necessity and merit of his death, and the power of his resurrection. It acknowledges his death as the only sufficient means of redeeming man from death eternal; and his resurrection as the restoration of us all to life and immortality: inasmuch as he was delivered for our sins, and rose again for our justification. Christian faith is then, not only an assent to the whole gospel of Christ, but also a full reliance on the blood of Christ, a trust in the merits of his life, death, and resurrection; a recumbency upon him as our atonement and our life; as given for us, and living in us; and in consequence hereof, a closing with him, and cleaving to him, as our wisdom, righteousness, sanctification, and redemption.
II. Quel est le salut qui s’obtient par cette foi : c’est le second point à considérer.II. What salvation it is, which is through this faith, is the second thing to be considered.
1. Et d’abord, quoi qu’il implique encore, c’est un salut présent. C’est quelque chose qui peut être obtenu, oui, qui est réellement obtenu sur la terre par ceux qui ont part à cette foi. Car ainsi parle l’apôtre aux croyants d’Éphèse, et en eux aux croyants de tous les âges : non pas « vous serez » (bien que cela aussi soit vrai), mais vous êtes sauvés par la foi.1. And first, Whatsoever else it imply, it is a present salvation. It is something attainable, yea, actually attained on earth, by those who are partakers of this faith. For thus saith the apostle to the believers at Ephesus, and in them to the believers of all ages, not ye shall be (tho’ that also is true) but ye are saved through faith.
2. Vous êtes sauvés (pour tout comprendre en un mot) du péché. Tel est le salut qui s’obtient par la foi. C’est ce grand salut annoncé par l’ange avant que Dieu introduisît son premier-né dans le monde : Tu lui donneras le nom de Jésus ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Et ni ici, ni dans d’autres parties de la sainte Écriture, il n’y a de limitation ou de restriction. Tout son peuple, ou, comme il est dit ailleurs, tous ceux qui croient en lui, il les sauvera de tous leurs péchés : du péché originel et du péché actuel, du péché passé et du péché présent, de la chair et de l’esprit. Par la foi qui est en lui, ils sont sauvés à la fois de la culpabilité et de la puissance du péché.2. Ye are saved (to comprize all in one word) from sin. This is the salvation which is through faith. This is that great salvation foretold by the angel, before God brought his first begotten into the world, Thou shalt call his name Jesus, for he shall save his people from their sins. And neither here, nor in other parts of holy writ, is there any limitation or restriction. All his people, or, as it is elsewhere express’d, all that believe in him, he will save from all their sins; from original and actual, past and present sin, of the flesh and of the spirit. Through faith that is in him, they are saved both from the guilt and from the power of it.
3. D’abord, de la culpabilité de tout péché passé. Car, puisque tout le monde est reconnu coupable devant Dieu, de sorte que s’il gardait le souvenir des iniquités, nul ne pourrait subsister ; et puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché, mais non la délivrance, de sorte que nulle chair ne sera justifiée devant lui par les œuvres de la loi : maintenant la justice de Dieu, par la foi en Jésus-Christ, est manifestée pour tous ceux qui croient. Maintenant ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. C’est lui que Dieu a destiné à être, par la foi en son sang, une victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu’il avait laissé impunis (ou : par la rémission des) péchés commis auparavant. Maintenant Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous. Il a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient, et il l’a détruit en le clouant à la croix. Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui croient en Jésus-Christ.3. First from the guilt of all past sin. For whereas all the world is guilty before God; insomuch that should he be extreme to mark what is done amiss, there is none that could abide it: and whereas by the law is only the knowledge of sin, but no deliverance from it; so that by fulfilling the deeds of the law, no flesh can be justified: now the righteousness of God, which is by faith of Jesus Christ, is manifested unto all that believe. Now they are justified freely by his grace, through the redemption that is in Jesus Christ. Him God hath set forth to be a propitiation through faith in his blood; to declare his righteousness for (or by) the remission of the sins that are past. Now hath Christ taken away the curse of the law, being made a curse for us. He hath blotted out the hand-writing that was against us, taking it out of the way, nailing it to his cross. There is therefore no condemnation now, to them who believe in Christ Jesus.
4. Et, étant sauvés de la culpabilité, ils sont sauvés de la crainte. Non pas, certes, de la crainte filiale d’offenser, mais de toute crainte servile, de cette crainte qui suppose un châtiment, de la crainte de la punition, de la crainte de la colère de Dieu, qu’ils ne regardent plus comme un maître sévère, mais comme un père indulgent. Ils n’ont point reçu de nouveau un esprit de servitude, mais un Esprit d’adoption, par lequel ils crient : Abba ! Père ! L’Esprit lui-même rendant témoignage à leur esprit qu’ils sont enfants de Dieu. Ils sont aussi sauvés de la crainte, quoique non de la possibilité, de déchoir de la grâce de Dieu et de manquer les grandes et précieuses promesses. Ainsi ils ont la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ. Ils se glorifient dans l’espérance de la gloire de Dieu. Et l’amour de Dieu est répandu dans leurs cœurs par le Saint-Esprit qui leur a été donné. Et par là ils sont persuadés (bien que peut-être pas en tout temps, ni avec la même plénitude de persuasion) que ni la mort ni la vie, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra les séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.4. And being saved from guilt, they are saved from fear. Not indeed from a filial fear of offending; but from all servile fear, from that fear which hath torment, from fear of punishment, from fear of the wrath of God; whom they no longer regard as a severe master, but as an indulgent father. They have not received again the spirit of bondage; but the spirit of adoption, whereby they cry, Abba, Father: the spirit itself also bearing witness with their spirits that they are the children of God. They are also saved from the fear, tho’ not from the possibility, of falling away from the grace of God, and coming short of the great and precious promises: thus have they peace with God through our Lord Jesus Christ. They rejoice in hope of the glory of God. And the love of God is shed abroad in their hearts, through the Holy Ghost, which is given unto them. And hereby they are persuaded (tho’ perhaps not at all times, nor with the same fulness of persuasion) that neither death nor life, nor things present, nor things to come, nor heighth nor depth, nor any other creature, shall be able to separate them from the love of God, which is in Christ Jesus our Lord.
5. De plus, par cette foi ils sont sauvés de la puissance du péché aussi bien que de sa culpabilité. Ainsi le déclare l’apôtre : Vous le savez, Jésus a paru pour ôter les péchés, et il n’y a point en lui de péché. Quiconque demeure en lui ne pèche point. (chap. 3.5, etc.) Et encore : Petits enfants, que personne ne vous séduise.—Celui qui pèche est du diable.—Quiconque croit est né de Dieu. Et quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu. Et une fois encore : Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche point ; mais celui qui est né de Dieu se garde lui-même, et le malin ne le touche pas, chap. 5.18.5. Again, through this faith they are saved from the power of sin, as well as from the guilt of it. So the apostle declares, Ye know that he was manifested to take away our sins, and in him is no sin. Whosoever abideth in him sinneth not. (chap. iii. 5, &c.) Again, Little children, let no man deceive you.—He that committeth sin is of the devil.—Whosoever believeth is born of God. And whosoever is born of God doth not commit sin, for his seed remaineth in him: and he cannot sin, because he is born of God. Once more, We know that whatsoever is born of God sinneth not: but he that is begotten of God, keepeth himself, and that wicked one toucheth him not, chap. v. 18.
6. Celui qui est né de Dieu par la foi ne pèche point : 1. Par aucun péché habituel, car tout péché habituel est un péché qui règne ; or le péché ne peut régner en aucun de ceux qui croient. Ni, 2. Par aucun péché volontaire, car sa volonté, tant qu’il demeure dans la foi, est entièrement opposée à tout péché et l’abhorre comme un poison mortel. Ni, 3. Par aucun désir coupable, car il désire continuellement la volonté sainte et parfaite de Dieu ; et tout désir impie, par la grâce de Dieu, il l’étouffe dès sa naissance. Ni, 4. Ne pèche-t-il par infirmités, que ce soit en acte, en parole ou en pensée. Car sa volonté ne concourt pas à ses infirmités, et sans cela elles ne sont pas proprement des péchés. Ainsi, celui qui est né de Dieu ne pratique pas le péché. Et bien qu’il ne puisse pas dire qu’il n’a pas péché, cependant maintenant il ne pèche point.6. He that is by faith born of God, sinneth not, 1. By any habitual sin: for all habitual sin, is sin reigning. But sin cannot reign in any that believeth. Nor, 2. By any wilful sin, for his will, while he abideth in the faith, is utterly set against all sin, and abhorreth it as deadly poison. Nor, 3. By any sinful desire; for he continually desireth the holy and perfect will of God; and any unholy desire, he by the grace of God stifleth in the birth. Nor, 4. Doth he sin by infirmities, whether in act, word or thought. For his infirmities have no concurrence of his will; and without this they are not properly sins. Thus, He that is born of God doth not commit sin. And tho’ he cannot say, He hath not sinned, yet now, he sinneth not.
7. Tel est donc le salut qui s’obtient par la foi, même dans le monde présent : un salut du péché et des conséquences du péché, souvent exprimés tous deux par le mot justification ; laquelle, prise dans son sens le plus large, implique une délivrance de la culpabilité et du châtiment, par l’expiation de Christ réellement appliquée à l’âme du pécheur qui croit maintenant en lui, et une délivrance de la puissance du péché par Christ formé dans son cœur. De sorte que celui qui est ainsi justifié ou sauvé par la foi est vraiment né de nouveau. Il est né de l’Esprit à une nouvelle vie, qui est cachée avec Christ en Dieu. Et, comme un enfant nouveau-né, il reçoit avec joie le lait spirituel et pur de la parole, et par lui il grandit, allant de force en force dans la puissance du Seigneur son Dieu, de foi en foi, de grâce en grâce, jusqu’à ce qu’il parvienne enfin à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ.7. This then is the salvation which is through faith, even in the present world: a salvation from sin, and the consequences of sin, both often expressed in the word Justification; which, taken in the largest sense, implies, a deliverance from guilt and punishment, by the atonement of Christ actually applied to the soul of the sinner now believing on him, and a deliverance from the power of sin through Christ formed in his heart. So that he who is thus justified or saved by faith, is indeed born again. He is born again of the Spirit unto a new life, which is hid with Christ in God. And as a new-born babe he gladly receives the sincere milk of the word, and grows thereby: going on in the might of the Lord his God, from faith to faith, from grace to grace, until at length he come unto a perfect man, unto the measure of the stature of the fulness of Christ.
III. La première objection habituelle à cela est :III. The first usual objection to this is,
1. Que « prêcher le salut ou la justification par la foi seule, c’est prêcher contre la sainteté et les bonnes œuvres ». À quoi l’on pourrait faire une réponse brève : il en serait ainsi si nous parlions, comme certains le font, d’une foi séparée de ces choses. Mais nous parlons d’une foi qui ne l’est pas, et qui produit toutes les bonnes œuvres et toute sainteté.1. That “to preach salvation or justification by faith only, is to preach against holiness and good works.” To which a short answer might be given: it would be so, if we spake, as some do, of a faith which was separate from these. But we speak of a faith which is not so, but productive of all good works and all holiness.
2. Mais il peut être utile de la considérer plus au long, surtout puisque ce n’est pas une objection nouvelle, mais qu’elle est aussi ancienne que le temps de saint Paul ; car déjà alors on demandait : Anéantissons-nous donc la loi par la foi ? Nous répondons, premièrement, que tous ceux qui ne prêchent pas la foi anéantissent manifestement la loi : soit directement et grossièrement, par des restrictions et des commentaires qui dévorent tout l’esprit du texte ; soit indirectement, en ne montrant pas le seul moyen par lequel il est possible de l’accomplir. Tandis que, secondement, nous confirmons la loi, à la fois en montrant sa pleine étendue et son sens spirituel, et en appelant tous les hommes à cette voie vivante par laquelle la justice de la loi peut être accomplie en eux. Ceux-là, tout en se confiant dans le seul sang de Christ, usent de toutes les ordonnances qu’il a établies, font toutes les bonnes œuvres qu’il a préparées d’avance afin qu’ils les pratiquent, et possèdent et manifestent toutes les dispositions saintes et célestes, les mêmes sentiments qui étaient en Jésus-Christ.2. But it may be of use to consider it more at large: especially since it is no new objection, but as old as St. Paul’s time; for even then it was asked, Do we not make void the law through faith? We answer, first, all who preach not faith, do manifestly make void the law; either directly and grosly by limitations and comments, that eat out all the spirit of the text: or indirectly, by not pointing out the only means whereby it is possible to perform it. Whereas, secondly, We establish the law; both by shewing its full extent, and spiritual meaning: and by calling all to that living way, whereby the righteousness of the law may be fulfilled in them. These, while they trust in the blood of Christ alone, use all the ordinances which he hath appointed, do all the good works which he had before prepared that they should walk therein, and enjoy and manifest all holy and heavenly tempers, even the same mind that was in Christ Jesus.
3. « Mais la prédication de cette foi ne conduit-elle pas les hommes à l’orgueil ? » Nous répondons que, accidentellement, elle le peut. C’est pourquoi tout croyant doit être sérieusement averti (selon les paroles du grand apôtre) : Elles ont été retranchées pour cause d’incrédulité, et toi, tu subsistes par la foi. Ne t’abandonne pas à l’orgueil, mais crains ; car si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, il ne t’épargnera pas non plus. Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : sévérité envers ceux qui sont tombés, et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures ferme dans cette bonté ; autrement, tu seras aussi retranché. Et tant qu’il y demeurera, il se souviendra de ces paroles de saint Paul, qui prévoient et réfutent cette objection même (Rom. 3.27) : Où donc est le sujet de se glorifier ? Il est exclu. Par quelle loi ? Par la loi des œuvres ? Non, mais par la loi de la foi. Si un homme était justifié par ses œuvres, il aurait sujet de se glorifier. Mais il n’y a point de gloire pour celui qui ne fait point d’œuvre, mais qui croit en celui qui justifie l’impie (Rom. 4). Dans le même sens vont les paroles qui précèdent et qui suivent le texte (Éph. 2.4, etc.) : Dieu, qui est riche en miséricorde,—nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c’est par grâce que vous êtes sauvés)—afin de montrer l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ. Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous. De vous-mêmes ne viennent ni votre foi ni votre salut. C’est le don de Dieu : le don gratuit, immérité ; la foi par laquelle vous êtes sauvés, aussi bien que le salut que, de son bon plaisir, de sa pure faveur, il y attache. Que vous croyiez, c’est une preuve de sa grâce ; que, croyant, vous soyez sauvés, c’en est une autre. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car toutes nos œuvres, toute notre justice antérieure à notre foi, ne méritaient de Dieu que la condamnation. Elles étaient si loin de mériter la foi, laquelle donc, chaque fois qu’elle est donnée, ne vient pas des œuvres. Le salut ne vient pas non plus des œuvres que nous faisons quand nous croyons. Car alors c’est Dieu qui produit en nous l’action. Et c’est pourquoi, s’il nous donne une récompense pour ce qu’il opère lui-même, cela ne fait que faire valoir les richesses de sa miséricorde, mais ne nous laisse rien dont nous puissions nous glorifier.3. “But does not preaching this faith lead men into pride?” We answer, accidentally it may. Therefore ought every believer to be earnestly cautioned, (in the words of the great apostle) Because of unbelief, the first branches were broken off; and thou standest by faith. Be not high-minded, but fear. If God spared not the natural branches, take heed lest he spare not thee. Behold, therefore the goodness and severity of God! On them which fell, severity: but towards thee, goodness: if thou continue in his goodness; otherwise thou also shalt be cut off. And while he continues therein, he will remember those words of St. Paul, foreseeing and answering this very objection, (Rom. iii. 27.) Where is boasting then? It is excluded. By what law? Of works? Nay; but by the law of faith. If a man were justified by his works, he would have whereof to glory. But there is no glorying for him, that worketh not, but believeth on him that justifieth the ungodly, (Rom. iv.) To the same effect are the words both preceding and following the text, (Eph. ii. 4, &c.) God who is rich in mercy,—even when we were dead in sins, hath quickened us together with Christ (by grace ye are saved)—that he might shew the exceeding riches of his grace, in his kindness towards us through Christ Jesus. For by grace ye are saved through faith. And that not of yourselves. Of yourselves cometh neither your faith nor your salvation. It is the gift of God; the free, undeserved gift, the faith thro’ which ye are saved, as well as the salvation, which he of his own good pleasure, his mere favour, annexes thereto. That ye believe, is one instance of his grace; that believing ye are saved, another. Not of works, lest any man should boast. For all our works, all our righteousness, which were before our believing, merited nothing of God but condemnation. So far were they from deserving faith; which therefore, whenever given, is not of works. Neither is salvation of the works we do when we believe. For it is then God that worketh in us. And therefore, that he giveth us a reward for what he himself worketh, only commendeth the riches of his mercy, but leaveth us nothing whereof to glory.
4. « Cependant, le fait de parler ainsi de la miséricorde de Dieu, comme sauvant ou justifiant gratuitement par la foi seule, ne peut-il pas encourager les hommes dans le péché ? » Assurément, il le peut et il le fera : beaucoup demeureront dans le péché, afin que la grâce abonde. Mais leur sang sera sur leur propre tête. La bonté de Dieu devrait les pousser à la repentance, et elle y poussera ceux dont le cœur est sincère. Quand ils sauront qu’il y a encore du pardon auprès de lui, ils crieront à haute voix pour qu’il efface aussi leurs péchés, par la foi qui est en Jésus. Et s’ils crient avec ardeur et ne se lassent point, s’ils le cherchent par tous les moyens qu’il a établis, s’ils refusent d’être consolés jusqu’à ce qu’il vienne, il viendra, il ne tardera pas. Et il peut faire beaucoup d’ouvrage en peu de temps. Nombreux sont les exemples, dans les Actes des Apôtres, de Dieu opérant cette foi dans le cœur des hommes aussi vite que l’éclair tombant du ciel. Ainsi, à l’heure même où Paul et Silas commencèrent à prêcher, le geôlier se repentit, crut et fut baptisé ; comme le furent trois mille personnes par saint Pierre le jour de la Pentecôte, qui toutes se repentirent et crurent à sa première prédication. Et, béni soit Dieu, il y a aujourd’hui beaucoup de preuves vivantes qu’il est encore ainsi puissant pour sauver.4. “However, may not the speaking thus of the mercy of God, as saving or justifying freely by faith only, encourage men in sin?” Indeed it may and will; many will continue in sin that grace may abound. But their blood is upon their own head. The goodness of God ought to lead them to repentance; and so it will those who are sincere of heart. When they know there is yet forgiveness with him, they will cry aloud that he would blot out their sins also, thro’ faith which is in Jesus. And if they earnestly cry, and faint not, if they seek him in all the means he hath appointed, if they refuse to be comforted till he come, he will come and will tarry not. And he can do much work in a short time. Many are the examples in the Acts of the Apostles, of God’s working this faith in men’s hearts, as quick as lightning falling from heaven. So in the same hour that Paul and Silas began to preach, the jailor repented, believed, and was baptized: as were three thousand by St. Peter on the day of Pentecost, who all repented and believed at his first preaching. And blessed be God, there are now many living proofs, that he is still thus mighty to save.
5. Pourtant, contre cette même vérité, envisagée sous un autre jour, on soulève une objection tout opposée : « Si un homme ne peut être sauvé par tout ce qu’il peut faire, cela poussera les hommes au désespoir. » C’est vrai : au désespoir d’être sauvés par leurs propres œuvres, leurs propres mérites ou leur propre justice. Et il doit en être ainsi, car nul ne peut se confier dans les mérites de Christ avant d’avoir entièrement renoncé aux siens. Celui qui cherche à établir sa propre justice ne peut recevoir la justice de Dieu. La justice qui vient de la foi ne peut lui être donnée tant qu’il se confie dans celle qui vient de la loi.5. Yet to the same truth, placed in another view, a quite contrary objection is made: “If a man cannot be saved by all that he can do, this will drive men to despair.” True, to despair of being saved by their own works, their own merits or righteousness. And so it ought; for none can trust in the merits of Christ, till he has utterly renounced his own. He that goeth about to establish his own righteousness, cannot receive the righteousness of God. The righteousness which is of faith cannot be given him, while he trusteth in that which is of the law.
6. * Mais, dit-on, c’est une doctrine désolante. Le diable a parlé comme lui-même, c’est-à-dire sans vérité ni honte, lorsqu’il a osé suggérer aux hommes qu’elle l’est. C’est la seule doctrine consolante ; elle est pleine de consolation pour tous les pécheurs qui se sont eux-mêmes perdus et condamnés. Que quiconque croit en lui ne sera point confus ; que le même Seigneur, qui est le Seigneur de tous, est riche pour tous ceux qui l’invoquent : voilà une consolation haute comme le ciel, plus forte que la mort ! Quoi ! Miséricorde pour tous ? Pour Zachée, un voleur public ? Pour Marie-Madeleine, une prostituée notoire ? Il me semble entendre quelqu’un dire : alors moi, oui, moi, je puis espérer miséricorde ! Et tu le peux en effet, âme affligée que personne n’a consolée ! Dieu ne rejettera pas ta prière. Bien plus, peut-être te dira-t-il dans l’heure qui vient : Prends courage, tes péchés te sont pardonnés ; pardonnés de telle sorte qu’ils ne régneront plus sur toi ; oui, et que le Saint-Esprit rendra témoignage à ton esprit que tu es enfant de Dieu. Ô bonne nouvelle ! Nouvelle d’une grande joie, qui est envoyée à tout le peuple. Vous tous qui avez soif, venez aux eaux : venez, achetez sans argent, sans rien payer. Quels que soient vos péchés, fussent-ils rouges comme la pourpre, fussent-ils plus nombreux que les cheveux de votre tête : revenez à l’Éternel, et il aura pitié de vous ; à notre Dieu, car il ne se lasse pas de pardonner.6. * But this, it is said, is an uncomfortable doctrine. The devil spoke like himself, that is, without either truth or shame, when he dared to suggest to men that it is such. ’Tis the only comfortable one, ’tis very full of comfort, to all self-destroyed, self-condemned sinners. That whosoever believeth on him shall not be ashamed: that the same Lord over all, is rich unto all that call upon him: here is comfort, high as heaven, stronger than death! What! Mercy for all? For Zaccheus, a public robber? For Mary Magdalen, a common harlot? Methinks I hear one say, then I, even I, may hope for mercy! And so thou mayest, thou afflicted one, whom none hath comforted! God will not cast out thy prayer. Nay, perhaps he may say the next hour, Be of good cheer, thy sins are forgiven thee; so forgiven that they shall reign over thee no more; yea, and that the Holy Spirit shall bear witness with thy spirit that thou art a child of God. O glad tidings! Tidings of great joy, which are sent unto all people. Ho, every one that thirsteth, come ye to the waters: come ye and buy, without money, and without price. Whatsoever your sins be, though red, like crimson, though more than the hairs of your head: return ye unto the Lord, and he will have mercy upon you: and to our God, for he will abundantly pardon.
7. Quand il ne se présente plus d’objections, on nous dit simplement que « le salut par la foi seule ne doit pas être prêché comme la première doctrine, ou du moins ne doit pas être prêché à tous ». Mais que dit le Saint-Esprit ? Personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ. Ainsi donc, que quiconque croit en lui sera sauvé, c’est là et ce doit être le fondement de toute notre prédication ; c’est-à-dire que cela doit être prêché en premier. * « Soit, mais pas à tous. » À qui donc ne devons-nous pas le prêcher ? Qui exceptérons-nous ? Les pauvres ? Non, ils ont un droit particulier à ce que l’Évangile leur soit annoncé. Les ignorants ? Non. Dieu a révélé ces choses à des hommes du peuple sans instruction dès le commencement. Les jeunes ? En aucune façon. Laissez ceux-ci, en tout cas, venir à Christ, et ne les en empêchez pas. Les pécheurs ? Moins que quiconque. Il n’est pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance. Alors, s’il faut excepter quelqu’un, ce serait les riches, les savants, les gens honorables, les hommes moraux. Et il est vrai qu’ils s’excluent trop souvent eux-mêmes de l’écoute ; mais nous devons dire les paroles de notre Seigneur. Car voici la teneur de notre mission : Allez, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Si quelqu’un la tord, elle ou quelque partie d’elle, pour sa propre perte, il portera son propre fardeau. Mais quand même, l’Éternel est vivant ! ce que l’Éternel nous dira, nous l’annoncerons.7. When no more objections occur, then we are simply told, that “salvation by faith only, ought not to be preached as the first doctrine, or at least not to be preached to all.” But what saith the Holy Ghost? Other foundation can no man lay, than that which is laid, even Jesus Christ. So then, That whosoever believeth on him shall be saved, is and must be the foundation of all our preaching; that is, must be preached first. * “Well, but not to all.” To whom then are we not to preach it? Whom shall we except? The poor? Nay, they have a peculiar right to have the gospel preached unto them. The unlearned? No. God hath revealed these things unto unlearned and ignorant men from the beginning. The young? By no means. Suffer these in any wise, to come unto Christ, and forbid them not. The sinners? Least of all. He came not to call the righteous, but sinners to repentance. Why then, if any, we are to except the rich, the learned, the reputable, the moral men. And ’tis true, they too often except themselves from hearing; yet we must speak the words of our Lord. For thus the tenor of our commission runs, Go and preach the gospel to every creature. If any man wrest it or any part of it to his destruction, he must bear his own burden. But still, as the Lord liveth, whatsoever the Lord saith unto us, that we will speak.
8. En ce temps-ci plus particulièrement nous dirons que c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, parce que jamais il ne fut plus opportun de maintenir cette doctrine qu’aujourd’hui. Rien d’autre ne peut empêcher efficacement le progrès de l’illusion romaine parmi nous. Il serait sans fin d’attaquer un à un tous les errements de cette Église. Mais le salut par la foi frappe à la racine, et tout tombe à la fois là où il est établi. Ce fut cette doctrine (que notre Église appelle à juste titre le roc solide et le fondement de la religion chrétienne) qui chassa d’abord le papisme de ces royaumes, et c’est elle seule qui peut l’en tenir éloigné. Rien d’autre ne peut mettre un frein à cette immoralité qui a débordé sur le pays comme un déluge. Pouvez-vous vider le grand abîme goutte à goutte ? Alors vous pourrez nous réformer en nous détournant de tel ou tel vice particulier. Mais que la justice qui vient de Dieu par la foi soit introduite, et ses flots orgueilleux seront arrêtés. Rien d’autre ne peut fermer la bouche de ceux qui mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte, et qui renient ouvertement le Seigneur qui les a rachetés. Ils peuvent parler de la loi aussi sublimement que celui qui l’a écrite par Dieu dans son cœur. À les entendre parler sur ce sujet, on pourrait être porté à croire qu’ils ne sont pas loin du royaume de Dieu. Mais faites-les passer de la loi à l’Évangile ; commencez par la justice de la foi, par Christ, la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient : et ceux qui tout à l’heure paraissaient presque, sinon tout à fait, chrétiens, se découvrent comme des fils de perdition, aussi éloignés de la vie et du salut (que Dieu leur fasse miséricorde !) que la profondeur de l’enfer l’est de la hauteur du ciel.8. At this time more especially will we speak, That by grace ye are saved through faith: because never was the maintaining this doctrine more seasonable than it is at this day. Nothing but this can effectually prevent the increase of the Romish delusion among us. ’Tis endless to attack one by one, all the errors of that church. But salvation by faith strikes at the root, and all fall at once where this is established. It was this doctrine (which our church justly calls the strong rock and foundation of the Christian religion) that first drove Popery out of these kingdoms, and ’tis this alone can keep it out. Nothing but this can give a check to that immorality, which hath overspread the land as a flood. Can you empty the great deep, drop by drop? Then you may reform us, by dissuasives from particular vices. But let the righteousness which is of God by faith be brought in, and so shall its proud waves be stayed. Nothing but this can stop the mouths of those who glory in their shame, and openly deny the Lord that bought them. They can talk as sublimely of the law, as he that hath it written by God in his heart. To hear them speak on this head, might incline one to think, they were not far from the kingdom of God. But take them out of the law into the gospel; begin with the righteousness of faith, with Christ, the end of the law to every one that believeth: and those who but now appeared almost, if not altogether Christians, stand confess’d the sons of perdition; as far from life and salvation (God be merciful unto them!) as the depth of hell from the height of heaven.
9. C’est pour cette raison que l’adversaire se déchaîne ainsi chaque fois que le salut par la foi est annoncé au monde. C’est pour cette raison qu’il souleva la terre et l’enfer pour détruire ceux qui le prêchèrent les premiers. Et pour la même raison, sachant que la foi seule pouvait renverser les fondements de son royaume, il appela toutes ses forces et employa tous ses artifices de mensonge et de calomnie pour effrayer Martin Luther et le détourner de la remettre en lumière. Et nous ne pouvons nous en étonner ; car, comme l’observe cet homme de Dieu, combien il exaspérerait un homme fort, orgueilleux et armé, d’être arrêté et méprisé par un petit enfant venant contre lui un roseau à la main ! Surtout quand il savait que ce petit enfant le renverserait sûrement et le foulerait aux pieds. Ainsi soit-il, Seigneur Jésus ! Ainsi ta force s’est-elle toujours accomplie dans la faiblesse ! Va donc, petit enfant qui crois en lui, et sa droite te fera voir des choses terribles ! Bien que tu sois sans secours et faible comme un nourrisson de quelques jours, l’homme fort ne pourra subsister devant toi. Tu prévaudras sur lui, tu le soumettras, tu le renverseras et tu le fouleras sous tes pieds. Tu marcheras sous le grand Chef de ton salut, en vainqueur et pour vaincre, jusqu’à ce que tous tes ennemis soient détruits et que la mort soit engloutie dans la victoire.9. For this reason the adversary so rages, whenever Salvation by Faith is declared to the world. For this reason did he stir up earth and hell, to destroy those who first preached it. And for the same reason, knowing that faith alone could overturn the foundations of his kingdom, did he call forth all his forces, and employ all his arts of lies and calumny, to affright Martin Luther, from reviving it. Nor can we wonder thereat; for as that man of God observes, How would it enrage a proud, strong man armed, to be stopt and set at nought by a little child, coming against him with a reed in his hand? Especially, when he knew that little child would surely overthrow him, and tread him under foot. Even so, Lord Jesus! Thus hath thy strength been ever made perfect in weakness! Go forth then, thou little child, that believest in him, and his right-hand shall teach thee terrible things! Tho’ thou art helpless and weak as an infant of days, the strong man shall not be able to stand before thee. Thou shalt prevail over him, and subdue him, and overthrow him, and trample him under thy feet. Thou shalt march on under the great captain of thy salvation, conquering and to conquer, until all thine enemies are destroyed, and death is swallowed up in victory.
Grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ, à qui, avec le Père et le Saint-Esprit, soient la louange et la gloire, la sagesse et l’action de grâces, l’honneur, la puissance et la force, aux siècles des siècles. Amen.Now thanks be to God which giveth us the victory through our Lord Jesus Christ, to whom with the Father and the Holy Ghost, be blessing and glory, and wisdom, and thanksgiving, and honour, and power, and might, for ever and ever. Amen.
SERMON II. LE PRESQUE CHRÉTIEN.SERMON II. THE ALMOST CHRISTIAN.
Actes 26.28. Tu vas bientôt me persuader de devenir chrétien.ACTS xxvi. 28. Almost thou persuadest me to be a Christian.
Et il y en a beaucoup qui vont jusque-là : depuis que la religion chrétienne est dans le monde, il y en a eu beaucoup, dans chaque âge et dans chaque nation, qui ont été presque persuadés de devenir chrétiens. Mais puisqu’il ne sert de rien devant Dieu d’aller seulement jusque-là, il nous importe grandement de considérer :AND many there are who go thus far: ever since the Christian religion was in the world, there have been many in every age and nation, who were almost persuaded to be Christians. But seeing it avails nothing before God, to go only thus far, it highly imports us to consider,
Premièrement, ce qu’implique le fait d’être presque chrétien ;First, What is implied in being almost,
Secondement, ce qu’implique le fait d’être tout à fait chrétien.Secondly, What, in being altogether a Christian.
I.) 1. Or, être presque chrétien implique d’abord l’honnêteté païenne. Personne, je suppose, ne mettra cela en question ; d’autant plus que, par honnêteté païenne, j’entends ici non pas seulement celle que recommandent les écrits de leurs philosophes, mais celle que les païens ordinaires attendaient les uns des autres, et que beaucoup d’entre eux pratiquaient réellement. Les règles de cette honnêteté leur enseignaient qu’ils ne devaient pas être injustes ; qu’ils ne devaient pas prendre les biens de leur prochain, ni par brigandage ni par vol ; qu’ils ne devaient pas opprimer le pauvre, ni user d’extorsion envers qui que ce soit ; qu’ils ne devaient ni tromper ni duper le pauvre ou le riche dans quelque commerce qu’ils eussent avec eux ; qu’ils ne devaient frustrer personne de son droit et, si possible, ne rien devoir à personne.I.) 1. Now, in the being almost a Christian is implied, first Heathen honesty. No one, I suppose, will make any question of this; especially, since by Heathen honesty here, I mean, not that which is recommended in the writings of their philosophers only, but such as the common Heathens expected of one another, and many of them actually practised. By the rules of this they were taught, that they ought not to be unjust; not to take away their neighbour’s goods, either by robbery or theft: not to oppress the poor, neither to use extortion toward any: not to cheat or over-reach either the poor or rich, in whatsoever commerce they had with them: to defraud no man of his right, and, if it were possible, to owe no man any thing.
2. De plus, les païens ordinaires admettaient qu’on devait avoir quelque égard pour la vérité aussi bien que pour la justice. En conséquence, ils avaient en abomination non seulement le parjure, celui qui prenait Dieu à témoin d’un mensonge, mais aussi celui qui était connu pour calomnier son prochain, qui accusait faussement quelqu’un. Et en vérité, ils n’estimaient guère mieux les menteurs volontaires de toute sorte, les tenant pour la honte du genre humain et les fléaux de la société.2. Again, the common Heathens allowed, that some regard was to be paid to truth as well as to justice. And accordingly, they not only held him in abomination, who was forsworn, who called God to witness to a lie; but him also, who was known to be a slanderer of his neighbour, who falsly accused any man. And indeed little better did they esteem wilful liars of any sort, accounting them the disgrace of human kind, and the pests of society.
3. En outre, il y avait une sorte d’amour et d’assistance qu’ils attendaient les uns des autres. Ils attendaient toute l’aide qu’on pouvait apporter à autrui sans préjudice pour soi-même. Et ils étendaient cela non seulement à ces petits services d’humanité qui se rendent sans aucune dépense ni aucune peine, mais aussi à nourrir celui qui avait faim, s’ils avaient de la nourriture de reste, à vêtir celui qui était nu avec leurs vêtements superflus, et en général à donner à quiconque en avait besoin les choses dont ils n’avaient pas besoin eux-mêmes. Jusque-là (dans l’estimation la plus basse) allait l’honnêteté païenne, première chose qu’implique le fait d’être presque chrétien.3. Yet again, there was a sort of love and assistance, which they expected one from another. They expected whatever assistance any one could give another, without prejudice to himself. And this they extended, not only to those little offices of humanity, which are performed without any expence or labour: but likewise, to the feeding the hungry, if they had food to spare, the clothing the naked, with their own superfluous raiment; and in general, the giving to any that needed, such things as they needed not themselves. Thus far (in the lowest account of it) Heathen honesty went; the first thing implied in the being almost a Christian.
II.) 4. Une seconde chose qu’implique le fait d’être presque chrétien, c’est d’avoir une apparence de piété, de cette piété que prescrit l’Évangile de Christ : d’avoir l’extérieur d’un vrai chrétien. Ainsi le presque chrétien ne fait rien de ce que l’Évangile défend. Il ne prend pas le nom de Dieu en vain ; il bénit et ne maudit pas ; il ne jure point du tout, mais sa parole est : oui, oui ; non, non. Il ne profane pas le jour du Seigneur et ne souffre pas qu’il soit profané, même par l’étranger qui est dans ses portes. Il évite non seulement tout adultère, toute fornication et toute impureté effective, mais toute parole et tout regard qui y tendent directement ou indirectement ; bien plus, toutes paroles oiseuses, s’abstenant de la médisance, de la détraction, des rapports, des mauvais propos, et de toutes paroles déshonnêtes, propos insensés ou plaisanteries, εὐτραπελία, sorte de vertu au jugement du moraliste païen. Bref, il s’abstient de toute conversation qui n’est pas bonne pour l’édification, et qui par conséquent attriste le Saint-Esprit de Dieu, par lequel nous avons été scellés pour le jour de la rédemption.II.) 4. A second thing implied in the being almost a Christian, is the having a form of Godliness, of that Godliness which is prescribed in the gospel of Christ: the having the outside of a real Christian. Accordingly, the almost Christian does nothing which the gospel forbids. He taketh not the name of God in vain: he blesseth and curseth not; he sweareth not at all, but his communication is yea, yea; nay, nay. He profanes not the day of the Lord, nor suffers it to be profaned, even by the stranger that is within his gates. He not only avoids all actual adultery, fornication, and uncleanness, but every word or look, that either directly or indirectly tends thereto: nay, and all idle words, abstaining both from detraction, backbiting, tale-bearing, evil-speaking, and from all foolish talking and jesting, εὐτραπελία, a kind of virtue in the Heathen moralist’s account. Briefly, from all conversation that is not good to the use of edifying, and that consequently grieves the Holy Spirit of God, whereby we are sealed to the day of redemption.
5. Il s’abstient du vin, qui mène à la débauche, des orgies et de la gourmandise. Il évite, autant qu’il dépend de lui, toute dispute et toute contestation, s’efforçant continuellement de vivre en paix avec tous les hommes. Et s’il subit un tort, il ne se venge pas lui-même et ne rend pas le mal pour le mal. Il n’est ni outrageux, ni querelleur, ni moqueur, ni des fautes ni des infirmités de son prochain. Il ne fait volontairement ni tort, ni mal, ni peine à personne, mais en toutes choses il agit et parle selon cette règle simple : Ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît, ne le fais pas à autrui.5. He abstains from wine wherein is excess, from revellings and gluttony. He avoids, as much as in him lies, all strife and contention, continually endeavouring to live peaceably with all men. And if he suffer wrong, he avengeth not himself, neither returns evil for evil. He is no railer, no brawler, no scoffer, either at the faults or infirmities of his neighbour. He does not willingly wrong, hurt, or grieve any man; but in all things acts and speaks by that plain rule, Whatsoever thou wouldst not he should do unto thee, that do not thou to another.
6. Et en faisant le bien, il ne se borne pas à des services de bonté peu coûteux et faciles, mais il travaille et souffre pour le profit de plusieurs, afin d’en aider quelques-uns de toute manière. Malgré la fatigue ou la douleur, tout ce que sa main trouve à faire, il le fait avec sa force, que ce soit pour ses amis ou pour ses ennemis, pour les méchants ou pour les bons. Car, n’étant point paresseux en cela ni en aucune affaire, selon qu’il en a l’occasion, il pratique le bien, toute sorte de bien, envers tous, envers leurs âmes aussi bien qu’envers leurs corps. Il reprend les méchants, instruit les ignorants, affermit ceux qui chancellent, stimule les bons et console les affligés. Il travaille à réveiller ceux qui dorment, à conduire ceux que Dieu a déjà réveillés à la source ouverte pour le péché et pour l’impureté, afin qu’ils s’y lavent et soient purs ; et à exciter ceux qui sont sauvés par la foi à orner en toutes choses l’Évangile de Christ.6. And in doing good, he does not confine himself to cheap and easy offices of kindness, but labours and suffers for the profit of many, that by all means he may help some. In spite of toil or pain, Whatsoever his hand findeth to do, he doeth it with his might: whether it be for his friends, or for his enemies; for the evil, or for the good. For being not slothful in this, or in any business, as he hath opportunity he doth good, all manner of good to all men; and to their souls as well as their bodies. He reproves the wicked, instructs the ignorant, confirms the wavering, quickens the good, and comforts the afflicted. He labours to awaken those that sleep, to lead those whom God hath already awakened, to the fountain opened for sin and for uncleanness, that they may wash therein and be clean; and to stir up those who are saved through faith, to adorn the gospel of Christ in all things.
7. Celui qui a l’apparence de la piété use aussi des moyens de grâce, oui, de tous, et en toute occasion. Il fréquente constamment la maison de Dieu, et non pas à la manière de quelques-uns, qui viennent en la présence du Très-Haut chargés d’or et de vêtements somptueux, ou dans toute la vanité voyante de la parure, et qui, soit par leurs civilités hors de saison les uns envers les autres, soit par la gaieté déplacée de leur conduite, renoncent à toute prétention à l’apparence aussi bien qu’à la puissance de la piété. Plût à Dieu qu’il n’y en eût aucun, même parmi nous, qui tombât sous la même condamnation ; qui vînt dans sa maison en regardant peut-être de tous côtés, ou avec tous les signes de l’indifférence la plus nonchalante et la plus insouciante, bien qu’ils semblent parfois adresser une prière à Dieu pour qu’il bénisse ce qu’ils vont entreprendre ; qui, pendant ce culte redoutable, sont endormis, ou affalés dans la posture la plus commode pour dormir ; ou qui, comme s’ils supposaient que Dieu dort, causent les uns avec les autres, ou regardent autour d’eux, comme entièrement désœuvrés. Qu’on n’accuse pas ceux-là d’avoir l’apparence de la piété. Non ; celui qui a même cela se conduit avec sérieux et attention dans chaque partie de ce culte solennel. Plus particulièrement, quand il s’approche de la table du Seigneur, ce n’est pas avec une attitude légère ou insouciante, mais avec un air, un geste et un maintien qui ne disent rien d’autre que : Ô Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur.7. He that hath the form of godliness, uses also the means of grace, yea, all of them, and at all opportunities. He constantly frequents the house of God; and that not as the manner of some is, who come into the presence of the Most High, either loaded with gold and costly apparel, or in all the gaudy vanity of dress; and either by their unseasonable civilities to each other, or the impertinent gaiety of their behaviour, disclaim all pretensions to the form, as well as to the power of godliness. Would to God there were none even among ourselves who fall under the same condemnation; who come into his house, it may be, gazing about, or with all the signs of the most listless, careless indifference, tho’ sometimes they may seem to use a prayer to God for his blessing on what they are entering upon; who, during that awful service, are either asleep or reclined in the most convenient posture for it; or, as tho’ they supposed God was asleep, talking with one another, or looking round, as utterly void of employment. Neither let these be accused of the form of godliness. No; he who has even this, behaves with seriousness and attention, in every part of that solemn service. More especially when he approaches the table of the Lord, it is not with a light or careless behaviour, but with an air, gesture and deportment, which speaks nothing else, but God be merciful to me a sinner.
8. Si nous ajoutons à cela l’usage constant de la prière en famille, chez ceux qui sont chefs de famille, et la mise à part de temps pour s’adresser à Dieu en particulier, avec un sérieux quotidien dans la conduite, celui qui pratique uniformément cette religion extérieure a l’apparence de la piété. Il ne lui manque plus qu’une seule chose pour être presque chrétien, et c’est la sincérité.8. To this if we add, the constant use of family-prayer, by those who are masters of families, and the setting times apart for private addresses to God, with a daily seriousness of behaviour: he who uniformly practises this outward religion, has the form of godliness. There needs but one thing more in order to his being almost a Christian, and that is, sincerity.
III.) 9. Par sincérité, j’entends un principe réel et intérieur de religion, d’où découlent ces actions extérieures. Et en vérité, si nous n’avons pas cela, nous n’avons pas l’honnêteté païenne ; non, pas même autant qu’il en faut pour répondre à l’exigence d’un poète païen et épicurien. Même ce pauvre misérable, dans ses moments de lucidité, est capable d’attester :III.) 9. By sincerity I mean, a real, inward principle of religion, from whence these outward actions flow. And indeed, if we have not this, we have not Heathen honesty; no, not so much of it as will answer the demand of a Heathen, Epicurean poet. Even this poor wretch, in his sober intervals, is able to testify
Oderunt peccare boni, virtutis amore ; / Oderunt peccare mali, formidine pœnæ. [Les bons évitent le péché par amour de la vertu ; les méchants évitent le péché par crainte du châtiment.]Oderunt peccare boni, virtutis amore; / Oderunt peccare mali, formidine pœnæ. [Good men avoid sin from the love of virtue; Wicked men avoid sin from a fear of punishment.]
De sorte que si un homme s’abstient seulement de faire le mal afin d’éviter le châtiment,So that if a man only abstains from doing evil, in order to avoid punishment,
Non pasces in cruce corvos, [Tu ne seras pas pendu.]Non pasces in cruce corvos, [Thou shalt not be hang’d.]
dit le païen ; voilà, tu reçois ta récompense. Mais même lui ne voudra pas admettre qu’un homme aussi inoffensif soit seulement un bon païen. Si donc quelqu’un, par le même motif, à savoir pour éviter le châtiment, pour éviter la perte de ses amis, ou de son gain, ou de sa réputation, non seulement s’abstenait de faire le mal, mais faisait aussi beaucoup de bien, oui, et usait de tous les moyens de grâce, nous ne pourrions pourtant dire avec quelque justesse que cet homme est même presque chrétien. S’il n’a pas de meilleur principe dans son cœur, il n’est qu’un hypocrite tout à fait.saith the Pagan; there, Thou hast thy reward. But even he will not allow such a harmless man as this, to be so much as a good Heathen. If then any man, from the same motive, viz. to avoid punishment, to avoid the loss of his friends, or his gain, or his reputation, should not only abstain from doing evil, but also do ever so much good, yea, and use all the means of grace: yet we could not with any propriety say, this man is even almost a Christian. If he has no better principle in his heart, he is only a hypocrite altogether.
10. La sincérité est donc nécessairement impliquée dans le fait d’être presque chrétien : un dessein réel de servir Dieu, un désir sincère de faire sa volonté. Il est nécessairement impliqué qu’un homme ait sincèrement en vue de plaire à Dieu en toutes choses : dans toute sa conduite, dans toutes ses actions, dans tout ce qu’il fait ou laisse de faire. Ce dessein, si quelqu’un est presque chrétien, traverse tout le cours de sa vie. C’est le principe qui le meut, à la fois quand il fait le bien, quand il s’abstient du mal et quand il use des ordonnances de Dieu.10. Sincerity therefore is necessarily implied in the being almost a Christian: a real design to serve God, a hearty desire to do his will: it is necessarily implied, that a man have a sincere view of pleasing God in all things: in all his conversation: in all his actions: in all he does, or leaves undone. This design, if any man be almost a Christian, runs through the whole tenor of his life. This is the moving principle, both in his doing good, his abstaining from evil, and his using the ordinances of God.
11. Mais ici on demandera probablement : est-il possible qu’un homme vivant aille aussi loin que cela et ne soit pourtant que presque chrétien ? Que peut-il être impliqué de plus que cela dans le fait d’être tout à fait chrétien ? Je réponds, premièrement, qu’il est possible d’aller jusque-là et de n’être pourtant que presque chrétien ; je l’apprends non seulement des oracles de Dieu, mais aussi du témoignage sûr de l’expérience.11. But here it will probably be enquired, is it possible that any man living, should go so far as this, and nevertheless be only almost a Christian? What more than this can be implied, in the being a Christian altogether? I answer, first, That it is possible to go thus far, and yet be but almost a Christian; I learn not only from the oracles of God, but also from the sure testimony of experience.
12. Frères, grande est ma franchise envers vous à cet égard. Et pardonnez-moi ce tort si je déclare ma propre folie sur les toits, pour l’amour de vous et de l’Évangile. Souffrez donc que je parle librement de moi-même, comme d’un autre homme. Je consens à être abaissé, pourvu que vous soyez élevés, et à me rendre plus vil encore, pour la gloire de mon Seigneur.12. Brethren, great is my boldness towards you in this behalf. And forgive me this wrong, if I declare my own folly upon the house-top, for yours and the gospel’s sake. Suffer me then to speak freely of myself, even as of another man. I am content to be abased, so ye may be exalted, and to be yet more vile, for the glory of my Lord.
13. Je suis allé jusque-là pendant bien des années, comme beaucoup de ceux qui sont en ce lieu peuvent en témoigner : m’appliquant avec diligence à fuir tout mal et à avoir une conscience sans reproche ; rachetant le temps, saisissant toute occasion de faire tout le bien possible à tous les hommes ; usant constamment et soigneusement de tous les moyens de grâce, publics et privés ; m’efforçant d’avoir dans ma conduite un sérieux constant, en tout temps et en tout lieu. Et Dieu, devant qui je me tiens, m’est témoin que je faisais tout cela avec sincérité, ayant un dessein réel de servir Dieu, un désir sincère de faire sa volonté en toutes choses, de plaire à celui qui m’avait appelé à combattre le bon combat et à saisir la vie éternelle. Pourtant ma propre conscience me rend témoignage par le Saint-Esprit que, pendant tout ce temps, je n’étais que presque chrétien.13. I did go thus far for many years, as many of this place can testify: using diligence to eschew all evil, and to have a conscience void of offence: redeeming the time, buying up every opportunity of doing all good to all men; constantly and carefully using all the public and all the private means of grace; endeavouring after a steddy seriousness of behaviour, at all times and in all places: and God is my record, before whom I stand, doing all this in sincerity; having a real design to serve God, a hearty desire to do his will in all things, to please him who had called me to fight the good fight, and to lay hold of eternal life. Yet my own conscience beareth me witness in the Holy Ghost, that all this time I was but almost a Christian.
II. Si l’on demande ce que le fait d’être tout à fait chrétien implique de plus que cela, je réponds :II. If it be enquired, what more than this is implied in the being altogether a Christian? I answer,
I.) 1. Premièrement, l’amour de Dieu. Car ainsi parle sa parole : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. Cet amour est tel qu’il absorbe le cœur entier, qu’il occupe toutes les affections, qu’il remplit toute la capacité de l’âme et emploie toute l’étendue de ses facultés. Celui qui aime ainsi le Seigneur son Dieu, son esprit se réjouit continuellement en Dieu, son Sauveur. Il fait ses délices du Seigneur, son Seigneur et son tout, à qui il rend grâces en toutes choses. Tout son désir est vers Dieu et vers le souvenir de son nom. Son cœur s’écrie sans cesse : Quel autre que toi ai-je au ciel ? Et sur la terre je ne prends plaisir qu’en toi. En vérité, que peut-il désirer en dehors de Dieu ? Ni le monde ni les choses du monde. Car il est crucifié pour le monde, et le monde est crucifié pour lui. Il est crucifié à la convoitise de la chair, à la convoitise des yeux et à l’orgueil de la vie. Oui, il est mort à toute espèce d’orgueil ; car la charité ne s’enfle point d’orgueil ; mais celui qui, demeurant dans l’amour, demeure en Dieu, et Dieu en lui, est moins que rien à ses propres yeux.I.) 1. First, The love of God. For thus saith his word, Thou shalt love the Lord thy God, with all thy heart, and with all thy soul, and with all thy mind, and with all thy strength. Such a love is this, as engrosses the whole heart, as takes up all the affections, as fills the entire capacity of the soul, and employs the utmost extent of all its faculties. He that thus loves the Lord his God, his spirit continually rejoiceth in God his Saviour. His delight is in the Lord, his Lord and his all, to whom in every thing he giveth thanks. All his desire is unto God, and to the remembrance of his name. His heart is ever crying out, Whom have I in heaven but thee, and there is none upon earth that I desire beside thee. Indeed, what can he desire beside God? Not the world, or the things of the world. For he is crucified to the world, and the world crucified to him. He is crucified to the desire of the flesh, the desire of the eye, and the pride of life. Yea, he is dead to pride of every kind: for love is not puffed up; but he that dwelling in love, dwelleth in God, and God in him, is less than nothing in his own eyes.
II.) 2. La seconde chose qu’implique le fait d’être tout à fait chrétien, c’est l’amour du prochain. Car ainsi a dit notre Seigneur dans les paroles qui suivent : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Si quelqu’un demande : qui est mon prochain ? nous répondons : tout homme dans le monde ; tout enfant de celui qui est le Dieu des esprits de toute chair. Et nous ne pouvons en aucune manière en excepter nos ennemis, ni les ennemis de Dieu et de leur propre âme. Mais tout chrétien aime aussi ceux-là comme lui-même, oui, comme Christ nous a aimés. Celui qui voudrait comprendre plus pleinement de quelle sorte d’amour il s’agit peut considérer la description qu’en fait saint Paul. Il est patient, il est plein de bonté ; il n’est point envieux ; il n’est ni téméraire ni précipité dans ses jugements ; il ne s’enfle point d’orgueil, mais il fait de celui qui aime le moindre, le serviteur de tous. L’amour ne fait rien de malhonnête, mais se fait tout à tous. Il ne cherche point son intérêt, mais seulement le bien des autres, afin qu’ils soient sauvés. L’amour ne s’irrite point. Il chasse la colère ; celui qui l’a manque d’amour. Il ne soupçonne point le mal. Il ne se réjouit point de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.II.) 2. The second thing implied in the being altogether a Christian is, the love of our neighbour. For thus said our Lord in the following words, Thou shalt love thy neighbour as thyself. If any man ask who is my neighbour, we reply, every man in the world; every child of his, who is the father of the spirits of all flesh. Nor may we in any wise except our enemies, or the enemies of God and their own souls. But every Christian loveth these also as himself, yea, as Christ loved us. He that would more fully understand what manner of love this is, may consider St. Paul’s description of it. It is long-suffering and kind: it envieth not: it is not rash or hasty in judging: it is not puffed up, but maketh him that loves, the least, the servant of all. Love doth not behave itself unseemly, but becometh all things to all men. She seeketh not her own, but only the good of others, that they may be saved. Love is not provoked. It casteth out wrath, which he who hath, is wanting in love. It thinketh no evil. It rejoiceth not in iniquity, but rejoiceth in the truth. It covereth all things, believeth all things, hopeth all things, endureth all things.
III.) 3. Il y a encore une chose qui peut être considérée séparément, bien qu’elle ne puisse être réellement séparée de ce qui précède, et qui est impliquée dans le fait d’être tout à fait chrétien. C’est le fondement de tout, à savoir la foi. Des choses très excellentes en sont dites dans tous les oracles de Dieu. Quiconque, dit le disciple bien-aimé, croit, est né de Dieu. À tous ceux qui l’ont reçue, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom. Et : la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi. Oui, notre Seigneur lui-même déclare : Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; il ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.III.) 3. There is yet one thing more that may be separately considered, tho’ it cannot actually be separate from the preceding, which is implied in the being altogether a Christian. And that is the ground of all, even faith. Very excellent things are spoken of this throughout the oracles of God. Every one, saith the beloved disciple, that believeth, is born of God. To as many as received him, gave he power to become the sons of God, even to them that believe on his name. And, this is the victory that overcometh the world, even our faith. Yea, our Lord himself declares, He that believeth in the Son hath everlasting life; and cometh not into condemnation, but is passed from death unto life.
4. Mais ici, que personne ne trompe sa propre âme. « Il faut soigneusement remarquer que la foi qui ne produit pas la repentance et l’amour, et toutes les bonnes œuvres, n’est pas la foi droite et vivante, mais une foi morte et diabolique. Car les démons mêmes croient que Christ est né d’une vierge ; qu’il a fait toutes sortes de miracles, se déclarant vrai Dieu ; que pour l’amour de nous il a souffert une mort très douloureuse, pour nous racheter de la mort éternelle ; qu’il est ressuscité le troisième jour ; qu’il est monté au ciel, qu’il est assis à la droite du Père, et qu’à la fin du monde il reviendra pour juger les vivants et les morts. Ces articles de notre foi, les démons les croient, et ils croient ainsi tout ce qui est écrit dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Et pourtant, avec toute cette foi, ils ne sont que des démons. Ils demeurent toujours dans leur état de damnation, manquant de la vraie foi chrétienne. » [Homélie sur le salut de l’homme.]4. But here let no man deceive his own soul. “It is diligently to be noted, the faith which bringeth not forth repentance and love, and all good works, is not that right living faith, but a dead and devilish one. For even the devils believe, that Christ was born of a virgin, that he wrought all kinds of miracles, declaring himself very God: that for our sakes he suffered a most painful death, to redeem us from death everlasting: that he rose again the third day: that he ascended into heaven, and sitteth at the right hand of the Father, and at the end of the world, shall come again to judge both the quick and dead. These articles of our faith the devils believe, and so they believe all that is written in the Old and New Testament. And yet for all this faith, they be but devils. They remain still in their damnable estate, lacking the very true Christian faith.” [Homily on the salvation of man.]
5. « La droite et vraie foi chrétienne consiste (pour continuer avec les paroles de notre propre Église) non seulement à croire que la sainte Écriture et les articles de notre foi sont vrais, mais aussi à avoir une ferme assurance et confiance d’être sauvé de la damnation éternelle par Christ. C’est une ferme assurance et confiance qu’un homme a en Dieu que, par les mérites de Christ, ses péchés sont pardonnés, et qu’il est réconcilié avec la faveur de Dieu,—d’où découle un cœur aimant, pour obéir à ses commandements. »5. “The right and true Christian faith is (to go on in the words of our own church) not only to believe that holy scripture, and the articles of our faith are true, but also to have a sure trust and confidence, to be saved from everlasting damnation by Christ. It is a sure trust and confidence which a man hath in God, that by the merits of Christ his sins are forgiven, and he reconciled to the favour of God,—whereof doth follow a loving heart, to obey his commandments.”
6. Or quiconque a cette foi, qui purifie le cœur par la puissance de Dieu qui y demeure, de l’orgueil, de la colère, de la convoitise, de toute iniquité, de toute souillure de la chair et de l’esprit ; qui le remplit d’un amour plus fort que la mort, envers Dieu et envers tout le genre humain ; d’un amour qui fait les œuvres de Dieu, qui se glorifie de dépenser et de se dépenser pour tous les hommes, et qui endure avec joie non seulement l’opprobre de Christ, le fait d’être moqué, méprisé et haï de tous, mais tout ce que la sagesse de Dieu permet à la malice des hommes ou des démons d’infliger ; quiconque a cette foi qui agit ainsi par l’amour, n’est pas seulement presque, mais tout à fait chrétien.6. Now whosoever has this faith, which purifies the heart, by the power of God, who dwelleth therein, from pride, anger, desire, from all unrighteousness, from all filthiness of flesh and spirit, which fills it with love stronger than death, both to God and to all mankind; love that doth the works of God, glorying to spend and to be spent for all men, and that endureth with joy, not only the reproach of Christ, the being mocked, despised, and hated of all men, but whatsoever the wisdom of God permits the malice of men or devils to inflict; whosoever has this faith, thus working by love, is not almost only, but altogether a Christian.
7. Mais qui sont les témoins vivants de ces choses ? Je vous en conjure, frères, comme en la présence de ce Dieu devant qui le séjour des morts et l’abîme sont à découvert : combien plus les cœurs des fils de l’homme ! que chacun de vous demande à son propre cœur : « Suis-je de ce nombre ? Est-ce que je pratique la justice, la miséricorde et la vérité, même autant que l’exigent les règles de l’honnêteté païenne ? S’il en est ainsi, ai-je seulement l’extérieur d’un chrétien ? L’apparence de la piété ? Est-ce que je m’abstiens du mal, de tout ce qui est défendu dans la parole écrite de Dieu ? Est-ce que je fais de toute ma force tout le bien que ma main trouve à faire ? Est-ce que j’use sérieusement de toutes les ordonnances de Dieu en toute occasion ? Et tout cela se fait-il avec un dessein et un désir sincères de plaire à Dieu en toutes choses ? »7. But who are the living witnesses of these things? I beseech you, brethren, as in the presence of that God, before whom hell and destruction are without a covering: how much more the hearts of the children of men? that each of you would ask his own heart, “Am I of that number? Do I so far practise justice, mercy and truth, as even the rules of Heathen honesty require? If so, have I the very outside of a Christian? The form of godliness? Do I abstain from evil, from whatsoever is forbidden in the written word of God? Do I, whatever good my hand findeth to do, do it with my might? Do I seriously use all the ordinances of God at all opportunities? And is all this done, with a sincere design and desire to please God in all things?”
8. Beaucoup d’entre vous n’ont-ils pas conscience de n’être jamais allés jusque-là ; de n’avoir pas même été presque chrétiens ? De n’avoir pas atteint la mesure de l’honnêteté païenne ? Du moins, pas celle de l’apparence de la piété chrétienne ? Bien moins encore Dieu a-t-il vu en vous la sincérité, un dessein réel de lui plaire en toutes choses. Vous n’avez jamais eu seulement l’intention de consacrer à sa gloire toutes vos paroles et toutes vos œuvres, vos affaires, vos études, vos divertissements. Vous n’avez jamais même projeté ni désiré que tout ce que vous faisiez fût fait au nom du Seigneur Jésus, et qu’à ce titre ce fût un sacrifice spirituel, agréable à Dieu par Jésus-Christ.8. Are not many of you conscious, that you never came thus far; that you have not been even almost a Christian? That you have not come up to the standard of Heathen honesty? At least, not to the form of Christian godliness? Much less hath God seen sincerity in you, a real design of pleasing him in all things. You never so much as intended, to devote all your words and works, your business, studies, diversions, to his glory. You never even designed or desired, that whatsoever you did, should be done in the name of the Lord Jesus, and, as such, should be a spiritual sacrifice, acceptable to God through Christ.
9. Mais supposons que vous l’ayez fait : de bons desseins et de bons désirs font-ils un chrétien ? En aucune façon, à moins qu’ils ne soient menés à bon effet. « L’enfer est pavé, dit quelqu’un, de bonnes intentions. » La grande question demeure donc toujours. L’amour de Dieu est-il répandu dans ton cœur ? Peux-tu t’écrier : « Mon Dieu et mon tout » ? Ne désires-tu rien que lui ? Es-tu heureux en Dieu ? Est-il ta gloire, tes délices, ta couronne de joie ? Et ce commandement est-il écrit dans ton cœur : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère ? Aimes-tu donc ton prochain comme toi-même ? Aimes-tu tout homme, même tes ennemis, même les ennemis de Dieu, comme ta propre âme ? Comme Christ t’a aimé ? Oui, crois-tu que Christ t’a aimé, toi, et qu’il s’est donné lui-même pour toi ? As-tu foi en son sang ? Crois-tu que l’Agneau de Dieu a ôté tes péchés et les a jetés comme une pierre au fond de la mer ? Qu’il a effacé l’acte qui était contre toi, l’ôtant du milieu, le clouant à sa croix ? As-tu vraiment la rédemption par son sang, la rémission de tes péchés ? Et son Esprit rend-il témoignage à ton esprit que tu es enfant de Dieu ?9. But supposing you had; do good designs and good desires make a Christian? By no means, unless they are brought to good effect. “Hell is paved, saith one, with good intentions.” The great question of all then still remains. Is the love of God shed abroad in your heart? Can you cry out, “My God and my all?” Do you desire nothing but him? Are you happy in God? Is he your glory, your delight, your crown of rejoicing? And is this commandment written in your heart, that he who loveth God love his brother also? Do you then love your neighbour as yourself? Do you love every man, even your enemies, even the enemies of God, as your own soul? As Christ loved you? Yea, dost thou believe that Christ loved thee, and gave himself for thee? Hast thou faith in his blood? Believest thou the Lamb of God hath taken away thy sins, and cast them as a stone into the depth of the sea? That he hath blotted out the hand-writing that was against thee, taking it out of the way, nailing it to his cross? Hast thou indeed redemption through his blood, even the remission of thy sins? And doth his Spirit bear witness with thy spirit, that thou art a child of God?
10. Le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui se tient maintenant au milieu de nous, sait que si quelqu’un meurt sans cette foi et sans cet amour, mieux vaudrait pour lui n’être jamais né. Réveille-toi donc, toi qui dors, et invoque ton Dieu ; invoque-le pendant le jour où il se trouve. Ne lui laisse point de repos jusqu’à ce qu’il fasse passer devant toi toute sa bonté, jusqu’à ce qu’il proclame devant toi le nom de l’Éternel : L’Éternel, l’Éternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu’à mille générations, qui pardonne l’iniquité, la rébellion et le péché. Que personne ne te persuade par de vains discours de t’arrêter avant d’avoir obtenu ce prix de ta vocation céleste. Mais crie jour et nuit à celui qui, lorsque nous étions encore sans force, est mort pour des impies, jusqu’à ce que tu saches en qui tu as cru et que tu puisses dire : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Souviens-toi de toujours prier, et ne point te relâcher, jusqu’à ce que toi aussi tu puisses lever ta main vers le ciel et déclarer à celui qui vit aux siècles des siècles : « Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. »10. The God and Father of our Lord Jesus Christ, who now standeth in the midst of us, knoweth that if any man die without this faith and this love, good it were for him that he had never been born. Awake, then, thou that sleepest, and call upon thy God: call in the day when he may be found. Let him not rest, till he make his goodness to pass before thee, till he proclaim unto thee the name of the Lord, The Lord, the Lord God, merciful and gracious, long-suffering, and abundant in goodness and truth; keeping mercy for thousands, forgiving iniquity and transgression and sin. Let no man persuade thee by vain words, to rest short of this prize of thy high calling. But cry unto him day and night, who, while we were without strength, died for the ungodly, until thou knowest in whom thou hast believed, and canst say, “My Lord and my God.” Remember, always to pray and not to faint, till thou also canst lift up thy hand unto heaven, and declare to him that liveth for ever and ever, “Lord, thou knowest all things, thou knowest that I love thee.”
11. Puissions-nous tous éprouver ainsi ce que c’est que d’être non seulement presque, mais tout à fait chrétiens ! Justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est en Jésus ; sachant que nous avons la paix avec Dieu par Jésus-Christ ; nous glorifiant dans l’espérance de la gloire de Dieu, et ayant l’amour de Dieu répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné !11. May we all thus experience what it is, to be not almost only, but altogether Christians! Being justified freely by his grace, through the redemption that is in Jesus: knowing we have peace with God through Jesus Christ: rejoicing in hope of the glory of God, and having the love of God shed abroad in our hearts, by the Holy Ghost given unto us!
2. Le réveil et le christianisme scripturaire2. Awakening and Scriptural Christianity
John Wesley, Sermons on Several Occasions, sermons III et IV : le Sermon III, sans titre dans cette édition et appelé d’ordinaire « Réveille-toi, toi qui dors » (Éphésiens 5.14 ; prêché par Charles Wesley devant l’Université d’Oxford le dimanche 4 avril 1742), et « Le christianisme scripturaire » (Actes 4.31 ; prêché à St. Mary’s, Oxford, devant l’Université, le 24 août 1744), tirés de The Works of the Rev. John Wesley, vol. I (Bristol : William Pine, 1771), transcrits dans le livre numérique 59743 du Projet Gutenberg. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John Wesley, Sermons on Several Occasions, Sermons III and IV: Sermon III, untitled in this edition and usually called “Awake, Thou That Sleepest” (Ephesians 5:14; preached by Charles Wesley before the University of Oxford, Sunday, April 4, 1742), and “Scriptural Christianity” (Acts 4:31; preached at St. Mary’s, Oxford, before the University, August 24, 1744), from The Works of the Rev. John Wesley, vol. I (Bristol: William Pine, 1771), transcribed as Project Gutenberg ebook 59743. Primary source; the interpretations are the author’s.
Note du STC : le Sermon III est de Charles, frère de John Wesley ; John l’a placé dans son recueil. Les deux sermons furent prêchés devant l’Université d’Oxford ; c’est pourquoi la seconde moitié du Sermon IV s’adresse à ses magistrats, à ses maîtres, aux « membres des collèges » (fellows) et aux étudiants. « Enthousiasme » (enthusiasm) signifie fanatisme religieux ; « romain » traduit Romish, vieux terme polémique pour « catholique romain » ; être « parjure » (forsworn), c’est avoir violé un serment, ici celui d’observer les statuts de l’université. Les documents ecclésiastiques entre crochets dans le Sermon III sont des notes de Wesley citant les Articles et le Livre de prière de l’Église d’Angleterre.CTS note: Sermon III is by John Wesley’s brother Charles; John placed it in his collection. Both sermons were preached to the University of Oxford, so the second half of Sermon IV addresses its magistrates, teachers, “fellows” (senior college members) and students. “Enthusiasm” means religious fanaticism; “Romish” is an old polemical word for Roman Catholic; to be “forsworn” is to have broken an oath, here the oath to keep the university statutes. The church documents in square brackets in Sermon III are Wesley’s footnotes citing the Church of England’s Articles and Prayer Book.
SERMON III.SERMON III.
Éphésiens 5.14. Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et Christ t’éclairera.EPHES. v. 14. Awake thou that sleepest, and arise from the dead, and Christ shall give thee light.
En traitant de ces paroles, je veux, avec l’aide de Dieu,IN discoursing on these words, I shall, with the help of God,
Premièrement, décrire les dormeurs à qui elles s’adressent.First, Describe the sleepers to whom they are spoken.
Secondement, insister sur l’exhortation : Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts. Et,Secondly, Enforce the exhortation, Awake thou that sleepest, and arise from the dead. And,
Troisièmement, expliquer la promesse faite à ceux qui se réveillent et se relèvent : Christ t’éclairera.Thirdly, Explain the promise made to such as do awake and arise; Christ shall give thee light.
I.) 1. Et d’abord, quant aux dormeurs à qui il est parlé ici. Par le sommeil est signifié l’état naturel de l’homme : ce profond sommeil de l’âme dans lequel le péché d’Adam a plongé tous ceux qui sont issus de ses reins ; cette nonchalance, cette indolence et cette stupidité, cette insensibilité à sa condition réelle, dans laquelle tout homme vient au monde et demeure jusqu’à ce que la voix de Dieu le réveille.I.) 1. And first, as to the sleepers here spoken to. By sleep is signified the natural state of man: that deep sleep of the soul into which the sin of Adam hath cast all who spring from his loins; that supineness, indolence, and stupidity, that insensibility of his real condition, wherein every man comes into the world, and continues till the voice of God awakes him.
2. Or ceux qui dorment dorment la nuit. L’état de nature est un état de ténèbres complètes ; un état où les ténèbres couvrent la terre, et l’obscurité les peuples. Le pauvre pécheur non réveillé, quelle que soit sa connaissance des autres choses, n’a aucune connaissance de lui-même ; à cet égard, il n’a pas encore connu comme il faut connaître. Il ne sait pas qu’il est un esprit déchu, dont la seule affaire dans le monde présent est de se relever de sa chute, de recouvrer cette image de Dieu dans laquelle il a été créé. Il ne voit aucune nécessité de la seule chose nécessaire, à savoir ce changement intérieur et universel, cette naissance d’en haut (figurée par le baptême), qui est le commencement de ce renouvellement total, de cette sanctification de l’esprit, de l’âme et du corps, sans laquelle personne ne verra le Seigneur.2. Now they that sleep, sleep in the night. The state of nature is a state of utter darkness; a state wherein darkness covers the earth, and gross darkness the people. The poor unawakened sinner, how much knowledge soever he may have as to other things, has no knowledge of himself: in this respect, he knoweth nothing yet as he ought to know. He knows not that he is a fallen spirit, whose only business in the present world, is to recover from his fall, to regain that image of God wherein he was created. He sees no necessity for the one thing needful, even that inward universal change, that birth from above (figured out by baptism) which is the beginning of that total renovation, that sanctification of spirit, soul and body, without which no man shall see the Lord.
* 3. Plein de toutes sortes de maladies comme il l’est, il s’imagine être en parfaite santé ; étroitement lié dans la misère et dans les fers, il rêve qu’il est en liberté. Il dit : Paix, paix, tandis que le diable, comme un homme fort et bien armé, est en pleine possession de son âme. Il continue de dormir et de se reposer, bien que le séjour des morts s’émeuve en bas pour venir à sa rencontre ; bien que la fosse, d’où l’on ne revient pas, ait ouvert sa bouche pour l’engloutir. Un feu est allumé autour de lui, et il ne le sait pas ; oui, il le brûle, et il n’y prend pas garde.* 3. Full of all diseases as he is, he fancies himself in perfect health: fast bound in misery and iron, he dreams that he is at liberty. He says, Peace, peace, while the devil, as a strong man armed, is in full possession of his soul. He sleeps on still, and takes his rest, tho’ hell is moved from beneath to meet him; tho’ the pit, from whence there is no return, hath opened its mouth to swallow him up: a fire is kindled around him, yet he knoweth it not; yea it burns him, yet he lays it not to heart.
4. Par celui qui dort, nous devons donc entendre (et plût à Dieu que nous puissions tous l’entendre !) un pécheur satisfait de ses péchés ; content de rester dans son état de chute, de vivre et de mourir sans l’image de Dieu ; quelqu’un qui ignore à la fois sa maladie et le seul remède qui y convienne ; quelqu’un qui n’a jamais été averti, ou qui n’a jamais tenu compte de la voix de Dieu l’avertissant de fuir la colère à venir ; quelqu’un qui n’a encore jamais vu qu’il était en danger du feu de l’enfer, ni crié dans le sérieux de son âme : Que faut-il que je fasse pour être sauvé ?4. By one who sleeps we are therefore to understand (and would to God we might all understand it!) A sinner satisfied in his sins; contented to remain in his fallen state, to live and die without the image of God: one who is ignorant both of his disease, and of the only remedy for it: one who never was warned, or never regarded the warning voice of God, to flee from the wrath to come: one that never yet saw he was in danger of hell-fire, or cried out in the earnestness of his soul, What must I do to be saved?
5. Si ce dormeur n’est pas extérieurement vicieux, son sommeil est d’ordinaire le plus profond de tous : soit qu’il soit de l’esprit de Laodicée, ni froid ni bouillant, mais un adepte tranquille, raisonnable, inoffensif et débonnaire de la religion de ses pères ; soit qu’il soit zélé et orthodoxe, et que, selon la secte la plus rigide de notre religion, il vive en pharisien ; c’est-à-dire, selon la description de l’Écriture, quelqu’un qui se justifie lui-même ; quelqu’un qui travaille à établir sa propre justice comme fondement de son acceptation auprès de Dieu.5. If this sleeper be not outwardly vicious, his sleep is usually the deepest of all: whether he be of the Laodicean spirit, neither cold nor hot; but a quiet, rational, inoffensive, good-natured professor of the religion of his fathers; or whether he be zealous and orthodox, and after the most straitest sect of our religion, live a Pharisee; that is, according to the scriptural account, one that justifies himself; one that labours to establish his own righteousness, as the ground of his acceptance with God.
6. C’est celui qui, ayant l’apparence de la piété, en renie la force ; oui, et qui probablement la dénigre partout où elle se trouve, comme pure extravagance et illusion. Pendant ce temps, le misérable qui se trompe lui-même rend grâces à Dieu de ce qu’il n’est pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères : non, il ne fait de tort à personne. Il jeûne deux fois la semaine, use de tous les moyens de grâce, est assidu à l’église et au sacrement ; oui, et il donne la dîme de tous ses revenus, fait tout le bien qu’il peut ; à l’égard de la justice de la loi, il est irréprochable. Il ne lui manque rien de la piété, sinon la puissance ; rien de la religion, sinon l’esprit ; rien du christianisme, sinon la vérité et la vie.6. This is he, who having a form of godliness, denies the power thereof; yea, and probably reviles it, wheresoever it is found, as mere extravagance and delusion. Meanwhile, the wretched self-deceiver thanks God, that he is not as other men are; adulterers, unjust, extortioners: no, he doth no wrong to any man. He fasts twice in the week, uses all the means of grace, is constant at church and sacrament: yea, and gives tithes of all that he has, does all the good that he can: touching the righteousness of the law, he is blameless: he wants nothing of godliness but the power; nothing of religion, but the spirit; nothing of Christianity, but the truth and the life.
7. Mais ne savez-vous pas que, quelque haute estime qu’ait parmi les hommes un tel chrétien, il est une abomination aux yeux de Dieu et l’héritier de tous les malheurs que le Fils de Dieu, hier, aujourd’hui et éternellement, prononce contre les scribes et les pharisiens hypocrites ? Il a nettoyé le dehors de la coupe et du plat, mais au-dedans il est plein de toute souillure. Un mal funeste s’attache encore à lui, de sorte que son intérieur n’est que méchanceté. Notre Seigneur le compare à juste titre à un sépulcre blanchi, qui paraît beau au dehors, mais qui néanmoins est plein d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés. Les ossements, il est vrai, ne sont plus secs ; les nerfs et la chair sont venus sur eux, et la peau les a couverts par-dessus ; mais il n’y a point en eux d’esprit, point d’Esprit du Dieu vivant. Et si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. Vous êtes à Christ, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous. Sinon, Dieu sait que vous demeurez dans la mort, jusqu’à maintenant même.7. But know ye not, that however highly esteemed among men, such a Christian as this may be, he is an abomination in the sight of God, and an heir of every woe, which the Son of God yesterday, to-day, and for ever, denounces against Scribes and Pharisees, hypocrites? He hath made clean the outside of the cup and the platter, but within is full of all filthiness. An evil disease cleaveth still unto him, so that his inward parts are very wickedness. Our Lord fitly compares him to a painted sepulchre, which appears beautiful without; but nevertheless is full of dead mens bones, and of all uncleanness. The bones indeed are no longer dry; the sinews and flesh are come upon them, and the skin covers them above, but there is no breath in them, no Spirit of the living God. And if any man have not the Spirit of Christ, he is none of his. Ye are Christ’s, if so be that the Spirit of God dwell in you. But if not, God knoweth that ye abide in death, even until now.
8. Voici un autre trait du dormeur à qui il est parlé ici. Il demeure dans la mort, bien qu’il ne le sache pas. Il est mort pour Dieu, mort par ses offenses et par ses péchés. Car l’affection de la chair, c’est la mort. Ainsi qu’il est écrit : par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes ; non seulement la mort temporelle, mais aussi la mort spirituelle et éternelle. Le jour où tu en mangeras (dit Dieu à Adam), tu mourras. Non pas corporellement (si ce n’est qu’il devint alors mortel), mais spirituellement : tu perdras la vie de ton âme ; tu mourras pour Dieu ; tu seras séparé de lui, qui est ta vie et ton bonheur essentiels.8. This is another character of the sleeper here spoken to. He abides in death, tho’ he knows it not. He is dead unto God, dead in trespasses and sins. For, to be carnally minded is death. Even as it is written, by one man sin entered into the world, and death by sin: and so death passed upon all men, not only temporal death, but likewise spiritual and eternal. In that day that thou eatest (said God to Adam) Thou shalt surely die. Not bodily (unless as he then became mortal) but spiritually: thou shalt lose the life of thy soul: thou shalt die to God; shalt be separated from him, thy essential life and happiness.
9. Ainsi fut d’abord dissoute l’union vitale de notre âme avec Dieu ; de sorte qu’au milieu de la vie naturelle, nous sommes maintenant dans la mort spirituelle. Et nous y demeurons jusqu’à ce que le second Adam devienne pour nous un esprit vivifiant, jusqu’à ce qu’il ressuscite les morts, les morts dans le péché, dans les plaisirs, les richesses ou les honneurs. Mais avant qu’aucune âme morte puisse vivre, elle entend (écoute) la voix du Fils de Dieu : on lui fait sentir son état de perdition, et elle reçoit en elle-même la sentence de mort. Elle se sait morte quoique vivante, morte pour Dieu et pour toutes les choses de Dieu, n’ayant pas plus de pouvoir d’accomplir les actions d’un chrétien vivant qu’un cadavre n’en a d’accomplir les fonctions d’un homme vivant.9. Thus first was dissolved the vital union of our soul with God: insomuch that in the midst of natural life, we are now in spiritual death. And herein we remain till the second Adam becomes a quickening spirit to us, till he raises the dead, the dead in sin, in pleasure, riches, or honours. But before any dead soul can live, he hears (hearkens to) the voice of the Son of God: He is made sensible of his lost estate, and receives the sentence of death in himself. He knows himself to be dead while he liveth, dead to God, and all the things of God: having no more power to perform the actions of a living Christian, than a dead body to perform the functions of a living man.
10. Et il est très certain que celui qui est mort dans le péché n’a pas le jugement exercé à discerner ce qui est bien et ce qui est mal spirituellement. Ayant des yeux, il ne voit pas ; il a des oreilles, et il n’entend pas. Il ne sent ni ne voit combien l’Éternel est bon. Il n’a jamais vu Dieu, ni entendu sa voix, ni touché la parole de vie. C’est en vain que le nom de Jésus est un parfum qui se répand, et que tous ses vêtements sont myrrhe, aloès et casse. L’âme qui dort dans la mort n’a aucune perception d’objets de cette sorte. Son cœur a perdu tout sentiment, et ne comprend aucune de ces choses.10. And most certain it is, that one dead in sin, has not senses exercised to discern spiritual good and evil. Having eyes, he sees not, he hath ears and hears not. He doth not taste and see that the Lord is gracious. He hath not seen God at any time, nor heard his voice, nor handled the word of life. In vain is the name of Jesus like ointment poured forth, and all his garments smell of myrrh, aloes and cassia. The soul that sleepeth in death hath no perception of any objects of this kind. His heart is past feeling, and understandeth none of these things.
* 11. Et de là, n’ayant pas de sens spirituels, aucune entrée pour la connaissance spirituelle, l’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu ; bien plus, il est si loin de les recevoir que tout ce qui se discerne spirituellement n’est pour lui que folie. Il ne se contente pas d’ignorer entièrement les choses spirituelles, mais il en nie l’existence même. Et la sensation spirituelle elle-même est pour lui la folie des folies. Comment, dit-il, cela peut-il se faire ? Comment un homme peut-il savoir qu’il est vivant pour Dieu ? De la même manière que vous savez que votre corps est maintenant vivant. La foi est la vie de l’âme ; et si vous avez cette vie demeurant en vous, il ne vous faut pas d’autres marques pour la prouver à vous-mêmes que cet ἔλεγχος Πνεύματος, cette conscience divine, ce témoignage de Dieu, qui est plus et plus grand que dix mille témoins humains.* 11. And hence having no spiritual senses, no inlets of spiritual knowledge, the natural man receiveth not the things of the Spirit of God; nay, he is so far from receiving them, that whatsoever is spiritually discerned is mere foolishness unto him. He is not content with being utterly ignorant of spiritual things, but he denies the very existence of them. And spiritual sensation itself is to him, the foolishness of folly. How, saith he, can these things be? How can any man know, that he is alive to God? Even as you know, that your body is now alive. Faith is the life of the soul: and if ye have this life abiding in you, ye want no marks to evidence it to yourself, but that ἔλεγχος Πνεύματος, that divine consciousness, that witness of God, which is more and greater than ten thousand human witnesses.
12. S’il ne rend pas maintenant témoignage à ton esprit que tu es enfant de Dieu, oh ! qu’il te convainque, pauvre pécheur non réveillé, par sa démonstration et sa puissance, que tu es enfant du diable ! Oh ! que, pendant que je prophétise, il y ait maintenant un bruit et un mouvement, et que les os s’approchent les uns des autres ! Alors : Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu’ils revivent ! Et vous, n’endurcissez pas vos cœurs, et ne résistez pas au Saint-Esprit, qui maintenant même est venu vous convaincre de péché, parce que vous ne croyez pas au nom du Fils unique de Dieu.12. If he doth not now bear witness with thy spirit, that thou art a child of God, O that he might convince thee, thou poor unawakened sinner, by his demonstration and power, that thou art a child of the devil! O that as I prophesy, there might now be a noise and a shaking, and may the bones come together, bone to his bone. Then come from the four winds, O breath, and breathe on these slain, that they may live! And do not ye harden your hearts, and resist the Holy Ghost, who even now is come to convince you of sin, because you believe not on the name of the only begotten Son of God.
II.) 1. * C’est pourquoi, réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts. Dieu t’appelle maintenant par ma bouche, et t’ordonne de te connaître toi-même, esprit déchu, ton véritable état et ta seule affaire ici-bas. Que fais-tu, dormeur ? Lève-toi, invoque ton Dieu ! Peut-être voudra-t-il penser à nous, et nous ne périrons pas. Une grande tempête s’est élevée autour de toi, et tu t’enfonces dans les profondeurs de la perdition, dans le gouffre des jugements de Dieu. Si tu veux y échapper, jette-toi en eux. Juge-toi toi-même, et tu ne seras pas jugé par le Seigneur.II.) 1. * Wherefore, Awake thou that sleepest, and arise from the dead. God calleth thee now by my mouth; and bids thee know thyself, thou fallen spirit, thy true state and only concern below. What meanest thou, O sleeper? Arise! Call upon thy God, if so be thy God will think upon thee, that thou perish not. A mighty tempest is stirred up round about thee, and thou art sinking into the depths of perdition, the gulph of God’s judgments. If thou wouldst escape them, cast thyself into them. Judge thyself, and thou shalt not be judged of the Lord.
2. Réveille-toi, réveille-toi ! Lève-toi à l’instant même, de peur que tu ne boives de la main de l’Éternel la coupe de sa colère. Excite-toi à saisir le Seigneur, l’Éternel notre justice, puissant pour sauver ! Secoue ta poussière ! Du moins, que le tremblement de terre des menaces de Dieu t’ébranle. Réveille-toi et crie avec le geôlier tremblant : Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? Et ne te repose jamais avant de croire au Seigneur Jésus, d’une foi qui est son don, par l’opération de son Esprit.2. Awake, awake! Stand up this moment, lest thou drink at the Lord’s hand the cup of his fury. Stir up thyself to lay hold on the Lord, the Lord thy righteousness, mighty to save! Shake thyself from the dust. At least, let the earthquake of God’s threatnings shake thee. Awake and cry out with the trembling gaoler, What must I do to be saved? And never rest, till thou believest on the Lord Jesus, with a faith which is his gift, by the operation of his spirit.
3. * Si je parle à l’un de vous plus qu’à un autre, c’est à toi qui te crois étranger à cette exhortation. J’ai une parole de Dieu pour toi. En son nom, je t’avertis de fuir la colère à venir. Âme impie, vois ton portrait dans Pierre condamné, couché dans le sombre cachot, entre deux soldats, lié de deux chaînes, et les sentinelles devant la porte gardant la prison. La nuit est avancée, le matin approche, où tu dois être conduit au supplice. Et dans ces circonstances terribles, tu dors profondément ; tu dors profondément dans les bras du diable, au bord de l’abîme, dans la gueule de la destruction éternelle.3. * If I speak to any one of you more than to another, it is to thee, who thinkest thyself unconcerned in this exhortation. I have a message from God unto thee. In his name, I warn thee to flee from the wrath to come. Thou unholy soul, see thy picture in condemn’d Peter, lying in the dark dungeon, between the soldiers, bound with two chains, the keepers before the door keeping the prison. The night is far spent, the morning is at hand, when thou art to be brought forth to execution. And in these dreadful circumstances, thou art fast asleep; thou art fast asleep in the devil’s arms, on the brink of the pit, in the jaws of everlasting destruction.
4. Oh ! que l’ange du Seigneur survienne auprès de toi, et qu’une lumière brille dans ta prison ! Et puisses-tu sentir le coup d’une main toute-puissante te relevant par ces mots : Lève-toi promptement, mets ta ceinture et tes sandales, enveloppe-toi de ton manteau, et suis-moi !4. O may the angel of the Lord come upon thee, and the light shine into thy prison! And mayst thou feel the stroke of an almighty hand, raising thee with arise up quickly, gird thyself, and bind on thy sandals, cast thy garments about thee, and follow me.
5. * Réveille-toi, esprit éternel, de ton rêve de bonheur terrestre. Dieu ne t’a-t-il pas créé pour lui-même ? Alors tu ne peux trouver de repos avant de te reposer en lui. Reviens, vagabond. Revole vers ton arche. Ce n’est pas ici ta demeure. Ne songe pas à bâtir des tentes ici. Tu n’es qu’un étranger et un voyageur sur la terre : une créature d’un jour, qui va tout juste s’élancer dans un état immuable. Hâte-toi. L’éternité est proche. L’éternité dépend de ce moment. Une éternité de bonheur, ou une éternité de misère !5. * Awake, thou everlasting spirit, out of thy dream of worldly happiness. Did not God create thee for himself? Then, thou canst not rest, till thou restest in him. Return thou wanderer. Fly back to thy ark. This is not thy home. Think not of building tabernacles here. Thou art but a stranger, a sojourner upon earth: A creature of a day, but just launching out into an unchangeable state. Make haste. Eternity is at hand. Eternity depends on this moment. An eternity of happiness, or an eternity of misery!
6. Dans quel état est ton âme ? Si Dieu, pendant que je parle encore, te la redemandait, es-tu prêt à affronter la mort et le jugement ? Peux-tu subsister devant celui qui a les yeux trop purs pour voir le mal ? Es-tu rendu capable d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière ? As-tu combattu le bon combat et gardé la foi ? T’es-tu assuré de la seule chose nécessaire ? As-tu recouvré l’image de Dieu, à savoir une justice et une sainteté que produit la vérité ? T’es-tu dépouillé du vieil homme et revêtu du nouveau ? Es-tu revêtu de Christ ?6. In what state is thy soul? Was God, while I am yet speaking, to require it of thee, art thou ready to meet death and judgment? Canst thou stand in his sight, who is of purer eyes than to behold iniquity? Art thou meet to be partaker of the inheritance of the saints in light? Hast thou fought a good fight and kept the faith? Hast thou secured the one thing needful? Hast thou recovered the image of God, even righteousness and true holiness? Hast thou put off the old man and put on the new? Art thou cloathed upon with Christ?
7. As-tu de l’huile dans ta lampe ? De la grâce dans ton cœur ? Aimes-tu le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta pensée, de toute ton âme et de toute ta force ? Y a-t-il en toi les sentiments qui étaient en Jésus-Christ ? Es-tu vraiment chrétien ? C’est-à-dire, une nouvelle créature ? Les choses anciennes sont-elles passées, et toutes choses sont-elles devenues nouvelles ?7. Hast thou oil in thy lamp? Grace in thy heart? Dost thou love the Lord thy God, with all thy heart, and with all thy mind, and with all thy soul, and with all thy strength? Is that mind in thee, which was also in Christ Jesus? Art thou a Christian indeed? That is, a new creature? Are old things past away, and all things become new?
8. Es-tu participant de la nature divine ? Ne reconnais-tu pas que Jésus-Christ est en toi ? à moins peut-être que tu ne sois réprouvé. Sais-tu que Dieu demeure en toi, et toi en Dieu, par son Esprit qu’il t’a donné ? Ne sais-tu pas que ton corps est le temple du Saint-Esprit, que tu as reçu de Dieu ? As-tu le témoignage en toi-même ? Le gage de ton héritage ? As-tu reçu le Saint-Esprit, ou bien sursautes-tu à cette question, ne sachant pas s’il y a un Saint-Esprit ?8. Art thou a partaker of the divine nature? Knowest thou not, that Christ is in thee, except thou be reprobate? Knowest thou, that God dwelleth in thee, and thou in God, by his Spirit which he hath given thee? Knowest thou not, that thy body is a temple of the Holy Ghost, which thou hast of God? Hast thou the witness in thyself? The earnest of thine inheritance? Hast thou received the Holy Ghost—or dost thou start at the question, not knowing whether there be any Holy Ghost?
9. Si cela t’offense, sois assuré que tu n’es pas chrétien et que tu ne désires pas l’être. Bien plus, ta prière même se change en péché ; et tu t’es solennellement moqué de Dieu ce jour même, en priant pour l’inspiration de son Saint-Esprit, alors que tu ne croyais pas qu’il y eût rien de tel à recevoir.9. If it offends thee, be thou assured, that thou neither art a Christian, nor desirest to be one. Nay, thy very prayer is turned into sin; and thou hast solemnly mocked God this very day, by praying for the inspiration of his holy spirit, when thou didst not believe there was any such thing to be received.
10. * Pourtant, sur l’autorité de la parole de Dieu et de notre propre Église, je dois répéter la question : As-tu reçu le Saint-Esprit ? Si tu ne l’as pas reçu, tu n’es pas encore chrétien ; car un chrétien est un homme qui est oint du Saint-Esprit et de force. Tu n’as pas encore été rendu participant de la religion pure et sans tache. Sais-tu ce qu’est la religion ? Qu’elle est une participation à la nature divine, la vie de Dieu dans l’âme de l’homme : Christ formé dans le cœur, Christ en toi, l’espérance de la gloire ; le bonheur et la sainteté ; le ciel commencé sur la terre ; le royaume de Dieu au-dedans de toi ; non pas le manger et le boire, aucune chose extérieure, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit ? Un royaume éternel introduit dans ton âme, une paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence ; une joie ineffable et glorieuse ?10. * Yet on the authority of God’s word and our own church, I must repeat the question, Hast thou received the Holy Ghost? If thou hast not, thou art not yet a Christian: for a Christian is a man, that is anointed with the Holy Ghost, and with power. Thou art not yet made a partaker of pure religion and undefiled. Dost thou know, what religion is? That it is, a participation of the divine nature, the life of God in the soul of man: Christ formed in the heart, Christ, in thee, the hope of glory: happiness and holiness: heaven begun upon earth: a kingdom of God within thee: not meat and drink, no outward thing: but righteousness and peace, and joy in the Holy Ghost? An everlasting kingdom brought into thy soul, a peace of God, that passeth all understanding; a joy unspeakable and full of glory?
11. Sais-tu qu’en Jésus-Christ ni la circoncision ni l’incirconcision n’a de valeur, mais la foi qui est agissante par la charité, mais une nouvelle création ? Vois-tu la nécessité de ce changement intérieur, de cette naissance spirituelle, de cette vie d’entre les morts ? De cette sainteté ? Et es-tu pleinement convaincu que sans elle personne ne verra le Seigneur ? Travailles-tu à l’obtenir ? T’appliquant d’autant plus à affermir ta vocation et ton élection ? Travaillant à ton salut avec crainte et tremblement ? Luttant de toutes tes forces pour entrer par la porte étroite ? Es-tu sérieux au sujet de ton âme ? Et peux-tu dire à celui qui sonde les cœurs : Toi, ô Dieu, tu es l’objet de mon désir ! Seigneur, tu sais toutes choses ! Tu sais que je voudrais t’aimer !11. Knowest thou, that in Jesus Christ, neither circumcision availeth any thing, nor uncircumcision; but faith that worketh by love; but a new creation? Seest thou the necessity of that inward change, that spiritual birth, that life from the dead? That holiness? And art thou throughly convinced, that without it, no man shall see the Lord? Art thou labouring after it? Giving all diligence, to make thy calling and election sure? Working out thy salvation with fear and trembling? Agonizing to enter in at the straight gate? Art thou in earnest about thy soul? And, canst thou tell the Searcher of hearts, Thou, O God, art the thing that I long for! Lord, thou knowest all things! Thou knowest that I would love thee!
12. Tu espères être sauvé ; mais quelle raison peux-tu rendre de l’espérance qui est en toi ? Est-ce parce que tu n’as fait aucun mal ? Ou parce que tu as fait beaucoup de bien ? Ou parce que tu n’es pas comme les autres hommes, mais sage, ou savant, ou honnête et moralement bon ? Estimé des hommes, et jouissant d’une bonne réputation ? Hélas ! tout cela ne t’amènera jamais à Dieu. À son estimation, cela est plus léger que la vanité. Connais-tu Jésus-Christ qu’il a envoyé ? T’a-t-il enseigné que c’est par la grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi ? Et cela ne vient pas de nous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. As-tu reçu, comme tout le fondement de ton espérance, cette parole certaine : Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ? As-tu appris ce que signifie : Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance ? Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues ? Es-tu (que celui qui entend comprenne !) perdu, mort ? Déjà condamné ?—Connais-tu ce que tu mérites ? Sens-tu tes besoins ? Es-tu pauvre en esprit ? Pleures-tu après Dieu en refusant d’être consolé ? Le prodigue est-il rentré en lui-même, et bien content d’être pour cela tenu pour hors de sens par ceux qui se nourrissent encore des carouges qu’il a laissées ? Es-tu disposé à vivre pieusement en Jésus-Christ ? Et à cause de cela souffres-tu la persécution ? Les hommes disent-ils faussement de toi toute sorte de mal, à cause du Fils de l’homme ?12. Thou hopest to be saved—but what reason hast thou to give of the hope that is in thee? Is it because thou hast done no harm? Or, because thou hast done much good? Or, because thou art not like other men; but wise, or learned, or honest and morally good? Esteemed of men, and of a fair reputation? Alas, all this will never bring thee to God. It is in his account lighter than vanity. Dost thou know Jesus Christ whom he hath sent? Hath he taught thee, that by grace we are saved through faith? And that, not of ourselves. It is the gift of God: not of works, lest any man should boast. Hast thou received the faithful saying as the whole foundation of thy hope, Jesus Christ came into the world to save sinners? Hast thou learned what that meaneth, I came not to call the righteous, but sinners to repentance? I am not sent, but to the lost sheep? Art thou (he that heareth, let him understand!) lost, dead? Damned already?—Dost thou know thy deserts? Dost thou feel thy wants? Art thou poor in spirit? Mourning for God and refusing to be comforted? Is the prodigal come to himself, and well-content to be therefore thought beside himself, by those who are still feeding upon the husks which he hath left? Art thou willing to live godly in Christ Jesus? And dost thou therefore suffer persecution? Do men say all manner of evil against thee falsely, for the Son of man’s sake?
13. Oh ! que dans toutes ces questions vous entendiez la voix qui réveille les morts, et que vous sentiez ce marteau de la parole qui brise le roc !—Si vous entendez aujourd’hui sa voix, tandis qu’il est dit : Aujourd’hui, n’endurcissez pas vos cœurs. Maintenant, réveille-toi, toi qui dors dans la mort spirituelle, afin de ne pas dormir dans la mort éternelle ! Sens ton état de perdition, et relève-toi d’entre les morts. Quitte tes anciens compagnons de péché et de mort. Suis Jésus, et laisse les morts ensevelir leurs morts. Sauve-toi du milieu de cette génération perverse. Sors du milieu d’eux, et sépare-toi, ne touche pas à ce qui est impur, et le Seigneur t’accueillera ; et Christ t’éclairera.13. O, that in all these questions ye may hear the voice that wakes the dead, and feel that hammer of the word, which breaketh the rocks in pieces!—If ye will hear his voice to day, while it is called to day, harden not your hearts. Now awake thou that sleepest in spiritual death, that thou sleep not in death eternal! Feel thy lost estate, and arise from the dead. Leave thine old companions in sin and death. Follow thou Jesus, and let the dead bury their dead. Save thyself from this untoward generation. Come out from among them, and be thou separate, and touch not the unclean thing, and the Lord shall receive thee, Christ shall give thee light.
III.) 1. J’en viens enfin à expliquer cette promesse. Et quelle considération encourageante que celle-ci : qui que tu sois, si tu obéis à son appel, tu ne peux chercher sa face en vain ! Si dès maintenant tu te réveilles et te relèves d’entre les morts, il s’est engagé à t’éclairer. L’Éternel te donnera la grâce et la gloire : la lumière de sa grâce ici-bas, et la lumière de sa gloire quand tu recevras la couronne incorruptible de gloire. Ta lumière poindra comme l’aurore, et tes ténèbres seront comme le midi. Dieu, qui a dit : La lumière brillera du sein des ténèbres, fera briller la lumière dans ton cœur, pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ. Pour ceux qui craignent le Seigneur se lèvera le soleil de la justice, et la guérison sera sous ses ailes. Et en ce jour-là il te sera dit : Lève-toi, sois éclairée, car ta lumière arrive, et la gloire de l’Éternel se lève sur toi. Car Christ se révélera en toi. Et il est la véritable lumière.III.) 1. This promise I come, lastly, to explain. And how encouraging a consideration is this, that whosoever thou art who obeyest his call, thou canst not seek his face in vain. If thou even now awakest and arisest from the dead, he hath bound himself to give thee light. The Lord shall give thee grace and glory; the light of his grace here, and the light of his glory, when thou receivest the crown that fadeth not away. Thy light shall break forth as the morning, and thy darkness be as the noon-day. God who commanded the light to shine out of darkness, shall shine in thy heart; to give the knowledge of the glory of God in the face of Jesus Christ. On them that fear the Lord shall the sun of righteousness arise, with healing in his wings. And in that day it shall be said unto thee, Arise, shine: for thy light is come, and the glory of the Lord is risen upon thee. For Christ shall reveal himself in thee. And he is the true light.
2. Dieu est lumière, et il se donnera lui-même à tout pécheur réveillé qui l’attend ; et alors tu seras un temple du Dieu vivant, et Christ habitera dans ton cœur par la foi ; et, étant enraciné et fondé dans l’amour, tu pourras comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de cet amour de Christ, qui surpasse toute connaissance.2. God is light, and will give himself to every awakened sinner, that waiteth for him: and thou shalt then be a temple of the living God, and Christ shall dwell in thy heart by faith: and being rooted and grounded in love, thou shalt be able to comprehend with all saints, what is the breadth, and length, and depth, and heighth of that love of Christ which passeth knowledge.
3. Considérez votre vocation, frères. Nous sommes appelés à être une habitation de Dieu en Esprit ; et, par son Esprit qui demeure en nous, à être saints ici-bas, et participants de l’héritage des saints dans la lumière. Si grandes sont les promesses qui nous ont été données, réellement données à nous qui croyons. Car par la foi nous recevons, non l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, la somme de toutes les promesses, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce.3. Ye see your calling, brethren. We are call’d to be an habitation of God through his Spirit: and through his Spirit dwelling in us, to be saints here, and partakers of the inheritance of the saints in light. So exceeding great are the promises which are given unto us, actually given unto us who believe. For by faith we receive, not the spirit of the world, but the Spirit which is of God, the sum of all the promises, that we may know the things that are freely given to us of God.
4. L’Esprit de Christ est ce grand don de Dieu qu’il a promis à l’homme à plusieurs reprises et de plusieurs manières, et qu’il a pleinement accordé depuis le temps où Christ a été glorifié. Ces promesses faites autrefois aux pères, il les a ainsi accomplies : Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances [Ézéchiel 36.27]. Je répandrai des eaux sur le sol altéré, et des ruisseaux sur la terre desséchée ; je répandrai mon esprit sur ta race, et ma bénédiction sur tes rejetons [Ésaïe 44.3].4. The Spirit of Christ is that great gift of God, which at sundry times, and in divers manners he hath promised to man, and hath fully bestowed since the time that Christ was glorified. Those Promises before made to the fathers, he hath thus fulfilled: I will put my Spirit within you, and cause you to walk in my statutes [Ezek. xxxvi. 27.]. I will pour water upon him that is thirsty, and floods upon the dry ground: I will pour my Spirit upon thy seed, and my blessing upon thine offspring [Isaiah xliv. 3.].
5. Vous pouvez tous être des témoins vivants de ces choses : de la rémission des péchés et du don du Saint-Esprit. Si tu peux croire, tout est possible à celui qui croit. Quiconque parmi vous craint l’Éternel, et pourtant marche dans l’obscurité et manque de lumière ? Je te le demande au nom de Jésus : crois-tu que sa main n’est point trop courte ? Qu’il est encore puissant pour sauver ? Qu’il est le même hier, aujourd’hui, et éternellement ? Qu’il a maintenant le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés ? Prends courage, mon enfant, tes péchés te sont pardonnés. Dieu, pour l’amour de Christ, t’a pardonné. Reçois cela, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu ; et tu es justifié gratuitement par la foi. Tu seras aussi sanctifié par la foi qui est en Jésus, et tu apposeras ton sceau, oui, le tien, que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils.5. Ye may all be living witnesses of these things: of remission of sins, and the gift of the Holy Ghost. If thou canst believe, all things are possible to him that believeth. Who among you is there, that feareth the Lord, and yet walketh on in darkness, and hath no light? I ask thee in the name of Jesus, believest thou that his arm is not shortned at all? That he is still mighty to save? That he is the same yesterday, to day, and for ever? That he hath now power, on earth to forgive sins? Son, be of good cheer; thy sins are forgiven. God for Christ’s sake hath forgiven thee. Receive this, not as the word of man; but as it is, indeed, the word of God; and thou art justified freely through faith. Thou shalt be sanctified also through faith which is in Jesus, and shalt set to thy seal, even thine, that God hath given unto us eternal life, and this life is in his Son.
6. Hommes frères, permettez-moi de vous parler librement ; et supportez ces paroles d’exhortation, même de la part de l’un des moins estimés dans l’Église. Votre conscience vous rend témoignage par le Saint-Esprit qu’il en est ainsi, si vous avez goûté que le Seigneur est bon. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. Cette connaissance expérimentale, et elle seule, est le vrai christianisme. Celui-là est chrétien qui a reçu l’Esprit de Christ. Celui-là n’est pas chrétien qui ne l’a pas reçu. Et il n’est pas possible de l’avoir reçu sans le savoir. Car en ce jour-là [Jean 14.20] (quand il viendra, dit notre Seigneur) vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous. C’est là cet Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point ; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous.6. Men and brethren, let me freely speak unto you; and suffer ye the word of exhortation, even from one the least esteemed in the church. Your conscience beareth you witness in the Holy Ghost, that these things are so, if so be ye have tasted that the Lord is gracious. This is eternal life, to know the only true God, and Jesus Christ whom he hath sent. This experimental knowledge, and this alone, is true Christianity. He is a Christian, who hath received the Spirit of Christ. He is not a Christian, who hath not received him. Neither is it possible to have received him and not know it. For at that day [John xiv. 20.] (when he cometh, saith our Lord) ye shall know, that I am in my Father, and you in me, and I in you. This is that Spirit of Truth, whom the world cannot receive, because it seeth him not, neither knoweth him. But ye know him: for he dwelleth with you, and shall be in you.
7. Le monde ne peut le recevoir, mais rejette entièrement la promesse du Père, contredisant et blasphémant. Mais tout esprit qui ne confesse pas cela n’est pas de Dieu. Oui, c’est celui de l’antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde. * Celui-là est antéchrist, quel qu’il soit, qui nie l’inspiration du Saint-Esprit, ou que l’Esprit de Dieu demeurant en nous est le privilège commun de tous les croyants, la bénédiction de l’Évangile, le don ineffable, la promesse universelle, la marque distinctive d’un vrai chrétien.7. The world cannot receive him, but utterly reject the promise of the Father, contradicting and blaspheming. But every spirit which confesseth not this, is not of God. Yea, this is that spirit of antichrist, whereof ye have heard, that it should come into the world, and even now it is in the world. * He is antichrist whosoever denies the inspiration of the Holy Ghost, or that the indwelling Spirit of God is the common privilege of all believers, the blessing of the gospel, the unspeakable gift, the universal promise, the criterion of a real Christian.
8. Il ne leur sert de rien de dire : « Nous ne nions pas l’assistance de l’Esprit de Dieu, mais seulement cette inspiration, ce fait de recevoir le Saint-Esprit et d’en être conscient. C’est seulement ce sentiment de l’Esprit, ce fait d’être mû par l’Esprit, ou d’en être rempli, que nous nions avoir aucune place dans une religion saine. » Mais en niant seulement cela, vous niez toutes les Écritures, toute la vérité, la promesse et le témoignage de Dieu.8. It nothing helps them to say, “We do not deny the assistance of God’s Spirit; but only this inspiration, this receiving the Holy Ghost, and being sensible of it. It is only this feeling of the Spirit, this being moved by the Spirit, or filled with it, which we deny to have any place in sound religion.” But in only denying this, you deny the whole scriptures, the whole truth and promise and testimony of God.
9. Notre propre excellente Église ne connaît rien de cette distinction diabolique, mais parle clairement de sentir l’Esprit de Christ [Article 17] ; d’être mû par le Saint-Esprit [Office de la consécration des prêtres], et de savoir et de sentir qu’il n’y a d’autre nom que celui de Jésus [Visitation des malades] par lequel nous puissions recevoir la vie et le salut. Elle nous enseigne à tous à prier pour l’inspiration du Saint-Esprit [Collecte avant la sainte communion], oui, à demander d’être remplis du Saint-Esprit [Office de la confirmation]. Bien plus, chacun de ses prêtres fait profession de recevoir le Saint-Esprit par l’imposition des mains. Par conséquent, nier l’une de ces choses, c’est en effet renoncer à l’Église d’Angleterre aussi bien qu’à toute la révélation chrétienne.9. Our own excellent church knows nothing of this devilish distinction: but speaks plainly of feeling the Spirit of Christ [Art. 17.]; of being moved by the Holy Ghost [Office of consecrating Priests.], and knowing and feeling there is no other name than that of Jesus [Visitation of the sick.], whereby we can receive life and salvation. She teaches us all to pray for the inspiration of the Holy Spirit [Collect before the holy communion.], yea, that we may be filled with the Holy Ghost [Order of confirmation.]. Nay, and every presbyter of hers, professes to receive the Holy Ghost by the imposition of hands. Therefore to deny any of these, is in effect, to renounce the church of England, as well as the whole Christian revelation.
10. Mais la sagesse de Dieu a toujours été folie aux yeux des hommes. Il n’est donc pas étonnant que le grand mystère de l’Évangile soit maintenant aussi caché aux sages et aux intelligents, comme aux jours d’autrefois ; qu’il soit presque universellement nié, tourné en ridicule et rejeté comme pure frénésie ; et que tous ceux qui osent encore le professer soient flétris des noms de fous et d’exaltés. C’est là l’apostasie qui devait venir : cette apostasie générale de tous les ordres et de toutes les conditions d’hommes, que nous voyons dès maintenant répandue sur la terre. Parcourez les rues de Jérusalem, et voyez si vous trouvez un homme, un homme qui aime le Seigneur son Dieu de tout son cœur, et qui le serve de toute sa force. Combien notre propre pays (pour ne pas regarder plus loin) gémit sous les débordements de l’impiété ! Quelles infamies de toute sorte se commettent jour après jour, oui, trop souvent impunément, par ceux qui pèchent la tête haute et mettent leur gloire dans leur honte ! Qui pourrait faire le compte des jurons, des malédictions, des profanations, des blasphèmes, des mensonges, des calomnies, des médisances, de la violation du sabbat, de la gourmandise, de l’ivrognerie, de la vengeance, des débauches, des adultères et des impuretés diverses, des fraudes, de l’injustice, de l’oppression, de l’extorsion, qui se répandent sur notre pays comme un déluge ?10. But the wisdom of God was always foolishness with men. No marvel then, that the great mystery of the gospel, should be now also hid from the wise and prudent, as well as in the days of old; that it should be almost universally denied, ridiculed and exploded as mere frenzy: and that all who dare avow it still, are branded with the names of madmen and enthusiasts. This is that falling away which was to come: that general apostacy, of all orders and degrees of men, which we even now find to have overspread the earth. Run to and fro in the streets of Jerusalem, and see if ye can find a man; a man that loveth the Lord his God with all his heart, and serveth him with all his strength? How does our own land mourn (that we look no farther) under the overflowings of ungodliness? What villanies of every kind are committed day by day; yea, too often with impunity, by those who sin with a high hand, and glory in their shame? Who can reckon up the oaths, curses, profaneness, blasphemies, the lying, slandering, evil-speaking, the sabbath-breaking, gluttony, drunkenness, revenge, the whoredoms, adulteries, and various uncleanness, the frauds, injustice, oppression, extortion, which overspread our land as a flood?
11. * Et même parmi ceux qui se sont gardés purs de ces abominations plus grossières, combien de colère et d’orgueil, combien de paresse et d’oisiveté, combien de mollesse et de délicatesse, combien de luxe et de complaisance pour soi-même, combien de convoitise et d’ambition, combien de soif de louange, combien d’amour du monde, combien de crainte des hommes ne trouve-t-on pas ! Et pendant ce temps, combien peu de vraie religion ! Car où est celui qui aime Dieu ou son prochain comme il nous l’a commandé ? D’un côté sont ceux qui n’ont pas même l’apparence de la piété ; de l’autre, ceux qui n’en ont que l’apparence : ici le sépulcre ouvert, là le sépulcre blanchi. De sorte qu’en vérité quiconque observerait attentivement une assemblée publique du peuple (je crains qu’il ne faille pas excepter celles de nos églises) pourrait aisément s’apercevoir qu’une partie étaient des sadducéens, et l’autre des pharisiens : les uns ayant presque aussi peu de souci de la religion que s’il n’y avait ni résurrection, ni ange, ni esprit ; et les autres en faisant une simple forme sans vie, une ronde monotone de pratiques extérieures, sans vraie foi, ni amour de Dieu, ni joie par le Saint-Esprit.11. * And even among those who have kept themselves pure from these grosser abominations; how much anger and pride, how much sloth and idleness, how much softness and effeminacy, how much luxury and self-indulgence, how much covetousness and ambition, how much thirst of praise, how much love of the world, how much fear of man is to be found? Meanwhile, how little of true religion? For where is he that loveth either God or his neighbour, as he hath given us commandment? On the one hand are those, who have not so much as the form of godliness: on the other those who have the form only; there stands the open, there the painted sepulchre. So that in very deed, whosoever were earnestly to behold any publick gathering together of the people, (I fear, those in our churches are not to be excepted) might easily perceive, that the one part were Sadducees, and the other Pharisees: the one having almost as little concern about religion, as if there were no resurrection, neither angel nor spirit; and the other making it a mere lifeless form, a dull round of external performances, without either true faith, or the love of God, or joy in the Holy Ghost.
12. Plût à Dieu que je pusse nous excepter, nous qui sommes en ce lieu ! Frères, le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour vous, c’est que vous soyez sauvés de ce débordement d’impiété, et qu’ici s’arrête l’orgueil de ses flots ! Mais en est-il vraiment ainsi ? Dieu sait, oui, et notre propre conscience, qu’il n’en est rien. Vous ne vous êtes pas gardés purs. Nous aussi sommes corrompus et abominables ; et il en est peu qui comprennent encore, peu qui adorent Dieu en esprit et en vérité. Nous aussi, nous sommes une race dont le cœur n’était pas ferme, et dont l’esprit n’était pas fidèle à Dieu. Il nous a établis, il est vrai, pour être le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes.12. Would to God I could except us of this place. Brethren, my heart’s desire, and prayer to God for you is, that ye may be saved from this overflowing of ungodliness, and that here may its proud waves be stay’d! But is it so indeed? God knoweth, yea, and our own conscience, it is not. Ye have not kept yourselves pure. Corrupt are we also and abominable; and few are there that understand any more, few that worship God in spirit and in truth. We too are a generation that set not our hearts aright, and whose Spirit cleaveth not stedfastly unto God: He hath appointed us indeed to be the salt of the earth. But if the salt have lost its savour, it is thenceforth good for nothing, but to be cast out, and to be trodden under foot of men.
13. Et ne châtierais-je pas ces crimes, dit l’Éternel ? Ne me vengerais-je pas d’une pareille nation ? Oui, nous ne savons combien tôt il dira à l’épée : Épée, parcours ce pays ! Il nous a donné un long délai pour nous repentir. Il nous laisse encore cette année ; mais il nous avertit et nous réveille par le tonnerre. Ses jugements s’exercent sur la terre. Et nous avons toute raison d’attendre le plus terrible de tous, à savoir qu’il vienne à nous bientôt et ôte notre chandelier de sa place, si nous ne nous repentons et ne pratiquons nos premières œuvres ; à moins que nous ne revenions aux principes de la Réforme, à la vérité et à la simplicité de l’Évangile. Peut-être résistons-nous maintenant au dernier effort de la grâce divine pour nous sauver. Peut-être avons-nous presque comblé la mesure de nos iniquités, en rejetant le dessein de Dieu à notre égard et en chassant ses messagers.13. And shall I not visit for these things, saith the Lord? Shall not my soul be avenged on such a nation as this? Yea, we know not how soon he may say to the sword, Sword, go through this land! He hath given us long space to repent. He lets us alone this year also: but he warns and awakens us by thunder. His judgments are abroad in the earth. And we have all reason to expect that heaviest of all, even that he should come unto us quickly, and remove our candlestick out of its place, except we repent and do the first works: unless we return to the principles of the reformation, the truth and simplicity of the gospel. Perhaps we are now resisting the last effort of divine grace to save us. Perhaps we have well nigh filled up the measure of our iniquities, by rejecting the counsel of God against ourselves, and casting out his messengers.
14. Ô Dieu, dans ta colère souviens-toi de tes compassions ! Sois glorifié dans notre réforme, et non dans notre destruction. Que nous entendions la verge et celui qui l’envoie. Maintenant que tes jugements s’exercent sur la terre, que les habitants du monde apprennent la justice.14. O God, in the midst of wrath remember mercy! Be glorified in our reformation, not in our destruction. Let us hear the rod, and him that appointed it. Now that thy judgments are abroad in the earth, let the inhabitants of the world learn righteousness.
15. Mes frères, il est grand temps pour nous de nous réveiller du sommeil, avant que sonne la grande trompette du Seigneur et que notre pays devienne un champ de sang. Oh ! puissions-nous voir bientôt ce qui peut nous donner la paix, avant que cela ne soit caché à nos yeux ! Fais-nous revenir, ô bon Seigneur, et que ta colère cesse contre nous. Ô Seigneur, regarde du haut des cieux, et vois, et visite cette vigne ; et fais-nous connaître le temps où nous sommes visités. Secours-nous, Dieu de notre salut, pour la gloire de ton nom ! Délivre-nous, et pardonne nos péchés, à cause de ton nom ! Et nous ne nous éloignerons plus de toi ; fais-nous revivre, et nous invoquerons ton nom. Éternel, Dieu des armées, relève-nous ! Fais briller ta face, et nous serons sauvés !15. My brethren, it is high time for us, to awake out of sleep; before the great trumpet of the Lord be blown, and our land become a field of blood. O may we speedily see the things that make for our peace, before they are hid from our eyes! Turn thou us, O good Lord, and let thine anger cease from us. O Lord, look down from heaven, behold and visit this vine; and cause us to know the time of our visitation. Help us, O God of our salvation, for the glory of thy name; O deliver us, and be merciful to our sins, for thy names sake. And so will we not go back from thee: O let us live, and we shall call upon thy name. Turn us again, O Lord God of hosts, shew the light of thy countenance, and we shall be whole.
Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen.Now unto him that is able to do exceeding abundantly above all that we can ask or think, according to the power that worketh in us, unto him be glory in the church by Christ Jesus throughout all ages, world without end. Amen.
SERMON IV. LE CHRISTIANISME SCRIPTURAIRE.SERMON IV. SCRIPTURAL CHRISTIANITY.
Actes 4.31. Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit.Acts iv. 31. And they were all filled with the Holy Ghost.
1. La même expression se trouve au deuxième chapitre, où nous lisons : Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous (les apôtres, avec les femmes, et la mère de Jésus, et ses frères) ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit. Un effet immédiat en fut qu’ils se mirent à parler en d’autres langues ; de sorte que les Parthes, les Mèdes, les Élamites et les autres étrangers qui accoururent au bruit qui eut lieu les entendaient parler dans leurs diverses langues des merveilles de Dieu.1. THE same expression occurs in the second chapter, where we read, When the day of Pentecost was fully come, they were all (the apostles, with the women, and the mother of Jesus, and his brethren) with one accord in one place. And suddenly there came a sound from heaven, as of a rushing mighty wind. And there appeared unto them cloven tongues, like as of fire, and it sat upon each of them. And they were all filled with the Holy Ghost. One immediate effect whereof was, They began to speak with other tongues; insomuch that both the Parthians, Medes, Elamites, and the other strangers who came together, when this was noised abroad, heard them speak, in their several tongues, the wonderful works of God.
2. Dans ce chapitre-ci, nous lisons que, lorsque les apôtres et les frères eurent prié et loué Dieu, le lieu où ils étaient assemblés trembla, et ils furent tous remplis du Saint-Esprit. Ce n’est pas que nous trouvions ici aucune manifestation visible, comme dans le cas précédent ; et l’on ne nous dit pas non plus que les dons extraordinaires du Saint-Esprit furent alors accordés à tous ou à quelques-uns d’entre eux ; tels que les dons de guérison, le don d’opérer d’autres miracles, de prophétie, de discernement des esprits ; le parler en diverses sortes de langues, et l’interprétation des langues.2. In this chapter we read, that when the apostles and brethren had been praying, and praising God, the place was shaken where they were assembled together, and they were all filled with the Holy Ghost. Not that we find any visible appearance here, such as had been in the former instance: nor are we informed that the extraordinary gifts of the Holy Ghost, were then given to all or any of them; such as the gifts of healing, of working other miracles, of prophecy, of discerning spirits; the speaking with divers kinds of tongues, and the interpretation of tongues.
3. Si ces dons du Saint-Esprit étaient destinés à demeurer dans l’Église à travers tous les âges, et s’ils seront ou non rétablis à l’approche plus prochaine du rétablissement de toutes choses, ce sont des questions qu’il n’est pas nécessaire de trancher. Mais il est nécessaire d’observer ceci : même dans l’enfance de l’Église, Dieu les a distribués d’une main économe. Tous étaient-ils alors même prophètes ? Tous opéraient-ils des miracles ? Tous avaient-ils le don des guérisons ? Tous parlaient-ils en langues ? Non, en aucune façon. Peut-être pas un sur mille. Probablement personne d’autre que les docteurs de l’Église, et seulement quelques-uns d’entre eux. Ce fut donc dans un dessein plus excellent que celui-là qu’ils furent tous remplis du Saint-Esprit.3. Whether these gifts of the Holy Ghost were designed to remain in the church throughout all ages; and whether or no they will be restored at the nearer approach of the restitution of all things, are questions which it is not needful to decide. But it is needful to observe this, that even in the infancy of the church, God divided them with a sparing hand. Were all even then prophets? Were all workers of miracles? Had all the gifts of healing? Did all speak with tongues? No, in no wise. Perhaps not one in a thousand. Probably none but the teachers in the church, and only some of them. It was therefore for a more excellent purpose than this, that they were all filled with the Holy Ghost.
4. Ce fut pour leur donner (ce que personne ne peut nier être essentiel à tous les chrétiens de tous les âges) les sentiments qui étaient en Christ, ces saints fruits de l’Esprit que celui qui ne les a pas ne lui appartient pas : pour les remplir d’amour, de joie, de paix, de patience, de bienveillance, de bonté ; pour les revêtir de foi (on pourrait peut-être traduire fidélité), de douceur et de tempérance ; pour les rendre capables de crucifier la chair avec ses passions et ses désirs, ses emportements et ses convoitises ; et, en conséquence de ce changement intérieur, d’accomplir toute justice extérieure, de marcher comme Christ a marché, dans l’œuvre de la foi, la fermeté de l’espérance, le travail de la charité.4. It was, to give them (what none can deny to be essential to all Christians in all ages) the mind which was in Christ, those holy fruits of the Spirit, which whosoever hath not, is none of his: to fill them with love, joy, peace, long-suffering, gentleness, goodness: to endue them with faith, (perhaps it might be rendered, fidelity) with meekness and temperance: to enable them to crucify the flesh with its affections and lusts, its passions and desires; and, in consequence of that inward change, to fulfil all outward righteousness, to walk as Christ also walked, in the work of faith, the patience of hope, the labour of love.
5. Sans nous occuper donc de recherches curieuses et inutiles touchant ces dons extraordinaires de l’Esprit, considérons de plus près ses fruits ordinaires, dont nous avons l’assurance qu’ils demeureront à travers tous les âges : cette grande œuvre de Dieu parmi les enfants des hommes que nous avons coutume d’exprimer par un seul mot, le christianisme ; non pas en tant qu’il implique un ensemble d’opinions, un système de doctrines, mais en tant qu’il se rapporte au cœur et à la vie des hommes. Et il peut être utile de considérer ce christianisme sous trois aspects distincts.5. Without busying ourselves then in curious, needless enquiries, touching those extraordinary gifts of the Spirit, let us take a nearer view of these his ordinary fruits; which we are assured will remain throughout all ages: of that great work of God among the children of men, which we are used to express by one word, Christianity: not as it implies a set of opinions, a system of doctrines, but as it refers to mens hearts and lives. And this Christianity it may be useful to consider under three distinct views.
I. Comme commençant à exister dans les individus. II. Comme se répandant de l’un à l’autre. III. Comme couvrant la terre.I. As beginning to exist in individuals. II. As spreading from one to another. III. As covering the earth.
Je me propose de terminer ces considérations par une application pratique et simple.I design to close these considerations with a plain practical application.
I. Et d’abord, considérons le christianisme à sa naissance, comme commençant à exister dans les individus.I. And first, let us consider Christianity in its rise, as beginning to exist in individuals.
Supposons donc que l’un de ceux qui entendirent l’apôtre Pierre prêcher la repentance et le pardon des péchés ait eu le cœur vivement touché, ait été convaincu de péché, se soit repenti, et ait ensuite cru en Jésus. Par cette foi en la puissance de Dieu, qui était la substance même, ou la réalité, des choses qu’on espère, la démonstration évidente des choses qu’on ne voit pas, il reçut à l’instant l’Esprit d’adoption, par lequel il criait maintenant : Abba ! Père ! Maintenant pour la première fois il pouvait dire : Jésus est le Seigneur ! par le Saint-Esprit, l’Esprit lui-même rendant témoignage à son esprit qu’il était enfant de Dieu. Maintenant il pouvait dire en vérité : Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi.Suppose then one of those who heard the apostle Peter preaching repentance and remission of sins, was pricked to the heart, was convinced of sin, repented, and then believed in Jesus. By this faith of the operation of God, which was the very substance or subsistence of things hoped for, the demonstrative evidence of invisible things, he instantly received the Spirit of adoption, whereby he now cried Abba, Father! Now first it was that he could call Jesus Lord, by the Holy Ghost, the Spirit itself bearing witness with his spirit that he was a child of God. Now it was that he could truly say, I live not, but Christ liveth in me; and the life which I now live in the flesh, I live by faith in the Son of God, who loved me and gave himself for me.
2. Telle était donc l’essence même de sa foi : un ἔλεγχος [Évidence ou conviction] divin de l’amour de Dieu le Père, par le Fils de son amour, envers lui, pécheur, maintenant agréé dans le Bien-aimé. Et, étant justifié par la foi, il avait la paix avec Dieu, oui, la paix de Dieu régnant dans son cœur ; une paix qui, surpassant toute intelligence (πάντα νοῦν, toute conception simplement rationnelle), gardait son cœur et ses pensées de tout doute et de toute crainte, par la connaissance de celui en qui il avait cru. Il ne pouvait donc craindre aucune mauvaise nouvelle ; car son cœur était ferme, confiant en l’Éternel. Il ne craignait pas ce que l’homme pouvait lui faire, sachant que même les cheveux de sa tête étaient tous comptés. Il ne craignait pas toutes les puissances des ténèbres, que Dieu écrasait chaque jour sous ses pieds. Moins que tout, il craignait de mourir ; bien plus, il désirait s’en aller et être avec Christ, qui par la mort avait anéanti celui qui avait la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et délivré tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie, jusque-là, retenus dans la servitude.2. This then was the very essence of his faith, a divine ἔλεγχος [Evidence or conviction.] of the love of God the Father, through the Son of his love, to him a sinner, now accepted in the Beloved. And being justified by faith, he had peace with God, yea the peace of God ruling in his heart: a peace, which passing all understanding, (πάντα νοῦν, all barely rational conception) kept his heart and mind from all doubt and fear, through the knowledge of him in whom he had believed. He could not therefore be afraid of any evil tidings; for his heart stood fast believing in the Lord. He feared not what man could do unto him, knowing the very hairs of his head were all numbered. He feared not all the powers of darkness, which God was daily bruising under his feet. Least of all was he afraid to die; nay, he desired to depart and be with Christ; who through death had destroyed him that had the power of death, even the devil; and delivered them who through fear of death, were all their life-time, till then, subject to bondage.
3. Son âme donc exaltait le Seigneur, et son esprit se réjouissait en Dieu, son Sauveur. Il se réjouissait d’une joie ineffable en celui qui l’avait réconcilié avec Dieu, le Père ; en qui il avait la rédemption par son sang, la rémission des péchés. Il se réjouissait de ce témoignage de l’Esprit de Dieu avec son esprit, qu’il était enfant de Dieu ; et plus abondamment dans l’espérance de la gloire de Dieu, dans l’espérance de la glorieuse image de Dieu, du plein renouvellement de son âme dans la justice et la sainteté véritables ; et dans l’espérance de cette couronne de gloire, de cet héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir.3. His soul therefore magnified the Lord, and his spirit rejoiced in God his Saviour. He rejoiced in him with joy unspeakable, who had reconciled him to God, even the Father: in whom he had redemption through his blood, the forgiveness of sins. He rejoiced in that witness of God’s Spirit with his spirit, that he was a child of God: and more abundantly, in hope of the glory of God, in hope of the glorious image of God, the full renewal of his soul in righteousness and true holiness; and in hope of that crown of glory, that inheritance incorruptible, undefiled, and that fadeth not away.
4. L’amour de Dieu était aussi répandu dans son cœur par le Saint-Esprit qui lui avait été donné. Parce qu’il était fils, Dieu avait envoyé dans son cœur l’Esprit de son Fils, lequel crie : Abba ! Père ! Et cet amour filial pour Dieu s’accroissait continuellement par le témoignage qu’il avait en lui-même de l’amour de Dieu qui lui pardonnait, en voyant quel amour le Père lui avait témoigné, pour qu’il fût appelé enfant de Dieu. De sorte que Dieu était le désir de ses yeux et la joie de son cœur ; sa part dans le temps et dans l’éternité.4. The love of God was also shed abroad in his heart, by the Holy Ghost which was given unto him. Because he was a son, God had sent forth the Spirit of his Son into his heart, crying, Abba, Father! And that filial love of God was continually increased by the witness he had in himself, of God’s pardoning love to him, by beholding what manner of love it was, which the Father had bestowed upon him, that he should be called a child of God. So that God was the desire of his eyes, and the joy of his heart; his portion in time and in eternity.
5. Celui qui aimait ainsi Dieu ne pouvait qu’aimer aussi son frère ; et cela non en paroles seulement, mais en actions et avec vérité. « Si Dieu, disait-il, nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. » Oui, toute âme humaine, puisque les compassions de Dieu s’étendent sur toutes ses œuvres. Conformément à cela, l’affection de cet amant de Dieu embrassait tout le genre humain à cause de lui ; sans excepter ceux qu’il n’avait jamais vus dans la chair, ou ceux dont il ne savait rien d’autre sinon qu’ils étaient la race de Dieu, pour les âmes desquels son Fils était mort ; sans excepter les méchants et les ingrats, et moins que tous ses ennemis, ceux qui le haïssaient, le persécutaient ou le maltraitaient à cause de son Maître. Ceux-là avaient une place particulière dans son cœur et dans ses prières. Il les aimait comme Christ nous a aimés.5. He that thus loved God, could not but love his brother also; and not in word only, but in deed and in truth. “If God, said he, so loved us, we ought also to love one another.” Yea, every soul of man, as the mercy of God is over all his works. Agreeably hereto, the affection of this lover of God, embraced all mankind for his sake; not excepting those whom he had never seen in the flesh, or those of whom he knew nothing more than that they were the offspring of God; for whose souls his Son had died; not excepting the evil and unthankful, and least of all his enemies, those who hated, or persecuted, or despitefully used him for his Master’s sake. These had a peculiar place both in his heart and his prayers. He loved them even as Christ loved us.
6. Et l’amour ne s’enfle point d’orgueil. Il abaisse jusqu’à la poussière toute âme où il habite. Aussi était-il humble de cœur, petit, bas et vil à ses propres yeux. Il ne recherchait ni ne recevait la gloire qui vient des hommes, mais celle qui vient de Dieu seul. Il était doux et patient, bienveillant envers tous, et facile à fléchir. La bonté et la fidélité ne l’abandonnaient jamais ; elles étaient liées à son cou, écrites sur la table de son cœur. Par le même Esprit, il était rendu capable d’être tempérant en toutes choses, tenant son âme dans le calme et le silence, comme un enfant sevré. Il était crucifié pour le monde, et le monde était crucifié pour lui : au-dessus de la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie. Par le même amour tout-puissant, il était sauvé à la fois de la passion et de l’orgueil, de la convoitise et de la vanité, de l’ambition et de l’avarice, et de toute disposition qui n’était pas en Christ.6. And love is not puffed up. It abases to the dust every soul wherein it dwells. Accordingly he was lowly of heart, little, mean, and vile in his own eyes. He neither sought nor received the praise of men, but that which cometh of God only. He was meek and long-suffering, gentle to all, and easy to be intreated. Faithfulness and truth never forsook him; they were bound about his neck, and wrote on the table of his heart. By the same Spirit he was enabled to be temperate in all things, refraining his soul even as a weaned child. He was crucified to the world, and the world crucified to him: superior to the desire of the flesh, the desire of the eye, and the pride of life. By the same almighty love was he saved, both from passion and pride, from lust and vanity, from ambition and covetousness, and from every temper which was not in Christ.
7. On peut aisément croire que celui qui avait cet amour dans son cœur ne faisait point de mal à son prochain. Il lui était impossible de faire tort à quelqu’un sciemment et de propos délibéré. Il était aussi éloigné que possible de la cruauté et de l’injustice, de toute action injuste ou malveillante. Avec le même soin il mettait une garde à sa bouche et veillait sur la porte de ses lèvres, de peur de pécher par la langue, soit contre la justice, soit contre la miséricorde ou la vérité. Il renonçait à tout mensonge, à toute fausseté et à toute fraude ; et il ne se trouvait point de fraude dans sa bouche. Il ne disait de mal de personne, et jamais une parole malveillante ne sortait de ses lèvres.7. It may be easily believed, he who had this love in his heart, would work no evil to his neighbour. It was impossible for him, knowingly and designedly, to do harm to any man. He was at the greatest distance from cruelty and wrong, from any unjust or unkind action. With the same care did he set a watch before his mouth, and keep the door of his lips; lest he should offend in tongue, either against justice, or against mercy or truth. He put away all lying, falshood and fraud; neither was guile found in his mouth. He spake evil of no man; nor did an unkind word ever come out of his lips.
8. Et comme il sentait profondément la vérité de cette parole : sans moi vous ne pouvez rien faire, et par conséquent le besoin qu’il avait d’être arrosé par Dieu à chaque instant, il persévérait chaque jour dans toutes les ordonnances de Dieu, canaux établis de sa grâce envers l’homme : dans l’enseignement des apôtres, recevant cette nourriture de l’âme avec tout l’empressement du cœur ; dans la fraction du pain, qu’il trouvait être la communion au corps de Christ ; et dans les prières et les louanges offertes par la grande assemblée. Et ainsi il croissait chaque jour dans la grâce, augmentant en force, dans la connaissance et l’amour de Dieu.8. And as he was deeply sensible of the truth of that word, without me ye can do nothing, and consequently, of the need he had to be water’d of God every moment; so he continued daily in all the ordinances of God, the stated channels of his grace to man. In the apostles doctrine or teaching, receiving that food of the soul with all readiness of heart, in the breaking of bread, which he found to be the communion of the body of Christ, and in the prayers and praises offered up by the great congregation. And thus he daily grew in grace, increasing in strength, in the knowledge and love of God.
9. Mais il ne lui suffisait pas de s’abstenir simplement de faire le mal. Son âme avait soif de faire le bien. Le langage de son cœur était continuellement : Mon Père agit jusqu’à présent ; moi aussi, j’agis. Mon Seigneur allait de lieu en lieu faisant du bien ; et ne suivrais-je pas ses traces ? Selon que lui en avait l’occasion, donc, s’il ne pouvait faire aucun bien d’un ordre plus élevé, il nourrissait ceux qui avaient faim, vêtait ceux qui étaient nus, aidait l’orphelin ou l’étranger, visitait et assistait ceux qui étaient malades ou en prison. Il distribuait tous ses biens pour la nourriture des pauvres. Il se réjouissait de travailler ou de souffrir pour eux ; et partout où il pouvait être utile à autrui, c’est là surtout qu’il renonçait à lui-même. Il ne jugeait rien trop précieux pour s’en défaire en leur faveur, se souvenant bien de la parole de son Seigneur : Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites.9. But it did not satisfy him, barely to abstain from doing evil. His soul was a-thirst to do good. The language of his heart continually was, My Father worketh hitherto, and I work. My Lord went about doing good; and shall not I tread in his steps? As he had opportunity therefore, if he could do no good of a higher kind, he fed the hungry, clothed the naked, helped the fatherless or stranger, visited and assisted them that were sick or in prison. He gave all his goods to feed the poor. He rejoiced to labour or to suffer for them; and wherein soever he might profit another, there especially to deny himself. He counted nothing too dear to part with for them, as well remembring the word of his Lord, Insomuch as ye have done it unto one of the least of these my brethren, ye have done it unto me.
10. Tel était le christianisme à sa naissance. Tel était un chrétien aux jours anciens. Tel était chacun de ceux qui, lorsqu’ils entendirent les menaces des principaux sacrificateurs et des anciens, élevèrent à Dieu leur voix tous ensemble, et furent tous remplis du Saint-Esprit. La multitude de ceux qui avaient cru n’était qu’un cœur et qu’une âme. (Tant l’amour de celui en qui ils avaient cru les pressait de s’aimer les uns les autres.) Nul ne disait que ses biens lui appartinssent en propre, mais tout était commun entre eux. Si pleinement ils étaient crucifiés pour le monde, et le monde crucifié pour eux. Et ils persévéraient d’un commun accord dans l’enseignement des apôtres, dans la fraction du pain, et dans les prières. Et une grande grâce reposait sur eux tous. Car il n’y avait parmi eux aucun indigent : tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu’ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres ; et l’on faisait des distributions à chacun selon qu’il en avait besoin.10. Such was Christianity in its rise. Such was a Christian in ancient days. Such was every one of those, who when they heard the threatnings of the chief priests and elders, lift up their voice to God with one accord, and were all filled with the Holy Ghost. The multitude of them that believed, were of one heart and of one soul. (So did the love of him in whom they had believed, constrain them to love one another.) Neither said any of them that ought of the things which he possessed was his own; but they had all things common. So fully were they crucified to the world, and the world crucified to them. And they continued stedfastly with one accord in the apostles doctrine, and in the breaking of bread, and in prayer. And great grace was upon them all; neither was there any among them that lacked: for as many as were possessors of lands or houses sold them, and brought the prices of the things that were sold, and laid them down at the apostles feet; and distribution was made unto every man, according as he had need.
II. 1. Considérons, en second lieu, ce christianisme comme se répandant de l’un à l’autre, et se frayant ainsi graduellement un chemin dans le monde. Car telle était à son égard la volonté de Dieu, qui n’a pas allumé une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais afin qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Et c’est ce que notre Seigneur avait déclaré à ses premiers disciples : Vous êtes le sel de la terre, la lumière du monde ; en même temps qu’il leur donna ce commandement général : Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.II. 1. Let us take a view, in the second place, of this Christianity, as spreading from one to another, and so gradually making its way into the world. For such was the will of God concerning it, who did not light a candle to put it under a bushel, but that it might give light to all that were in the house. And this our Lord had declared to his first disciples, Ye are the salt of the earth, the light of the world: at the same time that he gave that general command, Let your light so shine before men, that they may see your good works, and glorify your Father which is in heaven.
2. Et en vérité, supposé que quelques-uns de ces amis du genre humain voient le monde entier sous la puissance du malin, pouvons-nous croire qu’ils resteraient indifférents à ce spectacle, à la misère de ceux pour qui leur Seigneur est mort ? Leurs entrailles ne s’émouvraient-elles pas pour eux, et leur cœur ne se fondrait-il pas de chagrin ? Pourraient-ils alors rester oisifs tout le jour, même s’il n’y avait aucun commandement de celui qu’ils aimaient ? Ne travailleraient-ils pas plutôt, par tous les moyens possibles, à arracher quelques-uns de ces tisons du feu ? Sans aucun doute : ils n’épargneraient aucune peine pour ramener tous ceux qu’ils pourraient de ces pauvres brebis errantes au pasteur et au gardien de leurs âmes.2. And, indeed, supposing a few of these lovers of mankind, to see the whole world lying in wickedness, can we believe they would be unconcerned at the sight, at the misery of those for whom their Lord died? Would not their bowels yearn over them, and their hearts melt away for very trouble? Could they then stand idle all the day long, even were there no command from him whom they loved? Rather would they not labour, by all possible means, to pluck some of these brands out of the burning? Undoubtedly they would: they would spare no pains to bring back whomsoever they could of those poor sheep that had gone astray, to the great Shepherd and Bishop of their souls.
3. Ainsi faisaient les chrétiens d’autrefois. Ils travaillaient, selon qu’ils en avaient l’occasion, à pratiquer le bien envers tous, les avertissant de fuir la colère à venir, d’échapper maintenant, dès maintenant, au châtiment de la géhenne. Ils déclaraient : Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils ont à se repentir. Ils criaient à haute voix : Revenez, revenez de vos mauvaises voies, et l’iniquité ne causera pas votre ruine. Ils discouraient avec eux sur la tempérance et la justice, ou l’équité, sur les vertus opposées à leurs péchés dominants, et sur le jugement à venir, sur la colère de Dieu qui serait sûrement exécutée contre les malfaiteurs en ce jour où il jugera le monde.3. So the Christians of old did. They laboured, having opportunity, to do good unto all men, warning them to flee from the wrath to come, now, now, to escape the damnation of hell. They declared, The times of ignorance God winked at; but now he calleth all men every where to repent. They cried aloud, Turn ye, turn ye from your evil ways; so iniquity shall not be your ruin. They reasoned with them of temperance and righteousness, or justice, of the virtues opposite to their reigning sins, and of judgment to come, of the wrath of God which would surely be executed on evil doers in that day when he should judge the world.
4. En cela, ils s’efforçaient de parler à chacun séparément, selon son besoin. Aux insouciants, à ceux qui gisaient sans souci dans les ténèbres et l’ombre de la mort, ils criaient d’une voix de tonnerre : Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et Christ t’éclairera ; mais à ceux qui étaient déjà réveillés du sommeil et gémissaient sous le sentiment de la colère de Dieu, leur langage était : Nous avons un avocat auprès du Père ; il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés. Cependant, ceux qui avaient cru, ils les excitaient à l’amour et aux bonnes œuvres ; à persévérer patiemment à bien faire ; et à abonder de plus en plus dans cette sanctification sans laquelle personne ne verra le Seigneur.4. They endeavoured herein to speak to every man severally as he had need. To the careless, to those who lay unconcerned in darkness and in the shadow of death, they thundered, Awake thou that sleepest; arise from the dead, and Christ shall give thee light: but to those who were already awakened out of sleep, and groaning under a sense of the wrath of God, their language was, We have an Advocate with the Father; he is the propitiation for our sins. Mean time those who had believed, they provoked to love and to good works; to patient continuance in well-doing; and to abound more and more in that holiness, without which no man can see the Lord.
5. Et leur travail ne fut pas vain dans le Seigneur. Sa parole se répandait et était glorifiée. Elle croissait en puissance et en force. Mais d’autant plus aussi croissaient les scandales. Le monde en général était offensé, parce qu’ils rendaient de lui le témoignage que ses œuvres étaient mauvaises. Les hommes de plaisir étaient offensés, non seulement parce que ces hommes étaient faits, pour ainsi dire, pour reprocher leurs pensées (Il se vante, disaient-ils, d’avoir la connaissance de Dieu ; il se nomme enfant du Seigneur ; sa vie ne ressemble pas à celle des autres ; ses voies sont différentes ; il s’éloigne de nos voies comme d’une souillure ; il se glorifie d’avoir Dieu pour père), mais bien plus parce que tant de leurs compagnons leur étaient enlevés et ne voulaient plus courir avec eux dans le même débordement de débauche. Les hommes de renom étaient offensés parce que, à mesure que l’Évangile se répandait, ils déclinaient dans l’estime du peuple, et parce que beaucoup n’osaient plus leur donner des titres flatteurs, ni rendre à l’homme l’hommage dû à Dieu seul. Les gens de métier se rassemblèrent et dirent : Ô hommes, vous savez que notre bien-être dépend de cette industrie. Et vous voyez et entendez que ce Paul a persuadé et détourné une foule de gens. Le danger qui en résulte, ce n’est pas seulement que notre industrie ne tombe en discrédit. Par-dessus tout, les hommes de religion, comme on les appelle, les hommes de religion extérieure, « les saints du monde », étaient offensés et prêts à s’écrier en toute occasion : Hommes Israélites, au secours ! Nous avons trouvé ces hommes ! Des pestes, qui excitent des divisions dans le monde entier. Ce sont eux qui prêchent partout et à tout le monde contre le peuple et contre la loi.5. And their labour was not in vain in the Lord. His word ran and was glorified. It grew mightily and prevailed. But so much the more did offences prevail also. The world in general were offended, because they testified of it, that the works thereof were evil. The men of pleasure were offended, not only because these men were made, as it were, to reprove their thoughts. (He professeth, said they, to have the knowledge of God: he calleth himself the child of the Lord: his life is not like other mens; his ways are of another fashion: he abstaineth from our ways, as from filthiness: he maketh his boast, that God is his Father.) But much more, because so many of their companions were taken away, and would no more run with them to the same excess of riot. The men of reputation were offended, because, as the gospel spread, they declined in the esteem of the people; and because many no longer dared to give them flattering titles, or to pay man the homage due to God only. The men of trade called one another together, and said, Sirs, ye know that by this craft we have our wealth. But ye see and hear that these men have persuaded and turned away much people. So that this our craft is in danger to be set at nought. Above all, the men of religion, so called, the men of outside religion, “the saints of the world,” were offended and ready at every opportunity to cry out, Men of Israel, help! We have found these men! Pestilent fellows, movers of sedition throughout the world. These are the men that teach all men, every where, against the people, and against the law.
6. C’est ainsi que les cieux se chargèrent de nuages noirs et que l’orage s’amassa avec violence. Car plus le christianisme se répandait, plus il faisait de mal, au jugement de ceux qui ne le recevaient pas ; et le nombre augmentait de ceux qui étaient de plus en plus furieux contre ces hommes qui ainsi bouleversaient le monde ; de sorte que de plus en plus on criait : Ôte de la terre un pareil homme ! Il n’est pas digne de vivre ; oui, et l’on croyait sincèrement que quiconque les ferait mourir croirait rendre un culte à Dieu.6. Thus it was that the heavens grew black with clouds, and the storm gathered amain. For the more Christianity spread, the more hurt was done, in the account of those who received it not, and the number increased of those who were more and more enraged at these men who thus turned the world upside down; insomuch that more and more cried out, Away with such fellows from the earth; it is not fit that they should live, yea, and sincerely believed, that whosoever should kill them, would do God service.
7. Cependant ils ne manquaient pas de rejeter leur nom comme infâme, de sorte que cette secte rencontrait partout de l’opposition. Les hommes disaient d’eux toute sorte de mal, comme on l’avait fait des prophètes qui avaient été avant eux. Et tout ce que quelqu’un voulait affirmer, d’autres le croyaient. De sorte que les scandales se multiplièrent comme les étoiles du ciel. Et de là naquit, au temps fixé d’avance par le Père, la persécution sous toutes ses formes. Les uns, pour un temps, ne souffrirent que la honte et l’opprobre ; d’autres, l’enlèvement de leurs biens ; d’autres subirent les moqueries et le fouet ; d’autres les chaînes et la prison ; et d’autres résistèrent jusqu’au sang.7. Meanwhile they did not fail to cast out their name as evil: so that this sect was every where spoken against. Men said all manner of evil of them, even as had been done of the prophets that were before them. And whatsoever any would affirm, others would believe. So that offences grew as the stars of heaven for multitude. And hence arose, at the time foreordain’d of the Father, persecution in all its forms. Some, for a season, suffered only shame and reproach; some, the spoiling of their goods; some had trial of mocking and scourging; some of bonds and imprisonment; and others resisted unto blood.
8. Ce fut alors que les colonnes de l’enfer furent ébranlées et que le royaume de Dieu s’étendit de plus en plus. Les pécheurs étaient partout amenés des ténèbres à la lumière, et de la puissance de Satan à Dieu. Il donnait à ses enfants une bouche et une sagesse à laquelle tous leurs adversaires ne pouvaient résister. Et leur vie avait autant de force que leurs paroles. Mais par-dessus tout, leurs souffrances parlaient au monde entier. Ils se rendaient recommandables comme serviteurs de Dieu dans les tribulations, dans les privations, dans les détresses, sous les coups, dans les prisons, dans les troubles, dans les travaux ; en péril sur la mer, en péril dans les déserts ; dans la fatigue et la peine, dans la faim et la soif, dans le froid et la nudité. Et lorsque, ayant combattu le bon combat, ils étaient menés comme des brebis à la boucherie, et offerts en libation sur le sacrifice et le service de leur foi, alors le sang de chacun trouvait une voix, et les païens reconnaissaient : Quoique mort, il parle encore.8. Now it was that the pillars of hell were shaken, and the kingdom of God spread more and more. Sinners were every where turned from darkness to light, and from the power of Satan unto God. He gave his children such a mouth, and such wisdom, as all their adversaries could not resist. And their lives were of equal force with their words. But, above all, their sufferings spake to all the world. They approved themselves the servants of God, in afflictions, in necessities; in distresses; in stripes, in imprisonments, in tumults, in labours; in perils in the sea, in perils in the wilderness; in weariness and painfulness, in hunger and thirst, in cold and nakedness. And when having fought the good fight, they were led as sheep to the slaughter, and offered up on the sacrifice and service of their faith, then the blood of each found a voice, and the Heathen owned, He being dead, yet speaketh.
9. Ainsi le christianisme se répandit sur la terre. Mais combien tôt l’ivraie parut avec le froment ! Et combien tôt le mystère de l’iniquité agit aussi bien que le mystère de la piété ! Combien tôt Satan trouva un siège, même dans le temple de Dieu ! Jusqu’à ce que la femme s’enfuît au désert, et que les fidèles fussent de nouveau diminués parmi les fils de l’homme. Ici nous suivons un sentier battu : les corruptions toujours croissantes des générations suivantes ont été largement décrites, de temps à autre, par les témoins que Dieu a suscités pour montrer qu’il avait bâti son Église sur le roc, et que les portes du séjour des morts ne prévaudraient pas entièrement contre elle.9. Thus did Christianity spread itself in the earth. But how soon did the tares appear with the wheat? And the mystery of iniquity work as well as the mystery of godliness! How soon did Satan find a seat, even in the temple of God! Till the woman fled into the wilderness, and the faithful were again minished from the children of men. Here we tread a beaten path: the still increasing corruptions of the succeeding generations, have been largely described from time to time, by those witnesses God raised up, to shew that he had built his church upon a rock, and the gates of hell should not wholly prevail against her.
III. 1. Mais ne verrons-nous pas de plus grandes choses que celles-là ? Oui, plus grandes que tout ce qu’on a vu depuis le commencement du monde. Satan peut-il faire défaillir la vérité de Dieu, ou rendre ses promesses sans effet ? Sinon, le temps viendra où le christianisme prévaudra sur tout et couvrira la terre. Arrêtons-nous un peu et contemplons (c’est le troisième point proposé) ce spectacle étrange : un monde chrétien. C’est ce qu’ont recherché et scruté avec soin les prophètes d’autrefois ; c’est de cela que l’Esprit qui était en eux rendait témoignage : Il arrivera, dans la suite des temps, que la montagne de la maison de l’Éternel sera fondée sur le sommet des montagnes, qu’elle s’élèvera par-dessus les collines, et que toutes les nations y afflueront. De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, et de leurs lances des serpes : une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, et l’on n’apprendra plus la guerre. En ce jour, le rejeton d’Isaï sera là comme une bannière pour les peuples ; les nations se tourneront vers lui, et la gloire sera sa demeure. Dans ce même temps, le Seigneur étendra une seconde fois sa main pour racheter le reste de son peuple ; il élèvera une bannière pour les nations, il rassemblera les exilés d’Israël, et il recueillera les dispersés de Juda, des quatre extrémités de la terre. Le loup habitera alors avec l’agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau ; le veau, le lionceau et le bétail qu’on engraisse seront ensemble, et un petit enfant les conduira. Il ne se fera ni tort ni dommage, dit l’Éternel, sur toute ma montagne sainte ; car la terre sera remplie de la connaissance de l’Éternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent.III. 1. But shall we not see greater things than these? Yea, greater than have been yet from the beginning of the world. Can Satan cause the truth of God to fail, or his promises to be of none effect? If not, the time will come, when Christianity will prevail over all, and cover the earth. Let us stand a little, and survey (the third thing which was proposed) this strange sight, a Christian world. Of this the prophets of old enquired and searched diligently: of this the Spirit which was in them testified, It shall come to pass in the last days, that the Mountain of the Lord’s house shall be established in the top of the mountains, and shall be exalted above the hills, and all nations shall flow unto it. And they shall beat their swords into plough-shares, and their spears into pruning-hooks. Nation shall not lift up sword against nation; neither shall they learn war any more. In that day there shall be a Root of Jesse, which shall stand for an ensign of the people. To it shall the Gentiles seek, and his rest shall be glorious. And it shall come to pass in that day, that the Lord shall set his hand again to recover the remnant of his people; and he shall set up an Ensign for the nations, and shall assemble the outcasts of Israel, and gather together the dispersed of Judah, from the four corners of the earth. The wolf shall then dwell with the lamb and the leopard shall lie down with the kid: and the calf and the young lion and the fatling together; and a little child shall lead them. They shall not hurt nor destroy, saith the Lord, in all my holy mountain. For the earth shall be full of the knowledge of the Lord, as the waters cover the sea.
2. Dans le même sens vont les paroles du grand apôtre, qui, c’est évident, n’ont jamais encore été accomplies : Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Loin de là ! Mais, par leur chute, le salut est devenu accessible aux païens. Or, si leur amoindrissement a été la richesse des païens, combien plus en sera-t-il ainsi quand ils se convertiront tous ! Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère,—une partie d’Israël est tombée dans l’endurcissement, jusqu’à ce que la totalité des païens soit entrée. Et ainsi tout Israël sera sauvé.2. To the same effect are the words of the great apostle, which it is evident have never yet been fulfilled. Hath God cast away his people? God forbid. But through their fall salvation is come to the Gentiles. And if the diminishing of them be the riches of the Gentiles, how much more their fulness? For I would not, brethren, that ye should be ignorant of this mystery,—That blindness in part is happened to Israel, until the fulness of the Gentiles be come in: and so all Israel shall be saved.
3. Supposons maintenant que la plénitude des temps soit venue et que les prophéties soient accomplies : quelle perspective ! Tout est paix, repos et sécurité pour toujours. Ici, point de fracas des armes, point de bruit confus, point de vêtements roulés dans le sang. Les dévastations ont pris fin pour toujours : les guerres ont cessé sur la terre. Il ne reste pas non plus de querelles intestines ; aucun frère ne se lève contre son frère ; aucun pays, aucune ville divisés contre eux-mêmes, déchirant leurs propres entrailles. La discorde civile a pris fin pour toujours, et il ne reste personne pour détruire ou nuire à son prochain. Ici point d’oppression qui rende insensé même le sage ; point d’extorsion qui écrase la face des pauvres ; point de vol ni de tort ; point de rapine ni d’injustice ; car tous sont contents de ce qu’ils ont. Ainsi la justice et la paix s’embrassent ; elles ont pris racine et rempli la terre : la justice germe de la terre, et la paix regarde du haut des cieux.3. Suppose now the fulness of time to be come, and the prophecies to be accomplished, what a prospect is this? All is peace, quietness, and assurance for ever. Here is no din of arms, no confused noise, no garments rolled in blood. Destructions are come to a perpetual end: wars are ceased from the earth. Neither are there any intestine jars remaining; no brother rising up against brother; no country or city divided against itself, and tearing out its own bowels. Civil discord is at end for evermore, and none is left either to destroy or hurt his neighbour. Here is no oppression to make even the wise man mad; no extortion to grind the face of the poor; no robbery or wrong; no rapine or injustice; for all are content with such things as they possess. Thus righteousness and peace have kissed each other; they have taken root and filled the land: righteousness flourishing out of the earth, and peace looking down from heaven.
4. Et avec la justice, ou l’équité, se trouve aussi la miséricorde. La terre n’est plus pleine de repaires de violence. Le Seigneur a détruit l’homme sanguinaire et le méchant, l’envieux et le vindicatif. S’il y avait quelque provocation, il n’est personne qui sache maintenant rendre le mal pour le mal ; mais en vérité il n’est personne qui fasse le mal, pas même un seul ; car tous sont simples comme des colombes. Et, étant remplis de paix et de joie dans la foi, et unis en un seul corps par un seul Esprit, ils s’aiment tous comme des frères, ils sont tous d’un seul cœur et d’une seule âme. Nul ne dit que ses biens lui appartiennent en propre. Il n’y a parmi eux aucun indigent ; car chacun aime son prochain comme lui-même. Et tous marchent selon une seule règle : Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux.4. And with righteousness or justice, mercy is also found. The earth is no longer full of cruel habitations. The Lord hath destroyed both the blood-thirsty and malicious, the envious and revengeful man. Were there any provocation, there is none that now knoweth, to return evil for evil: but indeed there is none that doeth evil, no not one; for all are harmless as doves. And being filled with peace and joy in believing, and united in one body, by one spirit, they all love as brethren, they are all of one heart and of one soul. Neither saith any of them, that ought of the things which he possesseth is his own. There is none among them that lacketh; for every man loveth his neighbour as himself. And all walk by one rule, Whatever ye would that men should do unto you, even so do unto them.
5. Il s’ensuit qu’on ne peut jamais entendre parmi eux une parole malveillante : point de langues querelleuses, point de dispute d’aucune sorte, point d’injure ni de médisance ; mais chacun ouvre la bouche avec sagesse, et des instructions aimables sont sur sa langue. Ils sont également incapables de fraude ou de ruse : leur charité est sans hypocrisie ; leurs paroles sont toujours l’expression exacte de leurs pensées, ouvrant une fenêtre sur leur poitrine, afin que quiconque le désire puisse regarder dans leur cœur et voir que l’amour et Dieu seuls y sont.5. It follows, that no unkind word can ever be heard among them: no strife of tongues, no contention of any kind, no railing or evil-speaking; but every one opens his mouth with wisdom, and in his tongue there is the law of kindness. Equally incapable are they of fraud or guile: their love is without dissimulation: their words are always the just expression of their thoughts, opening a window into their breast, that whosoever desires may look into their hearts, and see that only love and God are there.
6. Ainsi, là où le Seigneur tout-puissant se saisit de sa grande puissance et règne, il s’assujettit toutes choses ; il fait déborder d’amour tout cœur et remplit de louange toute bouche. Heureux le peuple pour qui il en est ainsi ! Heureux le peuple dont l’Éternel est le Dieu ! Lève-toi, sois éclairée (dit l’Éternel), car ta lumière arrive, et la gloire de l’Éternel se lève sur toi. Et tu sauras que je suis l’Éternel, ton sauveur, ton rédempteur, le puissant de Jacob. Je ferai régner sur toi la paix, et dominer la justice. On n’entendra plus parler de violence dans ton pays, ni de ravage et de ruine dans ton territoire ; tu donneras à tes murs le nom de salut, et à tes portes celui de gloire. Ton peuple ne sera plus composé que de justes, ils posséderont à toujours le pays ; c’est le rejeton que j’ai planté, l’œuvre de mes mains, pour servir à ma gloire. Ce ne sera plus le soleil qui te servira de lumière pendant le jour, ni la lune qui t’éclairera de sa lueur ; mais l’Éternel sera ta lumière à toujours, et ton Dieu sera ta gloire.6. Thus, where the Lord omnipotent taketh to himself his mighty power and reigneth, doth he subdue all things to himself; cause every heart to overflow with love, and fill every mouth with praise. Happy are the people that are in such a case; yea, blessed are the people who have the Lord for their God. Arise, shine, (saith the Lord) for thy light is come, and the glory of the Lord is risen upon thee. Thou hast known that I the Lord am thy Saviour, and thy Redeemer, the mighty God of Jacob. I have made thy officers peace, and thy exacters righteousness. Violence shall no more be heard in thy land, wasting nor destruction within thy borders: but thou shalt call thy walls salvation, and thy gates praise. Thy people are all righteous; they shall inherit the land for ever: the branch of my planting, the work of my hands, that I may be glorified. The sun shall no more be thy light by day; neither for brightness shall the moon give light unto thee: but the Lord shall be unto thee an everlasting light, and thy God thy glory.
IV. Ayant ainsi brièvement considéré le christianisme à son commencement, dans son progrès et lorsqu’il couvre la terre, il ne me reste plus qu’à terminer le tout par une application pratique et simple.IV. Having thus briefly considered Christianity, as beginning, as going on, and as covering the earth, it remains only that I should close the whole with a plain practical application.
1. * Et d’abord, je voudrais demander : où existe maintenant ce christianisme ? Où, je vous prie, vivent les chrétiens ? Quel est le pays dont les habitants sont tous ainsi remplis du Saint-Esprit ? Sont-ils tous d’un seul cœur et d’une seule âme ? Ne peuvent-ils souffrir qu’un seul d’entre eux manque de quoi que ce soit, mais donnent-ils continuellement à chacun selon qu’il en a besoin ? Qui sont ceux qui, tous sans exception, ont le cœur rempli de l’amour de Dieu, qui les presse d’aimer leur prochain comme eux-mêmes ? Qui se sont tous revêtus d’entrailles de miséricorde, d’humilité, de douceur, de patience ? Qui ne pèchent en aucune manière, ni en parole ni en action, contre la justice, la miséricorde ou la vérité, mais qui en tout point font à tous les hommes ce qu’ils voudraient que ceux-ci leur fissent ? Avec quelle justesse pouvons-nous appeler pays chrétien un pays qui ne répond pas à cette description ? Eh bien, confessons que nous n’avons jamais encore vu de pays chrétien sur la terre.1. * And first, I would ask, where does this Christianity now exist? Where, I pray, do the Christians live? Which is the country, the inhabitants whereof are all thus filled with the Holy Ghost? Are all of one heart and of one soul? Cannot suffer one among them to lack any thing, but continually give to every man as he hath need? Who one and all have the love of God filling their hearts, and constraining them to love their neighbours as themselves? Who have all put on bowels of mercy, humbleness of mind, gentleness, long-suffering? Who offend not in any kind, either by word or deed, against justice, mercy, or truth? But in every point do unto all men, as they would these should do unto them. With what propriety can we term any a Christian country, which does not answer this description? Why then, let us confess we have never yet seen a Christian country upon earth.
2. Je vous en conjure, frères, par les compassions de Dieu : si vous me tenez pour un insensé ou pour un fou, supportez-moi comme un insensé. Il est absolument nécessaire que quelqu’un use envers vous d’une grande franchise de langage. Cela est plus particulièrement nécessaire en ce temps-ci ; car qui sait si ce n’est pas le dernier ? Qui sait combien tôt le juste Juge peut dire : Je ne me laisserai plus fléchir pour ce peuple ? Quand il y aurait dans ce pays Noé, Daniel et Job, ils ne sauveraient que leur propre âme. Et qui usera de cette franchise, si je ne le fais pas ? C’est pourquoi moi, oui, moi, je parlerai. Et je vous adjure, par le Dieu vivant, de ne pas cuirasser votre poitrine contre la bénédiction que vous pourriez recevoir de mes mains. Ne dites pas dans votre cœur : « Non persuadebis, etiamsi persuaseris ; ou, en d’autres termes : Seigneur, tu n’enverras pas celui que tu voudras envoyer. Que je périsse plutôt dans mon sang que d’être sauvé par cet homme ! »2. I beseech you, brethren, by the mercies of God, if ye do account me a madman or a fool, yet as a fool bear with me. It is utterly needful that some one should use great plainness of speech towards you. It is more especially needful at this time; for who knoweth but it is the last? Who knoweth how soon the righteous Judge may say, I will no more be intreated for this people? Tho’ Noah, Daniel, and Job, were in this land, they should but deliver their own souls. And who will use this plainness, if I do not? Therefore I, even I, will speak. And I adjure you, by the living God, that ye steel not your breasts against receiving a blessing at my hands. Do not say in your heart, “Non persuadebis, etiamsi persuaseris: Or, in other words, Lord, thou shalt not send, by whom thou wilt send. Let me rather perish in my blood, than be saved by this man!”
3. Quoique nous parlions ainsi, frères, nous attendons de vous des choses meilleures. Permettez-moi donc de vous demander, avec un tendre amour et dans un esprit de douceur : cette ville est-elle une ville chrétienne ? Le christianisme, le christianisme scripturaire, se trouve-t-il ici ? Sommes-nous, considérés comme une communauté d’hommes, tellement remplis du Saint-Esprit que nous jouissions dans nos cœurs et manifestions dans nos vies les fruits authentiques de cet Esprit ? Tous les magistrats, tous les chefs et directeurs des collèges et des maisons, et leurs communautés respectives (pour ne rien dire des habitants de la ville), sont-ils d’un seul cœur et d’une seule âme ? L’amour de Dieu est-il répandu dans nos cœurs ? Nos dispositions sont-elles les mêmes que celles qui étaient en lui ? Nos vies y sont-elles conformes ? Sommes-nous saints comme celui qui nous a appelés est saint, dans toute notre conduite ?3. Brethren I am persuaded better things of you, tho’ I thus speak. Let me ask you then, in tender love, and in the spirit of meekness, is this city a Christian city? Is Christianity, Scriptural Christianity, found here? Are we, considered as a community of men, so filled with the Holy Ghost, as to enjoy in our hearts, and shew forth in our lives, the genuine fruits of that spirit? Are all the magistrates, all heads and governors of colleges and halls, and their respective societies, (not to speak of the inhabitants of the town) of one heart and one soul? Is the love of God shed abroad in our hearts? Are our tempers the same that were in him? Are our lives agreeable thereto? Are we holy as he who hath called us is holy, in all manner of conversation?
4. Je vous prie d’observer qu’il ne s’agit pas ici de notions particulières ; que la question soulevée ne porte pas sur des opinions douteuses d’une sorte ou d’une autre, mais sur les branches indubitables et fondamentales (s’il en est) de notre christianisme commun. Et pour en décider, j’en appelle à votre propre conscience, guidée par la parole de Dieu. Que celui donc qui n’est pas condamné par son propre cœur s’en aille libre.4. I intreat you to observe, that here are no peculiar notions now under consideration; that the question moved is not concerning doubtful opinions, of one kind or an other; but concerning the undoubted, fundamental branches (if there be any such) of our common Christianity. And for the decision thereof, I appeal to your own conscience, guided by the word of God. He therefore that is not condemned by his own heart, let him go free.
5. * Dans la crainte donc, et en la présence du grand Dieu, devant qui vous et moi paraîtrons bientôt, je vous prie, vous qui êtes en autorité sur nous, et que je révère à cause de votre charge, de considérer (et non à la manière de ceux qui dissimulent avec Dieu) : Êtes-vous remplis du Saint-Esprit ? Êtes-vous des portraits vivants de celui que vous êtes établis pour représenter parmi les hommes ? J’ai dit : Vous êtes des dieux, vous, magistrats et gouvernants ; vous êtes par votre charge si étroitement alliés au Dieu du ciel ! Dans vos diverses fonctions et dans vos divers rangs, vous devez nous montrer le Seigneur notre gouverneur. Toutes les pensées de votre cœur, toutes vos dispositions et tous vos désirs sont-ils conformes à votre haute vocation ? Toutes vos paroles sont-elles semblables à celles qui sortent de la bouche de Dieu ? Y a-t-il dans toutes vos actions dignité et amour ? Une grandeur que les mots ne peuvent exprimer, qui ne peut découler que d’un cœur plein de Dieu, et qui cependant s’accorde avec la condition de l’homme qui n’est qu’un ver, du fils de l’homme qui n’est qu’un vermisseau ?5. * In the fear then, and in the presence of the great God, before whom both you and I shall shortly appear, I pray you that are in authority over us, whom I reverence for your office sake, to consider, (and not after the manner of dissemblers with God) Are you filled with the Holy Ghost? Are ye lively portraitures of him, whom ye are appointed to represent among men? I have said, ye are Gods, ye magistrates and rulers; ye are by office so nearly allied to the God of heaven! In your several stations and degrees, ye are to shew forth unto us the Lord our governor. Are all the thoughts of your hearts, all your tempers and desires, suitable to your high calling? Are all your words like unto those which come out of the mouth of God? Is there in all your actions dignity and love? A greatness which words cannot express, which can flow only from an heart full of God—and yet consistent with the character of man that is a worm, and the son of man that is a worm!
6. * Vous, hommes vénérables, qui êtes plus particulièrement appelés à former les esprits tendres de la jeunesse, à en dissiper les ombres de l’ignorance et de l’erreur, et à les élever pour qu’ils soient sages à salut : Êtes-vous remplis du Saint-Esprit ? De tous ces fruits de l’Esprit que votre charge importante requiert si indispensablement ? Votre cœur est-il entier avec Dieu ? Plein d’amour et de zèle pour établir son royaume sur la terre ? Rappelez-vous continuellement à ceux qui sont confiés à vos soins que l’unique fin raisonnable de toutes nos études est de connaître, d’aimer et de servir le seul vrai Dieu, et celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ ? Leur inculquez-vous jour après jour que seul l’amour ne périt jamais ? (Tandis que les langues cesseront, et que la connaissance philosophique disparaîtra.) Et que sans l’amour tout savoir n’est qu’une ignorance éclatante, une folie pompeuse, une poursuite du vent ? Tout ce que vous enseignez tend-il réellement à l’amour de Dieu, et de tout le genre humain à cause de lui ? Avez-vous cette fin en vue dans tout ce que vous prescrivez quant à la nature, à la manière et à la mesure de leurs études, désirant et travaillant pour que, partout où sera jeté le sort de ces jeunes soldats de Christ, ils soient autant de lampes qui brûlent et qui luisent, ornant en toutes choses l’Évangile de Christ ? Et permettez-moi de demander : déployez-vous toute votre force dans l’œuvre immense que vous avez entreprise ? Y travaillez-vous de tout votre pouvoir ? Exerçant chaque faculté de votre âme ? Employant chaque talent que Dieu vous a prêté, et cela jusqu’à l’extrême limite de vos forces ?6. * Ye venerable men, who are more especially called to form the tender minds of youth, to dispel thence the shades of ignorance and error, and train them up to be wise unto salvation, Are you filled with the Holy Ghost? With all those fruits of the Spirit, which your important office so indispensibly requires? Is your heart whole with God? Full of love and zeal to set up his kingdom on earth? Do you continually remind those under your care, that the one rational end of all our studies, is to know, love, and serve the only true God, and Jesus Christ whom he hath sent? Do you inculcate upon them, day by day, that love alone never faileth? (Whereas, whether there be tongues, they shall fail, or philosophical knowledge, it shall vanish away:) and that without love, all learning is but splendid ignorance, pompous folly, vexation of spirit. Has all you teach an actual tendency to the love of God, and of all mankind for his sake? Have you an eye to this end in whatever you prescribe, touching the kind, the manner, and the measure of their studies; desiring and labouring, that wherever the lot of these young soldiers of Christ is cast, they may be so many burning and shining lights, adorning the gospel of Christ in all things? And permit me to ask, Do you put forth all your strength in the vast work you have undertaken? Do you labour herein with all your might? Exerting every faculty of your soul? Using every talent which God hath lent you, and that to the uttermost of your power?
7. Qu’on ne dise pas que je parle ici comme si tous ceux qui sont confiés à vos soins étaient destinés à être ecclésiastiques. Il n’en est rien : je parle seulement comme s’ils étaient tous destinés à être chrétiens. Mais quel exemple leur donnons-nous, nous qui jouissons de la bienfaisance de nos ancêtres : membres des collèges, étudiants, boursiers, et plus particulièrement ceux qui sont de quelque rang et de quelque distinction ? * Abondez-vous, frères, dans les fruits de l’Esprit, dans l’humilité d’esprit, dans le renoncement et la mortification, dans le sérieux et le calme de l’esprit, dans la patience, la douceur, la sobriété, la tempérance, et dans des efforts infatigables et incessants pour faire du bien, de toute sorte, à tous les hommes : pour soulager leurs besoins extérieurs et pour amener leurs âmes à la vraie connaissance et à l’amour de Dieu ? Est-ce là le caractère général des membres des collèges ? Je crains que non. Bien plutôt, l’orgueil et la hauteur d’esprit, l’impatience et l’humeur chagrine, la paresse et l’indolence, la gourmandise et la sensualité, et même une inutilité proverbiale, ne nous ont-ils pas été reprochés, peut-être pas toujours par nos ennemis, ni tout à fait sans fondement ? Oh ! que Dieu roule loin de nous cet opprobre, afin que le souvenir même en périsse à jamais !7. Let it not be said, that I speak here, as if all under your care were intended to be clergymen. Not so: I only speak as if they were all intended to be Christians. But what example is set them by us who enjoy the beneficence of our forefathers; by fellows, students, scholars; more especially those who are of some rank and eminence? * Do ye, brethren, abound in the fruits of the spirit, in lowliness of mind, in self-denial and mortification, in seriousness and composure of spirit, in patience, meekness, sobriety, temperance, and in unwearied, restless endeavours, to do good, in every kind, unto all men: to relieve their outward wants, and to bring their souls to the true knowledge and love of God? Is this the general character of fellows of colleges? I fear it is not. Rather, have not pride and haughtiness of spirit, impatience and peevishness, sloth and indolence, gluttony and sensuality, and even a proverbial uselessness, been objected to us, perhaps not always by our enemies, nor wholly without ground? O that God would roll away this reproach from us, that the very memory of it might perish for ever!
8. * Beaucoup d’entre nous sont plus directement consacrés à Dieu, appelés à remplir les fonctions sacrées. Sommes-nous donc des modèles pour les autres en parole, en conduite, en charité, en esprit, en foi, en pureté ? Est-il écrit sur notre front et sur notre cœur : Sainteté à l’Éternel ? Par quels motifs sommes-nous entrés dans cette charge ? Était-ce vraiment avec le seul dessein de servir Dieu, ayant la confiance que nous étions intérieurement poussés par le Saint-Esprit à prendre sur nous ce ministère, pour l’avancement de sa gloire et l’édification de son peuple ? Et avons-nous clairement résolu, par la grâce de Dieu, de nous donner entièrement à cette charge ? Abandonnons-nous et mettons-nous de côté, autant qu’il dépend de nous, tous les soucis et toutes les études du monde ? Nous appliquons-nous entièrement à cette seule chose, et y dirigeons-nous tous nos soins et toutes nos études ? Sommes-nous propres à l’enseignement ? Sommes-nous enseignés de Dieu, afin de pouvoir enseigner aussi les autres ? Connaissons-nous Dieu ? Connaissons-nous Jésus-Christ ? Dieu a-t-il révélé en nous son Fils ? Et nous a-t-il rendus capables d’être ministres d’une nouvelle alliance ? Où sont donc les sceaux de notre apostolat ? Qui sont ceux qui, morts par leurs offenses et par leurs péchés, ont été vivifiés par notre parole ? Avons-nous un zèle brûlant pour sauver des âmes de la mort, de sorte qu’à cause d’elles nous oublions souvent même de manger notre pain ? Parlons-nous clairement, en manifestant la vérité, nous recommandant à toute conscience d’homme devant Dieu ? Sommes-nous morts au monde et aux choses du monde, amassant tout notre trésor dans le ciel ? Dominons-nous sur l’héritage de Dieu ? Ou sommes-nous les moindres, les serviteurs de tous ? Quand nous portons l’opprobre de Christ, nous pèse-t-il ? Ou nous en réjouissons-nous ? Quand on nous frappe sur une joue, nous en offensons-nous ? Sommes-nous impatients des affronts ? Ou présentons-nous aussi l’autre, ne résistant point au méchant, mais surmontant le mal par le bien ? Avons-nous un zèle amer qui nous pousse à disputer âprement et passionnément avec ceux qui sont égarés ? Ou notre zèle est-il la flamme de l’amour, de manière à diriger toutes nos paroles avec douceur, humilité et la douceur de la sagesse ?8. * Many of us are more immediately consecrated to God, called to minister in holy things. Are we then patterns to the rest, in word, in conversation, in charity; in spirit, in faith, in purity? Is there written on our forehead and on our heart, Holiness to the Lord? From what motives did we enter upon this office? Was it indeed with a single eye to serve God, trusting that we were inwardly moved by the Holy Ghost, to take upon us this ministration, for the promoting of his glory, and the edifying of his people? And have we clearly determined, by God’s grace, to give ourselves wholly to this office? Do we forsake and set aside, as much as in us lies, all worldly cares and studies? Do we apply ourselves wholly to this one thing, and draw all our cares and studies this way? Are we apt to teach? Are we taught of God, that we may be able to teach others also? Do we know God? Do we know Jesus Christ? Hath God revealed his Son in us? And hath he made us able ministers of the new covenant? Where then are the seals of our apostleship? Who that were dead in trespasses and sins, have been quickened by our word? Have we a burning zeal to save souls from death, so that for their sake we often forget even to eat our bread? Do we speak plain, by manifestation of the truth, commending ourselves to every man’s conscience in the sight of God? Are we dead to the world and the things of the world, laying up all our treasure in heaven? Do we lord over God’s heritage? Or are we the least, the servants of all? When we bear the reproach of Christ, Does it sit heavy upon us? Or do we rejoice therein? When we are smitten on the one cheek, Do we resent it? Are we impatient of affronts? Or do we turn the other also: not resisting the evil, but overcoming evil with good? Have we a bitter zeal, inciting us to strive sharply and passionately with them that are out of the way? Or is our zeal the flame of love, so as to direct all our words with sweetness, lowliness, and meekness of wisdom?
9. Une fois encore, que dirons-nous de la jeunesse de ce lieu ? Avez-vous l’apparence ou la puissance de la piété chrétienne ? Êtes-vous humbles, dociles, disposés à recevoir conseil ; ou obstinés, volontaires, emportés et hautains ? Êtes-vous obéissants à vos supérieurs comme à des parents ? Ou méprisez-vous ceux à qui vous devez la plus tendre révérence ? Êtes-vous diligents dans votre tâche facile, poursuivant vos études de toute votre force ? Rachetez-vous le temps, faisant entrer dans chaque journée autant de travail qu’elle peut en contenir ? Ou plutôt, n’avez-vous pas conscience de gaspiller jour après jour, soit à lire ce qui ne tend en rien au christianisme, soit au jeu, soit à... vous ne savez quoi ? Êtes-vous meilleurs administrateurs de votre fortune que de votre temps ? Prenez-vous soin, par principe, de ne rien devoir à personne ? Vous souvenez-vous du jour du repos, pour le sanctifier, pour le passer dans le culte plus immédiat de Dieu ? Quand vous êtes dans sa maison, considérez-vous que Dieu y est ? Vous conduisez-vous comme voyant celui qui est invisible ? Savez-vous posséder votre corps dans la sainteté et l’honnêteté ? L’ivrognerie et l’impureté ne se trouvent-elles pas parmi vous ? Oui, n’y en a-t-il pas parmi vous qui mettent leur gloire dans leur honte ? Beaucoup d’entre vous ne prennent-ils pas le nom de Dieu en vain, peut-être par habitude, sans remords ni crainte ? Oui, * n’y a-t-il pas une multitude d’entre vous qui sont parjures ? Une multitude, je le crains, qui croît rapidement. Ne soyez pas surpris, frères. Devant Dieu et devant cette assemblée, je confesse avoir été de ce nombre, jurant solennellement d’observer toutes ces coutumes dont je ne savais alors rien, et ces statuts que je ne lus même pas, ni alors ni pendant quelques années après. Qu’est-ce que le parjure, si ce n’est pas cela ? Mais si c’en est un, oh ! quel poids de péché, oui, de péché d’une teinte peu commune, repose sur nous ! Et le Très-Haut ne le voit-il pas ?9. Once more, what shall we say concerning the youth of this place? Have you either the form or the power of Christian Godliness? Are you humble, teachable, advisable; or stubborn, self-willed, heady, and high-minded? Are you obedient to your superiors as to parents? Or do you despise those to whom you owe the tenderest reverence? Are you diligent in your easy business, pursuing your studies with all your strength? Do you redeem the time, crowding as much work into every day as it can contain? Rather, are ye not conscious to yourselves, that you waste away day after day, either in reading what has no tendency to Christianity, or in gaming, or in—you know not what? Are you better managers of your fortune than of your time? Do you, out of principle, take care to owe no man any thing? Do you remember the Sabbath-day to keep it holy; to spend it in the more immediate worship of God? When you are in his House, Do you consider that God is there? Do you behave, as seeing Him that is invisible? Do you know how to possess your bodies, in sanctification and honour? Are not drunkenness and uncleanness found among you? Yea, are there not of you, who glory in their shame? Do not many of you take the name of God in vain, perhaps habitually, without either remorse or fear? Yea, * Are there not a multitude of you that are forsworn? I fear, a swiftly-increasing multitude. Be not surprized, brethren. Before God and this congregation; I own myself to have been of that number; solemnly swearing to observe all those customs, which I then knew nothing of; and those statutes, which I did not so much as read over, either then, or for some years after. What is perjury, if this is not? But if it be, O what a weight of sin, yea, sin of no common dye, lieth upon us! And doth not the Most High regard it?
10. * Ne serait-ce pas l’une des conséquences de cela que tant d’entre vous soient une génération de frivoles ? Frivoles envers Dieu, les uns envers les autres et envers vos propres âmes ? Car combien peu d’entre vous passent, d’une semaine à l’autre, une seule heure dans la prière secrète ! Combien peu ont quelque pensée de Dieu dans le cours général de leurs conversations ! Qui d’entre vous connaît à quelque degré l’œuvre de son Esprit, son œuvre surnaturelle dans les âmes des hommes ? Pouvez-vous supporter, sauf de temps à autre dans une église, qu’on parle du Saint-Esprit ? Si quelqu’un commençait une telle conversation, ne tiendriez-vous pas pour certain que c’est de l’hypocrisie ou de l’enthousiasme ? Au nom du Seigneur Dieu tout-puissant, je vous le demande : de quelle religion êtes-vous ? Même le fait de parler du christianisme, vous ne pouvez ni ne voulez le supporter. Ô mes frères ! quelle ville chrétienne est-ce là ! Il est temps que l’Éternel agisse !10. * May it not be one of the consequences of this that so many of you are a generation of Triflers? Triflers with God, with one another, and with your own souls? For how few of you spend, from one week to another, a single hour in private prayer? How few have any thought of God in the general tenor of your conversation? Who of you is, in any degree, acquainted with the work of his Spirit, his supernatural work in the souls of men? Can you bear, unless now and then, in a church, any talk of the Holy Ghost? Would you not take it for granted, if one began such a conversation, that it was either Hypocrisy or Enthusiasm? In the name of the Lord God Almighty, I ask, what religion are you of? Even the talk of Christianity ye cannot, will not bear. O my brethren! what a Christian city is this? It is time for thee, Lord, to lay to thine hand!
11. Car en vérité, quelle probabilité, ou plutôt quelle possibilité (pour parler à la manière des hommes) y a-t-il que le christianisme, le christianisme scripturaire, redevienne la religion de ce lieu ? Que tous les ordres d’hommes parmi nous parlent et vivent comme des hommes remplis du Saint-Esprit ? Par qui ce christianisme serait-il rétabli ? Par ceux d’entre vous qui sont en autorité ? Êtes-vous donc convaincus que c’est là le christianisme scripturaire ? Désirez-vous qu’il soit rétabli ? Et ne faites-vous aucun cas de votre fortune, de votre liberté, de votre vie, pourvu que vous puissiez être des instruments de ce rétablissement ? Mais supposons que vous ayez ce désir : qui a un pouvoir proportionné à l’effet ? Peut-être quelques-uns d’entre vous ont-ils fait quelques faibles tentatives, mais avec combien peu de succès ! Le christianisme sera-t-il donc rétabli par des hommes jeunes, inconnus, insignifiants ? Je ne sais si vous-mêmes pourriez le souffrir. Quelques-uns d’entre vous ne s’écrieraient-ils pas : « Jeune homme, en faisant cela, tu nous outrages » ? Mais il n’y a pas de danger que vous soyez mis à l’épreuve, tant l’iniquité nous a submergés comme un déluge. Qui donc Dieu enverra-t-il ? La famine, la peste (les derniers messagers de Dieu vers un pays coupable), ou l’épée ? Les armées des étrangers romains, pour nous ramener à notre premier amour ? Non, tombons plutôt entre tes mains, ô Seigneur, mais que nous ne tombions pas entre les mains des hommes.11. For indeed, what probability, what possibility rather, (speaking after the manner of men) is there that Christianity, Scriptural Christianity, should be again the religion of this place? That all orders of men among us should speak and live as men filled with the Holy Ghost? By whom should this Christianity be restored? By those of you that are in authority? Are you convinced then, that this is Scriptural Christianity? Are you desirous it should be restored? And do ye not count your fortune, liberty, life, dear unto yourselves, so ye may be instrumental in the restoring it? But suppose ye have this desire, who hath any power proportioned to the effect? Perhaps some of you have made a few faint attempts, but with how small success? Shall Christianity then be restored by young, unknown, inconsiderable men? I know not whether ye yourselves could suffer it. Would not some of you cry out, “Young man, in so doing thou reproachest us?” But there is no danger of your being put to the proof; so hath iniquity overspread us like a flood. Whom then shall God send? The famine, the pestilence, (the last messengers of God to a guilty land) or the sword? The armies of the Romish aliens, to reform us into our first love? Nay, rather let us fall into thy hand, O Lord, and let us not fall into the hand of man.
Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! Retire-nous de la boue, afin que nous n’enfoncions pas ! Oh ! secours-nous contre ces ennemis, car le secours de l’homme n’est que vanité. Toutes choses te sont possibles. Selon la grandeur de ta puissance, sauve ceux qui vont périr ; et garde-nous de la manière qui te semble bonne ; non comme nous voulons, mais comme tu veux.Lord, save or we perish! Take us out of the mire that we sink not! O help us against these enemies, for vain is the help of man. Unto thee all things are possible. According to the greatness of thy power, preserve thou those that are appointed to die; and preserve us in the manner that seemeth to thee good; not as we will, but as thou wilt.
3. La justification et la justice de la foi3. Justification and the Righteousness of Faith
John Wesley, Sermons on Several Occasions, sermons V et VI : « La justification par la foi » (Romains 4.5) et « La justice de la foi » (Romains 10.5–8), tirés de The Works of the Rev. John Wesley, vol. I (Bristol : William Pine, 1771), transcrits dans le livre numérique 59743 du Projet Gutenberg. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John Wesley, Sermons on Several Occasions, Sermons V and VI: “Justification by Faith” (Romans 4:5) and “The Righteousness of Faith” (Romans 10:5–8), from The Works of the Rev. John Wesley, vol. I (Bristol: William Pine, 1771), transcribed as Project Gutenberg ebook 59743. Primary source; the interpretations are the author’s.
Note du STC : la « justification » est le pardon que Dieu accorde au pécheur ; la « sanctification » est le changement réel que Dieu opère en nous par son Esprit ; Wesley insiste sur le fait qu’elles sont distinctes. L’« alliance des œuvres » est la loi donnée à Adam avant la chute (« Fais cela, et tu vivras ») ; l’« alliance de grâce » est la promesse reçue par la foi (« Crois, et tu vivras »). « L’analogie de la foi » désigne l’harmonie générale de l’enseignement de l’Écriture. « Impie » (ungodly) signifie sans Dieu, et non seulement très méchant. Les citations de « notre Église » viennent des Articles et des Homélies de l’Église d’Angleterre.CTS note: “Justification” is God’s pardon of the sinner; “sanctification” is the real change God works in us by his Spirit; Wesley insists the two are distinct. The “covenant of works” is the law given to Adam before the fall (“Do this and live”); the “covenant of grace” is the promise received by faith (“Believe and live”). “The analogy of faith” means the overall harmony of Scripture’s teaching. “Ungodly” means without God, not only very wicked. The quotations from “our church” come from the Church of England’s Articles and Homilies.
SERMON V. LA JUSTIFICATION PAR LA FOI.SERMON V. JUSTIFICATION BY FAITH.
Romains 4.5. Et à celui qui ne fait point d’œuvre, mais qui croit en celui qui justifie l’impie, sa foi lui est imputée à justice.ROMANS iv. 5. To him that worketh not, but believeth on him that justifieth the ungodly, his faith is counted to him for righteousness.
1. Comment un pécheur peut être justifié devant Dieu, le Seigneur et le Juge de tous, c’est une question d’une importance peu commune pour tout enfant des hommes. Elle contient le fondement de toute notre espérance, puisque, tant que nous sommes en inimitié avec Dieu, il ne peut y avoir de vraie paix ni de joie solide, ni dans le temps ni dans l’éternité. Quelle paix peut-il y avoir tant que notre propre cœur nous condamne ? Et bien plus celui qui est plus grand que notre cœur et qui connaît toutes choses ? Quelle joie solide, soit en ce monde, soit dans celui qui est à venir, tant que la colère de Dieu demeure sur nous ?1. HOW a sinner may be justified before God, the Lord and judge of all, is a question of no common importance, to every child of man. It contains the foundation of all our hope; in as much as while we are at enmity with God, there can be no true peace, no solid joy, either in time or in eternity. What peace can there be, while our own heart condemns us? And much more, he that is greater than our heart and knoweth all things? What solid joy, either in this world or that to come, while the wrath of God abideth on us?
2. Et pourtant, combien peu cette importante question a-t-elle été comprise ! Quelles notions confuses beaucoup en ont-ils eues ! Non seulement confuses, en vérité, mais souvent entièrement fausses ; contraires à la vérité comme la lumière aux ténèbres ; des notions absolument incompatibles avec les oracles de Dieu et avec toute l’analogie de la foi. Et ainsi, se trompant sur le fondement même, ils ne pouvaient aucunement bâtir dessus ; du moins pas de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, qui subsisteraient quand ils seraient éprouvés comme par le feu, mais seulement du foin, du chaume, ni agréables à Dieu ni utiles à l’homme.2. And yet how little hath this important question been understood? What confused notions have many had concerning it? Indeed not only confused, but often utterly false; contrary to the truth, as light to darkness: notions absolutely inconsistent with the oracles of God, and with the whole analogy of faith. And hence, erring concerning the very foundation, they could not possibly build thereon: at least, not gold, silver, or precious stones, which would endure when tried as by fire; but only hay and stubble, neither acceptable to God, nor profitable to man.
3. Afin de rendre justice, autant qu’il dépend de moi, à l’immense importance du sujet ; de préserver ceux qui cherchent la vérité avec sincérité des vains discours et des disputes de mots ; de dissiper la confusion de pensée dans laquelle tant de gens ont déjà été entraînés par là ; et de leur donner des conceptions vraies et justes de ce grand mystère de la piété, je m’efforcerai de montrer :3. In order to do justice, as far as in me lies, to the vast importance of the subject, to save those that seek the truth in sincerity, from vain jangling and strife of words, to clear the confusedness of thought, into which so many have already been led thereby, and to give them true and just conceptions of this great mystery of godliness, I shall endeavour to shew,
Premièrement, quel est le fondement général de toute cette doctrine de la justification.First, What is the general ground of this whole doctrine of justification.
Secondement, ce qu’est la justification.Secondly, What justification is.
Troisièmement, qui sont ceux qui sont justifiés. Et,Thirdly, Who they are that are justified. And,
Quatrièmement, à quelles conditions ils sont justifiés.Fourthly, On what terms they are justified.
I. J’ai d’abord à montrer quel est le fondement général de toute cette doctrine de la justification.I. I am, first, to shew, What is the general ground of this whole doctrine of justification.
1. L’homme fut fait à l’image de Dieu : saint comme est saint celui qui l’a créé ; miséricordieux comme est miséricordieux l’Auteur de toutes choses ; parfait comme son Père céleste est parfait. Comme Dieu est amour, ainsi l’homme, demeurant dans l’amour, demeurait en Dieu, et Dieu en lui. Dieu le fit pour être l’image de sa propre éternité, un portrait incorruptible du Dieu de gloire. Il était en conséquence pur, comme Dieu est pur, de toute tache de péché. Il ne connaissait le mal d’aucune sorte ni à aucun degré, mais il était, au-dedans et au-dehors, sans péché et sans souillure. Il aimait le Seigneur son Dieu de tout son cœur, de toute sa pensée, de toute son âme et de toute sa force.1. In the image of God was man made, holy as he that created him is holy; merciful as the Author of all is merciful, perfect as his Father in heaven is perfect. As God is love, so man dwelling in love, dwelt in God, and God in him. God made him to be an image of his own eternity, an incorruptible picture of the God of glory. He was accordingly pure, as God is pure, from every spot of sin. He knew not evil in any kind or degree, but was inwardly and outwardly sinless and undefiled. He loved the Lord his God with all his heart, and with all his mind and soul and strength.
2. À l’homme, ainsi droit et parfait, Dieu donna une loi parfaite, à laquelle il exigeait une obéissance pleine et parfaite. Il exigeait une obéissance pleine en tout point, et qu’elle fût rendue sans aucune interruption, depuis le moment où l’homme devint une âme vivante jusqu’à la fin du temps de son épreuve. Aucune concession n’était faite pour aucun manquement. Il n’en était d’ailleurs nul besoin, l’homme étant tout à fait à la hauteur de la tâche qui lui était assignée, et pleinement pourvu pour toute bonne parole et toute bonne œuvre.2. To man thus upright and perfect, God gave a perfect law, to which he required full and perfect obedience. He required full obedience in every point, and this to be performed without any intermission, from the moment man became a living soul, till the time of his trial should be ended. No allowance was made for any falling short. As indeed there was no need of any; man being altogether equal to the task assigned, and thoroughly furnished for every good word and work.
3. À la loi entière de l’amour, qui était écrite dans son cœur (contre laquelle peut-être il ne pouvait pécher directement), il plut à la souveraine sagesse de Dieu d’ajouter une loi positive : Tu ne mangeras pas du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin ; en y attachant cette peine : Le jour où tu en mangeras, tu mourras.3. To the entire law of love which was written in his heart (against which perhaps he could not sin directly) it seemed good to the sovereign wisdom of God, to superadd one positive law: Thou shalt not eat of the fruit of the tree that groweth in the midst of the garden: annexing that penalty thereto, In the day thou eatest thereof, thou shalt surely die.
4. Tel était donc l’état de l’homme dans le paradis. Par l’amour gratuit et immérité de Dieu, il était saint et heureux ; il connaissait Dieu, l’aimait, jouissait de lui, ce qui est (en substance) la vie éternelle. Et dans cette vie d’amour il devait demeurer à jamais, s’il continuait d’obéir à Dieu en toutes choses ; mais s’il lui désobéissait en une seule, il devait tout perdre. En ce jour-là, dit Dieu, tu mourras.4. Such then was the state of man in paradise. By the free, unmerited love of God, he was holy and happy; he knew, loved, enjoyed God, which is (in substance) life everlasting. And in this life of love, he was to continue for ever, if he continued to obey God in all things: but if he disobeyed him in any, he was to forfeit all. In that day, said God, thou shalt surely die.
5. L’homme désobéit à Dieu. Il mangea de l’arbre au sujet duquel Dieu lui avait donné cet ordre : Tu n’en mangeras point. Et en ce jour-là il fut condamné par le juste jugement de Dieu. Alors aussi la sentence dont il avait été averti auparavant commença à s’exécuter sur lui. Car au moment où il goûta ce fruit, il mourut : son âme mourut, fut séparée de Dieu ; et, séparée de lui, l’âme n’a pas plus de vie que le corps n’en a quand il est séparé de l’âme. Son corps aussi devint corruptible et mortel, de sorte que la mort s’en saisit également. Et, étant déjà mort en esprit, mort pour Dieu, mort dans le péché, il se hâtait vers la mort éternelle, vers la destruction du corps et de l’âme dans le feu qui ne s’éteint point.5. Man did disobey God. He ate of the tree, of which God commanded him, saying, Thou shalt not eat of it. And in that day he was condemn’d, by the righteous judgment of God. Then also the sentence whereof he was warned before, began to take place upon him. For the moment he tasted that fruit, he died: his soul died, was separated from God; separate from whom the soul has no more life, than the body has when separate from the soul. His body likewise became corruptible and mortal; so that death then took hold on this also. And being already dead in spirit, dead to God, dead in sin, he hastened on to death everlasting; to the destruction both of body and soul, in the fire never to be quenched.
6. Ainsi, par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, comme étant contenus en celui qui était le père commun et le représentant de nous tous. Ainsi, par l’offense d’un seul, tous sont morts : morts pour Dieu, morts dans le péché, habitant un corps corruptible et mortel, qui doit bientôt être dissous, et sous la sentence de la mort éternelle. Car, comme par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, ainsi par cette offense d’un seul la condamnation a atteint tous les hommes, Rom. 5.12, etc.6. Thus by one man, sin entered into the world, and death by sin. And so death passed upon all men, as being contained in him who was the common father and representative of us all. Thus through the offence of one, all are dead, dead to God, dead in sin, dwelling in a corruptible, mortal body, shortly to be dissolved, and under the sentence of death eternal. For as by one man’s disobedience, all were made sinners; so by that offence of one, judgment came upon all men to condemnation, Rom. v. 12, &c.
7. Tel était notre état, celui de tout le genre humain, quand Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que nous ne périssions point, mais que nous ayons la vie éternelle. Dans la plénitude des temps, il fut fait homme, autre chef commun du genre humain, second père universel et représentant de toute la race humaine. Et c’est comme tel qu’il s’est chargé de nos douleurs, l’Éternel faisant retomber sur lui l’iniquité de nous tous. Alors il fut blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités. Il livra sa vie en sacrifice pour le péché ; il répandit son sang pour les transgresseurs ; il a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que par ses meurtrissures nous fussions guéris ; et par cette unique oblation de lui-même, offerte une fois pour toutes, il m’a racheté, moi et tout le genre humain, ayant fait par là un sacrifice et une satisfaction pleins, parfaits et suffisants pour les péchés du monde entier.7. In this state we were, even all mankind, when God so loved the world, that he gave his only begotten Son, to the end we might not perish but have everlasting life. In the fulness of time, he was made man, another common head of mankind, a second general parent and representative of the whole human race. And as such it was that he bore our griefs, the Lord laying upon him the iniquities of us all. Then was he wounded for our transgressions and bruised for our iniquities. He made his soul an offering for sin: he poured out his blood for the transgressors: he bare our sins in his own body on the tree, that by his stripes we might be healed: and by that one oblation of himself once offered, he hath redeemed me and all mankind; having thereby made a full, perfect and sufficient sacrifice and satisfaction, for the sins of the whole world.
8. En considération de ce que le Fils de Dieu a souffert la mort pour tous, Dieu a maintenant réconcilié le monde avec lui-même, en ne leur imputant point leurs offenses passées. Et ainsi, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s’étend à tous les hommes. De sorte que, pour l’amour de son Fils bien-aimé, de ce qu’il a fait et souffert pour nous, Dieu daigne maintenant, à une seule condition (qu’il nous rend lui-même capables de remplir), à la fois remettre le châtiment dû à nos péchés, nous rétablir dans sa faveur et rendre nos âmes mortes à la vie spirituelle, comme gage de la vie éternelle.8. In consideration of this, that the Son of God hath tasted death for every man, God hath now reconciled the world to himself, not imputing to them their former trespasses. And thus, as by the offence of one, judgment came upon all men to condemnation, even so by the righteousness of one, the free gift came upon all men unto justification. So that for the sake of his well-beloved Son, of what he hath done and suffered for us, God now vouchsafes on one only condition (which himself also enables us to perform) both to remit the punishment due to our sins, to reinstate us in his favour, and to restore our dead souls to spiritual life, as the earnest of life eternal.
9. Tel est donc le fondement général de toute la doctrine de la justification. Par le péché du premier Adam, qui était non seulement le père, mais aussi le représentant de nous tous, nous avons tous été privés de la faveur de Dieu ; nous sommes tous devenus des enfants de colère ; ou, comme l’exprime l’apôtre, la condamnation a atteint tous les hommes. De même, par le sacrifice pour le péché offert par le second Adam, comme représentant de nous tous, Dieu est réconcilié avec le monde entier au point de lui avoir donné une nouvelle alliance, dont la simple condition, une fois remplie, fait qu’il n’y a plus de condamnation pour nous, mais que nous sommes justifiés gratuitement par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ.9. This therefore is the general ground, of the whole doctrine of justification. By the sin of the first Adam, who was not only the father, but likewise the representative of us all, we all fell short of the favour of God: we all became children of wrath: or, as the apostle expresses it, judgment came upon all men to condemnation. Even so, by the sacrifice for sin made by the second Adam, as the representative of us all, God is so far reconciled to all the world, that he hath given them a new covenant. The plain condition whereof being once fulfilled, there is no more condemnation for us, but we are justified freely by his grace, through the redemption that is in Jesus Christ.
II. 1. Mais qu’est-ce qu’être justifié ? Qu’est-ce que la justification ? C’était le second point que je me proposais de montrer. Et il est évident, d’après ce qui a déjà été observé, que ce n’est pas le fait d’être rendu réellement juste et droit. Cela, c’est la sanctification, qui est en vérité, à quelque degré, le fruit immédiat de la justification, mais qui n’en est pas moins un don distinct de Dieu, et d’une nature entièrement différente. L’une implique ce que Dieu fait pour nous par son Fils ; l’autre, ce qu’il opère en nous par son Esprit. De sorte que, bien qu’on puisse trouver quelques rares exemples où le terme justifié ou justification est employé dans un sens assez large pour inclure aussi la sanctification, dans l’usage général ils sont suffisamment distingués l’un de l’autre, tant par saint Paul que par les autres écrivains inspirés.II. 1. But what is it to be justified? What is justification? This was the second thing which I proposed to shew. And it is evident from what has been already observed, that it is not, the being made actually just and righteous. This is sanctification: which is indeed, in some degree, the immediate fruit of justification: but nevertheless is a distinct gift of God, and of a totally different nature. The one implies, what God does for us through his Son; the other what he works in us by his Spirit. So that altho’ some rare instances may be found, wherein the term justified, or justification, is used in so wide a sense as to include sanctification also; yet in general use, they are sufficiently distinguished from each other, both by St. Paul and the other inspired writers.
2. Cette idée tirée de loin, que la justification consisterait à nous décharger d’une accusation, particulièrement de celle de Satan, n’est pas non plus facile à prouver par quelque texte clair de la sainte Écriture. Dans tout l’exposé scripturaire de cette matière, tel qu’il a été présenté plus haut, ni cet accusateur ni son accusation ne paraissent être aucunement pris en compte. On ne peut nier, il est vrai, qu’il soit l’accusateur des hommes, ainsi nommé par excellence. Mais il ne paraît en aucune manière que le grand apôtre y fasse la moindre allusion, peu ou prou, dans tout ce qu’il a écrit sur la justification, soit aux Romains, soit aux Galates.2. Neither is that far-fetch’d conceit, that justification is, the clearing us from accusation, particularly that of Satan, easily proveable from any clear text of holy writ. In the whole scriptural account of this matter, as above laid down, neither that accuser nor his accusation appears to be at all taken in. It cannot indeed be denied, that he is the accuser of men, emphatically so called. But it does in no wise appear, that the great apostle hath any reference to this, more or less, in all that he hath written touching justification, either to the Romans or the Galatians.
3. Il est aussi beaucoup plus facile de supposer que de prouver par quelque témoignage clair de l’Écriture que la justification consiste à nous décharger de l’accusation portée contre nous par la loi. Du moins si cette manière de parler forcée et peu naturelle signifie plus ou moins que ceci : que, alors que nous avons transgressé la loi de Dieu et mérité par là la damnation de l’enfer, Dieu n’inflige pas à ceux qui sont justifiés le châtiment qu’ils avaient mérité.3. It is also far easier to take for granted, than to prove from any clear scripture-testimony, that justification is, the clearing us from the accusation brought against us by the law. At least, if this forced, unnatural way of speaking, mean either more or less than this, that whereas we have transgressed the law of God, and thereby deserved the damnation of hell, God does not inflict on those who are justified, the punishment which they had deserved.
4. * Moins que tout, la justification n’implique que Dieu soit trompé sur ceux qu’il justifie ; qu’il les croie ce qu’en fait ils ne sont pas, qu’il les tienne pour autres qu’ils ne sont. Elle n’implique nullement que Dieu juge à notre sujet contrairement à la nature réelle des choses ; qu’il nous estime meilleurs que nous ne sommes réellement, ou nous croie justes quand nous sommes injustes. Assurément non. Le jugement du Dieu souverainement sage est toujours selon la vérité. Et il ne peut jamais s’accorder avec son infaillible sagesse de penser que je suis innocent, de juger que je suis juste ou saint, parce qu’un autre l’est. Il ne peut pas plus me confondre de cette manière avec Christ qu’avec David ou avec Abraham. Que tout homme à qui Dieu a donné l’intelligence pèse cela sans préjugé, et il ne pourra manquer de voir qu’une telle notion de la justification n’est conciliable ni avec la raison ni avec l’Écriture.4. * Least of all does justification imply, that God is deceived in those whom he justifies; that he thinks them to be what in fact they are not, that he accounts them to be otherwise than they are. It does by no means imply, that God judges concerning us, contrary to the real nature of things: that he esteems us better than we really are, or believes us righteous, when we are unrighteous. Surely no. The judgment of the all-wise God, is always according to truth. Neither can it ever consist with his unerring wisdom, to think that I am innocent, to judge that I am righteous or holy, because another is so. He can no more in this manner confound me with Christ, than with David or Abraham. Let any man to whom God hath given understanding, weigh this without prejudice; and he cannot but perceive, that such a notion of justification, is neither reconcileable to reason, nor scripture.
5. La notion scripturaire simple de la justification, c’est le pardon, la rémission des péchés. C’est cet acte de Dieu le Père par lequel, en vertu de la propitiation faite par le sang de son Fils, il montre sa justice (ou sa miséricorde) par la rémission des péchés commis auparavant. Telle est l’explication facile et naturelle qu’en donne saint Paul dans toute cette épître. C’est ainsi qu’il l’explique lui-même, plus particulièrement dans ce chapitre et dans le suivant. Ainsi, deux versets après le texte : Heureux, dit-il, ceux dont les iniquités sont pardonnées, et dont les péchés sont couverts ! Heureux l’homme à qui le Seigneur n’impute pas son péché ! À celui qui est justifié ou pardonné, Dieu n’imputera pas le péché pour sa condamnation. Il ne le condamnera pas pour cela, ni dans ce monde ni dans celui qui est à venir. Ses péchés, tous ses péchés passés, en pensée, en parole et en action, sont couverts, sont effacés ; ils ne seront pas rappelés ni mentionnés contre lui, pas plus que s’ils n’avaient jamais existé. Dieu n’infligera pas à ce pécheur ce qu’il méritait de souffrir, parce que le Fils de son amour a souffert pour lui. Et dès le moment où nous sommes agréés dans le Bien-aimé, réconciliés avec Dieu par son sang, il nous aime, nous bénit et veille sur nous pour notre bien, comme si nous n’avions jamais péché.5. The plain scriptural notion of justification is pardon, the forgiveness of sins. It is that act of God the Father, whereby for the sake of the propitiation made by the blood of his Son, he sheweth forth his righteousness (or mercy) by the remission of the sins that are past. This is the easy, natural account of it given by St. Paul, throughout this whole epistle. So he explains it himself, more particularly in this, and in the following chapter. Thus in the next verses but one to the text, Blessed are they, saith he, whose iniquities are forgiven, and whose sins are covered: blessed is the man to whom the Lord will not impute sin. To him that is justified or forgiven, God will not impute sin to his condemnation. He will not condemn him on that account, either in this world or in that which is to come. His sins, all his past sins, in thought, word and deed, are covered, are blotted out: shall not be remembered or mentioned against him, any more than if they had not been. God will not inflict on that sinner what he deserved to suffer, because the Son of his love hath suffered for him. And from the time we are accepted through the Beloved, reconciled to God through his blood, he loves and blesses and watches over us for good, even as if we had never sinned.
Il est vrai que l’apôtre, dans un passage, semble étendre beaucoup plus loin le sens du mot, lorsqu’il dit : Ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi, mais ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés. Ici il paraît rapporter notre justification à la sentence du grand jour. Et c’est ce que fait incontestablement notre Seigneur lui-même quand il dit : Par tes paroles tu seras justifié, prouvant par là que de toute parole vaine que les hommes auront proférée, ils rendront compte au jour du jugement. Mais nous aurions peut-être peine à produire un autre exemple où saint Paul emploie le mot dans ce sens éloigné. Dans la teneur générale de ses écrits, il est évident qu’il ne le fait pas. Et moins que tout dans le texte qui est devant nous, lequel parle indéniablement, non de ceux qui ont déjà achevé leur course, mais de ceux qui sont tout juste en train de partir, qui commencent à peine à courir dans la carrière qui leur est ouverte.Indeed the apostle in one place seems to extend the meaning of the word much farther; where he says, Not the hearers of the law, but the doers of the law shall be justified. Here he appears to refer our justification, to the sentence of the great day. And so our Lord himself unquestionably doth, when he says, By thy words thou shalt be justified: proving thereby, that for every idle word men shall speak, they shall give an account in the day of judgment. But perhaps we can hardly produce another instance, of St. Paul’s using the word in that distant sense. In the general tenor of his writings, it is evident he doth not. And least of all in the text before us, which undeniably speaks, not of those who have already finished their course, but of those who are now just setting out, just beginning to run the race which is set before him.
III. 1. Mais voici le troisième point qu’il fallait considérer, à savoir : qui sont ceux qui sont justifiés ? Et l’apôtre nous le dit expressément : les impies. Lui, c’est-à-dire Dieu, justifie l’impie : l’impie de toute sorte et de tout degré, et nul autre que l’impie. Comme les justes n’ont pas besoin de repentance, ils n’ont pas non plus besoin de pardon. Seuls les pécheurs ont quelque occasion d’être pardonnés ; seul le péché admet d’être pardonné. Le pardon a donc un rapport immédiat au péché, et (à cet égard) à rien d’autre. C’est envers notre injustice que le Dieu qui pardonne est miséricordieux ; c’est notre iniquité dont il ne se souvient plus.III. 1. But this is the third thing which was to be considered, namely, who are they that are justified? And the apostle tells us expresly, the ungodly: He, that is, God, justifieth the ungodly: the ungodly of every kind and degree, and none but the ungodly. As they that are righteous need no repentance, so they need no forgiveness. It is only sinners that have any occasion for pardon: it is sin alone which admits of being forgiven. Forgiveness therefore has an immediate reference to sin, and (in this respect) to nothing else. It is our unrighteousness to which the pardoning God is merciful: it is our iniquity which he remembereth no more.
2. Cela semble n’être nullement considéré par ceux qui soutiennent avec tant de véhémence qu’un homme doit être sanctifié, c’est-à-dire saint, avant de pouvoir être justifié ; surtout par ceux d’entre eux qui affirment qu’une sainteté ou une obéissance universelle doit précéder la justification (à moins qu’ils n’entendent la justification du dernier jour, qui est entièrement en dehors de la présente question). Il s’en faut tellement que la supposition même est non seulement absolument impossible (car là où il n’y a pas d’amour de Dieu, il n’y a pas de sainteté ; et il n’y a pas d’amour de Dieu, sinon par le sentiment de son amour pour nous), mais encore grossièrement, intrinsèquement absurde et contradictoire en elle-même. Car ce n’est pas un saint, mais un pécheur qui est pardonné, et en tant que pécheur. Dieu ne justifie pas l’homme pieux, mais l’impie ; non ceux qui sont déjà saints, mais ceux qui ne le sont pas. À quelle condition il le fait, nous le verrons bientôt ; mais quelle qu’elle soit, ce ne peut être la sainteté. Affirmer cela, c’est dire que l’Agneau de Dieu n’ôte que les péchés qui avaient déjà été ôtés auparavant.2. This seems not to be at all considered by those who so vehemently contend, that a man must be sanctified, that is, holy, before he can be justified: especially by such of them as affirm, that universal holiness or obedience must precede justification (unless they mean, that justification at the last day, which is wholly out of the present question) so far from it, that the very supposition, is not only flatly impossible (for where there is no love of God, there is no holiness; and there is no love of God, but from a sense of his loving us) but also grosly, intrinsically absurd, contradictory to itself. For it is not a saint but a sinner that is forgiven, and under the notion of a sinner. God justifieth not the godly, but the ungodly; not those that are holy already, but the unholy. Upon what condition he doth this, will be considered quickly: but whatever it is, it cannot be holiness. To assert this, is to say, the Lamb of God takes away, only those sins which were taken away before.
3. Le bon Berger ne cherche-t-il donc et ne sauve-t-il que ceux qui sont déjà retrouvés ? Non. Il cherche et sauve ce qui était perdu. Il pardonne à ceux qui ont besoin de sa miséricorde qui pardonne. Il sauve de la culpabilité du péché (et en même temps de sa puissance) des pécheurs de toute sorte et de tout degré : des hommes qui jusque-là étaient entièrement impies ; en qui n’était pas l’amour du Père ; et par conséquent en qui n’habitait aucun bien, aucune disposition bonne ou vraiment chrétienne, mais toutes celles qui étaient mauvaises et abominables : l’orgueil, la colère, l’amour du monde, fruits authentiques de cette affection de la chair qui est inimitié contre Dieu.3. Does then the good Shepherd seek and save only those that are found already? No. He seeks and saves that which is lost. He pardons those who need his pardoning mercy. He saves from the guilt of sin (and at the same time from the power) sinners of every kind, of every degree: men who till then were altogether ungodly; in whom the love of the Father was not; and consequently, in whom dwelt no good thing, no good or truly Christian temper: but all such as were evil and abominable, pride, anger, love of the world, the genuine fruits of that carnal mind, which is enmity against God.
4. Ceux qui sont malades, dont le fardeau des péchés est intolérable, sont ceux qui ont besoin de médecin ; ceux qui sont coupables, qui gémissent sous la colère de Dieu, sont ceux qui ont besoin de pardon. Ceux qui sont déjà condamnés, non seulement par Dieu, mais aussi par leur propre conscience, comme par mille témoins, pour toute leur impiété en pensée, en parole et en action, crient à haute voix vers celui qui justifie l’impie, par la rédemption qui est en Jésus : l’impie, et celui qui ne fait point d’œuvre ; qui ne fait, avant d’être justifié, rien de bon, rien de vraiment vertueux ou saint, mais seulement le mal continuellement. Car son cœur est nécessairement, essentiellement mauvais, jusqu’à ce que l’amour de Dieu y soit répandu. Et tant que l’arbre est mauvais, les fruits le sont aussi ; car un mauvais arbre ne peut porter de bons fruits.4. These who are sick, the burden of whose sins is intolerable, are they that need a physician; these who are guilty, who groan under the wrath of God, are they that need a pardon. These who are condemned already, not only by God, but also by their own conscience, as by a thousand witnesses, of all their ungodliness, both in thought and word and work, cry aloud for him that justifieth the ungodly, through the redemption that is in Jesus: the ungodly and him that worketh not; that worketh not before he is justified; any thing that is good, that is truly virtuous or holy, but only evil continually. For his heart is necessarily, essentially evil, till the love of God is shed abroad therein. And while the tree is corrupt, so are the fruits; for an evil tree cannot bring forth good fruit.
5. Si l’on objecte : « Mais un homme, avant d’être justifié, peut nourrir celui qui a faim ou vêtir celui qui est nu ; et ce sont là de bonnes œuvres », la réponse est facile. Il peut faire ces choses, même avant d’être justifié. Et ce sont, en un sens, de bonnes œuvres ; elles sont bonnes et utiles aux hommes. Mais il ne s’ensuit pas qu’elles soient, à proprement parler, bonnes en elles-mêmes, ou bonnes aux yeux de Dieu. Toutes les bonnes œuvres véritables (pour employer les paroles de notre Église) suivent la justification. Et elles sont donc bonnes et agréables à Dieu en Christ, parce qu’elles découlent d’une foi vraie et vivante. Par la même raison, toutes les œuvres faites avant la justification ne sont pas bonnes, au sens chrétien, puisqu’elles ne découlent pas de la foi en Jésus-Christ (bien qu’elles puissent découler d’une certaine foi en Dieu) ; bien plutôt, parce qu’elles ne sont pas faites comme Dieu a voulu et commandé qu’elles le soient, nous ne doutons pas (quelque étrange que cela puisse paraître à certains) qu’elles n’aient la nature du péché.5. If it be objected, “Nay, but a man, before he is justified, may feed the hungry, or clothe the naked; and these are good works:” the answer is easy. He may do these, even before he is justified. And these are, in one sense, good works; they are good and profitable to men. But it does not follow, that they are, strictly speaking, good in themselves, or good in the sight of God. All truly good works (to use the words of our church) follow after justification. And they are therefore good and acceptable to God in Christ, because they spring out of a true and living faith. By a parity of reason, all works done before justification, are not good, in the Christian sense, forasmuch as they spring not of faith in Jesus Christ (tho’ from some kind of faith in God they may spring) yea rather, for that they are not done, as God hath willed and commanded them to be done, we doubt not (how strange soever it may appear to some) but they have the nature of sin.
6. Peut-être ceux qui en doutent n’ont-ils pas dûment considéré la raison importante qui est ici donnée pour expliquer pourquoi aucune œuvre faite avant la justification ne peut être vraiment et proprement bonne. L’argument se présente clairement ainsi :6. Perhaps those who doubt of this, have not duly considered the weighty reason which is here assign’d, why no works done before justification, can be truly and properly good. The argument plainly runs thus:
Aucune œuvre n’est bonne si elle n’est faite comme Dieu a voulu et commandé qu’elle le soit.No works are good which are not done as God hath willed and commanded them to be done:
Or aucune œuvre faite avant la justification n’est faite comme Dieu a voulu et commandé qu’elle le soit.But no works done before justification are done as God hath willed and commanded them to be done:
Donc aucune œuvre faite avant la justification n’est bonne.Therefore no works done before justification are good.
La première proposition est évidente par elle-même. Et la seconde, qu’aucune œuvre faite avant la justification n’est faite comme Dieu a voulu et commandé qu’elle le soit, paraîtra également claire et indéniable si nous considérons seulement que Dieu a voulu et commandé que toutes nos œuvres soient faites avec charité (ἐν ἀγάπῃ), dans l’amour, dans cet amour pour Dieu qui produit l’amour pour tout le genre humain. Mais aucune de nos œuvres ne peut être faite dans cet amour tant que l’amour du Père (de Dieu comme notre Père) n’est pas en nous. Et cet amour ne peut être en nous avant que nous ayons reçu l’Esprit d’adoption, qui crie dans nos cœurs : Abba ! Père ! Si donc Dieu ne justifie pas l’impie, et celui qui (en ce sens) ne fait point d’œuvre, alors Christ est mort en vain ; alors, malgré sa mort, aucune chair vivante ne peut être justifiée.The first proposition is self-evident. And the second, that no works done before justification, are done as God hath willed and commanded them to be done, will appear equally plain and undeniable, if we only consider God hath willed and commanded, that all our works should be done in charity, (ἐν ἀγάπη) in love, in that love to God, which produces love to all mankind. But none of our works can be done in this love, while the love of the Father (of God as our Father) is not in us. And this love cannot be in us, till we receive the Spirit of adoption, crying in our hearts, Abba, Father. If therefore God doth not justify the ungodly, and him that (in this sense) worketh not, then hath Christ died in vain; then notwithstanding his death, can no flesh living be justified.
IV. 1. Mais à quelles conditions est donc justifié celui qui est entièrement impie et qui, jusque-là, ne fait point d’œuvre ? À une seule, qui est la foi. Il croit en celui qui justifie l’impie. Et celui qui croit n’est point jugé ; oui, il est passé de la mort à la vie. Car la justice (ou la miséricorde) de Dieu, par la foi en Jésus-Christ, est pour tous ceux qui croient :—c’est lui que Dieu a destiné à être, par la foi en son sang, une victime propitiatoire, de manière à être juste, et (en accord avec sa justice) à justifier celui qui a la foi en Jésus. Car nous pensons que l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi : sans obéissance préalable à la loi morale, qu’en vérité il ne pouvait accomplir jusque-là. Que ce soit la loi morale, et elle seule, qui est ici visée, cela ressort évidemment des paroles qui suivent : Anéantissons-nous donc la loi par la foi ? Loin de là ! Au contraire, nous confirmons la loi. Quelle loi confirmons-nous par la foi ? Non la loi rituelle ; non la loi cérémonielle de Moïse. En aucune façon ; mais la grande et immuable loi de l’amour, le saint amour de Dieu et de notre prochain.IV. 1. But on what terms then is he justified, who is altogether ungodly, and till that time, worketh not? On one alone, which is faith. He believeth in him that justifieth the ungodly. And he that believeth is not condemned: Yea, he is passed from death unto life. For the righteousness (or mercy) of God is by faith of Jesus Christ, unto all and upon all them that believe:—Whom God hath set forth for a propitiation, through faith in his blood: that he might be just, and (consistently with his justice) the justifier of him which believeth in Jesus: therefore we conclude, that a man is justified by faith, without the deeds of the law: without previous obedience to the moral law, which indeed he could not till now perform. That it is the moral law, and that alone which is here intended, appears evidently from the words that follow. Do we then make void the law through faith? God forbid! Yea, we establish the law. What law do we establish by faith? Not the ritual law: not the ceremonial law of Moses. In no wise; but the great unchangeable law of love, the holy love of God and of our neighbour.
2. * La foi en général est un ἔλεγχος divin et surnaturel, une démonstration ou conviction des choses qu’on ne voit pas, qui ne peuvent être découvertes par nos sens corporels, comme étant passées, futures ou spirituelles. La foi justifiante implique non seulement une démonstration ou conviction divine que Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, mais une ferme assurance et confiance que Christ est mort pour mes péchés, qu’il m’a aimé, moi, et qu’il s’est livré lui-même pour moi. Et à quelque moment qu’un pécheur croie ainsi, que ce soit dans la première enfance, dans la force de l’âge ou quand il est vieux et aux cheveux blancs, Dieu justifie cet impie : Dieu, pour l’amour de son Fils, pardonne et absout celui qui jusque-là n’avait en lui rien de bon. Dieu, il est vrai, lui avait donné auparavant la repentance ; mais cette repentance n’était ni plus ni moins qu’un sentiment profond de l’absence de tout bien et de la présence de tout mal. Et tout le bien qu’il a ou qu’il fait depuis l’heure où il croit pour la première fois en Dieu par Christ, la foi ne le trouve pas, mais l’apporte. C’est là le fruit de la foi. D’abord l’arbre est bon, et ensuite le fruit est bon aussi.2. * Faith in general is, a divine, supernatural ἔλεγχος, evidence or conviction of things not seen, not discoverable by our bodily senses, as being either past, future or spiritual. Justifying faith implies, not only a divine evidence or conviction, that God was in Christ, reconciling the world unto himself but a sure trust and confidence, that Christ died for my sins, that he loved me and gave himself for me. And at what time soever a sinner thus believes, be it in early childhood, in the strength of his years, or when he is old and hoary-hair’d, God justifieth that ungodly one: God for the sake of his Son; pardoneth and absolveth, him who had in him till then no good thing. Repentance indeed God had given him before: but that repentance was neither more nor less, than a deep sense of the want of all good, and the presence of all evil. And whatever good he hath or doth from that hour, when he first believes in God through Christ, faith does not find but bring. This is the fruit of faith. First the tree is good, and then the fruit is good also.
3. Je ne puis mieux décrire la nature de cette foi que par les paroles de notre propre Église : « Le seul instrument du salut » (dont la justification est une branche) « est la foi, c’est-à-dire une ferme assurance et confiance que Dieu a pardonné et pardonnera nos péchés, qu’il nous a reçus de nouveau dans sa faveur, à cause des mérites de la mort et de la passion de Christ.—Mais ici nous devons prendre garde de ne pas boiter avec Dieu par une foi inconstante et chancelante. Pierre, venant à Christ sur les eaux, parce qu’il faiblit dans la foi, fut en danger de se noyer. De même nous, si nous commençons à chanceler ou à douter, il est à craindre que nous ne sombrions comme Pierre, non dans l’eau, mais dans l’abîme sans fond du feu de l’enfer. » Second sermon sur la Passion.3. I cannot describe the nature of this faith better, than in the words of our own church. “The only instrument of salvation” (whereof justification is one branch) “is faith: that is, a sure trust and confidence, that God both hath and will forgive our sins, that he hath accepted us again into his favour, for the merits of Christ’s death and passion.—But here we must take heed that we do not halt with God, through an inconstant, wavering faith. Peter coming to Christ upon the water, because he fainted in faith, was in danger of drowning. So we, if we begin to waver or doubt, it is to be feared, that we should sink as Peter did, not into the water, but into the bottomless pit of hell-fire.” Second sermon on the passion.
« Ayez donc une foi ferme et constante, non seulement que la mort de Christ est efficace pour le monde entier, mais qu’il a offert un sacrifice plein et suffisant pour toi, une purification parfaite de tes péchés, de sorte que tu puisses dire avec l’apôtre : il m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. Car c’est là faire de Christ ton bien propre, et t’appliquer ses mérites à toi-même. » Sermon sur le sacrement, première partie.“Therefore have a sure and constant faith, not only that the death of Christ is available for all the world, but that he hath made a full and sufficient sacrifice for thee, a perfect cleansing of thy sins, so that thou mayst say with the apostle, he loved thee and gave himself for thee. For this is to make Christ thine own, and to apply his merits unto thyself.” Sermon on the sacrament, first part.
4. En affirmant que cette foi est le terme ou la condition de la justification, j’entends, premièrement, qu’il n’y a pas de justification sans elle. Celui qui ne croit pas est déjà jugé ; et tant qu’il ne croit pas, cette condamnation ne peut être ôtée, mais la colère de Dieu demeure sur lui. Comme il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné que celui de Jésus de Nazareth, aucun autre mérite par lequel un pécheur condamné puisse jamais être sauvé de la culpabilité du péché, de même il n’y a pas d’autre moyen d’obtenir part à son mérite que par la foi en son nom. De sorte que, tant que nous sommes sans cette foi, nous sommes étrangers aux alliances de la promesse, nous sommes privés du droit de cité en Israël, et sans Dieu dans le monde. Quelques vertus (ainsi nommées) qu’un homme puisse avoir (je parle de ceux à qui l’Évangile est prêché ; car qu’ai-je à juger ceux du dehors ?), quelques bonnes œuvres (ainsi considérées) qu’il puisse faire, cela ne lui sert de rien ; il est toujours un enfant de colère, toujours sous la malédiction, jusqu’à ce qu’il croie en Jésus.4. By affirming that this faith is the term or condition of justification, I mean, first, that there is no justification without it. He that believeth not is condemned already; and so long as he believeth not, that condemnation cannot be removed, but the wrath of God abideth on him. As there is no other name given under heaven than that of Jesus of Nazareth, no other merit whereby a condemned sinner can ever be saved from the guilt of sin; so there is no other way of obtaining a share in his merit, than by faith in his name. So that as long as we are without this faith, we are strangers to the covenant of promise, we are aliens from the common-wealth of Israel, and without God in the world. Whatsoever virtues (so call’d) a man may have (I speak of those unto whom the gospel is preached; for what have I to judge them that are without?) whatsoever good works (so accounted) he may do, it profiteth not; he is still a child of wrath, still under the curse, till he believes in Jesus.
5. * La foi est donc la condition nécessaire de la justification. Oui, et sa seule condition nécessaire. C’est là le second point qu’il faut observer avec soin : au moment même où Dieu donne la foi (car c’est le don de Dieu) à l’impie qui ne fait point d’œuvre, cette foi lui est imputée à justice. Il n’a absolument aucune justice antérieure à cela, pas même une justice négative ou innocence. Mais la foi lui est imputée à justice au moment même où il croit. Non que Dieu (comme on l’a observé plus haut) le croie ce qu’il n’est pas. Mais comme il a fait devenir péché pour nous celui qui n’a point connu le péché, c’est-à-dire qu’il l’a traité comme un pécheur, le punissant pour nos péchés, de même il nous tient pour justes dès le moment où nous croyons en lui ; c’est-à-dire qu’il ne nous punit pas pour nos péchés, oui, qu’il nous traite comme si nous étions innocents et justes.5. * Faith therefore is the necessary condition of justification. Yea, and the only necessary condition thereof. This is the second point carefully to be observed; that the very moment God giveth faith (for it is the gift of God) to the ungodly, that worketh not, that faith is counted to him for righteousness. He hath no righteousness at all, antecedent to this, not so much as negative righteousness or innocence. But faith is imputed to him for righteousness, the very moment that he believeth. Not that God (as was observed before) thinketh him to be what he is not. But as he made Christ to be sin for us, that is, treated him as a sinner, punishing him for our sins, so he counteth us righteous, from the time we believe in him: that is, he doth not punish us for our sins, yea, treats us as tho’ we were guiltless and righteous.
6. Assurément, la difficulté d’adhérer à cette proposition, que la foi est la seule condition de la justification, doit venir de ce qu’on ne la comprend pas. Nous entendons par là ceci : qu’elle est la seule chose sans laquelle personne n’est justifié ; la seule chose qui soit immédiatement, indispensablement, absolument requise pour le pardon. Comme, d’un côté, un homme eût-il tout le reste, sans la foi il ne peut être justifié ; de même, de l’autre, suppose-t-on qu’il manque de tout le reste, s’il a la foi, il ne peut qu’être justifié. Car supposons un pécheur de quelque sorte ou de quelque degré que ce soit, dans le plein sentiment de son impiété totale, de son entière incapacité de penser, de dire ou de faire le bien, et de son absolue dignité du feu de l’enfer ; supposons, dis-je, que ce pécheur, sans secours et sans espérance, se jette entièrement sur la miséricorde de Dieu en Christ (ce qu’en vérité il ne peut faire que par la grâce de Dieu) : qui peut douter qu’il ne soit pardonné en ce moment même ? Qui affirmera que quelque chose de plus est indispensablement requis avant que ce pécheur puisse être justifié ?6. Surely the difficulty of assenting to this proposition, that faith is the only condition of justification, must arise from not understanding it. We mean thereby thus much, that it is the only thing without which none is justified; the only thing that is immediately, indispensably, absolutely requisite in order to pardon. As on the one hand, tho’ a man should have every thing else, without faith, yet he cannot be justified; so on the other, tho’ he be supposed to want every thing else, yet if he hath faith, he cannot but be justified. For suppose a sinner of any kind or degree, in a full sense of his total ungodliness, of his utter inability to think, speak or do good, and his absolute meetness for hell-fire: suppose, I say, this sinner, helpless and hopeless, casts himself wholly on the mercy of God in Christ (which indeed he cannot do but by the grace of God) who can doubt, but he is forgiven in that moment? Who will affirm, that any more is indispensably required, before that sinner can be justified?
Or, s’il y a jamais eu un seul exemple de ce genre depuis le commencement du monde (et n’y en a-t-il pas eu, et n’y en a-t-il pas, des myriades de myriades ?), il s’ensuit clairement que la foi est, au sens indiqué ci-dessus, la seule condition de la justification.Now if there ever was one such instance from the beginning of the world. (And have there not been, and are there not ten thousand times ten thousand?) it plainly follows, that faith is, in the above sense, the sole condition of justification.
7. Il ne convient pas à de pauvres vers coupables et pécheurs, qui reçoivent toutes les bénédictions dont ils jouissent (depuis la moindre goutte d’eau qui rafraîchit notre langue jusqu’aux immenses richesses de gloire dans l’éternité) par grâce, par pure faveur, et non comme une dette, de demander à Dieu les raisons de sa conduite. Il ne nous appartient pas de mettre en cause celui qui ne rend compte d’aucun de ses actes ; de lui demander : Pourquoi as-tu fait de la foi la condition, la seule condition de la justification ? Pourquoi as-tu décrété : Celui qui croira, et lui seul, sera sauvé ? C’est précisément le point sur lequel saint Paul insiste si fortement au neuvième chapitre de cette épître, à savoir que les conditions du pardon et de l’acceptation doivent dépendre, non de nous, mais de celui qui appelle ; qu’il n’y a point d’injustice en Dieu à fixer ses propres conditions, non selon les nôtres, mais selon son bon plaisir ; car il peut dire avec justice : Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde, à savoir à celui qui croit en Jésus. Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, de choisir la condition à laquelle il sera agréé, mais de Dieu qui fait miséricorde, qui n’agrée personne sinon par son libre amour, sa bonté imméritée. Ainsi, il fait miséricorde à qui il veut, à savoir à ceux qui croient au Fils de son amour ; et il endurcit qui il veut, c’est-à-dire ceux qui ne croient pas, il les abandonne enfin à la dureté de leur cœur.7. It does not become poor, guilty, sinful worms, who receive whatsoever blessings they enjoy, (from the least drop of water that cools our tongue, to the immense riches of glory in eternity) of grace, of mere favour, and not of debt, to ask of God the reasons of his conduct. It is not meet for us to call him in question, who giveth account to none of his ways; to demand, Why didst thou make faith the condition, the only condition of justification? Wherefore didst thou decree, He that believeth, and he only, shall be saved? This is the very point on which St. Paul so strongly insists in the ninth chapter of this epistle, viz. That the terms of pardon and acceptance must depend, not on us, but on him that calleth us: that there is no unrighteousness with God, in fixing his own terms, not according to ours, but his own good pleasure: who may justly say, I will have mercy on whom I will have mercy, namely, on him who believeth in Jesus. So then it is not of him that willeth, or of him that runneth, to chuse the condition on which he shall find acceptance; but of God that sheweth mercy, that accepteth none at all, but of his own free love, his unmerited goodness. Therefore hath he mercy on whom he will have mercy, viz. on those who believe on the Son of his love: and whom he will, that is, those who believe not, he hardeneth, leaves at last to the hardness of their hearts.
8. Cependant, nous pouvons humblement concevoir une raison pour laquelle Dieu a fixé cette condition de la justification : Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé ; ce fut pour préserver l’homme de l’orgueil. L’orgueil avait déjà perdu les anges mêmes de Dieu, avait abattu le tiers des étoiles du ciel. Ce fut aussi en grande partie à cause de lui, lorsque le tentateur dit : Vous serez comme des dieux, qu’Adam déchut de sa fermeté et introduisit le péché et la mort dans le monde. Ce fut donc un trait de sagesse digne de Dieu d’établir, pour lui et pour toute sa postérité, une condition de réconciliation qui pût efficacement les humilier, les abaisser jusqu’à la poussière. Et telle est la foi. Elle est particulièrement propre à cette fin. Car celui qui vient à Dieu par cette foi doit fixer les yeux uniquement sur sa propre méchanceté, sur sa culpabilité et son impuissance, sans avoir le moindre égard à quelque bien supposé en lui-même, à quelque vertu ou justice que ce soit. Il doit venir comme un simple pécheur, au-dedans et au-dehors, perdu et condamné par lui-même, n’apportant à Dieu que l’impiété, ne faisant valoir rien de sien que le péché et la misère. C’est ainsi, et ainsi seulement, quand sa bouche est fermée et qu’il se tient entièrement coupable devant Dieu, qu’il peut regarder à Jésus comme l’entière et unique propitiation pour ses péchés. Ainsi seulement il peut être trouvé en lui et recevoir la justice qui vient de Dieu par la foi.8. One reason, however, we may humbly conceive, of God’s fixing this condition of justification, If thou believest in the Lord Jesus Christ thou shalt be saved, was to hide pride from man. Pride had already destroyed the very angels of God, had cast down a third part of the stars of heaven. It was likewise in great measure owing to this, when the tempter said, Ye shall be as Gods, that Adam fell from his own stedfastness, and brought sin and death into the world. It was therefore an instance of wisdom worthy of God, to appoint such a condition of reconciliation, for him and all his posterity, as might effectually humble, might abase them to the dust. And such is faith. It is peculiarly fitted for this end. For he that cometh unto God by this faith, must fix his eye singly on his own wickedness, on his guilt and helplessness, without having the least regard to any supposed good in himself, to any virtue or righteousness whatsoever. He must come as a mere sinner inwardly and outwardly, self-destroyed and self-condemned, bringing nothing to God but ungodliness only, pleading nothing of his own but sin and misery. Thus it is, and thus alone, when his mouth is stopped, and he stands utterly guilty before God, that he can look unto Jesus, as the whole and sole propitiation for his sins. Thus only can he be found in him, and receive the righteousness which is of God by faith.
9. * Toi, impie, qui entends ou qui lis ces paroles ; toi, pécheur vil, impuissant et misérable, je t’en conjure devant Dieu, le Juge de tous : va droit à lui avec toute ton impiété. Prends garde de perdre ta propre âme en faisant valoir ta justice, si peu que ce soit. Va comme entièrement impie, coupable, perdu, détruit, méritant l’enfer et y tombant ; et alors tu trouveras grâce à ses yeux, et tu sauras qu’il justifie l’impie. C’est comme tel que tu seras amené au sang de l’aspersion, comme un pécheur perdu, sans secours, condamné. Ainsi, regarde à Jésus ! Voilà l’Agneau de Dieu, qui ôte tes péchés ! Ne fais valoir aucune œuvre, aucune justice à toi ! Ni humilité, ni contrition, ni sincérité. En aucune façon. Ce serait, en vérité, renier le Seigneur qui t’a racheté. Non ; fais valoir uniquement le sang de l’alliance, la rançon payée pour ton âme orgueilleuse, obstinée et pécheresse. Qui es-tu, toi qui maintenant vois et sens ton impiété intérieure et extérieure ? Tu es cet homme-là ! Je te veux pour mon Seigneur. Je te réclame, toi, comme enfant de Dieu par la foi. Le Seigneur a besoin de toi. Toi qui sens que tu n’es bon que pour l’enfer, tu es justement bon pour avancer sa gloire : la gloire de sa libre grâce, qui justifie l’impie et celui qui ne fait point d’œuvre. Oh ! viens vite. Crois au Seigneur Jésus ; et toi, oui, toi, tu es réconcilié avec Dieu.9. * Thou ungodly one, who hearest or readest these words, thou vile, helpless, miserable sinner, I charge thee before God the judge of all, go strait unto him, with all thy ungodliness. Take heed thou destroy not thy own soul, by pleading thy righteousness, more or less. Go as altogether ungodly, guilty, lost, destroyed, deserving and dropping into hell: and thou shalt then find favour in his sight, and know that he justifieth the ungodly. As such thou shalt be brought unto the blood of sprinkling, as an undone, helpless, damned sinner. Thus look unto Jesus! There is the Lamb of God, who taketh away thy sins! Plead thou no works, no righteousness of thine own! No humility, contrition, sincerity. In no wise. That were, in very deed, to deny the Lord that bought thee. No, Plead thou singly, the blood of the covenant, the ransom paid for thy proud, stubborn, sinful soul. Who art thou, that now seest and feelest both thine inward and outward ungodliness! Thou art the man! I want thee for my Lord. I challenge thee for a child of God by faith. The Lord hath need of thee. Thou who feelest thou art just fit for hell, art just fit to advance his glory: the glory of his free grace, justifying the ungodly and him that worketh not. O come quickly. Believe in the Lord Jesus; and thou, even thou art reconciled to God.
SERMON VI. LA JUSTICE DE LA FOI.SERMON VI. THE RIGHTEOUSNESS OF FAITH.
Romains 10.5, 6, 7, 8. Moïse définit la justice qui vient de la loi : L’homme qui mettra ces choses en pratique vivra par elles. Mais voici comment parle la justice qui vient de la foi : Ne dis pas en ton cœur : Qui montera au ciel ? c’est en faire descendre Christ ; ou : Qui descendra dans l’abîme ? c’est faire remonter Christ d’entre les morts. Que dit-elle donc ? La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Or, c’est la parole de la foi, que nous prêchons.ROM. x. 5, 6, 7, 8. Moses describeth the righteousness which is of the law, that the man which doeth those things shall live by them. But the righteousness which is of faith speaketh on this wise. Say not in thine heart, who shall ascend into heaven? That is, to bring Christ down from above: Or who shall descend into the deep? That is, to bring Christ again from the dead. But what saith it? The word is nigh thee, even in thy mouth and in thy heart that is the word of faith, which we preach.
1. L’apôtre n’oppose pas ici l’alliance donnée par Moïse à l’alliance donnée par Christ. Si nous l’avons jamais imaginé, c’est faute d’avoir observé que la seconde partie de ces paroles, aussi bien que la première, fut prononcée par Moïse lui-même au peuple d’Israël, et cela au sujet de l’alliance qui existait alors (Deut. 30.11, 12, 14). Mais c’est l’alliance de grâce, que Dieu par Christ a établie avec les hommes de tous les âges (aussi bien avant la dispensation juive et sous elle que depuis que Dieu a été manifesté en chair), que saint Paul oppose ici à l’alliance des œuvres, faite avec Adam pendant qu’il était dans le paradis, mais que l’on supposait communément être la seule alliance que Dieu eût faite avec l’homme, particulièrement ces Juifs dont l’apôtre parle.1. THE apostle does not here oppose the covenant given by Moses, to the covenant given by Christ. If we ever imagined this, it was for want of observing, that the latter, as well as the former part of these words, were spoken by Moses himself, to the people of Israel, and that, concerning the covenant which then was. (Deut. xxx. 11, 12, 14.) But it is the covenant of grace, which God through Christ hath established with men in all ages, (as well before, and under the Jewish dispensation, as since God was manifest in the flesh) which St. Paul here opposes to the covenant of works, made with Adam while in paradise; but commonly supposed to be the only covenant which God had made with man, particularly by those Jews of whom the apostle writes.
2. C’est d’eux qu’il parle avec tant d’affection au commencement de ce chapitre : Le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour Israël, c’est qu’ils soient sauvés. Je leur rends le témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu, mais sans intelligence : ne connaissant pas la justice de Dieu (la justification qui découle de sa pure grâce et de sa miséricorde, pardonnant gratuitement nos péchés par le Fils de son amour, par la rédemption qui est en Jésus), et cherchant à établir leur propre justice (leur propre sainteté, antérieure à la foi en celui qui justifie l’impie, comme fondement de leur pardon et de leur acceptation), ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu, et par conséquent ils recherchent la mort dans l’égarement de leur vie.2. Of these it was that he so affectionately speaks, in the beginning of this chapter. My heart’s desire and prayer to God for Israel is, that they may be saved. For I bear them record, that they have a zeal for God, but not according to knowledge. For they being ignorant of God’s righteousness (of the justification that flows from his mere grace and mercy, freely forgiving our sins through the Son of his love, through the redemption which is in Jesus) and seeking to establish their own righteousness, (their own holiness, antecedent to faith in him that justifieth the ungodly, as the ground of their pardon and acceptance) have not submitted themselves unto the righteousness of God, and consequently seek death in the error of their life.
3. Ils ignoraient que Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient ; que, par l’oblation de lui-même offerte une fois pour toutes, il avait mis fin à la première loi ou alliance (qui en vérité ne fut pas donnée par Dieu à Moïse, mais à Adam dans son état d’innocence), dont la stricte teneur, sans aucune réduction, était : « Fais cela, et tu vivras » ; et qu’en même temps il nous avait acquis cette alliance meilleure : « Crois, et tu vivras » ; crois, et tu seras sauvé ; sauvé dès maintenant à la fois de la culpabilité et de la puissance du péché, et par conséquent de son salaire.3. They were ignorant, that Christ is the end of the law for righteousness to every one that believeth, that by the oblation of himself once offered, he had put an end to the first law or covenant (which indeed was not given by God to Moses, but to Adam in his state of innocence) the strict tenor whereof, without any abatement was, “Do this and live:” And at the same time purchased for us that better covenant, “Believe and live;” believe and thou shalt be saved; now saved both from the guilt and power of sin, and, of consequence, from the wages of it.
4. Et combien en est-il qui l’ignorent également aujourd’hui, même parmi ceux qui portent le nom de Christ ! Combien qui ont maintenant du zèle pour Dieu, mais sans intelligence, et qui cherchent encore à établir leur propre justice comme fondement de leur pardon et de leur acceptation, et qui pour cela refusent avec véhémence de se soumettre à la justice de Dieu ! Assurément, le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour vous, frères, c’est que vous soyez sauvés. Et afin d’ôter de votre chemin cette grande pierre d’achoppement, je m’efforcerai de montrer, premièrement, ce qu’est la justice qui vient de la loi et ce qu’est la justice qui vient de la foi ; secondement, la folie de se confier dans la justice de la loi et la sagesse de se soumettre à celle qui vient de la foi.4. And how many are equally ignorant now, even among those who are called by the name of Christ? How many who have now a zeal for God, yet have it not according to knowledge: but are still seeking to establish their own righteousness, as the ground of their pardon and acceptance; and therefore vehemently refuse, to submit themselves unto the righteousness of God? Surely my heart’s desire, and prayer to God for you, brethren, is, that ye may be saved. And in order to remove this grand stumbling-block out of your way, I will endeavour to shew, first, What the righteousness is, which is of the law, and what the righteousness which is of faith; Secondly, The folly of trusting in the righteousness of the law, and the wisdom of submitting to that which is of faith.
I. 1. Et d’abord, la justice qui vient de la loi dit : L’homme qui mettra ces choses en pratique vivra par elles. Observe constamment et parfaitement toutes ces choses pour les pratiquer, et alors tu vivras éternellement. Cette loi ou alliance (appelée d’ordinaire l’alliance des œuvres), donnée par Dieu à l’homme dans le paradis, exigeait une obéissance parfaite dans toutes ses parties, entière et sans aucun manque, comme condition de son maintien éternel dans la sainteté et le bonheur où il avait été créé.I. 1. And, first, The righteousness which is of the law, saith, the man which doth these things, shall live by them. Constantly and perfectly observe all these things to do them, and then thou shalt live for ever. This law or covenant (usually called, the covenant of works) given by God to man in paradise, required an obedience, perfect in all its parts, entire and wanting nothing, as the condition of his eternal continuance, in the holiness and happiness wherein he was created.
2. Elle exigeait que l’homme accomplît toute justice, intérieure et extérieure, négative et positive : qu’il ne se contentât pas de s’abstenir de toute parole vaine et d’éviter toute mauvaise œuvre, mais qu’il tînt toute affection, tout désir, toute pensée dans l’obéissance à la volonté de Dieu. Qu’il demeurât saint, comme celui qui l’avait créé était saint, à la fois dans son cœur et dans toute sa conduite ; qu’il fût pur de cœur, comme Dieu est pur ; parfait, comme son Père céleste était parfait ; qu’il aimât le Seigneur son Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa pensée et de toute sa force ; qu’il aimât toute âme que Dieu avait faite, comme Dieu l’avait aimé lui-même ; que, par cette bienveillance universelle, il demeurât en Dieu (qui est amour) et Dieu en lui ; qu’il servît le Seigneur son Dieu de toute sa force, et qu’en toutes choses il visât uniquement à sa gloire.2. It required, that man should fulfil all righteousness, inward and outward, negative and positive: that he should not only abstain from every idle word, and avoid every evil work, but should keep every affection, every desire, every thought in obedience to the will of God. That he should continue holy, as he which had created him was holy, both in heart and in all manner of conversation: that he should be pure in heart, even as God is pure; perfect as his Father in heaven was perfect: that he should love the Lord his God with all his heart, with all his soul, with all his mind, and with all his strength: that he should love every soul which God had made, even as God had loved him: that by this universal benevolence, he should dwell in God (who is love) and God in him: that he should serve the Lord his God with all his strength, and in all things singly aim at his glory.
3. Telles étaient les choses qu’exigeait la justice de la loi, afin que celui qui les pratiquait vécût par elles. Mais elle exigeait en outre que cette obéissance entière à Dieu, cette sainteté intérieure et extérieure, cette conformité du cœur et de la vie à sa volonté, fût parfaite en degré. Aucune réduction, aucune concession ne pouvait être faite pour un manquement à quelque degré que ce fût, quant à un seul iota ou un seul trait de lettre, soit de la loi extérieure, soit de la loi intérieure. Si tout commandement relatif aux choses extérieures était observé, cela ne suffisait pourtant pas, à moins que chacun ne fût observé de toute sa force, dans la plus haute mesure et de la manière la plus parfaite. Et il ne répondait pas non plus à l’exigence de cette alliance d’aimer Dieu de toute puissance et de toute faculté, à moins qu’il ne fût aimé de la pleine capacité de chacune, de toute la possibilité de l’âme.3. These were the things which the righteousness of the law required, that he who did them might live thereby. But it farther required, that this entire obedience to God, this inward and outward holiness, this conformity both of heart and life to his will, should be perfect in degree. No abatement, no allowance could possibly be made, for falling short in any degree, as to any jot or tittle, either of the outward or the inward law. If every commandment relating to outward things was obeyed, yet that was not sufficient, unless every one was obeyed with all the strength, in the highest measure, and most perfect manner. Nor did it answer the demand of this covenant, to love God with every power and faculty, unless he were loved with the full capacity of each, with the whole possibility of the soul.
4. Une chose encore était indispensablement exigée par la justice de la loi, à savoir que cette obéissance universelle, cette sainteté parfaite du cœur et de la vie, fût aussi parfaitement ininterrompue, qu’elle continuât sans aucune interruption depuis le moment où Dieu créa l’homme et souffla dans ses narines un souffle de vie, jusqu’à ce que les jours de son épreuve fussent achevés et qu’il fût confirmé dans la vie éternelle.4. One thing more was indispensably required by the righteousness of the law, namely, that this universal obedience, this perfect holiness both of heart and life, should be perfectly uninterrupted also, should continue without any intermission, from the moment wherein God created man, and breathed into his nostrils the breath of life, until the days of his trial should be ended, and he should be confirmed in life everlasting.
5. La justice qui vient de la loi parle donc ainsi : « Toi, homme de Dieu, demeure ferme dans l’amour, dans l’image de Dieu dans laquelle tu as été fait. Si tu veux demeurer dans la vie, garde les commandements, qui sont maintenant écrits dans ton cœur. Aime le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur. Aime comme toi-même toute âme qu’il a faite. Ne désire rien que Dieu. Vise à Dieu dans chaque pensée, dans chaque parole et dans chaque œuvre. Ne t’écarte pas d’un seul mouvement du corps ou de l’âme de lui, ton but et le prix de ta vocation céleste. Et que tout ce qui est en toi loue son saint nom, toute puissance et toute faculté de ton âme, en tout genre, à tout degré et à tout moment de ton existence. Fais cela, et tu vivras : ta lumière brillera, ton amour s’enflammera de plus en plus, jusqu’à ce que tu sois reçu en haut dans la maison de Dieu dans les cieux, pour régner avec lui aux siècles des siècles. »5. The righteousness then which is of the law, speaketh on this wise. “Thou, O man of God, stand fast in love, in the image of God wherein thou art made. If thou wilt remain in life, keep the commandments, which are now written in thy heart. Love the Lord thy God with all thy heart. Love as thyself every soul that he hath made. Desire nothing but God. Aim at God in every thought, in every word and work. Swerve not in one motion of body or soul, from him thy mark and the prize of thy high calling. And let all that is in thee praise his holy name, every power and faculty of thy soul, in every kind, in every degree, and at every moment of thine existence. This do, and thou shalt live: thy light shall shine, thy love shall flame more and more, till thou art received up into the house of God in the heavens, to reign with him for ever and ever.”
6. Mais voici comment parle la justice qui vient de la foi : Ne dis pas en ton cœur : Qui montera au ciel ? c’est en faire descendre Christ (comme si c’était quelque tâche impossible que Dieu exigeât de toi auparavant pour t’agréer) ; ou : Qui descendra dans l’abîme ? c’est faire remonter Christ d’entre les morts (comme si cela restait encore à faire, et que ce fût pour cela que tu dusses être agréé). Que dit-elle donc ? La parole (selon la teneur de laquelle tu peux maintenant être agréé comme héritier de la vie éternelle) est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Or, c’est la parole de la foi, que nous prêchons : la nouvelle alliance que Dieu a maintenant établie avec l’homme pécheur par Jésus-Christ.6. But the righteousness which is of faith speaketh on this wise: say not in thine heart, who shall ascend into heaven, that is, to bring down Christ from above (as tho’ it were some impossible task, which God required thee previously to perform, in order to thine acceptance:) or, who shall descend into the deep, that is, to bring up Christ from the dead; (as tho’ that were still remaining to be done, for the sake of which thou wert to be accepted.) But what saith it? The word (according to the tenor of which, thou mayst now be accepted as an heir of life eternal) is nigh thee, even in thy mouth and in thy heart, that is, the word of faith, which we preach: the new covenant which God hath now established with sinful man, through Christ Jesus.
7. Par la justice qui vient de la foi, il faut entendre cette condition de la justification (et, par conséquent, du salut présent et final, si nous y persévérons jusqu’à la fin) qui fut donnée par Dieu à l’homme déchu par les mérites et la médiation de son Fils unique. Elle fut en partie révélée à Adam peu après sa chute, étant contenue dans la promesse originelle faite à lui et à sa postérité au sujet de la postérité de la femme, qui écraserait la tête du serpent [Genèse 3.15]. Elle fut révélée un peu plus clairement à Abraham par l’ange de Dieu, du haut du ciel, disant : Je le jure par moi-même, parole de l’Éternel ! toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité [Genèse 22.15, 18]. Elle fut encore plus pleinement manifestée à Moïse, à David et aux prophètes qui suivirent, et par eux à beaucoup du peuple de Dieu, dans leurs générations respectives. Mais la plupart même de ceux-là l’ignoraient encore, et très peu la comprenaient clairement. Encore la vie et l’immortalité n’avaient-elles pas été mises en évidence pour les Juifs d’autrefois comme elles le sont maintenant pour nous par l’Évangile.7. By the righteousness which is of faith, is meant, that condition of justification (and in consequence of present and final salvation, if we endure therein unto the end) which was given by God to fallen man, through the merits and mediation of his only begotten Son. This was in part revealed to Adam soon after his fall, being contained in the original promise, made to him and his seed, concerning the seed of the woman, who should bruise the serpent’s head. [Gen. iii. 15.] It was a little more clearly revealed to Abraham, by the angel of God from heaven, saying, By myself have I sworn, saith the Lord, that in thy seed shall all the nations of the earth be blessed. [Gen. xxii. 15, 18.] It was yet more fully made known to Moses, to David, and to the prophets that followed: and through them, to many of the people of God, in their respective generations. But still the bulk even of these were ignorant of it; and very few understood it clearly. Still life and immortality were not so brought to light to the Jews of old, as they are now unto us by the gospel.
8. Or cette alliance ne dit pas à l’homme pécheur : « Rends une obéissance sans péché, et vis. » Si telle était la condition, il ne tirerait pas plus de profit de tout ce que Christ a fait et souffert pour lui que s’il lui était demandé, pour avoir la vie, de monter au ciel et d’en faire descendre Christ, ou de descendre dans l’abîme, dans le monde invisible, et de faire remonter Christ d’entre les morts. Elle n’exige pas qu’on fasse aucune chose impossible (quoique, pour l’homme réduit à lui-même, ce qu’elle exige serait impossible, mais non pour l’homme assisté par l’Esprit de Dieu) ; ce serait seulement se moquer de la faiblesse humaine. En vérité, à proprement parler, l’alliance de grâce ne nous demande de faire absolument rien comme absolument et indispensablement nécessaire à notre justification, mais seulement de croire en celui qui, pour l’amour de son Fils et de la propitiation qu’il a faite, justifie l’impie qui ne fait point d’œuvre, et lui impute sa foi à justice. Ainsi Abraham crut à l’Éternel, qui le lui imputa à justice [Genèse 15.6]. Et il reçut le signe de la circoncision, comme sceau de la justice qu’il avait obtenue par la foi—afin d’être le père de tous ceux qui croient—pour que la justice leur fût aussi imputée [Romains 4.11]. Mais ce n’est pas à cause de lui seul qu’il est écrit que cela (c’est-à-dire la foi) lui fut imputé ; c’est encore à cause de nous, à qui cela sera imputé (à qui la foi sera imputée à justice, tiendra lieu d’obéissance parfaite pour notre acceptation auprès de Dieu), à nous qui croyons en celui qui a ressuscité des morts Jésus notre Seigneur, lequel a été livré à la mort pour nos offenses, et est ressuscité pour notre justification [Versets 23, 24, 25] : « Pour l’assurance de la rémission de nos péchés, et d’une seconde vie à venir pour ceux qui croient. »8. Now this covenant saith not to sinful man “Perform unsinning obedience and live.” If this were the term, he would have no more benefit by all which Christ hath done and suffered for him, than if he was required, in order to life, to ascend into heaven and bring down Christ from above: or to descend into the deep, into the invisible world, and bring up Christ from the dead. It doth not require any impossibility to be done; (altho’ to mere man, what it requires would be impossible; but not, to man assisted by the Spirit of God:) this were only, to mock human weakness. Indeed, strictly speaking, the covenant of grace doth not require us, to do any thing at all, as absolutely and indispensably necessary in order to our justification: but only, to believe in him, who, for the sake of his Son, and the propitiation which he hath made, justifieth the ungodly that worketh not, and imputes his faith to him for righteousness. Even so Abraham believed in the Lord, and he counted it to him for righteousness. [Gen. xv. 6.] And he received the sign of circumcision, a seal of the righteousness of faith—that he might be the father of all them that believe—that righteousness might be imputed unto them also. [Rom. iv. 11.] Now it was not written for his sake alone, that it (i. e. faith) was imputed to him. But for us also, to whom it shall be imputed (to whom faith shall be imputed for righteousness, shall stand in the stead of perfect obedience, in order to our acceptance with God) if we believe on him who raised up Jesus our Lord from the dead: who was delivered to death for our offences, and was raised again for our justification: [Ver. 23, 24, 25.] “For the assurance of the remission of our sins, and of a second life to come to them that believe.”
9. Que dit donc l’alliance du pardon, de l’amour immérité, de la miséricorde qui pardonne ? Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé. Le jour où tu croiras, tu vivras certainement. Tu seras rétabli dans la faveur de Dieu ; et sa grâce donne la vie. Tu seras sauvé de la malédiction et de la colère de Dieu. Tu seras vivifié, passant de la mort du péché à la vie de la justice. Et si tu persévères jusqu’à la fin, croyant en Jésus, tu ne goûteras jamais la seconde mort, mais, ayant souffert avec ton Seigneur, tu vivras aussi et tu régneras avec lui aux siècles des siècles.9. What saith then the covenant of forgiveness, of unmerited love, of pardoning mercy? Believe in the Lord Jesus Christ, and thou shalt be saved. In the day thou believest, thou shalt surely live. Thou shalt be restored to the favour of God; and in his pleasure is life. Thou shalt be saved from the curse and from the wrath of God. Thou shalt be quickened from the death of sin, into the life of righteousness. And if thou endure to the end, believing in Jesus, thou shalt never taste the second death, but having suffered with thy Lord, shalt also live and reign with him for ever and ever.
10. Or cette parole est près de toi. Cette condition de vie est simple, facile, toujours à portée de main. Elle est dans ta bouche et dans ton cœur, par l’opération de l’Esprit de Dieu. Au moment où tu crois dans ton cœur en celui que Dieu a ressuscité des morts, et où tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus comme ton Seigneur et ton Dieu, tu seras sauvé de la condamnation, de la culpabilité et du châtiment de tes péchés passés, et tu auras le pouvoir de servir Dieu dans une vraie sainteté pendant tous les jours qui te restent à vivre.10. Now this word is nigh thee. This condition of life, is plain, easy, always at hand. It is in thy mouth and in thy heart, through the operation of the Spirit of God. The moment thou believest in thine heart in him, whom God hath raised from the dead, and confesseth with thy mouth the Lord Jesus, as thy Lord and thy God, thou shalt be saved from condemnation, from the guilt and punishment of thy former sins, and shalt have power to serve God in true holiness, all the remaining days of thy life.
11. * Quelle est donc la différence entre la justice qui vient de la loi et la justice qui vient de la foi ? Entre la première alliance, ou alliance des œuvres, et la seconde, l’alliance de grâce ? La différence essentielle et immuable est celle-ci : l’une suppose que celui à qui elle est donnée est déjà saint et heureux, créé à l’image de Dieu et jouissant de sa faveur, et prescrit la condition à laquelle il peut y demeurer, dans l’amour et la joie, la vie et l’immortalité. L’autre suppose que celui à qui elle est donnée est maintenant impie et malheureux, privé de la glorieuse image de Dieu, ayant sur lui la colère de Dieu, et se hâtant, par le péché qui fait mourir son âme, vers la mort corporelle et la mort éternelle. Et à l’homme dans cet état elle prescrit la condition à laquelle il peut retrouver la perle qu’il a perdue : recouvrer la faveur et l’image de Dieu, retrouver la vie de Dieu dans son âme, et être rétabli dans la connaissance et l’amour de Dieu, qui est le commencement de la vie éternelle.11. * What is the difference then between the righteousness which is of the law, and the righteousness which is of faith? Between the first covenant, or the covenant of works, and the second, the covenant of grace? The essential, unchangeable difference is this: the one supposes him to whom it is given, to be already holy and happy, created in the image and enjoying the favour of God; and prescribes the condition whereon he may continue therein, in love and joy, life and immortality. The other supposes him to whom it is given, to be now unholy and unhappy; fallen short of the glorious image of God, having the wrath of God abiding on him, and hastening through sin, whereby his soul is dead, to bodily death, and death everlasting. And to man in this state, it prescribes the condition, whereon he may regain the pearl he has lost: may recover the favour, and the image of God, may retrieve the life of God in his soul, and be restored to the knowledge and the love of God, which is the beginning of life eternal.
12. De plus, l’alliance des œuvres, pour le maintien de l’homme dans la faveur de Dieu, dans sa connaissance et son amour, dans la sainteté et le bonheur, exigeait de l’homme parfait une obéissance parfaite et ininterrompue à tous les points de la loi de Dieu. Tandis que l’alliance de grâce, pour que l’homme recouvre la faveur et la vie de Dieu, ne requiert que la foi : une foi vivante en celui qui, par Dieu, justifie celui qui n’a pas obéi.12. Again, the covenant of works, in order to man’s continuance in the favour of God, in his knowledge and love, in holiness and happiness, required of perfect man, a perfect and uninterrupted obedience, to every point of the law of God. Whereas the covenant of grace, in order to man’s recovery, of the favour and life of God, requires only faith; living faith in him, who through God justifies him that obeyed not.
13. * Encore une fois : l’alliance des œuvres exigeait d’Adam et de tous ses enfants qu’ils payent eux-mêmes le prix, en considération duquel ils devaient recevoir toutes les bénédictions futures de Dieu. Mais dans l’alliance de grâce, voyant que nous n’avons rien pour payer, Dieu nous remet librement tout, pourvu seulement que nous croyions en celui qui a payé le prix pour nous, qui s’est donné lui-même comme victime expiatoire pour nos péchés, et pour ceux du monde entier.13. * Yet again: the covenant of works required of Adam and all his children, to pay the price themselves, in consideration of which, they were to receive all the future blessings of God. But in the covenant of grace, seeing we have nothing to pay, God frankly forgives us all: provided only, that we believe in him, who hath paid the price for us; who hath given himself a propitiation for our sins, for the sins of the whole world.
14. Ainsi la première alliance exigeait ce qui est maintenant loin de tous les enfants des hommes, à savoir une obéissance sans péché, qui est loin de ceux qui sont conçus et nés dans le péché. Tandis que la seconde exige ce qui est tout proche, comme si elle disait : Tu es péché ; Dieu est amour. Par le péché tu es privé de la gloire de Dieu ; mais il y a miséricorde auprès de lui. Apporte donc tous tes péchés au Dieu qui pardonne, et ils s’évanouiront comme une nuée. Si tu n’étais pas impie, il n’y aurait pas lieu pour lui de te justifier comme impie. Mais maintenant approche-toi avec une pleine certitude de foi. Il parle, et la chose arrive. Ne crains point, crois seulement ; car le Dieu juste lui-même justifie tous ceux qui croient en Jésus.14. Thus the first covenant required what is now afar off from all the children of men; namely, unsinning obedience, which is far from those who are conceived and born in sin. Whereas the second requires what is nigh at hand; as tho’ it should say, Thou art sin: God is love. Thou by sin art fallen short of the glory of God; yet there is mercy with him. Bring then all thy sins to the pardoning God, and they shall vanish away as a cloud. If thou wert not ungodly, there would be no room for him to justify thee as ungodly. But now draw near, in full assurance of faith. He speaketh, and it is done. Fear not, only believe; for even the just God justifieth all that believe in Jesus.
II. 1. Ces choses considérées, il sera facile de montrer, comme je me proposais de le faire en second lieu, la folie de se confier dans la justice qui vient de la loi, et la sagesse de se soumettre à la justice qui vient de la foi.II. 1. These things considered, it will be easy to shew, as I proposed to do in the second place, the folly of trusting in the righteousness which is of the law, and the wisdom of submitting to the righteousness which is of faith.
La folie de ceux qui se confient encore dans la justice qui vient de la loi, dont les termes sont : Fais cela, et tu vivras, peut amplement ressortir de ce qui précède. Ils partent mal. Leur tout premier pas est une erreur fondamentale. Car avant de pouvoir songer à réclamer aucune bénédiction aux termes de cette alliance, il leur faut se supposer dans l’état de celui avec qui cette alliance fut faite. Mais combien vaine est cette supposition, puisqu’elle fut faite avec Adam dans l’état d’innocence ! Combien faible doit donc être tout l’édifice qui repose sur un tel fondement ! Et combien insensés sont ceux qui bâtissent ainsi sur le sable ! Ils semblent n’avoir jamais considéré que l’alliance des œuvres ne fut pas donnée à l’homme lorsqu’il était mort par ses offenses et par ses péchés, mais lorsqu’il était vivant pour Dieu, qu’il ne connaissait pas le péché, mais était saint comme Dieu est saint ; ils oublient qu’elle ne fut jamais destinée au recouvrement de la faveur et de la vie de Dieu une fois perdues, mais seulement à leur maintien et à leur accroissement, jusqu’à ce qu’elles fussent rendues complètes dans la vie éternelle.The folly of those who still trust, in the righteousness which is of the law, the terms of which are, Do this and live, may abundantly appear from thence. They set out wrong. Their very first step is a fundamental mistake. For before they can ever think of claiming any blessing on the terms of this covenant, they must suppose themselves to be in his state, with whom this covenant was made. But how vain a supposition is this? Since it was made with Adam in a state of innocence. How weak therefore must that whole building be, which stands on such a foundation? And how foolish are they who thus build on the sand? Who seem never to have considered, that the covenant of works was not given to man, when he was dead in trespasses and sins, but when he was alive to God, when he knew no sin, but was holy as God is holy: who forget, that it was never design’d for the recovery of the favour and life of God once lost, but only for the continuance and increase thereof, till it should be compleat in life everlasting.
2. Ceux qui cherchent ainsi à établir leur propre justice, celle qui vient de la loi, ne considèrent pas non plus quelle sorte d’obéissance ou de justice la loi exige indispensablement. Elle doit être parfaite et entière en tout point, sinon elle ne répond pas à l’exigence de la loi. Mais lequel d’entre vous est capable de rendre une telle obéissance, et par conséquent de vivre par elle ? Qui parmi vous accomplit chaque iota et chaque trait de lettre, même des commandements extérieurs de Dieu ? Ne faisant rien, de grand ou de petit, que Dieu défend ? Ne laissant rien de ce qu’il ordonne ? Ne prononçant aucune parole vaine ? Votre conversation étant toujours propre à communiquer une grâce à ceux qui l’entendent ? Et, soit que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faisant tout pour la gloire de Dieu ? Et combien moins êtes-vous capables d’accomplir tous les commandements intérieurs de Dieu, ceux qui exigent que chaque disposition et chaque mouvement de votre âme soient sainteté à l’Éternel ? Êtes-vous capables d’aimer Dieu de tout votre cœur ? D’aimer tout le genre humain comme votre propre âme ? De prier sans cesse ? De rendre grâces en toutes choses ? D’avoir toujours Dieu devant vous ? Et de tenir toute affection, tout désir et toute pensée dans l’obéissance à sa loi ?2. Neither do they consider, who are thus seeking to establish their own righteousness which is of the law, what manner of obedience or righteousness that is, which the law indispensably requires. It must be perfect and entire, in every point, or it answers not the demand of the law. But which of you is able to perform such obedience? Or, consequently, to live thereby? Who among you fulfils every jot and tittle even of the outward commandments of God? Doing nothing, great or small, which God forbids? Leaving nothing undone which he enjoins? Speaking no idle word? Having your conversation always meet to minister grace to the hearers? And whether you eat or drink, or whatever you do, doing all to the glory of God? And how much less are you able to fulfil all the inward commandments of God? Those which require, that every temper and motion of your soul should be holiness unto the Lord? Are you able, To love God with all your heart? To love all mankind as your own soul? To pray without ceasing? In every thing to give thanks? To have God always before you? And to keep every affection, desire and thought, in obedience to his law?
3. Vous devriez considérer en outre que la justice de la loi exige non seulement l’obéissance à tout commandement de Dieu, négatif et positif, intérieur et extérieur, mais encore au degré parfait. En toute occasion, quelle qu’elle soit, la voix de la loi est : Tu serviras le Seigneur ton Dieu de toute ta force. Elle n’admet aucune réduction d’aucune sorte. Elle n’excuse aucun défaut. Elle condamne tout manquement à la pleine mesure de l’obéissance, et prononce aussitôt une malédiction contre le transgresseur. Elle ne regarde qu’aux règles invariables de la justice, et dit : « Je ne sais pas faire miséricorde. »3. You should farther consider, that the righteousness of the law requires, not only the obeying every command of God, negative and positive, internal and external, but likewise in the perfect degree. In every instance whatever, the voice of the law is, Thou shalt serve the Lord thy God with all thy strength. It allows no abatement of any kind. It excuses no defect. It condemns every coming short of the full measure of obedience, and immediately pronounces a curse on the offender. It regards only the invariable rules of justice, and saith, “I know not to shew mercy.”
4. Qui donc peut paraître devant un tel juge, qui garde le souvenir des iniquités avec la dernière rigueur ? Combien faibles sont ceux qui désirent être jugés à ce tribunal où nul vivant ne peut être justifié ! Aucun des descendants d’Adam. Car supposons que nous gardions maintenant tous les commandements de toute notre force : une seule transgression qui ait jamais eu lieu détruit entièrement tout notre droit à la vie. Si nous avons jamais péché sur un seul point, cette justice est finie. Car la loi condamne tous ceux qui ne rendent pas une obéissance ininterrompue aussi bien que parfaite. De sorte que, selon sa sentence, pour celui qui a péché une fois, à quelque degré que ce soit, il ne reste qu’une attente terrible du jugement et l’ardeur d’un feu qui dévorera les rebelles à Dieu.4. Who then can appear before such a judge, who is extreme to mark what is done amiss? How weak are they who desire to be tried at the bar, where no flesh living can be justified? None of the offspring of Adam. For suppose we did now keep every commandment with all our strength: yet one single breach which ever was, utterly destroys our whole claim to life. If we have ever offended, in any one point, this righteousness is at an end. For the law condemns all who do not perform uninterrupted as well as perfect obedience. So that according to the sentence of this, for him who hath once sinned, in any degree, there remaineth only a fearful looking for of fiery indignation, which shall devour the adversaries of God.
5. N’est-ce donc pas la folie des folies, pour l’homme déchu, de chercher la vie par cette justice ? Pour l’homme, qui est né dans l’iniquité, et que sa mère a conçu dans le péché ; l’homme, qui est par nature tout terrestre, charnel, diabolique, entièrement corrompu et abominable ; en qui, jusqu’à ce qu’il trouve grâce, n’habite aucun bien ; bien plus, qui ne peut de lui-même avoir une seule bonne pensée ! Qui est en vérité tout péché, une pure masse d’impiété, et qui commet le péché à chaque souffle qu’il respire ; dont les transgressions effectives, en paroles et en actions, sont plus nombreuses que les cheveux de sa tête ! Quelle stupidité, quelle déraison ce doit être, pour un ver aussi impur, coupable et impuissant que celui-là, de songer à chercher son acceptation par sa propre justice, à vivre par la justice qui vient de la loi !5. Is it not then the very foolishness of folly, for fallen man to seek life by this righteousness? For man, who was shapen in wickedness, and in sin did his mother conceive him: man, who is by nature all earthly, sensual, devilish, altogether corrupt and abominable: in whom till he find grace, dwelleth no good thing; nay, who cannot of himself think one good thought? Who is indeed all sin, a mere lump of ungodliness, and who commits sin in every breath he draws; whose actual transgressions, in word and deed, are more in number than the hairs of his head! What stupidity, what senselesness must it be for such an unclean, guilty, helpless worm as this, to dream of seeking acceptance by his own righteousness, of living by the righteousness which is of the law?
6. Or toutes les considérations qui prouvent la folie de se confier dans la justice qui vient de la loi prouvent également la sagesse de se soumettre à la justice qui vient de Dieu par la foi. Il serait facile de le montrer à l’égard de chacune des considérations précédentes. Mais, pour laisser cela de côté, la sagesse du premier pas dans ce sens, le renoncement à notre propre justice, apparaît clairement en ce que c’est agir selon la vérité, selon la nature réelle des choses. Car qu’est-ce d’autre que reconnaître de cœur aussi bien que des lèvres l’état véritable où nous sommes ? Reconnaître que nous apportons avec nous dans le monde une nature corrompue et pécheresse, plus corrompue, en vérité, que nous ne pouvons aisément le concevoir ou trouver des mots pour l’exprimer ? Que par elle nous sommes enclins à tout ce qui est mal et rebelles à tout ce qui est bien ; que nous sommes pleins d’orgueil, de volonté propre, de passions désordonnées, de désirs insensés, d’affections viles et déréglées ; amis du monde, amis du plaisir plus que de Dieu ? Que nos vies n’ont pas été meilleures que nos cœurs, mais impies et profanes de bien des manières ; tellement que nos péchés effectifs, en paroles et en actions, ont été aussi nombreux que les étoiles du ciel ? Qu’à tous ces égards nous déplaisons à celui qui a les yeux trop purs pour voir le mal, et que nous ne méritons de lui que l’indignation, la colère et la mort, juste salaire du péché ? Que nous ne pouvons, par aucune de nos justices (car en vérité nous n’en avons aucune), ni par aucune de nos œuvres (car elles sont comme l’arbre d’où elles sortent), apaiser la colère de Dieu ou détourner le châtiment que nous avons justement mérité ? Oui, que, laissés à nous-mêmes, nous ne ferons qu’empirer, nous enfoncer de plus en plus dans le péché, offenser Dieu de plus en plus, tant par nos mauvaises œuvres que par les mauvaises dispositions de notre esprit charnel, jusqu’à ce que nous comblions la mesure de nos iniquités et attirions sur nous une prompte ruine ? Et n’est-ce pas là l’état même où nous sommes par nature ? Reconnaître cela, donc, de cœur et des lèvres, c’est-à-dire renoncer à notre propre justice, à la justice qui vient de la loi, c’est agir selon la nature réelle des choses, et par conséquent c’est une preuve de vraie sagesse.6. Now whatsoever considerations prove the folly of trusting in the righteousness which is of the law, prove equally the wisdom of submitting to the righteousness which is of God by faith. This were easy to be shewn with regard to each of the preceding considerations. But to wave this, the wisdom of the first step hereto, the disclaiming our own righteousness, plainly appears from hence, that it is acting according to truth, to the real nature of things. For what is it more, than to acknowledge with our heart as well as lips, the true state wherein we are? To acknowledge, that we bring with us into the world, a corrupt, sinful nature; more corrupt indeed than we can easily conceive, or find words to express? That hereby we are prone to all that is evil, and averse from all that is good; that we are full of pride, self-will, unruly passions, foolish desires; vile and inordinate affections; lovers of the world, lovers of pleasure more than lovers of God? That our lives have been no better than our hearts, but many ways ungodly and unholy; insomuch that our actual sins, both in word and deed, have been as the stars of heaven for multitude: that on all these accounts, we are displeasing to him, who is of purer eyes than to behold iniquity; and deserve nothing from him, but indignation and wrath and death, the due wages of sin? That we cannot by any of our righteousness, (for indeed, we have none at all) nor by any of our works (for they are as the tree from which they grow) appease the wrath of God, or avert the punishment we have justly deserved? Yea, that, if left to ourselves, we shall only wax worse and worse, sink deeper and deeper into sin, offend God more and more, both with our evil works and with the evil tempers of our carnal mind, till we fill up the measure of our iniquities, and bring upon ourselves swift destruction? And is not this the very state wherein by nature we are? To acknowledge this then, both with our heart and lips, that is, to disclaim our own righteousness, the righteousness which is of the law, is to act according to the real nature of things, and consequently is an instance of true wisdom.
7. La sagesse de se soumettre à la justice de la foi ressort encore de cette considération : c’est la justice de Dieu. J’entends ici que c’est cette méthode de réconciliation avec Dieu qui a été choisie et établie par Dieu lui-même, non seulement en tant qu’il est le Dieu de sagesse, mais en tant qu’il est le Seigneur souverain du ciel et de la terre, et de toute créature qu’il a faite. Or, comme il ne convient pas à l’homme de dire à Dieu : Que fais-tu ? comme personne, à moins d’être entièrement dépourvu d’intelligence, ne contestera avec plus puissant que lui, avec celui dont le règne domine sur toutes choses, de même c’est une vraie sagesse, c’est la marque d’une saine intelligence, que d’acquiescer à tout ce qu’il a choisi, et de dire en cela, comme en toutes choses : « C’est l’Éternel ; qu’il fasse ce qui lui semblera bon. »7. The wisdom of submitting to the righteousness of faith, appears farther from this consideration, that it is the righteousness of God: I mean here, it is that method of reconciliation with God, which hath been chose and established by God himself, not only as he is the God of wisdom, but as he is the sovereign Lord of heaven and earth, and of every creature which he hath made. Now, as it is not meet for man to say unto God, What dost thou? As none who is not utterly void of understanding, will contend with one that is mightier than he, with him whose kingdom ruleth over all; so it is true wisdom, it is a mark of sound understanding, to acquiesce in whatever he hath chosen, to say in this, as in all things, “It is the Lord; let him do what seemeth him good.”
8. On peut considérer en outre que ce fut par pure grâce, par libre amour, par miséricorde imméritée, que Dieu a daigné accorder à l’homme pécheur un moyen quelconque de réconciliation avec lui-même, que nous n’avons pas été retranchés de sa main et entièrement effacés de son souvenir. C’est pourquoi, quelle que soit la méthode qu’il lui plaît d’établir, par sa tendre miséricorde, par sa bonté imméritée, pour que ses ennemis, qui se sont si profondément révoltés contre lui, qui se sont si longtemps et si obstinément rebellés contre lui, puissent encore trouver grâce à ses yeux, c’est sans aucun doute notre sagesse de l’accepter avec toute reconnaissance.8. It may be farther considered, that it was of mere grace, of free love, of undeserved mercy, that God hath vouchsafed to sinful man, any way of reconciliation with himself, that we were not cut away from his hand, and utterly blotted out of his remembrance. Therefore whatever method he is pleased to appoint, of his tender mercy, of his unmerited goodness, whereby his enemies, who have so deeply revolted from him, so long and obstinately rebelled against him, may still find favour in his sight, it is doubtless our wisdom to accept with all thankfulness.
9. Pour ne mentionner plus qu’une considération : c’est sagesse de viser à la meilleure fin par les meilleurs moyens. Or la meilleure fin qu’une créature puisse poursuivre, c’est le bonheur en Dieu. Et la meilleure fin qu’une créature déchue puisse poursuivre, c’est le recouvrement de la faveur et de l’image de Dieu. Mais le meilleur, en vérité le seul moyen donné aux hommes sous le ciel par lequel l’homme puisse recouvrer la faveur de Dieu, qui vaut mieux que la vie elle-même, ou l’image de Dieu, qui est la vraie vie de l’âme, c’est de se soumettre à la justice qui vient de la foi, de croire au Fils unique de Dieu.9. To mention but one consideration more. It is wisdom to aim at the best end by the best means. Now the best end which any creature can pursue, is happiness in God. And the best end a fallen creature can pursue is, the recovery of the favour and image of God. But the best, indeed the only means under heaven given to man, whereby he may regain the favour of God, which is better than life itself, or the image of God, which is the true life of the soul, is the submitting to the righteousness which is of faith, the believing in the only-begotten Son of God.
III. 1. Qui que tu sois donc, toi qui désires être pardonné et réconcilié avec la faveur de Dieu, ne dis pas en ton cœur : « Il faut d’abord que je fasse ceci ; il faut d’abord que je triomphe de tout péché, que je renonce à toute mauvaise parole et à toute mauvaise œuvre, et que je fasse tout le bien possible à tous les hommes ; ou bien il faut d’abord que j’aille à l’église, que je reçoive la Cène du Seigneur, que j’entende plus de sermons et que je dise plus de prières. » Hélas, mon frère, tu t’es entièrement égaré du chemin ; tu es encore ignorant de la justice de Dieu, et tu cherches à établir ta propre justice comme fondement de ta réconciliation. Ne sais-tu pas que tu ne peux rien faire que pécher jusqu’à ce que tu sois réconcilié avec Dieu ? Pourquoi donc dis-tu : Il faut que je fasse ceci et cela d’abord, et ensuite je croirai ? Non, mais crois d’abord. Crois au Seigneur Jésus-Christ, la propitiation pour tes péchés. Que ce bon fondement soit d’abord posé, et ensuite tu feras bien toutes choses.III. 1. Whosoever therefore thou art who desirest to be forgiven and reconciled to the favour of God; do not say in thy heart, “I must first do this; I must first conquer every sin; break off every evil word and work, and do all good to all men: or, I must first go to church, receive the Lord’s supper, hear more sermons, and say more prayers.” Alas, my brother, thou art clean gone out of the way, thou art still ignorant of the righteousness of God, and art seeking to establish thy own righteousness, as the ground of thy reconciliation. Knowest thou not, that thou canst do nothing but sin, ’till thou art reconciled to God? Wherefore then dost thou say, I must do this and this first, and then I shall believe. Nay, but first believe. Believe in the Lord Jesus Christ, the propitiation for thy sins. Let this good foundation first be laid, and then thou shalt do all things well.
Ne dis pas non plus en ton cœur : « Je ne puis pas encore être agréé, parce que je ne suis pas assez bon. » Qui est assez bon ? Qui le fut jamais, pour mériter d’être agréé de la main de Dieu ? Aucun enfant d’Adam fut-il jamais assez bon pour cela ? Ou quelqu’un le sera-t-il jusqu’à la consommation de toutes choses ? Et quant à toi, tu n’es pas bon du tout : il n’habite en toi aucun bien. Et tu ne le seras jamais jusqu’à ce que tu croies en Jésus. Bien plutôt, tu te trouveras de pire en pire. Mais est-il besoin d’être pire pour être agréé ? N’es-tu pas déjà assez mauvais ? En vérité tu l’es, et Dieu le sait. Et toi-même tu ne peux le nier. Alors ne tarde pas. Tout est maintenant prêt. Lève-toi, et lave tes péchés. La source est ouverte. C’est maintenant le temps de te laver et de te blanchir dans le sang de l’Agneau. Maintenant il te purifiera avec l’hysope, et tu seras pur ; il te lavera, et tu seras plus blanc que la neige.Neither say in thy heart, “I can’t be accepted yet, because I am not good enough.” Who is good enough? Who ever was? To merit acceptance at God’s hands? Was ever any child of Adam good enough for this? Or will any, till the consummation of all things? And as for thee, thou art not good at all: there dwelleth in thee no good thing. And thou never wilt be, till thou believe in Jesus. Rather thou wilt find thyself worse and worse. But is there any need of being worse, in order to be accepted? Art thou not bad enough already? Indeed thou art, and that God knoweth. And thou thyself canst not deny it. Then delay not. All things are now ready. Arise and wash away thy sins. The fountain is open. Now is the time, to wash thee white in the blood of the Lamb. Now he shall purge thee as with hyssop, and thou shalt be clean; he shall wash thee, and thou shalt be whiter than snow.
3. Ne dis pas : « Mais je ne suis pas assez contrit ; je ne sens pas assez mes péchés. » Je le sais. Plût à Dieu que tu les sentisses davantage, que tu fusses mille fois plus contrit que tu ne l’es ! Mais ne t’arrête pas pour cela. Il se peut que Dieu te rende tel, non avant que tu croies, mais en croyant. Il se peut que tu ne pleures pas beaucoup avant d’aimer beaucoup, parce qu’il t’aura été beaucoup pardonné. En attendant, regarde à Jésus. Vois comme il t’aime ! Qu’aurait-il pu faire de plus pour toi, qu’il n’ait fait ?3. Do not say, “But I am not contrite enough: I am not sensible enough of my sins.” I know it. I would to God, thou wert more sensible of them, more contrite a thousand fold than thou art. But do not stay for this. It may be God will make thee so, not before thou believest, but by believing. It may be, thou wilt not weep much, till thou lovest much, because thou hast had much forgiven. In the mean time, look unto Jesus. Behold how he loveth thee! What could he have done more for thee which he hath not done?
« Ô Agneau de Dieu, y eut-il jamais douleur, / y eut-il jamais amour comme le tien ! »“O Lamb of God, was ever pain, / Was ever love like thine!”
Regarde-le fixement jusqu’à ce qu’il te regarde et brise ton cœur endurci. Alors ta tête sera pleine d’eau, et tes yeux une source de larmes.Look steddily upon him, till he looks on thee, and breaks thy hard heart. Then shall thy head be waters, and thy eyes fountains of tears.
4. Ne dis pas non plus : « Il faut que je fasse encore quelque chose avant de venir à Christ. » J’accorde que, supposé que ton Seigneur tarde à venir, il serait juste et convenable d’attendre son apparition en faisant, autant qu’il est en ton pouvoir, tout ce qu’il t’a commandé. Mais il n’est nul besoin de faire une telle supposition. Comment sais-tu qu’il tardera ? Peut-être paraîtra-t-il, comme le soleil levant d’en haut, avant la lumière du matin. Oh ! ne lui fixe pas de temps. Attends-le à toute heure. Maintenant il est proche ! Il est même à la porte !4. Nor yet do thou say, “I must do something more, before I come to Christ.” I grant, supposing thy Lord should delay his coming, it were meet and right to wait for his appearing, in doing, so far as thou hast power, whatsoever he hath commanded thee. But there is no necessity for making such a supposition. How knowest thou that he will delay? Perhaps he will appear, as the day-spring from on high, before the morning-light. O do not set him a time. Expect him every hour. Now, he is nigh! Even at the door!
5. Et dans quel but voudrais-tu attendre plus de sincérité avant que tes péchés soient effacés ? Pour te rendre plus digne de la grâce de Dieu ? Hélas ! tu es encore en train d’établir ta propre justice. Il fera miséricorde, non parce que tu en es digne, mais parce que ses compassions ne sont pas à leur terme ; non parce que tu es juste, mais parce que Jésus-Christ a fait l’expiation de tes péchés.5. And to what end wouldst thou wait for more sincerity, before thy sins are blotted out? To make thee more worthy of the grace of God? Alas, thou art still establishing thy own righteousness. He will have mercy, not because thou art worthy of it, but because his compassions fail not: not because thou art righteous; but because Jesus Christ hath atoned for thy sins.
De plus, s’il y a quelque chose de bon dans la sincérité, pourquoi l’attends-tu avant d’avoir la foi, puisque la foi elle-même est la seule racine de tout ce qui est réellement bon et saint ?Again, if there be any thing good in sincerity, why dost thou expect it, before thou hast faith? Seeing faith itself is the only root of whatever is really good and holy.
Par-dessus tout, combien de temps oublieras-tu que tout ce que tu fais, ou tout ce que tu as, avant que tes péchés te soient pardonnés, ne sert de rien devant Dieu pour obtenir ton pardon ? Oui, et que tout cela doit être jeté derrière ton dos, foulé aux pieds, compté pour rien, sinon tu ne trouveras jamais grâce aux yeux de Dieu ; parce que jusque-là tu ne peux la demander comme un simple pécheur, coupable, perdu, ruiné, n’ayant rien à faire valoir, rien à offrir à Dieu, sinon les seuls mérites de son Fils bien-aimé, qui t’a aimé, et qui s’est livré lui-même pour toi.Above all, how long wilt thou forget, that whatsoever thou dost, or whatsoever thou hast, before thy sins are forgiven thee, it avails nothing with God, toward the procuring of thy forgiveness? Yea, and that it must all be cast behind thy back, trampled under foot, made no account of, or thou wilt never find favour in God’s sight: because until then thou canst not ask it, as a mere sinner, guilty, lost, undone, having nothing to plead, nothing to offer to God, but only the merits of his well-beloved Son, who loved thee, and gave himself for thee.
6. * Pour conclure. Qui que tu sois, ô homme, qui as en toi-même la sentence de mort, qui te sens un pécheur condamné et as sur toi la colère de Dieu : à toi le Seigneur dit, non pas : Fais cela, obéis parfaitement à tous mes commandements, et tu vivras ; mais : Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé. La parole de la foi est près de toi ; maintenant, à cet instant, au moment présent et dans ton état présent, pécheur comme tu l’es, tel que tu es, crois à l’Évangile ; et je pardonnerai tes iniquités, et je ne me souviendrai plus de tes péchés.6. * To conclude. Whosoever thou art, O man, who hast the sentence of death in thyself, who feelest thyself a condemned sinner, and hast the wrath of God abiding on thee: unto thee saith the Lord, Not, do this; perfectly obey all my commands and live: but, Believe in the Lord Jesus Christ, and thou shalt be saved. The word of faith is nigh unto thee; now, at this instant, in the present moment, and in thy present state, sinner as thou art, just as thou art, believe the gospel: and I will be merciful unto thy unrighteousness and thy iniquities will I remember no more.
4. Le royaume et les prémices de l’Esprit4. The Kingdom and the First-Fruits of the Spirit
John Wesley, Sermons on Several Occasions, sermons VII et VIII : le Sermon VII, sans titre dans cette édition et appelé d’ordinaire « Le chemin du royaume » (Marc 1.15), et « Les prémices de l’Esprit » (Romains 8.1), tirés de The Works of the Rev. John Wesley, vol. I (Bristol : William Pine, 1771), transcrits dans le livre numérique 59743 du Projet Gutenberg. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John Wesley, Sermons on Several Occasions, Sermons VII and VIII: Sermon VII, untitled in this edition and usually called “The Way to the Kingdom” (Mark 1:15), and “The First-Fruits of the Spirit” (Romans 8:1), from The Works of the Rev. John Wesley, vol. I (Bristol: William Pine, 1771), transcribed as Project Gutenberg ebook 59743. Primary source; the interpretations are the author’s.
Note du STC : dans l’anglais de Wesley, la « conduite » (conversation) désigne toute la manière de vivre, et « la chair » désigne la nature humaine corrompue, non le corps en tant que tel. Les « péchés d’infirmité » sont des manquements involontaires ; les « péchés de surprise » sont des fautes dans lesquelles le croyant est soudainement surpris. « Fidélité » est la traduction que Wesley donne du fruit de l’Esprit habituellement rendu par « foi ». Les numéros des paragraphes sont imprimés comme en 1771, où certains sont sautés.CTS note: In Wesley’s English “conversation” means one’s whole conduct or way of life, and “the flesh” means corrupt human nature, not the body as such. “Sins of infirmity” are involuntary failings; “sins of surprise” are faults into which a believer is suddenly overtaken. “Fidelity” is Wesley’s rendering of the fruit of the Spirit usually translated “faith.” The paragraph numbers are printed as in 1771, where some numbers are skipped.
SERMON VII.SERMON VII.
Marc 1.15. Le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle.MARK i. 15. The Kingdom of God is at hand: repent ye, and believe the gospel.
Ces paroles nous conduisent naturellement à considérer, premièrement, la nature de la vraie religion, appelée ici par notre Seigneur le royaume de Dieu, lequel, dit-il, est proche ; et secondement, le chemin qui y mène, qu’il indique par ces paroles : Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle.THESE words naturally lead us to consider, first, The nature of true religion, here termed by our Lord, The kingdom of God, which, saith he, is at hand: and secondly, The way thereto, which he points out in those words, Repent ye, and believe the gospel.
I. 1. Nous avons à considérer, premièrement, la nature de la vraie religion, appelée ici par notre Seigneur le royaume de Dieu. Le grand apôtre emploie la même expression dans son épître aux Romains, où il explique aussi les paroles de son Seigneur en disant : Le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. Chap. 14.17.I. 1. We are, first, to consider, The nature of true religion, here term’d by our Lord, The kingdom of God. The same expression the great apostle uses in his epistle to the Romans, where he likewise explains his Lord’s words, saying, The kingdom of God is not meat and drink; but righteousness, and peace, and joy in the Holy Ghost. Chap. xiv. 17.
2. Le royaume de Dieu, ou la vraie religion, ce n’est pas le manger et le boire. On sait bien que non seulement les Juifs non convertis, mais un grand nombre de ceux qui avaient reçu la foi de Christ, étaient néanmoins zélés pour la loi (Actes 21.20), même pour la loi cérémonielle de Moïse. C’est pourquoi tout ce qu’ils y trouvaient écrit, soit au sujet des offrandes et des libations, soit de la distinction entre viandes pures et impures, non seulement ils l’observaient eux-mêmes, mais ils l’imposaient avec véhémence même à ceux d’entre les gentils (ou païens) qui se convertissaient à Dieu. Oui, à tel point que certains d’entre eux enseignaient, partout où ils venaient parmi eux : Si vous n’êtes circoncis et ne gardez la loi (toute la loi rituelle), vous ne pouvez être sauvés, Actes 15.1, 24.2. The kingdom of God, or true religion, is not meat and drink. It is well known, that not only the unconverted Jews, but great numbers of those who had received the faith of Christ, were notwithstanding zealous of the law, (Acts xxi. 20.) even the ceremonial law of Moses. Whatsoever therefore they found written therein, either concerning meat and drink-offerings, or the distinction between clean and unclean meats, they not only observed themselves, but vehemently pressed the same, even on those among the Gentiles (or Heathens) who were turned to God. Yea, to such a degree, that some of them taught, wheresoever they came among them, Except ye be circumcised, and keep the law, (the whole ritual law) ye cannot be saved, Acts xv. 1, 24.
3. En opposition à ceux-là, l’apôtre déclare, ici et en beaucoup d’autres endroits, que la vraie religion ne consiste pas dans le manger et le boire, ni dans aucune observance rituelle ; ni même, en vérité, dans aucune chose extérieure, quelle qu’elle soit, dans rien d’extérieur au cœur ; toute sa substance consistant dans la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit.3. In opposition to these, the apostle declares, both here and in many other places, that true religion does not consist in meat and drink, or in any ritual observances: nor indeed in any outward thing whatever, in any thing exterior to the heart; the whole substance thereof lying in righteousness, peace, and joy in the Holy Ghost.
4. Non dans aucune chose extérieure, telle que des formes ou des cérémonies, même de la sorte la plus excellente. Supposons-les aussi convenables et significatives qu’on voudra, aussi expressives des choses intérieures qu’on voudra ; supposons-les aussi utiles qu’on voudra, non seulement au vulgaire, dont la pensée ne va guère au-delà de sa vue, mais même aux hommes d’intelligence, aux hommes de plus grande capacité, comme sans doute elles peuvent l’être parfois ; oui, supposons-les, comme dans le cas des Juifs, établies par Dieu lui-même : même pendant la période où cette institution demeure en vigueur, la vraie religion n’y consiste pas principalement ; bien plus, à proprement parler, elle n’y consiste pas du tout. Combien plus cela doit-il être vrai de rites et de formes qui ne sont que d’institution humaine ! La religion de Christ s’élève infiniment plus haut et descend immensément plus profond que tout cela. Ces choses sont bonnes à leur place, dans la mesure exacte où elles servent en fait à la vraie religion. Et ce serait superstition que de s’y opposer, tant qu’on ne les emploie que comme des aides occasionnelles à la faiblesse humaine. Mais que personne ne les pousse plus loin. Que personne ne s’imagine qu’elles ont quelque valeur intrinsèque, ou que la religion ne peut subsister sans elles. Ce serait en faire une abomination pour l’Éternel.4. Not in any outward thing; such as forms or ceremonies, even of the most excellent kind. Supposing these to be ever so decent and significant, ever so expressive of inward things: supposing them ever so helpful, not only to the vulgar, whose thought reaches little farther than their sight; but even to men of understanding, men of stronger capacities, as doubtless they may sometimes be: yea, supposing them, as in the case of the Jews, to be appointed by God himself; yet even during the period of time wherein that appointment remains in force, true religion does not principally consist therein; nay, strictly speaking, not at all. How much more must this hold concerning such rites and forms, as are only of human appointment? The religion of Christ rises infinitely higher, and lies immensely deeper than all these. These are good in their place; just so far as they are in fact subservient to true religion. And it were superstition to object against them, while they are applied only as occasional helps to human weakness. But let no man carry them farther. Let no man dream, that they have any intrinsick worth: or that religion cannot subsist without them. This were to make them an abomination to the Lord.
5. La nature de la religion est si loin de consister en ces choses, en formes de culte ou en rites et cérémonies, qu’elle ne consiste proprement en aucune action extérieure, de quelque sorte que ce soit. Il est vrai qu’un homme ne peut avoir aucune religion s’il est coupable d’actions vicieuses et immorales, ou s’il fait aux autres ce qu’il ne voudrait pas qu’on lui fît s’il était dans la même situation. Et il est vrai aussi qu’il ne peut avoir de religion réelle, celui qui sait faire le bien et ne le fait pas. Pourtant un homme peut à la fois s’abstenir du mal extérieur et faire le bien, et cependant n’avoir aucune religion. Oui, deux personnes peuvent faire la même œuvre extérieure, par exemple nourrir ceux qui ont faim ou vêtir ceux qui sont nus ; et cependant l’une d’elles peut être vraiment religieuse, et l’autre n’avoir aucune religion ; car l’une peut agir par amour de Dieu, et l’autre par amour de la louange. Tant il est manifeste que, bien que la vraie religion conduise naturellement à toute bonne parole et à toute bonne œuvre, sa nature réelle se trouve plus profond encore, à savoir dans l’homme caché du cœur.5. The nature of religion is so far from consisting in these, in forms of worship, or rites and ceremonies, that it does not properly consist in any outward actions, of what kind soever. It is true, a man cannot have any religion, who is guilty of vicious, immoral actions; or who does to others, what he would not they should do to him, if he were in the same circumstance. And it is also true, that he can have no real religion, who knows to do good, and doth it not. Yet may a man both abstain from outward evil, and do good, and still have no religion. Yea, two persons may do the same outward work, suppose, feeding the hungry, or cloathing the naked: and, mean time, one of these may be truly religious, and the other have no religion at all: for the one may act from the love of God, and the other from the love of praise. So manifest it is; that altho’ true religion naturally leads to every good word and work, yet the real nature thereof lies deeper still, even in the hidden man of the heart.
6. Je dis : du cœur. Car la religion ne consiste pas non plus dans l’orthodoxie ou dans les opinions justes, qui, bien qu’elles ne soient pas proprement des choses extérieures, ne sont pas dans le cœur, mais dans l’intelligence. Un homme peut être orthodoxe en tout point ; il peut non seulement embrasser des opinions justes, mais les défendre avec zèle contre tous les adversaires ; il peut penser avec justesse de l’incarnation de notre Seigneur, de la Trinité à jamais bénie, et de toute autre doctrine contenue dans les oracles de Dieu ; il peut donner son assentiment aux trois symboles, celui qu’on appelle des Apôtres, celui de Nicée et celui d’Athanase ; et pourtant il est possible qu’il n’ait aucune religion, pas plus qu’un Juif, un Turc ou un païen. Il peut être presque aussi orthodoxe que... le diable (bien que, en vérité, pas tout à fait ; car tout homme se trompe en quelque chose, tandis que nous pouvons difficilement concevoir que le diable soutienne une opinion erronée), et être pendant tout ce temps aussi étranger que lui à la religion du cœur.6. I say, of the heart. For neither does religion consist in orthodoxy or right opinions; which altho’ they are not properly outward things, are not in the heart, but the understanding. A man may be orthodox in every point; he may not only espouse right opinions, but zealously defend them against all opposers: he may think justly concerning the incarnation of our Lord, concerning the ever blessed Trinity, and every other doctrine, contained in the oracles of God: He may assent to all the three creeds: that called the apostles’, the Nicene, and the Athanasian: and yet ’tis possible, he may have no religion at all, no more than a Jew, Turk, or Pagan. He may be almost as orthodox as——the devil; (tho’ indeed, not altogether. For every man errs in something; whereas we can’t well conceive him to hold any erroneous opinion) and may all the while be as great a stranger as he, to the religion of the heart.
7. Cela seul est la religion vraiment digne de ce nom ; cela seul est d’un grand prix devant Dieu. L’apôtre résume tout en trois points : la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. Et d’abord, la justice. Nous ne pouvons être embarrassés à son sujet si nous nous souvenons des paroles de notre Seigneur décrivant ses deux grandes branches, desquelles dépendent toute la loi et les prophètes. Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ta pensée, de toute ton âme et de toute ta force [Marc 12.30]. C’est le premier et le plus grand commandement, la première et la plus grande branche de la justice chrétienne. Tu feras tes délices du Seigneur ton Dieu ; tu chercheras et trouveras en lui tout bonheur. Il sera ton bouclier, et ta récompense sera très grande, dans le temps et dans l’éternité. Tous tes os diront : Quel autre que toi ai-je au ciel ? Et sur la terre je ne prends plaisir qu’en toi ! Tu entendras et accompliras la parole de celui qui dit : Mon fils, donne-moi ton cœur. Et lui ayant donné ton cœur, le plus intime de ton âme, pour qu’il y règne sans rival, tu pourras bien t’écrier, dans la plénitude de ton cœur : Je t’aime, ô Éternel, ma force ! Éternel, mon rocher, ma forteresse, mon libérateur ! Mon Dieu, mon rocher, où je trouve un abri ! Mon bouclier, la force qui me sauve, ma haute retraite !7. This alone is religion, truly so call’d: this alone is in the sight of God of great price. The apostle sums it all up in three particulars, righteousness, and peace, and joy in the Holy Ghost. And first, righteousness. We cannot be at a loss concerning this, if we remember the words of our Lord describing the two grand branches thereof, on which hang all the law and the prophets. Thou shalt love the Lord thy God with all thy heart, and with all thy mind, and with all thy soul, and with all thy strength. [Mark xii. 30.] This is the first and great commandment, the first and great branch of Christian righteousness. Thou shalt delight thyself in the Lord thy God; thou shalt seek and find all happiness in him. He shall be thy shield, and thy exceeding great reward, in time and in eternity. All thy bones shall say, Whom have I in heaven but thee? And there is none upon earth that I desire beside thee! Thou shalt hear, and fulfil his word who saith, My son, give me thy heart. And having given him thy heart, thy inmost soul, to reign there without a rival, thou mayest well cry out, in the fulness of thy heart, I will love thee, O Lord, my strength. The Lord is my strong rock and my defence: my Saviour, my God, and my might, in whom I will trust; my buckler, the horn also of my salvation, and my refuge.
8. Et le second commandement lui est semblable ; la seconde grande branche de la justice chrétienne y est étroitement et inséparablement liée, à savoir : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tu aimeras : tu embrasseras avec la plus tendre bienveillance, avec l’affection la plus ardente et la plus cordiale, avec les désirs les plus enflammés de prévenir ou d’écarter tout mal, et de lui procurer tout bien possible. Ton prochain : c’est-à-dire non seulement ton ami, ton parent ou ta connaissance ; non seulement l’homme vertueux, l’homme amical, celui qui t’aime, qui prévient ta bonté ou te la rend ; mais tout enfant des hommes, toute créature humaine, toute âme que Dieu a faite ; sans excepter celui que tu n’as jamais vu dans la chair, que tu ne connais ni de visage ni de nom ; sans excepter celui que tu sais être méchant et ingrat, celui qui encore te maltraite et te persécute. Celui-là, tu l’aimeras comme toi-même, avec la même soif invariable de son bonheur en tout genre, avec le même soin infatigable de le préserver de tout ce qui pourrait affliger ou blesser son âme ou son corps.8. And the second commandment is like unto this; the second great branch of Christian righteousness is closely and inseparably connected therewith, even Thou shalt love thy neighbour as thyself. Thou shalt love—Thou shalt embrace with the most tender good-will, the most earnest and cordial affection, the most inflamed desires of preventing or removing all evil, and of procuring for him every possible good. Thy neighbour—that is, not only thy friend, thy kinsman, or thy acquaintance; not only the virtuous, the friendly, him that loves thee, that prevents or returns thy kindness; but every child of man, every human creature, every soul which God hath made: not excepting him whom thou never hast seen in the flesh, whom thou knowest not either by face or name: not excepting him whom thou knowest to be evil and unthankful, him that still despightfully uses and persecutes thee. Him thou shalt love as thyself; with the same invariable thirst after his happiness in every kind: the same unwearied care to skreen him from whatever might grieve or hurt either his soul or body.
9. Or cet amour n’est-il pas l’accomplissement de la loi ? La somme de toute la justice chrétienne ? De toute justice intérieure, car il implique nécessairement des entrailles de miséricorde, l’humilité (puisque la charité ne s’enfle point d’orgueil), la bonté, la douceur, la patience (car la charité ne s’irrite point, mais croit tout, espère tout, supporte tout) ; et de toute justice extérieure, car la charité ne fait point de mal au prochain, ni en parole ni en action. Elle ne peut volontairement blesser ni affliger personne. Et elle est zélée pour les bonnes œuvres. Tout ami du genre humain, selon qu’il en a l’occasion, pratique le bien envers tous, étant (exempt de duplicité, d’hypocrisie) plein de miséricorde et de bons fruits.9. Now is not this love the fulfilling of the law? The sum of all Christian righteousness? Of all inward righteousness; for it necessarily implies bowels of mercies, humbleness of mind (seeing love is not puffed up) gentleness, meekness, long-suffering, (for love is not provoked but believeth, hopeth, endureth all things) and of all outward righteousness; for love worketh no evil to his neighbour, either by word or deed. It cannot willingly either hurt or grieve any one. And it is zealous of good works. Every lover of mankind, as he hath opportunity, doth good unto all men; being (without partiality and without hypocrisy) full of mercy and good fruits.
10. Mais la vraie religion, ou un cœur droit envers Dieu et envers les hommes, implique le bonheur aussi bien que la sainteté. Car elle n’est pas seulement la justice, mais aussi la paix et la joie, par le Saint-Esprit. Quelle paix ? La paix de Dieu, que Dieu seul peut donner et que le monde ne peut ôter ; la paix qui surpasse toute intelligence, toute conception (simplement) rationnelle, étant une sensation surnaturelle, un avant-goût divin des puissances du siècle à venir ; telle que l’homme naturel ne la connaît pas, quelque sage qu’il soit dans les choses de ce monde ; et il ne peut même pas la connaître dans son état présent, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. C’est une paix qui bannit tout doute, toute incertitude douloureuse, l’Esprit de Dieu rendant témoignage à l’esprit d’un chrétien qu’il est enfant de Dieu. Et elle bannit la crainte, toute crainte qui suppose un châtiment : la crainte de la colère de Dieu, la crainte de l’enfer, la crainte du diable, et en particulier la crainte de la mort ; celui qui a la paix de Dieu désirant (si c’était la volonté de Dieu) s’en aller et être avec Christ.10. But true religion, or a heart right toward God and man, implies happiness as well as holiness. For it is not only righteousness, but also peace and joy in the Holy Ghost. What peace? The peace of God, which God only can give and the world cannot take away: the peace which passeth all understanding, all (barely) rational conception; being a supernatural sensation, a divine taste of the powers of the world to come: such as the natural man knoweth not, how wise soever in the things of this world: nor indeed can he know it, in his present state, because it is spiritually discerned. It is a peace that banishes all doubt, all painful uncertainty; the Spirit of God bearing witness with the spirit of a Christian, that he is a child of God. And it banishes fear, all such fear as hath torment; the fear of the wrath of God, the fear of hell, the fear of the devil, and in particular, the fear of death: he that hath the peace of God, desiring (if it were the will of God) to depart and to be with Christ.
11. Avec cette paix de Dieu, partout où elle est établie dans l’âme, il y a aussi la joie, par le Saint-Esprit : une joie produite dans le cœur par le Saint-Esprit, par l’Esprit de Dieu à jamais béni. C’est lui qui opère en nous cette réjouissance calme et humble en Dieu par Jésus-Christ, par qui nous avons maintenant obtenu la réconciliation, καταλλαγήν, la réconciliation avec Dieu ; et qui nous rend capables de confirmer hardiment la vérité de la déclaration du royal psalmiste : Béni est l’homme (ou plutôt heureux) à qui la transgression est remise, à qui le péché est pardonné. C’est lui qui inspire à l’âme chrétienne cette joie égale et solide qui naît du témoignage de l’Esprit qu’elle est enfant de Dieu, et qui lui donne de se réjouir d’une joie ineffable, dans l’espérance de la gloire de Dieu : espérance à la fois de la glorieuse image de Dieu, qui est en partie et qui sera pleinement révélée en lui, et de cette couronne de gloire qui ne se flétrit point, réservée pour lui dans les cieux.11. With this peace of God, wherever it is fix’d in the soul, there is also joy in the Holy Ghost: joy wrought in the heart by the Holy Ghost, by the ever blessed Spirit of God. He it is that worketh in us that calm, humble rejoicing in God, through Christ Jesus, by whom we have now received the atonement, καταλλαγὴν, the reconciliation with God; and that enables us boldly to confirm the truth of the royal Psalmist’s declaration, Blessed is the man (or rather happy) whose unrighteousness is forgiven, and whose sin is covered. He it is that inspires the Christian soul, with that even, solid joy, which arises from the testimony of the Spirit, that he is a child of God; and that gives him to rejoice with joy unspeakable, in hope of the glory of God: Hope, both of the glorious image of God, which is in part and shall be fully revealed in him; and of that crown of glory, which fadeth not away, reserved in heaven for him.
12. Cette sainteté et ce bonheur réunis sont appelés tantôt, dans les écrits inspirés, le royaume de Dieu (comme par notre Seigneur dans le texte), tantôt le royaume des cieux. On l’appelle le royaume de Dieu parce qu’il est le fruit immédiat du règne de Dieu dans l’âme. Aussitôt qu’il se saisit de sa grande puissance et qu’il établit son trône dans nos cœurs, ceux-ci sont à l’instant remplis de cette justice, de cette paix et de cette joie, par le Saint-Esprit. On l’appelle le royaume des cieux parce qu’il est (à un certain degré) le ciel ouvert dans l’âme. Car tous ceux qui en font l’expérience peuvent affirmer devant les anges et devant les hommes :12. This holiness and happiness joined in one, are sometimes stiled in the inspired writings, the kingdom of God, (as by our Lord in the text) and sometimes, the kingdom of heaven. It is termed the kingdom of God, because it is the immediate fruit of God’s reigning in the soul. So soon as ever he takes unto himself his mighty power, and sets up his throne in our hearts, they are instantly filled with this righteousness and peace and joy in the Holy Ghost. It is called the kingdom of heaven, because it is (in a degree) heaven opened in the soul. For whosoever they are that experience this, they can aver, before angels and men,
« La vie éternelle est acquise ; / la gloire sur la terre a commencé. »“Everlasting life is won: / Glory is on earth begun:”
Selon la teneur constante de l’Écriture, qui partout rend ce témoignage : Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils (régnant dans son cœur) a la vie (oui, la vie éternelle), 1 Jean 5.11, 12. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ, Jean 17.3. Et ceux à qui cela est donné peuvent s’adresser à Dieu avec confiance, fussent-ils au milieu d’une fournaise ardente :According to the constant tenor of scripture, which every where bears record, God hath given unto us eternal life, and this life is in his Son. He that hath the Son (reigning in his heart) hath life, (even life everlasting) 1 John v. 11, 12. For this is life eternal, to know thee, the only true God, and Jesus Christ whom thou hast sent, John xvii. 3. And they to whom this is given, may confidently address God, tho’ they were in the midst of a fiery furnace,
« Toi, Seigneur, à l’abri sous le bouclier de ta puissance, / toi, Fils de Dieu, Jéhovah, nous t’adorons ; / toi qui descendis pour paraître sous la forme d’un homme : / à toi soient rendus des alléluias sans fin. / La louange, comme devant ton trône au ciel, nous l’offrons ici ; / car là où ta présence se manifeste, là est le ciel. »“Thee—Lord, safe shielded by thy pow’r, / Thee, Son of God, Jehovah, we adore; / In form of man descending to appear: / To thee be ceaseless hallelujah’s given. / Praise, as in heaven thy throne, we offer here; / For where thy presence is display’d, is heaven.”
13. Et ce royaume de Dieu, ou des cieux, est proche. Telles qu’elles furent prononcées à l’origine, ces paroles signifiaient que le temps était alors accompli, Dieu ayant été manifesté en chair, où il établirait son royaume parmi les hommes et régnerait dans le cœur de son peuple. Et le temps n’est-il pas maintenant accompli ? Car voici, dit-il, je suis avec vous tous les jours, vous qui prêchez le pardon des péchés en mon nom, jusqu’à la fin du monde (Matth. 28.20). Partout donc où l’Évangile de Christ est prêché, son royaume est proche. Il n’est pas loin de chacun de vous. Vous pouvez y entrer à cette heure même, si vous écoutez sa voix : Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle.13. And this kingdom of God or of heaven is at hand. As these words were originally spoken, they implied, that the time was then fulfilled, God being made manifest in the flesh, when he would set-up his kingdom among men, and reign in the hearts of his people. And is not the time now fulfilled? For lo! saith he, I am with you always, you who preach remission of sins in my name, even unto the end of the world. (Matt. xxviii. 20.) Wheresoever therefore the gospel of Christ is preached, this his kingdom is nigh at hand. It is not far from every one of you. Ye may this hour enter thereinto, if so be ye hearken to his voice, repent ye, and believe the gospel.
II. 1. Voici le chemin ; marchez-y. Et d’abord, repentez-vous, c’est-à-dire connaissez-vous vous-mêmes. C’est là la première repentance, antérieure à la foi : à savoir la conviction, ou la connaissance de soi. Réveille-toi donc, toi qui dors. Reconnais-toi pécheur, et sache quelle sorte de pécheur tu es. Connais cette corruption de ta nature la plus intime, par laquelle tu es très éloigné de la justice originelle, par laquelle la chair a toujours des désirs contraires à ceux de l’Esprit, par cette affection de la chair qui est inimitié contre Dieu, qui ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qui ne le peut même pas. Sache que tu es corrompu dans toutes tes puissances, dans toutes les facultés de ton âme ; que tu es totalement corrompu dans chacune d’elles, tous les fondements étant ébranlés. Les yeux de ton intelligence sont obscurcis, de sorte qu’ils ne peuvent discerner Dieu ni les choses de Dieu. Les nuées de l’ignorance et de l’erreur reposent sur toi et te couvrent de l’ombre de la mort. Tu ne sais encore rien comme il faut savoir, ni Dieu, ni le monde, ni toi-même. Ta volonté n’est plus la volonté de Dieu, mais elle est entièrement pervertie et faussée, opposée à tout bien, à tout ce que Dieu aime, et encline à tout mal, à toute abomination que Dieu hait. Tes affections sont détournées de Dieu et dispersées sur toute la terre. Toutes tes passions, tes désirs comme tes aversions, tes joies et tes tristesses, tes espérances et tes craintes, sont déréglées : ou bien excessives dans leur degré, ou bien placées sur des objets indignes. De sorte qu’il n’y a rien de sain dans ton âme ; mais de la plante du pied jusqu’à la tête (pour employer la forte expression du prophète) il n’y a que blessures, contusions et plaies vives.II. 1. This is the way. Walk ye in it. And first, repent, that is, know yourselves. This is the first repentance, previous to faith; even conviction, or self-knowledge. Awake then thou that sleepest. Know thyself to be a sinner, and what manner of sinner thou art. Know that corruption of thy inmost nature, whereby thou art very far gone from original righteousness, whereby the flesh lusteth always contrary to the spirit, through that carnal mind which is enmity against God, which is not subject to the law of God, neither indeed can be. Know that thou art corrupted in every power, in every faculty of thy soul; that thou art totally corrupted in every one of these, all the foundations being out of course. The eyes of thine understanding are darkned, so that they cannot discern God or the things of God. The clouds of ignorance and error rest upon thee, and cover thee with the shadow of death. Thou knowest nothing yet, as thou oughtest to know, neither God, nor the world, nor thyself. Thy will is no longer the will of God, but is utterly perverse and distorted, averse from all good, from all which God loves, and prone to all evil, to every abomination which God hateth. Thy affections are alienated from God, and scattered abroad over all the earth. All thy passions, both thy desires and aversions, thy joys and sorrows, thy hopes and fears, are out of frame, are either undue in their degree, or placed on undue objects. So that there is no soundness in thy soul; but from the crown of the head to the sole of the foot (to use the strong expression of the prophet) there are only wounds and bruises and putrifying sores.
2. Telle est la corruption innée de ton cœur, de ta nature la plus intime. Et quelle sorte de branches peux-tu attendre d’une si mauvaise racine ? De là jaillit l’incrédulité, qui se détourne toujours du Dieu vivant, disant : « Qui est l’Éternel, pour que je le serve ? Bah ! Toi, Dieu, tu ne punis pas. » De là l’indépendance, qui affecte d’être semblable au Très-Haut ; de là l’orgueil sous toutes ses formes, qui t’apprend à dire : « Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien. » De cette source mauvaise découlent les eaux amères de la vanité, de la soif de louange, de l’ambition, de l’avarice, de la convoitise de la chair, de la convoitise des yeux et de l’orgueil de la vie. De là naissent la colère, la haine, la malice, la vengeance, l’envie, la jalousie, les mauvais soupçons ; de là tous les désirs insensés et pernicieux qui maintenant te transpercent de beaucoup de tourments et qui, s’ils ne sont prévenus à temps, finiront par plonger ton âme dans la perdition éternelle.2. Such is the inbred corruption of thy heart, of thy very inmost nature. And what manner of branches canst thou expect to grow, from such an evil root? Hence springs unbelief, ever departing from the living God: Saying, “Who is the Lord that I should serve him? Tush! Thou, God, carest not for it.” Hence independence, affecting to be like the Most High; hence pride in all its forms, teaching thee to say, “I am rich, and increased in goods, and have need of nothing.” From this evil fountain flow forth the bitter streams of vanity, thirst of praise; ambition, covetousness; the lust of the flesh, the lust of the eye, and the pride of life. From this arise anger, hatred, malice, revenge, envy, jealousy, evil-surmisings: from this all the foolish and hurtful lusts, that now pierce thee through with many sorrows, and if not timely prevented, will at length drown thy soul in everlasting perdition.
3. Et quels fruits peuvent croître sur de telles branches ? Seulement des fruits amers et mauvais continuellement. De l’orgueil viennent la contestation, la vaine jactance, le fait de chercher et de recevoir la louange des hommes, et de ravir ainsi à Dieu cette gloire qu’il ne peut donner à un autre. De la convoitise de la chair viennent la gourmandise ou l’ivrognerie, le luxe ou la sensualité, la fornication, l’impureté, souillant de diverses manières ce corps qui était destiné à être un temple du Saint-Esprit ; de l’incrédulité, toute mauvaise parole et toute mauvaise œuvre. Mais le temps manquerait si tu voulais tout énumérer : toutes les paroles vaines que tu as prononcées, provoquant le Très-Haut, attristant le Saint d’Israël ; toutes les mauvaises œuvres que tu as faites, soit entièrement mauvaises en elles-mêmes, soit du moins non faites pour la gloire de Dieu. Car tes péchés effectifs sont plus nombreux que tu ne peux l’exprimer, plus que les cheveux de ta tête. Qui peut compter les grains de sable de la mer, ou les gouttes de pluie, ou tes iniquités ?3. And what fruits can grow on such branches as these? Only such as are bitter and evil continually. Of pride cometh contention, vain boasting, seeking and receiving praise of men, and so robbing God of that glory which he cannot give unto another. Of the lust of the flesh come gluttony or drunkenness, luxury or sensuality: fornication, uncleanness, variously defiling that body, which was designed for a temple of the Holy Ghost: of unbelief, every evil word and work. But the time would fail, shouldst thou reckon up all; all the idle words thou hast spoken, provoking the Most High, grieving the Holy One of Israel: all the evil works thou hast done, either wholly evil in themselves, or at least, not done to the glory of God. For thy actual sins are more than thou art able to express, more than the hairs of thy head. Who can number the sands of the sea, or the drops of rain, or thy iniquities?
4. Et ne sais-tu pas que le salaire du péché, c’est la mort ? Non seulement la mort temporelle, mais la mort éternelle. L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra : car la bouche de l’Éternel a parlé. Elle mourra de la seconde mort. Voici la sentence : être puni d’une mort sans fin, d’une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force. Ne sais-tu pas que tout pécheur ἔνοχος ἐστι τῇ γεέννῃ τοῦ πυρός ? Non pas proprement est en danger du feu de la géhenne (cette expression est beaucoup trop faible), mais plutôt est sous la sentence du feu de la géhenne, déjà condamné, tout juste traîné au supplice. Tu es coupable de mort éternelle. C’est la juste récompense de ta méchanceté intérieure et extérieure. Il est juste que la sentence s’exécute maintenant. Le vois-tu ? Le sens-tu ? Es-tu pleinement convaincu que tu mérites la colère de Dieu et la damnation éternelle ? Dieu ne te ferait-il aucun tort s’il ordonnait maintenant à la terre de s’ouvrir et de t’engloutir ? Si tu descendais maintenant vivant dans l’abîme, dans le feu qui ne s’éteindra jamais ? Si Dieu t’a accordé de te repentir vraiment, tu as un sentiment profond qu’il en est ainsi, et que c’est par sa pure miséricorde que tu n’es pas consumé, balayé de la face de la terre.4. And knowest thou not, that the wages of sin is death? Death not only temporal, but eternal. The soul that sinneth it shall die: for the mouth of the Lord hath spoken it. It shall die the second death. This is the sentence, to be punished with never-ending death, with everlasting destruction from the presence of the Lord, and from the glory of his power. Knowest thou not that every sinner, ἔνοχος ἐστι τῆ γεέννῃ τοῦ πυρός; not properly is in danger of hell-fire, that expression is far too weak: but rather, is under the sentence of hell-fire, doom’d already, just dragging to execution. Thou art guilty of everlasting death. It is the just reward of thy inward and outward wickedness. It is just, that the sentence should now take place. Dost thou see, dost thou feel this? Art thou throughly convinced, that thou deservest God’s wrath and everlasting damnation? Would God do thee no wrong, if he now commanded the earth to open and swallow thee up? If thou wert now to go down quick into the pit, into the fire that never shall be quenched? If God hath given thee truly to repent, thou hast a deep sense that these things are so; and that it is of his mere mercy thou art not consumed, swept away from the face of the earth.
5. Et que feras-tu pour apaiser la colère de Dieu, pour expier tous tes péchés et échapper au châtiment que tu as si justement mérité ? Hélas ! tu ne peux rien faire ; rien qui puisse en aucune manière réparer devant Dieu une seule mauvaise œuvre, une seule mauvaise parole ou une seule mauvaise pensée. Si tu pouvais maintenant tout faire bien, si dès cette heure même, jusqu’à ce que ton âme retourne à Dieu, tu pouvais rendre une obéissance parfaite et ininterrompue, cela même n’expierait pas le passé. Ne pas accroître ta dette ne l’acquitterait pas. Elle resterait toujours aussi grande. Oui, l’obéissance présente et future de tous les hommes sur la terre et de tous les anges dans le ciel ne satisferait jamais la justice de Dieu pour un seul péché. Combien vaine était donc la pensée d’expier tes propres péchés par quoi que ce soit que tu pourrais faire ! Il en coûte bien plus pour racheter une seule âme que tout le genre humain ne peut payer. De sorte que, s’il n’y avait pas d’autre secours pour un pécheur coupable, il aurait sans aucun doute péri éternellement.5. And what wilt thou do to appease the wrath of God, to atone for all thy sins, and to escape the punishment thou hast so justly deserved? Alas, thou canst do nothing: nothing that will in any wise make amends to God, for one evil work, or word, or thought. If thou couldst now do all things well, if from this very hour, till thy soul should return to God, thou couldst perform perfect uninterrupted obedience, even this would not atone for what is past. The not increasing thy debt would not discharge it. It would still remain as great as ever. Yea, the present and future obedience of all the men upon earth, and all the angels in heaven, would never make satisfaction to the justice of God for one single sin. How vain then was the thought, of atoning for thy own sins by any thing thou couldst do? It costeth far more to redeem one soul, than all mankind is able to pay. So that were there no other help for a guilty sinner, without doubt he must have perished everlastingly.
6. Mais supposons qu’une obéissance parfaite à l’avenir puisse expier les péchés passés : cela ne te servirait de rien, car tu n’es pas capable de la rendre, non, pas même sur un seul point. Commence maintenant. Fais l’essai. Rejette ce péché extérieur qui t’enveloppe si facilement. Tu ne le peux pas. Comment donc changeras-tu ta vie de tout mal en tout bien ? En vérité, cela est impossible à faire, à moins que ton cœur ne soit d’abord changé. Car tant que l’arbre demeure mauvais, il ne peut porter de bons fruits. Mais es-tu capable de changer ton propre cœur, de tout péché en toute sainteté ? De vivifier une âme morte dans le péché, morte pour Dieu et vivante seulement pour le monde ? Pas plus que tu n’es capable de vivifier un cadavre, de ramener à la vie celui qui gît dans le tombeau. Oui, tu n’es pas capable de vivifier ton âme à aucun degré, pas plus que de donner aucun degré de vie au corps mort. Tu ne peux rien faire, ni plus ni moins, en cette affaire ; tu es entièrement sans force. Sentir profondément cela, combien tu es impuissant, aussi bien que combien tu es coupable et pécheur, voilà cette repentance dont on ne se repent jamais, qui est l’avant-coureur du royaume de Dieu.6. But suppose perfect obedience for the time to come, could atone for the sins that are past, this would profit thee nothing; for thou art not able to perform it; no, not in any one point. Begin now. Make the trial. Shake off that outward sin that so easily besetteth thee. Thou canst not. How then wilt thou change thy life from all evil to all good? Indeed, it is impossible to be done, unless first thy heart be changed. For so long as the tree remains evil, it cannot bring forth good fruit. But art thou able to change thy own heart, from all sin to all holiness? To quicken a soul that is dead in sin? Dead to God and alive only to the world? No more than thou art able to quicken a dead body, to raise to life him that lieth in the grave. Yea, thou art not able to quicken thy soul in any degree, no more than to give any degree of life to the dead body. Thou canst do nothing more or less, in this matter; thou art utterly without strength. To be deeply sensible of this, how helpless thou art, as well as how guilty and how sinful, this is that repentance not to be repented of, which is the fore-runner of the kingdom of God.
7. Si à cette vive conviction de tes péchés intérieurs et extérieurs, de ton entière culpabilité et de ton impuissance, s’ajoutent les sentiments qui y conviennent : la tristesse du cœur pour avoir méprisé tes propres miséricordes ; le remords et la condamnation de toi-même, la bouche fermée ; la honte de lever les yeux vers le ciel ; la crainte de la colère de Dieu qui demeure sur toi, de sa malédiction suspendue sur ta tête, et de l’ardeur du feu prête à dévorer ceux qui oublient Dieu et qui n’obéissent pas à notre Seigneur Jésus-Christ ; le désir ardent d’échapper à cette indignation, de cesser de faire le mal et d’apprendre à faire le bien : alors je te dis, au nom du Seigneur : tu n’es pas loin du royaume de Dieu. Un pas encore, et tu y entreras. Tu te repens. Maintenant, crois à la bonne nouvelle.7. If to this lively conviction of thy inward and outward sins, of thy utter guiltiness and helplessness, there be added suitable affections sorrow of heart, for having despised thy own mercies, remorse and self-condemnation, having the mouth stop’d, shame to lift up thine eyes to heaven; fear of the wrath of God abiding on thee, of his curse hanging over thy head, and of the fiery indignation ready to devour those who forget God, and obey not our Lord Jesus Christ: earnest desire to escape from that indignation, to cease from evil and learn to do well: then I say unto thee, in the name of the Lord, thou art not far from the kingdom of God. One step more and thou shalt enter in. Thou dost repent. Now, believe the gospel.
8. L’Évangile (c’est-à-dire la bonne nouvelle, la bonne nouvelle pour des pécheurs coupables et impuissants), dans le sens le plus large du mot, signifie toute la révélation faite aux hommes par Jésus-Christ ; et parfois tout le récit de ce que notre Seigneur a fait et souffert pendant qu’il habitait parmi les hommes. La substance de tout est : Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs. Ou : Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que nous ne périssions point, mais que nous ayons la vie éternelle. Ou : Il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.8. The gospel (that is, good tidings, good news for guilty, helpless sinners) in the largest sense of the word, means, the whole revelation made to men by Jesus Christ: and sometimes the whole account of what our Lord did and suffered, while he tabernacled among men. The substance of all is, Jesus Christ came into the world to save sinners. Or, God so loved the world, that, he gave his only begotten Son, to the end we might not perish, but have everlasting life. Or, he was bruised for our transgressions, he was wounded for our iniquities: the chastisement of our peace was upon him, and with his stripes we are healed.
9. Crois cela, et le royaume de Dieu est à toi. Par la foi tu obtiens la promesse. « Il pardonne et absout tous ceux qui se repentent vraiment et qui croient sincèrement son saint Évangile. » Aussitôt que Dieu a dit à ton cœur : « Prends courage, tes péchés te sont pardonnés », son royaume vient ; tu as la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit.9. Believe this and the kingdom of God is thine. By faith thou attainest the promise. “He pardoneth and absolveth all that truly repent and unfeignedly believe his holy gospel.” As soon as ever God hath spoken to thy heart “Be of good chear, thy sins are forgiven thee,” his kingdom comes; thou hast righteousness and peace, and joy in the Holy Ghost.
10. Prends garde seulement de ne pas tromper ta propre âme quant à la nature de cette foi. Ce n’est pas (comme quelques-uns l’ont follement imaginé) un simple assentiment à la vérité de la Bible, des articles de notre symbole, ou de tout ce que contiennent l’Ancien et le Nouveau Testament. Les démons croient cela aussi bien que toi ou moi, et pourtant ils sont toujours des démons. Mais c’est, en plus de cela, une ferme confiance en la miséricorde de Dieu par Jésus-Christ. C’est une confiance en un Dieu qui pardonne. C’est une évidence ou conviction divine que Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en ne leur imputant point leurs offenses passées ; et en particulier que le Fils de Dieu m’a aimé, moi, et qu’il s’est livré lui-même pour moi ; et que moi, oui, moi, je suis maintenant réconcilié avec Dieu par le sang de la croix.10. Only beware thou do not deceive thy own soul, with regard to the nature of this faith. It is not (as some have fondly conceived) a bare assent to the truth of the bible, of the articles of our creed, or of all that is contained in the old and new testament. The devils believe this, as well as I or thou, and yet they are devils still. But it is, over and above this, a sure trust in the mercy of God through Christ Jesus. It is a confidence in a pardoning God. It is a divine evidence or conviction, that God was in Christ reconciling the world to himself, not imputing to them their former trespasses: and in particular, that the Son of God hath loved me and given himself for me: and that I, even I, am now reconciled to God by the blood of the cross.
11. Crois-tu ainsi ? Alors la paix de Dieu est dans ton cœur, et la douleur et les gémissements s’enfuient. Tu ne doutes plus de l’amour de Dieu : il est clair comme le soleil de midi. Tu t’écries : Je chanterai toujours les bontés de l’Éternel ; ma bouche fera connaître à jamais ta fidélité, de génération en génération. Tu ne crains plus l’enfer, ni la mort, ni celui qui avait autrefois la puissance de la mort, le diable ; non, ni ne crains-tu Dieu lui-même d’une crainte douloureuse ; tu as seulement une crainte tendre et filiale de l’offenser. Crois-tu ? Alors ton âme exalte le Seigneur, et ton esprit se réjouit en Dieu, ton Sauveur. Tu te réjouis d’avoir la rédemption par son sang, la rémission des péchés. Tu te réjouis de cet Esprit d’adoption qui crie dans ton cœur : Abba ! Père ! Tu te réjouis dans une espérance pleine d’immortalité, courant vers le but, pour remporter le prix de ta vocation céleste, dans l’ardente attente de tous les biens que Dieu a préparés pour ceux qui l’aiment.11. Dost thou thus believe? Then the peace of God is in thy heart, and sorrow and sighing flee away. Thou art no longer in doubt of the love of God: it is clear as the noon-day sun. Thou cryest out, My song shall be always of the loving kindness of the Lord: with my mouth will I ever be telling of thy truth, from one generation to another. Thou art no longer afraid of hell, or death, or him that had once the power of death, the devil: no, nor painfully afraid of God himself; only thou hast a tender, filial fear of offending him. Dost thou believe? Then thy soul doth magnify the Lord, and thy spirit rejoiceth in God thy Saviour. Thou rejoicest in that thou hast redemption thro’ his blood, even the forgiveness of sins. Thou rejoicest in that Spirit of adoption, which crieth in thy heart, Abba, Father! Thou rejoicest in a hope full of immortality, in reaching forth unto the mark of the prize of thy high calling; in an earnest expectation of all the good things which God hath prepared for them that love him.
12. Crois-tu maintenant ? Alors l’amour de Dieu est maintenant répandu dans ton cœur. Tu l’aimes, parce qu’il nous a aimés le premier. Et parce que tu aimes Dieu, tu aimes aussi ton frère. Et, étant rempli d’amour, de paix, de joie, tu es aussi rempli de patience, de bienveillance, de fidélité, de bonté, de douceur, de tempérance et de tous les autres fruits du même Esprit ; en un mot, de toutes les dispositions qui sont saintes, célestes ou divines. Car, tandis que tu contemples à visage découvert, sans voile (le voile étant maintenant ôté), la gloire du Seigneur, son glorieux amour et la glorieuse image dans laquelle tu as été créé, tu es transformé en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit.12. Dost thou now believe? Then the love of God is now shed abroad in thy heart. Thou lovest him, because he first loved us. And because thou lovest God, thou lovest thy brother also. And being filled with love, peace, joy, thou art also filled with long-suffering, gentleness, fidelity, goodness, meekness, temperance, and all the other fruits of the same Spirit: in a word, with whatever dispositions are holy, are heavenly or divine. For while thou beholdest with open, uncovered face, (the veil now being taken away) the glory of the Lord, his glorious love, and the glorious image wherein thou wast created, thou art changed into the same image, from glory to glory, by the Spirit of the Lord.
13. Cette repentance, cette foi, cette paix, cette joie, cet amour ; cette transformation de gloire en gloire, voilà ce que la sagesse du monde a déclaré folie, pur enthousiasme, complet égarement. Mais toi, homme de Dieu, n’y prends pas garde ; ne te laisse ébranler par aucune de ces choses. Tu sais en qui tu as cru. Veille à ce que personne ne prenne ta couronne. Retiens fermement ce à quoi tu es déjà parvenu, et poursuis, jusqu’à ce que tu obtiennes toutes les grandes et précieuses promesses. Et toi qui ne l’as pas encore connu, ne laisse pas des hommes vains te faire rougir de l’Évangile de Christ. Ne te laisse effrayer en rien par ceux qui parlent mal de ce qu’ils ignorent. Dieu changera bientôt ta tristesse en joie. Oh ! ne laisse pas tes mains défaillir. Encore un peu de temps, et il ôtera tes craintes et te donnera un esprit de sagesse. C’est Dieu qui justifie ! Qui les condamnera ? Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour toi ! Maintenant jette-toi sur l’Agneau de Dieu, avec tous tes péchés, quelque nombreux qu’ils soient ; et l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ te sera maintenant largement accordée !13. This repentance, this faith, this peace, joy, love; this change from glory to glory, is what the wisdom of the world has voted to be madness, mere enthusiasm, utter distraction. But thou, O man of God, regard them not: be thou moved by none of these things. Thou knowest in whom thou hast believed. See that no man take thy crown. Whereunto thou hast already attained hold fast; and follow, till thou attain all the great and precious promises. And thou who hast not yet known him, let not vain men make thee ashamed of the gospel of Christ. Be thou in nothing terrified by those who speak evil of the things which they know not. God will soon turn thy heaviness into joy. O let not thy hands hang down. Yet a little longer, and he will take away thy fears, and give thee the spirit of a sound mind. He is nigh that justifieth: who is he that condemneth? It is Christ that died; yea rather that rose again; who is even now at the right-hand of God, making intercession for thee. Now cast thyself on the Lamb of God, with all thy sins, how many soever they be; and an entrance shall now be ministred unto thee, into the kingdom of our Lord and Saviour Jesus Christ!
SERMON VIII. LES PRÉMICES DE L’ESPRIT.SERMON VIII. THE FIRST-FRUITS OF THE SPIRIT.
Romains 8.1. Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, qui marchent, non selon la chair, mais selon l’Esprit.ROM. viii. 1. There is therefore now no condemnation to them which are in Christ Jesus, who walk not after the flesh, but after the Spirit.
1. Par ceux qui sont en Jésus-Christ, saint Paul entend évidemment ceux qui croient vraiment en lui : ceux qui, étant justifiés par la foi, ont la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ. Ceux qui croient ainsi ne marchent plus selon la chair, ne suivent plus les mouvements de la nature corrompue, mais selon l’Esprit : leurs pensées, leurs paroles et leurs œuvres sont toutes sous la direction du bienheureux Esprit de Dieu.1. BY them which are in Christ Jesus, St. Paul evidently means, those who truly believe in him: those who being justified by faith, have peace with God, through our Lord Jesus Christ. They who thus believe do no longer walk after the flesh, no longer follow the motions of corrupt nature: but after the Spirit: both their thoughts, words and works, are under the direction of the blessed Spirit of God.
2. Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux-là. Il n’y a pas de condamnation pour eux de la part de Dieu, car il les a justifiés gratuitement par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus. Il a pardonné toutes leurs iniquités et effacé tous leurs péchés. Et il n’y a pas de condamnation pour eux au-dedans, car ils ont reçu, non l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin qu’ils connaissent les choses que Dieu leur a données par sa grâce [1 Corinthiens 2.12] ; lequel Esprit rend témoignage à leur esprit qu’ils sont enfants de Dieu. Et à cela s’ajoute le témoignage de leur conscience, qu’ils se sont conduits dans le monde avec sainteté et pureté devant Dieu, non point avec une sagesse charnelle, mais avec la grâce de Dieu [2 Corinthiens 1.12].2. There is therefore now no condemnation to these. There is no condemnation to them from God: for he hath justified them freely by his grace, thro’ the redemption that is in Jesus. He hath forgiven all their iniquities, and blotted out all their sins. And there is no condemnation to them from within: for they have received, not the spirit of the world, but the Spirit which is of God, that they might know the things which are freely given to them of God: [1 Cor. ii. 12.] Which Spirit beareth witness with their spirits, that they are the children of God. And to this is added, the testimony of their conscience, that in simplicity and godly sincerity, not with fleshly wisdom, but by the grace of God, they have had their conversation in the world. [2 Cor. i. 12.]
3. Mais parce que ce passage de l’Écriture a été si souvent mal compris, et cela d’une manière si dangereuse ; parce que tant de personnes ignorantes et mal affermies (οἱ ἀμαθεῖς καὶ ἀστήρικτοι, des hommes non enseignés de Dieu et par conséquent non affermis dans la vérité qui est selon la piété) l’ont tordu pour leur propre ruine, je me propose de montrer aussi clairement que je le pourrai, premièrement, qui sont ceux qui sont en Jésus-Christ, et qui marchent, non selon la chair, mais selon l’Esprit ; et secondement, comment il n’y a aucune condamnation pour eux. Je conclurai par quelques conséquences pratiques.3. But because this scripture has been so frequently misunderstood, and that in so dangerous a manner, because such multitudes of unlearned and unstable men, (οἱ ἀμαθεῖς καὶ ἀστήρικτοι, men untaught of God, and consequently unestablished in the truth which is after godliness) have wrested it to their own destruction. I propose to shew as clearly as I can, first, who those are which are in Christ Jesus, and walk not after the flesh, but after the Spirit; and secondly, how there is no condemnation to these. I shall conclude with some practical inferences.
I. 1. Premièrement, j’ai à montrer qui sont ceux qui sont en Jésus-Christ. Et ne sont-ce pas ceux qui croient en son nom ? Ceux qui sont trouvés en lui, non avec leur propre justice, mais avec la justice qui vient de Dieu par la foi ? Ceux-là, qui ont la rédemption par son sang, sont proprement dits être en lui. Car ils demeurent en Christ, et Christ en eux. Ils sont unis au Seigneur, et ne sont avec lui qu’un seul esprit. Ils sont greffés sur lui comme les sarments sur le cep. Ils sont unis comme les membres à leur tête, d’une manière que les mots ne peuvent exprimer, et que leur cœur n’aurait pu auparavant concevoir.I. 1. First, I am to shew, who those are that are in Christ Jesus. And are they not, those who believe in his name? Those who are found in him, not having their own righteousness, but the righteousness which is of God by faith? These, who have redemption through his blood, are properly said, to be in him. For they dwell in Christ and Christ in them. They are joined unto the Lord in one Spirit. They are ingrafted into him as branches into the vine. They are united, as members to their head; in a manner which words cannot express, nor could it before enter into their hearts to conceive.
2. Or quiconque demeure en lui ne pèche point ; ne marche point selon la chair. La chair, dans le langage habituel de saint Paul, signifie la nature corrompue. C’est dans ce sens qu’il emploie le mot en écrivant aux Galates : Les œuvres de la chair sont manifestes, Gal. 5.19. Et un peu auparavant : Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs (ou la convoitise) de la chair (v. 16). Pour prouver cela, à savoir que ceux qui marchent selon l’Esprit n’accomplissent pas les désirs de la chair, il ajoute aussitôt : car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair (car ils sont opposés entre eux), afin que vous ne fassiez point les choses que vous voudriez. C’est ainsi que les mots se traduisent littéralement (ἵνα μὴ ἃ ἂν θέλητε, ταῦτα ποιῆτε). Non pas : de sorte que vous ne pouvez faire les choses que vous voudriez, comme si la chair l’emportait sur l’Esprit ; traduction qui non seulement n’a rien à voir avec le texte original de l’apôtre, mais encore réduit à néant tout son argument, oui, affirme exactement le contraire de ce qu’il prouve.2. Now whosoever abideth in him, sinneth not; walketh not after the flesh. The flesh, in the usual language of St. Paul, signifies corrupt nature. In this sense, he uses the word, writing to the Galatians. The works of the flesh are manifest, Gal. v. 19. And a little before, Walk in the Spirit, and ye shall not fulfil the lust (or desire) of the flesh (v. 16.) To prove which, namely, that those who walk by the Spirit, do not fulfil the lust of the flesh, he immediately adds, for the flesh lusteth against the Spirit; but the Spirit lusteth against the flesh (for these are contrary to each other) that ye may not do the things which ye would. So the words are literally translated, (ἵνα μὴ ἃ ἂν θέλητε, ταῦτα ποιῆτε) Not, so that ye cannot do the things that ye would, as if the flesh overcame the Spirit: a translation which hath not only nothing to do with the original text of the apostle, but likewise makes his whole argument nothing worth, yea, asserts just the reverse of what he is proving.
3. Ceux qui sont à Christ, qui demeurent en lui, ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Ils s’abstiennent de toutes ces œuvres de la chair : de l’adultère et de la fornication, de l’impureté et de la dissolution ; de l’idolâtrie, de la magie, des inimitiés, des querelles ; des jalousies, des animosités, des disputes, des divisions, des sectes, de l’envie, des meurtres, de l’ivrognerie, des excès de table ; de tout dessein, de toute parole et de toute œuvre auxquels conduit la corruption de la nature. Bien qu’ils sentent en eux-mêmes la racine d’amertume, ils sont cependant revêtus de la puissance d’en haut pour la fouler continuellement aux pieds, de sorte qu’elle ne puisse pousser des rejetons et causer du trouble ; tellement que chaque nouvel assaut qu’ils subissent ne leur donne qu’une nouvelle occasion de louange, de s’écrier : Grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ.3. They who are of Christ, who abide in him have crucified the flesh with its affections and lusts. They abstain from all those works of the flesh; from adultery and fornication, from uncleanness and lasciviousness; from idolatry, witchcraft, hatred, variance; from emulations, wrath, strife, sedition, heresies, envyings, murders, drunkenness, revellings: from every design, and word and work, to which the corruption of nature leads. Altho’ they feel the root of bitterness in themselves, yet are they endued with power from on high, to trample it continually under foot, so that it cannot spring up to trouble them: insomuch that every fresh assault which they undergo, only gives them fresh occasion of praise, of crying out, Thanks be unto God, who giveth us the victory, thro’ Jesus Christ our Lord.
4. Ils marchent maintenant selon l’Esprit, dans leur cœur comme dans leur vie. Ils sont enseignés par lui à aimer Dieu et leur prochain d’un amour qui est comme une source d’eau qui jaillit jusque dans la vie éternelle. Et par lui ils sont conduits à tout saint désir, à toute disposition divine et céleste, jusqu’à ce que chaque pensée qui s’élève dans leur cœur soit sainteté à l’Éternel.4. They now walk after the Spirit, both in their hearts and lives. They are taught of him to love God and their neighbour, with a love which is as a well of water, springing up into everlasting life. And by him they are led into every holy desire, into every divine and heavenly temper, till every thought which arises in their heart, is holiness unto the Lord.
5. Ceux qui marchent selon l’Esprit sont aussi conduits par lui à toute sainteté de conduite. Leur parole est toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, de l’amour et de la crainte de Dieu. Il ne sort de leur bouche aucune parole mauvaise, mais seulement quelque bonne parole, qui serve à l’édification, qui soit propre à communiquer une grâce à ceux qui l’entendent. Et en cela aussi ils s’exercent jour et nuit à ne faire que les choses qui plaisent à Dieu : à suivre, dans toute leur conduite extérieure, celui qui nous a laissé un exemple, afin que nous suivions ses traces ; à marcher, dans tous leurs rapports avec le prochain, dans la justice, la miséricorde et la vérité ; et, quoi qu’ils fassent, en toute circonstance de la vie, à tout faire pour la gloire de Dieu.5. They who walk after the Spirit, are also led by him, into all holiness of conversation. Their speech is always in grace, seasoned with salt, with the love and fear of God. No corrupt communication comes out of their mouth, but only that which is good; that which is to the use of edifying, which is meet to minister grace to the hearers. And herein likewise do they exercise themselves day and night, to do only the things which please God: in all their outward behaviour to follow him, who left us an example that we might tread in his steps: in all their intercourse with their neighbour to walk in justice, mercy and truth; and whatsoever they do, in every circumstance of life, to do all to the glory of God.
6. Ce sont là ceux qui marchent vraiment selon l’Esprit. Étant remplis de foi et du Saint-Esprit, ils possèdent dans leur cœur et manifestent dans leur vie, dans tout le cours de leurs paroles et de leurs actions, les fruits authentiques de l’Esprit de Dieu, à savoir l’amour, la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance, et tout ce qui est aimable ou digne de louange. Ils font honorer en tout la doctrine de Dieu notre Sauveur, et donnent à tout le genre humain la pleine preuve qu’ils sont vraiment animés par le même Esprit qui a ressuscité Jésus d’entre les morts.6. These are they who indeed walk after the Spirit. Being filled with faith and with the Holy Ghost, they possess in their hearts, and shew forth in their lives, in the whole course of their words and actions, the genuine fruits of the Spirit of God, namely, love, joy, peace, long-suffering, gentleness, goodness, fidelity, meekness, temperance, and whatsoever else is lovely or praise-worthy. They adorn in all things the gospel of God our Saviour; and give full proof to all mankind, that they are indeed actuated by the same Spirit, which raised up Jesus from the dead.
II. 1. Je me suis proposé de montrer, en second lieu, comment il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont ainsi en Jésus-Christ, et qui marchent ainsi, non selon la chair, mais selon l’Esprit.II. 1. I proposed to shew, in the second place, How there is no condemnation to them, which are thus in Christ Jesus, and thus walk, not after the flesh, but after the Spirit.
Et d’abord, pour les croyants en Christ qui marchent ainsi, il n’y a aucune condamnation à cause de leurs péchés passés. Dieu ne les condamne pour aucun d’eux : ils sont comme s’ils n’avaient jamais existé. Ils sont jetés comme une pierre au fond de la mer, et il ne s’en souvient plus. Dieu, ayant destiné son Fils à être, par la foi en son sang, une victime propitiatoire pour eux, leur a montré sa justice, par la rémission des péchés commis auparavant. Il ne leur impute donc aucun d’eux ; leur souvenir a péri avec eux.And, first, To believers in Christ, walking thus, there is no condemnation on account of their past sins. God condemneth them not for any of these: they are as tho’ they had never been. They are cast as a stone into the depth of the sea, and he remembreth them no more. God having set forth his Son to be a propitiation for them, thro’ faith in his blood, hath declared unto them his righteousness, for the remission of the sins that are past. He layeth therefore none of these to their charge; their memorial is perished with them.
2. Et il n’y a aucune condamnation dans leur propre cœur, aucun sentiment de culpabilité, aucune terreur de la colère de Dieu. Ils ont le témoignage en eux-mêmes ; ils ont conscience de leur part au sang de l’aspersion. Ils n’ont point reçu de nouveau un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte, dans le doute et dans une incertitude torturante ; mais ils ont reçu l’Esprit d’adoption, qui crie dans leur cœur : Abba ! Père ! Ainsi, étant justifiés par la foi, ils ont la paix de Dieu régnant dans leur cœur, découlant d’un sentiment continuel de sa miséricorde qui pardonne et de l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu.2. And there is no condemnation in their own breast; no sense of guilt, or dread of the wrath of God. They have the witness in themselves; they are conscious of their interest in the blood of sprinkling. They have not received again the spirit of bondage unto fear, unto doubt and racking uncertainty; but they have received the Spirit of adoption, crying in their hearts, Abba, Father. Thus being justified by faith, they have the peace of God ruling in their hearts: flowing from a continual sense of his pardoning mercy, and the answer of a good conscience toward God.
3. Si l’on dit : Mais parfois un croyant en Christ peut perdre de vue la miséricorde de Dieu ; parfois de telles ténèbres peuvent tomber sur lui qu’il ne voit plus celui qui est invisible, qu’il ne sent plus en lui-même ce témoignage de sa part au sang expiatoire ; et alors il est intérieurement condamné, il a de nouveau la sentence de mort en lui-même : je réponds : supposons qu’il en soit ainsi, supposons qu’il ne voie pas la miséricorde de Dieu, alors il n’est pas croyant ; car la foi implique la lumière, la lumière de Dieu qui brille sur l’âme. Dans la mesure donc où quelqu’un perd cette lumière, il perd pour un temps sa foi. Et sans doute un vrai croyant en Christ peut perdre la lumière de la foi. Et dans la mesure où elle est perdue, il peut pour un temps retomber dans la condamnation. Mais ce n’est pas le cas de ceux qui maintenant sont en Jésus-Christ, qui maintenant croient en son nom. Car tant qu’ils croient et marchent selon l’Esprit, ni Dieu ne les condamne, ni leur propre cœur.3. If it be said, But sometimes a believer in Christ, may lose his sight of the mercy of God; sometimes such darkness may fall upon him, that he no longer sees him that is invisible, no longer feels that witness in himself of his part in the atoning blood; and then he is inwardly condemned, he hath again the sentence of death in himself: I answer, supposing it so to be, supposing him not to see the mercy of God, then he is not a believer; for faith implies light; the light of God shining upon the soul. So far therefore as any one loses this light, he for the time loses his faith. And no doubt a true believer in Christ, may lose the light of faith. And so far as this is lost, he may for a time fall again into condemnation. But this is not the case of them who now are in Christ Jesus, who now believe in his name. For so long as they believe and walk after the Spirit, neither God condemns them nor their own heart.
5. Ils ne sont pas condamnés, secondement, pour aucun péché présent, pour une transgression actuelle des commandements de Dieu. Car ne les transgressent-ils pas ? Non ; ils ne marchent pas selon la chair, mais selon l’Esprit. C’est là la preuve continuelle de leur amour pour Dieu : qu’ils gardent ses commandements ; comme saint Jean en rend témoignage : Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu : il ne le peut pas, tant que cette semence de Dieu, cette foi aimante et sainte, demeure en lui. Tant qu’il se garde lui-même en elle, le malin ne le touche pas. Or il est évident qu’il n’est pas condamné pour les péchés qu’il ne commet pas du tout. Ceux donc qui sont ainsi conduits par l’Esprit ne sont point sous la loi (Gal. 5.18) ; ils ne sont pas sous sa malédiction ou sa condamnation, car elle ne condamne que ceux qui la violent. Ainsi cette loi de Dieu : Tu ne déroberas point, ne condamne que ceux qui dérobent. Ainsi : Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier, ne condamne que ceux qui ne le sanctifient pas. Mais contre les fruits de l’Esprit la loi n’est pas (v. 23), comme l’apôtre le déclare plus amplement dans ces paroles mémorables de sa première épître à Timothée : Nous n’ignorons pas que la loi est bonne, pourvu qu’on en fasse un usage légitime, sachant bien ceci (si, tandis qu’il use de la loi de Dieu pour convaincre ou pour diriger, il sait et se rappelle ceci) : ὅτι δικαίῳ νόμος οὐ κεῖται (non pas : que la loi n’est pas faite pour le juste, mais) que la loi ne se dresse pas contre le juste (elle n’a aucune force contre lui, aucun pouvoir de le condamner), mais contre les méchants et les rebelles, les impies et les pécheurs, les irréligieux et les profanes—conformément à l’Évangile de la gloire du Dieu bienheureux. 1 Tim. 1.8, 9, 11.5. They are not condemned, Secondly, for any present sins, for now transgressing the commandments of God. For they do not transgress them? They do not walk after the flesh but after the Spirit. This is the continual proof of their love of God, that they keep his commandments: even as St. John bears witness, Whosoever is born of God doth not commit sin. For his seed remaineth in him, and he cannot sin, because he is born of God: he cannot, so long as that seed of God, that loving, holy faith remaineth in him. So long as he keepeth himself herein, that wicked one toucheth him not. Now it is evident, he is not condemned for the sins which he doth not commit at all. They therefore who are thus led by the Spirit, are not under the law, (Gal. v. 18.) Not under the curse or condemnation of it; for it condemns none but those who break it. Thus, that law of God, Thou shalt not steal, condemns none but those who do steal. Thus, Remember the sabbath-day to keep it holy, condemns those only who do not keep it holy. But against the fruits of the Spirit, there is no law; (v. 23.) as the apostle more largely declares, in those memorable words of his former epistle to Timothy. We know, that the law is good, if a man use it lawfully; knowing this, (if while he uses the law of God, in order either to convince or direct, he know and remember this) ὅτι δικαίω νόμος οὐ κεῖται. (Not, that the law is not made for a righteous man; but) that the law does not lie against a righteous man: (it has no force against him, no power to condemn him) but against the lawless and disobedient, against the ungodly and sinners, against the unholy and profane—according to the glorious gospel, of the blessed God. 1 Tim. i. 8, 9, 11.
6. Ils ne sont pas condamnés, troisièmement, pour le péché intérieur, quoiqu’il demeure encore. Que la corruption de la nature demeure encore, même chez ceux qui sont enfants de Dieu par la foi ; qu’ils aient en eux les semences de l’orgueil et de la vanité, de la colère, de la convoitise et des mauvais désirs, oui, du péché de toute espèce, c’est trop évident pour être nié, étant matière d’expérience quotidienne. Et c’est pour cela que saint Paul, parlant à ceux dont il venait d’attester qu’ils étaient en Jésus-Christ [1 Corinthiens 1.2], qu’ils avaient été appelés par Dieu à la communion (ou à la participation) de son Fils Jésus-Christ [Verset 9], déclare cependant : Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ (1 Cor. 3.1). Des enfants en Christ : nous voyons ainsi qu’ils étaient en Christ ; ils étaient des croyants à un faible degré. Et pourtant combien de péché demeurait en eux ! Combien de cette affection de la chair, qui ne se soumet pas à la loi de Dieu !6. They are not condemned, thirdly, for inward sin, even tho’ it does now remain. That the corruption of nature does still remain, even in those who are the children of God by faith, that they have in them the seeds of pride and vanity, of anger, lust and evil desire, yea, sin of every kind, is too plain to be denied, being matter of daily experience. And on this account it is, that St. Paul speaking to those, whom he had just before witness’d to be in Christ Jesus [1 Cor. i. 2.], to have been called of God into the fellowship (or participation) of his Son Jesus Christ [Ver. 9.], yet declares, Brethren, I could not speak unto you as unto spiritual, but as unto carnal; even as unto babes in Christ (1 Cor. iii. 1.) Babes in Christ—So we see they were in Christ; they were believers in a low degree. And yet how much of sin remained in them? Of that carnal mind, which is not subject to the law of God?
7. Et pourtant, malgré tout cela, ils ne sont pas condamnés. Bien qu’ils sentent la chair, la nature mauvaise qui est en eux ; bien qu’ils sentent chaque jour davantage que leur cœur est tortueux par-dessus tout, et méchant ; cependant, tant qu’ils n’y cèdent pas, tant qu’ils ne donnent pas accès au diable, tant qu’ils soutiennent une guerre continuelle contre tout péché, contre l’orgueil, la colère, la convoitise, de sorte que la chair n’ait aucune domination sur eux, mais qu’ils continuent de marcher selon l’Esprit, il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. Dieu prend plaisir à leur obéissance sincère, quoique imparfaite ; et ils ont de l’assurance devant Dieu, sachant qu’ils sont à lui, par l’Esprit qu’il leur a donné. 1 Jean 3.24.7. And yet, for all this, they are not condemned. Although they feel the flesh, the evil nature in them, although they are more sensible day by day, that their heart is deceitful and desperately wicked: yet so long as they do not yield thereto, so long as they give no place to the devil, so long as they maintain a continual war, with all sin, with pride, anger, desire, so that the flesh hath no dominion over them, but they still walk after the Spirit: there is no condemnation to them which are in Christ Jesus. God is well-pleased with their sincere, tho’ imperfect obedience: and they have confidence toward God, knowing they are his, by the Spirit which he hath given them. 1 John iii. 24.
8. Bien plus, quatrièmement : bien qu’ils soient continuellement convaincus du péché qui s’attache à tout ce qu’ils font ; bien qu’ils aient conscience de ne pas accomplir la loi parfaite, ni dans leurs pensées, ni dans leurs paroles, ni dans leurs œuvres ; bien qu’ils sachent qu’ils n’aiment pas le Seigneur leur Dieu de tout leur cœur, de toute leur pensée, de toute leur âme et de toute leur force ; bien qu’ils sentent plus ou moins d’orgueil ou de volonté propre se glisser dans leurs meilleurs devoirs et s’y mêler ; bien que, même dans leurs rapports les plus directs avec Dieu, lorsqu’ils se réunissent avec la grande assemblée, et lorsqu’ils épanchent leur âme en secret devant celui qui voit toutes les pensées et les intentions du cœur, ils aient continuellement honte de leurs pensées vagabondes, ou de la froideur et de la torpeur de leurs affections ; il n’y a pourtant toujours aucune condamnation pour eux, ni de la part de Dieu ni de la part de leur propre cœur. La considération de ces défauts multiples ne fait que leur donner un sentiment plus profond qu’ils ont toujours besoin de ce sang de l’aspersion qui parle pour eux aux oreilles de Dieu, et de cet Avocat auprès du Père, toujours vivant pour intercéder en leur faveur. Ces défauts sont si loin de les éloigner de celui en qui ils ont cru, qu’ils les poussent plutôt plus près de celui dont ils sentent le besoin à chaque instant. Et en même temps, plus est profond le sentiment qu’ils ont de ce besoin, plus ardent est le désir qu’ils éprouvent, et plus ils mettent de diligence à marcher en lui, ainsi qu’ils ont reçu le Seigneur Jésus.8. Nay, fourthly, altho’ they are continually convinced of sin cleaving to all they do; altho’ they are conscious of not fulfilling the perfect law, either in their thoughts, or words, or works; altho’ they know they do not love the Lord their God, with all their heart, and mind, and soul and strength; altho’ they feel more or less of pride or self-will, stealing in and mixing with their best duties; altho’ even in their more immediate intercourse with God, when they assemble themselves with the great congregation, and when they pour out their souls in secret to him, who seeth all the thoughts and intents of the heart, they are continually ashamed of their wandring thoughts, or of the deadness and dulness of their affections; yet there is no condemnation to them still, either from God or from their own heart. The consideration of these manifold defects only gives them a deeper sense, that they have always need of that blood of sprinkling, which speaks for them in the ears of God, and that Advocate with the Father who ever liveth, to make intercession for them. So far are these from driving them away from him, in whom they have believed, that they rather drive them the closer to him, whom they feel the want of every moment. And at the same time, the deeper sense they have of this want, the more earnest desire do they feel, and the more diligent they are, as they have received the Lord Jesus, so to walk in him.
9. Ils ne sont pas condamnés, cinquièmement, pour les péchés d’infirmité, comme on les appelle d’ordinaire. (Peut-être serait-il préférable de les appeler plutôt infirmités, afin de ne pas paraître favoriser en rien le péché, ou l’atténuer à quelque degré, en l’associant ainsi à l’infirmité. Mais s’il nous faut conserver une expression si ambiguë et si dangereuse), par péchés d’infirmité j’entendrais ces manquements involontaires, tels que de dire une chose que nous croyons vraie, bien qu’en fait elle se trouve fausse ; ou de nuire à notre prochain sans le savoir ni le vouloir, peut-être alors que nous voulions lui faire du bien. Bien que ce soient là des écarts par rapport à la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait, ce ne sont pas proprement des péchés, et ils n’attirent aucune culpabilité sur la conscience de ceux qui sont en Jésus-Christ. Ils ne mettent pas de séparation entre Dieu et eux, et n’interceptent pas la lumière de sa face, n’étant aucunement incompatibles avec leur caractère général, qui est de marcher, non selon la chair, mais selon l’Esprit.9. They are not condemned, fifthly, for sins of infirmity, as they are usually called. (Perhaps it were adviseable rather to call them infirmities, that we may not seem to give any countenance to sin, or to extenuate it in any degree, by thus coupling it with infirmity. But if we must retain so ambiguous and dangerous an expression) by sins of infirmity I would mean, such involuntary failings, as the saying a thing we believe true, tho’ in fact it prove to be false; or the hurting our neighbour, without knowing or designing it; perhaps when we design’d to do him good. Tho’ these are deviations from the holy and acceptable and perfect will of God, yet they are not properly sins, nor do they bring any guilt on the conscience of them which are in Christ Jesus. They separate not between God and them, neither intercept the light of his countenance; as being no ways inconsistent with their general character, of walking not after the flesh but after the Spirit.
10. Enfin, il n’y a aucune condamnation pour eux à cause de quoi que ce soit qu’il ne soit pas en leur pouvoir d’empêcher, que ce soit de nature intérieure ou extérieure, et qu’il s’agisse de faire quelque chose ou de laisser quelque chose de côté. Par exemple : la Cène du Seigneur doit être administrée. Mais vous n’y participez pas. Pourquoi ? Vous êtes retenu par la maladie. Vous ne pouvez donc pas éviter de l’omettre ; et pour la même raison, vous n’êtes pas condamné. Il n’y a pas de culpabilité, parce qu’il n’y a pas de choix. Car la bonne volonté, quand elle existe, est agréable en raison de ce qu’on a, et non de ce qu’on n’a pas.10. Lastly, There is no condemnation to them for any thing whatever which it is not in their power to help; whether it be of an inward or outward nature, and whether it be doing something, or leaving something undone. For instance: the Lord’s supper is to be administered. But you do not partake thereof. Why do you not; you are confined by sickness. Therefore you cannot help omitting it: and for the same reason, you are not condemned. There is no guilt; because there is no choice. As there is a willing mind, it is accepted, according to that a man hath, not according to that he hath not.
11. Un croyant, il est vrai, peut parfois être affligé parce qu’il ne peut faire ce que son âme désire. Il peut s’écrier, lorsqu’il est empêché d’adorer Dieu dans la grande assemblée : Comme une biche soupire après des courants d’eau, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu ! Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant : quand irai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu ? Il peut désirer ardemment (disant toujours en son cœur : non pas comme je veux, mais comme tu veux) marcher de nouveau entouré de la foule, et s’avancer à sa tête vers la maison de Dieu. Mais toujours, s’il ne peut y aller, il ne sent aucune condamnation, aucune culpabilité, aucun sentiment du déplaisir de Dieu ; mais il peut renoncer joyeusement à ces désirs, en disant : Espère en Dieu, mon âme, car je le louerai encore ; il est mon salut et mon Dieu.11. A believer indeed may sometimes be grieved, because he cannot do what his soul longs for. He may cry out, when he is detain’d from worshipping God in the great congregation, Like as the hart panteth after the water-brooks, so panteth my soul after thee, O God. My soul is athirst for God, yea even for the living God: when shall I come to appear in the presence of God? He may earnestly desire (only still saying in his heart, not as I will, but as thou wilt) to go again with the multitude and bring them forth into the house of God. But still, if he cannot go, he feels no condemnation, no guilt, no sense of God’s displeasure: but can chearfully yield up those desires, with, O my soul, put thy trust in God: for I will yet give him thanks, who is the help of my countenance and my God.
12. Il est plus difficile de se prononcer sur ce qu’on appelle d’ordinaire les péchés de surprise : comme lorsque quelqu’un qui, d’habitude, possède son âme par la patience, sous une tentation soudaine et violente, parle ou agit d’une manière qui ne s’accorde pas avec la loi royale : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Peut-être n’est-il pas facile de fixer une règle générale touchant les transgressions de cette nature. Nous ne pouvons dire, en général, ni que les hommes sont condamnés, ni qu’ils ne le sont pas, pour les péchés de surprise. Mais il semble que, chaque fois qu’un croyant est surpris dans une faute, il y a plus ou moins de condamnation selon qu’il y a plus ou moins de concours de sa volonté. À proportion qu’un désir, une parole ou une action coupable est plus ou moins volontaire, nous pouvons concevoir que Dieu est plus ou moins mécontent, et qu’il y a plus ou moins de culpabilité sur l’âme.12. It is more difficult to determine concerning those which are usually stiled, sins of surprize: as when one who commonly in patience possesses his soul, on a sudden and violent temptation, speaks or acts in a manner not consistent with the royal law, Thou shalt love thy neighbour as thyself. Perhaps it is not easy to fix a general rule, concerning transgressions of this nature. We cannot say, either that men are, or that they are not condemned, for sins of surprize in general. But it seems, whenever a believer is by surprize over-taken in a fault, there is more or less condemnation, as there is more or less concurrence of his will. In proportion as a sinful desire or word or action is more or less voluntary, so we may conceive, God is more or less displeased, and there is more or less guilt upon the soul.
13. Mais s’il en est ainsi, il peut y avoir des péchés de surprise qui entraînent beaucoup de culpabilité et de condamnation. Car dans certains cas, le fait que nous soyons surpris est dû à quelque négligence volontaire et coupable, ou à une somnolence de l’âme qui aurait pu être prévenue ou secouée avant que la tentation ne vînt. Un homme peut être averti d’avance, soit par Dieu, soit par les hommes, que des épreuves et des dangers sont proches ; et pourtant il peut dire en son cœur : Un peu de sommeil, un peu d’assoupissement, un peu croiser les mains pour dormir. Or, si un tel homme tombe ensuite, même à l’improviste, dans le piège qu’il aurait pu éviter, le fait qu’il soit tombé à l’improviste n’est pas une excuse : il aurait pu prévoir et éviter le danger. La chute, même par surprise, dans un cas comme celui-là, est en effet un péché volontaire ; et comme tel elle doit exposer le pécheur à la condamnation, tant de la part de Dieu que de sa propre conscience.13. But if so, then there may be some sins of surprize, which bring much guilt and condemnation. For in some instances, our being surprized is owing to some wilful and culpable neglect; or to a sleepiness of soul which might have been prevented, or shaken off before the temptation came. A man may be previously warned either of God or man, that trials and danger are at hand: and yet may say in his heart, A little more slumber, a little more folding of the hands to rest. Now if such an one afterwards fall, tho’ unawares, into the snare which he might have avoided; that he fell unawares is no excuse: he might have foreseen, and have shuned the danger. The falling even by surprize, in such an instance as this, is, in effect, a wilful sin; and as such must expose the sinner to condemnation, both from God and his own conscience.
14. D’un autre côté, il peut y avoir des assauts soudains, soit du monde, soit du dieu de ce monde, et souvent de notre propre cœur mauvais, que nous n’avions pas prévus et que nous pouvions à peine prévoir. Et par ces assauts, même un croyant, tant qu’il est faible dans la foi, peut éventuellement être renversé, par exemple jusqu’à un certain degré de colère, ou jusqu’à penser du mal d’autrui, presque sans aucun concours de sa volonté. Or, dans un tel cas, le Dieu jaloux lui montrerait sans doute qu’il a agi follement. Il serait convaincu de s’être écarté de la loi parfaite, des sentiments qui étaient en Christ, et par conséquent attristé d’une tristesse selon Dieu et rempli d’une confusion pleine d’amour devant Dieu. Pourtant il n’a pas besoin de tomber sous la condamnation. Dieu ne lui impute pas sa folie, mais il a compassion de lui, comme un père a compassion de ses enfants. Et son cœur ne le condamne pas ; au milieu de cette tristesse et de cette confusion, il peut encore dire : J’aurai confiance, et je ne craindrai rien ; car l’Éternel, l’Éternel est ma force et le sujet de mes louanges ; c’est lui qui m’a sauvé.14. On the other hand, there may be sudden assaults, either from the world, or the God of this world, and frequently from our own evil hearts, which we did not, and hardly could foresee. And by these even a believer, while weak in faith, may possibly be borne down, suppose into a degree of anger, or thinking evil of another, with scarce any concurrence of his will. Now in such a case, the jealous God would undoubtedly shew him that he had done foolishly. He would be convinced of having swerved from the perfect law, from the mind which was in Christ, and consequently grieved with a godly sorrow, and lovingly ashamed before God. Yet need he not come into condemnation. God layeth not folly to his charge, but hath compassion upon him, even as a Father pitieth his own children. And his heart condemneth him not; in the midst of that sorrow and shame, he can still say, I will trust and not be afraid. For the Lord Jehovah is my strength and my song; he is also become my salvation.
III. 1. Il ne reste plus qu’à tirer quelques conséquences pratiques des considérations qui précèdent. Et d’abord, s’il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, et qui marchent, non selon la chair, mais selon l’Esprit, à cause de leur péché passé, alors pourquoi as-tu peur, homme de peu de foi ? Tes péchés eussent-ils été autrefois plus nombreux que le sable, qu’est-ce que cela pour toi, maintenant que tu es en Jésus-Christ ? Qui accusera les élus de Dieu ? C’est Dieu qui justifie ! Qui les condamnera ? Tous les péchés que tu as commis depuis ta jeunesse jusqu’à l’heure où tu as été agréé dans le Bien-aimé sont chassés comme la balle, ils sont partis, perdus, engloutis, on ne s’en souvient plus. Tu es maintenant né de l’Esprit : seras-tu troublé ou effrayé pour ce qui a été fait avant que tu fusses né ? Loin de toi tes craintes ! Tu n’es pas appelé à la crainte, mais à l’Esprit d’amour et de sagesse. Connais ta vocation. Réjouis-toi en Dieu ton Sauveur, et rends grâces par lui à Dieu ton Père.III. 1. It remains only, to draw some practical inferences from the preceding considerations. And, first, If there be no condemnation to them which are in Christ Jesus, and walk not after the flesh but after the Spirit, on account of their past sin: then why art thou fearful, O thou of little faith? Tho’ thy sins were once more in number than the sand, what is that to thee now thou art in Christ Jesus? Who shall lay any thing to the charge of God’s elect? It is God that justifieth: who is he that condemneth? All the sins thou hast committed from thy youth up, until the hour when thou wast accepted in the Beloved, are driven away as chaff, are gone, are lost, swallowed up, remembered no more. Thou art now born of the Spirit: wilt thou be troubled or afraid for what is done before thou wert born? Away with thy fears! Thou art not called to fear; but to the Spirit of love and of a sound mind. Know thy calling. Rejoice in God thy Saviour, and give thanks to God thy Father through him.
2. Diras-tu : « Mais j’ai de nouveau commis le péché depuis que j’ai eu la rédemption par son sang ; et c’est pour cela que je me condamne et me repens sur la poussière et sur la cendre » ? Il convient que tu te condamnes ; et c’est Dieu qui a opéré en toi cela même. Mais crois-tu maintenant ? T’a-t-il de nouveau rendu capable de dire : Je sais que mon Rédempteur est vivant ; et si je vis maintenant, je vis dans la foi au Fils de Dieu ? Alors cette foi efface de nouveau tout le passé, et il n’y a aucune condamnation pour toi. À quelque moment que tu croies vraiment au nom du Fils de Dieu, tous tes péchés antérieurs à cette heure s’évanouissent comme la rosée du matin. Maintenant donc, demeure ferme dans la liberté par laquelle Christ t’a affranchi. Il t’a une fois de plus affranchi de la puissance du péché, aussi bien que de sa culpabilité et de son châtiment. Oh ! ne te laisse pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude ! Ni la servitude vile et diabolique du péché, des mauvais désirs, des mauvaises dispositions, paroles ou œuvres, le joug le plus pesant de ce côté-ci de l’enfer ; ni la servitude d’une crainte servile et torturante, de la culpabilité et de la condamnation de soi-même.2. Wilt thou say, “But I have again committed sin, since I had redemption through his blood? And therefore it is, that I abhor myself, and repent in dust and ashes.” It is meet thou shouldst abhor thyself; and it is God who hath wrought thee to this self-same thing. But dost thou now believe? Hath he again enabled thee to say, I know that my Redeemer liveth: and the life which I now live, I live by faith in the Son of God? Then that faith again cancels all that is past, and there is no condemnation to thee. At whatsoever time thou truly believest in the name of the Son of God, all thy sins antecedent to that hour, vanish away as the morning dew. Now then, Stand thou fast in the liberty wherewith Christ hath made thee free. He hath once more made thee free from the power of sin, as well as from the guilt and punishment of it. O be not intangled again with the yoke of bondage! Neither the vile, devilish bondage of sin; of evil desires, evil tempers, or words, or works, the most grievous yoke on this side hell: nor the bondage of slavish, tormenting fear, of guilt and self-condemnation.
3. Mais, secondement : tous ceux qui demeurent en Jésus-Christ marchent-ils, non selon la chair, mais selon l’Esprit ? Alors nous ne pouvons qu’en conclure que quiconque commet maintenant le péché n’a ni part ni lot dans cette affaire. Il est dès maintenant condamné par son propre cœur. Mais si notre cœur nous condamne, si notre propre conscience rend témoignage que nous sommes coupables, sans doute Dieu le fait aussi ; car Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses ; de sorte que nous ne pouvons le tromper, même si nous pouvons nous tromper nous-mêmes. Et ne pense pas dire : « J’ai été justifié une fois ; mes péchés m’ont été pardonnés une fois. » Je n’en sais rien ; et je ne discuterai pas s’ils l’ont été ou non. Peut-être, à une telle distance de temps, est-il presque impossible de savoir avec un degré tolérable de certitude si ce fut une œuvre vraie et authentique de Dieu, ou si tu as seulement trompé ta propre âme. Mais je sais ceci avec le plus haut degré de certitude : Celui qui pèche est du diable. Tu as donc pour père le diable. On ne peut le nier, car tu fais les œuvres de ton père. Oh ! ne te flatte pas de vaines espérances. Ne dis pas à ton âme : Paix, paix ! car il n’y a point de paix. Crie à haute voix ! Crie à Dieu du fond de l’abîme, s’il peut entendre ta voix. Viens à lui comme au commencement, aussi malheureux et pauvre, aussi pécheur, misérable, aveugle et nu. Et prends garde de ne laisser aucun repos à ton âme jusqu’à ce que son amour qui pardonne te soit de nouveau révélé, jusqu’à ce qu’il guérisse tes infidélités et te remplisse de nouveau de la foi qui est agissante par la charité.3. But, secondly: Do all they which abide in Christ Jesus, walk not after the flesh, but after the Spirit? Then we cannot but infer, that whosoever now committeth sin, hath no part or lot in this matter. He is even now condemned by his own heart. But if our heart condemn us, if our own conscience beareth witness that we are guilty, undoubtedly God doth: for he is greater than our heart, and knoweth all things; so that we cannot deceive him, if we can ourselves. And think not to say, “I was justified once; my sins were once forgiven me.” I know not that: neither will I dispute whether they were or no. Perhaps, at this distance of time, ’tis next to impossible to know with any tolerable degree of certainty, whether that was a true, genuine work of God, or whether thou didst only deceive thy own soul. But this I know with the utmost degree of certainty, He that committeth sin is of the devil. Therefore thou art of thy father the devil. It cannot be denied: for the works of thy father thou dost. O flatter not thyself with vain hopes. Say not to thy soul, Peace, peace! For there is no peace. Cry aloud! Cry unto God out of the deep; if haply he may hear thy voice. Come unto him as at first, as wretched and poor, as sinful, miserable, blind and naked. And beware thou suffer thy soul to take no rest, till his pardoning love be again revealed, till he heal thy backslidings, and fill thee again with the faith that worketh by love.
4. Troisièmement : n’y a-t-il aucune condamnation pour ceux qui marchent selon l’Esprit, à cause du péché intérieur qui demeure encore, tant qu’ils n’y cèdent pas, ni à cause du péché qui s’attache à tout ce qu’ils font ? Alors ne t’irrite pas à cause de l’impiété, bien qu’elle demeure encore dans ton cœur. Ne murmure pas parce que tu es encore privé de la glorieuse image de Dieu, ni parce que l’orgueil, la volonté propre ou l’incrédulité s’attachent à toutes tes paroles et à toutes tes œuvres. Et ne crains pas de connaître tout le mal de ton cœur, de te connaître toi-même comme tu as été connu. Oui, demande à Dieu de ne pas avoir de toi-même une trop haute opinion. Que ta prière continuelle soit :4. Thirdly, Is there no condemnation to them which walk after the Spirit, by reason of inward sin still remaining, so long as they do not give way thereto; nor by reason of sin cleaving to all they do? Then fret not thyself because of ungodliness, tho’ it still remain in thy heart. Repine not, because thou still comest short of the glorious image of God: nor yet, because pride, self-will, or unbelief, cleave to all thy words and works. And be not afraid to know all the evil of thy heart, to know thyself as also thou art known. Yea, desire of God, that thou mayst not think of thyself more highly than thou oughtest to think. Let thy continual prayer be,
« Montre-moi, autant que mon âme peut le supporter, / la profondeur du péché inné ; / révèle toute l’incrédulité, / l’orgueil qui se cache au-dedans ! »“Shew me, as my soul can bear, / The depth of inbred sin: / All the unbelief declare, / The pride that lurks within!”
Mais quand il entendra ta prière et dévoilera ton cœur, quand il te montrera pleinement de quel esprit tu es animé, alors prends garde que ta foi ne défaille pas, que tu ne te laisses pas arracher ton bouclier. Sois abaissé. Sois humilié dans la poussière. Vois-toi comme rien, moins que rien et vanité. Mais toujours, que ton cœur ne se trouble point et ne s’alarme point. Retiens toujours ferme ceci : « Moi, oui, moi, j’ai un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Et autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant son amour est élevé au-dessus même de mes péchés. »—Dieu est donc apaisé envers toi, pécheur ! Un pécheur tel que tu es ! Dieu est amour, et Christ est mort. Donc le Père lui-même t’aime. Tu es son enfant. Donc il ne te refusera aucun bien. Est-il bon que tout le corps du péché, qui est maintenant crucifié en toi, soit détruit ? Cela se fera. Tu seras purifié de toute souillure de la chair et de l’esprit. Est-il bon que rien ne demeure dans ton cœur, sinon le pur amour de Dieu seul ? Prends courage ! Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta pensée, de toute ton âme et de toute ta force. Celui qui a fait la promesse est fidèle, et c’est lui qui le fera. C’est à toi de persévérer patiemment dans l’œuvre de la foi et dans le travail de la charité ; et, dans une paix joyeuse, dans une humble confiance, avec une attente calme et résignée, et pourtant ardente, d’attendre que le zèle de l’Éternel des armées fasse cela.But when he heareth thy prayer, and unveils thy heart, when he shews thee throughly what spirit thou art of: then beware that thy faith fail thee not, that thou suffer not thy shield to be torn from thee. Be abased. Be humbled in the dust. See thyself nothing, less than nothing and vanity. But still, let not thy heart be troubled, neither let it be afraid. Still hold fast, “I, even I, have an advocate with the Father, Jesus Christ the righteous. And as the heavens are higher than the earth, so is his love higher than even my sins.”—Therefore God is merciful to thee a sinner! Such a sinner as thou art! God is love; and Christ hath died. Therefore the Father himself loveth thee. Thou art his child. Therefore he will with-hold from thee no manner of thing that is good. Is it good, that the whole body of sin, which is now crucified in thee, should be destroyed? It shall be done. Thou shalt be cleansed from all filthiness both of flesh and spirit. Is it good that nothing should remain in thy heart, but the pure love of God alone? Be of good chear! Thou shalt love the Lord thy God, with all thy heart and mind and soul and strength. Faithful is he that hath promised, who also will do it. It is thy part, patiently to continue in the work of faith, and in the labour of love: and in chearful peace, in humble confidence, with calm and resigned, and yet earnest expectation, to wait till the zeal of the Lord of Hosts shall perform this.
5. Quatrièmement : si ceux qui sont en Christ, et qui marchent selon l’Esprit, ne sont pas condamnés pour les péchés d’infirmité, ni pour les manquements involontaires, ni pour quoi que ce soit qu’ils ne peuvent empêcher, alors prends garde, toi qui as foi en son sang, que Satan ne prenne en cela l’avantage sur toi. Tu es encore insensé et faible, aveugle et ignorant ; plus faible qu’aucun mot ne peut l’exprimer, plus insensé que ton cœur ne peut encore le concevoir, ne sachant rien encore comme il faut savoir. Pourtant, que toute ta faiblesse et ta folie, ou quelque fruit qui en provient et que tu ne peux encore éviter, n’ébranlent pas ta foi, ta confiance filiale en Dieu, et ne troublent pas ta paix ni ta joie dans le Seigneur. La règle que certains donnent au sujet des péchés volontaires, et qui dans ce cas peut-être est dangereuse, est sans aucun doute sage et sûre si on l’applique seulement au cas de la faiblesse et des infirmités. Es-tu tombé, homme de Dieu ? Ne reste pas là, à te tourmenter et à déplorer ta faiblesse ; mais dis avec douceur : Seigneur, je tomberai ainsi à chaque instant, si tu ne me soutiens de ta main. Et puis lève-toi ! Saute et marche. Poursuis ton chemin. Cours avec persévérance dans la carrière qui t’est ouverte.5. Fourthly, If they that are in Christ, and walk after the Spirit, are not condemned for sins of infirmity, as neither for involuntary failings, nor for any thing whatever which they are not able to help: then beware, O thou that hast faith in his blood, that Satan herein gain no advantage over thee. Thou art still foolish and weak, blind and ignorant: more weak than any words can express, more foolish than it can yet enter into thy heart to conceive, knowing nothing yet as thou oughtest to know. Yet let not all thy weakness and folly, or any fruit thereof, which thou art not yet able to avoid, shake thy faith, thy filial trust in God, or disturb thy peace or joy in the Lord. The rule which some give as to wilful sins, and which in that case, may perhaps be dangerous, is undoubtedly wise and safe, if it be applied only to the case of weakness and infirmities. Art thou fallen, O man of God? Yet do not lie there, fretting thyself and bemoaning thy weakness: But meekly say, Lord, I shall fall thus every moment, unless thou uphold me with thy hand. And then arise! Leap and walk. Go on thy way. Run with patience the race set before thee.
6. Enfin, puisqu’un croyant n’a pas besoin de tomber sous la condamnation, même s’il est surpris en ce que son âme abhorre (supposé que cette surprise ne soit due à aucune insouciance ou négligence volontaire de sa part), si toi qui crois, tu es ainsi surpris en quelque faute, alors épanche ta douleur devant le Seigneur ; ce sera un baume précieux. Répands ton cœur devant lui et expose-lui ta détresse. Et prie de toute ta force celui qui compatit à tes faiblesses, afin qu’il affermisse, fortifie et établisse ton âme, et qu’il ne te laisse plus tomber. Mais toujours il ne te condamne pas. Pourquoi craindrais-tu ? Tu n’as besoin d’aucune crainte qui suppose un châtiment. Tu aimeras celui qui t’aime, et cela suffit : plus d’amour apportera plus de force. Et aussitôt que tu l’aimeras de tout ton cœur, tu seras parfait et accompli, sans faillir en rien. Attends en paix cette heure où le Dieu de paix te sanctifiera tout entier, et que tout ton être, l’esprit, l’âme et le corps, sera conservé irrépréhensible lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ !6. Lastly, since a believer need not come into condemnation, even tho’ he be surprized into what his soul abhors, (suppose his being surprized is not owing to any carelessness or wilful neglect of his own:) if thou who believest, art thus over-taken in a fault, then grieve unto the Lord; it shall be a precious balm: pour out thy heart before him, and shew him of thy trouble. And pray with all thy might to him who is touched with the feeling of thy infirmities, that he would stablish and strengthen and settle thy soul, and suffer thee to fall no more. But still he condemneth thee not. Wherefore shouldst thou fear? Thou hast no need of any fear that hath torment. Thou shalt love him that loveth thee, and it sufficeth: more love will bring more strength. And as soon as thou lovest him with all thy heart, thou shalt be perfect and entire, lacking nothing. Wait in peace for that hour, when the God of peace shall sanctify thee wholly, so that thy whole spirit, and soul and body may be preserved blameless unto the coming of our Lord Jesus Christ!
5. L’adoption, l’assurance et le témoignage de l’Esprit5. Adoption, Assurance and the Spirit’s Witness
John Wesley, Sermons on Several Occasions, sermons IX et X : « L’esprit de servitude et l’esprit d’adoption » (Romains 8.15) et « Le témoignage de l’Esprit », premier discours (Romains 8.16), tirés de The Works of the Rev. John Wesley, vol. I (Bristol : William Pine, 1771), transcrits dans le livre numérique 59743 du Projet Gutenberg. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John Wesley, Sermons on Several Occasions, Sermons IX and X: “The Spirit of Bondage and of Adoption” (Romans 8:15) and “The Witness of the Spirit,” Discourse I (Romans 8:16), from The Works of the Rev. John Wesley, vol. I (Bristol: William Pine, 1771), transcribed as Project Gutenberg ebook 59743. Primary source; the interpretations are the author’s.
Note du STC : Wesley décrit trois états de l’âme : l’homme « naturel » (endormi, sans crainte ni amour de Dieu), l’homme « légal » (réveillé, « sous la loi », dans la crainte et la servitude) et l’homme « évangélique » (« sous la grâce », ayant l’Esprit d’adoption). La « filiation » (sonship) est le fait d’être enfant de Dieu ; les « enthousiastes » (enthusiasts) sont des fanatiques qui prennent leur propre imagination pour la voix de Dieu ; les critères sont des épreuves ou des marques. L’« assurance » est la connaissance intérieure qu’a le croyant, par le témoignage de l’Esprit, que ses péchés sont pardonnés.CTS note: Wesley describes three states of the soul: the “natural” man (asleep, without fear or love of God), the “legal” man (awakened, “under the law,” in fear and bondage) and the “evangelical” man (“under grace,” with the Spirit of adoption). “Sonship” means being a child of God; “Enthusiasts” are fanatics who mistake their own imagination for God’s voice; criteria are tests or marks. “Assurance” is the believer’s inward knowledge, by the Spirit’s witness, that his sins are forgiven.
SERMON IX. L’ESPRIT DE SERVITUDE ET L’ESPRIT D’ADOPTION.SERMON IX. THE SPIRIT OF BONDAGE AND OF ADOPTION.
Romains 8.15. Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père !ROMANS viii. 15. Ye have not received the spirit of bondage again unto fear: but ye have received the Spirit of adoption, whereby we cry, Abba, Father.
1. Saint Paul parle ici à ceux qui sont enfants de Dieu par la foi. Vous, dit-il, qui êtes vraiment ses enfants, vous avez été abreuvés de son Esprit. Vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte. Mais, parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans vos cœurs l’Esprit de son Fils. Vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père !1. ST. Paul here speaks to those who are the children of God by faith. Ye, saith he, who are indeed his children, have drank into his Spirit. Ye have not received the spirit of bondage again unto fear. But because ye are sons, God hath sent forth the Spirit of his Son into your hearts. Ye have received the Spirit of adoption, whereby we cry, Abba, Father.
2. L’esprit de servitude et de crainte est fort éloigné de cet Esprit d’adoption plein d’amour. Ceux qui ne sont mus que par une crainte servile ne peuvent être appelés fils de Dieu. Pourtant quelques-uns d’entre eux peuvent être appelés ses serviteurs, et ne sont pas loin du royaume des cieux.2. The spirit of bondage and fear is widely distant from this loving Spirit of adoption. Those who are influenced only by slavish fear, cannot be termed, the sons of God. Yet some of them may be stiled his servants, and are not far from the kingdom of heaven.
3. Mais il est à craindre que la plus grande partie du genre humain, oui, de ce qu’on appelle le monde chrétien, n’ait pas même atteint cela, mais soit encore bien loin ; Dieu n’est dans aucune de leurs pensées. On peut trouver quelques noms de ceux qui aiment Dieu ; il y en a quelques-uns de plus qui le craignent. Mais la plus grande partie n’a ni la crainte de Dieu devant les yeux, ni l’amour de Dieu dans le cœur.3. But it is to be feared, the bulk of mankind, yea, of what is call’d The Christian world, have not attain’d even this; but are still afar off, neither is God in all their thoughts. A few names may be found of those who love God: a few more there are that fear him. But the greater part have neither the fear of God before their eyes, nor the love of God in their hearts.
4. Peut-être la plupart d’entre vous, qui, par la miséricorde de Dieu, participez maintenant d’un esprit meilleur, vous souvenez-vous du temps où vous étiez comme eux, où vous étiez sous la même condamnation. Mais d’abord vous ne le saviez pas, bien que vous vous vautriez chaque jour dans vos péchés et dans votre sang ; jusqu’à ce que, au temps convenable, vous receviez l’esprit de crainte (vous le reçûtes, car cela aussi est un don de Dieu) ; et ensuite la crainte s’évanouit, et l’Esprit d’amour remplit vos cœurs.4. Perhaps most of you, who by the mercy of God, now partake of a better spirit, may remember the time, when ye were as they, when ye were under the same condemnation. But at first ye knew it not, tho’ ye were wallowing daily in your sins and in your blood: till in due time ye received the spirit of fear (ye received; for this also is the gift of God:) and afterwards, fear vanished away, and the Spirit of love filled your hearts.
5. Celui qui est dans le premier état d’esprit, sans crainte ni amour, est appelé dans l’Écriture l’homme naturel. De celui qui est sous l’esprit de servitude et de crainte, on dit parfois qu’il est sous la loi (bien que cette expression désigne plus souvent celui qui est sous la dispensation juive, ou qui se croit obligé d’observer tous les rites et toutes les cérémonies de la loi juive). Mais de celui qui a échangé l’esprit de crainte contre l’Esprit d’amour, on dit proprement qu’il est sous la grâce.5. One who is in the first state of mind, without fear or love, is in scripture term’d a natural man. One who is under the spirit of bondage and fear is sometimes said to be under the law: (altho’ that expression more frequently signifies one, who is under the Jewish dispensation, or who thinks himself obliged to observe all the rites and ceremonies of the Jewish law.) But one who has exchanged the spirit of fear for the Spirit of love, is properly said, to be under grace.
Or, parce qu’il nous importe grandement de savoir de quel esprit nous sommes animés, je m’efforcerai de décrire distinctement, premièrement, l’état de l’homme naturel ; secondement, celui de l’homme qui est sous la loi ; et troisièmement, celui de l’homme qui est sous la grâce.Now because it highly imports us, to know what spirit we are of, I shall endeavour to point out distinctly, first, The state of a natural man, secondly, That of one who is under the law, and thirdly, of one who is under grace.
I. 1. Et d’abord, l’état de l’homme naturel. L’Écriture le représente comme un état de sommeil. La voix de Dieu lui dit : Réveille-toi, toi qui dors. Car son âme est plongée dans un profond sommeil. Ses sens spirituels ne sont pas éveillés : ils ne discernent ni le bien ni le mal spirituels. Les yeux de son intelligence sont fermés ; ils sont scellés et ne voient pas. Les nuées et les ténèbres reposent continuellement sur eux, car il gît dans la vallée de l’ombre de la mort. De là, n’ayant aucune entrée pour la connaissance des choses spirituelles, toutes les avenues de son âme étant fermées, il est dans une ignorance grossière et stupide de tout ce qu’il lui importe le plus de connaître. Il ignore entièrement Dieu, ne sachant rien de lui comme il faudrait le savoir. Il est totalement étranger à la loi de Dieu quant à son sens véritable, intérieur et spirituel. Il n’a aucune idée de cette sainteté évangélique sans laquelle personne ne verra le Seigneur, ni du bonheur que trouvent seuls ceux dont la vie est cachée avec Christ en Dieu.I. 1. And, first, the state of a natural man. This the scripture represents as a state of sleep. The voice of God to him is, Awake, thou that sleepest. For his soul is in a deep sleep. His spiritual senses are not awake: they discern neither spiritual good nor evil. The eyes of his understanding are closed; they are sealed together, and see not. Clouds and darkness continually rest upon them; for he lies in the valley of the shadow of death. Hence having no inlets for the knowledge of spiritual things, all the avenues of his soul being shut up, he is in gross, stupid ignorance of whatever he is most concerned to know. He is utterly ignorant of God, knowing nothing concerning him as he ought to know. He is totally a stranger to the law of God, as to its true, inward, spiritual meaning. He has no conception of that evangelical holiness, without which no man shall see the Lord; nor of the happiness, which they only find, whose life is hid with Christ in God.
2. * Et pour cette raison même, parce qu’il est profondément endormi, il est en quelque sorte en repos. Parce qu’il est aveugle, il est aussi tranquille ; il dit : Bah ! il ne m’arrivera point de mal. Les ténèbres qui le couvrent de tous côtés le maintiennent dans une sorte de paix (autant que la paix peut s’accorder avec les œuvres du diable et avec un esprit terrestre et diabolique). Il ne voit pas qu’il se tient au bord de l’abîme ; c’est pourquoi il ne le craint pas. Il ne peut trembler devant le danger qu’il ne connaît pas. Il n’a pas assez d’intelligence pour craindre. Pourquoi n’éprouve-t-il aucune terreur de Dieu ? Parce qu’il l’ignore totalement : s’il ne dit pas dans son cœur : Il n’y a point de Dieu, ou qu’il est assis au-dessus du cercle de la terre, et ne s’abaisse pas pour regarder les choses qui se font sur la terre, il se satisfait tout aussi bien, à toutes fins épicuriennes, en disant : « Dieu est miséricordieux » ; confondant et engloutissant à la fois, dans cette idée démesurée de miséricorde, toute sa sainteté et sa haine essentielle du péché, toute sa justice, sa sagesse et sa vérité. Il n’a aucune terreur de la vengeance annoncée contre ceux qui n’obéissent pas à la bienheureuse loi de Dieu, parce qu’il ne la comprend pas. Il s’imagine que le point principal est d’agir ainsi, d’être extérieurement irréprochable ; et il ne voit pas qu’elle s’étend à toute disposition, à tout désir, à toute pensée, à tout mouvement du cœur. Ou bien il se figure que l’obligation d’y obéir a cessé ; que Christ est venu abolir la loi et les prophètes ; sauver son peuple dans ses péchés, et non de ses péchés ; l’amener au ciel sans la sainteté. Malgré ses propres paroles : Il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé ; et : Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.2. * And for this very reason, because he is fast asleep, he is, in some sense, at rest. Because he is blind, he is also secure: he saith, Tush, there shall no harm happen unto me. The darkness which covers him on every side, keeps him in a kind of peace: (so far as peace can consist with the works of the devil, and with an earthly, devilish mind.) He sees not that he stands on the edge of the pit; therefore he fears it not. He cannot tremble at the danger he does not know. He has not understanding enough to fear. Why is it that he is in no dread of God? Because he is totally ignorant of him: if not saying in his heart, there is no God, or, that he sitteth on the circle of the heavens, and humbleth not himself to behold the things which are done on earth; yet satisfying himself as well, to all Epicurean intents and purposes, by saying, “God is merciful:” confounding and swallowing up at once, in that unweildy idea of mercy, all his holiness and essential hatred of sin, all his justice, wisdom and truth. He is in no dread of the vengeance denounced against those who obey not the blessed law of God, because he understands it not. He imagines the main point is, to do thus, to be outwardly blameless: and sees not that it extends to every temper, desire, thought, motion of the heart. Or he fancies, that the obligation hereto is ceas’d; that Christ came to destroy the law and the prophets; to save his people in, not from their sins: to bring them to heaven, without holiness. Notwithstanding his own words, Not one jot or tittle of the law shall pass away, till all things are fulfilled: and, Not every one that saith unto me, Lord, Lord! shall enter into the kingdom of heaven; but he that doth the will of my Father which is in heaven.
3. Il est tranquille parce qu’il s’ignore entièrement lui-même. De là vient qu’il parle de « se repentir plus tard » ; il ne sait pas exactement quand, mais un jour ou l’autre avant de mourir, tenant pour certain que cela est tout à fait en son pouvoir. Car qu’est-ce qui l’empêcherait de le faire, s’il le veut ? Pourvu qu’il prenne une fois une résolution, nul doute qu’il ne la tienne.3. He is secure, because he is utterly ignorant of himself. Hence he talks of “repenting by and by;” he does not indeed exactly know when; but some time or other before he dies: taking it for granted, that this is quite in his own power. For what should hinder his doing it, if he will? If he does but once set a resolution, no fear but he will make it good.
4. Mais cette ignorance n’éclate jamais si fortement que chez ceux qu’on appelle des hommes instruits. Si un homme naturel est l’un d’eux, il peut discourir longuement de ses facultés rationnelles, de la liberté de sa volonté, et de l’absolue nécessité d’une telle liberté pour faire de l’homme un agent moral. Il lit, il argumente, et il prouve jusqu’à la démonstration que tout homme peut faire ce qu’il veut, peut disposer son propre cœur au mal ou au bien, selon ce qui lui semble le meilleur à ses propres yeux. Ainsi le dieu de ce siècle étend sur son cœur un double voile d’aveuglement, de peur que la lumière de l’Évangile de la gloire de Christ ne l’éclaire d’aucune manière.4. But this ignorance never so strongly glares, as in those who are term’d, men of learning. If a natural man be one of these, he can talk at large of his rational faculties: of the freedom of his will, and the absolute necessity of such freedom, in order to constitute man a moral agent. He reads and argues, and proves to a demonstration, that every man may do as he will; may dispose his own heart to evil or good, as it seems best in his own eyes. Thus the God of this world spreads a double veil of blindness over his heart, lest by any means the light of the glorious gospel of Christ should shine upon it.
5. De la même ignorance de soi-même et de Dieu peut naître parfois chez l’homme naturel une sorte de joie, quand il se félicite de sa propre sagesse et de sa propre bonté. Et ce que le monde appelle joie, il peut souvent le posséder. Il peut avoir des plaisirs de diverses sortes, soit en satisfaisant les désirs de la chair, soit la convoitise des yeux, soit l’orgueil de la vie ; particulièrement s’il a de grands biens, s’il jouit d’une fortune opulente. Alors il peut se vêtir de pourpre et de fin lin, et mener joyeuse et brillante vie chaque jour. Et tant qu’il se fait du bien à lui-même de cette manière, les hommes sans doute diront du bien de lui. Ils diront que c’est un homme heureux ; car en vérité c’est là toute la somme du bonheur mondain : s’habiller, faire des visites, causer, manger, boire, et se lever pour se divertir.5. From the same ignorance of himself and God there may sometimes arise in the natural man a kind of joy, in congratulating himself, upon his own wisdom and goodness. And what the world calls joy, he may often possess. He may have pleasure in various kinds; either in gratifying the desires of the flesh, or the desire of the eye, or the pride of life: particularly if he has large possessions; if he enjoy an affluent fortune. Then he may cloath himself in purple and fine linen, and fare sumptuously every day. And so long as he thus doth well unto himself, men will doubtless speak good of him. They will say, he is a happy man: for indeed this is the sum of worldly happiness: to dress, and visit, and talk, and eat, and drink, and rise up to play.
6. Il n’est pas surprenant qu’un homme dans de telles circonstances, assoupi par les narcotiques de la flatterie et du péché, s’imagine, parmi ses autres rêves éveillés, qu’il marche dans une grande liberté. Avec quelle facilité peut-il se persuader qu’il est affranchi de toutes les erreurs vulgaires et des préjugés de l’éducation, jugeant parfaitement juste et se tenant éloigné de tous les extrêmes ! « Je suis libre (peut-il dire) de tout l’enthousiasme des âmes faibles et étroites ; de la superstition, maladie des sots et des lâches, toujours justes à l’excès ; et de l’étroitesse d’esprit, qui frappe continuellement ceux qui n’ont pas une manière de penser libre et généreuse. » Et il n’est que trop sûr qu’il est entièrement libre de la sagesse d’en haut, de la sainteté, de la religion du cœur, de tous les sentiments qui étaient en Christ.6. It is not surprizing, if one in such circumstances as these, dozed with the opiates of flattery and sin, should imagine; among his other waking dreams, that he walks in great liberty. How easily may he persuade himself, that he is at liberty from all vulgar errors, and from the prejudice of education, judging exactly right, and keeping clear of all extremes. “I am free (may he say) from all the enthusiasm of weak and narrow souls: from superstition, the disease of fools and cowards, always righteous over much; and from bigotry, continually incident to those who have not a free and generous way of thinking.” And too sure it is, that he is altogether free, from the wisdom which cometh from above, from holiness, from the religion of the heart, from the whole mind which was in Christ.
7. Car pendant tout ce temps il est l’esclave du péché. Il commet le péché, plus ou moins, jour après jour. Pourtant il n’est pas troublé : il « n’est dans aucune servitude » (comme certains disent) ; il ne sent aucune condamnation. Il se contente (même s’il fait profession de croire que la révélation chrétienne vient de Dieu) de dire : « L’homme est fragile. Nous sommes tous faibles. Chacun a son infirmité. » Peut-être cite-t-il l’Écriture : « Eh quoi ! Salomon ne dit-il pas : ‘Le juste tombe dans le péché sept fois par jour’ ? Et sans doute ce sont tous des hypocrites ou des enthousiastes, ceux qui prétendent être meilleurs que leurs voisins. » Si à quelque moment une pensée sérieuse se fixe sur lui, il l’étouffe aussitôt que possible en disant : « Pourquoi craindrais-je, puisque Dieu est miséricordieux et que Christ est mort pour les pécheurs ? » Ainsi il demeure un esclave volontaire du péché, content de la servitude de la corruption ; impie au-dedans et au-dehors, et satisfait de l’être ; non seulement il ne triomphe pas du péché, mais il ne s’efforce même pas d’en triompher, particulièrement de ce péché qui l’enveloppe si facilement.7. For all this time, he is the servant of sin. He commits sin, more or less, day by day. Yet he is not troubled: He “is in no bondage;” (as some speak) he feels no condemnation. He contents himself, (even tho’ he should profess to believe that the Christian revelation is of God) with, “Man is frail. We are all weak. Every man has his infirmity.” Perhaps he quotes scripture: “Why, does not Solomon say, ‘The righteous man falls into sin seven times a day?’ And doubtless, they are all hypocrites or enthusiasts who pretend to be better than their neighbours.” If at any time a serious thought fix upon him, he stifles it as soon as possible, with, “Why should I fear, since God is merciful, and Christ died for sinners?” Thus he remains a willing servant of sin, content with the bondage of corruption; inwardly and outwardly unholy, and satisfied therewith; not only not conquering sin, but not striving to conquer, particularly that sin, which doth so easily beset him.
8. Tel est l’état de tout homme naturel, qu’il soit un transgresseur grossier et scandaleux, ou un pécheur plus honorable et plus convenable, ayant l’apparence, mais non la force, de la piété. Mais comment un tel homme peut-il être convaincu de péché ? Comment est-il amené à se repentir ? À être sous la loi ? À recevoir l’esprit de servitude, pour être dans la crainte ? C’est le point qu’il faut considérer maintenant.8. Such is the state of every natural man; whether he be a gross, scandalous transgressor, or a more reputable and decent sinner, having the form, tho’ not the power of godliness. But how can such an one be convinced of sin? How is he brought to repent? To be under the law? To receive the spirit of bondage unto fear? This is the point which is next to be consider’d.
II. 1. Par quelque providence redoutable, ou par sa parole appliquée avec la démonstration de son Esprit, Dieu touche le cœur de celui qui était endormi dans les ténèbres et l’ombre de la mort. Il est terriblement secoué de son sommeil et s’éveille à la conscience de son danger. Peut-être en un instant, peut-être par degrés, les yeux de son intelligence sont ouverts, et maintenant pour la première fois (le voile étant en partie ôté) ils discernent l’état réel où il se trouve. Une lumière horrible fait irruption dans son âme ; une lumière telle qu’on peut l’imaginer jaillissant de l’abîme sans fond, des profondeurs les plus basses, d’un étang de feu et de soufre. Il voit enfin que le Dieu plein d’amour et de miséricorde est aussi un feu dévorant ; qu’il est un Dieu juste et terrible, qui rend à chacun selon ses œuvres, qui entre en jugement avec l’impie pour toute parole vaine, oui, et pour les imaginations du cœur. Il perçoit maintenant clairement que le grand et saint Dieu a les yeux trop purs pour voir le mal ; qu’il est le vengeur de quiconque se rebelle contre lui, et qu’il use de représailles en face envers le méchant ; et que c’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant.II. 1. By some awful providence, or by his word applied with the demonstration of his Spirit, God touches the heart of him that lay asleep in darkness and in the shadow of death. He is terribly shaken out of his sleep, and awakes into a consciousness of his danger. Perhaps in a moment, perhaps by degrees, the eyes of his understanding are opened, and now first (the veil being in part removed) discern the real state he is in. Horrid light breaks in upon his soul; such light, as may be conceived to gleam from the bottomless pit, from the lowest deep, from a lake of fire, burning with brimstone. He at last sees the loving, the merciful God, is also a consuming fire; that he is a just God and a terrible, rendering to every man according to his works, entering into judgment with the ungodly for every idle word, yea, and for the imaginations of the heart. He now clearly perceives, that the great and holy God is of purer eyes than to behold iniquity: that he is an avenger of every one who rebelleth against him, and repayeth the wicked to his face; and that it is a fearful thing, to fall into the hands of the living God.
3. Le sens intérieur et spirituel de la loi de Dieu commence maintenant à éclater devant lui. Il voit que le commandement est d’une immense étendue, et que rien ne se dérobe à sa lumière. Il est convaincu que chacune de ses parties se rapporte non seulement au péché ou à l’obéissance extérieurs, mais à ce qui se passe dans les replis secrets de l’âme, qu’aucun œil sinon celui de Dieu ne peut pénétrer. S’il entend maintenant : Tu ne tueras point, Dieu parle d’une voix de tonnerre : Quiconque hait son frère est un meurtrier. Celui qui dit à son frère : Insensé ! mérite d’être puni par le feu de la géhenne. Si la loi dit : Tu ne commettras point d’adultère, la voix du Seigneur retentit à ses oreilles : Quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. Et ainsi, en tout point, il sent que la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants. Elle pénètre même jusqu’à partager son âme et son esprit, ses jointures et ses moelles. Et cela d’autant plus qu’il a conscience en lui-même d’avoir négligé un si grand salut ; d’avoir foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui l’aurait sauvé de ses péchés, et d’avoir tenu pour profane le sang de l’alliance, chose commune et qui ne sanctifie pas.3. The inward, spiritual meaning of the law of God now begins to glare upon him. He perceives the commandment is exceeding broad, and there is nothing hid from the light thereof. He is convinced, that every part of it relates not barely to outward sin or obedience, but to what passes in the secret recesses of the soul, which no eye but God’s can penetrate. If he now hears, Thou shalt not kill, God speaks in thunder, He that hateth his brother is a murtherer. He that saith unto his brother, Thou fool, is obnoxious to hell-fire. If the law say, Thou shalt not commit adultery, the voice of the Lord sounds in his ears, He that looketh on a woman, to lust after her, hath committed adultery with her already in his heart. And thus in every point, he feels the word of God quick and powerful, sharper than a two-edged sword. It pierces even to the dividing asunder of his soul and spirit, his joints and marrow. And so much the more, because he is conscious to himself of having neglected so great salvation; of having trodden under foot the Son of God, who would have saved him from his sins, and counted the blood of the covenant an unholy, a common, unsanctifying thing.
4. Et comme il sait que tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte, il se voit lui-même nu, dépouillé de toutes les feuilles de figuier qu’il avait cousues ensemble, de toutes ses pauvres prétentions à la religion ou à la vertu, et de ses misérables excuses pour pécher contre Dieu. Il se voit maintenant, comme les sacrifices d’autrefois, τετραχηλισμένον, fendu, pour ainsi dire, depuis le cou jusqu’en bas, de sorte que tout ce qui est en lui est mis à découvert. Son cœur est à nu, et il voit qu’il n’est que péché, tortueux par-dessus tout, et méchant ; qu’il est entièrement corrompu et abominable, plus qu’aucune langue ne peut l’exprimer ; qu’il n’y habite aucun bien, mais seulement l’injustice et l’impiété, chacun de ses mouvements, chacune de ses dispositions et de ses pensées se portant chaque jour uniquement vers le mal.4. And as he knows all things are naked and opened unto the eyes of him with whom we have to do, so he sees himself, naked, stript of all the fig-leaves which he had sewed together, of all his poor pretences to religion or virtue, and his wretched excuses for sinning against God. He now sees himself, like the ancient sacrifices, τετραχηλισμένον, cleft in sunder, as it were, from the neck downward, so that all within him stands confest. His heart is bare, and he sees it is all sin, deceitful above all things, desperately wicked; that it is altogether corrupt and abominable, more than it is possible for tongue to express: that there dwelleth therein no good thing, but unrighteousness and ungodliness only; every motion thereof, every temper and thought, being only evil continually.
5. Et non seulement il voit, mais il sent en lui-même, par une émotion de l’âme qu’il ne peut décrire, que pour les péchés de son cœur, sa vie fût-elle irréprochable (ce qu’elle n’est pas et ne peut être, puisqu’un mauvais arbre ne peut porter de bons fruits), il mérite d’être jeté dans le feu qui ne s’éteint point. Il sent que le salaire, la juste récompense du péché, de son péché par-dessus tout, c’est la mort ; oui, la seconde mort, la mort qui ne meurt pas, la destruction du corps et de l’âme dans la géhenne.5. And he not only sees, but feels in himself, by an emotion of soul which he cannot describe, that for the sins of his heart, were his life without blame, (which yet it is not, and cannot be: seeing an evil tree cannot bring forth good fruit) he deserves to be cast into the fire that never shall be quenched. He feels, that the wages, the just reward of sin, of his sin above all, is death; even the second death, the death which dieth not, the destruction of body and soul in hell.
6. * Ici finissent son rêve agréable, son repos trompeur, sa fausse paix, sa vaine sécurité. Sa joie s’évanouit maintenant comme une nuée ; les plaisirs autrefois aimés ne le charment plus. Ils sont fades à son goût ; il a en horreur leur douceur écœurante ; il est las de les supporter. Les ombres du bonheur s’enfuient et sombrent dans l’oubli. De sorte qu’il est dépouillé de tout, et qu’il erre çà et là, cherchant du repos et n’en trouvant point.6. * Here ends his pleasing dream, his delusive rest, his false peace, his vain security. His joy now vanishes as a cloud: pleasures, once loved delight no more. They pall upon the taste; he loaths the nauseous sweet; he is weary to bear them. The shadows of happiness flee away, and sink into oblivion. So that he is stript of all, and wanders to and fro, seeking rest, but finding none.
7. Les vapeurs de ces narcotiques étant maintenant dissipées, il sent l’angoisse d’un esprit blessé. Il découvre que le péché lâché sur l’âme (que ce soit l’orgueil, la colère ou le mauvais désir, que ce soit la volonté propre, la malice, l’envie, la vengeance ou quelque autre) est une parfaite misère. Il éprouve la tristesse du cœur pour les bénédictions qu’il a perdues et pour la malédiction qui est venue sur lui ; le remords de s’être ainsi perdu lui-même et d’avoir méprisé ses propres miséricordes ; la crainte, née d’un vif sentiment de la colère de Dieu et des conséquences de sa colère, du châtiment qu’il a justement mérité et qu’il voit suspendu sur sa tête ; la crainte de la mort, qui est pour lui la porte de l’enfer, l’entrée de la mort éternelle ; la crainte du diable, exécuteur de la colère et de la juste vengeance de Dieu ; la crainte des hommes, qui, s’ils pouvaient tuer son corps, plongeraient par là corps et âme dans l’enfer ; une crainte qui s’élève parfois à un tel point que la pauvre âme pécheresse et coupable est terrifiée de tout, de rien, des ombres, d’une feuille agitée par le vent. Oui, parfois elle peut même toucher à la démence, rendant un homme ivre, mais non de vin, suspendant l’exercice de la mémoire, de l’intelligence, de toutes les facultés naturelles. Parfois elle peut approcher du bord même du désespoir, de sorte que celui qui tremble au nom de la mort peut pourtant être prêt à s’y jeter à chaque instant, à choisir d’être étranglé plutôt que de vivre. Un tel homme peut bien rugir, comme celui d’autrefois, à cause du trouble de son cœur. Il peut bien s’écrier : L’esprit de l’homme le soutient dans la maladie ; mais l’esprit abattu, qui le relèvera ?7. The fumes of those opiates being now dispelled, he feels the anguish of a wounded spirit. He finds that sin let loose upon the soul (whether it be pride, anger, or evil desire, whether self-will, malice, envy, revenge, or any other) is perfect misery. He feels sorrow of heart for the blessings he has lost, and the curse which is come upon him; remorse for having thus destroyed himself, and despised his own mercies; fear, from a lively sense of the wrath of God, and of the consequences of his wrath; of the punishment which he has justly deserved, and which he sees hanging over his head; fear of death, as being to him the gate of hell, the entrance of death eternal; fear of the devil, the executioner of the wrath and righteous vengeance of God; fear of men, who if they were able to kill his body, would thereby plunge both body and soul into hell; fear, sometimes arising to such a height, that the poor, sinful, guilty soul, is terrified with every thing, with nothing, with shades, with a leaf shaken of the wind. Yea sometimes it may even border upon distraction, making a man drunken, tho’ not with wine, suspending the exercise of the memory, of the understanding, of all the natural faculties. Sometimes it may approach to the very brink of despair: so that he who trembles at the name of death, may yet be ready to plunge into it every moment, to chuse strangling rather than life. Well may such a man roar, like him of old, for the very disquietness of his heart. Well may he cry out, The spirit of a man may sustain his infirmities; but a wounded spirit who can bear?
8. Maintenant il désire vraiment se libérer du péché, et il commence à lutter contre lui. Mais bien qu’il lutte de toute sa force, il ne peut vaincre : le péché est plus puissant que lui. Il voudrait s’échapper, mais il est si étroitement enfermé dans la prison qu’il ne peut en sortir. Il prend des résolutions contre le péché, et pourtant il continue de pécher ; il voit le piège, il l’abhorre, et il s’y précipite. Voilà ce que vaut sa raison tant vantée ! Elle ne sert qu’à aggraver sa culpabilité et à augmenter sa misère. Telle est la liberté de sa volonté ! Libre seulement pour le mal ; libre de boire l’iniquité comme l’eau ; de s’éloigner de plus en plus du Dieu vivant, et d’outrager davantage l’Esprit de la grâce !8. Now he truly desires to break loose from sin, and begins to struggle with it. But tho’ he strive with all his might, he cannot conquer; sin is mightier than he. He would fain escape; but he is so fast in prison, that he cannot get forth. He resolves against sin, but yet sins on: he sees the snare, and abhors, and runs into it. So much does his boasted reason avail! Only to inhance his guilt, and increase his misery. Such is the freedom of his will! Free only to evil; free to drink in iniquity like water; to wander farther and farther from the living God, and do more despight to the Spirit of grace!
9. Plus il s’efforce, souhaite et travaille pour être libre, plus il sent ses chaînes, les lourdes chaînes du péché, par lesquelles Satan le lie et le tient captif pour faire sa volonté ; il est son esclave, si fort qu’il murmure ; bien qu’il se révolte, il ne peut prévaloir. Il est toujours dans la servitude et la crainte à cause du péché : généralement de quelque péché extérieur auquel il est particulièrement enclin, soit par nature, soit par habitude, soit par les circonstances extérieures ; mais toujours de quelque péché intérieur, de quelque mauvaise disposition ou affection impie. Et plus il s’irrite contre lui, plus il prévaut ; il peut mordre sa chaîne, mais non la briser. Ainsi il peine sans fin, se repentant et péchant, puis se repentant et péchant encore, jusqu’à ce qu’enfin le pauvre misérable, pécheur et impuissant, soit à bout de ressources et ne puisse plus que gémir : Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ?9. The more he strives, wishes, labours to be free, the more does he feel his chains, the grievous chains of sin, wherewith Satan binds and leads him captive at his will: his servant he is, tho’ he repine ever so much; tho’ he rebel, he cannot prevail. He is still in bondage and fear, by reason of sin: generally, of some outward sin to which he is peculiarly disposed, either by nature, custom or outward circumstances; but always, of some inward sin, some evil temper or unholy affection. And the more he frets against it, the more it prevails; he may bite, but cannot break his chain. Thus he toils without end, repenting and sinning, and repenting and sinning again, till at length the poor sinful, helpless wretch is even at his wit’s end, and can barely groan, O wretched man that I am, who shall deliver me from the body of this death?
10. * Toute cette lutte de celui qui est sous la loi, sous l’esprit de crainte et de servitude, est admirablement décrite par l’apôtre dans le chapitre précédent, où il parle en la personne d’un homme réveillé. Pour moi (dit-il), étant autrefois sans loi, je vivais, vers. 9. J’avais beaucoup de vie, de sagesse, de force et de vertu ; c’est ce que je pensais. Mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus. Quand le commandement, dans son sens spirituel, vint à mon cœur avec la puissance de Dieu, mon péché inné fut excité, irrité, enflammé, et toute ma vertu s’éteignit. Et le commandement qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort. Car le péché saisissant l’occasion, me séduisit par le commandement, et par lui me fit mourir, vers. 10, 11. Il vint sur moi à l’improviste, tua toutes mes espérances et montra clairement qu’au milieu de la vie j’étais dans la mort. La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon, vers. 12. Je n’en rejette plus la faute sur elle, mais sur la corruption de mon propre cœur. Je reconnais que la loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché, vers. 14. Je vois maintenant à la fois la nature spirituelle de la loi et mon propre cœur charnel et diabolique ; vendu au péché, totalement asservi (comme les esclaves achetés à prix d’argent, qui étaient absolument à la disposition de leur maître). Car je ne sais pas ce que je fais : je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais, vers. 15. Telle est la servitude sous laquelle je gémis ; telle est la tyrannie de mon dur maître. J’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas, vers. 18, 19. Je trouve donc en moi cette loi, une puissance intérieure qui me contraint : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. Car je prends plaisir à (ou je consens à) la loi de Dieu, selon l’homme intérieur (vers. 21, 22). Dans mon entendement (c’est ainsi que l’apôtre s’explique lui-même dans les paroles qui suivent immédiatement ; et c’est ainsi que ὁ ἔσω ἄνθρωπος, l’homme intérieur, est compris chez tous les autres écrivains grecs). Mais je vois dans mes membres une autre loi, une autre puissance qui me contraint, qui lutte contre la loi de mon entendement, ou de l’homme intérieur, et qui me rend captif de la loi, ou de la puissance, du péché, vers. 23, me traînant pour ainsi dire attaché aux roues du char de mon vainqueur, jusque dans ce que mon âme abhorre. Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? vers. 24. Qui me délivrera de cette vie impuissante et mourante, de cette servitude du péché et de la misère ? Jusqu’à ce que cela soit fait, moi-même (ou plutôt ce moi, αὐτὸς ἐγώ, cet homme que je représente maintenant), je suis par l’entendement, ou l’homme intérieur, esclave de la loi de Dieu ; mon entendement, ma conscience est du côté de Dieu ; mais je suis par la chair, par mon corps, esclave de la loi du péché, vers. 25, entraîné par une force à laquelle je ne puis résister.10. * This whole struggle of one who is under the law, under the spirit of fear and bondage, is beautifully described by the apostle in the foregoing chapter, speaking in the person of an awaken’d man. I (saith he) was alive without the law once, ver. 9. I had much life, wisdom, strength and virtue; so I thought: but when the commandment came, sin revived, and I died. When the commandment, in its spiritual meaning, came to my heart, with the power of God, my inbred sin was stirred up, fretted, inflamed, and all my virtue died away. And the commandment, which was ordained to life, I found to be unto death. For sin, taking occasion by the commandment, deceived me, and by it slew me, ver. 10, 11. It came upon me unawares, slew all my hopes, and plainly shewed, in the midst of life I was in death. Wherefore the law is holy, and the commandment holy, and just and good, ver. 12. I no longer lay the blame on this, but on the corruption of my own heart. I acknowledge that the law is spiritual: but I am carnal, sold under sin, ver. 14. I now see both the spiritual nature of the law, and my own carnal, devilish heart; sold under sin, totally inslaved: (like slaves bought with money, who were absolutely at their master’s disposal.) For that which I do, I allow not; for what I would, I do not; but what I hate, that I do, ver. 15. Such is the bondage under which I groan; such the tyranny of my hard master. To will is present with me, but how to perform that which is good, I find not. For the good that I would, I do not: but the evil which I would not, that I do, ver. 18, 19. I find a law, an inward constraining power, that when I would do good, evil is present with me. For I delight in (or consent to) the law of God, after the inward man: (ver. 21, 22.) In my mind: (so the apostle explains himself in the words that immediately follow: and so ὁ ἔσω ἄνθρωπος, the inward man, is understood in all other Greek writers.) But I see another law in my members, another constraining power, warring against the law of my mind, or inward man, and bringing me into captivity to the law, or power, of sin, ver. 23, dragging me as it were at my conqueror’s chariot-wheels, into the very thing which my soul abhors. O wretched man that I am, who shall deliver me from the body of this death! ver. 24. Who shall deliver me from this helpless, dying life: from this bondage of sin and misery! Till this is done, I myself (or rather, that I, αὐτὸς ἐγὼ, that man I am now personating) with the mind, or inward man, serve the law of God; my mind, my conscience is on God’s side: but with the flesh; with my body, the law of sin, ver. 25, being hurried away by a force I cannot resist.
11. Quel portrait vivant de l’homme qui est sous la loi ! De celui qui sent le fardeau qu’il ne peut secouer ; qui soupire après la liberté, la puissance et l’amour, mais qui est toujours dans la crainte et la servitude ! Jusqu’au moment où Dieu répond au misérable qui s’écrie : Qui me délivrera de cette servitude du péché, de ce corps de mort ? La grâce de Dieu, par Jésus-Christ ton Seigneur.11. How lively a portraiture is this of one under the law! One who feels the burthen he cannot shake off; who pants after liberty, power and love, but is in fear and bondage still! Until the time that God answers the wretched man, crying out, Who shall deliver me, from this bondage of sin, from this body of death? The grace of God, through Jesus Christ thy Lord.
III. 1. C’est alors que cette misérable servitude prend fin, et qu’il n’est plus sous la loi, mais sous la grâce. C’est cet état que nous avons à considérer en troisième lieu : l’état de celui qui a trouvé grâce, ou faveur, aux yeux de Dieu, le Père, et qui a la grâce, ou la puissance du Saint-Esprit, régnant dans son cœur ; qui a reçu, selon le langage de l’apôtre, l’Esprit d’adoption, par lequel il crie maintenant : Abba ! Père !III. 1. Then it is, that this miserable bondage ends, and he is no more under the law, but under grace. This state we are, Thirdly, to consider, the state of one who has found grace or favour, in the sight of God, even the Father, and who has the grace, or power of the Holy Ghost, reigning in his heart: who has received, in the language of the apostle, the Spirit of adoption, whereby he now cries, Abba, Father!
2. Il a crié à l’Éternel dans sa détresse, et Dieu le délivre de ses angoisses. Ses yeux sont ouverts d’une tout autre manière qu’auparavant, à savoir pour voir un Dieu plein d’amour et de grâce. Tandis qu’il crie : Fais-moi voir ta gloire ! il entend une voix au plus profond de son âme : Je ferai passer devant toi toute ma bonté, et je proclamerai devant toi le nom de l’Éternel ; je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde. Et il ne se passe pas longtemps avant que l’Éternel descende dans une nuée et proclame le nom de l’Éternel. Alors il voit (mais non avec des yeux de chair et de sang) : L’Éternel, l’Éternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu’à mille générations, qui pardonne l’iniquité, la rébellion et le péché.2. He cried unto the Lord in his trouble, and God delivers him out of his distress. His eyes are opened in quite another manner than before, even to see a loving, gracious God. While he is calling, I beseech thee shew me thy glory, he hears a voice in his inmost soul, I will make all my goodness pass before thee, and I will proclaim the name of the Lord: I will be gracious to whom I will be gracious, and I will shew mercy to whom I will shew mercy. And it is not long before the Lord descends in the cloud, and proclaims the name of the Lord. Then he sees, (but not with eyes of flesh and blood) The Lord, the Lord God: merciful and gracious, long-suffering, and abundant in goodness and truth: keeping mercy for thousands, and forgiving iniquities and transgression and sin.
3. Une lumière céleste et guérissante fait maintenant irruption dans son âme. Il regarde à celui qu’il a percé, et Dieu, qui a dit : La lumière brillera du sein des ténèbres, fait briller la lumière dans son cœur. Il voit la lumière du glorieux amour de Dieu sur la face de Jésus-Christ. Il a une démonstration divine des choses qu’on ne voit pas par les sens, même des profondeurs de Dieu ; plus particulièrement de l’amour de Dieu, de son amour qui pardonne à celui qui croit en Jésus. Accablé par cette vue, son âme tout entière s’écrie : Mon Seigneur et mon Dieu ! Car il voit toutes ses iniquités posées sur celui qui les a portées lui-même en son corps sur le bois ; il contemple l’Agneau de Dieu ôtant ses péchés. Combien clairement il discerne maintenant que Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même ! Qu’il a fait devenir péché pour nous celui qui n’a point connu le péché, afin que nous devenions en lui justice de Dieu ! Et que lui-même est réconcilié avec Dieu par ce sang de l’alliance !3. Heavenly, healing light now breaks in upon his soul. He looks on him whom he had pierced, and God who out of darkness commanded light to shine, shineth in his heart. He sees the light of the glorious love of God, in the face of Jesus Christ. He hath a divine evidence of things not seen by sense, even of the deep things of God; more particularly of the love of God, of his pardoning love to him that believes in Jesus. Overpowered with the sight, his whole soul cries out, My Lord, and my God! For he sees all his iniquities laid on him, who bare them in his own body on the tree; he beholds the Lamb of God taking away his sins. How clearly now does he discern, that God was in Christ, reconciling the world unto himself! Making him sin for us who knew no sin, that we might be made the righteousness of God through him! And that he himself is reconciled to God, by that blood of the covenant!
4. Ici prennent fin à la fois la culpabilité et la puissance du péché. Il peut dire maintenant : J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, même dans ce corps mortel, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. Ici prennent fin le remords et la tristesse du cœur, et l’angoisse d’un esprit blessé. Dieu change sa tristesse en joie. Il a fait la plaie, et maintenant ses mains la bandent. Ici prend fin aussi cette servitude de la crainte ; car son cœur est ferme, confiant en l’Éternel. Il ne peut plus craindre la colère de Dieu, car il sait qu’elle est maintenant détournée de lui, et il ne le regarde plus comme un juge irrité, mais comme un père plein d’amour. Il ne peut craindre le diable, sachant qu’il n’a aucun pouvoir, s’il ne lui a été donné d’en haut. Il ne craint pas l’enfer, étant héritier du royaume des cieux ; par conséquent il n’a aucune crainte de la mort, par laquelle il avait été autrefois, pendant tant d’années, retenu dans la servitude. Bien plutôt, sachant que si cette tente où il habite sur la terre est détruite, il a dans le ciel un édifice qui est l’ouvrage de Dieu, une demeure éternelle qui n’a pas été faite de main d’homme, il gémit, désirant revêtir son domicile céleste. Il gémit de se défaire de cette maison de terre, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie ; sachant que celui qui l’a formé pour cela, c’est Dieu, qui lui a donné les arrhes de l’Esprit.4. Here end both the guilt and power of sin. He can now say, I am crucified with Christ. Nevertheless I live: yet not I, but Christ liveth in me. And the life which I now live in the flesh, even in this mortal body, I live by faith in the Son of God, who loved me and gave himself for me. Here end remorse and sorrow of heart, and the anguish of a wounded spirit. God turneth his heaviness into joy. He made sore, and now his hands bind up. Here ends also that bondage unto fear; for his heart standeth fast, believing in the Lord. He cannot fear any longer the wrath of God; for he knows it is now turned away from him, and looks upon him no more as an angry judge, but as a loving father. He cannot fear the devil, knowing he has no power, except it be given him from above. He fears not hell, being an heir of the kingdom of heaven; consequently, he has no fear of death; by reason whereof he was in time past, for so many years subject to bondage. Rather, knowing that if the earthly house of this tabernacle be dissolved, he hath a building of God, a house not made with hands, eternal in the heavens: He groaneth earnestly, desiring to be cloathed upon with that house which is from heaven. He groans to shake off this house of earth, that mortality may be swallowed up of life: knowing that God hath wrought him for the self same thing; who hath also given him the earnest of his Spirit.
5. Et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté : liberté non seulement de la culpabilité et de la crainte, mais du péché, de ce joug le plus pesant de tous, de cette servitude la plus vile de toutes. Son travail n’est plus vain maintenant. Le piège est rompu, et il est délivré. Non seulement il lutte, mais il l’emporte aussi ; non seulement il combat, mais il triomphe aussi. Désormais il n’est plus esclave du péché (chap. 6, vers. 6, etc.). Il est mort au péché, et vivant pour Dieu. Le péché ne règne plus maintenant, même dans son corps mortel, et il n’obéit plus à ses convoitises. Il ne livre pas ses membres au péché, comme des instruments d’iniquité, mais à Dieu, comme des instruments de justice. Car, ayant été affranchi du péché, il est devenu esclave de la justice.5. And where the Spirit of the Lord is, there is liberty; liberty not only from guilt and fear, but from sin, from that heaviest of all yokes, that basest of all bondage. His labour is not now in vain. The snare is broken and he is delivered. He not only strives, but likewise prevails; he not only fights, but conquers also. Henceforth he doth not serve sin (chap. vi. ver. 6, &c.) He is dead unto sin and alive unto God. Sin doth not now reign, even in his mortal body, nor doth he obey it in the desires thereof. He does not yield his members as instruments of unrighteousness unto sin, but as instruments of righteousness unto God. For being now made free from sin, he is become the servant of righteousness.
6. Ainsi, ayant la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, se glorifiant dans l’espérance de la gloire de Dieu, et ayant puissance sur tout péché, sur tout mauvais désir, toute mauvaise disposition, toute mauvaise parole et toute mauvaise œuvre, il est un témoin vivant de la glorieuse liberté des enfants de Dieu ; et tous ceux-ci, ayant reçu en partage une foi du même prix, rendent témoignage d’une seule voix : Nous avons reçu l’Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père !6. Thus having peace with God, through our Lord Jesus Christ, rejoicing in hope of the glory of God, and having power over all sin, over every evil desire, and temper, and word, and work, he is a living witness of the glorious liberty of the sons of God: all of whom, being partakers of like precious faith, bear record with one voice, We have received the Spirit of adoption, whereby we cry, Abba, Father!
7. C’est cet Esprit qui continuellement produit en eux le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. C’est lui qui répand dans leur cœur l’amour de Dieu et l’amour de tout le genre humain, purifiant ainsi leur cœur de l’amour du monde, de la convoitise de la chair, de la convoitise des yeux et de l’orgueil de la vie. C’est par lui qu’ils sont délivrés de la colère et de l’orgueil, de toutes les affections viles et déréglées. En conséquence, ils sont délivrés des mauvaises paroles et des mauvaises œuvres, de toute impiété de conduite, ne faisant de mal à aucun enfant des hommes et étant zélés pour toutes les bonnes œuvres.7. It is this spirit which continually worketh in them, both to will and to do of his good pleasure. It is he that sheds the love of God abroad in their hearts, and the love of all mankind; thereby purifying their hearts from the love of the world, from the lust of the flesh, the lust of the eye, and the pride of life. It is by him they are delivered from anger and pride, from all vile and inordinate affections. In consequence, they are delivered from evil words and works, from all unholiness of conversation: doing no evil to any child of man, and being zealous of all good works.
8. * Pour tout résumer : l’homme naturel ne craint ni n’aime Dieu ; celui qui est sous la loi le craint ; celui qui est sous la grâce l’aime. Le premier n’a aucune lumière dans les choses de Dieu, mais marche dans des ténèbres complètes ; le second voit la lumière douloureuse de l’enfer ; le troisième, la lumière joyeuse du ciel. Celui qui dort dans la mort a une fausse paix. Celui qui est réveillé n’a aucune paix. Celui qui croit a la vraie paix, la paix de Dieu qui remplit et gouverne son cœur. Le païen, baptisé ou non baptisé, a une liberté imaginaire, qui est en vérité licence ; le Juif (ou celui qui est sous la dispensation juive) est dans une servitude lourde et pénible ; le chrétien jouit de la vraie et glorieuse liberté des enfants de Dieu. Un enfant du diable non réveillé pèche volontiers ; celui qui est réveillé pèche malgré lui ; un enfant de Dieu ne pèche point, mais se garde lui-même, et le malin ne le touche pas. Pour conclure : l’homme naturel ne triomphe ni ne combat ; l’homme qui est sous la loi combat le péché, mais ne peut triompher ; l’homme qui est sous la grâce combat et triomphe, oui, il est plus que vainqueur par celui qui l’aime.8. * To sum up all. The natural man neither fears nor loves God; one under the law, fears; one under grace, loves him. The first, has no light in the things of God, but walks in utter darkness; the second sees the painful light of hell; the third, the joyous light of heaven. He that sleeps in death, has a false peace. He that is awakened has no peace at all. He that believes has true peace, the peace of God filling and ruling his heart. The heathen, baptized or unbaptized, hath a fancied liberty, which is indeed licentiousness: the Jew (or one under the Jewish dispensation) is in heavy, grievous bondage: the Christian enjoys the true glorious liberty of the sons of God. An unawakened child of the devil, sins willingly: One that is awakened sins unwillingly: a child of God sinneth not, but keepeth himself, and the wicked one toucheth him not. To conclude; the natural man neither conquers nor fights; the man under the law fights with sin, but cannot conquer: the man under grace fights and conquers, yea is more than conqueror, through him that loveth him.
IV. 1. De cet exposé simple du triple état de l’homme, l’état naturel, l’état légal et l’état évangélique, il ressort qu’il ne suffit pas de diviser le genre humain en sincères et en non sincères. Un homme peut être sincère dans chacun de ces états ; non seulement quand il a l’Esprit d’adoption, mais tandis qu’il a l’esprit de servitude, pour être dans la crainte ; oui, tandis qu’il n’a ni cette crainte ni l’amour. Car sans aucun doute il peut y avoir des païens sincères, aussi bien que des Juifs ou des chrétiens sincères. Cette circonstance ne prouve donc nullement qu’un homme soit dans un état d’acceptation auprès de Dieu.IV. 1. From this plain account of the three-fold state of man, the natural, the legal, and the evangelical, it appears, that it is not sufficient, to divide mankind, into sincere, and insincere. A man may be sincere in any of these states; not only when he has the Spirit of adoption, but while he has the spirit of bondage unto fear. Yea, while he has neither this fear, nor love. For undoubtedly there may be sincere Heathens, as well as sincere Jews or Christians. This circumstance then, does by no means prove, that a man is in a state of acceptance with God.
Examinez-vous donc vous-mêmes, non seulement pour savoir si vous êtes sincères, mais si vous êtes dans la foi. Examinez-vous de près, car cela vous importe beaucoup. Quel est le principe qui gouverne votre âme ? Est-ce l’amour de Dieu ? Est-ce la crainte de Dieu ? Ou n’est-ce ni l’un ni l’autre ? N’est-ce pas plutôt l’amour du monde ? L’amour du plaisir, ou du gain, du confort ou de la réputation ? S’il en est ainsi, vous n’êtes pas allés aussi loin qu’un Juif. Vous n’êtes encore qu’un païen. Avez-vous le ciel dans votre cœur ? Avez-vous l’Esprit d’adoption, criant toujours : Abba ! Père ! ? Ou criez-vous à Dieu comme du sein du séjour des morts, accablés de tristesse et de crainte ? Ou êtes-vous étrangers à toute cette affaire, sans pouvoir imaginer ce que je veux dire ? Païen, ôte le masque. Tu n’as jamais revêtu Christ. Montre-toi à visage découvert. Lève les yeux vers le ciel. Et reconnais devant celui qui vit aux siècles des siècles que tu n’as aucune part ni parmi les fils ni parmi les serviteurs de Dieu.Examine yourselves therefore, not only whether ye are sincere, but whether ye be in the faith. Examine narrowly; for it imports you much. What is the ruling principle in your soul? Is it the love of God? Is it the fear of God? Or is it neither one nor the other? Is it not rather the love of the world? The love of pleasure? or gain, of ease, or reputation? If so, you are not come so far as a Jew. You are but a Heathen still. Have you heaven in your heart? Have you the Spirit of adoption, ever crying, Abba, Father? Or do you cry unto God, as out of the belly of hell, overwhelmed with sorrow and fear? Or are you a stranger to this whole affair, and cannot imagine what I mean? Heathen, pull off the mask. Thou hast never put on Christ. Stand barefaced. Look up to heaven. And own before him that liveth for ever and ever, thou hast no part either among the sons or servants of God.
Qui que tu sois, commets-tu le péché, ou ne le commets-tu pas ? Si tu le commets, est-ce volontiers ou malgré toi ? Dans l’un et l’autre cas, Dieu t’a dit à qui tu appartiens : Celui qui pèche est du diable. Si tu le commets volontiers, tu es son fidèle serviteur. Il ne manquera pas de récompenser ton travail. Si c’est malgré toi, tu es encore son serviteur. Que Dieu te délivre de ses mains !Whosoever thou art, dost thou commit sin, or dost thou not? If thou dost, is it willingly or unwillingly? In either case God hath told thee whose thou art, He that committeth sin is of the devil. If thou committest it willingly, thou art his faithful servant. He will not fail to reward thy labour. If unwillingly, still thou art his servant. God deliver thee out of his hands!
Combats-tu chaque jour contre tout péché ? Et es-tu chaque jour plus que vainqueur ? Je te reconnais pour un enfant de Dieu. Oh ! demeure ferme dans ta glorieuse liberté. Combats-tu, mais sans triompher ; luttes-tu pour la maîtrise, sans pouvoir l’obtenir ? Alors tu n’es pas encore un croyant en Christ ; mais poursuis, et tu connaîtras le Seigneur. Ne combats-tu pas du tout, mais mènes-tu une vie facile, indolente, mondaine ? Oh ! comment as-tu osé prononcer le nom de Christ ? Seulement pour en faire un opprobre parmi les païens ? Réveille-toi, dormeur ! Invoque ton Dieu, avant que l’abîme ne t’engloutisse.Art thou daily fighting against all sin? And daily more than conqueror? I acknowledge thee for a child of God. O stand fast in thy glorious liberty. Art thou fighting, but not conquering; striving for the mastery, but not able to attain? Then thou art not yet a believer in Christ; but follow on, and thou shalt know the Lord. Art thou not fighting at all, but leading an easy, indolent fashionable life? O how hast thou dared to name the name of Christ? Only to make it a reproach among the Heathen? Awake thou sleeper! Call upon thy God: before the deep swallow thee up.
2. Peut-être une raison pour laquelle tant de gens ont d’eux-mêmes une opinion plus haute qu’il ne faut, pour laquelle ils ne discernent pas dans quel état ils sont, est que ces divers états de l’âme sont souvent mêlés ensemble et, dans une certaine mesure, se rencontrent dans une seule et même personne. Ainsi l’expérience montre que l’état légal, ou état de crainte, est souvent mêlé à l’état naturel. Car peu d’hommes sont si profondément endormis dans le péché qu’ils ne soient parfois, plus ou moins, réveillés. Comme l’Esprit de Dieu n’attend pas l’appel de l’homme, de même, à certains moments, il veut être entendu. Il les frappe de crainte, de sorte que pour un temps, du moins, les païens reconnaissent qu’ils ne sont que des hommes. Ils sentent le fardeau du péché et désirent ardemment fuir la colère à venir. Mais pas longtemps. Ils permettent rarement aux flèches de la conviction de pénétrer profondément dans leur âme ; mais ils étouffent bientôt la grâce de Dieu et retournent se vautrer dans le bourbier.2. Perhaps one reason why so many think of themselves more highly than they ought to think, why they do not discern what state they are in, is, because these several states of soul, are often mingled together, and in some measure meet, in one and the same person. Thus experience shews, that the legal state, or state of fear, is frequently mixt with the natural. For few men are so fast asleep in sin, but they are sometimes, more or less awakened. As the Spirit of God does not wait for the call of man, so at some times he will be heard. He puts them in fear, so that for a season, at least, the Heathen know themselves to be but men. They feel the burthen of sin, and earnestly desire to flee from the wrath to come. But not long. They seldom suffer the arrows of conviction to go deep into their souls; but quickly stifle the grace of God, and return to their wallowing in the mire.
De même, l’état évangélique, ou état d’amour, est souvent mêlé à l’état légal. Car peu de ceux qui ont l’esprit de servitude et de crainte demeurent toujours sans espérance. Le Dieu sage et plein de grâce le permet rarement ; car il se souvient que nous sommes poussière. Et il ne veut pas que devant lui tombent en défaillance les esprits, les âmes qu’il a faites. C’est pourquoi, aux moments qu’il juge bons, il donne une aube de lumière à ceux qui sont assis dans les ténèbres. Il fait passer devant eux une partie de sa bonté, et il montre qu’il est un Dieu qui écoute la prière. Ils voient la promesse qui est par la foi en Jésus-Christ, bien qu’elle soit encore lointaine ; et par là ils sont encouragés à courir avec persévérance dans la carrière qui leur est ouverte.In like manner, the evangelical state, or state of love, is frequently mixt with the legal. For few of those who have the spirit of bondage and fear, remain always without hope. The wise and gracious God rarely suffers this; for he remembreth that we are but dust. And he willeth not that the flesh should fail before him, or the spirit which he hath made. Therefore, at such times as he seeth good, he gives a dawning of light unto them that sit in darkness. He causes a part of his goodness to pass before them, and shews he is a God that heareth the prayer. They see the promise which is by faith in Christ Jesus, tho’ it be yet afar off: and hereby they are encouraged to run with patience the race which is set before them.
3. Une autre raison pour laquelle beaucoup se trompent eux-mêmes, c’est qu’ils ne considèrent pas jusqu’où un homme peut aller et pourtant être dans un état naturel, ou tout au plus dans un état légal. Un homme peut être d’un caractère compatissant et bienveillant ; il peut être affable, courtois, généreux, amical ; il peut avoir quelque degré de douceur, de patience, de tempérance, et de beaucoup d’autres vertus morales. Il peut éprouver bien des désirs de rejeter tout vice et d’atteindre des degrés plus élevés de vertu. Il peut s’abstenir de beaucoup de mal, peut-être de tout ce qui est grossièrement contraire à la justice, à la miséricorde ou à la vérité. Il peut faire beaucoup de bien, nourrir ceux qui ont faim, vêtir ceux qui sont nus, secourir la veuve et l’orphelin. Il peut assister au culte public, prier en particulier, lire beaucoup de livres de dévotion ; et pourtant, malgré tout cela, il peut n’être qu’un homme naturel, ne connaissant ni lui-même ni Dieu ; également étranger à l’Esprit de crainte et à celui d’amour ; ne s’étant ni repenti, ni n’ayant cru à l’Évangile.3. Another reason why many deceive themselves, is because they do not consider, how far a man may go, and yet be in a natural, or at best a legal state. A man may be of a compassionate and a benevolent temper, he may be affable, courteous, generous, friendly; he may have some degree of meekness, patience, temperance, and of many other moral virtues. He may feel many desires of shaking off all vice, and attaining higher degrees of virtue. He may abstain from much evil; perhaps from all that is grosly contrary to justice, mercy or truth. He may do much good, may feed the hungry, cloath the naked, relieve the widow and fatherless. He may attend publick worship, use prayer in private, read many books of devotion; and yet for all this, he may be a mere natural man, knowing neither himself nor God; equally a stranger to the Spirit of fear and to that of love; having neither repented nor believed the gospel.
Mais supposons qu’à tout cela s’ajoutent une profonde conviction de péché, avec une grande crainte de la colère de Dieu ; des désirs véhéments de rejeter tout péché et d’accomplir toute justice ; une joie fréquente dans l’espérance, et des touches d’amour qui effleurent souvent l’âme : ces choses ne prouvent pas non plus qu’un homme soit sous la grâce, qu’il ait une foi chrétienne vraie et vivante, à moins que l’Esprit d’adoption ne demeure dans son cœur, à moins qu’il ne puisse continuellement crier : Abba ! Père !But suppose there were added to all this, a deep conviction of sin, with much fear of the wrath of God; vehement desires to cast off every sin, and to fulfil all righteousness; frequent rejoicing in hope, and touches of love often glancing upon the soul; yet neither do these prove a man to be under grace, to have true, living, Christian faith, unless the Spirit of adoption abide in his heart, unless he can continually cry, Abba, Father!
4. Prends donc garde, toi qui portes le nom de Christ, de ne pas manquer le but de ta vocation céleste. Prends garde de ne pas te reposer, soit dans un état naturel, avec un trop grand nombre de ceux qui passent pour de bons chrétiens, soit dans un état légal, dans lequel ceux qui sont hautement estimés des hommes se contentent généralement de vivre et de mourir. Non ; mais Dieu a préparé pour toi de meilleures choses, si tu poursuis jusqu’à ce que tu les obtiennes. Tu n’es pas appelé à craindre et à trembler comme les démons, mais à te réjouir et à aimer comme les anges de Dieu. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force. Tu seras toujours joyeux. Tu prieras sans cesse. Tu rendras grâces en toutes choses. Tu feras la volonté de Dieu sur la terre comme au ciel. Oh ! discerne toi-même quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. Maintenant offre-toi toi-même comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu. Au point où tu es parvenu, marche d’un même pas, te portant vers ce qui est en avant ; jusqu’à ce que le Dieu de paix te rende capable de toute bonne œuvre, et fasse en toi ce qui lui est agréable, par Jésus-Christ, auquel soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen.4. Beware then, thou who art called by the name of Christ, that thou come not short of the mark of thy high calling. Beware thou rest not, either in a natural state, with too many that are accounted good Christians: or in a legal state, wherein those who are highly esteemed of men, are generally content to live and die. Nay, but God hath prepared better things for thee, if thou follow on till thou attain. Thou art not called to fear and tremble, like devils, but to rejoice and love, like the angels of God. Thou shalt love the Lord thy God, with all thy heart, and with all thy soul, and with all thy mind, and with all thy strength. Thou shalt rejoice evermore. Thou shalt pray without ceasing. Thou shalt in every thing give thanks. Thou shalt do the will of God on earth, as it is done in heaven. O prove thou what is that good and acceptable and perfect will of God. Now present thyself a living sacrifice, holy, acceptable to God. Whereunto thou hast already attained, hold fast, by reaching forth unto those things which are before; until the God of peace make thee perfect in every good work, working in thee that which is well-pleasing in his sight, through Jesus Christ, to whom be glory for ever and ever! Amen.
SERMON X. LE TÉMOIGNAGE DE L’ESPRIT. PREMIER DISCOURS.SERMON X. THE WITNESS OF THE SPIRIT. DISCOURSE I.
Romains 8.16. L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.ROM. viii. 16. The Spirit itself beareth witness with our spirit, that we are the children of God.
1. Combien d’hommes vains, ne comprenant ni ce qu’ils disaient ni ce qu’ils affirmaient, ont tordu ce passage de l’Écriture, à la grande perte, sinon à la ruine, de leurs âmes ! Combien ont pris la voix de leur propre imagination pour ce témoignage de l’Esprit de Dieu, et de là ont présumé follement qu’ils étaient enfants de Dieu, tandis qu’ils faisaient les œuvres du diable ! Ce sont là vraiment et proprement des enthousiastes, et assurément dans le pire sens du mot. Mais avec quelle difficulté on les en convainc ! Surtout s’ils ont bu profondément de cet esprit d’erreur. Tout effort pour les amener à la connaissance d’eux-mêmes, ils le tiendront alors pour un combat contre Dieu. Et cette véhémence et cette impétuosité d’esprit, qu’ils appellent combattre pour la foi, les place si fort au-dessus de tous les moyens ordinaires de conviction, que nous pouvons bien dire : Aux hommes cela est impossible.1. HOW many vain men, not understanding what they spake, neither whereof they affirmed, have wrested this scripture, to the great loss, if not the destruction, of their souls? How many have mistaken the voice of their own imagination, for this witness of the Spirit of God? And thence idly presumed, they were the children of God, while they were doing the works of the devil? These are truly and properly Enthusiasts; and indeed in the worst sense of the word. But with what difficulty are they convinced thereof? Especially, if they have drank deep into that spirit of error. All endeavours to bring them to the knowledge of themselves, they will then account fighting against God. And that vehemence and impetuosity of spirit, which they call contending earnestly for the faith, sets them so far above all the usual methods of conviction, that we may well say, With men it is impossible.
2. Qui peut donc être surpris si beaucoup d’hommes raisonnables, voyant les terribles effets de cette illusion et s’efforçant de s’en tenir aussi éloignés que possible, penchent parfois vers l’autre extrême ? S’ils ne sont pas prompts à croire ceux qui parlent d’avoir ce témoignage, au sujet duquel d’autres se sont si gravement trompés ? S’ils sont presque prêts à tenir pour enthousiastes tous ceux qui emploient les expressions dont on a si terriblement abusé ? Oui, s’ils en viennent à se demander si le témoignage dont il est ici parlé est le privilège des chrétiens ordinaires, et non plutôt l’un de ces dons extraordinaires qui, selon eux, n’appartenaient qu’à l’âge apostolique ?2. Who can then be surprized, if many reasonable men, seeing the dreadful effects of this delusion, and labouring to keep at the utmost distance from it, should sometimes lean toward another extreme? If they are not forward to believe any who speak of having this witness, concerning which others have so grievously erred? If they are almost ready, to set all down for Enthusiasts, who use the expressions which have been so terribly abused. Yea, if they should question, whether the witness or testimony here spoken of, be the privilege of ordinary Christians, and not rather, one of those extraordinary gifts, which they suppose belonged only to the apostolic age.
3. Mais sommes-nous dans la nécessité de tomber dans l’un ou l’autre extrême ? Ne pouvons-nous pas suivre une voie moyenne ? Nous tenir à une distance suffisante de cet esprit d’erreur et d’enthousiasme, sans nier le don de Dieu ni renoncer au grand privilège de ses enfants ? Assurément nous le pouvons. Pour cela, considérons, en la présence et dans la crainte de Dieu :3. But is there any necessity laid upon us, of running either into one extreme or the other? May we not steer a middle course? Keep a sufficient distance from that spirit of error and enthusiasm, without denying the gift of God, and giving up the great privilege of his children? Surely we may. In order thereto, let us consider, in the presence and fear of God,
Premièrement, qu’est-ce que ce témoignage ou cette attestation de notre esprit ? Qu’est-ce que le témoignage de l’Esprit de Dieu ? Et comment rend-il témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu ?First, What is this witness or testimony of our spirit? What is the testimony of God’s Spirit? And how does he bear witness with our Spirit, that we are the children of God?
Secondement, comment ce témoignage conjoint de l’Esprit de Dieu et du nôtre se distingue-t-il clairement et solidement de la présomption d’un esprit naturel et de l’illusion du diable ?Secondly, How is this joint testimony of God’s Spirit and our own, clearly and solidly distinguished, from the presumption of a natural mind; and from the delusion of the devil?
I. 1. Considérons d’abord ce qu’est le témoignage ou l’attestation de notre esprit. Mais ici je ne puis m’empêcher de prier tous ceux qui veulent absorber le témoignage de l’Esprit de Dieu dans le témoignage rationnel de notre propre esprit, d’observer que, dans ce texte, l’apôtre est si loin de parler seulement du témoignage de notre propre esprit, qu’on peut se demander s’il en parle du tout ; s’il ne parle pas seulement du témoignage de l’Esprit de Dieu. Il ne paraît pas que le texte original ne puisse être loyalement compris ainsi. L’apôtre venait de dire, au verset précédent : Vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! et il ajoute aussitôt : Αὐτὸ τὸ πνεῦμα· (quelques copies lisent τὸ αὐτὸ πνεῦμα) συμμαρτυρεῖ τῷ πνεύματι ἡμῶν, ὅτι ἐσμὲν τέκνα Θεοῦ. Ce qui peut se traduire : Le même Esprit rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu (la préposition σύν indiquant seulement qu’il atteste cela en même temps qu’il nous rend capables de crier : Abba ! Père !). Mais je ne dispute pas, puisque tant d’autres textes, avec l’expérience de tous les vrais chrétiens, montrent suffisamment qu’il y a, en tout croyant, à la fois le témoignage de l’Esprit de Dieu et le témoignage de son propre esprit, qu’il est enfant de Dieu.I. 1. Let us first consider, what is the witness or testimony of our spirit. But here I cannot but desire all those who are for swallowing up the testimony of the Spirit of God, in the rational testimony of our own spirit, to observe, that in this text the apostle is so far from speaking of the testimony of our own spirit only, that it may be questioned, whether he speaks of it at all? Whether he does not speak, only of the testimony of God’s Spirit? It does not appear, but the original text may be fairly understood thus. The apostle had just said, in the preceding verse, Ye have received the Spirit of adoption, whereby we cry Abba, Father, and immediately subjoins Αὐτὸ τὸ πνεῦμα· (some copies read τὸ αὐτὸ πνεῦμα) συμμαρτυρεῖ τῷ πνεύματι ἡμῶν, ὅτι ἐσμεν τέκνα Θεοῦ. Which may be translated, The same Spirit beareth witness to our spirit, that we are the children of God (the preposition σὺν only denoting, that he witnesses this at the same time that he enables us to cry Abba, Father!) But I contend not; seeing so many other texts, with the experience of all real Christians, sufficiently evince, that there is, in every believer, both the testimony of God’s Spirit, and the testimony of his own, that he is a child of God.
2. Quant à ce dernier, son fondement est posé dans ces nombreux textes de l’Écriture qui décrivent les marques des enfants de Dieu, et cela si clairement que celui qui court peut les lire. Elles ont aussi été rassemblées et placées dans la plus vive lumière par beaucoup d’écrivains, tant anciens que modernes. Si quelqu’un a besoin de plus de lumière, il peut la recevoir en suivant le ministère de la parole de Dieu, en la méditant en secret devant Dieu, et en conversant avec ceux qui ont la connaissance de ses voies. Et par la raison ou l’intelligence que Dieu lui a donnée (que la religion n’a pas été destinée à éteindre, mais à perfectionner, selon cette parole de l’apôtre : Frères, ne soyez pas des enfants sous le rapport du jugement ; mais pour la malice (ou la méchanceté) soyez enfants, et, à l’égard du jugement, soyez des hommes faits, 1 Cor. 14.20), tout homme, s’appliquant ces marques scripturaires, peut savoir s’il est enfant de Dieu. Ainsi, s’il sait, premièrement, que tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu à toutes les dispositions et actions saintes sont fils de Dieu (de quoi il a l’assurance infaillible de la sainte Écriture) ; secondement : je suis ainsi conduit par l’Esprit de Dieu ; il conclura aisément : donc je suis fils de Dieu.2. With regard to the latter, the foundation thereof is laid in those numerous texts of scripture, which describe the marks of the children of God, and that so plain, that he which runneth may read them. These are also collected together, and placed in the strongest light, by many both antient and modern writers. If any need farther light, he may receive it by attending on the ministry of God’s word; by meditating thereon before God in secret, and by conversing with those who have the knowledge of his ways. And by the reason or understanding that God has given him (which religion was designed not to extinguish, but to perfect: according to that of the apostle, brethren, be not children in understanding; in malice (or wickedness) be ye children; but in understanding be ye men, 1 Cor. xiv. 20.) Every man applying those scriptural marks to himself, may know, whether he is a child of God. Thus if he know, first, as many as are led by the Spirit of God, into all holy tempers and actions, they are the sons of God, (for which he has the infallible assurance of holy writ;) secondly, I am thus led by the Spirit of God: he will easily conclude, therefore I am a son of God.
3. À cela s’accordent toutes ces déclarations claires de saint Jean dans sa première épître : Si nous gardons ses commandements, par là nous savons que nous l’avons connu, chap. 2, vers. 3. Mais celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu est véritablement parfait en lui : par là nous savons que nous sommes en lui, que nous sommes vraiment enfants de Dieu, vers. 5. Si vous savez qu’il est juste, reconnaissez que quiconque pratique la justice est né de lui, vers. 29. Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères, chap. 3, vers. 4. Par là nous connaîtrons que nous sommes de la vérité, et nous rassurerons nos cœurs devant lui, vers. 18 ; à savoir parce que nous nous aimons les uns les autres, non en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. Nous connaissons que nous demeurons en lui, en ce qu’il nous a donné de son (amour et de son) Esprit, chap. 4.13. Et : Nous connaissons qu’il demeure en nous par l’(obéissant) Esprit qu’il nous a donné, chap. 3.24.3. Agreeable to this are all those plain declarations of St. John in his first epistle, Hereby we know, that we do know him, if we keep his commandments, chap. ii. ver. 3. Whoso keepeth his word, in him verily is the love of God perfected; hereby know we, that we are in him, that we are indeed the children of God, ver. 5. If ye know that he is righteous, ye know that every one that doeth righteousness is born of him, ver. 29. We know, that we have passed from death unto life, because we love the brethren, chap. iii. ver. 4. Hereby we know that we are of the truth, and shall assure our hearts before him, ver. 18. Namely because we love one another, not in word, neither in tongue; but in deed and in truth. Hereby know we, that we dwell in him, because he hath given us of his (loving) Spirit, chap. iv. 13. And, Hereby we know that he abideth in us, by the (obedient) Spirit which he hath given us, chap. iii. 24.
4. Il est fort probable qu’il n’y a jamais eu d’enfants de Dieu, depuis le commencement du monde jusqu’à ce jour, plus avancés dans la grâce de Dieu et dans la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ que l’apôtre Jean au moment où il écrivit ces paroles, et que les pères en Christ à qui il écrivait. Malgré cela, il est évident que l’apôtre lui-même et toutes ces colonnes du temple de Dieu étaient très loin de mépriser ces marques de leur qualité d’enfants de Dieu, et qu’ils les appliquaient à leurs propres âmes pour la confirmation de leur foi. Pourtant tout cela n’est rien d’autre qu’une évidence rationnelle : le témoignage de notre esprit, de notre raison ou de notre intelligence. Tout se ramène à ceci : ceux qui ont ces marques sont enfants de Dieu. Or nous avons ces marques ; donc nous sommes enfants de Dieu.4. It is highly probable, there never were any children of God, from the beginning of the world unto this day, who were farther advanced in the grace of God, and the knowledge of our Lord Jesus Christ, than the apostle John at the time when he wrote these words, and the Fathers in Christ to whom he wrote. Notwithstanding which, it is evident, both the apostle himself, and all those pillars in God’s temple, were very far from despising these marks, of their being the children of God; and that they applied them to their own souls, for the confirmation of their faith. Yet all this is no other than rational evidence; the witness of our spirit, our reason or understanding. It all resolves into this: those who have these marks, are children of God. But we have these marks: therefore we are children of God.
5. Mais comment savons-nous que nous avons ces marques ? C’est une question qui reste encore. Comment savons-nous que nous aimons Dieu et notre prochain, et que nous gardons ses commandements ? Observez que le sens de la question est : comment cela nous apparaît-il à nous-mêmes ? (non aux autres). Je demanderais donc à celui qui pose cette question : comment savez-vous que vous êtes vivant ? Et que vous êtes maintenant à l’aise et non dans la douleur ? N’en avez-vous pas une conscience immédiate ? Par la même conscience immédiate, vous saurez si votre âme est vivante pour Dieu ; si vous êtes sauvé de la douleur de la colère orgueilleuse, et si vous avez le repos d’un esprit doux et paisible. Par le même moyen, vous ne pouvez manquer de percevoir si vous aimez Dieu, si vous vous réjouissez en lui et y prenez vos délices. Par le même, vous devez avoir l’assurance directe que vous aimez votre prochain comme vous-même ; que vous avez une tendre affection pour tout le genre humain, et que vous êtes plein de bienveillance et de patience. Et quant à la marque extérieure des enfants de Dieu, qui est (selon saint Jean) de garder ses commandements, vous savez sans aucun doute dans votre propre cœur si, par la grâce de Dieu, elle vous appartient. Votre conscience vous informe de jour en jour si vous ne prenez pas le nom de Dieu sur vos lèvres, sinon avec sérieux et dévotion, avec révérence et crainte pieuse ; si vous vous souvenez du jour du repos pour le sanctifier ; si vous honorez votre père et votre mère ; si vous faites à tous comme vous voudriez qu’on vous fît ; si vous possédez votre corps dans la sainteté et l’honnêteté ; et si, soit que vous mangiez, soit que vous buviez, vous y êtes tempérant, et faites tout pour la gloire de Dieu.5. But how does it appear, that we have these marks? This is a question which still remains. How does it appear, that we do love God and our neighbour? And that we keep his commandments? Observe, that the meaning of the question is, How does it appear to ourselves? (not to others.) I would ask him then that proposes this question, how does it appear to you, that you are alive? And that you are now in ease and not in pain? Are you not immediately conscious of it? By the same immediate consciousness you will know, if your soul is alive to God: if you are saved from the pain of proud wrath, and have the ease of a meek and quiet spirit. By the same means you cannot but perceive, if you love, rejoice, and delight in God. By the same, you must be directly assured, if you love your neighbour as yourself; if you are kindly affectioned to all mankind, and full of gentleness and long-suffering. And with regard to the outward mark of the children of God, which is (according to St. John) the keeping his commandments, you undoubtedly know in your own breast, if, by the grace of God, it belongs to you. Your conscience informs you from day to day, if you do not take the name of God within your lips, unless with seriousness and devotion, with reverence and godly fear: if you remember the sabbath-day to keep it holy: if you honour your father and mother; if you do to all as you would they should do unto you: if you possess your body in sanctification and honour; and if whether you eat or drink, you are temperate therein, and do all to the glory of God.
6. Or c’est là proprement le témoignage de notre propre esprit ; à savoir le témoignage de notre propre conscience que Dieu nous a donné d’être saints de cœur et saints dans notre conduite extérieure. C’est la conscience d’avoir reçu, dans l’Esprit d’adoption et par lui, les dispositions mentionnées dans la parole de Dieu comme appartenant à ses enfants adoptifs : à savoir un cœur aimant envers Dieu et envers tout le genre humain, s’appuyant avec une confiance d’enfant sur Dieu notre Père, ne désirant rien que lui, se déchargeant sur lui de tous ses soucis, et embrassant tout enfant des hommes avec une affection ardente et tendre ; la conscience que nous sommes intérieurement rendus conformes, par l’Esprit de Dieu, à l’image de son Fils, et que nous marchons devant lui dans la justice, la miséricorde et la vérité, faisant les choses qui lui sont agréables.6. Now this is properly the testimony of our own spirit; even the testimony of our own conscience, that God hath given us to be holy of heart, and holy in outward conversation. It is a consciousness of our having received, in and by the Spirit of adoption, the tempers mentioned in the word of God, as belonging to his adopted children; even, a loving heart toward God and toward all mankind, hanging with child-like confidence on God our father, desiring nothing but him, casting all our care upon him, and embracing every child of man, with earnest, tender affection: a consciousness, that we are inwardly conformed, by the Spirit of God to the image of his Son, and that we walk before him in justice, mercy and truth, doing the things which are pleasing in his sight.
7. Mais qu’est-ce que ce témoignage de l’Esprit de Dieu qui vient s’ajouter à celui-là et s’y joindre ? Comment rend-il témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu ? Il est difficile de trouver dans le langage des hommes des mots pour expliquer les profondeurs de Dieu. En vérité, il n’en est aucun qui exprime adéquatement ce dont les enfants de Dieu font l’expérience. Mais peut-être pourrait-on dire (en priant quiconque est enseigné de Dieu de corriger, d’adoucir ou de renforcer l’expression) : le témoignage de l’Esprit est une impression intérieure sur l’âme, par laquelle l’Esprit de Dieu atteste directement à mon esprit que je suis enfant de Dieu ; que Jésus-Christ m’a aimé, moi, et qu’il s’est livré lui-même pour moi ; que tous mes péchés sont effacés, et que moi, oui, moi, je suis réconcilié avec Dieu.7. But what is that testimony of God’s Spirit, which is super-added to and conjoined with this? How does he bear witness with our spirit, that we are the children of God? It is hard to find words in the language of men, to explain the deep things of God. Indeed there are none that will adequately express, what the children of God experience. But perhaps one might say (desiring any who are taught of God, to correct, to soften, or strengthen the expression) the testimony of the Spirit, is an inward impression on the soul, whereby the Spirit of God directly witnesses to my spirit, that I am a child of God; that Jesus Christ hath loved me, and given himself for me: that all my sins are blotted out, and I, even I, am reconciled to God.
8. Que ce témoignage de l’Esprit de Dieu doive nécessairement, par la nature même des choses, précéder le témoignage de notre propre esprit, cela peut ressortir de cette seule considération : il nous faut être saints de cœur et saints dans notre vie avant de pouvoir avoir conscience que nous le sommes, avant de pouvoir avoir le témoignage de notre esprit que nous sommes intérieurement et extérieurement saints. Mais il nous faut aimer Dieu avant de pouvoir être saints en quoi que ce soit, cet amour étant la racine de toute sainteté. Or nous ne pouvons aimer Dieu avant de savoir qu’il nous aime. Nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier. Et nous ne pouvons connaître son amour qui nous pardonne avant que son Esprit ne l’atteste à notre esprit. Puis donc que ce témoignage de son Esprit doit précéder l’amour de Dieu et toute sainteté, il doit par conséquent précéder la conscience intérieure que nous en avons, c’est-à-dire le témoignage de notre esprit à leur sujet.8. That this testimony of the Spirit of God must needs, in the very nature of things, be antecedent to the testimony of our own spirit, may appear from this single consideration. We must be holy of heart and holy in life, before we can be conscious that we are so; before we can have the testimony of our spirit, that we are inwardly and outwardly holy. But we must love God, before we can be holy at all; this being the root of all holiness. Now we cannot love God, till we know he loves us. We love him, because he first loved us. And we cannot know his pardoning love to us, till his Spirit witnesses it to our spirit. Since therefore this testimony of his Spirit must precede the love of God and all holiness, of consequence it must precede our inward consciousness thereof, or, the testimony of our spirit concerning them.
9. Alors, et pas avant, quand l’Esprit de Dieu rend à notre esprit ce témoignage : « Dieu t’a aimé, et il a donné son propre Fils comme victime propitiatoire pour tes péchés ; le Fils de Dieu t’a aimé, et il t’a lavé de tes péchés par son sang », nous aimons Dieu, parce qu’il nous a aimés le premier, et à cause de lui nous aimons aussi notre frère. Et de cela nous ne pouvons manquer d’avoir conscience en nous-mêmes : nous connaissons les choses que Dieu nous a données par sa grâce. Nous savons que nous aimons Dieu et que nous gardons ses commandements. Et par là aussi nous connaissons que nous sommes de Dieu. C’est là ce témoignage de notre propre esprit qui, tant que nous continuons d’aimer Dieu et de garder ses commandements, demeure joint au témoignage de l’Esprit de Dieu, que nous sommes enfants de Dieu.9. Then, and not till then, when the Spirit of God beareth that witness to our spirit, “God hath loved thee, and given his own Son to be the propitiation for thy sins; the Son of God hath loved thee, and hath washed thee from thy sins in his blood:” We love God, because he first loved us, and for his sake we love our brother also. And of this we cannot but be conscious to ourselves: we know the things that are freely given to us of God. We know that we love God and keep his commandments. And hereby also we know that we are of God. This is that testimony of our own spirit; which, so long as we continue to love God and keep his commandments, continues joined with the testimony of God’s Spirit, that we are the children of God.
10. Ce n’est pas que je veuille, en aucune manière, qu’on m’entende, par rien de ce qui a été dit à ce sujet, exclure l’opération de l’Esprit de Dieu, même du témoignage de notre propre esprit. En aucune façon. C’est lui qui non seulement opère en nous toute sorte de bien, mais aussi fait briller sa lumière sur sa propre œuvre et montre clairement ce qu’il a opéré. Aussi saint Paul en parle-t-il comme de l’une des grandes fins pour lesquelles nous recevons l’Esprit : afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce ; afin qu’il fortifie le témoignage de notre conscience touchant notre sainteté et pureté devant Dieu, et nous donne de discerner dans une lumière plus pleine et plus forte que nous faisons maintenant les choses qui lui plaisent.10. Not that I would, by any means, be understood, by any thing which has been spoken concerning it, to exclude the operation of the Spirit of God, even from the testimony of our own spirit. In no wise. It is he that not only worketh in us every manner of thing that is good, but also shines upon his own work, and clearly shews what he has wrought. Accordingly this is spoken of by St. Paul, as one great end of our receiving the Spirit, that we may know the things which are freely given to us of God: that he may strengthen the testimony of our conscience, touching our simplicity and godly sincerity, and give us to discern in a fuller and stronger light, that we now do the things which please him.
11. Si l’on demande encore : comment l’Esprit de Dieu rend-il témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu, de manière à exclure tout doute et à démontrer la réalité de notre filiation ? La réponse ressort clairement de ce qui a été observé plus haut. Et d’abord, quant au témoignage de notre esprit : l’âme perçoit aussi intimement et aussi évidemment quand elle aime Dieu, quand elle met en lui ses délices et se réjouit en lui, que quand elle aime une chose de la terre et y met ses délices. Et elle ne peut pas plus douter si elle aime, se plaît et se réjouit, ou non, que si elle existe, ou non. Si donc ce raisonnement est juste :11. Should it still be enquired, How does the Spirit of God, bear witness with our spirit, that we are the children of God, so as to exclude all doubt, and evince the reality of our sonship? The answer is clear, from what has been observed above. And first, as to the witness of our spirit. The soul as intimately and evidently perceives, when it loves, delights, and rejoices in God, as when it loves and delights in any thing on earth. And it can no more doubt, whether it loves, delights and rejoices, or no, than whether it exists, or no. If therefore this be just reasoning,
Celui qui maintenant aime Dieu, qui met en lui ses délices et se réjouit en lui d’une joie humble, d’un saint plaisir et d’un amour obéissant, est enfant de Dieu.He that now loves God, that delights and rejoices in him, with an humble joy, and holy delight, and an obedient love, is a child of God:
Or j’aime ainsi Dieu, je mets en lui mes délices et je me réjouis en lui ;But I thus love, delight, and rejoice in God;
Donc je suis enfant de Dieu :Therefore I am a child of God:
Alors un chrétien ne peut en aucune manière douter qu’il soit enfant de Dieu. De la première proposition, il a une assurance aussi pleine que celle qu’il a que les Écritures viennent de Dieu. Et de ce qu’il aime ainsi Dieu, il a une preuve intérieure qui n’est rien moins que l’évidence même. Ainsi le témoignage de notre propre esprit se manifeste à nos cœurs avec la conviction la plus intime, de manière à démontrer, au-delà de tout doute raisonnable, la réalité de notre filiation.Then a Christian can in no wise doubt, of his being a child of God. Of the former proposition, he has as full an assurance, as he has that the scriptures are of God. And of his thus loving God, he has an inward proof, which is nothing short of self-evidence. Thus the testimony of our own spirit is with the most intimate conviction manifested to our hearts; in such a manner, as beyond all reasonable doubt, to evince the reality of our sonship.
12. La manière dont le témoignage divin se manifeste au cœur, je n’entreprends pas de l’expliquer. Une science aussi merveilleuse est au-dessus de ma portée, elle est trop élevée pour que je puisse la saisir. Le vent souffle, et j’en entends le bruit ; mais je ne sais d’où il vient, ni où il va. Comme personne ne connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui, de même la manière des choses de Dieu, personne ne la connaît, si ce n’est l’Esprit de Dieu. Mais le fait, nous le connaissons : à savoir que l’Esprit de Dieu donne au croyant un tel témoignage de son adoption que, tant qu’il est présent à l’âme, il ne peut pas plus douter de la réalité de sa filiation qu’il ne peut douter de l’éclat du soleil lorsqu’il se tient dans le plein rayonnement de ses feux.12. The manner how the divine testimony is manifested to the heart, I do not take upon me to explain. Such knowledge is too wonderful and excellent for me; I cannot attain unto it. The wind bloweth: and I hear the sound thereof. But I cannot tell how it cometh, or whither it goeth. As no one knoweth the things of a man, save the spirit of a man that is in him; so the manner of the things of God knoweth no one, save the Spirit of God. But the fact we know: namely, that the Spirit of God does give a believer such a testimony of his adoption, that while it is present to the soul, he can no more doubt the reality of his sonship, than he can doubt of the shining of the sun, while he stands in the full blaze of his beams.
II. 1. Comment ce témoignage conjoint de l’Esprit de Dieu et de notre esprit peut être clairement et solidement distingué de la présomption d’un esprit naturel et de l’illusion du diable, c’est ce qu’il faut considérer ensuite. Et il importe grandement à tous ceux qui désirent le salut de Dieu de le considérer avec la plus profonde attention, s’ils ne veulent pas tromper leur propre âme. On observe généralement qu’une erreur sur ce point a les conséquences les plus funestes ; d’autant plus que celui qui se trompe découvre rarement son erreur avant qu’il ne soit trop tard pour y remédier.II. 1. How this joint testimony of God’s Spirit and our spirit, may be clearly and solidly distinguished, from the presumption of a natural mind, and from the delusion of the devil, is the next thing to be considered. And it highly imports all who desire the salvation of God, to consider it with the deepest attention, as they would not deceive their own souls. An error in this is generally observed to have the most fatal consequences: the rather, because he that errs seldom discovers his mistake, till it is too late to remedy it.
2. Et d’abord, comment ce témoignage doit-il être distingué de la présomption d’un esprit naturel ? Il est certain que celui qui n’a jamais été convaincu de péché est toujours prêt à se flatter et à avoir de lui-même, surtout dans les choses spirituelles, une plus haute opinion qu’il ne faut. Et c’est pourquoi il n’est nullement étrange que quelqu’un qui est vainement enflé par ses pensées charnelles, lorsqu’il entend parler de ce privilège des vrais chrétiens, au nombre desquels il se range sans aucun doute, en vienne bientôt à se persuader qu’il le possède déjà. De tels exemples abondent aujourd’hui dans le monde, et ils ont abondé dans tous les âges. Comment donc le vrai témoignage de l’Esprit avec notre esprit peut-il être distingué de cette présomption qui damne ?2. And first, how is this testimony to be distinguished from the presumption of a natural mind? It is certain, one who was never convinced of sin, is always ready to flatter himself and to think of himself, especially in spiritual things, more highly than he ought to think. And hence, it is in no wise strange if one who is vainly puffed up by his fleshly mind, when he hears of this privilege of true Christians, among whom he undoubtedly ranks himself, should soon work himself up into a persuasion, that he is already possest thereof. Such instances now abound in the world, and have abounded in all ages. How then may the real testimony of the Spirit with our spirit, be distinguished from this damning presumption?
3. Je réponds : les saintes Écritures abondent en marques par lesquelles l’un peut être distingué de l’autre. Elles décrivent de la manière la plus claire les circonstances qui précèdent, qui accompagnent et qui suivent le vrai et authentique témoignage de l’Esprit de Dieu avec l’esprit d’un croyant. Quiconque pèse ces choses avec soin et y fait attention n’aura pas besoin de prendre les ténèbres pour la lumière. Il percevra, à l’égard de toutes ces choses, une si grande différence entre le témoignage réel et le témoignage prétendu de l’Esprit, qu’il n’y aura aucun danger, je pourrais dire aucune possibilité, de confondre l’un avec l’autre.3. I answer, the holy scriptures abound with marks, whereby the one may be distinguished from the other. They describe in the plainest manner the circumstances which go before, which accompany, and which follow, the true, genuine testimony of the Spirit of God with the spirit of a believer. Whoever carefully weighs and attends to these, will not need to put darkness for light. He will perceive so wide a difference with respect to all these, between the real and the pretended witness of the Spirit, that there will be no danger, I might say, no possibility, of confounding the one with the other.
4. Par elles, celui qui présume vainement du don de Dieu pourrait sûrement savoir, s’il le désirait réellement, qu’il a été jusqu’ici livré à une puissance d’égarement, et qu’il lui a été permis de croire au mensonge. Car les Écritures posent ces marques claires et évidentes comme précédant, accompagnant et suivant ce don, et un peu de réflexion le convaincrait, au-delà de tout doute, qu’elles ne se sont jamais trouvées dans son âme. Par exemple, l’Écriture décrit la repentance, ou la conviction de péché, comme précédant toujours ce témoignage du pardon. Ainsi : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche, Matth. 3.2. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle, Marc 1.15. Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé pour le pardon de ses péchés, Actes 2.38. Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, chap. 3.19. En conformité avec cela, notre Église aussi place toujours la repentance avant le pardon ou le témoignage du pardon : « Il pardonne et absout tous ceux qui se repentent vraiment et qui croient sincèrement son saint Évangile. » « Le Dieu tout-puissant... a promis le pardon des péchés à tous ceux qui, avec une repentance sincère et une vraie foi, se tournent vers lui. » Mais il est étranger même à cette repentance. Il n’a jamais connu un cœur brisé et contrit. Le souvenir de ses péchés ne lui a jamais été douloureux, ni leur fardeau intolérable. En répétant ces paroles, il n’a jamais pensé ce qu’il disait ; il faisait seulement un compliment à Dieu. Et ne fût-ce qu’en raison de l’absence de cette œuvre préalable de Dieu, il a trop de raisons de croire qu’il a saisi une simple ombre, et qu’il n’a jamais encore connu le vrai privilège des fils de Dieu.4. By these, one who vainly presumes on the gift of God, might surely know, if he really desired it, that he hath been hitherto given up to a strong delusion, and suffered to believe a lie. For the scriptures lay down those clear, obvious marks as preceding, accompanying and following that gift, which a little reflection would convince him, beyond all doubt, were never found in his soul. For instance, the scripture describes repentance, or conviction of sin, as constantly going before this witness of pardon. So, Repent; for the kingdom of heaven, is at hand, Matt. iii. 2. Repent ye, and believe the gospel, Mark i. 15. Repent, and be baptized every one of you, for the remission of sins, Acts ii. 38. Repent ye therefore and be converted, that your sins may be blotted out, chap. iii. 19. In conformity whereto our church also continually places repentance, before pardon or the witness of it. “He pardoneth and absolveth all them that truly repent and unfeignedly believe his holy gospel.” “Almighty God—hath promised forgiveness of sins to all them, who with hearty repentance and true faith turn unto him.” But he is a stranger even to this repentance. He hath never known a broken and a contrite heart. The remembrance of his sins was never grievous unto him, nor the burthen of them intolerable. In repeating those words, he never meant what he said; he merely paid a compliment to God. And were it only from the want of this previous work of God, he hath too great reason to believe, that he hath grasped a mere shadow, and never yet known the real privilege of the sons of God.
5. De plus, les Écritures décrivent la nouvelle naissance de Dieu, qui doit précéder le témoignage que nous sommes ses enfants, comme un changement vaste et puissant ; un changement des ténèbres à la lumière, aussi bien que de la puissance de Satan à Dieu ; comme un passage de la mort à la vie, une résurrection d’entre les morts. Ainsi l’apôtre dit aux Éphésiens : Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés, et il vous a rendus à la vie, chap. 2, vers. 1. Et encore : Nous qui étions morts par nos offenses, il nous a rendus à la vie avec Christ ; il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ, vers. 5, 6. Mais que sait celui dont nous parlons maintenant d’un tel changement ? Il est entièrement étranger à toute cette affaire. C’est un langage qu’il ne comprend pas. Il vous dit : « J’ai toujours été chrétien. Je ne connais aucun moment où j’aie eu besoin d’un tel changement. » Par là aussi, s’il se permet de réfléchir, il peut savoir qu’il n’est pas né de l’Esprit ; qu’il n’a jamais encore connu Dieu, mais qu’il a pris la voix de la nature pour la voix de Dieu.5. Again, the scriptures describe the being born of God, which must precede the witness that we are his children, as a vast and mighty change, a change from darkness to light, as well as from the power of Satan unto God: as a passing from death unto life, a resurrection from the dead. Thus the apostle to the Ephesians; you hath he quickened who were dead in trespasses and sins, chap. ii. ver. 1. And again, When we were dead in sins, he hath quickened us together with Christ; and hath raised us up together, and made us sit together, in heavenly places, in Christ Jesus, ver. 5, 6. But what knoweth he concerning whom we now speak, of any such change as this? He is altogether unacquainted with this whole matter. This is a language which he does not understand. He tells you, “He always was a Christian. He knows no time when he had need of such a change.” By this also, if he give himself leave to think, may he know, that he is not born of the Spirit: that he has never yet known God; but has mistaken the voice of nature for the voice of God.
6. Mais, laissant de côté la considération de ce qu’il a éprouvé ou non dans le passé, c’est par les marques présentes que nous pouvons aisément distinguer un enfant de Dieu d’un présomptueux qui se trompe lui-même. Les Écritures décrivent cette joie dans le Seigneur qui accompagne le témoignage de son Esprit comme une joie humble, une joie qui abaisse jusqu’à la poussière, qui fait s’écrier le pécheur pardonné : « Je suis vil ! Qui suis-je, et qu’est-ce que la maison de mon père ?—Maintenant mon œil t’a vu ; c’est pourquoi je me condamne et je me repens sur la poussière et sur la cendre. » Et partout où il y a l’humilité, il y a la douceur, la patience, la bienveillance, la longanimité. Il y a un esprit doux et souple, une douceur et une suavité, une tendresse d’âme que les mots ne peuvent exprimer. Mais ces fruits accompagnent-ils ce prétendu témoignage de l’Esprit chez un homme présomptueux ? Tout le contraire. Plus il est assuré de la faveur de Dieu, plus il s’élève. Plus il s’exalte lui-même ; plus toute sa conduite est hautaine et arrogante. Plus il s’imagine avoir un témoignage fort, plus il est dominateur envers tous ceux qui l’entourent ; plus il est incapable de recevoir aucune réprimande, plus il est impatient de la contradiction. Au lieu d’être plus doux, plus bienveillant et plus docile, plus prompt à écouter et lent à parler, il est plus lent à écouter et prompt à parler, moins disposé à apprendre de qui que ce soit ; plus fougueux et véhément dans son humeur, et plus emporté dans sa conversation. Oui, peut-être paraîtra-t-il parfois une sorte de férocité dans son air, sa manière de parler, toute son attitude, comme s’il allait prendre l’affaire des mains de Dieu et dévorer lui-même les adversaires.6. But waving the consideration of whatever he has or has not experienced in time past; by the present marks may we easily distinguish a child of God, from a presumptuous self-deceiver. The scriptures describe that joy in the Lord which accompanies the witness of his Spirit, as an humble joy, a joy that abases to the dust; that makes a pardoned sinner cry out, “I am vile! What am I or my father’s house?—Now mine eye seeth thee, I abhor myself in dust and ashes?” And wherever lowliness is, there is meekness, patience, gentleness, long-suffering. There is a soft yielding spirit; a mildness and sweetness; a tenderness of soul which words cannot express. But do these fruits attend that supposed testimony of the Spirit, in a presumptuous man? Just the reverse. The more confident he is of the favour of God, the more is he lifted up. The more does he exalt himself; the more haughty and assuming is his whole behaviour. The stronger witness he imagines himself to have, the more overbearing is he to all around him; the more incapable of receiving any reproof, the more impatient of contradiction. Instead of being more meek, and gentle, and teachable, more swift to hear, and slow to speak, he is more slow to hear and swift to speak, more unready to learn of any one; more fiery and vehement in his temper, and eager in his conversation. Yea, perhaps, there will sometimes appear a kind of fierceness, in his air, his manner of speaking, his whole deportment, as if he were just going to take the matter out of God’s hands, and himself to devour the adversaries.
7. * Une fois encore. Les Écritures enseignent : l’amour de Dieu consiste (c’en est la marque sûre) à garder ses commandements, 1 Jean 5.3. Et notre Seigneur lui-même dit : Celui qui garde mes commandements, c’est celui qui m’aime, Jean 14.21. L’amour se réjouit d’obéir, de faire en tout point ce qui est agréable au Bien-aimé. Celui qui aime vraiment Dieu se hâte de faire sa volonté sur la terre comme elle est faite au ciel. Mais est-ce là le caractère du présomptueux qui prétend à l’amour de Dieu ? Non ; son amour lui donne la liberté de désobéir, de violer, et non de garder, les commandements de Dieu. Peut-être, lorsqu’il était dans la crainte de la colère de Dieu, travaillait-il à faire sa volonté. Mais maintenant, se considérant comme n’étant plus sous la loi, il pense qu’il n’est plus obligé de l’observer. Il est donc moins zélé pour les bonnes œuvres, moins soucieux de s’abstenir du mal ; moins vigilant sur son propre cœur, moins jaloux de veiller sur sa langue. Il est moins ardent à renoncer à lui-même et à se charger chaque jour de sa croix. En un mot, toute la forme de sa vie est changée depuis qu’il s’est imaginé être en liberté. Il ne s’exerce plus à la piété ; il ne lutte plus, non seulement contre la chair et le sang, mais contre les dominations et les autorités, supportant les souffrances, combattant de toutes ses forces pour entrer par la porte étroite. Non ; il a trouvé un chemin plus facile vers le ciel, un sentier large, uni et fleuri, où il peut dire à son âme : « Mon âme, repose-toi, mange, bois, et réjouis-toi. » Il s’ensuit avec une évidence indéniable qu’il n’a pas le vrai témoignage de son propre esprit. Il ne peut avoir conscience de posséder ces marques qu’il n’a pas : cette humilité, cette douceur et cette obéissance. Et l’Esprit du Dieu de vérité ne peut pas non plus rendre témoignage à un mensonge, ni attester qu’il est enfant de Dieu quand il est manifestement enfant du diable.7. * Once more. The scriptures teach, this is the love of God (the sure mark thereof) that we keep his commandments, 1 John v. 3. And our Lord himself saith, he that keepeth my commandments, he it is that loveth me, John xiv. 21. Love rejoices to obey; to do in every point, whatever is acceptable to the Beloved. A true lover of God hastens to do his will on earth as it is done in heaven. But is this the character of the presumptuous pretender to the love of God? Nay, but his love gives him a liberty to disobey, to break, not to keep, the commandments of God. Perhaps when he was in fear of the wrath of God, he did labour to do his will. But now looking on himself as not under the law, he thinks he is no longer obliged to observe it. He is therefore less zealous of good works, less careful to abstain from evil; less watchful over his own heart, less jealous over his tongue. He is less earnest to deny himself, and to take up his cross daily. In a word, the whole form of his life is changed, since he has fancied himself to be at liberty. He is no longer exercising himself unto godliness; wrestling not only with flesh and blood, but with principalities and powers, enduring hardships, agonizing to enter in at the strait gate. No; he has found an easier way to heaven; a broad, smooth, flowry path; in which he can say to his soul, “Soul, take thy ease, eat, drink, and be merry.” It follows with undeniable evidence, that he has not the true testimony of his own spirit. He cannot be conscious of having those marks which he hath not; that lowliness, meekness, and obedience. Nor yet can the Spirit of the God of truth bear witness to a lie; or testify that he is a child of God, when he is manifestly a child of the devil.
8. Démasque-toi, pauvre homme qui te trompes toi-même ! Toi qui es assuré d’être enfant de Dieu, toi qui dis : « J’ai le témoignage en moi-même », et qui pour cela défies tous tes ennemis. Tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé léger ; oui, dans la balance du sanctuaire. La parole du Seigneur a éprouvé ton âme et a montré que tu es un argent réprouvé. Tu n’es pas humble de cœur ; tu n’as donc pas reçu l’Esprit de Jésus jusqu’à ce jour. Tu n’es ni bienveillant ni doux ; ta joie ne vaut donc rien : ce n’est pas une joie dans le Seigneur. Tu ne gardes pas ses commandements ; tu ne l’aimes donc pas, et tu n’as pas part au Saint-Esprit. Il est par conséquent aussi certain et aussi évident que les oracles de Dieu peuvent le rendre, que son Esprit ne rend pas témoignage à ton esprit que tu es enfant de Dieu. Oh ! crie à lui pour que les écailles tombent de tes yeux, pour que tu te connaisses comme tu es connu ; pour que tu reçoives en toi-même la sentence de mort, jusqu’à ce que tu entendes la voix qui ressuscite les morts, disant : « Prends courage ; tes péchés te sont pardonnés ; ta foi t’a sauvé. »8. Discover thyself, thou poor self-deceiver! Thou who art confident of being a child of God, thou who sayest, “I have the witness in myself,” and therefore defiest all thy enemies. Thou art weighed in the balance and found wanting; even in the balance of the sanctuary. The word of the Lord hath tried thy soul, and proved thee to be reprobate silver. Thou art not lowly of heart. Therefore thou hast not received the Spirit of Jesus unto this day. Thou art not gentle and meek; therefore thy joy is nothing worth: it is not joy in the Lord. Thou dost not keep his commandments; therefore thou lovest him not, neither art thou partaker of the Holy Ghost. It is consequently, as certain and as evident, as the oracles of God can make it, his Spirit doth not bear witness with thy Spirit, that thou art a child of God. O cry unto him that the scales may fall off thine eyes, that thou mayst know thyself as thou art known; that thou mayst receive the sentence of death in thyself, till thou hear the voice that raises the dead, saying, “Be of good cheer: thy sins are forgiven; thy faith hath made thee whole.”
9. « Mais comment celui qui a le vrai témoignage en lui-même peut-il le distinguer de la présomption ? » Comment, je vous prie, distinguez-vous le jour de la nuit ? Comment distinguez-vous la lumière des ténèbres ? Ou la lumière d’une étoile, ou d’une chandelle vacillante, de la lumière du soleil de midi ? N’y a-t-il pas une différence inhérente, évidente, essentielle entre l’une et l’autre ? Et ne percevez-vous pas immédiatement et directement cette différence, pourvu que vos sens soient bien disposés ? De même, il y a une différence inhérente et essentielle entre la lumière spirituelle et les ténèbres spirituelles ; et entre la lumière dont le Soleil de justice éclaire notre cœur et cette lueur vacillante qui provient seulement des étincelles que nous avons allumées nous-mêmes. Et cette différence aussi est perçue immédiatement et directement, si nos sens spirituels sont bien disposés.9. “But how may one who has the real witness in himself distinguish it from presumption?” How, I pray, do you distinguish day from night? How do you distinguish light from darkness? Or the light of a star, or glimmering taper, from the light of the noon-day sun? Is there not an inherent, obvious, essential difference between the one and the other? And do you not immediately and directly perceive that difference, provided your senses are rightly disposed? In like manner, there is an inherent, essential difference between spiritual light and spiritual darkness: and between the light wherewith the Sun of righteousness shines upon our heart, and that glimmering light, which arises only from sparks of our own kindling. And this difference also is immediately and directly perceived, if our spiritual senses are rightly disposed.
10. * Exiger un exposé plus minutieux et plus philosophique de la manière dont nous distinguons ces choses, et des critères, ou marques intrinsèques, par lesquels nous connaissons la voix de Dieu, c’est faire une demande à laquelle on ne pourra jamais répondre ; non, pas même celui qui a la plus profonde connaissance de Dieu. Supposez que, lorsque Paul se défendit devant Agrippa, le sage Romain eût dit : « Tu parles d’avoir entendu la voix du Fils de Dieu. Comment sais-tu que c’était sa voix ? Par quels critères, par quelles marques intrinsèques connais-tu la voix de Dieu ? Explique-moi la manière de la distinguer d’une voix humaine ou angélique. » Pouvez-vous croire que l’apôtre lui-même eût seulement tenté de répondre à une demande si oiseuse ? Et pourtant, sans aucun doute, au moment où il entendit cette voix, il sut que c’était la voix de Dieu. Mais comment il le sut, qui est capable de l’expliquer ? Peut-être ni homme ni ange.10. * To require a more minute and philosophical account of the manner whereby we distinguish these, and of the criteria, or intrinsick marks, whereby we know the voice of God, is to make a demand which can never be answered; no, not by one who has the deepest knowledge of God. Suppose, when Paul answered before Agrippa, the wise Roman had said, “Thou talkest of hearing the voice of the Son of God. How dost thou know, it was his voice? By what criteria, what intrinsick marks, dost thou know the voice of God? Explain to me, the manner of distinguishing this, from a human or angelic voice.” Can you believe, the apostle himself would have once attempted to answer so idle a demand? And yet doubtless the moment he heard that voice, he knew it was the voice of God. But how he knew this, who is able to explain? Perhaps neither man nor angel.
11. * Pour serrer la question de plus près : supposons que Dieu dise maintenant à une âme : « Tes péchés te sont pardonnés. » Il doit vouloir que cette âme connaisse sa voix ; autrement il parlerait en vain. Et il est capable de l’accomplir, car, toutes les fois qu’il le veut, le faire est en son pouvoir. Et il l’accomplit. Cette âme est absolument assurée : « Cette voix est la voix de Dieu. » Mais celui qui a ce témoignage en lui-même ne peut cependant l’expliquer à celui qui ne l’a pas. Et en vérité il ne faut pas s’attendre à ce qu’il le puisse. S’il y avait quelque moyen naturel de prouver, ou quelque méthode naturelle d’expliquer les choses de Dieu à des hommes sans expérience, alors l’homme naturel pourrait discerner et connaître les choses de l’Esprit de Dieu. Mais cela est entièrement contraire à l’affirmation de l’apôtre, qu’il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge, à savoir par des sens spirituels, que l’homme naturel n’a pas.11. * To come yet closer. Suppose God were now to speak to any soul, “Thy sins are forgiven thee.” He must be willing, that soul should know his voice; otherwise he would speak in vain. And he is able to effect this; for whenever he wills, to do is present with him. And he does effect it. That soul is absolutely assured, “This voice is the voice of God.” But yet he who hath that witness in himself, cannot explain it to one who hath not. Nor indeed is it to be expected that he should. Were there any natural medium to prove, or natural method to explain the things of God, to unexperienced men; then the natural man might discern and know the things of the Spirit of God. But this is utterly contrary to the assertion of the apostle, that he cannot know them; because they are spiritually discerned; even by spiritual senses, which the natural man hath not.
12. « Mais comment saurai-je que mes sens spirituels sont bien disposés ? » C’est aussi une question d’une immense importance. Car si un homme se trompe en cela, il peut courir à l’infini dans l’erreur et l’illusion. « Et comment suis-je assuré que ce n’est pas mon cas, et que je ne me méprends pas sur la voix de l’Esprit ? » Par le témoignage de votre propre esprit ; par l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu. Par les fruits qu’il a produits dans votre esprit, vous connaîtrez le témoignage de l’Esprit de Dieu. Par là vous saurez que vous n’êtes dans aucune illusion, que vous n’avez pas trompé votre propre âme. Les fruits immédiats de l’Esprit, quand il règne dans le cœur, sont l’amour, la joie, la paix ; les entrailles de miséricorde, l’humilité, la douceur, la bienveillance, la patience. Et les fruits extérieurs sont : faire du bien à tous les hommes, ne faire de mal à personne, et marcher dans la lumière ; une obéissance zélée et constante à tous les commandements de Dieu.12. “But how shall I know, that my spiritual senses are rightly disposed?” This also is a question of vast importance. For if a man mistake in this, he may run on in endless error and delusion. “And how am I assured, that this is not my case; and that I do not mistake the voice of the Spirit?” Even by the testimony of your own Spirit; by the answer of a good conscience toward God. By the fruits which he hath wrought in your spirit you shall know the testimony of the Spirit of God. Hereby you shall know, that you are in no delusion, that you have not deceived your own soul. The immediate fruits of the Spirit, ruling in the heart, are love, joy, peace; bowels of mercies, humbleness of mind, meekness, gentleness, long-suffering. And the outward fruits are, the doing good to all men; the doing no evil to any; and the walking in the light; a zealous, uniform obedience to all the commandments of God.
13. Par les mêmes fruits vous distinguerez cette voix de Dieu de toute illusion du diable. Cet esprit orgueilleux ne peut t’humilier devant Dieu. Il ne peut ni ne voudrait attendrir ton cœur et le fondre d’abord dans un deuil ardent après Dieu, puis dans un amour filial. Ce n’est pas l’adversaire de Dieu et des hommes qui te rend capable d’aimer ton prochain, ou de revêtir la douceur, la bienveillance, la patience, la tempérance et toutes les armes de Dieu. Il n’est pas divisé contre lui-même, ni destructeur du péché, qui est son œuvre propre. Non ; ce n’est nul autre que le Fils de Dieu qui vient pour détruire les œuvres du diable. Aussi sûrement donc que la sainteté vient de Dieu, et que le péché est l’œuvre du diable, aussi sûrement le témoignage que tu as en toi-même ne vient pas de Satan, mais de Dieu.13. By the same fruits shall you distinguish this voice of God, from any delusion of the devil. That proud spirit cannot humble thee before God. He neither can nor would soften thy heart, and melt it first into earnest mourning after God, and then into filial love. It is not the adversary of God and man, that enables thee to love thy neighbour; or to put on meekness, gentleness, patience, temperance, and the whole armour of God. He is not divided against himself, or a destroyer of sin, his own work. No; it is none but the Son of God who cometh to destroy the works of the devil. As surely therefore as holiness is of God, and as sin is the work of the devil, so surely the witness thou hast in thyself is not of Satan, but of God.
14. Tu peux donc bien dire : Grâces soient rendues à Dieu pour son don ineffable ! Grâces soient rendues à Dieu, qui me donne de savoir en qui j’ai cru ; qui a envoyé dans mon cœur l’Esprit de son Fils, lequel crie : Abba ! Père ! et qui maintenant même rend témoignage à mon esprit que je suis enfant de Dieu ! Et veille à ce que non seulement tes lèvres, mais ta vie, publient sa louange. Il t’a marqué comme sien ; glorifie-le donc dans ton corps et dans ton esprit, qui lui appartiennent. Bien-aimé, si tu as cette espérance en toi-même, purifie-toi toi-même, comme lui-même est pur. Tandis que tu contemples quel amour le Père t’a témoigné, pour que tu sois appelé enfant de Dieu, purifie-toi de toute souillure de la chair et de l’esprit, en achevant ta sanctification dans la crainte de Dieu ; et que toutes tes pensées, toutes tes paroles et toutes tes œuvres soient un sacrifice spirituel, saint, agréable à Dieu par Jésus-Christ !14. Well then mayst thou say, Thanks be unto God for his unspeakable gift! Thanks be unto God, who giveth me to know in whom I have believed: who hath sent forth the Spirit of his Son into my heart, crying, Abba, Father, and even now bearing witness with my Spirit, that I am a child of God! And see, that not only thy lips, but thy life shew forth his praise. He hath marked thee for his own; glorify him then in thy body and thy Spirit which are his. Beloved, if thou hast this hope in thyself, purify thyself as he is pure. While thou beholdest what manner of love the Father hath given thee, that thou shouldst be called a child of God: cleanse thyself from all filthiness of flesh and spirit, perfecting holiness in the fear of God: and let all thy thoughts, words, and works be a spiritual sacrifice, holy, acceptable to God through Christ Jesus!