1. Prenez garde à vous-mêmes : l’âme du pasteur1. Take Heed to Yourselves: The Pastor’s Own Soul
Richard Baxter, The Reformed Pastor (Gildas Salvianus, 1656), d’après l’édition abrégée d’Édimbourg de 1829 : l’introduction sur Actes 20.28 et la partie 1, « La surveillance de nous-mêmes » (sa nature et ses motifs). Abrégé par paragraphes entiers, signalés par […]. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.Richard Baxter, The Reformed Pastor (Gildas Salvianus, 1656), as printed in the abridged Edinburgh edition of 1829: the opening on Acts 20:28 and part 1, “The Oversight of Ourselves” (its nature and motives). Abridged by whole paragraphs, marked […]. Primary source; the interpretations are the author’s.
Note du STC : Baxter a écrit ceci pour les ministres du Worcestershire, en Angleterre, réunis en décembre 1655 pour confesser leur négligence avant de commencer à enseigner chaque famille de leurs paroisses. « Prendre garde » signifie veiller avec soin ; la « surveillance » (oversight) est le soin pastoral ; un « chrétien de profession » est celui qui professe la foi chrétienne. L’éditeur de 1829 a adouci la formulation de Baxter et déplacé certains passages : c’est donc la pensée de Baxter sous une forme légèrement revue.CTS note: Baxter wrote this for the ministers of Worcestershire, England, who met in December 1655 to confess their neglect before beginning to teach every family in their parishes. “Take heed” means to watch over with care; “oversight” is pastoral care; a “professor” is someone who professes the Christian faith. The 1829 editor smoothed Baxter’s wording and moved some passages, so this is Baxter’s substance in a lightly revised form.
Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre sang. Actes 20.28Take heed therefore unto yourselves, and to all the flock, over the which the Holy Ghost hath made you overseers, to feed the church of God, which he hath purchased with his own blood. Acts 20.28
Bien que certains pensent que l’exhortation de Paul à ces anciens prouve qu’il était leur chef, nous qui devons aujourd’hui vous parler de la part du Seigneur espérons pouvoir librement faire de même, sans qu’on soupçonne une telle conclusion. Bien que nous enseignions notre peuple comme des officiers établis sur lui dans le Seigneur, nous pouvons cependant nous enseigner les uns les autres, comme frères dans la charge aussi bien que dans la foi. Si le peuple confié à nos soins doit « s’instruire et s’exhorter les uns les autres chaque jour », sans aucun doute les docteurs peuvent le faire entre eux, sans aucune prééminence de pouvoir ou de rang. Nous avons les mêmes péchés à mortifier et les mêmes grâces à ranimer et à fortifier que notre peuple ; nous avons de plus grandes œuvres à accomplir qu’eux, et de plus grandes difficultés à surmonter ; c’est pourquoi nous avons besoin d’être avertis et réveillés, sinon instruits, aussi bien qu’eux. Aussi j’avoue penser que de telles réunions entre nous devraient être plus fréquentes, quand même nous n’aurions rien d’autre à faire que cela. Et nous devrions agir les uns envers les autres aussi franchement et d’aussi près que les plus sérieux d’entre nous le font envers leurs troupeaux, de peur que, si eux seuls reçoivent de sévères avertissements et réprimandes, eux seuls ne soient sains et vivants dans la foi. Que tel fût le jugement de Paul, je n’en veux d’autre preuve que cette exhortation, qui réveille et fond le cœur, adressée aux anciens d’Éphèse. Un sermon bref, mais qui ne s’apprend pas vite ! Si les évêques et les docteurs de l’Église avaient bien appris cette courte exhortation, fût-ce au prix de maints volumes qui ont occupé leur temps et leur ont valu de plus grands applaudissements dans le monde, quel bonheur c’eût été pour l’Église et pour eux-mêmes ! En traitant plus avant ce texte, je me propose de suivre la méthode suivante :Though some think that Paul’s exhortation to these elders doth prove him their ruler, we who are this day to speak to you from the Lord, hope that we may freely do the like, without any jealousies of such a conclusion. Though we teach our people, as officers set over them in the Lord, yet may we teach one another, as brethren in office, as well as in faith. If the people of our charge must ‘teach and admonish and exhort each other daily,’ no doubt teachers may do it to one another, without any super-eminency of power or degree. We have the same sins to mortify, and the same graces to be quickened and strengthened, as our people have: we have greater works to do than they have, and greater difficulties to overcome, and therefore we have need to be warned and awakened, if not to be instructed, as well as they. So that I confess I think such meetings together should be more frequent, if we had nothing else to do but this. And we should deal as plainly and closely with one another, as the most serious among us do with our flocks, lest if they only have sharp admonitions and reproofs, they only should be sound and lively in the faith. That this was Paul’s judgment, I need no other proof, than this rousing, heart-melting exhortation to the Ephesian elders. A short sermon, but not soon learned! Had the bishops and teachers of the Church but thoroughly learned this short exhortation, though to the neglect of many a volume which hath taken up their time, and helped them to greater applause in the world, how happy had it been for the Church, and for themselves! In further discoursing on this text, I propose to pursue the following method:
LA NATURE DE CETTE SURVEILLANCETHE NATURE OF THIS OVERSIGHT
Considérons ce que c’est que prendre garde à nous-mêmes.Let us consider, what it is to take heed to ourselves.
1. Veillez à ce que l’œuvre de la grâce qui sauve soit pleinement accomplie dans vos propres âmes. Prenez garde à vous-mêmes, de peur que vous ne soyez dépourvus de cette grâce salutaire de Dieu que vous offrez aux autres, et étrangers à l’opération efficace de cet Évangile que vous prêchez ; et de peur que, tandis que vous proclamez au monde la nécessité d’un Sauveur, vos propres cœurs ne le négligent, et que vous ne manquiez d’avoir part à lui et à ses bienfaits salutaires. Prenez garde à vous-mêmes, de peur que vous ne périssiez tandis que vous appelez les autres à se garder de périr, et que vous ne mouriez de faim tandis que vous leur préparez la nourriture. Bien qu’il y ait une promesse de briller comme les étoiles pour ceux « qui auront enseigné la justice à la multitude », cela suppose qu’ils y aient d’abord été eux-mêmes amenés. Leur propre sincérité dans la foi est la condition de leur gloire, considérée en elle-même, bien que leurs grands travaux dans le ministère puissent être la condition de la promesse d’une plus grande gloire. Beaucoup ont averti les autres de ne pas venir en ce lieu de tourment, tandis qu’eux-mêmes s’y hâtaient ; maint prédicateur est maintenant en enfer, qui avait cent fois exhorté ses auditeurs à user du plus grand soin et de la plus grande diligence pour y échapper. Un homme raisonnable peut-il imaginer que Dieu sauvera des hommes parce qu’ils ont offert le salut aux autres tandis qu’eux-mêmes le refusaient, et parce qu’ils ont dit aux autres des vérités qu’eux-mêmes négligeaient et dont ils abusaient ? Maint tailleur va en haillons, qui fait pour les autres de riches vêtements ; et maint cuisinier se lèche à peine les doigts, après avoir apprêté pour d’autres les mets les plus coûteux. Croyez-le, frères : Dieu n’a jamais sauvé aucun homme parce qu’il était prédicateur, ni parce qu’il était un prédicateur habile, mais parce qu’il était un homme justifié et sanctifié, et par conséquent fidèle dans l’œuvre de son Maître. Prenez donc garde d’abord à vous-mêmes, afin d’être ce que vous persuadez vos auditeurs d’être, de croire ce que vous les persuadez de croire, et d’accueillir de tout votre cœur ce Sauveur que vous leur offrez. Celui qui vous a ordonné d’aimer votre prochain comme vous-mêmes donnait à entendre que vous devez vous aimer vous-mêmes, et non vous haïr et vous perdre, vous et eux.1. See that the work of saving grace be thoroughly wrought in your own souls. Take heed to yourselves, lest you be void of that saving grace of God which you offer to others, and be strangers to the effectual working of that gospel which you preach; and lest, while you proclaim to the world the necessity of a Savior, your own hearts should neglect him, and you should miss of an interest in him and his saving benefits. Take heed to yourselves, lest you perish, while you call upon others to take heed of perishing; and lest you famish yourselves while you prepare food for them. Though there is a promise of shining as the stars, to those ‘who turn many to righteousness,’ that is but on supposition that they are first turned to it themselves. Their own sincerity in the faith is the condition of their glory, simply considered, though their great ministerial labors may be a condition of the promise of their greater glory. Many have warned others that they come not to that place of torment, while yet they hastened to it themselves: many a preacher is now in hell, who hath a hundred times called upon his hearers to use the utmost care and diligence to escape it. Can any reasonable man imagine that God should save men for offering salvation to others, while they refuse it themselves; and for telling others those truths which they themselves neglect and abuse? Many a tailor goes in rags, that maketh costly clothes for others; and many a cook scarcely licks his fingers, when he hath dressed for others the most costly dishes. Believe it, brethren, God never saved any man for being a preacher, nor because he was an able preacher; but because he was a justified, sanctified man, and consequently faithful in his Master’s work. Take heed, therefore, to ourselves first, that you be that which you persuade your hearers to be, and believe that which you persuade them to believe, and heartily entertain that Savior whom you offer to them. He that bade you love your neighbors as yourselves, did imply that you should love yourselves, and not hate and destroy yourselves and them.
C’est une chose redoutable que d’être un chrétien de profession non sanctifié, mais bien plus encore d’être un prédicateur non sanctifié. Ne tremblez-vous pas lorsque vous ouvrez la Bible, de peur d’y lire la sentence de votre propre condamnation ? Quand vous rédigez vos sermons, vous ne pensez guère que vous dressez des actes d’accusation contre vos propres âmes ! Quand vous argumentez contre le péché, que vous aggravez le vôtre ! Quand vous proclamez à vos auditeurs les richesses insondables de Christ et de sa grâce, que vous publiez votre propre iniquité à les rejeter, et votre malheur d’en être privés ! Que pouvez-vous faire pour persuader les hommes de venir à Christ, pour les détacher du monde, pour les presser de mener une vie de foi et de sainteté, sans que la conscience, si elle était éveillée, vous dise que vous dites tout cela à votre propre confusion ? Si vous parlez de l’enfer, vous parlez de votre propre héritage ; si vous décrivez les joies du ciel, vous décrivez votre propre misère, puisque vous n’avez aucun droit à « l’héritage des saints dans la lumière ». Que pouvez-vous dire, pour la plupart, qui ne soit contre vos propres âmes ? Ô vie misérable, qu’un homme étudie et prêche contre lui-même, et passe ses jours à se condamner lui-même ! Un prédicateur sans grâce et sans expérience est l’une des créatures les plus malheureuses de la terre ; et pourtant il est d’ordinaire fort insensible à son malheur, car il a tant de jetons qui ressemblent à l’or de la grâce qui sauve, et tant de pierres brillantes qui ressemblent aux joyaux du chrétien, qu’il est rarement troublé par la pensée de sa pauvreté ; mais il pense qu’il est « riche, qu’il s’est enrichi et qu’il n’a besoin de rien, alors qu’il est malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu ». Il connaît les saintes Écritures, il s’exerce aux devoirs saints, il ne vit pas dans un péché ouvert et honteux, il sert à l’autel de Dieu, il reprend les fautes des autres et prêche la sainteté du cœur et de la vie ; comment cet homme pourrait-il ne pas être saint ? Oh ! quelle misère aggravée que de périr au milieu de l’abondance, de mourir de faim avec le pain de vie entre nos mains, tandis que nous l’offrons aux autres et les pressons de le prendre ! Que ces ordonnances de Dieu, instituées pour être les moyens de notre conviction et de notre salut, deviennent l’occasion de notre illusion ! Et que, tandis que nous tenons devant les autres le miroir de l’Évangile pour leur montrer le visage et l’aspect de leurs âmes, nous en regardions nous-mêmes le revers, où nous ne pouvons rien voir, ou le détournions afin qu’il nous donne de nous-mêmes une fausse image ! Si un tel malheureux voulait suivre mon conseil, il s’arrêterait, il appellerait son cœur et sa vie à rendre compte, et se mettrait à se prêcher quelque temps à lui-même avant de prêcher davantage aux autres. Il considérerait si la nourriture qui est dans la bouche et ne descend pas dans l’estomac peut nourrir ; si celui qui « prononce le nom de Christ » ne doit pas « s’éloigner de l’iniquité » ; si Dieu exaucera ses prières, s’il « a conçu l’iniquité dans son cœur » ; s’il lui servira, au jour du compte, de dire : « Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? », lorsqu’il entendra ces terribles paroles : « Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi » ; et quelle consolation ce sera pour Judas, lorsqu’il sera allé en son lieu, de se rappeler qu’il a prêché avec les autres apôtres, ou qu’il s’est assis avec Christ et a été appelé par lui « Ami ». Quand de telles pensées seront entrées dans leurs âmes et auront travaillé quelque temps leurs consciences, je leur conseillerais d’aller à leur assemblée et d’y prêcher de nouveau le sermon d’Origène sur le Psaume 50.16-17 : « Et Dieu dit au méchant : Quoi donc ! tu énumères mes lois, et tu as mon alliance à la bouche, toi qui hais les avis, et qui jettes mes paroles derrière toi ! » Et, ayant lu ce texte, de s’asseoir pour l’expliquer et l’appliquer par leurs larmes ; puis de faire une confession pleine et libre de leur péché, de déplorer leur état devant toute l’assemblée et de demander ses prières ardentes à Dieu pour la grâce qui pardonne et qui renouvelle, afin qu’à l’avenir ils prêchent un Sauveur qu’ils connaissent, qu’ils sentent ce qu’ils disent, et recommandent les richesses de l’Évangile par leur propre expérience. Hélas ! c’est le danger et le malheur commun de l’Église d’avoir des pasteurs non régénérés et sans expérience, et de voir tant d’hommes devenir prédicateurs avant d’être chrétiens ; consacrés à l’autel comme prêtres de Dieu avant d’être consacrés de cœur comme disciples de Christ ; et ainsi adorer un Dieu inconnu, prêcher un Christ inconnu, prier par un Esprit inconnu, recommander un état de sainteté et de communion avec Dieu, une gloire et un bonheur qui leur sont entièrement inconnus et qui leur resteront probablement inconnus pour toujours. Il ne sera qu’un prédicateur sans cœur, celui qui n’a pas dans son cœur le Christ et la grâce qu’il prêche. Oh ! si tous nos étudiants dans nos universités considéraient bien cela ! Quelle pauvre affaire pour eux que de passer leur temps à acquérir quelque petite connaissance des œuvres de Dieu, et de quelques-uns des noms que les langues divisées des nations leur ont imposés, sans connaître Dieu lui-même, sans l’exalter dans leur cœur, sans connaître cette unique œuvre de renouvellement qui les rendrait heureux ! Ils ne font que « se promener comme une ombre », et passent leur vie comme des hommes qui rêvent, occupant leur esprit et leur langue à une foule de noms et de notions, tout en étant étrangers à Dieu et à la vie des saints. Si jamais Dieu les réveille par sa grâce salutaire, ils auront des pensées et des occupations tellement plus sérieuses que leurs études et leurs disputes non sanctifiées, qu’ils avoueront qu’auparavant ils ne faisaient que rêver. Ils se font un monde d’affaires autour de rien, tout en restant volontairement étrangers à l’Être premier, indépendant et nécessaire, qui est tout en tous. Rien ne peut être bien connu si Dieu n’est pas connu ; et aucune étude n’est bien conduite, ni d’un grand profit, si Dieu n’est pas étudié. Nous connaissons peu la créature tant que nous ne la connaissons pas dans sa relation avec le Créateur : des lettres isolées et des syllabes non assemblées ne valent pas mieux qu’un non-sens. Celui qui néglige celui qui est « l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin », et ne le voit pas en toutes choses, lui qui est le Tout de tout, ne voit rien du tout. Toutes les créatures, en tant que telles, sont des syllabes brisées ; elles ne signifient rien séparées de Dieu. Si elles en étaient réellement séparées, elles cesseraient d’être, et la séparation serait un anéantissement ; et quand nous les séparons dans notre imagination, nous n’en faisons rien pour nous-mêmes. C’est une chose de connaître les créatures comme Aristote, et une autre de les connaître comme un chrétien. Nul autre qu’un chrétien ne peut lire une ligne de sa Physique de manière à la bien comprendre. C’est une étude haute et excellente, et d’un plus grand usage que beaucoup ne le pensent ; mais ce qu’Aristote peut nous en enseigner n’en est que la moindre partie.It is a fearful thing to be an unsanctified professor, but much more to be an unsanctified preacher. Doth it not make you tremble when you open the Bible, lest you should there read the sentence of your own condemnation? When you pen your sermons, little do you think that you are drawing up indictments against your own souls! When you are arguing against sin, that you are aggravating your own! When you proclaim to your hearers the unsearchable riches of Christ and his grace, that you are publishing your own iniquity in rejecting them, and your unhappiness in being destitute of them! What can you do in persuading men to Christ, in drawing them from the world, in urging them to a life of faith and holiness, but conscience, if it were awake, would tell you, that you speak all this to your own confusion? If you speak of hell, you speak of your own inheritance: if you describe the joys of heaven, you describe your own misery, seeing you have no right to ‘the inheritance of the saints in light.’ What can you say, for the most part, but it will be against your own souls? O miserable life! that a man should study and preach against himself, and spend his days in a course of self-condemnation! A graceless, inexperienced preacher is one of the most unhappy creatures upon earth and yet he is ordinarily very insensible of his unhappiness; for he hath so many counters that seem like the gold of saving grace, and so many splendid stones that resemble Christian jewels, that he is seldom troubled with the thoughts of his poverty; but thinks he is ‘rich, and increased in goods, and stands in need of nothing, when he is poor, and miserable, and blind, and naked.’ He is acquainted with the Holy Scriptures, he is exercised in holy duties, he liveth not in open disgraceful sin, he serveth at God’s altar, he reproveth other men’s faults, and preacheth up holiness both of heart and life; and how can this man choose but be holy? Oh what aggravated misery is this, to perish in the midst of plenty! – to famish with the bread of life in our hands, while we offer it to others, and urge it on them! That those ordinances of God should be the occasion of our delusion, which are instituted to be the means of our conviction and salvation! and that while we hold the looking-glass of the gospel to others, to show them the face and aspect of their souls, we should either look on the back part of it ourselves, where we can see nothing, or turn it aside, that it may misrepresent us to ourselves! If such a wretched man would take my counsel, he would make a stand, and call his heart and life to an account, and fall a preaching a while to himself, before he preach any more to others. He would consider, whether food in the mouth, that goeth not into the stomach, will nourish; whether he that ‘nameth the name of Christ should not depart from iniquity," whether God will hear his prayers, if ‘he regard iniquity in his heart," whether it will serve the turn at the day of reckoning to say, ‘Lord, Lord, we have prophesied in thy name,’ when he shall hear these awful words, ‘Depart from me, I know you not,’ and what comfort it will be to Judas, when he has gone to his own place, to remember that he preached with the other apostles, or that he sat with Christ, and was called by him, ‘Friend.’ When such thoughts as these have entered into their souls, and kindly worked a while upon their consciences, I would advise them to go to their congregation, and preach over Origen’s sermon on Psalm 50.16-17. ‘But unto the wicked God saith, What hast thou to do to declare my statutes, or that thou shouldest take my covenant into thy mouth seeing thou hatest instruction, and castest my words behind thee.’ And when they have read this text, to sit down, and expound and apply it by their tears; and then to make a full and free confession of their sin, and lament their case before the whole assembly, and desire their earnest prayers to God for pardoning and renewing grace; that hereafter they may preach a Savior whom they know, and may feel what they speak, and may commend the riches of the gospel from their own experience. Alas! it is the common danger and calamity of the Church, to have unregenerate and inexperienced pastors, and to have so many men become preachers before they are Christians; who are sanctified by dedication to the altar as the priests of God, before they are sanctified by hearty dedication as the disciples of Christ; and so to worship an unknown God, and to preach an unknown Christ, to pray through an unknown Spirit, to recommend a state of holiness and communion with God, and a glory and a happiness which are all unknown, and like to be unknown to them for ever. He is like to be but a heartless preacher, that hath not the Christ and grace that he preacheth, in his heart. O that all our students in our universities would well consider this! What a poor business is it to themselves, to spend their time in acquiring some little knowledge of the works of God, and of some of those names which the divided tongues of the nations have imposed on them, and not to know God himself, nor exalt him in their hearts, nor to be acquainted with that one renewing work that should make them happy! They do but ‘walk in a vain show,’ and spend their lives like dreaming men, while they busy their wits and tongue about abundance of names and notions, and are strangers to God and the life of saints. If ever God awaken them by his saving grace, they will have cogitations and employments so much more serious than their unsanctified studies and disputations, that they will confess they did but dream before. A world of business they make themselves about nothing, while they are wilful strangers to the primitive, independent, necessary Being, who is all in all. Nothing can be rightly known, if God be not known; nor is any study well managed, nor to any great purpose, if God is not studied. We know little of the creature, till we know it as it stands related to the Creator: single letters, and syllables uncomposed, are no better than nonsense. He who overlooketh him who is the ‘Alpha and Omega, the beginning and the ending,’ and seeth not him in all who is the All of all, doth see nothing at all. All creatures, as such, are broken syllables; they signify nothing as separated from God. Were they separated actually, they would cease to be, and the separation would be an annihilation; and when we separate them in our fancies, we make nothing of them to ourselves. It is one thing to know the creatures as Aristotle, and another thing to know them as a Christian. None but a Christian can read one line of his Physics so as to understand it rightly. It is a high and excellent study, and of greater use than many apprehend; but it is the smallest part of it that Aristotle can teach us.
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2. Ne vous contentez pas d’être en état de grâce, mais veillez aussi à ce que vos grâces soient maintenues dans un exercice vigoureux et vivant, et prêchez-vous à vous-mêmes les sermons que vous étudiez, avant de les prêcher aux autres. Si vous le faisiez pour votre propre bien, ce ne serait pas peine perdue ; mais je vous parle pour le bien public, afin que vous le fassiez pour l’amour de l’Église. Quand vos esprits sont dans une disposition sainte et céleste, votre peuple a des chances d’en recueillir les fruits. Vos prières, vos louanges et votre doctrine lui seront douces et célestes. Il sentira probablement quand vous aurez été beaucoup avec Dieu : ce qui est le plus sur votre cœur sera le plus à ses oreilles. J’avoue que je dois le dire par une triste expérience : je publie à mon troupeau les désordres de ma propre âme. Quand je laisse mon cœur se refroidir, ma prédication est froide ; quand il est confus, ma prédication est confuse ; et ainsi je puis souvent observer, même chez les meilleurs de mes auditeurs, que lorsque je me suis refroidi dans la prédication, ils se sont refroidis aussi, et que les prières que je les ai entendus faire ensuite ressemblaient trop à ma prédication. Nous sommes les nourrices des petits de Christ. Si nous cessons de prendre nous-mêmes de la nourriture, nous les affamerons ; cela se verra bientôt à leur maigreur et à la mollesse avec laquelle ils s’acquittent de leurs divers devoirs. Si nous laissons décliner notre amour, nous ne sommes guère en état d’élever le leur. Si nous relâchons notre sainte sollicitude et notre crainte, cela paraîtra dans notre prédication : si la matière ne le montre pas, la manière le montrera. Si nous nous nourrissons d’aliments malsains, d’erreurs ou de controverses stériles, nos auditeurs s’en trouveront probablement plus mal. Au contraire, si nous abondons en foi, en amour et en zèle, comme cela déborderait pour le rafraîchissement de nos assemblées, et comme cela paraîtrait dans l’accroissement des mêmes grâces en elles ! Ô frères, veillez donc sur vos propres cœurs : chassez-en les convoitises, les passions et les inclinations mondaines ; entretenez la vie de la foi, de l’amour et du zèle ; soyez beaucoup chez vous, et beaucoup avec Dieu. Si ce n’est pas votre occupation quotidienne d’étudier votre propre cœur, de dompter la corruption et de marcher avec Dieu, si vous n’en faites pas une œuvre à laquelle vous vous appliquez constamment, tout ira mal et vous affamerez vos auditeurs ; ou, si vous avez une ferveur affectée, vous ne pouvez espérer qu’une bénédiction d’en haut l’accompagne. Par-dessus tout, adonnez-vous beaucoup à la prière secrète et à la méditation. C’est de là que vous devez tirer le feu céleste qui doit allumer vos sacrifices. Souvenez-vous que vous ne pouvez décliner et négliger votre devoir à votre seul détriment ; beaucoup y perdront aussi bien que vous. Pour l’amour de votre peuple, veillez donc sur vos cœurs. Si un accès d’orgueil spirituel venait à vous surprendre, si vous tombiez dans quelque erreur dangereuse et répandiez vos propres inventions pour entraîner des disciples après vous, quelle blessure ce pourrait être pour l’Église dont vous avez la charge ! Vous pourriez devenir pour elle un fléau au lieu d’une bénédiction, et elle pourrait souhaiter n’avoir jamais vu votre visage. Oh ! prenez donc garde à vos jugements et à vos affections. La vanité et l’erreur s’insinuent subtilement, et viennent rarement sans de beaux prétextes ; les grands désordres et les apostasies ont d’ordinaire de petits commencements. Le prince des ténèbres se déguise souvent en ange de lumière, pour ramener les enfants de lumière dans les ténèbres. Avec quelle facilité aussi les désordres se glissent dans nos affections et dans notre premier amour, et la crainte et la vigilance se relâchent ! Veillez donc, pour l’amour de vous-mêmes et des autres.2. Content not yourselves with being in a state of grace, but be also careful that your graces are kept in vigorous and lively exercise, and that you preach to yourselves the sermons which you study, before you preach them to others. If you did this for your own sakes, it would not be lost labor; but I am speaking to you upon the public account, that you would do it for the sake of the Church. When your minds are in a holy, heavenly frame, your people are likely to partake of the fruits of it. Your prayers, and praises, and doctrine will be sweet and heavenly to them. They will likely feel when you have been much with God: that which is most on your hearts, is like to be most in their ears. I confess I must speak it by lamentable experience, that I publish to my flock the distempers of my own soul. When I let my heart grow cold, my preaching is cold; and when it is confused, my preaching is confused; and so I can oft observe also in the best of my hearers, that when I have grown cold in preaching, they have grown cold too; and the next prayers which I have heard from them have been too like my preaching. We are the nurses of Christ’s little ones. If we forbear taking food ourselves, we shall famish them; it will soon be visible in their leanness, and dull discharge of their several duties. If we let our love decline, we are not like to raise up theirs. If we abate our holy care and fear, it will appear in our preaching: if the matter show it not, the manner will. If we feed on unwholesome food, either errors or fruitless controversies, our hearers are like to fare the worse for it. Whereas, if we abound in faith, and love, and zeal, how would it overflow to the refreshing of our congregations, and how would it appear in the increase of the same graces in them! O brethren, watch therefore over your own hearts: keep out lusts and passions, and worldly inclinations; keep up the life of faith, and love, and zeal: be much at home, and be much with God. If it be not your daily business to study your own hearts, and to subdue corruption, and to walk with God – if you make not this a work to which you constantly attend, all will go wrong, and you will starve your hearers; or, if you have an affected fervency, you cannot expect a blessing to attend it from on high. Above all, be much in secret prayer and meditation. Thence you must fetch the heavenly fire that must kindle your sacrifices: remember, you cannot decline and neglect your duty, to your own hurt alone; many will be losers by it as well as you. For your people’s sakes, therefore, look to your hearts. If a pang of spiritual pride should overtake you, and you should fall into any dangerous error, and vent your own inventions to draw away disciples after you, what a wound may this prove to the Church, of which you have the oversight; and you may become a plague to them instead of a blessing, and they may wish they had never seen your faces. Oh, therefore, take heed to your own judgments and affections. Vanity and error will slyly insinuate, and seldom come without fair pretences: great distempers and apostasies have usually small beginnings. The prince of darkness doth frequently personate an angel of light, to draw the children of light again into darkness. How easily also will distempers creep in upon our affections and our first love, and fear and care abate! Watch, therefore, for the sake of yourselves and others.
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3. Prenez garde à vous-mêmes, de peur que votre exemple ne contredise votre doctrine, et que vous ne mettiez devant les aveugles des pierres d’achoppement qui deviennent l’occasion de leur ruine ; de peur que vous ne démentiez par votre vie ce que vous dites de votre langue, et que vous ne soyez les plus grands obstacles au succès de vos propres travaux. Cela entrave beaucoup notre œuvre lorsque d’autres hommes passent toute la semaine à contredire en privé, auprès des pauvres gens, ce que nous leur avons dit en public de la Parole de Dieu, parce que nous ne pouvons être là pour dévoiler leur folie ; mais cela entravera bien davantage votre œuvre si vous vous contredisez vous-mêmes, si vos actions donnent un démenti à votre langue, et si vous bâtissez une heure ou deux avec votre bouche pour démolir de vos mains toute la semaine suivante ! C’est le moyen de faire croire aux hommes que la Parole de Dieu n’est qu’un conte frivole, et de faire paraître la prédication rien de mieux que du bavardage. Celui qui pense ce qu’il dit fera sûrement ce qu’il dit. Une seule parole orgueilleuse, revêche ou hautaine, une seule querelle inutile, une seule action cupide, peut égorger maint sermon et flétrir le fruit de tout ce que vous avez fait. Dites-moi, frères, dans la crainte de Dieu : tenez-vous au succès de vos travaux, oui ou non ? Désirez-vous ardemment le voir dans les âmes de vos auditeurs ? Si non, pourquoi prêchez-vous, pourquoi étudiez-vous, et pourquoi vous dites-vous ministres de Christ ? Mais si oui, alors sûrement vous ne pourrez vous résoudre à gâter votre œuvre pour une chose de rien. Quoi ! vous tenez au succès de vos travaux, et pourtant vous ne voulez pas donner un peu aux pauvres, ni supporter une injure ou une parole grossière, ni vous abaisser devant le plus humble, ni renoncer à vos manières emportées ou hautaines, non, pas même pour gagner des âmes et atteindre le but de tous vos travaux ! Vous estimez bien peu le succès, en vérité, si vous le vendez à si vil prix, ou si vous ne voulez pas faire si peu de chose pour l’obtenir. C’est une erreur manifeste de certains ministres, qui mettent une telle disproportion entre leur prédication et leur vie : ils étudient beaucoup pour prêcher avec exactitude, et peu ou point pour vivre avec exactitude. Toute la semaine leur semble à peine suffire pour étudier comment parler deux heures ; et pourtant une heure leur semble trop pour étudier comment vivre toute la semaine. Ils répugnent à mal placer un mot dans leurs sermons, ou à commettre quelque faiblesse notable (et je ne les en blâme pas, car la matière est sainte et grave) ; mais ils ne font aucun cas de mal placer leurs affections, leurs paroles et leurs actions dans le cours de leur vie. Oh ! avec quel raffinement j’ai entendu prêcher certains hommes, et avec quelle négligence je les ai vus vivre ! Ils étaient si soigneux dans la préparation de leurs sermons que prêcher rarement leur semblait une vertu, afin que leur langage fût plus poli ; et tous les auteurs de rhétorique qu’ils pouvaient trouver étaient enrôlés pour orner leur style (et les colifichets en étaient souvent le principal ornement). Ils étaient si délicats en écoutant les autres que nul ne leur plaisait qui parlait comme il pensait, ou qui n’étouffait pas les affections, ou n’engourdissait ou ne déréglait pas le cœur par les accents dominants d’un esprit fantasque. Et pourtant, quand il s’agissait de la pratique, et une fois sortis de l’église, combien ces hommes étaient peu soigneux, et combien peu ils se souciaient de ce qu’ils disaient ou faisaient, pourvu que ce ne fût pas assez grossier pour les déshonorer ! Ceux qui prêchaient avec précision ne voulaient pas vivre avec précision ! Quelle différence entre leurs discours de la chaire et leurs propos familiers ! Ceux qui supportaient le moins les barbarismes, les solécismes et les paralogismes dans un sermon les toléraient aisément dans leur vie et leur conduite.3. Take heed to yourselves, lest your example contradict your doctrine, and lest you lay such stumbling-blocks before the blind, as may be the occasion of their ruin; lest you unsay with your lives, what you say with your tongues; and be the greatest hinderers of the success of your own labors. It much hindereth our work, when other men are all the week long contradicting to poor people in private, that which we have been speaking to them from the Word of God in public, because we cannot be at hand to expose their folly; but it will much more hinder your work, if you contradict yourselves, and if your actions give your tongue the lie, and if you build up an hour or two with your mouths, and all the week after pull down with your hands! This is the way to make men think that the Word of God is but an idle tale, and to make preaching seem no better than prating. He that means as he speaks, will surely do as he speaks. One proud, surly, lordly word, one needless contention, one covetous action, may cut the throat of many a sermon, and blast the fruit of all that you have been doing. Tell me, brethren, in the fear of God, do you regard the success of your labors, or do you not? Do you long to see it upon the souls of your hearers? If you do not, what do you preach for; what do you study for; and what do you call yourselves the ministers of Christ for? But if you do, then surely you cannot find in your heart to mar your work for a thing of nought. What! do you regard the success of your labors, and yet will not part with a little to the poor, nor put up with an injury, or a foul word, nor stoop to the meanest, nor forbear your passionate or lordly carriage, – no, not for the winning of souls, and attaining the end of all your labors! You little value success, indeed, that will sell it at so cheap a rate, or will not do so small a matter to attain it. It is a palpable error of some ministers, who make such a disproportion between their preaching and their living; who study hard to preach exactly, and study little or not at all to live exactly. All the week long is little enough, to study how to speak two hours; and yet one hour seems too much to study how to live all the week. They are loath to misplace a word in their sermons, or to be guilty of any notable infirmity, (and I blame them not, for the matter is holy and weighty,) but they make nothing of misplacing affections, words, and actions, in the course of their lives. Oh how curiously have I heard some men preach; and how carelessly have I seen them live! They have been so accurate as to the preparation of their sermons, that seldom preaching seemed to them a virtue, that their language might be the more polite, and all the rhetorical writers they could meet with were pressed to serve them for the adorning of their style, (and gauds were oft their chiefest ornaments.) They were so nice in hearing others, that no man pleased them that spoke as he thought, or that drowned not affections, or dulled not, or distempered not the heart by the predominant strains of a fantastic wit. And yet, when it came to matter of practice, and they were once out of church, how incurious were the men, and how little did they regard what they said or did, so it were not so palpably gross as to dishonor them! They that preach precisely, would not live precisely! What a difference was there between their pulpit speeches and their familiar discourse? They that were most impatient of barbarisms, solecisms, and paralogisms in a sermon, could easily tolerate them in their life and conversation.
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4. Prenez garde à vous-mêmes, de peur que vous ne viviez dans les péchés contre lesquels vous prêchez chez les autres, et que vous ne soyez coupables de ce que vous condamnez chaque jour. Ferez-vous votre œuvre de magnifier Dieu et, cela fait, le déshonorerez-vous autant que d’autres ? Proclamerez-vous la puissance souveraine de Christ, tout en la méprisant et en vous révoltant vous-mêmes ? Prêcherez-vous ses lois, pour les violer délibérément ? Si le péché est mauvais, pourquoi y vivez-vous ? S’il ne l’est pas, pourquoi en détournez-vous les hommes ? S’il est dangereux, comment osez-vous vous y aventurer ? S’il ne l’est pas, pourquoi le dites-vous aux hommes ? Si les menaces de Dieu sont vraies, pourquoi ne les craignez-vous pas ? Si elles sont fausses, pourquoi en troublez-vous inutilement les hommes, et les jetez-vous sans cause dans de telles frayeurs ? Connaissez-vous « le jugement de Dieu, déclarant dignes de mort ceux qui commettent de telles choses », et les ferez-vous pourtant ? « Toi donc, qui enseignes les autres, tu ne t’enseignes pas toi-même ! Toi qui dis de ne pas commettre d’adultère », ou de ne pas t’enivrer, ou de ne pas convoiter, l’es-tu toi-même ? « Toi qui te fais une gloire de la loi, tu déshonores Dieu par la transgression de la loi ! » Quoi ! la même langue qui parle contre le mal dira-t-elle du mal ? Les lèvres qui condamnent ces choses et d’autres semblables chez les autres censureront-elles, calomnieront-elles et dénigreront-elles votre prochain ? Prenez garde à vous-mêmes, de peur que vous ne criiez contre le péché sans le vaincre ; de peur que, tandis que vous cherchez à l’abattre chez les autres, vous ne vous inclinez devant lui et n’en deveniez vous-mêmes les esclaves : « Car chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui. » « Vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l’obéissance qui conduit à la justice. » Ô frères ! il est plus facile de gronder le péché que de le vaincre.4. Take heed to yourselves, lest you live in those sins which you preach against in others, and lest you be guilty of that which daily you condemn. Will you make it your work to magnify God, and, when you have done, dishonor him as much as others? Will you proclaim Christ’s governing power, and yet contemn it, and rebel yourselves? Will you preach his laws, and wilfully break them? If sin be evil, why do you live in it? If it be not, why do you dissuade men from it? If it be dangerous, how dare you venture on it? if it be not, why do you tell men so? If God’s threatenings be true, why do you not fear them? if they be false, why do you needlessly trouble men with them, and put them into such frights without a cause? Do you ‘know the judgment of God, that they who commit such things are worthy of death,’ and yet will you do them? ‘Thou that teachest another, teachest thou not thyself? Thou that sayest a man should not commit adultery,’ or be drunk, or covetous, art thou such thyself? ‘Thou that makest thy boast of the law, through breaking the law dishonorest thou God?’ What! shall the same tongue speak evil that speakest against evil? Shall those lips censure, and slander, and backbite your neighbor, that cry down these and the like things in others? Take heed to yourselves, lest you cry down sin, and yet do not overcome it; lest, while you seek to bring it down in others, you bow to it, and become its slaves yourselves: ‘For of whom a man is overcome, of the same is he brought into bondage.’ ‘To whom ye yield yourselves servants to obey, his servants ye are to whom ye obey, whether of sin unto death, or of obedience unto righteousness.’ O brethren! it is easier to chide at sin, than to overcome it.
Enfin, prenez garde à vous-mêmes, afin que les qualités nécessaires à votre œuvre ne vous fassent pas défaut. Il ne doit pas être lui-même un enfant en connaissance, celui qui veut enseigner aux hommes toutes ces choses mystérieuses qu’il faut connaître pour être sauvé. Oh ! quelles qualités sont nécessaires à un homme qui porte une charge telle que la nôtre ! Que de difficultés de théologie à résoudre, et cela sur les principes fondamentaux de la religion ! Que de textes obscurs de l’Écriture à expliquer ! Que de devoirs à accomplir, où nous et les autres pouvons nous égarer si nous ne sommes pas bien instruits quant à la matière, à la manière et à la fin ! Que de péchés à éviter, ce qui ne peut se faire sans intelligence et sans prévoyance ! Quel nombre de tentations rusées et subtiles nous devons dévoiler aux yeux de notre peuple, afin qu’il y échappe ! Que de cas de conscience graves et pourtant embrouillés nous avons à résoudre presque chaque jour ! Et tant d’ouvrage, et un tel ouvrage, peut-il être fait par des hommes novices et sans aptitude ? Oh ! quelles forteresses nous avons à battre en brèche, et combien ! Quelle résistance subtile et obstinée nous devons attendre de chaque cœur auquel nous avons affaire ! Le préjugé a tellement barré notre chemin que nous pouvons à peine obtenir d’être écoutés avec patience. Nous ne pouvons faire une brèche dans leurs espérances sans fondement et dans leur paix charnelle, qu’ils n’aient vingt échappatoires et raisons apparentes pour la refermer ; et vingt ennemis, qui semblent des amis, sont prêts à les y aider. Nous ne discutons pas avec eux à armes égales. Nous avons à raisonner avec des enfants qui ne peuvent nous comprendre. Nous avons à argumenter avec des hommes égarés (dans les choses spirituelles) qui nous couvriront de leurs cris par des absurdités furieuses. Nous avons affaire à des gens obstinés et déraisonnables qui, réduits au silence, n’en sont pas plus convaincus, et qui, lorsqu’ils ne peuvent vous donner aucune raison, vous donneront leur résolution ; comme l’homme auquel Salvien eut affaire, qui, résolu à dévorer le bien d’un pauvre, et prié par celui-ci de s’en abstenir, répondit « qu’il ne pouvait accéder à sa demande, car il avait fait vœu de le prendre » ; si bien que le prédicateur, à cause de cette très religieuse mauvaise action, dut se retirer. Nous plaidons la cause contre la volonté et les passions des hommes autant que contre leur intelligence ; et celles-ci n’ont ni raison ni oreilles. Leurs meilleurs arguments sont : « Je ne vous croirai pas, ni vous ni tous les prédicateurs du monde, en de telles choses. Je ne changerai ni d’avis ni de vie ; je ne quitterai pas mes péchés ; je ne serai jamais si scrupuleux, advienne que pourra. » Nous n’avons pas une seule, mais une multitude de passions furieuses et d’ennemis contradicteurs contre lesquels lutter à la fois, chaque fois que nous entreprenons la conversion d’un pécheur ; comme si un homme devait discuter dans une foire ou dans une émeute, ou au milieu d’une foule de violents querelleurs. Quelle équité et quel succès pourrait-on attendre ici ? Telle est pourtant notre œuvre ; et c’est une œuvre qui doit être faite.Lastly, take heed to yourselves, that you want not the qualifications necessary for your work. He must not be himself a babe in knowledge, that will teach men all those mysterious things which must be known in order to salvation. O what qualifications are necessary for a man who hath such a charge upon him as we have! How many difficulties in divinity to be solved! and these, too, about the fundamental principles of religion! How many obscure texts of Scripture to be expounded! How many duties to be performed, wherein ourselves and others may miscarry, if in the matter, and manner, and end, we be not well informed! How many sins to be avoided, which, without understanding and foresight cannot be done! What a number of sly and subtle temptations must we open to our people’s eyes, that they may escape them! How many weighty and yet intricate cases of conscience have we almost daily to resolve! And can so much work, and such work as this, be done by raw, unqualified men? O what strong holds have we to batter, and how many of them! What subtle and obstinate resistance must we expect from every heart we deal with! Prejudice hath so blocked up our way, that we can scarcely procure a patient hearing. We cannot make a breach in their groundless hopes and carnal peace, but they have twenty shifts and seeming reasons to make it up again; and twenty enemies, that are seeming friends, are ready to help them. We dispute not with them upon equal terms. We have children to reason with, that cannot understand us. We have distracted men (in spirituals) to argue with, that will bawl us down with raging nonsense. We have wilful, unreasonable people to deal with, who, when they are silenced, are never the more convinced, and who, when they can give you no reason, will give you their resolution; like the man that Salvian had to deal with, who, being resolved to devour a poor man’s substance, and being entreated by him to forbear, replied, ‘He could not grant his request, for he had made a vow to take it,’ so that the preacher, by reason of this most religious evil deed, was fain to depart. We dispute the case against men’s wills and passions, as much as against their understandings; and these have neither reason nor ears. Their best arguments are, ‘I will not believe you, nor all the preachers in the world, in such things. I will not change my mind, or life; I will not leave my sins; I will never be so precise, come of it what will.’ We have not one, but multitudes of raging passions, and contradicting enemies, to dispute against at once, whenever we go about the conversion of a sinner; as if a man were to dispute in a fair or a tumult, or in the midst of a crowd of violent scolds. What equal dealing, and what success, could here be expected? Yet such is our work; and it is a work that must be done.
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LES MOTIFS DE CETTE SURVEILLANCETHE MOTIVES TO THIS OVERSIGHT
Vous ayant montré ce que c’est que prendre garde à nous-mêmes, je vous présenterai maintenant quelques motifs pour vous éveiller à ce devoir.Having showed you what it is to take heed to ourselves, I shall next lay before you some motives to awaken you to this duty.
1. Prenez garde à vous-mêmes, car vous avez un ciel à gagner ou à perdre, et des âmes qui doivent être heureuses ou malheureuses pour toujours ; il vous importe donc de commencer par vous-mêmes, et de prendre garde à vous autant qu’aux autres. Bien prêcher peut servir au salut des autres sans la sainteté de votre propre cœur et de votre vie ; c’est du moins possible, quoique moins ordinaire ; mais il est impossible que cela vous sauve vous-mêmes. « Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? » À quoi il répondra : « Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » Ô messieurs, combien d’hommes ont prêché Christ et ont pourtant péri faute d’avoir en lui une part qui sauve ! Combien, qui sont maintenant en enfer, ont parlé à leur peuple des tourments de l’enfer et l’ont averti d’y échapper ! Combien ont prêché la colère de Dieu contre les pécheurs, qui l’endurent à présent ! Oh ! quel cas plus triste peut-il y avoir au monde que celui d’un homme qui a fait son métier et sa vocation de proclamer le salut et d’aider les autres à gagner le ciel, et qui, après tout, en est lui-même exclu ! Hélas ! que nous ayons tant de livres dans nos bibliothèques qui nous enseignent le chemin du ciel, que nous passions tant d’années à lire ces livres et à étudier la doctrine de la vie éternelle, et qu’après tout nous la manquions ! Que nous étudiions tant de sermons sur le salut, et que nous n’y parvenions pas ! Que nous prêchions tant de sermons sur la damnation, et que nous y tombions ! Et tout cela parce que nous avons prêché tant de sermons sur Christ tout en le négligeant ; sur l’Esprit, tout en lui résistant ; sur la foi, sans croire nous-mêmes ; sur la repentance et la conversion, tout en demeurant dans un état impénitent et non converti ; et sur une vie céleste, tout en restant nous-mêmes charnels et terrestres. Si nous voulons n’être théologiens que de langue et de titre, sans porter l’image divine dans nos âmes ni nous livrer à l’honneur et à la volonté de Dieu, il n’est pas étonnant que nous soyons séparés de la présence divine et privés pour toujours de la jouissance de Dieu. Croyez-le, messieurs : Dieu ne fait point acception de personnes ; il ne sauve pas les hommes pour leur habit ou leur état ; une vocation sainte ne sauvera pas un homme qui n’est pas saint. Si vous vous tenez à la porte du royaume de la grâce pour éclairer les autres afin qu’ils y entrent, sans vouloir y entrer vous-mêmes, vous frapperez en vain aux portes de la gloire, vous qui n’aurez pas voulu entrer par la porte de la grâce. Vous découvrirez alors que vos lampes auraient dû avoir l’huile de la grâce aussi bien que celle des dons du ministère, de la sainteté aussi bien que de la doctrine, si vous vouliez avoir part à la gloire que vous prêchiez. Ai-je besoin de vous dire que les prédicateurs de l’Évangile seront jugés par l’Évangile, qu’ils comparaîtront au même tribunal, qu’ils seront jugés aux mêmes conditions et traités avec autant de sévérité que tous les autres hommes ? Pensez-vous donc être sauvés par votre état ecclésiastique, et vous en tirer par un « Il passait pour un ecclésiastique », quand manque le « Il a cru et vécu en chrétien » ? Hélas ! il n’en sera pas ainsi. Vous savez qu’il n’en sera pas ainsi. Prenez donc garde à vous-mêmes, pour votre propre bien, puisque vous avez des âmes à sauver ou à perdre, aussi bien que les autres.1. Take heed to yourselves, for you have a heaven to win or lose, and souls that must be happy or miserable for ever; and therefore it concerneth you to begin at home, and to take heed to yourselves as well as to others. Preaching well may succeed to the salvation of others, without the holiness of your own hearts and lives; it is, at least, possible, though less usual; but it is impossible it should save yourselves. ‘Many will say in that day, Lord, Lord, have we not prophesied in thy name?’ to whom he will answer, ‘I never knew you; depart from me, ye that work iniquity.’ O sirs, how many men have preached Christ, and yet have perished for want of a saving interest in him! How many, who are now in hell, have told their people of the torments of hell, and warned them to escape from it! How many have preached of the wrath of God against sinners, who are now enduring it! O what sadder case can there be in the world, than for a man, who made it his very trade and calling to proclaim salvation, and to help others to heaven, yet after all to be himself shut out! Alas! that we should have so many books in our libraries which tell us the way to heaven; that we should spend so many years in reading these books, and studying the doctrine of eternal life, and after all this to miss it! — that we should study so many sermons of salvation, and yet fall short of it! — that we should preach so many sermons of damnation, and yet fall into it? And all because we preached so many sermons of Christ, while we neglected him; of the Spirit, while we resisted him; of faith, while we did not ourselves believe; of repentance and conversion, while we continued in an impenitent and unconverted state; and of a heavenly life, while we remained carnal and earthly ourselves. If we will be divines only in tongue and title, and have not the Divine image upon our souls, nor give up ourselves to the Divine honor and will, no wonder if we be separated from the Divine presence, and denied the fruition of God for ever. Believe it, sirs, God is no respecter of persons: he saveth not men for their coats or callings; a holy calling will not save an unholy man. If you stand at the door of the kingdom of grace, to light others in, and will not go in yourselves, you shall knock in vain at the gates of glory, that would not enter at the door of grace. You shall then find that your lamps should have had the oil of grace, as well as of ministerial gifts — of holiness, as well as of doctrine — if you would have had a part in the glory which you preached. Do I need to tell you, that preachers of the gospel must be judged by the gospel; and stand at the same bar, and be sentenced on the same terms, and dealt with as severely, as any other men? Can you think to be saved, then, by your clergy; and to come off by a ‘He passed for a clergyman,’ when there is wanting the ‘He believed and lived as a Christian.’ Alas, it will not be! You know it will not be. Take heed therefore to yourselves, for your own sakes; seeing you have souls to save or lose, as well as others.
2. Prenez garde à vous-mêmes, car vous avez une nature dépravée et des inclinations pécheresses, aussi bien que les autres. Si Adam innocent avait besoin de vigilance, et s’est perdu, lui et nous, faute d’en avoir, combien plus en avons-nous besoin, nous qui sommes ce que nous sommes ! Le péché habite en nous, quoi que nous ayons prêché contre lui ; un degré prépare le cœur à un autre, et un péché incline l’esprit à d’autres. S’il y a un voleur dans la maison, il fera entrer les autres, car ils ont la même disposition et le même dessein. Une étincelle est le commencement d’une flamme, et une petite maladie peut en causer une plus grande. Un homme qui se sait myope doit regarder où il pose les pieds. Hélas ! dans nos cœurs, aussi bien que dans ceux de nos auditeurs, il y a de l’aversion pour Dieu, de l’éloignement envers lui, des passions déraisonnables et presque indomptables ! Il y a en nous, au mieux, des restes d’orgueil, d’incrédulité, d’égoïsme, d’hypocrisie, et de tous les péchés les plus odieux et les plus mortels. Ne nous importe-t-il donc pas de prendre garde à nous-mêmes ? Tant du feu de l’enfer qui fut d’abord allumé en nous n’est-il pas encore éteint ? Y a-t-il tant de traîtres dans notre cœur même, et ne nous est-il pas nécessaire de veiller ? Vous laissez à peine vos petits enfants marcher seuls tant qu’ils sont faibles, sans leur crier de prendre garde de tomber. Et, hélas ! combien sont faibles ceux d’entre nous qui paraissent les plus forts ! Combien prompts à trébucher sur un fétu ! Combien peu de chose suffit pour nous abattre, en nous entraînant à la folie, ou en allumant nos passions et nos désirs déréglés, en pervertissant nos jugements, en affaiblissant nos résolutions, en refroidissant notre zèle et en relâchant notre diligence ! Les ministres ne sont pas seulement fils d’Adam, mais pécheurs contre la grâce de Christ, aussi bien que les autres ; et ainsi ils ont accru leur péché originel. Vos cœurs perfides vous tromperont un jour ou l’autre, si vous n’y prenez garde. Ces péchés qui semblent maintenant morts revivront : votre orgueil, votre mondanité et maint vice nuisible, que vous pensiez avoir arrachés jusqu’à la racine, repousseront. Il est donc des plus nécessaires que des hommes d’une telle faiblesse prennent garde à eux-mêmes et veillent soigneusement sur leurs propres âmes.2. Take heed to yourselves, for you have a depraved nature, and sinful inclinations, as well as others. If innocent Adam had need of heed, and lost himself and us for want of it, how much more need have such as we! Sin dwelleth in us, when we have preached ever so much against it; and one degree prepareth the heart for another, and one sin inclineth the mind to more. If one thief be in the house, he will let in the rest; because they have the same disposition and design. A spark is the beginning of a flame; and a small disease may cause a greater. A man who knows himself to be purblind, should take heed to his feet. Alas! in our hearts, as well as in our hearers, there is an averseness to God, a strangeness to him, unreasonable and almost unruly passions! In us there are, at the best, the remnants of pride, unbelief, self-seeking, hypocrisy, and all the most hateful, deadly sins. And doth it not then concern us to take heed to ourselves? Is so much of the fire of hell yet unextinguished, that was at first kindled in us? Are there so many traitors in our very hearts, and is it not necessary for us to take heed? You will scarcely let your little children go themselves while they are weak, without calling upon them to take heed of falling. And, alas! how weak are those of us that seem strongest! How apt to stumble at a very straw! How small a matter will cast us down, by enticing us to folly; or kindling our passions and inordinate desires, by perverting our judgments, weakening our resolutions, cooling our zeal, and abating our diligence! Ministers are not only sons of Adam, but sinners against the grace of Christ, as well as others; and so have increased their radical sin. These treacherous hearts of yours will, one time or other, deceive you, if you take not heed. Those sins that seem now to lie dead will revive: your pride, and worldliness, and many a noisome vice, will spring up, that you thought had been weeded out by the roots. It is most necessary, therefore, that men of so much infirmity should take heed to themselves, and be careful in the oversight of their own souls.
3. Prenez garde à vous-mêmes, parce que le tentateur vous assaillira de ses tentations plus que les autres hommes. Si vous voulez être les chefs contre le prince des ténèbres, il ne vous épargnera qu’autant que Dieu le retiendra. Il porte la plus grande malice à ceux qui se sont engagés à lui faire le plus de mal. Comme il hait Christ plus qu’aucun de nous, parce qu’il est le Général de l’armée, le Prince de notre salut, et qu’il fait plus contre son royaume que tout le reste du monde, ainsi hait-il les chefs qui servent sous lui plus que les simples soldats : il sait quelle déroute il peut causer parmi eux si les chefs tombent sous leurs yeux. Il a depuis longtemps essayé cette manière de combattre, non contre les grands ni contre les petits en comparaison, mais en frappant les bergers afin de disperser le troupeau ; et son succès de ce côté a été si grand qu’il continuera de la suivre autant qu’il le pourra. Prenez donc garde, frères, car l’ennemi a sur vous un regard particulier. Vous aurez ses insinuations les plus subtiles, ses sollicitations incessantes et ses assauts violents. Si sages et si savants que vous soyez, prenez garde à vous-mêmes, de peur qu’il ne vous surpasse en ruse. Le diable est un plus grand savant que vous, et un disputeur plus agile ; il peut se déguiser en ange de lumière pour tromper ; il pénétrera en vous et vous fera trébucher avant que vous ne vous en aperceviez ; il jouera avec vous le prestidigitateur sans être découvert, et vous dérobera votre foi ou votre innocence sans que vous sachiez l’avoir perdue ; bien plus, il vous fera croire qu’elle s’est multipliée ou accrue, alors qu’elle est perdue. Vous ne verrez ni hameçon ni ligne, encore moins le rusé pêcheur lui-même, tandis qu’il vous présentera son appât. Et son appât sera si bien adapté à votre tempérament et à votre disposition qu’il trouvera sûrement des avantages en vous, et fera que vos propres principes et inclinations vous trahiront ; et chaque fois qu’il vous perdra, il fera de vous des instruments de perdition pour les autres. Oh ! quelle conquête il croira avoir faite s’il peut rendre un ministre paresseux et infidèle, s’il peut entraîner un ministre à la cupidité ou au scandale ! Il se glorifiera contre l’Église et dira : « Voilà vos saints prédicateurs ! Voyez ce que vaut leur rigueur, et où elle les mène. » Il se glorifiera contre Jésus-Christ lui-même et dira : « Voilà tes champions ! Je puis faire que tes principaux serviteurs t’outragent ; je puis rendre infidèles les intendants de ta maison. » S’il a ainsi insulté Dieu sur un faux soupçon, en lui disant qu’il pourrait faire que Job le maudisse en face, que fera-t-il s’il venait à prévaloir contre vous ? Et à la fin il triomphera tout autant de vous, pour avoir pu vous entraîner à trahir votre grande charge, à souiller votre sainte profession et à rendre tant de services à celui qui était votre ennemi. Oh ! ne donnez pas tant de satisfaction à Satan ; ne lui offrez pas un tel divertissement ; ne souffrez pas qu’il vous traite comme les Philistins traitèrent Samson, d’abord en vous privant de votre force, puis en vous crevant les yeux, faisant ainsi de vous l’objet de son triomphe et de sa dérision.3. Take heed to yourselves, because the tempter will more ply you with his temptations than other men. If you will be the leaders against the prince of darkness, he will spare you no further than God restraineth him. He beareth the greatest malice to those that are engaged to do him the greatest mischief. As he hateth Christ more than any of us, because he is the General of the field, the Captain of our salvation, and doth more than all the world besides against his kingdom; so doth he hate the leaders under him, more than the common soldiers: he knows what a rout he may make among them, if the leaders fall before their eyes. He hath long tried that way of fighting, neither against great nor small comparatively, but of smiting the shepherds, that he may scatter the flock: and so great hath been his success this way, that he will continue to follow it as far as he is able. Take heed, therefore, brethren, for the enemy hath a special eye upon you. You shall have his most subtle insinuations, and incessant solicitations, and violent assaults. As wise and learned as you are, take heed to yourselves, lest he outwit you. The devil is a greater scholar than you, and a nimbler disputant; he can transform himself into an angel of light to deceive: he will get within you, and trip up your heels before you are aware: he will play the juggler with you undiscerned, and cheat you of your faith or innocency, and you shall not know that you have lost it; nay, he will make you believe it is multiplied or increased, when it is lost. You shall see neither hook nor line, much less the subtle angler himself, while he is offering you his bait. And his bait shall be so fitted to your temper and disposition, that he will be sure to find advantages within you, and make your own principles and inclinations betray you; and whenever he ruineth you, he will make you the instruments of ruin to others. O what a conquest will he think he hath got, if he can make a minister lazy and unfaithful, if he can tempt a minister into covetousness or scandal! He will glory against the Church, and say, ‘These are your holy preachers! See what their preciseness is, and whither it brings them.’ He will glory against Jesus Christ himself, and say, ‘These are thy champions! I can make thy chiefest servants abuse thee; I can make the stewards of thy house unfaithful.’ If he did so insult God upon a false surmise, and tell him he could make Job curse him to his face, what will he do if he should prevail against you? And at last he will insult as much over you, that he could draw you to be false to your great trust, and to blemish your holy profession, and to do so much service to him that was your enemy. O, do not so far gratify Satan; do not make him so much sport; suffer him not to use you as the Philistines did Samson, first to deprive you of your strength, and then to put out your eyes, and so to make you the matter of his triumph and derision.
4. Prenez garde à vous-mêmes, parce qu’il y a beaucoup d’yeux fixés sur vous, et qu’il y en aura beaucoup pour observer vos chutes. Vous ne pouvez faillir sans que le monde en retentisse. Les éclipses du soleil en plein jour sont rarement sans témoins. Puisque vous vous tenez pour les lumières des Églises, vous pouvez vous attendre à ce que les yeux des hommes soient sur vous. Si d’autres hommes peuvent pécher sans être observés, vous ne le pouvez pas. Et vous devriez considérer avec reconnaissance quelle grande miséricorde c’est d’avoir tant d’yeux qui veillent sur vous, et tant de gens prêts à vous dire vos fautes ; vous avez ainsi de plus grands secours que les autres, du moins pour vous retenir du péché. Même s’ils le font dans un esprit malveillant, vous en avez l’avantage. À Dieu ne plaise que nous soyons assez impudents pour faire le mal à la vue de tous, et pour pécher volontairement tandis que le monde a les yeux fixés sur nous ! « Ceux qui dorment dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent s’enivrent la nuit. » Considérez donc que vous êtes toujours en pleine lumière : la lumière même de votre doctrine dévoilera vos mauvaises actions. Tandis que vous êtes comme des lumières placées sur une montagne, ne pensez pas rester cachés. Prenez donc garde à vous-mêmes, et faites votre œuvre comme des hommes qui se souviennent que le monde les regarde, et cela avec l’œil perçant de la malveillance, prêt à tout prendre au pire, à trouver la moindre faute là où elle est, à l’aggraver là où il la trouve, à la divulguer et à en tirer parti pour ses propres desseins, et à inventer des fautes là où il ne peut en trouver. Avec quelle prudence ne devons-nous donc pas marcher devant tant d’observateurs malintentionnés !4. Take heed to yourselves, because there are many eyes upon you, and there will be many to observe your falls. You cannot miscarry but the world will ring of it. The eclipses of the sun by day are seldom without witnesses. As you take yourselves for the lights of the churches, you may expect that men’s eyes will be upon you. If other men may sin without observation, so cannot you. And you should thankfully consider how great a mercy this is, that you have so many eyes to watch over you, and so many ready to tell you of your faults; and thus have greater helps than others, at least for restraining you from sin. Though they may do it with a malicious mind, yet you have the advantage of it. God forbid that we should prove so impudent as to do evil in the public view of all, and to sin wilfully while the world is gazing on us! ‘They that sleep sleep in the night; and they that be drunken are drunken in the night.’ Why, consider that you are ever in the open light: even the light of your own doctrine will expose your evil doings. While you are as lights set upon a hill, think not to lie hid. Take heed therefore to yourselves, and do your work as those that remember that the world looks on them, and that with the quick-sighted eye of malice, ready to make the worst of all, to find the smallest fault where it is, to aggravate it where they find it, to divulge it and to take advantage of it to their own designs, and to make faults where they cannot find them. How cautiously, then, should we walk before so many ill-minded observers!
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6. Prenez garde à vous-mêmes, parce que des œuvres aussi grandes que les nôtres demandent plus de grâce que celles des autres hommes. Des dons et des grâces plus faibles peuvent soutenir un homme dans un cours de vie plus uni, qui n’est pas exposé à de si grandes épreuves. Une force moindre peut suffire pour des œuvres et des fardeaux plus légers. Mais si vous vous aventurez dans les grandes entreprises du ministère ; si vous voulez conduire les troupes de Christ contre Satan et ses partisans ; si vous voulez vous engager contre les dominations, contre les autorités, contre les esprits méchants dans les lieux célestes ; si vous entreprenez d’arracher des pécheurs captifs aux griffes du diable, ne pensez pas qu’une conduite insouciante et négligente accomplira une œuvre aussi grande. Vous devez vous attendre à en sortir avec plus de honte et des blessures de conscience plus profondes que si vous aviez mené une vie ordinaire, si vous pensez traverser des choses d’une telle importance avec une âme insouciante. Ce n’est pas seulement l’œuvre qui demande de la vigilance, mais aussi l’ouvrier, afin qu’il soit apte à une tâche d’un tel poids. Nous avons vu beaucoup d’hommes qui vivaient comme simples chrétiens, avec une bonne réputation de talent et de piété, et qui, lorsqu’ils prirent sur eux la magistrature ou un emploi militaire, où l’œuvre dépassait leurs dons et où les tentations l’emportaient sur leur force, devinrent des hommes scandaleux et déshonorés. Et nous avons vu quelques simples chrétiens de bonne réputation qui, s’étant fait une trop haute idée de leurs talents et s’étant introduits dans la charge du ministère, se sont révélés des hommes faibles et vides, et sont devenus pour l’Église de plus lourds fardeaux que certains que nous nous efforcions d’écarter. Ils auraient pu rendre à Dieu plus de service au premier rang des simples fidèles qu’ils n’en rendent au dernier rang du ministère. Si donc vous voulez vous aventurer au milieu des ennemis, et porter le poids du jour et la chaleur, prenez garde à vous-mêmes.6. Take heed to yourselves, because such great works as ours require greater grace than other men’s. Weaker gifts and graces may carry a man through in a more even course of life, that is not liable to so great trials. Smaller strength may serve for lighter works and burdens. But if you will venture on the great undertakings of the ministry; if you will lead on the troops of Christ against Satan and his followers; if you will engage yourselves against principalities and powers, and spiritual wickednesses in high places; if you will undertake to rescue captive sinners out of the devil’s paws; do not think that a heedless, careless course will accomplish so great a work as this. You must look to come off with greater shame and deeper wounds of conscience, than if you had lived a common life, if you think to go through such momentous things as these with a careless soul. It is not only the work that calls for heed, but the workman also, that he may be fit for business of such weight. We have seen many men who lived as private Christians, in good reputation for parts and piety, when they took upon them either the magistracy or military employment, where the work was above their gifts, and temptations did overmatch their strength, they proved scandalous disgraced men. And we have seen some private Christians of good esteem, who, having thought too highly of their parts, and thrust themselves into the ministerial office, have proved weak and empty men, and have become greater burdens to the Church than some whom we endeavored to cast out. They might have done God more service in the higher rank of private men, than they do among the lowest of the ministry. If, then, you will venture into the midst of enemies, and bear the burden and heat of the day, take heed to yourselves.
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8. Enfin, prenez garde à vous-mêmes, car le succès de tous vos travaux en dépend grandement. Dieu a coutume de préparer les hommes pour de grandes œuvres avant de les employer comme ses instruments pour les accomplir. Or, si l’œuvre du Seigneur n’est pas solidement faite dans vos propres cœurs, comment pouvez-vous espérer qu’il bénisse vos travaux pour l’accomplir chez les autres ? Il peut le faire, s’il lui plaît, mais vous avez bien des raisons de douter qu’il le fasse. Je mentionnerai ici quelques raisons qui pourront vous convaincre que celui qui veut être un moyen de sauver les autres doit prendre garde à lui-même, et que Dieu fait plus rarement prospérer les travaux des hommes non sanctifiés.8. Lastly, Take heed to yourselves, for the success of all your labors doth very much depend upon this. God useth to fit men for great works, before he employs them as his instruments in accomplishing them. Now, if the work of the Lord be not soundly done upon your own hearts, how can you expect that he will bless your labors for effecting it in others? He may do it, if he please, but you have much cause to doubt whether he will. I shall here mention some reasons which may satisfy you, that he who would be a means of saving others, must take heed to himself, and that God doth more seldom prosper the labors of unsanctified men.
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Enfin, considérez si le succès de vos travaux ne dépend pas de l’assistance et de la bénédiction du Seigneur. Et où a-t-il fait quelque promesse de son assistance et de sa bénédiction à des hommes impies ? S’il promet à son Église une bénédiction même par de tels hommes, il ne leur promet à eux aucune bénédiction. À ses fidèles serviteurs il a promis qu’il serait avec eux, qu’il mettrait son Esprit sur eux et sa parole dans leur bouche, et que Satan tomberait devant eux comme un éclair du ciel. Mais où y a-t-il une telle promesse pour des ministres impies ? Bien au contraire, ne le provoquez-vous pas, par votre hypocrisie et par votre abus envers Dieu, à vous abandonner et à faire échouer tous vos efforts, du moins quant à vous-mêmes, bien qu’il puisse les bénir pour ses élus ? Car je ne nie pas que Dieu puisse faire du bien à son Église par des hommes méchants ; mais il ne le fait ni aussi ordinairement ni aussi éminemment que par ses propres serviteurs. Et ce que j’ai dit des méchants eux-mêmes s’applique en partie aux hommes pieux, tant qu’ils sont scandaleux et rétrogrades, en proportion de la mesure de leur péché.Lastly, Consider whether the success of your labors depends not on the assistance and blessing of the Lord. And where hath he made any promise of his assistance and blessing to ungodly men? If he do promise his Church a blessing even by such, yet doth he not promise them any blessing. To his faithful servants he hath promised that he will be with them, that he will put his Spirit upon them, and his word into their mouths, and that Satan shall fall before them as lightning from heaven. But where is there any such promise to ungodly ministers? Nay, do you not, by your hypocrisy and your abuse of God, provoke him to forsake you, and to blast all your endeavors, at least as to yourselves,’ though he may bless them to his chosen? For I do not deny but that God may do good to his Church by wicked men; yet doth he it not so ordinarily, nor so eminently, as by his own servants. And what I have said of the wicked themselves, doth hold in part of the godly, while they are scandalous and backsliding, in proportion to the measure of their sin.
2. Prenez garde à tout le troupeau : l’étendue du soin pastoral2. Take Heed to All the Flock: The Range of Pastoral Care
Richard Baxter, The Reformed Pastor (1656 ; édition d’Édimbourg, 1829), partie 2, « La surveillance du troupeau » : la nature de cette surveillance, depuis la taille de la charge d’un pasteur jusqu’aux inconvertis, à ceux qui s’enquièrent, aux faibles, aux familles, aux malades, à l’avertissement privé et à la discipline de l’Église. Abrégé par paragraphes entiers, signalés par […]. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.Richard Baxter, The Reformed Pastor (1656; Edinburgh edition, 1829), part 2, “The Oversight of the Flock”: the nature of this oversight, from the size of a pastor’s charge to the unconverted, inquirers, the weak, families, the sick, private admonition and church discipline. Abridged by whole paragraphs, marked […]. Primary source; the interpretations are the author’s.
Note du STC : Baxter suppose la paroisse anglaise de son temps, où un seul ministre servait tous les habitants d’un district et où la vie de l’Église et la vie civile se mêlaient. Les « prélats » sont des évêques qui gouvernent beaucoup de paroisses ; « le jour du Seigneur » est le dimanche ; les « cas de conscience » sont des questions pratiques sur le bien et le mal dans la vie du croyant. Ses conseils sur la discipline de l’Église reflètent un ordre ecclésiastique particulier ; les étudiants d’autres traditions les compareront avec la pratique de leurs propres Églises.CTS note: Baxter assumes the English parish of his day, where one minister served everyone living in a district and church and civil life overlapped. “Prelates” are bishops who govern many parishes; “the Lord’s day” is Sunday; “cases of conscience” are practical questions about right and wrong in a believer’s life. His counsel on church discipline reflects one church order; students from other traditions should compare it with the practice of their own churches.
LA NATURE DE CETTE SURVEILLANCETHE NATURE OF THIS OVERSIGHT
Vous ayant montré ce que c’est que prendre garde à nous-mêmes, je dois vous montrer maintenant ce que c’est que prendre garde à tout le troupeau.Having showed you, What it is to take heed to ourselves, I am to show you, next, What it is to take heed to all the flock.
Il était d’abord nécessaire de considérer ce que nous devons être et ce que nous devons faire pour nos propres âmes, avant d’en venir à ce qui doit être fait pour les autres : « Il ne peut guérir avec succès les blessures d’autrui, celui qui, faute de prendre soin de lui-même, n’est pas guéri. Il n’est utile ni à ses prochains ni à lui-même. Il ne relève pas les autres, mais tombe lui-même. » Oui, de peur que tous ses travaux ne se réduisent à rien, parce que le cœur et la vie de celui qui les accomplit ne valent rien. « Car il y a des hommes qui, bien qu’habiles dans le ministère spirituel, s’y prennent avec obstination, et qui, tout en agissant avec intelligence, foulent aux pieds le bien qu’ils font. Ils enseignent trop hâtivement ce que seule la méditation peut rendre saint ; et ce qu’ils proclament en public, ils le combattent par leur conduite. De là vient que, comme pasteurs, ils marchent dans des sentiers trop rudes pour que le troupeau les suive. » Lorsque nous les avons conduits aux eaux vives, si nous les troublons par nos vies impures, nous pouvons perdre notre peine, et ils n’en seront en rien meilleurs. Avant de parler de l’œuvre elle-même, nous relèverons quelque chose que présupposent les paroles que nous avons devant nous.It was first necessary to take into consideration, what we must be, and what we must do for our own souls, before we come to that which must be done for others: ‘He cannot succeed in healing the wounds of others who is himself unhealed by reason of neglecting himself. He neither benefits his neighbors nor himself. He does not raise up others, but himself falls.’ Yea, lest all his labors come to naught, because his heart and life are naught that doth perform them. ‘For some persons there are who, though expert in spiritual ministry, go about it in a headstrong manner, and while acting intelligently, tread underfoot any good they do. They teach too hurriedly what can only be rendered holy by meditation; and what they proclaim in public they impugn by their conduct. Whence it is that as pastors they walk in paths too rugged for the flock to follow.’ When we have led them to the living waters, if we muddy it by our filthy lives, we may lose our labor, and they be never the better. Before we speak of the work itself, we shall notice somewhat that is pre-supposed in the words before us.
1. Il est sous-entendu ici que chaque troupeau doit avoir son propre pasteur, et chaque pasteur son propre troupeau. Comme chaque troupe ou compagnie d’un régiment doit avoir son propre capitaine et ses autres officiers, et que chaque soldat connaît son propre commandant et son drapeau, ainsi la volonté de Dieu est que chaque Église ait son propre pasteur, et que tous les disciples de Christ « aient de la considération pour ceux qui les dirigent dans le Seigneur ». Bien qu’un ministre soit un officier dans l’Église universelle, il est d’une manière particulière le surveillant de cette Église particulière qui est confiée à sa charge. Quand nous sommes ordonnés ministres sans charge particulière, nous sommes autorisés et commandés à faire de notre mieux pour tous, selon que nous aurons l’occasion d’exercer nos dons ; mais quand nous avons accepté une charge particulière, nous avons restreint l’exercice de nos dons si spécialement à cette assemblée que nous ne devons accorder aux autres de notre temps et de notre aide que ce dont elle peut se passer, sauf lorsque le bien public l’exige, lequel doit sans doute être considéré en premier. De cette relation entre pasteur et troupeau découlent tous les devoirs qu’ils se doivent mutuellement.1. It is here implied, that every flock should have its own pastor, and every pastor his own flock. As every troop or company in a regiment of soldiers must have its own captain and other officers, and every soldier knows his own commander and colors; so it is the will of God, that every church should have its own pastor, and that all Christ’s disciples ‘should know their teachers that are over them in the Lord.’ Though a minister is an officer in the Church universal, yet is he in a special manner the overseer of that particular church which is committed to his charge. When we are ordained ministers without a special charge, we are licensed and commanded to do our best for all, as we shall have opportunity for the exercise of our gifts: but when we have undertaken a particular charge, we have restrained the exercise of our gifts so specially to that congregation, that we must allow others no more than it can spare of our time and help, except where the public good requireth it, which must, no doubt, be first regarded. From this relation of pastor and flock, arise all the duties which they mutually owe to each other.
2. Quand il nous est ordonné de prendre garde à tout le troupeau, il est clairement sous-entendu que les troupeaux ne doivent pas être ordinairement plus grands que ce que nous sommes capables de surveiller, ou de « prendre garde » à eux. Dieu ne nous impose pas des impossibilités naturelles : il n’obligera pas les hommes à sauter jusqu’à la lune, à toucher les étoiles ou à compter le sable de la mer. Si la charge pastorale consiste à surveiller tout le troupeau, alors sûrement le nombre des âmes confiées à chaque pasteur ne doit pas dépasser celui auquel il peut prendre garde comme il est ici requis. Dieu exigera-t-il d’un seul évêque qu’il prenne la charge d’un comté entier, ou de tant de paroisses ou de milliers d’âmes qu’il est incapable de connaître ou de surveiller ? Et qu’il en prenne seul le gouvernement, tandis que leurs docteurs particuliers sont dispensés de cette tâche ? Dieu redemandera-t-il à un seul homme le sang de tant de paroisses, s’il ne fait pas ce que dix, vingt, cent ou trois cents hommes ne peuvent pas plus faire que je ne puis déplacer une montagne ? Alors malheur aux pauvres prélats ! N’est-il donc pas fort déplorable que des hommes savants et sobres plaident pour cela comme pour un privilège désirable, qu’ils attirent volontairement sur eux un tel fardeau, et qu’ils ne tremblent pas plutôt à la pensée d’une si grande entreprise ? Oh ! quel bonheur c’eût été pour l’Église, et pour les évêques eux-mêmes, si l’on avait toujours observé cette mesure que l’apôtre suggère ici : que le diocèse ne fût pas plus grand que ce que les anciens ou évêques pouvaient surveiller et gouverner, afin qu’ils pussent prendre garde à tout le troupeau ; ou que les pasteurs se fussent multipliés à mesure que les Églises croissaient, et que le nombre des surveillants eût été proportionné au nombre des âmes, afin qu’ils ne laissent pas l’œuvre inachevée tandis qu’ils prenaient des titres vides et entreprenaient l’impossible ! Et qu’ils eussent plutôt prié le maître de la moisson d’envoyer davantage d’ouvriers, autant qu’en demandait l’œuvre, au lieu de tout entreprendre eux-mêmes ! Je ne louerais guère la prudence ou l’humilité de l’ouvrier, si grands que fussent ses talents, qui non seulement entreprendrait de rentrer à lui seul toute la moisson de ce comté, et cela sous peine de mort, voire de damnation, mais qui encore revendiquerait avec ardeur cette prérogative.2. When we are commanded to take heed to all the flock, it is plainly implied, that flocks must ordinarily be no greater than we are capable of overseeing, or ‘taking heed to.’ God will not lay upon us natural impossibilities: he will not bind men to leap up to the moon, to touch the stars, or to number the sands of the sea. If the pastoral office consists in overseeing all the flock, then surely the number of souls under the care of each pastor must not be greater than he is able to take such heed to as is here required. Will God require one bishop to take the charge of a whole county, or of so many parishes or thousands of souls, as he is not able to know or to oversee? Yea, and to take the sole government of them, while the particular teachers of them are free from that undertaking? Will God require the blood of so many parishes at one man’s hands, if he do not that which ten, or twenty, or a hundred, or three hundred men can no more do, than I can move a mountain Then woe to poor prelates! Is it not, then, a most doleful case, that learned, sober men should plead for this as a desirable privilege; that they should wilfully draw on themselves such a burden; and that they do not rather tremble at the thoughts of so great an undertaking? O, happy had it been for the Church, and happy for the bishops themselves, if this measure, that is intimated by the apostle here, had still been observed: that the diocese had been no greater than the elders or bishops could oversee and rule, so that they might have taken heed to all the Rock: or that pastors had been multiplied as churches increased, and the number of overseers been proportioned to the number of souls, that they might not have let the work be undone, while they assumed the empty titles, and undertook impossibilities! And that they had rather prayed the Lord of the harvest to send forth more laborers, even so many as were proportioned to the work, and not to have undertaken all themselves. I should scarcely commend the prudence or humility of that laborer, let his parts be ever so great, that would not only undertake to gather in all the harvest in this county himself, and that upon pain of death, yea, of damnation, but would also earnestly contend for this prerogative.
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Connaissant ainsi tout le troupeau, nous devons ensuite prendre garde à lui. On imaginerait que tout homme raisonnable en serait convaincu, et que cela n’aurait besoin d’aucune autre preuve. Un berger soigneux ne s’occupe-t-il pas de chaque brebis en particulier ? un bon maître d’école de chaque élève ? un bon médecin de chaque malade ? un bon commandant de chaque soldat ? Pourquoi donc les bergers, les docteurs, les médecins, les guides des Églises de Christ ne prendraient-ils pas garde à chaque membre de leur charge en particulier ? Christ lui-même, le grand et bon Berger, qui doit veiller sur le tout, prend pourtant soin de chacun ; comme celui qu’il décrit dans la parabole, qui laissa « les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller après celle qui était perdue ». Les prophètes furent souvent envoyés à des hommes isolés. Ézéchiel fut établi sentinelle sur des individus, et reçut l’ordre de dire au méchant : « Tu mourras ! » Paul enseigna ses auditeurs non seulement « en public, mais dans les maisons » ; et ailleurs il nous dit qu’il exhortait « tout homme, et instruisait tout homme en toute sagesse, afin de présenter à Dieu tout homme, devenu parfait en Christ ». Beaucoup d’autres passages de l’Écriture rendent évident que c’est notre devoir de prendre garde à chaque individu de notre troupeau ; et beaucoup de passages des anciens conciles montrent clairement que c’était la pratique des premiers temps. Mais je n’en citerai qu’un, d’Ignace : « Que les assemblées, dit-il, se réunissent souvent ; informez-vous de tous par leur nom ; ne méprisez ni les serviteurs ni les servantes. » Vous voyez qu’on considérait alors comme un devoir de s’occuper de chaque membre du troupeau par son nom, sans excepter le plus humble serviteur ou la plus humble servante. Mais quelqu’un objectera : « L’assemblée sur laquelle je suis établi est si grande qu’il m’est impossible de les connaître tous, et encore moins de prendre garde à chacun individuellement. » À cela je réponds : est-ce ou non la nécessité qui vous a chargé d’une telle charge ? Si ce n’est pas elle, vous excusez un péché par un autre. Comment avez-vous osé entreprendre ce que vous saviez être incapable d’accomplir, quand vous n’y étiez pas forcé ? Il semblerait que vous aviez d’autres fins en l’entreprenant, et que vous n’aviez jamais eu l’intention d’être fidèle à votre mandat. Mais si vous pensez y avoir été contraint, je vous demanderais : n’auriez-vous pas pu vous procurer de l’aide pour une si grande charge ? Avez-vous fait tout ce que vous pouviez auprès de vos amis et de vos voisins pour obtenir de quoi entretenir un autre qui vous aide ? N’avez-vous pas vous-même assez de revenu pour vous et pour un autre ? Qu’importe qu’il ne suffise pas à vous entretenir dans l’abondance ? N’est-il pas plus raisonnable que vous vous restreigniez, vous et votre famille, plutôt que d’entreprendre une œuvre que vous ne pouvez accomplir et de négliger les âmes de tant de membres de votre troupeau ? Je sais que ce que je dis paraîtra dur à certains ; mais pour moi c’est une chose indiscutable que, si vous n’avez que cent livres par an, il est de votre devoir de vivre d’une partie et de donner le reste à un aide compétent, plutôt que de laisser négliger le troupeau sur lequel vous êtes établi. Si vous dites que c’est une mesure dure, et que votre femme et vos enfants ne peuvent vivre ainsi, je réponds : beaucoup de familles de votre paroisse ne vivent-elles pas avec moins ? Beaucoup de ministres capables, au temps des prélats, ne se sont-ils pas contentés de moins, pourvu qu’ils eussent la liberté de prêcher l’Évangile ? Il en est encore quelques-uns en vie, à ce que j’ai entendu dire, qui ont offert aux évêques de s’engager par écrit à prêcher pour rien, pourvu qu’ils eussent la liberté de prêcher l’Évangile. Si vous dites encore que vous ne pouvez vivre aussi pauvrement que les pauvres gens, je vous demande en outre : vos paroissiens peuvent-ils mieux supporter la damnation que vous ne pouvez supporter le besoin et la pauvreté ? Quoi ! vous vous dites ministres de l’Évangile, et pourtant les âmes des hommes sont si viles à vos yeux que vous aimeriez mieux qu’elles périssent éternellement plutôt que de vivre, vous et votre famille, dans une condition basse et pauvre ? Ne devriez-vous pas plutôt mendier votre pain que d’exposer au danger ou au désavantage une affaire aussi grande que le salut des hommes ? Oui, que de risquer la damnation d’une seule âme ? Ô messieurs, c’est une chose misérable que des hommes étudient et parlent du ciel et de l’enfer, du petit nombre des sauvés et de la difficulté du salut, sans être tout ce temps sérieusement convaincus. Si vous l’étiez, vous ne pourriez sûrement jamais vous arrêter à de telles choses, et laisser votre peuple descendre en enfer afin de pouvoir vivre plus grandement en ce monde. Souvenez-vous de ceci la prochaine fois que vous leur prêcherez qu’ils ne peuvent être sauvés sans connaissance ; et écoutez si votre conscience ne vous dit pas : « Il est probable qu’ils pourraient être amenés à la connaissance, s’ils avaient une instruction et une exhortation diligentes en privé, homme par homme ; et s’il y avait un autre ministre pour m’aider, cela pourrait se faire ; et si je vivais modestement et renonçais à ma chair, je pourrais avoir un aide. Oserai-je donc laisser mon peuple vivre dans cette ignorance dont je leur ai dit moi-même qu’elle damne, plutôt que de m’imposer, à moi et à ma famille, un peu de gêne ? »Being thus acquainted with all the flock, we must afterward take heed to them. One would imagine that every reasonable man would be satisfied of this, and that it would need no further proof. Doth not a careful shepherd look after every individual sheep? and a good schoolmaster after every individual scholar? and a good physician after every particular patient? and a good commander after every individual soldier? Why then should not the shepherds, the teachers, the physicians, the guides of the churches of Christ, take heed to every individual member of their charge? Christ himself, the great and good Shepherd, that hath the whole to look after, doth yet take care of every individual; like him whom he describes in the parable, who left ‘the ninety and nine sheep in the wilderness, to seek after one that was lost.’ The prophets were often sent to single men. Ezekiel was made a watchman over individuals, and was commanded to say to the wicked, ‘Thou shalt surely die.’ Paul taught his hearers not only ‘publicly but from house to house,’ and in another place he tells us, that he ‘warned every man, and taught every man, in all wisdom, that he might present every man perfect in Christ Jesus.’ Many other passages of Scripture make it evident that it is our duty to take heed to every individual of our flock; and many passages in the ancient Councils do plainly show that this was the practice of the primitive times. But I shall quote only one from Ignatius: ‘Let assemblies,’ says he, ‘be often gathered; inquire after all by name: despise not servant-men or maids.’ You see it was then considered as a duty to look after every member of the flock by name, not excepting the meanest servant-man or maid. But, some one may object, ‘The congregation that I am set over is so great that it is impossible for me to know them all, much more to take heed to all individually.’ To this answer, ‘Is it necessity or is it not, that hath cast you upon such a charge? If it be not, you excuse one sin by another. How durst you undertake that which you knew yourself unable to perform, when you were not forced to it? It would seem you had some other ends in undertaking it, and never intended to be faithful to your trust. But if you think that you were necessitated to undertake it, I would ask you, might you not have procured assistance for so great a charge? Have you done all that you could with your friends and neighbors, to get maintenance for another to help you? Have you not as much maintenance yourself, as might serve yourself and another? What though it will not serve to maintain you in fullness? Is it not more reasonable that you should pinch your flesh and family, then undertake a work that you cannot perform, and neglect the souls of so many of your flock? I know, that what I say will seem hard to some; but to me it is an unquestionable thing, that, if you have but a hundred pounds a year, it is your duty to live upon part of it, and allow the rest to a competent assistant, rather than that the flock which you are over should be neglected. If you say, that is a hard measure, and that your wife and children cannot so live, I answer, Do not many families in your parish live on less? Have not many able ministers in the prelates’ days been glad of less, with liberty to preach the gospel? There are some yet living, as I have heard, who have offered the bishops to enter into bond to preach for nothing, if they might but have liberty to preach the gospel. If you shall still say, that you cannot live so meanly as poor people do, I further ask, Can your parishioners better endure damnation, than you can endure want and poverty? What! do you call yourselves ministers of the gospel, and yet are the souls of men so base in your eyes, that you had rather they should eternally perish, than that you and your family should live in a low and poor condition? Nay, should you not rather beg your bread, than put so great a matter as men’s salvation upon a hazard, or disadvantage? Yea, as hazard the damnation of but one soul? O sirs, it is a miserable thing when men study and talk of heaven and hell, and the fewness of the saved, and the difficulty of salvation, and be not all the while in good earnest. If you were, you could never surely stick at such matters as these, and let your people go down to hell, that you might live in higher style in this world. Remember this, the next time you are preaching to them, that they cannot be saved without knowledge; and hearken whether conscience does not tell you, ‘It is likely they might be brought to knowledge, if they had but diligent instruction and exhortation privately, man by man; and if there were another minister to assist me, this might be done: and if I would live sparingly and deny my flesh, I might have an assistant. Dare I, then, let my people live in that ignorance which I myself have told them is damning, rather than put myself and family to a little want?’
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Mais, bien qu’il soit de notre devoir de prendre garde à tout le troupeau, nous devons porter une attention particulière à certaines catégories. Beaucoup le comprennent fort imparfaitement ; c’est pourquoi je m’y arrêterai un peu.But, while it is our duty to take heed to all the flock, we must pay special attention to some classes in particular. By many, this is very imperfectly understood, and therefore I shall dwell a little upon it.
1. Nous devons travailler d’une manière particulière à la conversion des inconvertis.1. We must labor, in a special manner, for the conversion of the unconverted.
L’œuvre de la conversion est la première et la grande chose que nous devons viser ; c’est à elle que nous devons travailler de toutes nos forces. Hélas ! la misère des inconvertis est si grande qu’elle appelle le plus hautement notre compassion. Si un pécheur vraiment converti tombe, ce ne sera que dans un péché qui sera pardonné, et il n’est pas par là exposé à la damnation comme le sont les autres. Non que Dieu ne haïsse leurs péchés aussi bien que ceux des autres, ni qu’il doive les mener au ciel quelle que soit leur méchanceté ; mais l’esprit qui est en eux ne leur permettra pas de vivre dans la méchanceté, ni de pécher comme pèchent les impies. Mais il en va tout autrement des inconvertis. Ils sont « dans un fiel amer et dans les liens de l’iniquité », et n’ont encore ni part ni communion au pardon de leurs péchés ni à l’espérance de la gloire. Nous avons donc pour eux une œuvre plus nécessaire à faire : « leur ouvrir les yeux, pour qu’ils passent des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu, pour qu’ils reçoivent le pardon des péchés et l’héritage avec les sanctifiés ». Celui qui voit un homme atteint d’une maladie mortelle, et un autre qui souffre seulement d’un mal de dents, sera plus ému de compassion pour le premier que pour le second, et se hâtera sûrement davantage de le secourir, quand même il serait un étranger et l’autre un frère ou un fils. C’est une chose si triste de voir des hommes dans un état de damnation, où, s’ils mouraient, ils seraient perdus pour toujours, qu’il me semble que nous ne devrions pas pouvoir les laisser en paix, ni en public ni en privé, quelque autre ouvrage que nous ayons à faire. J’avoue que je suis souvent contraint de négliger ce qui servirait à accroître encore la connaissance des fidèles, à cause de la lamentable nécessité des inconvertis. Qui peut parler de controverses, ou de points subtils et inutiles, ou même de vérités d’un moindre degré de nécessité, si excellentes soient-elles, tandis qu’il voit devant ses yeux une foule de pécheurs ignorants, charnels et misérables, qui doivent être changés ou damnés ? Il me semble les voir entrer dans leur malheur final ! Il me semble les entendre crier au secours, au secours le plus prompt ! Leur misère parle d’autant plus fort qu’ils n’ont pas le cœur de demander pour eux-mêmes. Bien des fois j’ai su que j’avais quelques auditeurs aux goûts plus relevés, qui cherchaient des choses rares et étaient enclins à mépriser le ministère si je ne leur disais quelque chose d’extraordinaire ; et pourtant je ne pouvais me résoudre à me détourner des besoins des impénitents pour leur complaire, ni même à cesser de parler aux pécheurs misérables de leur salut pour parler à ces amateurs de nouveautés ; non, ni même autant qu’il le faudrait autrement, aux saints faibles pour leur affermissement et leur croissance dans la grâce. Il me semble que, comme l’esprit de Paul « s’irritait au dedans de lui à la vue des Athéniens entièrement livrés à l’idolâtrie », ainsi il devrait nous jeter dans un de ses paroxysmes de voir tant d’hommes dans le danger extrême d’être perdus pour toujours. Il me semble que si, par la foi, nous les regardions vraiment comme à un pas de l’enfer, cela délierait nos langues plus efficacement que le danger de Crésus ne délia, dit-on, celle de son fils. Celui qui laisse un pécheur descendre en enfer faute de lui parler fait moins de cas des âmes que le Rédempteur des âmes, et moins de cas de son prochain que la charité commune ne lui permettrait d’en faire de son plus grand ennemi. Oh ! donc, frères, quels que soient ceux que vous négligez, ne négligez pas les plus misérables ! Quoi que vous omettiez, n’oubliez pas les pauvres âmes qui sont sous la condamnation et la malédiction de la loi, et qui peuvent s’attendre à toute heure à l’exécution infernale, si un prompt changement ne la prévient. Oh ! appelez les impénitents, et appliquez-vous à cette grande œuvre de la conversion des âmes, quoi que vous laissiez d’autre inachevé.The work of conversion is the first and great thing we must drive at; after this we must labor with all our might. Alas! the misery of the unconverted is so great, that it calleth loudest to us for compassion. If a truly converted sinner do fall, it will be but into sin which will be pardoned, and he is not in that hazard of damnation by it as others are. Not but that God hateth their sins as well as others’, or that he will bring them to heaven, let them live ever so wickedly; but the spirit that is within them will not suffer them to live wickedly, nor to sin as the ungodly do. But with the unconverted it is far otherwise. They ‘are in the gall of bitterness, and in the bond of iniquity,’ and have yet no part nor fellowship in the pardon of their sins, or the hope of glory. We have, therefore, a work of greater necessity to do or them, even ‘to open their eyes, and to turn them from darkness to light, and from the power of Satan unto God; that they may receive forgiveness of sins, and an inheritance among them that are sanctified.’ He that seeth one man sick of a mortal disease, and another only pained with the toothache, will be moved more to compassionate the former, than the latter; and will surely make more haste to help him, though he were a stranger, and the other a brother or a son. It is so sad a case to see men in a state of damnation, wherein, if they should die, they are lost for ever, that methinks we should not be able to let them alone, either in public or private, whatever other work we may have to do. I confess, I am frequently forced to neglect that which should tend to the further increase of knowledge in the godly, because of the lamentable necessity of the unconverted. Who is able to talk of controversies, or of nice unnecessary points, or even of truths of a lower degree of necessity, how excellent soever, while he seeth a company of ignorant, carnal, miserable sinners before his eyes, who must be changed or damned? Methinks I even see them entering upon their final woe! Methinks I hear them crying out for help, for speediest help! Their misery speaks the louder, because they have not hearts to ask for themselves. Many a time have I known, that I had some hearers of higher fancies, that looked for rarities, and were addicted to despise the ministry, if I told them not somewhat more than ordinary; and yet I could not find in my heart to turn from the necessities of the impenitent, for the humouring of them; nor even to leave speaking to miserable sinners for their salvation, in order to speak to such novelists; no, nor so much as should otherwise be done, to weak saints for their confirmation and increase in grace. Methinks, as Paul’s ‘spirit was stirred within him, when he saw the Athenians wholly given to idolatry,’ so it should cast us into one of his paroxysms, to see so many men in the utmost danger of being everlastingly undone. Methinks, if by faith we did indeed look upon them as within a step of hell, it would more effectually untie our tongues, than Croesus’ danger, as they tell us, did his son’s. He that will let a sinner go down to hell for want of speaking to him, doth set less by souls than did the Redeemer of souls; and less by his neighbor, than common charity will allow him to do by his greatest enemy. O, therefore, brethren, whomsoever you neglect, neglect not the most miserable! Whatever you pass over, forget not poor souls that are under the condemnation and curse of the law, and who may look every hour for the infernal execution, if a speedy change do not prevent it. O call after the impenitent, and ply this great work of converting souls, whatever else you leave undone.
2. Nous devons être prêts à donner conseil à ceux qui s’enquièrent et qui viennent à nous avec des cas de conscience ; surtout le grand cas que les Juifs posèrent à Pierre, et le geôlier à Paul et à Silas : « Que faut-il que nous fassions pour être sauvés ? » Un ministre ne doit pas être seulement un prédicateur public, mais être connu comme le conseiller de leurs âmes, comme le médecin l’est de leurs corps et l’avocat de leurs biens ; en sorte que chaque homme qui est dans le doute et dans l’embarras puisse lui apporter son cas pour qu’il le résolve, comme Nicodème vint à Christ, et comme le peuple d’autrefois avait coutume d’aller au sacrificateur, car « les lèvres du sacrificateur doivent garder la science, et c’est à sa bouche qu’on demande la loi, parce qu’il est un envoyé de l’Éternel des armées ». Mais, comme le peuple en est venu à ignorer cette fonction du ministère, ainsi que son propre devoir et son propre besoin à cet égard, c’est à nous de la lui faire connaître, et de le presser publiquement de venir nous consulter sur les grandes affaires de son âme. Nous ne devons pas seulement être disposés à en prendre la peine, mais nous devons l’attirer sur nous en les invitant à venir. Quelle abondance de bien nous pourrions faire si nous pouvions seulement les y amener ! Et sans doute on pourrait faire beaucoup en cela si nous faisions notre devoir. Combien peu en ai-je jamais entendu nommer qui aient pressé de tout cœur leur peuple à ce devoir ! Oh ! c’est une triste chose que les âmes des hommes soient si lésées et mises en danger par l’entière négligence d’un si grand devoir, et que les ministres ne leur en parlent presque jamais et ne les y éveillent pas. Si vos auditeurs sentaient comme il faut la nécessité et l’importance de cela, vous les verriez plus souvent frapper à votre porte, vous faire connaître leurs tristes plaintes et implorer votre conseil. Je vous en supplie donc, pressez-les davantage à l’avenir à ce devoir, et veillez à l’accomplir avec soin lorsqu’ils viennent chercher votre aide. Pour cela, il est très nécessaire que vous connaissiez bien les cas pratiques, et surtout que vous connaissiez la nature de la grâce qui sauve, et soyez capables de les aider à éprouver leur état et à résoudre la question principale qui concerne leur vie ou leur mort éternelle. Une seule parole de conseil opportun et prudent, donnée par un ministre à des personnes dans le besoin, peut être plus utile que bien des sermons. « Une parole dite à propos, dit Salomon, combien elle est bonne ! »2. We must be ready to give advice to inquirers, who come to us with cases of conscience; especially the great case which the Jews put to Peter, and the gaoler to Paul and Silas, ‘What must we do to be saved?’ A minister is not to be merely a public preacher, but to be known as a counsellor for their souls, as the physician is for their bodies, and the lawyer for their estates: so that each man who is in doubts and straits, may bring his case to him for resolution; as Nicodemus came to Christ, and as it was usual with the people of old to go to the priest, ‘whose lips must keep knowledge, and at whose mouth they must ask the law, because he is the messenger of the Lord of hosts.’ But as the people have become unacquainted with this office of the ministry, and with their own duty and necessity in this respect, it belongeth to us to acquaint them with it, and publicly to press them to come to us for advice about the great concerns of their souls. We must not only be willing to take the trouble, but should draw it upon ourselves, by inviting them to come. What abundance of good might we do, could we but bring them to this! And, doubtless, much might be done in it, if we did our duty. How few have I ever heard of, who have heartily pressed their people to their duty in this way! Oh! it is a sad case that men’s souls should be so injured and hazarded by the total neglect of so great a duty, and that ministers should scarcely ever tell them of it, and awaken them to it. Were your hearers but duly sensible of the need and importance of this, you would have them more frequently knocking at your doors, and making known to you their sad complaints, and begging your advice. I beseech you, then, press them more to this duty for the future; and see that you perform it carefully when they do seek your help. To this end it is very necessary that you be well acquainted with practical cases, and especially that you be acquainted with the nature of saving grace, and able to assist them in trying their state, and in resolving the main question that concerns their everlasting life or death. One word of seasonable, prudent advice, given by a minister to persons in necessity, may be of more use than many sermons. ‘A word fitly spoken,’ says Solomon, ‘how good is it!’
3. Nous devons nous appliquer à édifier ceux qui sont déjà vraiment convertis. En cela notre œuvre est variée, selon les divers états des chrétiens.3. We must study to build up those who are already truly converted. In this respect our work is various, according to the various states of Christians.
(1) Il y a beaucoup de membres de notre troupeau qui sont jeunes et faibles, et qui, bien que croyants depuis longtemps, ont encore peu progressé et peu de force. C’est là, en vérité, la condition la plus commune des fidèles. La plupart se contentent de faibles degrés de grâce, et il n’est pas aisé de les faire monter plus haut. Les amener à des opinions plus hautes et plus rigides est facile, c’est-à-dire les mener de la vérité à l’erreur, à droite comme à gauche ; mais accroître leur connaissance et leurs dons n’est pas facile, et accroître leurs grâces est le plus difficile de tout. C’est une chose bien triste que des chrétiens soient faibles : cela nous expose aux dangers ; cela diminue nos consolations et notre joie en Dieu, et ôte la douceur des voies de la sagesse ; cela nous rend moins utiles à Dieu et aux hommes, de sorte que nous apportons moins d’honneur à notre Maître et faisons moins de bien à tous ceux qui nous entourent. Nous tirons peu de profit de l’usage des moyens de grâce. Nous jouons trop facilement avec les appâts du serpent et sommes pris dans ses ruses. Un séducteur nous ébranlera aisément, et le mal pourra nous paraître bien, la vérité mensonge, le péché devoir, et inversement. Nous sommes moins capables de résister et de tenir ferme dans une rencontre ; nous tombons plus tôt ; nous nous relevons plus difficilement ; et nous sommes plus enclins à devenir un scandale et un opprobre pour notre profession. Nous nous connaissons moins nous-mêmes, et sommes plus enclins à nous tromper sur notre propre état, sans remarquer les corruptions quand elles ont pris l’avantage sur nous. Nous déshonorons l’Évangile par notre faiblesse même, et sommes de peu d’utilité à ceux qui nous entourent. En un mot, bien que nous vivions avec moins de profit pour nous-mêmes et pour les autres, nous sommes pourtant peu disposés et trop peu prêts à mourir.(1) There are many of our flock that are young and weak, who, though they are of long standing, are yet of small proficiency or strength. This, indeed, is the most common condition of the godly. Most of them content themselves with low degrees of grace, and it is no easy matter to get them higher. To bring them to higher and stricter opinions is easy, that is, to bring them from the truth into error, on the right hand as well as on the left; but to increase their knowledge and gifts is not easy, and to increase their graces is the hardest of all. It is a very sad thing for Christians to be weak: it exposeth us to dangers; it abateth our consolations and delight in God, and taketh off the sweetness of wisdom’s ways; it maketh us less serviceable to God and man, to bring less honor to our Master, and to do less good to all about us. We get small benefit in the use of the means of grace. We too easily play with the serpent’s baits, and are ensnared by his wiles. A seducer will easily shake us, and evil may be made to appear to us as good, truth as falsehood, sin as duty; and so on the contrary. We are less able to resist and stand in an encounter; we sooner fall; we hardlier rise; and are apter to prove a scandal and reproach to our profession. We less know ourselves, and are more apt to be mistaken as to our own estate, not observing corruptions when they have got advantage of us. We are dishonorable to the gospel by our very weakness, and little useful to any about us. In a word, though we live to less profit to ourselves or others, yet are we unwilling and too unready to die.
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(2) Une autre catégorie de convertis qui ont besoin de notre aide particulière sont ceux qui luttent sous quelque corruption particulière, qui tient leurs grâces dans l’abaissement et fait d’eux un tourment pour les autres et un fardeau pour eux-mêmes. Hélas ! il y a trop de personnes de cette sorte. Les uns sont particulièrement adonnés à l’orgueil, les autres à l’esprit du monde ; les uns aux désirs sensuels, les autres à l’humeur revêche ou à d’autres mauvaises passions. Or c’est notre devoir de venir en aide à tous ceux-là, et, en partie par des dissuasions et de claires démonstrations de ce que le péché a d’odieux, en partie par des directions appropriées touchant le remède, de les aider à remporter une victoire plus complète sur leurs corruptions. Nous sommes les chefs de l’armée de Christ contre les puissances de l’enfer, et nous devons résister à toutes les œuvres des ténèbres partout où nous les trouvons, fût-ce chez les enfants de lumière. Nous ne devons pas être plus indulgents pour les péchés des fidèles que pour ceux des impies, ni les ménager ou les favoriser davantage. Plus nous aimons leurs personnes, plus nous devons le manifester en nous opposant à leurs péchés. Et pourtant nous devons nous attendre à rencontrer ici des personnes susceptibles, surtout quand l’iniquité a pris de la force, a formé un parti et que beaucoup se sont épris d’elle ; elles seront aussi irritables et aussi impatientes de la réprimande que certains hommes pires, et peut-être même invoqueront-elles la piété elle-même en faveur de leurs fautes. Mais les ministres de Christ doivent faire leur devoir, malgré leur mauvaise humeur, et ne doivent pas haïr leur frère au point de s’abstenir de le reprendre ou de laisser le péché sur son âme. Cela doit se faire, sans doute, avec beaucoup de prudence ; mais cela doit se faire.(2) Another class of converts that need our special help, are those who labor under some particular corruption, which keeps under their graces, and makes them a trouble to others, and a burden to themselves. Alas! there are too many such persons. Some are specially addicted to pride, and others to worldly-mindedness; some to sensual desires, and others to frowardness or other evil passions. Now it is our duty to give assistance to all these; and partly by dissuasions, and clear discoveries of the odiousness of the sin, and partly by suitable directions about the remedy, to help them to a more complete conquest of their corruptions. We are leaders of Christ’s army against the powers of hell, and must resist all the works of darkness wherever we find them, even though it should be in the children of light. We must be no more tender of the sins of the godly, than of the ungodly, nor any more befriend them or favor them. By how much more we love their persons, by so much the more must we manifest it, by making opposition to their sins. And yet we must look to meet with some tender persons here, especially when iniquity hath got any head, and made a party, and many have fallen in love with it; they will be as pettish and as impatient of reproof as some worse men, and perhaps will interest even piety itself in their faults. But the ministers of Christ must do their duty, notwithstanding their peevishness; and must not so far hate their brother, as to forbear rebuking him, or suffer sin to lie upon his soul. It must, no doubt, be done with much prudence, yet done it must be.
(3) Une autre catégorie qui demande une aide particulière sont les chrétiens qui déclinent, soit qu’ils soient tombés dans quelque péché scandaleux, soit qu’ils relâchent leur zèle et leur diligence et montrent qu’ils ont perdu leur premier amour. Comme le cas des rétrogrades est fort triste, notre diligence doit être fort grande pour leur relèvement. Il est triste pour eux de perdre tant de leur vie, de leur paix et de leur utilité pour Dieu, et de devenir si utiles à Satan et à sa cause. Il est triste pour nous de voir que tout notre travail en est venu là, et que, après avoir pris tant de peine avec eux et avoir conçu tant d’espérances à leur sujet, tout soit à ce point frustré. Le plus triste de tout est de penser que Dieu soit si déshonoré par ceux qu’il a tant aimés et pour qui il a tant fait, et que Christ soit ainsi blessé dans la maison de ses amis. De plus, un recul partiel tend naturellement à l’apostasie totale, et la produirait si une grâce particulière ne l’empêchait. Or, plus le cas de ces chrétiens est triste, plus nous devons nous employer à leur relèvement. Nous devons « redresser avec un esprit de douceur » ceux qui « se sont laissé surprendre en quelque faute », tout en veillant à ce que la plaie soit bien sondée et guérie, et l’articulation bien remise en place, quelque douleur qu’il en coûte. Nous devons veiller surtout à l’honneur de l’Évangile, et faire en sorte qu’ils donnent de telles preuves d’une vraie repentance, et fassent une confession si libre et si complète de leur péché, que quelque réparation soit ainsi faite à l’Église et à leur sainte profession pour la blessure qu’ils ont faite à la religion. Il faut beaucoup d’habileté pour relever une telle âme.(3) Another class who demand special help are declining Christians, that are either fallen into some scandalous sin, or else abate their zeal and diligence, and show that they have lost their former love. As the case of backsliders is very sad, so our diligence must be very great for their recovery. It is sad to them to lose so much of their life, and peace, and serviceableness to God; and to become so serviceable to Satan and his cause. It is sad to us to see that all our labor is come to this; and that, when we have taken so much pains with them, and have had so much hopes of them, all should be so far frustrated. It is saddest of all, to think that God should be so dishonored by those whom he hath so loved, and for whom he hath done so much; and that Christ should be so wounded in the house of his friends. Besides, partial backsliding hath a natural tendency to total apostasy, and would effect it, if special grace did not prevent it. Now, the more sad the case of such Christians is, the more must we exert ourselves for their recovery. We must ‘restore those that are overtaken in a fault, in the spirit of meekness,’ and yet see that the sore be thoroughly searched and healed, and the joint be well set again, what pain soever it may cost. We must look especially to the honor of the gospel, and see that they give such evidence of true repentance, and make such free and full confession of their sin, that some reparation be thereby made to the Church and their holy profession, for the wound they have given to religion. Much skill is required for restoring such a soul.
(4) La dernière catégorie que je relèverai ici comme demandant notre attention, ce sont les forts ; car eux aussi ont besoin de notre aide : en partie pour conserver la grâce qu’ils ont ; en partie pour les aider à faire de nouveaux progrès ; en partie pour les diriger dans l’emploi de leur force au service de Christ et à l’aide de leurs frères ; et aussi pour les encourager à persévérer, afin qu’ils reçoivent la couronne.(4) The last class whom I shall here notice, as requiring our attention, are the strong; for they, also, have need of our assistance: partly to preserve the grace they have; partly to help them in making further progress; and partly to direct them in improving their strength for the service of Christ, and the assistance of their brethren; and, also, to encourage them to persevere, that they may receive the crown.
Tous ceux-là sont les objets de l’œuvre du ministère, et, à l’égard de chacun d’eux, nous devons « prendre garde à tout le troupeau ».All these are the objects of the ministerial work, and in respect to each of them, we must ‘take heed to all the flock.’
4. Nous devons avoir un œil particulier sur les familles, pour voir qu’elles soient bien ordonnées et que les devoirs de chaque relation y soient accomplis. La vie de la religion, et le bien-être et la gloire tant de l’Église que de l’État, dépendent beaucoup du gouvernement et des devoirs de la famille. Si nous en tolérons la négligence, nous défairons tout. Que pourrons-nous faire nous-mêmes pour réformer une assemblée, si toute l’œuvre repose sur nous seuls, et que les chefs de famille négligent ce devoir nécessaire qui leur est propre et par lequel ils sont tenus de nous aider ? Si le ministère commence quelque bien dans une âme, une famille insouciante, sans prière et mondaine, l’étouffera probablement ou l’entravera beaucoup ; au contraire, si vous pouviez obtenir que ceux qui gouvernent les familles fassent leur devoir, reprennent l’œuvre là où vous l’avez laissée et la fassent avancer, quelle abondance de bien pourrait se faire ! Je vous en supplie donc, si vous désirez la réforme et le bien de votre peuple, faites tout ce que vous pouvez pour promouvoir la religion dans les familles. Dans ce but, permettez-moi de vous prier de veiller aux choses suivantes :4. We must have a special eye upon families, to see that they are well ordered, and the duties of each relation performed. The life of religion, and the welfare and glory of both the Church and the State, depend much on family government and duty. If we suffer the neglect of this, we shall undo all. What are we like to do ourselves to the reforming of a congregation, if all the work be cast on us alone; and masters of families neglect that necessary duty of their own, by which they are bound to help us? If any good be begun by the ministry in any soul, a careless, prayerless, worldly family is like to stifle it, or very much hinder it; whereas, if you could but get the rulers of families to do their duty, to take up the work where you left it, and help it on, what abundance of good might be done! I beseech you, therefore, if you desire the reformation and welfare of your people, do all you can to promote family religion. To this end, let me entreat you to attend to the following things:
(1) Informez-vous de la manière dont chaque famille est ordonnée, afin de savoir comment procéder dans vos efforts pour son plus grand bien.(1) Get information how each family is ordered, that you may know how to proceed in your endeavors for their further good.
(2) Allez de temps en temps parmi eux, au moment où ils sont le plus probablement libres, et demandez au chef de famille s’il prie avec les siens et lit l’Écriture, ou ce qu’il fait. Efforcez-vous de convaincre de leur péché ceux qui négligent cela ; et si vous en avez l’occasion, priez avec eux avant de partir, et donnez-leur l’exemple de ce que vous voudriez qu’ils fassent. Peut-être aussi serait-il bon d’obtenir d’eux la promesse qu’ils feront à l’avenir de leur devoir une plus grande affaire de conscience.(2) Go occasionally among them, when they are likely to be most at leisure, and ask the master of the family whether he prays with them, and reads the Scripture, or what he doth? Labor to convince such as neglect this, of their sin; and if you have opportunity, pray with them before you go, and give them an example of what you would have them do. Perhaps, too, it might be well to get a promise from them, that they will make more conscience of their duty for the future.
(3) Si vous en trouvez qui, par ignorance et manque de pratique, sont incapables de prier, persuadez-les d’étudier leurs propres besoins et de laisser leur cœur en être touché ; et, en attendant, conseillez-leur d’user d’une formule de prière plutôt que de ne pas prier du tout. Dites-leur cependant que c’est leur péché et leur honte d’avoir vécu si négligemment qu’ils connaissent assez mal leurs propres besoins pour ne pas savoir parler à Dieu dans la prière, alors que tout mendiant trouve des mots pour demander l’aumône ; et que, par conséquent, une formule de prière n’est que pour la nécessité, comme une béquille pour un boiteux, tant qu’ils ne peuvent bien faire sans elle ; mais qu’ils doivent résoudre de ne pas s’en contenter, et apprendre à faire mieux le plus tôt possible, puisque la prière doit venir des sentiments du cœur et varier selon nos besoins et nos circonstances.(3) If you find any, through ignorance and want of practice, unable to pray, persuade them to study their own wants, and to get their hearts affected with them, and, in the meanwhile, advise them to use a form of prayer, rather than not pray at all. Tell them, however, that it is their sin and shame that they have lived so negligently, as to be so unacquainted with their own necessities as not to know how to speak to God in prayer, when every beggar can find words to ask an alms; and, therefore, that a form of prayer is but for necessity, as a crutch to a cripple, while they cannot do well without it; but that they must resolve not to be content with it, but to learn to do better as speedily as possible, seeing that prayer should come from the feelings of the heart, and be varied according to our necessities and circumstances.
(4) Veillez à ce qu’il y ait dans chaque famille quelques livres utiles et touchants, outre la Bible. S’ils n’en ont aucun, persuadez-les d’en acheter ; s’ils ne peuvent en acheter, donnez-leur-en, si vous le pouvez. Si vous ne le pouvez pas vous-même, obtenez que des gentilshommes ou d’autres personnes riches, disposées aux bonnes œuvres, le fassent. Et engagez-les à les lire le soir, quand ils ont du loisir, et surtout le jour du Seigneur.(4) See that in every family there are some useful moving books, beside the Bible. If they have none, persuade them to buy some: if they be not able to buy them, give them some if you can. If you are not able yourself, get some gentlemen, or other rich persons, that are ready to good works, to do it. And engage them to read them at night, when they have leisure, and especially on the Lord’s day.
(5) Enseignez-leur comment passer le jour du Seigneur ; comment expédier leurs affaires temporelles de manière à éviter les embarras et les distractions ; et, quand ils ont été à l’église, comment employer le temps dans leurs familles. La vie de la religion en dépend beaucoup, parce que les pauvres gens n’ont pas d’autre temps libre considérable ; et c’est pourquoi, s’ils perdent celui-là, ils perdent tout, et resteront ignorants et grossiers. Persuadez le chef de chaque famille de faire réciter le catéchisme à ses enfants et à ses serviteurs chaque dimanche soir, et de se faire rendre compte de ce qu’ils ont entendu à l’église pendant la journée. Ne négligez pas, je vous en supplie, cette partie importante de votre œuvre. Amenez les chefs de famille à faire leur devoir, et non seulement ils vous épargneront beaucoup de travail, mais ils favoriseront grandement le succès de vos travaux. Si un capitaine peut amener les officiers placés sous lui à faire leur devoir, il peut commander les soldats avec beaucoup moins de peine que si tout reposait sur ses propres épaules. Vous ne verrez probablement aucune réforme générale tant que vous n’aurez pas obtenu la réforme des familles. Il pourra y avoir un peu de religion çà et là ; mais tant qu’elle se borne à des personnes isolées et n’est pas favorisée dans les familles, elle ne prospérera pas et ne promettra guère d’accroissement futur.(5) Direct them how to spend the Lord’s day; how to despatch their worldly business, so as to prevent encumbrances and distractions; and when they have been at church, how to spend the time in their families. The life of religion dependeth much on this, because poor people have no other free considerable time; and, therefore, if they lose this, they lose all, and will remain ignorant and brutish. Persuade the master of every family to cause his children and servants to repeat the Catechism to him, every Sabbath evening, and to give him some account of what they have heard at church during the day. Neglect not, I beseech you, this important part of your work. Get masters of families to do their duty, and they will not only spare you a great deal of labor, but will much further the success of your labors. If a captain can get the officers under him to do their duty, he may rule the soldiers with much less trouble, than if all lay upon his own shoulders. You are not like to see any general reformation, till you procure family reformation. Some little religion there may be, here and there; but while it is confined to single persons, and is not promoted in families, it will not prosper, nor promise much future increase.
5. Nous devons être diligents à visiter les malades et à les aider à se préparer soit à une vie féconde, soit à une mort heureuse. Bien que cela doive être l’affaire de toute notre vie et de la leur, cela demande en une telle saison un soin extraordinaire, de leur part comme de la nôtre. Quand le temps est presque écoulé, et qu’ils doivent maintenant ou jamais être réconciliés avec Dieu, oh ! combien il leur importe de racheter ces heures et de saisir la vie éternelle ! Et quand nous voyons que nous n’aurons probablement plus que quelques jours ou quelques heures pour leur parler de leur bien éternel, qui, à moins d’être une bûche ou un incrédule, ne serait beaucoup auprès d’eux et ne ferait tout ce qu’il peut pour leur salut dans ce court espace ? Ne serons-nous pas émus de compassion en regardant un homme qui languit, et en pensant que dans peu de jours son âme sera au ciel ou en enfer ? Assurément, cela éprouvera la foi et le sérieux des ministres d’être souvent auprès des mourants ! Ils auront ainsi l’occasion de discerner s’ils sont eux-mêmes sérieux dans les choses de la vie à venir. Si grand est le changement que produit la mort que de voir un homme si près d’elle devrait éveiller en nous la plus vive sensibilité et exciter les plus profondes angoisses de compassion, pour remplir auprès de l’âme l’office d’anges inférieurs avant qu’elle ne quitte le corps, afin qu’elle soit prête à être escortée par des anges supérieurs vers « l’héritage des saints dans la lumière ». Quand un homme est presque au bout de son voyage, et que le pas suivant le mène au ciel ou en enfer, il est temps pour nous, tandis qu’il y a de l’espérance, de l’aider si nous le pouvons.5. We must be diligent in visiting the sick, and helping them to prepare either for a fruitful life, or a happy death. Though this should be the business of all our life and theirs, yet doth it, at such a season, require extraordinary care both of them and us. When time is almost gone, and they must now or never be reconciled to God, oh, how doth it concern them to redeem those hours, and to lay hold on eternal life! And when we see that we are like to have but a few days or hours more to speak to them, in order to their everlasting welfare, who, that is not a block or an infidel, would not be much with them, and do all he can for their salvation in that short space? Will it not awaken us to compassion, to look on a languishing man, and to think that within a few days his soul will be in heaven or in hell? Surely it will try the faith and seriousness of ministers, to be much about dying men! They will thus have opportunity to discern whether they themselves are in good earnest about the matters of the life to come. So great is the change that is made by death, that it should awaken us to the greatest sensibility to see a man so near it, and should excite in us the deepest pangs of compassion, to do the office of inferior angels for the soul, before it departs from the body, that it may be ready for the convoy of superior angels to the ‘inheritance of the saints in light.’ When a man is almost at his journey’s end, and the next step brings him to heaven or hell, it is time for us, while there is hope, to help him if we can.
Et comme leur nécessité présente doit nous pousser à saisir cette occasion pour leur bien, ainsi doit le faire l’avantage qu’offrent la maladie et la perspective de la mort. Même les pécheurs les plus endurcis nous écouteront sur leur lit de mort, bien qu’ils nous aient méprisés auparavant. Ils déposent alors leur fureur et deviennent doux comme des agneaux, eux qui étaient auparavant aussi indomptables que des lions. Je ne trouve pas un sur dix des misérables les plus obstinés et les plus moqueurs de ma paroisse qui, lorsqu’ils viennent à mourir, ne s’humilie, ne confesse ses fautes, ne paraisse repentant et ne promette, s’il guérissait, de réformer sa vie. Cyprien dit à ceux qui sont en bonne santé : « Celui qui se rappelle chaque jour qu’il meurt méprise le présent et se hâte vers les choses à venir. Bien plus celui qui se sent dans l’acte même de mourir. » Oh ! avec quelle résolution les pires pécheurs semblent rejeter leurs péchés, promettre de s’amender, et se récrier contre leur folie et la vanité de ce monde, quand ils voient que la mort est sérieusement à leur porte et qu’il leur faut partir sans délai ! Peut-être direz-vous que ces changements forcés ne sont pas sincères, et que nous n’avons donc pas grand espoir de leur faire quelque bien salutaire. J’avoue qu’il est très commun que les pécheurs soient effrayés jusqu’à former des résolutions sans effet, mais il n’est pas si commun qu’ils soient, en une telle saison, convertis au Sauveur. C’est une remarque d’Augustin : « Il ne peut mal mourir, celui qui vit bien ; et à peine mourra-t-il bien, celui qui vit mal. » Mais « à peine » et « jamais » ne sont pas la même chose. Parce que c’est « à peine », cela devrait nous rendre, eux et nous, plus diligents au temps de la santé ; mais, parce que ce n’est pas « jamais », nous devons nous employer à la fin à user des meilleurs remèdes.And as their present necessity should move us to embrace that opportunity for their good, so should the advantage that sickness and the prospect of death affordeth. Even the stoutest sinners will hear us on their death-bed, though they scorned us before. They will then let fall their fury, and be as gentle as lambs, who were before as untractable as lions. I find not one in ten, of the most obstinate scornful wretches in my parish, but when they come to die, will humble themselves, confess their faults, and seem penitent, and promise, if they should recover, to reform their lives. Cyprian saith to those in health, ‘He who everyday reminds himself that he is dying, despises the present and hastens to things to come. Much more he who feels himself to be in the very act of dying.’ O how resolvedly will the worst of sinners seem to cast away their sins and promise reformation, and cry out of their folly, and of the vanity of this world, when they see that death is in good earnest with them, and away they must without delay! Perhaps you will say, that these forced changes are not cordial, and that, therefore, we have no great hope of doing them any saving good. I confess it is very common for sinners to be frightened into ineffectual purposes, but not so common to be at such a season converted to the Savior. It is a remark of Augustine, ‘He cannot die badly who lives well; and scarcely shall he die well who lives badly.’ Yet ‘scarcely’ and ‘never’ are not all one. It should make both them and us the more diligent in the time of health, because it is ‘scarcely’; but yet we should bestir us at the last, in the use of the best remedies, because it is not ‘never’.
Mais, comme je n’ai pas l’intention de fournir un directoire pour toute l’œuvre du ministère, je ne m’arrêterai pas à vous dire en détail ce qu’il faut faire pour les hommes à leur dernière extrémité ; je relèverai seulement trois ou quatre choses particulièrement dignes de votre attention.But as I do not intend to furnish a directory for the whole ministerial work, I will not stop to tell you particularly what must be done for men in their last extremity; but shall notice only three or four things, as specially worthy of your attention.
(1) N’attendez pas que leur force et leur intelligence soient parties, et que le temps soit si court que vous sachiez à peine quoi faire ; mais allez vers eux dès que vous apprenez qu’ils sont malades, qu’ils vous fassent appeler ou non. (2) Quand le temps est si court qu’il n’y a pas moyen de les instruire avec ordre des principes de la religion, ne manquez pas d’insister sur les points principaux et de vous arrêter sur les vérités les plus propres à favoriser leur conversion, en leur montrant la gloire de la vie à venir, et la voie par laquelle elle nous a été acquise, ainsi que le grand péché et la folie qu’ils ont commis en la négligeant au temps de la santé ; mais aussi la possibilité qui leur reste de l’obtenir encore, s’ils veulent croire en Christ, le seul Sauveur, et se repentir de leurs péchés. (3) S’ils guérissent, ne manquez pas de leur rappeler les promesses et les résolutions qu’ils ont faites au temps de la maladie. Allez vers eux exprès pour les faire pénétrer dans leur conscience ; et chaque fois que vous les voyez ensuite se relâcher, allez vers eux et rappelez-leur ce qu’ils disaient lorsqu’ils étaient étendus sur leur lit de malade. Et, parce que cela est d’une si grande utilité pour ceux qui guérissent, et a été le moyen de la conversion de bien des âmes, il est très nécessaire que vous alliez vers ceux dont la maladie n’est pas mortelle aussi bien que vers les mourants, afin d’avoir quelque avantage pour les pousser à la repentance, et de pouvoir ensuite invoquer cela contre leurs péchés ; comme on rapporte qu’un évêque de Cologne répondit à l’empereur Sigismond, qui lui demandait quel était le chemin du salut : « Il faut être ce qu’on se proposait ou promettait d’être la dernière fois qu’on souffrait de la pierre et de la goutte. »(1) Stay not till their strength and understanding are gone, and the time so short that you scarcely know what to do; but go to them as soon as you hear they are sick, whether they send for you or not.(2) When the time is so short, that there is no opportunity to instruct them in the principles of religion in order, be sure to ply the main points, and to dwell on those truths which are most calculated to promote their conversion, showing them the glory of the life to come, and the way by which it was purchased for us, and the great sin and folly of their having neglected it in time of health; but yet the possibility that remaineth of their still obtaining it, if they will believe in Christ, the only Savior, and repent of their sins.(3) If they recover, be sure to remind them of their promises and resolutions in time of sickness. Go to them purposely to set these home to their consciences; and whenever, afterwards, you see them remiss, go to them, and put them in mind of what they said when they were stretched on a sick-bed. And because it is of such use to them who recover, and hath been the means of the conversion of many a soul, it is very necessary that you go to them whose sickness is not mortal, as well as to those who are dying, that so you may have some advantage to move them to repentance, and may afterward have this to plead against their sins; as a bishop of Cologne is said to have answered the Emperor Sigismund, when he asked him what was the way to be saved, ‘He must be what he purposed, or promised to be, when he was last troubled with the stone and the gout.’
6. Nous devons reprendre et avertir ceux qui vivent dans le scandale ou dans l’impénitence. Avant de porter de telles affaires devant l’Église ou ses conducteurs, il convient d’ordinaire que le ministre essaie lui-même ce qu’il peut faire en privé pour amener le pécheur à la repentance, surtout s’il ne s’agit pas d’une faute publique. Il faut ici beaucoup d’habileté, et l’on doit faire une différence selon les divers tempéraments des coupables ; mais avec la plupart il sera nécessaire de parler avec la plus grande franchise et la plus grande force, pour secouer leurs cœurs insouciants et leur faire voir ce que c’est que de jouer avec le péché ; pour leur faire connaître le mal qu’il renferme et ses tristes effets, tant à l’égard de Dieu qu’à leur propre égard.6. We must reprove and admonish those who live offensively or impenitently. Before we bring such matters before the church, or its rulers, it is ordinarily most fit for the minister to try himself what he can do in private to bow the sinner to repentance, especially if it be not a public crime. Here there is required much skill, and a difference must be made, according to the various tempers of the offenders; but with the most it will be necessary to speak with the greatest plainness and power, to shake their careless hearts, and make them see what it is to dally with sin; to let them know the evil of it, and its sad effects as regards both God and themselves.
7. La dernière partie de notre surveillance que je relèverai consiste dans l’exercice de la discipline de l’Église. Elle consiste, après les réprimandes privées dont j’ai parlé, en une réprimande plus publique, jointe à l’exhortation à la repentance ; dans la prière pour le coupable ; dans le rétablissement de celui qui se repent ; et dans l’exclusion et l’éloignement de l’impénitent.7. The last part of our oversight, which I shall notice, consisteth in the exercise of Church discipline. This consisteth, after the aforesaid private reproofs, in more public reproof, combined with exhortation to repentance, in prayer for the offender, in restoring the penitent, and in excluding and avoiding the impenitent.
(1) Dans le cas d’offenses publiques, et même de celles d’une nature plus privée, lorsque le coupable demeure impénitent, il doit être repris devant tous et invité de nouveau à la repentance. Ce n’est pas moins notre devoir parce que nous nous sommes fait si peu de conscience de le pratiquer. Ce n’est pas seulement le commandement de Christ de le dire à l’Église, mais aussi celui de Paul de « reprendre devant tous » ; et l’Église l’a constamment pratiqué, jusqu’à ce que l’égoïsme et le formalisme l’aient rendue négligente en ce devoir et en d’autres. Il n’y a pas lieu de douter que ce soit notre devoir, et il n’y a pas davantage de raison de douter que nous ayons été infidèles dans son accomplissement. Beaucoup d’entre nous, qui auraient honte d’omettre la prédication ou la prière moitié autant, ont peu considéré ce qu’ils faisaient en vivant aussi longtemps qu’ils l’ont fait dans la négligence volontaire de ce devoir et des autres parties de la discipline. Nous pensons peu combien nous avons attiré sur nos propres têtes la culpabilité des jurements, de l’ivrognerie, de la fornication et d’autres crimes, en négligeant d’user des moyens que Dieu a établis pour les guérir.(1) In the case of public offenses, and even of those of a more private nature, when the offender remains impenitent, he must be reproved before all, and again invited to repentance. This is not the less our duty, because we have made so little conscience of the practice of it. It is not only Christ’s command to tell the church, but Paul’s to ‘rebuke before all,’ and the Church did constantly practice it, till selfishness and formality caused them to be remiss in this and other duties. There is no room to doubt whether this be our duty, and as little is there any ground to doubt whether we have been unfaithful as to the performance of it. Many of us, who would be ashamed to omit preaching or praying half so much, have little considered what we are doing, while living in the wilful neglect of this duty, and other parts of discipline, so long as we have done. We little think how we have drawn the guilt of swearing, and drunkenness, and fornication, and other crimes upon our own heads, by neglecting to use the means which God has appointed for the cure of them.
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Plût à Dieu que nous fussions aussi fidèles dans la pratique de cette discipline que nous sommes convaincus de sa matière et de sa manière, et que nous ne la discréditions et ne l’outragions pas par notre négligence, tandis que nous écrivons et plaidons pour elle avec les plus grands éloges ! Il vaut la peine de considérer qui aura probablement la plus lourde charge à ce sujet devant le tribunal de Dieu : ceux qui ont outragé et entravé la discipline par leur langue, parce qu’ils n’en connaissaient ni la nature ni la nécessité, ou nous qui l’avons tant avilie par notre constante omission, tandis que de notre langue nous l’exaltions ? Si l’hypocrisie n’est pas un péché, ou si la connaissance de la volonté de notre Maître n’est pas une aggravation de la désobéissance, alors nous pouvons être dans une meilleure situation qu’eux ; mais si ce sont là de grands maux, nous devons être bien pires que les personnes mêmes que nous condamnons si bruyamment. Je ne conseillerai pas aux zélés défenseurs et aux obstinés négligents de la discipline de se dédire de tout ce qu’ils ont dit, jusqu’à ce qu’ils soient prêts à faire ce qu’ils disent ; ni de rétracter leurs apologies de la discipline, jusqu’à ce qu’ils aient l’intention de la pratiquer ; ni de brûler tous les livres qu’ils ont écrits pour elle, et tous les témoignages de ce qu’elle leur a coûté et des risques qu’ils ont courus pour elle, de peur qu’ils ne se lèvent en jugement contre eux, à leur confusion. Mais je voudrais les persuader de conformer sans plus tarder leur pratique aux témoignages qu’ils ont rendus, de peur que, plus il sera prouvé qu’ils ont loué la discipline, plus il sera prouvé qu’ils se sont condamnés eux-mêmes en la négligeant. Je n’ai pas été peu étonné d’entendre quelques-uns, que je tenais pour de vénérables et pieux théologiens, reprocher comme une secte les « sacramentaires » et les « disciplinaires ». Et lorsque je voulus savoir de qui ils parlaient, ils me dirent qu’ils parlaient de ceux qui ne veulent pas donner la sainte cène à toute la paroisse, et de ceux qui veulent faire des distinctions par leur discipline. J’aurais pensé que le tentateur avait remporté une grande victoire s’il avait seulement amené un pasteur pieux à négliger la discipline, aussi bien que s’il l’avait amené à négliger la prédication ; bien plus encore s’il l’avait amené à approuver cette négligence ; mais il semble qu’il ait amené certains à se moquer de ceux qui accomplissent le devoir qu’eux-mêmes négligent. Je suis sûr que, si l’on comprenait bien quelle part de l’autorité et de l’œuvre pastorales consiste dans la conduite de l’Église, on discernerait aussi qu’être contre la discipline est bien près d’être contre le ministère ; qu’être contre le ministère est bien près d’être absolument contre l’Église ; et qu’être contre l’Église est bien près d’être absolument contre Christ. Ne blâmez pas la dureté de la conséquence avant de pouvoir l’éviter et vous décharger de cette accusation devant le Seigneur.Would we were but so far faithful in the practice of this discipline, as we are satisfied both of the matter and manner of it; and did not dispraise and reproach it by our negligence, while we write and plead for it with the highest commendations! It is worthy of our consideration, who is like to have the heavier charge about this matter at the bar of God – whether those who have reproached and hindered discipline by their tongues, because they knew not its nature and necessity; or we who have so vilified it by our constant omission, while with our tongues we have magnified it? If hypocrisy be no sin, or if the knowledge of our Master’s will by no aggravation of disobedience, then we may be in a better case than they; but if these be great evils, we must be much worse than the very persons whom we so loudly condemn. I will not advise the zealous maintainers, and obstinate neglecters of discipline, to unsay all that they have said, till they are ready to do as they say; nor to recant their defences of discipline, till they mean to practice it; nor to burn all the books which they have written for it, and all the records of their cost and hazards for it, lest they rise up in judgment against them, to their confusion. But I would persuade them, without any more delay, to conform their practice to these testimonies which they have given, lest the more they are proved to have commended discipline, the more they are proved to have condemned themselves for neglecting it. It hath somewhat amazed me to hear some, that I took for reverend, godly divines, reproach, as a sect, the Sacramentarians and Disciplinarians. And, when I desired to know whom they meant, they told me they meant them that will not give the sacrament to all the parish, and them that will make distinctions by their discipline. I had thought the tempter had obtained a great victory, if he had got but one godly pastor of a church to neglect discipline, as well as if he had got him to neglect preaching; much more if he had got him to approve of that neglect: but it seems that he hath got some to scorn at the performers of the duty which they neglect. Sure I am, if it were well understood how much of the pastoral authority and work consisteth in church guidance, it would be also discerned, that to be against discipline, is near to being against the ministry; and to be against the ministry is near to being absolutely against the church; and to be against the church, is near to being absolutely against Christ. Blame not the harshness of the inference, till you can avoid it, and free yourselves from the charge of it before the Lord.
3. La manière et les motifs de la surveillance pastorale3. The Manner and Motives of Pastoral Oversight
Richard Baxter, The Reformed Pastor (1656 ; édition d’Édimbourg, 1829), partie 2, « La manière de cette surveillance » (quatorze marques du ministère fidèle) et « Motifs de la surveillance du troupeau » (tirés d’Actes 20.28). Abrégé par paragraphes entiers, signalés par […]. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.Richard Baxter, The Reformed Pastor (1656; Edinburgh edition, 1829), part 2, “The Manner of this Oversight” (fourteen marks of faithful ministry) and “Motives to the Oversight of the Flock” (drawn from Acts 20:28). Abridged by whole paragraphs, marked […]. Primary source; the interpretations are the author’s.
Note du STC : Baxter cite souvent les Pères de l’Église et des auteurs classiques (Bernard, Augustin, Jérôme, Sénèque et d’autres) ; l’édition de 1829 donne ces citations en anglais, et les traductions suivent cet anglais. « Papistes » était le mot protestant courant à son époque pour désigner les catholiques romains ; il est conservé ici comme partie du texte historique, non comme langage du STC. L’« évêque » et le « surveillant » de Baxter traduisent le même mot grec d’Actes 20.28.CTS note: Baxter often quotes church fathers and classical writers (Bernard, Augustine, Jerome, Seneca and others); the 1829 edition gives these quotations in English, and the translations follow that English. “Papists” was the common Protestant word in his day for Roman Catholics; it is kept here as part of the historical text, not as CTS language. Baxter’s “bishop” and “overseer” translate the same Greek word in Acts 20:28.
LA MANIÈRE DE CETTE SURVEILLANCETHE MANNER OF THIS OVERSIGHT
Ayant ainsi considéré la nature de cette surveillance, nous parlerons maintenant de sa manière ; non de chaque partie séparément, pour ne pas être fastidieux, mais de l’ensemble en général.Having thus considered the nature of this oversight, we shall next speak of the manner; not of each part distinctly, lest we be tedious, but of the whole in general.
1. L’œuvre du ministère doit être accomplie purement pour Dieu et pour le salut des âmes, et non pour quelque fin particulière qui nous soit propre. Une fin mauvaise rend toute l’œuvre mauvaise en tant qu’elle vient de nous, si bonne qu’elle soit en sa propre nature. Ce n’est pas servir Dieu, mais nous-mêmes, si nous ne le faisons pas pour Dieu mais pour nous. Ceux qui s’y engagent comme dans une œuvre ordinaire, pour en faire un métier en vue de leur subsistance terrestre, trouveront qu’ils ont choisi un mauvais métier, quoique un bon emploi. Le renoncement à soi-même est d’une absolue nécessité pour tout chrétien, mais il est doublement nécessaire pour un ministre, car sans lui il ne peut rendre à Dieu une heure de service fidèle. Des études ardues, beaucoup de connaissance et une excellente prédication, si les fins ne sont pas droites, ne sont qu’un péché hypocrite plus glorieux. Le mot de Bernard est bien connu : « Certains désirent savoir uniquement pour savoir, et c’est une honteuse curiosité. Certains désirent savoir pour vendre leur savoir, et cela aussi est honteux. Certains désirent savoir pour la réputation, et c’est une honteuse vanité. Mais il en est qui désirent savoir afin d’édifier les autres, et cela est louable ; et il en est qui désirent savoir afin d’être eux-mêmes édifiés, et cela est sage. »1. The ministerial work must be carried on purely for God and the salvation of souls, not for any private ends of our own. A wrong end makes all the work bad as from us, how good soever it may be in its own nature. It is not serving God, but ourselves, if we do it not for God, but for ourselves. They who engage in this as a common work, to make a trade of it for their worldly livelihood, will find that they have chosen a bad trade, though a good employment. Self-denial is of absolute necessity in every Christian, but it is doubly necessary in a minister, as without it he cannot do God an hour’s faithful service. Hard studies, much knowledge, and excellent preaching, if the ends be not right, is but more glorious hypocritical sinning. The saying of Bernard is commonly known: ‘Some desire to know merely for the sake of knowing, and that is shameful curiosity. Some desire to know that they may sell their knowledge, and that too is shameful. Some desire to know for reputation’s sake, and that is shameful vanity. But there are some who desire to know that they may edify others, and that is praiseworthy; and there are some who desire to know that they themselves may be edified, and that is wise.’
2. L’œuvre du ministère doit être accomplie avec diligence et labeur, car elle est d’une conséquence indicible pour nous et pour les autres. Nous cherchons à soutenir le monde, à le sauver de la malédiction de Dieu, à parfaire la création, à atteindre les fins de la mort de Christ, à nous sauver, nous et les autres, de la damnation, à vaincre le diable et à démolir son royaume, à établir le royaume de Christ, et à parvenir au royaume de gloire et à y aider les autres. Et de telles œuvres doivent-elles se faire d’un esprit insouciant ou d’une main paresseuse ? Oh ! veillez donc à ce que cette œuvre se fasse de toutes vos forces ! Étudiez avec ardeur, car le puits est profond et nos esprits sont peu profonds ; et, comme dit Cassiodore : « Ici le niveau commun du savoir ne doit pas être la limite ; ici se montre une véritable ambition ; plus on recherche une connaissance profonde, plus grand est l’honneur d’y parvenir. » Mais soyez surtout laborieux dans la pratique et l’exercice de votre connaissance. Que les paroles de Paul retentissent continuellement à vos oreilles : « La nécessité m’en est imposée, et malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ! » Pensez toujours à ce qui repose entre vos mains : « Si je ne me remue pas, Satan peut l’emporter, et le peuple périr éternellement, et son sang m’être redemandé. En évitant le travail et la souffrance, j’attirerai sur moi mille fois plus que je n’évite ; tandis que, par la diligence présente, je me préparerai à la félicité future. » Nul n’a jamais rien perdu avec Dieu.2. The ministerial work must be carried on diligently and laboriously, as being of such unspeakable consequence to ourselves and others. We are seeking to uphold the world, to save it from the curse of God, to perfect the creation, to attain the ends of Christ’s death, to save ourselves and others from damnation, to overcome the devil, and demolish his kingdom, to set up the kingdom of Christ, and to attain and help others to the kingdom of glory. And are these works to be done with a careless mind, or a lazy hand? O see, then, that this work be done with all your might! Study hard, for the well is deep, and our brains are shallow; and, as Cassiodorus says: ‘Here the common level of knowledge is not to be the limit; here a true ambition is demonstrated; the more a deep knowledge is sought after, the greater the honor in attaining it.’ But especially be laborious in the practice and exercise of your knowledge. Let Paul’s words ring continually in your ears, ‘Necessity is laid upon me; yea, woe is unto me, if I preach not the gospel!’ Ever think with yourselves what lieth upon your hands: ‘If I do not bestir myself, Satan may prevail, and the people everlastingly perish, and their blood be required at my hand. By avoiding labor and suffering, I shall draw on myself a thousand times more than I avoid; whereas, by present diligence, I shall prepare for future blessedness.’ No man was ever a loser by God.
3. L’œuvre du ministère doit être accomplie avec prudence et avec ordre. Le lait doit venir avant la nourriture solide ; le fondement doit être posé avant que nous essayions d’élever l’édifice. Les enfants ne doivent pas être traités comme des hommes faits. Les hommes doivent être amenés à l’état de grâce avant que nous puissions attendre d’eux les œuvres de la grâce. L’œuvre de la conversion, la repentance des œuvres mortes et la foi en Christ doivent être enseignées d’abord, souvent et à fond. Nous ne devons pas d’ordinaire aller au-delà de la capacité de notre peuple, ni enseigner la perfection à ceux qui n’ont pas appris les premiers principes de la religion ; car, comme dit Grégoire de Nysse : « Nous n’enseignons pas aux petits enfants les préceptes profonds de la science, mais d’abord les lettres, puis les syllabes, etc. Ainsi les guides de l’Église proposent d’abord à leurs auditeurs certains enseignements qui sont comme les éléments, et ainsi, par degrés, leur ouvrent les matières plus parfaites et plus mystérieuses. » C’est pourquoi l’Église prenait tant de peine avec ses catéchumènes avant de les baptiser, et ne voulait pas mettre dans l’édifice des pierres non taillées.3. The ministerial work must be carried on prudently and orderly. Milk must go before strong meat; the foundation must be laid before we attempt to raise the superstructure. Children must not be dealt with as men of full stature. Men must be brought into a state of grace, before we can expect from them the works of grace. The work of conversion, and repentance from dead works, and faith in Christ, must be first and frequently and thoroughly taught. We must not ordinarily go beyond the capacities of our people, nor teach them the perfection, that have not learned the first principles of religion: for, as Gregory of Nyssa saith: ‘We teach not infants the deep precepts of science, but first letters, and then syllables, etc. So the guides of the Church do first propound to their hearers certain documents, which are as the elements; and so by degrees do open to them the more perfect and mysterious matters.’ Therefore did the Church take so much pains with their catechumens, before they baptized them, and would not lay unpolished stones into the building.
4. Dans tout le cours de notre ministère, nous devons insister principalement sur les vérités les plus grandes, les plus certaines et les plus nécessaires, et être plus rares et plus sobres sur les autres. Si seulement nous pouvons enseigner Christ à notre peuple, nous lui enseignerons tout. Menez-les bien au ciel, et ils auront assez de connaissance. Les grandes vérités de la religion, communément reconnues, sont celles dont les hommes doivent vivre, et elles sont les grands instruments pour détruire les péchés des hommes et élever le cœur vers Dieu. Nous devons donc avoir toujours devant les yeux les besoins de notre peuple. Se souvenir de la « seule chose nécessaire » nous détournera des colifichets, des ornements inutiles et des controverses sans profit. Beaucoup d’autres choses sont désirables à connaître ; mais celle-ci doit être connue, ou bien notre peuple est perdu pour toujours. J’avoue que je pense que la NÉCESSITÉ doit être la grande ordonnatrice du cours d’études et de travaux d’un ministre. Si nous suffisions à tout, nous pourrions tout entreprendre et parcourir par ordre toute l’encyclopédie ; mais la vie est courte, nous sommes lents, les choses éternelles sont nécessaires, et les âmes qui dépendent de notre enseignement sont précieuses. J’avoue que la nécessité a été la conductrice de mes études et de ma vie. Elle choisit le livre que je lirai, et me dit quand et combien de temps. Elle choisit mon texte et fait mon sermon, pour la matière comme pour la manière, autant que je puis en tenir éloignée ma propre corruption. Bien que je sache que l’attente constante de la mort en a été une grande cause, je ne vois pas pourquoi l’homme le plus bien portant ne s’assurerait pas d’abord des choses les plus nécessaires, vu l’incertitude et la brièveté de la vie de tous les hommes. Xénophon pensait « qu’il n’y avait pas de meilleur maître que la nécessité, qui enseigne toutes choses avec le plus de diligence ». Qui peut, en étudiant, en prêchant ou en travaillant, s’occuper d’autres choses, s’il sait seulement que ceci DOIT être fait ? Qui peut s’amuser ou tarder, s’il sent les éperons pressants de la nécessité ? Comme dit le soldat : « Il ne faut pas de longues discussions, mais un combat prompt et vigoureux, là où presse la nécessité » ; à plus forte raison nous, puisque notre affaire est plus importante. Sans doute c’est là la meilleure manière de racheter le temps : veiller à ne pas perdre une heure, en ne l’employant qu’aux choses nécessaires. C’est la manière d’être le plus utile aux autres, sinon toujours d’être le plus agréable et le plus applaudi ; car, à cause de la fragilité des hommes, il est vrai, comme dit Sénèque, que « nous sommes attirés par les nouveautés plutôt que par les grandes choses ».4. Throughout the whole course of our ministry, we must insist chiefly upon the greatest, most certain, and most necessary truths, and be more seldom and sparing upon the rest. If we can but teach Christ to our people, we shall teach them all. Get them well to heaven, and they will have knowledge enough. The great and commonly acknowledged truths of religion are those that men must live upon, and which are the great instruments of destroying men’s sins, and raising the heart to God. We must, therefore, ever have our people’s necessities before our eyes. To remember the ‘one thing needful’ will take us off gauds and needless ornaments, and unprofitable controversies. Many other things are desirable to be known; but this must be known, or else our people are undone for ever. I confess I think NECESSITY should be the great disposer of a minister’s course of study and labor. If we were sufficient for everything, we might attempt everything, and take in order the whole Encyclopaedia: but life is short, and we are dull, and eternal things are necessary, and the souls that depend on our teaching are precious. I confess, necessity hath been the conductor of my studies and life. It chooseth what book I shall read, and tells me when, and how long. It chooseth my text, and makes my sermon, both for matter and manner, so far as I can keep out my own corruption. Though I know the constant expectation of death hath been a great cause of this, yet I know no reason why the most healthy man should not make sure of the most necessary things first, considering the uncertainty and shortness of all men’s lives. Xenophon thought, ‘there was no better teacher than necessity, which teacheth all things most diligently.’ Who can, in studying, preaching, or laboring, be doing other matters, if he do but know that this MUST be done? Who can trifle or delay, that feeleth the urgent spurs of necessity? As the soldier saith, ‘No lengthy discussing, but speedy and strong contending is needed where necessity urges on’, so much more must we, as our business is more important. Doubtless this is the best way to redeem time, to see that we lose not an hour, when we spend it only on necessary things. This is the way to be most profitable to others, though not always to be most pleasing and applauded; because, through men’s frailty, it is true what Seneca says, that ‘We are attracted to novelties rather than to great things.’
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5. Tout notre enseignement doit être aussi clair et aussi simple que possible. C’est ce qui convient le mieux aux fins d’un docteur. Celui qui veut être compris doit parler à la portée de ses auditeurs. La vérité aime la lumière, et elle est la plus belle quand elle est la plus nue. C’est le signe d’un ennemi envieux que de cacher la vérité ; et c’est l’œuvre d’un hypocrite de le faire sous prétexte de la révéler ; c’est pourquoi les sermons fardés et obscurs (comme les vitraux peints des fenêtres, qui arrêtent la lumière) sont trop souvent la marque d’hypocrites fardés. Si vous ne voulez pas enseigner les hommes, que faites-vous en chaire ? Si vous le voulez, pourquoi ne parlez-vous pas de manière à être compris ? Je sais que la hauteur de la matière peut faire qu’un homme ne soit pas compris, alors même qu’il s’est efforcé de la rendre aussi claire qu’il le pouvait ; mais qu’un homme obscurcisse à dessein la matière par des mots étranges, et cache sa pensée au peuple qu’il prétend instruire, c’est le moyen de faire admirer aux sots sa profonde érudition, et aux sages sa folie, son orgueil et son hypocrisie. Certains hommes dissimulent leur pensée sous prétexte de nécessité, à cause des préjugés des hommes et du manque de préparation des intelligences communes à recevoir la vérité. Mais la vérité triomphe du préjugé par la seule lumière de l’évidence, et il n’y a pas de meilleur moyen de faire prévaloir une bonne cause que de la rendre aussi claire, aussi généralement et aussi pleinement connue que nous le pouvons ; c’est cette lumière qui disposera un esprit non préparé. C’est, au mieux, le signe qu’un homme n’a pas bien digéré lui-même la matière, s’il n’est pas capable de la transmettre clairement aux autres. J’entends aussi clairement que la nature de la matière le permet, eu égard à des capacités préparées par des vérités préalables ; car je sais que certains hommes ne peuvent pas encore comprendre certaines vérités, quand même vous les leur diriez aussi clairement que les mots peuvent les exprimer ; de même que les règles les plus faciles de la grammaire, enseignées le plus clairement, ne seront pas comprises d’un enfant qui ne fait qu’apprendre son alphabet.5. All our teaching must be as plain and simple as possible. This doth best suit a teacher’s ends. He that would be understood must speak to the capacity of his hearers. Truth loves the light, and is most beautiful when most naked. It is the sign of an envious enemy to hide the truth; and it is the work of a hypocrite to do this under pretense of revealing it; and therefore painted obscure sermons (like painted glass in windows which keeps out the light) are too oft the marks of painted hypocrites. If you would not teach men, what do you in the pulpit? If you would, why do you not speak so as to be understood? I know the height of the matter may make a man not understood, when he hath studied to make it as plain as he can; but that a man should purposely cloud the matter in strange words, and hide his mind from the people, whom he pretendeth to instruct, is the way to make fools admire his profound learning, and wise men his folly, pride, and hypocrisy. Some men conceal their sentiments, under the pretense of necessity, because of men’s prejudices, and the unpreparedness of common understandings to receive the truth. But truth overcomes prejudice by the mere light of evidence, and there is no better way to make a good cause prevail, than to make it as plain, and as generally and thoroughly known as we can; it is this light that will dispose an unprepared mind. It is, at best, a sign that a man hath not well digested the matter himself, if he is not able to deliver it plainly to others. I mean as plainly as the nature of the matter will bear, in regard of capacities prepared for it by prerequisite truths; for I know that some men cannot at present understand some truths, if you speak them as plainly as words can express them; as the easiest rules in grammar, most plainly taught, will not be understood by a child that is but learning his alphabet.
6. Notre œuvre doit être accomplie avec une grande humilité. Nous devons nous conduire avec douceur et condescendance envers tous ; et enseigner les autres de manière à être aussi prêts à apprendre de quiconque peut nous enseigner, et ainsi enseigner et apprendre à la fois ; non pas en débitant avec orgueil nos propres idées et en dédaignant tout ce qui les contredit de quelque façon, comme si nous avions atteint le sommet de la connaissance et étions destinés à la chaire, et les autres hommes à s’asseoir à nos pieds. L’orgueil est un vice qui sied mal à ceux qui doivent conduire les hommes au ciel par un chemin si humble ; prenons donc garde que, lorsque nous y aurons amené les autres, la porte ne se trouve trop étroite pour nous-mêmes. Car, comme dit Grotius : « L’orgueil est né au ciel, mais, comme s’il oubliait que le chemin depuis ce lieu est fermé, il lui est impossible d’y retourner ensuite ! » Dieu, qui a chassé un ange orgueilleux, n’y recevra pas un prédicateur orgueilleux. Il me semble que nous devrions nous souvenir au moins du titre de « ministre », que les prêtres papistes dédaignent, mais non pas nous. C’est cet orgueil à la racine qui nourrit tous nos autres péchés. De là l’envie, la contestation et l’esprit peu pacifique des ministres ; de là les obstacles à toute réforme : tous veulent conduire, et peu veulent suivre ou concourir. De là aussi le manque de progrès de trop de ministres, parce qu’ils sont trop orgueilleux pour apprendre. L’humilité leur enseignerait une autre leçon. Je puis dire des ministres, même des plus âgés d’entre eux, ce qu’Augustin disait à Jérôme : « Bien qu’il convienne mieux aux vieillards d’enseigner que d’apprendre, il leur convient beaucoup mieux d’apprendre que d’être ignorants. »6. Our work must be carried on with great humility. We must carry ourselves meekly and condescendingly to all; and so teach others, as to be as ready to learn of any that can teach us, and so both teach and learn at once; not proudly venting our own conceits, and disdaining all that any way contradict them, as if we had attained to the height of knowledge, and were destined for the chair, and other men to sit at our feet. Pride is a vice that ill beseems them that must lead men in such an humble way to heaven: let us, therefore, take heed, lest, when we have brought others thither, the gate should prove too strait for ourselves. For, as Grotius saith, ‘Pride is born in heaven, but as if unmindful that the way from that place is closed, it is impossible for it to return afterwards!’ God, that thrust out a proud angel, will not entertain there a proud preacher. Methinks we should remember, at least the title of a Minister, which, though the popish priests disdain, yet so do not we. It is this pride at the root that feedeth all the rest of our sins. Hence the envy, the contention, and unpeaceableness of ministers; hence the stops to all reformation; all would lead, and few will follow or concur. Hence, also, is the non-proficiency of too many ministers, because they are too proud to learn. Humility would teach them another lesson. I may say of ministers as Augustine to Jerome, even of the aged among them, ‘Although it is more fitting for the aged to teach than to learn, much more is it fitting to learn than to be ignorant.’
7. Il doit y avoir un prudent mélange de sévérité et de douceur, tant dans notre prédication que dans notre discipline ; l’une ou l’autre doit prédominer selon la qualité ou le caractère de la personne ou de l’affaire que nous avons en main. S’il n’y a pas de sévérité, nos réprimandes seront méprisées. Si tout est sévérité, on nous prendra pour des usurpateurs de domination plutôt que pour des hommes qui persuadent les esprits de recevoir la vérité.7. There must be a prudent mixture of severity and mildness both in our preaching and discipline; each must be predominant, according to the quality or character of the person, or matter, that we have in hand. If there be no severity, our reproofs will be despised. If all severity, we shall be taken as usurpers of dominion, rather than persuaders of the minds of men to the truth.
8. Nous devons être sérieux, ardents et zélés dans chaque partie de notre œuvre. Notre œuvre demande plus d’habileté, et surtout plus de vie et de zèle, qu’aucun de nous n’y en apporte. Ce n’est pas une petite chose que de se tenir debout devant une assemblée pour délivrer un message de salut ou de damnation, comme de la part du Dieu vivant, au nom du Rédempteur. Ce n’est pas chose facile que de parler si clairement que les plus ignorants puissent nous comprendre, si sérieusement que les cœurs les plus morts puissent nous sentir, et de manière si convaincante que les contradicteurs chicaneurs soient réduits au silence. Le poids de notre matière condamne la froideur et la lourdeur endormie. Nous devons veiller à être bien éveillés nous-mêmes, et à ce que notre esprit soit en un état qui nous rende capables d’éveiller les autres. Si nos paroles ne sont pas aiguisées et ne pénètrent pas comme des clous, elles seront à peine senties par des cœurs de pierre. Parler légèrement et froidement des choses célestes est presque aussi mauvais que de n’en rien dire du tout.8. We must be serious, earnest, and zealous in every part of our work. Our work requireth greater skill, and especially greater life and zeal than any of us bring to it. It is no small matter to stand up in the face of a congregation, and to deliver a message of salvation or damnation, as from the living God, in the name of the Redeemer. It is no easy matter to speak so plainly, that the most ignorant may understand us; and so seriously that the deadest hearts may feel us; and so convincingly, that the contradicting cavillers may be silenced. The weight of our matter condemneth coldness and sleepy dullness. We should see that we be well awakened ourselves, and our spirits in such a plight as may make us fit to awaken others. If our words be not sharpened, and pierce not as nails, they will hardly be felt by stony hearts. To speak slightly and coldly of heavenly things is nearly as bad as to say nothing of them at all.
9. Tout notre ministère doit être accompli avec un tendre amour pour notre peuple. Nous devons lui faire voir que rien ne nous plaît que ce qui lui profite ; que ce qui lui fait du bien nous fait du bien ; et que rien ne nous afflige plus que son dommage. Nous devons éprouver envers notre peuple ce qu’un père éprouve envers ses enfants ; oui, l’amour le plus tendre d’une mère ne doit pas surpasser le nôtre. Nous devons même éprouver les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en eux. Ils doivent voir que nous ne nous soucions d’aucune chose extérieure, ni de richesse, ni de liberté, ni d’honneur, ni de la vie, en comparaison de leur salut ; mais que nous pourrions même consentir, avec Moïse, à ce que nos noms soient effacés du livre de vie, c’est-à-dire être retranchés du nombre des vivants, plutôt qu’eux ne soient pas trouvés dans le livre de vie de l’Agneau. Ainsi devrions-nous être prêts, comme dit Jean, à « donner notre vie pour les frères », et, avec Paul, ne faire aucun cas de notre vie, pourvu que nous « accomplissions notre course avec joie, et le ministère que nous avons reçu du Seigneur Jésus ». Quand le peuple voit que vous l’aimez sans feinte, il entendra tout et supportera tout de votre part ; comme dit Augustin : « Aime Dieu, et fais ce que tu veux. » Nous-mêmes prenons bien toutes choses de quelqu’un dont nous savons qu’il nous aime entièrement. Nous supporterons un coup donné avec amour plus aisément qu’une parole grossière dite avec malice ou avec colère. La plupart des hommes jugent du conseil comme ils jugent de l’affection de celui qui le donne, du moins assez pour lui accorder une écoute équitable. Oh ! veillez donc à sentir dans votre cœur un tendre amour pour votre peuple, et qu’il le perçoive dans vos paroles et le voie dans votre conduite. Qu’il voie que vous dépensez et que vous vous dépensez pour l’amour de lui, et que tout ce que vous faites est pour lui, et non pour quelque fin particulière qui vous soit propre. Pour cela, les œuvres de charité sont nécessaires, autant que vos biens le permettent ; car de simples paroles convaincront difficilement les hommes que vous avez pour eux un grand amour. Mais si vous n’êtes pas en état de donner, montrez que vous seriez disposés à donner si vous aviez de quoi, et faites le bien que vous pouvez. Veillez toutefois à ce que votre amour ne soit pas charnel, issu de l’orgueil, comme celui d’un homme qui fait sa cour pour lui-même plutôt que pour Christ, et qui, par conséquent, aime parce qu’il est aimé, ou afin d’être aimé. Prenez donc garde de ne pas fermer les yeux sur les péchés de votre peuple sous prétexte d’amour, car ce serait contrarier la nature et la fin de l’amour. L’amitié doit être cimentée par la piété. Un homme méchant ne peut être un véritable ami ; et si vous favorisez leur méchanceté, vous montrez que vous êtes méchants vous-mêmes. Ne prétendez pas les aimer si vous favorisez leurs péchés et ne recherchez pas leur salut. En favorisant leurs péchés, vous montrerez votre inimitié contre Dieu ; et comment alors pourrez-vous aimer votre frère ? Si vous êtes leurs meilleurs amis, aidez-les contre leurs pires ennemis. Et ne pensez pas que toute sévérité soit incompatible avec l’amour : les parents corrigent leurs enfants, et Dieu lui-même « frappe de la verge tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils ». Augustin dit : « Mieux vaut aimer, même accompagné de sévérité, que d’égarer par excès de douceur. »9. The whole of our ministry must be carried on in tender love to our people. We must let them see that nothing pleaseth us but what profiteth them; and that what doeth them good doth us good; and that nothing troubleth us more than their hurt. We must feel toward our people, as a father toward his children: yea, the tenderest love of a mother must not surpass ours. We must even travail in birth, till Christ be formed in them. They should see that we care for no outward thing, neither wealth, nor liberty, nor honor, nor life, in comparison of their salvation; but could even be content, with Moses, to have our names blotted out of the book of life, i. e. to be removed from the number of the living: rather than they should not be found in the Lamb’s book of life. Thus should we, as John saith, be ready to ‘lay down our lives for the brethren,’ and, with Paul, not count our lives dear to us, so we may but ‘finish our course with joy, and the ministry which we have received of the Lord Jesus.’ When the people see that you unfeignedly love them, they will hear any thing and bear any thing from you; as Augustine saith, ‘Love God, and do what you please.’ We ourselves will take all things well from one that we know doth entirely love us. We will put up with a blow that is given us in love, sooner than with a foul word that is spoken to us in malice or in anger. Most men judge of the counsel, as they judge of the a affection of him that gives it: at least, so far as to give it a fair hearing. Oh, therefore, see that you feel a tender love to your people in your breasts, and let them perceive it in your speeches, and see it in your conduct. Let them see that you spend, and are spent, for their sakes; and that all you do is for them, and not for any private ends of your own. To this end the works of charity are necessary, as far as your estate will reach; for bare words will hardly convince men that you have any great love to them. But, if you are not able to give, show that you are willing to give if you had it, and do that sort of good you can. But see that your love be not carnal, flowing from pride, as one that is a suitor for himself rather than for Christ, and, therefore, doth love because he is loved, or that he may be loved. Take heed, therefore, that you do not connive at the sins of your people, under pretense of love, for that were to cross the nature and end of love. Friendship must be cemented by piety. A wicked man cannot be a true friend; and, if you befriend their wickedness, you show that you are wicked yourselves. Pretend not to love them, if you favor their sins, and seek not their salvation. By favoring their sins, you will show your enmity to God; and then how can you love your brother? If you be their best friends, help them against their worst enemies. And think not all sharpness inconsistent with love: parents correct their children, and God himself ‘chastens every son whom he receiveth.’ Augustine saith, ‘Better it is to love even with the accompaniment of severity, than to mislead by (excess of) lenity.’
10. Nous devons accomplir notre œuvre avec patience. Nous devons supporter beaucoup d’outrages et d’injures de la part de ceux à qui nous cherchons à faire du bien. Quand nous aurons étudié pour eux, prié pour eux, que nous les aurons exhortés et suppliés avec tout le sérieux et toute la condescendance possibles, que nous leur aurons donné ce que nous pouvions et que nous les aurons soignés comme s’ils étaient nos enfants, nous devons nous attendre à ce que beaucoup d’entre eux nous paient de mépris, de haine et de dédain, et nous tiennent pour leurs ennemis parce que nous « leur disons la vérité ». Or nous devons endurer tout cela avec patience, et persévérer sans nous lasser à faire le bien, « redressant avec douceur les adversaires, dans l’espérance que Dieu leur donnera la repentance pour arriver à la connaissance de la vérité ». Nous avons affaire à des hommes égarés qui se jetteront à la face de leur médecin, mais nous ne devons pas pour autant négliger leur guérison. Il est indigne d’être médecin, celui qui se laisse chasser d’auprès d’un malade en délire par des paroles grossières. Et pourtant, hélas ! quand les pécheurs nous outragent et nous calomnient pour prix de notre amour, et sont plus prêts à nous cracher au visage qu’à nous remercier de nos conseils, quels soulèvements du cœur il y aura, et comme les restes du vieil Adam (l’orgueil et la passion) lutteront contre la douceur et la patience de l’homme nouveau ! Et combien de ministres sortent tristement de telles épreuves !10. We must carry on our work with patience. We must bear with many abuses and injuries from those to whom we seek to do good. When we have studied for them, and prayed for them, and exhorted them, and beseeched them with all earnestness and condescension, and given them what we are able, and tended them as if they had been our children, we must look that many of them will requite us with scorn and hatred and contempt, and account us their enemies, because we ‘tell them the truth.’ Now, we must endure all this patiently, and we must unweariedly hold on in doing good, ‘in meekness instructing those that oppose themselves, if God, peradventure, will give them repentance to the acknowledging of the truth.’ We have to deal with distracted men who will fly in the face of their physician, but we must not, therefore, neglect their cure. He is unworthy to be a physician, who will be driven away from a frenetic patient by foul words. Yet, alas, when sinners reproach and slander us for our love, and are more ready to spit in our faces, than to thank us for our advice, what heart-risings will there be, and how will the remnants of old Adam (pride and passion) struggle against the meekness and patience of the new man! And how sadly do many ministers come off under such trials!
11. Toute notre œuvre doit être conduite avec révérence, comme il convient à ceux qui croient à la présence de Dieu et n’usent pas des choses saintes comme si elles étaient communes. La révérence est cette affection de l’âme qui procède d’une profonde appréhension de Dieu et révèle un esprit qui a beaucoup de commerce avec lui. Manifester de l’irrévérence dans les choses de Dieu, c’est manifester de l’hypocrisie, et montrer que le cœur ne s’accorde pas avec la langue. Je ne sais ce qu’il en est des autres, mais le prédicateur le plus révérencieux, qui parle comme s’il voyait la face de Dieu, touche davantage mon cœur, même avec des mots ordinaires, qu’un homme irrévérencieux avec les préparations les plus exquises. Oui, même s’il le crie avec tout le zèle apparent possible, si la révérence ne répond pas à la ferveur, cela opère bien peu. De toutes les prédications du monde (qui ne disent pas des mensonges éhontés), je hais celle qui tend à faire rire les auditeurs, ou à remuer leurs esprits par une légèreté qui chatouille, et à les toucher comme le faisaient les pièces de théâtre, au lieu de les toucher d’une sainte révérence pour le nom de Dieu. Jérôme dit : « Enseigne dans ton Église, non pour obtenir les applaudissements du peuple, mais pour provoquer le gémissement ; les larmes des auditeurs sont tes louanges. » Plus Dieu paraît dans nos devoirs, plus ils auront d’autorité auprès des hommes. Nous devrions, pour ainsi dire, supposer que nous voyons le trône de Dieu et les millions d’anges glorieux qui l’entourent, afin d’être saisis de sa majesté quand nous nous approchons de lui dans les choses saintes, de peur de les profaner et de prendre son nom en vain.11. All our work must be managed reverently, as beseemeth them that believe the presence of God, and use not holy things as if they were common. Reverence is that affection of the soul which proceedeth from deep apprehensions of God and indicateth a mind that is much conversant with him. To manifest irreverence in the things of God is to manifest hypocrisy, and that the heart agreeth not with the tongue. I know not how it is with others, but the most reverent preacher, that speaks as if he saw the face of God, doth more affect my heart, though with common words, than an irreverent man with the most exquisite preparations. Yea, though he bawl it out with never so much seeming earnestness, if reverence be not answerable to fervency, it worketh but little. Of all preaching in the world, (that speaks not stark lies) I hate that preaching which tends to make the hearers laugh, or to move their minds with tickling levity, and affect them as stage-plays used to do, instead of affecting them with a holy reverence of the name of God. Jerome says, ‘Teach in thy church, not to get the applause of the people, but to set in motion the groan; the tears of the hearers are thy praises.’ The more of God appeareth in our duties, the more authority will they have with men. We should, as it were, suppose we saw the throne of God, and the millions of glorious angels attending him, that we may be awed with his majesty when we draw near him in holy things, lest we profane them and take his name in vain.
12. Toute notre œuvre doit être faite spirituellement, comme par des hommes remplis du Saint-Esprit. Il y a dans la prédication de certains hommes un accent spirituel que les auditeurs spirituels savent discerner et goûter ; tandis que dans celle d’autres hommes cette teinture sacrée fait tellement défaut que, même lorsqu’ils parlent de choses spirituelles, la manière est comme s’il s’agissait de choses communes. Nos preuves et nos illustrations de la vérité divine doivent aussi être spirituelles, tirées des saintes Écritures plutôt que des écrits des hommes. La sagesse du monde ne doit pas être exaltée contre la sagesse de Dieu ; la philosophie doit apprendre à s’abaisser et à servir, tandis que la foi tient la première place. Les grands savants de l’école d’Aristote doivent se garder de trop se glorifier de leur maître et de mépriser ceux qui sont au-dessous d’eux, de peur de se trouver eux-mêmes plus bas dans l’école de Christ, et « les plus petits dans le royaume de Dieu », tandis qu’ils voudraient être grands aux yeux des hommes. Un homme aussi sage qu’aucun d’eux n’a voulu se glorifier de rien, sinon de la croix de Christ, et a résolu de ne savoir rien d’autre que lui crucifié. Ceux qui sont si sûrs qu’Aristote est en enfer ne devraient pas trop le prendre pour guide sur le chemin du ciel. C’est un excellent rappel que nous a laissé Grégoire : « Dieu rassemble en premier lieu les ignorants, ensuite les sages. Et ce ne sont pas des orateurs qu’il fait pêcheurs, mais ce sont des pêcheurs qu’il fait orateurs. » Les hommes les plus savants devraient y penser.12. All our work must be done spiritually, as by men possessed of the Holy Ghost. There is in some men’s preaching a spiritual strain, which spiritual hearers can discern and relish; whereas, in other men’s, this sacred tincture is so wanting, that, even when they speak of spiritual things, the manner is such as if they were common matters. Our evidence and illustrations of divine truth must also be spiritual, being drawn from the Holy Scriptures, rather than from the writings of men. The wisdom of the world must not be magnified against the wisdom of God; philosophy must be taught to stoop and serve, while faith doth bear the chief sway. Great scholars in Aristotle’s school must take heed of glorying too much in their master, and despising those that are below them, lest they themselves prove lower in the school of Christ, and ‘least in the kingdom of God,’ while they would be great in the eyes of men. As wise a man as any of them would glory in nothing but the cross of Christ, and determined to know nothing but him crucified. They that are so confident that Aristotle is in hell, should not too much take him for their guide in the way to heaven. It is an excellent memorandum that Gregory hath left: ‘God in the first place gathers together the unlearned; afterwards the wise ones. And not of orators does he make fishermen, but of fishermen he produces orators.’ The most learned men should think of this.
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13. Si vous voulez prospérer dans votre œuvre, veillez à entretenir d’ardents désirs et une ferme attente du succès. Si vos cœurs ne sont pas fixés sur le but de vos travaux, si vous ne désirez pas ardemment voir la conversion et l’édification de vos auditeurs, et si vous n’étudiez et ne prêchez pas avec espérance, vous ne verrez probablement pas beaucoup de succès. Comme c’est le signe d’un cœur faux et intéressé que de pouvoir se contenter d’agir toujours sans voir aucun fruit de son travail, ainsi j’ai observé que Dieu bénit rarement l’œuvre de quelqu’un autant que celle de l’homme dont le cœur est fixé sur son succès. Qu’il soit le propre d’un Judas d’avoir plus d’égard à la bourse qu’à son œuvre, de ne pas se soucier beaucoup de ce dont on fait semblant de se soucier, et de penser que, si l’on a son salaire, ainsi que l’affection et les éloges de son peuple, on a de quoi être satisfait ; mais que tous ceux qui prêchent pour Christ et pour le salut des hommes ne soient pas satisfaits avant d’avoir obtenu ce pour quoi ils prêchent. Il n’a jamais eu les fins véritables d’un prédicateur, celui qui est indifférent à les atteindre, qui ne s’afflige pas quand il les manque et ne se réjouit pas quand il voit l’issue désirée. Quand un homme étudie seulement ce qu’il dira et comment il passera l’heure de façon à être loué, et ne s’en occupe plus ensuite, si ce n’est pour savoir ce que les gens pensent de ses capacités, et continue ainsi d’année en année, je ne puis m’empêcher de penser que cet homme prêche pour lui-même et non pour Christ, même lorsqu’il prêche Christ, si excellemment qu’il paraisse le faire. Nul médecin sage ou charitable ne se contente de donner toujours des remèdes sans voir aucun mieux chez ses malades, mais de les voir tous mourir entre ses mains ; et nul maître d’école sage et honnête ne se contentera d’enseigner toujours, alors que ses élèves ne profitent pas de ses leçons ; mais l’un et l’autre se lasseraient plutôt de leur emploi.13. If you would prosper in your work, be sure to keep up earnest desires and expectations of success. If your hearts be not set on the end of your labors, and you long not to see the conversion and edification of your hearers, and do not study and preach in hope, you are not likely to see much success. As it is a sign of a false, self-seeking heart, that can be content to be still doing, and yet see no fruit of his labor; so I have observed that God seldom blesseth any man’s work so much as his, whose heart is set upon the success of it. Let it be the property of a Judas to have more regard to the bag than to his work, and not to care much for what they pretend to care; and to think, if they have their salaries, and the love and commendations of their people, they have enough to satisfy them: but, let all who preach for Christ and men’s salvation, be unsatisfied till they have the thing they preach for. He never had the right ends of a preacher, who is indifferent whether he obtain them, and is not grieved when he misseth them, and rejoiced when he can see the desired issue. When a man doth only study what to say, and how, with commendation, to spend the hour, and looks no more after it, unless it be to know what people think of his abilities, and thus holds on from year to year, I must needs think that this man doth preach for himself, and not for Christ, even when he preacheth Christ, how excellently soever he may seem to do it. No wise or charitable physician is content to be always giving physic, and to see no amendment among his patients, but to have them all die upon his hands: nor will any wise and honest schoolmaster be content to be still teaching, though his scholars profit not by his instructions; but both of them would rather be weary of the employment.
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14. Toute notre œuvre doit être accomplie avec un profond sentiment de notre propre insuffisance et de notre entière dépendance de Christ. Nous devons aller chercher la lumière, la vie et la force auprès de celui qui nous envoie à l’œuvre. Et quand nous sentons que notre propre foi est faible, et que nos cœurs sont lourds et peu à la mesure d’une œuvre aussi grande que celle que nous avons à faire, nous devons recourir à lui et dire : « Seigneur, m’enverras-tu avec un cœur si incrédule pour persuader les autres de croire ? Dois-je chaque jour plaider auprès des pécheurs au sujet de la vie éternelle et de la mort éternelle, sans avoir moi-même plus de foi ni plus de sentiment de ces choses si graves ? Oh ! ne m’envoie pas nu et démuni à l’œuvre ; mais, puisque tu m’ordonnes de la faire, donne-moi un esprit qui y convienne. » La prière doit porter notre œuvre aussi bien que la prédication : il ne prêche pas de tout cœur à son peuple, celui qui ne prie pas ardemment pour lui. Si nous ne l’emportons pas auprès de Dieu pour qu’il leur donne la foi et la repentance, nous ne l’emporterons jamais auprès d’eux pour qu’ils croient et se repentent. Quand nos propres cœurs sont si dérangés, et les leurs si dérangés, si nous ne l’emportons pas auprès de Dieu pour qu’il les redresse et les secoure, nous ne ferons probablement qu’une œuvre sans succès.14. Our whole work must be carried on under a deep sense of our own insufficiency, and of our entire dependence on Christ. We must go for light, and life, and strength to him who sends us on the work. And when we feel our own faith weak, and our hearts dull, and unsuitable to so great a work as we have to do, we must have recourse to him, and say, ‘Lord, wilt thou send me with such an unbelieving heart to persuade others to believe? Must I daily plead with sinners about everlasting life and everlasting death, and have no more belief or feeling of these weighty things myself? O, send me not naked and unprovided to the work; but, as thou commandest me to do it, furnish me with a spirit suitable thereto.’ Prayer must carry on our work as well as preaching: he preacheth not heartily to his people, that prayeth not earnestly for them. If we prevail not with God to give them faith and repentance, we shall never prevail with them to believe and repent. When our own hearts are so far out of order, and theirs so far out of order, if we prevail not with God to mend and help them, we are like to make but unsuccessful work.
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MOTIFS DE LA SURVEILLANCE DU TROUPEAUMOTIVES TO THE OVERSIGHT OF THE FLOCK
Ayant considéré la manière dont nous devons prendre garde au troupeau, je vais maintenant vous présenter quelques motifs de cette surveillance ; et je me bornerai ici à ceux que contient mon texte.Having considered the manner in which we are to take heed to the flock, I shall now proceed to lay before you some motives to this oversight; and here I shall confine myself to those contained in my text.
1. La première considération que nous suggère le texte est tirée de notre relation avec le troupeau : nous en sommes les surveillants.1. The first consideration which the text suggesteth to us, is drawn from our relation to the flock: We are overseers of it.
(1) La nature de notre charge exige de nous que nous « prenions garde au troupeau ». Pour quoi d’autre sommes-nous surveillants ? « Évêque » est un titre qui dénote « plus de travail que d’honneur », dit Polydore Virgile. Être évêque ou pasteur, ce n’est pas être dressé comme une idole devant laquelle le peuple s’incline, ni comme des « ventres paresseux » qui vivent pour leurs délices et leur aise charnelles ; mais c’est être le guide des pécheurs vers le ciel. C’est une triste chose que des hommes exercent une vocation dont ils ne connaissent pas la nature, et entreprennent ils ne savent quoi. Ces hommes considèrent-ils ce qu’ils ont entrepris, eux qui vivent dans l’aise et le plaisir, et ont le temps de prendre leurs récréations superflues et de passer une heure et plus d’affilée à flâner ou en vains discours, alors que tant d’ouvrage repose entre leurs mains ? Frères, considérez-vous ce que vous avez pris sur vous ? Vous avez entrepris de conduire, sous Christ, une troupe de ses soldats « contre les dominations, contre les autorités, contre les esprits méchants dans les lieux célestes ». Vous devez les mener aux combats les plus rudes ; vous devez leur faire connaître les ruses et les assauts de l’ennemi ; vous devez veiller vous-mêmes et les tenir en éveil. Si vous faillissez, eux et vous pourrez périr. Vous avez un ennemi subtil, c’est pourquoi vous devez être sages. Vous avez un ennemi vigilant, c’est pourquoi vous devez être vigilants. Vous avez un ennemi malveillant, violent et infatigable, c’est pourquoi vous devez être résolus, courageux et infatigables. Vous êtes au milieu d’une foule d’ennemis, entourés par eux de tous côtés, et si vous prenez garde à l’un et non à tous, vous tomberez bientôt. Et oh ! quel monde d’ouvrage vous avez à faire ! N’eussiez-vous qu’un vieillard ou une vieille femme ignorante à instruire, quelle tâche ardue ce serait, même s’ils étaient disposés à apprendre ! Mais s’ils sont aussi peu disposés qu’ignorants, combien plus difficile cela se révélera ! Mais avoir une telle multitude d’ignorants, comme la plupart d’entre nous en ont, quel ouvrage cela nous donnera ! Quelle vie pitoyable que d’avoir à raisonner avec des hommes qui ont presque perdu l’usage de la raison, et à argumenter avec ceux qui ne se comprennent ni eux-mêmes ni vous ! Ô frères, quel monde de méchanceté nous avons à combattre dans une seule âme, et quel nombre de ces mondes ! Et quand vous pensez avoir fait quelque chose, vous laissez la semence parmi les oiseaux du ciel ; les méchants sont à côté d’eux pour se lever et contredire tout ce que vous avez dit. Vous ne parlez qu’une fois à un pécheur, pour dix ou vingt fois que les émissaires de Satan lui parlent.(1) The nature of our office requireth us to ‘take heed to the flock.’ What else are we overseers for "Bishop" is a title which intimates more of ’labor than of honor,’ says Polydore Virgil. To be a bishop, or pastor, is not to be set up as an idol for the people to bow to, or as idle ‘slow bellies,’ to live to our fleshly delight and ease; but it is to be the guide of sinners to heaven. It is a sad case that men should be of a calling of which they know not the nature, and undertake they know not what. Do these men consider what they have undertaken, that live in ease and pleasure, and have time to take their superfluous recreations and to spend an hour and more at once, in loitering, or in vain discourse, when so much work doth lie upon their hands? Brethren, do you consider what you have taken upon you? Why, you have undertaken the conduct, under Christ, of a band of his soldiers ‘against principalities and powers, and spiritual wickedness in high places.’ You must lead them on to the sharpest conflicts; you must acquaint them with the enemies’ stratagems and assaults; you must watch yourselves, and keep them watching. If you miscarry, they and you may perish. You have a subtle enemy, and therefore you must be wise. You have a vigilant enemy, and therefore you must be vigilant. You have a malicious and violent and unwearied enemy, and therefore you must be resolute, courageous and indefatigable. You are in a crowd of enemies, encompassed by them on every side, and if you heed one and not all, you will quickly fall. And oh, what a world of work have you to do! Had you but one ignorant old man or woman to teach, what a hard task would it be, even though they should be willing to learn! But if they be as unwilling as they are ignorant, how much more difficult will it prove! But to have such a multitude of ignorant persons, as most of us have, what work will it find us! What a pitiful life is it to have to reason with men that have almost lost the use of reason, and to argue with them that neither understand themselves nor you! O brethren, what a world of wickedness have we to contend against in one soul; and what a number of these worlds! And when you think you have done something, you leave the seed among the fowls of the air; wicked men are at their elbows to rise up and contradict all you have said. You speak but once to a sinner, for ten or twenty times that the emissaries of Satan speak to them.
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(2) Considérez que c’est par votre propre engagement volontaire que tout cet ouvrage vous est imposé. Nul ne vous a forcés à être surveillants de l’Église. Et la simple honnêteté ne vous oblige-t-elle pas à être fidèles à votre mandat ?(2) Consider that it is by your own voluntary undertaking and engagement that all this work is laid upon you. No man forced you to be overseers of the Church. And doth not common honesty bind you to be true to your trust?
(3) Considérez que vous avez l’honneur pour vous encourager au travail. Et c’est un grand honneur que d’être les ambassadeurs de Dieu et les instruments de la conversion des hommes, pour « sauver leurs âmes de la mort et couvrir une multitude de péchés ». L’honneur, en vérité, n’est que le compagnon de l’œuvre. Faire donc comme ont fait les prélats de l’Église à toutes les époques, se disputer la préséance et remplir le monde de querelles sur la dignité et la supériorité de leurs sièges, montre que nous oublions beaucoup la nature de la charge que nous avons entreprise. Je vois rarement des ministres se disputer avec tant d’ardeur à qui ira le premier dans la chaumière d’un pauvre pour lui enseigner, à lui et à sa famille, le chemin du ciel ; ou à qui entreprendra le premier la conversion d’un pécheur, ou deviendra le premier le serviteur de tous. Chose étrange que, malgré toutes les expressions claires de Christ, les hommes ne veuillent pas comprendre la nature de leur charge ! S’ils la comprenaient, se disputeraient-ils à qui sera pasteur de tout un comté et davantage, alors qu’il s’y trouve tant de milliers de pauvres pécheurs qui crient au secours, et qu’ils ne sont ni capables ni désireux de s’engager pour les soulager ? Bien plus, alors qu’ils peuvent vivre patiemment dans la même maison que des personnes profanes, sans les poursuivre sérieusement et sans relâche pour leur conversion ? Et voudraient-ils avoir le nom et l’honneur de l’œuvre d’un comté, eux qui ne sont pas capables de faire toute l’œuvre d’une paroisse, alors que l’honneur n’est que l’accessoire de l’œuvre ? Est-ce le nom et l’honneur qu’ils désirent, ou l’œuvre et son but ? Oh ! s’ils voulaient se dépenser fidèlement, humblement et avec renoncement pour Christ et son Église, sans jamais penser aux titres ni à la réputation, ils auraient alors l’honneur, qu’ils le veuillent ou non ; mais en le convoitant bouche bée, ils le perdent ; car tel est le cas de l’ombre de la vertu : « Ce qui me suit, je le fuis ; ce qui fuit, cela même je le suis. »(3) Consider that you have the honor to encourage you to the labor. And a great honor it is to be the ambassadors of God, and the instruments of men’s conversion, to ‘save their souls from death, and to cover a multitude of sins.’ The honor, indeed, is but the attendant of the work. To do, therefore, as the prelates of the Church in all ages have done, to strive for precedency, and fill the world with contentions about the dignity and superiority of their seats, doth show that we much forget the nature of that office which we have undertaken. I seldom see ministers strive so furiously, who shall go first to a poor man’s cottage to teach him and his family the way to heaven; or who shall first endeavor the conversion of a sinner, or first become the servant of all. Strange, that notwithstanding all the plain expressions of Christ, men will not understand the nature of their office! If they did, would they strive who would be the pastor of a whole county and more, when there are so many thousand poor sinners in it that cry for help, and they are neither able nor willing to engage for their relief? Nay, when they can patiently live in the house with profane persons, and not follow them seriously and incessantly for their conversion? And that they would have the name and honor of the work of a county, who are unable to do all the work of a parish, when the honor is but the appendage of the work. Is it names and honor, or the work and end, that they desire? Oh! if they would faithfully, humbly, and self-denyingly lay out themselves for Christ and his Church, and never think of titles and reputation, they should then have honor whether they would or not; but by gaping after it, they lose it: for, this is the case of virtue’s shadow, ‘What follows I fly; what flies, the same I follow.’
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(5) Par votre œuvre, vous êtes en relation avec Christ aussi bien qu’avec le troupeau. Vous êtes les dispensateurs de ses mystères et les intendants de sa maison ; et celui qui vous les a confiés vous soutiendra dans son œuvre. Mais alors, « ce qu’on demande des dispensateurs, c’est que chacun soit trouvé fidèle ». Soyez-lui fidèles, et ne doutez jamais qu’il vous sera fidèle. Paissez son troupeau, et il vous nourrira, comme il nourrit Élie, plutôt que de vous laisser dans le besoin. Si vous êtes en prison, il ouvrira les portes ; mais alors vous devez secourir les âmes captives. Il vous donnera « une bouche et une sagesse auxquelles vos adversaires ne pourront résister » ; mais alors vous devez en user fidèlement pour lui. Si vous étendez la main pour secourir les affligés, il desséchera la main qui s’étend contre vous. Les ministres d’Angleterre, j’en suis sûr, peuvent le savoir par une longue expérience. Bien des fois Dieu les a arrachés à la gueule du dévoreur. Oh ! les admirables préservations et délivrances qu’ils ont eues des papistes cruels, des persécuteurs tyranniques et des hommes égarés et emportés ! Considérez, frères, pourquoi Dieu a fait tout cela. Est-ce pour vos personnes, ou pour son Église ? Qu’êtes-vous pour lui de plus que les autres hommes, sinon à cause de son œuvre et de son peuple ? Êtes-vous des anges ? Votre chair est-elle faite d’une meilleure argile que celle de vos voisins ? N’êtes-vous pas de la même race de pécheurs, qui ont besoin de sa grâce autant qu’eux ? Debout donc, et travaillez comme les rachetés du Seigneur, comme ceux qui ont été tout exprès arrachés à la ruine pour son service. Si vous croyez que Dieu vous a délivrés pour lui-même, vivez pour lui, comme appartenant sans réserve à celui qui vous a délivrés.(5) By your work you are related to Christ, as well as to the flock. You are the stewards of his mysteries, and rulers of his household; and he that entrusted you, will maintain you in his work. But then, ‘it is required of a steward that a man be found faithful.’ Be true to him, and never doubt but he will be true to you. Do you feed his flock, and he will sooner feed you as he did Elijah, than leave you to want. If you be in prison, he will open the doors; but then you must relieve imprisoned souls. He will give you "a tongue and wisdom that no enemy shall be able to resist," but then you must use it faithfully for him. If you will put forth your hand to relieve the distressed, he will wither the hand that is stretched out against you. The ministers of England, I am sure, may know this by large experience. Many a time hath God rescued them from the jaws of the devourer. Oh, the admirable preservations and deliverances that they have had from cruel Papists, from tyrannical persecutors, and from misguided, passionate men! Consider, brethren, why it is that God hath done all this. Is it for your persons, or for his Church? What are you to him more than other men, but for his work and people’s sakes? Are you angels? Is your flesh formed of better clay than your neighbors? Are you not of the same generation of sinners, that need his grace as much as they? Up then, and work as the redeemed of the Lord, as those that are purposely rescued from ruin for his service. If you believe that God hath rescued you for himself, live to him, as being unreservedly his who hath delivered you.
2. Le deuxième motif du texte est tiré de la cause efficiente de cette relation. C’est le Saint-Esprit qui nous a établis surveillants de son Église ; c’est pourquoi il nous convient d’y prendre garde. Le Saint-Esprit fait les hommes évêques ou surveillants de l’Église à trois égards : en les qualifiant pour la charge ; en dirigeant ceux qui les ordonnent pour discerner leurs qualités et reconnaître les hommes les plus aptes ; et en les dirigeant, eux, le peuple et eux-mêmes, pour les attacher à une charge particulière. Toutes ces choses se faisaient alors d’une manière extraordinaire, par inspiration, ou du moins fort souvent. Les mêmes se font aujourd’hui par la voie ordinaire de l’assistance de l’Esprit. Mais c’est toujours le même Esprit ; et les hommes sont établis surveillants de l’Église (quand ils sont légitimement appelés) par le Saint-Esprit, aujourd’hui aussi bien qu’alors. C’est donc une étrange idée des papistes que l’ordination par la main des hommes soit d’une nécessité plus absolue dans la charge du ministère que la vocation du Saint-Esprit. Dieu a déterminé dans sa Parole qu’il y aurait une telle charge, quelles en seraient l’œuvre et l’autorité, et quelle sorte d’hommes, quant à leurs qualités, la recevraient. Rien de tout cela ne peut être défait par l’homme ni rendu inutile. Dieu donne aussi aux hommes les qualités qu’il requiert ; de sorte que tout ce que l’Église a à faire, pasteurs ou peuple, consécrateurs ou électeurs, n’est que de discerner et de déterminer quels sont les hommes que Dieu a ainsi qualifiés, d’accepter ceux qui en sont pourvus et, d’un commun consentement, de les installer solennellement dans cette charge. Quelle obligation nous est donc imposée par notre vocation à l’œuvre ! Si notre mandat est envoyé du ciel, il ne faut pas y désobéir. Quand les apôtres furent appelés par Christ à quitter leurs occupations séculières, ils laissèrent aussitôt amis, maison, métier et tout, et le suivirent. Quand Paul fut appelé par la voix de Christ, il « ne résista point à la vision céleste ». Bien que notre vocation ne soit pas si immédiate ni si extraordinaire, elle vient pourtant du même Esprit. Ce n’est pas une voie sûre que d’imiter Jonas en tournant le dos aux commandements de Dieu. Si nous négligeons notre œuvre, il a un aiguillon pour nous presser ; si nous la fuyons, il a assez de messagers pour nous rattraper, nous ramener et nous la faire accomplir ; et mieux vaut la faire au commencement qu’à la fin.2. The second motive in the text is drawn from the efficient cause of this relation. It is the Holy Ghost that hath made us overseers of his Church, and, therefore, it behoveth us to take heed to it. The Holy Ghost makes men bishops or overseers of the Church in three several respects: By qualifying them for the office; by directing the ordainers to discern their qualifications, and know the fittest men; and by directing them, the people and themselves, for the affixing them to a particular charge. All these things were then done in an extraordinary way, by inspiration, or at least very often. The same are done now by the ordinary way of the Spirit’s assistance. But it is the same Spirit still; and men are made overseers of the Church (when they are rightly called) by the Holy Ghost, now as well as then. It is a strange conceit, therefore, of the Papists, that ordination by the hands of man is of more absolute necessity in the ministerial office, than the calling of the Holy Ghost. God hath determined in his Word, that there shall be such an office, and what the work and power of that office shall be, and what sort of men, as to their qualifications, shall receive it. None of these can be undone by man, or made unnecessary. God also giveth men the qualifications which he requireth; so that, all that the Church hath to do, whether pastors or people, ordainers or electors, is but to discern and determine which are the men that God hath thus qualified, and to accept of them that are so provided, and, upon consent, to install them solemnly in this office. What an obligation, then, is laid upon us, by our call to the work! If our commission be sent from heaven, it is not to be disobeyed. When the apostles were called by Christ from their secular employments, they immediately left friends, and house, and trade, and all, and followed him. When Paul was called by the voice of Christ, he ‘was not disobedient to the heavenly vision.’ Though our call is not so immediate or extraordinary, yet it is from the same Spirit. It is no safe course to imitate Jonah, in turning our back upon the commands of God. If we neglect our work, he hath a spur to quicken us; if we run away from it, he hath messengers enough to overtake us, and bring us back, and make us do it; and it is better to do it at first than at last.
3. Le troisième motif du texte est tiré de la dignité de l’objet confié à notre charge. C’est l’Église de Dieu que nous devons surveiller : cette Église pour laquelle le monde est principalement maintenu, qui est sanctifiée par le Saint-Esprit, qui est le corps mystique de Christ ; cette Église au milieu de laquelle les anges sont présents, et qu’ils servent comme des esprits au service de Dieu, dont les petits ont leurs anges qui voient la face de Dieu dans les cieux. Oh ! quelle charge nous avons entreprise ! Et lui serons-nous infidèles ? Avons-nous l’intendance de la propre famille de Dieu, et la négligerons-nous ? Avons-nous la conduite de ces saints qui vivront pour toujours avec Dieu dans la gloire, et les négligerons-nous ? À Dieu ne plaise ! Je vous en supplie, frères, que cette pensée réveille les négligents. Vous qui reculez devant les devoirs pénibles, déplaisants et qui coûtent des souffrances, et qui payez les âmes des hommes de formalités sans effet, pensez-vous que ce soit traiter honorablement l’épouse de Christ ? Les âmes des hommes sont-elles jugées dignes par Dieu de voir sa face et de vivre pour toujours dans le ciel, et ne sont-elles pas dignes de vos plus grands frais et de vos plus grands travaux sur la terre ? Faites-vous si peu de cas de l’Église de Dieu, comme si elle ne méritait pas le meilleur de vos soins et de votre aide ? Si vous gardiez des moutons ou des porcs, vous ne les laisseriez guère aller en disant : « Ils ne valent pas la peine qu’on s’en occupe », surtout s’ils étaient à vous. Et oseriez-vous le dire des âmes des hommes, de l’Église de Dieu ? Christ marche au milieu d’eux : souvenez-vous de sa présence, et veillez à être diligents dans votre œuvre. Ils sont « une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin d’annoncer les vertus de celui qui les a appelés ». Et pourtant les négligerez-vous ? Quel haut honneur que d’être seulement l’un d’entre eux, oui, de « se tenir seulement sur le seuil de la maison de Dieu » ! Mais être le prêtre de ces prêtres et le conducteur de ces rois, c’est un honneur tel qu’il multiplie vos obligations à la diligence et à la fidélité dans un si noble emploi.3. The third motive in the text is drawn from the dignity of the object which is committed to our charge. It is the Church of God which we must oversee – that Church for which the world is chiefly upheld, which is sanctified by the Holy Ghost, which is the mystical body of Christ, that Church with which angels are present, and on which they attend as ministering spirits, whose little ones have their angels beholding the face of God in heaven. Oh what a charge is it that we have undertaken! And shall we be unfaithful to it? Have we the stewardship of God’s own family, and shall we neglect it? Have we the conduct of those saints that shall live for ever with God in glory, and shall we neglect them? God forbid! I beseech you, brethren, let this thought awaken the negligent. You that draw back from painful, displeasing, suffering duties, and put off men’s souls with ineffectual formalities, do you think this is honorable treatment of Christ’s spouse? Are the souls of men thought meet by God to see his face, and live for ever in heaven, and are they not worthy of your utmost cost and labor on earth? Do you think so basely of the Church of God, as if it deserved not the best of your care and help? Were you the keepers of sheep or swine, you would scarcely let them go, and say, They are not worth the looking after; especially if they were your own. And dare you say so of the souls of men, of the Church of God? Christ walketh among them: remember his presence, and see that you are diligent in your work. They are ‘a chosen generation, a royal priesthood, a holy nation, a peculiar people, to show forth the praises of him that hath called them.’ And yet will you neglect them? What a high honor is it to be but one of them, yea, but a ‘door-keeper in the house of God’! But to be the priest of these priests, and the ruler of these kings – this is such an honor as multiplieth your obligations to diligence and fidelity in so noble an employment.
4. Le dernier motif mentionné dans mon texte est tiré du prix qui a été payé pour l’Église que nous surveillons : « Qu’il s’est acquise, dit l’apôtre, par son propre sang. » Oh ! quel argument pour presser les négligents, et pour condamner ceux qui ne veulent pas être pressés par lui à faire leur devoir ! « Oh ! dit l’un des anciens docteurs, si Christ m’avait seulement confié la garde d’une cuillerée de son sang dans un vase fragile, avec quel soin je le conserverais, et avec quelle précaution je traiterais ce vase ! Si donc il m’a confié ce qu’il a acquis par son sang, ne dois-je pas veiller avec autant de soin sur ma charge ? » Quoi ! messieurs, mépriserons-nous le sang de Christ ? Penserons-nous qu’il a été versé pour des hommes qui ne sont pas dignes de nos plus grands soins ? Vous pouvez voir ici que ce n’est pas une petite faute dont les pasteurs négligents se rendent coupables. Autant qu’il dépend d’eux, le sang de Christ aurait été versé en vain. Ils lui feraient perdre ces âmes qu’il a si chèrement acquises. Oh ! écoutons donc ces arguments de Christ, chaque fois que nous nous sentons devenir lourds et insouciants : « Suis-je mort pour ces âmes, et tu ne prendras pas soin d’elles ? Valaient-elles mon sang, et ne valent-elles pas ton travail ? Suis-je descendu du ciel sur la terre “pour chercher et sauver ce qui était perdu”, et tu n’iras pas à la porte voisine, ou dans la rue ou le village voisin, pour les chercher ? Combien ta condescendance et ton travail sont petits en comparaison des miens ! Je me suis abaissé jusque-là, mais c’est pour toi un honneur d’être ainsi employé. Ai-je tant fait et tant souffert pour leur salut, ai-je bien voulu faire de toi mon compagnon d’œuvre, et refuseras-tu de faire le peu qui est entre tes mains ? » Chaque fois que nous regardons nos assemblées, souvenons-nous avec foi qu’elles sont l’acquisition du sang de Christ, et qu’elles doivent donc être regardées par nous avec l’intérêt le plus profond et l’affection la plus tendre. Oh ! pensez quelle confusion ce sera pour un ministre négligent, au dernier jour, d’avoir ce sang du Fils de Dieu invoqué contre lui, et d’entendre Christ dire : « C’était l’acquisition de mon sang, dont tu as fait si peu de cas, et tu penses être sauvé par lui toi-même ? » Ô frères, puisque Christ apportera son sang pour plaider contre nous, qu’il nous pousse à notre devoir, de peur qu’il ne nous pousse à la damnation.4. The last motive that is mentioned in my text, is drawn from the price that was paid for the Church which we oversee: ‘Which God,’ says the apostle, ‘hath purchased with his own blood.’ Oh what an argument is this to quicken the negligent, and to condemn those who will not be quickened to their duty by it! ‘Oh,’ saith one of the ancient doctors, ‘If Christ had but committed to my keeping one spoonful of his blood in a fragile glass, how curiously would I preserve it, and how tender would I be of that glass! If then he have committed to me the purchase of his blood, should I not as carefully look to my charge?‘ What! sirs, shall we despise the blood of Christ? Shall we think it was shed for them who are not worthy of our utmost care? You may see here, it is not a little fault that negligent pastors are guilty of. As much as in them lieth, the blood of Christ would be shed in vain. They would lose him those souls which he hath so dearly purchased. Oh, then, let us hear these arguments of Christ, whenever we feel ourselves grow dull and careless: ‘Did I die for these souls, and wilt not thou look after them? Were they worth my blood, and are they not worth thy labor? Did I come down from heaven to earth, "to seek and to save that which was lost;" and wilt thou not go to the next door, or street, or village, to seek them? How small is thy condescension and labor compared to mine! I debased myself to this, but it is thy honor to be so employed. Have I done and suffered so much for their salvation, and was I willing to make thee a fellow-worker with me, and wilt thou refuse to do that little which lieth upon thy hands?’ Every time we look upon our congregations, let us believingly remember that they are the purchase of Christ’s blood, and therefore should be regarded by us with the deepest interest and the most tender affection. Oh, think what a confusion it will be to a negligent minister, at the last day, to have this blood of the Son of God pleaded against him; and for Christ to say, ‘It was the purchase of my blood of which thou didst make so light, and dost thou think to be saved by it thyself?’ O brethren, seeing Christ will bring his blood to plead with us, let it plead us to our duty, lest it plead us to damnation.
J’en ai maintenant fini avec les motifs que je trouve dans le texte lui-même. Il y en a beaucoup d’autres que l’on pourrait recueillir dans le reste de cette exhortation de l’apôtre, mais nous ne devons pas nous arrêter à les prendre tous. Si le Seigneur grave seulement ces quelques-uns dans nos cœurs, je ne doute pas que nous ne voyions des raisons de hâter le pas ; et le changement sera tel dans nos cœurs et dans notre ministère que nous et nos assemblées aurons sujet d’en bénir Dieu. Je sais que je suis indigne d’être votre moniteur ; mais un moniteur, il vous en faut un ; et il vaut mieux pour nous entendre parler de notre péché et de notre devoir par quelqu’un que par personne. Recevez l’avertissement, et vous ne trouverez dans l’indignité du moniteur aucune raison de vous en repentir. Mais si vous le rejetez, le plus indigne des messagers pourra porter contre vous, un autre jour, un témoignage qui vous confondra alors.I have now done with the motives which I find in the text itself. There are many more that might be gathered from the rest of this exhortation of the apostle, but we must not stay to take in all. If the Lord set home but these few upon our hearts, I doubt not we shall see reason to mend our pace; and the change will be such on our hearts and in our ministry, that ourselves and our congregations will have cause to bless God for it. I know myself to be unworthy to be your monitor; but a monitor you must have; and it is better for us to hear of our sin and duty from anybody than from nobody. Receive the admonition, and you will see no cause in the monitor’s unworthiness to repent of it. But if you reject it, the unworthiest messenger may bear that witness against you another day which will then confound you.
4. Le devoir de catéchiser et d’instruire personnellement4. The Duty of Personal Catechizing and Instruction
Richard Baxter, The Reformed Pastor (1656 ; édition d’Édimbourg, 1829), partie 3, « Le devoir de catéchiser et d’instruire personnellement le troupeau, particulièrement recommandé » : les motifs tirés de ses bienfaits (article 1), de ses difficultés (article 2) et de sa nécessité (article 3), avec l’application (article 4). Abrégé par paragraphes entiers, signalés par […] ; les réponses de Baxter aux objections ne sont pas incluses. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.Richard Baxter, The Reformed Pastor (1656; Edinburgh edition, 1829), part 3, “The Duty of Personal Catechizing and Instructing the Flock Particularly Recommended”: the motives from its benefits (Article 1), its difficulties (Article 2) and its necessity (Article 3), with the application (Article 4). Abridged by whole paragraphs, marked […]; Baxter’s answers to objections are not included. Primary source; the interpretations are the author’s.
Note du STC : « Catéchiser », c’est enseigner les vérités fondamentales de la foi par questions et réponses, ici dans un entretien personnel avec chaque famille. Baxter pratiquait ce qu’il recommande : avec un aide, il recevait environ quinze familles par semaine à Kidderminster. Certains points numérotés manquent parce que des paragraphes entiers ont été omis. Les étudiants pourront se demander comment atteindre aujourd’hui ses buts par des visites à domicile, des petits groupes ou un accompagnement personnel.CTS note: To “catechize” is to teach the basic truths of the faith by questions and answers, here in a personal conversation with each family. Baxter practised what he urges: with an assistant he met about fifteen families a week in Kidderminster. Some numbered points are missing because whole paragraphs were left out. Students may ask how his aims can be met today through home visits, small groups or one-to-one discipleship.
LE DEVOIR DE CATÉCHISER ET D’INSTRUIRE PERSONNELLEMENT LE TROUPEAU, PARTICULIÈREMENT RECOMMANDÉTHE DUTY OF PERSONAL CATECHIZING AND INSTRUCTING THE FLOCK PARTICULARLY RECOMMENDED
Ayant dévoilé et déploré nos fautes et nos négligences, notre devoir pour l’avenir est clairement devant nous. À Dieu ne plaise que nous continuions maintenant dans les péchés que nous avons confessés avec autant d’insouciance qu’auparavant ! Laissant donc ces choses, je vais maintenant vous exhorter à l’accomplissement fidèle du grand devoir que vous avez entrepris, à savoir catéchiser et instruire personnellement chacun de ceux qui, dans vos paroisses ou vos assemblées, voudront s’y soumettre.Having disclosed and lamented our miscarriages and neglects, our duty for the future lies plain before us. God forbid that we should now go on in the sins which we have confessed, as carelessly as we did before. Leaving these things, therefore, I shall now proceed to exhort you to the faithful discharge of the great duty which you have undertaken, namely, personal catechising and instructing every one in your parishes or congregations that will submit thereto.
Premièrement, je vous exposerai quelques motifs pour vous persuader de ce devoir.First, I shall state to you some motives to persuade you to this duty.
Deuxièmement, je répondrai à quelques objections que l’on peut faire à ce devoir. Enfin, je vous donnerai quelques directions pour l’accomplir.Secondly, I shall answer some objections which may be made to this duty. Lastly, I shall give you some directions for performing this duty.
Conformément à ce plan, je vais vous exposer quelques motifs pour vous persuader de ce devoir. Les premières raisons par lesquelles je vous y persuaderai sont tirées de ses bienfaits ; les deuxièmes, de sa difficulté ; et les troisièmes, de sa nécessité et des nombreuses obligations qui pèsent sur nous pour l’accomplir.Agreeably to this plan, I shall proceed to state to you some motives to persuade you to this duty. The first reasons by which I shall persuade you to this duty, are taken from the benefits of it: The second, from its difficulty: And the third, from its necessity, and the many obligations that are upon us for the performance of it.
ARTICLE IARTICLE I
Quand je regarde devant moi et considère ce que, par la bénédiction de Dieu, cette œuvre, si elle est bien conduite, est susceptible de produire, mon cœur bondit de joie. Vraiment, frères, vous avez commencé une œuvre bénie entre toutes, dont vos propres consciences peuvent se réjouir, et vos paroisses, et la nation, et l’enfant qui n’est pas encore né. Oui, des milliers et des millions, pour autant que nous sachions, pourront avoir sujet d’en bénir Dieu, quand nous aurons achevé notre course. Et bien que ce soit notre affaire aujourd’hui de nous humilier pour l’avoir si longtemps négligée, comme nous en avons grand sujet, les espérances d’un succès béni sont si grandes en moi qu’elles sont près d’en faire un jour de réjouissance.When I look before me, and consider what, through the blessing of God, this work, if well managed, is like to effect, it makes my heart leap for joy. Truly, brethren, you have begun a most blessed work, and such as your own consciences may rejoice in, and your parishes rejoice in, and the nation rejoice in, and the child that is yet unborn rejoice in. Yea, thousands and millions, for aught we know, may have cause to bless God for it, when we shall have finished our course. And though it is our business this day to humble ourselves for the neglect of it so long, as we have very great cause to do, yet the hopes of a blessed success are so great in me, that they are ready to turn it into a day of rejoicing.
Je bénis le Seigneur d’avoir vécu pour voir un jour comme celui-ci, et pour assister à un engagement si solennel de tant de serviteurs de Christ envers une telle œuvre. Je bénis le Seigneur qui vous a fait l’honneur, à vous de ce comté, d’être ceux qui commencent et qui éveillent la nation à ce devoir. Ce n’est pas un point controversé, sur lequel les esprits exaspérés des hommes pourraient nous chercher querelle ; ce n’est pas non plus une invention nouvelle, pour laquelle l’envie pourrait vous accuser d’être des novateurs, ou l’orgueil dédaigner de vous suivre parce que vous auriez ouvert la voie. Non ; c’est un devoir bien connu. Ce n’est que la conduite plus diligente et plus efficace de l’œuvre du ministère. Ce n’est pas une invention nouvelle, mais simplement le rétablissement de l’ancienne œuvre du ministère. Et parce qu’elle est si riche en avantages pour l’Église, j’énumérerai quelques-uns des bienfaits particuliers que nous pouvons espérer en voir découler, afin que, voyant son excellence, vous vous y appliquiez davantage, et répugniez davantage à la frustrer ou à la détruire par quelque négligence ou défaillance de votre part. Car assurément celui qui a les vraies intentions d’un ministre de Christ se réjouira de voir paraître quelque nouvelle espérance d’atteindre les fins de son ministère ; et rien ne lui sera plus bienvenu que ce qui favorisera l’affaire même de sa vie. Que cette œuvre soit propre à l’accomplir, je vais maintenant vous le montrer plus particulièrement.I bless the Lord that I have lived to see such a day as this, and to be present at so solemn an engagement of so many servants of Christ to such a work. I bless the Lord, that hath honored you of this county to be the beginners and awakeners of the nation to this duty. It is not a controverted point, as to which the exasperated minds of men might pick quarrels with us, nor is it a new invention, as to which envy might charge you as innovators, or pride might scorn to follow, because you had led the way. No; it is a well-known duty. It is but the more diligent and effectual management of the ministerial work. It is not a new invention, but simply the restoration of the ancient ministerial work. And because it is so pregnant with advantages to the Church, I will enumerate some of the particular benefits which we may hope to result from it, that when you see the excellency of it, you may be the more set upon it, and the more loath, by any negligence or failing of yours, to frustrate or destroy it. For certainly he who hath the true intentions of a minister of Christ will rejoice in the appearance of any further hope of attaining the ends of his ministry; and nothing will be more welcome to him than that which will further the very business of his life. That this work is calculated to accomplish this, I shall now show you more particularly.
1. Elle sera un moyen très prometteur pour la conversion des âmes ; car elle réunit les grandes choses qui favorisent le plus une telle fin.1. It will be a most hopeful means of the conversion of souls; for it unites those great things which most further such an end.
(1) Quant à sa matière : elle porte sur les choses les plus nécessaires, les principes ou l’essentiel de la foi chrétienne.(1) As to the matter of it; it is about the most necessary things, the principles or essentials of the Christian faith.
(2) Quant à sa manière : elle se fera par entretien privé, où nous aurons l’occasion de faire pénétrer toutes choses dans la conscience et dans le cœur.(2) As to the manner of it: it will be by private conference, when we may have an opportunity to set all home to the conscience and the heart.
L’œuvre de la conversion comprend deux parties : premièrement, l’instruction du jugement dans les principes essentiels de la religion ; deuxièmement, le changement de la volonté par l’efficace de la vérité. Or, dans cette œuvre, nous avons les plus excellents avantages pour l’une et pour l’autre. Pour instruire leur intelligence, ce doit être un excellent secours que d’avoir la somme du christianisme fixée dans leur mémoire. Et bien que de simples mots non compris ne produisent aucun changement, cependant, quand les mots sont en langue simple, celui qui possède les mots est bien plus à même d’en comprendre le sens et la matière qu’un autre. Car qu’avons-nous pour faire connaître des choses qui sont en elles-mêmes invisibles, sinon des mots ou d’autres signes ? Ceux donc qui tournent en dérision tous les catéchismes comme des formules sans profit feraient mieux de se moquer d’eux-mêmes, eux qui parlent et usent de la forme de leurs propres mots pour faire connaître leur pensée aux autres. Pourquoi des paroles écrites, qui sont constamment devant leurs yeux et dans leur mémoire, ne les instruiraient-elles pas aussi bien que les paroles passagères d’un prédicateur ? Ces « modèles des saines paroles » sont donc si loin d’être sans profit, comme certains l’imaginent, qu’ils sont d’un admirable usage pour tous. De plus, nous aurons l’occasion, par l’entretien personnel, d’éprouver jusqu’où ils comprennent le catéchisme, de le leur expliquer à mesure que nous avançons, et d’insister sur les points particuliers que les personnes auxquelles nous parlons ont le plus besoin d’entendre. Ces deux choses jointes, une formule de saines paroles avec une explication simple, peuvent faire plus que l’une ou l’autre ne pourrait faire seule.The work of conversion consisteth of two parts: First, the informing of the judgment in the essential principles of religion; Second, The change of the will by the efficacy of the truth. Now in this work we have the most excellent advantages for both. For the informing of their understandings, it must needs be an excellent help to have the sum of Christianity fixed in their memory. And though bare words, not understood, will make no change, yet, when the words are plain English, he that hath the words is far more likely to understand the meaning and matter than another. For what have we by which to make known things which are themselves invisible, but words or other signs? Those, therefore, who deride all catechisms as unprofitable forms, may better deride themselves for talking and using the form of their own words to make known their minds to others. Why may not written words, which are constantly before their eyes, and in their memories, instruct them, as well as the transient words of a preacher? These ‘forms of sound words’ are, therefore, so far from being unprofitable, as some persons imagine, that they are of admirable use to all. Besides, we shall have the opportunity, by personal conference, to try how far they understand the catechism, and to explain it to them as we go along; and to insist on those particulars which the persons we speak to have most need to hear. These two conjoined — a form of sound words, with a plain explication — may do more than either of them could do alone.
De plus, nous aurons la meilleure occasion d’imprimer la vérité dans leurs cœurs, quand nous pourrons parler au besoin particulier de chaque individu, dire au pécheur : « Tu es cet homme-là ! », mentionner clairement son cas particulier, et faire pénétrer la vérité avec une instance familière. Si quelque chose au monde peut leur faire du bien, c’est cela. Ils comprendront un entretien familier, ceux qui ne comprennent pas un sermon, et ils auront un bien plus grand secours pour se l’appliquer à eux-mêmes. En outre, vous entendrez leurs objections, et saurez où Satan a le plus d’avantage sur eux, et ainsi vous pourrez leur montrer leurs erreurs, réfuter leurs objections et les convaincre plus efficacement. Nous pouvons mieux les amener au point, les presser de déclarer leurs résolutions pour l’avenir, et de promettre l’usage des moyens et l’amendement, que nous ne pourrions le faire autrement. Quelle autre preuve nous en faut-il que notre propre expérience ? Il est rare que je traite avec des hommes, à dessein, de cette grande affaire, dans un entretien privé et sérieux, sans qu’ils s’en aillent avec quelques convictions apparentes et des promesses d’une obéissance nouvelle, sinon avec quelque remords plus profond et un sentiment de leur condition.Moreover, we shall have the best opportunity to impress the truth upon their hearts, when we can speak to each individual’s particular necessity, and say to the sinner, ‘Thou art the man,’ and plainly mention his particular case; and set home the truth with familiar importunity. If any thing in the world is likely to do them good, it is this. They will understand a familiar speech, who understand not a sermon; and they will have far greater help for the application of it to themselves. Besides, you will hear their objections, and know where it is that Satan hath most advantage of them, and so may be able to show them their errors, and confute their objections, and more effectually convince them. We can better bring them to the point, and urge them to discover their resolutions for the future, and to promise the use of means and reformation, than otherwise we could do. What more proof need we of this, than our own experience? I seldom deal with men purposely on this great business, in private, serious conference, but they go away with some seeming convictions, and promises of new obedience, if not some deeper remorse, and sense of their condition.
Ô frères, quel coup nous pouvons porter au royaume des ténèbres par la conduite fidèle et habile de cette œuvre ! Si donc sauver des âmes, les âmes de vos voisins, beaucoup d’âmes, de la misère éternelle, vaut votre travail, debout et à l’œuvre ! Si vous voulez être les pères de beaucoup qui sont nés de nouveau, et « rassasier vos regards à cause du travail de votre âme », et pouvoir dire à la fin : « Voici, moi et les enfants que tu m’as donnés », debout, et appliquez-vous à cette œuvre bénie ! S’il vous réjouirait le cœur de voir vos convertis parmi les saints dans la gloire, louant l’Agneau devant le trône ; s’il vous réjouirait de les présenter à Christ irréprochables et sans tache, poursuivez avec diligence et ardeur cette occasion singulière qui vous est offerte. Si vous êtes vraiment ministres de Christ, vous désirerez ardemment l’achèvement de son corps et le rassemblement de ses élus ; et vous « éprouverez les douleurs de l’enfantement » jusqu’à ce que Christ soit formé dans les âmes de votre peuple. Vous saisirez les occasions qu’offre votre temps de moisson, comme les jours de soleil dans une moisson pluvieuse, où il est déraisonnable et inexcusable de rester oisif. Si vous avez en vous une étincelle de compassion chrétienne, il vous semblera sûrement digne de votre plus grand travail de sauver tant « d’âmes de la mort, et de couvrir » une si grande « multitude de péchés ». Si donc vous êtes vraiment ouvriers avec Christ, mettez-vous à son œuvre, et ne négligez pas les âmes pour lesquelles il est mort. Oh ! souvenez-vous, quand vous parlez avec les inconvertis, que vous avez maintenant l’occasion de sauver une âme, de réjouir les anges du ciel et de réjouir Christ lui-même, de chasser Satan d’un pécheur et d’agrandir la famille de Dieu ! Et quelle est votre « espérance, ou votre joie, ou votre couronne de gloire » ? N’est-ce pas votre peuple sauvé, « devant notre Seigneur Jésus, lors de son avènement » ? Oui, sans doute, « ils sont votre gloire et votre joie ».O brethren, what a blow may we give to the kingdom of darkness, by the faithful and skillful managing of this work! If, then, the saving of souls, of your neighbours’ souls, of many souls, from everlasting misery, be worth your labor, up and be doing! If you would be the fathers of many that are born again, and would ‘see of the travail of your souls,’ and would be able to say at last, ‘Here am I, and the children whom thou hast given me’ — up and ply this blessed work! If it would do your heart good to see your converts among the saints in glory, and praising the Lamb before the throne; if it would rejoice you to present them blameless and spotless to Christ, prosecute with diligence and ardor this singular opportunity that is offered you. If you are ministers of Christ indeed, you will long for the perfecting of his body, and the gathering in of his elect; and you will ‘travail as in birth’ till Christ be formed in the souls of your people. You will embrace such opportunities as your harvest-time affords, and as the sunshine days in a rainy harvest, in which it is unreasonable and inexcusable to be idle. If you have a spark of Christian compassion in you, it will surely seem worth your utmost labor to save so many ‘souls from death, and to cover’ so great ‘a multitude of sins.’ If, then, you are indeed fellow-workers with Christ, set to his work, and neglect not the souls for whom he died. O remember, when you are talking with the unconverted, that now you have an opportunity to save a soul, and to rejoice the angels of heaven, and to rejoice Christ himself, to cast Satan out of a sinner, and to increase the family of God! And what is your ‘hope, or joy, or crown of rejoicing?’ Is it not your saved people ‘in the presence of Christ Jesus at his coming?’ Yes, doubtless ‘they are your glory and your joy.’
2. Elle favorisera essentiellement l’édification ordonnée de ceux qui sont convertis, et leur affermissement dans la foi. Toute notre œuvre est mise en péril, ou du moins fort entravée, si nous ne la faisons pas dans l’ordre convenable. Comment pouvez-vous bâtir si vous ne posez pas d’abord un bon fondement ? ou comment pouvez-vous placer la pierre du faîte tandis que les parties du milieu sont négligées ? « La grâce ne fait pas de sauts », pas plus que la nature. Le second ordre des vérités chrétiennes dépend tellement du premier qu’on ne peut jamais bien l’apprendre avant d’avoir appris le premier. C’est ce qui fait que beaucoup travaillent tant en vain : ils sont « apprenant toujours et ne pouvant jamais arriver à la connaissance de la vérité », parce qu’ils voudraient lire avant d’apprendre à épeler ou à connaître leurs lettres. C’est ce qui en fait tomber tant : ils sont ébranlés par tout vent de tentation, parce qu’ils n’étaient pas bien établis dans les principes fondamentaux de la religion. Ce sont ces fondements qui doivent conduire les hommes à d’autres vérités ; c’est sur eux qu’ils doivent tout bâtir ; ce sont eux qui doivent mettre en action toutes leurs grâces et animer tous leurs devoirs ; ce sont eux qui doivent les fortifier contre les tentations. Celui qui ne les connaît pas ne connaît rien ; celui qui les connaît bien en sait assez pour être heureux ; et celui qui les connaît le mieux est le chrétien le meilleur et le plus intelligent. C’est pourquoi les personnes les plus pieuses de vos assemblées trouveront qu’il vaut la peine d’apprendre les mots mêmes d’un catéchisme. Si donc vous voulez les édifier sûrement et les affermir solidement, soyez diligents dans cette œuvre.2. It will essentially promote the orderly building up of those who are converted, and the establishment of them in the faith. It hazardeth our whole work, or at least much hindereth it, if we do it not in the proper order. How can you build, if you first not lay a good foundation or how can you set on the top-stone, while the middle parts are neglected? ‘Grace makes no leaps,’ any more than nature. The second order of Christian truths have such a dependence upon the first, that they can never be well learned till the first are learned. This makes many labor so much in vain; they are ‘ever learning, but never come to the knowledge of the truth,’ because they would read before they learn to spell, or to know their letters. This makes so many fall away: they are shaken with every wind of temptation, because they were not well settled in the fundamental principles of religion. It is these fundamentals that must lead men to further truths; it is these they must build all upon; it is these that must actuate all their graces, and animate all their duties; it is these that must fortify them against temptations. He that knows not these, knows nothing; he that knows them well, doth know so much as will make him happy; and he that knows them best, is the best and most understanding Christian. The most godly people, therefore, in your congregations, will find it worth their labor to learn the very words of a catechism. If, then, you would safely edify them, and firmly establish them, be diligent in this work.
3. Elle fera mieux comprendre et mieux écouter notre prédication publique. Quand vous les aurez instruits dans les principes, ils comprendront mieux tout ce que vous dites. Ils saisiront où vous voulez en venir, une fois qu’ils connaîtront les points principaux. Cela prépare leur esprit et ouvre un chemin vers leur cœur ; tandis que, sans cela, vous pouvez perdre la plus grande partie de votre travail ; et plus vous prendrez de peine à une préparation soignée, moins vous ferez peut-être de bien. Si donc vous ne voulez pas perdre votre travail public, veillez à être fidèles dans cette œuvre privée.3. It will make our public preaching better understood and regarded. When you have instructed them in the principles, they will the better understand all you say. They will perceive what you drive at, when they are once acquainted with the main points. This prepareth their minds, and openeth a way to their hearts; whereas, without this, you may lose the most of your labor; and the more pains you take in accurate preparation, the less good you may do. As you would not, therefore, lose your public labor, see that you be faithful in this private work.
4. Par elle vous en viendrez à être familiers avec votre peuple, et pourrez ainsi gagner son affection. Le manque de cette familiarité, chez ceux qui ont des assemblées très nombreuses, est un grand obstacle au succès de nos travaux. La distance et le manque de connaissance mutuelle entretiennent quantité de malentendus entre ministres et peuple ; tandis que, au contraire, la familiarité tendra à faire naître ces affections qui peuvent ouvrir leurs oreilles à une instruction plus poussée. De plus, quand nous serons familiers avec eux, ils seront encouragés à nous ouvrir leurs doutes et à traiter librement avec nous. Mais quand un ministre ne connaît pas son peuple, ou lui est aussi étranger que s’il ne le connaissait pas, ce doit être un grand obstacle à tout bien qu’il pourrait faire parmi eux.4. By means of it, you will come to be familiar with your people, and may thereby win their affections. The want of this, with those who have very numerous congregations, is a great impediment to the success of our labors. By distance and unacquaintedness, abundance of mistakes between ministers and people are fomented; while, on the other hand, familiarity will tend to beget those affections which may open their ears to further instruction. Besides, when we are familiar with them, they will be encouraged to open their doubts to us and deal freely with us. But when a minister knows not his people, or is as strange to them as if he did not know them, it must be a great hindrance to his doing any good among them.
5. Par elle nous en viendrons à mieux connaître l’état spirituel de chaque personne, et ainsi nous saurons mieux comment veiller sur elle. Nous saurons mieux comment leur prêcher et comment nous conduire envers eux, quand nous connaîtrons leur tempérament et leurs principales objections, et ainsi ce qu’ils ont le plus besoin d’entendre. Nous saurons mieux en quoi « être jaloux d’eux d’une jalousie de Dieu », et contre quelles tentations les garder le plus. Nous saurons mieux comment pleurer sur eux, nous réjouir avec eux et prier pour eux. Car, comme celui qui veut bien prier pour lui-même doit connaître ses propres besoins et les maladies de son propre cœur, ainsi celui qui veut bien prier pour les autres doit connaître les leurs autant que possible.5. By means of it, we shall come to be better acquainted with each person’s spiritual state, and so the better know how to watch over them. We shall know better how to preach to them, and carry ourselves to them, when we know their temper, and their chief objections, and so what they have most need to hear. We shall know better wherein to be ‘jealous over them with a godly jealousy,’ and what temptations to guard them most against. We shall know better how to lament for them, and to rejoice with them, and to pray for them. For as he that will pray rightly for himself must know his own wants, and the diseases of his own heart, so he that will pray rightly for others, should know theirs as far as possible.
6. Par cet examen et cette connaissance de l’état de notre peuple, nous serons beaucoup aidés pour l’admettre aux sacrements. Je ne doute pas qu’un ministre puisse demander à son peuple de venir à lui à tout moment convenable pour rendre compte de sa foi et de ses progrès et recevoir l’instruction, et qu’il puisse donc le faire comme préparation à la sainte cène ; mais parce que les ministres ont fait reposer le poids de cet examen sur la seule nécessité d’être apte à cette ordonnance, et non sur leur devoir commun de voir l’état et les progrès de chaque membre de leur troupeau en tout temps convenable, ni sur le devoir du peuple de se soumettre en tout temps à la conduite et à l’instruction de ses pasteurs, ils ont donné occasion au peuple, par ignorance, de chercher querelle à leurs examens. Or, par cette voie, nous découvrirons leur aptitude ou leur inaptitude d’une manière irréprochable, et d’une manière bien plus efficace que par quelque examen partiel avant qu’ils soient admis à la table du Seigneur.6. By means of this trial and acquaintance with our people’s state we shall be much assisted in the admission of them to the sacraments. Though I doubt not a minister may require his people to come to him at any convenient season, to give an account of their faith and proficiency, and to receive instruction, and therefore he may do it as a preparation for the Lord’s supper, yet because ministers have laid the stress of that examination upon the mere necessity of fitness for that ordinance, and not upon their common duty to see the state and proficiency of each member of their flock at all fit seasons, and upon the people’s duty to submit to the guidance and instruction of their pastors at all times, they have occasioned people ignorantly to quarrel with their examinations. Now, by this course we shall discover their fitness or unfitness, in a way that is unexceptionable; and in a way far more effectual than by some partial examination of them before they are admitted to the Lord’s table.
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10. Elle facilitera extrêmement l’œuvre du ministère dans les générations suivantes. La coutume, comme je l’ai dit plus haut, est ce qui a le plus d’empire sur la multitude ; et ceux qui les premiers rompent une coutume funeste doivent essuyer le choc de son indignation. Or il faut que quelqu’un le fasse. Si nous ne le faisons pas, cela retombera sur nos successeurs ; et comment pouvons-nous espérer qu’ils seront plus hardis, plus résolus et plus fidèles que nous ? C’est nous qui avons vu les lourds jugements du Seigneur, et l’avons entendu plaider avec le pays par le feu et par l’épée. C’est nous qui avons été nous-mêmes dans la fournaise, et qui devrions être les plus épurés. C’est nous qui sommes le plus profondément engagés par des serments et des alliances, par des délivrances merveilleuses, par des expériences et des miséricordes de toute sorte. Et si malgré cela nous reculons, tournons le dos et nous montrons des cœurs faux, pourquoi attendrions-nous mieux de ceux qui n’ont pas été poussés par de tels fléaux que nous, ni attirés par de tels liens ? Mais s’ils se montrent meilleurs que nous, la même haine et la même opposition que nous évitons tomberont sur eux, et même accrues par notre négligence ; car le peuple leur dira que nous, leurs prédécesseurs, n’avons rien fait de tel. Mais si nous voulions maintenant rompre la glace pour ceux qui nous suivront, leurs âmes nous béniront, nos noms leur seront chers, et ils sentiront les heureux fruits de notre travail chaque jour de leur ministère, lorsque le peuple se soumettra volontiers à leurs instructions et à leurs examens privés, oui, et à la discipline aussi, parce que nous la lui aurons fait connaître, que nous aurons ôté le préjugé et rompu la mauvaise coutume dont nos prédécesseurs avaient été la cause. Ainsi nous pouvons beaucoup contribuer au salut de bien des milliers d’âmes dans tous les âges à venir, aussi bien que dans l’âge présent où nous vivons.10. It will exceedingly facilitate the ministerial work in succeeding generations. Custom, as I said before, is the thing that sways much with the multitude; and they who first break a destructive custom, must bear the brunt of their indignation. Now, somebody must do this. If we do it not, it will lie upon our successors; and how can we expect that they will be more hardy, and resolute, and faithful than we? It is we that have seen the heavy judgments of the Lord, and heard him pleading by fire and sword with the land. It is we that have been ourselves in the furnace, and should be the most refined. It is we that are most deeply obliged by oaths and covenants, by wonderful deliverances, experiences, and mercies of all sorts. And if we yet flinch and turn our backs, and prove false-hearted, why should we expect better from them, that have not been driven by such scourges as we, nor drawn by such cords? But, if they do prove better than we, the same odium and opposition must befall them which we avoid, and that with some increase, because of our neglect; for the people will tell them that we, their predecessors did no such things. But if we would now break the ice for them that follow us, their souls will bless us, and our names will be dear to them, and they will feel the happy fruits of our labor every day of their ministry; when the people shall willingly submit to their private instructions and examinations, yea, and to discipline too, because we have acquainted them with it, and removed the prejudice, and broken the evil custom which our predecessors had been the cause of. Thus we may do much to the saving of many thousand souls, in all ages to come, as well as in the present age in which we live.
11. Elle contribuera beaucoup au meilleur ordre des familles et au meilleur emploi du jour du repos. Quand nous aurons obtenu des chefs de famille qu’ils s’engagent à examiner chaque jour du Seigneur leurs enfants et leurs serviteurs, et à leur faire réciter quelque catéchisme et des passages de l’Écriture, cela leur procurera une occupation très profitable, alors que beaucoup d’entre eux seraient autrement oisifs ou mal occupés. Beaucoup de maîtres de maison, qui savent peu de chose eux-mêmes, peuvent cependant être amenés à le faire pour d’autres, et de cette manière ils peuvent même s’instruire eux-mêmes.11. It will much conduce to the better ordering of families, and the better spending of the Sabbath. When we have once got the masters of families to undertake that they will, every Lord’s day, examine their children and servants, and make them repeat some catechism and passages of Scripture, this will find them most profitable employment; whereas many of them would otherwise be idle or ill-employed. Many masters, who know little themselves, may yet be brought to do this for others, and in this way they may even teach themselves.
12. Elle fera du bien à beaucoup de ministres qui ne sont que trop enclins à l’oisiveté, et à perdre leur temps en conversations, affaires, voyages ou récréations inutiles. Elle leur fera voir qu’ils n’ont pas de temps à consacrer à de telles choses ; et ainsi, lorsqu’ils seront engagés dans tant d’occupations pressantes d’une nature si élevée, ce sera le meilleur remède à toute cette oisiveté et à cette perte de temps. De plus, elle coupera court au scandale qui en résulte d’ordinaire ; car les gens sont prompts à dire : « Tel ministre peut passer son temps aux boules, ou à d’autres jeux, ou en vains discours ; pourquoi ne pourrions-nous pas en faire autant que lui ? » Mettons-nous tous avec diligence à cette partie de notre œuvre, et voyons alors quel temps nous pourrons trouver de reste pour vivre dans l’oisiveté, ou dans la volupté, ou dans la mondanité, si nous le pouvons.12. It will do good to many ministers, who are too apt to be idle, and to mis-spend their time in unnecessary discourse, business, journeys, or recreations. It will let them see that they have no time to spare for such things; and thus, when they are engaged in so much pressing employment of so high a nature, it will be the best cure for all that idleness, and loss of time. Besides, it will cut off that scandal, which usually followeth thereupon; for people are apt to say, Such a minister can spend his time at bowls, or other sports, or vain discourse; and why may not we do so as well as he? Let us all set diligently to this part of our work, and then see what time we can find to spare to live idly, or in a way of voluptuousness, or worldliness, if we can.
13. Elle produira pour nous-mêmes bien des bienfaits personnels. Elle fera beaucoup pour dompter nos propres corruptions, et pour exercer et accroître nos propres grâces. Elle procurera beaucoup de paix à nos consciences, et nous consolera lorsque viendra le moment de revoir notre vie passée.13. It will be productive of many personal benefits to ourselves. It will do much to subdue our own corruptions, and to exercise and increase our own graces. It will afford much peace to our consciences, and comfort us when our past lives come to be reviewed.
Être beaucoup occupé à exciter les autres à la repentance et à l’esprit céleste peut faire beaucoup pour éveiller ces choses en nous-mêmes. Crier contre le péché des autres, les engager contre lui et les diriger pour le vaincre, fera beaucoup pour nous faire honte des nôtres ; et la conscience ne nous permettra guère de vivre dans ce dont nous nous donnons tant de peine pour détourner les autres. Même notre occupation constante pour Dieu, et l’emploi de nos esprits et de nos langues contre le péché, et pour Christ et la sainteté, fera beaucoup pour vaincre nos inclinations charnelles, tant par une mortification directe que par diversion, en ne laissant à notre imagination ni place ni temps pour ses anciennes occupations. Toutes les austérités des moines et des ermites, qui s’adonnent à une solitude sans profit et pensent se sauver en négligeant de montrer de la compassion aux autres, ne feront pas, à beaucoup près, autant dans la véritable œuvre de mortification que cette diligence féconde pour Christ.To be much in provoking others to repentance and heavenly-mindedness may do much to excite them in ourselves. To cry down the sin of others, and engage them against it, and direct them to overcome it, will do much to shame us out of our own; and conscience will scarcely suffer us to live in that which we make so much ado to draw others from. Even our constant employment for God, and busying our minds and tongues against sin, and for Christ and holiness, will do much to overcome our fleshly inclinations, both by direct mortification, and by diversion, leaving our fancies no room nor time for their old employment. All the austerities of monks and hermits, who addict themselves to unprofitable solitude, and who think to save themselves by neglecting to show compassion to others, will not do near so much in the true work of mortification, as this fruitful diligence for Christ.
14. Ce sera un certain bienfait que, par ce moyen, nous nous détournerons, nous et notre peuple, des controverses vaines, et de dépenser notre soin et notre zèle pour les choses moindres de la religion, qui tendent le moins à son édification spirituelle. Tandis que nous serons occupés à enseigner, et eux à apprendre les vérités fondamentales de l’Évangile, nous détournerons nos esprits et nos langues, et aurons moins de place pour les choses inférieures ; et ainsi seront guéries bien des disputes et des querelles entre ministres et peuple. Car nous faisons ce que nous n’avons pas besoin de faire et ne devrions pas faire, parce que nous ne voulons pas nous mettre avec diligence à faire ce dont nous avons besoin et que nous devrions faire.14. It will be some benefit, that by this means we shall take off ourselves and our people from vain controversies, and from expending our care and zeal on the lesser matters of religion, which least tend to their spiritual edification. While we are taken up in teaching, and they in learning the fundamental truths of the gospel, we shall divert our minds and tongues, and have less room for lower things; and so it will cure much wranglings and contentions between ministers and people. For we do that which we need not and should not, because we will not fall diligently to do that which we need and should.
15. Et puis, quant à l’étendue des bienfaits susdits : le dessein de cette œuvre est la réforme et le salut de tout le peuple dans nos diverses paroisses. Car nous n’exclurons aucun homme qui voudra se soumettre à être instruit ; et, bien que nous puissions à peine espérer que chaque individu soit réformé et sauvé par ce moyen, nous avons cependant lieu d’espérer que, comme l’entreprise est universelle, le succès sera plus général et plus étendu que ce que nous avons vu jusqu’ici de nos autres travaux. Je suis sûr qu’elle est des plus conformes à l’esprit, aux préceptes et aux offres de l’Évangile, qui nous ordonne de prêcher Christ à toute la création et promet la vie à tout homme, s’il veut l’accepter en croyant. Si Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (c’est-à-dire que, comme Gouverneur et Bienfaiteur du monde, il s’est montré disposé à sauver tous les hommes, s’ils le veulent eux-mêmes, bien qu’il rende aussi ses élus disposés à le vouloir), alors assurément il nous convient d’offrir le salut à tous les hommes et de nous efforcer de les amener à la connaissance de la vérité. Et si Christ « a souffert la mort pour tous », il est juste que nous prêchions sa mort à tout homme. Cette œuvre a un dessein plus excellent que nos entretiens occasionnels, de temps à autre, avec telle ou telle personne. Et j’ai observé que, dans de tels entretiens occasionnels, les hommes se contentent d’avoir dit quelques bonnes paroles, mais font rarement pénétrer la chose clairement et de près pour convaincre les hommes de péché, de misère et de miséricorde, comme nous sommes plus à même de le faire dans cette œuvre établie à dessein.15. And then for the extent of the aforesaid benefits: The design of this work is, the reforming and saving of all the people in our several parishes. For we shall not leave out any man that will submit to be instructed; and though we can scarcely hope that every individual will be reformed and saved by it, yet have we reason to hope, that as the attempt is universal, so the success will be more general and extensive than we have hitherto seen of our other labors. Sure I am, it is most like to the spirit, and precept, and offers of the gospel, which requireth us to preach Christ to every creature, and promiseth life to every man, if he will accept it by believing. If God would have all men to be saved, and to come to the knowledge of the truth, (that is, as Rector and Benefactor of the world, he hath manifested himself willing to save all men, if they be willing themselves, though his elect he will also make willing,) then surely it beseems us to offer salvation unto all men, and to endeavor to bring them to the knowledge of the truth. And, if Christ ‘tasted death for every man,’ it is meet we should preach his death to every man. This work hath a more excellent design, than our accidental conferences with now and then a particular person. And I have observed, that in such occasional discourses men satisfy themselves with having spoken some good words, but seldom set plainly and closely home the matter, to convince men of sin and misery and mercy; as in this purposely appointed work we are more like to do.
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17. Enfin, le devoir que nous recommandons maintenant est d’un si grand poids et d’une telle excellence que c’est en lui que consiste la principale partie de la réforme de l’Église qui reste à faire quant aux moyens ; il doit être le principal moyen de répondre aux jugements, aux miséricordes, aux prières, aux promesses, aux dépenses, aux efforts et au sang de la nation ; et sans lui cela ne se fera pas ; les fins de toutes ces choses ne seront jamais bien atteintes ; une réforme digne de ce nom ne sera jamais accomplie ; l’Église restera abaissée ; les intérêts de Christ seront fort négligés ; et Dieu aura toujours un procès avec le pays, et surtout avec le ministère, qui a été le plus profondément engagé dans la culpabilité.17. Lastly, Of so great weight and excellency is the duty which we are now recommending, that the chief part of Church reformation that is behind as to means consisteth in it; and it must be the chief means to answer the judgments, the mercies, the prayers, the promises, the cost, the endeavors, and the blood of the nation; and without this it will not be done; the ends of all these will never be well attained; a reformation to purpose will never be wrought; the Church will be still low; the interest of Christ will be much neglected; and God will still have a controversy with the land, and, above all, with the ministry that have been deepest in the guilt.
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ARTICLE 2ARTICLE 2
Vous ayant exposé la première catégorie de raisons, tirées des bienfaits de l’œuvre, j’en viens à la seconde, qui sont tirées des difficultés. Si on les prenait seules, j’avoue qu’elles pourraient être des découragements plutôt que des motifs ; mais en les prenant avec celles qui précèdent et celles qui suivent, il en va tout autrement : car les difficultés doivent exciter à une plus grande diligence dans une œuvre nécessaire.Having stated to you the first class of reasons, drawn from the benefits of the work, I come to the second sort, which are taken from the difficulties. If these, indeed, were taken alone, I confess they might be rather discouragements than motives; but taking them with those that go before and follow, the case is far otherwise: for difficulties must excite to greater diligence in a necessary work.
Et des difficultés, nous en trouverons beaucoup, tant en nous-mêmes que dans notre peuple ; mais parce que ce sont des choses si évidentes que votre expérience ne vous laissera aucun lieu d’en douter, je les passerai en peu de mots.And difficulties we shall find many, both in ourselves and in our people; but because they are things so obvious, that your experience will leave you no room to doubt of them, I shall pass them over in a few words.
1. Permettez-moi de relever les difficultés qui sont en nous-mêmes.1. Let me notice the difficulties in ourselves.
(1) Il y a en nous beaucoup de lourdeur et de paresse, de sorte qu’il ne sera pas facile de nous rendre fidèles dans une œuvre si dure. Comme le paresseux au lit, qui sait qu’il devrait se lever et pourtant tarde et voudrait rester couché aussi longtemps qu’il le peut, ainsi faisons-nous des devoirs auxquels notre nature corrompue répugne. Cela nous obligera à user de toutes nos forces. La seule paresse liera les mains de beaucoup.(1) In ourselves there is much dulness and laziness, so that it will not be easy to get us to be faithful in so hard a work. Like a sluggard in bed, that knows he should rise, and yet delayeth and would lie as long as he can, so do we by duties to which our corrupt natures are averse. This will put us to the use of all our powers. Mere sloth will tie the hands of many.
(2) Nous avons une basse disposition à plaire aux hommes, qui nous fera laisser périr les hommes de peur de perdre leur affection, et les laisser aller tranquillement en enfer de peur de les fâcher contre nous parce que nous cherchons leur salut ; et nous sommes prêts à braver le déplaisir de Dieu et à risquer la misère éternelle de notre peuple plutôt que d’attirer sur nous sa malveillance. Il faut résister avec diligence à ce mal.(2) We have a base man-pleasing disposition, which will make us let men perish lest we lose their love, and let them go quietly to hell, lest we should make them angry with us for seeking their salvation: and we are ready to venture on the displeasure of God, and risk the everlasting misery of our people, rather than draw on ourselves their ill-will. This distemper must be diligently resisted.
(3) Beaucoup d’entre nous ont aussi une sotte timidité, qui nous rend lents à commencer avec eux et à leur parler clairement. Nous sommes si modestes, vraiment, que nous rougissons de parler pour Christ, ou de contredire le diable, ou de sauver une âme, tandis que, dans le même temps, nous avons moins honte d’œuvres honteuses.(3) Many of us have also a foolish bashfulness, which makes us backward to begin with them, and to speak plainly to them. We are so modest, forsooth, that we blush to speak for Christ, or to contradict the devil, or to save a soul, while, at the same time, we are less ashamed of shameful works.
(4) Nous sommes si charnels que nos intérêts charnels nous entraînent à être infidèles dans l’œuvre de Christ, de peur de diminuer nos revenus, de nous attirer des ennuis, de dresser les gens contre nous, ou pour d’autres raisons semblables. Toutes ces choses demandent de la diligence pour y résister.(4) We are so carnal that we are drawn by our fleshly interests to be unfaithful in the work of Christ, lest we should lessen our income, or bring trouble upon ourselves, or set people against us, or such like. All these things require diligence in order to resist them.
(5) Nous sommes si faibles dans la foi que c’est là le plus grand obstacle de tous. De là vient que, lorsque nous devrions entreprendre un homme pour sa conversion de toutes nos forces, s’il n’y a pas en nous des mouvements d’incrédulité sur la question de savoir s’il y a un ciel et un enfer, du moins la croyance que nous en avons est si faible qu’elle éveillera à peine en nous un zèle cordial, résolu et constant ; de sorte que tout notre mouvement ne sera que faible, parce que le ressort de la foi est si faible. Oh ! quel besoin ont donc les ministres, pour eux-mêmes et pour leur œuvre, de veiller sur leur foi, surtout pour que leur assentiment à la vérité de l’Écriture touchant les joies et les tourments de la vie à venir soit sain et vivant !(5) We are so weak in the faith, that this is the greatest impediment of all. Hence it is, that when we should set upon a man for his conversion with all our might, if there be not the stirrings of unbelief within us, whether there be a heaven and a hell, yet at least the belief of them is so feeble, that it will hardly excite in us a kindly, resolute, constant zeal, so that our whole motion will be but weak, because the spring of faith is so weak. O what need, therefore, have ministers for themselves and their work, to look well to their faith, especially that their assent to the truth of Scripture, about the joys and torments of the life to come, be sound and lively.
(6) Enfin, nous avons communément beaucoup de maladresse et d’inaptitude pour cette œuvre. Hélas ! combien peu savent s’y prendre avec un homme ignorant et mondain pour sa conversion ! Pénétrer en lui et gagner sur lui ; adapter nos paroles à sa condition et à son tempérament ; choisir les sujets les plus convenables et les poursuivre avec un saint mélange de sérieux, de crainte, d’amour, de douceur et d’attraits évangéliques : oh ! qui est capable d’une telle chose ? Je le déclare sérieusement : il me semble, par expérience, aussi difficile de s’entretenir comme il faut avec une telle personne charnelle, en vue de son changement, que de prêcher des sermons comme nous en prêchons d’ordinaire, sinon beaucoup plus. Toutes ces difficultés qui sont en nous devraient nous éveiller à une sainte résolution, à la préparation et à la diligence, afin que nous ne soyons pas vaincus par elles, ni empêchés de faire l’œuvre ou entravés dans l’œuvre.(6) Lastly, We have commonly a great deal of unskilfulness and unfitness for this work. Alas! how few know how to deal with an ignorant, worldly man, for his conversion! To get within him and win upon him; to suit our speech to his condition and temper; to choose the meetest subjects, and follow them with a holy mixture of seriousness, and terror, and love, and meekness, and evangelical allurements — oh! who is fit for such a thing? I profess seriously, it seems to me, by experience, as hard a matter to confer aright with such a carnal person, in order to his change, as to preach such sermons as ordinarily we do, if not much more. All these difficulties in ourselves should awaken us to holy resolution, preparation, and diligence, that we may not be overcome by them, and hindered from or in the work.
2. Ayant relevé ces difficultés qui sont en nous-mêmes, je mentionnerai maintenant quelques-unes de celles que nous rencontrerons dans notre peuple.2. Having noticed these difficulties in ourselves, I shall now mention some which we shall meet with in our people.
(1) Beaucoup d’entre eux refuseront obstinément d’être enseignés, et dédaigneront de venir à nous, se croyant trop bons pour être catéchisés ou trop vieux pour apprendre, à moins que nous ne les traitions sagement en public et en privé, et que nous ne nous appliquions, par la force de la raison et la puissance de l’amour, à vaincre leur obstination.(1) Many of them will be obstinately unwilling to be taught; and scorn to come to us, as being too good to be catechized, or too old to learn, unless we deal wisely with them in public and private, and study, by the force of reason, and the power of love, to conquer their perverseness.
(2) Beaucoup de ceux qui sont disposés sont si lents qu’ils peuvent à peine apprendre une page d’un catéchisme en longtemps ; c’est pourquoi ils se tiendront à l’écart, honteux de leur ignorance, à moins que nous ne soyons sages et diligents pour les encourager.(2) Many that are willing are so dull, that they can scarcely learn a leaf of a catechism in a long time, and therefore they will keep away, as ashamed of their ignorance, unless we are wise and diligent to encourage them.
(3) Et quand ils viennent, si grande est l’ignorance et l’incompréhension de beaucoup que vous trouverez très difficile de vous faire comprendre d’eux ; de sorte que, si vous n’avez pas l’heureux art de rendre les choses claires, vous les laisserez aussi ignorants qu’auparavant.(3) And when they do come, so great is the ignorance and unapprehensiveness of many, that you will find it a very hard matter to get them to understand you; so that if you have not the happy art of making things plain, you will leave them as ignorant as before.
(4) Et vous trouverez plus difficile encore de faire agir les choses sur leurs cœurs, et de les faire pénétrer si bien dans leurs consciences qu’elles produisent ce changement qui sauve, qui est notre grand but, et sans lequel notre travail est perdu. Oh ! quelle bûche, quel rocher qu’un cœur endurci et charnel ! Avec quelle force il résistera aux persuasions les plus puissantes, et entendra parler de la vie ou de la mort éternelle comme d’une chose de rien ! Si donc vous n’avez pas un grand sérieux, de la ferveur, une matière puissante et la justesse de l’expression, quel bien pouvez-vous attendre ? Et quand vous aurez tout fait, c’est l’Esprit de grâce qui doit faire l’œuvre. Mais, comme Dieu et les hommes choisissent d’ordinaire des instruments adaptés à la nature de l’œuvre ou du but, ainsi l’Esprit de sagesse, de vie et de sainteté n’opère pas d’ordinaire par des instruments insensés, morts et charnels, mais par des persuasions de lumière, de vie et de pureté qui lui ressemblent le plus, à lui et à l’œuvre qui doit s’accomplir par elles.(4) And yet harder will you find it to work things upon their hearts, and to set them so home to their consciences, as to produce that saving change, which is our grand aim, and without which our labor is lost. Oh what a block, what a rock, is a hardened, carnal heart! How strongly will it resist the most powerful persuasions, and hear of everlasting life or death, as a thing of nought! If, therefore, you have not great seriousness, and fervency, and powerful matter, and fitness of expression, what good can you expect. And when you have done all, the Spirit of grace must do the work. But as God and men usually choose instruments suitable to the nature of the work or end, so the Spirit of wisdom, life, and holiness doth not usually work by foolish, dead, carnal instruments, but by such persuasions of light and life and purity as are likest to itself, and to the work that is to be wrought thereby.
(5) Enfin, quand vous aurez produit sur leurs cœurs quelques impressions souhaitables, si vous ne veillez pas sur eux et n’en prenez pas un soin particulier, leurs cœurs retourneront bientôt à leur dureté première, et leurs anciens compagnons et leurs tentations détruiront tout de nouveau. En un mot, toutes les difficultés de l’œuvre de la conversion, que vous avez coutume de faire connaître à votre peuple, sont devant nous dans notre œuvre présente.(5) Lastly, When you have made some desirable impressions on their hearts, if you look not after them, and have a special care of them, their hearts will soon return to their former hardness, and their old companions and temptations will destroy all again. In short, all the difficulties of the work of conversion, which you use to acquaint your people with, are before us in our present work.
ARTICLE 3ARTICLE 3
La troisième catégorie de motifs est tirée de la nécessité de l’œuvre. Car, si elle n’était pas nécessaire, les paresseux pourraient être découragés plutôt qu’excités par les difficultés que je viens de mentionner. Mais, parce que j’ai déjà été plus long que je ne le pensais, je ne vous donnerai qu’une brève indication de quelques-uns des fondements généraux de cette nécessité.The third sort of motives are drawn from the necessity of the work. For if it were not necessary, the slothful might be discouraged rather than excited by the difficulties now mentioned. But because I have already been longer than I intended, I shall give you only a brief hint of some of the general grounds of this necessity.
1. Ce devoir est nécessaire à la gloire de Dieu. Comme tout chrétien vit pour la gloire de Dieu comme pour sa fin, ainsi suivra-t-il volontiers la voie qui la favorisera le plus efficacement. Car quel homme ne voudrait atteindre ses fins ? Ô frères, si nous pouvions mettre cette œuvre en train dans toutes les paroisses d’Angleterre, et obtenir que notre peuple s’y soumette, puis la poursuivre nous-mêmes avec habileté et avec zèle, quelle gloire elle répandrait sur la face de la nation, et quelle gloire, par elle, rejaillirait sur Dieu ! Si notre commune ignorance était ainsi bannie, si notre vanité et notre oisiveté se changeaient en l’étude du chemin de la vie, et si chaque boutique et chaque maison s’occupaient à apprendre les Écritures et les catéchismes, et à parler de la Parole et des œuvres de Dieu, quel plaisir Dieu prendrait dans nos villes et dans nos campagnes ! Il habiterait même dans nos demeures et en ferait ses délices. C’est la gloire de Christ qui brille dans ses saints, et toute leur gloire est sa gloire. Ce qui les honore, en nombre ou en excellence, l’honore donc lui-même. La gloire de Christ ne se déploiera-t-elle pas merveilleusement dans la nouvelle Jérusalem, lorsqu’elle descendra du ciel dans toute la splendeur et la magnificence avec lesquelles elle est décrite dans le livre de l’Apocalypse ? Si donc nous pouvons accroître le nombre ou la force des saints, nous accroîtrons par là la gloire du Roi des saints ; car il aura service et louange là où il avait auparavant désobéissance et déshonneur. Christ sera aussi honoré dans les fruits de son sang versé, et l’Esprit de grâce dans le fruit de ses opérations. Et des fins aussi importantes ne demandent-elles pas que nous usions des moyens avec diligence ?1. This duty is necessary for the glory of God. As every Christian liveth to the glory of God, as his end, so will he gladly take that course which will most effectually promote it. For what man would not attain his ends? O brethren, if we could set this work on foot in all the parishes of England, and get our people to submit to it, and then prosecute it skilfully and zealously ourselves, what a glory would it put upon the face of the nation, and what glory would, by means of it, redound to God! If our common ignorance were thus banished, and our vanity and idleness turned into the study of the way of life, and every shop and every house were busied in learning the Scriptures and catechisms, and speaking of the Word and works of God, what pleasure would God take in our cities and country! He would even dwell in our habitations, and make them his delight. It is the glory of Christ that shineth in his saints, and all their glory is his glory. That, therefore, which honoureth them, in number or excellency, honoureth him. Will not the glory of Christ be wonderfully displayed in the New Jerusalem, when it shall descend from heaven in all that splendor and magnificence with which it is described in the Book of Revelation? If, therefore, we can increase the number or strength of the saints, we shall thereby increase the glory of the King of saints; for he will have service and praise where before he had disobedience and dishonor. Christ will also be honored in the fruits of his blood shed, and the Spirit of grace in the fruit of his operations. And do not such important ends as these require that we use the means with diligence?
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2. Ce devoir est nécessaire au bien de notre peuple. Frères, pouvez-vous regarder avec foi votre peuple misérable sans percevoir qu’il vous appelle au secours ? Il n’y a pas de pécheur dont vous ne devriez avoir assez de compassion pour être disposés à le secourir à un prix bien plus élevé que celui-ci. Pouvez-vous les voir, comme l’homme blessé au bord du chemin, et passer outre sans miséricorde ? Pouvez-vous les entendre vous crier, comme l’homme de Macédoine à Paul dans la vision : « Passe en Macédoine, secours-nous ! », et pourtant refuser votre aide ? Vous a-t-on confié la charge d’un hôpital, où l’un languit dans un coin, où un autre gémit dans un autre et s’écrie : « Oh ! aidez-moi, ayez pitié de moi pour l’amour du Seigneur ! », et où un troisième est fou furieux et voudrait se détruire, lui et vous ; et resterez-vous assis, oisifs, à refuser votre aide ? Si l’on peut dire de celui qui ne soulage pas le corps des hommes, combien plus de celui qui ne soulage pas leurs âmes : « Si quelqu’un voit son frère dans le besoin et lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ? » Vous n’êtes pas de tels monstres, des hommes au cœur si dur, que vous n’ayez pitié d’un lépreux ; vous aurez pitié de celui qui est nu, du prisonnier ou de l’abandonné ; vous aurez pitié de celui qui est tourmenté par une douleur ou une maladie cruelle ; et n’aurez-vous pas pitié d’un pécheur ignorant au cœur endurci ? N’aurez-vous pas pitié de celui qui doit être exclu de la présence du Seigneur et demeurer sous sa colère sans remède, si une repentance sincère ne le prévient promptement ? Oh ! quel cœur que celui qui n’a pas pitié d’un tel homme ! Comment appellerai-je le cœur d’un tel homme ? Un cœur de pierre, un vrai rocher ou un diamant ; le cœur d’un tigre ; ou plutôt le cœur d’un incrédule ; car assurément, s’il croyait à la misère de l’impénitent, il ne serait pas possible qu’il n’en eût pas pitié. Pouvez-vous dire aux hommes du haut de la chaire qu’ils seront certainement damnés s’ils ne se repentent, et pourtant n’avoir aucune pitié d’eux après leur avoir annoncé un tel danger ? Et si vous avez pitié d’eux, ne ferez-vous pas au moins cela pour leur salut ?2. This duty is necessary to the welfare of our people. Brethren, can you look believingly on your miserable people, and not perceive them calling to you for help? There is not a sinner whose case you should not so far compassionate, as to be willing to relieve them at a much dearer rate than this comes to. Can you see them, as the wounded man by the way, and unmercifully pass by? Can you hear them cry to you, as the man of Macedonia to Paul, in vision, ‘Come and help us,’ and yet refuse your help? Are you intrusted with the charge of an hospital, where one languisheth in one corner, and another groaneth in another, and crieth out, ‘Oh, help me, pity me for the Lord’s sake!’ and where a third is raging mad, and would destroy himself and you; and yet will you sit idle and refuse your help. If it may be said of him that relieveth not men’s bodies, how much more of him that relieveth not men’s souls, ‘If he see his brother have need, and shut up his bowels of compassion from him, how dwelleth the love of God in him?’ You are not such monsters, such hard-hearted men, but you will pity a leper; you will pity the naked, the imprisoned, or the desolate; you will pity him that is tormented with grievous pain or sickness; and will you not pity an ignorant, hard-hearted sinner will you not pity one that must be shut out from the presence of the Lord, and lie under his remediless wrath, if thorough repentance speedily prevent it not? Oh what a heart is it that will not pity such a one! What shall I call the heart of such a man? A heart of stone, a very rock or adamant; the heart of a tiger; or rather the heart of an infidel: for surely if he believed the misery of the impenitent, it is not possible but he should take pity on him. Can you tell men in the pulpit that they shall certainly be damned, except they repent, and yet have no pity on them when you have proclaimed to them such a danger? And if you pity them, will you not do this much for their salvation?
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3. Ce devoir est nécessaire à votre propre bien, aussi bien qu’à celui de votre peuple. C’est votre œuvre, d’après laquelle, entre autres choses, vous serez jugés. Vous ne pouvez pas plus être sauvés sans diligence et fidélité dans le ministère qu’eux ou vous ne pouvez être sauvés sans diligence et fidélité chrétiennes. Si donc vous ne vous souciez pas des autres, souciez-vous au moins de vous-mêmes. Oh ! quelle chose terrible que d’avoir à répondre de la négligence d’une telle charge ! et quel péché plus odieux que de trahir des âmes ? Cette menace ne vous fait-elle pas trembler : « Si tu ne parles pas pour détourner le méchant de sa voie, ce méchant mourra dans son iniquité, et je te redemanderai son sang » ? Je crains, bien plus, je ne doute pas, que le jour soit proche où les ministres infidèles souhaiteront n’avoir jamais connu la charge des âmes, mais avoir été plutôt charbonniers, ramoneurs ou chaudronniers que pasteurs du troupeau de Christ, lorsque, outre tous leurs autres péchés, ils auront à répondre du sang de tant d’âmes. Ô frères, notre mort, aussi bien que celle de notre peuple, est proche, et elle est aussi terrible pour un pasteur infidèle que pour quiconque. Quand nous verrons qu’il nous faut mourir et qu’il n’y a pas de remède ; que ni l’esprit, ni le savoir, ni les applaudissements populaires ne peuvent détourner le coup ni retarder l’heure ; mais que, bon gré mal gré, nos âmes doivent partir, et cela vers un monde que nous n’avons jamais vu, où l’on n’aura égard ni à nos personnes ni à nos intérêts terrestres ; oh ! alors, quel prix aura une conscience pure qui puisse dire : « Je n’ai pas vécu pour moi-même, mais pour Christ ; je n’ai pas ménagé ma peine ; je n’ai pas caché mes talents ; je n’ai pas dissimulé la misère des hommes ni le chemin de leur relèvement » ! Ô messieurs, prenons donc le temps pendant que nous l’avons, et travaillons pendant qu’il fait jour ; « la nuit vient, où personne ne peut travailler ». C’est aussi notre jour ; et en faisant du bien aux autres, nous devons nous faire du bien à nous-mêmes. Si vous voulez vous préparer à une mort paisible et à une grande et glorieuse récompense, la moisson est devant vous. Ceignez les reins de votre entendement et soyez des hommes, afin de pouvoir finir vos jours par ces paroles triomphantes : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là. » Si vous voulez être heureux avec ceux qui meurent dans le Seigneur, travaillez maintenant, afin de vous reposer alors de vos travaux, et faites des œuvres telles que vous souhaiteriez qu’elles vous suivent, et non de celles qui feront votre terreur quand vous les repasserez.3. This duty is necessary to your own welfare, as well as to your people’s. This is your work, according to which, among others, you shall be judged. You can no more be saved without ministerial diligence and fidelity, than they or you can be saved without Christian diligence and fidelity. If, therefore, you care not for others, care at least for yourselves. Oh what a dreadful thing is it to answer for the neglect of such a charge! and what sin more heinous than the betraying of souls? Doth not that threatening make you tremble — ‘If thou dost not speak to warn the wicked from his way, that wicked man shall die in his iniquity; but his blood will I require at thy hand?’ I am afraid, nay, I have no doubt, that the day is near when unfaithful ministers will wish that they had never known the charge of souls; but that they had rather been colliers, or sweeps, or tinkers, than pastors of Christ’s flock, when, besides all the rest of their sins, they shall have the blood of so many souls to answer for. O brethren, our death, as well as our people’s, is at hand, and it is as terrible to an unfaithful pastor as to any. When we see that die we must, and that there is no remedy; that no wit, nor learning, nor popular applause, can avert the stroke, or delay the time; but, willing or unwilling, our souls must be gone, and that into a world which we never saw, where our persons and our worldly interest will not be respected; oh, then for a clear conscience, that can say, ‘I lived not to myself but to Christ; I spared not my pains; I hid not my talents; I concealed not men’s misery, nor the way of their recovery.’ O sirs, let us therefore take time while we have it, and work while it is day; ‘for the night cometh, when no man can work.’ This is our day too; and by doing good to others, we must do good to ourselves. If you would prepare for a comfortable death, and a great and glorious reward, the harvest is before you. Gird up the loins of your minds, and quit yourselves like men, that you may end your days with these triumphant words: ‘I have fought a good fight, I have finished my course, I have kept the faith: henceforth there is laid up for me a crown of righteousness, which the Lord, the righteous Judge, shall give unto me in that day.’ If you would be blessed with those that die in the Lord, labor now, that you may rest from your labors then, and do such works as you would wish should follow you, and not such as will prove your terror in the review.
ARTICLE 4ARTICLE 4
Ayant trouvé tant de raisons, et de si puissantes, pour nous pousser à cette œuvre, je vais maintenant les appliquer plus avant pour notre humiliation et notre encouragement.Having found so many and so powerful reasons to move us to this work, I shall now apply them further for our humiliation and excitation.
1. Quel sujet n’avons-nous pas de saigner aujourd’hui devant le Seigneur, pour avoir si longtemps négligé une œuvre si grande et si bonne ; pour avoir été ministres de l’Évangile tant d’années et avoir fait si peu, par l’instruction et l’entretien personnels, pour le salut des âmes des hommes ! Si seulement nous nous étions mis plus tôt à cette affaire, qui sait combien d’âmes auraient pu être amenées à Christ, et combien plus heureuses nos assemblées auraient pu être ? Et pourquoi n’aurions-nous pas pu le faire plus tôt aussi bien que maintenant ? J’avoue qu’il y avait bien des obstacles sur notre chemin, et il y en a encore, et il y en aura tant qu’il y aura un diable pour tenter et un cœur corrompu dans l’homme pour résister à la lumière ; mais si le plus grand obstacle n’avait pas été en nous-mêmes, dans nos propres ténèbres, notre lourdeur et notre mauvaise disposition au devoir, et dans nos divisions et notre peu d’aptitude à nous unir pour l’œuvre de Dieu, je ne vois pas pourquoi beaucoup n’aurait pas pu être fait avant ce jour. Nous avions le même Dieu pour nous commander, les mêmes objets misérables de compassion et la même liberté de la part des gouvernants que nous avons maintenant. Nous avons péché, et nous n’avons aucune juste excuse pour notre péché ; et le péché est si grand, parce que le devoir est si grand, que nous devrions craindre d’alléguer aucune excuse. Que le Dieu de miséricorde nous pardonne, à nous et à tout le ministère d’Angleterre, et qu’il ne nous impute ni cette négligence ni aucune autre de nos négligences dans le ministère ! Oh ! qu’il couvre toute notre infidélité, et que, par le sang de l’alliance éternelle, il lave notre culpabilité du sang des âmes, afin que, lorsque le souverain pasteur paraîtra, nous puissions nous tenir devant lui en paix et ne soyons pas condamnés pour la dispersion de son troupeau ! Et oh ! qu’il renonce au procès qu’il a contre les pasteurs de son Église, qu’il ne les traite pas plus mal à cause de nous, et ne permette pas que des sapeurs ou des persécuteurs les dispersent, comme ils ont laissé disperser ses brebis ; qu’il ne se soucie pas aussi peu de nous que nous nous sommes souciés des âmes des hommes, et qu’il ne juge pas son salut trop bon pour nous, comme nous avons jugé notre travail et nos souffrances trop coûteux pour le salut des hommes !1. What cause have we to bleed before the Lord this day, that we have neglected so great and good a work so long; that we have been ministers of the gospel so many years, and done so little by personal instruction and conference for the saving of men’s souls! If we had but set about this business sooner, who knows how many souls might have been brought to Christ, and how much happier our congregations might have been? And why might we not have done it sooner as well as now? I confess, there were many impediments in our way, and so there are still, and will be while there is a devil to tempt, and a corrupt heart in man to resist the light: but if the greatest impediment had not been in ourselves, even in our own darkness, and dulness, and indisposedness to duty, and our dividedness and unaptness to close for the work of God, I see not but much might have been done before this. We had the same God to command us, and the same miserable objects of compassion, and the same liberty from governors as now we have. We have sinned, and have no just excuse for our sin; and the sin is so great, because the duty is so great, that we should be afraid of pleading any excuse. The God of mercy forgive us, and all the ministry of England, and lay not this or any of our ministerial negligences to our charge! Oh that he would cover all our unfaithfulness, and, by the blood of the everlasting covenant, wash away our guilt of the blood of souls; that when the chief Shepherd shall appear, we may stand before him in peace, and may not be condemned for the scattering of his flock. And oh that he would put up his controversy, which he hath against the pastors of his Church, and not deal the worse with them for our sakes, nor suffer underminers or persecutors to scatter them, as they have suffered his sheep to be scattered; and that he will not care as little for us, as we have done for the souls of men; nor think his salvation too good for us, as we have thought our labor and sufferings too much for men’s salvation!
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Et maintenant, frères, l’œuvre est devant vous. Elle consiste dans ces instructions personnelles de tout le troupeau, aussi bien que dans la prédication publique. D’autres ont fait leur part et porté leur fardeau, et maintenant vient la vôtre. Vous pouvez aisément voir quelle grande affaire repose entre vos mains, combien de personnes seront lésées si vous manquez à votre devoir, et combien sera perdu si vous ménagez votre peine. Si votre peine vaut plus que les âmes des hommes et que le sang de Christ, alors restez assis, et ne vous occupez ni des ignorants ni des impies ; suivez votre propre plaisir ou vos affaires temporelles, ou prenez vos aises ; ne déplaisez ni aux pécheurs ni à votre propre chair, mais laissez vos voisins couler ou surnager ; et, si la prédication publique ne les sauve pas, laissez-les périr. Mais si le cas est tout autre, vous feriez bien de regarder autour de vous.And now, brethren, the work is before you. In these personal instructions of all the flock, as well as in public preaching, doth it consist. Others have done their part, and borne their burden, and now comes in yours. You may easily see how great a matter lies upon your hands, and how many will be wronged by your failing of your duty, and how much will be lost by the sparing of your labor. If your labor be more worth than the souls of men, and than the blood of Christ, then sit still, and look not after the ignorant or the ungodly; follow your own pleasure or worldly business, or take your ease; displease not sinners, nor your own flesh, but let your neighbors sink or swim; and, if public preaching will not save them, let them perish. But, if the case be far otherwise, you had best look about you.
5. Directions pour instruire le troupeau5. Directions for Instructing the Flock
Richard Baxter, The Reformed Pastor (1656 ; édition d’Édimbourg, 1829), partie 3, les directions : comment amener le peuple à se soumettre à l’instruction personnelle (article 1) et comment agir avec lui dans l’œuvre elle-même (article 2), jusqu’à la fin du traité. Abrégé par paragraphes entiers, signalés par […]. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.Richard Baxter, The Reformed Pastor (1656; Edinburgh edition, 1829), part 3, the directions: how to bring people to submit to personal instruction (Article 1) and how to deal with them in the work itself (Article 2), to the close of the treatise. Abridged by whole paragraphs, marked […]. Primary source; the interpretations are the author’s.
Note du STC : Le « Credo » est le Symbole des apôtres et le « Décalogue » les Dix Commandements. Les discours types de Baxter sont des modèles, non des textes à réciter. Certains conseils pratiques, comme la manière d’organiser les entretiens privés ou ses remarques sur les défauts typiques des hommes et des femmes, reflètent les coutumes et les présupposés de l’Angleterre du XVIIe siècle ; les étudiants les pèseront avec soin dans leur propre contexte.CTS note: The “creed” is the Apostles’ Creed and the “decalogue” is the Ten Commandments. Baxter’s sample speeches are models, not scripts. Some practical counsels, such as how private conversations should be arranged or his remarks about the typical faults of men and women, reflect the customs and assumptions of seventeenth-century England; students should weigh them with care in their own setting.
L’œuvre que nous avons devant nous est si grande que ce serait mille fois dommage qu’elle soit détruite à sa naissance et périsse entre nos mains. Et bien que je sache que nous avons affaire à une génération difficile, et qu’il n’est au pouvoir d’aucun de nous de changer un cœur charnel sans l’opération efficace du Saint-Esprit, il est cependant si ordinaire à Dieu d’agir par des moyens et de bénir les justes efforts de ses serviteurs que je ne puis craindre autre chose sinon que de grandes choses s’accompliront et qu’un coup admirable sera porté au royaume des ténèbres par cette œuvre, si elle n’échoue par la faute des ministres eux-mêmes. Le principal danger vient du manque soit de diligence, soit d’habileté. Du premier, j’ai déjà beaucoup parlé. Quant au second, j’ai tellement conscience de ma propre maladresse que je suis loin de m’imaginer capable de donner des directions à d’autres qu’aux plus jeunes et aux moins expérimentés du ministère ; c’est pourquoi j’attends de vous assez de justice dans l’interprétation de mes paroles pour supposer que je ne m’adresse maintenant qu’à eux. Je dirai pourtant quelque chose, et ne passerai pas cette partie sous silence, parce que le nombre de ceux-là est si grand, et que je crains que le bien de l’Église et de la nation ne dépende beaucoup de la bonne conduite de cette œuvre.It is so great a work which we have before us, that it is a thousand pities it should be destroyed in the birth, and perish in our hands. And though I know that we have a knotty generation to deal with, and that it is past the power of any of us to change a carnal heart without the effectual operation of the Holy Ghost; yet it is so usual with God to work by means, and to bless the right endeavors of his servants, that I cannot fear but great things will be accomplished, and a wonderful blow will be given to the kingdom of darkness by this work, if it do not miscarry through the fault of the ministers themselves. The main danger arises from the want either of diligence, or of skill. Of the former, I have spoken much already. As to the latter, I am so conscious of my own unskilfulness, that I am far from imagining that I am fit to give directions to any but the younger and more inexperienced of the ministry; and, therefore, I expect so much justice in your interpretation of what I say, as that you will suppose me now to speak to none but such. But yet something I shall say, and not pass over this part in silence, because the number of such is so great; and I am apprehensive that the welfare of the Church and nation doth so much depend on the right management of this work.
Les points sur lesquels vous devez être attentifs sont ces deux-ci :The points as to which you need to be solicitous, are these two:
1. Amener votre peuple à se soumettre à cette méthode de catéchisation ou d’instruction privée ; car s’ils ne veulent pas venir à vous, ni vous permettre d’aller à eux, quel bien peuvent-ils recevoir ?1. To bring your people to submit to this course of private catechizing or instruction; for, if they will not come to you, or allow you to come to them, what good can they receive?
2. Faire l’œuvre de la manière la plus propre à en assurer le succès.2. To do the work in such a way as will most tend to the success of it.
ARTICLE 1ARTICLE 1
Je dois d’abord vous donner quelques directions pour amener votre peuple à se soumettre à cette méthode de catéchisation et d’instruction.I am first to give you some directions for bringing your people to submit to this course of catechizing and instruction.
1. Le principal moyen de tous est celui-ci : qu’un ministre se conduise de telle manière dans le cours général de sa vie et de son ministère qu’il convainque son peuple de sa capacité, de sa sincérité et de son amour sans feinte pour lui. Car s’ils le tiennent pour ignorant, ils mépriseront son enseignement et se croiront aussi sages que lui ; et s’ils le croient intéressé ou hypocrite, et comme quelqu’un qui ne pense pas ce qu’il dit, ils soupçonneront tout ce qu’il dit et fait pour eux et ne feront aucun cas de lui. Tandis que, s’ils sont convaincus qu’il comprend ce qu’il fait, et ont une haute idée de ses capacités, ils le respecteront et se plieront plus aisément à ses conseils ; et quand ils seront persuadés de sa droiture, ils soupçonneront moins ses propositions ; et quand ils verront qu’il ne poursuit aucune fin particulière qui lui soit propre, mais seulement leur bien, ils se laisseront plus volontiers persuader par lui. Et parce que ceux à qui j’écris sont supposés n’être pas des ministres parmi les plus capables, et peuvent donc désespérer d’être respectés pour leurs talents, je leur dirais : vous avez d’autant plus besoin d’étudier et de travailler pour les accroître ; et ce qui vous manque en capacité doit être compensé par d’autres qualités, et alors vos conseils pourront avoir autant de succès que ceux des autres.1. The chief means of all is this, for a minister so to conduct himself in the general course of his life and ministry, as to convince his people of his ability, sincerity, and unfeigned love to them. For if they take him to be ignorant, they will despise his teaching, and think themselves as wise as he; and if they think him self-seeking, or hypocritical, and one that doth not mean as he saith, they will suspect all he says and does for them, and will not regard him. Whereas, if they are convinced that he understandeth what he doth, and have high thoughts of his abilities, they will reverence him, and the more easily stoop to his advice; and when they are persuaded of his uprightness, they will the less suspect his motions; and when they perceive that he intendeth no private ends of his own, but merely their good, they will the more readily be persuaded by him. And because those to whom I write are supposed to be none of the ablest ministers, and may therefore despair of being reverenced for their parts, I would say to them, you have the more need to study and labor for their increase; and that which you want in ability, must be made up in other qualifications, and then your advice may be as successful as others.
Si les ministres consentaient à acquérir une place dans l’affection de leur peuple au prix le plus coûteux pour leur propre chair, s’ils condescendaient envers lui, s’ils étaient familiers, affectueux et prudents dans leur conduite, et s’ils abondaient, selon leurs moyens, en bonnes œuvres, ils pourraient faire avec leur peuple bien plus qu’ils ne font d’ordinaire ; non que nous devions faire grand cas d’une place dans son affection pour nous-mêmes, mais afin d’être plus capables de servir les intérêts de Christ et de favoriser son salut. Si ce n’était pour son bien à lui, il importerait peu qu’il nous aime ou nous haïsse ; mais quel commandant peut rendre un grand service avec une armée qui le hait ? Et comment pouvons-nous penser qu’il fera grand cas de nos conseils, tandis qu’il abhorre ou dédaigne les personnes qui les lui donnent ? Travaillez donc à obtenir une place suffisante dans l’estime et l’affection de votre peuple, et alors vous pourrez mieux l’emporter auprès de lui. Mais peut-être quelqu’un dira : que doit faire un ministre qui s’aperçoit qu’il a perdu l’affection de son peuple ? À cela je réponds : s’ils sont un peuple si vil qu’ils ne le haïssent pour aucune faiblesse ni aucune faute de sa part, mais seulement parce qu’il cherche leur bien, et qu’ils haïraient tout autre qui ferait son devoir, alors il doit continuer avec patience et douceur à « redresser les adversaires, dans l’espérance que Dieu leur donnera la repentance pour arriver à la connaissance de la vérité ». Mais si c’est à cause de quelque faiblesse de sa part, ou de différences sur des opinions secondaires, ou d’un préjugé contre sa personne, qu’il essaie d’abord d’ôter le préjugé par tous les moyens légitimes ; et s’il ne le peut, qu’il leur dise : « Ce n’est pas pour moi, mais pour vous que je travaille ; c’est pourquoi, puisque vous ne voulez pas obéir à la Parole de ma bouche, je vous prie de consentir à accepter quelqu’un d’autre qui puisse vous faire le bien que je ne puis vous faire » ; et qu’ainsi il les quitte, et essaie de voir si un autre homme ne leur conviendrait pas mieux, et s’il ne conviendrait pas mieux lui-même à un autre peuple. Car un homme de cœur peut difficilement rester avec un peuple contre son gré ; et un homme sincère le peut encore moins, pour quelque avantage personnel, demeurer dans un lieu où il risque d’être inutile et d’empêcher le bien qu’ils pourraient recevoir d’un autre homme qui aurait l’avantage d’une plus grande place dans leur affection et leur estime. 2. Cette préparation générale supposée, la chose suivante à faire est d’user des moyens les plus efficaces pour les convaincre de l’utilité et de la nécessité de cette méthode pour leurs propres âmes. Le moyen d’obtenir le consentement des gens à quoi que ce soit que vous proposiez est de prouver que c’est bon et profitable pour eux. Vous devez donc leur prêcher d’avance quelques sermons puissants et convaincants dans ce but, et leur montrer l’utilité et la nécessité de la connaissance des vérités divines en général, et de la connaissance des premiers principes en particulier ; et que les vieillards ont le même devoir et le même besoin que les autres, et à certains égards bien davantage ; par exemple, d’après Hébreux 5.12 : « Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d’une nourriture solide », ce qui nous fournit bien des observations appropriées à notre présent objet :If ministers were content to purchase an interest in the affections of their people at the dearest rates to their own flesh, and would condescend to them, and be familiar, and affectionate, and prudent in their carriage, and abound, according to their ability, in good works, they might do much more with their people than ordinarily they do; not that we should much regard an interest in them for our own sakes, but that we may be more capable of promoting the interest of Christ, and of furthering their salvation. Were it not for their own sakes, it were no great matter whether they love or hate us; but what commander can do any great service with an army that hates him? And how can we think that they will much regard our counsel, while they abhor or disregard the persons that give it them? Labour, therefore, for some competent interest in the estimation and affection of your people, and then you may the better prevail with them. But perhaps some will say, What should a minister do who finds he hath lost the affections of his people? To this I answer, If they be so vile a people, that they hate him not for any weakness, or misconduct of his, but merely for endeavoring their good, and would hate any other that should do his duty; then must he with patience and meekness continue to ‘instruct those that oppose themselves, if God peradventure will give them repentance to the acknowledgment of the truth.’ But if it be on account of any weakness of his, or difference about lesser opinions, or prejudice against his own person, let him first try to remove the prejudice by all lawful means; and if he cannot, let him say to them, ‘It is not for myself, but for you that I labor; and therefore, seeing that you will not obey the Word from me, I desire that you will agree to accept of some other that may do you that good which I cannot,’ and so leave them, and try whether another man may not be fitter for them, and he fitter for another people. For an ingenuous man can hardly stay with a people against their wills; and a sincere man can still more hardly, for any benefit of his own, remain in a place where he is like to be unprofitable, and to hinder the good which they might receive from another man, who hath the advantage of a greater interest in their affection and esteem. 2. Supposing this general preparation, the next thing to be done is, to use the most effectual means to convince them of the benefit and necessity of this course to their own souls. The way to win the consent of people to anything that you propose, is to prove that it is good and profitable for them. You must therefore preach to them some powerful convincing sermons to this purpose before hand, and show them the benefit and necessity of the knowledge of divine truths in general, and of knowing the first principles in particular; and that the aged have the same duty and need as others, and in some respects much more: e. g. from Hebrews 5:12: ‘For when for the time ye ought to be teachers, ye have need that one teach you again which be the first principles of the oracles of God; and are become such as have need of milk and not of strong meat,’ which affordeth us many observations suitable to our present object:
Ainsi :As,
(1) Les oracles de Dieu doivent être les leçons de l’homme.(1) That God’s oracles must be a man’s lessons.
(2) Les ministres doivent les enseigner, et le peuple doit les apprendre d’eux.(2) Ministers must teach these, and people must learn them from them.
(3) Les oracles de Dieu ont certains principes fondamentaux que tous doivent connaître s’ils veulent être sauvés.(3) The oracles of God have some fundamental principles, which all must know who wish to be saved.
(4) Ces principes doivent être appris en premier : c’est là le bon ordre.(4) These principles must be first learned: that is the right order.
(5) On peut raisonnablement attendre que le peuple progresse dans la connaissance selon les moyens d’instruction dont il dispose ; et s’il ne le fait pas, c’est un grand péché de sa part.(5) It may be reasonably expected that people should thrive in knowledge, according to the means of instruction which they possess; and if they do not, it is their great sin.
(6) Si certains ont vécu longtemps dans l’Église, sous les moyens de la connaissance, et ignorent pourtant ces premiers principes, ils ont besoin qu’on les leur enseigne encore, si âgés qu’ils soient.(6) If any have lived long in the church, under the means of knowledge, and yet are ignorant of these first principles, they have need to be yet taught them, how old soever they may be.
Tout cela ressort clairement du texte ; d’où nous avons une belle occasion de leur montrer, par de nombreuses raisons claires et convaincantes : premièrement, la nécessité de connaître les oracles de Dieu ; deuxièmement, et plus particulièrement, de connaître les principes fondamentaux ; troisièmement, et spécialement pour les vieillards, qui ont déjà coupablement perdu tant de temps, et qui ont si longtemps promis de se repentir quand ils seraient vieux ; qui devraient être les maîtres des jeunes, et dont l’ignorance est un double péché et une double honte ; qui ont maintenant si peu de temps pour apprendre, et sont si près de la mort et du jugement ; et qui ont des âmes à sauver ou à perdre aussi bien que les autres. Convainquez-les qu’il est impossible de suivre le chemin du ciel sans le connaître, quand il s’y trouve tant de difficultés et d’ennemis ; et quand les hommes ne peuvent faire leurs affaires temporelles sans connaissance, ni apprendre un métier sans apprentissage. Convainquez-les de la contradiction qu’il y a à être chrétien et à refuser pourtant d’apprendre ; car qu’est-ce qu’un chrétien, sinon un disciple de Christ ? Et comment peut-il être disciple de Christ, celui qui refuse d’être enseigné par lui ? Et celui qui refuse d’être enseigné par ses ministres refuse d’être enseigné par lui ; car Christ ne redescendra pas du ciel pour les enseigner de sa propre bouche, mais il a établi ses ministres pour tenir école et les enseigner sous lui. Dire donc qu’ils ne veulent pas être enseignés par ses ministres, c’est dire qu’ils ne veulent pas être enseignés par Christ ; et c’est dire qu’ils ne veulent pas être ses disciples, ou qu’ils ne sont pas chrétiens.All this is plain from the text; whence we have a fair opportunity, by many clear convincing reasons, to show them: First, The necessity of knowing God’s oracles. Secondly, And more especially of knowing the fundamental principles. Thirdly, And particularly for the aged, who have sinfully lost so much time already, and have so long promised to repent when they were old; who should be teachers of the young, and whose ignorance is a double sin and shame; who have now so little time in which to learn, and are so near to death and judgment; and who have souls to save or lose as well as others. Convince them how impossible it is to go the way to heaven without knowing it, when there are so many difficulties and enemies in the way; and when men cannot do their worldly business without knowledge, nor learn a trade without an apprenticeship. Convince them what a contradiction it is to be a Christian, and yet to refuse to learn; for what is a Christian but a disciple of Christ? And how can he be a disciple of Christ, that refuseth to be taught by him? And he that refuseth to be taught by his ministers, refuseth to be taught by him; for Christ will not come down from heaven again to teach them by his own mouth, but hath appointed his ministers to keep school and teach them under him. To say, therefore, that they will not be taught by his ministers, is to say, they will not be taught by Christ; and that is to say, they will not be his disciples, or no Christians.
Faites-leur comprendre que ce n’est pas une affaire arbitraire de notre invention et de notre imposition, mais que la nécessité nous en est imposée, et que, si nous ne veillons pas sur chaque membre du troupeau selon nos moyens, ils peuvent périr dans leur iniquité, mais leur sang nous sera redemandé. Montrez-leur que c’est Dieu, et non nous, qui est l’auteur et le prescripteur de cette œuvre ; et que par conséquent, en l’accusant, ils blâment Dieu plus que nous. Demandez-leur s’ils seraient assez cruels envers leur ministre pour souhaiter qu’il perde sa propre âme, sciemment et volontairement, de peur de les déranger en cherchant à empêcher leur damnation. Faites-leur bien connaître la nature de la charge du ministère et le besoin que l’Église en a ; comment elle consiste à enseigner et à conduire tout le troupeau ; et que, comme ils doivent venir à l’assemblée comme des écoliers à l’école, ainsi ils doivent consentir à rendre compte de ce qu’ils ont appris et à être davantage instruits, homme par homme. Faites-leur savoir combien cela tend à leur salut, quel emploi profitable de leur temps ce sera, et combien de vanité et de mal cela préviendra. Et quand ils verront une fois que c’est pour leur propre bien, ils y consentiront plus aisément.Make them understand that it is not an arbitrary business of our own devising and imposing; but that necessity is laid upon us, and that if we look not to every member of the flock according to our ability, they may perish in their iniquity; but their blood will be required at our hand. Show them that it is God, and not we, who is the contriver and imposer of the work; and that therefore they blame God more than us in accusing it. Ask them, would they be so cruel to their minister as to wish him to cast away his own soul, knowingly and wilfully, for fear of troubling them by trying to hinder their damnation? Acquaint them fully with the nature of the ministerial office, and the Church’s need of it; how it consisteth in teaching and guiding all the flock; and that, as they must come to the congregation, as scholars to school, so must they be content to give an account of what they have learned, and to be further instructed, man by man. Let them know what a tendency this hath to their salvation, what a profitable improvement it will be of their time, and how much vanity and evil it will prevent. And when they once find that it is for their own good, they will the more easily yield to it.
3. Cela fait, il sera très nécessaire que nous donnions l’un des catéchismes à chaque famille de la paroisse, riche ou pauvre, afin qu’elle soit sans excuse ; car si vous les laissez l’acheter eux-mêmes, peut-être la moitié ne se le procureront pas ; tandis que, lorsqu’on leur met des exemplaires entre les mains, le fait de les recevoir sera une sorte d’engagement à les apprendre ; et s’ils lisent seulement l’exhortation (comme il est probable qu’ils le feront), elle les convaincra peut-être et les poussera à se soumettre. Quant à leur distribution, le meilleur moyen est que le ministre annonce d’abord dans l’assemblée qu’on les portera dans leurs maisons, puis qu’il aille lui-même de maison en maison pour les remettre, et qu’il saisisse l’occasion de les persuader de cette œuvre ; et que, en faisant sa tournée, il dresse la liste de toutes les personnes arrivées à l’âge de discernement dans les diverses familles, afin de savoir de qui il doit prendre soin et qui il doit instruire, et qui il doit attendre quand viendra son tour. Autrefois, en distribuant d’autres livres parmi mon peuple, j’ai demandé à chaque famille de venir les chercher ; mais j’ai trouvé plus de confusion et d’incertitude de cette manière, et j’adopte maintenant celle-ci comme la meilleure méthode. Mais dans les petites assemblées, l’une ou l’autre peut convenir.3. When this is done, it will be very necessary that we give one of the catechisms to every family in the parish, whether rich or poor, that so they may be without excuse: for if you leave it to themselves to buy them, perhaps the half of them will not get them; whereas, when they have copies put into their hands, the receiving of them will be a kind of engagement to learn them; and if they do but read the exhortation (as it is likely they will), it will perhaps convince them and incite them to submit. As to the delivery of them, the best way is for the minister first to give notice in the congregation, that they shall be brought to their houses, and then to go himself from house to house and deliver them, and take the opportunity of persuading them to the work; and, as he goes round, to take a list of all the persons who have come to years of discretion in the several families, that he may know whom he has to take care of and instruct, and whom he has to expect when it cometh to their turn. I have formerly, in distributing some other books among my people, desired every family to call for them; but I found more confusion and uncertainty in that way, and now adopt this as the better method. But in small congregations, either way may do.
Quant à la dépense des catéchismes, si le ministre en a les moyens, il sera bon qu’il la supporte ; sinon, les mieux disposés de son peuple, parmi les plus riches, devraient la supporter entre eux. Ou bien, lors d’un jour d’humiliation, en préparation de l’œuvre, que la collecte faite pour les pauvres soit employée à acheter des catéchismes, et qu’on prie le peuple d’être plus généreux que d’ordinaire ; et ce qui manquera, ceux qui sont bien disposés envers l’œuvre pourront le compléter.As to the expense of the catechisms, if the minister be able, it will be well for him to bear it: if not, the best affected of his people of the richer sort should bear it among them. Or, on a day of humiliation, in preparation for the work, let the collection that is made for the poor be employed in buying catechisms, and the people be desired to be more liberal than ordinary; and what is wanting, the well-affected to the work may make up.
Quant à l’ordre à suivre, il sera nécessaire que nous prenions le peuple dans l’ordre, famille par famille, en commençant un mois ou six semaines après la distribution des catéchismes, afin qu’ils aient le temps de les apprendre. Et ainsi, les prenant tous en commun, ils seront plus disposés à venir, et les récalcitrants auront plus honte de se tenir à l’écart.As to the order of proceeding, it will be necessary that we take the people in order, family by family, beginning a month or six weeks after the delivery of the catechisms, that they may have time to learn them. And thus, taking them together in common, they will be the more willing to come, and the backward will be the more ashamed to keep off.
4. Ayez soin de les traiter avec douceur, et d’ôter tous les découragements aussi efficacement que vous le pourrez.4. Be sure that you deal gently with them, and take off all discouragements as effectually as you can.
(1) Dites-leur publiquement que, s’ils ont déjà appris quelque autre catéchisme, vous ne les presserez pas d’apprendre celui-ci, à moins qu’ils ne le désirent eux-mêmes ; car la substance de tous les catéchismes orthodoxes est la même ; et que votre seule raison de leur offrir celui-ci était sa brièveté et sa plénitude, afin de leur donner le plus possible en peu de mots et de leur rendre ainsi la tâche plus facile. Ou, si certains d’entre eux préfèrent apprendre un autre catéchisme, laissez-leur le choix.(1) Tell them publicly, that if they have learned any other catechism already, you will not urge them to learn this, unless they desire it themselves: for the substance of all catechisms that are orthodox is the same; only that your reason for offering them this was its brevity and fullness that you might give them as much as possible in few words, and so make their work more easy. Or, if any of them would rather learn some other catechism, let them have their choice.
(2) Quant aux vieillards qui ont la mémoire faible, qui ne vivront probablement plus longtemps dans le monde, et qui se plaignent de ne pouvoir retenir les mots, dites-leur que vous n’attendez pas qu’ils se tourmentent trop l’esprit à ce sujet, mais qu’ils l’entendent souvent lire, qu’ils veillent à le comprendre, et qu’ils fassent entrer la matière dans leur esprit et dans leur cœur ; et alors on pourra les supporter, même s’ils ne retiennent pas les mots.(2) As for the old people who are of weak memories, and not likely to live long in the world, and who complain that they cannot remember the words; tell them that you do not expect them to perplex their minds overmuch about it, but to hear it often read over, and to see that they understand it, and to get the matter into their minds and hearts; and then they may be borne with, though they remember not the words.
(3) Que votre manière d’agir avec ceux par qui vous commencez soit si douce, si convaincante et si engageante que le bruit qui s’en répandra encourage les autres à venir.(3) Let your dealing with those you begin with be so gentle, convincing, and winning, that the report of it may be an encouragement to others to come.
5. Enfin, si tout cela ne suffit pas pour amener certaines personnes à se soumettre, ne les rejetez pas ; mais allez vers elles et raisonnez avec elles, apprenez quelles sont leurs raisons, et convainquez-les de ce qu’il y a de coupable et de dangereux à négliger l’aide qui leur est offerte. Une âme est si précieuse que nous ne devons pas en perdre une seule faute de travail, mais la poursuivre tant qu’il reste quelque espérance, et ne pas l’abandonner comme désespérée avant qu’il n’y ait plus de remède. Avant de les abandonner, essayons tout ce qui est possible, afin d’avoir l’expérience de leur mépris obstiné pour justifier que nous les laissions. La charité supporte tout et attend longtemps.5. Lastly, If all this will not serve to bring any particular persons to submit, do not cast them off; but go to them and expostulate with them, and learn what their reasons are, and convince them of the sinfulness and danger of their neglect of the help that is offered them. A soul is so precious that we should not lose one for want of labor, but follow them while there is any hope, and not give them up as desperate, till there be no remedy. Before we give them over, let us try the utmost, that we may have the experience of their obstinate contempt, to warrant our forsaking them. Charity beareth and waiteth long.
ARTICLE 2ARTICLE 2
Ayant usé de ces moyens pour les amener à venir et à se soumettre à vos instructions, nous devons considérer maintenant comment vous pouvez agir le plus efficacement avec eux dans l’œuvre. Et je dois dire de nouveau que je trouve bien plus facile de composer et de prêcher un bon sermon que de s’y prendre comme il faut avec un homme ignorant pour l’instruire dans les principes les plus essentiels de la religion. Si méprisée que soit cette œuvre par certains, je ne doute pas qu’elle n’éprouve les dons et l’esprit des ministres, et ne vous montre la différence entre un homme et un autre plus pleinement que la prédication ne le fera. Et ici, comme il convient à mon dessein, je transcrirai les paroles d’un homme très savant, orthodoxe et pieux, l’archevêque Ussher, dans son sermon devant le roi Jacques à Wanstead sur Éphésiens 4.13 : « Le soin de Votre Majesté ne pourra jamais être assez loué, d’avoir ordonné que les principaux points du catéchisme soient diligemment proposés et expliqués au peuple, dans le ministère ordinaire, par tout le pays ; ce que je souhaiterais voir exécuté partout aussi fidèlement que vous l’avez pieusement voulu. De grands savants penseront peut-être qu’il ne s’accorde pas si bien avec leur réputation de s’abaisser ainsi, et de consacrer tant de leur temps à enseigner ces rudiments et ces premiers principes de la doctrine de Christ ; mais ils devraient considérer que poser habilement le fondement, de même que c’est la chose la plus importante de tout l’édifice, est aussi le chef-d’œuvre même du plus sage bâtisseur. “Selon la grâce de Dieu qui m’a été donnée, j’ai posé le fondement comme un sage architecte”, dit le grand apôtre. Et que le plus savant d’entre nous en fasse l’essai quand il lui plaira : nous trouverons que poser comme il faut ce fondement (c’est-à-dire nous accommoder à la capacité de l’auditoire commun, et faire comprendre dans une bonne mesure ces mystères à un homme ignorant) mettra notre habileté à l’épreuve et nous donnera bien plus de peine que s’il nous fallait discuter une controverse ou traiter un point subtil de savoir dans les écoles. Cependant, Christ a donné ses apôtres, ses prophètes et ses évangélistes aussi bien que ses pasteurs et docteurs ordinaires pour nous amener tous, savants et ignorants, à l’unité de cette foi et de cette connaissance ; et négliger cela, c’est frustrer toute l’œuvre du ministère. Car nous aurons beau prêcher au peuple autant de sermons qu’on voudra, notre travail est perdu tant que le fondement n’est pas posé, et que ne sont pas enseignés les premiers principes sur lesquels toute autre doctrine doit être bâtie. »Having used these means to procure them to come and submit to your instructions, we are next to consider how you may deal most effectually with them in the work. And again I must say, that I think it an easier matter by far to compose and preach a good sermon, than to deal rightly with an ignorant man for his instruction in the more essential principles of religion. As much as this work is contemned by some, I doubt not it will try the gifts and spirit of ministers, and show you the difference between one man and another, more fully than preaching will do. And here I shall, as fitting my purpose, transcribe the words of a most learned, orthodox, and godly man, Archbishop Ussher, in his sermon before King James at Wanstead on Ephesians 4:13: ‘Your Majesty’s care can never be sufficiently commended, in taking order that the chief heads of the catechism should, in the ordinary ministry, be diligently propounded and explained unto the people throughout the land; which I wish were as duly executed every where, as it was piously by you intended. ‘Great scholars possibly may think, that it standeth not so well with their credit to stoop thus low, and to spend so much of their time in teaching these rudiments and first principles of the doctrine of Christ; but they should consider, that the laying of the foundation skilfully, as it is the matter of greatest importance in the whole building, so is it the very masterpiece of the wisest-building. "According to the grace of God which is given unto me, as a wise master-builder, I have laid the foundation," saith the great apostle. And let the most learned of us all try it whenever we please, we shall find, that to lay this groundwork rightly, (that is, to apply ourselves to the capacity of the common auditory, and to make an ignorant man to understand these mysteries in some good measure) will put us to the trial of our skill, and trouble us a great deal more, than if we were to discuss a controversy, or handle a subtle point of learning in the schools. Yet Christ did give as well his apostles, and prophets, and evangelists, as his ordinary pastors and teachers, to bring us all, both learned and unlearned, unto the unity of this faith and knowledge; and the neglecting of this is the frustrating of the whole work of the ministry. For, let us preach never so many sermons to the people, our labor is but lost, as long as the foundation is unlaid, and the first principles untaught, upon which all other doctrine must be builded.’
Les directions que je crois nécessaire de donner pour la bonne conduite de l’œuvre sont les suivantes :The directions which I think it necessary to give for the right managing of the work, are the following:
1. Quand votre peuple vient à vous, une famille ou plusieurs, commencez par une brève préface, pour adoucir leurs esprits et ôter toute offense, toute répugnance ou tout découragement, et pour les préparer à recevoir vos instructions. « Mes amis, pouvez-vous dire, il semblera peut-être à certains d’entre vous que je vous impose une affaire inhabituelle et fâcheuse ; mais j’espère que vous ne la jugerez pas inutile ; car si je l’avais jugée telle, je vous aurais épargné, à vous et à moi, cette peine. Mais ma conscience m’a dit, oui, Dieu m’a dit dans sa Parole, si solennellement, ce que c’est que d’avoir la charge des âmes, et comment le sang de ceux qui périssent sera redemandé au ministre qui les néglige, que je n’ose m’en rendre coupable comme je l’ai été jusqu’ici. Hélas ! toute notre affaire en ce monde est de bien parvenir au ciel ; et Dieu nous a établis pour être les guides de son peuple, pour l’aider à y arriver sain et sauf. Si cela est bien fait, tout est fait ; et si cela n’est pas fait, nous sommes perdus pour toujours. Le Seigneur sait combien peu de temps vous et moi pourrons être ensemble ; il nous importe donc de faire ce que nous pouvons pour notre salut et pour le vôtre avant que je ne vous quitte ou que vous ne quittiez le monde. Toutes les autres affaires du monde ne sont que jouets et songes en comparaison de celle-ci. Les travaux de votre métier ne servent qu’à étayer une chaumière d’argile, tandis que vos âmes se hâtent vers la mort et le jugement, qui sont peut-être déjà tout proches. J’espère donc que vous serez heureux d’être aidés dans une œuvre si nécessaire, et que vous ne trouverez pas excessif que je vous donne cette peine, quand les bagatelles du monde ne peuvent s’obtenir sans une peine bien plus grande. » Ceci, ou quelque chose de semblable, peut contribuer à les rendre plus disposés à vous écouter, à recevoir l’instruction et à vous rendre quelque compte de leur connaissance et de leur pratique.1. When your people come to you, one family or more, begin with a brief preface, to mollify their minds and to take off all offense, unwillingness, or discouragement, and to prepare them for receiving your instructions. ‘My friends,’ you may say, ‘it may perhaps seem to some of you an unusual and a troublesome business that I put you upon; but I hope you will not think it needless: for if I had thought so, I would have spared both you and myself this labor. But my conscience hath told me, yea, God hath told me in his Word, so solemnly, what it is to have the charge of souls, and how the blood of them that perish will be required at the hands of a minister that neglecteth them, that I dare not be guilty of it as I have hitherto been. Alas! all our business in this world is to get well to heaven; and God hath appointed us to be guides to his people, to help them safe thither. If this be well done, all is done; and if this be not done, we are for ever undone. The Lord knows how short a time you and I may be together; and therefore it concerns us to do what we can for our own and your salvation before we leave you, or you leave the world. All other business in the world is but as toys and dreams in comparison of this. The labors of your calling are but to prop up a cottage of clay, while your souls are hastening to death and judgment, which may even now be near at hand. I hope, therefore, you will be glad of help in so needful a work, and not think it much that I put you to this trouble, when the trifles of the world cannot be got without much greater trouble.’ This, or something to this purpose, may tend to make them more willing to hear you, and receive instruction, and to give you some account of their knowledge and practice.
2. Quand vous leur aurez ainsi parlé à tous, prenez-les un par un, et traitez avec eux autant que vous le pourrez en privé, hors de la portée de l’oreille des autres ; car certains ne peuvent parler librement devant d’autres, et certains ne supporteront pas d’être interrogés devant d’autres, parce qu’ils pensent qu’il sera honteux pour eux que d’autres entendent leurs réponses ; et certaines personnes qui peuvent elles-mêmes donner de meilleures réponses seront prêtes, une fois parties, à parler de ce qu’elles ont entendu et à discréditer ceux qui ne parlent pas aussi bien qu’elles ; et ainsi les gens se décourageront, et ceux qui sont réticents à cet exercice auront des prétextes pour s’en abstenir et l’abandonner, et pour dire : « Ils ne viendront pas pour être un objet de mépris et de risée. » Vous devez donc prendre grand soin de prévenir tous ces inconvénients. Mais la raison principale est que, comme je le constate par expérience, les gens acceptent mieux un traitement franc et serré au sujet de leur péché, de leur misère et de leur devoir quand vous les avez seuls que devant d’autres ; et si vous n’avez pas l’occasion de faire pénétrer la vérité et de traiter librement avec leur conscience, vous ferez tout échouer. Si donc vous avez un lieu commode, que les autres restent dans une pièce, tandis que vous vous entretenez avec chaque personne seule dans une autre ; seulement, pour éviter le scandale, nous ne devons parler aux femmes qu’en présence de quelques autres personnes ; et si nous perdons par là quelque avantage, il n’y a pas de remède. Mieux vaut agir ainsi que, en donnant aux malveillants occasion de reproche, détruire toute l’œuvre. Nous pouvons cependant nous arranger de telle sorte que, même si d’autres sont dans la pièce, les choses qu’il convient moins qu’ils entendent soient dites à voix basse pour qu’ils ne les entendent pas ; on peut donc les placer à l’extrémité la plus éloignée de la pièce ; ou du moins, qu’il n’y ait de présents que les membres de la même famille, qui sont plus familiers entre eux et moins portés à se faire des reproches les uns aux autres. Et puis, dans vos examens et vos réprimandes les plus pressants, occupez-vous surtout des ignorants, des insouciants et des vicieux, afin d’avoir un fondement plus clair pour votre traitement serré, et que le fait de l’entendre réveille les assistants, à qui vous ne semblez pas l’appliquer aussi directement. Ces petites choses méritent attention, parce qu’elles sont ordonnées à une œuvre qui n’est pas petite ; et de petites erreurs peuvent empêcher beaucoup de bien.2. When you have spoken thus to them all, take them one by one, and deal with them as far as you can in private, out of the hearing of the rest; for some cannot speak freely before others, and some will not endure to be questioned before others, because they think that it will tend to their shame to have others hear their answers; and some persons that can make better answers themselves, will be ready, when they are gone, to talk of what they heard, and to disgrace those that speak not so well as themselves; and so people will be discouraged, and persons who are backward to the exercise, will have pretences to forbear and forsake it, and to say, ‘They will not come to be made a scorn and a laughingstock.’ You must, therefore, be very careful to prevent all these inconveniences. But the main reason is, as I find by experience, people will better take plain close dealing about their sin, and misery, and duty, when you have them alone, than they will before others; and, if you have not an opportunity to set home the truth, and to deal freely with their consciences, you will frustrate all. If, therefore, you have a convenient place, let the rest stay in one room, while you confer with each person by himself in another room; only, in order to avoid scandal, we must speak to the women only in presence of some others; and, if we lose some advantage by this there is no remedy. It is better to do so, than, by giving occasion of reproach to the malicious, to destroy all the work. Yet we may so contrive it, that, though some others be in the room, yet what things are less fit for their observance may be spoken in a low voice that they may not hear it; and therefore they may be placed at the remotest part of the room; or, at least, let none be present but the members of the same family, who are more familiar with each other, and not so likely to reproach one another. And then, in your most rousing examinations and reproofs, deal most with the ignorant, secure, and vicious, that you may have the clearer ground for your close dealing, and the hearing of it may awaken the bystanders, to whom you seem not so directly to apply it. These small things deserve attention, because they are in order to a work that is not small; and small errors may hinder a great deal of good.
3. Commencez votre œuvre en vous faisant rendre compte de ce qu’ils ont appris des mots du catéchisme, et en recevant leur réponse à chaque question ; et s’ils ne peuvent en réciter que peu de chose ou rien, voyez s’ils peuvent réciter le Credo et le Décalogue.3. Begin your work by taking an account of what they have learned of the words of the catechism, and receiving their answer to each question; and, if they are able to repeat but little or none of it, try whether they can rehearse the creed and the decalogue.
4. Puis choisissez quelques-uns des points les plus importants, et éprouvez, par d’autres questions, jusqu’où ils les comprennent. Et en cela, prenez garde aux choses suivantes :4. Then choose out some of the weightiest points, and try, by further questions, how far they understand them. And therein be careful of the following things:
(1) Ne commencez pas par les points les moins nécessaires, mais par ceux dont ils peuvent percevoir eux-mêmes qu’ils les concernent de plus près. Par exemple : « Que pensez-vous que deviennent les hommes quand ils meurent ? Que deviendrons-nous après la fin du monde ? Croyez-vous que vous avez quelque péché, ou que vous êtes né avec le péché ? Que mérite tout péché ? Quel remède Dieu a-t-il préparé pour sauver les âmes pécheresses et misérables ? Quelqu’un a-t-il souffert pour nos péchés à notre place, ou devons-nous en souffrir nous-mêmes ? Qui sont ceux que Dieu pardonnera, et qui sera sauvé par le sang de Christ ? Quel changement doit s’opérer en tous ceux qui seront sauvés, et comment ce changement s’accomplit-il ? En quoi consiste notre principal bonheur ? Et à quoi notre cœur doit-il le plus s’attacher ? » Et d’autres questions semblables.(1) That you do not begin with less necessary points, but with those which they themselves may perceive most nearly concern them. For example: ‘What do you think becomes of men when they die? What shall become of us after the end of the world? Do you believe that you have any sin; or that you were born with sin? What doth every sin deserve? What remedy hath God provided for the saving of sinful, miserable souls? Hath any one suffered for our sins in our stead; or must we suffer for them ourselves? Who are they that God will pardon; and who shall be saved by the blood of Christ? What change must be made on all who shall be saved; and how is this change effected? Wherein lies our chief happiness? And what is it that our hearts must be most set upon?’ And such like other questions.
(2) Gardez-vous de leur poser des questions subtiles, inutiles, douteuses ou très difficiles, même sur des matières qui sont en elles-mêmes du plus grand poids. Certaines personnes infatuées d’elles-mêmes s’occuperont autant de telles questions, auxquelles elles ne peuvent répondre elles-mêmes, et censureront autant les pauvres gens qui ne peuvent y répondre, que si la vie et la mort en dépendaient.(2) Beware of asking them nice, or needless, or doubtful, or very difficult questions, though about those matters that are of greatest weight in themselves. Some self-conceited persons will be as busy with such questions which they cannot answer themselves, and as censorious of the poor people that cannot answer them, as if life and death depended on them.
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(3) Formulez vos questions de manière qu’ils comprennent ce que vous voulez dire, et que ce n’est pas une définition subtile, mais simplement une réponse, que vous attendez ; et ne cherchez pas des mots, mais des choses, laissez-les même répondre par un simple oui ou non, ou par le seul choix entre deux descriptions que vous aurez vous-mêmes proposées. Par exemple : « Qu’est-ce que Dieu ? Est-il fait de chair et de sang, comme nous, ou est-il un Esprit invisible ? Est-il un homme, ou non ? A-t-il eu un commencement ? Peut-il mourir ? Qu’est-ce que la foi ? Est-ce croire toute la Parole de Dieu ? Qu’est-ce que croire en Christ ? Est-ce la même chose que devenir un vrai chrétien, ou croire que Christ est le Sauveur des pécheurs, et se confier en lui comme en votre Sauveur pour vous pardonner, vous sanctifier, vous gouverner et vous glorifier ? Qu’est-ce que la repentance ? Est-ce seulement s’affliger du péché, ou est-ce le changement de l’esprit, du péché vers Dieu, et l’abandon du péché ? ou comprend-elle l’un et l’autre ? »(3) So contrive your questions, that they may perceive what you mean, and that it is not a nice definition, but simply a solution, that you expect; and look not after words, but things, and even leave them to a bare Yes, or No, or the mere election of one of the two descriptions which you yourself may have propounded. For example: ‘What is God? Is he made of flesh and blood, as we are; or is he an invisible Spirit? Is he a man, or is he not? Had he any beginning? Can he die? What is faith? Is it a believing all the Word of God? What is it to believe in Christ? Is it all one as to become a true Christian or to believe that Christ is the Savior of sinners, and to trust in him, as your Savior, to pardon, sanctify, govern, and glorify you? What is repentance? Is it only to be sorry for sin or is it the change of the mind from sin to God, and a forsaking of it? or does it include both?’
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(5) Si vous les trouvez embarrassés et incapables de répondre à vos questions, ne les pressez pas trop fort ni trop longtemps de question en question, de peur qu’ils ne pensent que vous voulez seulement les embrouiller et les couvrir de honte ; mais quand vous voyez qu’ils ne peuvent répondre, intervenez vous-même, déchargez-les du fardeau et répondez vous-même à la question ; faites-le à fond et clairement, et donnez-leur une explication complète de toute la vérité, afin que, par votre enseignement, ils soient amenés à la comprendre avant que vous ne les quittiez. Et en cela il est généralement nécessaire de reprendre la matière depuis le commencement et de la suivre dans l’ordre, jusqu’à ce que vous arriviez au point en question.(5) If you find them at a loss, and unable to answer your questions, do not drive them too hard, or too long, with question after question, lest they conceive you intend only to puzzle them, and disgrace them; but when you perceive that they cannot answer, step in yourself, and take the burden off them, and answer the question yourselves; and do it thoroughly and plainly, and give a full explanation of the whole truth to them, that, by your teaching, they may be brought to understand it before you leave them. And herein it is commonly necessary that you fetch up the matter from the beginning, and take it in order, till you come to the point in question.
5. Quand vous aurez fait ce que vous jugez à propos pour éprouver leur connaissance, passez ensuite à les instruire vous-mêmes, et cela selon leurs diverses capacités. Si c’est un chrétien de profession qui comprend les principes fondamentaux de la religion, abordez quelque chose dont vous voyez qu’il a le plus besoin, soit en expliquant davantage quelques-uns des mystères de l’Évangile, soit en posant les fondements de quelque devoir dont il pourrait douter, soit en montrant la nécessité de ce qu’il néglige, soit en relevant ses péchés ou ses erreurs, selon ce qui sera le plus convaincant et le plus édifiant pour lui. Si, au contraire, c’est quelqu’un de grossièrement ignorant, faites-lui en peu de mots un exposé simple et familier de la somme de la religion chrétienne ; car, bien qu’elle soit déjà dans le catéchisme, une manière plus familière peut mieux l’aider à la comprendre. Ainsi : « Vous devez savoir que de toute éternité il y a eu un seul Dieu, qui n’a pas eu de commencement et n’aura pas de fin, qui n’est pas un corps comme nous, mais un Être très pur et spirituel, qui sait toutes choses et peut toutes choses, et qui a en lui-même toute bonté et toute félicité. Ce Dieu est un seul, et pourtant trois Personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, d’une manière qui dépasse notre intelligence. Et vous devez savoir que ce Dieu unique a fait tout le monde par sa Parole ; il a fait les cieux pour être le lieu de sa gloire, et une multitude de saints anges pour le servir. Mais quelques-uns d’entre eux, par orgueil ou par quelque autre péché, sont déchus de leur haut état, sont devenus des démons, et seront malheureux pour toujours. Quand il eut créé la terre, il fit l’homme comme sa plus noble créature ici-bas, un seul homme et une seule femme, Adam et Ève ; il les fit parfaits, sans aucun péché, les mit dans le jardin d’Éden, leur défendit de manger d’un arbre du jardin, et leur dit que, s’ils en mangeaient, ils mourraient. Mais le diable, qui était d’abord tombé lui-même, les tenta pour les faire pécher ; ils cédèrent à sa tentation, et tombèrent ainsi sous la malédiction de la loi de Dieu. Mais Dieu, dans son infinie sagesse et sa miséricorde, envoya son propre Fils, Jésus-Christ, pour être leur Rédempteur ; lequel, lorsque les temps furent accomplis, se fit homme, né d’une vierge par la puissance du Saint-Esprit, et vécut sur la terre parmi les Juifs environ trente-trois ans, pendant lesquels il prêcha lui-même l’Évangile et fit beaucoup de miracles pour prouver sa doctrine, guérissant les boiteux, les aveugles, les malades, et ressuscitant les morts par sa puissance divine ; et à la fin il fut offert sur la croix en sacrifice pour nos péchés, pour porter cette malédiction que nous aurions dû porter. »5. When you have done what you see cause in the trial of their knowledge, proceed next to instruct them yourselves, and this must be according to their several capacities. If it be a professor that understandeth the fundamental principles of religion, fall upon somewhat which you perceive that he most needeth, either explaining further some of the mysteries of the gospel, or laying the grounds of some duty which he may doubt of, or showing the necessity of what he neglecteth, or pointing out his sins or mistakes, as may be most convincing and edifying to him. If, on the other hand, it be one who is grossly ignorant, give him a plain, familiar recital of the sum of the Christian religion in a few words; for though it be in the catechism already, yet a more familiar way may better help him to understand it. Thus: ‘You must know, that from everlasting there was one God, who had no beginning, and will have no end, who is not a body as we are, but a most pure, spiritual Being, that knoweth all things, and can do all things; and hath all goodness and blessedness in himself. This God is but one, but yet Three Persons, the Father, the Son, and Holy Ghost, in a manner that is above our understanding. And you must know, that this one God did make all the world by his Word; the heavens he made to be the place of his glory, and a multitude of holy angels to serve him. But some of these did, by pride or some other sin, fall from their high estate, and are become devils, and shall be miserable for ever. When he had created the earth, he made man, as his noblest creature here below, even one man and one woman, Adam and Eve; and he made them perfect, without any sin, and put them into the garden of Eden, and forbade them to eat of one tree in the garden, and told them that if they ate of it they should die. But the devil, who had first fallen himself, did tempt them to sin, and they yielded to his temptation, and thus fell under the curse of God’s law. But God, of his infinite wisdom and mercy, did send his own Son, Jesus Christ, to be their Redeemer, who, in the fullness of time, was made man, being born of a virgin, by the power of the Holy Ghost, and lived on earth, among the Jews, about thirty-three years, during which time he preached the gospel himself, and wrought many miracles to prove his doctrine, healing the lame, the blind, the sick, and raising the dead by his Divine power; and in the end he was offered upon the cross as a sacrifice for our sins to bear that curse which we should have borne.
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7. Si cependant, soit par une découverte antérieure d’une ignorance grossière, soit par ces dernières enquêtes sur son état spirituel, vous avez discerné une probabilité apparente que la personne est encore dans un état non converti, votre tâche suivante est d’employer toute votre habileté pour amener son cœur à sentir sa condition. Par exemple : « En vérité, mes amis, je n’ai aucune intention, le Seigneur le sait, de rendre votre condition pire qu’elle n’est, ni de vous causer sans motif aucune crainte ni aucun trouble ; mais je suppose que vous me tiendriez pour un ennemi perfide, et non pour un ministre fidèle, si je vous flattais au lieu de vous dire la vérité. Si vous cherchez un médecin dans votre maladie, vous voudriez qu’il vous dise la vérité, fût-elle la pire. Combien plus ici ! Car là, la connaissance de votre maladie peut, par vos craintes, l’aggraver ; mais ici vous devez la connaître, sinon vous ne pourrez jamais en être guéri. Je crains fort que vous ne soyez encore étranger à la vie chrétienne. Car si vous étiez vraiment chrétien et réellement converti, votre cœur même serait attaché à Dieu et à la vie à venir, et vous feriez votre principale affaire de vous préparer au bonheur éternel ; et vous n’oseriez pas, vous ne voudriez pas, vivre dans aucun péché volontaire, ni dans la négligence d’aucun devoir connu.7. If, however, you have, either by former discovery of gross ignorance, or by these later inquiries into his spiritual state, discerned an apparent probability that the person is yet in an unconverted state, your next business is, to employ all your skill to bring his heart to a sense of his condition. For example: ‘Truly, my friends, I have no mind, the Lord knows, to make your condition worse than it is, nor to occasion you any causeless fear or trouble; but, I suppose, you would account me a treacherous enemy, and not a faithful minister, if I should flatter you, and not tell you the truth. If you seek a physician in your sickness, you would have him tell you the truth, though it were the worst. Much more here! For there the knowledge of your disease may, by your fears, increase it; but here you must know it, or else you can never be recovered from it. I much fear that you are yet a stranger to the Christian life. For if you we’re a Christian indeed, and truly converted, your very heart would be set on God and the life to come, and you would make it your chief business to prepare for everlasting happiness; and you durst not, you would not, live in any wilful sin, nor in the neglect of any known duty.
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Faites pénétrer ces choses avec un sérieux particulier ; car si vous n’atteignez pas le cœur, vous ne faites que peu ou rien ; et ce qui ne touche pas est vite oublié.Set these things home with a peculiar earnestness; for if you get not to the heart, you do little or nothing; and that which affecteth not is soon forgotten.
8. Concluez le tout par une exhortation pratique, qui doit comprendre deux parties : premièrement, le devoir de croire en Christ ; et deuxièmement, celui d’user à l’avenir des moyens extérieurs de grâce et d’éviter les péchés passés. Par exemple : « Mon ami, je suis profondément affligé de vous trouver dans un si triste état, mais je le serais davantage de vous y laisser ; c’est pourquoi permettez-moi de vous supplier, pour l’amour du Seigneur et pour votre propre bien, de prendre garde à ce que je vais vous dire pour le temps à venir. C’est par la grande miséricorde du Seigneur qu’il ne vous a pas retranché dans votre état non converti, que vous avez encore la vie et le temps, qu’un remède vous est préparé dans le sang de Christ, et que le pardon, la sanctification et la vie éternelle vous sont offerts aussi bien qu’aux autres. Dieu n’a pas abandonné l’homme pécheur à une destruction totale, comme il l’a fait pour les démons ; et il n’a fait, dans l’offre du pardon et de la vie éternelle, aucune exception contre vous plus que contre aucun autre.8. Conclude the whole with a practical exhortation, which must contain two parts; first, the duty of believing in Christ; and secondly, of using the external means of grace for the time to come, and the avoiding of former sins. For example: ‘My friend, I am heartily sorry to find you in so sad a case, but I should be more sorry to leave you in it, and therefore let me entreat you, for the Lord’s sake, and for your own sake, to regard what I shall say to you, as to the time to come. It is of the Lord’s great mercy that he did not cut you off in your unconverted state, and that you have yet life and time, and that there is a remedy provided for you in the blood of Christ, and that pardon and sanctification and everlasting life are offered to you as well as to others. God hath not left sinful man to utter destruction, as he hath done the devils; nor hath he made any exception in the offer of pardon and eternal life against you any more than against any other.
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« Ma dernière demande est que vous vous appliquiez à user diligemment des moyens de grâce jusqu’à ce que ce changement soit opéré, et qu’ensuite vous continuiez à en user jusqu’à ce que vous soyez affermi et enfin rendu parfait.‘My last request to you is, that you will set yourself to the diligent use of the means of grace till this change be wrought, and then continue the use of these means till you are confirmed, and at last perfected.
(1) Comme vous ne pouvez de vous-même opérer ce changement dans votre cœur et dans votre vie, adressez-vous chaque jour à Dieu dans la prière, et suppliez-le ardemment, comme pour votre vie, de pardonner tous vos péchés, de changer votre cœur et de vous montrer les richesses de sa grâce en Christ et la gloire de son royaume. Poursuivez Dieu jour et nuit de ces requêtes.(1) As you cannot of yourself effect this change upon your heart and life, betake yourself daily to God in prayer, and beg earnestly, as for your life, that he will pardon all your sins, and change your heart, and show you the riches of his grace in Christ, and the glory of his kingdom. Follow God day and night with these requests.
(2) Fuyez les tentations et les occasions de péché, abandonnez vos anciennes mauvaises compagnies, et recherchez la compagnie de ceux qui craignent Dieu et qui vous aideront sur le chemin du ciel.(2) Fly from temptations and occasions of sin, and forsake your former evil company, and betake yourself to the company of those that fear God, and will help you in the way to heaven.
(3) Ayez un soin particulier de passer le jour du Seigneur dans de saints exercices, publics et privés, et ne perdez pas un quart d’heure de votre temps, mais surtout de ce temps si précieux que Dieu vous a donné tout exprès afin que vous fixiez votre esprit sur lui, que vous soyez instruit par lui et que vous vous prépariez à votre fin dernière. Que dites-vous de ces choses ? Le ferez-vous dès maintenant, ou du moins autant que vous le pourrez ? Me ferez-vous une promesse en ce sens, et vous appliquerez-vous désormais à la tenir ? »(3) Be specially careful to spend the Lord’s day in holy exercises, both public and private, and lose not one quarter of an hour of any of your time; but especially of that most precious time which God hath given you purposely, that you may set your mind upon him, and be instructed by him, and prepare yourself for your latter end. What say you to these things? Will you do this presently, or at least so much of it as you can? Will you give me a promise to this effect, and study henceforth to keep that promise?’
Et ici, ayez soin, si vous le pouvez, d’obtenir leur promesse et de les engager à s’amender, surtout à user des moyens de grâce, à changer de compagnie et à abandonner leurs péchés, parce que ces choses sont davantage à leur portée ; et de cette manière ils peuvent attendre l’accomplissement de ce changement qui n’est pas encore opéré. Et faites-le solennellement, en leur rappelant la présence de Dieu qui entend leurs promesses et qui en attendra l’exécution ; et quand vous en aurez ensuite l’occasion, vous pourrez leur rappeler leur promesse.And here be sure, if you can, to get their promise, and engage them to amendment, especially to use the means of grace, and to change their company, and to forsake their sins, because these are more within their reach; and in this way they may wait for the accomplishing of that change that is not yet wrought. And do this solemnly, reminding them of the presence of God who heareth their promises, and who will expect the performance of them; and when you afterward have opportunity, you may remind them of their promise.
9. En les congédiant, faites ces deux choses :9. At the dismissing of them, do these two things:
(1) Adoucissez de nouveau leurs esprits par quelques mots, en écartant tout ce qui pourrait ressembler à une offense. Par exemple : « Je vous prie de ne pas trouver mauvais que je vous aie donné cette peine, ou que j’aie agi si librement avec vous. Cela me fait aussi peu de plaisir qu’à vous. Si je ne savais que ces choses sont vraies et nécessaires, je me serais épargné cette peine, à moi et à vous ; mais je sais que nous ne serons ici ensemble que peu de temps : nous sommes déjà presque dans le monde à venir ; il est donc temps que nous regardions tous autour de nous, et que nous veillions à être prêts quand Dieu nous appellera. »(1) Mollify their minds again by a few words, deprecating anything like offense. For example: ‘I pray you, take it not ill that I have put you to this trouble, or dealt thus freely with you. It is as little pleasure to me as to you. If I did not know these things to be true and necessary, I would have spared this labor to myself and you; but I know that we shall be here together but a little while: We are almost at the world to come already; and therefore it is time for us all to look about us, and see that we be ready when God shall call us.’
(2) Comme vous n’aurez peut-être pas de sitôt l’occasion de parler avec les mêmes personnes, mettez-les sur la voie d’achever ce que vous avez commencé. Engagez le chef de chaque famille à réunir toute sa famille chaque jour du Seigneur pour réciter ce qu’ils ont appris du catéchisme, et à continuer cette pratique jusqu’à ce qu’ils l’aient tous parfaitement appris ; et quand ce sera fait, à continuer de le leur faire réciter régulièrement, afin qu’ils ne l’oublient pas ; car, même pour les plus judicieux, ce sera un excellent secours que d’avoir en mémoire une Somme de la religion chrétienne, quant à la matière, à la méthode et aux mots.(2) As you may not soon have an opportunity to speak with the same persons, set them in the way of perfecting what you have begun. Engage the master of each family to call all his family to repeat, every Lord’s day, what they have learned of the catechism; and to continue this practice till they have all learned it perfectly: and when they have done so, still to continue to hear them regularly recite it, that they may not forget it; for, even to the most judicious, it will be an excellent help to have in memory a Sum of the Christian Religion, as to matter, method, and words.
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11. Dans tout le cours de votre entretien avec eux, veillez à ce que la manière aussi bien que la matière soient adaptées au but.11. Through the whole course of your conference with them, see that the manner as well as the matter be suited to the end.
Et, touchant la manière, observez ces points particuliers :And concerning the manner observe these particulars:
(1) Faites une différence selon le caractère des personnes auxquelles vous avez affaire. Aux jeunes, vous devez faire sentir davantage la honte de la volupté sensuelle, et leur montrer la nature et la nécessité de la mortification. Aux vieillards, vous devez vous appliquer davantage à discréditer ce monde présent, et leur faire sentir la proximité de leur départ et les circonstances aggravantes de leur péché, s’ils vivent et meurent dans l’ignorance ou l’impénitence. Avec les inférieurs et les jeunes, vous devez être plus libres ; avec les supérieurs et les aînés, plus respectueux. Aux riches, vous devez montrer la vanité de ce monde, la nature et la nécessité du renoncement à soi-même, et ce qu’il y a de damnable à préférer l’état présent à celui qui vient, ainsi que la nécessité d’employer leurs talents à faire du bien aux autres. Aux pauvres, vous devez montrer les grandes richesses de gloire qui leur sont offertes dans l’Évangile, et combien on peut aisément se passer du bien-être présent quand on peut obtenir la joie éternelle. Il faut aussi insister davantage sur les péchés auxquels l’âge, le sexe, le tempérament, ou la vocation et l’emploi dans le monde de chacun l’inclinent le plus : comme, chez les femmes, la loquacité, les mauvais propos, l’emportement, la malice, l’orgueil ; chez les hommes, l’ivrognerie, l’ambition, etc.(1) That you make a difference according to the character of the persons whom you have to deal with. To the youthful, you must lay greater shame on sensual voluptuousness, and show them the nature and necessity of mortification. To the aged, you must do more to disgrace this present world, and make them apprehensive of the nearness of their change, and the aggravations of their sin, if they shall live and die in ignorance or impenitency. To inferiors and the young, you must be more free; to superiors and elders, more reverend. To the rich, you must show the vanity of this world; and the nature and necessity of self-denial; and the damnableness of preferring the present state to the next; together with the necessity of improving their talents in doing good to others. To the poor, you must show the great riches of glory which are offered to them in the gospel, and how well present comfort may be spared when everlasting joy may be got. Those sins must also be most insisted on which each one’s age, or sex, or temperament, or calling and employment in the world, doth most incline them to; as in females, loquacity, evil speeches, passion, malice, pride; in males, drunkenness, ambition, etc.
(2) Soyez aussi condescendants, familiers et simples que possible avec ceux dont la capacité est plus faible.(2) Be as condescending, familiar, and plain as possible, with those that are of weaker capacity.
(3) Donnez-leur la preuve de l’Écriture pour tout ce que vous dites, afin qu’ils voient que ce n’est pas vous seuls, mais Dieu par vous, qui leur parle.(3) Give them Scripture proof of all you say, that they may see that it is not you only, but God by you that speaketh to them.
(4) Soyez aussi sérieux que vous le pouvez dans tout l’exercice, mais surtout dans la partie qui fait l’application. Je ne crains guère rien davantage que de voir certains ministres négligents bâcler l’œuvre, tout faire superficiellement et sans vie, et la détruire comme ils détruisent tous les autres devoirs, en la changeant en simple formalité : posant à leur peuple quelques questions froides, et lui donnant deux ou trois froides paroles de conseil, sans vie ni sentiment en eux-mêmes, et sans chance de produire aucun sentiment chez les auditeurs. Mais assurément celui qui fait cas des âmes, et qui sait quelle occasion est devant lui, accomplira l’exercice avec un profond sérieux, et les pressera comme s’il s’agissait de la vie ou de la mort.(4) Be as serious as you can in the whole exercise, but especially in the applicatory part. I scarce fear anything more, than that some careless ministers will slubber over the work, and do all superficially and without life, and destroy this as they do all other duties, by turning it into a mere formality; putting a few cold questions to their people, and giving them two or three cold words of advice, without any life and feeling in themselves, and not likely to produce any feeling in the hearers. But surely he that valueth souls, and knoweth what an opportunity is before him, will go through the exercise with deep seriousness, and will be as earnest with them as for life or death.
(5) Pour cela, je penserais très nécessaire que, tant avant que pendant l’œuvre, nous prenions un soin particulier de nos propres cœurs, pour exciter et fortifier notre foi en la vérité de l’Évangile et en la gloire et la misère invisibles qui sont à venir. Je suis assuré que cette œuvre mettra fort à l’épreuve la force de notre foi. Car celui qui n’est chrétien qu’à la surface, et n’est pas sain au fond, sentira probablement son zèle lui manquer tout à fait, surtout quand le devoir sera devenu ordinaire, faute de croire aux choses dont il doit traiter. Une ferveur affectée et hypocrite ne tiendra pas longtemps dans des devoirs de cette sorte. Une chaire en aura plus qu’un entretien avec de pauvres âmes ignorantes. Car la chaire est le théâtre du ministre hypocrite : là, et dans l’imprimé, et dans les autres actes publics où il y a place pour l’ostentation, vous aurez ce qu’il a de meilleur, peut-être tout ce qu’il a. Ce sont des hommes d’une autre sorte qui doivent accomplir efficacement l’œuvre qui nous occupe maintenant.(5) To this end, I should think it very necessary that, both before and in the work, we take special pains with our own hearts, to excite and strengthen our belief of the truth of the gospel, and of the invisible glory and misery that are to come. I am confident this work will exceedingly try the strength of our belief. For he that is but superficially a Christian, and not sound at bottom, will likely feel his zeal quite fail him, especially when the duty is grown common, for want of a belief of the things of which he is to treat. An affected hypocritical fervency will not hold out long in duties of this kind. A pulpit shall have more of it, than a conference with poor ignorant souls. For the pulpit is the hypocritical minister’s stage: there, and in the press, and in other public acts, where there is room for ostentation, you shall have his best, perhaps his all. It is other kind of men that must effectually do the work now in hand.
(6) Il convient donc fort que nous nous y préparions par la prière secrète ; et si le temps le permet, et qu’il y en ait beaucoup ensemble, il serait bon de commencer et de finir par une courte prière avec notre peuple.(6) It is, therefore, very meet that we prepare ourselves for it by secret prayer; and, if time would permit, and there be many together, it were well if we began and ended with a short prayer with our people.
(7) Conduisez tout, même les passages les plus pressants, avec de claires démonstrations d’amour pour leurs âmes, et faites-leur sentir d’un bout à l’autre que vous ne visez rien d’autre que leur salut. Évitez tout langage dur et décourageant.(7) Carry on all, even the most earnest passages, with clear demonstrations of love to their souls, and make them feel through the whole, that you aim at nothing but their salvation. Avoid all harsh, discouraging language.
(8) Si vous n’avez pas le temps de traiter avec chaque individu aussi complètement qu’il est ici prescrit, n’omettez pas alors les parties les plus nécessaires. Prenez ensemble plusieurs d’entre eux qui sont amis, et qui ne chercheront pas à divulguer les faiblesses les uns des autres, et parlez-leur en commun de ce qui concerne tous. Seuls les examens de leur connaissance et de leur état, de leur conviction de péché et de misère, et les directions particulières qui leur sont destinées, doivent se faire avec les individus seuls ; mais gardez-vous de bâcler la chose par une paresse infidèle, ou d’être trop brefs sans réelle nécessité.(8) If you have not time to deal so fully with each individual as is here directed, then omit not the most necessary parts. Take several of them together who are friends, and who will not seek to divulge each other’s weaknesses, and speak to them in common as much as concerneth all. Only the examinations of their knowledge and state, and of their convictions of sin and misery, and special directions to them, must be used to the individuals alone; but take heed of slubbering it over with an unfaithful laziness, or by being too brief, without a real necessity.
12. Enfin, si Dieu vous en donne les moyens, étendez votre charité aux plus pauvres avant qu’ils ne vous quittent. Donnez-leur quelque chose pour leur soulagement et pour le temps ainsi pris sur leurs travaux, surtout pour encourager ceux qui font le mieux. Et aux autres, promettez-en autant quand ils auront appris le catéchisme. Je sais que vous ne pouvez donner ce que vous n’avez pas, mais je parle à ceux qui le peuvent. Et maintenant, frères, j’en ai fini avec mes conseils, et je vous laisse la pratique. Bien que les orgueilleux puissent les recevoir avec mépris, et les égoïstes et les paresseux avec dégoût, ou même avec indignation, je ne doute pas que Dieu ne s’en serve, malgré l’opposition du péché et de Satan, pour réveiller beaucoup de ses serviteurs à leur devoir et pour avancer l’œuvre d’une véritable réforme ; et que sa bénédiction n’accompagne la présente entreprise, pour le salut de bien des âmes, la paix de vous qui l’entreprenez et l’accomplissez, l’encouragement de ses serviteurs dans toute la nation à vous seconder, et l’accroissement de la pureté et de l’unité de ses Églises. Amen.12. Lastly, If God enable you, extend your charity to those of the poorest sort, before they part from you. Give them somewhat towards their relief and for the time that is thus taken from their labors, especially for the encouragement of them that do best. And to the rest, promise them so much when they have learned the catechism. I know you cannot give what you have not, but I speak to them that can. And now, brethren, I have done with my advice, and leave you to the practice. Though the proud may receive it with scorn, and the selfish and slothful with distaste, or even indignation, I doubt not but God will use it, in despite of the opposition of sin and Satan, to the awakening of many of his servants to their duty, and the promoting of the work of a right reformation; and that his blessing will accompany the present undertaking, for the saving of many a soul, the peace of you that undertake and perform it, the exciting of his servants throughout the nation to second you, and the increase of the purity and the unity of his churches. Amen