1. Un seul dessein, un seul désir : le chemin vers la perfection chrétienne (1725–1741)1. One Design, One Desire: The Road to Christian Perfection (1725–1741)
John Wesley, A Plain Account of Christian Perfection (révision de 1777 ; Works, éd. Thomas Jackson, 1872, vol. 11), sections 1–12 : des lectures de Taylor, de Kempis et de Law jusqu’à « Le caractère d’un méthodiste » et au sermon sur la perfection chrétienne. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John Wesley, A Plain Account of Christian Perfection (1777 revision; Works, ed. Thomas Jackson, 1872, vol. 11), sections 1–12: from Wesley’s reading of Taylor, à Kempis and Law to “The Character of a Methodist” and the sermon on Christian perfection. Primary source; the interpretations are the author’s.
Note du STC : Wesley écrit dans l’anglais du XVIIIe siècle. Les « dispositions » (tempers) sont des inclinations stables du cœur ; « milieu » traduit medium ; les « petits enfants en Christ » sont les nouveaux croyants, et les chrétiens « adultes » sont les chrétiens mûrs. Les vers des hymnes sont traduits ligne par ligne, sans rime ni mètre.CTS note: Wesley writes in eighteenth-century English. “Tempers” means settled dispositions of the heart; “medium” means a middle ground; “babes in Christ” are new believers and “adult” or “grown” Christians are mature ones. Quotation marks are printed as in the 1872 text, where some opening marks are missing. Hymn verses are given line by line in the translations, without rhyme or meter.
1. Ce que je me propose dans les pages qui suivent, c’est de rendre un compte simple et distinct des étapes par lesquelles j’ai été conduit, au cours de bien des années, à embrasser la doctrine de la perfection chrétienne. Je le dois à la partie sérieuse du genre humain, à ceux qui désirent connaître toute « la vérité qui est en Jésus ». Et ce sont eux seuls que concernent les questions de cette nature. À eux je voudrais exposer la chose simplement, telle qu’elle est, en m’efforçant de montrer tout au long, d’une période à l’autre, à la fois ce que je pensais et pourquoi je le pensais.1. What I purpose in the following papers is, to give a plain and distinct account of the steps by which I was led, during a course of many years, to embrace the doctrine of Christian perfection. This I owe to the serious part of mankind, those who desire to know all “the truth as it is in Jesus.” And these only are concerned in questions of this kind. To these I would nakedly declare the thing as it is, endeavouring all along to show, from one period to another, both what I thought, and why I thought so.
2. En l’année 1725, étant dans ma vingt-troisième année, je rencontrai l’ouvrage de l’évêque Taylor, « Règles et exercices pour bien vivre et bien mourir ». En lisant plusieurs parties de ce livre, je fus extrêmement touché, en particulier par la partie qui traite de la pureté d’intention. Sur-le-champ, je résolus de consacrer toute ma vie à Dieu, toutes mes pensées, mes paroles et mes actions, pleinement convaincu qu’il n’y avait pas de milieu, mais que chaque partie de ma vie (et non quelques-unes seulement) devait être un sacrifice, ou bien à Dieu, ou bien à moi-même, c’est-à-dire, en effet, au diable.2. In the year 1725, being in the twenty-third year of my age, I met with Bishop Taylor’s “Rule and Exercises of Holy Living and Dying.” In reading several parts of this book, I was exceedingly affected; that part in particular which relates to purity of intention. Instantly I resolved to dedicate all my life to God, all my thoughts, and words, and actions; being thoroughly convinced, there was no medium; but that every part of my life (not some only) must either be a sacrifice to God, or myself, that is, in effect, to the devil.
Une personne sérieuse peut-elle douter de cela, ou trouver un milieu entre servir Dieu et servir le diable ?Can any serious person doubt of this, or find a medium between serving God and serving the devil?
3. En l’année 1726, je rencontrai « Le modèle du chrétien » de Kempis. La nature et l’étendue de la religion intérieure, la religion du cœur, m’apparurent alors sous une lumière plus vive que jamais auparavant. Je vis que donner même toute ma vie à Dieu (à supposer qu’il fût possible de le faire sans aller plus loin) ne me servirait de rien, à moins de lui donner mon cœur, oui, tout mon cœur.3. In the year 1726, I met with Kempis’s “Christian’s Pattern.” The nature and extent of inward religion, the religion of the heart, now appeared to me in a stronger light than ever it had done before. I saw, that giving even all my life to God (supposing it possible to do this, and go no farther) would profit me nothing, unless I gave my heart, yea, all my heart, to him.
Je vis que « la simplicité d’intention et la pureté d’affection », un seul dessein dans tout ce que nous disons ou faisons, et un seul désir gouvernant toutes nos dispositions, sont véritablement « les ailes de l’âme », sans lesquelles elle ne peut jamais s’élever jusqu’à la montagne de Dieu.I saw, that “simplicity of intention, and purity of affection,” one design in all we speak or do, and one desire ruling all our tempers, are indeed “the wings of the soul,” without which she can never ascend to the mount of God.
4. Un an ou deux après, la « Perfection chrétienne » et l’« Appel sérieux » de M. Law me furent mis entre les mains. Ils me convainquirent, plus que jamais, de l’impossibilité absolue d’être chrétien à moitié ; et je résolus, par sa grâce (dont je sentais profondément l’absolue nécessité), d’être entièrement consacré à Dieu, de lui donner toute mon âme, mon corps et mes biens.4. A year or two after, Mr. Law’s “Christian Perfection” and “Serious Call” were put into my hands. These convinced me, more than ever, of the absolute impossibility of being half a Christian; and I determined, through his grace, (the absolute necessity of which I was deeply sensible of;) to be all-devoted to God, to give him all my soul, my body, and my substance.
Un homme réfléchi dira-t-il que c’est pousser les choses trop loin ? ou que l’on doive moins à Celui qui s’est donné lui-même pour nous que de lui donner nous-mêmes, tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes ?Will any considerate man say, that this is carrying matter too far? or that anything less is due to Him who has given himself for us, than to give him ourselves, all we have, and all we are?
5. En l’année 1729, je commençai non seulement à lire, mais à étudier la Bible, comme la seule règle de vérité et le seul modèle de la religion pure. Dès lors je vis, sous une lumière de plus en plus claire, la nécessité indispensable d’avoir « les sentiments qui étaient en Christ » et de « marcher comme il a marché lui-même » ; c’est-à-dire d’avoir, non pas une partie seulement, mais tous les sentiments qui étaient en lui, et de marcher comme il a marché, non seulement à bien des égards ou à la plupart, mais en toutes choses. Et telle était la lumière sous laquelle je considérais généralement la religion à cette époque : comme une imitation constante de Christ, une entière conformité intérieure et extérieure à notre Maître. Et je ne craignais rien tant que de plier cette règle à ma propre expérience ou à celle d’autres hommes, ou de me permettre la moindre non-conformité à notre grand Modèle.5. In the year 1729, I began not only to read, but to study, the Bible, as the one, the only standard of truth, and the only model of pure religion. Hence I saw, in a clearer and clearer light, the indispensable necessity of having “the mind which was in Christ,” and of “walking as Christ also walked;” even of having, not some part only, but all the mind which was in him; and of walking as he walked, not only in many or in most respects, but in all things. And this was the light, wherein at this time I generally considered religion, as an uniform following of Christ, an entire inward and outward conformity to our Master. Nor was I afraid of anything more, than of bending this rule to the experience of myself; or of other men; of allowing myself in any the least disconformity to our grand Exemplar.
6. Le 1er janvier 1733, je prêchai devant l’Université, dans l’église Sainte-Marie, sur « la circoncision du cœur », dont je rendis compte en ces termes : « C’est cette disposition habituelle de l’âme qui, dans les écrits sacrés, est appelée sainteté, et qui implique directement d’être purifié du péché, “de toute souillure de la chair et de l’esprit”, et, par conséquent, d’être revêtu des vertus qui étaient en Jésus-Christ ; d’être renouvelé de telle sorte dans l’image de notre esprit que nous soyons “parfaits, comme notre Père céleste est parfait” » (vol. V, p. 203).6. On January 1, 1733, I preached before the University in St. Mary’s church, on “the Circumcision of the Heart;” an account of which I gave in these words: “It is that habitual disposition of soul which, in the sacred writings, is termed holiness; and which directly implies, the being cleansed from sin from all filthiness both of flesh and spirit;’ and, by consequence the being endued with those virtues which were in Christ Jesus the being so renewed in the image of our mind,’ as to be perfect as our Father in heaven is perfect.”’ (Vol. V., p. 203.)
Dans le même sermon, je fis cette observation : « “L’amour est l’accomplissement de la loi, le but du commandement.” Il n’est pas seulement “le premier et le plus grand” commandement, mais tous les commandements en un seul. “Tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, ce qui est vertueux et digne de louange”, tout est compris dans ce seul mot : amour. En cela est la perfection, et la gloire, et le bonheur. La loi royale du ciel et de la terre est celle-ci : “Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force.” L’unique bien parfait sera votre unique fin dernière. Vous ne désirerez qu’une seule chose pour elle-même : la jouissance de Celui qui est tout en tous. Vous ne proposerez à vos âmes qu’un seul bonheur : l’union avec Celui qui les a faites, le fait d’être “en communion avec le Père et avec le Fils”, d’être “unis au Seigneur en un même esprit”. Vous n’avez à poursuivre qu’un seul dessein jusqu’à la fin des temps : la jouissance de Dieu dans le temps et dans l’éternité. Désirez les autres choses dans la mesure où elles tendent à cela ; aimez la créature en tant qu’elle conduit au Créateur. Mais à chaque pas que vous faites, que ce soit là le point glorieux qui termine votre regard. Que toute affection, toute pensée, toute parole et toute action y soient subordonnées. Quoi que vous désiriez ou craigniez, quoi que vous recherchiez ou évitiez, quoi que vous pensiez, disiez ou fassiez, que ce soit en vue de votre bonheur en Dieu, la seule fin, aussi bien que la source, de votre être » (ibid., p. 207, 208).In the same sermon I observed, “Love is the fulfilling of the law, the end of the commandment.’ It is not only the first and great’ command, but all the commandments in one. Whatsoever things are just, whatsoever things are pure, if there be any virtue, if there be any praise,’ they are all comprised in this one word, love. In this is perfection, and glory, and happiness: The royal law of heaven and earth is this, Thou shalt love the Lord thy God with all thy heart, and with all thy soul, and with all thy mind, and with all thy strength.’ The one perfect good shall be your one ultimate end. One thing shall ye desire for its own sake,—the fruition of Him who is all in all. One happiness shall ye propose to your souls, even an union with Him that made them, the having fellowship with the Father and the Son,’ the being joined to the Lord in one spirit.’ One design ye are to pursue to the end of time,—the enjoyment of God in time and in eternity. Desire other things so far as they tend to this; love the creature, as it leads to the Creator. But in every step you take, be this the glorious point that terminates your view. Let every affection, and thought and word, and action, be subordinate to this. Whatever ye desire or fear, whatever ye seek or shun, whatever ye think speak, or do, be it in order to your happiness in God, the sole end, as well as source, of your being.” (Ibid., pp. 207, 208.)
Je conclus par ces mots : « Voici la somme de la loi parfaite, la circoncision du cœur. Que l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné, avec tout le cortège de ses affections. D’autres sacrifices, il n’en a point voulu de nous ; mais c’est le sacrifice vivant du cœur qu’il a choisi. Qu’il soit offert continuellement à Dieu par Christ, dans les flammes d’un saint amour. Et qu’aucune créature ne soit admise à le partager avec lui, car il est un Dieu jaloux. Il ne partagera pas son trône avec un autre ; il régnera sans rival. Qu’aucun dessein, aucun désir n’y soit admis qui n’ait Lui pour objet ultime. Tel est le chemin où ont marché ces enfants de Dieu qui, étant morts, nous parlent encore : “Ne désire vivre que pour louer son nom ; que toutes tes pensées, tes paroles et tes œuvres tendent à sa gloire.” “Que ton âme soit remplie d’un amour si entier pour Lui que tu n’aimes rien qu’à cause de Lui.” “Aie une intention pure du cœur, un regard constant vers sa gloire dans toutes tes actions.” Car alors, et pas avant, se trouvent en nous “les sentiments qui étaient aussi en Jésus-Christ”, lorsque, dans chaque mouvement de notre cœur, dans chaque parole de notre langue, dans chaque œuvre de nos mains, nous ne poursuivons rien qu’en relation avec lui et dans la soumission à son bon plaisir ; lorsque nous aussi nous ne pensons, ne parlons ni n’agissons pour faire notre propre volonté, mais la volonté de Celui qui nous a envoyés ; lorsque, soit que nous mangions, soit que nous buvions, soit que nous fassions quelque autre chose, nous faisons tout pour la gloire de Dieu » (ibid., p. 211).I concluded in these words: “Here is the sum of the perfect law, the circumcision of the heart. Let the spirit return to God that gave it, with the whole train of its affections.—Other sacrifices from us he would not, but the living sacrifice of the heart hath he chosen. Let it be continually offered up to God through Christ, in flames of holy love. And let no creature be suffered to share with him; for he is a jealous God. His throne will he not divide with another; he will reign without a rival. Be no design, no desire admitted there, but what has Him for its ultimate object. This is the way wherein those children of God once walked, who being dead still speak to us: ‘Desire not to live but to praise his name; let all your thoughts, words, and works tend to his glory.’ Let your soul be filled with so entire a love to Him that you may love nothing but for his sake.’ ‘Have a pure intention of heart, a steadfast regard to his glory in all your actions.’ For then, and not till then, is that mind in us, which was also in Christ Jesus,’ when in every motion of our heart, in every word of our tongue, in every work of our hands, we pursue nothing but in relation to him, and in subordination to his pleasure;’ when we too neither think, nor speak, nor act, to fulfil our own will, but the will of Him that sent us;’ when, whether we eat or drink, or whatever we do,’ we do it all to the glory of God.”’ (Ibid., p. 211.)
On peut observer que ce sermon fut le premier composé de tous mes écrits qui ont été publiés. Telle était la conception de la religion que j’avais alors, et que déjà je n’hésitais pas à appeler perfection. Telle est la conception que j’en ai maintenant, sans aucune addition ni diminution notable. Et qu’y a-t-il ici à quoi un homme d’intelligence qui croit la Bible puisse objecter ? Que peut-il nier sans contredire ouvertement l’Écriture ? Que peut-il retrancher sans ôter quelque chose à la parole de Dieu ?It may be observed, this sermon was composed the first of all my writings which have been published. This was the view of religion I then had, which even then I scrupled not to term perfection. This is the view I have of it now, without any material addition or diminution. And what is there here, which any man of understanding, who believes the Bible, can object to? What can he deny, without flatly contradicting the Scripture? what retrench, without taking from the word of God?
7. Dans ce même sentiment, mon frère et moi demeurâmes (avec tous ces jeunes gens que l’on appelait par dérision méthodistes) jusqu’à notre embarquement pour l’Amérique, à la fin de 1735. Ce fut l’année suivante, alors que j’étais à Savannah, que j’écrivis les vers suivants :7. In the same sentiment did my brother and I remain (with all those young gentlemen in derision termed Methodists) till we embarked for America, in the latter end of 1735. It was the next year, while I was at Savannah, that I wrote the following lines:—
Est-il une chose sous le soleil / qui veuille avec toi partager mon cœur ? / Ah ! arrache-la de là, et règne seul, / Seigneur de chaque mouvement qui s’y trouve !Is there a thing beneath the sun, / That strives with thee my heart to share? / Ah! tear it thence, and reign alone, / The Lord of every motion there!
Au commencement de l’année 1738, alors que je revenais de là-bas, le cri de mon cœur était :In the beginning of the year 1738, as I was returning from thence, the cry of my heart was,
Oh ! accorde que rien en mon âme / ne demeure, sinon ton pur amour seul ! / Oh ! que ton amour me possède tout entier, / ma joie, mon trésor et ma couronne ! / Éloigne de mon cœur les feux étrangers ; / que chaque acte, parole et pensée en moi soit amour !O grant that nothing in my soul / May dwell, but thy pure love alone! / O may thy love possess me whole, / My joy, my treasure, and my crown! / Strange fires far from my heart remove; / My every act, word, thought, be love!
Je n’ai jamais entendu dire que quelqu’un ait objecté à cela. Et en vérité, qui peut y objecter ? N’est-ce pas là le langage, non seulement de tout croyant, mais de quiconque est véritablement réveillé ? Et qu’ai-je écrit, jusqu’à ce jour, qui soit plus fort ou plus clair ?I never heard that any one objected to this. And indeed who can object? Is not this the language, not only of every believer, but of every one that is truly awakened? But what have I wrote, to this day, which is either stronger or plainer?
8. Au mois d’août suivant, j’eus une longue conversation avec Arvid Gradin, en Allemagne. Après qu’il m’eut rendu compte de son expérience, je le priai de me donner par écrit une définition de « la pleine assurance de la foi », ce qu’il fit en ces termes :8. In August following, I had a long conversation with Arvid Gradin, in Germany. After he had given me an account of his experience, I desired him to give me, in writing, a definition of “the full assurance of faith,” which he did in the following words:—
Requies in sanguine Christi; firma fiducia in Deum, et persuasio de gratia divina; tranquillitas mentis summa, atque serenitas et pax; cum absentia omnis desiderii carnalis, et cessatione peccatorum etiam internorum.Requies in sanguine Christi; firma fiducia in Deum, et persuasio de gratia divina; tranquillitas mentis summa, atque serenitas et pax; cum absentia omnis desiderii carnalis, et cessatione peccatorum etiam internorum.
« Le repos dans le sang de Christ ; une ferme confiance en Dieu et la persuasion de sa faveur ; la plus haute tranquillité, sérénité et paix de l’esprit, avec la délivrance de tout désir charnel et la cessation de tous les péchés, même intérieurs. »“Repose in the blood of Christ; a firm confidence in God, and persuasion of his favour; the highest tranquillity, serenity, and peace of mind, with a deliverance from every fleshly desire, and a cessation of all, even inward sins.”
Ce fut le premier exposé que j’entendis jamais d’un homme vivant de ce que j’avais moi-même appris auparavant des oracles de Dieu, et pour quoi j’avais prié (avec la petite compagnie de mes amis) et que j’attendais depuis plusieurs années.This was the first account I ever heard from any living man, of what I had before learned myself from the oracles of God, and had been praying for, (with the little company of my friends,) and expecting, for several years.
9. En 1739, mon frère et moi publiâmes un volume d’« Hymnes et poèmes sacrés ». Dans beaucoup d’entre eux, nous déclarâmes nos sentiments avec force et de manière explicite. Ainsi, à la page 24 :9. In 1739, my brother and I published a volume of “Hymns and Sacred Poems.” In many of these we declared our sentiments strongly and explicitly. So, page 24,—
Détourne le plein courant de la nature ; / que toutes nos actions tendent / vers toi, leur source ; que ton amour soit le guide, / ta gloire soit la fin. / La terre sera alors une échelle vers le ciel ; / les sens montreront le chemin ; / toutes les créatures conduiront à toi, / et tout ce que nous goûterons sera Dieu.Turn the full stream of nature’s tide; / Let all our actions tend / To thee, their source; thy love the guide, / Thy glory be the end. / Earth then a scale to heaven shall be; / Sense shall point out the road; / The creatures all shall lead to thee, / And all we taste be God.
Et encore :Again,—
Seigneur, arme-moi de la puissance de ton Esprit, / puisque je suis appelé de ton grand nom ; / qu’en toi s’unissent mes pensées errantes, / sois le but de toutes mes œuvres ; / que ton amour m’accompagne tous mes jours, / et que ma seule affaire soit ta louange. (Page 122.)Lord, arm me with thy Spirit’s might, / Since I am call’d by thy great name: / In thee my wand’ring thoughts unite, / Of all my works be thou the aim: / Thy love attend me all my days, / And my sole business be thy praise. (Page 122.)
Et encore :Again,—
Avide de toi, je demande et je soupire ; / si fort est le principe divin / qu’il m’emporte avec une douce contrainte, / jusqu’à ce que toute mon âme sanctifiée soit tienne ; / plongée dans la mer la plus profonde de la Divinité, / et perdue dans ton immensité ! (Page 125.)Eager for thee I ask and pant, / So strong the principle divine, / Carries me out with sweet constraint, / Till all my hallow’d soul be thine; / Plunged in the Godhead’s deepest sea, / And lost in thine immensity! (Page 125.)
Une fois encore :Once more,—
Adam céleste, vie divine, / change ma nature en la tienne ; / meus-toi et répands-toi dans toute mon âme, / anime et remplis le tout. (Page 153.)Heavenly Adam, life divine, / Change my nature into thine; / Move and spread throughout my soul, / Actuate and fill the whole. (Page 153.)
Il serait facile de citer encore bien des passages dans le même sens. Mais ceux-ci suffisent pour montrer, sans contradiction possible, quels étaient alors nos sentiments.It would be easy to cite many more passages to the same effect. But these are sufficient to show, beyond contradiction, what our sentiments then were.
10. Le premier traité que j’écrivis expressément sur ce sujet fut publié à la fin de cette année-là. Afin que personne ne fût prévenu avant de le lire, je lui donnai le titre neutre de « Le caractère d’un méthodiste ». J’y décrivis un chrétien parfait, en plaçant en tête : « Non que j’aie déjà atteint le but. » J’en joins ici une partie sans aucune modification :10. The first tract I ever wrote expressly on this subject was published in the latter end of this year. That none might be prejudiced before they read it, I gave it the indifferent title of “The Character of a Methodist.” In this I described a perfect Christian, placing in the front, “Not as though I had already attained.” Part of it I subjoin without any alteration:—
« Un méthodiste est celui qui aime le Seigneur son Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa pensée et de toute sa force. Dieu est la joie de son cœur et le désir de son âme, qui crie continuellement : “Quel autre ai-je au ciel que toi ? Et sur la terre je ne prends plaisir qu’en toi.” “Mon Dieu et mon tout ! Tu es le rocher de mon cœur et mon partage pour toujours.” Il est donc heureux en Dieu ; oui, toujours heureux, car il a en lui une source d’eau qui jaillit jusque dans la vie éternelle et qui inonde son âme de paix et de joie. L’amour parfait ayant maintenant banni la crainte, il se réjouit toujours. Oui, sa joie est parfaite, et tous ses os s’écrient : “Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, m’a régénéré pour une espérance vivante, pour un héritage qui ne se peut ni corrompre ni souiller, réservé dans les cieux pour moi.”“A Methodist is one who loves the Lord his God with all his heart, with all his soul, with all his mind, and with all his strength. God is the joy of his heart, and the desire of his soul, which is continually crying, Whom have I in heaven but thee? and there is none upon earth whom I desire besides thee.’ My God and my all! Thou art the strength of my heart, and my portion for ever.’ He is therefore happy in God; yea, always happy, as having in him a well of water springing up unto everlasting life, and over-flowing his soul with peace and joy. Perfect love having now cast out fear, he rejoices evermore. Yea, his joy is full, and all his bones cry out, Blessed be the God and Father of our Lord Jesus Christ, who, according to his abundant mercy, hath begotten me again unto a living hope of an inheritance incorruptible and undefiled, reserved in heaven for me.’
« Et celui qui a cette espérance, ainsi pleine d’immortalité, rend grâces en toutes choses, sachant que ceci (quoi que ce soit) est à son égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. De Lui donc il reçoit tout avec joie, disant : “Bonne est la volonté du Seigneur” ; et, qu’il donne ou qu’il ôte, il bénit également le nom du Seigneur. Dans le bien-être ou la douleur, dans la maladie ou la santé, dans la vie ou dans la mort, il rend grâces du fond du cœur à Celui qui ordonne tout pour le bien, entre les mains de qui il a entièrement remis son corps et son âme, “comme entre les mains du fidèle Créateur”. Il ne “s’inquiète” donc “de rien”, ayant déchargé tous ses soucis sur Celui qui prend soin de lui ; et en toutes choses il se repose en Lui, après lui avoir fait connaître ses besoins avec des actions de grâces.“And he, who hath this hope, thus full of immortality, in everything giveth thanks, as knowing this (whatsoever it is) is the will of God in Christ Jesus concerning him. From him therefore he cheerfully receives all, saying, Good is the will of the Lord;’ and whether he giveth or taketh away, equally blessing the name of the Lord. Whether in ease or pain, whether in sickness or health, whether in life or death, he giveth thanks from the ground of the heart to Him who orders it for good; into whose hands he hath wholly committed his body and soul, ‘as into the hands of a faithful Creator.’ He is therefore anxiously ‘careful for nothing,’ as having cast all his care on Him that careth for him;’ and in all things’ resting on him, after making’ his request known to him with thanksgiving.’
« Car en vérité il “prie sans cesse” ; en tout temps, le langage de son cœur est celui-ci : “Vers toi s’ouvre ma bouche, quoique sans voix ; et mon silence te parle.” Son cœur s’élève vers Dieu en tout temps et en tout lieu. En cela il n’est jamais gêné, encore moins interrompu, par aucune personne ni aucune chose. Dans la retraite ou en compagnie, dans le loisir, les affaires ou la conversation, son cœur est toujours avec le Seigneur. Qu’il se couche ou qu’il se lève, “Dieu est dans toutes ses pensées” ; il marche continuellement avec Dieu, ayant l’œil aimant de son âme fixé sur lui, et “voyant” partout “Celui qui est invisible”.“For indeed he prays without ceasing;’ at all times the language of his heart is this, Unto thee is my mouth, though without a voice; and my silence speaketh unto thee.’ His heart is lifted up to God at all times, and in all places. In this he is never hindered, much less interrupted, by any person or thing. In retirement or company, in leisure, business, or conversation, his heart is ever with the Lord. Whether he lie down, or rise up, God is in all his thoughts:’ He walks with God continually; having the loving eye of his soul fixed on him, and everywhere seeing Him that is invisible.’
« Et aimant Dieu, il “aime son prochain comme lui-même” ; il aime tout homme comme sa propre âme. Il aime ses ennemis, oui, et les ennemis de Dieu. Et s’il n’est pas en son pouvoir de “faire du bien à ceux qui le haïssent”, il ne cesse pourtant pas de “prier pour eux”, bien qu’ils dédaignent son amour et continuent de “le maltraiter et de le persécuter”.“And loving God, he loves his neighbour as himself;’ he loves every man as his own soul. He loves his enemies, yea, and the enemies of God. And if it be not in his power to do good to them that hate’ him, yet he ceases not to pray for them,’ though they spurn his love, and still despitefully use him, and persecute him.’
« Car il a “le cœur pur”. L’amour a purifié son cœur de l’envie, de la malice, de la colère et de toute disposition malveillante. Il l’a purifié de l’orgueil, “d’où ne vient que la querelle” ; et il s’est maintenant revêtu “d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience”. Et en vérité, tout motif possible de querelle, de son côté, est retranché. Car nul ne peut lui ôter ce qu’il désire, puisqu’il n’aime “ni le monde, ni les choses qui sont dans le monde” ; mais “tout son désir est tourné vers Dieu et vers le souvenir de son nom”.“For he is pure in heart.’ Love has purified his heart from envy, malice, wrath, and every unkind temper. It has cleansed him from pride, whereof only cometh contention;’ and he hath now put on bowels of mercies, kindness, humbleness of mind, meekness, long-suffering.’ And indeed all possible ground for contention, on his part, is cut off. For none can take from him what he desires, seeing he loves not the world, nor any of the things of the world;’ but all his desire is unto God, and to the remembrance of his name.’
« Conforme à cet unique désir est l’unique dessein de sa vie, à savoir de faire, “non sa propre volonté, mais la volonté de Celui qui l’a envoyé”. Son unique intention, en tout temps et en tout lieu, est de plaire, non à lui-même, mais à Celui que son âme aime. Il a l’œil simple ; et parce que son œil est simple, tout son corps est éclairé. “Tout est lumière, comme lorsque la lampe t’éclaire de sa lueur.” Dieu seul règne ; tout ce qui est dans l’âme est “sainteté à l’Éternel”. Il n’y a pas un mouvement dans son cœur qui ne soit conforme à sa volonté. Toute pensée qui s’élève tend vers lui et est “dans l’obéissance à la loi de Christ”.“Agreeable to this his one desire, is this one design of his life; namely, to do, not his own will, but the will of Him that sent him.’ His one intention at all times and in all places is, not to please himself, but Him whom his soul loveth. He hath a single eye; and because his eye is single, his whole body is full of light. The whole is light, as when the bright shining of a candle doth enlighten the house.’ God reigns alone; all that is in the soul is holiness to the Lord.’ There is not a motion in his heart but is according to his will. Every thought that arises points to him, and is in obedience to the law of Christ.’
« Et l’arbre se connaît à ses fruits. Car, comme il aime Dieu, ainsi il “garde ses commandements” ; non pas quelques-uns, ou la plupart d’entre eux, mais tous, du plus petit au plus grand. Il ne se contente pas “d’observer toute la loi et de pécher contre un seul commandement”, mais il a en tous points “une conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes”. Tout ce que Dieu a défendu, il l’évite ; tout ce que Dieu a ordonné, il le fait. “Il court dans la voie des commandements de Dieu”, maintenant qu’il a mis son cœur au large. C’est sa gloire et sa joie d’agir ainsi ; c’est sa couronne quotidienne d’allégresse de “faire la volonté de Dieu sur la terre comme au ciel”.“And the tree is known by its fruits. For, as he loves God, so he ‘keeps his commandments;’ not only some, or most of them, but all, from the least to the greatest. He is not content to keep the whole law and offend in one point,’ but has in all points a conscience void of offence towards God, and towards man.’ Whatever God has forbidden, he avoids; whatever God has enjoined, he does. He runs the way of God’s commandments,’ now He hath set his heart at liberty. It is his glory and joy so to do; it is his daily crown of rejoicing, to do the will of God on earth, as it is done in heaven.’
« Tous les commandements de Dieu, il les garde donc, et cela de toute sa force ; car son obéissance est en proportion de son amour, la source d’où elle découle. C’est pourquoi, aimant Dieu de tout son cœur, il le sert de toute sa force ; il offre continuellement son âme et son corps “en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu”, se consacrant entièrement et sans réserve, avec tout ce qu’il a et tout ce qu’il est, à sa gloire. Tous les talents qu’il possède, il les emploie constamment selon la volonté de son Maître ; toute puissance et faculté de son âme, tout membre de son corps.“All the commandments of God he accordingly keeps, and that with all his might; for his obedience is in proportion to his love, the source from whence it flows. And therefore, loving God with all his heart, he serves him with all his strength; he continually presents his soul and body a living sacrifice, holy, acceptable to God;’ entirely and without reserve devoting himself, all he has, all he is, to his glory. All the talents he has, he constantly employs according to his Master’s will; every power and faculty of his soul, every member of his body.
« Par conséquent, “quoi qu’il fasse, il fait tout pour la gloire de Dieu”. Dans toutes ses occupations, de quelque nature qu’elles soient, non seulement il vise à cela, ce qu’implique le fait d’avoir l’œil simple, mais il y atteint réellement ; ses affaires et ses délassements, aussi bien que ses prières, servent tous à cette grande fin. “Qu’il soit assis dans sa maison ou qu’il marche en chemin”, qu’il se couche ou qu’il se lève, il avance, dans tout ce qu’il dit ou fait, l’unique affaire de sa vie. Qu’il s’habille, qu’il travaille, qu’il mange et boive, ou qu’il se délasse d’un travail trop épuisant, tout tend à avancer la gloire de Dieu, par la paix et la bienveillance parmi les hommes. Son unique règle invariable est celle-ci : “Quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père.”“By consequence, whatsoever he doeth, it is all to the glory of God.’ In all his employments of every kind, he not only aims at this, which is implied in having a single eye, but actually attains it; his business and his refreshments, as well as his prayers, all serve to this great end. Whether he sit in the house, or walk by the way,’ whether he lie down, or rise up, he is promoting, in all he speaks or does, the one business of his life. Whether he put on his apparel, or labour, or eat and drink, or divert himself from too wasting labour, it all tends to advance the glory of God, by peace and good-will among men. His one invariable rule is this: Whatsoever ye do, in word or deed, do it all in the name of the Lord Jesus, giving thanks to God, even the Father, through him.’
« Les coutumes du monde ne l’empêchent nullement non plus de “courir dans la carrière qui lui est ouverte”. Il ne peut donc pas “s’amasser des trésors sur la terre”, pas plus qu’il ne peut prendre du feu dans son sein. Il ne peut pas dire du mal de son prochain, pas plus qu’il ne peut mentir, ni pour Dieu ni pour l’homme. Il ne peut prononcer une parole désobligeante contre personne, car l’amour garde la porte de ses lèvres. Il ne peut dire de paroles oiseuses ; “aucune parole mauvaise ne sort” jamais “de sa bouche”, comme l’est tout ce qui n’est pas “bon pour l’édification” ni propre à “communiquer une grâce à ceux qui l’entendent”. Mais “tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation”, il le pense, le dit et le fait, “faisant honorer en tout la doctrine de Dieu notre Sauveur”. »“Nor do the customs of the world at all hinder his ‘running the race which is set before him.’ He cannot therefore lay up treasures upon earth,’ no more than he can take fire into his bosom. He cannot speak evil of his neighbour, any more than he can lie either for God or man. He cannot utter an unkind word of any one; for love keeps the door of his lips. He cannot speak idle words; no corrupt conversation’ ever comes out of his mouth;’ as is all that is not good to the use of edifying,’ not fit to minister grace to the hearers.’ But ‘whatsoever things are pure, whatsoever things are lovely, whatsoever things are’ justly of good report,’ he thinks, speaks, and acts, ‘adorning the doctrine of God our Saviour in all things.’”
Ce sont là les termes mêmes dans lesquels je déclarai amplement, pour la première fois, mes sentiments sur la perfection chrétienne. Et n’est-il pas facile de voir, (1) que c’est là le point même que j’ai toujours visé depuis l’année 1725, et plus résolument depuis l’année 1730, lorsque je commençai à être homo unius libri, « l’homme d’un seul livre », ne considérant, en comparaison, aucun autre que la Bible ? N’est-il pas facile de voir, (2) que c’est la même doctrine que je crois et que j’enseigne aujourd’hui, sans ajouter un seul point à la sainteté intérieure ou extérieure que je soutenais il y a trente-huit ans ? Et c’est la même que, par la grâce de Dieu, j’ai continué d’enseigner depuis ce temps jusqu’à maintenant, comme il apparaîtra à toute personne impartiale par les extraits joints ci-dessous.These are the very words wherein I largely declared, for the first time, my sentiments of Christian perfection. And is it not easy to see, (1.) That this is the very point at which I aimed all along from the year 1725; and more determinately from the year 1730, when I began to be homo unius libri, “a man of one book,” regarding none, comparatively, but the Bible? Is it not easy to see, (2.) That this is the very same doctrine which I believe and teach at this day; not adding one point, either to that inward or outward holiness which I maintained eight-and-thirty years ago? And it is the same which, by the grace of God, I have continued to teach from that time till now; as will appear to every impartial person from the extracts subjoined below.
11. Je ne sache pas qu’aucun écrivain ait fait la moindre objection contre ce traité jusqu’à ce jour ; et pendant quelque temps, je ne rencontrai guère d’opposition sur ce point, du moins pas de la part de personnes sérieuses. Mais au bout d’un temps, un cri s’éleva, et, ce qui me surprit un peu, parmi des hommes religieux, qui affirmaient, non que j’exposais mal la perfection, mais qu’« il n’y a point de perfection sur la terre » ; et ils tombèrent même avec véhémence sur mon frère et sur moi parce que nous affirmions le contraire. Nous ne nous attendions guère à une attaque si rude de leur part, d’autant que nous étions clairs sur la justification par la foi et attentifs à attribuer tout le salut à la pure grâce de Dieu. Mais ce qui nous surprit le plus, ce fut qu’on dît que nous « déshonorions Christ » en affirmant qu’il « sauve parfaitement », en soutenant qu’il régnera seul dans nos cœurs et s’assujettira toutes choses.11. I do not know that any writer has made any objection against that tract to this day; and for some time, I did not find much opposition upon the head, at least, not from serious persons. But after a time, a cry arose, and, what a little surprised me, among religious men, who affirmed, not that I stated perfection wrong, but that “there is no perfection on earth;” nay, and fell vehemently on my brother and me for affirming the contrary. We scarce expected so rough an attack from these; especially as we were clear on justification by faith, and careful to ascribe the whole of salvation to the mere grace of God. But what most surprised us, was, that we were said to “dishonour Christ,” by asserting that he “saveth to the uttermost;” by maintaining he will reign in our hearts alone, and subdue all things to himself.
12. Je crois que ce fut à la fin de l’année 1740 que j’eus une conversation avec le docteur Gibson, alors évêque de Londres, à Whitehall. Il me demanda ce que j’entendais par perfection. Je le lui dis sans aucun déguisement ni réserve. Quand j’eus cessé de parler, il me dit : « Monsieur Wesley, si c’est là tout ce que vous voulez dire, publiez-le au monde entier. Si quelqu’un peut alors réfuter ce que vous dites, il en aura toute liberté. » Je répondis : « Monseigneur, je le ferai » ; et en conséquence j’écrivis et publiai le sermon sur la perfection chrétienne.12. I think it was in the latter end of the year 1740, that I had a conversation with Dr. Gibson, then Bishop of London, at Whitehall. He asked me what I meant by perfection. I told him without any disguise or reserve. When I ceased speaking, he said, “Mr. Wesley, if this be all you mean, publish it to all the world. If any one then can confute what you say, he may have free leave.” I answered, “My Lord, I will;” and accordingly wrote and published the sermon on Christian perfection.
J’y cherchai à montrer : (1) en quel sens les chrétiens ne sont pas parfaits ; (2) en quel sens ils le sont.In this I endeavoured to show, (1.) In what sense Christians are not, (2.) In what sense they are, perfect.
« (1) En quel sens ils ne le sont pas. Ils ne sont pas parfaits en connaissance. Ils ne sont pas exempts d’ignorance, non, ni d’erreur. Nous ne devons pas plus attendre d’un homme vivant qu’il soit infaillible que nous attendre à ce qu’il soit omniscient. Ils ne sont pas exempts d’infirmités, telles que la faiblesse ou la lenteur de l’intelligence, la vivacité irrégulière ou la lourdeur de l’imagination. D’un autre genre sont l’impropriété du langage, le manque de grâce dans la prononciation ; à quoi l’on pourrait ajouter mille défauts sans nom, soit dans la conversation, soit dans la conduite. De telles infirmités, nul n’est parfaitement délivré avant que son esprit ne retourne à Dieu ; et nous ne pouvons pas non plus nous attendre jusque-là à être entièrement délivrés de la tentation, car “le serviteur n’est pas plus grand que son maître”. Mais en ce sens non plus il n’y a pas de perfection absolue sur la terre. Il n’y a pas de perfection de degrés qui n’admette un accroissement continuel.“(1.) In what sense they are not. They are not perfect in knowledge. They are not free from ignorance, no, nor from mistake. We are no more to expect any living man to be infallible, than to be omniscient. They are not free from infirmities, such as weakness or slowness of understanding, irregular quickness or heaviness of imagination. Such in another kind are impropriety of language, ungracefulness of pronunciation; to which one might add a thousand nameless defects, either in conversation or behaviour. From such infirmities as these none are perfectly freed till their spirits return to God; neither can we expect till then to be wholly freed from temptation; for the servant is not above his master.’ But neither in this sense is there any absolute perfection on earth. There is no perfection of degrees, none which does not admit of a continual increase.
« (2) En quel sens donc sont-ils parfaits ? Remarquez que nous ne parlons pas maintenant des petits enfants en Christ, mais des chrétiens adultes. Mais même les petits enfants en Christ sont parfaits au point de ne pas commettre le péché. Saint Jean l’affirme expressément, et on ne peut le réfuter par les exemples de l’Ancien Testament. Car qu’importe si les plus saints des anciens Juifs ont parfois commis le péché ? Nous ne pouvons en conclure “que tous les chrétiens commettent et doivent commettre le péché aussi longtemps qu’ils vivent”.“(2.) In what sense then are they perfect? Observe, we are not now speaking of babes in Christ, but adult Christians. But even babes in Christ are so far perfect as not to commit sin. This St. John affirms expressly; and it cannot be disproved by the examples of the Old Testament. For what, if the holiest of the ancient Jews did sometimes commit sin? We cannot infer from hence, that all Christians do and must commit sin as long as they live.’
« Mais l’Écriture ne dit-elle pas : “Le juste pèche sept fois par jour” ? Elle ne le dit pas. Elle dit en effet : “Sept fois le juste tombe.” Mais c’est tout autre chose ; car, premièrement, les mots “par jour” ne sont pas dans le texte. Deuxièmement, il n’y est nullement question de tomber dans le péché. Ce dont il est question ici, c’est de tomber dans l’affliction temporelle.“But does not the Scripture say, A just man sinneth seven times a day?’ It does not. Indeed it says, A just man falleth seven times.’ But this is quite another thing; for, First, the words, a day, are not in the text. Secondly, here is no mention of falling into sin at all. What is here mentioned, is, falling into temporal affliction.
« Mais ailleurs Salomon dit : “Il n’y a point d’homme qui ne pèche.” Sans doute en était-il ainsi aux jours de Salomon ; oui, et depuis Salomon jusqu’à Christ, il n’y eut alors point d’homme qui ne péchât. Mais quoi qu’il en fût de ceux qui étaient sous la loi, nous pouvons affirmer avec assurance, avec saint Jean, que, depuis que l’Évangile a été donné, “quiconque est né de Dieu ne pèche point”.“But elsewhere Solomon says, There is no man that sinneth not.’ Doubtless thus it was in the days of Solomon; yea, and from Solomon to Christ there was then no man that sinned not. But whatever was the case of those under the law, we may safely affirm, with St. John, that, since the gospel was given, he that is born of God sinneth not.’
« Les privilèges des chrétiens ne doivent nullement se mesurer à ce que l’Ancien Testament rapporte de ceux qui étaient sous l’économie juive ; puisque maintenant la plénitude des temps est venue, que le Saint-Esprit est maintenant donné, que le grand salut de Dieu est maintenant apporté aux hommes par la révélation de Jésus-Christ. Le royaume des cieux est maintenant établi sur la terre, au sujet duquel l’Esprit de Dieu a déclaré autrefois (tant David est loin d’être le modèle ou la mesure de la perfection chrétienne) : “Le faible parmi eux sera dans ce jour comme David ; la maison de David sera comme l’ange de l’Éternel devant eux” (Zacharie 12.8).“The privileges of Christians are in nowise to be measured by what the Old Testament records concerning those who were under the Jewish dispensation; seeing the fulness of time is now come, the Holy Ghost is now given, the great salvation of God is now brought to men by the revelation of Jesus Christ. The kingdom of heaven is now set up on earth, concerning which the Spirit of God declared of old time, (so far is David from being the pattern or standard of Christian perfection,) ‘He that is feeble among them, at that day, shall be as David, and the house of David shall be as the angel of the Lord before them.’ (Zech. 12:8.)
« “Mais les apôtres eux-mêmes ont commis le péché : Pierre en usant de dissimulation, Paul par sa vive contestation avec Barnabas.” Supposons qu’il en soit ainsi ; raisonnerez-vous de cette manière : “Si deux des apôtres ont une fois commis le péché, alors tous les autres chrétiens, dans tous les siècles, commettent et doivent commettre le péché aussi longtemps qu’ils vivent” ? Non ; à Dieu ne plaise que nous parlions ainsi. Aucune nécessité de pécher ne leur était imposée ; la grâce de Dieu leur suffisait assurément. Et elle nous suffit aujourd’hui.‘But the Apostles themselves committed sin; Peter by dissembling, Paul by his sharp contention with Barnabas. Suppose they did, will you argue thus: If two of the Apostles once committed sin, then all other Christians, in all ages, do and must commit sin as long as they live?’ Nay, God forbid we should thus speak. No necessity of sin was laid upon them; the grace of God was surely sufficient for them. And it is sufficient for us at this day.
« Mais saint Jacques dit : “Nous bronchons tous de plusieurs manières.” C’est vrai ; mais de quelles personnes est-il question ici ? Eh bien, de ces “nombreux maîtres” ou docteurs que Dieu n’avait pas envoyés ; non de l’apôtre lui-même, ni d’aucun vrai chrétien. Que, dans le mot “nous”, employé par une figure de langage commune à tous les autres écrits aussi bien qu’aux écrits inspirés, l’apôtre ne pouvait aucunement s’inclure lui-même, ni aucun autre vrai croyant, cela ressort, premièrement, du neuvième verset : “Par elle nous bénissons Dieu, et par elle nous maudissons les hommes.” Assurément pas nous, les apôtres ! pas nous, les croyants ! Deuxièmement, des paroles qui précèdent le texte : “Mes frères, qu’il n’y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement. Nous bronchons tous de plusieurs manières.” Nous ! Qui ? Non les apôtres ni les vrais croyants, mais ceux qui devaient être “jugés plus sévèrement” à cause de ces nombreuses fautes. Bien plus, troisièmement, le verset lui-même prouve que “nous bronchons tous” ne peut se dire ni de tous les hommes ni de tous les chrétiens. Car il y suit immédiatement la mention d’un homme qui “ne bronche point”, comme le faisait le “nous” mentionné d’abord ; dont il est donc expressément distingué, et déclaré “homme parfait”.“But St. James says, In many things we offend all.’ True; but who are the persons here spoken of? Why, those many masters’ or teachers whom God had not sent; not the Apostle himself, nor any real Christian. That in the word we, used by a figure of speech, common in all other as well as the inspired writings, the Apostle could not possibly include himself, or any other true believer, appears, First, from the ninth verse, Therewith bless we God, and therewith curse we men.’ Surely not we Apostles! not we believers! Secondly, from the words preceding the text: My brethren, be not many masters,’ or teachers, knowing that we shall receive the greater condemnation. For in many things we offend all.’ We! Who? Not the Apostles nor true believers, but they who were to receive the greater condemnation,’ because of those many offences. Nay, Thirdly, the verse itself proves, that we offend all,’ cannot be spoken either of all men or all Christians. For in it immediately follows the mention of a man who offends not,’ as the we first mentioned did; from whom therefore he is professedly contradistinguished, and pronounced a perfect man.’
« Mais saint Jean lui-même dit : “Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes” ; et : “Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n’est point en nous.”“But St. John himself says, If we say that we have no sin, we deceive ourselves;’ and, If we say we have not sinned, we make him a liar, and his word is not in us.’
« Je réponds : (1) Le dixième verset fixe le sens du huitième : “Si nous disons que nous n’avons pas de péché”, dans le premier, s’explique par “Si nous disons que nous n’avons pas péché”, dans le second. (2) Le point en question n’est pas de savoir si nous avons péché ou non auparavant ; et aucun de ces versets n’affirme que nous péchions ou que nous commettions le péché maintenant. (3) Le neuvième verset explique à la fois le huitième et le dixième : “Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité.” Comme s’il disait : “J’ai affirmé auparavant que le sang de Christ purifie de tout péché.” Et nul ne peut dire : “Je n’en ai pas besoin ; je n’ai pas de péché dont je doive être purifié.” “Si nous disons que nous n’avons pas de péché”, que nous n’avons pas péché, “nous nous séduisons nous-mêmes” et faisons Dieu menteur ; mais “si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste”, non seulement “pour nous pardonner nos péchés”, mais aussi “pour nous purifier de toute iniquité”, afin que nous allions et ne péchions plus. En conformité donc, tant avec la doctrine de saint Jean qu’avec toute la teneur du Nouveau Testament, nous fixons cette conclusion : le chrétien est parfait au point de ne pas commettre le péché.“I answer, (1.) The tenth verse fixes the sense of the eighth: If we say we have no sin,’ in the former, being explained by, If we say we have not sinned,’ in the latter, verse. (2.) The point under consideration is not, whether we have or have not sinned heretofore; and neither of these verses asserts that we do sin, or commit sin now. (3.) The ninth verse explains both the eighth and tenth: If we confess our sins, he is faithful and just to forgive us our sins, and to cleanse us from all unrighteousness.’ As if he had said, I have before affirmed, The blood of Christ cleanseth from all sin.’ And no man can say, I need it not; I have no sin to be cleansed from.’ If we say, we have no sin, that we have not sinned, we deceive ourselves,’ and make God a liar: But if we confess our sins, he is faithful and just,’ not only to forgive us our sins,’ but also to cleanse us from all unrighteousness,’ that we may go and sin no more.’ In conformity, therefore, both to the doctrine of St. John, and the whole tenor of the New Testament, we fix this conclusion: A Christian is so far perfect, as not to commit sin.
« C’est là le glorieux privilège de tout chrétien, oui, ne fût-il qu’un petit enfant en Christ. Mais c’est seulement des chrétiens adultes que l’on peut affirmer qu’ils sont parfaits en ce sens qu’ils sont, en second lieu, délivrés des mauvaises pensées et des mauvaises dispositions. Premièrement, des pensées mauvaises ou coupables. En vérité, d’où jailliraient-elles ? C’est “du cœur de l’homme”, si tant est qu’elles viennent de quelque part, que “sortent les mauvaises pensées”. Si donc le cœur n’est plus mauvais, alors les mauvaises pensées n’en sortent plus ; car “un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits”.“This is the glorious privilege of every Christian, yea, though he be but a babe in Christ. But it is only of grown Christians it can be affirmed, they are in such a sense perfect, as, Secondly, to be freed from evil thoughts and evil tempers. First, from evil or sinful thoughts. Indeed, whence should they spring? Out of the heart of man,’ if at all, proceed evil thoughts.’ If, therefore, the heart be no longer evil, then evil thoughts no longer proceed out of it: For a good tree cannot bring forth evil fruit.’
« Et comme ils sont délivrés des mauvaises pensées, de même aussi des mauvaises dispositions. Chacun d’eux peut dire avec saint Paul : “J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi” ; paroles qui décrivent manifestement une délivrance du péché intérieur aussi bien que du péché extérieur. Cela est exprimé à la fois négativement, “ce n’est plus moi qui vis”, ma mauvaise nature, le corps du péché, est détruite ; et positivement, “Christ vit en moi”, et par conséquent tout ce qui est saint, juste et bon. En vérité, ces deux choses, “Christ vit en moi” et “ce n’est plus moi qui vis”, sont inséparablement liées. Car “qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres, ou quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial ?”“And as they are freed from evil thoughts, so likewise from evil tempers. Every one of these can say, with St. Paul, I am crucified with Christ; nevertheless I live; yet not I, but Christ liveth in me;’—words that manifestly describe a deliverance from inward as well as from outward sin. This is expressed both negatively, I live not,’ my evil nature, the body of sin, is destroyed; and positively, Christ liveth in me,’ and therefore all that is holy, and just, and good. Indeed, both these, Christ liveth in me,’ and, I live not,’ are inseparably connected. For what communion hath light with darkness, or Christ with Belial?
« Celui donc qui vit en ces chrétiens “a purifié leurs cœurs par la foi”, de sorte que quiconque a Christ en soi, “l’espérance de la gloire, se purifie, comme lui-même est pur”. Il est purifié de l’orgueil, car Christ était humble de cœur. Il est pur du désir et de la volonté propre, car Christ ne désirait que faire la volonté de son Père. Et il est pur de la colère, au sens ordinaire du mot, car Christ était doux et débonnaire. Je dis au sens ordinaire du mot, car il est irrité contre le péché, tout en étant affligé pour le pécheur. Il éprouve du déplaisir devant toute offense faite à Dieu, mais seulement une tendre compassion pour l’offenseur.“He, therefore, who liveth in these Christians hath purified their hearts by faith;’ insomuch that every one that has Christ in him, ‘the hope of glory, purifieth himself even as he is pure.’ He is purified from pride; for Christ was lowly in heart: He is pure from desire and self-will; for Christ desired only to do the will of his Father: And he is pure from anger, in the common sense of the word; for Christ ‘was meek and gentle. I say, in the common sense of the word; for he is angry at sin, while he is grieved for the sinner. He feels a displacency at every offence against God, but only tender compassion to the offender.
« Ainsi Jésus sauve son peuple de ses péchés, non seulement des péchés extérieurs, mais aussi des péchés du cœur. “C’est vrai, disent certains, mais pas avant la mort ; pas dans ce monde.” Non ; saint Jean dit : “Tel est l’amour parfait en nous, afin que nous ayons de l’assurance au jour du jugement : car tel il est, tels nous sommes aussi dans ce monde.” L’apôtre parle ici, sans contradiction possible, de lui-même et d’autres chrétiens vivants, dont il affirme catégoriquement que, non seulement à la mort ou après la mort, mais “dans ce monde”, ils sont comme leur Maître.“Thus doth Jesus save his people from their sins, not only from outward sins, but from the sins of their hearts. True,’ say some, but not till death, not in this world.’ Nay, St. John says, Herein is our love made perfect, that we may have boldness in the day of judgment; because, as he is, so are we in this world.’ The Apostle here, beyond all contradiction, speaks of himself and other living Christians, of whom he flatly affirms, that, not only at or after death, but ’ in this world,’ they are as their Master.’
« Exactement conformes à cela sont ses paroles du premier chapitre : “Dieu est lumière, et il n’y a point en lui de ténèbres. Si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché.” Et encore : “Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité.” Or il est évident que l’apôtre parle ici d’une délivrance opérée dans ce monde. Car il ne dit pas : “Le sang de Christ purifiera” (à l’heure de la mort ou au jour du jugement), mais il “purifie”, au temps présent, nous, chrétiens vivants, “de tout péché”. Et il est également évident que, s’il reste quelque péché, nous ne sommes pas purifiés de “tout” péché. S’il reste quelque iniquité dans l’âme, elle n’est pas purifiée de “toute” iniquité. Et que personne ne dise que cela se rapporte seulement à la justification, ou au fait de nous purifier de la culpabilité du péché. Premièrement, parce que c’est confondre ce que l’apôtre distingue clairement, lui qui mentionne d’abord “nous pardonner nos péchés”, et ensuite “nous purifier de toute iniquité”. Deuxièmement, parce que c’est affirmer la justification par les œuvres au sens le plus fort possible ; c’est rendre toute la sainteté intérieure, aussi bien que toute la sainteté extérieure, nécessairement préalable à la justification. Car si la purification dont il est ici question n’est autre que celle qui nous purifie de la culpabilité du péché, alors nous ne sommes pas purifiés de la culpabilité, c’est-à-dire pas justifiés, si ce n’est à condition de marcher “dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière”. Il reste donc que les chrétiens sont sauvés dans ce monde de tout péché, de toute iniquité ; qu’ils sont maintenant parfaits en ce sens qu’ils ne commettent pas le péché et sont délivrés des mauvaises pensées et des mauvaises dispositions. »“Exactly agreeable to this are his words in the first chapter: God is light, and in him is no darkness at all. If we walk in the light, as he is in the light, we have fellowship one with another, and the blood of Jesus Christ his Son cleanseth us from all sin.’ And again: ‘If we confess our sins, he is faithful and just to forgive us our sins, and to cleanse us from all unrighteousness.’ Now, it is evident, the Apostle here speaks of a deliverance wrought in this world: For he saith not, The blood of Christ will cleanse, (at the hour of death, or in the day of judgment,) but it cleanseth,’ at the time present, us living Christians from all sin.’ And it is equally evident, that if any sin remain, we are not cleansed from all’ sin. If any unrighteousness remain in the soul, it is not cleansed from all, unrighteousness. Neither let any say that this relates to justification only, or the cleansing us from the guilt of sin: First, because this is confounding together what the Apostle clearly distinguishes, who mentions, first, ‘to forgive us our sins, and then to cleanse us from all unrighteousness.’ Secondly, because this is asserting justification by works, in the strongest sense possible; it is making all inward, as well as all outward, holiness, necessarily previous to justification. For if the cleansing here spoken of is no other than the cleansing us from the guilt of sin, then we are not cleansed from guilt, that is, not justified, unless on condition of walking ‘in the light, as he is in the light.’ It remains, then, that Christians are saved in this world from all sin, from all unrighteousness; that they are now in such a sense perfect, as not to commit sin, and to be freed from evil thoughts and evil tempers.”
Il ne pouvait se faire qu’un discours de ce genre, qui contredisait directement l’opinion favorite de beaucoup de gens estimés par d’autres, et peut-être par eux-mêmes, comme les meilleurs des chrétiens (alors que, si ces choses étaient vraies, ils n’étaient pas du tout chrétiens), ne causât pas un grand scandale. On s’attendait donc à beaucoup de réponses ou de critiques ; mais je fus agréablement déçu. Je ne sache pas qu’il en ait paru aucune ; ainsi je poursuivis tranquillement mon chemin.It could not be, but that a discourse of this kind, which directly contradicted the favourite opinion of many, who were esteemed by others, and possibly esteemed themselves, some of the best of Christians, (whereas, if these things were so, they were not Christians at all,) should give no small offence. Many answers or animadversions, therefore, were expected; but I was agreeably disappointed. I do not know that any appeared; so I went quietly on my way.
2. Hymnes, préfaces et premières Conférences (1741–1752)2. Hymns, Prefaces and the First Conferences (1741–1752)
John Wesley, A Plain Account of Christian Perfection (révision de 1777 ; Works, éd. Thomas Jackson, 1872, vol. 11), sections 13–18 : les préfaces des recueils d’hymnes de 1741 et 1742, des extraits d’hymnes et les procès-verbaux des Conférences de 1744–1747. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John Wesley, A Plain Account of Christian Perfection (1777 revision; Works, ed. Thomas Jackson, 1872, vol. 11), sections 13–18: the prefaces to the hymn volumes of 1741 and 1742, hymn extracts, and the Conference minutes of 1744–1747. Primary source; the interpretations are the author’s.
Note du STC : Les mots entre crochets dans la préface de 1741 sont des corrections ultérieures de Wesley lui-même, ajoutées lorsqu’il la réimprima ; il jugea certaines parties de son premier exposé « trop fortes ». Les Conférences étaient les réunions annuelles de Wesley avec ses prédicateurs, et leurs questions et réponses (marquées Q. et R.) devinrent les « Procès-verbaux » méthodistes. « L’article de la mort » désigne le moment de mourir.CTS note: The words in square brackets inside the 1741 preface are Wesley’s own later corrections, added when he reprinted it; he judged parts of his early account “too strong.” The Conferences were the yearly meetings of Wesley with his preachers, and their questions and answers (marked Q. and A.) became the Methodist “Minutes.” “The article of death” means the moment of dying.
13. Peu après, au printemps de 1741, je crois, nous publiâmes un second volume d’hymnes. Comme la doctrine était encore très mal comprise et, par conséquent, mal présentée, je jugeai nécessaire de l’expliquer davantage sur ce point ; ce qui fut fait dans la préface, comme suit :13. Not long after, I think in the spring, 1741, we published a second volume of Hymns. As the doctrine was still much misunderstood, and consequently misrepresented, I judged it needful to explain yet farther upon the head; which was done in the preface to it as follows:—
« Ce grand don de Dieu, le salut de nos âmes, n’est autre que l’image de Dieu empreinte à nouveau dans nos cœurs. C’est un “renouvellement des croyants dans l’esprit de leur intelligence, à la ressemblance de Celui qui les a créés”. Dieu a maintenant mis “la cognée à la racine de l’arbre”, “purifiant leurs cœurs par la foi” et “purifiant toutes les pensées de leurs cœurs par l’inspiration de son Saint-Esprit”. Ayant cette espérance, qu’ils verront Dieu tel qu’il est, “ils se purifient, comme lui-même est pur”, et sont saints, comme celui qui les a appelés est saint, “dans toute leur conduite”. Non qu’ils aient déjà atteint tout ce qu’ils atteindront, ni qu’ils soient déjà parfaits en ce sens. Mais chaque jour ils “vont de force en force” ; “contemplant maintenant, comme dans un miroir, la gloire du Seigneur, ils sont transformés en la même image, de gloire en gloire, par l’Esprit du Seigneur”.“This great gift of God, the salvation of our souls, is no other than the image of God fresh stamped on our hearts. It is a renewal of believers in the spirit of their minds, after the likeness of Him that created them.’ God hath now laid the axe unto the root of the tree, purifying their hearts by faith,’ and cleansing all the thoughts of their hearts by the inspiration of his Holy Spirit.’ Having this hope, that they shall see God as he is, they purify themselves even as he is pure,’ and are holy, as he that hath called them is holy, in all manner of conversation.’ Not that they have already attained all that they shall attain, either are already in this sense perfect. But they daily go on from strength to strength; beholding’ now, as in a glass, the glory of the Lord, they are changed into the same image, from glory to glory, by the Spirit of the Lord.’
« “Et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté” ; une liberté telle “de la loi du péché et de la mort” que les enfants de ce monde ne la croiront pas, quand même un homme la leur déclarerait. “Le Fils a affranchi” ceux qui sont ainsi “nés de Dieu” de cette grande racine de péché et d’amertume, l’orgueil. Ils sentent que toute leur capacité vient de Dieu, que Lui seul est dans toutes leurs pensées et “produit en eux le vouloir et le faire, selon son bon plaisir”. Ils sentent que “ce ne sont pas eux” qui parlent, “mais l’Esprit de leur Père qui parle” en eux, et que tout ce que font leurs mains, “c’est le Père qui demeure en eux qui fait les œuvres”. De sorte que Dieu est pour eux tout en tous, et qu’ils ne sont rien à ses yeux. Ils sont délivrés de la volonté propre, ne désirant rien que la sainte et parfaite volonté de Dieu ; ni provision dans le besoin, ni soulagement dans la douleur [Ceci est trop fort. Notre Seigneur lui-même désira le soulagement dans la douleur. Il le demanda, mais seulement avec résignation : “Non pas ce que je veux”, je désire, “mais ce que tu veux”], ni la vie, ni la mort, ni aucune créature ; mais criant continuellement au plus profond de leur âme : “Père, que ta volonté soit faite.” Ils sont délivrés des mauvaises pensées, de sorte que celles-ci ne peuvent entrer en eux, non, pas même un instant. Autrefois, quand une mauvaise pensée entrait, ils levaient les yeux, et elle s’évanouissait. Mais maintenant elle n’entre pas, car il n’y a pas de place pour elle dans une âme qui est remplie de Dieu. Ils sont délivrés des distractions dans la prière. Chaque fois qu’ils répandent leur cœur d’une manière plus immédiate devant Dieu, ils n’ont aucune pensée de quoi que ce soit de passé [Ceci est beaucoup trop fort. Voir le sermon “Sur les pensées errantes”], d’absent ou d’à venir, mais de Dieu seul. Autrefois, des pensées errantes s’élançaient en eux, qui cependant s’enfuyaient comme la fumée ; mais maintenant cette fumée ne s’élève plus du tout. Ils n’ont ni crainte ni doute, ni quant à leur état en général, ni quant à quelque action particulière. [C’est souvent le cas, mais seulement pour un temps.] “L’onction qui vient du Saint” leur enseigne à toute heure ce qu’ils doivent faire et ce qu’ils doivent dire [Pour un temps, il peut en être ainsi, mais pas toujours] ; et ils n’ont donc aucun besoin de raisonner là-dessus. [Parfois ils n’en ont pas besoin ; d’autres fois, si.] Ils sont, en un sens, délivrés des tentations ; car, bien que d’innombrables tentations volent autour d’eux, elles ne les troublent pas. [Parfois elles ne les troublent pas ; d’autres fois elles les troublent, et cela gravement.] En tout temps, leurs âmes sont égales et calmes, leurs cœurs fermes et inébranlables. Leur paix, coulant comme un fleuve, “surpasse toute intelligence”, et “ils se réjouissent d’une joie ineffable et glorieuse”. Car ils “sont scellés par l’Esprit pour le jour de la rédemption”, ayant en eux-mêmes le témoignage que “la couronne de justice leur est réservée, que le Seigneur leur donnera en ce jour-là”. [Non pas à tous ceux qui sont sauvés du péché ; beaucoup d’entre eux ne l’ont pas encore atteint.]“And where the Spirit of the Lord is, there is liberty;’ such liberty ‘from the law of sin and death,’ as the children of this world will not believe, though a man declare it unto them. The Son hath made them free’ who are thus born of God,’ from that great root of sin and bitterness, pride. They feel that all their sufficiency is of God,’ that it is He alone who is in all their thoughts,’ and ’ worketh in them both to will and to do of his good pleasure.’ They feel that ‘it is not they’ that speak, but the Spirit of’ their Father who speaketh’ in them, and that whatsoever is done by their hands, ’ the Father who is in them, he doeth the works.’ So that God is to them all in all, and they are nothing in his sight. They are freed from self-will, as desiring nothing but the holy and perfect will of God; not supplies in want, not ease in pain, [This is too strong. Our Lord himself desired ease in pain.’ He asked’ for it, only with resignation: “Not as I will,” I desire, “but as thou wilt.”] nor life, or death, or any creature; but continually crying in their inmost soul, Father, thy will be done.’ They are freed from evil thoughts, so that they cannot enter into them, no, not for a moment. Aforetime, when an evil thought came in, they looked up, and it vanished away. But now it does not come in, there being no room for this, in a soul which is full of God. They are free from wanderings in prayer. Whensoever they pour out their hearts in a more immediate manner before God, they have no thought of anything past, [This is far too strong. See the sermon “On Wandering Thoughts.”] or absent, or to come, but of God alone. In times past, they had wandering thoughts darted in, which yet fled away like smoke; but now that smoke does not rise at all. They have no fear or doubt, either as to their state in general, or as to any particular action. [Frequently this is the case; but only for a time.] The unction from the Holy One’ teacheth them every hour what they shall do, and what they shall speak; [For a time it may be so; but not always.] nor therefore have they any need to reason concerning it. [Sometimes they have no need; at other times they have.] They are in one sense freed from temptations; for though numberless temptations fly about them, yet they trouble them not. [Sometimes they do not; at other times they do, and that grievously.] At all times their souls are even and calm, their hearts are steadfast and unmovable. Their peace, flowing as a river, passeth all understanding,’ and they rejoice with joy unspeakable and full of glory.’ For they ‘are sealed by the Spirit unto the day of redemption,’ having the witness in themselves, that there is laid up for’ them a crown of righteousness which the Lord will give’ them in that day.’ [Not all who are saved from sin; many of them have not attained it yet.]
« Ce n’est pas que quiconque n’est pas encore ainsi renouvelé dans l’amour soit un enfant du diable. Au contraire, quiconque a une ferme confiance en Dieu que, par les mérites de Christ, ses péchés lui sont pardonnés, est enfant de Dieu et, s’il demeure en lui, héritier de toutes les promesses. Et il ne doit en aucune manière rejeter sa confiance, ni renier la foi qu’il a reçue, parce qu’elle est faible, ou parce qu’elle est “éprouvée par le feu”, de sorte que son âme est “attristée par diverses épreuves”.“Not that every one is a child of the devil, till he is thus renewed in love: On the contrary, whoever has a sure confidence in God, that through the merits of Christ, his sins are forgiven,’ he is a child of God, and, if he abide in him, an heir of all the promises. Neither ought he in anywise to cast away his confidence, or to deny the faith he has received, because it is weak, or because it is tried with fire,’ so that his soul is in heaviness through manifold temptations.’
« Nous n’osons pas non plus affirmer, comme certains l’ont fait, que tout ce salut est donné en une fois. Il y a certes une œuvre instantanée, aussi bien qu’une œuvre graduelle, de Dieu dans ses enfants ; et il ne manque pas, nous le savons, d’une nuée de témoins qui ont reçu, en un instant, soit un sentiment clair du pardon de leurs péchés, soit le témoignage permanent du Saint-Esprit. Mais nous ne connaissons pas un seul exemple, en aucun lieu, d’une personne ayant reçu, en un seul et même instant, la rémission des péchés, le témoignage permanent de l’Esprit et un cœur nouveau et pur.“Neither dare we affirm, as some have done, that all this salvation is given at once. There is indeed an instantaneous, as well as a gradual, work of God in his children; and there wants not, we know, a cloud of witnesses, who have received, in one moment, either a clear sense of the forgiveness of their sins, or the abiding witness of the Holy Spirit. But we do not know a single instance, in any place, of a person’s receiving, in one and the same moment, remission of sins, the abiding witness of the Spirit, and a new, a clean heart.
« En vérité, comment Dieu peut agir, nous ne saurions le dire ; mais la manière générale dont il agit est celle-ci : ceux qui se confiaient autrefois en eux-mêmes comme étant justes, qui étaient riches, s’étaient enrichis et n’avaient besoin de rien, sont convaincus par l’Esprit de Dieu, qui applique sa parole, qu’ils sont pauvres et nus. Toutes les choses qu’ils ont faites sont rappelées à leur mémoire et rangées devant eux, de sorte qu’ils voient la colère de Dieu suspendue sur leurs têtes et sentent qu’ils méritent la condamnation de l’enfer. Dans leur détresse, ils crient à l’Éternel, et il leur montre qu’il a ôté leurs péchés, et il ouvre le royaume des cieux dans leurs cœurs : “la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit”. La tristesse et la douleur s’enfuient, et le péché n’a plus “de pouvoir sur” eux. Sachant qu’ils sont justifiés gratuitement par la foi en son sang, “ils ont la paix avec Dieu par Jésus-Christ” ; “ils se glorifient dans l’espérance de la gloire de Dieu”, et “l’amour de Dieu est répandu dans leurs cœurs”.“Indeed, how God may work, we cannot tell; but the general manner wherein he does work is this: Those who once trusted in themselves that they were righteous, that they were rich, and increased in goods, and had need of nothing, are, by the Spirit of God applying his word, convinced that they are poor and naked. All the things that they have done are brought to their remembrance and set in array before them, so that they see the wrath of God hanging over their heads, and feel that they deserve the damnation of hell. In their trouble they cry unto the Lord, and he shows them that he hath taken away their sins, and opens the kingdom of heaven in their hearts, righteousness, and peace, and joy in the Holy Ghost.’ Sorrow and pain are fled away, and sin has no more dominion over’ them. Knowing they are justified freely through faith in his blood, they have peace with God through Jesus Christ;’ they rejoice in hope of the glory of God,’ and the love of God is shed abroad in their hearts.’
« Dans cette paix ils demeurent des jours, des semaines ou des mois, et supposent communément qu’ils ne connaîtront plus la guerre ; jusqu’à ce que quelques-uns de leurs anciens ennemis, leurs péchés intimes, ou le péché qui les enveloppait le plus facilement (peut-être la colère ou la convoitise), les assaillent de nouveau et les poussent rudement pour les faire tomber. Alors s’élève la crainte de ne pas persévérer jusqu’à la fin, et souvent le doute : Dieu ne les a-t-il pas oubliés, ou ne se sont-ils pas trompés eux-mêmes en pensant que leurs péchés étaient pardonnés ? Sous ces nuages, surtout s’ils raisonnent avec le diable, ils marchent dans le deuil tout le jour. Mais il est rare que leur Seigneur tarde longtemps à répondre lui-même, leur envoyant le Saint-Esprit pour les consoler, pour rendre continuellement témoignage à leur esprit qu’ils sont enfants de Dieu. Alors ils sont vraiment doux, paisibles et dociles, comme un petit enfant. Et maintenant pour la première fois ils voient le fond de leur cœur [N’est-il pas étonnant que, ce livre existant, publié il y a vingt-quatre ans, quelqu’un me soutienne en face que c’est là une doctrine nouvelle, et que je ne l’ai jamais enseignée auparavant ? — (Cette note fut publiée pour la première fois en 1765. ÉD.)], que Dieu auparavant ne voulait pas leur découvrir, de peur que l’âme ne défaillît devant lui, ainsi que l’esprit qu’il avait fait. Maintenant ils y voient toutes les abominations cachées, les profondeurs de l’orgueil, de la volonté propre et de l’enfer ; et cependant, ayant en eux-mêmes le témoignage : “Tu es héritier de Dieu, cohéritier de Christ, même au milieu de cette épreuve de feu” ; ce qui accroît continuellement à la fois le vif sentiment qu’ils ont alors de leur incapacité à s’aider eux-mêmes et la faim inexprimable qu’ils éprouvent d’un plein renouvellement à son image, “dans une justice et une sainteté que produit la vérité”. Alors Dieu se souvient du désir de ceux qui le craignent, et leur donne un œil simple et un cœur pur ; il imprime en eux sa propre image et son inscription ; il les crée de nouveau en Jésus-Christ ; il vient à eux avec son Fils et son bienheureux Esprit et, fixant sa demeure dans leurs âmes, les fait entrer dans “le repos qui reste pour le peuple de Dieu”. »“In this peace they remain for days, or weeks, or months, and commonly suppose they shall not know war any more; till some of their old enemies, their bosom sins, or the sin which did most easily beset them, (perhaps anger or desire,) assault them again, and thrust sore at them, that they may fall. Then arises fear, that they shall not endure to the end; and often doubt, whether God has not forgotten them, or whether they did not deceive themselves in thinking their sins were forgiven. Under these clouds, especially if they reason with the devil, they go mourning all the day long. But it is seldom long before their Lord answers for himself, sending them the Holy Ghost to comfort them, to bear witness continually with their spirits that they are’ the children of God. Then they are indeed meek and gentle and teachable, even as a little child. And now first do they see the ground of their heart; [Is it not astonishing, that while this book is extant, which was published four-and-twenty years ago, any one should face me down, that this is a new doctrine, and what I never taught before?—[This note was first published in the year 1765 EDIT.]] which God before would not disclose unto them, lest the soul should fail before him, and the spirit which he had made. Now they see all the hidden abominations there, the depths of pride, self-will, and hell; yet leaving the witness in themselves, Thou art an heir of God, a joint heir with Christ, even in the midst of this fiery trial;’ which continually heightens both the strong sense they then have of their inability to help themselves, and the inexpressible hunger they feel after a full renewal in his image, in righteousness and true holiness.’ Then God is mindful of the desire of them that fear him, and gives them a single eye, and a pure heart; he stamps upon them his own image and superscription; He createth them anew in Christ Jesus; he cometh unto them with his Son and blessed Spirit, and, fixing his abode in their souls, bringeth them into the rest which remaineth for the people of God.’”
Je ne puis m’empêcher de remarquer ici : (1) que c’est là l’exposé le plus fort que nous ayons jamais donné de la perfection chrétienne ; en vérité trop fort sur plus d’un point, comme il est observé dans les notes jointes ; (2) qu’il n’y a rien de ce que nous avons avancé depuis sur ce sujet, soit en vers, soit en prose, qui ne soit contenu, directement ou indirectement, dans cette préface. De sorte que, que notre doctrine présente soit juste ou fausse, c’est en tout cas la même que celle que nous avons enseignée dès le commencement.Here I cannot but remark, (1.) That this is the strongest account we ever gave of Christian perfection; indeed too strong in more than one particular, as is observed in the notes annexed. (2.) That there is nothing which we have since advanced upon the subject, either in verse or prose, which is not either directly or indirectly contained in this preface. So that whether our present doctrine be right or wrong, it is however the same which we taught from the beginning.
14. Je n’ai pas besoin d’en donner des preuves supplémentaires en multipliant les citations du volume lui-même. Il suffira de citer une partie d’un seul hymne, le dernier de ce volume :14. I need not give additional proofs of this, by multiplying quotations from the volume itself. It may suffice, to cite part of one hymn only the last in that volume:—
Seigneur, je crois qu’il reste un repos, / connu de tout ton peuple ; / un repos où règne la pure jouissance, / et où toi seul es aimé ; / un repos où tout le désir de notre âme / est fixé sur les choses d’en haut ; / où le doute, la douleur et la crainte expirent, / bannis par l’amour parfait. / Délivrés de tout mouvement mauvais / (le Fils nous a affranchis), / nous foulons aux pieds toutes les puissances de l’enfer, / dans une glorieuse liberté. / En sûreté sur le chemin de la vie, au-dessus / de la mort, de la terre et de l’enfer nous nous élevons ; / nous trouvons, quand nous sommes rendus parfaits dans l’amour, / notre paradis longtemps cherché. / Oh ! si je connaissais maintenant ce repos, / si je croyais et y entrais ! / Maintenant, Sauveur, maintenant donne la puissance, / et fais que je cesse de pécher ! / Ôte cette dureté de mon cœur, / ôte cette incrédulité ; / accorde-moi le repos de la foi, / le sabbat de ton amour. / Viens, ô mon Sauveur, viens sans tarder, / descends dans mon âme ! / Ne reste pas plus longtemps loin de ta créature, / mon auteur et ma fin. / Le bonheur que tu m’as préparé, / qu’il ne soit plus différé ; / viens, ma très grande récompense, / pour qui je fus d’abord créé. / Viens, Père, Fils et Saint-Esprit, / et scelle-moi comme ta demeure ! / Que tout ce que je suis se perde en toi ; / que tout se perde en Dieu !Lord, I believe a rest remains, / To all thy people known; / A rest where pure enjoyment reigns, / And thou art loved alone; / A rest where all our soul’s desire / Is fix’d on things above; / Where doubt and pain and fear expire, / Cast out by perfect love. / From every evil motion freed, / (The Son hath made us free,) / On all the powers of hell we tread, / In glorious liberty. / Safe in the way of life, above / Death, earth, and hell we rise / We find, when perfected in love, / Our long-sought paradise. / O that I now the rest might know, / Believe, and enter in! / Now, Saviour, now the power bestow, / And let me cease from sin! / Remove this hardness from my heart, / This unbelief remove: / To me the rest of faith impart, / The sabbath of thy love. / Come, O my Saviour, come away / Into my soul descend! / No longer from thy creature stay, / My author and my end. / The bliss thou hast for me prepared, / No longer be delay’d: / Come, my exceeding great reward, / For whom I first was made. / Come, Father, Son, and Holy Ghost, / And seal me thine abode! / Let all I am in thee be lost: / Let all be lost in God!
Peut-il y avoir rien de plus clair que ceci : (1) qu’ici aussi il est question d’un salut aussi plein et aussi élevé que celui dont nous ayons jamais parlé ? (2) qu’il en est parlé comme pouvant être reçu par la seule foi, et comme n’étant empêché que par l’incrédulité ? (3) que cette foi, et par conséquent le salut qu’elle apporte, est présentée comme donnée en un instant ? (4) qu’on suppose que cet instant peut être maintenant ? que nous n’avons pas besoin d’attendre un moment de plus ? que « maintenant », ce « maintenant » même, « est le temps favorable » ? que « maintenant est le jour » de ce plein « salut » ? Et enfin que, si quelqu’un parle autrement, c’est lui qui apporte parmi nous une doctrine nouvelle ?Can anything be more clear, than, (1.) That here also is as full and high a salvation as we have ever spoken of? (2.) That this is spoken of as receivable by mere faith, and as hindered only by unbelief? (3.) That this faith, and consequently the salvation which it brings, is spoken of as given in an instant? (4.) That it is supposed that instant may be now? that we need not stay another moment? that “now,” the very “now, is the accepted time? now is the day of” this full “salvation?” And, Lastly, that, if any speak otherwise, he is the person that brings new doctrine among us?
15. Environ un an après, à savoir en l’année 1742, nous publiâmes un autre volume d’hymnes. La controverse étant alors à son comble, nous parlâmes sur ce point plus amplement que jamais. Aussi un grand nombre des hymnes de ce volume traitent-ils expressément de ce sujet. Et la préface le fait aussi ; comme elle est courte, il ne sera pas mal à propos de l’insérer en entier :15. About a year after, namely, in the year 1742, we published another volume of Hymns. The dispute being now at the height, we spoke upon the head more largely than ever before. Accordingly abundance of the hymns in this volume treat expressly on this subject. And so does the preface, which, as it is short, it may not be amiss to insert entire:—
« (1) Peut-être le préjugé général contre la perfection chrétienne provient-il principalement d’une méprise sur sa nature. Nous admettons volontiers, et nous déclarons continuellement, qu’il n’y a pas en cette vie de perfection qui implique soit une dispense de faire le bien et d’observer toutes les ordonnances de Dieu, soit une exemption de l’ignorance, de l’erreur, de la tentation et de mille infirmités nécessairement liées à la chair et au sang.“(1.) Perhaps the general prejudice against Christian perfection may chiefly arise from a misapprehension of the nature of it. We willingly allow, and continually declare, there is no such perfection in this life, as implies either a dispensation from doing good, and attending all the ordinances of God, or a freedom from ignorance, mistake, temptation, and a thousand infirmities necessarily connected with flesh and blood.
« (2) Premièrement. Non seulement nous admettons, mais nous soutenons avec ardeur, qu’il n’y a pas en cette vie de perfection qui implique une dispense d’observer toutes les ordonnances de Dieu, ou de “pratiquer le bien envers tous pendant que nous en avons l’occasion, et surtout envers les frères en la foi”. Nous croyons que non seulement les petits enfants en Christ, qui ont nouvellement trouvé la rédemption dans son sang, mais aussi ceux qui sont parvenus à l’état d’“hommes faits”, sont indispensablement obligés, toutes les fois qu’ils en ont l’occasion, de “manger le pain et boire le vin en mémoire de Lui”, et de “sonder les Écritures” ; par le jeûne aussi bien que par la tempérance, de “traiter durement leur corps et de le tenir assujetti” ; et, par-dessus tout, de répandre leur âme dans la prière, tant en secret que dans la grande assemblée.“(2.) First. We not only allow, but earnestly contend, that there is no perfection in this life, which implies any dispensation from attending all the ordinances of God, or from doing good unto all men while we have time, though especially unto the household of faith.’ We believe, that not only the babes in Christ, who have newly found redemption in his blood, but those also who are grown up into perfect men,’ are indispensably obliged, as often as they have opportunity, ‘to eat bread and drink wine in remembrance of Him,’ and to search the Scriptures;’ by fasting, as well as temperance, to keep their bodies under, and bring them into subjection;’ and, above all, to pour out their souls in prayer, both secretly, and in the great congregation.
« (3) Deuxièmement, nous croyons qu’il n’y a pas en cette vie de perfection qui implique une entière délivrance, soit de l’ignorance ou de l’erreur dans les choses non essentielles au salut, soit des multiples tentations, soit des innombrables infirmités par lesquelles le corps corruptible appesantit plus ou moins l’âme. Nous ne trouvons dans l’Écriture aucun fondement pour supposer qu’un habitant d’une maison d’argile soit entièrement exempt soit d’infirmités corporelles, soit de l’ignorance de beaucoup de choses ; ni pour imaginer que quelqu’un soit incapable d’erreur ou de tomber dans diverses tentations.“(3.) We Secondly believe, that there is no such perfection in this life, as implies an entire deliverance, either from ignorance, or mistake, in things not essential to salvation, or from manifold temptations, or from numberless infirmities, wherewith the corruptible body more or less presses down the soul. We cannot find any ground in Scripture to suppose, that any inhabitant of a house of clay is wholly exempt either from bodily infirmities, or from ignorance of many things; or to imagine any is incapable of mistake, or falling into divers temptations.
« (4) “Mais qui entendez-vous donc par un homme parfait ?” Nous entendons celui en qui sont “les sentiments qui étaient en Christ”, et qui “marche comme Christ a marché” ; un homme qui a “les mains innocentes et le cœur pur”, ou qui est “purifié de toute souillure de la chair et de l’esprit” ; quelqu’un en qui il n’y a “aucune occasion de chute”, et qui, en conséquence, “ne commet pas le péché”. Pour le déclarer un peu plus en détail : nous entendons par cette expression biblique, “un homme parfait”, celui en qui Dieu a accompli sa fidèle parole : “Je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles ; je vous délivrerai de toutes vos souillures.” Nous entendons par là quelqu’un que Dieu a “sanctifié tout entier, corps, âme et esprit” ; quelqu’un qui “marche dans la lumière, comme Il est lui-même dans la lumière, en qui il n’y a point de ténèbres, le sang de Jésus-Christ son Fils l’ayant purifié de tout péché”.“(4.) But whom then do you mean by one that is perfect?’ We mean one in whom is the mind which was in Christ,’ and who so walketh as Christ also walked;’ a man that hath clean hands and a pure heart,’ or that is cleansed from all filthiness of flesh and spirit;’ one in whom is no occasion of stumbling,’ and who, accordingly, does not commit sin.’ To declare this a little more particularly: We understand by that scriptural expression, a perfect man,’ one in whom God hath fulfilled his faithful word, From all your filthiness and from all your idols I will cleanse you: I will also save you from all your uncleannesses.’ We understand hereby, one whom God hath sanctified throughout in body, soul, and spirit;’ one who walketh in the light as He is in the light, in whom is no darkness at all; the blood of Jesus Christ his Son having cleansed him from all sin.’
« (5) Cet homme peut maintenant rendre témoignage à tout le genre humain : “J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi.” Il est “saint comme Dieu qui l’a appelé est saint”, à la fois dans son cœur et “dans toute sa conduite”. Il “aime le Seigneur son Dieu de tout son cœur” et “le sert de toute sa force”. Il “aime son prochain”, tout homme, “comme lui-même” ; oui, “comme Christ nous a aimés” ; en particulier ceux qui “le maltraitent et le persécutent, parce qu’ils ne connaissent ni le Fils ni le Père”. En vérité, son âme est tout amour, remplie “d’entrailles de miséricorde, de bonté, de douceur, de bienveillance, de patience”. Et sa vie y correspond, pleine de “l’œuvre de la foi, de la persévérance de l’espérance, du travail de la charité”. Et “quoi qu’il fasse, en parole ou en œuvre”, il fait tout “au nom”, dans l’amour et la puissance, “du Seigneur Jésus”. En un mot, il fait “la volonté de Dieu sur la terre comme au ciel”.“(5.) This man can now testify to all mankind, I am crucified with Christ: Nevertheless I live; yet not I, but Christ liveth in me.’ He is holy as God who called’ him is holy,’ both in heart and in all manner of conversation.’ He loveth the Lord his God with all his heart,’ and serveth him with all his strength.’ He loveth his neighbour,’ every man, as himself;’ yea, as Christ loveth us;’ them, in particular, that despitefully use him and persecute him, because they know not the Son, neither the Father.’ Indeed his soul is all love, filled with bowels of mercies, kindness, meekness, gentleness, longsuffering.’ And his life agreeth thereto, full of the work of faith, the patience of hope, the labour of love.’ And whatsoever’ he doeth either in word or deed,’ he doeth it all in the name,’ in the love and power, of the Lord Jesus.’ In a word, he doeth the will of God on earth, as it is done in heaven.’
« (6) Voilà ce que c’est que d’être un homme parfait, d’être “sanctifié tout entier” ; c’est-à-dire d’avoir un cœur “si embrasé de l’amour de Dieu” (pour employer les termes de l’archevêque Ussher) “qu’il offre continuellement toute pensée, toute parole et toute œuvre comme un sacrifice spirituel, agréable à Dieu par Christ”. Dans chaque pensée de nos cœurs, dans chaque parole de nos langues, dans chaque œuvre de nos mains, “annoncer les vertus de celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière”. Oh ! puissions-nous, nous et tous ceux qui cherchent le Seigneur Jésus avec sincérité, être ainsi “parfaitement un” ! »“(6.) This it is to be a perfect man, to be sanctified throughout;’ even to have a heart so all-flaming with the love of God,’ (to use Archbishop Usher’s words,) as continually to offer up every thought, word, and work, as a spiritual sacrifice, acceptable to God through Christ.’ In every thought of our hearts, in every word of our tongues, in every work of our hands, to show forth his praise, who hath called us out of darkness into his marvellous light.’ O that both we, and all who seek the Lord Jesus in sincerity, may thus be made perfect in one!’”
Telle est la doctrine que nous avons prêchée dès le commencement et que nous prêchons aujourd’hui. Certes, en la considérant sous tous ses aspects et en la comparant sans cesse avec la parole de Dieu d’une part, et avec l’expérience des enfants de Dieu d’autre part, nous avons pénétré plus avant dans la nature et les propriétés de la perfection chrétienne. Mais il n’y a toujours aucune contradiction entre nos premiers et nos derniers sentiments. Notre première conception en était : c’est avoir « les sentiments qui étaient en Christ » et « marcher comme il a marché » ; avoir tous les sentiments qui étaient en lui, et marcher toujours comme il a marché ; en d’autres termes, être consacré à Dieu intérieurement et extérieurement ; entièrement consacré de cœur et de vie. Et nous en avons maintenant la même conception, sans addition ni diminution.This is the doctrine which we preached from the beginning, and which we preach at this day. Indeed, by viewing it in every point of light, and comparing it again and again with the word of God on the one hand, and the experience of the children of God on the other, we saw farther into the nature and properties of Christian perfection. But still there is no contrariety at all between our first and our last sentiments. Our first conception of it was, It is to have “the mind which was in Christ,” and to “walk as He walked;” to have all the mind that was in Him, and always to walk as he walked: In other words, to be inwardly and outwardly devoted to God; all devoted in heart and life. And we have the same conception of it now, without either addition or diminution.
16. Les hymnes qui en traitent dans ce volume sont trop nombreux pour être transcrits. Je ne citerai qu’une partie de trois d’entre eux :16. The hymns concerning it in this volume are too numerous to transcribe. I shall only cite a part of three:—
Sauveur du péché, j’attends d’éprouver / que Jésus est ton nom qui guérit ; / de perdre, quand je serai rendu parfait dans l’amour, / tout ce que j’ai, ou peux, ou suis. / Je m’appuie sur ta fidèle parole : / « Le serviteur sera comme son Seigneur. » / Accomplis en moi cette fin pleine de grâce / pour laquelle ta précieuse vie fut donnée ; / rachète de toute iniquité, / restaure, et rends-moi propre au ciel. / À moins que tu n’effaces toute tache en moi, / ta souffrance et ma foi sont vaines. / N’es-tu pas mort pour que je vive, / non plus pour moi-même, mais pour toi ? / Pour que je donne corps, âme et esprit / à Celui qui s’est donné lui-même pour moi ? / Viens donc, mon Maître et mon Dieu, / prends la chère acquisition de ton sang. / Réclame ton serviteur qui t’appartient en propre, / pour l’amour de ta vérité et de ta miséricorde ; / sanctifie en moi ton nom glorieux ; / prends-moi pour tien en ce moment même ; / et change et purifie entièrement : / que je vive et meure à toi seul. (Page 80.)Saviour from sin, I wait to prove / That Jesus is thy healing name; / To lose, when perfected in love, / Whate’er I have, or can, or am; / I stay me on thy faithful word, / “The servant shall be as his Lord.” / Answer that gracious end in me / For which thy precious life was given; / Redeem from all iniquity, / Restore, and make me meet for heaven. / Unless thou purge my every stain, / Thy suffering and my faith is vain. / Didst thou not die, that I might live, / No longer to myself but thee? / Might body, soul, and spirit give / To Him who gave himself for me? / Come then, my Master and my God, / Take the dear purchase of thy blood. / Thy own peculiar servant claim, / For thy own truth and mercy’s sake; / Hallow in me thy glorious name; / Me for thine own this moment take; / And change and throughly purify; / Thine only may I live and die. (Page 80.)
Choisi hors du monde, si maintenant je me tiens debout, / paré d’une justice divine ; / si, amené dans la terre promise, / j’appelle à juste titre le Sauveur mien, / répands l’Esprit qui sanctifie, / pour étancher ma soif et me laver entièrement ; / maintenant, Sauveur, que la pluie de grâce / descende et me rende pur de péché. / Purifie-moi de toute tache coupable ; / que toutes mes idoles soient rejetées ; / purifie-moi de toute mauvaise pensée, / de toute la souillure du moi et de l’orgueil. / La haine de l’esprit charnel, / ôte-la d’un coup de ma chair ; / donne-moi un cœur tendre, résigné, / et pur, et plein de foi et d’amour. / Oh ! si maintenant, délivré du péché, / je pouvais éprouver ta parole jusqu’au bout, / entrer dans ton repos promis, / la Canaan de ton amour parfait ! / Que j’atteigne maintenant le sommet de la perfection ! / Que je tombe maintenant dans le néant ; / que je sois moins que rien à mes yeux, / et que je sente que Christ est tout en tous ! (Page 258.)Chosen from the world, if now I stand, / Adorn’d with righteousness divine; / If, brought into the promised land, / I justly call the Saviour mine; / The sanctifying Spirit pour, / To quench my thirst and wash me clean, / Now, Saviour let the gracious shower / Descend, and make me pure from sin. / Purge me from every sinful blot: / My idols all be cast aside: / Cleanse me from every evil thought, / From all the filth of self and pride. / The hatred of the carnal mind / Out of my flesh at once remove: / Give me a tender heart, resign’d, / And pure, and full of faith and love. / O that I now, from sin released, / Thy word might to the utmost prove, / Enter into thy promised rest; / The Canaan of thy perfect love! / Now let me gain perfection’s height! / Now let me into nothing fall; / Be less than nothing in my sight, / And feel that Christ is all in all. (Page 258.)
Seigneur, je crois que ton œuvre de grâce / est parfaite dans l’âme ; / pur est le cœur de celui qui voit ta face, / son esprit est rendu sain. / De toute maladie, par ta parole, / de toute affection impure, / sauvé, et rendu à une parfaite santé, / à une parfaite sainteté, / il marche dans une glorieuse liberté, / entièrement mort au péché ; / la Vérité, le Fils, l’a affranchi, / et il est réellement libre. / Dans toute son âme brillent tes gloires, / son âme est toute renouvelée, / et parée d’une justice divine, / et revêtue et remplie de Dieu. / Voici le repos, la vie, la paix, / qu’éprouve tout ton peuple ; / l’amour est le lien de la perfection, / et toute leur âme est amour. / Ô joyeux son de la grâce de l’Évangile ! / Christ paraîtra en moi ; / moi, oui moi, je verrai sa face ; / je serai saint ici-bas ! / Il visite maintenant la maison d’argile, / il ébranle sa future demeure ; / oh ! veuille, Seigneur, en ce jour joyeux, / entrer dans ton temple ! / Viens, ô mon Dieu, révèle-toi, / remplis tout ce vide immense ; / toi seul peux remplir mon esprit : / viens, ô mon Dieu, mon Dieu ! / Accomplis, accomplis mes vastes désirs, / vastes comme l’infini ! / Donne, donne-moi tout ce que mon âme réclame, / tout, tout ce qui est en toi ! (Page 298.)Lord, I believe, thy work of grace / Is perfect in the soul; / His heart is pure who sees thy face, / His spirit is made whole. / From every sickness, by thy word, / From every foul disease, / Saved, and to perfect health restored, / To perfect holiness: / He walks in glorious liberty, / To sin entirely dead: / The Truth, the Son hath made him free, / And he is free indeed. / Throughout his soul thy glories shine, / His soul is all renew’d, / And deck’d in righteousness divine, / And clothed and fill’d with God. / This is the rest, the life, the peace, / Which all thy people prove; / Love is the bond of perfectness, / And all their soul is love. / O joyful sound of gospel grace! / Christ shall in me appear; / I, even I, shall see his face, / I shall be holy here! / He visits now the house of clay, / He shakes his future home;— / O would’st thou, Lord, on this glad day, / Into thy temple come! / Come, O my God, thyself reveal, / Fill all this mighty void; / Thou only canst my spirit fill: / Come, O my God, my God! / Fulfil, fulfil my large desires, / Large as infinity! / Give, give me all my soul requires, / All, all that is in thee! (Page 298.)
17. Le lundi 25 juin 1744 commença notre Première Conférence, six ecclésiastiques et tous nos prédicateurs étant présents. Le lendemain matin, nous examinâmes sérieusement la doctrine de la sanctification, ou perfection. Les questions posées à ce sujet, et la substance des réponses données, furent les suivantes :17. On Monday, June 25, 1744, our First Conference began; six Clergymen and all our Preachers being present. The next morning we seriously considered the doctrine of sanctification, or perfection. The questions asked concerning it, and the substance of the answers given, were as follows:—
« QUESTION. Qu’est-ce qu’être sanctifié ?“QUESTION. What is it to be sanctified?
« RÉPONSE. Être renouvelé à l’image de Dieu, “dans une justice et une sainteté véritables”.“ANSWER. To be renewed in the image of God, in righteousness and true holiness.’
« Q. Qu’implique le fait d’être un chrétien parfait ?“Q. What is implied in being a perfect Christian?
« R. Aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre pensée et de toute notre âme (Deutéronome 6.5).“A. The loving God with all our heart, and mind, and soul. (Deut. 6:5.)
« Q. Cela implique-t-il que tout péché intérieur est ôté ?“Q. Does this imply, that all inward sin is taken away?
« R. Sans aucun doute ; sinon, comment pourrait-on dire que nous sommes “délivrés de toutes nos souillures” ? (Ézéchiel 36.29) »“A. Undoubtedly; or how can we be said to be saved from all our uncleannesses?’ (Ezek. 36:29.)”
Notre Deuxième Conférence commença le 1er août 1745. Le lendemain matin, nous parlâmes de la sanctification comme suit :Our Second Conference began August 1, 1745. The next morning we spoke of sanctification as follows:—
« Q. Quand commence la sanctification intérieure ?“Q. When does inward sanctification begin?
« R. Au moment où un homme est justifié. (Cependant le péché demeure en lui, oui, la semence de tout péché, jusqu’à ce qu’il soit sanctifié tout entier.) Dès ce moment, le croyant meurt graduellement au péché et croît dans la grâce.“A. In the moment a man is justified. (Yet sin remains in him, yea, the seed of all sin, till he is sanctified throughout.) From that time a believer gradually dies to sin, and grows in grace.
« Q. Ceci est-il ordinairement donné avant le temps qui précède de peu la mort ?“Q. Is this ordinarily given till a little before death?
« R. Non, à ceux qui ne l’attendent pas plus tôt.“A. It is not, to those who expect it no sooner.
« Q. Mais pouvons-nous l’attendre plus tôt ?“Q. But may we expect it sooner?
« R. Pourquoi pas ? Car, bien que nous accordions (1) que la généralité des croyants que nous avons connus jusqu’ici n’ont été ainsi sanctifiés que près de la mort ; (2) que peu de ceux à qui saint Paul écrivit ses épîtres l’étaient à ce moment-là ; ni (3) lui-même au temps où il écrivit ses premières épîtres ; tout cela ne prouve pas que nous ne puissions l’être aujourd’hui.“A. Why not? For, although we grant, (1.) That the generality of believers, whom we have hitherto known, were not so sanctified till near death; (2.) That few of those to Whom St. Paul wrote his Epistles were so at that time; nor, (3.) He himself at the time of writing his former Epistles; yet all this does not prove, that we may not be so to-day.
« Q. De quelle manière devons-nous prêcher la sanctification ?“Q. In what manner should we preach sanctification?
« R. Presque pas du tout à ceux qui ne s’efforcent pas d’avancer ; à ceux qui le font, toujours sous forme de promesse ; toujours en attirant plutôt qu’en poussant. »“A. Scarce at all to those who are not pressing forward: To those who are, always by way of promise; always drawing, rather than driving.”
Notre Troisième Conférence commença le mardi 13 mai 1746.Our Third Conference began Tuesday, May 13, 1746.
Nous y relûmes attentivement les procès-verbaux des deux Conférences précédentes, pour voir si quelque chose de leur contenu devait être retranché ou modifié après plus mûre réflexion. Mais nous ne vîmes aucune raison de modifier en quoi que ce soit ce que nous avions convenu auparavant.In this we carefully read over the Minutes of the two preceding Conferences, to observe whether anything contained therein might be retrenched or altered on more mature consideration. But we did not see cause to alter in any respect what we had agreed upon before.
Notre Quatrième Conférence commença le mardi 16 juin 1747. Comme plusieurs personnes présentes ne croyaient pas à la doctrine de la perfection, nous convînmes de l’examiner depuis ses fondements.Our Fourth Conference began on Tuesday, June the 16th, 1747. As several persons were present, who did not believe the doctrine of perfection, we agreed to examine it from the foundation.
À cette fin, on demanda :In order to this, it was asked,
« Qu’accordent nos frères qui diffèrent de nous au sujet de l’entière sanctification ?“How much is allowed by our brethren who differ from us with regard to entire sanctification?
« R. Ils accordent (1) que chacun doit être entièrement sanctifié à l’article de la mort ; (2) que jusque-là le croyant croît chaque jour dans la grâce et s’approche de plus en plus de la perfection ; (3) que nous devons continuellement y tendre et exhorter tous les autres à faire de même.“A. They grant, (1.) That every one must be entirely sanctified in the article of death. (2.) That till then a believer daily grows in grace, comes nearer and nearer to perfection. (3.) That we ought to be continually pressing after it, and to exhort all others so to do.
« Q. Que leur accordons-nous ?“Q. What do we allow them?
« R. Nous accordons (1) que beaucoup de ceux qui sont morts dans la foi, oui, la plupart de ceux que nous avons connus, n’ont été rendus parfaits dans l’amour que peu avant leur mort ; (2) que le terme “sanctifiés” est continuellement appliqué par saint Paul à tous ceux qui étaient justifiés ; (3) que par ce terme seul il entend rarement, si jamais, “sauvés de tout péché” ; (4) qu’en conséquence il ne convient pas de l’employer en ce sens sans ajouter le mot “tout entier”, “entièrement”, ou quelque chose de semblable ; (5) que les écrivains inspirés parlent presque continuellement de ceux qui étaient justifiés, ou à eux, mais très rarement de ceux qui étaient entièrement sanctifiés, ou à eux [C’est-à-dire à eux seuls, à l’exclusion des autres ; mais ils leur parlent, conjointement avec d’autres, presque continuellement] ; (6) qu’en conséquence il nous convient de parler presque continuellement de l’état de justification ; mais plus rarement [Plus rarement, je l’admets ; mais pourtant, en certains endroits, très fréquemment, avec force et explicitement], “du moins en termes pleins et explicites, de l’entière sanctification”.“A. We grant, (1.) That many of those who have died in the faith, yea, the greater part of those we have known, were not perfected in love till a little before their death. (2.) That the term sanctified is continually applied by St. Paul to all that were justified. (3.) That by this term alone, he rarely, if ever, means ‘saved from all sin.’ (4.) That, consequently, it is not proper to use it in that sense, without adding the word wholly, entirely, or the like. (5.) That the inspired writers almost continually speak of or to those who were justified, but very rarely of or to those who were wholly sanctified. [That is, unto those alone, exclusive of others; but they speak to them, jointly with others, almost continually.] (6.) That, consequently, it behoves us to speak almost continually of the state of justification; but more rarely, [More rarely, I allow; but yet in some places very frequently, strongly, and explicitly.] ‘at least in full and explicit terms, concerning entire sanctification.’
« Q. Quel est donc le point où nous nous séparons ?“Q. What then is the point where we divide?
« R. C’est celui-ci : devons-nous nous attendre à être sauvés de tout péché avant l’article de la mort ?“A. It is this: Should we expect to be saved from all sin before the article of death?
« Q. Y a-t-il dans l’Écriture une promesse claire à ce sujet, que Dieu nous sauvera de tout péché ?“Q. Is there any clear Scripture promise of this,—that God will save us from all sin?
« R. Il y en a une : “Il rachètera Israël de toutes ses iniquités” (Psaume 130.8).“A. There is: ‘He shall redeem Israel from all his sins.’ (Psalm 130:8.)
« Ceci est exprimé plus amplement dans la prophétie d’Ézéchiel : “Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. Je vous délivrerai de toutes vos souillures” (Ézéchiel 36.25, 29).“This is more largely expressed in the prophecy of Ezekiel: ‘Then will I sprinkle clean water upon you, and ye shall be clean; from all your filthiness and from all your idols will I cleanse you: I will also save you from all your uncleannesses.’ (Ezek. 36:25, 29.)
Aucune promesse ne peut être plus claire. Et c’est à cela que l’apôtre se réfère clairement dans cette exhortation : « Ayant donc de telles promesses, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit, en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu » (2 Corinthiens 7.1). Tout aussi claire et expresse est cette ancienne promesse : « L’Éternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et le cœur de ta postérité, et tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme » (Deutéronome 30.6).No promise can be more clear. And to this the Apostle plainly refers in that exhortation: Having these promises, let us cleanse ourselves from all filthiness of flesh and spirit, perfecting holiness in the fear of God.’ (2 Cor. 7:1.) Equally clear and express is that ancient promise: ‘The Lord thy God will circumcise thy heart, and the heart of thy seed, to love the Lord thy God with all thy heart and with all thy soul.’ (Deut. 30:6)
« Q. Mais trouve-t-on dans le Nouveau Testament quelque affirmation qui y corresponde ?“Q. But does any assertion answerable to this occur in the New Testament?
« R. On en trouve, et exprimée dans les termes les plus clairs. Ainsi 1 Jean 3.8 : “Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les œuvres du diable” ; les œuvres du diable, sans aucune limitation ni restriction ; or tout péché est l’œuvre du diable. Parallèle à cela est l’affirmation de saint Paul : “Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible” (Éphésiens 5.25-27).“A. There does, and that laid down in the plainest terms. So 1 John 3:8: For this purpose the Son of God was manifested, that he might destroy the works of the devil;’ the works of the devil, without any limitation or restriction; but all sin is the work of the devil. Parallel to which is the assertion of St. Paul: ‘Christ loved the Church, and gave himself for it, that he might present it to himself a glorious Church, not having spot or wrinkle, or any such thing, but that it might be holy and without blemish.’ (Eph. 5:25-27.)
« Et dans le même sens est son affirmation au huitième chapitre de l’Épître aux Romains, versets 3 et 4 : “Dieu a envoyé son Fils, afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’esprit” (Romains 8.3, 4).“And to the same effect is his assertion in the eighth of the Romans, verses 3, 4: God sent his Son, that the righteousness of the law might be fulfilled in us, who walk not after the flesh, but after the spirit.’ [Rom. 8:3, 4]
« Q. Le Nouveau Testament fournit-il quelque autre fondement pour espérer être sauvés de tout péché ?“Q. Does the New Testament afford any farther ground for expecting to be saved from all sin?
« R. Sans aucun doute ; tant dans ces prières que dans ces commandements qui équivalent aux affirmations les plus fortes.“A. Undoubtedly it does; both in those prayers and commands, which are equivalent to the strongest assertions.
« Q. De quelles prières voulez-vous parler ?“Q. What prayers do you mean?
« R. Des prières pour l’entière sanctification, lesquelles, si une telle chose n’existait pas, ne seraient qu’une moquerie envers Dieu. Telles sont en particulier : (1) “Délivre-nous du mal.” Or, quand cela est fait, quand nous sommes délivrés de tout mal, il ne peut rester aucun péché. (2) “Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous ; moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un” (Jean 17.20-23). (3) “Je fléchis les genoux devant le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, afin qu’il vous donne, étant enracinés et fondés dans l’amour, de pouvoir comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu” (Éphésiens 3.14 et suiv.). (4) “Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ” (1 Thessaloniciens 5.23).“A. Prayers for entire sanctification; which, were there no such thing, would be mere mockery of God. Such in particular are, (1.) Deliver us from evil.’ Now, when this is done, when we are delivered from all evil, there can be no sin remaining. (2.) Neither pray I for these alone, but for them also who shall believe on me through their word; that they all may be one; as thou, Father, art in me and I in thee, that they also may be one in us; I in them, and thou in me, that they may be made perfect in one.’ (John 17:20-23.) (3.) I bow my knees unto the God and Father of our Lord Jesus Christ, that he would grant you, that ye, being rooted and grounded in love, may be able to comprehend, with all saints, what is the breadth, and length, and depth, and height, and to know the love of Christ, which passeth knowledge; that ye may be filled with all the fulness of God.’ (Eph. 3:14, &c) (4.) The very God of peace sanctify you wholly. And I pray God, your whole spirit, soul, and body, may be preserved blameless unto the coming of our Lord Jesus Christ.’ (1 Thess. 5:23.)
« Q. Quel commandement y a-t-il dans le même sens ?“Q. What command is there to the same effect?
« R. (1) “Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait” (Matthieu 5.48). (2) “Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée” (Matthieu 12.37). Or, si l’amour de Dieu remplit tout le cœur, il ne peut y avoir de péché en lui.“A. (1.) Be ye perfect, as your Father who is in heaven is perfect.’ (Matt. 5:48.) (2.) Thou shalt love the Lord thy God with all thy heart, and with all thy soul, and with all thy mind.’ (Matt. 12:37.) But if the love of God fill all the heart, there can be no sin therein.
« Q. Mais comment apparaît-il que cela doive se faire avant l’article de la mort ?“Q. But how does it appear that this is to be done before the article of death?
« R. (1) Par la nature même d’un commandement, qui n’est pas donné aux morts, mais aux vivants. Donc “Tu aimeras Dieu de tout ton cœur” ne peut signifier “Tu le feras quand tu mourras”, mais “tant que tu vivras”.“A. (1.) From the very nature of a command, which is not given to the dead, but to the living. Therefore, Thou shalt love God with all thy heart,’ cannot mean, Thou shalt do this when thou diest; but, while thou livest.
« (2) Par des textes exprès de l’Écriture : (i) “Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété, en attendant la glorieuse apparition de notre Seigneur Jésus-Christ, qui s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres” (Tite 2.11-14). (ii) “Il nous a suscité un puissant Sauveur, pour exercer sa miséricorde envers nos pères ; selon le serment par lequel il avait juré à Abraham, notre père, de nous permettre, après que nous serions délivrés de la main de nos ennemis, de le servir sans crainte, en marchant devant lui dans la sainteté et dans la justice tous les jours de notre vie” (Luc 1.69 et suiv.).“(2.) From express texts of Scripture: (i.) The grace of God, that bringeth salvation, hath appeared to all men; teaching us that, having renounced ungodliness and worldly lusts, we should live soberly, righteously, and godly in this present world; looking for the glorious appearing of our Lord Jesus Christ, who gave himself for us, that he might redeem us from all iniquity, and purify unto himself a peculiar people, zealous of good works.’ (Titus 2:11-14.) (ii.) He hath raised up an horn of salvation for us, to perform the mercy promised to our fathers; the oath which he sware to our father Abraham, that he would grant unto us, that we, being delivered out of the hands of our enemies, should serve him without fear, in holiness and righteousness before him, all the days of our life.’ (Luke 1:69, &c.)
« Q. Y a-t-il dans l’Écriture quelque exemple de personnes qui y étaient parvenues ?“Q. Is there any example in Scripture of persons who had attained to this?
« R. Oui ; saint Jean, et tous ceux dont il dit : “Tel est l’amour parfait en nous, afin que nous ayons de l’assurance au jour du jugement : car tel il est, tels nous sommes aussi dans ce monde” (1 Jean 4.17).“A. Yes; St. John, and all those of whom he says, Herein is our love made perfect, that we may have boldness in the day of judgment; because, as he is, so are we in this world.’ (1 John 4:17.)
« Q. Pouvez-vous montrer un seul tel exemple aujourd’hui ? Où est celui qui est ainsi parfait ?“Q. Can you show one such example now? Where is he that is thus perfect?
« R. À certains qui font cette demande, on pourrait répondre : “Si j’en connaissais un ici, je ne vous le dirais pas, car vous ne vous enquérez pas par amour. Vous êtes comme Hérode : vous ne cherchez le petit enfant que pour le faire périr.”“A. To some that make this inquiry one might answer, If I knew one here, I would not tell you; for you do not inquire out of love. You are like Herod; you only seek the young child to slay it.
« Mais nous répondons plus directement : il y a bien des raisons pour lesquelles il devrait y avoir peu d’exemples indiscutables, s’il y en a. Quels inconvénients cela attirerait sur la personne elle-même, placée comme une cible pour tous les traits ! Et combien ce serait inutile pour les contradicteurs ! Car s’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, Christ et ses apôtres, “ils ne se laisseront pas persuader, quand même quelqu’un des morts ressusciterait”.“But more directly we answer: There are many reasons why there should be few, if any, indisputable examples. What inconveniences would this bring on the person himself, set as a mark for all to shoot at! And how unprofitable would it be to gainsayers! For if they hear not Moses and the Prophets,’ Christ and his Apostles, neither would they be persuaded though one rose from the dead.’
« Q. Ne sommes-nous pas enclins à éprouver une secrète aversion pour quiconque dit être sauvé de tout péché ?“Q. Are we not apt to have a secret distaste to any who say they are saved from all sin?
« R. Il est très possible que nous l’éprouvions, et cela pour plusieurs raisons : en partie par souci du bien des âmes, qui peuvent être blessées si ceux-ci ne sont pas ce qu’ils professent ; en partie par une sorte d’envie implicite envers ceux qui parlent de progrès plus élevés que les nôtres ; et en partie par notre lenteur naturelle et le peu d’empressement de notre cœur à croire les œuvres de Dieu.“A. It is very possible we may, and that upon several grounds; partly from a concern for the good of souls, who may be hurt if these are not what they profess; partly from a kind of implicit envy at those who speak of higher attainments than our own; and partly from our natural slowness and unreadiness of heart to believe the works of God.
« Q. Pourquoi ne pourrions-nous pas demeurer dans la joie de la foi jusqu’à ce que nous soyons rendus parfaits dans l’amour ?“Q. Why may we not continue in the joy of faith till we are perfected in love?
« R. Pourquoi pas, en effet ? Puisque la sainte tristesse n’éteint pas cette joie ; puisque, même lorsque nous sommes sous la croix, lorsque nous participons profondément aux souffrances de Christ, nous pouvons nous réjouir d’une joie ineffable. »“A. Why indeed? since holy grief does not quench this joy; since even while we are under the cross, while we deeply partake of the sufferings of Christ, we may rejoice with joy unspeakable.”
De ces extraits il ressort indéniablement, non seulement quel était mon jugement et celui de mon frère, mais quel était le jugement de tous les prédicateurs en communion avec nous dans les années 1744, 45, 46 et 47. Et je ne me souviens pas que, dans aucune de ces Conférences, il y ait eu une seule voix discordante ; mais quels que fussent les doutes que quelqu’un avait en arrivant, ils étaient tous dissipés avant que nous nous séparions.From these extracts it undeniably appears, not only what was mine and my brother’s judgment, but what was the judgment of all the Preachers in connexion with us, in the years 1744, 45, 46 and 47. Nor do I remember that, in any one of these Conferences, we had one dissenting voice; but whatever doubts any one had when we met, they were all removed before we parted.
18. En l’année 1749, mon frère imprima deux volumes d’« Hymnes et poèmes sacrés ». Comme je ne les avais pas vus avant leur publication, il s’y trouvait certaines choses que je n’approuvais pas. Mais j’approuvai tout à fait l’essentiel des hymnes sur ce sujet, dont quelques vers sont joints ici :18. In the year 1749, my brother printed two volumes of “Hymns and Sacred Poems.” As I did not see these before they were published, there were some things in them which I did not approve of. But I quite approved of the main of the hymns on this head; a few verses of which are subjoined:—
Viens, Seigneur, manifeste-toi ici, / et détruis toutes les œuvres du diable ; / maintenant, sans péché, parais en moi, / et remplis-moi d’une joie éternelle ; / montre ta face bienheureuse ; / ta présence est le jour parfait. (Vol. I, p. 203.)Come, Lord, be manifested here, / And all the devil’s works destroy; / Now, without sin, in me appear, / And fill with everlasting joy: / Thy beatific face display; / Thy presence is the perfect day. (Vol. I., p. 203.)
Viens vite à mon secours, / saisis en ce moment ce qui est à toi ; / ramène à la maison mon esprit errant, / et garde-le dans une parfaite paix. / Ne lui permettant plus d’errer / sur toute la terre, / arrête le prisonnier de ton amour, / et enferme-moi en Dieu ! (Page 247.)Swift to my rescue come, / Thy own this moment seize; / Gather my wand’ring spirit home, / And keep in perfect peace. / Suffer’d no more to rove / O’er all the earth abroad, / Arrest the pris’ner of thy love, / And shut me up in God! (Page 247.)
Délivre tes prisonniers, accorde-nous ta paix ; / et nos douleurs et nos péchés cesseront en un instant. / Que ce moment soit maintenant ! Exauce notre requête, / toi, notre Rédempteur et Consolateur présent ! (Vol. II, p. 124.)Thy pris’ners release, Vouchsafe us thy peace; / And our sorrows and sins in a moment shall cease. / That moment be now! Our petition allow, / Our present Redeemer and Comforter thou! (Vol. II., p. 124.)
De ce péché inné délivre-moi ; / que le joug soit maintenant brisé ; / fais-moi tien pour toujours. / Participant de ta nature parfaite, / que je sois maintenant en toi / une créature nouvelle, sans péché. (Page 156.)From this inbred sin deliver; / Let the yoke Now be broke; / Make me thine for ever. / Partner of thy perfect nature, / Let me be Now in thee / A new, sinless creature. (Page 156.)
Tourne-moi, Seigneur, et tourne-moi maintenant, / incline mon esprit sous ton joug ; / accorde-moi maintenant de trouver la perle / d’un esprit doux et paisible. / Calme, oh ! calme mon cœur troublé ; / fais-moi atteindre ce second repos : / que je cesse pour toujours de mes œuvres, / rendu parfait dans la sainteté. (Page 162.)Turn me, Lord, and turn me now, / To thy yoke my spirit bow; / Grant me now the pearl to find / Of a meek and quiet mind. / Calm, O calm my troubled breast; / Let me gain that second rest: / From my works for ever cease, / Perfected in holiness. (Page 162.)
Viens en cette heure favorable, / fais venir ton royaume céleste ! / Remplis-nous de la puissance glorieuse, / déracinant les semences du péché. (Page 168.)Come in this accepted hour, / Bring thy heavenly kingdom in! / Fill us with the glorious power; / Rooting out the seeds of sin. (Page 168.)
Viens, ô cher Agneau immolé pour les pécheurs, / amène le flot qui purifie ; / applique, pour effacer toute tache, / ton sang efficace. / Oh ! qu’il pénètre dans notre âme / aussi profondément que le péché inné ; / guéris tout esprit blessé, / et purifie tout lépreux ! (Page 171.)Come, thou dear Lamb, for sinners slain, / Bring in the cleansing flood; / Apply, to wash out every stain, / Thine efficacious blood. / O let it sink into our soul / Deep as the inbred sin: / Make every wounded spirit whole, / And every leper clean! (Page 171.)
Prisonniers de l’espérance, levez-vous, / et voyez paraître votre Seigneur ! / Voici, sur les ailes de l’amour il vole, / et rapproche la rédemption. / La rédemption dans son sang, / il vous appelle à la recevoir : / « Venez à moi, le Dieu qui pardonne ; / croyez », s’écrie-t-il, « croyez ! » / Jésus, vers toi nous regardons, / jusqu’à être sauvés des restes du péché, / pour rejeter le joug du tyran inné, / et jeter au loin ses chaînes. / Notre nature n’aura plus / de domination sur nous : / par la foi nous saisissons la puissance / qui nous sauvera pour toujours. (Page 188.)Pris’ners of hope arise, / And see your Lord appear: / Lo! on the wings of love he flies, / And brings redemption near. / Redemption in his blood / He calls you to receive: / “Come unto me, the pard’ning God: / Believe,” he cries, “believe!” / Jesus, to thee we look, / Till saved from sin’s remains, / Reject the inbred tyrant’s yoke, / And cast away his chains. / Our nature shall no more / O’er us dominion have: / By faith we apprehend the power, / Which shall for ever save. (Page 188.)
Jésus, notre vie, parais en nous, / qui mourons chaque jour de ta mort ; / révèle-toi comme celui qui achève ; / souffle ton Esprit vivifiant ! / Dévoile le mystère caché, / communique le second don ; / révèle en moi ton être glorieux, / en tout cœur qui attend. (Page 195.)Jesu, our life, in us appear, / Who daily die thy death: / Reveal thyself the finisher; / Thy quick’ning Spirit breathe! / Unfold the hidden mystery, / The second gift impart; / Reveal thy glorious self in me, / In every waiting heart. (Page 195.)
En Lui nous avons la paix, en Lui nous avons la force ! / Gardés par sa grâce à travers l’heure sombre, / dans toutes nos tentations Il nous garde, pour éprouver / son salut parfait, sa plénitude d’amour. / Prononce la parole joyeuse, et ordonne-nous d’être libres ! / Ah ! n’as-tu pas, Seigneur, une bénédiction pour moi ? / La paix que tu as donnée, communique-la en ce moment, / et ouvre ton ciel, ô Amour, dans mon cœur ! (Page 324.)In Him we have peace, In Him we have power! / Preserved by his grace Throughout the dark hour, / In all our temptation He keeps us, to prove / His utmost salvation, His fulness of love. / Pronounce the glad word, And bid us be free! / Ah, hast thou not, Lord, A blessing for me? / The peace thou hast given, This moment impart, / And open thy heaven, O Love, in my heart! (Page 324.)
Une seconde édition de ces hymnes fut publiée en l’année 1752, et cela sans autre modification que la correction de quelques fautes d’impression. J’ai été plus long dans ces extraits parce qu’il en ressort, sans aucune possibilité d’objection, que jusqu’à ce jour mon frère et moi soutenions : (1) que la perfection chrétienne est cet amour de Dieu et de notre prochain qui implique la délivrance de tout péché ; (2) qu’elle est reçue par la foi seule ; (3) qu’elle est donnée instantanément, en un moment ; (4) que nous devons l’attendre, non à la mort, mais à chaque instant ; que maintenant est le temps favorable, maintenant est le jour de ce salut.A second edition of these hymns was published in the year 1752; and that without any other alteration, than that of a few literal mistakes. I have been the more large in these extracts, because hence it appears, beyond all possibility of exception, that to this day both my brother and I maintained, (1.) That Christian perfection is that love of God and our neighbour, which implies deliverance from all sin. (2.) That this is received merely by faith. (3.) That it is given instantaneously, in one moment. (4.) That we are to expect it, not at death, but every moment; that now is the accepted time, now is the day of this salvation.
3. Pensées sur la perfection chrétienne (1759) et le réveil de Londres3. Thoughts on Christian Perfection (1759) and the London Revival
John Wesley, A Plain Account of Christian Perfection (révision de 1777 ; Works, éd. Thomas Jackson, 1872, vol. 11), sections 19–23 : le traité Pensées sur la perfection chrétienne (1759), le réveil de Londres de 1762, la lettre d’un ami, la prédiction de la fin du monde et les « Questions » d’un laïc. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John Wesley, A Plain Account of Christian Perfection (1777 revision; Works, ed. Thomas Jackson, 1872, vol. 11), sections 19–23: the tract Thoughts on Christian Perfection (1759), the London revival of 1762, a friend’s letter, the end-of-the-world prediction, and a layman’s “Queries.” Primary source; the interpretations are the author’s.
Note du STC : À l’époque de Wesley, l’« enthousiasme » ou exaltation désignait le fanatisme religieux : prétendre recevoir des messages directs de Dieu sans les éprouver par l’Écriture. La prédiction selon laquelle le monde finirait le 28 février 1763 échoua, comme Wesley s’y attendait. La distinction de Wesley entre le péché « proprement dit » (la transgression volontaire d’une loi connue) et les transgressions involontaires est centrale dans tout le livre. Gaston de Renty (1611–1649) était un laïc catholique français connu pour sa piété.CTS note: In Wesley’s day “enthusiasm” meant religious fanaticism: claiming direct messages from God without testing them by Scripture. The prediction that the world would end on 28 February 1763 failed, as Wesley expected. Wesley’s distinction between sin “properly so called” (a voluntary transgression of a known law) and involuntary transgressions is central to the whole book. Gaston de Renty (1611–1649) was a French Catholic layman known for his devotion.
19. À la Conférence de l’année 1759, percevant quelque danger qu’une diversité de sentiments ne s’introduisît insensiblement parmi nous, nous considérâmes de nouveau amplement cette doctrine ; et peu après je publiai « Pensées sur la perfection chrétienne », précédées de l’avertissement suivant : « Le traité qui suit n’est nullement destiné à satisfaire la curiosité de qui que ce soit. Il n’a pas pour but de prouver la doctrine en détail, contre ceux qui la rejettent et la tournent en ridicule ; non, ni de répondre aux nombreuses objections qui peuvent être soulevées contre elle, même par des hommes sérieux. Tout ce que je me propose ici, c’est simplement de déclarer quels sont mes sentiments sur ce point : ce que la perfection chrétienne inclut, selon ma compréhension, et ce qu’elle n’inclut pas ; et d’ajouter quelques observations et directives pratiques relatives à ce sujet.19. At the Conference in the year 1759, perceiving some danger that a diversity of sentiments should insensibly steal in among us, we again largely considered this doctrine; and soon after I published “Thoughts on Christian Perfection,” prefaced with the following advertisement:—“The following tract is by no means designed to gratify the curiosity of any man. It is not intended to prove the doctrine at large, in opposition to those who explode and ridicule it; no, nor to answer the numerous objections against it, which may be raised even by serious men. All I intend here is, simply to declare what are my sentiments on this head; what Christian perfection does, according to my apprehension, include, and what it does not; and to add a few practical observations and directions relative to the subject.
« Comme ces pensées furent d’abord rassemblées sous forme de questions et de réponses, je les laisse sous la même forme. Ce sont exactement celles que j’entretiens depuis plus de vingt ans.“As these thoughts were at first thrown together by way of question and answer, I let them continue in the same form. They are just the same that I have entertained for above twenty years.
« QUESTION. Qu’est-ce que la perfection chrétienne ?“QUESTION. What is Christian perfection?
« RÉPONSE. Aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre pensée, de toute notre âme et de toute notre force. Cela implique qu’aucune disposition mauvaise, aucune disposition contraire à l’amour, ne demeure dans l’âme ; et que toutes les pensées, paroles et actions sont gouvernées par l’amour pur.“ANSWER. The loving God with all our heart, mind, soul, and strength. This implies, that no wrong temper, none contrary to love, remains in the soul; and that all the thoughts, words, and actions, are governed by pure love.
« Q. Affirmez-vous que cette perfection exclut toutes les infirmités, l’ignorance et l’erreur ?“Q. Do you affirm, that this perfection excludes all infirmities, ignorance, and mistake?
« R. J’affirme continuellement tout le contraire, et je l’ai toujours fait.“A. I continually affirm quite the contrary, and always have done so.
« Q. Mais comment toute pensée, toute parole et toute œuvre peuvent-elles être gouvernées par l’amour pur, et l’homme être en même temps sujet à l’ignorance et à l’erreur ?“Q. But how can every thought, word, and work, be governed by pure love, and the man be subject at the same time to ignorance and mistake?
« R. Je ne vois là aucune contradiction : “Un homme peut être rempli d’amour pur et cependant demeurer sujet à l’erreur.” En vérité, je ne m’attends pas à être délivré des erreurs effectives avant que ce corps mortel ne revête l’immortalité. Je crois que c’est une conséquence naturelle du fait que l’âme habite dans la chair et le sang. Car nous ne pouvons maintenant penser du tout que par l’intermédiaire de ces organes corporels qui ont souffert tout autant que le reste de notre constitution. Et de là vient que nous ne pouvons éviter de penser parfois de travers, jusqu’à ce que ce corps corruptible ait revêtu l’incorruptibilité.“A. I see no contradiction here: A man may be filled with pure love, and still be liable to mistake.’ Indeed I do not expect to be freed from actual mistakes, till this mortal puts on immortality. I believe this to be a natural consequence of the soul’s dwelling in flesh and blood. For we cannot now think at all, but by the mediation of those bodily organs which have suffered equally with the rest of our frame. And hence we cannot avoid sometimes thinking wrong, till this corruptible shall have put on incorruption.
« Mais nous pouvons pousser cette pensée plus loin encore. Une erreur de jugement peut éventuellement occasionner une erreur dans la pratique. Par exemple, l’erreur de M. de Renty touchant la nature de la mortification, qui venait des préjugés de son éducation, occasionna cette erreur pratique : le port d’une ceinture de fer. Et il peut y avoir mille exemples semblables, même chez ceux qui sont dans l’état de grâce le plus élevé. Pourtant, là où toute parole et toute action jaillissent de l’amour, une telle erreur n’est pas proprement un péché. Toutefois, elle ne peut supporter la rigueur de la justice de Dieu, mais a besoin du sang expiatoire.“But we may carry this thought farther yet. A mistake in judgment may possibly occasion a mistake in practice. For instance: Mr. De Renty’s mistake touching the nature of mortification, arising from prejudice of education, occasioned that practical mistake, his wearing an iron girdle. And a thousand such instances there may be, even in those who are in the highest state of grace. Yet, where every word and action springs from love, such a mistake is not properly a sin. However, it cannot bear the rigour of God’s justice, but needs the atoning blood.
« Q. Quel fut le jugement de tous nos frères réunis à Bristol en août 1758 sur ce point ?“Q. What was the judgment of all our brethren who met at Bristol in August, 1758, on this head?
« R. Il fut exprimé en ces termes : (1) Chacun peut se tromper aussi longtemps qu’il vit. (2) Une erreur d’opinion peut occasionner une erreur dans la pratique. (3) Toute erreur de ce genre est une transgression de la loi parfaite. Donc (4) toute erreur de ce genre, n’était le sang de l’expiation, exposerait à la condamnation éternelle. (5) Il s’ensuit que les plus parfaits ont continuellement besoin des mérites de Christ, même pour leurs transgressions effectives, et peuvent dire pour eux-mêmes aussi bien que pour leurs frères : “Pardonne-nous nos offenses.”“A. It was expressed in these words: (1.) Every one may mistake as long as he lives. (2.) A mistake in opinion may occasion a mistake in practice. (3.) Every such mistake is a transgression of the perfect law. Therefore, (4.) Every such mistake, were it not for the blood of atonement, would expose to eternal damnation. (5.) It follows, that the most perfect have continual need of the merits of Christ, even for their actual transgressions, and may say for themselves, as well as for their brethren, Forgive us our trespasses.’
« Cela explique aisément ce qui autrement pourrait sembler tout à fait inexplicable, à savoir que ceux qui ne sont pas choqués quand nous parlons du plus haut degré d’amour ne veulent pourtant pas entendre parler de vivre sans péché. La raison en est qu’ils savent que tous les hommes sont sujets à l’erreur, et cela dans la pratique aussi bien que dans le jugement. Mais ils ne savent pas, ou ne remarquent pas, que ce n’est pas un péché si l’amour est l’unique principe de l’action.“This easily accounts for what might otherwise seem to be utterly unaccountable; namely, that those who are not offended when we speak of the highest degree of love, yet will not hear of living without sin. The reason is, they know all men are liable to mistake, and that in practice as well as in judgment. But they do not know, or do not observe, that this is not sin, if love is the sole principle of action.
« Q. Mais pourtant, s’ils vivent sans péché, cela n’exclut-il pas la nécessité d’un Médiateur ? Du moins, n’est-il pas clair qu’ils n’ont plus besoin de Christ dans son office sacerdotal ?“Q. But still, if they live without sin, does not this exclude the necessity of a Mediator? At least, is it not plain that they stand no longer in need of Christ in his priestly office?
« R. Bien loin de là. Nul ne sent son besoin de Christ comme ceux-là ; nul ne dépend si entièrement de lui. Car Christ ne donne pas la vie à l’âme séparément de lui-même, mais en lui et avec lui. C’est pourquoi ses paroles sont également vraies de tous les hommes, quel que soit l’état de grâce où ils se trouvent : “Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi ; car sans moi” (ou séparés de moi) “vous ne pouvez rien faire.”“A. Far from it. None feel their need of Christ like these; none so entirely depend upon him. For Christ does not give life to the soul separate from, but in and with, himself. Hence his words are equally true of all men, in whatsoever state of grace they are: As the branch cannot bear fruit of itself, except it abide in the vine; no more can ye, except ye abide in me: Without’ (or separate from) me ye can do nothing.’
« En tout état, nous avons besoin de Christ sous les rapports suivants : (1) Quelque grâce que nous recevions, c’est un don gratuit de sa part. (2) Nous la recevons comme le fruit de son acquisition, uniquement en considération du prix qu’il a payé. (3) Nous avons cette grâce non seulement de Christ, mais en lui. Car notre perfection n’est pas semblable à celle d’un arbre qui fleurit par la sève tirée de sa propre racine, mais, comme il a été dit plus haut, à celle d’un sarment qui, uni au cep, porte du fruit, mais qui, séparé de lui, se dessèche et se flétrit. (4) Toutes nos bénédictions, temporelles, spirituelles et éternelles, dépendent de son intercession pour nous, qui est une partie de son office sacerdotal, dont nous avons donc toujours un égal besoin. (5) Les meilleurs des hommes ont encore besoin de Christ dans son office sacerdotal, pour expier leurs omissions, leurs manquements (comme certains disent non sans raison), leurs erreurs de jugement et de pratique, et leurs défauts de toutes sortes. Car ce sont là autant d’écarts par rapport à la loi parfaite, qui par conséquent ont besoin d’une expiation. Toutefois, qu’ils ne soient pas proprement des péchés, cela nous semble ressortir des paroles de saint Paul : “Celui qui aime a accompli la loi ; l’amour est donc l’accomplissement de la loi” (Romains 13.10). Or les erreurs, et toutes les infirmités qui découlent nécessairement de l’état corruptible du corps, ne sont nullement contraires à l’amour ; ni, par conséquent, au sens de l’Écriture, un péché.“In every state we need Christ in the following respects (1.) Whatever grace we receive, it is a free gift from him. (2.) We receive it as his purchase, merely in consideration of the price he paid. (3.) We have this grace, not only from Christ, but in him. For our perfection is not like that of a tree, which flourishes by the sap derived from its own root, but, as was said before, like that of a branch which, united to the vine, bears fruit; but, severed from it, is dried up and withered. (4.) All our blessings, temporal, spiritual, and eternal, depend on his intercession for us, which is one branch of his priestly office, whereof therefore we have always equal need. (5.) The best of men still need Christ in his priestly office, to atone for their omissions, their short-comings, (as some not improperly speak,) their mistakes in judgment and practice, and their defects of various kinds. For these are all deviations from the perfect law, and consequently need an atonement. Yet that they are not properly sins, we apprehend may appear from the words of St. Paul, He that loveth, hath fulfilled the law; for love is the fulfilling of the law.’ (Rom. 13:10.) Now, mistakes, and whatever infirmities necessarily flow from the corruptible state of the body, are noway contrary to love; nor therefore, in the Scripture sense, sin.
« Pour m’expliquer un peu plus sur ce point : (1) Non seulement le péché proprement dit (c’est-à-dire la transgression volontaire d’une loi connue), mais aussi le péché improprement dit (c’est-à-dire la transgression involontaire d’une loi divine, connue ou inconnue), a besoin du sang expiatoire. (2) Je crois qu’il n’y a pas en cette vie de perfection qui exclue ces transgressions involontaires, que je considère comme la suite naturelle de l’ignorance et des erreurs inséparables de la condition mortelle. (3) C’est pourquoi “perfection sans péché” est une expression que je n’emploie jamais, de peur de paraître me contredire. (4) Je crois qu’une personne remplie de l’amour de Dieu est encore sujette à ces transgressions involontaires. (5) De telles transgressions, vous pouvez les appeler péchés, si vous le voulez ; je ne le fais pas, pour les raisons mentionnées plus haut.“To explain myself a little farther on this head: (1.) Not only sin, properly so called, (that is, a voluntary transgression of a known law,) but sin, improperly so called, (that is, an involuntary transgression of a divine law, known or unknown,) needs the atoning blood. (2.) I believe there is no such perfection in this life as excludes these involuntary transgressions which I apprehend to be naturally consequent on the ignorance and mistakes inseparable from mortality. (3.) Therefore sinless perfection is a phrase I never use, lest I should seem to contradict myself. (4.) I believe, a person filled with the love of God is still liable to these involuntary transgressions. (5.) Such transgressions you may call sins, if you please: I do not, for the reasons above-mentioned.
« Q. Quel conseil donneriez-vous à ceux qui les appellent ainsi et à ceux qui ne le font pas ?“Q. What advice would you give to those that do, and those that do not, call them so?
« R. Que ceux qui ne les appellent pas péchés ne pensent jamais qu’eux-mêmes ou d’autres personnes soient dans un état tel qu’ils puissent subsister devant la justice infinie sans Médiateur. Cela dénoterait soit la plus profonde ignorance, soit la plus haute arrogance et présomption.“A. Let those that do not call them sins, never think that themselves or any other persons are in such a state as that they can stand before infinite justice without a Mediator. This must argue either the deepest ignorance, or the highest arrogance and presumption.
« Que ceux qui les appellent ainsi prennent garde de ne pas confondre ces défauts avec les péchés proprement dits.“Let those who do call them so, beware how they confound these defects with sins, properly so called.
« Mais comment l’éviteront-ils ? Comment distinguera-t-on les uns des autres, s’ils sont tous indistinctement appelés péchés ? Je crains fort que, si nous admettions que des péchés soient compatibles avec la perfection, peu de gens limitent cette idée aux seuls défauts au sujet desquels l’affirmation pourrait être vraie.“But how will they avoid it? How will these be distinguished from those, if they are all promiscuously called sins? I am much afraid, if we should allow any sins to be consistent with perfection, few would confine the idea to those defects concerning which only the assertion could be true.
« Q. Mais comment la possibilité de se tromper peut-elle s’accorder avec l’amour parfait ? Une personne rendue parfaite dans l’amour n’est-elle pas à tout moment sous son influence ? Et une erreur peut-elle découler de l’amour pur ?“Q. But how can a liableness to mistake consist with perfect love? Is not a person who is perfected in love every moment under its influence? And can any mistake flow from pure love?
« R. Je réponds : (1) Beaucoup d’erreurs peuvent s’accorder avec l’amour pur ; (2) certaines peuvent accidentellement en découler ; je veux dire que l’amour lui-même peut nous incliner à l’erreur. L’amour pur du prochain, qui jaillit de l’amour de Dieu, ne soupçonne point le mal, il croit tout, il espère tout. Or cette disposition même, sans soupçon, prompte à croire et à espérer le meilleur de tous les hommes, peut nous amener à penser que certains hommes sont meilleurs qu’ils ne le sont réellement. Voilà donc une erreur manifeste, découlant accidentellement de l’amour pur.“A. I answer, (1.) Many mistakes may consist with pure love; (2.) Some may accidentally flow from it: I mean, love itself may incline us to mistake. The pure love of our neighbour, springing from the love of God, thinketh no evil, believeth and hopeth all things. Now, this very temper, unsuspicious, ready to believe and hope the best of all men, may occasion our thinking some men better than they really are. Here then is a manifest mistake, accidentally flowing from pure love.
« Q. Comment éviterons-nous de placer la perfection trop haut ou trop bas ?“Q. How shall we avoid setting perfection too high or too low?
« R. En nous en tenant à la Bible, et en la plaçant exactement aussi haut que l’Écriture la place. Elle n’est rien de plus haut ni rien de plus bas que ceci : l’amour pur de Dieu et de l’homme ; aimer Dieu de tout notre cœur et de toute notre âme, et notre prochain comme nous-mêmes. C’est l’amour qui gouverne le cœur et la vie, qui pénètre toutes nos dispositions, nos paroles et nos actions.“A. By keeping to the Bible, and setting it just as high as the Scripture does. It is nothing higher and nothing lower than this,—the pure love of God and man; the loving God with all our heart and soul, and our neighbour as ourselves. It is love governing the heart and life, running through all our tempers, words, and actions.
« Q. Supposons que quelqu’un y soit parvenu, lui conseilleriez-vous d’en parler ?“Q. Suppose one had attained to this, would you advise him to speak of it?
« R. D’abord, peut-être, il pourrait à peine s’en empêcher, tant le feu brûlerait en lui ; son désir de proclamer la bonté du Seigneur l’emporterait comme un torrent. Mais ensuite il le pourrait ; et alors il serait sage de ne pas en parler à ceux qui ne connaissent pas Dieu (il est très probable que cela ne ferait que les pousser à contredire et à blasphémer), ni à d’autres sans quelque raison particulière, sans quelque bien en vue. Et alors il devrait prendre un soin tout particulier d’éviter toute apparence de vantardise, de parler avec la plus profonde humilité et le plus grand respect, en rendant toute la gloire à Dieu.“A. At first perhaps he would scarce be able to refrain, the fire would be so hot within him; his desire to declare the loving-kindness of the Lord carrying him away like a torrent. But afterwards he might; and then it would be advisable, not to speak of it to them that know not God; (it is most likely, it would only provoke them to contradict and blaspheme;) nor to others, without some particular reason, without some good in view. And then he should have especial care to avoid all appearance of boasting; to speak with the deepest humility and reverence, giving all the glory to God.
« Q. Mais ne vaudrait-il pas mieux garder entièrement le silence, n’en point parler du tout ?“Q. But would it not be better to be entirely silent, not to speak of it at all?
« R. Par le silence, il pourrait éviter bien des croix qui s’ensuivront naturellement et nécessairement s’il déclare simplement, même parmi les croyants, ce que Dieu a opéré dans son âme. Si donc un tel homme consultait la chair et le sang, il garderait entièrement le silence. Mais cela ne pourrait se faire en bonne conscience, car sans aucun doute il doit parler. On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; encore moins le Dieu infiniment sage. Il n’élève pas un tel monument de sa puissance et de son amour pour le cacher à tout le genre humain. Il le destine plutôt à être une bénédiction générale pour ceux qui ont le cœur simple. Il se propose par là, non seulement le bonheur de cette personne en particulier, mais d’animer et d’encourager d’autres à rechercher la même bénédiction. Sa volonté est que “beaucoup le voient”, se réjouissent, “et se confient en l’Éternel”. Et rien sous le ciel n’avive davantage les désirs de ceux qui sont justifiés que de converser avec ceux qu’ils croient avoir fait l’expérience d’un salut plus élevé encore. Cela place ce salut en pleine vue devant eux et accroît leur faim et leur soif de lui ; un avantage qui aurait été entièrement perdu si la personne ainsi sauvée s’était ensevelie dans le silence.“A. By silence, he might avoid many crosses, which will naturally and necessarily ensue, if he simply declare, even among believers, what God has wrought in his soul. If, therefore, such a one were to confer with flesh and blood he would be entirely silent. But this could not be done with a clear conscience; for undoubtedly he ought to speak. Men do not light a candle to put it under a bushel; much less does the all-wise God. He does not raise such a monument of his power and love, to hide it from all mankind. Rather, he intends it as a general blessing to those who are simple of heart. He designs thereby, not barely the happiness of that individual person, but the animating and encouraging others to follow after the same blessing. His will is, that many shall see it’ and rejoice, and put their trust in the Lord.’ Nor does anything under heaven more quicken the desires of those who are justified, than to converse with those whom they believe to have experienced a still higher salvation. This places that salvation full in their view, and increases their hunger and thirst after it; an advantage which must have been entirely lost, had the person so saved buried himself in silence.
« Q. Mais n’y a-t-il aucun moyen de prévenir ces croix qui tombent d’ordinaire sur ceux qui parlent d’avoir été ainsi sauvés ?“Q. But is there no way to prevent these crosses which usually fall on those who speak of being thus saved?
« R. Il semble qu’on ne puisse les prévenir entièrement, tant qu’il reste tant de nature même chez les croyants. Mais on pourrait faire quelque chose si le prédicateur, en chaque lieu, (1) s’entretenait librement avec tous ceux qui parlent ainsi ; et (2) s’efforçait de prévenir le traitement injuste ou malveillant de ceux en faveur desquels il existe une preuve raisonnable.“A. It seems they cannot be prevented altogether, while so much of nature remains even in believers. But something might be done, if the Preacher in every place would, (1.) Talk freely with all who speak thus; and, (2.) Labour to prevent the unjust or unkind treatment of those in favour of whom there is reasonable proof.
« Q. Qu’est-ce qu’une preuve raisonnable ? Comment pouvons-nous connaître avec certitude quelqu’un qui est sauvé de tout péché ?“Q. What is reasonable proof? How may we certainly know one that is saved from all sin?
« R. Nous ne pouvons connaître infailliblement quelqu’un qui est ainsi sauvé (non, ni même quelqu’un qui est justifié), à moins qu’il ne plaise à Dieu de nous accorder le discernement miraculeux des esprits. Mais nous estimons que les preuves suivantes suffiraient à tout homme raisonnable, et qu’elles laisseraient peu de place au doute quant à la vérité ou à la profondeur de l’œuvre : (1) si nous avions une claire évidence de sa conduite exemplaire pendant quelque temps avant ce changement supposé. Cela nous donnerait raison de croire qu’il ne “mentirait pas pour Dieu”, mais ne dirait ni plus ni moins que ce qu’il a éprouvé ; (2) s’il rendait un compte distinct du temps et de la manière dont le changement s’est opéré, avec une parole saine et irréprochable ; et (3) s’il apparaissait que toutes ses paroles et actions ultérieures étaient saintes et irrépréhensibles.“A. We cannot infallibly know one that is thus saved, (no, nor even one that is justified,) unless it should please God to endow us with the miraculous discernment of spirits. But we apprehend those would be sufficient proofs to any reasonable man, and such as would leave little room to doubt either the truth or depth of the work: (1.) If we had clear evidence of his exemplary behaviour for some time before this supposed change. This would give us reason to believe, he would not lie for God,’ but speak neither more nor less than he felt; (2.) If he gave a distinct account of the time and manner wherein the change was wrought, with sound speech which could not be reproved; and, (3.) If it appeared that all his subsequent words and actions were holy and unblamable.
« En somme, voici l’affaire : (1) J’ai d’abondantes raisons de croire que cette personne ne mentira pas ; (2) elle témoigne devant Dieu : “Je ne sens aucun péché, mais seulement de l’amour ; je prie, je me réjouis et je rends grâces sans cesse ; et j’ai un témoignage intérieur aussi clair que je suis pleinement renouvelé que je suis justifié.” Or, si je n’ai rien à opposer à ce témoignage clair, je dois raisonnablement le croire.“The short of the matter is this: (1.) I have abundant reason to believe, this person will not lie; (2.) He testifies before God, I feel no sin, but all love; I pray, rejoice, and give thanks without ceasing; and I have as clear an inward witness, that I am fully renewed, as that I am justified.’ Now, if I have nothing to oppose to this plain testimony, I ought in reason to believe it.
« Il ne sert à rien d’objecter : “Mais je connais plusieurs choses en quoi il se trompe tout à fait.” Car on a admis que tous ceux qui sont dans le corps sont sujets à l’erreur, et qu’une erreur de jugement peut parfois occasionner une erreur dans la pratique ; bien qu’il faille prendre grand soin qu’on ne fasse pas mauvais usage de cette concession. Par exemple, même quelqu’un qui est rendu parfait dans l’amour peut se tromper au sujet d’une autre personne, et la juger, dans un cas particulier, plus ou moins fautive qu’elle ne l’est réellement. Et de là il peut lui parler avec plus ou moins de sévérité que la vérité ne l’exige. Et en ce sens (bien que ce ne soit pas le sens premier de saint Jacques), “nous bronchons tous de plusieurs manières”. Ce n’est donc nullement une preuve que la personne qui parle ainsi n’est pas parfaite.“It avails nothing to object, But I know several things wherein he is quite mistaken.’ For it has been allowed, that all who are in the body are liable to mistake; and that a mistake in judgment may sometimes occasion a mistake in practice; though great care is to be taken that no ill use be made of this concession. For instance: Even one that is perfected in love may mistake with regard to another person, and may think him, in a particular case, to be more or less faulty than he really is. And hence he may speak to him with more or less severity than the truth requires. And in this sense, (though that be not the primary meaning of St. James,) in many things we offend all.’ This therefore is no proof at all, that the person so speaking is not perfect.
« Q. Mais n’est-ce pas une preuve, s’il est surpris ou troublé par un bruit, une chute ou quelque danger soudain ?“Q. But is it not a proof, if he is surprised or fluttered by a noise, a fall, or some sudden danger?
« R. Non ; car on peut sursauter, trembler, changer de couleur, ou être autrement troublé dans son corps, tandis que l’âme demeure calmement appuyée sur Dieu et reste dans une paix parfaite. Bien plus, l’esprit lui-même peut être profondément affligé, peut être extrêmement triste, peut être perplexe et accablé par l’abattement et l’angoisse, jusqu’à l’agonie, tandis que le cœur s’attache à Dieu par un amour parfait et que la volonté lui est entièrement soumise. N’en fut-il pas ainsi du Fils de Dieu lui-même ? Quel enfant des hommes endure la détresse, l’angoisse, l’agonie qu’il a supportées ? Et pourtant il n’a point connu le péché.“A. It is not; for one may start, tremble, change colour, or be otherwise disordered in body, while the soul is calmly stayed on God, and remains in perfect peace. Nay, the mind itself may be deeply distressed, may be exceeding sorrowful, may be perplexed and pressed down by heaviness and anguish, even to agony, while the heart cleaves to God by perfect love, and the will is wholly resigned to him. Was it not so with the Son of God himself? Does any child of man endure the distress, the anguish, the agony, which he sustained? And yet he knew no sin.
« Q. Mais quelqu’un qui a le cœur pur peut-il préférer une nourriture agréable à une nourriture désagréable, ou user de quelque plaisir des sens qui ne soit pas strictement nécessaire ? Si oui, en quoi diffèrent-ils des autres ?“Q. But can any one who has a pure heart prefer pleasing to unpleasing food; or use any pleasure of sense which is not strictly necessary? If so, how do they differ from others?
« R. La différence entre eux et les autres, quant à prendre une nourriture agréable, est celle-ci : (1) Ils n’ont besoin d’aucune de ces choses pour être heureux, car ils ont en eux une source de bonheur. Ils voient Dieu et l’aiment. C’est pourquoi ils se réjouissent toujours et rendent grâces en toutes choses. (2) Ils peuvent en user, mais ils ne les recherchent pas. (3) Ils en usent avec modération, et non pour l’amour de la chose elle-même. Cela posé, nous répondons directement : un tel homme peut user d’une nourriture agréable sans le danger qui accompagne ceux qui ne sont pas sauvés du péché. Il peut la préférer à une nourriture désagréable, quoique également saine, comme moyen d’accroître sa reconnaissance, avec l’œil simple tourné vers Dieu, “qui nous donne avec abondance toutes choses pour que nous en jouissions”. Selon le même principe, il peut respirer une fleur, ou manger une grappe de raisin, ou prendre tout autre plaisir qui ne diminue pas mais accroît sa joie en Dieu. Nous ne pouvons donc pas dire non plus que quelqu’un qui est rendu parfait dans l’amour serait incapable du mariage et des affaires du monde. S’il y était appelé, il en serait plus capable que jamais, puisqu’il pourrait faire toutes choses sans hâte ni inquiétude, sans aucune distraction d’esprit.“A. The difference between these and others in taking pleasant food is, (1.) They need none of these things to make them happy; for they have a spring of happiness within. They see and love God. Hence they rejoice evermore, and in everything give thanks. (2.) They may use them, but they do not seek them. (3.) They use them sparingly, and not for the sake of the thing itself. This being premised, we answer directly,—Such a one may use pleasing food, without the danger which attends those who are not saved from sin. He may prefer it to unpleasing, though equally wholesome, food, as a means of increasing thankfulness, with a single eye to God, who giveth us all things richly to enjoy: On the same principle, he may smell to a flower, or eat a bunch of grapes, or take any other pleasure which does not lessen but increase his delight in God. Therefore, neither can we say that one perfected in love would be incapable of marriage, and of worldly business: If he were called thereto, he would be more capable than ever; as being able to do all things without hurry or carefulness, without any distraction of spirit.
« Q. Mais si deux chrétiens parfaits avaient des enfants, comment ceux-ci pourraient-ils naître dans le péché, puisqu’il n’y en avait pas chez les parents ?“Q. But if two perfect Christians had children, how could they be born in sin, since there was none in the parents?
« R. C’est un cas possible, mais non probable ; je doute qu’il se soit jamais produit ou qu’il se produise jamais. Mais, laissant cela de côté, je réponds : le péché m’est transmis, non par la génération immédiate, mais par mon premier père. “Tous meurent en Adam ; par la désobéissance d’un seul, tous les hommes ont été rendus pécheurs” ; tous les hommes, sans exception, qui étaient dans ses reins lorsqu’il mangea le fruit défendu.“A. It is a possible, but not a probable, case; I doubt whether it ever was or ever will be. But waving this, I answer, Sin is entailed upon me, not by immediate generation, but by my first parent. In Adam all died; by the disobedience of one, all men were made sinners;’ all men, without exception, who were in his loins when he ate the forbidden fruit.
« Nous en avons une remarquable illustration dans le jardinage : des greffes sur un sauvageon donnent un fruit excellent ; mais semez les pépins de ce fruit, et quel sera le résultat ? Ils produisent des pommes sauvages aussi âpres qu’on en ait jamais mangé.“We have a remarkable illustration of this in gardening: Grafts on a crab-stock bear excellent fruit; but sow the kernels of this fruit, and what will be the event? They produce as mere crabs as ever were eaten.
« Q. Mais que fait le parfait de plus que les autres ? de plus que les croyants ordinaires ?“Q. But what does the perfect one do more than others? more than the common believers?
« R. Peut-être rien ; ainsi la providence de Dieu peut l’avoir enfermé dans des circonstances extérieures. Peut-être pas autant, quoiqu’il désire et aspire à dépenser et à se dépenser pour Dieu ; du moins pas extérieurement : il ne dit pas autant de paroles et ne fait pas autant d’œuvres. De même notre Seigneur lui-même ne dit pas autant de paroles, et ne fit pas autant d’œuvres, non, ni d’aussi grandes, que certains de ses apôtres (Jean 14.12). Mais qu’importe ? Ce n’est pas une preuve qu’il n’ait pas davantage de grâce ; et c’est par elle que Dieu mesure l’œuvre extérieure. Écoutez-Le : “Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu’aucun des autres.” En vérité, ce pauvre homme, avec ses quelques paroles entrecoupées, a dit plus qu’eux tous. En vérité, cette pauvre femme, qui a donné un verre d’eau froide, a fait plus qu’eux tous. Oh ! cessez de “juger sur l’apparence”, et apprenez à “juger selon la justice” !“A. Perhaps nothing; so may the providence of God have hedged him in by outward circumstances. Perhaps not so much; though he desires and longs to spend and be spent for God; at least, not externally: He neither speaks so many words, nor does so many works. As neither did our Lord himself speak so many words, or do so many, no, nor so great works, as some of his Apostles. (John 14:12.) But what then? This is no proof that he has not more grace; and by this God measures the outward work. Hear ye Him: Verily, I say unto you, this poor widow has cast in more than them all.’ Verily, this poor man, with his few broken words, hath spoken more than them all. Verily, this poor woman, that hath given a cup of cold water, hath done more than them all. O cease to judge according to appearance,’ and learn to ‘judge righteous judgment!’
« Q. Mais n’est-ce pas une preuve contre lui : “Je ne sens aucune puissance ni dans ses paroles ni dans sa prière” ?“Q. But is not this a proof against him,—I feel no power either in his words or prayer?
« R. Non ; car c’est peut-être votre propre faute. Il est peu probable que vous y sentiez quelque puissance si l’un de ces obstacles se trouve sur le chemin : (1) Votre propre mort spirituelle. Les pharisiens morts ne sentirent aucune puissance, même dans les paroles de Celui qui “parlait comme jamais homme n’a parlé”. (2) La culpabilité de quelque péché non repenti qui pèse sur la conscience. (3) Un préjugé quelconque à son égard. (4) Le fait de ne pas croire accessible l’état dans lequel il professe être. (5) La répugnance à penser ou à reconnaître qu’il l’a atteint. (6) Le fait de le surestimer ou d’en faire une idole. (7) Le fait de vous surestimer vous-même et votre propre jugement. Si l’un de ces cas est le vôtre, quelle merveille que vous ne sentiez aucune puissance dans rien de ce qu’il dit ? Mais d’autres ne la sentent-ils pas ? S’ils la sentent, votre argument tombe. Et s’ils ne la sentent pas, aucun de ces obstacles ne se trouve-t-il aussi sur leur chemin ? Vous devez en être certain avant de pouvoir bâtir là-dessus un argument ; et même alors votre argument ne prouvera rien de plus que ceci : la grâce et les dons ne vont pas toujours ensemble.“A. It is not; for perhaps that is your own fault. You are not likely to feel any power therein, if any of these hinderances lie in the way: (1.) Your own deadness of soul. The dead Pharisees felt no power even in His words who spake as never man spake.’ (2.) The guilt of some unrepented sin lying upon the conscience. (3.) Prejudice toward him of any kind. (4.) Your not believing that state to be attainable wherein he professes to be. (5.) Unreadiness to think or own he has attained it. (6.) Overvaluing or idolizing him. (7.) Overvaluing yourself and your own judgment. If any of these is the case, what wonder is it that you feel no power in anything he says? But do not others feel it? If they do, your argument falls to the ground. And if they do not, do none of these hinderances lie in their way too? You must be certain of this before you can build any argument thereon; and even then your argument will prove no more than that grace and gifts do not always go together.
« “Mais il n’atteint pas l’idée que je me fais d’un chrétien parfait.” Et peut-être personne ne l’a-t-il jamais atteinte, ni ne l’atteindra. Car votre idée peut aller au-delà, ou du moins à côté, de la description biblique. Elle peut inclure plus que la Bible n’y inclut, ou, en tout cas, quelque chose qu’elle n’inclut pas. La perfection selon l’Écriture, c’est l’amour pur qui remplit le cœur et gouverne toutes les paroles et les actions. Si votre idée inclut quelque chose de plus ou quelque chose d’autre, elle n’est pas biblique ; et alors il n’est pas étonnant qu’un chrétien bibliquement parfait ne l’atteigne pas.“But he does not come up to my idea of a perfect Christian.’ And perhaps no one ever did, or ever will. For your idea may go beyond, or at least beside, the scriptural account. It may include more than the Bible includes therein, or, however, something which that does not include. Scripture perfection is, pure love filling the heart, and governing all the words and actions. If your idea includes anything more or anything else, it is not scriptural; and then no wonder, that a scripturally perfect Christian does not come up to it.
« Je crains que beaucoup ne trébuchent sur cette pierre d’achoppement. Ils font entrer dans leur idée d’un homme parfait autant d’ingrédients qu’il leur plaît, non selon l’Écriture, mais selon leur propre imagination ; et ensuite ils nient volontiers que soit tel quiconque ne répond pas à cette idée imaginaire.“I fear many stumble on this stumbling-block. They include as many ingredients as they please, not according to Scripture, but their own imagination, in their idea of one that is perfect; and then readily deny any one to be such, who does not answer that imaginary idea.
« Nous devons d’autant plus prendre soin de garder continuellement sous nos yeux la description simple et biblique. L’amour pur régnant seul dans le cœur et dans la vie : voilà toute la perfection selon l’Écriture.“The more care should we take to keep the simple, scriptural account continually in our eye. Pure love reigning alone in the heart and life,—this is the whole of scriptural perfection.
« Q. Quand une personne peut-elle juger qu’elle y est parvenue ?“Q. When may a person judge himself to have attained this?
« R. Lorsque, après avoir été pleinement convaincue du péché inné, par une conviction beaucoup plus profonde et plus claire que celle qu’elle a éprouvée avant la justification, et après avoir fait l’expérience d’une mortification graduelle de ce péché, elle fait l’expérience d’une mort totale au péché et d’un entier renouvellement dans l’amour et l’image de Dieu, de sorte qu’elle se réjouit toujours, prie sans cesse et rend grâces en toutes choses. Non que “sentir tout amour et aucun péché” soit une preuve suffisante. Plusieurs en ont fait l’expérience pour un temps, avant que leur âme fût pleinement renouvelée. Personne donc ne doit croire que l’œuvre est accomplie, jusqu’à ce que s’y ajoute le témoignage de l’Esprit, attestant son entière sanctification aussi clairement que sa justification.“A. When, after having been fully convinced of inbred sin, by a far deeper and clearer conviction than that he experienced before justification, and after having experienced a gradual mortification of it, he experiences a total death to sin, and an entire renewal in the love and image of God, so as to rejoice evermore, to pray without ceasing, and in everything to give thanks. Not that to feel all love and no sin’ is a sufficient proof. Several have experienced this for a time, before their souls were fully renewed. None therefore ought to believe that the work is done, till there is added the testimony of the Spirit, witnessing his entire sanctification, as clearly as his justification.
« Q. Mais d’où vient que certains s’imaginent être ainsi sanctifiés, alors qu’en réalité ils ne le sont pas ?“Q. But whence is it, that some imagine they are thus sanctified, when in reality they are not?
« R. Cela vient de ce qu’ils ne jugent pas d’après toutes les marques précédentes, mais soit d’après une partie d’entre elles, soit d’après d’autres qui sont ambiguës. Mais je ne connais aucun exemple d’une personne qui ait prêté attention à toutes, et qui se soit pourtant trompée en cette matière. Je crois qu’il ne peut y en avoir aucun au monde. Si un homme est profondément et pleinement convaincu, après la justification, du péché inné ; s’il fait ensuite l’expérience d’une mortification graduelle du péché, et plus tard d’un entier renouvellement à l’image de Dieu ; si à ce changement, immensément plus grand que celui qui s’est opéré lorsqu’il a été justifié, s’ajoute un témoignage clair et direct du renouvellement, je juge aussi impossible que cet homme s’y trompe que Dieu mente. Et si quelqu’un que je sais être un homme véridique m’atteste ces choses, je ne dois pas, sans quelque raison suffisante, rejeter son témoignage.“A. It is hence; they do not judge by all the preceding marks, but either by part of them, or by others that are ambiguous. But I know no instance of a person attending to them all, and yet deceived in this matter. I believe, there can be none in the world. If a man be deeply and fully convinced, after justification, of inbred sin; if he then experience a gradual mortification of sin, and afterwards an entire renewal in the image of God; if to this change, immensely greater than that wrought when he was justified, be added a clear, direct witness of the renewal; I judge it as impossible this man should be deceived herein, as that God should lie. And if one whom I know to be a man of veracity testify these things to me, I ought not, without some sufficient reason, to reject his testimony.
« Q. Cette mort au péché et ce renouvellement dans l’amour sont-ils graduels ou instantanés ?“Q. Is this death to sin, and renewal in love, gradual or instantaneous?
« R. Un homme peut être mourant pendant quelque temps ; pourtant il ne meurt pas, à proprement parler, avant l’instant où l’âme est séparée du corps ; et en cet instant il vit la vie de l’éternité. De même, il peut être en train de mourir au péché pendant quelque temps ; pourtant il n’est pas mort au péché avant que le péché soit séparé de son âme ; et en cet instant il vit la pleine vie de l’amour. Et comme le changement subi lorsque le corps meurt est d’une autre nature, et infiniment plus grand qu’aucun de ceux que nous avions connus auparavant, oui, tel qu’il est impossible de le concevoir jusque-là, ainsi le changement opéré lorsque l’âme meurt au péché est d’une autre nature, et infiniment plus grand qu’aucun de ceux qui l’ont précédé, et qu’aucun que l’on puisse concevoir avant d’en faire l’expérience. Pourtant il croît encore dans la grâce, dans la connaissance de Christ, dans l’amour et l’image de Dieu ; et il le fera, non seulement jusqu’à la mort, mais pendant toute l’éternité.“A. A man may be dying for some time; yet he does not, properly speaking, die, till the instant the soul is separated from the body; and in that instant he lives the life of eternity. In like manner, he may be dying to sin for some time; yet he is not dead to sin, till sin is separated from his soul; and in that instant he lives the full life of love. And as the change undergone, when the body dies, is of a different kind, and infinitely greater than any we had known before, yea, such as till then it is impossible to conceive; so the change wrought, when the soul dies to sin, is of a different kind, and infinitely greater than any before, and than any can conceive till he experiences it. Yet he still grows in grace, in the knowledge of Christ, in the love and image of God; and will do so, not only till death, but to all eternity.
« Q. Comment devons-nous attendre ce changement ?“Q. How are we to wait for this change?
« R. Non dans une indifférence insouciante ou une inaction paresseuse, mais dans une obéissance vigoureuse et universelle, dans l’observation zélée de tous les commandements, dans la vigilance et l’effort, en renonçant à nous-mêmes et en prenant chaque jour notre croix ; ainsi que dans la prière fervente et le jeûne, et dans une fidèle assiduité à toutes les ordonnances de Dieu. Et si quelqu’un rêve d’y parvenir par quelque autre voie (oui, ou de le conserver une fois atteint, même lorsqu’il l’a reçu dans la plus large mesure), il trompe sa propre âme. Il est vrai que nous le recevons par la simple foi ; mais Dieu ne donne pas, ne donnera pas, cette foi, à moins que nous ne la recherchions avec toute diligence, dans la voie qu’il a établie.“A. Not in careless indifference, or indolent inactivity; but in vigorous, universal obedience, in a zealous keeping of all the commandments, in watchfulness and painfulness, in denying ourselves, and taking up our cross daily; as well as in earnest prayer and fasting and a close attendance on all the ordinances of God. And if any man dream of attaining it any other way, (yea, or of keeping it when it is attained, when he has received it even in the largest measure,) he deceiveth his own soul. It is true, we receive it by simple faith: But God does not, will not, give that faith, unless we seek it with all diligence, in the way which he hath ordained.
« Cette considération peut satisfaire ceux qui demandent pourquoi si peu ont reçu cette bénédiction. Demandez combien la recherchent de cette manière, et vous aurez une réponse suffisante.“This consideration may satisfy those who inquire, why so few have received the blessing. Inquire, how many are seeking it in this way; and you have a sufficient answer.
« La prière surtout fait défaut. Qui persévère en elle ? Qui lutte avec Dieu pour cette chose même ? Ainsi, “vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas ; ou parce que vous demandez mal”, à savoir, que vous soyez renouvelés avant de mourir. Avant de mourir ! Cela vous contentera-t-il ? Non, mais demandez que cela se fasse maintenant ; aujourd’hui, pendant qu’on peut dire : Aujourd’hui. N’appelez pas cela “fixer un terme à Dieu”. Assurément, aujourd’hui est son temps aussi bien que demain. Hâte-toi, homme, hâte-toi ! Que ton âme éclate en un ardent désir / d’éprouver le bonheur parfait ; / que ton cœur avide soit tout en feu / pour se fondre dans l’amour !“Prayer especially is wanting. Who continues instant therein? Who wrestles with God for this very thing? So, ye have not, because ye ask not; or because ye ask amiss,’ namely, that you may be renewed before you die. Before you die! Will that content you? Nay, but ask that it may be done now; to-day, while it is called to-day. Do not call this setting God a time.’ Certainly, to-day is his time as well as to-morrow. Make haste, man, make haste! Let Thy soul break out in strong desire / The perfect bliss to prove; / Thy longing heart be all on fire / To be dissolved in love!
« Q. Mais ne pouvons-nous pas demeurer dans la paix et la joie jusqu’à ce que nous soyons rendus parfaits dans l’amour ?“Q. But may we not continue in peace and joy till we are perfected in love?
« R. Certainement ; car le royaume de Dieu n’est pas divisé contre lui-même ; que l’on ne décourage donc pas les croyants de “se réjouir toujours dans le Seigneur”. Et cependant nous pouvons être sensiblement peinés de la nature pécheresse qui demeure encore en nous. Il est bon pour nous d’en avoir un sentiment pénétrant, et un désir véhément d’en être délivrés. Mais cela doit seulement nous pousser à fuir avec plus de zèle, à chaque instant, vers notre puissant Secours, à “courir” plus ardemment “vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ”. Et quand le sentiment de notre péché abonde le plus, le sentiment de son amour doit surabonder bien davantage.“A. Certainly we may; for the kingdom of God is not divided against itself; therefore, let not believers be discouraged from rejoicing in the Lord always.’ And yet we may be sensibly pained at the sinful nature that still remains in us. It is good for us to have a piercing sense of this, and a vehement desire to be delivered from it. But this should only incite us the more zealously to fly every moment to our strong Helper, the more earnestly to press forward to the mark, the prize of our high calling in Christ Jesus.’ And when the sense of our sin most abounds, the sense of his love should much more abound.
« Q. Comment devons-nous traiter ceux qui pensent y être parvenus ?“Q. How should we treat those who think they have attained?
« R. Examinez-les avec franchise, et exhortez-les à prier avec ferveur pour que Dieu leur montre tout ce qui est dans leur cœur. Les exhortations les plus pressantes à abonder en toute grâce, et les avertissements les plus forts à éviter tout mal, sont donnés dans tout le Nouveau Testament à ceux qui sont dans l’état de grâce le plus élevé. Mais cela doit se faire avec la plus grande tendresse, et sans aucune dureté, sévérité ni aigreur. Nous devons éviter soigneusement jusqu’à l’apparence de la colère, de la malveillance ou du mépris. Laissez à Satan le soin de tenter ainsi, et à ses enfants celui de s’écrier : “Éprouvons-le par les outrages et les tourments, afin de connaître sa douceur et de mettre à l’épreuve sa patience.” S’ils sont fidèles à la grâce donnée, ils ne courent aucun danger d’en périr ; non, même s’ils demeurent dans cette erreur jusqu’à ce que leur esprit retourne à Dieu.“A. Examine them candidly, and exhort them to pray fervently, that God would show them all that is in their hearts. The most earnest exhortations to abound in every grace, and the strongest cautions to avoid all evil, are given throughout the New Testament, to those who are in the highest state of grace. But this should be done with the utmost tenderness; and without any harshness, sternness or sourness. We should carefully avoid the very appearance of anger, unkindness, or contempt. Leave it to Satan thus to tempt, and to his children to cry out, Let us examine him with despitefulness and torture, that we may know his meekness and prove his patience.’ If they are faithful to the grace given, they are in no danger of perishing thereby; no, not if they remain in that mistake till their spirit is returning to God.
« Q. Mais quel mal peut-il y avoir à les traiter durement ?“Q. But what hurt can it do to deal harshly with them?
« R. Ou ils se trompent, ou ils ne se trompent pas. S’ils se trompent, cela peut perdre leurs âmes. Ce n’est nullement impossible, non, ni improbable. Cela peut les irriter ou les décourager au point qu’ils sombrent et ne se relèvent plus. S’ils ne se trompent pas, cela peut affliger ceux que Dieu n’a pas affligés, et faire beaucoup de mal à nos propres âmes. Car sans aucun doute celui qui les touche touche, pour ainsi dire, la prunelle de l’œil de Dieu. S’ils sont vraiment remplis de son Esprit, se conduire envers eux avec malveillance ou mépris, c’est outrager non peu l’Esprit de la grâce. Par là aussi nous nourrissons et accroissons en nous-mêmes les mauvais soupçons et bien des dispositions mauvaises. Pour n’en citer qu’une : quelle présomption que de nous ériger en inquisiteurs généraux, en juges péremptoires de ces choses profondes de Dieu ! Sommes-nous qualifiés pour cet office ? Pouvons-nous déterminer, dans tous les cas, jusqu’où s’étend l’infirmité ? ce qui peut lui être attribué, et ce qui ne le peut pas ? ce qui, en toutes circonstances, peut s’accorder avec l’amour parfait, et ce qui ne le peut pas ? Pouvons-nous déterminer avec précision comment elle influera sur le regard, le geste, le ton de la voix ? Si nous le pouvons, sans doute “nous sommes le peuple, et avec nous mourra la sagesse”.“A. Either they are mistaken, or they are not. If they are, it may destroy their souls. This is nothing impossible, no, nor improbable. It may so enrage or so discourage them, that they will sink and rise no more. If they are not mistaken, it may grieve those whom God has not grieved, and do much hurt unto our own souls. For undoubtedly he that toucheth them, toucheth, as it were, the apple of God’s eye. If they are indeed full of his Spirit, to behave unkindly or contemptuously to them is doing no little despite to the Spirit of grace. Hereby, likewise, we feed and increase in ourselves evil surmising, and many wrong tempers. To instance only in one: What self-sufficiency is this, to set ourselves up for inquisitors-general, for peremptory judges in these deep things of God! Are we qualified for the office? Can we pronounce, in all cases, how far infirmity reaches? what may, and what may not, be resolved into it? what may in all circumstances, and what may not, consist with perfect love? Can we precisely determine, how it will influence the look, the gesture, the tone of voice? If we can, doubtless we are the men, and wisdom shall die with us.’
« Q. Mais s’ils sont mécontents de ce que nous ne les croyons pas, n’est-ce pas une preuve complète contre eux ?“Q. But if they are displeased at our not believing them, is not this a full proof against them?
« R. Selon ce qu’est ce mécontentement. S’ils sont en colère, c’est une preuve contre eux ; s’ils sont affligés, ce n’en est pas une. Ils doivent être affligés si nous refusons de croire à une véritable œuvre de Dieu, et nous privons ainsi du profit que nous aurions pu en retirer. Et nous pouvons aisément prendre cette affliction pour de la colère, car les expressions extérieures de l’une et de l’autre se ressemblent beaucoup.“A. According as that displeasure is: If they are angry, it is a proof against them; if they are grieved, it is not. They ought to be grieved, if we disbelieve a real work of God, and thereby deprive ourselves of the advantage we might have received from it. And we may easily mistake this grief for anger, as the outward expressions of both are much alike.
« Q. Mais n’est-il pas bon de découvrir ceux qui s’imaginent y être parvenus alors qu’ils ne le sont pas ?“Q. But is it not well to find out those who fancy they have attained when they have not?
« R. Il est bon de le faire par un examen doux et affectueux. Mais il n’est pas bon de triompher, même de ceux-là. C’est un très grand tort, si nous trouvons un tel cas, de nous en réjouir comme si nous avions trouvé un grand butin. Ne devrions-nous pas plutôt nous affliger, être profondément concernés, laisser nos yeux se fondre en larmes ? Voici quelqu’un qui semblait être une preuve vivante de la puissance de Dieu pour sauver parfaitement ; mais hélas ! il n’en est pas comme nous l’espérions. Il a été pesé dans la balance et trouvé léger ! Et est-ce là un sujet de joie ? Ne devrions-nous pas nous réjouir mille fois plus si nous ne pouvons trouver que l’amour pur ?“A. It is well to do it by mild, loving examination. But it is not well to triumph even over these. It is extremely wrong, if we find such an instance, to rejoice as if we had found great spoils. Ought we not rather to grieve, to be deeply concerned, to let our eyes run down with tears? Here is one who seemed to be a living proof of God’s power to save to the uttermost; but, alas, it is not as we hoped. He is weighed in the balance, and found wanting! And is this matter of joy? Ought we not to rejoice a thousand times more, if we can find nothing but pure love?
« “Mais il se trompe.” Et alors ? C’est une erreur sans danger, tant qu’il ne sent rien d’autre que l’amour dans son cœur. C’est une erreur qui dénote généralement une grande grâce, un haut degré à la fois de sainteté et de bonheur. Cela devrait être un sujet de vraie joie pour tous ceux qui ont le cœur simple ; non l’erreur elle-même, mais la hauteur de la grâce qui pour un temps l’occasionne. Je me réjouis que cette âme soit toujours heureuse en Christ, toujours pleine de prière et d’actions de grâces. Je me réjouis qu’il ne sente aucune disposition impie, mais continuellement l’amour pur de Dieu. Et je me réjouirai si le péché est suspendu jusqu’à ce qu’il soit totalement détruit.“But he is deceived.’ What then? It is a harmless mistake, while he feels nothing but love in his heart. It is a mistake which generally argues great grace, an high degree both of holiness and happiness. This should be a matter of real joy to all that are simple of heart; not the mistake itself, but the height of grace which for a time occasions it. I rejoice that this soul is always happy in Christ, always full of prayer and thanksgiving. I rejoice that he feels no unholy temper, but the pure love of God continually. And I will rejoice, if sin is suspended till it is totally destroyed.
« Q. N’y a-t-il donc aucun danger à ce qu’un homme soit ainsi trompé ?“Q. Is there no danger then in a man’s being thus deceived?
« R. Non pas au moment où il ne sent aucun péché. Il y avait du danger auparavant, et il y en aura de nouveau lorsqu’il entrera dans de nouvelles épreuves. Mais tant qu’il ne sent rien d’autre que l’amour animant toutes ses pensées, ses paroles et ses actions, il n’est pas en danger ; il est non seulement heureux, mais en sûreté, “à l’ombre du Tout-Puissant” ; et, pour l’amour de Dieu, qu’il demeure dans cet amour aussi longtemps qu’il le pourra. En attendant, vous ferez bien de l’avertir du danger qu’il y aura si son amour se refroidit et si le péché revit : le danger, à savoir, de rejeter l’espérance et de supposer que, parce qu’il n’y est pas encore parvenu, il n’y parviendra jamais.“A. Not at the time that he feels no sin. There was danger before, and there will be again when he comes into fresh trials. But so long as he feels nothing but love animating all his thoughts, and words, and actions, he is in no danger; he is not only happy, but safe, under the shadow of the Almighty;’ and, for God’s sake, let him continue in that love as long as he can. Meantime, you may do well to warn him of the danger that will be, if his love grow cold and sin revive; even the danger of casting away hope, and supposing, that, because he hath not attained yet, therefore he never shall.
« Q. Mais quoi, si personne n’y est encore parvenu ? Quoi, si tous ceux qui le pensent sont trompés ?“Q. But what, if none have attained it yet? What, if all who think so are deceived?
« R. Convainquez-moi de cela, et je ne le prêcherai plus. Mais comprenez-moi bien : je ne bâtis aucune doctrine sur telle ou telle personne. Celle-ci ou n’importe quelle autre peut se tromper, et je n’en suis pas ébranlé. Mais, si personne n’est encore rendu parfait, Dieu ne m’a pas envoyé prêcher la perfection.“A. Convince me of this, and I will preach it no more. But understand me right: I do not build any doctrine on this or that person. This or any other man may be deceived, and I am not moved. But, if there are none made perfect yet, God has not sent me to preach perfection.
« Prenons un cas parallèle : depuis bien des années j’ai prêché : “Il y a une paix de Dieu qui surpasse toute intelligence.” Convainquez-moi que cette parole est tombée à terre ; qu’en toutes ces années personne n’a obtenu cette paix ; qu’il n’en existe aujourd’hui aucun témoin vivant ; et je ne la prêcherai plus.“Put a parallel case: For many years I have preached, There is a peace of God which passeth all understanding? Convince me that this word has fallen to the ground; that in all these years none have attained this peace; that there is no living witness of it at this day; and I will preach it no more.
« “Oh ! mais plusieurs personnes sont mortes dans cette paix.” Peut-être ; mais je veux des témoins vivants. Je ne puis, il est vrai, être infailliblement certain que telle ou telle personne est un témoin ; mais si j’étais certain qu’il n’y en a aucun, il me faudrait en finir avec cette doctrine.“O, but several persons have died in that peace.’ Perhaps so; but I want living witnesses. I cannot indeed be infallibly certain that this or that person is a witness; but if I were certain there are none such, I must have done with this doctrine.
« “Vous me comprenez mal. Je crois que quelques-uns qui sont morts dans cet amour en ont joui longtemps avant leur mort. Mais je n’étais pas certain que leur témoignage antérieur fût vrai avant quelques heures avant leur mort.”“You misunderstand me. I believe some who died in this love, enjoyed it long before their death. But I was not certain that their former testimony was true till some hours before they died.’
« Vous n’aviez pas alors une certitude infaillible ; et une certitude raisonnable, vous auriez pu l’avoir auparavant ; une certitude telle qu’elle aurait pu vivifier et consoler votre propre âme, et répondre à toutes les autres fins chrétiennes. Une certitude comme celle-là, toute personne de bonne foi peut l’avoir, supposé qu’il existe quelque témoin vivant, en s’entretenant une heure avec cette personne dans l’amour et la crainte de Dieu.“You had not an infallible certainty then: And a reasonable certainty you might have had before; such a certainty as might have quickened and comforted your own soul, and answered all other Christian purposes. Such a certainty as this, any candid person may have, suppose there be any living witness, by talking one hour with that person in the love and fear of God.
« Q. Mais qu’importe que quelqu’un y soit parvenu ou non, puisque tant de passages de l’Écriture en rendent témoignage ?“Q. But what does it signify, whether any have attained it or no, seeing so many scriptures witness for it?
« R. Si j’étais convaincu que personne en Angleterre n’est parvenu à ce qui a été prêché si clairement et si fortement par un tel nombre de prédicateurs, en tant de lieux et pendant si longtemps, je serais clairement convaincu que nous avons tous mal compris le sens de ces passages de l’Écriture ; et par conséquent, à l’avenir, je devrais moi aussi enseigner que le péché demeurera jusqu’à la mort. »“A. If I were convinced that none in England had attained what has been so clearly and strongly preached by such a number of Preachers, in so many places, and for so long a time, I should be clearly convinced that we had all mistaken the meaning of those scriptures; and therefore, for the time to come, I too must teach that sin will remain till death.’”
20. En l’année 1762, il y eut un grand accroissement de l’œuvre de Dieu à Londres. Beaucoup qui jusque-là ne s’étaient souciés d’aucune de ces choses furent profondément convaincus de leur état de perdition ; beaucoup trouvèrent la rédemption dans le sang de Christ ; un bon nombre de rétrogrades furent guéris ; et un nombre considérable de personnes crurent que Dieu les avait sauvées de tout péché. Prévoyant aisément que Satan s’efforcerait de semer l’ivraie parmi le bon grain, je pris beaucoup de peine pour les avertir du danger, particulièrement en ce qui concerne l’orgueil et l’exaltation. Et tant que je restai en ville, j’eus lieu d’espérer qu’ils demeuraient humbles et sobres d’esprit. Mais presque aussitôt après mon départ, l’exaltation fit irruption. Deux ou trois commencèrent à prendre leurs propres imaginations pour des impressions venant de Dieu, et à supposer par là qu’ils ne mourraient jamais ; et ceux-ci, s’efforçant d’amener d’autres à la même opinion, causèrent beaucoup de bruit et de confusion. Peu après, les mêmes personnes, avec quelques autres, tombèrent dans d’autres extravagances : ils s’imaginaient qu’ils ne pouvaient être tentés, qu’ils ne ressentiraient plus de douleur et qu’ils avaient le don de prophétie et de discernement des esprits. À mon retour à Londres, en automne, certains d’entre eux acceptèrent la réprimande ; mais d’autres s’étaient mis au-dessus de toute instruction. Cependant, un déluge de reproches tomba sur moi presque de tous côtés : d’eux-mêmes, parce que je les reprenais en toute occasion ; et d’autres, parce que, disaient-ils, je ne les reprenais pas. Toutefois, la main du Seigneur ne s’arrêta pas, mais de plus en plus de pécheurs étaient convaincus, tandis que certains se convertissaient à Dieu presque chaque jour et que d’autres étaient rendus capables de l’aimer de tout leur cœur.20. In the year 1762, there was a great increase of the work of God in London. Many, who had hitherto cared for none of these things, were deeply convinced of their lost estate; many found redemption in the blood of Christ; not a few backsliders were healed; and a considerable number of persons believed that God had saved them from all sin. Easily foreseeing that Satan would be endeavouring to sow tares among the wheat, I took much pains to apprize them of the danger, particularly with regard to pride and enthusiasm. And while I stayed in town, I had reason to hope they continued both humble and sober-minded. But almost as soon as I was gone enthusiasm broke in. Two or three began to take their own imaginations for impressions from God, and thence to suppose that they should never die; and these, labouring to bring others into the same opinion, occasioned much noise and confusion. Soon after, the same persons, with a few more, ran into other extravagances; fancying they could not be tempted; that they should feel no more pain; and that they had the gift of prophecy, and of discerning of spirits. At my return to London, in autumn, some of them stood reproved; but others were got above instruction. Meantime, a flood of reproach came upon me almost from every quarter; from themselves, because I was checking them on all occasions; and from others, because, they said, I did not check them. However, the hand of the Lord was not stayed, but more and more sinners were convinced; while some were almost daily converted to God, and others enabled to love him with all their heart.
21. Vers ce temps-là, un ami qui vivait à quelque distance de Londres m’écrivit ce qui suit :21. About this time, a friend at some distance from London wrote to me as follows:—
« Ne soyez pas trop alarmé de ce que Satan sème de l’ivraie parmi le bon grain de Christ. Il en a toujours été ainsi, surtout lors de toute effusion remarquable de son Esprit ; et il en sera toujours ainsi, jusqu’à ce qu’il soit enchaîné pour mille ans. Jusque-là, il singera toujours l’œuvre de l’Esprit de Christ et s’efforcera de la contrecarrer.“Be not over alarmed that Satan sows tares among the wheat of Christ. It ever has been so, especially on any remarkable outpouring of his Spirit; and ever will be so, till he is chained up for a thousand years. Till then he will always ape, and endeavour to counteract, the work of the Spirit of Christ.
« Un triste effet de cela a été qu’un monde qui est toujours endormi dans les bras du malin a tourné en ridicule toute œuvre du Saint-Esprit.“One melancholy effect of this has been, that a world, who is always asleep in the arms of the evil one, has ridiculed every work of the Holy Spirit.
« Mais que peuvent faire les vrais chrétiens ? Eh bien, s’ils veulent agir d’une manière digne d’eux-mêmes, ils doivent (1) prier pour que toute âme égarée soit délivrée ; (2) s’efforcer de les ramener avec un esprit de douceur ; et, enfin, prendre le plus grand soin, par la prière et la vigilance, que l’égarement des autres ne diminue pas leur zèle à rechercher cette sainteté universelle de l’âme, du corps et de l’esprit, “sans laquelle personne ne verra le Seigneur”.“But what can real Christians do? Why, if they would act worthy of themselves, they should, (1.) Pray that every deluded soul may be delivered; (2.) Endeavour to reclaim them in the spirit of meekness; and, Lastly, take the utmost care, both by prayer and watchfulness, that the delusion of others may not lessen their zeal in seeking after that universal holiness of soul, body, and spirit, without which no man shall see the Lord.’
« En vérité, cette nouvelle créature achevée n’est que folie pour un monde insensé. Mais elle est, néanmoins, la volonté et la sagesse de Dieu. Puissions-nous tous la rechercher !“Indeed this complete new creature is mere madness to a mad world. But it is, notwithstanding, the will and wisdom of God. May we all seek after it!
« Mais certains qui soutiennent cette doctrine dans toute son étendue sont trop souvent coupables de limiter le Tout-Puissant. Il dispense ses dons comme il lui plaît ; il n’est donc ni sage ni modeste d’affirmer qu’une personne doit être croyante depuis un certain temps avant d’être capable de recevoir un haut degré de l’Esprit de sainteté.“But some who maintain this doctrine in its full extent are too often guilty of limiting the Almighty. He dispenses his gifts just as he pleases; therefore, it is neither wise nor modest to affirm that a person must be a believer for any length of time before he is capable of receiving a high degree of the Spirit of holiness.
« La méthode habituelle de Dieu est une chose, mais son bon plaisir souverain en est une autre. Il a de sages raisons, tant pour hâter que pour retarder son œuvre. Parfois il vient soudainement et à l’improviste ; parfois pas avant que nous l’ayons longtemps attendu.“God’s usual method is one thing, but his sovereign pleasure is another. He has wise reasons both for hastening and retarding his work. Sometimes he comes suddenly and unexpected; sometimes, not till we have long looked for him.
« En vérité, j’ai été d’avis depuis bien des années qu’une grande cause du peu de progrès des hommes dans la vie divine est leur propre froideur, leur négligence et leur incrédulité. Et pourtant je parle ici de croyants.“Indeed it has been my opinion for many years, that one great cause why men make so little improvement in the divine life is their own coldness, negligence, and unbelief. And yet I here speak of believers.
« Que l’Esprit de Christ nous donne un juste discernement en toutes choses et “nous remplisse de toute la plénitude de Dieu”, afin que nous soyons “parfaits et accomplis, sans faillir en rien” ! »“May the Spirit of Christ give us a right judgment in all things, and fill us with all the fulness of God;’ that so we may be perfect and entire, wanting nothing.’”
22. Vers le même temps, cinq ou six exaltés sincères prédirent que le monde devait finir le 28 février. Je m’opposai immédiatement à eux par tous les moyens possibles, tant en public qu’en privé. Je prêchai expressément sur ce sujet, à West Street comme à Spitalfields. J’avertis la société à maintes reprises, et je parlai séparément à autant de personnes que je pus ; et je vis le fruit de mon travail. Ils firent très peu de prosélytes : à peine trente, je crois, dans toute notre société. Néanmoins, ils firent énormément de bruit, donnèrent une immense occasion de scandale à ceux qui avaient soin de tirer le plus grand parti de toute occasion contre moi, et accrurent grandement à la fois le nombre et l’audace de ceux qui s’opposaient à la perfection chrétienne.22. About the same time, five or six honest enthusiasts foretold the world was to end on the 28th of February. I immediately withstood them, by every possible means, both in public and private. I preached expressly upon the subject, both at West-Street and Spitalfields. I warned the society, again and again, and spoke severally to as many as I could; and I saw the fruit of my labour. They made exceeding few converts: I believe scarce thirty in our whole society. Nevertheless, they made abundance of noise, gave huge occasion of offence to those who took care to improve to the uttermost every occasion against me, and greatly increased both the number and courage of those who opposed Christian perfection.
23. Quelques questions, publiées alors par l’un d’eux, amenèrent un homme simple à écrire ce qui suit :23. Some questions, now published by one of these, induced a plain man to write the following—
« QUESTIONS humblement proposées à ceux qui nient que la perfection puisse être atteinte en cette vie.“QUERIES, humbly proposed to those who deny perfection to be attainable in this life.
« (1) N’a-t-il pas été donné une plus grande mesure du Saint-Esprit sous l’Évangile que sous l’économie juive ? Sinon, en quel sens l’Esprit n’était-il pas encore donné avant que Christ fût glorifié ? (Jean 7.39.)“(1.) Has there not been a larger measure of the Holy Spirit given under the Gospel, than under the Jewish dispensation? If not, in what sense was the Spirit not given before Christ was glorified? (John 7:39.)
« (2) Cette “gloire qui devait suivre les souffrances de Christ” (1 Pierre 1.11) était-elle une gloire extérieure, ou intérieure, à savoir la gloire de la sainteté ?“(2.) Was that glory which followed the sufferings of Christ,’ (1 Peter 1:11,) an external glory, or an internal, viz., the glory of holiness?
« (3) Dieu nous a-t-il commandé quelque part dans l’Écriture plus qu’il ne nous a promis ?“(3.) Has God anywhere in Scripture commanded us more than he has promised to us?
« (4) Les promesses de Dieu concernant la sainteté doivent-elles s’accomplir en cette vie, ou seulement dans la vie à venir ?“(4.) Are the promises of God respecting holiness to be fulfilled in this life, or only in the next?
« (5) Le chrétien est-il sous d’autres lois que celles que Dieu promet “d’écrire dans nos cœurs” ? (Jérémie 31.31 et suiv. ; Hébreux 8.10.)“(5.) Is a Christian under any other laws than those which God promises to write in our hearts?’ (Jer. 31:31,&c. Heb. 8:10.)
« (6) En quel sens “la justice de la loi est-elle accomplie en ceux qui marchent, non selon la chair, mais selon l’Esprit” ? (Romains 8.4.)“(6.) In what sense is the righteousness of the law fulfilled in those who walk not after the flesh, but after the Spirit?’ (Rom. 8:4.)
« (7) Est-il impossible à quelqu’un, en cette vie, “d’aimer Dieu de tout son cœur, de toute sa pensée, de toute son âme et de toute sa force” ? Et le chrétien est-il sous quelque loi qui ne soit pas accomplie dans cet amour ?“(7.) Is it impossible for any one in this life to love God with all his heart, and mind, and soul, and strength?’ And is the Christian under any law which is not fulfilled in this love?
« (8) La sortie de l’âme hors du corps opère-t-elle sa purification du péché qui habite en elle ?“(8.) Does the soul’s going out of the body effect its purification from indwelling sin?
« (9) Si oui, n’est-ce pas quelque autre chose, et non “le sang de Christ, qui la purifie de tout péché” ?“(9.) If so, is it not something else, not the blood of Christ which cleanseth’ it from all sin?’
« (10) Si son sang nous purifie de tout péché pendant que l’âme et le corps sont unis, n’est-ce pas en cette vie ?“(10.) If his blood cleanseth us from all sin, while the soul and body are united, is it not in this life?
« (11) Si c’est quand cette union cesse, n’est-ce pas dans la vie à venir ? Et n’est-ce pas trop tard ?“(11.) If when that union ceases, is it not in the next? And is not this too late?
« (12) Si c’est à l’article de la mort, dans quelle situation est l’âme, lorsqu’elle n’est ni dans le corps ni hors de lui ?“(12.) If in the article of death; what situation is the soul in, when it is neither in the body nor out of it?
« (13) Christ nous a-t-il enseigné quelque part à demander ce qu’il n’a jamais l’intention de donner ?“(13.) Has Christ anywhere taught us to pray for what he never designs to give?
« (14) Ne nous a-t-il pas enseigné à prier : “Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel” ? Et n’est-elle pas faite parfaitement au ciel ?“(14.) Has he not taught us to pray, Thy will be done on earth, as it is done in heaven?’ And is it not done perfectly in heaven?
« (15) S’il en est ainsi, ne nous a-t-il pas enseigné à prier pour la perfection sur la terre ? N’a-t-il donc pas l’intention de la donner ?“(15.) If so, has he not taught us to pray for perfection on earth? Does he not then design to give it?
« (16) Saint Paul n’a-t-il pas prié selon la volonté de Dieu, lorsqu’il a demandé que les Thessaloniciens fussent “sanctifiés tout entiers, et conservés” (en ce monde, non dans l’autre, à moins qu’il ne priât pour les morts) “irrépréhensibles, corps, âme et esprit, jusqu’à l’avènement de Jésus-Christ” ?“(16.) Did not St. Paul pray according to the will of God, when he prayed that the Thessalonians might be sanctified wholly, and preserved’ (in this world, not the next, unless he was praying for the dead) ‘blameless in body, soul, and spirit, unto the coming of Jesus Christ?’
« (17) Désirez-vous sincèrement être délivré du péché qui habite en vous, en cette vie ?“(17.) Do you sincerely desire to be freed from indwelling sin in this life?
« (18) Si vous le désirez, n’est-ce pas Dieu qui vous a donné ce désir ?“(18.) If you do, did not God give you that desire?
« (19) S’il en est ainsi, ne vous l’a-t-il pas donné pour se moquer de vous, puisqu’il est impossible qu’il soit jamais accompli ?“(19.) If so, did he not give it you to mock you, since it is impossible it should ever be fulfilled?
« (20) Si vous n’avez même pas assez de sincérité pour le désirer, ne disputez-vous pas sur des matières trop élevées pour vous ?“(20.) If you have not sincerity enough even to desire it, are you not disputing about matters too high for you?
« (21) Priez-vous jamais Dieu de “purifier les pensées de votre cœur, afin que vous puissiez l’aimer parfaitement” ?“(21.) Do you ever pray God to cleanse the thoughts of your heart, that’ you may perfectly love him?’
« (22) Si vous ne désirez pas ce que vous demandez, et ne croyez pas que ce soit accessible, ne priez-vous pas comme prie l’insensé ?“(22.) If you neither desire what you ask, nor believe it attainable, pray you not as a fool prayeth?
« Dieu t’aide à considérer ces questions avec calme et impartialité ! »“God help thee to consider these questions calmly and impartially!”
4. Un témoignage dans la vie et dans la mort, et nouvelles pensées sur la perfection4. A Living and Dying Witness, and Farther Thoughts on Perfection
John Wesley, A Plain Account of Christian Perfection (révision de 1777 ; Works, éd. Thomas Jackson, 1872, vol. 11), section 24 et section 25, première partie : la lettre et la mort de Jane Cooper (1762), et Nouvelles pensées sur la perfection chrétienne (1763), questions 1 à 31. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John Wesley, A Plain Account of Christian Perfection (1777 revision; Works, ed. Thomas Jackson, 1872, vol. 11), section 24 and section 25, first part: the letter and death of Jane Cooper (1762), and Farther Thoughts on Christian Perfection (1763), questions 1–31. Primary source; the interpretations are the author’s.
Note du STC : La lettre de Jane Cooper et le récit de sa mort de la petite vérole sont les preuves que Wesley apporte à son enseignement ; ils sont reproduits comme témoignages, non comme des faits vérifiés. Dans sa lettre, elle dit que, dans un temps de profonde détresse spirituelle, elle fut tentée de mettre fin à ses jours. Quiconque est troublé aujourd’hui par de telles pensées doit en parler sans tarder à un pasteur, à un ami de confiance ou à un professionnel de santé. Dans les questions 1 à 31, Wesley distingue la « loi adamique » d’une obéissance sans faille, qu’aucune personne déchue ne peut garder, de la « loi d’amour », que les croyants peuvent accomplir tout en ayant encore besoin de l’expiation de Christ pour leurs fautes involontaires.CTS note: Jane Cooper’s letter and the account of her death from smallpox are Wesley’s evidence for his teaching; they are printed as testimony, not as verified fact. In her letter she says that, in a time of deep spiritual distress, she was tempted to take her own life. Anyone troubled by such thoughts today should speak at once with a pastor, a trusted friend or a health professional. In questions 1–31 Wesley distinguishes the “Adamic law” of flawless performance, which no fallen person can keep, from the “law of love,” which believers can fulfil while still needing Christ’s atonement for involuntary faults.
24. À la fin de cette année, Dieu rappela à lui cette lampe ardente et brillante, Jane Cooper. Comme elle fut un témoin de la perfection chrétienne à la fois dans sa vie et dans sa mort, il ne sera nullement étranger au sujet d’ajouter un bref récit de sa mort, avec l’une de ses propres lettres, qui contient une relation simple et sans art de la manière dont il plut à Dieu d’opérer ce grand changement dans son âme :24. In the latter end of this year, God called to himself that burning and shining light, Jane Cooper. As she was both a living and a dying witness of Christian perfection, it will not be at all foreign to the subject to add a short account of her death; with one of her own letters, containing a plain and artless relation of the manner wherein it pleased God to work that great change in her soul:—
« 2 mai 1761.“May 2, 1761.
« Je crois que, tant qu’il me restera de la mémoire, la reconnaissance durera. Depuis que vous avez prêché sur Galates 5.5, j’ai vu clairement le véritable état de mon âme. Ce sermon décrivait mon cœur et ce qu’il désirait être, à savoir vraiment heureux. Vous avez lu la lettre de M. M—, et elle décrivait la religion que je désirais. Dès ce moment, le prix parut en vue, et je fus rendue capable de le poursuivre avec ardeur. Je fus gardée veillant dans la prière, parfois dans une grande détresse, d’autres fois dans l’attente patiente de la bénédiction. Pendant quelques jours avant que vous quittiez Londres, mon âme s’appuyait sur une promesse qui m’avait été appliquée dans la prière : “Le Seigneur que vous cherchez entrera soudain dans son temple.” Je crus qu’il viendrait, et qu’il s’y assiérait comme le feu du fondeur. Le mardi après votre départ, je pensai que je ne pourrais pas dormir à moins qu’il n’accomplît sa parole cette nuit-là. Je n’ai jamais connu comme alors la force de ces paroles : “Arrêtez, et sachez que je suis Dieu.” Je devins néant devant Lui, et je jouis d’un calme parfait dans mon âme. Je ne savais pas s’il avait détruit mon péché ; mais je désirais le savoir, afin de pouvoir le louer. Cependant je sentis bientôt le retour de l’incrédulité, et je gémissais, accablée. Le mercredi, j’allai à Londres et je cherchai le Seigneur sans relâche. Je promis que, s’il me sauvait du péché, je le louerais. Je pouvais me séparer de toutes choses, pourvu que je gagne Christ. Mais je trouvai que tous ces plaidoyers ne valaient rien, et que, s’Il me sauvait, ce devait être gratuitement, à cause de son propre nom. Le jeudi, je fus si fortement tentée que je pensai à mettre fin à mes jours, ou à ne plus jamais fréquenter le peuple de Dieu. Et pourtant je n’avais aucun doute de son amour qui pardonne ; mais : “C’était pire que la mort d’aimer mon Dieu, / et non mon Dieu seul.” Le vendredi, ma détresse s’approfondit. Je m’efforçai de prier, et je ne le pus. J’allai chez Mme D., qui pria pour moi et me dit que c’était la mort de la nature. J’ouvris la Bible sur : “Pour les lâches, les incrédules, leur part sera dans l’étang ardent de feu et de soufre.” Je ne pus le supporter. Je l’ouvris de nouveau sur Marc 16.6, 7 : “Ne vous épouvantez pas ; vous cherchez Jésus de Nazareth. Allez dire à ses disciples qu’il vous précède en Galilée : c’est là que vous le verrez.” Je fus encouragée et rendue capable de prier, croyant que je verrais Jésus à la maison. Je rentrai ce soir-là et trouvai Mme G. Elle pria pour moi ; et elle, qui croyait à la prédestination, n’avait d’autre plaidoyer que celui-ci : “Seigneur, tu ne fais point acception de personnes.” Il prouva qu’il n’en faisait point, en me bénissant. En un instant je fus rendue capable de saisir Jésus-Christ, et je trouvai le salut par la simple foi. Il m’assura que le Seigneur, le Roi, était au milieu de moi, et que je ne verrais plus le mal. Je bénis alors Celui qui m’avait visitée et rachetée, et qui était devenu “ma sagesse, ma justice, ma sanctification et ma rédemption”. Je vis Jésus tout entier aimable, et je sus qu’il était à moi dans tous ses offices. Et, gloire à Lui, il règne maintenant dans mon cœur sans rival. Je ne trouve d’autre volonté que la sienne. Je ne sens aucun orgueil, ni aucune affection qui ne soit placée en Lui. Je sais que c’est par la foi que je tiens debout, et que la vigilance dans la prière doit être la garde de la foi. Je suis heureuse en Dieu en ce moment, et je crois que je le serai au suivant. J’ai souvent lu le chapitre que vous mentionnez (1 Corinthiens 13) et j’y ai comparé mon cœur et ma vie. En le faisant, je sens mes manquements et le besoin que j’ai du sang expiatoire. Cependant je n’ose pas dire que je ne sens pas une mesure de l’amour qui y est décrit, bien que je ne sois pas tout ce que je serai. Je désire me perdre dans cet amour “qui surpasse toute connaissance”. Je vois que “le juste vivra par la foi” ; et à moi, qui suis la moindre de tous les saints, cette grâce a été accordée. Si j’étais un archange, je voilerais ma face devant Lui et laisserais le silence dire sa louange ! »“I believe while memory remains in me, gratitude will continue. From the time you preached on Gal. 5:5, I saw clearly the true state of my soul. That sermon described my heart, and what it wanted to be; namely, truly happy. You read Mr. M—-s letter, and it described the religion which I desired. From that time the prize appeared in view, and I was enabled to follow hard after it. I was kept watching unto prayer, sometimes in much distress, at other times in patient expectation of the blessing. For some days before you left London, my soul was stayed on a promise I had applied to me in prayer: The Lord whom ye seek shall suddenly come to his temple.’ I believed he would, and that he would sit there as a refiner’s fire. The Tuesday after you went, I thought I could not sleep, unless he fulfilled his word that night. I never knew as I did then the force of these words: ‘Be still, and know that I am God.’ I became nothing before Him, and enjoyed perfect calmness in my soul. I knew not whether he had destroyed my sin; but I desired to know, that I might praise Him. Yet I soon found the return of unbelief, and groaned, being burdened. On Wednesday I went to London, and sought the Lord without ceasing. I promised, if he would save me from sin, I would praise him. I could part with all things, so I might win Christ. But I found all these pleas to be nothing worth; and that if He saved me, it must be freely, for his own name’s sake. On Thursday I was so much tempted, that I thought of destroying myself, or never conversing more with the people of God: And yet I had no doubt of his pardoning love; but,— Twas worse than death my God to love, And not my God alone. On Friday my distress was deepened. I endeavoured to pray, and could not. I went to Mrs. D., who prayed for me, and told me it was the death of nature. I opened the Bible, on, The fearful and unbelieving shall have their part in the lake which burneth with fire and brimstone.’ I could not bear it. I opened again, on Mark 16:6, 7: Be not affrighted; ye seek Jesus of Nazareth. Go your way; tell his disciples he goeth before you into Galilee; there ye shall see him.’ I was encouraged, and enabled to pray, believing I should see Jesus at home. I returned that night, and found Mrs. G. She prayed for me; and the Predestinarian had no plea, but, Lord, thou art no respecter of persons.’ He proved he was not, by blessing me. I was in a moment enabled to lay hold on Jesus Christ, and found salvation by simple faith. He assured me, the Lord, the King, was in the midst of me, and that I should see evil no more. I now blessed Him who had visited and redeemed me, and was become my wisdom, righteousness, sanctification, and redemption.’ I saw Jesus altogether lovely; and knew he was mine in all his offices. And, glory be to Him, He now reigns in my heart without a rival. I find no will but his. I feel no pride; nor any affection but what is placed on Him. I know it is by faith I stand; and that watching unto prayer must be the guard of faith. I am happy in God this moment, and I believe for the next. I have often read the chapter you mention, (1 Cor. 13.) and compared my heart and life with it. In so doing, I feel my shortcomings, and the need I have of the atoning blood. Yet I dare not say, I do not feel a measure of the love there described, though I am not all I shall be. I desire to be lost in that love which passeth knowledge.’ I see the just shall live by faith;’ and unto me, who am less than the least of all saints, is this grace given. If I were an archangel, I should veil my face before him, and let silence speak his praise!”
Le récit suivant est donné par une personne qui fut témoin oculaire et auriculaire de ce qu’elle rapporte :The following account is given by one who was an eye and ear witness of what she relates:—
« (1) Au commencement de novembre, elle sembla avoir un pressentiment de ce qui allait lui arriver, et elle chantait souvent ces paroles : “Quand la douleur l’emporte sur cette faible chair, / arme mon cœur d’une patience d’agneau.” Et lorsqu’elle me fit savoir qu’elle était malade, elle écrivit dans son billet : “Je souffre la volonté de Jésus. Tout ce qu’il envoie est adouci par son amour. Je suis aussi heureuse que si j’entendais une voix dire : Mes frères aînés m’attendent, / et les anges me font signe de partir, / et Jésus m’ordonne de venir !”“(1.) In the beginning of November, she seemed to have a foresight of what was coming upon her, and used frequently to sing these words:—When pain o’er this weak flesh prevails, With lamb-like patience arm my breast.’ And when she sent to me, to let me know she was ill, she wrote in her note, I suffer the will of Jesus. All he sends is sweetened by His love. I am as happy as if I heard a voice say,— For me my elder brethren stay, And angels beckon me away, And Jesus bids me come!’
« (2) Comme je lui disais : “Je ne puis choisir pour vous la vie ou la mort”, elle dit : “J’ai demandé au Seigneur que, si c’était sa volonté, je meure la première. Et il m’a dit que vous me survivriez et que vous me fermeriez les yeux.” Quand nous nous aperçûmes que c’était la petite vérole, je lui dis : “Ma chère, vous ne serez pas effrayée si nous vous disons quelle est votre maladie ?” Elle dit : “Je ne puis être effrayée de sa volonté.”“(2.) Upon my telling her, I cannot choose life or death for you,’ she said, I asked the Lord, that, if it was His will I might die first. And he told me, you should survive me, and that you should close my eyes.’ When we perceived it was the small-pox, I said to her, My dear, you will not be frighted if we tell you what is your distemper.’ She said, I cannot be frighted at His will.’
« (3) La maladie pesait très lourdement sur elle ; mais sa foi n’en était que plus fortifiée. Le mardi 16 novembre, elle me dit : “J’ai adoré devant le trône d’une manière glorieuse ; mon âme a été si profondément introduite en Dieu !” Je lui demandai : “Le Seigneur vous a-t-il donné quelque promesse particulière ?” “Non, répondit-elle ; c’était tout entier / ce saint respect qui n’ose bouger, / et tout le ciel silencieux de l’amour.”“(3.) The distemper was so very heavy upon her; but so much the more was her faith strengthened. Tuesday, November 16, she said to me, ‘I have been worshipping before the throne in a glorious manner; my soul was so let into God!’ I said, Did the Lord give you any particular promise?’ No,’ replied she; it was all That sacred awe that dares not move, And all the silent heaven of love.’
« (4) Le jeudi, comme je lui demandais : “Qu’avez-vous à me dire ?”, elle dit : “Eh bien, rien que ce que vous savez déjà : Dieu est amour.” Je lui demandai : “Avez-vous quelque promesse particulière ?” Elle répondit : “Il ne me semble pas en avoir besoin ; je peux vivre sans elle. Je mourrai comme une masse difforme, mais je vous retrouverai toute glorieuse ; et en attendant, j’aurai toujours communion avec votre esprit.”“(4.) On Thursday, upon my asking, What have you to say to me?’ she said, Nay, nothing but what you know already: God is love.’ I asked, Have you any particular promise?’ She replied, I do not seem to want any; I can live without. I shall die a lump of deformity, but shall meet you all-glorious: And, meantime, I shall still have fellowship with your spirit.’
« (5) M. M. lui demanda quelle était, selon elle, la voie la plus excellente pour marcher, et quels en étaient les principaux obstacles. Elle répondit : “Le plus grand obstacle vient généralement du tempérament naturel. Le mien était d’être réservée, très silencieuse, de souffrir beaucoup et de dire peu. Certains peuvent penser qu’une voie est plus excellente, et d’autres une autre ; mais l’essentiel est de vivre dans la volonté de Dieu. Depuis quelques mois, lorsque je m’y suis particulièrement consacrée, j’ai senti une telle conduite de son Esprit, et l’onction que j’ai reçue du Saint m’a tellement enseigné toutes choses, que je n’ai eu besoin que personne ne m’enseigne, sinon comme cette onction enseigne.”“(5.) Mr. M. asked, what she thought the most excellent way to walk in, and what were its chief hinderances. She answered: The greatest hinderance is generally from the natural constitution. It was mine to be reserved, to be very quiet, to suffer much, and to say little. Some may think one way more excellent, and some another: But the thing is to live in the will of God. For some months past, when I have been particularly devoted to this, I have felt such a guidance of his Spirit, and the unction which I have received from the Holy One has so taught me of all things, that I needed not any man should teach me, save as this anointing teacheth.’
« (6) Le vendredi matin, elle dit : “Je crois que je vais mourir.” Puis elle se redressa dans son lit et dit : “Seigneur, je te bénis de ce que tu es toujours avec moi, et de ce que tout ce que tu as est à moi. Ton amour est plus grand que ma faiblesse, plus grand que mon impuissance, plus grand que mon indignité. Seigneur, tu dis à la corruption : Tu es ma sœur ! Et gloire à toi, ô Jésus, tu es mon Frère. Fais-moi comprendre, avec tous les saints, la longueur, la largeur, la profondeur et la hauteur de ton amour ! Bénis ceux-ci” (quelques personnes présentes) ; “qu’ils soient à tout moment exercés en toutes choses comme tu veux qu’ils soient.”“(6.) On Friday morning she said, I believe I shall die.’ She then sat up in her bed and said, Lord, I bless thee, that thou art ever with me, and all thou hast is mine. Thy love is greater than my weakness, greater than my helplessness, greater than my unworthiness. Lord, thou sayest to corruption, Thou art my sister! And glory be to thee, O Jesus, thou art my Brother. Let me comprehend, with all saints, the length, and breadth, and depth, and height of thy love! Bless these;’ (some that were present;) let them be every moment exercised in all things as thou wouldest have them to be.’
« (7) Quelques heures après, il sembla que les agonies de la mort allaient venir sur elle ; mais son visage était plein de sourires de triomphe, et elle battait des mains de joie. Mme C. dit : “Ma chère, vous êtes plus que victorieuse par le sang de l’Agneau.” Elle répondit : “Oui, oh oui, doux Jésus ! Ô mort, où est ton aiguillon ?” Puis elle resta quelque temps comme assoupie. Ensuite elle s’efforça de parler, mais ne le put ; toutefois, elle témoigna son amour en serrant la main de tous ceux qui étaient dans la chambre.“(7.) Some hours after, it seemed as if the agonies of death were just coming upon her; but her face was full of smiles of triumph, and she clapped her hands for joy. Mrs C. said, My dear, you are more than conqueror through the blood of the Lamb.’ She answered: ‘Yes, O yes, sweet Jesus! O death, where is thy sting?’ She then lay as in a doze for some time. Afterwards, she strove to speak, but could not: However, she testified her love, by shaking hands with all in the room.
« (8) M. W. arriva alors. Elle lui dit : “Monsieur, je ne savais pas que je vivrais assez pour vous voir. Mais je suis contente que le Seigneur m’ait donné cette occasion, et aussi la force de vous parler. Je vous aime. Vous avez toujours prêché la doctrine la plus stricte, et j’aimais la suivre. Continuez ainsi, que cela plaise ou déplaise à qui que ce soit.” Il lui demanda : “Croyez-vous maintenant être sauvée du péché ?” Elle dit : “Oui ; je n’en ai pas douté depuis bien des mois. Si j’en ai jamais douté, c’est parce que je ne demeurais pas dans la foi. Je sens maintenant que j’ai gardé la foi ; et l’amour parfait bannit toute crainte. Quant à vous, le Seigneur m’a promis que vos dernières œuvres surpasseront les premières, bien que je ne vive pas pour le voir. J’ai été une grande exaltée, comme on dit, ces six derniers mois ; mais jamais de ma vie je n’ai vécu si près du cœur de Christ. Vous, Monsieur, désirez consoler le cœur de centaines de personnes en suivant cette simplicité que votre âme aime.”“(8.) Mr. W. then came. She said, Sir, I did not know that I should live to see you. But I am glad the Lord has given me this opportunity, and likewise power to speak to you. I love you. You have always preached the strictest doctrine; and I loved to follow it. Do so still, whoever is pleased or displeased.’ He asked, Do you now believe you are saved from sin?’ She said, Yes; I have had no doubt of it for many months. That I ever had, was, because I did not abide in the faith. I now feel I have kept the faith; and perfect love casteth out all fear. As to you, the Lord promised me, your latter works should exceed your former, though I do not live to see it. I have been a great enthusiast, as they term it, these six months; but never lived so near the heart of Christ in my life. You, Sir, desire to comfort the hearts of hundreds by following that simplicity your soul loves.’
« (9) À une personne qui avait reçu l’amour de Dieu pendant qu’elle priait, elle dit : “Je sens que je n’ai pas suivi des fables habilement conçues, car je suis aussi heureuse qu’on peut l’être en vivant. Avancez, et ne vous arrêtez pas avant le but.” À Mlle M— elle dit : “Aimez Christ ; il vous aime. Je crois que je vous verrai à la droite de Dieu ; mais comme une étoile diffère en éclat d’une autre étoile, ainsi en sera-t-il à la résurrection. Je vous adjure, en la présence de Dieu, de me rejoindre en ce jour-là toute glorieuse au-dedans. Évitez toute conformité au monde. On vous a dérobé beaucoup de vos privilèges. Je sais que je serai trouvée irrépréhensible. Efforcez-vous d’être trouvée par lui dans la paix, sans tache.”“(9.) To one who had received the love of God under her prayer, she said, I feel I have not followed a cunningly-devised fable; for I am as happy as I can live. Do you press on, and stop not short of the mark.’ To Miss M—-s she said, Love Christ; he loves you. I believe I shall see you at the right hand of God: But as one star differs from another star in glory, so shall it be in the resurrection. I charge you, in the presence of God, meet me in that day all-glorious within. Avoid all conformity to the world. You are robbed of many of your privileges. I know I shall be found blameless. Do you labour to be found of him in peace, without spot.’
« (10) Le samedi matin, elle pria à peu près ainsi : “Je sais, mon Seigneur, que ma vie n’est prolongée que pour faire ta volonté. Et même si je ne devais plus jamais manger ni boire” (elle n’avait rien avalé depuis près de vingt-huit heures), “que ta volonté soit faite. Je suis disposée à être gardée ainsi pendant un an : l’homme ne vivra pas de pain seulement. Je te loue de ce qu’il n’y a pas l’ombre d’une plainte dans nos rues. En ce sens, nous ne savons pas ce que signifie la maladie. En vérité, Seigneur, ni la vie, ni la mort, ni les choses présentes, ni les choses à venir, non, ni aucune créature, ne nous séparera de ton amour un seul instant. Bénis ceux-ci, afin qu’il ne manque rien à leurs âmes. Je crois qu’il ne leur manquera rien. Je prie avec foi.”“(10.) Saturday morning, she prayed nearly as follows: I know, my Lord, my life is prolonged only to do thy will. And though I should never eat or drink more,’ (she had not swallowed anything for near eight-and-twenty hours,) thy will be done.’ I am willing to be kept so a twelvemonth: Man liveth not by bread alone. I praise thee that there is not a shadow of complaining in our streets. In that sense we know not what sickness means. Indeed, Lord, neither life, nor death, nor things present, nor things to come, no, nor any creature, shall separate us from thy love one moment. Bless these, that there may be no lack in their souls. I believe there shall not. I pray in faith.’
« Le dimanche et le lundi, elle eut le délire, mais elle était lucide par moments. Il apparut alors clairement que son cœur était toujours au ciel. Quelqu’un lui dit : “Jésus est notre but.” Elle répondit : “Je n’ai qu’un seul but ; je suis tout esprit.” Mlle M. lui dit : “Vous demeurez en Dieu.” Elle répondit : “Entièrement.” Une personne lui demanda : “M’aimez-vous ?” Elle dit : “Oh ! j’aime Christ ; j’aime mon Christ.” À une autre elle dit : “Je ne serai pas longtemps ici ; Jésus est précieux, très précieux en vérité.” Elle dit à Mlle M. : “Le Seigneur est très bon ; il garde mon âme au-dessus de tout.” Pendant les quinze heures qui précédèrent sa mort, elle eut de fortes convulsions ; ses souffrances furent extrêmes. Quelqu’un dit : “Vous êtes rendue parfaite par les souffrances.” Elle dit : “De plus en plus.” Après être restée tranquille quelque temps, elle dit : “Seigneur, tu es fort !” Puis, après une pause considérable, elle prononça ses dernières paroles : “Mon Jésus est tout en tous pour moi : gloire à lui dans le temps et dans l’éternité.” Après cela, elle resta immobile environ une demi-heure, puis expira sans un soupir ni un gémissement. »“On Sunday and Monday she was light-headed, but sensible at times. It then plainly appeared, her heart was still in heaven. One said to her, Jesus is our mark.’ She replied: I have but one mark; I am all spiritual.’ Miss M. said to her, You dwell in God.’ She answered: Altogether.’ A person asked her: Do you love me?’ She said, O, I love Christ; I love my Christ.’ To another she said, I shall not long be here; Jesus is precious, very precious indeed.’ She said to Miss M., The Lord is very good; he keeps my soul above all.’ For fifteen hours before she died, she was in strong convulsions: Her sufferings were extreme. One said, You are made perfect through sufferings.’ She said, More and more so.’ After lying quiet some time, she said, ‘Lord, thou art strong!’ Then pausing a considerable space, she uttered her last words, My Jesus is all in all to me: Glory be to him through time and eternity.’ After this, she lay still for about half an hour, and then expired without a sigh or groan.”
25. L’année suivante, le nombre de ceux qui croyaient être sauvés du péché augmentant toujours, je jugeai nécessaire de publier, principalement à leur usage, « Nouvelles pensées sur la perfection chrétienne » :25. The next year, the number of those who believed they were saved from sin still increasing, I judged it needful to publish, chiefly for their use, “Farther Thoughts on Christian Perfection:”—
« QUESTION 1. Comment “Christ est-il la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient” ? (Romains 10.4.)“QUESTION 1. How is Christ the end of the law for righteousness to every one that believeth?’ (Rom. 10:4.)
« RÉPONSE. Pour comprendre cela, vous devez comprendre de quelle loi il est ici question ; et c’est, selon moi, (1) la loi mosaïque, toute l’économie mosaïque, dont saint Paul parle continuellement comme d’un tout, bien qu’elle contienne trois parties, la politique, la morale et la cérémonielle ; (2) la loi adamique, celle qui fut donnée à Adam dans l’innocence, proprement appelée “la loi des œuvres”. Celle-ci est en substance la même que la loi angélique, étant commune aux anges et aux hommes. Elle exigeait que l’homme employât, pour la gloire de Dieu, toutes les facultés avec lesquelles il avait été créé. Or il fut créé exempt de tout défaut, soit dans son intelligence, soit dans ses affections. Son corps n’était alors aucune entrave pour l’esprit ; il ne l’empêchait pas de saisir clairement toutes choses, d’en juger avec vérité, et de raisonner justement, s’il raisonnait. Je dis s’il raisonnait, car peut-être ne le faisait-il pas. Peut-être n’avait-il pas besoin de raisonner jusqu’à ce que son corps corruptible appesantît l’esprit et affaiblît ses facultés natives. Peut-être, jusque-là, l’esprit voyait-il toute vérité qui se présentait aussi directement que l’œil voit maintenant la lumière.“ANSWER. In order to understand this, you must understand what law is here spoken of; and this, I apprehend, is, (1.) The Mosaic law, the whole Mosaic dispensation; which St. Paul continually speaks of as one, though containing three parts, the political, moral, and ceremonial. (2.) The Adamic law, that given to Adam in innocence, properly called ‘the law of works.’ This is in substance the same with the angelic law, being common to angels and men. It required that man should use, to the glory of God, all the powers with which he was created. Now, he was created free from any defect, either in his understanding or his affections. His body was then no clog to the mind; it did not hinder his apprehending all things clearly, judging truly concerning them, and reasoning justly, if he reasoned at all. I say, if he reasoned; for possibly he did not. Perhaps he had no need of reasoning, till his corruptible body pressed down the mind, and impaired its native faculties. Perhaps, till then, the mind saw every truth that offered as directly as the eye now sees the light.
« Par conséquent, cette loi, proportionnée à ses facultés originelles, exigeait qu’il pensât toujours, parlât toujours et agît toujours exactement bien, en tout point quel qu’il fût. Il en était bien capable ; et Dieu ne pouvait qu’exiger le service qu’il était capable de rendre.“Consequently, this law, proportioned to his original powers, required that he should always think, always speak, and always act precisely right, in every point whatever. He was well able so to do: And God could not but require the service he was able to pay.
« Mais Adam tomba ; et son corps incorruptible devint corruptible ; et depuis lors il est une entrave pour l’âme et gêne ses opérations. C’est pourquoi, à présent, aucun enfant des hommes ne peut en tout temps saisir clairement ou juger avec vérité. Et là où soit le jugement, soit la perception est erronée, il est impossible de raisonner justement. Il est donc aussi naturel à l’homme de se tromper que de respirer ; et il ne peut pas plus vivre sans l’un que sans l’autre. Par conséquent, aucun homme n’est capable de rendre le service qu’exige la loi adamique.“But Adam fell; and his incorruptible body became corruptible; and ever since, it is a clog to the soul, and hinders its operations. Hence, at present, no child of man can at all times apprehend clearly, or judge truly. And where either the judgment or apprehension is wrong, it is impossible to reason justly. Therefore, it is as natural for a man to mistake as to breathe; and he can no more live without the one than without the other: Consequently, no man is able to perform the service which the Adamic law requires.
« Et aucun homme n’est tenu de le rendre ; Dieu ne l’exige d’aucun homme. Car Christ est la fin de la loi adamique aussi bien que de la loi mosaïque. Par sa mort, il a mis fin à l’une et à l’autre ; il a aboli l’une comme l’autre à l’égard de l’homme ; et l’obligation d’observer l’une ou l’autre s’est évanouie. Et aucun homme vivant n’est plus tenu d’observer la loi adamique que la loi mosaïque. [Je veux dire qu’elle n’est la condition ni du salut présent ni du salut futur.]“And no man is obliged to perform it; God does not require it of any man: For Christ is the end of the Adamic, as well as the Mosaic, law. By his death, he hath put an end to both; he hath abolished both the one and the other, with regard to man; and the obligation to observe either the one or the other is vanished away. Nor is any man living bound to observe the Adamic more than the Mosaic law. [I mean, it is not the condition either of present or future salvation.]
« À sa place, Christ en a établi une autre, à savoir la loi de la foi. Ce n’est pas quiconque agit, mais quiconque croit, qui reçoit maintenant la justice, au sens plein du mot ; c’est-à-dire qu’il est justifié, sanctifié et glorifié.“In the room of this, Christ hath established another, namely, the law of faith. Not every one that doeth, but every one that believeth, now receiveth righteousness, in the full sense of the word; that is, he is justified, sanctified, and glorified.
« Q. 2. Sommes-nous donc morts à la loi ?“Q. 2. Are we then dead to the law?
« R. Nous sommes “morts à la loi par le corps de Christ” donné pour nous (Romains 7.4) ; à la loi adamique aussi bien qu’à la loi mosaïque. Nous en sommes entièrement affranchis par sa mort, cette loi ayant expiré avec lui.“A. We are dead to the law, by the body of Christ’ given for us; (Rom. 7:4) to the Adamic as well as Mosaic law. We are wholly freed therefrom by his death; that law expiring with him.
« Q. 3. Comment donc ne sommes-nous pas “sans loi à l’égard de Dieu, mais sous la loi de Christ” ? (1 Corinthiens 9.21.)“Q. 3. How, then, are we not without law to God, but under the law to Christ?’ (1 Cor. 9:21.)
« R. Nous sommes sans cette loi-là ; mais il ne s’ensuit pas que nous soyons sans aucune loi. Car Dieu a établi une autre loi à sa place, à savoir la loi de la foi ; et nous sommes tous sous cette loi à l’égard de Dieu et de Christ ; notre Créateur aussi bien que notre Rédempteur exigent que nous l’observions.“A. We are without that law; but it does not follow that we are without any law: For God has established another law in its place, even the law of faith: And we are all under this law to God and to Christ; both our Creator and our Redeemer require us to observe it.
« Q. 4. L’amour est-il l’accomplissement de cette loi ?“Q. 4. Is love the fulfilling of this law?
« R. Incontestablement. Toute la loi sous laquelle nous sommes maintenant est accomplie par l’amour (Romains 13.9, 10). La foi agissant par l’amour, ou animée par lui, est tout ce que Dieu exige maintenant de l’homme. Il a substitué (non pas la sincérité, mais) l’amour à la perfection angélique.“A. Unquestionably it is. The whole law under which we now are, is fulfilled by love. (Rom. 13:9, 10.) Faith working or animated by love is all that God now requires of man. He has substituted (not sincerity, but) love, in the room of angelic perfection.
« Q. 5. Comment l’amour est-il “le but du commandement” ? (1 Timothée 1.5.)“Q. 5. How is love the end of the commandment?’ (1 Tim. 1:5.)
« R. Il est le but de tout commandement de Dieu. Il est le point que vise l’institution chrétienne tout entière et chacune de ses parties. Le fondement est la foi, qui purifie le cœur ; le but, l’amour, qui conserve une bonne conscience.“A. It is the end of every commandment of God. It is the point aimed at by the whole and every part of the Christian institution. The foundation is faith, purifying the heart; the end love, preserving a good conscience.
« Q. 6. Quel est cet amour ?“Q. 6. What love is this?
« R. Aimer le Seigneur notre Dieu de tout notre cœur, de toute notre pensée, de toute notre âme et de toute notre force ; et aimer notre prochain, tout homme, comme nous-mêmes, comme nos propres âmes.“A. The loving the Lord our God with all our heart, mind, soul, and strength; and the loving our neighbour, every man, as ourselves, as our own souls.
« Q. 7. Quels sont les fruits ou les propriétés de cet amour ?“Q. 7. What are the fruits or properties of this love?
« R. Saint Paul nous en instruit amplement : l’amour est patient. Il supporte toutes les faiblesses des enfants de Dieu, toute la méchanceté des enfants du monde ; et cela non pas “pour peu” de temps seulement, mais aussi longtemps qu’il plaît à Dieu. En tout il voit la main de Dieu, et s’y soumet volontiers. Cependant il est plein de bonté. En tout, et après tout, il souffre ; il est doux, paisible, tendre, bienveillant. “L’amour n’est point envieux” : il exclut du cœur toute espèce et tout degré d’envie. L’amour “n’agit point avec précipitation”, d’une manière violente et opiniâtre, et ne porte aucun jugement téméraire ou sévère. “Il ne fait rien de malhonnête” : il n’est pas grossier, il n’agit pas contre son caractère. “Il ne cherche point son intérêt” : son aise, son plaisir, son honneur ou son profit. “Il ne s’irrite point” : il chasse du cœur toute colère. “Il ne soupçonne point le mal” : il bannit toute jalousie, toute méfiance et toute promptitude à croire le mal. “Il ne se réjouit point de l’injustice” ; oui, il pleure sur le péché ou la folie de ses ennemis les plus acharnés ; “mais il se réjouit de la vérité”, de la sainteté et du bonheur de tout enfant des hommes. L’amour “excuse tout” : il ne dit de mal de personne ; “il croit tout” ce qui tend à l’avantage de la réputation d’autrui. “Il espère tout”, tout ce qui peut atténuer les fautes qui ne peuvent être niées ; et “il supporte tout” ce que Dieu peut permettre, ou ce que les hommes et les démons peuvent infliger. C’est là “la loi de Christ, la loi parfaite, la loi de la liberté”.“A. St. Paul informs us at large, love is long-suffering. It suffers all the weaknesses of the children of God, all the wickedness of the children of the world; and that not for a little’ time only, but as long as God pleases. In all, it sees the hand of God, and willingly submits thereto. Meantime, it is kind. In all, and after all, it suffers, it is soft, mild, tender, benign. Love envieth not,’ it excludes every kind and degree of envy out of the heart: love acteth not rashly,’ in a violent, headstrong manner, nor passes any rash or severe judgment: It doth not behave itself indecently,’ is not rude, does not act out of character: Seeketh not her own’ ease, pleasure, honour, or profit: Is not provoked,’ expels all anger from the heart: Thinketh no evil,’ casteth out all jealousy, suspiciousness, and readiness to believe evil: Rejoiceth not in iniquity,’ yea, weeps at the sin or folly of its bitterest enemies: But rejoiceth in the truth,’ in the holiness and happiness of every child of man. Love covereth all things,’ speaks evil of no man, believeth all things’ that tend to the advantage of another’s character. It hopeth all things,’ whatever may extenuate the faults which cannot be denied; and it endureth all things’ which God can permit, or men and devils inflict. This is the law of Christ, the perfect law, the law of liberty.’
« Et cette distinction entre “la loi de la foi” (ou de l’amour) et “la loi des œuvres” n’est ni une distinction subtile ni une distinction inutile. Elle est claire, facile et intelligible pour toute intelligence ordinaire. Et elle est absolument nécessaire pour prévenir mille doutes et mille craintes, même chez ceux qui “marchent dans l’amour”.“And this distinction between the law of faith’ (or love) and the law of works,’ is neither a subtle nor an unnecessary distinction. It is plain, easy, and intelligible to any common understanding. And it is absolutely necessary, to prevent a thousand doubts and fears, even in those who do walk in love.’
« Q. 8. Mais ne “bronchons-nous pas tous de plusieurs manières”, oui, même les meilleurs d’entre nous, même contre cette loi ?“Q. 8. But do we not in many things offend all,’ yea, the best of us, even against this law?
« R. En un sens, non, tant que toutes nos dispositions, nos pensées, nos paroles et nos œuvres procèdent de l’amour. Mais en un autre sens, oui, et nous le ferons, plus ou moins, aussi longtemps que nous demeurerons dans le corps. Car ni l’amour ni “l’onction qui vient du Saint” ne nous rendent infaillibles. C’est pourquoi, par un défaut inévitable de l’intelligence, nous ne pouvons que nous tromper en bien des choses. Et ces erreurs occasionneront souvent quelque chose de mauvais, tant dans notre disposition que dans nos paroles et nos actions. En nous méprenant sur son caractère, nous pouvons aimer une personne moins qu’elle ne le mérite réellement. Et par la même erreur nous sommes inévitablement amenés à parler ou à agir, à l’égard de cette personne, d’une manière contraire à cette loi, dans l’un ou l’autre des cas précédents.“A. In one sense we do not, while all our tempers, and thoughts, and words, and works, spring from love. But in another we do, and shall do, more or less, as long as we remain in the body. For neither love nor the unction of the Holy One’ makes us infallible: Therefore, through unavoidable defect of understanding, we cannot but mistake in many things. And these mistakes will frequently occasion something wrong, both in our temper, and words, and actions. From mistaking his character, we may love a person less than he really deserves. And by the same mistake we are unavoidably led to speak or act, with regard to that person, in such a manner as is contrary to this law, in some or other of the preceding instances.
« Q. 9. N’avons-nous donc pas besoin de Christ, même à ce titre ?“Q. 9. Do we not then need Christ, even on this account?
« R. Les plus saints des hommes ont encore besoin de Christ comme leur Prophète, comme “la lumière du monde”. Car il ne leur donne la lumière que d’instant en instant ; dès qu’il se retire, tout est ténèbres. Ils ont encore besoin de Christ comme leur Roi ; car Dieu ne leur donne pas une provision de sainteté ; mais, à moins qu’ils ne reçoivent un apport à chaque instant, il ne resterait que l’impiété. Ils ont encore besoin de Christ comme leur Prêtre, pour faire l’expiation de leurs choses saintes. Même la sainteté parfaite n’est agréable à Dieu que par Jésus-Christ.“A. The holiest of men still need Christ, as their Prophet, as the light of the world.’ For he does not give them light, but from moment to moment: The instant he withdraws, all is darkness. They still need Christ as their King; for God does not give them a stock of holiness. But unless they receive a supply every moment, nothing but unholiness would remain. They still need Christ as their Priest, to make atonement for their holy things. Even perfect holiness is acceptable to God only through Jesus Christ.
« Q. 10. Les meilleurs des hommes ne peuvent-ils donc pas adopter la confession du martyr mourant : “Je ne suis en moi-même que péché, ténèbres, enfer ; mais tu es ma lumière, ma sainteté, mon ciel” ?“Q. 10. May not, then, the very best of men adopt the dying Martyr’s confession: I am in myself nothing but sin, darkness, hell; but thou art my light, my holiness, my heaven?’
« R. Pas exactement. Mais les meilleurs des hommes peuvent dire : “Tu es ma lumière, ma sainteté, mon ciel. Par mon union avec toi, je suis plein de lumière, de sainteté et de bonheur. Mais si j’étais laissé à moi-même, je ne serais que péché, ténèbres, enfer.”“A. Not exactly. But the best of men may say, Thou art my light, my holiness, my heaven. Through my union with thee, I am full of light, of holiness, and happiness. But if I were left to myself, I should be nothing but sin, darkness, hell.’
« Mais poursuivons : les meilleurs des hommes ont besoin de Christ comme leur Prêtre, leur Propitiation, leur Avocat auprès du Père ; non seulement parce que la continuation de chacune de leurs bénédictions dépend de sa mort et de son intercession, mais à cause de ce qu’ils restent en deçà de la loi d’amour. Car tout homme vivant reste en deçà. Vous qui sentez tout amour, comparez-vous à la description précédente. Pesez-vous dans cette balance, et voyez s’il ne vous manque pas beaucoup de choses en particulier.“But to proceed: The best of men need Christ as their Priest, their Atonement, their Advocate with the Father; not only as the continuance of their every blessing depends on his death and intercession, but on account of their coming short of the law of love. For every man living does so. You who feel all love, compare yourselves with the preceding description. Weigh yourselves in this balance, and see if you are not wanting in many particulars.
« Q. 11. Mais si tout cela s’accorde avec la perfection chrétienne, cette perfection n’est pas l’exemption de tout péché, puisque “le péché est la transgression de la loi” ; et les parfaits transgressent la loi même sous laquelle ils sont. De plus, ils ont besoin de l’expiation de Christ ; et il n’est l’expiation que du péché. Le terme “perfection sans péché” est-il donc approprié ?“Q. 11. But if all this be consistent with Christian perfection, that perfection is not freedom from all sin; seeing sin is the transgression of the law:’ And the perfect transgress the very law they are under. Besides, they need the atonement of Christ; and he is the atonement of nothing but sin. Is, then, the term sinless perfection, proper?
« R. Cela ne vaut pas la peine d’en disputer. Mais remarquez en quel sens les personnes en question ont besoin de l’expiation de Christ. Elles n’ont pas besoin de lui pour être réconciliées de nouveau avec Dieu, car elles sont réconciliées. Elles n’ont pas besoin de lui pour recouvrer la faveur de Dieu, mais pour la conserver. Il ne leur procure pas de nouveau le pardon, mais “il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur” ; et “par une seule offrande il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés” (Hébreux 10.14).“A. It is not worth disputing about. But observe in what sense the persons in question need the atonement of Christ. They do not need him to reconcile them to God afresh; for they are reconciled. They do not need him to restore the favour of God, but to continue it. He does not procure pardon for them anew, but ever liveth to make intercession for them;’ and by one offering he hath perfected for ever them that are sanctified.’ (Heb. 10:14.)
« Faute de bien considérer cela, certains nient qu’ils aient besoin de l’expiation de Christ. En vérité, très peu ; je ne me souviens pas d’en avoir trouvé cinq en Angleterre. Des deux, j’abandonnerais plutôt la perfection ; mais nous n’avons besoin d’abandonner ni l’une ni l’autre. La perfection que je soutiens, “l’amour qui se réjouit toujours, prie sans cesse et rend grâces en toutes choses”, s’accorde bien avec elle ; si quelqu’un soutient une perfection qui ne s’y accorde pas, c’est son affaire.“For want of duly considering this, some deny that they need the atonement of Christ. Indeed, exceeding few; I do not remember to have found five of them in England. Of the two, I would sooner give up perfection; but we need not give up either one or the other. The perfection I hold, Love rejoicing evermore, praying without ceasing, and in everything giving thanks,’ is well consistent with it; if any hold a perfection which is not, they must look to it.
« Q. 12. La perfection chrétienne implique-t-elle donc quelque chose de plus que la sincérité ?“Q. 12. Does then Christian perfection imply any more than sincerity?
« R. Non, si vous entendez par ce mot l’amour qui remplit le cœur, qui en chasse l’orgueil, la colère, la convoitise, la volonté propre ; qui se réjouit toujours, prie sans cesse et rend grâces en toutes choses. Mais je doute que beaucoup emploient le mot “sincérité” en ce sens. C’est pourquoi je pense que l’ancien mot est le meilleur.“A. Not if you mean by that word, love filling the heart, expelling pride, anger, desire, self-will; rejoicing evermore, praying without ceasing, and in everything giving thanks. But I doubt, few use sincerity in this sense. Therefore, I think the old word is best.
« Une personne peut être sincère et avoir toutes ses dispositions naturelles : orgueil, colère, convoitise, volonté propre. Mais elle n’est pas parfaite tant que son cœur n’est pas purifié de celles-ci et de toutes ses autres corruptions.“A person may be sincere who has all his natural tempers, pride, anger, lust, self-will. But he is not perfect till his heart is cleansed from these, and all its other corruptions.
« Pour éclaircir ce point un peu davantage : je connais beaucoup de personnes qui aiment Dieu de tout leur cœur. Il est leur unique désir, leur unique délice, et elles sont continuellement heureuses en lui. Elles aiment leur prochain comme elles-mêmes. Elles éprouvent un désir aussi sincère, aussi fervent, aussi constant du bonheur de tout homme, bon ou méchant, ami ou ennemi, que du leur propre. Elles se réjouissent toujours, prient sans cesse et rendent grâces en toutes choses. Leurs âmes s’élèvent continuellement vers Dieu dans une sainte joie, dans la prière et la louange. C’est là un fait ; et c’est une expérience claire, saine et biblique.“To clear this point a little farther: I know many that love God with all their heart. He is their one desire, their one delight, and they are continually happy in him. They love their neighbour as themselves. They feel as sincere, fervent, constant a desire for the happiness of every man, good or bad, friend or enemy, as for their own. They rejoice evermore, pray without ceasing, and in everything give thanks. Their souls are continually streaming up to God, in holy joy, prayer, and praise. This is a point of fact; and this is plain, sound, scriptural experience.
« Mais même ces âmes habitent un corps délabré, et en sont tellement appesanties qu’elles ne peuvent pas toujours agir comme elles le voudraient, en pensant, parlant et agissant exactement bien. Faute de meilleurs organes corporels, il leur arrive de penser, de parler ou d’agir mal ; non pas certes par un défaut d’amour, mais par un défaut de connaissance. Et pendant qu’il en est ainsi, malgré ce défaut et ses conséquences, elles accomplissent la loi d’amour.“But even these souls dwell in a shattered body, and are so pressed down thereby, that they cannot always exert themselves as they would, by thinking, speaking, and acting precisely right. For want of better bodily organs, they must at times think, speak, or act wrong; not indeed through a defect of love, but through a defect of knowledge. And while this is the case, notwithstanding that defect, and its consequences, they fulfil the law of love.
« Cependant, comme même dans ce cas il n’y a pas une pleine conformité à la loi parfaite, les plus parfaits ont, pour cette raison même, besoin du sang de l’expiation, et peuvent à juste titre dire pour eux-mêmes aussi bien que pour leurs frères : “Pardonne-nous nos offenses.”“Yet as, even in this case, there is not a full conformity to the perfect law, so the most perfect do, on this very account, need the blood of atonement, and may properly for themselves, as well as for their brethren, say, Forgive us our trespasses.’
« Q. 13. Mais si Christ a mis fin à cette loi, quel besoin y a-t-il d’une expiation pour l’avoir transgressée ?“Q. 13. But if Christ has put an end to that law, what need of any atonement for their transgressing it?
« R. Remarquez en quel sens il y a mis fin, et la difficulté s’évanouit. N’étaient le mérite permanent de sa mort et son intercession continuelle pour nous, cette loi nous condamnerait encore. Nous avons donc toujours besoin de ces choses pour chaque transgression de cette loi.“A. Observe in what sense he has put an end to it, and the difficulty vanishes. Were it not for the abiding merit of his death, and his continual intercession for us, that law would condemn us still. These, therefore, we still need for every transgression of it.
« Q. 14. Mais celui qui est sauvé du péché peut-il être tenté ?“Q. 14. But can one that is saved from sin be tempted?
« R. Oui ; car Christ a été tenté.“A. Yes; for Christ was tempted.
« Q. 15. Cependant, ce que vous appelez tentation, je l’appelle la corruption de mon cœur. Et comment distinguerez-vous l’une de l’autre ?“Q. 15. However, what you call temptation, I call the corruption of my heart. And how will you distinguish one from the other?
« R. Dans certains cas, il est impossible de les distinguer sans le témoignage direct de l’Esprit. Mais en général on peut les distinguer ainsi :“A. In some cases it is impossible to distinguish, without the direct witness of the Spirit. But in general one may distinguish thus:—
« Quelqu’un me loue. Voilà une tentation d’orgueil. Mais à l’instant mon âme s’humilie devant Dieu. Et je ne sens aucun orgueil ; de quoi je suis aussi sûr que je le suis que l’orgueil n’est pas l’humilité.“One commends me. Here is a temptation to pride. But instantly my soul is humbled before God. And I feel no pride; of which I am as sure, as that pride is not humility.
« Un homme me frappe. Voilà une tentation de colère. Mais mon cœur déborde d’amour. Et je ne sens aucune colère ; de quoi je puis être aussi sûr que je le suis que l’amour et la colère ne sont pas la même chose.“A man strikes me. Here is a temptation to anger. But my heart overflows with love. And I feel no anger at all; of which I can be as sure, as that love and anger are not the same.
« Une femme me sollicite. Voilà une tentation de convoitise. Mais à l’instant je recule. Et je ne sens aucun désir ni aucune convoitise ; de quoi je puis être aussi sûr que je le suis que ma main est froide ou chaude.“A woman solicits me. Here is a temptation to lust. But in the instant I shrink back. And I feel no desire or lust at all; of which I can be as sure, as that my hand is cold or hot.
« Il en est ainsi si je suis tenté par un objet présent ; et il en est exactement de même si, lorsqu’il est absent, le diable rappelle à mon esprit une louange, une injure ou une femme. À l’instant l’âme repousse la tentation et demeure remplie d’amour pur.“Thus it is, if I am tempted by a present object; and it is just the same, if, when it is absent, the devil recalls a commendation, an injury, or a woman, to my mind. In the instant the soul repels the temptation, and remains filled with pure love.
« Et la différence est plus claire encore lorsque je compare mon état présent à mon état passé, où je sentais à la fois la tentation et la corruption.“And the difference is still plainer, when I compare my present state with my past, wherein I felt temptation and corruption too.
« Q. 16. Mais comment savez-vous que vous êtes sanctifié, sauvé de votre corruption innée ?“Q. 16. But how do you know, that you are sanctified, saved from your inbred corruption?
« R. Je ne puis le savoir autrement que je ne sais que je suis justifié. “Nous connaissons que nous sommes de Dieu”, dans l’un et l’autre sens, “par l’Esprit qu’il nous a donné”.“A. I can know it no otherwise than I know that I am justified. Hereby know we that we are of God,’ in either sense, by the Spirit that he hath given us.’
« Nous le savons par le témoignage et par le fruit de l’Esprit. Et, premièrement, par le témoignage. De même que, lorsque nous avons été justifiés, l’Esprit a rendu témoignage à notre esprit que nos péchés étaient pardonnés, de même, lorsque nous avons été sanctifiés, il a rendu témoignage qu’ils étaient ôtés. Il est vrai que le témoignage de la sanctification n’est pas toujours clair au début (pas plus que celui de la justification) ; et il n’est pas toujours le même par la suite, mais, comme celui de la justification, tantôt plus fort, tantôt plus faible. Oui, et parfois il est retiré. Cependant, en général, ce dernier témoignage de l’Esprit est aussi clair et aussi constant que le premier.“We know it by the witness and by the fruit of the Spirit. And, First, by the witness. As, when we were justified, the Spirit bore witness with our spirit, that our sins were forgiven; so, when we were sanctified, he bore witness, that they were taken away. Indeed, the witness of sanctification is not always clear at first; (as neither is that of justification;) neither is it afterward always the same, but, like that of justification, sometimes stronger and sometimes fainter. Yea, and sometimes it is withdrawn. Yet, in general, the latter testimony of the Spirit is both as clear and as steady as the former.
« Q. 17. Mais quel besoin y en a-t-il, puisque la sanctification est un changement réel, et non pas seulement relatif, comme la justification ?“Q. 17. But what need is there of it, seeing sanctification is a real change, not a relative only, like justification?
« R. Mais la nouvelle naissance n’est-elle qu’un changement relatif ? N’est-ce pas un changement réel ? Donc, si nous n’avons besoin d’aucun témoignage de notre sanctification parce que c’est un changement réel, pour la même raison nous n’en aurions besoin d’aucun pour savoir que nous sommes nés de Dieu, que nous sommes ses enfants.“A. But is the new birth a relative change only? Is not this a real change? Therefore, if we need no witness of our sanctification, because it is a real change, for the same reason we should need none, that we are born of or are the children of God.
« Q. 18. Mais la sanctification ne brille-t-elle pas de sa propre lumière ?“Q. 18. But does not sanctification shine by its own light?
« R. Et la nouvelle naissance aussi ne brille-t-elle pas ? Parfois oui, et la sanctification aussi ; d’autres fois non. À l’heure de la tentation, Satan obscurcit l’œuvre de Dieu, et injecte divers doutes et raisonnements, surtout chez ceux qui ont une intelligence soit très faible, soit très forte. En de tels moments, il y a un besoin absolu de ce témoignage, sans lequel l’œuvre de la sanctification non seulement ne pourrait être discernée, mais ne pourrait plus subsister. N’était cela, l’âme ne pourrait alors demeurer dans l’amour de Dieu ; encore moins pourrait-elle se réjouir toujours et rendre grâces en toutes choses. Dans ces circonstances, donc, un témoignage direct que nous sommes sanctifiés est nécessaire au plus haut degré.“A. And does not the new birth too? Sometimes it does; and so does sanctification; at others it does not. In the hour of temptation Satan clouds the work of God, and injects various doubts and reasonings, especially in those who have either very weak or very strong understandings. At such times there is absolute need of that witness; without which the work of sanctification not only could not be discerned, but could no longer subsist. Were it not for this, the soul could not then abide in the love of God; much less could it rejoice evermore, and in everything give thanks. In these circumstances, therefore, a direct testimony that we are sanctified is necessary in the highest degree.
« “Mais je n’ai aucun témoignage que je suis sauvé du péché. Et pourtant je n’en doute pas.” Fort bien : tant que vous n’en doutez pas, cela suffit ; quand vous en douterez, vous aurez besoin de ce témoignage.“But I have no witness that I am saved from sin. And yet I have no doubt of it.’ Very well: As long as you have no doubt, it is enough; when you have, you will need that witness.
« Q. 19. Mais quel passage de l’Écriture fait mention d’une telle chose, ou donne quelque raison de l’attendre ?“Q. 19. But what scripture makes mention of any such thing, or gives any reason to expect it?
« R. Ce passage : “Nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce” (1 Corinthiens 2.12).“A. That scripture, We have received, not the spirit that is of the world, but the Spirit which is of God; that we may know the things which are freely given us of God.’ (1 Cor. 2:12.)
« Or, assurément, la sanctification est l’une des “choses que Dieu nous a données par sa grâce”. Et l’on ne peut assigner aucune raison possible pour laquelle celle-ci devrait être exceptée, alors que l’apôtre dit : “Nous recevons l’Esprit” dans ce but même, “afin que nous connaissions les choses” qui nous sont ainsi “données par sa grâce”.“Now surely sanctification is one of the things which are freely given us of God.’ And no possible reason can be assigned why this should be excepted, when the Apostle says, We receive the Spirit’ for this very end, that we may know the things which are’ thus freely given us.’
« La même chose n’est-elle pas impliquée dans ce passage bien connu : “L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu” (Romains 8.16) ? Rend-il ce témoignage seulement à ceux qui sont enfants de Dieu au sens le plus bas ? Non, mais aussi à ceux qui le sont au sens le plus élevé. Et ne rend-il pas témoignage qu’ils le sont au sens le plus élevé ? Quelle raison avons-nous d’en douter ?“Is not the same thing implied in that well-known scripture, The Spirit itself witnesseth with our spirit, that we are the children of God?’ (Romans 8:16.) Does he witness this only to those who are children of God in the lowest sense? Nay, but to those also who are such in the highest sense. And does he not witness, that they are such in the highest sense? What reason have we to doubt it?
« Quoi, si un homme affirmait (comme beaucoup le font en effet) que ce témoignage n’appartient qu’à la classe la plus élevée des chrétiens ? Ne répondriez-vous pas : “L’apôtre ne fait aucune restriction ; donc sans doute il appartient à tous les enfants de Dieu” ? Et la même réponse ne vaudra-t-elle pas si quelqu’un affirme qu’il n’appartient qu’à la classe la plus basse ?“What, if a man were to affirm, (as indeed many do,) that this witness belongs only to the highest class of Christians? Would not you answer, ‘The Apostle makes no restriction; therefore doubtless it belongs to all the children of God?’ And will not the same answer hold, if any affirm, that it belongs only to the lowest class?
« Considérez aussi 1 Jean 5.19 : “Nous savons que nous sommes de Dieu.” Comment ? “Par l’Esprit qu’il nous a donné.” Bien plus, “par là nous connaissons qu’il demeure en nous”. Et quel fondement avons-nous, soit dans l’Écriture, soit dans la raison, pour exclure que le témoignage, pas plus que le fruit, de l’Esprit soit ici entendu ? Par là donc aussi “nous savons que nous sommes de Dieu”, et en quel sens nous le sommes ; que nous soyons petits enfants, jeunes gens ou pères, nous le savons de la même manière.“Consider likewise 1 John 5:19: We know that we are of God.’ How? ‘By the Spirit that he hath given us.’ Nay, hereby we know that He abideth in us. And what ground have we, either from Scripture or reason, to exclude the witness, any more than the fruit, of the Spirit, from being here intended? By this then also we know that we are of God,’ and in what sense we are so; whether we are babes, young men, or fathers, we know in the same manner.
« Non que j’affirme que tous les jeunes gens, ou même les pères, aient ce témoignage à chaque instant. Il peut y avoir des interruptions du témoignage direct qu’ils sont ainsi nés de Dieu ; mais ces interruptions sont moins nombreuses et plus courtes à mesure qu’ils croissent en Christ ; et certains ont le témoignage à la fois de leur justification et de leur sanctification sans aucune interruption ; ce que d’autres, je le présume, pourraient avoir s’ils marchaient humblement et étroitement avec Dieu.“Not that I affirm that all young men, or even fathers, have this testimony every moment. There may be intermissions of the direct testimony that they are thus born of God; but those intermissions are fewer and shorter as they grow up in Christ; and some have the testimony both of their justification and sanctification, without any intermission at all; which I presume more might have, did they walk humbly and closely with God.
« Q. 20. Certains d’entre eux ne peuvent-ils pas avoir un témoignage de l’Esprit qu’ils ne tomberont pas finalement loin de Dieu ?“Q. 20. May not some of them have a testimony from the Spirit, that they shall not finally fall from God?
« R. Ils le peuvent. Et cette persuasion que ni la vie ni la mort ne les séparera de Lui, loin d’être nuisible, peut en certaines circonstances être extrêmement utile. Ceux-là, donc, nous ne devons en aucune manière les affliger, mais les encourager vivement à “retenir fermement jusqu’à la fin l’assurance qu’ils avaient au commencement”.“A. They may. And this persuasion, that neither life nor death shall separate them from Him, far from being hurtful, may in some circumstances be extremely useful. These therefore we should in nowise grieve, but earnestly encourage them to hold the beginning of their confidence steadfast to the end.’
« Q. 21. Mais quelqu’un a-t-il un témoignage de l’Esprit qu’il ne péchera jamais ?“Q. 21. But have any a testimony from the Spirit that they shall never sin?
« R. Nous ne savons pas ce que Dieu peut accorder à certaines personnes en particulier ; mais nous ne trouvons dans l’Écriture aucun état général décrit d’où un homme ne puisse retourner au péché. S’il y avait un état où cela fût impossible, ce serait celui des sanctifiés, qui sont pères en Christ, qui “se réjouissent toujours, prient sans cesse et rendent grâces en toutes choses” ; mais il n’est pas impossible à ceux-là de retourner en arrière. Ceux qui sont sanctifiés peuvent néanmoins tomber et périr (Hébreux 10.29). Même les pères en Christ ont besoin de cet avertissement : “N’aimez point le monde” (1 Jean 2.15). Ceux qui se réjouissent, prient et rendent grâces sans cesse peuvent néanmoins “éteindre l’Esprit” (1 Thessaloniciens 5.16 et suiv.). Bien plus, même ceux qui sont “scellés pour le jour de la rédemption” peuvent encore “attrister le Saint-Esprit de Dieu” (Éphésiens 4.30).“A. We know not what God may vouchsafe to some particular persons; but we do not find any general state described in Scripture, from which a man cannot draw back to sin. If there were any state wherein this was impossible, it would be that of those who are sanctified, who are fathers in Christ, who rejoice evermore, pray without ceasing, and in every thing give thanks;’ but it is not impossible for these to draw back. They who are sanctified, yet may fall and perish. (Heb. 10:29.) Even fathers in Christ need that warning: Love not the world.’ (1 John 2:15.) They who rejoice, pray,’ and give thanks without ceasing,’ may, nevertheless, quench the Spirit.’ (1 Thess. 5:16, &c.) Nay, even they who are sealed unto the day of redemption,’ may yet ‘grieve the Holy Spirit of God.’ (Ephesians 4:30.)
« Bien que Dieu puisse donc donner un tel témoignage à certaines personnes en particulier, les chrétiens en général ne doivent pas s’y attendre, puisqu’il n’y a aucun passage de l’Écriture sur lequel fonder une telle attente.“Although, therefore, God may give such a witness to some particular persons, yet it is not to be expected by Christians in general; there being no scripture whereon to ground such an expectation.
« Q. 22. Par quel “fruit de l’Esprit” pouvons-nous savoir que “nous sommes de Dieu”, même au sens le plus élevé ?“Q. 22. By what fruit of the Spirit’ may we know that we are of God,’ even in the highest sense?
« R. Par l’amour, la joie, la paix, qui demeurent toujours ; par une patience, une constance et une résignation invariables ; par la bienveillance, qui triomphe de toute provocation ; par la bonté, la douceur, l’aménité, la tendresse d’esprit ; par la fidélité, la simplicité, la sincérité selon Dieu ; par la douceur, le calme, l’égalité d’esprit ; par la tempérance, non seulement dans la nourriture et le sommeil, mais en toutes choses naturelles et spirituelles.“A. By love, joy, peace, always abiding; by invariable long-suffering, patience, resignation; by gentleness, triumphing over all provocation; by goodness, mildness, sweetness, tenderness of spirit; by fidelity, simplicity, godly sincerity; by meekness, calmness, evenness of spirit; by temperance, not only in food and sleep, but in all things natural and spiritual.
« Q. 23. Mais qu’y a-t-il de si grand en cela ? N’avons-nous pas tout cela quand nous sommes justifiés ?“Q. 23. But what great matter is there in this? Have we not all this when we are justified?
« R. Quoi ! une résignation totale à la volonté de Dieu, sans aucun mélange de volonté propre ? une bienveillance sans aucune pointe de colère, même au moment où nous sommes provoqués ? un amour de Dieu sans le moindre amour de la créature, sinon en Dieu et pour Dieu, excluant tout orgueil ? un amour de l’homme excluant toute envie, toute jalousie et tout jugement téméraire ? une douceur qui garde toute l’âme inviolablement calme ? et la tempérance en toutes choses ? Niez, si vous voulez, que quelqu’un soit jamais parvenu à cela ; mais ne dites pas que tous ceux qui sont justifiés y parviennent.“A. What, total resignation to the will of God, without any mixture of self-will? gentleness, without any touch of anger, even the moment we are provoked? love to God, without the least love to the creature, but in and for God, excluding all pride? love to man, excluding all envy, all jealousy, and rash judging? meekness, keeping the whole soul inviolably calm? and temperance in all things? Deny that any ever came up to this, if you please; but do not say, all who are justified do.
« Q. 24. Mais quelques-uns de ceux qui sont nouvellement justifiés y parviennent. Que direz-vous donc de ceux-là ?“Q. 24. But some who are newly justified do. What then will you say to these?
« R. S’ils y parviennent réellement, je dirai qu’ils sont sanctifiés, sauvés du péché en ce moment, et qu’ils n’ont jamais besoin de perdre ce que Dieu leur a donné, ni de sentir encore le péché.“A. If they really do, I will say they are sanctified; saved from sin in that moment; and that they never need lose what God has given, or feel sin any more.
« Mais assurément c’est là un cas exceptionnel. Il en est autrement de la généralité de ceux qui sont justifiés : ils sentent en eux-mêmes plus ou moins d’orgueil, de colère, de volonté propre, un cœur enclin à rétrograder. Et, tant qu’ils n’ont pas graduellement mortifié ces choses, ils ne sont pas pleinement renouvelés dans l’amour.“But certainly this is an exempt case. It is otherwise with the generality of those that are justified: They feel in themselves more or less pride, anger, self-will, a heart bent to backsliding. And, till they have gradually mortified these, they are not fully renewed in love.
« Q. 25. Mais n’est-ce pas là le cas de tous ceux qui sont justifiés ? Ne meurent-ils pas graduellement au péché et ne croissent-ils pas dans la grâce, jusqu’à ce qu’à la mort, ou peut-être un peu avant, Dieu les rende parfaits dans l’amour ?“Q. 25. But is not this the case of all that are justified? Do they not gradually die to sin and grow in grace, till at, or perhaps a little before, death God perfects them in love?
« R. Je crois que c’est le cas de la plupart, mais non de tous. Dieu donne habituellement un temps considérable aux hommes pour recevoir la lumière, croître dans la grâce, faire et souffrir sa volonté, avant qu’ils soient justifiés ou sanctifiés ; mais il ne s’y tient pas invariablement ; parfois il “abrège son œuvre” : il fait l’œuvre de bien des années en quelques semaines, peut-être en une semaine, un jour, une heure. Il justifie ou sanctifie aussi bien ceux qui n’ont rien fait ni souffert, et qui n’ont pas eu le temps d’une croissance graduelle ni en lumière ni en grâce. Et ne peut-il pas faire ce qu’il veut de ce qui est à lui ? “Ou vois-tu de mauvais œil qu’il soit bon ?”“A. I believe this is the case of most, but not all. God usually gives a considerable time for men to receive light, to grow in grace, to do and suffer his will, before they are either justified or sanctified; but he does not invariably adhere to this; sometimes he cuts short his work:’ he does the work of many years in a few weeks; perhaps in a week, a day, an hour. He justifies or sanctifies both those who have done or suffered nothing, and who have not had time for a gradual growth either in light or grace. And may he not do what he will with his own? Is thine eye evil, because he is good?’
« Il n’est donc pas nécessaire d’affirmer à maintes reprises, et de prouver par quarante textes de l’Écriture, soit que la plupart des hommes sont rendus parfaits dans l’amour à la fin, soit qu’il y a une œuvre graduelle de Dieu dans l’âme, soit que, généralement parlant, il faut un long temps, même bien des années, avant que le péché soit détruit. Tout cela, nous le savons. Mais nous savons aussi que Dieu peut, avec le bon gré de l’homme, “abréger son œuvre” dans la mesure qu’il lui plaît, et faire en un instant l’œuvre habituelle de bien des années. Il le fait dans beaucoup de cas ; et pourtant il y a une œuvre graduelle, aussi bien avant qu’après ce moment ; de sorte que l’un peut affirmer que l’œuvre est graduelle, et l’autre qu’elle est instantanée, sans aucune espèce de contradiction.“It need not, therefore, be affirmed over and over, and proved by forty texts of Scripture, either that most men are perfected in love at last, that there is a gradual work of God in the soul, or that, generally speaking, it is a long time, even many years, before sin is destroyed. All this we know: But we know likewise, that God may, with man’s good leave, cut short his work,’ in whatever degree he pleases, and do the usual work of many years in a moment. He does so in many instances; and yet there is a gradual work, both before and after that moment: So that one may affirm the work is gradual, another, it is instantaneous, without any manner of contradiction.
« Q. 26. Saint Paul entend-il quelque chose de plus par être “scellés du Saint-Esprit” que par être “renouvelés dans l’amour” ?“Q. 26. Does St. Paul mean any more by being sealed with the Spirit,’ than being renewed in love?’
« R. Peut-être, en un endroit (2 Corinthiens 1.22), n’entend-il pas autant ; mais dans un autre (Éphésiens 1.13), il semble inclure à la fois le fruit et le témoignage, et cela à un degré plus élevé que celui que nous éprouvons même lorsque nous sommes pour la première fois “renouvelés dans l’amour” ; Dieu “nous scelle du Saint-Esprit qui avait été promis”, en nous donnant “la pleine assurance de l’espérance”, une confiance de recevoir toutes les promesses de Dieu telle qu’elle exclut la possibilité du doute ; “de ce Saint-Esprit”, par une sainteté universelle, imprimant toute l’image de Dieu dans nos cœurs.“A. Perhaps in one place, (2 Cor. 1:22,) he does not mean so much; but in another, (Eph. 1:13,) he seems to include both the fruit and the witness; and that in a higher degree than we experience even when we are first renewed in love;’ God sealeth us with the Spirit of promise,’ by giving us the full assurance of hope;’ such a confidence of receiving all the promises of God, as excludes the possibility of doubting; with that Holy Spirit, by universal holiness, stamping the whole image of God on our hearts.
« Q. 27. Mais comment ceux qui sont ainsi scellés peuvent-ils “attrister le Saint-Esprit de Dieu” ?“Q. 27. But how can those who are thus sealed grieve the Holy Spirit of God?’
« R. Saint Paul vous le dit très en détail : (1) Par une conversation qui n’est pas profitable, qui ne sert pas à l’édification, qui n’est pas propre à communiquer une grâce à ceux qui l’entendent. (2) En retombant dans l’amertume ou le manque de bonté. (3) Par l’animosité, un mécontentement durable, ou le manque de tendresse de cœur. (4) Par la colère, si vite qu’elle passe ; par le manque de pardon mutuel immédiat. (5) Par la clameur ou les cris, le parler fort, dur et rude. (6) Par la médisance, les chuchotements, les rapports ; en mentionnant sans nécessité la faute d’une personne absente, fût-ce de la manière la plus douce.“A. St. Paul tells you very particularly, (1.) By such conversation as is not profitable, not to the use of edifying, not apt to minister grace to the hearers. (2.) By relapsing into bitterness or want of kindness. (3.) By wrath, lasting displeasure, or want of tender-heartedness. (4.) By anger, however soon it is over; want of instantly forgiving one another. (5.) By clamour or bawling, loud, harsh, rough speaking. (6.) By evil-speaking, whispering, tale-bearing; needlessly mentioning the fault of an absent person, though in ever so soft a manner.
« Q. 28. Que pensez-vous de ceux de Londres qui semblent avoir été récemment “renouvelés dans l’amour” ?“Q. 28. What do you think of those in London, who seem to have been lately renewed in love?’
« R. Il y a quelque chose de très particulier dans l’expérience de la plupart d’entre eux. On s’attendrait à ce qu’un croyant fût d’abord rempli d’amour, et par là vidé du péché ; tandis que ceux-ci ont été d’abord vidés du péché, et ensuite remplis d’amour. Peut-être a-t-il plu à Dieu d’agir de cette manière pour rendre son œuvre plus claire et plus indéniable, et pour la distinguer plus clairement de cet amour débordant qui est souvent ressenti même dans l’état de justification.“A. There is something very peculiar in the experience of the greater part of them. One would expect that a believer should first be filled with love, and thereby emptied of sin; whereas these were emptied of sin first, and then filled with love. Perhaps it pleased God to work in this manner, to make his work more plain and undeniable; and to distinguish it more clearly from that overflowing love, which is often felt even in a justified state.
« Cela semble aussi très conforme à la grande promesse : “Je vous purifierai de toutes vos souillures ; je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau” (Ézéchiel 36.25, 26).“It seems likewise most agreeable to the great promise: From all your filthiness I will cleanse you; a new heart also will I give you, and a new spirit will I put within you.’ (Ezek. 36:25, 26.)
« Mais je ne pense pas de même de tous : il y a une grande différence entre certains d’entre eux et d’autres. Je pense que la plupart de ceux avec qui j’ai parlé ont beaucoup de foi, d’amour, de joie et de paix. Certains d’entre eux, je crois, sont renouvelés dans l’amour et en ont le témoignage direct ; et ils manifestent le fruit décrit plus haut dans toutes leurs paroles et leurs actions. Qu’on appelle cela comme on voudra ; c’est ce que j’appelle la perfection.“But I do not think of them all alike: There is a wide difference between some of them and others. I think most of them with whom I have spoken, have much faith, love, joy, and peace. Some of these I believe are renewed in love, and have the direct witness of it; and they manifest the fruit above described, in all their words and actions. Now, let any man call this what he will; it is what I call perfection.
« Mais certains qui ont beaucoup d’amour, de paix et de joie n’ont pourtant pas le témoignage direct ; et d’autres qui pensent l’avoir manquent néanmoins manifestement du fruit. Combien, je ne le dirai pas ; peut-être un sur dix ; peut-être plus ou moins. Mais certains manquent indéniablement de patience, de résignation chrétienne. Ils ne voient pas la main de Dieu dans tout ce qui arrive, et ne l’embrassent pas avec joie. Ils ne rendent pas grâces en toutes choses et ne se réjouissent pas toujours. Ils ne sont pas heureux ; du moins pas toujours heureux, car parfois ils se plaignent. Ils disent que ceci ou cela est dur !“But some who have much love, peace, and joy, yet have not the direct witness; and others who think they have, are, nevertheless, manifestly wanting in the fruit. How many I will not say; perhaps one in ten; perhaps more or fewer. But some are undeniably wanting in longsuffering, Christian resignation. They do not see the hand of God in whatever occurs, and cheerfully embrace it. They do not in everything give thanks, and rejoice evermore. They are not happy; at least, not always happy; for sometimes they complain. They say, this or that is hard!
« Certains manquent de bienveillance. Ils résistent au méchant, au lieu de tendre l’autre joue. Ils ne reçoivent pas l’outrage avec douceur ; non, ni même la réprimande. Bien plus, ils ne peuvent supporter la contradiction sans au moins une apparence de ressentiment. S’ils sont repris ou contredits, même avec douceur, ils le prennent mal ; ils se comportent avec plus de distance et de réserve qu’auparavant. S’ils sont repris ou contredits durement, ils répondent avec dureté : d’une voix forte, ou d’un ton irrité, ou d’une manière sèche et revêche. Ils parlent sèchement ou rudement quand ils reprennent les autres, et se conduisent rudement envers leurs inférieurs.“Some are wanting in gentleness. They resist evil, instead of turning the other cheek. They do not receive reproach with gentleness; no, nor even reproof. Nay, they are not able to bear contradiction, without the appearance, at least, of resentment. If they are reproved or contradicted, though mildly, they do not take it well; they behave with more distance and reserve than they did before. If they are reproved or contradicted harshly, they answer it with harshness; with a loud voice, or with an angry tone, or in a sharp and surly manner. They speak sharply or roughly, when they reprove others; and behave roughly to their inferiors.
« Certains manquent de bonté. Ils ne sont pas aimables, doux, affables, avenants, tendres et affectueux en tout temps, dans leur esprit, dans leurs paroles, dans leur regard et leur air, dans toute la teneur de leur conduite ; et cela envers tous, grands et petits, riches et pauvres, sans acception de personnes ; particulièrement envers ceux qui sont égarés, envers les opposants et envers ceux de leur propre maison. Ils ne désirent pas ardemment, n’étudient pas, ne s’efforcent pas par tous les moyens de rendre heureux tous ceux qui les entourent. Ils peuvent les voir mal à l’aise sans s’en inquiéter ; peut-être sont-ils eux-mêmes la cause de ce malaise ; et puis ils s’essuient la bouche et disent : “Eh bien, ils le méritent ; c’est leur propre faute.”“Some are wanting in goodness. They are not kind, mild, sweet, amiable, soft, and loving at all times, in their spirit, in their words, in their look and air, in the whole tenor of their behaviour; and that to all, high and low, rich and poor, without respect of persons; particularly to them that are out of the way, to opposers, and to those of their own household. They do not long, study, endeavour by every means, to make all about them happy. They can see them uneasy, and not be concerned; perhaps they make them so; and then wipe their mouths and say, Why, they deserve it; it is their own fault.’
« Certains manquent de fidélité, d’un scrupuleux respect de la vérité, de simplicité et de sincérité selon Dieu. Leur amour n’est guère exempt de dissimulation ; quelque chose comme de la ruse se trouve dans leur bouche. Pour éviter la rudesse, ils penchent vers l’autre extrême. Ils sont doucereux à l’excès, au point d’éviter à peine un certain degré de flatterie, ou de paraître dire ce qu’ils ne pensent pas.“Some are wanting in fidelity, a nice regard to truth, simplicity, and godly sincerity. Their love is hardly without dissimulation; something like guile is found in their mouth. To avoid roughness, they lean to the other extreme. They are smooth to an excess, so as scarce to avoid a degree of fawning, or of seeming to mean what they do not.
« Certains manquent de douceur, de tranquillité d’esprit, de sang-froid, d’égalité d’humeur. Ils montent et descendent, tantôt haut, tantôt bas ; leur esprit n’est pas bien équilibré. Leurs affections, ou bien ne sont pas dans une juste proportion — ils ont trop de l’une, trop peu de l’autre —, ou bien ne sont pas convenablement mêlées et tempérées ensemble, de manière à se contrebalancer. De là vient qu’il y a souvent une dissonance. Leur âme est désaccordée et ne peut produire la véritable harmonie.“Some are wanting in meekness, quietness of spirit, composure, evenness of temper. They are up and down, sometimes high, sometimes low; their mind is not well balanced. Their affections are either not in due proportion; they have too much of one, too little of another; or they are not duly mixed and tempered together, so as to counterpoise each other. Hence there is often a jar. Their soul is out of tune, and cannot make the true harmony.
« Certains manquent de tempérance. Ils ne s’en tiennent pas constamment à la sorte et à la quantité de nourriture qu’ils savent, ou pourraient savoir, la plus propre à favoriser la santé, la force et la vigueur du corps. Ou ils ne sont pas tempérants dans le sommeil ; ils ne s’en tiennent pas rigoureusement à ce qui est le meilleur pour le corps comme pour l’esprit ; sinon ils se coucheraient et se lèveraient constamment de bonne heure, et à heure fixe. Ou ils soupent tard, ce qui n’est bon ni pour le corps ni pour l’âme. Ou ils ne pratiquent ni le jeûne ni l’abstinence. Ou ils préfèrent (ce qui est autant d’espèces d’intempérance) la prédication, la lecture ou la conversation qui leur donne une joie et une consolation passagères à celle qui apporte la tristesse selon Dieu ou l’instruction dans la justice. Une telle joie n’est pas sanctifiée ; elle ne tend pas à la crucifixion du cœur et n’y aboutit pas. Une telle foi n’a pas son centre en Dieu, mais plutôt en elle-même.“Some are wanting in temperance. They do not steadily use that kind and degree of food, which they know, or might know, would most conduce to the health, strength, and vigour of the body: Or they are not temperate in sleep; they do not rigorously adhere to what is best both for body and mind; otherwise they would constantly go to bed and rise early, and at a fixed hour: Or they sup late, which is neither good for body nor soul: Or they use neither fasting nor abstinence: Or they prefer (which are so many sorts of intemperance) that preaching, reading, or conversation, which gives them transient joy and comfort, before that which brings godly sorrow, or instruction in righteousness. Such joy is not sanctified; it doth not tend to, and terminate in, the crucifixion of the heart. Such faith doth not centre in God, but rather in itself.
« Jusqu’ici tout est clair. Je crois que vous avez la foi, l’amour, la joie et la paix. Pourtant vous qui êtes particulièrement concernés savez chacun pour vous-même qu’il vous manque quelque chose sous les rapports mentionnés plus haut. Il vous manque soit la patience, soit la bienveillance, soit la bonté ; soit la fidélité, soit la douceur, soit la tempérance. Ne nous battons donc pas, d’un côté ni de l’autre, sur des mots. Sur la chose elle-même, nous sommes clairement d’accord.“So far all is plain. I believe you have faith, and love, and joy, and peace. Yet you who are particularly concerned know each for yourself, that you are wanting in the respects above-mentioned. You are wanting either in long-suffering, gentleness, or goodness; either in fidelity, meekness, or temperance. Let us not, then, on either hand, fight about words. In the thing we clearly agree.
« Vous n’avez pas ce que j’appelle la perfection ; si d’autres veulent l’appeler ainsi, libre à eux. Toutefois, retenez fermement ce que vous avez, et priez avec ferveur pour ce que vous n’avez pas.“You have not what I call perfection; if others will call it so, they may. However, hold fast what you have, and earnestly pray for what you have not.
« Q. 29. Ceux qui sont parfaits peuvent-ils croître dans la grâce ?“Q. 29. Can those who are perfect grow in grace?
« R. Sans aucun doute ; et cela non seulement tant qu’ils sont dans le corps, mais pendant toute l’éternité.“A. Undoubtedly they can; and that not only while they are in the body, but to all eternity.
« Q. 30. Peuvent-ils en déchoir ?“Q. 30. Can they fall from it?
« R. Je suis bien assuré qu’ils le peuvent ; les faits mettent cela hors de discussion. Autrefois nous pensions qu’un homme sauvé du péché ne pouvait pas tomber ; maintenant nous savons le contraire. Nous sommes entourés d’exemples de personnes qui ont récemment fait l’expérience de tout ce que j’entends par perfection. Elles avaient à la fois le fruit de l’Esprit et le témoignage ; mais elles les ont maintenant perdus l’un et l’autre. Et personne ne se tient debout en vertu de quoi que ce soit qui soit impliqué dans la nature de cet état. Il n’y a pas de hauteur ni de force de sainteté dont il soit impossible de tomber. S’il y en a qui ne peuvent tomber, cela dépend entièrement de la promesse de Dieu.“A. I am well assured they can; matter of fact puts this beyond dispute. Formerly we thought, one saved from sin could not fall; now we know the contrary. We are surrounded with instances of those who lately experienced all that I mean by perfection. They had both the fruit of the Spirit, and the witness; but they have now lost both. Neither does any one stand by virtue of anything that is implied in the nature of the state. There is no such height or strength of holiness as it is impossible to fall from. If there be any that cannot fall, this wholly depends on the promise of God.
« Q. 31. Ceux qui déchoient de cet état peuvent-ils le recouvrer ?“Q. 31. Can those who fall from this state recover it?
« R. Pourquoi pas ? Nous en avons aussi beaucoup d’exemples. Bien plus, il est extrêmement commun que des personnes le perdent plus d’une fois avant d’y être affermies.“A. Why not? We have many instances of this also. Nay, it is an exceeding common thing for persons to lose it more than once, before they are established therein.
« C’est donc pour garder ceux qui sont sauvés du péché de toute occasion de chute que je donne les conseils suivants. Mais d’abord je parlerai clairement de l’œuvre elle-même.“It is therefore to guard them who are saved from sin, from every occasion of stumbling, that I give the following advices. But first I shall speak plainly concerning the work itself.
« J’estime que cette œuvre récente est de Dieu ; probablement la plus grande qui soit maintenant sur la terre. Cependant, comme toutes les autres, celle-ci aussi est mêlée de beaucoup de fragilité humaine. Mais ces faiblesses sont bien moindres qu’on n’aurait pu s’y attendre, et auraient dû être supportées avec joie par tous ceux qui aimaient et recherchaient la justice. Qu’il y ait eu quelques hommes faibles et exaltés n’est pas un reproche pour l’œuvre elle-même, ni un juste motif d’accuser une multitude d’hommes sobres d’esprit, qui sont des modèles de stricte sainteté. Pourtant (tout le contraire de ce qui aurait dû être), l’opposition est grande, les secours peu nombreux. Par là beaucoup sont empêchés de rechercher la foi et la sainteté par le faux zèle des autres ; et certains qui au début couraient bien sont détournés du chemin.“I esteem this late work to be of God; probably the greatest now upon earth. Yet, like all others, this also is mixed with much human frailty. But these weaknesses are far less than might have been expected; and ought to have been joyfully borne by all that loved and followed after righteousness. That there have been a few weak, warm-headed men, is no reproach to the work itself, no just ground for accusing a multitude of sober-minded men, who are patterns of strict holiness. Yet (just the contrary to what ought to have been) the opposition is great; the helps few. Hereby many are hindered from seeking faith and holiness by the false zeal of others; and some who at first began to run well are turned out of the way.
5. Avertissements, directives et résumé final de Wesley5. Cautions, Directions and Wesley’s Final Summary
John Wesley, A Plain Account of Christian Perfection (révision de 1777 ; Works, éd. Thomas Jackson, 1872, vol. 11), section 25, seconde partie (questions 32 à 38, les conseils publiés d’abord sous le titre Avertissements et directives, 1762, avec les réflexions qui suivent), sections 26–28, et « Brèves pensées sur la perfection chrétienne » (1767). Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John Wesley, A Plain Account of Christian Perfection (1777 revision; Works, ed. Thomas Jackson, 1872, vol. 11), section 25, second part (questions 32–38, the advices first printed as Cautions and Directions, 1762, with the reflections that follow), sections 26–28, and “Brief Thoughts on Christian Perfection” (1767). Primary source; the interpretations are the author’s.
Note du STC : L’« antinomisme » est l’enseignement selon lequel la loi morale n’oblige plus les croyants ; le « solifidianisme » est une insistance sur la foi seule qui néglige la sainteté ; le « quiétisme » (stillness) désigne l’idée que les croyants doivent attendre en silence et abandonner les moyens de grâce. Les Classes et les Bandes étaient les petits groupes hebdomadaires des sociétés méthodistes. Les mots grecs de la section 27 sont Matthieu 5.48. Dans les « Brèves pensées » (1767), Wesley énonce sa position finale : la perfection est un amour humble, doux et patient ; elle est reçue par la foi en un instant, avec une œuvre graduelle avant et après ; et elle peut être perdue.CTS note: “Antinomianism” is the teaching that the moral law no longer binds believers; “Solifidianism” is a stress on faith alone that neglects holiness; “stillness” refers to the view that believers should wait quietly and give up the means of grace. Classes and Bands were the small weekly groups of the Methodist societies. The Greek words in section 27 are Matthew 5:48. In “Brief Thoughts” (1767) Wesley states his final position: perfection is humble, gentle, patient love; it is received by faith in an instant, with a gradual work before and after; and it can be lost.
« Q. 32. Quel est le premier conseil [Les conseils qui suivent furent publiés dans un traité séparé en l’année 1762, sous le titre de « Avertissements et directives donnés à ceux qui professent le plus dans les sociétés méthodistes », avec la devise suivante : « Écartez les faux témoins, / mais retenez fermement la vérité pour toujours. » Il était évidemment destiné à garder le peuple contre les extravagances pernicieuses de George Bell et de ses amis, dont un récit détaillé est donné dans le Journal de M. Wesley de cette époque. ÉD.] que vous leur donneriez ?“Q. 32. What is the First advice [The advices which follow were published in a separate tract in the year 1762, under the title of “Cautions and Directions given to the Greatest Professors in the Methodist Societies,” with the following motto:— “Set the false witnesses aside, Yet hold the truth for ever fast.” It was evidently intended to guard the people against the mischievous extravagances of George Bell and his friends, a particular account of whom is given in Mr. Wesley’s Journal about that period.—EDIT.] that you would give them?
« R. Veillez et priez continuellement contre l’orgueil. Si Dieu l’a chassé, veillez à ce qu’il ne rentre plus ; il est tout aussi dangereux que la convoitise. Et vous pouvez y retomber sans vous en apercevoir, surtout si vous pensez qu’il n’y a aucun danger. “Mais j’attribue à Dieu tout ce que j’ai.” Vous pouvez le faire, et être orgueilleux néanmoins. Car c’est de l’orgueil, non seulement de s’attribuer à soi-même quelque chose de ce que l’on a, mais de penser que l’on a ce que l’on n’a pas réellement. M. L—, par exemple, attribuait à Dieu toute la lumière qu’il avait, et jusque-là il était humble ; mais ensuite il pensait avoir plus de lumière qu’aucun homme vivant ; et c’était là un orgueil manifeste. Ainsi vous attribuez à Dieu toute la connaissance que vous avez, et à cet égard vous êtes humbles. Mais si vous pensez en avoir plus que vous n’en avez réellement, ou si vous pensez être tellement enseignés de Dieu que vous n’ayez plus besoin de l’enseignement des hommes, l’orgueil est à la porte. Oui, vous avez besoin d’être enseignés, non seulement par M. Morgan, les uns par les autres, par M. Maxfield ou par moi, mais par le plus faible prédicateur de Londres ; oui, par tous les hommes. Car Dieu envoie par qui il veut envoyer.“A. Watch and pray continually against pride. If God has cast it out, see that it enter no more: It is full as dangerous as desire. And you may slide back into it unawares; especially if you think there is no danger of it. Nay, but I ascribe all I have to God.’ So you may, and be proud nevertheless. For it is pride, not only to ascribe anything we have to ourselves, but to think we have what we really have not. Mr. L—-, for instance, ascribed all the light he had to God, and so far he was humble; but then he thought he had more light than any man living; and this was palpable pride. So you ascribe all the knowledge you have to God; and in this respect you are humble. But if you think you have more than you really have; or if you think you are so taught of God, as no longer to need man’s teaching; pride lieth at the door. Yes; you have need to be taught, not only by Mr. Morgan, by one another, by Mr. Maxfield, or me, but by the weakest Preacher in London; yea, by all men. For God sendeth by whom he will send.
« Ne dites donc pas à quiconque voudrait vous conseiller ou vous reprendre : “Tu es aveugle ; tu ne peux pas m’enseigner.” Ne dites pas : “C’est ta sagesse, ta raison charnelle” ; mais pesez calmement la chose devant Dieu.“Do not therefore say to any who would advise or reprove you, You are blind; you cannot teach me.’ Do not say, This is your wisdom, your carnal reason;’ but calmly weigh the thing before God.
« Souvenez-vous toujours que beaucoup de grâce n’implique pas beaucoup de lumière. Celles-ci ne vont pas toujours ensemble. Comme il peut y avoir beaucoup de lumière là où il n’y a que peu d’amour, de même il peut y avoir beaucoup d’amour là où il y a peu de lumière. Le cœur a plus de chaleur que l’œil ; pourtant il ne peut voir. Et Dieu a sagement disposé les membres du corps, afin qu’aucun ne puisse dire à un autre : “Je n’ai pas besoin de toi.”“Always remember, much grace does not imply much light. These do not always go together. As there may be much light where there is but little love, so there may be much love where there is little light. The heart has more heat than the eye; yet it cannot see. And God has wisely tempered the members of the body together, that none may say to another, I have no need of thee.’
« S’imaginer que personne ne peut vous enseigner, sinon ceux qui sont eux-mêmes sauvés du péché, est une très grande et très dangereuse erreur. N’y donnez pas place un seul instant ; elle vous conduirait à mille autres erreurs, et cela sans retour. Non ; l’autorité n’est pas fondée sur la grâce, comme le disaient les insensés du siècle dernier. “Obéissez à vos conducteurs dans le Seigneur et ayez égard à eux”, et ne pensez pas en savoir plus qu’eux. Connaissez leur place et la vôtre, vous souvenant toujours que beaucoup d’amour n’implique pas beaucoup de lumière.“To imagine none can teach you, but those who are themselves saved from sin, is a very great and dangerous mistake. Give not place to it for a moment; it would lead you into a thousand other mistakes, and that irrecoverably. No; dominion is not founded in grace, as the madmen of the last age talked. Obey and regard them that are over you in the Lord,’ and do not think you know better than them. Know their place and your own; always remembering, much love does not imply much light.
« Le fait de ne pas observer cela a conduit certains à beaucoup d’erreurs et, du moins, à l’apparence de l’orgueil. Oh ! gardez-vous de l’apparence et de la chose ! “Ayez en vous ces sentiments d’humilité qui étaient en Jésus-Christ.” Et “revêtez-vous aussi d’humilité”. Qu’elle ne vous remplisse pas seulement, mais qu’elle vous couvre entièrement. Que la modestie et la défiance de vous-mêmes paraissent dans toutes vos paroles et toutes vos actions. Que tout ce que vous dites et faites montre que vous êtes petits, et bas, et humbles, et vils à vos propres yeux.“The not observing this has led some into many mistakes, and into the appearance, at least, of pride. O beware of the appearance, and the thing! Let there be in you that lowly mind which was in Christ Jesus.’ And be ye likewise clothed with humility.’ Let it not only fill, but cover you all over. Let modesty and self-diffidence appear in all your words and actions. Let all you speak and do show that you are little, and base, and mean, and vile in your own eyes.
« Comme exemple de cela, soyez toujours prêts à reconnaître toute faute que vous avez commise. Si vous avez à quelque moment pensé, parlé ou agi de travers, ne soyez pas lents à l’avouer. Ne rêvez jamais que cela nuira à la cause de Dieu ; non, cela la servira. Soyez donc ouverts et francs quand on vous reproche quelque chose ; ne cherchez ni à l’éluder ni à le déguiser, mais laissez-le paraître tel qu’il est, et par là vous n’entraverez pas, mais vous ornerez l’Évangile.“As one instance of this, be always ready to own any fault you have been in. If you have at any time thought, spoke, or acted wrong, be not backward to acknowledge it. Never dream that this will hurt the cause of God; no, it will further it. Be therefore open and frank, when you are taxed with anything; do not seek either to evade or disguise it; but let it appear just as it is, and you will thereby not hinder, but adorn, the gospel.
« Q. 33. Quel est le deuxième conseil que vous leur donneriez ?“Q. 33. What is the Second advice which you would give them?
« R. Gardez-vous de cette fille de l’orgueil, l’exaltation. Oh ! tenez-vous-en le plus loin possible ! Ne donnez aucune place à une imagination échauffée. N’attribuez pas hâtivement les choses à Dieu. Ne supposez pas facilement que les songes, les voix, les impressions, les visions ou les révélations viennent de Dieu. Ils peuvent venir de lui. Ils peuvent venir de la nature. Ils peuvent venir du diable. C’est pourquoi “n’ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu”. Éprouvez toutes choses par la parole écrite, et que tout s’incline devant elle. Vous êtes à toute heure en danger d’exaltation si vous vous écartez si peu que ce soit de l’Écriture ; oui, ou du sens clair et littéral de quelque texte, pris en rapport avec son contexte. Et de même si vous méprisez ou estimez peu la raison, la connaissance ou le savoir humain ; chacun d’eux est un excellent don de Dieu et peut servir aux fins les plus nobles.“A. Beware of that daughter of pride, enthusiasm. O keep at the utmost distance from it! Give no place to a heated imagination. Do not hastily ascribe things to God. Do not easily suppose dreams, voices, impressions, visions, or revelations to be from God. They may be from him. They may be from nature. They may be from the devil. Therefore, believe not every spirit, but try the spirits whether they be of God.’ Try all things by the written word, and let all bow down before it. You are in danger of enthusiasm every hour, if you depart ever so little from Scripture; yea, or from the plain, literal meaning of any text, taken in connexion with the context. And so you are, if you despise or lightly esteem reason, knowledge, or human learning; every one of which is an excellent gift of God, and may serve the noblest purposes.
« Je vous conseille de ne jamais employer les mots sagesse, raison ou connaissance en manière de reproche. Au contraire, priez pour que vous-mêmes y abondiez de plus en plus. Si vous voulez dire sagesse mondaine, connaissance inutile, faux raisonnement, dites-le ; et jetez la balle, mais non le froment.“I advise you, never to use the words, wisdom, reason, or knowledge, by way of reproach. On the contrary, pray that you yourself may abound in them more and more. If you mean worldly wisdom, useless knowledge, false reasoning, say so; and throw away the chaff, but not the wheat.
« Une porte générale ouverte à l’exaltation, c’est d’attendre la fin sans les moyens : attendre, par exemple, la connaissance sans sonder les Écritures ni consulter les enfants de Dieu ; attendre la force spirituelle sans une prière constante et une vigilance soutenue ; attendre quelque bénédiction que ce soit sans écouter la parole de Dieu en toute occasion.“One general inlet to enthusiasm is, expecting the end without the means; the expecting knowledge, for instance, without searching the Scriptures, and consulting the children of God; the expecting spiritual strength without constant prayer, and steady watchfulness; the expecting any blessing without hearing the word of God at every opportunity.
« Certains ont ignoré cette ruse de Satan. Ils ont cessé de sonder les Écritures. Ils disaient : “Dieu écrit toute l’Écriture sur mon cœur ; je n’ai donc pas besoin de la lire.” D’autres pensaient n’avoir pas tant besoin d’écouter, et devinrent ainsi négligents à assister à la prédication du matin. Oh ! prenez garde, vous qui êtes concernés ! Vous avez écouté la voix d’un étranger. Revenez vite à Christ, et tenez-vous dans le bon vieux chemin, “qui a été transmis aux saints une fois pour toutes” ; le chemin dont même un païen a rendu témoignage : “Que les chrétiens se levaient tôt chaque jour pour chanter des hymnes à Christ comme à un Dieu.”“Some have been ignorant of this device of Satan. They have left off searching the Scriptures. They said, God writes all the Scriptures on my heart. Therefore, I have no need to read it.’ Others thought they had not so much need of hearing, and so grew slack in attending the morning preaching. O take warning, you who are concerned herein! You have listened to the voice of a stranger. Fly back to Christ, and keep in the good old way, which was once delivered to the saints;’ the way that even a Heathen bore testimony of: That the Christians rose early every day to sing hymns to Christ as God.’
« Le désir même de “croître dans la grâce” peut parfois être une porte ouverte à l’exaltation. Comme il nous pousse continuellement à chercher une grâce nouvelle, il peut nous conduire sans que nous y prenions garde à chercher quelque autre chose nouvelle, en dehors de nouveaux degrés d’amour pour Dieu et pour l’homme. Ainsi il a conduit certains à chercher, et à s’imaginer avoir reçu, des dons d’un genre nouveau, après un cœur nouveau, tels que : (1) aimer Dieu de toute notre pensée ; (2) de toute notre âme ; (3) de toute notre force ; (4) l’unité avec Dieu ; (5) l’unité avec Christ ; (6) avoir notre vie cachée avec Christ en Dieu ; (7) être morts avec Christ ; (8) ressusciter avec lui ; (9) être assis avec lui dans les lieux célestes ; (10) être élevés sur son trône ; (11) être dans la nouvelle Jérusalem ; (12) voir le tabernacle de Dieu descendre parmi les hommes ; (13) être morts à toutes les œuvres ; (14) n’être plus sujets à la mort, à la douleur, au chagrin ni à la tentation.“The very desire of growing in grace’ may sometimes be an inlet of enthusiasm. As it continually leads us to seek new grace, it may lead us unawares to seek something else new, beside new degrees of love to God and man. So it has led some to seek and fancy they had received gifts of a new kind, after a new heart, as, (1.) The loving God with all our mind; (2.) With all our soul; (3.) With all our strength: (4.) Oneness with God: (5.) Oneness with Christ: (6.) Having our life hid with Christ in God: (7.) Being dead with Christ: (8.) Rising with him: (9.) The sitting with him in heavenly places: (10.) The being taken up into his throne: (11.) The being in the New Jerusalem: (12.) The seeing the tabernacle of God come down among men: (13.) The being dead to all works: (14.) The not being liable to death, pain, or grief, or temptation.
« L’une des causes de beaucoup de ces erreurs est de prendre toute application nouvelle et forte de l’un de ces passages de l’Écriture au cœur pour un don d’un genre nouveau ; sans savoir que plusieurs de ces passages ne sont pas encore accomplis ; que la plupart des autres s’accomplissent lorsque nous sommes justifiés ; et le reste, au moment où nous sommes sanctifiés. Il ne reste qu’à en faire l’expérience à des degrés plus élevés. C’est là tout ce que nous avons à attendre.“One ground of many of these mistakes is, the taking every fresh, strong application of any of these scriptures to the heart, to be a gift of a new kind; not knowing that several of these scriptures are not fulfilled yet; that most of the others are fulfilled when we are justified; the rest, the moment we are sanctified. It remains only to experience them in higher degrees. This is all we have to expect.
« Une autre cause de ces erreurs, et de mille autres, est de ne pas considérer profondément que l’amour est le don le plus élevé de Dieu : l’amour humble, doux, patient ; que toutes les visions, révélations et manifestations, quelles qu’elles soient, sont peu de chose comparées à l’amour ; et que tous les dons mentionnés plus haut sont soit identiques à lui, soit infiniment inférieurs.“Another ground of these, and a thousand mistakes, is, the not considering deeply, that love is the highest gift of God; humble, gentle, patient love; that all visions, revelations, manifestations whatever, are little things compared to love; and that all the gifts above-mentioned are either the same with, or infinitely inferior to, it.
« Il serait bon que vous fussiez pleinement pénétrés de ceci : “le ciel des cieux, c’est l’amour”. Il n’y a rien de plus élevé dans la religion ; il n’y a, en réalité, rien d’autre ; si vous cherchez autre chose que plus d’amour, vous visez à côté du but, vous sortez de la voie royale. Et lorsque vous demandez à d’autres : “Avez-vous reçu telle ou telle bénédiction ?”, si vous entendez autre chose que plus d’amour, vous entendez mal ; vous les détournez du chemin et les mettez sur une fausse piste. Établissez donc dans votre cœur que, dès le moment où Dieu vous a sauvés de tout péché, vous ne devez viser à rien d’autre qu’à plus de cet amour décrit au chapitre treize de l’Épître aux Corinthiens [1 Corinthiens 13]. Vous ne pouvez aller plus haut que cela, jusqu’à ce que vous soyez portés dans le sein d’Abraham.“It were well you should be thoroughly sensible of this,—the heaven of heavens is love.’ There is nothing higher in religion; there is, in effect, nothing else; if you look for anything but more love, you are looking wide of the mark, you are getting out of the royal way. And when you are asking others, Have you received this or that blessing?’ if you mean anything but more love, you mean wrong; you are leading them out of the way, and putting them upon a false scent. Settle it then in your heart, that from the moment God has saved you from all sin, you are to aim at nothing more, but more of that love described in the thirteenth of the Corinthians. [1 Cor. 13] You can go no higher than this, till you are carried into Abraham’s bosom.
« Je le dis encore : gardez-vous de l’exaltation. Telle est l’imagination que vous avez le don de prophétie ou de discernement des esprits, ce que je ne crois pas qu’aucun de vous possède ; non, ni ait jamais possédé. Gardez-vous de juger les gens dans le vrai ou dans l’erreur d’après vos propres sentiments. Ce n’est pas une manière biblique de juger. Oh ! attachez-vous étroitement “à la loi et au témoignage” !“I say yet again, beware of enthusiasm. Such is, the imagining you have the gift of prophesying, or of discerning of spirits, which I do not believe one of you has; no, nor ever had yet. Beware of judging people to be either right or wrong by your own feelings. This is no scriptural way of judging. O keep close to the law and to the testimony!’
« Q. 34. Quel est le troisième ?“Q. 34. What is the Third?
« R. Gardez-vous de l’antinomisme, qui consiste à “anéantir la loi”, ou quelque partie de la loi, “par la foi”. L’exaltation y conduit naturellement ; en vérité, on peut à peine les séparer. Il peut se glisser en vous sous mille formes, de sorte que vous ne sauriez être trop vigilants à son égard. Prenez garde à tout ce qui, en principe ou en pratique, y tend de quelque manière. Même cette grande vérité, que “Christ est la fin de la loi”, peut nous y entraîner, si nous ne considérons pas qu’il a adopté chaque point de la loi morale et l’a greffé dans la loi d’amour. Gardez-vous de penser : “Parce que je suis rempli d’amour, je n’ai pas besoin d’avoir autant de sainteté. Parce que je prie toujours, je n’ai pas besoin de temps fixe pour la prière personnelle. Parce que je veille toujours, je n’ai pas besoin d’examen particulier de moi-même.” “Rendons la loi grande”, toute la parole écrite, “et magnifique”. Que ce soit là notre voix : “J’aime tes commandements plus que l’or et que les pierres précieuses. Combien j’aime ta loi ! Elle est tout le jour l’objet de ma méditation.” Gardez-vous des livres antinomiens, particulièrement des ouvrages du docteur Crisp et de M. Saltmarsh. Ils contiennent beaucoup d’excellentes choses, et c’est ce qui les rend plus dangereux. Oh ! soyez avertis à temps ! Ne jouez pas avec le feu. Ne mettez pas la main “sur le trou de la vipère”. Je vous en supplie, gardez-vous de l’esprit de parti. Que votre amour ou votre bienfaisance ne se borne pas aux seuls méthodistes, comme on les appelle ; encore moins à cette très petite partie d’entre eux qui semblent être renouvelés dans l’amour ; ou à ceux qui croient ce que vous et eux rapportez. Oh ! n’en faites pas votre “Schibboleth” ! Gardez-vous du quiétisme, qui consiste à cesser, en un mauvais sens, de vos propres œuvres. Pour mentionner un exemple entre beaucoup : “Vous avez reçu, dit l’un, une grande bénédiction. Mais vous avez commencé à en parler, et à faire ceci et cela ; ainsi vous l’avez perdue. Vous auriez dû rester tranquille.”“A. Beware of Antinomianism; making void the law,’ or any part of it, through faith.’ Enthusiasm naturally leads to this; indeed they can scarce be separated. This may steal upon you in a thousand forms, so that you cannot be too watchful against it. Take heed of everything, whether in principle or practice, which has any tendency thereto. Even that great truth, that Christ is the end of the law,’ may betray us into it, if we do not consider that he has adopted every point of the moral law, and grafted it into the law of love. Beware of thinking, ‘Because I am filled with love, I need not have so much holiness. Because I pray always, therefore I need no set time for private prayer. Because I watch always, therefore I need no particular self-examination.’ Let us magnify the law,’ the whole written word, and make it honourable.’ Let this be our voice: I prize thy commandments above gold or precious stones. O what love have I unto thy law! all the day long is my study in it.’ Beware of Antinomian books; particularly the works of Dr. Crisp and Mr. Saltmarsh. They contain many excellent things; and this makes them the more dangerous. O be warned in time! Do not play with fire. Do not put your hand on the hole of a cockatrice’ den. I entreat you, beware of bigotry. Let not your love or beneficence be confined to Methodists, so called, only; much less to that very small part of them who seem to be renewed in love; or to those who believe yours and their report. O make not this your Shibboleth! Beware of stillness; ceasing in a wrong sense from your own works. To mention one instance out of many: You have received,’ says one, a great blessing. But you began to talk of it, and to do this and that; so you lost it. You should have been still.’
« Gardez-vous de la complaisance envers vous-mêmes ; oui, et d’en faire une vertu, en vous moquant du renoncement à soi-même et de la croix prise chaque jour, du jeûne ou de l’abstinence. Gardez-vous de l’esprit de censure, qui consiste à penser ou à appeler ceux qui vous contredisent de quelque manière, soit en jugement, soit en pratique, “aveugles, morts, déchus, ou ennemis de l’œuvre”. Une fois encore, gardez-vous du solifidianisme, qui ne crie rien d’autre que “Croyez, croyez !” et condamne comme ignorants ou légalistes ceux qui parlent d’une manière plus biblique. En certaines saisons, il est vrai, il peut être juste de ne traiter que de la repentance, ou simplement de la foi, ou entièrement de la sainteté ; mais, en général, notre vocation est d’annoncer tout le conseil de Dieu et de prophétiser selon l’analogie de la foi. La parole écrite traite de la justice tout entière et de chacune de ses branches particulières, descendant jusqu’aux plus petites ; comme d’être sobres, courtois, diligents, patients, d’honorer tous les hommes. De même aussi le Saint-Esprit opère la même chose dans nos cœurs, ne créant pas seulement des désirs de sainteté en général, mais nous inclinant fortement à chaque grâce particulière, nous conduisant à chaque partie individuelle de “tout ce qui est aimable”. Et cela avec la plus grande convenance ; car, comme “par les œuvres la foi fut rendue parfaite”, de même l’achèvement ou la destruction de l’œuvre de la foi, et le fait de jouir de la faveur de Dieu ou de subir son déplaisir, dépendent grandement de chaque acte particulier d’obéissance ou de désobéissance.“Beware of self-indulgence; yea, and making a virtue of it, laughing at self-denial, and taking up the cross daily, at fasting or abstinence. Beware of censoriousness; thinking or calling them that anyways oppose you, whether in judgment or practice, blind, dead, fallen, or enemies to the work.’ Once more, beware of Solifidianism; crying nothing but, ‘Believe, believe!’ and condemning those as ignorant or legal who speak in a more scriptural way. At certain seasons, indeed, it may be right to treat of nothing but repentance, or merely of faith, or altogether of holiness; but, in general, our call is to declare the whole counsel of God, and to prophesy according to the analogy of faith. The written word treats of the whole and every particular branch of righteousness, descending to its minutest branches; as to be sober, courteous, diligent, patient, to honour all men. So, likewise, the Holy Spirit works the same in our hearts, not merely creating desires after holiness in general, but strongly inclining us to every particular grace, leading us to every individual part of whatsoever is lovely.’ And this with the greatest propriety: For as by works faith is made perfect; so the completing or destroying the work of faith, and enjoying the favour, or suffering the displeasure, of God, greatly depends on every single act of obedience or disobedience.
« Q. 35. Quel est le quatrième ?“Q. 35. What is the Fourth?
« R. Gardez-vous des péchés d’omission ; ne perdez aucune occasion de faire le bien de quelque espèce que ce soit. Soyez zélés pour les bonnes œuvres ; n’omettez volontairement aucune œuvre, soit de piété, soit de miséricorde. Faites tout le bien que vous pouvez aux corps et aux âmes des hommes. En particulier, “tu auras soin de reprendre ton prochain, mais tu ne te chargeras point d’un péché à cause de lui”. Soyez actifs. Ne donnez aucune place à l’indolence ou à la paresse ; ne donnez pas lieu de dire : “Vous êtes des paresseux, des paresseux !” Beaucoup le diront encore ; mais que tout votre esprit et toute votre conduite réfutent la calomnie. Soyez toujours occupés ; ne perdez pas une miette de temps ; ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde. Et “tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le”. Soyez “lents à parler”, et prudents en parlant. “Celui qui parle beaucoup ne manque pas de pécher.” Ne parlez pas beaucoup, ni longtemps de suite. Peu de gens peuvent converser avec profit plus d’une heure. Tenez-vous le plus loin possible du bavardage pieux, du commérage religieux.“A. Beware of sins of omission; lose no opportunity of doing good in any kind. Be zealous of good works; willingly omit no work, either of piety or mercy. Do all the good you possibly can to the bodies and souls of men. Particularly, thou shalt in anywise reprove thy neighbour, and not suffer sin upon him.’ Be active. Give no place to indolence or sloth; give no occasion to say, Ye are idle, ye are idle.’ Many will say so still; but let your whole spirit and behaviour refute the slander. Be always employed; lose no shred of time; gather up the fragments, that nothing be lost. And whatsoever thy hand findeth to do, do it with thy might. Be slow to speak,’ and wary in speaking. ‘In a multitude of words there wanteth not sin.’ Do not talk much; neither long at a time. Few can converse profitably above an hour. Keep at the utmost distance from pious chit-chat, from religious gossiping.
« Q. 36. Quel est le cinquième ?“Q. 36. What is the Fifth?
« R. Gardez-vous de désirer quoi que ce soit en dehors de Dieu. Maintenant vous ne désirez rien d’autre ; tout autre désir est chassé ; veillez à ce qu’aucun ne rentre. “Conserve-toi pur” ; que votre “œil” demeure “simple, et tout votre corps sera éclairé”. N’admettez aucun désir d’une nourriture agréable, ni d’aucun autre plaisir des sens ; aucun désir de plaire à l’œil ou à l’imagination par quelque chose de grandiose, de nouveau ou de beau ; aucun désir d’argent, de louange ou d’estime ; de bonheur dans aucune créature. Vous pouvez ramener ces désirs ; mais vous n’y êtes pas obligés ; vous n’avez plus besoin de les sentir. Oh ! demeurez fermes dans la liberté par laquelle Christ vous a affranchis.“A. Beware of desiring anything but God. Now you desire nothing else; every other desire is driven out; see that none enter again. Keep thyself pure;’ let your eye’ remain single, and your whole body shall be full of light.’ Admit no desire of pleasing food, or any other pleasure of sense; no desire of pleasing the eye or the imagination, by anything grand, or new, or beautiful; no desire of money, of praise, or esteem; of happiness in any creature. You may bring these desires back; but you need not; you need feel them no more. O stand fast in the liberty wherewith Christ hath made you free.
« Soyez des modèles pour tous dans le renoncement à vous-mêmes et dans la croix prise chaque jour. Qu’ils voient que vous ne faites aucun cas d’un plaisir qui ne vous rapproche pas de Dieu, ni d’une douleur qui vous en rapproche ; que vous ne visez simplement qu’à lui plaire, soit en agissant, soit en souffrant ; que le langage constant de votre cœur, à l’égard du plaisir ou de la douleur, de l’honneur ou du déshonneur, des richesses ou de la pauvreté, est : “Tout m’est égal, pourvu que / dans mon Seigneur je puisse vivre et mourir !”“Be patterns to all, of denying yourselves, and taking up your cross daily. Let them see that you make no account of any pleasure which does not bring you nearer to God, nor regard any pain which does; that you simply aim at pleasing him, whether by doing or suffering; that the constant language of your heart, with regard to pleasure or pain, honour or dishonour, riches or poverty, is, All’s alike to me, so I In my Lord may live and die!’
Q. 37. Quel est le sixième ?Q. 37. What is the Sixth?
« R. Gardez-vous du schisme, de faire une déchirure dans l’Église de Christ. Cette désunion intérieure, lorsque les membres cessent d’avoir “un soin réciproque les uns des autres” (1 Corinthiens 12.25), est la racine même de toute dispute et de toute séparation extérieure. Gardez-vous de tout ce qui y tend. Gardez-vous d’un esprit de division ; fuyez tout ce qui en a la moindre apparence. C’est pourquoi ne dites pas : “Moi, je suis de Paul ! et moi, d’Apollos !”, la chose même qui occasionna le schisme de Corinthe. Ne dites pas : “Voici mon prédicateur, le meilleur prédicateur d’Angleterre. Donnez-le-moi, et prenez tous les autres.” Tout cela tend à engendrer ou à fomenter la division, à désunir ceux que Dieu a unis. Ne méprisez ni ne dénigrez aucun prédicateur ; n’en élevez aucun au-dessus des autres, de peur de nuire à la fois à lui et à la cause de Dieu. D’autre part, ne soyez dur envers personne à cause de quelque incohérence ou inexactitude d’expression ; non, ni pour quelques erreurs, même si c’en étaient vraiment.“A. Beware of schism, of making a rent in the Church of Christ. That inward disunion, the members ceasing to have a reciprocal love one for another,’ (1 Cor. 12:25,) is the very root of all contention, and every outward separation. Beware of everything tending thereto. Beware of a dividing spirit; shun whatever has the least aspect that way. Therefore, say not, I am of Paul or of Apollos;’ the very thing which occasioned the schism at Corinth. Say not, This is my Preacher; the best Preacher in England. Give me him, and take all the rest.’ All this tends to breed or foment division, to disunite those whom God hath joined. Do not despise or run down any Preacher; do not exalt any one above the rest, lest you hurt both him and the cause of God. On the other hand, do not bear hard upon any by reason of some incoherency or inaccuracy of expression; no, nor for some mistakes, were they really such.
« De même, si vous voulez éviter le schisme, observez toutes les règles de la Société et des Bandes, par motif de conscience. Ne manquez jamais la réunion de votre Classe ou de votre Bande ; ne vous absentez jamais d’aucune réunion publique. Ce sont là les nerfs mêmes de notre Société ; et tout ce qui affaiblit, ou tend à affaiblir, notre estime pour elles, ou notre exactitude à y assister, frappe à la racine même de notre communauté. Comme dit quelqu’un : “Cette partie de notre organisation, les réunions privées hebdomadaires pour la prière, l’examen et l’exhortation particulière, a été le plus grand moyen d’approfondir et d’affermir toute bénédiction reçue par la parole prêchée, et de la répandre à d’autres qui ne pouvaient assister au ministère public ; tandis que, sans ce lien et ce commerce religieux, les efforts les plus ardents, par la seule prédication, n’ont été d’aucune utilité durable.”“Likewise, if you would avoid schism, observe every rule of the Society, and of the Bands, for conscience’ sake. Never omit meeting your Class or Band; never absent yourself from any public meeting. These are the very sinews of our Society; and whatever weakens, or tends to weaken, our regard for these, or our exactness in attending them, strikes at the very root of our community. As one saith, That part of our economy, the private weekly meetings for prayer, examination, and particular exhortation, has been the greatest means of deepening and confirming every blessing that was received by the word preached, and of diffusing it to others, who could not attend the public ministry; whereas, without this religious connexion and intercourse, the most ardent attempts, by mere preaching, have proved of no lasting use.’
« Ne permettez pas une seule pensée de vous séparer de vos frères, que leurs opinions s’accordent avec les vôtres ou non. Ne rêvez pas que quelqu’un pèche en ne vous croyant pas, en ne vous prenant pas au mot ; ou que telle ou telle opinion est essentielle à l’œuvre, et que les deux doivent tenir ou tomber ensemble. Gardez-vous de l’impatience devant la contradiction. Ne condamnez pas et ne jugez pas durement ceux qui ne peuvent voir exactement comme vous voyez, ou qui jugent de leur devoir de vous contredire, que ce soit dans une grande chose ou dans une petite. Je crains que certains d’entre nous n’aient jugé durement d’autres simplement parce qu’ils contredisaient ce que nous affirmions. Tout cela tend à la division ; et par tout ce qui est de ce genre, nous leur enseignons une mauvaise leçon contre nous-mêmes.“Suffer not one thought of separating from your brethren, whether their opinions agree with yours or not. Do not dream that any man sins in not believing you, in not taking your word; or that this or that opinion is essential to the work, and both must stand or fall together. Beware of impatience of contradiction. Do not condemn or think hardly of those who cannot see just as you see, or who judge it their duty to contradict you, whether in a great thing or a small. I fear some of us have thought hardly of others, merely because they contradicted what we affirmed. All this tends to division; and, by everything of this kind, we are teaching them an evil lesson against ourselves.
« Oh ! gardez-vous de la susceptibilité, de l’irritabilité, de ne pas supporter qu’on vous parle ; de sursauter au moindre mot ; et de fuir ceux qui ne reçoivent pas implicitement mes paroles ou celles d’un autre !“O beware of touchiness, of testiness, not bearing to be spoken to; starting at the least word; and flying from those who do not implicitly receive mine or another’s sayings!
« Attendez-vous à la contradiction et à l’opposition, ainsi qu’à des croix de diverses sortes. Considérez les paroles de saint Paul : “Il vous a été fait la grâce, par rapport à Christ” — pour l’amour de lui, comme fruit de sa mort et de son intercession pour vous —, “non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui” (Philippiens 1.29). Il vous a été fait la grâce ! Dieu vous donne cette opposition ou cet opprobre ; c’est un nouveau gage de son amour. Et renierez-vous le Donateur, ou mépriserez-vous son don, et le compterez-vous pour un malheur ? Ne direz-vous pas plutôt : “Père, l’heure est venue où tu dois être glorifié ; maintenant tu donnes à ton enfant de souffrir quelque chose pour toi ; fais de moi selon ta volonté” ? Sachez que ces choses, loin d’être des obstacles à l’œuvre de Dieu ou à votre âme, à moins que ce ne soit par votre propre faute, sont non seulement inévitables dans le cours de la Providence, mais profitables, oui, nécessaires pour vous. Recevez-les donc de Dieu (non du hasard) de bon cœur, avec reconnaissance. Recevez-les des hommes avec humilité, douceur, souplesse, bienveillance, aménité. Pourquoi même votre apparence extérieure et vos manières ne seraient-elles pas douces ? Souvenez-vous du caractère de Lady Cutts : “On disait de l’empereur romain Titus : Jamais personne ne le quitta mécontent. Mais on pouvait dire d’elle : Jamais personne n’alla mécontent vers elle ; tant tous étaient assurés de l’accueil aimable et favorable qu’ils trouveraient auprès d’elle.”“Expect contradiction and opposition, together with crosses of various kinds. Consider the words of St. Paul: To you it is given, in the behalf of Christ,’—for his sake, as a fruit of his death and intercession for you,—not only to believe, but also to suffer for his sake.’ (Phil. 1:29.) It is given! God gives you this opposition or reproach; it is a fresh token of his love. And will you disown the Giver; or spurn his gift, and count it a misfortune? Will you not rather say, Father, the hour is come, that thou shouldest be glorified: Now thou givest thy child to suffer something for thee: Do with me according to thy will?’ Know that these things, far from being hinderances to the work of God, or to your soul, unless by your own fault, are not only unavoidable in the course of Providence, but profitable, yea, necessary, for you. Therefore, receive them from God (not from chance) with willingness, with thankfulness. Receive them from men with humility, meekness, yieldingness, gentleness, sweetness. Why should not even your outward appearance and manner be soft? Remember the character of Lady Cutts: It was said of the Roman Emperor Titus, Never any one came displeased from him. But it might be said of her, Never any one went displeased to her: So secure were all of the kind and favourable reception which they would meet with from her.’
« Gardez-vous de tenter d’autres personnes à se séparer de vous. Ne donnez aucun sujet de scandale qui puisse être évité ; veillez à ce que votre pratique soit en toutes choses conforme à votre profession, faisant honorer la doctrine de Dieu notre Sauveur. Soyez particulièrement prudents en parlant de vous-mêmes. Vous ne pouvez certes nier l’œuvre de Dieu ; mais parlez-en, quand vous y êtes appelés, de la manière la plus inoffensive possible. Évitez tous les mots magnifiques et pompeux ; en vérité, vous n’avez pas besoin de lui donner un nom général : ni perfection, ni sanctification, ni seconde bénédiction, ni le fait d’y être parvenu. Parlez plutôt des choses particulières que Dieu a opérées en vous. Vous pouvez dire : “À tel moment j’ai senti un changement que je ne suis pas capable d’exprimer ; et depuis ce moment je n’ai senti ni orgueil, ni volonté propre, ni colère, ni incrédulité, ni rien d’autre qu’une plénitude d’amour pour Dieu et pour tout le genre humain.” Et répondez avec modestie et simplicité à toute autre question claire qui vous est posée.“Beware of tempting others to separate from you. Give no offence which can possibly be avoided; see that your practice be in all things suitable to your profession, adorning the doctrine of God our Saviour. Be particularly careful in speaking of yourself: You may not, indeed, deny the work of God; but speak of it, when you are called thereto, in the most inoffensive manner possible. Avoid all magnificent, pompous words; indeed, you need give it no general name; neither perfection, sanctification, the second blessing, nor the having attained. Rather speak of the particulars which God has wrought for you. You may say, At such a time I felt a change which I am not able to express; and since that time, I have not felt pride, or self-will, or anger, or unbelief; nor anything but a fulness of love to God and to all mankind.’ And answer any other plain question that is asked with modesty and simplicity.
« Et si l’un de vous venait un jour à déchoir de ce qu’il est maintenant, s’il sentait de nouveau l’orgueil ou l’incrédulité, ou quelque disposition dont il est maintenant délivré, ne le niez pas, ne le cachez pas, ne le déguisez en aucune manière, au péril de votre âme. En tout cas, allez vers quelqu’un en qui vous pouvez avoir confiance, et dites exactement ce que vous ressentez. Dieu le rendra capable de dire une parole à propos, qui sera la santé de votre âme. Et assurément Il relèvera de nouveau votre tête, et fera se réjouir les os qu’il a brisés.“And if any of you should at any time fall from what you now are, if you should again feel pride or unbelief, or any temper from which you are now delivered; do not deny, do not hide, do not disguise it at all, at the peril of your soul. At all events go to one in whom you can confide, and speak just what you feel. God will enable him to speak a word in season, which shall be health to your soul. And surely He will again lift up your head, and cause the bones that have been broken to rejoice.
« Q. 38. Quel est le dernier conseil que vous leur donneriez ?“Q. 38. What is the last advice that you would give them?
« R. Soyez exemplaires en toutes choses ; particulièrement dans les choses extérieures (comme dans l’habillement), dans les petites choses, dans l’emploi de votre argent (en évitant toute dépense inutile), dans un sérieux profond et constant, et dans la solidité et l’utilité de toute votre conversation. Ainsi vous serez “une lampe qui brille dans un lieu obscur”. Ainsi vous “croîtrez” chaque jour “dans la grâce”, jusqu’à ce que “l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur Jésus-Christ vous soit pleinement accordée”.“A. Be exemplary in all things; particularly in outward things, (as in dress,) in little things, in the laying out of your money, (avoiding every needless expense,) in deep, steady seriousness, and in the solidity and usefulness of all your conversation. So shall you be a light shining in a dark place.’ So shall you daily grow in grace,’ till ‘an entrance be ministered unto you abundantly into the everlasting kingdom of our Lord Jesus Christ.’
« La plupart des conseils précédents sont fortement appuyés par les réflexions suivantes, que je recommande à votre considération profonde et fréquente, après les saintes Écritures :“Most of the preceding advices are strongly enforced in the following reflections; which I recommend to your deep and frequent consideration, next to the holy Scriptures:—
« (1) La mer est une excellente figure de la plénitude de Dieu et de celle du bienheureux Esprit. Car, comme les fleuves retournent tous à la mer, ainsi les corps, les âmes et les bonnes œuvres des justes retournent en Dieu, pour y vivre dans son repos éternel.“(1.) The sea is an excellent figure of the fulness of God, and that of the blessed Spirit. For as the rivers all return into the sea; so the bodies, the souls, and the good works of the righteous, return into God, to live there in his eternal repose.
« Bien que toutes les grâces de Dieu dépendent de sa pure bonté, il lui plaît néanmoins généralement de les attacher aux prières, aux instructions et à la sainteté de ceux avec qui nous sommes. Par de fortes quoique invisibles attractions, Il attire certaines âmes par leur commerce avec d’autres.“Although all the graces of God depend on his mere bounty, yet is He pleased generally to attach them to the prayers, the instructions, and the holiness of those with whom we are. By strong though invisible attractions He draws some souls through their intercourse with others.
« Les sympathies formées par la grâce surpassent de beaucoup celles que forme la nature.“The sympathies formed by grace far surpass those formed by nature.
« Les âmes vraiment pieuses montrent que les passions découlent aussi naturellement du véritable amour que du faux ; tant elles sont profondément sensibles aux biens et aux maux de ceux qu’elles aiment pour l’amour de Dieu. Mais cela ne peut être compris que par ceux qui entendent le langage de l’amour.“The truly devout show that passions as naturally flow from true as from false love; so deeply sensible are they of the goods and evils of those whom they love for God’s sake. But this can only be comprehended by those who understand the language of love.
« Le fond de l’âme peut être en repos, même pendant que nous sommes dans beaucoup de troubles extérieurs, de même que le fond de la mer est calme, tandis que la surface est fortement agitée.“The bottom of the soul may be in repose, even while we are in many outward troubles; just as the bottom of the sea is calm, while the surface is strongly agitated.
« Les meilleures aides pour croître dans la grâce sont les mauvais traitements, les affronts et les pertes qui nous arrivent. Nous devons les recevoir avec toute reconnaissance, comme préférables à toutes les autres, ne fût-ce que pour cette raison : notre volonté n’y a aucune part.“The best helps to growth in grace are the ill usage, the affronts, and the losses which befall us. We should receive them with all thankfulness, as preferable to all others, were it only on this account,—that our will has no part therein.
« Le moyen le plus prompt d’échapper à nos souffrances, c’est de consentir à ce qu’elles durent aussi longtemps qu’il plaira à Dieu.“The readiest way to escape from our sufferings is, to be willing they should endure as long as God pleases.
« Si nous souffrons la persécution et l’affliction de la bonne manière, nous atteignons une plus grande mesure de conformité à Christ, par le bon usage d’une seule de ces occasions, que nous n’aurions pu le faire simplement en imitant sa miséricorde dans une abondance de bonnes œuvres.“If we suffer persecution and affliction in a right manner, we attain a larger measure of conformity to Christ, by a due improvement of one of these occasions, than we could have done merely by imitating his mercy, in abundance of good works.
« L’une des plus grandes preuves de l’amour de Dieu envers ceux qui l’aiment est de leur envoyer des afflictions, avec la grâce de les supporter.“One of the greatest evidences of God’s love to those that love him is, to send them afflictions, with grace to bear them.
« Même dans les plus grandes afflictions, nous devons témoigner à Dieu qu’en les recevant de sa main nous ressentons du plaisir au milieu de la douleur, parce que nous sommes affligés par Celui qui nous aime et que nous aimons.“Even in the greatest afflictions, we ought to testify to God, that, in receiving them from his hand, we feel pleasure in the midst of the pain, from being afflicted by Him who loves us, and whom we love.
« Le moyen le plus prompt que Dieu emploie pour attirer un homme à lui est de l’affliger dans ce qu’il aime le plus, et avec raison ; et de faire naître cette affliction de quelque bonne action faite avec un œil simple ; car rien ne peut lui montrer plus clairement le néant de ce qu’il y a de plus aimable et de plus désirable dans le monde.“The readiest way which God takes to draw a man to himself is, to afflict him in that he loves most, and with good reason; and to cause this affliction to arise from some good action done with a single eye; because nothing can more clearly show him the emptiness of what is most lovely and desirable in the world.
« (2) La vraie résignation consiste dans une parfaite conformité à toute la volonté de Dieu, qui veut et fait tout (excepté le péché) ce qui arrive dans le monde. Pour cela, nous n’avons qu’à embrasser tous les événements, bons et mauvais, comme sa volonté.“(2.) True resignation consists in a thorough conformity to the whole will of God; who wills and does all (excepting sin) which comes to pass in the world. In order to this we have only to embrace all events, good and bad, as His will.
« Dans les plus grandes afflictions qui puissent arriver aux justes, soit du ciel, soit de la terre, ils demeurent inébranlables dans la paix et parfaitement soumis à Dieu, par un regard intérieur et aimant vers Lui, qui unit en un seul toutes les puissances de leurs âmes.“In the greatest afflictions which can befall the just, either from heaven or earth, they remain immovable in peace, and perfectly submissive to God, by an inward, loving regard to Him, uniting in one all the powers of their souls.
« Nous devons souffrir tranquillement tout ce qui nous arrive, supporter les défauts des autres et les nôtres, les confesser à Dieu dans la prière secrète, ou par des soupirs inexprimables ; mais ne jamais dire une parole aigre ou chagrine, ni murmurer ni nous plaindre ; mais être pleinement disposés à ce que Dieu vous traite de la manière qui lui plaît. Nous sommes ses agneaux, et nous devons donc être prêts à souffrir, même jusqu’à la mort, sans nous plaindre.“We ought quietly to suffer whatever befals us, to bear the defects of others and our own, to confess them to God in secret prayer, or with groans which cannot be uttered; but never to speak a sharp or peevish word, nor to murmur or repine; but thoroughly willing that God should treat you in the manner that pleases him. We are his lambs, and therefore ought to be ready to suffer, even to the death, without complaining.
« Nous devons supporter ceux que nous ne pouvons corriger, et nous contenter de les offrir à Dieu. C’est là la vraie résignation. Et puisqu’Il a porté nos infirmités, nous pouvons bien porter celles les uns des autres pour l’amour de Lui.“We are to bear with those we cannot amend, and to be content with offering them to God. This is true resignation. And since He has borne our infirmities, we may well bear those of each other for His sake.
« Tout abandonner, se dépouiller de tout, pour chercher et suivre Jésus-Christ nu jusqu’à Bethléhem, où il naquit ; nu jusqu’au prétoire où il fut flagellé ; et nu jusqu’au Calvaire, où il mourut sur la croix, est une si grande miséricorde que ni la chose elle-même ni sa connaissance ne sont données à personne, sinon par la foi au Fils de Dieu.“To abandon all, to strip one’s self of all, in order to seek and to follow Jesus Christ naked to Bethlehem, where he was born; naked to the hall where he was scourged; and naked to Calvary, where he died on the cross, is so great a mercy, that neither the thing, nor the knowledge of it is given to any, but through faith in the Son of God.
« (3) Il n’y a pas d’amour de Dieu sans patience, ni de patience sans humilité et douceur d’esprit.“(3.) There is no love of God without patience, and no patience without lowliness and sweetness of spirit.
« L’humilité et la patience sont les preuves les plus sûres de l’accroissement de l’amour.“Humility and patience are the surest proofs of the increase of love.
« L’humilité seule unit la patience à l’amour ; sans elle il est impossible de tirer profit de la souffrance, ou même d’éviter la plainte, surtout lorsque nous pensons n’avoir donné aucune occasion à ce que les hommes nous font souffrir.“Humility alone unites patience with love; without which it is impossible to draw profit from suffering; or indeed, to avoid complaint, especially when we think we have given no occasion for what men make us suffer.
« La vraie humilité est une sorte d’anéantissement de soi-même ; et c’est là le centre de toutes les vertus.“True humility is a kind of self-annihilation; and this is the centre of all virtues.
« Une âme revenue à Dieu doit être attentive à tout ce qui lui est dit en matière de salut, avec le désir d’en profiter.“A soul returned to God ought to be attentive to everything which is said to him, on the head of salvation, with a desire to profit thereby.
« Des péchés que Dieu a pardonnés, qu’il ne reste rien sinon une humilité plus profonde dans le cœur, et une règle plus stricte dans nos paroles, dans nos actions et dans nos souffrances.“Of the sins which God has pardoned, let nothing remain but a deeper humility in the heart, and a stricter regulation in our words, in our actions, and in our sufferings.
« (4) Supporter les hommes et souffrir les maux avec douceur et en silence, c’est là le résumé de la vie chrétienne.“(4.) The bearing men, and suffering evils in meekness and silence, is the sum of a Christian life.
« Dieu est le premier objet de notre amour ; son office suivant est de supporter les défauts des autres. Et nous devons commencer à le pratiquer au milieu de notre propre maison.“God is the first object of our love: Its next office is, to bear the defects of others. And we should begin the practice of this amidst our own household.
« Nous devons exercer notre amour principalement envers ceux qui heurtent le plus soit notre manière de penser, soit notre humeur, soit nos connaissances, soit le désir que nous avons que les autres soient aussi vertueux que nous souhaitons l’être nous-mêmes.“We should chiefly exercise our love towards them who most shock either our way of thinking, or our temper, or our knowledge, or the desire we have, that others should be as virtuous as we wish to be ourselves.
« (5) Dieu ne donne guère son Esprit, même à ceux qu’il a affermis dans la grâce, s’ils ne le lui demandent en toute occasion, non pas une seule fois, mais bien des fois.“(5.) God hardly gives his Spirit even to those whom he has established in grace, if they do not pray for it on all occasions, not only once, but many times.
« Dieu ne fait rien qu’en réponse à la prière ; et même ceux qui se sont convertis à Dieu sans avoir prié eux-mêmes pour cela (ce qui est extrêmement rare) n’étaient pas sans les prières des autres. Chaque nouvelle victoire que remporte une âme est l’effet d’une nouvelle prière.“God does nothing but in answer to prayer; and even they who have been converted to God without praying for it themselves, (which is exceeding rare,) were not without the prayers of others. Every new victory which a soul gains is the effect of a new prayer.
« En toute occasion d’inquiétude, nous devons nous retirer pour prier, afin de laisser place à la grâce et à la lumière de Dieu, puis prendre nos résolutions, sans être en peine du succès qu’elles pourront avoir.“On every occasion of uneasiness, we should retire to prayer, that we may give place to the grace and light of God and then form our resolutions, without being in any pain about what success they may have.
Dans les plus grandes tentations, un seul regard vers Christ, et le simple fait de prononcer son nom, suffit à vaincre le malin, pourvu que cela se fasse avec confiance et calme d’esprit.In the greatest temptations, a single look to Christ, and the barely pronouncing his name, suffices to overcome the wicked one, so it be done with confidence and calmness of spirit.
Le commandement de Dieu de « prier sans cesse » est fondé sur le besoin que nous avons de sa grâce pour conserver la vie de Dieu dans l’âme, laquelle ne peut pas plus subsister un instant sans elle que le corps sans air. Que nous pensions à Dieu ou que nous lui parlions, que nous agissions ou que nous souffrions pour lui, tout est prière, lorsque nous n’avons d’autre objet que son amour et le désir de lui plaire.God’s command to pray without ceasing’ is founded on the necessity we have of his grace to preserve the life of God in the soul, which can no more subsist one moment without it, than the body can without air. Whether we think of, or speak to, God, whether we act or suffer for him, all is prayer, when we have no other object than his love, and the desire of pleasing him.
« Tout ce que fait un chrétien, même en mangeant et en dormant, est prière, lorsque cela se fait avec simplicité, selon l’ordre de Dieu, sans y rien ajouter ni en rien retrancher par son propre choix.“All that a Christian does, even in eating and sleeping, is prayer, when it is done in simplicity, according to the order of God, without either adding to or diminishing from it by his own choice.
« La prière continue dans le désir du cœur, bien que l’intelligence soit occupée de choses extérieures.“Prayer continues in the desire of the heart, though the understanding be employed on outward things.
« Dans les âmes remplies d’amour, le désir de plaire à Dieu est une prière continuelle.“In souls filled with love, the desire to please God is a continual prayer.
« Comme la haine furieuse que le diable nous porte est appelée le rugissement d’un lion, ainsi notre amour véhément peut être appelé un cri vers Dieu.“As the furious hate which the devil bears us is termed the roaring of a lion, so our vehement love may be termed crying after God.
« Dieu demande seulement à ses enfants adultes que leurs cœurs soient vraiment purifiés, et qu’ils lui offrent continuellement les souhaits et les vœux qui naissent naturellement de l’amour parfait. Car ces désirs, étant les fruits authentiques de l’amour, sont les prières les plus parfaites qui puissent en jaillir.“God only requires of his adult children, that their hearts be truly purified, and that they offer him continually the wishes and vows that naturally spring from perfect love. For these desires, being the genuine fruits of love, are the most perfect prayers that can spring from it.
(6) On peut à peine concevoir combien est étroit le chemin par lequel Dieu conduit ceux qui le suivent, et combien nous devons dépendre de lui, à moins que nous ne manquions de fidélité envers lui.(6.) It is scarce conceivable how strait the way is wherein God leads them that follow him; and how dependent on him we must be, unless we are wanting in our faithfulness to him.
« Il est à peine croyable de quelle grande conséquence sont devant Dieu les plus petites choses, et quels grands inconvénients suivent parfois celles qui paraissent être des fautes légères.“It is hardly credible of how great consequence before God the smallest things are; and what great inconveniences some times follow those which appear to be light faults.
Comme un tout petit peu de poussière dérègle une horloge, et le moindre grain de sable obscurcit notre vue, ainsi le moindre grain de péché qui est sur le cœur empêche son juste mouvement vers Dieu.As a very little dust will disorder a clock, and the least sand will obscure our sight, so the least grain of sin which is upon the heart will hinder its right motion towards God.
« Nous devons être à l’église comme les saints sont au ciel, et à la maison comme les hommes les plus saints sont à l’église ; faisant notre travail à la maison comme nous prions à l’église ; adorant Dieu du fond du cœur.“We ought to be in the church as the saints are in heaven, and in the house as the holiest men are in the church; doing our work in the house as we pray in the church; worshipping God from the ground of the heart.
« Nous devons travailler continuellement à retrancher toutes les choses inutiles qui nous entourent ; et Dieu retranche d’ordinaire les superfluités de nos âmes dans la même proportion que nous retranchons celles de nos corps.“We should be continually labouring to cut off all the useless things that surround us; and God usually retrenches the superfluities of our souls in the same proportion as we do those of our bodies.
« Le meilleur moyen de résister au diable est de détruire tout ce qui reste du monde en nous, afin d’élever pour Dieu, sur ses ruines, un édifice tout d’amour. Alors nous commencerons, dans cette vie passagère, à aimer Dieu comme nous l’aimerons dans l’éternité.“The best means of resisting the devil is, to destroy whatever of the world remains in us, in order to raise for God, upon its ruins, a building all of love. Then shall we begin, in this fleeting life, to love God as we shall love him in eternity.
« Nous concevons à peine combien il est facile de dérober à Dieu ce qui lui est dû, dans notre amitié avec les personnes les plus vertueuses, jusqu’à ce que la mort nous les arrache. Mais si cette perte produit une tristesse durable, c’est une preuve claire que nous avions auparavant deux trésors, entre lesquels nous partagions notre cœur.“We scarce conceive how easy it is to rob God of his due, in our friendship with the most virtuous persons, until they are torn from us by death. But if this loss produce lasting sorrow, that is a clear proof that we had before two treasures, between which we divided our heart.
« (7) Si, après avoir renoncé à tout, nous ne veillons pas sans cesse et ne supplions pas Dieu d’accompagner notre vigilance de la sienne, nous serons de nouveau enlacés et vaincus.“(7.) If, after having renounced all, we do not watch incessantly, and beseech God to accompany our vigilance with his, we shall be again entangled and overcome.
« Comme les vents les plus dangereux peuvent entrer par de petites ouvertures, ainsi le diable n’entre jamais plus dangereusement que par de petits incidents inaperçus, qui semblent n’être rien, mais qui ouvrent insensiblement le cœur à de grandes tentations.“As the most dangerous winds may enter at little openings, so the devil never enters more dangerously than by little unobserved incidents, which seem to be nothing, yet insensibly open the heart to great temptations.
« Il est bon de nous renouveler de temps en temps en examinant de près l’état de nos âmes, comme si nous ne l’avions jamais fait auparavant ; car rien ne contribue davantage à la pleine assurance de la foi que de nous maintenir par ce moyen dans l’humilité et dans l’exercice de toutes les bonnes œuvres.“It is good to renew ourselves, from time to time, by closely examining the state of our souls, as if we had never done it before; for nothing tends more to the full assurance of faith, than to keep ourselves by this means in humility, and the exercise of all good works.
« À une vigilance et à une prière continuelles doit s’ajouter une occupation continuelle. Car la grâce a horreur du vide tout comme la nature ; et le diable remplit tout ce que Dieu ne remplit pas.“To continual watchfulness and prayer ought to be added continual employment. For grace flies a vacuum as well as nature; and the devil fills whatever God does not fill.
« Il n’y a pas de fidélité comparable à celle qui doit exister entre un conducteur des âmes et la personne qu’il dirige. Ils doivent continuellement se regarder l’un l’autre en Dieu, et s’examiner de près eux-mêmes, pour voir si toutes leurs pensées sont pures et toutes leurs paroles dirigées avec une discrétion chrétienne. Les autres affaires ne sont que les choses des hommes ; mais celles-ci sont particulièrement les choses de Dieu.“There is no faithfulness like that which ought to be between a guide of souls and the person directed by him. They ought continually to regard each other in God, and closely to examine themselves, whether all their thoughts are pure, and all their words directed with Christian discretion. Other affairs are only the things of men; but these are peculiarly the things of God.
« (8) Les paroles de saint Paul, “Nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ! si ce n’est par le Saint-Esprit”, nous montrent la nécessité d’avoir les yeux fixés sur Dieu dans nos bonnes œuvres, et même dans nos moindres pensées, sachant qu’aucune ne lui est agréable sinon celles qu’il forme en nous et avec nous. De là nous apprenons que nous ne pouvons le servir s’il n’use de notre langue, de nos mains et de notre cœur pour faire, par lui-même et par son Esprit, tout ce qu’il veut que nous fassions.“(8.) The words of St. Paul, No man can call Jesus Lord, but by the Holy Ghost,’ show us the necessity of eyeing God in our good works, and even in our minutest thoughts; knowing that none are pleasing to him, but those which he forms in us and with us. From hence we learn that we cannot serve him, unless he use our tongue, hands, and heart, to do by himself and his Spirit whatever he would have us to do.
« Si nous n’étions pas totalement impuissants, nos bonnes œuvres seraient notre propriété ; tandis que maintenant elles appartiennent entièrement à Dieu, parce qu’elles procèdent de lui et de sa grâce. En élevant nos œuvres et en les rendant toutes divines, il s’honore lui-même en nous par elles.“If we were not utterly impotent, our good works would be our own property; whereas now they belong wholly to God, because they proceed from him and his grace: While raising our works, and making them all divine, he honours himself in us through them.
« L’une des principales règles de la religion est de ne perdre aucune occasion de servir Dieu. Et, puisqu’il est invisible à nos yeux, nous devons le servir dans notre prochain ; ce qu’il reçoit comme si cela était fait à lui-même en personne, se tenant visiblement devant nous.“One of the principal rules of religion is, to lose no occasion of serving God. And, since he is invisible to our eyes, we are to serve him in our neighbour; which he receives as if done to himself in person, standing visibly before us.
« Dieu n’aime pas les hommes inconstants, ni les bonnes œuvres interrompues. Rien ne lui est agréable, sinon ce qui a quelque ressemblance avec sa propre immutabilité.“God does not love men that are inconstant, nor good works that are intermitted. Nothing is pleasing to him, but what has a resemblance of his own immutability.
« Une attention constante à l’œuvre que Dieu nous confie est une marque de piété solide.“A constant attention to the work which God entrusts us with is a mark of solid piety.
« L’amour jeûne quand il le peut, et autant qu’il le peut. Il conduit à toutes les ordonnances de Dieu, et s’emploie à toutes les œuvres extérieures dont il est capable. Il vole, pour ainsi dire, comme Élie à travers la plaine, pour trouver Dieu sur sa sainte montagne.“Love fasts when it can, and as much as it can. It leads to all the ordinances of God, and employs itself in all the outward works whereof it is capable. It flies, as it were, like Elijah over the plain, to find God upon his holy mountain.
« Dieu est si grand qu’il communique de la grandeur à la moindre chose faite pour son service.“God is so great, that he communicates greatness to the least thing that is done for his service.
« Heureux ceux qui sont malades, oui, ou qui perdent la vie, pour avoir fait une bonne œuvre.“Happy are they who are sick, yea, or lose their life, for having done a good work.
« Dieu cache souvent la part que ses enfants ont dans la conversion d’autres âmes. Cependant on peut dire hardiment que la personne qui gémit longtemps devant lui pour la conversion d’une autre est, chaque fois que cette âme se convertit à Dieu, l’une des principales causes de cette conversion.“God frequently conceals the part which his children have in the conversion of other souls. Yet one may boldly say, that person who long groans before him for the conversion of another, whenever that soul is converted to God, is one of the chief causes of it.
« La charité ne peut être pratiquée comme il faut que si, premièrement, nous l’exerçons au moment même où Dieu en donne l’occasion ; et, deuxièmement, si nous nous retirons l’instant d’après pour l’offrir à Dieu par une humble action de grâces. Et cela pour trois raisons : la première, pour lui rendre ce que nous avons reçu de lui ; la deuxième, pour éviter la tentation dangereuse qui naît de la bonté même de ces œuvres ; et la troisième, pour nous unir à Dieu, en qui l’âme se dilate dans la prière, avec toutes les grâces que nous avons reçues et les bonnes œuvres que nous avons faites, afin de puiser en lui une force nouvelle contre les mauvais effets que ces œuvres mêmes peuvent produire en nous, si nous n’usons pas des antidotes que Dieu a établis contre ces poisons. Le vrai moyen d’être rempli de nouveau des richesses de la grâce est de nous en dépouiller ainsi ; et sans cela il est extrêmement difficile de ne pas défaillir dans la pratique des bonnes œuvres.“Charity cannot be practised right, unless, First, we exercise it the moment God gives the occasion; and, Secondly, retire the instant after to offer it to God by humble thanksgiving. And this for three reasons: First, to render him what we have received from him. The Second, to avoid the dangerous temptation which springs from the very goodness of these works. And the Third, to unite ourselves to God, in whom the soul expands itself in prayer, with all the graces we have received, and the good works we have done, to draw from him new strength against the bad effects which these very works may produce in us, if we do not make use of the antidotes which God has ordained against these poisons. The true means to be filled anew with the riches of grace is thus to strip ourselves of it; and without this it is extremely difficult not to grow faint in the practice of good works.
« Les bonnes œuvres ne reçoivent leur dernière perfection que lorsqu’elles se perdent, pour ainsi dire, en Dieu. C’est pour elles une sorte de mort, semblable à celle de nos corps, qui n’atteindront leur vie la plus haute, leur immortalité, que lorsqu’ils se perdront dans la gloire de nos âmes, ou plutôt de Dieu, dont ils seront remplis. Et ce n’est que ce qu’elles avaient de terrestre et de mortel que les bonnes œuvres perdent par cette mort spirituelle.“Good works do not receive their last perfection, till they, as it were, lose themselves in God. This is a kind of death to them, resembling that of our bodies, which will not attain their highest life, their immortality, till they lose themselves in the glory of our souls, or rather of God, wherewith they shall be filled. And it is only what they had of earthly and mortal, which good works lose by this spiritual death.
« Le feu est le symbole de l’amour ; et l’amour de Dieu est le principe et la fin de toutes nos bonnes œuvres. Mais la vérité surpasse la figure ; et le feu de l’amour divin a cet avantage sur le feu matériel qu’il peut remonter à sa source et y élever avec lui toutes les bonnes œuvres qu’il produit. Et par ce moyen il les empêche d’être corrompues par l’orgueil, la vanité ou quelque mauvais mélange. Mais cela ne peut se faire autrement qu’en faisant mourir spirituellement ces bonnes œuvres en Dieu, par une profonde reconnaissance qui plonge l’âme en lui comme dans un abîme, avec tout ce qu’elle est, et toute la grâce et toutes les œuvres dont elle lui est redevable ; une reconnaissance par laquelle l’âme semble s’en vider, afin qu’elles retournent à leur source, comme les fleuves semblent vouloir se vider lorsqu’ils se déversent avec toutes leurs eaux dans la mer.“Fire is the symbol of love; and the love of God is the principle and the end of all our good works. But truth surpasses figure; and the fire of divine love has this advantage over material fire, that it can re-ascend to its source, and raise thither with it all the good works which it produces. And by this means it prevents their being corrupted by pride, vanity, or any evil mixture. But this cannot be done otherwise than by making these good works in a spiritual manner die in God, by a deep gratitude, which plunges the soul in him as in an abyss, with all that it is, and all the grace and works for which it is indebted to him; a gratitude, whereby the soul seems to empty itself of them, that they may return to their source, as rivers seem willing to empty themselves, when they pour themselves with all their waters into the sea.
« Lorsque nous avons reçu quelque faveur de Dieu, nous devons nous retirer, sinon dans notre chambre, du moins dans notre cœur, et dire : “Je viens, Seigneur, te rendre ce que tu m’as donné ; et je m’en dessaisis librement, pour rentrer dans mon propre néant. Car qu’est-ce que la créature la plus parfaite du ciel ou de la terre en ta présence, sinon un vide capable d’être rempli de toi et par toi ; comme l’air, qui est vide et obscur, est capable d’être rempli de la lumière du soleil, qui la retire chaque jour pour la rendre le lendemain, sans qu’il y ait rien dans l’air qui s’approprie cette lumière ou qui lui résiste ? Oh ! donne-moi la même facilité à recevoir et à rendre ta grâce et tes bonnes œuvres ! Je dis tiennes, car je reconnais que la racine d’où elles jaillissent est en toi, et non en moi.” »“When we have received any favour from God, we ought to retire, if not into our closets, into our hearts, and say, I come, Lord, to restore to thee what thou hast given; and I freely relinquish it, to enter again into my own nothingness. For what is the most perfect creature in heaven or earth in thy presence, but a void capable of being filled with thee and by thee; as the air, which is void and dark, is capable of being filled with the light of the sun, who withdraws it every day to restore it the next, there being nothing in the air that either appropriates this light or resists it? O give me the same facility of receiving and restoring thy grace and good works! I say, thine; for I acknowledge the root from which they spring is in thee, and not in me.’”
26. En l’année 1764, après avoir revu tout le sujet, j’écrivis le résumé de ce que j’avais observé dans les courtes propositions suivantes : « (1) Il existe une chose telle que la perfection ; car elle est mentionnée à maintes reprises dans l’Écriture.26. In the year 1764, upon a review of the whole subject, I wrote down the sum of what I had observed in the following short propositions:—“(1.) There is such a thing as perfection; for it is again and again mentioned in Scripture.
« (2) Elle n’est pas aussi précoce que la justification ; car les personnes justifiées doivent “tendre à ce qui est parfait” (Hébreux 6.1).“(2.) It is not so early as justification; for justified persons are to go on unto perfection.’ (Heb. 6:1.)
« (3) Elle n’est pas aussi tardive que la mort ; car saint Paul parle d’hommes vivants qui étaient parfaits (Philippiens 3.15).“(3.) It is not so late as death; for St. Paul speaks of living men that were perfect. (Phil. 3:15.)
« (4) Elle n’est pas absolue. La perfection absolue n’appartient ni à l’homme ni aux anges, mais à Dieu seul.“(4.) It is not absolute. Absolute perfection belongs not to man, nor to angels, but to God alone.
« (5) Elle ne rend pas l’homme infaillible. Nul n’est infaillible tant qu’il demeure dans le corps.“(5.) It does not make a man infallible: None is infallible, while he remains in the body.
« (6) Est-elle sans péché ? Il ne vaut pas la peine de disputer sur un terme. Elle est “le salut du péché”.“(6.) Is it sinless? It is not worth while to contend for a term. It is salvation from sin.’
« (7) Elle est “l’amour parfait” (1 Jean 4.18). C’est là son essence ; ses propriétés, ou fruits inséparables, sont de se réjouir toujours, de prier sans cesse et de rendre grâces en toutes choses (1 Thessaloniciens 5.16 et suiv.).“(7.) It is perfect love.’ (1 John 4:18.) This is the essence of it; its properties, or inseparable fruits, are, rejoicing evermore, praying without ceasing, and in everything giving thanks. (1 Thess. 5:16,&c.)
« (8) Elle peut croître. Elle est si loin de consister en un point indivisible, d’être incapable d’accroissement, que celui qui est rendu parfait dans l’amour peut croître dans la grâce bien plus rapidement qu’auparavant.“(8.) It is improvable. It is so far from lying in an indivisible point, from being incapable of increase, that one perfected in love may grow in grace far swifter than he did before.
« (9) Elle est amissible, c’est-à-dire qu’elle peut être perdue ; nous en avons de nombreux exemples. Mais nous n’en fûmes pleinement convaincus qu’il y a cinq ou six ans.“(9.) It is amissible, capable of being lost; of which we have numerous instances. But we were not thoroughly convinced of this, till five or six years ago.
« (10) Elle est constamment précédée et suivie d’une œuvre graduelle.“(10.) It is constantly both preceded and followed by a gradual work.
« (11) Mais est-elle en elle-même instantanée ou non ? En examinant cela, avançons pas à pas.“(11.) But is it in itself instantaneous or not? In examining this, let us go on step by step.
« Un changement instantané a été opéré chez certains croyants : personne ne peut le nier.“An instantaneous change has been wrought in some believers: None can deny this.
« Depuis ce changement, ils jouissent de l’amour parfait ; ils sentent cela, et cela seul ; ils “se réjouissent toujours, prient sans cesse et rendent grâces en toutes choses”. Or c’est là tout ce que j’entends par perfection ; ils sont donc les témoins de la perfection que je prêche.“Since that change, they enjoy perfect love; they feel this, and this alone; they rejoice evermore, pray without ceasing, and in everything give thanks.’ Now, this is all that I mean by perfection; therefore, these are witnesses of the perfection which I preach.
« “Mais chez certains ce changement n’a pas été instantané.” Ils n’ont pas perçu l’instant où il s’est opéré. Il est souvent difficile de percevoir l’instant où un homme meurt ; pourtant il y a un instant où la vie cesse. Et si jamais le péché cesse, il doit y avoir un dernier moment de son existence, et un premier moment de notre délivrance.“But in some this change was not instantaneous.’ They did not perceive the instant when it was wrought. It is often difficult to perceive the instant when a man dies; yet there is an instant in which life ceases. And if ever sin ceases, there must be a last moment of its existence, and a first moment of our deliverance from it.
« “Mais s’ils ont cet amour maintenant, ils le perdront.” Ils le peuvent ; mais ils n’y sont pas obligés. Et qu’ils le perdent ou non, ils l’ont maintenant ; ils font maintenant l’expérience de ce que nous enseignons. Ils sont maintenant tout amour ; maintenant ils se réjouissent, prient et louent sans cesse.“But if they have this love now, they will lose it.’ They may; but they need not. And whether they do or no, they have it now; they now experience what we teach. They now are all love; they now rejoice, pray, and praise without ceasing.
« “Toutefois, le péché n’est que suspendu en eux ; il n’est pas détruit.” Appelez-le comme il vous plaira. Ils sont tout amour aujourd’hui ; et ils ne s’inquiètent pas du lendemain.“However, sin is only suspended in them; it is not destroyed.’ Call it which you please. They are all love to-day; and they take no thought for the morrow.
« “Mais on a beaucoup abusé de cette doctrine.” De même de celle de la justification par la foi. Mais ce n’est pas une raison pour abandonner ni celle-ci ni aucune autre doctrine biblique. “Quand vous lavez votre enfant, dit quelqu’un, jetez l’eau, mais ne jetez pas l’enfant.”“But this doctrine has been much abused.’ So has that of justification by faith. But that is no reason for giving up either this or any other scriptural doctrine. When you wash your child,’ as one speaks, throw away the water; but do not throw away the child.’
« “Mais ceux qui pensent être sauvés du péché disent qu’ils n’ont pas besoin des mérites de Christ.” Ils disent tout le contraire. Leur langage est : “À chaque instant, Seigneur, j’ai besoin / du mérite de ta mort !” Jamais auparavant ils n’avaient eu une conviction aussi profonde, aussi inexprimable, du besoin de Christ dans tous ses offices, qu’ils l’ont maintenant.“But those who think they are saved from sin say they have no need of the merits of Christ.’ They say just the contrary. Their language is,— Every moment, Lord, I want The merit of thy death!’ They never before had so deep, so unspeakable, a conviction of the need of Christ in all his offices as they have now.
« C’est pourquoi tous nos prédicateurs devraient se faire une règle de prêcher la perfection aux croyants constamment, fortement et explicitement ; et tous les croyants devraient s’attacher à cette seule chose et lutter continuellement pour l’obtenir. »“Therefore, all our Preachers should make a point of preaching perfection to believers constantly, strongly, and explicitly; and all believers should mind this one thing, and continually agonize for it.”
27. J’ai maintenant fait ce que je m’étais proposé. J’ai rendu un compte simple et clair de la manière dont j’ai d’abord reçu la doctrine de la perfection, et du sens dans lequel je l’ai reçue, et dans lequel je la reçois et l’enseigne aujourd’hui. J’ai déclaré le tout et chaque partie de ce que j’entends par cette expression biblique. J’en ai tracé le portrait en pied, sans déguisement ni voile. Et je voudrais maintenant demander à toute personne impartiale : qu’y a-t-il là de si effrayant ? D’où vient toute cette clameur qui, depuis ces vingt ans et plus, s’est élevée dans tout le royaume, comme si tout le christianisme était détruit et toute religion arrachée jusqu’aux racines ? Pourquoi le nom même de perfection a-t-il été rejeté de la bouche des chrétiens ; oui, repoussé et abhorré, comme s’il contenait la plus pernicieuse hérésie ? Pourquoi ses prédicateurs ont-ils été hués comme des chiens enragés, même par des hommes qui craignent Dieu ; bien plus, par certains de leurs propres enfants, quelques-uns de ceux qu’ils avaient, sous Dieu, engendrés par l’Évangile ? Quelle raison y a-t-il à cela, ou quel prétexte ? De raison, de saine raison, il n’y en a point. Il est impossible qu’il y en ait. Mais des prétextes, il y en a, et en grande abondance. En vérité, il y a lieu de craindre que, chez certains qui nous traitent ainsi, ce ne soit que pur prétexte ; que ce ne soit rien de plus qu’une apparence affichée, du commencement à la fin. Ils voulaient, ils cherchaient une occasion contre moi ; et ici ils ont trouvé ce qu’ils cherchaient. « Voilà la doctrine de M. Wesley ! Il prêche la perfection ! » Oui ; pourtant ce n’est pas plus sa doctrine que la vôtre, ou celle de quiconque est ministre de Christ. Car c’est Sa doctrine, particulièrement, expressément la sienne ; c’est la doctrine de Jésus-Christ. Ce sont ses paroles, non les miennes : Esesthe oun teleioi, hosper ho pater hymon ho en tois ouranois teleios esti, « Soyez donc parfaits, comme votre Père qui est dans les cieux est parfait ». Et qui dit : vous ne le serez pas ; ou, du moins, pas avant que votre âme soit séparée du corps ? C’est la doctrine de saint Paul, la doctrine de saint Jacques, de saint Pierre et de saint Jean ; et elle n’est à M. Wesley qu’en tant qu’elle est la doctrine de quiconque prêche l’Évangile pur et entier. Je vous dis, aussi clairement que je puis parler, où et quand je l’ai trouvée. Je l’ai trouvée dans les oracles de Dieu, dans l’Ancien et le Nouveau Testament, lorsque je les lisais sans autre but ni désir que de sauver ma propre âme. Mais, à qui que soit cette doctrine, je vous prie, quel mal y a-t-il en elle ? Regardez-la de nouveau ; examinez-la de tous côtés, et avec la plus grande attention. Sous un aspect, c’est la pureté d’intention, la consécration de toute la vie à Dieu. C’est donner à Dieu tout notre cœur ; c’est un seul désir et un seul dessein gouvernant toutes nos dispositions. C’est consacrer à Dieu, non une partie, mais toute notre âme, notre corps et nos biens. Sous un autre aspect, ce sont tous les sentiments qui étaient en Christ, nous rendant capables de marcher comme Christ a marché. C’est la circoncision du cœur de toute souillure, de toute impureté intérieure aussi bien qu’extérieure. C’est un renouvellement du cœur dans toute l’image de Dieu, la pleine ressemblance de Celui qui l’a créé. Sous un autre encore, c’est aimer Dieu de tout notre cœur, et notre prochain comme nous-mêmes. Or, prenez-la sous celui de ces aspects qu’il vous plaira (car il n’y a pas de différence essentielle), et c’est là toute et l’unique perfection, comme le prouve jusqu’à l’évidence une suite d’écrits, que j’ai crue et enseignée depuis ces quarante ans, de l’année 1725 à l’année 1765.27. I have now done what I proposed. I have given a plain and simple account of the manner wherein I first received the doctrine of perfection, and the sense wherein I received, and wherein I do receive, and teach it to this day. I have declared the whole and every part of what I mean by that scriptural expression. I have drawn the picture of it at full length, without either disguise or covering. And I would now ask any impartial person, What is there so frightful herein? Whence is all this outcry, which, for these twenty years and upwards, has been made throughout the kingdom; as if all Christianity were destroyed, and all religion torn up by the roots? Why is it, that the very name of perfection has been cast out of the mouths of Christians; yea, exploded and abhorred, as if it contained the most pernicious heresy? Why have the Preachers of it been hooted at, like mad dogs, even by men that fear God; nay, and by some of their own children, some whom they, under God, had begotten through the gospel? What reason is there for this, or what pretense? Reason; sound reason, there is none. It is impossible there should. But pretenses there are, and those in great abundance. Indeed, there is ground to fear that, with some who treat us thus, it is mere pretense; that it is no more than a copy of their countenance, from the beginning to the end. They wanted, they sought, occasion against me; and here they found what they sought. “This is Mr. Wesley’s doctrine! He preaches perfection!” He does; yet this is not his doctrine any more than it is yours, or any one’s else, that is a Minister of Christ. For it is His doctrine, peculiarly, emphatically His; it is the doctrine of Jesus Christ. Those are his words, not mine: Esesthe oun teleioi, hosper ho pater hymon ho en tois ouranois teleios esti,—“Ye shall therefore be perfect, as your Father who is in heaven is perfect.” And who says, ye shall not; or, at least, not till your soul is separated from the body? It is the doctrine of St. Paul, the doctrine of St. James, of St. Peter, and St. John; and no otherwise Mr. Wesley’s, than as it is the doctrine of every one who preaches the pure and the whole gospel. I tell you, as plain as I can speak, where and when I found this. I found it in the oracles of God, in the Old and New Testament; when I read them with no other view or desire but to save my own soul. But whosesoever this doctrine is, I pray you, what harm is there in it? Look at it again; survey it on every side, and that with the closest attention. In one view, it is purity of intention, dedicating all the life to God. It is the giving God all our heart; it is one desire and design ruling all our tempers. It is the devoting, not a part, but all our soul, body, and substance to God. In another view, it is all the mind which was in Christ, enabling us to walk as Christ walked. It is the circumcision of the heart from all filthiness, all inward as well as outward pollution. It is a renewal of the heart in the whole image of God, the full likeness of Him that created it. In yet another, it is the loving God with all our heart, and our neighbour as ourselves. Now, take it in which of these views you please, (for there is no material difference,) and this is the whole and sole perfection, as a train of writings prove to a demonstration, which I have believed and taught for these forty years, from the year 1725 to the year 1765.
28. Qu’on laisse donc cette perfection paraître sous sa forme naturelle, et qui pourra dire un seul mot contre elle ? Quelqu’un osera-t-il parler contre le fait d’aimer le Seigneur notre Dieu de tout notre cœur, et notre prochain comme nous-mêmes ? contre un renouvellement du cœur, non seulement en partie, mais dans toute l’image de Dieu ? Qui est celui qui ouvrira la bouche contre le fait d’être purifié de toute souillure de la chair et de l’esprit, ou contre le fait d’avoir tous les sentiments qui étaient en Christ et de marcher en toutes choses comme Christ a marché ? Quel homme, qui se dit chrétien, a l’audace d’objecter à la consécration à Dieu, non d’une partie, mais de toute notre âme, notre corps et nos biens ? Quel homme sérieux s’opposerait à ce qu’on donne à Dieu tout son cœur, et à ce qu’un seul dessein gouverne toutes nos dispositions ? Je le dis encore : qu’on laisse cette perfection paraître sous sa propre forme, et qui la combattra ? Il faut la déguiser avant de pouvoir s’y opposer. Il faut d’abord la couvrir d’une peau d’ours, sinon même les bêtes sauvages du peuple seront à peine amenées à la harceler. Mais quoi que fassent celles-ci, que les enfants de Dieu ne combattent plus contre l’image de Dieu. Que les membres de Christ ne disent rien contre le fait d’avoir tous les sentiments qui étaient en Christ. Que ceux qui sont vivants pour Dieu ne s’opposent pas à la consécration de toute notre vie à Lui. Pourquoi vous, qui avez son amour répandu dans votre cœur, résisteriez-vous à ce qu’on lui donne tout son cœur ? Tout ce qui est en vous ne s’écrie-t-il pas : « Oh ! qui donc, s’il aime, peut aimer assez ? » Quel dommage que ceux qui désirent et se proposent de lui plaire aient quelque autre dessein ou désir ! bien plus, qu’ils redoutent comme une illusion fatale, oui, qu’ils abhorrent comme une abomination devant Dieu, le fait d’avoir ce seul désir et ce seul dessein gouvernant chaque disposition ! Pourquoi des hommes pieux craindraient-ils de consacrer à Dieu toute leur âme, leur corps et leurs biens ? Pourquoi ceux qui aiment Christ tiendraient-ils pour une erreur damnable de penser que nous pouvons avoir tous les sentiments qui étaient en lui ? Nous admettons, nous soutenons, que nous sommes justifiés gratuitement par la justice et le sang de Christ. Et pourquoi êtes-vous si ardents contre nous parce que nous espérons aussi être sanctifiés tout entiers par son Esprit ? Nous n’attendons aucune faveur, ni des serviteurs déclarés du péché, ni de ceux qui n’ont que l’apparence de la piété. Mais jusqu’à quand vous qui adorez Dieu en esprit, qui êtes « circoncis d’une circoncision que la main n’a pas faite », rangerez-vous la bataille contre ceux qui cherchent une entière circoncision du cœur, qui ont soif d’être purifiés « de toute souillure de la chair et de l’esprit », et « d’achever leur sanctification dans la crainte de Dieu » ? Sommes-nous vos ennemis parce que nous attendons une pleine délivrance de cette « affection de la chair qui est inimitié contre Dieu » ? Non ; nous sommes vos frères, vos compagnons d’œuvre dans la vigne de notre Seigneur, vos compagnons dans le royaume et la persévérance de Jésus. Bien que nous confessions ceci (si nous sommes insensés en cela, supportez-nous comme des insensés) : nous espérons aimer Dieu de tout notre cœur, et notre prochain comme nous-mêmes. Oui, nous croyons qu’il purifiera en ce monde les pensées de nos cœurs, par l’inspiration de son Saint-Esprit, de telle sorte que nous l’aimerons parfaitement et que nous magnifierons dignement son saint nom.28. Now let this perfection appear in its native form, and who can speak one word against it? Will any dare to speak against loving the Lord our God with all our heart, and our neighbour as ourselves? against a renewal of heart, not only in part, but in the whole image of God? Who is he that will open his mouth against being cleansed from all pollution both of flesh and spirit; or against having all the mind that was in Christ, and walking in all things as Christ walked? What man, who calls himself a Christian, has the hardiness to object to the devoting, not a part, but all our soul, body, and substance to God? What serious man would oppose the giving God all our heart, and the having one design ruling all our tempers? I say, again, let this perfection appear in its own shape, and who will fight against it? It must be disguised before it can be opposed. It must be covered with a bear-skin first, or even the wild beasts of the people will scarce be induced to worry it. But whatever these do, let not the children of God any longer fight against the image of God. Let not the members of Christ say anything against having the whole mind that was in Christ. Let not those who are alive to God oppose the dedicating all our life to Him. Why should you who have his love shed abroad in your heart withstand the giving him all your heart? Does not all that is within you cry out, “O who that loves can love enough?” What pity that those who desire and design to please him should have any other design or desire! much more, that they should dread, as a fatal delusion, yea, abhor as an abomination to God, the having this one desire and design ruling every temper! Why should devout men be afraid of devoting all their soul, body, and substance to God? Why should those who love Christ count it a damnable error, to think we may have all the mind that was in him? We allow, we contend, that we are justified freely through the righteousness and the blood of Christ. And why are you so hot against us, because we expect likewise to be sanctified wholly through his Spirit? We look for no favour either from the open servants of sin, or from those who have only the form of religion. But how long will you who worship God in spirit, who are “circumcised with the circumcision not made with hands,” set our battle in array against those who seek an entire circumcision of heart, who thirst to be cleansed “from all filthiness of flesh and spirit,” and to “perfect holiness in the fear of God?” Are we your enemies, because we look for a full deliverance from that “carnal mind which is enmity against God?” Nay, we are your brethren, your fellow-labourers in the vineyard of our Lord, your companions in the kingdom and patience of Jesus. Although this we confess, (if we are fools therein, yet as fools bear with us,) we do expect to love God with all our heart, and our neighbour as ourselves. Yea, we do believe, that he will in this world so cleanse the thoughts of our hearts, by the inspiration of his Holy Spirit, that we shall perfectly love him, and worthily magnify his holy name.”
BRÈVES PENSÉES SUR LA PERFECTION CHRÉTIENNEBRIEF THOUGHTS ON CHRISTIAN PERFECTION
QUELQUES pensées me sont venues à l’esprit ce matin au sujet de la perfection chrétienne, et de la manière et du temps de la recevoir, qu’il peut être utile, je crois, de mettre par écrit.SOME thoughts occurred to my mind this morning concerning Christian perfection, and the manner and time of receiving it, which I believe may be useful to set down.
1. Par perfection, j’entends l’amour humble, doux et patient de Dieu et de notre prochain, gouvernant nos dispositions, nos paroles et nos actions.1. By perfection I mean the humble, gentle, patient love of God, and our neighbour, ruling our tempers, words, and actions.
Je n’y inclus pas l’impossibilité d’en déchoir, soit en partie, soit en totalité. C’est pourquoi je rétracte plusieurs expressions de nos hymnes qui en partie expriment, en partie impliquent une telle impossibilité.I do not include an impossibility of falling from it, either in part or in whole. Therefore, I retract several expressions in our Hymns, which partly express, partly imply, such an impossibility.
Et je ne combats pas pour le terme « sans péché », bien que je n’y fasse pas objection.And I do not contend for the term sinless, though I do not object against it.
2. Quant à la manière. Je crois que cette perfection est toujours opérée dans l’âme par un simple acte de foi ; par conséquent, en un instant.2. As to the manner. I believe this perfection is always wrought in the soul by a simple act of faith; consequently, in an instant.
Mais je crois à une œuvre graduelle, qui précède et qui suit cet instant.But I believe a gradual work, both preceding and following that instant.
3. Quant au temps. Je crois que cet instant est généralement l’instant de la mort, le moment qui précède le départ de l’âme hors du corps. Mais je crois qu’il peut se situer dix, vingt ou quarante ans auparavant.3. As to the time. I believe this instant generally is the instant of death, the moment before the soul leaves the body. But I believe it may be ten, twenty, or forty years before.
Je crois qu’il vient habituellement bien des années après la justification ; mais qu’il puisse venir dans les cinq ans ou les cinq mois qui la suivent, je ne connais aucun argument concluant en sens contraire.I believe it is usually many years after justification; but that it may be within five years or five months after it, I know no conclusive argument to the contrary.
S’il doit venir bien des années après la justification, je serais heureux de savoir combien. Pretium quotus arroget annus? [Cette citation d’Horace est ainsi traduite par Boscawen : « Combien d’années donnent leur sanction à nos vers ? » ÉD.]If it must be many years after justification, I would be glad to know how many. Pretium quotus arroget annus? [This quotation from Horace is thus translated by Boscawen:—“How many years give sanction to our lines?”—Edit.]
Et combien de jours ou de mois, ou même d’années, peut-on admettre entre la perfection et la mort ? À quelle distance de la justification doit-elle être, et à quelle proximité de la mort ?And how many days or months, or even years, can any one allow to be between perfection and death? How far from justification must it be; and how near to death?
LONDRES, 27 janvier 1767.LONDON, Jan. 27, 1767.