1. La promesse de Dieu et les patriarches1. God’s Promise and the Patriarchs
James Oscar Boyd, A Brief Bible History (1922), chapitre II, « Les patriarches ». Extrait assigné. Les interprétations sont celles de l’auteur.James Oscar Boyd, A Brief Bible History (1922), chapter II, “The Patriarchs”. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.
Le dessein de Dieu, qui était de sauver et de bénir toute l’humanité, devait s’accomplir d’une manière merveilleuse. Il choisit et « appela » un homme pour qu’il devienne le chef et l’ancêtre d’une seule nation. Et c’est en cet homme et en la nation issue de lui que Dieu se proposa de bénir le monde entier.God’s purpose to save and bless all mankind was to be carried out in a wonderful way. He selected and “called” one man to become the head and ancestor of a single nation. And in this man and the nation descended from him, God purposed to bless the whole world.
Abraham fut cet homme, et Israël cette nation. Dieu fit connaître son dessein dans ce que la Bible appelle la Promesse (Galates 3.17), la Bénédiction (v. 14) ou l’Alliance (v. 17). Ses termes sont donnés à maintes reprises dans le livre de la Genèse, mais l’essentiel se trouve déjà dans la première parole de Dieu à Abraham, Genèse 12.3 : « Toutes les familles de la terre seront bénies en toi. »Abraham was that man, and Israel was that nation. God made known his purpose in what the Bible calls the Promise, Gal. 3:17, the Blessing, v. 14, or the Covenant, v. 17. Its terms are given many times over in the book of Genesis, but the essence of it lies already in the first word of God to Abraham, Gen. 12:3, “In thee shall all the families of the earth be blessed.”
Croire cette promesse était une œuvre de foi. Elle allait contre toutes les apparences et toutes les probabilités. Et pourtant, c’est précisément là que résidait la valeur religieuse de cette promesse pour Abraham et pour ses enfants après lui — dans la foi. Ils devaient croire une chose sur la seule base de leur confiance en Celui qui l’avait promise. Ou plutôt, ils devaient croire en cette Personne, le Jéhovah personnel, leur Dieu. Ils devaient se fier à lui absolument. Pour cela, il leur fallait « le connaître ». Et pour qu’ils le connaissent, il devait se révéler à eux. Voilà pourquoi nous lisons tout au long de la Genèse que Dieu « apparaît » ou « parle » à tel ou tel patriarche. Quelle que fût la manière dont il le faisait, Dieu cherchait toujours ainsi à se faire mieux connaître d’eux ; car cette connaissance devait être la base de leur foi. De leur foi en lui dépendait leur foi en sa parole, et de leur foi en sa parole dépendait leur capacité à maintenir vivante dans le monde la vraie religion, destinée à tous les hommes, et que nous partageons aujourd’hui. Le Dieu d’Abraham est notre Dieu.To believe this promise was a work of faith. It was against all appearances and all probability. Yet this was just where the religious value of that promise lay for Abraham and for his children after him—in faith. They had to believe something on the basis solely of their confidence in the One who had promised it. Or rather, they had to believe in that Person, the personal Jehovah, their God. They must absolutely trust him. To do so, they must “know him.” And that they might know him, he must reveal himself to them. That is why we read all through Genesis of God’s “appearing” or “speaking” to this or the other patriarch. However he accomplished it, God was always trying thus to make them better acquainted with himself; for such knowledge was to be the basis of their faith. Upon faith in him depended their faith in his word, and upon faith in his word depended their power to keep alive in the world that true religion which was destined for all men and which we to-day share. Abraham’s God is our God.
Ce n’était pas la grande richesse d’Abraham en serviteurs (Genèse 14.14), en brebis et en bœufs (13.2, 6), mais la promesse de bénédiction de Dieu qui constituait le véritable « droit d’aînesse » dans la famille d’Abraham. Ismaël, l’enfant du doute, le manqua ; et Isaac, l’enfant de la foi, l’obtint (Galates 4.23). Ésaü le « méprisa », parce qu’il était « un profane [un homme sans religion] » (Hébreux 12.16), et Jacob intrigua pour l’obtenir par achat (Genèse 25.31) et par fraude (27.19). Jacob le légua à ses fils (ch. 49), et Moïse le transmit sous une forme poétique mémorable à la nation, pour qu’elle le garde et le redise à jamais (Deutéronome 32).Not Abraham’s great wealth in servants, Gen. 14:14, and in flocks and herds, ch. 13:2, 6, but the promise of God to bless, constituted the true “birthright” in Abraham’s family. Ishmael, the child of doubt, missed it; and Isaac, the child of faith, obtained it. Gal. 4:23. Esau “despised” it, because he was “a profane [irreligious] person,” Heb. 12:16, and Jacob schemed to obtain it by purchase, Gen. 25:31, and by fraud, ch. 27:19. Jacob bequeathed it to his sons, ch. 49, and Moses delivered it in memorable poetic form to the nation to retain and rehearse forever. Deut., ch. 32.
Lorsque Abraham, fils de Térach, entra en Canaan avec Sara, sa femme, et Lot, son neveu, ainsi que leur grande troupe de serviteurs et de gens qui les suivaient, il obéissait à l’ordre de son Dieu. À peine y est-il entré que Dieu lui fait une promesse qui lie ce pays à lui et à ses descendants (Genèse 13.14-17). Il ne faut pourtant pas supposer qu’Abraham s’établit dans cette Terre promise comme les Pères pèlerins s’établirent dans l’ancienne colonie de Plymouth. Bien que Canaan soit promis en possession à la « postérité » d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, ceux-ci n’y prirent pas eux-mêmes pied. Hormis le champ de la caverne de Macpéla, à Hébron, dans le sud (Genèse 23), et une « épaule » (shechem), c’est-à-dire une parcelle de terrain près de Sichem (« le puits de Jacob »), au centre de Canaan, les patriarches n’acquirent pas un pied du sol de ce qui allait devenir « la Terre sainte ». Abraham erra çà et là, descendant même en Égypte et en revenant. Isaac se trouvait tantôt à Hébron, tantôt à Beer-Schéba, à l’extrême limite sud du pays. Jacob passa une grande partie de son âge mûr en Mésopotamie, et de sa vieillesse en Égypte. Car après que la divine Providence eut, d’une manière remarquable, transplanté l’un des fils de Jacob, Joseph, dans un sol nouveau (Genèse 37), son père et ses frères furent attirés à sa suite, le chemin de leur long séjour en Égypte leur ayant été préparé par la Providence (Genèse 50.20).When Abraham, the son of Terah, entered Canaan with Sarah his wife and Lot his nephew and their great company of servants and followers, he was obeying the command of his God. He no sooner enters it than God gives him a promise that binds up this land with him and his descendants. Gen. 13:14-17. Yet we must not suppose that Abraham settled down in this Promised Land in the way that the Pilgrim Fathers settled in the Old Colony. Although Canaan is promised to the “seed” of Abraham, Isaac, and Jacob as a possession, they did not themselves obtain a foothold in it. Apart from the field of the cave Machpelah, at Hebron in the south, Gen., ch. 23, and a “shoulder” (shechem) or fragment of land near Shechem (“Jacob’s Well”), in the center of Canaan, the patriarchs did not acquire a foot of the soil of what was to become “the Holy Land.” Abraham wandered about, even going down to Egypt and back. Isaac was sometimes at Hebron and sometimes at Beer-sheba on the extreme southern verge of the land. Jacob spent much of his manhood in Mesopotamia, and of his old age in Egypt. For after divine Providence in a remarkable manner had transplanted one of Jacob’s sons, Joseph, into new soil, Gen., ch. 37, his father and his brothers were drawn after him, with the way for their long Egyptian residence providentially prepared for them, Gen. 50:20.
À côté de la croissance d’une nation à partir d’un individu, nous trouvons le choix que Dieu fait de la direction que cette croissance devait prendre. Tous les membres de la famille d’Abraham, même, n’étaient pas destinés à faire partie du futur peuple de Dieu. Ainsi Lot, le neveu d’Abraham, se sépare de lui, et désormais lui et ses descendants, les Ammonites et les Moabites, suivent leur propre chemin. Entre les fils d’Abraham, Ismaël est chassé, et Isaac, le fils de Sara, est choisi. Et entre les deux fils d’Isaac, Ésaü et Jacob, le choix tombe sur Jacob. Les douze fils de Jacob sont tous compris dans le dessein de Dieu, et c’est pourquoi la nation porte le nom de Jacob, bien que ce soit généralement sous son nom d’« Israël », que Dieu lui donna après sa lutte avec « l’ange de l’Éternel » au torrent de Jabbok (Genèse 32.22). Ces fils doivent devenir les chefs de la future nation des « douze tribus » (Actes 26.7).Side by side with the growth of a nation out of an individual we find God’s choice of the direction which that growth should take. Not all, even of Abraham’s family, were to become part of the future people of God. So Lot, Abraham’s nephew, separates from him, and thereafter he and his descendants, the Ammonites and the Moabites, go their own way. As between Abraham’s sons, Ishmael is cast out, and Isaac, Sarah’s son, is selected. And between Isaac’s two sons, Esau and Jacob, the choice falls on Jacob. All twelve of Jacob’s sons are included in the purpose of God, and for this reason the nation is called after Jacob, though usually under his name “Israel,” which God gave him after his experience of wrestling with “the angel of the Lord” at the river Jabbok. Gen. 32:22. Those sons of his are to become the heads of the future nation of the “twelve tribes”, Acts 26:7.
2. Moïse, médiateur de l’alliance2. Moses, Mediator of the Covenant
James Oscar Boyd, A Brief Bible History (1922), chapitre IV, « Moïse, chef et législateur ». Extrait assigné. Les interprétations sont celles de l’auteur.James Oscar Boyd, A Brief Bible History (1922), chapter IV, “Moses as Leader and Lawgiver”. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.
Bien que très humble quant à son aptitude à une telle direction, Moïse reçut l’assurance de la présence et de l’aide de Jéhovah. Il fut doté de pouvoirs extraordinaires pour convaincre l’orgueilleux Pharaon que ses exigences étaient celles de Dieu ; et il reçut l’aide de son frère Aaron, qui possédait une facilité de parole dont Moïse semble avoir manqué à cette époque. Comment les deux frères accomplirent la tâche apparemment impossible de sortir d’Égypte et d’unir une masse d’esclaves sans courage et sans organisation dans une entreprise désespérée, c’est le récit qui remplit les premiers chapitres de l’Exode. Mais une fois Israël en sécurité de l’autre côté de la mer Rouge, la direction de Moïse ne faisait que commencer. Il institua une organisation du peuple pour se décharger de ses lourdes fonctions de juge. Il fixa l’itinéraire de la marche et soutint le moral des combattants dans leur lutte contre les tribus du désert qui contestaient le passage d’Israël.Though very humble as to his fitness for such leadership, Moses was assured of Jehovah’s presence and help. He was equipped with extraordinary powers for convincing the proud Pharaoh that his demands were God’s demands; and he was given the aid of his brother Aaron, who had a readiness of speech which Moses at this time seems to have lacked. How the two brothers achieved the seemingly impossible task of winning out of Egypt, and of uniting a spiritless and unorganized mass of slaves upon a desperate enterprise, is the narrative that fills the early chapters of Exodus. But with Israel safe across the Red Sea, Moses’ leadership had only begun. He instituted an organization of the people for relieving himself of his heavy duties as judge. He determined the line of march, and sustained the spirits of the fighting men in their struggle against the tribes of the desert who challenged Israel’s passage.
Mais, par-dessus tout, Moïse devint le « médiateur » de l’« alliance » (Hébreux 9.19-21) entre les Hébreux et Jéhovah, leur Dieu, au mont Sinaï. Sur la base des dix commandements (Exode 20.2-17 ; Deutéronome 5.6-21), ce guide de la nature et de la volonté de Dieu qui forma la constitution hébraïque, le peuple accepta d’adorer Jéhovah seul et de lui obéir, et Jéhovah promit d’être leur Dieu, accomplissant envers eux les promesses faites à leurs pères. Cette alliance fut scellée par des sacrifices solennels, selon la coutume du temps, où le symbolisme de l’autel et de la prêtrise était bien compris.But, above all, Moses became the “mediator” of the “covenant,” Heb. 9:19-21, between the Hebrews and Jehovah their God at Mount Sinai. On the basis of the Ten Commandments, Ex. 20:2-17; Deut. 5:6-21, that guide to God’s nature and will which formed the Hebrew constitution, the people agreed to worship and obey Jehovah alone, and Jehovah promised to be their God, fulfilling to them his promises made to their fathers. By solemn sacrifices, according to the custom of the time, when the symbolism of altar and priesthood was well understood, this covenant was sealed.
Après une longue retraite sur la montagne, seul avec Dieu, Moïse ordonna la construction d’une maison de culte. Elle devait être portative, afin de les accompagner dans leurs pérégrinations et d’exprimer visiblement, partout où elle serait dressée, l’unité religieuse des douze tribus. Aaron et ses fils furent consacrés pour être la prêtrise officielle de ce nouveau sanctuaire, et furent vêtus et instruits en conséquence. Des détails minutieux réglaient tous les sacrifices, et des instructions tout aussi minutieuses permettaient aux prêtres de trancher les questions de pureté et d’impureté rituelles en matière de nourriture et de santé.After long seclusion on the mount alone with God, Moses ordered the erection of a house of worship. It had to be portable, so as to accompany them in their wanderings and express visibly, wherever set up, the religious unity of the twelve tribes. Aaron and his sons were consecrated to be the official priesthood of this new shrine and were clothed and instructed accordingly. Minute details regulated all sacrifices, and similar minute instructions enabled the priests to decide questions of ceremonial cleanness and uncleanness in matters of food and health.
Toutes ces lois et ces ordonnances, consignées principalement dans le Lévitique, furent données par l’intermédiaire de Moïse, seul ou associé à son frère. On ne s’étonnera pas d’apprendre que certains contestèrent cette direction exclusive dans tous les domaines de la vie nationale. Nous lisons qu’il y eut un mépris délibéré des ordres divins jusque dans la famille d’Aaron, avec des conséquences fatales immédiates (Lévitique 10.1-7). Un châtiment semblable frappa les membres de la tribu de Lévi qui se montrèrent jaloux de la maison d’Aaron, ainsi que les éléments d’autres tribus qui revendiquaient des droits égaux ou supérieurs à ceux de Moïse (Nombres 16 et 17). Il serait étrange, en effet, que Dieu, qui avait défendu son serviteur Moïse contre Pharaon, laissât contester sa propre autorité, représentée par Moïse, à l’intérieur du camp d’Israël. Il punit pour sauver.All these laws and regulations, mainly recorded in Leviticus, were given through Moses, either alone or in association with his brother. It is not surprising to learn that there were those who challenged this exclusive leadership in every department of the national life. We read of a willful disregard of divine orders even in the family of Aaron, with immediate fatal results. Lev. 10:1-7. Like punishment overtook those members of the tribe of Levi who showed jealousy of the house of Aaron, and those elements in other tribes that claimed rights equal or superior to those of Moses. Num., chs. 16, 17. It would be strange, indeed, if God, who had vindicated his servant Moses against Pharaoh, should let his own authority as represented by Moses be challenged within the camp of Israel. He punished to save.
De même que Dieu intégra dans la loi d’Israël le sabbat et la circoncision, anciennes coutumes de l’époque précédente, de même il parla à ce peuple par un système élaboré de fêtes et de pèlerinages, qui liait toute son année au culte de Dieu. En fait, le principe de la septième partie du temps comme temps sacré fut étendu à la septième année, et même à la cinquantième année (l’année qui suivait les sept fois sept ans), à des fins sociales et économiques bienfaisantes (Lévitique 25).Just as God took up the Sabbath and circumcision, old customs of the preceding era, into the law of Israel, so also he spoke to this people through an elaborate system of feasts and pilgrimages, which bound up their whole year with the worship of God. Indeed, the principle of the seventh part of time as sacred was extended to the seventh year, and even to the fiftieth year (the year following the seventh seven), for beneficent social and economic uses. Lev., ch. 25.
Lorsque enfin la nation, ainsi organisée et équipée, partit du Sinaï (Nombres 10.11), elle eut besoin d’une direction d’un autre genre — une direction militaire et un sens politique pratique. Elle trouva l’une et l’autre en Moïse. C’est lui qui la conduisit à travers toutes les longues errances dans la péninsule du Sinaï, supportant ses murmures et faisant face à ses difficultés sans cesse renouvelées avec une patience qui semble presque divine, à l’exception de cette unique défaillance qui devait lui coûter, à lui et à Aaron, l’entrée dans la Terre promise (Nombres 20.10-12).When at length the nation, thus organized and equipped, set forth from Sinai, Num. 10:11, they required a leadership of a different kind—military leadership and practical statesmanship. They found both in Moses. He it was who led them through all the long wanderings in the peninsula of Sinai, bearing their murmurings and meeting their recurrent difficulties with a patience that seems almost divine, save for that one lapse which was to cost him and Aaron their entrance into the Promised Land. Num. 20:10-12.
À la frontière du pays, du sommet du Pisga, dans la longue muraille montagneuse de Moab, Moïse contempla enfin la profonde gorge de la vallée du Jourdain à ses pieds, qui le séparait des collines de Canaan. Au-delà de ce fleuve et de la mer Morte, où il se jette, s’étendait le pays promis depuis longtemps à la postérité d’Abraham. Il avait été permis à Moïse de conduire le peuple jusqu’à son seuil même ; mais il revenait à un autre, son jeune aide Josué, de le faire passer la porte et entrer dans la maison du repos.At the border of the land, from the top of Pisgah in the long mountain wall of Moab, Moses at last looked down into that deep gorge of the Jordan Valley at his feet, which separated him from the hills of Canaan. Beyond this river and the Dead Sea, into which it empties, lay the land long ago promised to the seed of Abraham. Moses had been permitted to lead the people to its very gateway; but it remained for another, his younger helper, Joshua, to lead them through the gate into the house of rest.
Mais avant de remettre son pouvoir à un autre et sa vie à son Créateur, le vieux Moïse répéta aux oreilles d’Israël les grands principes de la loi de Dieu. Il les supplia avec ardeur de la recevoir de tout leur cœur, de l’appliquer aux conditions nouvelles de leur vie sédentaire, avec ses nouvelles tentations, et de la transmettre à leurs enfants après eux comme leur héritage le plus précieux. Tel est le but et le contenu du livre du Deutéronome, qui tient son nom du fait qu’il est une « seconde législation ». C’est la Loi du Sinaï répétée, mais sous forme oratoire, chargée du sentiment et de l’esprit de cet « homme de Dieu » dont le nom est à jamais lié à la Loi et au Dieu qui l’a donnée à l’humanité.But before he surrendered his power to another and his life to his Maker, the aged Moses rehearsed in the ears of Israel the great principles of God’s law. He pleaded earnestly with them to accept it from the heart, to adapt it to the changed conditions of their new settled life with its new temptations, and to hand it down as their most precious heritage to their children after them. This is the purpose and substance of the book of Deuteronomy, which gets its name from the fact that it is a “second lawgiving.” It is the Law of Sinai repeated, but in oratorical form, charged with the feeling and spirit of that “man of God,” whose name is forever linked with the Law and with the God who gave it to mankind.
3. Josué et la conquête de Canaan3. Joshua and the Conquest of Canaan
James Oscar Boyd, A Brief Bible History (1922), chapitre V, « La conquête et l’installation en Canaan ». Extrait assigné. Les interprétations sont celles de l’auteur.James Oscar Boyd, A Brief Bible History (1922), chapter V, “The Conquest and Settlement of Canaan”. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.
À la mort d’Aaron, son fils Éléazar lui succéda comme souverain sacrificateur. Mais à la mort de Moïse, ce ne fut pas un fils qui lui succéda dans la direction politique et morale d’Israël, car cette fonction n’était pas héréditaire. Josué, un homme d’Éphraïm, fut divinement désigné pour cette œuvre. Il était préparé à cette difficile entreprise par son expérience militaire (Exode 17.9-14), par sa connaissance personnelle de Canaan (Nombres 13.8, 16 ; 14.6, 30, 38), et par sa longue et étroite association avec Moïse (Exode 33.11 ; Nombres 11.28 ; Deutéronome 34.9 ; Josué 1.1). Le livre de Josué, qui relate sa carrière, se divise naturellement en deux parties : d’abord la conquête (ch. 1 à 12), ensuite l’installation (ch. 13 à 22). Deux autres chapitres (ch. 23 et 24) contiennent le discours d’adieu de Josué.On the death of Aaron his son, Eleazar, succeeded him as high priest. But when Moses died, it was not a son who succeeded him in the political and moral leadership of Israel, for that position was not hereditary. Joshua, a man of Ephraim, was divinely designated for this work. He was fitted for the difficult undertaking by military experience, Ex. 17:9-14, by personal acquaintance with Canaan, Num. 13:8, 16; 14:6, 30, 38, and by long and intimate association with Moses, Ex. 33:11; Num. 11:28; Deut. 34:9; Josh. 1:1. The book of Joshua, which records his career, divides naturally into two parts, first, the conquest, chs. 1 to 12, and second, the settlement, chs. 13 to 22. Two further chapters, chs. 23, 24, contain Joshua’s valedictory address.
Avant la mort de Moïse, deux tribus et demie avaient déjà reçu leur territoire à l’est du Jourdain, sur les terres conquises sur les rois amoréens Sihon et Og. Mais les combattants de ces tribus acceptèrent d’accompagner les autres tribus et de partager leur lutte jusqu’à ce que toutes aient obtenu un héritage. Ainsi, lorsque la grande armée passa le Jourdain, non loin de l’endroit où il se jette dans la mer Morte, les hommes de Ruben, de Gad et de Manassé traversèrent avec les autres. Jéhovah, qui à la mer Rouge, une génération plus tôt, avait frappé de terreur le cœur de toutes les nations par son intervention merveilleuse pour sauver Israël et détruire ses ennemis, renouvela ici son secours salutaire en arrêtant le courant rapide du Jourdain, jusqu’à ce que tous fussent passés à pied sec sur la rive occidentale.Before Moses’ death two and a half tribes had already received their assignment of territory on the east of the Jordan, out of lands conquered from the Amorite kings, Sihon and Og. But the fighting men of these tribes agreed to accompany the other tribes and share their struggle till all had obtained an inheritance. So when the great host passed over the Jordan, not far from where it empties into the Dead Sea, the men of Reuben, Gad, and Manasseh crossed with the rest. Jehovah, who at the Red Sea a generation earlier had struck terror into the hearts of all nations by his wonderful interposition to save Israel and destroy its enemies, repeated here his saving help, by stemming the swift current of the Jordan River, till all had passed over dry shod to the western side.
Une fois la traversée faite, ils se trouvèrent face à Jéricho, une ville qui commandait les passages vers la région montagneuse au-delà. Des espions envoyés auparavant pour découvrir les faiblesses de Jéricho avaient rapporté la panique de ses habitants, et avaient ainsi préparé les Hébreux à croire la parole de Dieu lorsque, par Josué, il annonça ici une victoire sans effusion de sang au commencement de leur conquête. Sans qu’un seul coup soit porté, Jéricho tomba, et tous ses habitants furent « voués à l’interdit », sur l’ordre strict de Jéhovah. Même leurs richesses devaient être « vouées », c’est-à-dire que le bétail fut abattu et les biens ajoutés au trésor du sanctuaire. Seules Rahab, qui avait sauvé les espions, et sa famille furent exceptées. Un homme, Acan, désobéit à l’interdit portant sur le butin privé. Sa convoitise et sa tromperie, révélées par la défaite d’Israël lors de l’expédition contre Aï qui suivit la chute de Jéricho, et découvertes par l’usage du sort sacré, furent punies par l’exécution de tous ceux qui étaient complices du crime.Once over, they found themselves face to face with Jericho, a city which commanded the passes into the mountain country beyond. Spies previously despatched to learn the weakness of Jericho had reported the panic of its inhabitants and so prepared the Hebrews to believe God’s word, when through Joshua he announced a bloodless victory here at the beginning of their conquest. Without a blow struck Jericho fell, and all its inhabitants were “devoted,” at Jehovah’s strict command. Even their wealth was to be “devoted,” that is, the cattle slain and the goods added to the treasury of the sanctuary. Only Rahab, who had saved the spies, and her family were excepted. One man, Achan, disobeyed the ban on private spoils. His covetousness and deception, revealed by Israel’s defeat in the expedition against Ai which followed the fall of Jericho, and detected by the use of the sacred lot, was punished by the execution of all who were privy to the crime.
La seconde tentative pour prendre Aï eut plus de succès. Une fois ces deux villes réduites, Jéricho en bas et Aï en haut de la vallée qui monte du fond du Jourdain vers les hauts plateaux du centre, Josué était en mesure d’attaquer n’importe où sans craindre d’être pris de flanc. Le centre, le sud, puis le nord : tel était l’ordre que recommandaient les considérations militaires. En conséquence, les villes qui, parce qu’elles se trouvaient au milieu du pays, se sentaient les plus directement menacées, prirent les premières des mesures pour écarter le danger. Un groupe de cinq villes situées juste au nord de Jérusalem, avec Gabaon à leur tête, réussit par une ruse à obtenir de Josué un traité de paix. Les Gabaonites trompèrent Josué en se présentant comme venus de très loin pour chercher une alliance. L’orgueil de Josué fut flatté, et il fut victime de la ruse. Les conséquences furent graves, car ces Cananéens, bien que réduits à la condition de vassaux, demeurèrent comme des étrangers au cœur du pays, et séparèrent les tribus du sud de celles du nord d’Israël.Better success attended the second attempt to take Ai. With these two cities reduced, Jericho at the bottom and Ai at the top of the valley leading up from the Jordan floor to the central highland, Joshua was in a position to attack anywhere without fear of being outflanked. Middle, south, and north was the order commended by military considerations. Accordingly those cities which, because in the middle of the land, felt themselves the most immediately threatened, took the first steps to avert the menace. A group of five towns lying just north of Jerusalem, with Gibeon at their head, succeeded by a ruse in getting a treaty of peace from Joshua. The Gibeonites deceived Joshua by representing themselves as having come from a great distance to seek an alliance. Joshua’s pride was flattered and he fell a victim to the trick. The consequences were serious, for these Canaanites, though reduced to vassalage, remained as aliens in the heart of the land, and cut off the southern from the northern tribes of Israel.
Une confédération des principales villes de la région au sud de Gabaon, conduite par le roi de Jérusalem, résolut de frapper la première. Mais sa campagne contre les Gabaonites, désormais alliés d’Israël, aboutit à une avance rapide de Josué et à la soumission complète de toutes ces villes, à l’humiliation et à la mort de leurs rois, et à l’« interdit » prononcé sur les habitants qui tombèrent entre ses mains.A confederacy of the chief cities in the region south of Gibeon, headed by the king of Jerusalem, determined to strike the first blow. But their campaign against the Gibeonites, now the allies of Israel, ended in a quick advance by Joshua and his complete subjugation of all these cities, the humiliation and death of their kings, and the “devotion” of the inhabitants who fell into his hands.
4. Le royaume divisé4. The Divided Kingdom
James Oscar Boyd, A Brief Bible History (1922), chapitre IX, « Le royaume d’Israël ». Extrait assigné. Les interprétations sont celles de l’auteur.James Oscar Boyd, A Brief Bible History (1922), chapter IX, “The Kingdom of Israel”. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.
Avec la mort de Salomon vint la division durable des tribus en deux royaumes, l’un au nord et l’autre au sud, connus sous le nom de royaume d’Israël et de royaume de Juda. Roboam, à son avènement, annonça une politique de répression et même d’oppression qui lui aliéna complètement la loyauté d’Éphraïm et des autres tribus du nord, qui n’avaient jamais été attachées à la maison de David de la même manière que la tribu de Juda. Sous la conduite d’un homme d’Éphraïm, Jéroboam, fils de Nebath, qui des années auparavant avait contesté le titre même de Salomon, les dix tribus se révoltèrent donc contre Roboam et fondèrent un État séparé.With the death of Solomon came the lasting division of the tribes into two kingdoms, a northern and a southern, known as the Kingdom of Israel and the Kingdom of Judah. Rehoboam on his accession announced a policy of repression and even oppression that alienated completely the loyalty of Ephraim and the other northern tribes, which were never attached to the house of David in the same way as the tribe of Judah was. Under a man of Ephraim, therefore, Jeroboam the son of Nebat, who in earlier years had challenged even Solomon’s title, the ten tribes revolted from Rehoboam and established a separate state.
Roboam se trouva trop faible pour empêcher cette sécession, et lui et ses descendants de la dynastie de David durent se contenter des frontières étroites de Juda. Certes, ils possédaient à Jérusalem le centre reconnu du culte public pour toute la nation. C’est pour contrebalancer cet avantage que Jéroboam fit de Béthel, ce lieu associé dans l’esprit du peuple aux patriarches eux-mêmes, sa capitale religieuse. Et, influencé peut-être par l’exemple égyptien du culte du taureau (car il avait longtemps vécu en fugitif en Égypte sous le règne de Salomon), il fit des taureaux d’or et les plaça dans le sanctuaire de Béthel et dans celui de Dan, à l’extrême nord. (Voir la fin de la leçon VI.) C’est en ces lieux et sous ces symboles visibles de la force brute que Jéroboam convoqua son peuple à adorer Jéhovah. C’était l’ancienne religion nationale, mais sous la forme dégradée d’un culte des images interdit par les commandements de Moïse.Rehoboam found himself too weak to prevent this secession, and he and his descendants of David’s dynasty had to content themselves with the narrow boundaries of Judah. To be sure, in Jerusalem they possessed the authorized center of public worship for the whole nation. It was to offset this advantage that Jeroboam made Bethel, that spot associated in the minds of the people with the patriarchs themselves, his religious capital. And, influenced perhaps by the Egyptian example of steer worship (for he had long lived as a fugitive in Egypt in Solomon’s reign), he made golden steers and placed them in the sanctuary at Bethel and in that at Dan in the extreme north. (See close of Lesson VI.) To these places and under these visible symbols of brute force, Jeroboam summoned his people to worship Jehovah. It was the old national religion but in the degraded form of an image worship forbidden by the Mosaic Commandments.
Un trône ainsi bâti sur le simple opportunisme ne pouvait durer. Le fils de Jéroboam fut assassiné après un règne de deux ans. Et cet usurpateur ne réussit pas non plus à garder le trône pour sa maison plus longtemps que n’avait duré la maison de Jéroboam. Enfin Omri, chef de l’armée, parvint à fonder une dynastie qui donna quatre rois. Achab, fils d’Omri, qui occupa le trône le plus longtemps de ces quatre, est le roi que nous connaissons le mieux de tous les monarques du nord. C’est en partie en raison des relations entre Achab et le prophète Élie. Le nom d’Achab est aussi lié à celui de sa reine, la tristement célèbre Jézabel, une princesse de Tyr, qui introduisit en Israël le culte du Baal tyrien et alla jusqu’à persécuter tous ceux qui restaient attachés à la religion nationale.A throne thus built on mere expediency could not endure. Jeroboam’s son was murdered after a two years’ reign. Nor did this usurper succeed in holding the throne for his house any longer than Jeroboam’s house had lasted. At length Omri, commander of the army, succeeded in founding a dynasty that furnished four kings. Ahab, son of Omri, who held the throne the longest of these four, is the king with whom we become best acquainted of all the northern monarchs. This is partly because of the relations between Ahab and Elijah the prophet. Ahab’s name is also linked with that of his queen, the notorious Jezebel, a princess of Tyre, who introduced the worship of the Tyrian Baal into Israel and even persecuted all who adhered to the national religion.
Cette alliance avec Tyr, et le mariage de la fille d’Achab avec un prince de Juda, assurèrent la sécurité d’Israël au nord et au sud, et laissèrent Achab libre de poursuivre la politique énergique de son père envers les peuples de l’est, Moab et la Syrie. À la mort d’Achab, tué au combat contre la Syrie, Moab se révolta, et les deux fils d’Achab, malgré l’aide de la maison de David à Jérusalem, ne purent écarter la ruine qui menaçait la maison d’Omri. Jéhu, soutenu par l’armée dont il était un chef populaire, s’empara du trône, avec l’assassinat habituel de tous les parents de la famille royale. L’inspiration de sa révolte était venue des prophètes de Jéhovah, et son programme était le renversement du culte de Baal au profit de l’ancienne religion nationale. Bien que Jéhu ait entièrement détruit les adeptes des dieux étrangers de Jézabel, lui et ses fils après lui continuèrent d’entretenir les sanctuaires idolâtres de Béthel et de Dan, de sorte que le verdict de l’écrivain sacré à leur sujet est défavorable : ils « ne se détournèrent point des péchés de Jéroboam, fils de Nebath, qui avait fait pécher Israël ».This alliance with Tyre, and the marriage of Ahab’s daughter to a prince of Judah, secured Israel on the north and the south, and left Ahab free to pursue his father’s strong policy toward the peoples to the east, Moab and Syria. Upon Ahab’s death in battle against Syria, Moab revolted, and the two sons of Ahab, in spite of help from the house of David in Jerusalem, were unable to stave off the ruin that threatened the house of Omri. Jehu, supported by the army in which he was a popular leader, seized the throne, with the usual assassination of all akin to the royal family. His inspiration to revolt had been due to Jehovah’s prophets, and his program was the overthrow of Baal worship in favor of the old national religion. Though Jehu thoroughly destroyed the followers of Jezebel’s foreign gods, he and his sons after him continued to foster the idolatrous shrines at Bethel and Dan, so that the verdict of the sacred writer upon them is unfavorable: they “departed not from all the sins of Jeroboam the son of Nebat, wherewith he made Israel to sin.”
Méscha, roi de Moab (2 Rois 3.4), vécut assez longtemps pour voir ses oppresseurs, les rois de la maison d’Omri, renversés, et le pays d’Israël réduit à une grande faiblesse. (Voir l’article « Stèle de Méscha » dans n’importe quel dictionnaire biblique.) Le fils de Jéhu, Joachaz, connut la plus profonde humiliation d’Israël aux mains de la Syrie. Mais peu d’années après les vantardises de Méscha, les choses prirent un tour complètement différent. Le petit-fils de Jéhu, Joas, encouragé par le prophète Élisée jusque sur son lit de mort, entreprit le redressement qui atteignit son apogée sous le règne de Jéroboam II, quatrième roi de la lignée de Jéhu. Bien que le livre des Rois dise peu de chose de ce règne, il est clair qu’à aucun moment depuis le règne de Salomon un roi d’Israël n’avait gouverné un territoire aussi vaste. Ce fut le dernier éclat de gloire avant l’extinction totale.Mesha, king of Moab, II Kings 3:4, lived long enough to see his oppressors, the kings of Omri’s house, overthrown and the land of Israel reduced to great weakness. (See article “Moabite Stone” in any Bible dictionary.) Jehu’s son, Jehoahaz, witnessed the deepest humiliation of Israel at the hands of Syria. But it was not many years after Mesha’s boasting that affairs took a complete turn. Jehu’s grandson, Jehoash, spurred by Elisha the prophet even on his deathbed, began the recovery which attained its zenith in the reign of Jeroboam II, fourth king of Jehu’s line. Though little is told of this reign in the Book of Kings, it is clear that at no time since Solomon’s reign had a king of Israel ruled over so large a territory. It was the last burst of glory before total extinction.
5. L’exil et le retour5. Exile and Return
James Oscar Boyd, A Brief Bible History (1922), chapitre XII, « L’exil et la restauration ». Extrait assigné. Les interprétations sont celles de l’auteur.James Oscar Boyd, A Brief Bible History (1922), chapter XII, “The Exile and the Restoration”. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.
À Babylone, cependant, se produisit bien avant l’expiration de ce temps un événement qui marqua la reconnaissance politique de l’identité propre de Juda en tant que nation. Cet événement fut la libération de Jojakin, tiré de prison par le nouveau roi de Babylone, Évil-Merodac, successeur de Nabuchodonosor. Jojakin, on s’en souvient, était le malheureux prince de la lignée de David qui n’occupa le trône que trois mois après la mort de son père Jojakim, et fut ensuite déporté à Babylone en 598. Depuis lors, pendant tout le reste du long règne de Nabuchodonosor, il avait été emprisonné à Babylone. Mais à présent, non seulement il était libéré, mais il recevait une pension du trésor royal pour le reste de sa vie, et un rang supérieur à celui de tous les autres princes captifs à Babylone.In Babylon, however, an event occurred long before that time had elapsed, which marked the political recognition of Judah’s separate identity as a nation. That event was the release of Jehoiachin from prison by the new king of Babylon, Evil-merodach, successor of Nebuchadnezzar. Jehoiachin, it will be remembered, was the unfortunate prince of David’s line who held the throne only three months after his father Jehoiakim’s death and was then deported to Babylon in 598. From that time on, through all the remainder of Nebuchadnezzar’s long reign, he had been imprisoned in Babylon. But now he was not only released, but given a pension from the royal treasury for the rest of his life and a standing superior to all the other captive princes in Babylon.
C’était en 562, et bien des cœurs juifs durent déjà commencer à battre d’une espérance nouvelle, tandis que l’ancienne loyauté envers la maison de David se ranimait, et que les promesses de restauration consignées dans l’ancienne Loi et les Prophètes trouvaient un écho chez le prophète de l’exil, Ézéchiel. Cet homme, prêtre lui-même par sa naissance, avait été emmené à Babylone en même temps que Jojakin, et pendant toutes ces années de ruine il y avait prêché à ses compatriotes, d’abord à la partie exilée avec lui tandis que Jérusalem était encore debout, puis, après 587, au peuple entier, uni dans une même catastrophe. Sa voix était même parvenue jusqu’à Jérusalem, lorsqu’il se joignit à Jérémie pour rappeler au roi Sédécias son serment envers Nabuchodonosor. Avec l’élévation de Jojakin et le réveil des espérances nationales, Ézéchiel devint le prophète de l’espérance. Il dépeint le souffle de Jéhovah rendant la vie aux ossements desséchés dans la vallée de la mort (Ézéchiel 37). Et il avertit le peuple trop optimiste que ce n’est qu’à la condition que Dieu leur ôte leur ancien cœur de pierre et leur donne un cœur de chair, et qu’il répande sur eux une eau pure pour les purifier de la souillure de l’idolâtrie, qu’ils pourront être aptes à former la nouvelle communauté dans laquelle Dieu régnera véritablement (36.25-26). Ce à quoi une telle communauté pourrait ressembler extérieurement et visiblement, Ézéchiel le dépeint dans une longue vision descriptive et détaillée par laquelle se termine son livre (ch. 40 à 48).This was in 562, and many Jewish hearts must already have begun to beat with fresh hope, as the old loyalty to David’s house flamed up, and the promises of a restoration recorded in the old Law and the Prophets were echoed by the prophet of the Exile, Ezekiel. This man, himself a priest by birth, had been carried to Babylon at the same time as Jehoiachin, and through all those years of doom had there preached to his countrymen, first to the portion exiled with him while Jerusalem still stood, but after 587 to the whole people united in a common catastrophe. His voice had even reached to Jerusalem, as he joined Jeremiah in reminding King Zedekiah of his oath to Nebuchadnezzar. With the elevation of Jehoiachin and the stirring of the national hopes, Ezekiel became the prophet of hope. He pictures the breath of Jehovah stirring to life the dry bones in the valley of death. Ezek., ch. 37. And he warns the optimistic people that only as God takes away from them their old stony heart and gives them a heart of flesh, and sprinkles clean water upon them to cleanse them from their pollution through idolatry, can they be fit to form the new community wherein God shall indeed reign. Ch. 36:25, 26. What such a community might outwardly and visibly resemble, Ezekiel pictures in a long, detailed, descriptive vision wherewith his book closes. Chs. 40 to 48.
Un autre Juif éminent de l’exil était un homme d’un tout autre genre. Daniel, un jeune noble emmené de Juda à Babylone lors du premier choc entre les armées de Nabuchodonosor et les Juifs, en 605 av. J.-C., et élevé à la cour, réussit, en interprétant un songe du roi, à attirer son attention et à gagner sa faveur, à peu près comme Joseph l’avait fait dans l’ancienne Égypte (Daniel 2). De sa position de pouvoir politique, Daniel put sans doute servir les intérêts de ses frères, les exilés juifs. Peut-être est-ce à lui que Jojakin dut son étonnant retournement de fortune. En tout cas, Belschatsar, le dernier souverain de l’État chaldéen, maintint encore Daniel au pouvoir, malgré l’avertissement très solennel de la ruine de cet État que Daniel prononça sans crainte (ch. 5). Quand les Perses succédèrent aux Chaldéens comme maîtres de Babylone, cet homme d’État juif occupait toujours son haut poste, et il le conserva malgré l’hostilité acharnée de fonctionnaires qui se servirent de sa foi juive comme d’une arme contre lui (ch. 6). En fait, il n’y a pas de meilleure façon de comprendre la faveur accordée aux Juifs par Cyrus, le conquérant perse, et les édits conservés en Esdras 1.2-4 et 6.3-5, que de supposer que Daniel, qui avait l’oreille du roi, porta à son attention les prophéties antérieures de Jérémie et d’autres porte-parole de Jéhovah, le Dieu des Juifs.Another outstanding Jew of the Exile was a man of an entirely different type. Daniel, a noble youth carried away from Judah to Babylon at the first clash of Nebuchadnezzar’s armies with the Jews, 605 B.C., and brought up at the court, succeeded through interpreting a dream of the king in attracting his notice and winning his favor, much as Joseph had done in ancient Egypt. Dan., ch. 2. From his position of political power, Daniel was able, doubtless, to minister to the interests of his brethren, the Jewish exiles. Possibly it is to him that Jehoiachin owed his astonishing reversal of fortune. At any rate Belshazzar, the last ruler of the Chaldean state, still maintained Daniel in power, in spite of the very solemn warning of ruin to that state which Daniel fearlessly pronounced. Ch. 5. When the Persians succeeded the Chaldeans as masters of Babylon, this Jewish statesman still held his high post, and retained it in spite of the bitter enmity of officials who used his Jewish faith as a handle against him. Ch. 6. In fact, there is no better way to understand the favor accorded the Jews by Cyrus, the Persian conqueror, and the edicts preserved in Ezra 1:2-4; 6:3-5, than by supposing that Daniel, who had the king’s ear, brought to his attention the earlier prophecies of Jeremiah and of other spokesmen for Jehovah, God of the Jews.
Assurément, quelle que fût la manière dont l’affaire fut conduite, elle tourna entièrement à la satisfaction des Juifs. Tous ceux qui étaient disposés à retourner en Palestine furent autorisés et encouragés à partir. Ils furent aidés par les dons de leurs frères qui ne pouvaient ou ne voulaient pas quitter Babylone. Ils rapportèrent avec eux les anciens ustensiles du service du sanctuaire que Nabuchodonosor avait emportés. Et, mieux que tout, ils emportèrent l’autorisation royale de bâtir le temple de Jéhovah sur son ancien emplacement, aux frais du roi de Perse, c’est-à-dire sur les impôts et les tributs dont il faisait remise. À leur tête marchaient un prince de l’ancienne maison royale et un souverain sacrificateur, petit-fils de ce souverain sacrificateur que Nabuchodonosor avait fait exécuter un demi-siècle plus tôt. Leur nombre s’élevait à quarante-deux mille trois cent soixante, avec assez d’esclaves en plus pour que toute la troupe compte près de cinquante mille personnes.Certainly, however the affair was managed, it turned out entirely to the Jews’ liking. All who were willing to return to Palestine were permitted and encouraged to go. They were assisted by the gifts of their brethren who could not, or would not, leave Babylon. They bore back with them the old vessels for the service of the sanctuary which Nebuchadnezzar had carried off. And, best of all, they took with them royal authority to erect the Temple of Jehovah on its ancient site, at the expense of the king of Persia, that is, out of taxes and tribute he remitted. At their head went a prince of the old royal house, and a high priest who was grandson of that high priest whom Nebuchadnezzar had executed half a century before. Their number totaled forty-two thousand three hundred and sixty, with enough slaves in addition to make the entire company number nearly fifty thousand.
Leur but était triple : réoccuper la Terre sainte, rebâtir Jérusalem, et élever un temple là où s’était dressé le temple de Salomon. Nous serions portés à classer l’importance de ces trois objectifs dans l’ordre même où nous venons de les nommer. Mais il n’en était pas ainsi pour le Juif croyant. C’était avant tout la maison sacrée de son Dieu qu’il voulait voir restaurée, afin que les sacrifices prescrits par la Loi puissent reprendre, que le péché de la nation soit ainsi expié, et que Dieu puisse de nouveau habiter visiblement au milieu de son peuple. Tout le reste était ordonné à ce seul grand but. On ne peut comprendre l’origine du judaïsme, qui se trouve dans les mouvements de cette époque, si l’on ne saisit pas clairement ce motif suprême.Their purpose was threefold: to reoccupy the Holy Land, to rebuild Jerusalem, and to erect a temple where Solomon’s Temple had stood. We should be likely to rate the importance of these three objects in the same order as that in which they have just been named. But not so the believing Jew. It was above all else the sacred house of his God that he wanted to see restored, so that the prescribed sacrifices of the Law might be resumed, the nation’s sin might thus be atoned for, and God might once more visibly dwell among his people. All else was in order to this one great end. The origin of Judaism, which lies in the movements of this time, cannot be understood unless this supreme motive is clearly grasped.