Manuel de masterMaster's textbook

📘 The Expositor’s Bible: The Psalms (sélections choisies)The Expositor’s Bible: The Psalms (assigned selections)

Commentaire historique · Alexander MaclarenHistorical commentary · Alexander Maclaren

Alexander Maclaren · original du domaine public, avec sa propre traduction anglaise des Psaumes (ici remplacée par la version Louis Segond) ; cinq sélections assignées traduites par le STCAlexander Maclaren · public-domain original, with his English rendering of the Psalms; five assigned selections translated by CTS

À propos de ce manuelAbout this textbook

Les lectures assignées de ce livre se trouvent sur cette page, en anglais et dans des traductions espagnole et française réalisées par le STC.The assigned readings from this book are on this page, in English and in a CTS Spanish translation. La page de l’examen explique quand il est obligatoire pour valider le cours au niveau master. Les validations antérieures restent acquises.The test page explains when this examination is required for master’s course completion. Valid earlier completions remain valid.

1. Psaume 1 : le double prélude du Psautier1. Psalm 1: The Psalter’s Double Prelude

Alexander Maclaren, The Expositor’s Bible: The Psalms (1892–1894), sur le Psaume 1. Sélection assignée : le commentaire de Maclaren et le texte du psaume (dans l’original, sa propre traduction anglaise ; ici, la version Louis Segond). Les interprétations sont celles de l’auteur.Alexander Maclaren, The Expositor’s Bible: The Psalms (1892–94), on Psalm 1. Assigned selection: Maclaren’s commentary and the Psalm in his own English rendering. The interpretations are the author’s.

On peut considérer le Psautier comme l’écho du cœur à la parole de Dieu, la musique multiple de ses cordes balayées par le vent quand le souffle de Dieu passe sur elles. La Loi et la Prophétie sont les deux éléments principaux de cette parole, et les deux premiers psaumes, double prélude au livre, y correspondent : le premier expose le bonheur de celui qui aime et garde la loi, et le second célèbre l’intronisation du Messie. Son thème, le bonheur de garder la loi, est mis en valeur par la juxtaposition de deux tableaux fortement contrastés, l’un en pleine lumière, l’autre dans une ombre profonde, chacun rehaussant l’autre. Ébal et Garizim se font face. Le caractère et le sort de celui qui aime la loi sont esquissés dans les versets 1-3, et ceux du méchant dans les versets 4-6. « Avec quelle abondance ce mot Heureux est multiplié dans le livre des Psaumes ! Le livre semble être fait de ce mot, et le fondement bâti sur ce mot, car c’est le premier mot du livre. Mais dans tout le livre il n’y a pas un seul Malheur » (Donne).The Psalter may be regarded as the heart's echo to the speech of God, the manifold music of its wind-swept strings as God's breath sweeps across them. Law and Prophecy are the two main elements of that speech, and the first two psalms, as a double prelude to the book, answer to these, the former setting forth the blessedness of loving and keeping the law, and the latter celebrating the enthronement of Messiah. Its theme, the blessedness of keeping the law, is enforced by the juxtaposition of two sharply contrasted pictures, one in bright light, another in deep shadow, and each heightening the other. Ebal and Gerizim face one another. The character and fate of the lover of the law are sketched in verses 1–3, and that of the wicked in verses 4–6. “How abundantly is that word Blessed multiplied in the Book of Psalms! The book seems to be made out of that word, and the foundation raised upon that word, for it is the first word of the book. But in all the book there is not one Woe” (Donne).

On le prend d’ordinaire pour une exclamation, mais ce peut tout aussi bien être une simple affirmation, et il énonce alors une vérité universelle avec plus de force encore. Les traits qui procurent ainsi le bonheur sont d’abord décrits négativement, et cet ordre est significatif. Tant qu’il y a tant de mal dans le monde, et que la société est ce qu’elle est, la piété doit être en grande partie négative, et ceux qui la possèdent, un peuple « ayant des lois différentes de celles de tous les peuples » de la terre. Les poissons vivants nagent à contre-courant ; les morts suivent le courant.It is usually taken as an exclamation, but may equally well be a simple affirmation, and declares a universal truth even more strongly, if so regarded. The characteristics which thus bring blessedness are first described negatively, and that order is significant. As long as there is so much evil in the world, and society is what it is, godliness must be largely negative, and its possessors “a people whose laws are different from all people that be on earth.” Live fish swim against the stream; dead ones go with it.

Les tendres grâces de l’âme pieuse ne fleuriront pas s’il n’y a pas autour d’elles un mur d’opposition serrée, qui ne prend aucune part au mal, pour écarter les vents qui gèlent. Les propositions négatives forment une gradation, malgré la justesse incontestable de l’un des motifs pour lesquels on l’a niée — à savoir l’équivalence pratique de « méchants » et de « pécheurs ».The tender graces of the devout soul will not flourish unless there be a wall of close-knit and unparticipating opposition round them, to keep off nipping blasts. The negative clauses present a climax, notwithstanding the unquestionable correctness of one of the grounds on which that has been denied—namely, the practical equivalence of “wicked” and “sinner.”

Une intimité et une permanence croissantes de la fréquentation sont évidentes dans la progression qui va de marcher à s’arrêter, et de s’arrêter à s’asseoir. Une audace croissante dans le mal est marquée par la progression du conseil à la voie, ou manière de vivre, puis à la moquerie. Les desseins mauvais se manifestent en actes, et les actes finissent par se formuler en paroles amères. Certains hommes se moquent parce qu’ils ont déjà péché. La langue est noircie et irritée par le poison qui est dans l’organisme. C’est pourquoi la bonté évitera la moindre conformité au mal, sachant que si l’ourlet du vêtement ou la pointe des cheveux est pris dans les roues cruelles, tout le corps y sera entraîné. Mais ces traits négatifs ont surtout de la valeur par leur efficacité à favoriser les traits positifs, comme le mur qui entoure une jeune plantation est là pour ce qui pousse derrière lui. D’autre part, ces traits positifs, et éminemment le principal d’entre eux, un amour plus élevé, sont la seule base d’une abstention utile. Une vertu purement conventionnelle et négative a peu de force ou de valeur si elle ne découle pas d’une forte orientation de l’âme dans une autre direction.Increasing closeness and permanence of association are obvious in the progress from walking to standing and from standing to sitting. Increasing boldness in evil is marked by the progress from counsel to way, or course of life, and thence to scoffing. Evil purposes come out in deeds, and deeds are formularised at last in bitter speech. Some men scoff because they have already sinned. The tongue is blackened and made sore by poison in the system. Therefore goodness will avoid the smallest conformity with evil, as knowing that if the hem of the dress or the tips of the hair be caught in the cruel wheels, the whole body will be drawn in. But these negative characteristics are valuable mainly for their efficacy in contributing to the positive, as the wall round a young plantation is there for the sake of what grows behind it. On the other hand, these positive characteristics, and eminently that chief one of a higher love, are the only basis for useful abstinence. Mere conventional, negative virtue is of little power or worth unless it flow from a strong set of the soul in another direction.

« Je n’ai point agi de la sorte » est bon et noble quand nous pouvons poursuivre, comme Néhémie : « par crainte de Dieu ». La vraie manière d’évacuer les détritus est de verser de l’eau. Le plaisir pris à la loi délivrera du plaisir pris au conseil des méchants. Comme le négatif, le positif commence par l’homme intérieur. L’essentiel, chez tous les hommes, c’est la direction de leur « plaisir ». Où vont leurs goûts ? qu’est-ce qui leur plaît le plus ? et où sont-ils le plus à l’aise ? Les actes suivront le courant des désirs, et seront droits si l’homme caché du cœur est droit. Pour le psalmiste, cette loi était révélée par le Pentateuque et les prophètes ; mais le plaisir qu’il y prend, et dans lequel il reconnaît le germe de la piété, est la coïncidence de la volonté et de l’inclination avec la volonté déclarée de Dieu, de quelque manière qu’elle soit déclarée. En effet, il ramène la perfection aux mêmes éléments que l’autre psalmiste qui chantait : « Je veux faire ta volonté, mon Dieu ! et ta loi est au fond de mon cœur. » Le secret du bonheur est le renoncement à soi, — « Un amour qui perd ma volonté dans la sienne, / Et par cette perte se trouve libre. »“So did not I” is good and noble when we can go on to say, as Nehemiah did, “because of the fear of God.” The true way of floating rubbish out is to pour water in. Delight in the law will deliver from delight in the counsel of the wicked. As the negative, so the positive begins with the inward man. The main thing about all men is the direction of their “delight.” Where do tastes run? what pleases them most? and where are they most at ease? Deeds will follow the current of desires, and be right if the hidden man of the heart be right. To the psalmist, that law was revealed by Pentateuch and prophets; but the delight in it, in which he recognises the germ of godliness, is the coincidence of will and inclination with the declared will of God, however declared. In effect, he reduces perfection to the same elements as the other psalmist who sang, “I delight to do Thy will, yea, Thy law is within my heart.” The secret of blessedness is self-renunciation,—“A love to lose my will in His, / And by that loss be free.”

Les pensées qui sont douces deviennent familières. L’ordre donné à Josué est l’instinct de l’homme pieux. Dans les distractions et les activités de la journée chargée, la loi aimée sera avec lui, éclairant son chemin et façonnant ses actes. Aux heures de repos, elle consolera sa fatigue et renouvellera ses forces. Cette habitude de méditer patiemment et longuement la révélation de la volonté de Dieu doit être cultivée. Les hommes vivent petitement parce qu’ils vivent si vite. La religion manque de profondeur et d’ampleur parce qu’elle n’est pas nourrie par des sources cachées.Thoughts which are sweet will be familiar. The command to Joshua is the instinct of the devout man. In the distractions and activities of the busy day the law beloved will be with him, illuminating his path and shaping his acts. In hours of rest it will solace weariness and renew strength. That habit of patient, protracted brooding on the revelation of God's will needs to be cultivated. Men live meanly because they live so fast. Religion lacks depth and volume because it is not fed by hidden springs.

Texte du psaume (1.1-6 ; version Louis Segond)Psalm text (1:1–6, Maclaren's English rendering)

Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs, et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs, mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel, et qui la médite jour et nuit ! Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point : tout ce qu’il fait lui réussit. Il n’en est pas ainsi des méchants : ils sont comme la paille que le vent dissipe. C’est pourquoi les méchants ne résistent pas au jour du jugement, ni les pécheurs dans l’assemblée des justes ; car l’Éternel connaît la voie des justes, et la voie des pécheurs mène à la ruine.Happy the man who has not walked in the counsel of the wicked, and has not stood in the way of sinners, and in the session of scorners has not sat. But in the law of Jehovah is his delight, and in His law he meditates day and night. And he is like a tree planted by the runnels of water, which yields its fruit in its season, and whose leafage does not fade, and all which he does he prosperously accomplishes. Not so are the wicked, but like chaff which the wind drives away. Therefore the wicked shall not stand in the judgment, nor sinners in the congregation of the righteous. For Jehovah knows the righteous, and the way of the wicked shall perish.

2. Psaume 23 : la confiance personnelle2. Psalm 23: Personal Trust

Alexander Maclaren, The Expositor’s Bible: The Psalms (1892–1894), sur le Psaume 23. Sélection assignée : le commentaire de Maclaren et le texte du psaume (dans l’original, sa propre traduction anglaise ; ici, la version Louis Segond). Les interprétations sont celles de l’auteur.Alexander Maclaren, The Expositor’s Bible: The Psalms (1892–94), on Psalm 23. Assigned selection: Maclaren’s commentary and the Psalm in his own English rendering. The interpretations are the author’s.

Le monde se passerait plus facilement de bien des gros livres que de ce petit psaume ensoleillé. Il a séché bien des larmes et fourni le moule dans lequel bien des cœurs ont versé leur foi paisible. Supposer que celui qui parle est la nation personnifiée refroidit le tout. Le ton est trop intense pour ne pas être le fruit d’une expérience personnelle, quelque admissible que puisse être, à titre secondaire, l’application à la nation. Sans doute l’Éternel est-il le Berger d’Israël dans plusieurs psaumes d’Asaph et chez Jérémie ; mais, malgré de grandes autorités, je ne puis me persuader que la voix qui va si droit au cœur ne soit pas venue du cœur d’un frère exprimant, par-delà les siècles, ses propres émotions personnelles, qui sont universelles précisément parce qu’elles sont individuelles. C’est l’expression pure de la confiance personnelle en l’Éternel, assombrie par aucune crainte ni aucune plainte, et si parfaitement en repos qu’elle n’a plus rien à demander. Pour un temps, le désir s’apaise dans la satisfaction. Un seul ton, et le plus béni qui puisse retentir dans une vie, se fait entendre d’un bout à l’autre. C’est le psaume de la confiance paisible, que ne trouble même pas sa joie, paisible elle aussi. Le feu rougeoie, mais ne flambe ni ne crépite.The world could spare many a large book better than this sunny little psalm. It has dried many tears and supplied the mould into which many hearts have poured their peaceful faith. To suppose that the speaker is the personified nation chills the whole. The tone is too intense not to be the outcome of personal experience, however admissible the application to the nation may be as secondary. No doubt Jehovah is the Shepherd of Israel in several Asaphite psalms and in Jeremiah; but, notwithstanding great authorities, I cannot persuade myself that the voice which comes so straight to the heart did not come from the heart of a brother speaking across the centuries his own personal emotions, which are universal just because they are individual. It is the pure utterance of personal trust in Jehovah, darkened by no fears or complaints and so perfectly at rest that it has nothing more to ask. For the time desire is stilled in satisfaction. One tone, and that the most blessed which can sound in a life, is heard through the whole. It is the psalm of quiet trust, undisturbed even by its joy, which is quiet too. The fire glows, but does not flame or crackle.

L’unique pensée est développée en deux images apparentées : celle du berger et celle de l’hôte. Les mêmes idées sont répétées en substance sous les deux formes. La charmante suite de tableaux vivants, chacun long d’une seule proposition, mais nettement découpé dans ce petit espace, comme le fin travail gravé sur une pierre précieuse, s’unit à la profondeur et à la simplicité de l’émotion religieuse exprimée pour imprimer ce doux psaume dans tous les cœurs.The one thought is expanded in two kindred images: that of the shepherd and that of the host. The same ideas are substantially repeated under both forms. The lovely series of vivid pictures, each but a clause long, but clear-cut in that small compass, like the fine work incised on a gem, combines with the depth and simplicity of the religious emotion expressed, to lay this sweet psalm on all hearts.

Les versets 1-4 présentent les réalités de la vie pieuse sous l’image du divin Berger et de son agneau.Verses 1–4 present the realities of the devout life under the image of the Divine Shepherd and His lamb.

La comparaison des gouvernants avec des bergers est familière à bien des langues, et pouvait difficilement ne pas venir à l’esprit d’un peuple pastoral comme les Juifs ; et son application à la relation de l’Éternel avec son peuple n’est pas si recherchée qu’il faille reléguer les psaumes où elle se trouve à une époque tardive de l’histoire nationale. Le psalmiste s’attarde avec amour sur l’image, et en développe les divers aspects des soins du berger et des déplacements du troupeau, avec une maturité et un calme qui laissent penser que nous écoutons un homme de grande expérience. L’ordre dans lequel se succèdent les tableaux est remarquable. La conduite vers le rafraîchissement vient d’abord, et elle est décrite au verset 2 en des mots qui tombent aussi doucement que les paisibles ruisseaux dont ils parlent. Le plein midi est brûlant, et la terre cuit sous l’éclat du soleil ; mais tout au fond de quelque oued coule un ruisseau, et le long de son cours l’herbe est éclatante d’une humidité perpétuelle, et parmi l’herbe grasse se trouvent de frais gîtes où le troupeau aux pieds endoloris et haletant peut se coucher. La tendresse du berger est magnifiquement suggérée par les deux verbes : il « dirige », il ne pousse pas, mais, à la manière orientale, il précède et attire ainsi les brebis confiantes ; il « me fait reposer », veillant à ce que la brebis étende ses membres fatigués dans la pleine jouissance du repos. Ainsi Dieu conduit au repos et fait reposer l’âme qui le suit.The comparison of rulers to shepherds is familiar to many tongues, and could scarcely fail to occur to a pastoral people like the Jews, nor is the application to Jehovah's relation to the people so recondite that we need to relegate the psalms in which it occurs to a late era in the national history. The psalmist lovingly lingers on the image, and draws out the various aspects of the shepherd's care and of the flock's travels, with a ripeness and calmness which suggests that we listen to a much-experienced man. The sequence in which the successive pictures occur is noteworthy. Guidance to refreshment comes first, and is described in verse 2, in words which fall as softly as the gentle streams of which they speak. The noontide is fierce, and the land lies baking in the sun-blaze; but deep down in some wady runs a brook, and along its course the herbage is bright with perpetual moisture, and among the lush grass are cool lairs where the footsore, panting flock may couch. The shepherd's tenderness is beautifully hinted at in the two verbs: he “leads,” not drives, but in Eastern wise precedes and so draws the trustful sheep; he “makes me to lie down,” taking care that the sheep shall stretch weary limbs in full enjoyment of repose. God thus guides to rest and lays to rest the soul that follows Him.

Pourquoi le psalmiste commence-t-il par cet aspect de la vie ? Parce qu’il est le plus propre à exprimer les soins du berger, et parce qu’il est, après tout, l’aspect dominant pour le cœur pieux. La vie est pleine d’épreuves et d’efforts, mais c’est une région exceptionnellement pluvieuse que celle où la pluie tombe plus de la moitié des jours de l’année. Nous vivons si intensément et si pleinement les moments d’angoisse ou de crise qu’ils semblent occuper plus de place qu’ils n’en occupent réellement. Mais ce ne sont que des moments, et les périodes de possession paisible et continue des bénédictions se mesurent en années. Mais les douces paroles du psaume ne doivent pas être limitées aux biens matériels. Le psalmiste ne nous dit pas s’il pense davantage à la vie extérieure ou à la vie intérieure, mais les deux sont dans son esprit ; et si sa confiance n’est que partiellement justifiée par les faits de la première, elle est vraie sans limite pour la seconde. Dans cette application des paroles, le sens de la priorité donnée aux pâturages d’herbe fraîche et aux eaux du repos est clair, car là, le repos de la confiance et l’action de boire l’eau vive doivent précéder toute marche dans les sentiers de la justice.Why does the psalmist begin with this aspect of life? Because it is fittest to express the shepherd's care, and because it is, after all, the predominant aspect to the devout heart. Life is full of trial and effort, but it is an unusually rainy region where rain falls on more than half the days of the year. We live so much more vividly and fully in the moments of agony or crisis that they seem to fill more space than they really do. But they are only moments, and the periods of continued peaceful possession of blessings are measured by years. But the sweet words of the psalm are not to be confined to material good. The psalmist does not tell us whether he is thinking more of the outer or of the inner life, but both are in his mind, and while his confidence is only partially warranted by the facts of the former, it is unlimitedly true in regard to the latter. In that application of the words the significance of the priority given to the pastures of fresh springing grass and the waters of repose is plain, for there the rest of trust and the drinking of living water must precede all walking in paths of righteousness.

Texte du psaume (23.1-6 ; version Louis Segond)Psalm text (23:1–6, Maclaren's English rendering)

L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans de verts pâturages, il me dirige près des eaux paisibles. Il restaure mon âme, il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom. Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ta houlette et ton bâton me rassurent. Tu dresses devant moi une table, en face de mes adversaires ; tu oins d’huile ma tête, et ma coupe déborde. Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie, et j’habiterai dans la maison de l’Éternel jusqu’à la fin de mes jours.Jehovah is my Shepherd; I do not want. In pastures of fresh grass He leads me; by waters of rest He makes me lie. My soul He refreshes; He guides me in paths of righteousness for His name's sake. Even if I walk in a gorge of gloom, I fear not evil, for Thou art with me; Thy rod and Thy staff—they comfort me. Thou spreadest before me a table in presence of my foes; Thou anointest with oil my head: my cup is overfulness. Only good and mercy shall follow me all the days of my life, and my dwelling shall be in the house of Jehovah for length of days.

3. Psaume 51 : la prière pour être purifié3. Psalm 51: The Prayer for Cleansing

Alexander Maclaren, The Expositor’s Bible: The Psalms (1892–1894), sur le Psaume 51. Sélection assignée : le commentaire de Maclaren et le texte du psaume (dans l’original, sa propre traduction anglaise ; ici, la version Louis Segond). Les interprétations sont celles de l’auteur.Alexander Maclaren, The Expositor’s Bible: The Psalms (1892–94), on Psalm 51. Assigned selection: Maclaren’s commentary and the Psalm in his own English rendering. The interpretations are the author’s.

Dans les versets 3-11, le cri du psalmiste est surtout une demande de pardon ; dans les versets 12-14, il prie surtout pour la pureté ; dans les versets 15-19, il fait vœu d’un service reconnaissant. (Les numéros de versets suivent ici la version Louis Segond.)In verses 1–9 the psalmist's cry is chiefly for pardon; in verses 10–12 he prays chiefly for purity; in verses 13–17 he vows grateful service.

Les demandes des versets 3 et 4 nous enseignent comment le psalmiste concevait le péché. Elles sont toutes en substance les mêmes, et leur répétition révèle la profondeur du désir du suppliant. Le langage oscille entre des noms au pluriel et au singulier, désignant le mal comme des « transgressions », comme « iniquité » et comme « péché ». Le psalmiste le considère d’abord comme une multitude d’actes distincts, puis comme rassemblé tout entier en une sinistre unité. Les actes isolés de mal passent devant lui. Mais ils ont une racine commune ; et nous devons reconnaître non seulement les actes, mais cet éloignement du cœur d’où ils proviennent — non seulement le péché tel qu’il se manifeste dans la vie, mais tel qu’il est enroulé autour de nos cœurs. Les péchés sont les manifestations du péché.The petitions of verses 1, 2, teach us how the psalmist thought of sin. They are all substantially the same, and their repetition discloses the depth of longing in the suppliant. The language fluctuates between plural and singular nouns, designating the evil as “transgressions” and as “iniquity” and “sin.” The psalmist regards it, first, as a multitude of separate acts, then as all gathered together into a grim unity. The single deeds of wrong-doing pass before him. But these have a common root; and we must not only recognise acts, but that alienation of heart from which they come—not only sin as it comes out in the life, but as it is coiled round our hearts. Sins are the manifestations of sin.

Ces demandes montrent aussi comment le psalmiste concevait le pardon. Comme les mots qui désignent le péché en donnent une triple vue, ainsi ceux qui désignent le pardon le présentent sous trois aspects. « Efface » : cette demande conçoit le pardon comme l’effacement d’un écrit, peut-être d’un acte d’accusation. Notre passé est un manuscrit maculé, plein de choses fausses et mauvaises. La triste théorie de certains penseurs se résume dans ces paroles désespérées : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. » Mais le psalmiste en savait davantage ; et nous devrions en savoir plus que lui. Nos âmes peuvent devenir des palimpsestes ; et, de même qu’un saint pouvait écrire des méditations pieuses sur un parchemin qui avait porté d’infâmes légendes de faux dieux, la mauvaise écriture qui les couvre peut être effacée, et la loi de Dieu y être écrite. « Lave-moi complètement » n’a pas besoin d’explication. Mais le mot employé est significatif, car il désigne probablement un lavage où l’on foule et où l’on bat, et non un simple rinçage. Le psalmiste est prêt à se soumettre à n’importe quelle discipline douloureuse, pourvu qu’il soit purifié. « Lave-moi, bats-moi, foule-moi, frappe-moi à coups de maillet, jette-moi contre les pierres, fais de moi ce que tu veux, pourvu que ces taches immondes soient dissoutes de la trame de mon âme. » Le psalmiste n’avait pas entendu parler de l’alchimie par laquelle les hommes peuvent « laver leurs robes et les blanchir dans le sang de l’agneau » ; mais il s’attachait fermement à la « bonté » de Dieu, connaissait la noirceur de son propre péché et gémissait sous son poids ; c’est pourquoi son cri ne fut pas vain. Une anticipation de l’enseignement chrétien sur le pardon se trouve dans sa dernière expression pour le pardon, « purifie-moi », qui est le terme technique désignant l’acte sacerdotal par lequel on déclarait la pureté cérémonielle, ainsi que l’autre acte sacerdotal par lequel on rendait pur, et pas seulement déclarait pur, des taches de la lèpre. Le suppliant pense à sa culpabilité non seulement comme à un registre maculé ou à un vêtement souillé, mais comme à une maladie mortelle, le « premier-né de la mort », qui ne peut être ôtée que par la main du Prêtre posée sur la masse purulente. Nous savons qui étendit la main, toucha le lépreux et dit : « Je le veux, sois pur. »These petitions show also how the psalmist thought of forgiveness. As the words for sin give a threefold view of it, so those for pardon set it forth in three aspects. “Blot out”;—that petition conceives of forgiveness as being the erasure of a writing, perhaps of an indictment. Our past is a blurred manuscript, full of false and bad things. The melancholy theory of some thinkers is summed up in the despairing words, “What I have written, I have written.” But the psalmist knew better than that; and we should know better than he did. Our souls may become palimpsests; and, as devotional meditations might be written by a saint on a parchment that had borne foul legends of false gods, the bad writing on them may be obliterated, and God's law be written there. “Wash me thoroughly” needs no explanation. But the word employed is significant, in that it probably means washing by kneading or beating, not by simple rinsing. The psalmist is ready to submit to any painful discipline, if only he may be cleansed. “Wash me, beat me, tread me down, hammer me with mallets, dash me against stones, do anything with me, if only these foul stains are melted from the texture of my soul.” The psalmist had not heard of the alchemy by which men can “wash their robes and make them white in the blood of the Lamb”; but he held fast by God's “loving-kindness,” and knew the blackness of his own sin, and groaned under it; and therefore his cry was not in vain. An anticipation of the Christian teaching as to forgiveness lies in his last expression for pardon, “make me clean,” which is the technical word for the priestly act of declaring ceremonial purity, and for the other priestly act of making as well as declaring clean from the stains of leprosy. The suppliant thinks of his guilt not only as a blotted record or as a polluted robe, but as a fatal disease, the “first-born of death,” and as capable of being taken away only by the hand of the Priest laid on the feculent mass. We know who put out his hand and touched the leper, and said, “I will: be thou clean.”

La seconde grande division commence au verset 12 ; c’est une prière pour la pureté, suivie de vœux de service joyeux. La prière est contenue dans trois versets (12-14), dont le premier implore un renouvellement complet de la nature, le deuxième supplie qu’il n’y ait aucune rupture entre le suppliant et Dieu, et le troisième demande la joie et la bonne volonté de servir qui découleraient de l’exaucement des désirs précédents. Dans chaque verset, la seconde proposition a pour mot principal « esprit », et le verset du milieu demande « ton esprit saint ». Les demandes elles-mêmes, et l’ordre dans lequel elles se présentent, sont profondément significatifs et mériteraient bien plus d’éclaircissements qu’on ne peut en donner ici. La même conscience profonde de la corruption intérieure qui s’exprimait dans la première partie du psaume façonne la prière pour le renouvellement. Rien de moins qu’une nouvelle création ne rendra « pur » le cœur de cet homme. Son passé le lui a appris. Le mot employé est toujours utilisé pour l’acte créateur de Dieu ; et le psalmiste sent que rien de moins que la puissance qui planait sur la face du chaos primitif, et en fit sortir un monde ordonné, ne peut venir à bout de la ruine confuse qui est en lui. Ce qu’il sentait devoir obtenir, c’est ce que les prophètes ont promis (Jérémie 24.7 ; Ézéchiel 36.26) et que le Christ a apporté — une nouvelle création dans laquelle, tandis que la personnalité demeure intacte et que les éléments du caractère restent les mêmes, une vraie vie nouvelle est accordée, qui imprime de nouvelles directions aux affections, donne de nouveaux buts, de nouvelles impulsions, de nouvelles convictions, chasse des maux invétérés et change peu à peu « tout sauf le fond de l’âme ». Un désir de pardon qui ne s’épanouit pas en un tel désir d’être délivré de la misère du vieil homme n’est pas l’enfant d’une pénitence véritable, mais seulement d’une crainte servile.The second principal division begins with verse 10, and is a prayer for purity, followed by vows of glad service. The prayer is contained in three verses (10–12), of which the first implores complete renewal of nature, the second beseeches that there may be no break between the suppliant and God, and the third asks for the joy and willingness to serve which would flow from the granting of the desires preceding. In each verse the second clause has “spirit” for its leading word, and the middle one of the three asks for “Thy holy spirit.” The petitions themselves, and the order in which they occur, are deeply significant, and deserve much more elucidation than can be given here. The same profound consciousness of inward corruption which spoke in the former part of the psalm shapes the prayer for renewal. Nothing less than a new creation will make this man's heart “clean.” His past has taught him that. The word employed is always used of God's creative act; and the psalmist feels that nothing less than the power which brooded over the face of primeval chaos, and evolved thence an ordered world, can deal with the confused ruin within himself. What he felt that he must have is what prophets promised (Jer. 24:7; Ezek. 36:26) and Christ has brought—a new creation, in which, while personality remains unaffected, and the components of character continue as before, a real new life is bestowed, which stamps new directions on affections, gives new aims, impulses, convictions, casts out inveterate evils, and gradually changes “all but the basis of the soul.” A desire for pardon which does not unfold into such longing for deliverance from the misery of the old self is not the offspring of genuine penitence, but only of base fear.

Texte du psaume (versets choisis : 51.3-4, 8-10, 12-19 ; version Louis Segond)Psalm text (selected verses: 51:1–2, 6–8, 10–17, Maclaren's English rendering)

O Dieu ! aie pitié de moi dans ta bonté ; selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions ; lave-moi complètement de mon iniquité, et purifie-moi de mon péché. Mais tu veux que la vérité soit au fond du cœur : fais donc pénétrer la sagesse au-dedans de moi ! Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi, et je serai plus blanc que la neige. Annonce-moi l’allégresse et la joie, et les os que tu as brisés se réjouiront. O Dieu ! crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé. Ne me rejette pas loin de ta face, ne me retire pas ton esprit saint. Rends-moi la joie de ton salut, et qu’un esprit de bonne volonté me soutienne ! J’enseignerai tes voies à ceux qui les transgressent, et les pécheurs reviendront à toi. O Dieu, Dieu de mon salut ! délivre-moi du sang versé, et ma langue célébrera ta miséricorde. Seigneur ! ouvre mes lèvres, et ma bouche publiera ta louange. Si tu eusses voulu des sacrifices, je t’en aurais offert ; mais tu ne prends point plaisir aux holocaustes. Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c’est un esprit brisé : O Dieu ! tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit.Be gracious to me, O God, according to Thy loving-kindness: according to the greatness of Thy compassions blot out my transgressions. Wash me thoroughly from my iniquity, and from my sin make me clean. Behold, Thou desirest truth in the inward parts: therefore in the hidden part make me to know wisdom. Purge me with hyssop, and I shall be clean: wash me, and I shall be whiter than snow. Make me to hear joy and gladness; that the bones Thou hast crushed may exult. A clean heart create for me, O God; and a steadfast spirit renew within me. Cast me not out from Thy presence; and Thy holy spirit take not from me. Restore to me the joy of Thy salvation: and with a willing spirit uphold me. Then will I teach transgressors Thy ways; and sinners shall return to Thee. Deliver me from blood-guiltiness, O God, the God of my salvation; and my tongue shall joyfully sing Thy righteousness. Lord, open my lips; and my mouth shall declare Thy praise. For Thou desirest not sacrifice; else would I give it: in burnt offering Thou hast no pleasure. The sacrifices of God are a broken spirit: a heart broken and crushed, O God, Thou wilt not despise.

4. Psaume 22 : la lamentation se tourne vers la louange4. Psalm 22: Lament Turns toward Praise

Alexander Maclaren, The Expositor’s Bible: The Psalms (1892–1894), sur le Psaume 22. Sélection assignée : le commentaire de Maclaren et des versets du psaume (dans l’original, sa propre traduction anglaise ; ici, la version Louis Segond). Les interprétations sont celles de l’auteur.Alexander Maclaren, The Expositor’s Bible: The Psalms (1892–94), on Psalm 22. Assigned selection: Maclaren’s commentary and verses of the Psalm in his own English rendering. The interpretations are the author’s.

Non seulement notre Seigneur cite le premier verset sur la croix, montrant ainsi que le psaume était alors dans son cœur, mais les gestes et les paroles de moquerie furent reproduits mot pour mot, comme Luc l’indique de façon significative en employant le mot de la Septante pour « se moquer » (verset 8). Jean considère la soif du Christ comme l’accomplissement de « l’Écriture », qui ne peut guère être autre chose que le verset 16. Les effets physiques de la crucifixion sont décrits dans le tableau effrayant des versets 15 et 16. Quelque difficulté qu’il y ait à déterminer la vraie leçon et le vrai sens de l’allusion à « mes mains et mes pieds », une violence ou un outrage qui leur est fait est voulu. Le détail particulier du partage des vêtements fut plus qu’accompli, puisque les propositions apparemment parallèles et synonymes se résolurent en deux actes distincts. Mais nier que ces correspondances minutieuses et nombreuses soient plus que des coïncidences paraît un parti pris. Celui qui écrit ces lignes, pour sa part, voit briller à travers la personnalité indistincte du psalmiste la figure du Prince des souffrants, et croit que, soit que les plaintes du psalmiste se soient appliquées à lui dans tous leurs détails, soit qu’il y ait en elles un certain « élément d’hyperbole » qui devient simple réalité dans les souffrances de Jésus, le psaume est une prophétie de lui et de ses souffrances. Dans le premier cas l’expérience du psalmiste, dans le second ses paroles, furent divinement façonnées pour préfigurer les saintes douleurs de l’Homme de douleurs.Not only does our Lord quote the first verse on the cross, and so show that the psalm was in his heart then, but the gestures and words of mockery were verbally reproduced, as Luke significantly indicates by using the LXX's word for “laugh to scorn” (verse 7). Christ's thirst is regarded by John as the fulfilment of “scripture,” which can scarcely be other than verse 15. The physical effects of crucifixion are described in the ghastly picture of verses 14, 15. Whatever difficulty exists in determining the true reading and meaning of the allusion to “my hands and my feet,” some violence or indignity to them is intended. The peculiar detail of dividing the raiment was more than fulfilled, since the apparently parallel and synonymous clauses were resolved into two distinct acts. But that these minute and numerous correspondences are more than coincidences, it seems perverse to deny. The present writer, for one, sees shining through the shadowy personality of the psalmist the figure of the Prince of Sufferers, and believes that whether the former's plaints applied in all their particulars to him, or whether there is in them a certain “element of hyperbole” which becomes simple fact in Jesus' sufferings, the psalm is a prophecy of Him and them. In the former case the psalmist's experience, in the latter case his utterances, were divinely shaped so as to prefigure the sacred sorrows of the Man of Sorrows.

Pour un lecteur qui partage cette compréhension du psaume, il doit être une terre sainte, que l’on foule avec respect et la pensée fixée dans l’adoration sur Jésus. L’analyse froide n’y a pas sa place. Et pourtant il y a un ordre distinct même dans les gémissements, et un contraste manifeste entre les deux moitiés du psaume (versets 2-22 et 23-32). « Tu ne réponds pas » est la note dominante de la première ; « Tu m’as exaucé », celle de la seconde. L’une peint les souffrances, l’autre la gloire qui devait suivre. Toutes deux désignent Jésus : la première par la désolation qu’elle respire ; la seconde par les conséquences universelles de ces souffrances solitaires, qu’elle prévoit.To a reader who shares in this understanding of the psalm, it must be holy ground, to be trodden reverently and with thoughts adoringly fixed on Jesus. Cold analysis is out of place. And yet there is a distinct order even in the groans, and a manifest contrast in the two halves of the psalm (verses 1–21 and 22–31). “Thou answerest not” is the key-note of the former; “Thou hast answered me,” of the latter. The one paints the sufferings, the other the glory that should follow. Both point to Jesus: the former by the desolation which it breathes; the latter by the world-wide consequences of these solitary sufferings which it foresees.

Assurément, jamais des contraires ne se sont mêlés de manière plus saisissante dans un même jaillissement de sentiment que dans cette plainte où se mêlent la foi et le désespoir : « Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? » — plainte qui, en s’adressant ainsi à Dieu, s’attache fermement à lui, et qui, par sa question étonnée, révèle la triste conscience d’être séparé de lui. La preuve, pour le psalmiste, qu’il était abandonné était le rejet apparent de ses prières pour être délivré ; et si David est celui qui parle, nous pouvons supposer que le destin pathétique de son prédécesseur flottait devant sa pensée : « Je suis dans une grande détresse… Dieu s’est retiré de moi et ne m’a plus répondu. » Mais si des degrés moindres de ce conflit entre la confiance et le désespoir appartiennent à toute vie religieuse profonde, et sont éprouvés par les saints dans la souffrance à toutes les époques, la voix qui retentit dans les ténèbres du Calvaire fut le cri de celui qui en éprouva la force à un degré suprême et d’une manière absolument unique. Nul autre que lui ne peut poser cette question « Pourquoi ? » avec une conscience sans reproche. Nul autre que lui n’a connu l’agonie mortelle d’une séparation totale d’avec Dieu. Nul autre que lui ne s’est attaché à Dieu avec une confiance absolue jusque dans l’horreur d’une grande obscurité. Dans la conscience qu’avait le Christ d’être abandonné de Dieu se trouvent des éléments qui n’appartiennent qu’à elle, car ce qui séparait, c’étaient les péchés accumulés du monde entier, posés sur lui et acceptés par lui dans la perfection de son identification aimante avec les hommes. Si, en cette heure redoutable, il ne portait pas le péché d’un monde, il n’y a pas d’explication digne de son cri, et bien des martyrs silencieux ont affronté la mort pour lui avec plus de courage, puisé en lui, qu’il n’en a manifesté sur sa croix.Surely opposites were never more startlingly blended in one gush of feeling than in that plaint of mingled faith and despair, “My God, my God, why hast Thou forsaken me?” which by its thus addressing God clings fast to Him, and by its wondering question discloses the dreary consciousness of separation from Him. The evidence to the psalmist that he was forsaken was the apparent rejection of his prayers for deliverance; and if David be the speaker, we may suppose that the pathetic fate of his predecessor hovered before his thoughts: “I am sore distressed ... God is departed from me and answereth me no more.” But, while lower degrees of this conflict of trust and despair belong to all deep religious life, and are experienced by saintly sufferers in all ages, the voice that rang through the darkness on Calvary was the cry of Him who experienced its force in supreme measure and in altogether unique manner. None but He can ask that question “Why?” with conscience void of offence. None but He have known the mortal agony of utter separation from God. None but He have clung to God with absolute trust even in the horror of great darkness. In Christ's consciousness of being forsaken by God lie elements peculiar to it alone, for the separating agent was the gathered sins of the whole world, laid on Him and accepted by Him in the perfection of His loving identification of Himself with men. Unless in that dread hour He was bearing a world's sin, there is no worthy explanation of His cry, and many a silent martyr has faced death for Him with more courage derived from Him than He manifested on His cross.

Les conséquences de la délivrance du psalmiste sont décrites dans la dernière partie (versets 23-32) en des termes si vastes qu’il est difficile de supposer qu’un homme ait pu juger ses expériences personnelles si importantes et d’une si grande portée. Toute l’assemblée d’Israël doit prendre part à son action de grâces et apprendre par lui à mieux connaître le nom de Dieu (versets 23-27). Et ses espérances ne s’arrêtent pas là, car elles parcourent le monde entier, embrassent tous les pays et tous les âges, et envisagent que le récit de ses souffrances et de son triomphe sera un véritable évangile, amenant chaque pays et chaque génération à penser à l’Éternel et à se tourner vers lui. Le langage débordant ne devient qu’une seule bouche. De telles conséquences, si étendues et si durables, ne peuvent découler que de l’histoire d’une seule vie. Si les douleurs de la partie précédente ne peuvent être qu’une description de la passion, les gloires de la seconde ne peuvent être qu’une vision du royaume universel et éternel du Christ. C’est un évangile avant les Évangiles et une Apocalypse avant l’Apocalypse.The consequences of the psalmist's deliverance are described in the last part (verses 22–31) in language so wide that it is hard to suppose that any man could think his personal experiences so important and far-reaching. The whole congregation of Israel are to share in his thanksgiving and to learn more of God's name through him (verses 22–26). Nor does that bound his anticipations, for they traverse the whole world and embrace all lands and ages, and contemplate that the story of his sufferings and triumph will prove a true gospel, bringing every country and generation to remember and turn to Jehovah. The exuberant language becomes but one mouth. Such consequences, so wide-spread and agelong, can follow from the story of but one life. If the sorrows of the preceding part can only be a description of the passion, the glories of the second can only be a vision of the universal and eternal kingdom of Christ. It is a gospel before the Gospels and an Apocalypse before Revelations.

Texte du psaume (versets choisis : 22.2, 4-9, 23, 25, 28-29 ; version Louis Segond)Psalm text (selected verses: 22:1, 3–8, 22, 24, 27–28, Maclaren's English rendering)

Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? Pourtant tu es le Saint, tu sièges au milieu des louanges d’Israël. En toi se confiaient nos pères ; ils se confiaient, et tu les délivrais. Ils criaient à toi, et ils étaient sauvés ; ils se confiaient en toi, et ils n’étaient point confus. Et moi, je suis un ver et non un homme, l’opprobre des hommes et le méprisé du peuple. Tous ceux qui me voient se moquent de moi, ils ouvrent la bouche, secouent la tête : « Recommande-toi à l’Éternel ! L’Éternel le sauvera, il le délivrera, puisqu’il l’aime ! » Je publierai ton nom parmi mes frères, je te célébrerai au milieu de l’assemblée. Car il n’a ni mépris ni dédain pour les peines du misérable, et il ne lui cache point sa face ; mais il l’écoute quand il crie à lui. Toutes les extrémités de la terre penseront à l’Éternel et se tourneront vers lui ; toutes les familles des nations se prosterneront devant ta face. Car à l’Éternel appartient le règne.My God, my God, why hast Thou forsaken me? Yet Thou art Holy, throned upon the praises of Israel. In Thee our fathers trusted; they trusted and Thou deliveredst them. To Thee they cried and were delivered; in Thee they trusted and were not put to shame. But I am a worm, and not a man; a reproach of men and despised of people. All who see me mock at me; they draw open the lips, they nod the head. “Roll thy cares on Jehovah—let Him deliver him; let Him rescue him, for He delights in him.” I will declare Thy name to my brethren; in the midst of the congregation will I praise Thee. For He has not despised nor abhorred the affliction of the afflicted one, and has not hid His face from him; and when he cried He hearkened to him. All the ends of the earth shall remember and turn to Jehovah; and all the families of the nations shall bow down before Thee. For the kingdom is Jehovah's.

5. Psaume 150 : la note finale du Psautier5. Psalm 150: The Psalter’s Final Note

Alexander Maclaren, The Expositor’s Bible: The Psalms (1892–1894), sur le Psaume 150. Sélection assignée : le commentaire de Maclaren et le texte du psaume (dans l’original, sa propre traduction anglaise ; ici, la version Louis Segond). Les interprétations sont celles de l’auteur.Alexander Maclaren, The Expositor’s Bible: The Psalms (1892–94), on Psalm 150. Assigned selection: Maclaren’s commentary and the Psalm in his own English rendering. The interpretations are the author’s.

Cette noble conclusion du Psautier fait retentir une seule note claire de louange, comme la fin de toutes les humeurs et de toutes les expériences si diverses consignées dans ses soupirs et ses chants merveilleux. Les larmes, les gémissements, les lamentations sur le péché, les méditations sur les sombres profondeurs de la Providence, la foi défaillante et les aspirations déçues, tout mène à cela. Le psaume est plus qu’une conclusion artistique du Psautier ; c’est une prophétie du résultat final de la vie pieuse, et, par son éclat sans nuage comme par son universalité, il proclame la fin certaine des années de lassitude pour l’individu et pour le monde. « Tout ce qui respire » louera encore l’Éternel. Le psaume est évidemment destiné à un usage liturgique, et l’on peut imaginer que chaque instrument entrait dans le concert au moment où il était nommé, jusqu’à ce qu’enfin tous se fondent en un puissant torrent de sons de louange, dont les danseurs tourbillonnants suivaient la cadence. Étrange contraste avec les idées modernes de sobriété dans le culte !This noble close of the Psalter rings out one clear note of praise, as the end of all the many moods and experiences recorded in its wonderful sighs and songs. Tears, groans, wailings for sin, meditations on the dark depths of Providence, fainting faith and foiled aspirations, all lead up to this. The psalm is more than an artistic close of the Psalter; it is a prophecy of the last result of the devout life, and, in its unclouded sunniness, as well as in its universality, it proclaims the certain end of the weary years for the individual and for the world. “Everything that hath breath” shall yet praise Jehovah. The psalm is evidently meant for liturgic use, and one may imagine that each instrument began to take part in the concert as it was named, till at last all blended in a mighty torrent of praiseful sound, to which the whirling dancers kept time. A strange contrast to modern notions of sobriety in worship!

Les dix « Louez-le » ont souvent été remarqués comme symbole de plénitude, mais n’ont probablement pas de signification particulière.The tenfold “Praise Him” has been often noticed as symbolic of completeness, but has probably no special significance.

Au verset 1, le psalmiste appelle la terre et le ciel à louer. Le « sanctuaire » peut, il est vrai, être soit le Temple, soit le palais céleste de l’Éternel, mais il est plus probable que l’invocation, comme tant d’autres du même genre, s’adresse aux hommes et aux anges, plutôt qu’aux seuls anges. Ceux qui se tiennent dans les parvis terrestres et ceux qui entourent le trône dressé au-dessus du firmament visible font partie d’un grand tout, un chœur qui se répond. Il leur convient de louer, car ils habitent chacun dans le sanctuaire de Dieu.In verse 1 the psalmist calls on earth and heaven to praise. The “sanctuary” may, indeed, be either the Temple or the heavenly palace of Jehovah, but it is more probable that the invocation, like so many others of a similar kind, is addressed to men and angels, than that the latter only are meant. They who stand in the earthly courts and they who circle the throne that is reared above the visible firmament are parts of a great whole, an antiphonal chorus. It becomes them to praise, for they each dwell in God's sanctuary.

Le sujet de la louange est ensuite abordé au verset 2. « Ses hauts faits » pourraient se rendre par « ses actes héroïques [ou vaillants] ». Il s’agit de la délivrance de son peuple comme manifestation éclatante de vaillance ou de puissance victorieuse. La tendresse qui a mis cette puissance en mouvement n’est pas ici en question, mais la puissance ne peut être dignement louée ni comprise si l’on ne saisit pas la pitié et la grâce divines dont elle est l’instrument. Des actes puissants, que n’adouciraient ni une impulsion d’amour ni un dessein de grâce, susciteraient la crainte, mais non la reconnaissance. Aucune louange n’est à la mesure de l’immensité de sa grandeur, et pourtant il accepte l’adoration que les hommes peuvent lui rendre.The theme of praise is next touched in verse 2. “His mighty deeds” might be rendered “His heroic [or, valiant] acts.” The reference is to His deliverance of His people as a signal manifestation of prowess or conquering might. The tenderness which moved the power is not here in question, but the power cannot be worthily praised or understood, unless that Divine pity and graciousness of which it is the instrument are apprehended. Mighty acts, unsoftened by loving impulse and gracious purpose, would evoke awe, but not thanks. No praise is adequate to the abundance of His greatness, but yet He accepts such adoration as men can render.

Les instruments nommés aux versets 3 à 5 n’étaient pas tous utilisés, pour autant que nous le sachions, dans le service du Temple. Il y a peut-être l’intention d’aller au-delà de ceux qui étaient reconnus comme sacrés, afin de souligner l’universalité de la louange. La « trompette » était le cor recourbé, le « Shophar », dont sonnaient les prêtres ; « le luth et la harpe étaient joués par les Lévites, les tambourins frappés par les femmes ; et la danse, le jeu des instruments à cordes, des flûtes et des cymbales n’étaient pas réservés aux Lévites. Par conséquent, l’appel à louer Dieu s’adresse aux prêtres, aux Lévites et au peuple » (Baethgen). Au verset 4b, les « instruments à cordes » désignent les instruments à cordes en général, et le « chalumeau » est probablement celui dont se servaient les bergers ; ni l’un ni l’autre de ces genres d’instruments n’apparaît ailleurs comme employé dans le culte.The instruments named in verses 3–5 were not all used, so far as we know, in the Temple service. There is possibly an intention to go beyond those recognised as sacred, in order to emphasise the universality of praise. The horn was the curved “Shophar,” blown by the priests; “harp and psaltery were played by the Levites, timbrels were struck by women; and dancing, playing on stringed instruments and pipes and cymbals, were not reserved for the Levites. Consequently the summons to praise God is addressed to priests, Levites, and people” (Baethgen). In verse 4b “strings” means stringed instruments, and “pipe” is probably that used by shepherds, neither of which kinds of instrument elsewhere appears as employed in worship.

On en sait trop peu sur la musique juive pour pouvoir déterminer si les qualificatifs appliqués aux cymbales désignent deux sortes différentes. C’est probable ; les premières étant petites et aiguës, les secondes plus grandes, comme l’instrument semblable utilisé dans la musique militaire, et d’un son grave.Too little is known of Jewish music to enable us to determine whether the epithets applied to cymbals refer to two different kinds. Probably they do; the first being small and high-pitched, the second larger, like the similar instrument used in military music, and of a deep tone.

Mais le chantre voudrait entendre un volume sonore qui couvre tout ce doux tumulte qu’il a suscité ; c’est pourquoi il appelle « tout ce qui respire » à se servir de son souffle pour faire monter vers l’Éternel un chœur de louange retentissant comme le tonnerre. L’invocation porte en elle la prophétie de son propre accomplissement. Ces derniers accents de la longue suite des psalmistes sont comme si la troupe des chantres d’Israël se tournait vers le monde qui écoute, et lui confiait les harpes qui, sous leurs propres mains, avaient produit une musique si immortelle.But the singer would fain hear a volume of sound which should drown all that sweet tumult which he has evoked; and therefore he calls on “everything that has breath” to use it in sending forth a thunder-chorus of praise to Jehovah. The invocation bears the prophecy of its own fulfilment. These last strains of the long series of psalmists are as if that band of singers of Israel turned to the listening world, and gave into its keeping the harps which, under their own hands, had yielded such immortal music.

Peu de voix ont obéi à l’appel, et la vision d’un monde mélodieux de la louange de l’Éternel, et de lui seul, nous paraît, dans nos moments d’abattement, presque aussi lointaine qu’au jour où le dernier psalmiste cessa de chanter. Mais son appel est notre assurance ; et nous savons que la fin de l’histoire sera que devant celui dont l’œuvre est plus puissante que tous les autres hauts faits de l’Éternel, « tout genou fléchira, et toute langue confessera que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ».Few voices have obeyed the summons, and the vision of a world melodious with the praise of Jehovah and of Him alone appears to us, in our despondent moments, almost as far off as it was when the last psalmist ceased to sing. But his call is our confidence; and we know that the end of history shall be that to Him whose work is mightier than all the other mighty acts of Jehovah, “Every knee shall bow, and every tongue confess that Jesus Christ is Lord, to the glory of God the Father.”

Texte du psaume (150.1-6 ; version Louis Segond)Psalm text (150:1–6, Maclaren's English rendering)

Louez l’Éternel ! Louez Dieu dans son sanctuaire ! Louez-le dans l’étendue, où éclate sa puissance ! Louez-le pour ses hauts faits ! Louez-le selon l’immensité de sa grandeur ! Louez-le au son de la trompette ! Louez-le avec le luth et la harpe ! Louez-le avec le tambourin et avec des danses ! Louez-le avec les instruments à cordes et le chalumeau ! Louez-le avec les cymbales sonores ! Louez-le avec les cymbales retentissantes ! Que tout ce qui respire loue l’Éternel ! Louez l’Éternel !Hallelujah! Praise God in His sanctuary; praise Him in the firmament of His strength. Praise Him for His mighty deeds; praise Him according to the abundance of His greatness. Praise Him with blast of horn, with psaltery and harp. Praise Him with timbrel and dance, with strings and pipe. Praise Him with clear-sounding cymbals, with deep-toned cymbals. Let everything that has breath praise Jah. Hallelujah!

Lectures assignées tirées d’une édition historique du domaine public (Public-domain original / CTS faculty draft 2026) ; l’espagnol et le français sont des traductions du STC.Assigned readings from a historical public-domain edition (Public-domain original / CTS faculty draft 2026); the Spanish is a CTS translation.