Dans leur propre langue : les langues missionnaires revuesIn Their Own Tongue: Missionary Tongues Revised
Des missionnaires quittent Los Angeles, sûrs que l’Esprit leur donnera les langues de la Chine, du Japon et du Liberia. Les rédacteurs non signés rapportent que Lucy Farrow prêcha en kru, tandis que ses enseignants demandent l’ordre et l’interprétation par la prière. Le STC montre comment les Garr et d’autres découvrirent le contraire, et comment les missions pentecôtistes se tournèrent vers l’étude des langues, les interprètes et les responsables nationaux.Missionaries sail from Los Angeles expecting the Spirit to give them the languages of China, Japan and Liberia. The paper’s unsigned editors report Lucy Farrow preaching in Kru, while its teachers urge order and interpretation by prayer. CTS traces how the Garrs and others found otherwise, and how Pentecostal missions turned to language study, interpreters and national leaders.
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« Dans leur propre langue » : les langues missionnaires et la mission interculturelle“In Their Own Tongue”: Missionary Tongues and Cross-Cultural Mission
Une lecture du Séminaire théologique de Chapala — comment le journal d’Azusa Street espéra d’abord que les langues remplaceraient l’étude des idiomes, et comment les missions pentecôtistes apprirent un chemin plus lent et plus sageA Chapala Theological Seminary reading — how the Azusa Street paper first hoped that tongues would replace language study, and how Pentecostal missions learned a slower and wiser way
Un résumé du STC d’un périodique historique : « Pentecostal Missionary Reports » (Nouvelles missionnaires pentecôtistes) et « The Baptism with the Holy Ghost » (Le baptême du Saint-Esprit), The Apostolic Faith (Los Angeles), vol. I nº 11, octobre 1907–janvier 1908, pages 1 et 4 ; avec « Unlocked by Prayer » (Ouvert par la prière), vol. I nº 8, mai 1907, page 3, et « Character and Work of the Holy Ghost » (Caractère et œuvre du Saint-Esprit), vol. II nº 13, mai 1908, page 2. Le STC ne cite que des textes éditoriaux et d’enseignement non signés, brièvement, pour l’étude et le commentaire.A CTS digest of a historical periodical: “Pentecostal Missionary Reports” and “The Baptism with the Holy Ghost,” The Apostolic Faith (Los Angeles), Vol. I No. 11, October 1907–January 1908, pages 1 and 4; with “Unlocked by Prayer,” Vol. I No. 8, May 1907, page 3, and “Character and Work of the Holy Ghost,” Vol. II No. 13, May 1908, page 2. CTS quotes only unsigned editorial and teaching matter, briefly, for study and commentary.
- MissionsMissions
- Source primairePrimary source
- 1907–19081907–1908
- Langues et idiomesTongues and language
1.Un journal plein de départs1.A Paper Full of Departures
Le onzième numéro de The Apostolic Faith couvrait quatre mois, d’octobre 1907 à janvier 1908, et sa première page était remplie d’adieux. Sous le titre « Nouvelles missionnaires pentecôtistes », les rédacteurs énuméraient les ouvriers remplis de l’Esprit partis de Los Angeles depuis le numéro précédent : des missionnaires pour Monrovia, au Liberia, deux femmes pour le sud de la Chine et un groupe de neuf pour le nord de la Chine. Un autre groupe de quatorze s’était embarqué à Spokane, dans l’État de Washington, pour le Japon et la Chine. La mission d’Azusa Street avait à peine dix-huit mois, et elle pensait déjà en continents. Pour comprendre pourquoi, il faut se rappeler ce que ces croyants attendaient. Ils étaient sûrs que Jésus reviendrait bientôt. Ils croyaient que l’Évangile devait d’abord être prêché à toutes les nations (Matthieu 24.14). Et beaucoup croyaient que Dieu venait de leur faire un don qui rendrait cette tâche possible en une seule génération.The eleventh issue of The Apostolic Faith covered four months, from October 1907 to January 1908, and its front page was crowded with farewells. Under the heading “Pentecostal Missionary Reports,” the editors listed Spirit-filled workers who had gone out from Los Angeles since the last paper: missionaries to Monrovia, Liberia, two women to South China, and a band of nine to North China. A further band of fourteen had sailed from Spokane, Washington, for Japan and China. The Azusa Street mission was barely eighteen months old, and it was already thinking in continents. To understand why, we need to remember what these believers expected. They were sure that Jesus was coming soon. They believed the gospel had to be preached to every nation first (Matthew 24:14). And many of them believed that God had just given them a gift that would make that task possible in a single generation.
2.« Dans leur langue maternelle » : la première espérance2.“In Their Native Language”: The Early Hope
Le même rapport montre clairement cette espérance. Du groupe de Spokane, les rédacteurs écrivirent que les missionnaires « purent parler aux Chinois et aux Japonais sur le quai et sur le bateau dans leur langue maternelle ». Charles Parham, dont l’école biblique de Topeka avait la première lié les langues au baptême de l’Esprit en 1901, enseignait que les langues étaient de véritables langues humaines, données pour que les missionnaires puissent prêcher sans des années d’étude. Les historiens appellent cette croyance « langues missionnaires », ou xénolalie, de mots grecs qui signifient « parler étranger ». L’article d’enseignement de la page quatre du même numéro, « Le baptême du Saint-Esprit », bâtissait l’argument à partir de l’Écriture. Quand Jésus envoya pour la première fois les douze, dit-il, il les envoya vers des gens qui parlaient grec et hébreu : « Ils n’avaient pas besoin des langues des nations. » Mais après la Pentecôte, la mission s’étendait au monde entier, et ce premier jour « dix-sept nationalités » entendirent l’Évangile « dans leur propre langue sans confusion » (Actes 2.9–11). L’auteur conclut que Dieu « fait la même chose aujourd’hui ». Si la Pentecôte était revenue, raisonnait-on, Dieu le referait.The same report shows that hope plainly. Of the Spokane band, the editors wrote that the missionaries were “able to talk to the Chinese and Japanese at the dock and on the ship in their native language.” Charles Parham, whose Topeka Bible school had first linked tongues with the baptism in the Spirit in 1901, taught that tongues were real human languages, given so that missionaries could preach without years of study. Historians call this belief “missionary tongues,” or xenolalia, from Greek words meaning “foreign speech.” The page-four teaching article in the same issue, “The Baptism with the Holy Ghost,” built the case from Scripture. When Jesus first sent out the twelve, it says, He sent them to people who spoke Greek and Hebrew: “They did not need the languages of the nations.” But after Pentecost the commission was to all the world, and on that first day “seventeen nationalities” heard the gospel “in their own tongue without confusion” (Acts 2:9–11). The writer concludes that God “is doing the same today.” If Pentecost had returned, the logic ran, God would do it again.
3.Lucy Farrow au Liberia3.Lucy Farrow in Liberia
L’exemple le plus détaillé de la première page concerne Lucy Farrow (vers 1851–1911), une prédicatrice noire du mouvement de sainteté, venue de Houston, qui avait aidé à apporter le message pentecôtiste à Los Angeles en 1906. Les rédacteurs rapportent qu’elle passa sept mois à Johnsonville, à environ vingt-cinq milles de Monrovia, « sous ce climat si meurtrier », et qu’elle était maintenant de retour. Vingt personnes, disent-ils, reçurent le baptême de l’Esprit, et d’autres furent sauvées, sanctifiées et guéries. Vient ensuite l’affirmation qui compte pour cette lecture : le Seigneur lui avait donné « le don de la langue kru », et elle put prêcher « deux sermons aux gens dans leur propre langue ». Le STC présente cela comme le rapport du journal, non comme un fait vérifié. Nous ne savons pas qui a jugé la langue, ni dans quelle mesure elle fut comprise. Ce que l’on peut dire, c’est que le voyage de Farrow fut réel, coûteux et courageux. Une femme noire de plus de cinquante ans traversa un océan pour prêcher en Afrique de l’Ouest, à une époque où peu de sociétés missionnaires l’auraient envoyée. La même première page ajoute une phrase qui marqua la manière dont le mouvement se voyait : « Il n’y a aucun homme à la tête de ce mouvement. » Les rédacteurs voulaient dire que c’était l’Esprit, et non un directeur humain, qui envoyait les ouvriers. La Lecture 4 examinera ce que cela signifiait pour l’organisation.The most detailed example on the front page concerns Lucy Farrow (about 1851–1911), a Black holiness preacher from Houston who had helped bring the Pentecostal message to Los Angeles in 1906. The editors report that she spent seven months at Johnsonville, about twenty-five miles from Monrovia, “in that most deadly climate,” and had now returned. Twenty people, they say, received the baptism in the Spirit, and others were saved, sanctified and healed. Then comes the claim that matters for this reading: the Lord had given her “the gift of the Kru language,” and she was able to preach “two sermons to the people in their own tongue.” CTS presents this as the paper’s report, not a verified fact. We do not know who judged the language, or how much of it was understood. What we can say is that Farrow’s journey was real, costly and courageous. A Black woman in her fifties crossed an ocean to preach in West Africa at a time when few mission boards would have sent her at all. The same front page adds a sentence that shaped the movement’s view of itself: “There is no man at the head of this movement.” The editors meant that the Spirit, not a human director, was sending people out. Reading 4 will look at what that meant for organization.
4.Langues, ordre et interprétation4.Tongues, Order and Interpretation
À côté de l’espérance des langues missionnaires, le journal enseignait quelque chose de plus prudent. En mai 1907, un enseignement non signé, « Ouvert par la prière », disait aux lecteurs que Dieu ne donne pas « ce qui n’est pas une langue ou n’a pas de sens ». Mais il ne leur disait pas de chercher un étranger capable de l’identifier. Il disait le contraire : inutile de courir chercher un interprète, car « l’interprétation s’ouvre par la prière ». L’auteur se tournait ensuite vers 1 Corinthiens 14. L’Église de Corinthe, dit-il, était zélée, et tous voulaient parler en langues en même temps, si bien que ceux qui cherchaient Dieu et les non-sauvés restaient à l’écart. Paul voulait de l’ordre pour que les âmes soient atteintes. Si vous parlez en langues sans interprétation, conseille l’article, « vous pouvez vous asseoir et laisser une chance à quelqu’un d’autre ». Celui qui parle « dans la langue claire », dit-il, est plus utile à l’assemblée. C’est du bon sens pastoral. Il traite les langues surtout comme une prière et une louange adressées à Dieu, qui ont besoin d’interprétation pour édifier les autres, et non comme un sermon tout prêt pour des auditeurs étrangers. Les deux idées coexistaient dans le même journal. L’une regardait vers le champ missionnaire ; l’autre vers l’ordre de la réunion locale. Avec le temps, la seconde aiderait les pentecôtistes à comprendre ce qui n’avait pas marché dans la première.Alongside the hope of missionary languages, the paper taught something more careful. In May 1907 an unsigned teaching piece, “Unlocked by Prayer,” told readers that God does not give “that which is no language or has no meaning.” But it did not tell them to look for a foreigner who could identify it. It said the opposite: you need not hunt around for an interpreter, because “the interpretation is unlocked by prayer.” The writer then turned to 1 Corinthians 14. The Corinthian church, he says, was zealous, and everyone wanted to speak in tongues at once, so that seekers and the unsaved were left out. Paul wanted order so that souls could be reached. If you speak in tongues and have no interpretation, the article advises, “you may sit down and give somebody else a chance.” The one who speaks “in the plain tongue,” it says, is of more account to the assembly. This is pastoral common sense. It treats tongues mainly as prayer and praise addressed to God, which needs interpretation to build up others, rather than as a ready-made sermon for foreign listeners. The two ideas sat side by side in the same paper. One looked outward to the mission field; the other looked to the order of the local meeting. In time, the second would help Pentecostals understand what had gone wrong with the first.
5.Quand les langues ne vinrent pas5.When the Languages Did Not Come
Sur le champ missionnaire, l’espoir de langues instantanées se heurta vite à la réalité. Le cas le plus connu est celui d’Alfred G. Garr (1874–1944) et de sa femme Lillian, pasteurs blancs du mouvement de sainteté qui reçurent le baptême de l’Esprit à Azusa Street en 1906 et arrivèrent à Calcutta, en Inde, vers le début de 1907. Les histoires courantes rapportent que Garr pensait prêcher en bengali et découvrit qu’il ne le pouvait pas. Ni lui ni la plupart des premiers missionnaires ne purent se servir de leurs langues pour prêcher aux gens qui les entouraient. Les Garr ne rentrèrent pas chez eux. Ils restèrent, servirent parmi les missionnaires et les chrétiens indiens, puis partirent en 1907 pour Hong Kong, où un croyant chinois, Mok Lai Chi, travailla avec eux comme interprète avant de diriger lui-même une œuvre pentecôtiste. Dans le numéro 9, le rapport des Garr eux-mêmes depuis l’Inde alla jusqu’à soutenir que la meilleure voie était d’atteindre les missionnaires déjà sur place, car « ils connaissent toutes les coutumes de l’Inde, et aussi les langues ». Ce fut un changement de stratégie discret mais réel. Des historiens comme Gary B. McGee ont montré comment, en quelques années, la plupart des responsables pentecôtistes cessèrent d’enseigner que les langues étaient un raccourci pour apprendre les idiomes. Parham ne renonça jamais tout à fait à cette idée, mais l’ensemble du mouvement le fit. Il garda la conviction que les langues sont un don de l’Esprit et en vint à les comprendre surtout comme prière et louange « en esprit » (1 Corinthiens 14.2), avec interprétation pour l’Église.On the mission field the hope of instant languages met reality quickly. The best-known case is that of Alfred G. Garr (1874–1944) and his wife Lillian, white holiness pastors who received the baptism in the Spirit at Azusa Street in 1906 and reached Calcutta, India, around the turn of 1907. Standard histories record that Garr had expected to preach in Bengali and found he could not. Neither he nor most of the other early missionaries were able to use their tongues to preach to the people around them. The Garrs did not go home. They stayed, ministered among missionaries and Indian Christians, and in 1907 moved on to Hong Kong, where a Chinese believer, Mok Lai Chi, worked with them as interpreter and later led a Pentecostal work of his own. In issue 9 the Garrs’ own report from India even argued that the best way forward was to reach missionaries already on the field, because “they know all the customs of India and also the languages.” That was a quiet but real change of strategy. Historians such as Gary B. McGee have traced how, within a few years, most Pentecostal leaders stopped teaching that tongues were a shortcut to language learning. Parham never fully gave up the idea, but the wider movement did. It kept its conviction that tongues are a gift of the Spirit and came to understand them chiefly as prayer and praise “in the Spirit” (1 Corinthians 14:2), with interpretation for the church.
6.Du raccourci à la longue obéissance6.From Shortcut to Long Obedience
Ce qui remplaça le raccourci ne fut pas moins de foi, mais une autre sorte de foi. Les missionnaires pentecôtistes se mirent à étudier les langues pendant des années, à travailler avec des interprètes et surtout à former des croyants nationaux qui parlaient déjà la langue de leur propre peuple. Quand les Assemblées de Dieu se formèrent en 1914, la mission fut l’un de leurs buts centraux, et avec le temps leurs missionnaires adoptèrent le principe dit de « l’Église autochtone » : les Églises du champ missionnaire devaient devenir capables de se gouverner, de se soutenir et de se propager elles-mêmes. Des pentecôtistes comme Alice Luce, qui travailla parmi les hispanophones au Mexique et aux États-Unis, puis Melvin Hodges, qui servit en Amérique centrale, lui donnèrent une forme fortement centrée sur l’Esprit. Un enseignement de mai 1908 dans le journal d’Azusa allait déjà dans ce sens. Décrivant le Saint-Esprit, il disait : « Son caractère est amour », et ajoutait qu’il n’était pas étonnant que l’on « reçoive l’esprit missionnaire dès que l’on reçoit le baptême ». C’est l’amour des gens qui envoie les missionnaires, et c’est l’amour des gens qui les garde dans le dur travail d’apprendre une langue et une culture. La première espérance se trompait sur la méthode. Elle avait raison de croire que l’Esprit donne un fardeau pour les nations.What replaced the shortcut was not less faith but a different kind of faith. Pentecostal missionaries began to study languages for years, to work with interpreters, and above all to train national believers who already spoke the language of their own people. When the Assemblies of God was formed in 1914, missions was one of its central purposes, and over time its missionaries embraced what was called the “indigenous church” principle: churches on the field should become self-governing, self-supporting and self-propagating. Pentecostals such as Alice Luce, who worked among Spanish-speaking people in Mexico and the United States, and later Melvin Hodges, who served in Central America, gave it a strong Spirit-centred shape. A May 1908 teaching piece in the Azusa paper had already pointed in this direction. Describing the Holy Spirit, it said, “His character is love,” and added that it was no wonder that people “get the missionary Spirit as soon as they get the baptism.” Love for people is what sends missionaries out, and love for people is what keeps them at the hard work of learning a language and a culture. The early hope was wrong about the method. It was right that the Spirit gives a burden for the nations.
7.Ce qu’un pasteur ou un missionnaire en retient aujourd’hui7.What a Pastor or Missionary Takes from It Today
Que retient de ces pages un pasteur pentecôtiste à Guadalajara, à Nairobi ou à Séoul ? D’abord, que le zèle et l’erreur peuvent cohabiter chez des gens sincères. Les missionnaires de 1907 furent courageux et dévoués, et certaines de leurs idées sur les langues étaient fausses. Nous honorons leur sacrifice sans copier leurs erreurs. Ensuite, que l’Écriture doit éprouver l’expérience, et non l’inverse. L’Église qui lisait attentivement 1 Corinthiens 14 était mieux préparée à se corriger. Troisièmement, que la mission demande une incarnation patiente. Jésus a appris une langue, vécu dans une culture et parlé avec les expressions de la Galilée. Les missionnaires qui apprennent la langue d’un peuple et écoutent ses histoires suivent son exemple. Quatrièmement, que les meilleurs messagers sont souvent les croyants locaux. Les Garr eurent besoin de Mok Lai Chi ; l’Évangile se répandit en Chine par des voix chinoises. Un pasteur qui envoie des missionnaires aujourd’hui devrait se demander comment ils apprendront, sous l’autorité de qui ils serviront et quand les responsables locaux prendront le relais. Cinquièmement, que l’honnêteté devant l’échec fortifie la foi. Les pentecôtistes n’ont pas abandonné le baptême de l’Esprit quand l’idée des langues missionnaires a échoué. Ils sont devenus plus sages.What does a Pentecostal pastor in Guadalajara, Nairobi or Seoul take from these pages? First, that zeal and error can live together in sincere people. The missionaries of 1907 were brave and devoted, and some of their beliefs about tongues were mistaken. We honour their sacrifice without copying their mistakes. Second, that Scripture must test experience, not the other way round. The church that read 1 Corinthians 14 carefully was better prepared to correct itself. Third, that mission requires patient incarnation. Jesus learned a language, lived in a culture and spoke in the idioms of Galilee. Missionaries who learn a people’s language and listen to their stories follow His pattern. Fourth, that the best messengers are often local believers. The Garrs needed Mok Lai Chi; the gospel spread through China by Chinese voices. A pastor who sends missionaries today should ask how they will learn, whom they will serve under, and how soon local leaders will take charge. Fifth, that honesty about failure strengthens faith. Pentecostals did not abandon the baptism in the Spirit when the missionary-tongues idea failed. They grew wiser.