Manuel de masterMaster's textbook

📘 Bible Characters II: Gibson, Bruce, Dods and Stokes (extraits choisis)Bible Characters II: Gibson, Bruce, Dods and Stokes (assigned excerpts)

Manuel historique · Gibson, Bruce, Dods, StokesHistorical textbook · Gibson, Bruce, Dods, Stokes

J. M. Gibson, A. B. Bruce, Marcus Dods, G. T. Stokes · originaux du domaine public ; cinq extraits assignés traduits par le STCJ. M. Gibson, A. B. Bruce, Marcus Dods, G. T. Stokes · public-domain originals; five assigned excerpts translated by CTS

À propos de ce manuelAbout this textbook

Les lectures assignées de ce livre se trouvent sur cette page, en anglais et dans des traductions espagnole et française réalisées par le STC.The assigned readings from this book are on this page, in English and in a CTS Spanish translation. La page de l’examen explique quand il est obligatoire pour valider le cours au niveau master. Les validations antérieures restent acquises.The test page explains when this examination is required for master’s course completion. Valid earlier completions remain valid.

1. Jean-Baptiste dans le doute, et la réponse de Christ1. John the Baptist in Doubt, and Christ’s Answer

John Monro Gibson, The Expositor’s Bible: The Gospel of St. Matthew (1890), chapitre 10, « The Shadow of the Cross » (L’ombre de la croix). Extrait assigné. Les interprétations sont celles de l’auteur.John Monro Gibson, The Expositor’s Bible: The Gospel of St. Matthew (1890), chapter 10, “The Shadow of the Cross”. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.

Bien qu’il fût assez naturel que Jean doutât, ce n’en était pas moins une épreuve pour Jésus. Les disciples n’étaient encore que des enfants. Pas un d’entre eux ne pouvait entrer pleinement en sympathie avec lui. Jean, le précurseur, était le seul homme fort sur lequel il avait des raisons de compter entièrement, qui avait été éprouvé maintes et maintes fois et toujours trouvé courageux et fidèle. Et pourtant, c’est lui qui envoie le message de doute. Quel choc ce dut être pour le cœur sensible, quelle épreuve pour la foi, de l’homme Jésus-Christ !Though it was natural enough that John should doubt, it was none the less trying to Jesus. The disciples were only children yet. Not one of them could enter into full sympathy with Him. John, the forerunner, was the one strong man, on whom He had reason thoroughly to rely, who had been tried again and again, and always found brave and true. Yet it is he who sends the doubting message. What a shock it must have been to the sensitive heart, what a trial to the faith, of the Man Christ Jesus!

Le message dut être très troublant et déconcertant, et propre, s’il était largement connu, à neutraliser dans une large mesure, dans l’esprit du peuple, le témoignage que Jean avait rendu à Jésus. C’est la dernière chose que l’évangéliste aurait songé à mentionner, s’il avait été guidé dans le choix de ses matériaux par des motifs de calcul ; et le fait que cet incident soit rapporté dans deux des Évangiles est une illustration frappante de ce qui est manifeste partout : la parfaite simplicité et la candeur des historiens sacrés.The message must have been a very disturbing and disconcerting one, and fitted, if widely known, to neutralise to a large degree in the minds of the people the witness John had borne to Jesus. It is the last thing the Evangelist would have thought of mentioning, if he had been actuated in the selection of his material by motives of policy; and the fact that this incident is published in two of the Gospels is a striking illustration of what is manifest throughout—the perfect simplicity and candour of the sacred historians.

N’avons-nous pas lieu d’être très reconnaissants qu’ils l’aient rapporté ? Pour l’esprit vraiment réfléchi, cela n’affaiblit nullement le témoignage de Jean ; tandis que c’est plein de réconfort pour celui qui doute honnêtement, lui donnant l’assurance que, même quand les questions les plus graves le troublent — même quand les fondements de sa foi semblent ébranlés —, « aucune tentation ne » lui « est survenue qui n’ait été humaine », telle que même une âme courageuse et fidèle comme Jean dut l’affronter ; plein d’encouragement aussi à faire exactement ce qu’il fit : aller tout droit au Maître lui-même avec ses doutes, et le laisser s’en occuper — avec sagesse, fidélité et tendresse —, comme il le fait ici.Have we not reason to be most thankful that they did record it? To the truly thoughtful mind it is no weakening of the testimony of John; while it is full of comfort for the honest doubter, giving him the assurance that even when the most serious questions trouble him—even though the very foundations of his faith seem to be shaken—“there hath no temptation taken” him “but such as is common to man,” such as even a brave and true soul like John had to face; full of encouragement also to do just as he did,—go straight to the Master Himself with the doubts, and let Him deal with them—wisely, faithfully, tenderly—as He does here.

Comment donc s’en occupe-t-il ? Par un miracle, en ouvrant les portes de la prison, et en lui montrant ainsi clairement que ce n’est pas Hérode, mais Jésus, qui est Roi ? Par un soudain déchaînement de vengeance, détruisant des foules de pécheurs impénitents et alarmant tout le pays, satisfaisant ainsi les pensées les plus sévères du Baptiste dans son cachot ? Nullement. Il s’en occupe comme il entend toujours s’occuper de ceux qui doutent : il lui montre tranquillement les nombreux signes de sa mission divine — non sous la forme d’un jugement exercé sur les pécheurs, ni d’une grandiose démonstration qui étonnerait la nation, mais dans le progrès paisible de son œuvre secourable, guérissante et consolante : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. » Puis il l’encourage à retenir fermement jusqu’à la fin l’assurance du commencement, en ajoutant ces paroles significatives : « Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ! » Il valait bien mieux pour Jean lui-même qu’on lui laissât le temps de se ressaisir, plutôt que de faire quelque chose de particulier pour répondre à ses doutes. Il se ressaisit en effet ; il obtint la bénédiction que son Maître plaçait devant lui ; il fut satisfait sans aucune démonstration publique, satisfait d’attendre et de souffrir dans la foi et la patience, jusqu’à ce qu’enfin il scellât le témoignage de sa vie magnifique par la mort d’un martyr.How, then, does He deal with them? By a miracle, opening the prison doors, and so making it perfectly plain to him that not Herod, but Jesus, is King? By a sudden outburst of vengeance, destroying hosts of unrepentant sinners and alarming all the country side, and so satisfying the sternest thoughts of the Baptist in his cell? Not at all. He deals with them as He intends to deal with doubters always: points him quietly to the many tokens of His Divine mission—not in the way of judgment wrought on sinners, nor of any grand demonstration which will astonish the nation, but in the quiet progress of His helpful, healing, comforting work: “Go, and show John again those things which ye do hear and see: the blind receive their sight, and the lame walk, the lepers are cleansed, and the deaf hear, the dead are raised up, and the poor have the gospel preached to them.” Then He encourages him to hold fast the beginning of his confidence firm unto the end, by adding the significant words, “Blessed is he, whosoever shall find none occasion of stumbling in Me” (R.V.). It was far better for John himself that he should be allowed to rally, than that anything special should be done to meet his doubts. He did rally; he did secure the blessing his Master set before him; he was satisfied without any open demonstration, satisfied to wait on and suffer in faith and patience, till at last he sealed the testimony of his magnificent life by a martyr’s death.

Ceux qui croient sans doute ni question, dans une simplicité d’enfant, sont à certains égards dignes d’envie ; mais il y a une bénédiction particulière pour ceux qui, par la force même de leur nature, doivent lutter contre le doute, et qui pourtant, à l’heure de l’épreuve, ne trouvent en lui aucune occasion de chute. Ils sortent du combat plus que vainqueurs par celui qui les a aimés.Those are in some respects to be envied who in childlike simplicity believe without doubt or question; but there is a special blessing for those who by the very force of their nature must wrestle with doubt, yet in the trying hour find no occasion of stumbling in Him. They come out of the conflict more than conquerors through Him that loved them.

La réponse envoyée à Jean était bienveillante ; mais il n’y avait en elle aucune flatterie — pas même un mot d’éloge pour son endurance héroïque. Le Maître connaissait la force de son disciple, et il le traita en conséquence. Mais dès que les messagers sont partis, il dit au peuple ce qu’il pense de lui. Il écarte en somme l’idée de juger Jean sur un message envoyé à une heure de faiblesse et d’abattement. « N’imaginez pas un instant, semble-t-il dire, que l’homme que vous êtes allés voir au désert soit faible comme un roseau, ou mou comme un courtisan. Il est tout ce que vous pensiez qu’il était, et plus encore. Il est vraiment un prophète ; et bien plus, car il est un héraut du Roi céleste. Parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste ; et bien qu’il n’ait pas les privilèges même des plus petits dans le royaume des cieux, puisqu’il appartient à l’ancienne économie, pourtant, comme héraut de la nouvelle, il occupe une place particulièrement honorée — il se tient entre l’ancienne et la nouvelle ; car tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu’à Jean ; tandis que, depuis le temps de Jean-Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est annoncé, et les hommes s’y pressent. Il est en fait, si seulement vous aviez des oreilles pour entendre, si seulement vos esprits étaient ouverts pour lire les Écritures selon leur esprit, cet Élie même dont votre prophète vous a enseigné à attendre la venue » (v. 7-14).The answer sent to John was kind; but there was no flattery in it—not even a word of commendation of his heroic endurance. The Master knew the strength of His disciple, and He dealt with him accordingly. But as soon as the messengers are gone He tells the people what He thinks of him. He in effect deprecates the thought of judging John by a message sent in an hour of weakness and despondency. “Do not imagine for a moment,” He seems to say, “that the man you went out into the wilderness to see is feeble as a reed, or soft as a courtier. He is all, and more than all, you took him to be. He is a prophet indeed; and much more, for he is a herald of the heavenly King. Among them that are born of woman there hath not risen a greater than John the Baptist; and though he has not the advantages of even the little ones in the kingdom of heaven, inasmuch as he belongs to the old dispensation, yet, as herald of the new, he occupies a peculiarly honoured place—he stands between the old and the new; for all the prophets and the law prophesied until John; while from the days of John the Baptist until now the kingdom of heaven is preached, and men are pressing into it. He is, in fact, if only you had ears to hear, if only your minds were open to read the Scriptures according to the spirit of them, that very Elijah whose coming your prophet has taught you to expect” (vv. 7-14).

2. Pierre au bord du lac : « M’aimes-tu ? »2. Peter by the Lake: “Lovest Thou Me?”

A. B. Bruce, The Training of the Twelve (1871), chapitre XXIX, « The Under-Shepherds Admonished » (Les sous-bergers exhortés). Extrait assigné. Les interprétations sont celles de l’auteur.A. B. Bruce, The Training of the Twelve (1871), chapter XXIX, “The Under-Shepherds Admonished”. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.

En apparence, les paroles adressées par Jésus à Pierre ne concernent que ce disciple ; et le but visé semble être de le rétablir dans une position d’apôtre qu’il pouvait assez naturellement penser avoir perdue par sa conduite dans le palais du souverain sacrificateur. C’est pourquoi telle est l’interprétation communément donnée de cette scène impressionnante au bord du lac. Et que nous soyons d’accord ou non avec cette interprétation, nous devons admettre que, pour une raison ou une autre, le Seigneur Jésus voulait rappeler à la mémoire de Pierre ses récents manquements. Les traces d’allusion à des incidents passés de l’histoire du disciple au cours de la crise récente sont indéniables. Même le moment choisi pour l’entretien est significatif. C’est après qu’ils eurent dîné que Jésus demanda à Pierre s’il l’aimait ; c’est après qu’ils eurent soupé que Jésus donna à ses disciples son commandement nouveau de l’amour, et que Pierre fit sa protestation véhémente de dévouement à la cause et à la personne de son Maître. Le nom par lequel le Seigneur ressuscité s’adressa à son disciple — non pas Pierre, mais Simon, fils de Jonas — était propre à lui rappeler sa faiblesse, et cette autre occasion où, l’appelant du même nom, Jésus l’avait averti que Satan allait le cribler comme le froment. La question trois fois répétée, « M’aimes-tu ? », ne pouvait manquer de rappeler douloureusement à Pierre son triple reniement, et de renouveler ainsi sa peine. La forme sous laquelle la question fut posée la première fois — « M’aimes-tu plus que ne m’aiment ceux-ci ? » — contient une allusion manifeste à la déclaration de Pierre : « Quand tu serais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi. » L’injonction « Pais mes brebis » renvoie à l’annonce prophétique faite par Jésus sur le chemin du mont des Oliviers : « Vous serez tous, cette nuit, scandalisés à cause de moi ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées », et signifie : Ne laissez pas les brebis être dispersées, comme vous l’avez été vous-mêmes pour un temps. L’injonction « Pais mes agneaux », associée à la première question, « M’aimes-tu plus que ne m’aiment ceux-ci ? », nous fait penser à la recommandation : « Quand tu seras converti, affermis tes frères » ; l’idée suggérée dans les deux cas étant la même, à savoir que l’homme qui est tombé le plus profondément, et qui a appris le plus complètement sa propre faiblesse, est, ou devrait être, le plus qualifié pour affermir les faibles — pour paître les agneaux.On the surface, the words spoken by Jesus to Peter seem to concern that disciple alone; and the object aimed at appears to be to restore him to a position as an apostle, which he might not unnaturally think he had forfeited by his conduct in the high priest’s palace. This, accordingly, is the view commonly taken of this impressive scene on the shore of the lake. And whether we agree with that view or not, we must admit that, for some reason or other, the Lord Jesus wished to recall to Peter’s remembrance his recent shortcomings. Traces of allusion to past incidents in the disciple’s history during the late crisis are unmistakeable. Even the time selected for the conversation is significant. It was when they had dined that Jesus asked Peter if he loved Him; it was after they had supped Jesus gave His disciples His new commandment of love, and that Peter made his vehement protestation of devotion to his Master’s cause and person. The name by which the risen Lord addressed His disciple — not Peter, but Simon son of Jonas — was fitted to remind him of his weakness, and of that other occasion on which, calling him by the same name, Jesus warned him that Satan was about to sift him as wheat. The thrice-repeated question, “Lovest thou me?” could not fail painfully to remind Peter of his threefold denial, and so to renew his grief. The form in which the question was first put — “Lovest thou me more than these?” — contains a manifest allusion to Peter’s declaration, “Though all shall be offended because of Thee, yet will I never be offended.” The injunction, “Feed my sheep,” points back to the prophetic announcement made by Jesus on the way to the Mount of Olives, “All ye shall be offended because of me this night; for it is written, I will smite the Shepherd, and the sheep of the flock shall be scattered abroad,” and means: Suffer not the sheep to be scattered, as ye were for a season scattered yourselves. The injunction, “Feed my lambs,” associated with the first question, “Lovest thou me more than these?” makes us think of the charge, “When thou art converted, strengthen thy brethren;” the idea suggested in both cases being the same, viz. that the man who has fallen most deeply, and learned most thoroughly his own weakness, is, or ought to be, best qualified for strengthening the weak — for feeding the lambs.

Malgré toutes ces allusions à la chute de Pierre, nous ne pouvons souscrire à l’idée que la scène rapportée ici signifiait le rétablissement formel du disciple égaré dans sa position d’apôtre. Nous ne nions pas qu’après ce qui s’était passé, ce disciple avait besoin d’être rétabli pour son propre réconfort et sa paix d’esprit. Mais notre difficulté est celle-ci : n’avait-il pas déjà été rétabli ? Quel était le sens de cette rencontre privée entre lui et Jésus, et quel en fut le résultat nécessaire ? Qui peut douter qu’après cette rencontre l’esprit du disciple fut en repos, et que dès lors il fut en paix, avec lui-même et avec son Maître ? Ou, si l’on veut une preuve de ce fait, que l’on regarde la conduite de Pierre lorsqu’il reconnut Jésus depuis la barque, tandis qu’il se tenait sur le rivage dans l’aube grise : il se jeta tel qu’il était dans la mer, dans sa hâte de s’approcher de son Seigneur bien-aimé. Était-ce là la conduite d’un homme tourmenté par une mauvaise conscience ? Mais on peut répondre qu’il fallait encore un rétablissement public et formel, puisque le scandale causé par le péché de Pierre était public. Nous en doutons ; mais même en l’accordant, qu’en résulte-t-il ? Pourquoi le rétablissement n’eut-il pas lieu plus tôt, lors de la première ou de la deuxième rencontre à Jérusalem ? Ensuite, la scène au bord du lac ressemble-t-elle vraiment à une transaction formelle ? Pouvons-nous considérer cette rencontre fortuite, aisée et familière, et cette conversation après le repas du matin avec les deux tiers des disciples, comme une assemblée ecclésiastique tenue dans le but solennel de rétablir un frère tombé dans la communion et la position de l’Église ? L’idée est trop froide et trop pédante pour être sérieusement retenue. Il reste encore une objection à formuler contre cette théorie : elle ne donne pas d’unité aux diverses parties de la scène. Elle peut expliquer l’interrogatoire auquel Jésus soumit Pierre ; mais elle n’explique pas la référence prophétique à son histoire future qui le suivit. Entre « Je vous permets, malgré vos fautes passées, d’être apôtre » et « Je vous préviens qu’en cette qualité vous n’aurez pas la liberté d’action dont vous vous réjouissiez autrefois », on ne voit aucun lien. La chute de Pierre ne suggérait pas un tel tour de pensée ; car elle ne venait pas de l’amour de la liberté, mais de la crainte des hommes.Notwithstanding all these allusions to Peter’s fall, we are unable to acquiesce in the view, that the scene here recorded signified the formal restoration of the erring disciple to his position as an apostle. We do not deny that, after what had taken place, that disciple needed restoration for his own comfort and peace of mind. But our difficulty is this: Had he not been restored already? What was the meaning of that private meeting between him and Jesus, and what its necessary result? Who can doubt, that after that meeting the disciple’s mind was at ease, and that thereafter he was at peace, both with himself and with his Master? Or if evidence is wanted of the fact, look at Peter’s behaviour on recognising Jesus from the boat, as He stood on the shore in the grey morning, casting himself as he was into the sea, in his haste to get near his beloved Lord. Was that the behaviour of a man afflicted with a guilty conscience? But it may be replied, there was still need for a formal public restoration, the scandal caused by Peter’s sin being public. This we doubt; but even granting it, what then? Why did the restoration not take place sooner, at the first or second meeting in Jerusalem? Then, does the scene by the shores of the lake really look like a formal transaction? Can we regard that casual, easy, familiar meeting and colloquy after breakfast with two-thirds of the disciples as an ecclesiastical diet, for the solemn purpose of restoring a fallen brother to church fellowship and standing? The idea is too frigid and pedantic to be seriously entertained. Then one more objection to this theory remains to be stated, viz. that it fails to give unity to the various parts of the scene. It may explain the questioning to which Jesus subjected Peter; but it does not explain the prophetic reference to his future history with which He followed it up. Between “I allow you, notwithstanding past misdemeanours, to be an apostle,” and “I forewarn you, that in that capacity you shall not have the freedom of action in which you rejoiced in former days,” there is no connection traceable. Peter’s fall did not suggest such a turn of thought; for it sprang not from the love of freedom, but from the fear of man.

3. Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu »3. Thomas: “My Lord and My God”

A. B. Bruce, The Training of the Twelve (1871), chapitre XXVIII, « The Shepherd Restored » (Le berger retrouvé). Extrait assigné. Les interprétations sont celles de l’auteur.A. B. Bruce, The Training of the Twelve (1871), chapter XXVIII, “The Shepherd Restored”. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.

La vérité au sujet de Thomas, à notre avis, était à peu près celle-ci. Lorsque, huit jours plus tôt, il lança ce défi à ses frères disciples, il ne pensait pas délibérément tout ce qu’il disait. C’était la boutade d’un homme mélancolique, qui était d’humeur à être aussi inconsolable et malheureux que possible. « Jésus ressuscité ! c’est impossible, un point c’est tout. Je ne croirai pas à moins de faire ceci et cela. Je ne sais même pas si je croirai, après tout. » Mais huit jours ont passé, et voici Jésus au milieu d’eux, visible au disciple qui était absent la fois précédente aussi bien qu’aux autres. Thomas va-t-il encore insister pour appliquer son test rigoureux ? Non, non ! Ses doutes s’évanouissent à la seule vue de Jésus, comme les brumes du matin au lever du soleil. Avant même que le Ressuscité ait montré ses plaies, et prononcé ces paroles à demi réprobatrices mais bienveillantes et pleines de sympathie, qui révèlent une connaissance intime de tout ce qui avait traversé l’esprit de son disciple incrédule, Thomas est pratiquement un croyant ; et après avoir vu les affreuses plaies et entendu les paroles généreuses, il a honte de ses propos téméraires et inconsidérés envers ses frères, et, submergé de joie et de larmes, il s’écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »The truth, we imagine, about Thomas was something like this. When, eight days before, he made that threat to his brother disciples, he did not deliberately mean all he said. It was the whimsical utterance of a melancholy man, who was in the humour to be as disconsolate and miserable as possible. “Jesus risen! the thing is impossible, and there’s an end of it. I won’t believe except I do so and so. I don’t know if I shall believe when all’s done.” But eight days have gone by, and lo, there is Jesus in the midst of them, visible to the disciple who was absent on the former occasion as well as to the rest. Will Thomas still insist on applying his rigorous test? No, no! His doubts vanish at the very sight of Jesus, like morning mists at sunrise. Even before the Risen One has laid bare His wounds, and uttered those half-reproachful yet kind, sympathetic words, which evince intimate knowledge of all that has been passing through His doubting disciple’s mind, Thomas is virtually a believer; and after he has seen the ugly wounds and heard the generous words, he is ashamed of his rash, reckless speech to his brethren, and overcome with joy and with tears, exclaims, “My Lord and my God!”

Ce fut une noble confession de foi ; la plus avancée, en fait, qu’ait jamais faite l’un des douze pendant le temps où ils furent avec Jésus. Le dernier est le premier ; le plus grand douteur parvient à la foi la plus pleine et la plus ferme. Il en a souvent été ainsi dans l’histoire de l’Église. Baxter rapporte, comme fruit de son expérience, que rien n’est aussi fermement cru que ce dont on a douté autrefois. Beaucoup de Thomas ont dit, ou pourraient dire, la même chose d’eux-mêmes. Ceux qui doutaient sont finalement devenus les croyants les plus solides, et même les plus ardents. Le doute est en lui-même une chose froide et, comme dans le cas de Thomas, il prononce souvent des paroles dures et sans cœur. Rien d’étonnant ; car quand l’esprit est dans le doute, l’âme est dans les ténèbres, et pendant la nuit glaciale le cœur se fige. Mais quand vient la lumière du jour de la foi, le gel fond, et des cœurs qui semblaient autrefois durs et de pierre se montrent capables d’un enthousiasme généreux et d’un dévouement ardent.It was a noble confession of faith; the most advanced, in fact, ever made by any of the twelve during the time they were with Jesus. The last is first; the greatest doubter attains to the fullest and firmest belief. So has it often happened in the history of the church. Baxter records it as his experience, that nothing is so firmly believed as that which hath once been doubted. Many Thomases have said, or could say, the same thing of themselves. The doubters have eventually become the soundest and even the warmest believers. Doubt in itself is a cold thing, and, as in the case of Thomas, it often utters harsh and heartless sayings. No wonder; for when the mind is in doubt the soul is in darkness, and during the chilly night the heart becomes frozen. But when the daylight of faith comes the frost melts, and hearts which once seemed hard and stony show themselves capable of generous enthusiasm and ardent devotion.

Les sociniens, dont le système est entièrement renversé par la confession de Thomas interprétée naturellement, nous disent que les mots « Mon Seigneur et mon Dieu » ne se rapportent pas du tout à Jésus, mais à la Divinité dans le ciel. Ils ne seraient qu’une expression d’étonnement de la part du disciple, découvrant que ce dont il avait douté était réellement arrivé. Il lève, pour ainsi dire, les yeux et les mains vers le ciel, et s’écrie : Mon Seigneur et mon Dieu ! c’est un fait : le Jésus crucifié est revenu à la vie. Cette interprétation est complètement désespérée. Elle ne tient aucun compte de la déclaration du texte selon laquelle Thomas, en prononçant ces mots, répondait et parlait à Jésus, et elle fait parler froidement un homme débordant d’émotion ; car si l’expression seule « Mon Dieu » aurait pu être une exclamation d’étonnement appropriée, les deux expressions « Mon Seigneur et mon Dieu » sont, à cet effet, faibles et peu naturelles.Socinians, whose system is utterly overthrown by Thomas’ confession naturally interpreted, tell us that the words “My Lord and my God” do not refer to Jesus at all, but to the Deity in heaven. They are merely an expression of astonishment on the part of the disciple, on finding that what he had doubted was really come to pass. He lifts up his eyes and his hands to heaven, as it were, and exclaims: My Lord and my God! it is a fact: The crucified Jesus is restored to life again. This interpretation is utterly desperate. It disregards the statement of the text, that Thomas, in uttering these words, was answering and speaking to Jesus, and it makes a man bursting with emotion speak frigidly; for while the one expression “My God” might have been an appropriate utterance of astonishment, the two phrases, “My Lord and my God,” are for that purpose weak and unnatural.

Nous n’avons donc pas ici une simple expression de surprise, mais une profession de foi tout à fait appropriée à l’homme et aux circonstances ; aussi riche de sens qu’elle est concise et forte. Thomas déclare à la fois son acceptation d’un fait miraculeux et sa croyance en une doctrine capitale. Dans la première partie de son adresse à Jésus, il reconnaît que celui qui était mort est vivant : Mon Seigneur, mon Maître bien-aimé ! c’est bien lui ; la même personne avec qui nous avons joui d’une communion si bénie avant qu’il fût crucifié. Dans la seconde partie de son adresse, il reconnaît la divinité de Christ, sinon pour la première fois, du moins avec une intelligence et une insistance entièrement nouvelles. Du fait, il s’élève à la doctrine : Mon Seigneur ressuscité, oui, et donc mon Dieu ; car il est divin, celui sur qui la mort n’a aucun pouvoir. Et la doctrine, à son tour, aide à donner au fait de la résurrection une certitude supplémentaire ; car si Christ est Dieu, la mort ne pouvait avoir aucun pouvoir sur lui, et sa résurrection allait de soi. Thomas, parvenu à l’affirmation sublime « Mon Dieu », est passé du bas niveau de foi où il se tenait lorsqu’il exigeait des preuves sensibles, au niveau supérieur où l’on sent que de telles preuves sont superflues.We have here, therefore, no mere expression of surprise, but a profession of faith most appropriate to the man and the circumstances; as pregnant with meaning as it is pithy and forcible. Thomas declares at once his acceptance of a miraculous fact, and his belief in a momentous doctrine. In the first part of his address to Jesus he recognises that He who was dead is alive: My Lord, my beloved Master! it is even He; the very same person with whom we enjoyed such blessed fellowship before He was crucified. In the second part of his address he acknowledges Christ’s divinity, if not for the first time, at least with an intelligence and an emphasis altogether new. From the fact he rises to the doctrine: My Lord risen, yea, and therefore my God; for He is divine over whom death hath no power. And the doctrine in turn helps to give to the fact of the resurrection additional certainty; for if Christ be God, death could have no power over Him, and His resurrection was a matter of course. Thomas having reached the sublime affirmation, “My God,” has made the transition from the low platform of faith on which he stood when he demanded sensible evidence, to the higher, on which it is felt that such evidence is superfluous.

4. Lazare : « Je suis la résurrection et la vie »4. Lazarus: “I Am the Resurrection and the Life”

Marcus Dods, The Expositor’s Bible: The Gospel of St. John, vol. I (1891), chapitre XXIII, « Jesus the Resurrection and Life » (Jésus, la résurrection et la vie) (Jean 11.1-44). Extrait assigné. Les interprétations sont celles de l’auteur.Marcus Dods, The Expositor’s Bible: The Gospel of St. John, vol. I (1891), chapter XXIII, “Jesus the Resurrection and Life” (John xi. 1–44). Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.

Ce miracle est en lui-même plus significatif que son explication. L’acte qui incarne un principe et lui donne réalité en est la meilleure exposition. Mais l’enseignement principal du miracle est énoncé dans les paroles de Jésus : « Je suis la résurrection et la vie. » Cette déclaration contient deux vérités : (1) la résurrection et la vie ne sont pas seulement futures, mais présentes ; et (2) elles deviennent nôtres par l’union avec Christ.This miracle is itself more significant than the explanation of it. The act which embodies and gives actuality to a principle is its best exposition. But the main teaching of the miracle is enounced in the words of Jesus: “I am the Resurrection and the Life.” In this statement two truths are contained: (1) that resurrection and life are not future only, but present; and (2) that they become ours by union with Christ.

(1) La résurrection et la vie ne sont pas des bénédictions réservées pour nous dans un avenir lointain : elles sont présentes. Quand Jésus dit à Marthe : « Ton frère ressuscitera », elle répondit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour », voulant indiquer que c’était là une maigre consolation. Son frère était là, couché mort dans le tombeau, et il y resterait mort pendant des siècles ; il ne circulerait plus dans la maison qu’elle aimait à cause de lui, il n’échangerait plus avec elle un mot ni un regard. Quel réconfort apportait l’espoir vague et lointain de se retrouver après de longs siècles de changements indicibles ? Quel réconfort la soutiendra pendant l’intervalle ? Quand des parents perdent les enfants qu’ils ne pouvaient supporter de perdre de vue un seul jour, qu’ils attendaient avec impatience s’ils tardaient d’une heure, c’est sans doute un certain réconfort de savoir qu’un jour ils les serreront de nouveau contre leur cœur. Mais ce n’est pas là le réconfort que Christ donne à Marthe. Il la console, non en lui montrant un événement lointain, vague et éloigné, mais sa propre personne vivante, qu’elle connaissait, voyait et en qui elle avait confiance. Et il l’assura qu’en lui étaient la résurrection et la vie ; que tous ceux qui lui appartenaient n’étaient donc pas atteints par la mort, et avaient en lui une vie présente et continue.(1) Resurrection and Life are not blessings laid up for us in a remote future: they are present. When Jesus said to Martha, “Thy brother shall rise again,” she answered, “I know that he shall rise again in the resurrection at the last day,”—meaning to indicate that this was small consolation. There was her brother lying in the tomb dead, and there he would lie for ages dead; no more to move about in the home she loved for his sake, no more to exchange with her one word or look. What comfort did the vague and remote hope of reunion after long ages of untold change bring? What comfort is to sustain her through the interval? When parents lose the children whom they could not bear to have for a day out of their sight, whom they longed for if they were absent an hour beyond their time, it is no doubt some comfort to know that one day they will again fold them to their breast. But this is not the comfort Christ gives Martha. He comforts her, not by pointing her to a far-off event which was vague and remote, but to His own living person, whom she knew, saw, and trusted. And He assured her that in Him were resurrection and life; that all, therefore, who belonged to Him were uninjured by death, and had in Him a present and continuous life.

Christ ne conçoit donc pas l’immortalité comme nous. Chez lui, la pensée de l’immortalité est impliquée dans l’idée de la vie et absorbée par elle. La vie est une chose présente, et sa continuation va de soi. Quand la vie est pleine, abondante et joyeuse, le présent suffit, et l’on ne pense ni au passé ni à l’avenir. C’est donc de la vie, plutôt que de l’immortalité, que Christ parle ; d’un bien présent, non futur ; d’un épanouissement de la nature dès maintenant, qui porte nécessairement en lui l’idée de permanence. La vie éternelle, il la définit non comme une continuation future qu’il faudrait mesurer en siècles, mais comme une vie présente qu’il faut mesurer à sa profondeur. C’est la qualité de la vie, non sa durée, qu’il considère. Une vie prolongée sans être approfondie par l’union avec le Dieu vivant ne serait pas un bienfait. La vie avec Dieu, et en Dieu, doit être immortelle ; la vie sans Dieu, il ne l’appelle pas du tout la vie.Christ, then, does not think of immortality as we do. The thought of immortality is with Him involved in, and absorbed by, the idea of life. Life is a present thing, and its continuance a matter of course. When life is full, and abundant, and glad, the present is enough, and past and future are unthought of. It is life, therefore, rather than immortality Christ speaks of; a present, not a future, good; an expansion of the nature now, and which necessarily carries with it the idea of permanence. Eternal life He defines, not as a future continuance to be measured by ages, but as a present life, to be measured by its depth. It is the quality, not the length, of life He looks at. Life prolonged without being deepened by union with the living God were no boon. Life with God, and in God, must be immortal; life without God He does not call life at all.

Comme preuve de cette vie présente et continue, Lazare fut rappelé et montré encore vivant. En lui fut illustrée la vérité des paroles de Christ : « Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » Il subira sans doute, comme tous les hommes, ce changement que nous appelons la mort ; il sera détaché de cette scène terrestre présente, mais sa vie en Christ ne subira aucune interruption. La dissolution peut atteindre son corps, mais non sa vie. Sa vie est cachée avec Christ en Dieu. Elle est unie à la source intarissable de toute existence.In evidence of this present continued life Lazarus was called back, and shown to be still alive. In him the truth of Christ’s words was exemplified: “He that believeth in Me, though he were dead yet shall he live; and whosoever liveth and believeth in Me shall never die.” He will doubtless, like all men, undergo that change which we call death; he will become disconnected from this present earthly scene, but his life in Christ will suffer no interruption. Dissolution may pass on his body, but not on his life. His life is hid with Christ in God. It is united to the unfailing source of all existence.

(2) Une telle vie, abondante dès maintenant et demeurant à jamais, Christ l’accorde à tous ceux qui croient en lui. À Marthe, il fait entendre qu’il a le pouvoir de ressusciter les morts, et que ce pouvoir lui appartient tellement en propre qu’il n’a besoin d’aucun instrument ni d’aucun moyen pour l’exercer ; que lui-même, tel qu’il se tenait devant elle, contenait tout ce qui était nécessaire pour la résurrection et la vie. Il fait entendre tout cela, mais il fait entendre bien plus encore. Apprendre qu’il avait le pouvoir de ressusciter les morts aurait sans doute ranimé le cœur de Marthe ; mais quelle garantie, quel espoir y avait-il qu’il exercerait ce pouvoir ? C’est pourquoi Christ ne dit pas : J’ai le pouvoir, mais : Je suis. Quelqu’un, Lazare, est-il uni à moi ? s’est-il attaché avec confiance à ma personne ? alors tout ce que je suis s’exerce en lui. Ce n’est pas seulement que j’ai ce pouvoir à exercer sur qui je veux ; mais je suis ce pouvoir, de sorte que, s’il est un avec moi, je ne puis lui refuser l’exercice de ce pouvoir.(2) Such life, now abundant and evermore abiding, Christ affords to all who believe in Him. To Martha He intimates that He has power to raise the dead, and that this power is so much His own that He needs no instrument or means to apply it; that He Himself, as He stood before her, contained all that was needful for resurrection and life. He intimates all this, but He intimates much more than this. That He had the power to raise the dead it would, no doubt, revive the heart of Martha to hear, but what guarantee, what hope, was there that He would exercise that power? And so Christ does not say, I have the power, but, I am. Is any one, is Lazarus, joined to Me? has he attached himself confidingly to My Person: then whatever I am finds exercise in him. It is not only that I have this power to exercise on whom I may; but I am this power, so that if he be one with Me I cannot withhold the exercise of that power from him.

5. Saul sur le chemin de Damas : « Je suis Jésus que tu persécutes »5. Saul on the Damascus Road: “I Am Jesus Whom Thou Persecutest”

G. T. Stokes, The Expositor’s Bible: The Acts of the Apostles, vol. II (1892), chapitre II, « The Conversion of the Persecutor » (La conversion du persécuteur) (Actes 8.3 ; 9.1-6). Extrait assigné. Les interprétations sont celles de l’auteur.G. T. Stokes, The Expositor’s Bible: The Acts of the Apostles, vol. II (1892), chapter II, “The Conversion of the Persecutor” (Acts viii. 3; ix. 1–6). Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.

Enfin, nous avons l’entretien avec le pénitent tremblant. Le récit qu’en fait saint Luc au chapitre neuf est beaucoup plus bref que le récit plus complet de saint Paul lui-même au chapitre vingt-six, et une grande partie en viendra plus naturellement à notre attention plus tard. Ici, cependant, nous remarquons ce fait expressif : le nom même par lequel le Seigneur s’adressa au futur apôtre était hébreu : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » C’est un point que notre traduction ne peut rendre, si exacte soit-elle. Jusque-là, dans le récit, c’est la forme grecque du nom qui était employée, et il était régulièrement appelé Σαῦλος. Mais maintenant le Seigneur en appelle aux fondements mêmes de sa vie religieuse, et le ramène à la pensée et à la manifestation de Dieu telles qu’elles furent révélées autrefois à son plus grand conducteur et champion sous l’ancienne alliance, à Moïse dans le buisson ; c’est pourquoi Christ n’emploie pas son nom grec, mais son nom hébreu, Σαούλ, Σαούλ. Puis nous avons la question de saint Paul : « Qui es-tu, Seigneur ? », suivie de la réponse de notre Seigneur : « Je suis Jésus que tu persécutes », ou, comme saint Paul le dit lui-même en Actes 22.8 : « Je suis Jésus de Nazareth, que tu persécutes. » Les anciens commentateurs ont bien relevé la portée de ce langage. Saul demande qui lui parle, et la réponse n’est pas : la Parole éternelle qui est de toute éternité, le Fils de l’Infini qui règne dans les cieux. Saul aurait aussitôt reconnu que ses efforts n’étaient pas dirigés contre lui. Mais celui qui parle va droit à l’encontre des préjugés et des sentiments de Saul, car il dit : « Je suis Jésus de Nazareth », celui que tu hais si intensément et contre qui tous tes efforts sont dirigés, insistant sur les points mêmes contre lesquels ses préjugés de pharisien devaient le plus se révolter. Comme le remarque avec une profonde intelligence spirituelle un ancien commentateur anglais qui vécut il y a plus de mille ans, en traitant de ce passage, Saul est appelé par ces paroles à contempler les profondeurs de l’humiliation de Christ, afin de se défaire des écailles de son propre orgueil spirituel. Et enfin, nous avons Christ qui s’identifie à son peuple, et nous fait entendre du ciel l’écho du langage et de l’enseignement qu’il avait employés sur la terre. « Je suis Jésus de Nazareth, que tu persécutes » sont des paroles qui renferment exactement le même enseignement que le langage solennel de la parabole de la scène du jugement en Matthieu 25.31-46 : « Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. » Christ et son peuple sont à jamais un ; leurs épreuves sont ses épreuves, leurs douleurs sont ses douleurs, leur force est sa force. Quelle merveilleuse puissance pour soutenir l’âme, pour fortifier la faiblesse, pour soutenir et ranimer le courage défaillant du peuple de Christ, nous trouvons dans cette expression : « Je suis Jésus que tu persécutes » ! Ces paroles nous permettent de comprendre l’esprit intrépide qui anima dès lors le nouveau converti, et révèlent la source secrète de ces expressions triomphantes : « Dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs », « Grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ ! » Si Christ dans le monde invisible et nous dans le monde du temps sommes éternellement un, qu’importent les changements et les hasards de la terre, les persécutions et les épreuves du temps ? Ils peuvent nous causer un petit désagrément passager, mais ils sont tous partagés par celui dont l’amour les fait siens et dont la grâce nous soutient amplement sous leur fardeau. C’est pourquoi le peuple de Christ ne perd pas courage, car il regarde non point aux choses visibles, qui sont passagères, mais aux choses invisibles, qui sont éternelles.And then, lastly, we have the conversation held with the trembling penitent. St. Luke’s account of it in the ninth chapter is much briefer than St. Paul’s own fuller statement in the twenty-sixth chapter, and much of it will most naturally come under our notice at a subsequent period. Here, however, we note the expressive fact that the very name by which the future apostle was addressed by the Lord was Hebrew: “Saul, Saul, why persecutest thou Me.” It is a point that our English translation cannot bring out, no matter how accurate. In the narrative hitherto the name used has been the Greek form, and he has been regularly called Σαῦλος. But now the Lord appeals to the very foundations of his religious life, and throws him back upon the thought and manifestation of God as revealed of old time to His greatest leader and champion under the old covenant, to Moses in the bush; and so Christ uses not his Greek name but the Hebrew, Σαούλ, Σαούλ. Then we have St. Paul’s query, “Who art Thou, Lord?” coupled with our Lord’s reply, “I am Jesus whom thou persecutest,” or, as St. Paul himself puts it in Acts xxii. 8, “I am Jesus of Nazareth, whom thou persecutest.” Ancient expositors have well noted the import of this language. Saul asks who is speaking to him, and the answer is not, The Eternal Word who is from everlasting, the Son of the Infinite One who ruleth in the heavens. Saul would have acknowledged at once that his efforts were not aimed at Him. But the speaker cuts right across the line of Saul’s prejudices and feelings, for He says, “I am Jesus of Nazareth,” whom you hate so intensely and against whom all your efforts are aimed, emphasizing those points against which his Pharisaic prejudices must have most of all revolted. As an ancient English commentator who lived more than a thousand years ago, treating of this passage, remarks with profound spiritual insight, Saul is called in these words to view the depths of Christ’s humiliation that he may lay aside the scales of his own spiritual pride. And then finally we have Christ identifying Himself with His people, and echoing for us from heaven the language and teaching He had used upon earth. “I am Jesus of Nazareth whom thou persecutest” are words embodying exactly the same teaching as the solemn language in the parable of the Judgment scene contained in Matthew xxv. 31-46: “Inasmuch as ye did it unto one of these My brethren, ye did it unto Me.” Christ and His people are evermore one; their trials are His trials, their sorrows are His sorrows, their strength is His strength. What marvellous power to sustain the soul, to confirm the weakness, to support and quicken the fainting courage of Christ’s people, we find in this expression, “I am Jesus whom thou persecutest”! They enable us to understand the undaunted spirit which henceforth animated the new convert, and declare the secret spring of those triumphant expressions, “In all these things we are more than conquerors,” “Thanks be to God which giveth us the victory through our Lord Jesus Christ.” If Christ in the supra-sensuous world and we in the world of time are eternally one, what matter the changes and chances of earth, the persecutions and trials of time? They may inflict upon us a little temporary inconvenience, but they are all shared by One whose love makes them His own and whose grace amply sustains us beneath their burden. Christ’s people faint not therefore, for they are looking not at the things seen, which are temporal, but at the things unseen, which are eternal.

Lectures assignées tirées d’une édition historique du domaine public (Public-domain original / CTS faculty draft 2026) ; l’espagnol et le français sont des traductions du STC.Assigned readings from a historical public-domain edition (Public-domain original / CTS faculty draft 2026); the Spanish is a CTS translation.