Manuel de masterMaster's textbook

📘 Enquête sur l’obligation des chrétiens (1792) — William CareyAn Enquiry into the Obligations of Christians (1792) — William Carey

Manuel baptiste historique · l’Enquiry intégrale : la Grande Mission toujours obligatoire, une revue des missions passées, le tableau du monde de Carey en 1792, la possibilité des missions et le devoir des chrétiensHistorical Baptist textbook · the complete Enquiry: the Great Commission still binding, a review of past missions, Carey’s 1792 survey of the world, the practicability of missions, and the duty of Christians

William Carey (1761–1834), <em>An Enquiry into the Obligations of Christians, to Use Means for the Conversion of the Heathens</em> (Leicester, 1792) ; domaine public. Texte anglais tiré d’une transcription électronique non collationnée, comme l’indique la note de la source, pas encore collationnée avec l’édition imprimée ; les erreurs de transcription évidentes ont été corrigées, et les tableaux de Carey sont donnés sous forme de paragraphes. Traduit par le STC (brouillon assisté par machine).William Carey (1761–1834), <em>An Enquiry into the Obligations of Christians, to Use Means for the Conversion of the Heathens</em> (Leicester, 1792); public domain. English text from an uncollated electronic transcription, as stated in the source note, not yet collated with the printed edition; obvious transcription errors corrected, and Carey’s tables given as paragraphs. Translated by CTS (machine-assisted draft).

À propos de ce manuelAbout this textbook

Les lectures assignées de ce livre se trouvent sur cette page, en anglais et dans des traductions espagnole et française réalisées par le STC.The assigned readings from this book are on this page, in English and in a CTS Spanish translation. Les étudiants des parcours M.Div. et Th.M. doivent les lire et réussir l’examen du manuel (vingt questions à compléter) pour terminer le cours ; il est ouvert à tous.Students on the M.Div. and Th.M. tracks must read them and pass the textbook test (twenty fill-in-the-blank questions) to complete the course; it is open to everyone.

1. L’introduction et la mission qui nous oblige encore1. The Introduction and the Commission Still Binding on Us

William Carey, An Enquiry into the Obligations of Christians, to Use Means for the Conversion of the Heathens (Leicester, 1792), page de titre, introduction et section I (« Enquête pour savoir si la mission donnée par notre Seigneur à ses disciples ne nous oblige pas encore »). Texte intégral ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.William Carey, An Enquiry into the Obligations of Christians, to Use Means for the Conversion of the Heathens (Leicester, 1792), title page, Introduction and Section I (“An Enquiry whether the Commission given by our Lord to his Disciples be not still binding on us”). Complete text; the interpretations are the author’s.

Note du STC : Carey (1761–1834), cordonnier et pasteur baptiste particulier, écrivit cette brochure en 1792 pour ses collègues pasteurs, dont beaucoup estimaient que la Grande Mission avait été accomplie par les apôtres et n’obligeait pas l’Église de leur temps. Dans son usage, « les païens » désigne simplement les peuples qui n’avaient pas encore entendu l’Évangile ; c’est un terme historique, non un jugement sur la valeur de qui que ce soit. Dans l’anglais, les références bibliques sont données telles que Carey les imprima (par exemple « Deut. xv. 4. ») ; les traductions les donnent sous forme moderne. Dans le premier paragraphe de l’introduction, un mot semble manquer dans la transcription (« dans le de Dieu lui-même ») ; il est reproduit tel quel, dans les trois langues, jusqu’à vérification sur l’édition imprimée.CTS note: Carey (1761–1834), a shoemaker and Particular Baptist pastor, wrote this pamphlet in 1792 for fellow ministers, many of whom held that the Great Commission had been fulfilled by the apostles and did not bind the church of their day. In his usage “the heathen” simply means peoples who had not yet heard the gospel; it is a historical term, not a judgment on anyone’s worth. Scripture references in the English are given as Carey printed them (for example “Deut. xv. 4.”); the translations give them in modern form. In the first paragraph of the Introduction a word appears to be missing in the transcription (“in the of God himself”); it is reproduced as found, in all three languages, until it is checked against the printed edition.

ENQUÊTE SUR L’OBLIGATION DES CHRÉTIENS D’EMPLOYER DES MOYENS POUR LA CONVERSION DES PAÏENS.AN ENQUIRY INTO THE OBLIGATIONS OF CHRISTIANS, TO USE MEANS FOR THE CONVERSION OF THE HEATHENS.

Dans laquelle sont considérés l’état religieux des différentes nations du monde, le succès des entreprises passées et la possibilité d’entreprises nouvelles, par William Carey.In which the religious state of the different nations of the world, the success of former undertakings, and the practicability of further undertakings, are considered, by William Carey.

Il n’y a aucune différence, en effet, entre le Juif et le Grec, puisqu’ils ont tous un même Seigneur, qui est riche pour tous ceux qui l’invoquent. Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n’ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n’ont pas entendu parler ? Et comment en entendront-ils parler, s’il n’y a personne qui prêche ? Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s’ils ne sont pas envoyés ? — Paul.For there is no Difference between the Jew and the Greek; for the same Lord over all, is rich unto all that call upon him. For whosoever shall call on the name of the Lord shall be saved. How then shall they call on him, in whom they have not believed? and how shall they believe in him of whom they have not heard? and how shall they hear without a Preacher? and how shall they preach except they be sent? — Paul.

MDCCXCII.MDCCXCII.

INTRODUCTIONINTRODUCTION

Puisque notre Seigneur béni nous a ordonné de prier pour que son règne vienne et que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel, il nous convient non seulement d’exprimer par des paroles notre désir de voir cet événement, mais d’employer tout moyen légitime pour répandre la connaissance de son nom. Pour cela, il est nécessaire que nous connaissions dans une certaine mesure l’état religieux du monde ; et, comme c’est là un objet que nous devrions être poussés à poursuivre, non seulement par l’Évangile de notre Rédempteur, mais même par les sentiments d’humanité, une inclination à agir consciencieusement en ce domaine serait l’une des preuves les plus fortes que nous sommes sujets de la grâce et participants de cet esprit de bienveillance universelle et de véritable philanthropie qui paraissent si éminents dans le de Dieu lui-même.As our blessed Lord has required us to pray that his kingdom may come, and his will be done on earth as it is in heaven, it becomes us not only to express our desires of that event by words, but to use every lawful method to spread the knowledge of his name. In order to this, it is necessary that we should become, in some measure acquainted with the religious state of the world; and as this is an object we should be prompted to pursue, not only by the gospel of our Redeemer, but even by the feelings of humanity, so an inclination to conscientious activity therein would form one of the strongest proofs that we are the subjects of grace, and partakers of that spirit of universal benevolence and genuine philanthropy, which appear so eminent in the of God himself.

Le péché a été introduit parmi les enfants des hommes par la chute d’Adam, et depuis lors il n’a cessé de répandre son influence funeste. Changeant d’apparence pour s’accommoder aux circonstances des temps, il a grandi sous dix mille formes et s’est constamment opposé à la volonté et aux desseins de Dieu. On aurait pu supposer que le souvenir du déluge se transmettrait de père en fils et détournerait pour toujours le genre humain de transgresser la volonté de son Créateur ; mais ils étaient si aveuglés qu’au temps d’Abraham une grande méchanceté régnait partout où des colonies s’étaient établies, et l’iniquité des Amoréens était grande, bien qu’elle ne fût pas encore à son comble. Après cela, l’idolâtrie se répandit de plus en plus, jusqu’à ce que les sept nations vouées à la destruction fussent retranchées avec les marques les plus éclatantes du déplaisir divin. Cependant, le progrès du mal ne fut pas arrêté, et les Israélites eux-mêmes se joignirent trop souvent au reste du genre humain contre le Dieu d’Israël. À une époque, l’ignorance et la barbarie les plus grossières régnèrent dans le monde ; et plus tard, dans un âge plus éclairé, l’incrédulité la plus audacieuse et le mépris de Dieu ; de sorte que le monde, autrefois envahi par l’ignorance, maintenant avec sa sagesse n’a point connu Dieu, mais a changé la gloire du Dieu incorruptible, autant qu’aux âges les plus barbares, en images représentant l’homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles. Bien plus, à mesure qu’ils progressaient dans la science et la politesse, ils tombaient dans des idolâtries plus abondantes et plus extravagantes.Sin was introduced amongst the children of men by the fall of Adam, and has ever since been spreading its baneful influence. By changing its appearances to suit the circumstances of the times, it has grown up in ten thousand forms, and constantly counteracted the will and designs of God. One would have supposed that the remembrance of the deluge would have been transmitted from father to son, and have perpetually deterred mankind from transgressing the will of their Maker; but so blinded were they, that in the time of Abraham, gross wickedness prevailed wherever colonies were planted, and the iniquity of the Amorites was great, though not yet full. After this, idolatry spread more and more, till the seven devoted nations were cut off with the most signal marks of divine displeasure. Still, however, the progress of evil was not stopped, but the Israelites themselves too often joined with the rest of mankind against the God of Israel. In one period the grossest ignorance and barbarism prevailed in the world; and afterwards, in a more enlightened age, the most daring infidelity, and contempt of God; so that the world which was once over-run with ignorance, now by wisdom knew not God, but changed the glory of the incorruptible God as much as in the most barbarous ages, into an image made like to corruptible man, and to birds, and four-footed beasts, and creeping things. Nay, as they increased in science and politeness, they ran into more abundant and extravagant idolatries.

Pourtant Dieu a fait connaître à maintes reprises son intention de triompher finalement de toute la puissance du diable, de détruire toutes ses œuvres, d’établir son propre royaume et ses intérêts parmi les hommes, et de l’étendre aussi universellement que Satan avait étendu le sien. C’est dans ce but que le Messie est venu et qu’il est mort, afin que Dieu soit juste tout en justifiant tous ceux qui croiraient en lui. Après avoir donné sa vie et l’avoir reprise, il envoya ses disciples prêcher la bonne nouvelle à toute la création et s’efforcer par tous les moyens possibles de ramener à Dieu un monde perdu. Ils partirent selon leur mission divine, et un succès merveilleux accompagna leurs travaux ; les Grecs civilisés comme les barbares non civilisés se rendirent à la croix du Christ et l’embrassèrent comme le seul chemin du salut. Depuis l’âge apostolique, beaucoup d’autres tentatives ont été faites pour répandre l’Évangile, avec un succès considérable ; et pourtant une partie très considérable du genre humain demeure plongée dans toutes les ténèbres du paganisme. Quelques tentatives se font encore, mais elles sont insignifiantes en comparaison de ce qui pourrait se faire si l’ensemble des chrétiens entrait de tout cœur dans l’esprit du commandement divin sur ce sujet. Certains y pensent peu, d’autres ignorent l’état du monde, et d’autres aiment leurs richesses plus que les âmes de leurs semblables.Yet God repeatedly made known his intention to prevail finally over all the power of the Devil, and to destroy all his works, and set up his own kingdom and interest among men, and extend it as universally as Satan had extended his. It was for this purpose that the Messiah came and died, that God might be just, and the justifier of all that should believe in him. When he had laid down his life, and taken it up again, he sent forth his disciples to preach the good tidings to every creature, and to endeavour by all possible methods to bring over a lost world to God. They went forth according to their divine commission, and wonderful success attended their labours; the civilized greeks, and uncivilized barbarians, each yielded to the cross of Christ, and embraced it as the only way of salvation. Since the apostolic age many other attempts to spread the gospel have been made, which have been considerably successful, notwithstanding which a very considerable part of mankind are still involved in all the darkness of heathenism. Some attempts are still making, but they are inconsiderable in comparison of what might be done if the whole body of Christians entered heartily into the spirit of the divine command on this subject. Some think little about it, others are unacquainted with the state of the world, and others love their wealth better than the souls of their fellow-creatures.

Afin que le sujet soit considéré plus sérieusement, je rechercherai si la mission donnée par notre Seigneur à ses disciples ne nous oblige pas encore ; je ferai une brève revue des entreprises passées ; je donnerai quelque idée de l’état présent du monde ; j’examinerai la possibilité de faire davantage que ce qui se fait ; et je traiterai du devoir des chrétiens en général à cet égard.In order that the subject may be taken into more serious consideration, I shall enquire, whether the commission given by our Lord to his disciples be not still binding on us,—take a short view of former undertakings,—give some account of the present state of the world, consider the practicability of doing something more than is done,—and the duty of Christians in general in this matter.

ENQUÊTE, ETC.AN ENQUIRY, &c.

SECT. I. Enquête pour savoir si la mission donnée par notre Seigneur à ses disciples ne nous oblige pas encore.SECT. I. An Enquiry whether the Commission given by our Lord to his Disciples be not still binding on us.

Notre Seigneur Jésus-Christ, peu avant son départ, chargea ses apôtres d’aller et d’enseigner toutes les nations ; ou, comme l’exprime un autre évangéliste, Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Cette mission était aussi étendue que possible, et les obligeait à se disperser dans tous les pays du globe habité et à prêcher à tous les habitants, sans exception ni limite. Ils partirent donc en obéissance au commandement, et la puissance de Dieu agit visiblement avec eux. Depuis leur temps, beaucoup de tentatives du même genre ont été faites, avec des succès divers ; mais ces dernières années l’œuvre n’a pas été entreprise ni poursuivie (sauf par quelques individus) avec le zèle et la persévérance que les premiers chrétiens y mettaient. Il semble que beaucoup aient pensé que la mission avait été suffisamment accomplie par ce qu’ont fait les apôtres et d’autres ; que nous avons assez à faire pour veiller au salut de nos propres compatriotes ; et que, si Dieu a l’intention de sauver les païens, il les amènera d’une manière ou d’une autre à l’Évangile, ou l’Évangile à eux. C’est ainsi que des multitudes restent tranquilles et ne se soucient nullement de la plus grande partie, de loin, de leurs semblables pécheurs, qui à ce jour sont perdus dans l’ignorance et l’idolâtrie. Il semble aussi exister dans l’esprit de certains l’opinion que, parce que les apôtres étaient des officiers extraordinaires et n’ont pas de véritables successeurs, et parce que bien des choses qu’il leur était juste de faire seraient tout à fait injustifiables pour nous, il ne nous est peut-être pas immédiatement obligatoire d’exécuter la mission, bien qu’elle l’ait été pour eux. À la considération de ces personnes, je voudrais offrir les observations suivantes.Our Lord Jesus Christ, a little before his departure, commissioned his apostles to Go, and teach all nations; or, as another evangelist expresses it, Go into all the world, and preach the gospel to every creature. This commission was as extensive as possible, and laid them under obligation to disperse themselves into every country of the habitable globe, and preach to all the inhabitants, without exception, or limitation. They accordingly went forth in obedience to the command, and the power of God evidently wrought with them. Many attempts of the same kind have been made since their day, and which have been attended with various success; but the work has not been taken up, or prosecuted of late years (except by a few individuals) with that zeal and perseverance with which the primitive Christians went about it. It seems as if many thought the commission was sufficiently put in execution by what the apostles and others have done; that we have enough to do to attend to the salvation of our own countrymen; and that, if God intends the salvation of the heathen, he will some way or other bring them to the gospel, or the gospel to them. It is thus that multitudes sit at ease, and give themselves no concern about the far greater part of their fellow-sinners, who to this day, are lost in ignorance and idolatry. There seems also to be an opinion existing in the minds of some, that because the apostles were extraordinary officers and have no proper successors, and because many things which were right for them to do would be utterly unwarrantable for us, therefore it may not be immediately binding on us to execute the commission, though it was so upon them. To the consideration of such persons I would offer the following observations.

PREMIÈREMENT : Si le commandement du Christ d’enseigner toutes les nations est restreint aux apôtres, ou à ceux qui étaient sous l’inspiration immédiate du Saint-Esprit, alors celui de baptiser devrait l’être aussi ; et toutes les dénominations de chrétiens, sauf les quakers, ont tort de baptiser d’eau.FIRST, If the command of Christ to teach all nations be restricted to the apostles, or those under the immediate inspiration of the Holy Ghost, then that of baptizing should be so too; and every denomination of Christians, except the Quakers, do wrong in baptizing with water at all.

DEUXIÈMEMENT : Si le commandement du Christ d’enseigner toutes les nations est limité aux apôtres, alors tous les ministres ordinaires qui se sont efforcés de porter l’Évangile aux païens ont agi sans mandat et ont couru avant d’être envoyés. Oui, et bien que Dieu ait promis les choses les plus glorieuses au monde païen en lui envoyant son Évangile, quiconque va le premier, ou même va tout court, avec ce message, à moins d’avoir une mission nouvelle et spéciale du ciel, doit y aller sans aucune autorité pour le faire.SECONDLY, If the command of Christ to teach all nations be confined to the apostles, then all such ordinary ministers who have endeavoured to carry the gospel to the heathens, have acted without a warrant, and run before they were sent. Yea, and though God has promised the most glorious things to the heathen world by sending his gospel to them, yet whoever goes first, or indeed at all, with that message, unless he have a new and special commission from heaven, must go without any authority for so doing.

TROISIÈMEMENT : Si le commandement du Christ d’enseigner toutes les nations ne s’étend qu’aux apôtres, alors, sans doute, la promesse de la présence divine dans cette œuvre doit être limitée de même ; mais elle est formulée de telle manière qu’elle exclut expressément une telle idée : Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.THIRDLY, If the command of Christ to teach all nations extend only to the apostles, then, doubtless, the promise of the divine presence in this work must be so limited; but this is worded in such a manner as expressly precludes such an idea. Lo, I am with you always, to the end of the world.

On admet qu’il y a des cas où même un commandement divin peut cesser d’être obligatoire : par exemple, s’il est abrogé, comme les commandements cérémoniels de la loi juive ; ou s’il n’y a dans le monde aucun sujet sur lequel exercer l’acte commandé, comme dans la loi de la remise de la septième année, dont on pouvait se dispenser lorsqu’il n’y aurait plus de pauvres dans le pays à qui remettre leurs dettes (Deut. 15:4) ; ou si, dans un cas particulier, nous pouvons produire une contre-révélation d’une autorité égale à celle du commandement original, comme lorsque le Saint-Esprit défendit à Paul et à Silas d’annoncer la parole en Bithynie (Actes 16:6–7) ; ou si, dans un cas quelconque, il y a une impossibilité naturelle de l’exécuter. Ce n’était pas le devoir de Paul de prêcher le Christ aux habitants d’Otaheite, car ce lieu n’était pas encore découvert, et il n’avait aucun moyen de les atteindre. Mais aucune de ces choses ne peut être alléguée par nous pour excuser la négligence de la mission donnée par le Christ. Nous ne pouvons pas dire qu’elle est abrogée, comme les commandements de la loi cérémonielle ; nous ne pouvons pas non plus prétendre qu’il n’y a pas d’objets sur lesquels exercer le commandement. Hélas ! la plus grande partie du monde, comme nous le verrons bientôt, est encore couverte des ténèbres païennes. Nous ne pouvons pas non plus produire une contre-révélation concernant une nation particulière, comme celle que reçurent Paul et Silas au sujet de la Bithynie ; et, le pourrions-nous, cela ne justifierait pas que nous restions assis à négliger toutes les autres parties du monde ; car Paul et Silas, lorsqu’il leur fut défendu de prêcher à ces païens, allèrent ailleurs et prêchèrent à d’autres. Nous ne pouvons pas non plus alléguer une impossibilité naturelle dans ce cas. On a dit que nous ne devons pas forcer le passage, mais attendre les ouvertures et les directions de la Providence ; mais on pourrait répondre avec autant de raison que nous ne devons pas non plus négliger de saisir les ouvertures de la providence qui se présentent à nous chaque jour. Quelles ouvertures de la providence attendons-nous ? Nous ne pouvons ni nous attendre à être transportés dans le monde païen sans moyens ordinaires, ni à recevoir le don des langues, etc., une fois arrivés. Ce ne seraient pas des interventions providentielles, mais miraculeuses. Là où existe un commandement, rien ne peut être nécessaire pour le rendre obligatoire, sinon l’enlèvement des obstacles qui rendent l’obéissance impossible, et ceux-ci sont déjà enlevés. On ne peut jamais invoquer l’impossibilité naturelle tant qu’il existe des faits qui prouvent le contraire. Les missionnaires papistes n’ont-ils pas surmonté toutes ces difficultés que nous avons généralement jugées insurmontables ? Les missionnaires de l’Unitas Fratrum, ou Frères moraves, n’ont-ils pas affronté la chaleur brûlante de l’Abyssinie et les climats glacés du Groenland et du Labrador, leurs langues difficiles et leurs mœurs sauvages ? Ou les marchands anglais, pour l’amour du gain, n’ont-ils pas surmonté toutes ces choses que l’on a généralement tenues pour des obstacles insurmontables à la prédication de l’Évangile ? Témoin le commerce avec la Perse, les Indes orientales, la Chine et le Groenland, et même la maudite traite des esclaves sur les côtes d’Afrique. Les hommes savent s’insinuer dans la faveur des clans les plus barbares et des tribus les plus incultes pour l’amour du gain ; et, quelque différentes que soient les circonstances du commerce et de la prédication, cela prouvera qu’il est possible d’introduire des ministres dans ces lieux ; et si l’on juge seulement que c’est une raison suffisante pour en faire l’essai, j’ai gagné ma cause.That there are cases in which even a divine command may cease to be binding is admitted—As for instance, if it be repealed, as the ceremonial commandments of the jewish law; or if there be no subjects in the world for the commanded act to be exercised upon, as in the law of septennial release, which might be dispensed with when there should be no poor in the land to have their debts forgiven. Deut. xv. 4. or if, in any particular instance, we can produce a counter-revelation, of equal authority with the original command, as when Paul and Silas were forbidden of the Holy Ghost to preach the word in Bythinia. Acts xvi. 6. 7. or if, in any case, there be a natural impossibility of putting it in execution. It was not the duty of Paul to preach Christ to the inhabitants of Otaheite, because no such place was then discovered, nor had he any means of coming at them. But none of these things can be alledged by us in behalf of the neglect of the commission given by Christ. We cannot say that it is repealed, like the commands of the ceremonial law; nor can we plead that there are no objects for the command to be exercised upon. Alas! the far greater part of the world, as we shall see presently, are still covered with heathen darkness! Nor can we produce a counter-revelation, concerning any particular nation, like that to Paul and Silas, concerning Bythinia; and, if we could, it would not warrant our sitting still and neglecting all the other parts of the world; for Paul and Silas, when forbidden to preach to those heathens, went elsewhere, and preached to others. Neither can we alledge a natural impossibility in the case. It has been said that we ought not to force our way, but to wait for the openings, and leadings of Providence; but it might with equal propriety be answered in this case, neither ought we to neglect embracing those openings in providence which daily present themselves to us. What openings of providence do we wait for? We can neither expect to be transported into the heathen world without ordinary means, nor to be endowed with the gift of tongues, &c. when we arrive there. These would not be providential interpositions, but miraculous ones. Where a command exists nothing can be necessary to render it binding but a removal of those obstacles which render obedience impossible, and these are removed already. Natural impossibility can never be pleaded so long as facts exist to prove the contrary. Have not the popish missionaries surmounted all those difficulties which we have generally thought to be insuperable? Have not the missionaries of the Unitas Fratrum, or Moravian Brethren, encountered the scorching heat of Abyssinia, and the frozen climes of Greenland, and Labrador, their difficult languages, and savage manners? Or have not English traders, for the sake of gain, surmounted all those things which have generally been counted insurmountable obstacles in the way of preaching the gospel? Witness the trade to Persia, the East-Indies, China, and Greenland, yea even the accursed Slave-Trade on the coasts of Africa. Men can insinuate themselves into the favour of the most barbarous clans, and uncultivated tribes, for the sake of gain; and how different soever the circumstances of trading and preaching are, yet this will prove the possibility of ministers being introduced there; and if this is but thought a sufficient reason to make the experiment, my point is gained.

On a dit que quelques savants théologiens ont prouvé par l’Écriture que le temps n’est pas encore venu où les païens doivent être convertis, et qu’il faut d’abord que les témoins soient mis à mort et que beaucoup d’autres prophéties soient accomplies. Mais, en admettant qu’il en soit ainsi (ce dont je doute fort[1]), si l’on en tire une objection contre le fait de leur prêcher immédiatement, elle doit être fondée sur l’une de ces deux choses : ou bien le dessein secret de Dieu est la règle de notre devoir, et alors il serait aussi mauvais de prier pour eux que de leur prêcher ; ou bien personne ne sera converti dans le monde païen avant l’effusion universelle de l’Esprit dans les derniers jours. Mais cette objection vient trop tard, car le succès de l’Évangile a déjà été très considérable en bien des lieux.It has been said that some learned divines have proved from Scripture that the time is not yet come that the heathen should be converted; and that first the witnesses must be slain, and many other prophecies fulfilled. But admitting this to be the case (which I much doubt[1]) yet if any objection is made from this against preaching to them immediately, it must be founded on one of these things; either that the secret purpose of God is the rule of our duty, and then it must be as bad to pray for them, as to preach to them; or else that none shall be converted in the heathen world till the universal down-pouring of the Spirit in the last days. But this objection comes too late; for the success of the gospel has been very considerable in many places already.

Note de Carey 1 : Voir l’ouvrage d’Edwards sur la prière, à ce sujet, récemment réimprimé par M. Sutcliffe.Carey’s footnote 1: See Edwards on Prayer, on this subject, lately re-printed by Mr. Sutcliffe.

On a objecté qu’il y a des multitudes dans notre propre nation, et dans nos sphères d’action immédiates, qui sont aussi ignorantes que les sauvages des mers du Sud, et que nous avons donc assez de travail chez nous sans aller dans d’autres pays. J’accorde volontiers qu’il y a des milliers de gens dans notre propre pays aussi éloignés de Dieu que possible, et c’est un fait certain que cela devrait nous pousser à une diligence dix fois plus grande dans notre œuvre et dans nos efforts pour répandre parmi eux la connaissance divine ; mais que cela doive remplacer toute tentative de répandre l’Évangile dans les pays étrangers semble manquer de preuve. Nos compatriotes ont les moyens de grâce et peuvent assister à la prédication de la parole s’ils le veulent. Ils ont les moyens de connaître la vérité, et des ministres fidèles sont établis dans presque toutes les parties du pays, dont les sphères d’action pourraient être beaucoup étendues si leurs assemblées étaient seulement plus zélées et plus actives pour la cause ; mais il en va tout autrement de ceux qui n’ont ni Bible, ni langue écrite (beaucoup d’entre eux n’en ont pas), ni ministres, ni bon gouvernement civil, ni aucun des avantages que nous possédons. La pitié, l’humanité, et bien plus encore le christianisme, réclament donc à grands cris tous les efforts possibles pour introduire l’Évangile parmi eux.It has been objected that there are multitudes in our own nation, and within our immediate spheres of action, who are as ignorant as the South-Sea savages, and that therefore we have work enough at home, without going into other countries. That there are thousands in our own land as far from God as possible, I readily grant, and that this ought to excite us to ten-fold diligence in our work, and in attempts to spread divine knowledge amongst them is a certain fact; but that it ought to supercede all attempts to spread the gospel in foreign parts seems to want proof. Our own countrymen have the means of grace, and may attend on the word preached if they chuse it. They have the means of knowing the truth, and faithful ministers are placed in almost every part of the land, whose spheres of action might be much extended if their congregations were but more hearty and active in the cause: but with them the case is widely different, who have no Bible, no written language, (which many of them have not,) no ministers, no good civil government, nor any of those advantages which we have. Pity therefore, humanity, and much more Christianity, call loudly for every possible exertion to introduce the gospel amongst them.

2. Brève revue des entreprises passées2. A Short Review of Former Undertakings

William Carey, An Enquiry into the Obligations of Christians, to Use Means for the Conversion of the Heathens (Leicester, 1792), section II (« Contenant une brève revue des entreprises passées pour la conversion des païens »). Texte intégral ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.William Carey, An Enquiry into the Obligations of Christians, to Use Means for the Conversion of the Heathens (Leicester, 1792), Section II (“Containing a short Review of former Undertakings for the Conversion of the Heathen”). Complete text; the interpretations are the author’s.

Note du STC : La revue de Carey suit de près le livre des Actes, puis les histoires de l’Église dont il disposait en 1792. Certaines traditions qu’il reprend sur les voyages des apôtres (par exemple Paul en Bretagne, ou Simon le Cananite en Bretagne) sont des légendes ou des données incertaines, et certains noms, dates et chiffres sont donnés tels qu’il les a trouvés. Ses paroles sévères sur la « papauté » appartiennent à la controverse protestante de son siècle ; le STC les reproduit comme partie d’une source historique et n’approuve pas le mépris envers d’autres chrétiens. Lorsqu’il appelle les Juifs de certaines villes les « ennemis les plus acharnés » des apôtres, il raconte des événements des Actes ; le STC rejette toute culpabilité collective du peuple juif.CTS note: Carey’s review follows the book of Acts closely and then the church histories available to him in 1792. Some traditions he repeats about the apostles’ travels (for example Paul in Britain, or Simon the Canaanite in Britain) are legends or uncertain, and some names, dates and figures are given as he found them. His sharp words about “popery” belong to the Protestant controversy of his century; CTS reproduces them as part of a historical source and does not endorse contempt for other Christians. When he calls the Jews of certain cities the apostles’ “most inveterate enemies,” he is retelling events in Acts; CTS rejects any collective blame of the Jewish people.

SECT. II. Contenant une brève revue des entreprises passées pour la conversion des païens.SECT. II. Containing a short Review of former Undertakings for the Conversion of the Heathen.

Avant la venue de notre Seigneur Jésus-Christ, le monde entier était soit païen, soit juif ; et les uns comme les autres, dans leur ensemble, étaient ennemis de l’Évangile. Après la résurrection, les disciples demeurèrent à Jérusalem jusqu’à la Pentecôte. Occupés chaque jour à la prière et à la supplication, et ayant choisi Matthias pour remplacer Judas dans l’office apostolique, en ce jour solennel où ils étaient tous assemblés, eut lieu une effusion très remarquable du Saint-Esprit, et la capacité de parler toutes les langues étrangères leur fut accordée. Pierre saisit cette occasion pour prêcher l’Évangile à une grande assemblée de Juifs et de prosélytes, venus de Parthie, de Médie, d’Élam, de Mésopotamie, de Judée, de Cappadoce, de l’Asie proconsulaire, de Phrygie, de Pamphylie, d’Égypte, de Libye, de Crète, d’Arabie, de Rome, etc. ; et dès ce premier effort Dieu agit si puissamment que trois mille personnes furent converties, qui furent aussitôt baptisées et ajoutées à l’Église. Avant cette grande adjonction, ils n’étaient qu’environ cent vingt personnes, mais depuis lors ils ne cessèrent de croître. Peu après, Pierre et Jean, montant au temple, guérirent le boiteux ; ce miracle attira une grande foule, et Pierre profita de l’occasion, tandis qu’ils s’étonnaient de l’événement, pour leur prêcher Jésus-Christ. Il en résulta que cinq mille autres crurent.Before the coming of our Lord Jesus Christ the whole world were either heathens, or jews; and both, as to the body of them were enemies to the gospel. After the resurrection the disciples continued in Jerusalem till Pentecost. Being daily engaged in prayer and supplication, and having chosen Matthias, to supply the place of Judas in the apostolic office, on that solemn day, when they were all assembled together, a most remarkable effusion of the Holy Spirit took place, and a capacity of speaking in all foreign languages was bestowed upon them. This opportunity was embraced by Peter for preaching the gospel to a great congregation of jews and proselytes, who were from Parthia, Media, Elam, Mesopotamia, Judea, Cappadocia, the proconsular Asia, Phrygia, Pamphylia, Egypt, Lybia, Crete, Arabia, Rome, &c. and at the first effort God wrought so powerfully that three thousand were converted, who immediately after were baptized, and added to the church. Before this great addition they consisted of but about an hundred and twenty persons, but from that time they continually increased. It was but a little after this that Peter and John, going up to the temple, healed the lame man; this miracle drew a great multitude together, and Peter took occasion while they stood wondering at the event, to preach Jesus Christ to them. The consequence was that five thousand more believed.

Cela ne se fit pas sans opposition ; les prêtres et les sadducéens essayèrent toutes les méthodes qu’ils purent inventer pour les empêcher de prêcher l’Évangile. Les apôtres, cependant, affirmèrent leur mandat divin, et, dès qu’ils furent remis en liberté, ils s’adressèrent à Dieu et prièrent qu’une puissance divine accompagnât leurs travaux ; cette prière fut exaucée, et leur ministère ultérieur eut beaucoup de succès. À cause des besoins de ceux qui étaient engagés dans cette bonne œuvre, ceux d’entre eux qui avaient des propriétés ou des biens les vendirent et consacrèrent l’argent à de pieux usages.This was not done without opposition; the priests and sadducees tried all the methods they could invent to prevent them from preaching the gospel. The apostles, however, asserted their divine warrant, and as soon as they were set at liberty addressed God, and prayed that a divine power might attend their labours, which petition was heard, and their future ministry was very successful. On account of their necessities who were engaged in this good work, those amongst them who had possessions, or goods, sold them, and devoted the money to pious uses.

Vers ce temps-là, un homme et sa femme, affichant de grandes prétentions à la piété, vendirent une propriété et apportèrent aux apôtres une partie de l’argent, prétendant que c’était le tout ; pour cette dissimulation, lui et sa femme furent frappés de mort par la main de Dieu. Cette terrible catastrophe fut cependant l’occasion pour beaucoup d’autres hommes et femmes d’être ajoutés à l’Église. Les miracles opérés par les apôtres et le succès qui accompagnait leur ministère excitèrent une envie plus grande chez les prêtres et les sadducéens, qui les mirent en prison ; ils furent bientôt délivrés de cette captivité par un ange, sur quoi ils allèrent aussitôt, comme il leur avait été ordonné, prêcher dans le temple ; là ils furent saisis et amenés devant le sanhédrin, où Gamaliel parla en leur faveur, et ils furent relâchés. Après cela, ils continuèrent leur œuvre, se réjouissant d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom du Christ.About this time a man and his wife out of great pretensions to piety, sold an estate, and brought part of the money to the apostles, pretending it to be the whole; for which dissimulation both he and his wife, were struck dead by the hand of God. This awful catastrophe however was the occasion of many more men and women being added to the church. The miracles wrought by the apostles, and the success attending their ministry, stirred up greater envy in the priests and sadducees, who imprisoned them; from which confinement they were soon liberated by an angel; upon which they went immediately as they were commanded and preached in the temple: here they were seized, and brought before the council, where Gamaliel spake in their favour, and they were dismissed. After this they continued to prosecute their work, rejoicing that they were counted worthy to suffer shame for the name of Christ.

À cette époque, l’Église de Jérusalem s’était tant accrue que la multiplicité de ses affaires temporelles occasionna quelques négligences, qui produisirent du mécontentement. Les apôtres recommandèrent donc à l’Église de choisir sept hommes pieux, dont l’office serait de s’occuper de ses affaires temporelles, afin qu’ils pussent eux-mêmes se consacrer à la prière et au ministère de la parole. Sept furent donc choisis ; les apôtres prièrent pour eux et les établirent dans l’office de diacres par l’imposition des mains ; et, ces choses étant réglées, l’Église s’accrut de plus en plus. L’un de ces diacres, nommé Étienne, homme d’une connaissance et d’une sainteté éminentes, fit beaucoup de miracles et disputa avec une grande évidence et une grande énergie en faveur de la vérité du christianisme, ce qui lui suscita bon nombre d’adversaires. Ceux-ci obtinrent bientôt sa mort, et poussèrent leur ressentiment jusqu’à susciter une persécution telle que l’Église, qui jusque-là avait été confinée à Jérusalem, fut dispersée, et tous les prédicateurs, à l’exception des apôtres, en furent chassés et allèrent de lieu en lieu annonçant la parole.By this time the church at Jerusalem was so increased that the multiplicity of its temporal concerns was the occasion of some neglects, which produced a dissatisfaction. The apostles, therefore, recommended to the church to chuse seven pious men, whose office it should be to attend upon its temporal affairs; that they might give themselves to prayer, and the ministry of the word. Seven were accordingly chosen, over whom the apostles prayed, and ordained them to the office of Deacons by imposition of hands: and these things being settled the church increased more and more. One of these Deacons, whose name was Stephen, being a person of eminent knowledge and holiness, wrought many miracles, and disputed with great evidence and energy for the truth of Christianity, which raised him up a number of opponents. These soon procured his death, and carried their resentment so far as to stir up such a persecution that the church, which till now had been confined to Jerusalem, was dispersed, and all the preachers except the apostles were driven thence, and went every where preaching the word.

Un jeune homme nommé Saul fut très actif dans cette persécution ; il avait été instruit sous Gamaliel, membre du sanhédrin ; c’était un homme d’un génie prometteur, pharisien de profession et très attaché aux cérémonies juives. Lorsque Étienne fut lapidé, il parut très satisfait, et il gardait les vêtements de ses bourreaux ; et dès lors il fut enflammé d’un tel esprit de persécution qu’il allait traînant les uns en prison et forçant les autres à blasphémer le nom du Seigneur Jésus. Il ne se contenta pas d’exercer sa rage à Jérusalem, mais alla trouver les principaux sacrificateurs et obtint des lettres d’autorité pour poursuivre la même œuvre à Damas. Mais en chemin, alors qu’il était sur le point d’entrer dans la ville, le Seigneur changea son cœur d’une manière très merveilleuse ; de sorte qu’au lieu d’entrer dans la ville pour persécuter, il commença à prêcher l’Évangile dès qu’il le put. Cela attira bientôt sur lui la même persécution qu’il avait voulu exercer sur d’autres, et mit même sa vie en danger, de sorte que les frères jugèrent nécessaire de le descendre de nuit le long de la muraille de la ville dans une corbeille, et ainsi il échappa aux mains de ses ennemis. De là, il alla à Jérusalem, où il prêcha la parole ; mais, y étant persécuté, il alla à Césarée, et de là à Tarse.A young man whose name was Saul, was very active in this persecution; he had been educated under Gamaliel, a member of the Sanhedrim, was a person of promising genius, by profession a Pharisee, and much attached to the jewish ceremonies. When Stephen was stoned he appeared much pleased with it, and had the custody of the clothes of his executioners; and from that time was fired with such a spirit of persecution himself, that he went about dragging some to prison, and compelling others to blaspheme the name of the Lord Jesus. Neither was he contented with exercising his rage at Jerusalem, but went to the chief priests and obtained testimonials of authority to carry on the same work at Damascus. But on his way, as he was almost ready to enter into the city, the Lord changed his heart in a very wonderful manner; so that instead of entering the town to persecute, he began to preach the gospel as soon as he was able. This presently brought upon him the same persecution which he had designed to exercise upon others, and even endangered his life, so that the brethren found it necessary to let him down the city wall in a basket by night, and so he escaped the hands of his enemies. From thence he went to Jerusalem where he preached the word, but being persecuted there, he went to Cesarea, and from thence to Tarsus.

Au temps de cette épreuve de l’Église, Philippe alla prêcher en Samarie avec un grand succès ; l’œuvre fut même si grande qu’un imposteur, qui depuis longtemps trompait le peuple par des tours de passe-passe, fut si étonné, et même convaincu, qu’il se déclara chrétien et fut baptisé ; mais il fut ensuite démasqué et se révéla hypocrite. Outre lui, un grand nombre crurent réellement, et, ayant été baptisés, une Église y fut formée. Peu après, le Seigneur ordonna à Philippe de prendre le chemin qui descendait de Jérusalem à Gaza ; il le fit, et y trouva un eunuque de grande autorité à la cour d’Éthiopie, à qui il prêcha le Christ ; celui-ci crut et fut baptisé ; après quoi Philippe prêcha à Asdod, ou Azot.In the time of this trouble in the church, Philip went and preached at Samaria with great success, nay so great was the work that an impostor, who had deceived the people with legerdemain tricks for a long time was so amazed, and even convinced, as to profess himself a Christian, and was baptized; but was afterwards detected, and appeared to be an hypocrite. Besides him a great number believed in reality, and being baptized a church was formed there. Soon after this the Lord commanded Philip to go the way which led from Jerusalem to Gaza, which he did, and there found an eunuch of great authority in the court of Ethiopia, to whom he preached Christ, who believed, and was baptized; after which Philip preached at Ashdod, or Azotus.

Vers le même temps, Pierre alla à Lydde, ou Diospolis, et guérit Énée d’une paralysie, ce qui fut un moyen de conversion non seulement pour les habitants de cette ville, mais aussi pour la contrée voisine, appelée Saron, dont la capitale était Lasaron ; et pendant qu’il y était, il survint une circonstance qui contribua beaucoup à la diffusion de la vérité. Une femme de Joppé, ville portuaire du voisinage, étant morte, on envoya chercher Pierre à Lydde ; il s’y rendit, et, quand il eut prié, elle fut rendue à la vie ; ce qui fut l’occasion de la conversion de beaucoup de gens dans cette ville. Pierre continua d’y prêcher quelque temps, et logea chez un corroyeur.About the same time Peter went to Lydda, or Diospolis, and cured Eneas of a palsy, which was a mean of the conversion not only of the inhabitants of that town, but also of the neighbouring country, called Saron, the capital of which was Lasharon; and while he was there, a circumstance turned up which tended much to the spread of the truth. A woman of Joppa, a sea-port town in the neighbourhood, dying, they sent to Lydda for Peter, who went over, and when he had prayed she was raised to life again; which was an occasion of the conversion of many in that town. Peter continued there preaching for some time, and lodged at the house of a tanner.

Une autre circonstance contribua encore à la propagation du christianisme : un officier militaire romain, qui avait quelque connaissance des Écritures de l’Ancien Testament mais n’était pas circoncis, était un jour en prière dans sa maison à Césarée, lorsqu’un ange lui apparut et lui dit de faire venir Pierre de Joppé pour prêcher dans sa maison. Jusque-là l’œuvre de Dieu avait été entièrement limitée aux Juifs et aux prosélytes juifs, et même les apôtres semblaient avoir eu des idées très étroites de l’économie chrétienne ; mais alors Dieu, par une vision, fit connaître à Pierre que le christianisme devait se répandre parmi toutes les nations. Il alla donc prêcher dans la maison de Corneille, à Césarée ; plusieurs furent convertis et baptisés, et les fondements d’une Église furent posés dans cette ville.Now another circumstance also tended to the further propogation of Christianity, for a Roman military officer who had some acquaintance with the Old Testament Scriptures, but was not circumcised, was one day engaged in prayer in his house at Cesarea, when an angel appeared to him, and bid him send for Peter from Joppa to preach in his house. Before this the work of God had been wholly confined to the jews, and jewish proselytes, and even the apostles appeared to have had very contracted ideas of the Christian dispensation; but now God by a vision discovered to Peter that Christianity was to be spread into all nations. He accordingly went and preached at the house of Cornelius, at Cesarea, when several were converted, and baptized, and the foundation of a church laid in that city.

Quelques-uns des ministres dispersés, qui s’étaient enfuis à Antioche de Syrie, commencèrent vers le même temps à prêcher aux Grecs de cette ville, et eurent un bon succès ; sur quoi les apôtres envoyèrent Paul et Barnabas, qui les instruisirent et les fortifièrent, et une Église fut aussi formée dans cette ville, laquelle envoya bientôt plusieurs prédicateurs éminents.Some of the dispersed ministers having fled to Antioch in Syria, began to preach to the greeks in that city about the same time, and had good success; upon which the apostles sent Paul and Barnabas, who instructed and strengthened them, and a church was formed in that city also, which in a little time sent out several eminent preachers.

Dans les Actes des Apôtres, nous avons le récit de quatre des principaux voyages qu’entreprirent Paul et ses compagnons. Le premier, où l’accompagna Barnabas, est rapporté aux chapitres 13 et 14, et fut la première attaque contre le monde païen. Ce fut un voyage en Asie Mineure. En chemin, ils passèrent par l’île de Chypre. À peine avaient-ils commencé leur entreprise qu’ils rencontrèrent une grande difficulté ; car Marc, qu’ils avaient pris comme aide, les abandonna et retourna à Jérusalem, où il pensait, semble-t-il, jouir de la plus grande tranquillité. Paul et Barnabas, cependant, allèrent de l’avant ; dans chaque ville ils prêchaient la parole du Seigneur, entrant dans les synagogues juives et prêchant d’abord le Christ aux Juifs, puis aux païens. Les uns les écoutaient avec beaucoup de franchise et d’empressement, et d’autres les rejetaient avec obstination, colère et une cruelle persécution. Tantôt ils avaient peine à empêcher le peuple de les adorer comme des dieux, et peu après Paul fut lapidé, traîné hors de la ville et laissé pour mort. Ayant pénétré jusqu’à Derbe, ils jugèrent bon de revenir par le chemin par lequel ils étaient venus, s’arrêtant dans chaque ville où ils avaient semé la bonne semence ; et, trouvant dans la plupart de ces lieux, sinon dans tous, quelques personnes qui avaient embrassé l’Évangile, ils les exhortèrent et les fortifièrent dans la foi, les organisèrent en Églises et leur établirent des anciens, jeûnèrent et prièrent avec eux ; et, les ayant ainsi recommandés au Seigneur en qui ils avaient cru, ils retournèrent à Antioche de Syrie, d’où ils étaient partis, et racontèrent à l’Église tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux païens la porte de la foi.In the Acts of the apostles we have an account of four of the principal journies which Paul, and his companions undertook. The first, in which he was accompanied by Barnabas, is recorded in the xiii. and xiv. chapters, and was the first attack on the heathen world. It was a journey into the lesser Asia. In their way they passed over the island of Cyprus. No sooner had they entered on their undertaking, than they met with great difficulty; for Mark, whom they had taken as their minister, deserted them, and returned to Jerusalem, where, it seems, he thought he should enjoy the greatest quiet. Paul and Barnabas however went forward; in every city they preached the word of the Lord, entering into the jewish synagogues and first preaching Christ to them, and then to the gentiles. They were heard with great candour and eagerness by some, and rejected by others with obstinacy and wrath, and cruel persecution. One while they had enough to do to restrain the people from worshipping them as gods, and soon after, Paul was stoned, dragged out of the city, and left for dead. Having penetrated as far as Derbe, they thought proper to return by the way that they came, calling at every city where they had sown the good seed, and finding in most, if not all these places, some who had embraced the gospel, they exhorted and strengthened them in the faith, formed them into a church state, and ordained them elders, fasted and prayed with them; and so having commended them to the Lord on whom they had believed, returned to Antioch in Syria, from whence they first set out, and rehearsed to the church all that God had done with them, and how he had opened the door of faith to the gentiles.

Vers ce temps-là, une controverse s’étant élevée dans les Églises au sujet de la circoncision, Paul et Barnabas furent délégués pour monter à Jérusalem consulter les apôtres et les anciens sur cette question. L’affaire étant réglée, ils retournèrent à Antioche, accompagnés de Jude et de Silas, avec la résolution générale, et y restèrent quelque temps, enseignant et annonçant la parole du Seigneur.About this time a dispute arising in the churches concerning circumcision, Paul and Barnabas were deputed to go up to Jerusalem, to consult the apostles and elders on the subject. This business being adjusted, they, accompanied with Judas and Silas, returned to Antioch with the general resolution, and continued there for a season, teaching and preaching the word of the Lord.

Paul proposa alors à Barnabas, son compagnon d’œuvre, de visiter leurs frères dans les lieux où ils étaient déjà allés, pour voir comment ils se portaient. Barnabas y consentit volontiers ; mais un différend s’étant élevé entre eux au sujet de prendre avec eux Jean Marc, qui les avait abandonnés auparavant, ces deux éminents serviteurs de Dieu se séparèrent, et ne semblent plus jamais avoir voyagé ensemble. Ils continuèrent cependant chacun à servir la cause du Christ, bien qu’ils ne pussent marcher ensemble. Barnabas prit Jean et s’embarqua pour Chypre, son île natale, et Paul prit Silas et traversa la Syrie et la Cilicie jusqu’à Derbe et Lystre, villes où lui et Barnabas avaient prêché lors de leur première expédition.Paul now proposed to Barnabas, his fellow-labourer, that they might visit their brethren in the places where they had been already, and see how they did. To this Barnabas readily acceded, but a difference arising between them about taking John Mark with them, who had deserted them before, these two eminent servants of God were parted asunder, and never appear to have travelled together any more. They continued however each to serve in the cause of Christ, though they could not walk together. Barnabas took John, and sailed to Cyprus, his native island, and Paul took Silas, and went through Syria and Cilicia to Derbe and Lystra, cities where he and Barnabas had preached in their first excursion.

Là ils trouvèrent Timothée, un jeune homme prometteur, qu’ils encouragèrent à s’engager dans le ministère.Here they found Timothy, a promising young man, whom they encouraged to engage in the ministry.

Paul, étant maintenant à Lystre, qui avait été la limite de sa première expédition, et ayant visité les Églises déjà fondées et leur ayant remis les décisions des apôtres et des anciens concernant la circoncision, semble avoir senti son cœur s’élargir, et il entreprit de porter plus loin l’œuvre glorieuse de prêcher l’Évangile aux païens. Avec Silas et Timothée, dans son deuxième voyage[2], il prit la direction de l’ouest, traversant la Phrygie et le pays de Galatie. Ayant prêché la parole dans ces régions avec un succès considérable[3], lui et ses compagnons voulurent aller dans l’Asie proconsulaire, et tentèrent ensuite d’aller en Bithynie ; mais, en étant empêchés par le Saint-Esprit, qui semble avoir eu le dessein particulier de les employer ailleurs, ils passèrent près de la Mysie et descendirent à Troas, sur la côte. Là, une vision apparut à Paul, dans laquelle il était invité à passer en Macédoine. Obéissant à la vision céleste, et grandement encouragés par elle, ils traversèrent en toute hâte la mer Égée et, passant par l’île de Samothrace, débarquèrent à Néapolis, et de là se rendirent à Philippes, la principale ville de cette partie de la Macédoine. C’est là que Paul prêcha un jour de sabbat à quelques femmes au bord d’une rivière, et que Lydie, femme de Thyatire, fut convertie et baptisée, avec sa maison. C’est là qu’une pauvre jeune fille, qui procurait à ses maîtres un profit considérable en prédisant l’avenir, suivit les apôtres et fut délivrée de son esprit de divination ; ses maîtres en furent très irrités et soulevèrent un tumulte, dont l’effet fut que Paul et Silas furent emprisonnés. Mais même cela fut tourné au succès de l’Évangile, car le geôlier et toute sa maison furent par là amenés à croire au Seigneur Jésus-Christ, et furent baptisés.Paul being now at Lystra, which was the boundary of his first excursion, and having visited the churches already planted, and delivered to them the decrees of the apostles and elders relating to circumcision, seems to have felt his heart enlarged, and assayed to carry on the glorious work of preaching the gospel to the heathen to a greater extent. With Silas and Timotheus he in his second journey[2] took a western direction, passing through Phrygia, and the region of Galatia. Having preached the word in these parts with considerable success,[3] he and his companions wished to have gone into the proconsular Asia, and afterwards assayed to go into Bythinia; but being forbidden of the Holy Ghost, who seems to have had a special design of employing them elsewhere; passing by Mysia they came down to Troas on the sea-coast. Here a vision appeared to Paul, in which he was invited to go over to Macedonia. Obedient to the heavenly vision, and greatly encouraged by it, they with all speed crossed the Egean Sea, and passing through the island of Samothracia, landed at Neapolis, and went from thence to Philippi, the chief city of that part of Macedonia. It was here that Paul preached on a Sabbath day to a few women by a river side, and Lydia, a woman of Thyatira, was converted and baptized, and her household with her. It was here that a poor girl, who brought her employers considerable profit by foretelling events, followed the apostles, had her spirit of divination ejected, on which account her masters were much irritated, and raised a tumult, the effect of which was, that Paul and Silas were imprisoned. But even this was over-ruled for the success of the gospel, in that the keeper of the prison, and all his house, were thereby brought to believe in the Lord Jesus Christ, and were baptized.

Note de Carey 2 : Le récit de ce deuxième voyage dans le monde païen commence en Actes 15:40 et se termine au chap. 18:22.Carey’s footnote 2: The account of this second journey into the heathen world begins at Acts xv. 40. and ends chap. xviii. 22.

Note de Carey 3 : Voir chap. 18:23 et Gal. 1:2.Carey’s footnote 3: See ch. xviii. 23. and Gal i. 2.

De Philippes, ils passèrent par Amphipolis, Apollonie, Thessalonique (aujourd’hui Salonique), Bérée, Athènes et Corinthe, prêchant l’Évangile partout où ils allaient. De là, Paul prit un navire et fit voile vers la Syrie, ne faisant qu’une brève escale à Éphèse, résolu à être à Jérusalem pour la fête de la Pâque ; et, ayant salué l’Église, il vint à Césarée, et de là à Antioche.From Philippi they passed through Amphipolis, Apollonia, Thessalonica, (now Salonichi,) Berea, Athens, and Corinth, preaching the gospel wherever they went. From hence Paul took ship and sailed to Syria, only giving a short call at Ephesus, determining to be at Jerusalem at the feast of the passover; and having saluted the church, he came to Cesarea, and from thence to Antioch.

Ici se termina le deuxième voyage de Paul, qui fut très étendu et lui prit quelques années. Lui et ses compagnons y rencontrèrent leurs difficultés, mais aussi leurs encouragements. Ils furent persécutés à Philippes, comme on l’a déjà noté, et trouvèrent généralement dans les Juifs leurs ennemis les plus acharnés. Ceux-ci soulevaient des tumultes, enflammaient les esprits des païens contre eux et les suivaient de lieu en lieu, leur faisant tout le mal qu’ils pouvaient. Ce fut le cas surtout à Thessalonique, à Bérée et à Corinthe. Mais au milieu de toutes leurs persécutions, Dieu était avec eux et les fortifia de diverses manières. À Bérée, ils furent reçus avec franchise, et leur doctrine fut loyalement examinée par les Saintes Écritures ; et c’est pourquoi, est-il dit, plusieurs d’entre eux crurent. Ailleurs, bien que l’on affectât de mépriser l’apôtre, quelques-uns s’attachèrent à lui. À Corinthe, l’opposition atteignit un haut degré ; mais le Seigneur apparut à son serviteur dans une vision, disant : Ne crains point ; mais parle, et ne te tais point, car je suis avec toi, et personne ne mettra la main sur toi pour te faire du mal : parle, car j’ai un peuple nombreux dans cette ville. Et la promesse fut abondamment tenue dans l’esprit dont fit preuve Gallion, le proconsul, qui resta sourd aux accusations des Juifs et refusa noblement de s’immiscer dans des affaires étrangères à sa charge. En somme, plusieurs Églises furent fondées durant ce voyage, qui pendant des siècles brillèrent comme des flambeaux dans le monde.Here ended Paul’s second journey, which was very extensive, and took up some years of his time. He and his companions met with their difficulties in it, but had likewise their encouragements. They were persecuted at Philippi, as already noticed, and generally found the Jews to be their most inveterate enemies. These would raise tumults, inflame the minds of the gentiles against them, and follow them from place to place, doing them all the mischief in their power. This was the case especially at Thessalonica, Berea, and Corinth. But amidst all their persecutions God was with them, and strengthened them in various ways. At Berea they were candidly received, and their doctrine fairly tried by the Holy Scriptures; and therefore, it is said, many of them believed. At other places, though they affected to despise the apostle, yet some clave unto him. At Corinth opposition rose to a great height; but the Lord appeared to his servant in a vision, saying, Be not afraid, but speak, and hold not thy peace, for I am with thee, and no man shall set on thee to hurt thee; for I have much people in this city. And the promise was abundantly made good in the spirit discovered by Gallio, the proconsul, who turned a deaf ear to the accusations of the jews, and nobly declined interfering in matters beside his province. Upon the whole a number of churches were planted during this journey, which for ages after shone as lights in the world.

Lorsque Paul eut visité Antioche et y eut passé quelque temps, il se prépara à un troisième voyage dans les pays païens, dont le récit commence en Actes 18:23 et se termine au chap. 21:17. Au départ, il parcourut successivement tout le pays de Galatie et de Phrygie, fortifiant tous les disciples ; et, passant par les hautes provinces, il arriva à Éphèse. Là, pendant trois mois, il prêcha avec assurance dans la synagogue juive, discourant et persuadant au sujet du royaume de Dieu. Mais lorsque les Juifs endurcis eurent ouvertement rejeté l’Évangile et décrié la Voie devant la multitude, Paul sépara ouvertement les disciples d’avec eux et s’assembla dans l’école d’un nommé Tyrannus. Cela, est-il dit, dura deux ans, de sorte que tous ceux qui habitaient l’Asie proconsulaire entendirent la parole du Seigneur Jésus, Juifs et Grecs. Vers ce temps-là, certains magiciens furent démasqués, et d’autres convertis, qui brûlèrent leurs livres et confessèrent leurs actes. Ainsi la parole du Seigneur croissait en puissance et en force.When Paul had visited Antioch, and spent some time there, he prepared for a third journey into heathen countries, the account of which begins Acts xviii. 23. and ends chap. xxi. 17. At his first setting out he went over the whole country of Galatia and Phrygia in order, strengthening all the disciples; and passing through the upper coasts came to Ephesus. There for the space of three months, he boldly preached in the jewish synagogue, disputing, and persuading the things concerning the kingdom of God. But when the hardened jews had openly rejected the gospel, and spake evil of that way before the multitude, Paul openly separated the disciples from them, and assembled in the school of one Tyrannus. This, it is said, continued for the space of two years, so that all they who dwelt in the proconsular Asia heard the word of the Lord Jesus, both jews and greeks. Certain magicians, about this time were exposed, and others converted, who burnt their books, and confessed their deeds. So mightily grew the word of the Lord, and prevailed.

Après cela, une émeute ayant été soulevée par Démétrius, l’orfèvre, Paul passa en Macédoine, visita les Églises fondées lors de son voyage précédent, et de là passa en Grèce. Après avoir prêché çà et là pendant trois mois, il pensa s’embarquer de là directement pour la Syrie ; mais, pour éviter les Juifs, qui lui tendaient des embûches près de la côte, il prit un autre chemin par la Macédoine, et de là se rendit à Troas en passant par Philippes. Il n’est pas fait mention, lors de son voyage précédent, qu’il ait prêché à Troas ; il semble pourtant qu’il l’ait fait, et une Église y fut rassemblée, avec laquelle l’apôtre s’unit cette fois dans la fraction du pain. C’est là qu’il prêcha toute la nuit et ressuscita Eutychus, qui, vaincu par le sommeil, était tombé et avait été relevé mort. De là, ils firent voile vers la Syrie, et en chemin firent escale à Milet, où Paul fit venir les anciens de l’Église d’Éphèse et prononça ces adieux si solennels et si affectueux rapportés au chapitre 20 des Actes des Apôtres. De là, ils firent voile vers Tyr, où ils restèrent sept jours, et de là continuèrent jusqu’à Jérusalem.After this an uproar being raised by Demetrius, the silversmith, Paul went into Macedonia, visited the churches planted in his former journey, and from thence passed into Greece. Having preached up and down for three months, he thought of sailing from thence directly to Syria; but in order to avoid the jews, who laid wait for him near the sea coast, he took another course through Macedonia, and from thence to Troas, by the way of Philippi. There is no mention made in his former journey of his having preached at Troas; yet it seems he did, and a church was gathered, with whom the apostle at this time united in breaking of bread. It was here that he preached all night, and raised Eutychus, who being overcome with sleep, had fallen down, and was taken up dead. From hence they set sail for Syria, and in their way called at Miletus, where Paul sent for the elders of the church of Ephesus, and delivered that most solemn and affectionate farewell, recorded in the 20th chapter of the Acts of the Apostles. From hence they sailed for Tyre, where they tarried seven days, and from thence proceeded to Jerusalem.

Le quatrième et dernier voyage de Paul (ou plutôt sa traversée) fut vers Rome, où il alla en qualité de prisonnier. Car, étant à Jérusalem, il fut bientôt arrêté par les Juifs ; mais, sauvé par Lysias, le tribun, il fut envoyé à Césarée pour y être jugé. Là, il présenta sa défense devant Félix et Drusille, de telle sorte que le juge, au lieu du prisonnier, fut celui qui trembla. Là aussi, il présenta sa défense devant Festus, Agrippa et Bérénice, avec une telle force d’évidence qu’Agrippa fut presque persuadé de devenir chrétien. Mais, la malice des Juifs étant insatiable, et Paul se voyant en danger d’être livré entre leurs mains, il fut contraint d’en appeler à César. Ce fut l’occasion de son envoi à Rome, où il arriva après une longue et périlleuse traversée, ayant fait naufrage sur l’île de Malte, où il fit des miracles, et où Publius, le gouverneur, fut converti.Paul’s fourth and last journey (or rather voyage) was to Rome, where he went in the character of a prisoner. For being at Jerusalem he was quickly apprehended by the jews; but being rescued by Lysias, the chief captain, he was sent to Cesarea to take his trial. Here he made his defence before Felix and Drusilla, in such sort that the judge, instead of the prisoner, was made to tremble. Here also he made his defence before Festus, Agrippa, and Bernice, with such force of evidence that Agrippa was almost persuaded to be a Christian. But the malice of the jews being insatiable, and Paul finding himself in danger of being delivered into their hands, was constrained to appeal unto Caesar. This was the occasion of his being sent to Rome, where he arrived after a long and dangerous voyage, and being shipwrecked on the island of Melita, where he wrought miracles, and Publius, the governor, was converted.

Arrivé à Rome, il s’adressa à ses compatriotes les Juifs, dont quelques-uns crurent ; mais, d’autres ayant rejeté l’Évangile, il se détourna d’eux vers les païens, et pendant deux années entières il demeura dans une maison qu’il avait louée, prêchant le royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ, en toute liberté et sans obstacle.When he arrived at Rome he addressed his countrymen the jews, some of whom believed; but when others rejected the gospel, he turned from them to the gentiles, and for two whole years dwelt in his own hired house preaching the kingdom of God, and teaching those things which concern the Lord Jesus Christ, with all confidence, no man forbidding him.

Jusqu’ici, l’histoire des Actes des Apôtres nous renseigne sur le succès de la parole aux temps primitifs ; et l’histoire nous apprend qu’elle fut prêchée vers ce temps-là en bien d’autres lieux. Pierre parle d’une Église à Babylone ; Paul projeta un voyage en Espagne, et l’on croit généralement qu’il y alla, et qu’il vint aussi en France et en Bretagne. André prêcha aux Scythes, au nord de la mer Noire. On dit que Jean prêcha en Inde, et nous savons qu’il fut dans l’île de Patmos, dans l’Archipel. On rapporte que Philippe prêcha dans la haute Asie, en Scythie et en Phrygie ; Barthélemy en Inde, en deçà du Gange, en Phrygie et en Arménie ; Matthieu en Arabie, ou Éthiopie asiatique, et en Parthie ; Thomas en Inde, jusqu’à la côte de Coromandel, et, selon certains, dans l’île de Ceylan ; Simon le Cananite en Égypte, à Cyrène, en Mauritanie, en Libye et dans d’autres parties de l’Afrique, d’où il serait venu en Bretagne ; et l’on dit que Jude s’occupa principalement de l’Asie Mineure et de la Grèce. Leurs travaux furent manifestement très étendus et très fructueux ; à tel point que Pline le Jeune, qui vécut peu après la mort des apôtres, observa dans une lettre à l’empereur Trajan que le christianisme s’était répandu non seulement dans les bourgs et les villes, mais aussi dans des contrées entières. En fait, avant cela, au temps de Néron, il était si répandu que l’on jugea nécessaire de s’y opposer par un édit impérial, et les proconsuls et autres gouverneurs reçurent en conséquence mission de le détruire.Thus far the history of the Acts of the Apostles informs us of the success of the word in the primitive times; and history informs us of its being preached about this time, in many other places. Peter speaks of a church at Babylon; Paul proposed a journey to Spain, and it is generally believed he went there, and likewise came to France and Britain. Andrew preached to the Scythians, north of the Black Sea. John is said to have preached in India, and we know that he was at the Isle of Patmos, in the Archipelago. Philip is reported to have preached in upper Asia, Scythia, and Phrygia; Bartholomew in India, on this side the Ganges, Phrygia, and Armenia; Matthew in Arabia, or Asiatic Ethiopia, and Parthia; Thomas in India, as far as the coast of Coromandel, and some say in the island of Ceylon; Simon, the Canaanite, in Egypt, Cyrene, Mauritania, Lybia, and other parts of Africa, and from thence to have come to Britain; and Jude is said to have been principally engaged in the lesser Asia, and Greece. Their labours were evidently very extensive, and very successful; so that Pliny, the younger, who lived soon after the death of the apostles, in a letter to the emperor, Trajan, observed that Christianity had spread, not only through towns and cities, but also through whole countries. Indeed before this, in the time of Nero, it was so prevalent that it was thought necessary to oppose it by an Imperial Edict, and accordingly the proconsuls, and other governors, were commissioned to destroy it.

Justin Martyr, qui vécut vers le milieu du deuxième siècle, observa dans son dialogue avec Tryphon qu’il n’y avait aucune partie du genre humain, Grecs ou barbares, ou quels qu’ils fussent, de quelque nom qu’on les appelât, Sarmates, ou Nomades qui n’avaient pas de maisons, ou Scénites de l’Arabie Pétrée qui vivaient sous des tentes parmi leur bétail, où l’on n’offrît des supplications et des actions de grâces au Père et Créateur de toutes choses, par le nom de Jésus-Christ. Irénée, qui vécut vers l’an 170, parle d’Églises fondées en Germanie, en Espagne, en France, dans les pays d’Orient, en Égypte, en Libye et au milieu du monde. Tertullien, qui vécut et écrivit à Carthage, en Afrique, environ vingt ans plus tard, en énumérant les pays où le christianisme avait pénétré, mentionne les Parthes, les Mèdes, les Élamites, les Mésopotamiens, les Arméniens, les Phrygiens, les Cappadociens, les habitants du Pont, de l’Asie, de la Pamphylie, de l’Égypte et des régions d’Afrique au-delà de Cyrène, les Romains et les Juifs, autrefois de Jérusalem, beaucoup de Gétules, beaucoup de confins des Maures, en Mauritanie, aujourd’hui la Barbarie, le Maroc, etc. ; tous les confins de l’Espagne, beaucoup de nations des Gaules, et les lieux de Bretagne inaccessibles aux Romains ; les Daces, les Sarmates, les Germains, les Scythes, et les habitants de beaucoup de nations et de provinces cachées, et de beaucoup d’îles qui lui étaient inconnues et qu’il ne pouvait énumérer. Les travaux des ministres de l’Évangile, en cette période ancienne, furent si remarquablement bénis de Dieu que ce dernier écrivain observa, dans une lettre à Scapula, que si celui-ci commençait une persécution, la ville même de Carthage en serait décimée. Bien plus, ils étaient si nombreux durant les trois premiers siècles que dix années de persécution constante et presque universelle sous Dioclétien ne purent ni déraciner les chrétiens ni nuire à leur cause.Justin Martyr, who lived about the middle of the second century, in his dialogue with Trypho, observed that there was no part of mankind, whether greeks or barbarians, or any others, by what name soever they were called, whether the Sarmatians, or the Nomades, who had no houses, or the Scenites of Arabia Petrea, who lived in tents among their cattle, where supplications and thanksgivings are not offered up to the Father, and maker of all things, through the name of Jesus Christ. Irenaeus, who lived about the year 170, speaks of churches that were founded in Germany, Spain, France, the eastern countries, Egypt, Lybia, and the middle of the world. Tertullian, who lived and wrote at Carthage in Africa, about twenty years afterwards, enumerating the countries where Christianity had penetrated, makes mention of the Parthians, Medes, Elamites, Mesopotamians, Armenians, Phrygians, Cappadocians, the inhabitants of Pontus, Asia, Pamphylia, Egypt, and the regions of Africa beyond Cyrene, the Romans, and Jews, formerly of Jerusalem, many of the Getuli, many borders of the Mauri, or Moors, in Mauritania; now Barbary, Morocco, &c. all the borders of Spain, many nations of the Gauls, and the places in Britain which were inaccessible to the Romans; the Dacians, Sarmatians, Germans, Scythians, and the inhabitants of many hidden nations and provinces, and of many islands unknown to him, and which he could not enumerate. The labours of the ministers of the gospel, in this early period, were so remarkably blessed of God, that the last mentioned writer observed, in a letter to Scapula, that if he began a persecution the city of Carthage itself must be decimated thereby. Yea, and so abundant were they in the three first centuries, that ten years constant and almost universal persecution under Dioclesian, could neither root out the Christians, nor prejudice their cause.

Après cela, ils reçurent de grands encouragements sous plusieurs empereurs, notamment Constantin et Théodose, et une très grande œuvre de Dieu s’accomplit ; mais l’aisance et l’abondance qui accompagnèrent l’Église en ces temps-là servirent à introduire un flot de corruption, qui amena par degrés tout le système de la papauté, par lequel tout parut de nouveau perdu ; et Satan établit son royaume de ténèbres, de tromperie et d’autorité humaine sur la conscience dans tout le monde chrétien.After this they had great encouragement under several emperors, particularly Constantine and Theodosius, and a very great work of God was carried on; but the ease and affluence which in these times attended the church, served to introduce a flood of corruption, which by degrees brought on the whole system of popery, by means of which all appeared to be lost again; and Satan set up his kingdom of darkness, deceit, and human authority over conscience, through all the Christian world.

Au temps de Constantin, un certain Frumence fut envoyé prêcher aux Indiens et eut un grand succès. Une jeune femme chrétienne, emmenée captive par les Ibères, ou Géorgiens, près de la mer Caspienne, leur fit connaître les vérités du christianisme, et elle fut tenue en si haute estime qu’ils envoyèrent demander à Constantin des ministres pour venir leur prêcher la parole. Vers le même temps, quelques nations barbares, ayant fait des incursions en Thrace, emmenèrent captifs plusieurs chrétiens, qui prêchèrent l’Évangile ; par ce moyen, les habitants des bords du Rhin et du Danube, les Celtes et quelques autres parties de la Gaule furent amenés à embrasser le christianisme. Vers ce temps-là aussi, Jacques de Nisibe alla en Perse pour fortifier les chrétiens et prêcher aux païens ; et son succès fut si grand que l’Adiabène devint presque entièrement chrétienne. Vers l’an 372, un certain Moïse, moine, alla prêcher aux Sarrasins, qui vivaient alors en Arabie, où il eut un grand succès ; et à cette époque le royaume du Christ s’étendit davantage parmi les Goths et d’autres nations du nord, mais il fut très tôt corrompu par l’arianisme.In the time of Constantine, one Frumentius was sent to preach to the Indians, and met with great success. A young woman who was a Christian, being taken captive by the Iberians, or Georgians, near the Caspian Sea, informed them of the truths of Christianity, and was so much regarded that they sent to Constantine for ministers to come and preach the word to them. About the same time some barbarous nations having made irruptions into Thrace, carried away several Christians captive, who preached the gospel; by which means the inhabitants upon the Rhine, and the Danube, the Celtae, and some other parts of Gaul, were brought to embrace Christianity. About this time also James of Nisbia, went into Persia to strengthen the Christians, and preach to the heathens; and his success was so great that Adiabene was almost entirely Christian. About the year 372, one Moses, a Monk, went to preach to the Saracens, who then lived in Arabia, where he had great success; and at this time the Goths, and other northern nations, had the kingdom of Christ further extended amongst them, but which was very soon corrupted with Arianism.

Peu après, le royaume du Christ s’étendit encore parmi les Nomades scythes, au-delà du Danube, et vers l’an 430 un peuple appelé les Burgondes reçut l’Évangile. Quatre ans plus tard, Palladius fut envoyé prêcher en Écosse, et l’année suivante Patrick fut envoyé d’Écosse prêcher aux Irlandais, qui avant son temps étaient totalement non civilisés et, selon certains, cannibales ; il fut cependant utile et posa les fondements de plusieurs Églises en Irlande. Peu après, la vérité se répandit davantage parmi les Sarrasins, et en 522 Zathus, roi des Colchidiens, la favorisa, et beaucoup de gens de cette nation furent convertis au christianisme. Vers ce temps-là aussi, l’œuvre s’étendit en Irlande par Finian, et en Écosse par Constantin et Columba ; ce dernier prêcha aussi aux Pictes, et Brude, leur roi, ainsi que plusieurs autres, furent convertis. Vers 541, Adad, roi d’Éthiopie, fut converti par la prédication de Mansionarius ; les Hérules, au-delà du Danube, furent alors amenés à l’obéissance de la foi, ainsi que les Abasges, près des montagnes du Caucase.Soon after this the kingdom of Christ was further extended among the Scythian Nomades, beyond the Danube, and about the year 430, a people called the Burgundians, received the gospel. Four years after, that Palladius was sent to preach in Scotland, and the next year Patrick was sent from Scotland to preach to the Irish who before his time were totally uncivilized, and, some say, cannibals; he however, was useful, and laid the foundations of several churches in Ireland. Presently after this, truth spread further among the Saracens, and in 522, Zathus, king of the Colchians encouraged it, and many of that nation were converted to Christianity. About this time also the work was extended in Ireland, by Finian, and in Scotland by Constantine and Columba; the latter of whom preached also to the Picts, and Brudaeus, their king, with several others, were converted. About 541, Adad, the king of Ethiopia, was converted by the preaching of Mansionarius; the Heruli beyond the Danube, were now made obedient to the faith, and the Abasgi, near the Caucasian Mountains.

Mais alors la papauté, surtout dans sa partie coercitive, s’était élevée si haut que la méthode habituelle de propager l’Évangile, ou plutôt ce qu’on appelait ainsi, était de conquérir les nations païennes par la force des armes, puis de les obliger à se soumettre au christianisme ; après quoi des évêchés étaient érigés et des personnes envoyées pour instruire le peuple. Je mentionnerai seulement quelques-uns de ceux qui, dit-on, travaillèrent de cette manière.But now popery, especially the compulsive part of it, was risen to such an height, that the usual method of propagating the gospel, or rather what was so called, was to conquer pagan nations by force of arms, and then oblige them to submit to Christianity, after which bishopricks were erected, and persons then sent to instruct the people. I shall just mention some of those who are said to have laboured thus.

En 596, Augustin le moine, Mellitus, Justus, Paulin et Rufinien travaillèrent en Angleterre, et à leur manière eurent beaucoup de succès. Paulin, qui semble avoir été l’un des meilleurs d’entre eux, eut un grand succès en Northumbrie ; Birin prêcha aux Saxons de l’Ouest, et Félix aux Angles de l’Est. En 589, Amand le Gaulois travailla à Gand, Chelenus en Artois, et Gall et Colomban en Souabe. En 648, Gilles le Gaulois en Flandre, et les deux Ewald en Westphalie. En 684, Wilfrid dans l’île de Wight. En 688, Kilian en haute Franconie. En 698, Boniface, ou Winfrid, chez les Thuringiens, près d’Erfurt, en Saxe, et Willibrord en Frise occidentale. Charlemagne conquit la Hongrie en l’an 800 et obligea les habitants à professer le christianisme, tandis que Modeste prêchait aussi aux Vénèdes, aux sources de la Save et de la Drave. En 833, Anschaire prêcha au Danemark, Gaudibert en Suède, et vers 861 Méthode et Cyrille en Bohême.In 596, Austin, the monk, Melitus, Justus, Paulinus, and Russinian, laboured in England, and in their way were very successful. Paulinus, who appears to have been one of the best of them, had great success in Northumberland; Birinnius preached to the West Saxons, and Felix to the East Angles. In 589, Amandus Gallus laboured in Ghent, Chelenus in Artois, and Gallus and Columbanus in Suabia. In 648, Egidius Gallus in Flanders, and the two Evaldi, in Westphalia. In 684, Willifred, in the Isle of Wight. In 688, Chilianus, in upper Franconia. In 698, Boniface, or Winifred, among the Thuringians, near Erford, in Saxony, and Willibroad in West-Friesland. Charlemagne conquered Hungary in the year 800, and obliged the inhabitants to profess Christianity, when Modestus likewise preached to the Venedi, at the source of the Save and Drave. In 833, Ansgarius preached in Denmark, Gaudibert in Sweden, and about 861, Methodius and Cyril, in Bohemia.

Vers l’an 500, les Scythes envahirent la Bulgarie, et le christianisme fut extirpé ; mais vers 870 ils furent convertis de nouveau. La Pologne commença à être gagnée vers le même temps, et plus tard, vers 960 ou 990, l’œuvre s’étendit davantage parmi les Polonais et les Prussiens. L’œuvre commença en Norvège en 960 et en Moscovie en 989 ; les Suédois propagèrent le christianisme en Finlande en 1168 ; la Lituanie devint chrétienne en 1386, et la Samogitie en 1439. Les Espagnols imposèrent le papisme aux habitants de l’Amérique du Sud, et les Portugais en Asie.About the year 500, the Scythians over-run Bulgaria, and Christianity was extirpated; but about 870 they were re-converted. Poland began to be brought over about the same time, and afterwards, about 960 or 990, the work was further extended amongst the Poles and Prussians. The work was begun in Norway in 960, and in Muscovy in 989, the Swedes propagated Christianity in Finland, in 1168, Lithuania became Christian in 1386, and Samogitia in 1439. The Spaniards forced popery upon the inhabitants of South-America, and the Portuguese in Asia.

Les jésuites furent envoyés en Chine en 1552. Xavier, qu’ils appellent l’apôtre des Indiens, travailla aux Indes orientales et au Japon de 1541 à 1552, et plusieurs millions de capucins furent envoyés en Afrique au dix-septième siècle. Mais un zèle aveugle, une superstition grossière et des cruautés infâmes marquèrent tellement les manifestations de la religion pendant tout ce temps, que ceux qui professaient le christianisme avaient autant besoin de conversion que le monde païen.The Jesuits were sent into China in 1552. Xavier, whom they call the apostle of the Indians, laboured in the East-Indies and Japan, from 1541 to 1552, and several millions of Capauchins were sent to Africa in the seventeenth century. But blind zeal, gross superstition, and infamous cruelties, so marked the appearances of religion all this time, that the professors of Christianity needed conversion, as much as the heathen world.

Quelques personnes pieuses avaient fui la corruption générale et vivaient obscurément dans les vallées du Piémont et de la Savoie, comme la semence de l’Église. Quelques-unes d’entre elles furent de temps à autre obligées de voyager dans d’autres régions, où elles rendirent fidèlement témoignage contre les corruptions du temps. Vers 1369, Wyclif commença à prêcher la foi en Angleterre, et sa prédication et ses écrits furent le moyen de la conversion d’un grand nombre de personnes, dont beaucoup devinrent d’excellents prédicateurs ; et une œuvre commença qui se répandit ensuite en Angleterre, en Hongrie, en Bohême, en Allemagne, en Suisse et en beaucoup d’autres lieux. Jean Hus et Jérôme de Prague prêchèrent avec hardiesse et succès en Bohême et dans les régions voisines. Au siècle suivant, Luther, Calvin, Mélanchthon, Bucer, Martyr et beaucoup d’autres se dressèrent contre tout le reste du monde ; ils prêchèrent, prièrent et écrivirent ; et les nations convinrent l’une après l’autre de secouer le joug de la papauté et d’embrasser la doctrine de l’Évangile.A few pious people had fled from the general corruption, and lived obscurely in the vallies of Piedmont and Savoy, who were like the seed of the church. Some of them were now and then necessitated to travel into other parts, where they faithfully testified against the corruptions of the times. About 1369 Wickliffe began to preach the faith in England, and his preaching and writings were the means of the conversion of great numbers, many of whom became excellent preachers; and a work was begun which afterwards spread in England, Hungary, Bohemia, Germany, Switzerland, and many other places. John Huss and Jerom of Prague, preached boldly and successfully in Bohemia, and the adjacent parts. In the following century Luther, Calvin, Melancton, Bucer, Martyr, and many others, stood up against all the rest of the world; they preached, and prayed, and wrote; and nations agreed one after another to cast off the yoke of popery, and to embrace the doctrine of the gospel.

En Angleterre, la tyrannie épiscopale succéda à la cruauté papiste, ce qui, en l’an 1620, obligea beaucoup de personnes pieuses à quitter leur terre natale et à s’établir en Amérique ; elles furent suivies par d’autres en 1629, qui posèrent les fondements de plusieurs Églises évangéliques, lesquelles se sont accrues de façon étonnante depuis lors, et le Rédempteur a établi son trône dans ce pays où, il y a peu de temps encore, Satan avait une domination universelle.In England, episcopal tyranny succeeded to popish cruelty, which, in the year 1620, obliged many pious people to leave their native land and settle in America; these were followed by others in 1629, who laid the foundations of several gospel churches, which have increased amazingly since that time, and the Redeemer has fixed his throne in that country, where but a little time ago, Satan had universal dominion.

En 1632, M. Elliot, de la Nouvelle-Angleterre, ministre très pieux et zélé, commença à prêcher aux Indiens, parmi lesquels il eut un grand succès ; plusieurs Églises d’Indiens furent fondées, et quelques prédicateurs et maîtres d’école furent suscités parmi eux ; depuis lors, d’autres ont travaillé parmi eux avec de bons encouragements. Vers l’an 1743, M. David Brainerd fut envoyé comme missionnaire auprès d’autres Indiens ; il y prêcha et pria, et, au bout de quelque temps, une œuvre extraordinaire de conversion s’accomplit, et un succès merveilleux accompagna son ministère. Et à présent, M. Kirkland et M. Sergeant sont employés dans la même bonne œuvre, et Dieu a considérablement béni leurs travaux.In 1632, Mr. Elliot, of New-England, a very pious and zealous minister, began to preach to the Indians, among whom he had great success; several churches of Indians were planted, and some preachers and school-masters raised up amongst them; since which time others have laboured amongst them with some good encouragement. About the year 1743, Mr. David Brainerd was sent a missionary to some more Indians, where he preached, and prayed, and after some time an extraordinary work of conversion was wrought, and wonderful success attended his ministry. And at this present time, Mr. Kirkland and Mr. Sergeant are employed in the same good work, and God has considerably blessed their labours.

En 1706, le roi de Danemark envoya un certain M. Ziegenbalg, avec quelques autres, à Tranquebar, sur la côte de Coromandel, aux Indes orientales ; ils furent utiles aux indigènes, de sorte que beaucoup de païens se tournèrent vers le Seigneur. La Compagnie hollandaise des Indes orientales, ayant aussi étendu son commerce, bâtit la ville de Batavia, et une église y fut ouverte ; la Cène du Seigneur y fut célébrée pour la première fois le 3 janvier 1621 par leur ministre James Hulzibos ; de là, quelques ministres furent envoyés à Amboine, qui eurent beaucoup de succès. Un séminaire d’études fut établi à Leyde, où des ministres et des aides furent formés sous le célèbre Walaeus, et pendant quelques années un grand nombre furent envoyés en Orient aux frais de la Compagnie, de sorte qu’en peu de temps plusieurs milliers de personnes à Formose, au Malabar, à Ternate, à Jaffanapatnam, dans la ville de Columba, à Amboine, à Java, à Banda, à Macassar et au Malabar embrassèrent la religion de notre Seigneur Jésus-Christ. L’œuvre a décliné en certains lieux, mais ils ont maintenant des Églises à Ceylan, à Sumatra, à Java, à Amboine et dans quelques autres îles aux épices, ainsi qu’au cap de Bonne-Espérance, en Afrique.In 1706, the king of Denmark sent a Mr. Ziegenbalg, and some others, to Tranquebar, on the Coromandel coast in the East-Indies, who were useful to the natives, so that many of the heathens were turned to the Lord. The Dutch East-India Company likewise having extended their commerce, built the city of Batavia, and a church was opened there; and the Lord’s Supper was administered for the first time, on the 3d of January, 1621, by their minister James Hulzibos, from hence some ministers were sent to Amboyna, who were very successful. A seminary of learning was erected at Leyden, in which ministers and assistants were educated, under the renowned Walaeus, and some years a great number were sent to the East, at the Company’s expence, so that in a little time many thousands at Formosa, Malabar, Ternate, Jaffanapatnam, in the town of Columba, at Amboyna, Java, Banda, Macassar, and Malabar, embraced the religion of our Lord Jesus Christ. The work has decayed in some places, but they now have churches in Ceylon, Sumatra, Java, Amboyna, and some other of the spice islands, and at the Cape of Good Hope, in Africa.

Mais aucun des modernes n’a égalé les Frères moraves dans cette bonne œuvre ; ils ont envoyé des missions au Groenland, au Labrador et dans plusieurs îles des Indes occidentales, qui ont été bénies pour le bien. Ils ont aussi envoyé des missionnaires en Abyssinie, en Afrique, mais quel succès ils ont eu, je ne saurais le dire.But none of the moderns have equalled the Moravian Brethren in this good work; they have sent missions to Greenland, Labrador, and several of the West-Indian Islands, which have been blessed for good. They have likewise sent to Abyssinia, in Africa, but what success they have had I cannot tell.

Feu M. Wesley a récemment fait un effort aux Indes occidentales, et quelques-uns de leurs ministres travaillent maintenant parmi les Caraïbes et les Noirs, et j’ai vu des récits réjouissants de leur succès.The late Mr. Wesley lately made an effort in the West-Indies, and some of their ministers are now labouring amongst the Caribbs and Negroes, and I have seen pleasing accounts of their success.

3. Tableau de l’état du monde en 17923. A Survey of the State of the World in 1792

William Carey, An Enquiry into the Obligations of Christians, to Use Means for the Conversion of the Heathens (Leicester, 1792), section III (« Contenant un tableau de l’état présent du monde »). Texte intégral ; les quatre tableaux de Carey sont donnés sous forme de paragraphes, une entrée par ligne. Traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.William Carey, An Enquiry into the Obligations of Christians, to Use Means for the Conversion of the Heathens (Leicester, 1792), Section III (“Containing a Survey of the present State of the World”). Complete text; Carey’s four tables are given as paragraphs, one row per entry. The interpretations are the author’s.

Note du STC : Cette section est un instantané de la manière dont un pasteur anglais voyait le monde en 1792, et elle doit être lue comme de l’histoire, non comme la description d’un peuple d’aujourd’hui. Carey emploie les mots de son temps. « Païens » désigne les peuples qui ne connaissaient pas l’Évangile ; « sauvages » et « barbares » reflètent l’habitude européenne de l’époque de mesurer chaque peuple aux mœurs européennes ; « papistes » est un nom protestant pour les catholiques romains, et « mahométans » un ancien nom pour les musulmans ; le mot anglais « Negroes », rendu ici par « Noirs », désignait les personnes d’ascendance africaine, dont beaucoup étaient alors réduites en esclavage dans les colonies qu’il énumère. Ces mots peuvent blesser aujourd’hui, et le STC les reproduit seulement parce qu’il s’agit d’une source historique. Carey lui-même insiste sur le fait que ces peuples sont « aussi capables de connaissance que nous », qu’une grande partie de la violence qu’on leur imputait commença comme légitime défense, et que les vices européens avaient aggravé les choses ; ailleurs dans l’Enquiry, il condamne la traite des esclaves. Ses chiffres sont des estimations : il dit que pour la plupart des pays il n’avait pas de données fiables et qu’il supposa simplement un nombre moyen d’habitants par mille carré, et il s’appuya sur des récits de voyageurs du XVIIIe siècle. Beaucoup de noms de lieux, de frontières et de chiffres sont aujourd’hui dépassés ou étaient déjà erronés à l’époque. Les longueurs et largeurs sont en milles ; « de tour » traduit son « in compass ». Le « Ditto » de Carey (la même chose qu’à la ligne précédente) est conservé sous la forme « idem ».CTS note: This section is a snapshot of how an English pastor saw the world in 1792, and it should be read as history, not as a description of any people today. Carey uses the words of his time. “Heathens” and “Pagans” mean peoples who did not know the gospel; “savages” and “barbarous” reflect the European habit of the day of measuring every people by European manners; “Papists” is a Protestant name for Roman Catholics, and “Mahometans” an old name for Muslims; “Negroes” was the term for people of African descent, many of whom were then enslaved in the colonies he lists. These words can wound today, and CTS reproduces them only because this is a historical source. Carey himself insists that these peoples are “as capable of knowledge as we are,” that much of the violence charged against them began as self-defence, and that European vices had made matters worse; elsewhere in the Enquiry he condemns the slave trade. His figures are estimates: he says that for most countries he had no reliable counts and simply assumed an average number of people per square mile, and he relied on travellers’ reports of the eighteenth century. Many place names, borders and numbers are now out of date or were mistaken even then. Lengths and breadths are in miles; “in compass” means circumference. Carey’s “Ditto” (the same as the line above) is kept as he wrote it.

SECT. III. Contenant un tableau de l’état présent du monde.SECT. III. Containing a Survey of the present State of the World.

Dans ce tableau, je considérerai le monde divisé, selon sa division habituelle, en quatre parties, l’EUROPE, l’ASIE, l’AFRIQUE et l’AMÉRIQUE, et je noterai l’étendue des divers pays, leur population, leur civilisation et leur religion. La question de la religion, je la diviserai en chrétienne, juive, mahométane et païenne ; et de temps à autre j’indiquerai la secte particulière qui prévaut dans les lieux que je décrirai. Les tableaux suivants donneront une vue plus complète de ce que je me propose que tout ce que je pourrais offrir sur le sujet.In this survey I shall consider the world as divided, according to its usual division, into four parts, EUROPE, ASIA, AFRICA, and AMERICA, and take notice of the extent of the several countries, their population, civilization, and religion. The article of religion I shall divide into Christian, Jewish, Mahometan, and Pagan; and shall now and then hint at the particular sect of them that prevails in the places which I shall describe. The following Tables will exhibit a more comprehensive view of what I propose, than any thing I can offer on the subject.

EUROPEEUROPE

Grande-Bretagne : 680 sur 300 milles ; 12 000 000 habitants ; protestants, de nombreuses dénominations. Irlande : 285 sur 160 milles ; 2 000 000 habitants ; protestants et papistes. France : 600 sur 500 milles ; 24 000 000 habitants ; catholiques, déistes et protestants. Espagne : 700 sur 500 milles ; 9 500 000 habitants ; papistes. Suède, y compris la Suède proprement dite, le Gothland, la Scanie, la Laponie, la Botnie et la Finlande : 800 sur 500 milles ; 3 500 000 habitants ; les Suédois sont des luthériens sérieux, mais la plupart des Lapons sont païens, et très superstitieux.Great-Britain: 680 by 300 miles; 12,000,000 inhabitants; Protestants, of many denominations. Ireland: 285 by 160 miles; 2,000,000 inhabitants; Protestants and Papists. France: 600 by 500 miles; 24,000,000 inhabitants; Catholics, Deists, and Protestants. Spain: 700 by 500 miles; 9,500,000 inhabitants; Papists. Sweden, including Sweden proper, Gothland, Shonen, Lapland, Bothnia, and Finland: 800 by 500 miles; 3,500,000 inhabitants; The Swedes are serious Lutherans, but most of the Laplanders are Pagans, and very superstitious.

Île de Gothland : 80 sur 23 milles ; 5 000 habitants. Oesel : 45 sur 24 milles ; 2 500 habitants. Oeland : 84 sur 9 milles ; 1 000 habitants. Dago : 26 sur 23 milles ; 1 000 habitants. Aland : 24 sur 20 milles ; 800 habitants. Hogland : 9 sur 5 milles ; 100 habitants.Isle of Gothland: 80 by 23 miles; 5,000 inhabitants. Oesel: 45 by 24 miles; 2,500 inhabitants. Oeland: 84 by 9 miles; 1,000 inhabitants. Dago: 26 by 23 miles; 1,000 inhabitants. Aland: 24 by 20 miles; 800 inhabitants. Hogland: 9 by 5 miles; 100 inhabitants.

Danemark : 240 sur 114 milles ; 360 000 habitants ; luthériens de la Confession helvétique.Denmark: 240 by 114 miles; 360,000 inhabitants; Lutherans of the Helvetic Confession.

Île de Zeeland : 60 sur 60 milles ; 284 000 habitants ; idem. Funen : 38 sur 32 milles ; 144 000 habitants ; idem. Arroe : 8 sur 2 milles ; 200 habitants ; idem. Islande : 435 sur 185 milles ; 60 000 habitants ; idem. Langeland : 27 sur 12 milles ; 3 000 habitants ; idem. Laland : 38 sur 30 milles ; 148 000 habitants ; idem. Falster : 27 sur 12 milles ; 3 000 habitants ; idem. Mona : 14 sur 5 milles ; 600 habitants ; idem. Alsen : 15 sur 6 milles ; 600 habitants ; idem. Femeren : 13 sur 8 milles ; 1 000 habitants ; idem.Isle of Zeeland: 60 by 60 miles; 284,000 inhabitants; Ditto. Funen: 38 by 32 miles; 144,000 inhabitants; Ditto. Arroe: 8 by 2 miles; 200 inhabitants; Ditto. Iceland: 435 by 185 miles; 60,000 inhabitants; Ditto. Langeland: 27 by 12 miles; 3,000 inhabitants; Ditto. Laland: 38 by 30 miles; 148,000 inhabitants; Ditto. Falster: 27 by 12 miles; 3,000 inhabitants; Ditto. Mona: 14 by 5 miles; 600 inhabitants; Ditto. Alsen: 15 by 6 miles; 600 inhabitants; Ditto. Femeren: 13 by 8 miles; 1,000 inhabitants; Ditto.

Île de Bornholm : 20 sur 12 milles ; 2 000 habitants ; luthériens. Groenland : étendue non découverte ; 7 000 habitants ; païens, et chrétiens moraves. Norvège : 750 sur 170 milles ; 724 000 habitants ; luthériens. 24 îles Féroé (Faro) : 4 500 habitants ; idem. Laponie danoise : 285 sur 172 milles ; 100 000 habitants ; idem, et païens. Pologne : 700 sur 680 milles ; 9 000 000 habitants ; papistes, luthériens, calvinistes et juifs.Isle of Bornholm: 20 by 12 miles; 2,000 inhabitants; Lutherans. Greenland: extent undiscovered; 7,000 inhabitants; Pagans, and Moravian Christians. Norway: 750 by 170 miles; 724,000 inhabitants; Lutherans. 24 Faro Isles: 4,500 inhabitants; Ditto. Danish Lapland: 285 by 172 miles; 100,000 inhabitants; Ditto, and Pagans. Poland: 700 by 680 miles; 9,000,000 inhabitants; Papists, Lutherans, Calvinists, & Jews.

Prusse[4] : 400 sur 160 milles ; 2 500 000 habitants ; calvinistes, catholiques et luthériens. Sardaigne : 135 sur 57 milles ; 600 000 habitants ; papistes. Sicile : 180 sur 92 milles ; 1 000 000 habitants ; idem. Italie : 660 sur 120 milles ; 20 000 000 habitants ; idem. Provinces-Unies : 150 sur 150 milles ; 2 000 000 habitants ; protestants de plusieurs dénominations. Pays-Bas autrichiens : 200 sur 200 milles ; 2 500 000 habitants ; papistes et protestants.Prussia[4]: 400 by 160 miles; 2,500,000 inhabitants; Calvinists, Catholics, & Lutherans. Sardinia: 135 by 57 miles; 600,000 inhabitants; Papists. Sicily: 180 by 92 miles; 1,000,000 inhabitants; Ditto. Italy: 660 by 120 miles; 20,000,000 inhabitants; Ditto. United Netherlands: 150 by 150 miles; 2,000,000 inhabitants; Protestants of several denominations. Austrian Netherlands: 200 by 200 miles; 2,500,000 inhabitants; Papists and Protestants.

Suisse : 200 sur 100 milles ; 2 880 000 habitants ; papistes et protestants. Les Grisons : 100 sur 62 milles ; 800 000 habitants ; luthériens et papistes. L’abbaye de Saint-Gall : 24 sur 10 milles ; 50 000 habitants ; idem. Neuchâtel : 32 sur 20 milles ; 100 000 habitants ; calvinistes. Valais : 80 sur 30 milles ; 440 000 habitants ; papistes. Piémont : 140 sur 98 milles ; 900 000 habitants ; idem, et protestants.Switzerland: 200 by 100 miles; 2,880,000 inhabitants; Papists and Protestants. The Grisons: 100 by 62 miles; 800,000 inhabitants; Lutherans and Papists. The Abbacy of St. Gall: 24 by 10 miles; 50,000 inhabitants; Ditto. Neufchatel: 32 by 20 miles; 100,000 inhabitants; Calvinists. Valais: 80 by 30 miles; 440,000 inhabitants; Papists. Piedmont: 140 by 98 miles; 900,000 inhabitants; Ditto, and Protestants.

Savoie : 87 sur 60 milles ; 720 000 habitants ; idem. Genève, ville : 24 000 habitants ; calvinistes. Bohême : 478 sur 322 milles ; 2 100 000 habitants ; papistes et moraves. Hongrie : 300 sur 200 milles ; 2 500 000 habitants ; papistes. Allemagne : 600 sur 500 milles ; 20 000 000 habitants ; idem, et protestants. Russie d’Europe : 1500 sur 1100 milles ; 22 000 000 habitants ; Église grecque.Savoy: 87 by 60 miles; 720,000 inhabitants; Ditto. Geneva, City: 24,000 inhabitants; Calvinists. Bohemia: 478 by 322 miles; 2,100,000 inhabitants; Papists and Moravians. Hungary: 300 by 200 miles; 2,500,000 inhabitants; Papists. Germany: 600 by 500 miles; 20,000,000 inhabitants; Ditto, and Protestants. Russia in Europe: 1500 by 1100 miles; 22,000,000 inhabitants; Greek Church.

Turquie d’Europe : 1000 sur 900 milles ; 18 000 000 habitants ; chrétiens grecs, juifs et mahométans. Tartarie de Budziac : 300 sur 60 milles ; 1 200 000 habitants ; chrétiens grecs, juifs et mahométans. Petite Tartarie : 390 sur 65 milles ; 1 000 000 habitants ; idem. Tartarie de Crimée : 145 sur 80 milles ; 500 000 habitants ; idem.Turkey in Europe: 1000 by 900 miles; 18,000,000 inhabitants; Greek Christians, Jews, & Mahometans. Budziac Tartary: 300 by 60 miles; 1,200,000 inhabitants; Greek Christians, Jews, & Mahometans. Lesser Tartary: 390 by 65 miles; 1,000,000 inhabitants; Ditto. Crim Tartary: 145 by 80 miles; 500,000 inhabitants; Ditto.

Île de Ténédos : 5 sur 3 milles ; 200 habitants ; mahométans. Negropont : 90 sur 25 milles ; 25 000 habitants ; idem. Lemnos : 25 sur 25 milles ; 4 000 habitants ; idem. Paros : 36 milles de tour ; 4 500 habitants ; chrétiens grecs. Lesbos, ou Mytilène : 160 milles de tour ; 30 000 habitants ; mahométans et Grecs. Naxia : 100 milles de tour ; 8 000 habitants ; Grecs et papistes. Scio, ou Chio : 112 milles de tour ; chrétiens grecs, papistes et mahométans. Nio : 40 milles de tour ; 1 000 habitants ; idem. Scyros : 60 milles de tour ; 1 000 habitants ; idem. Mycone : 36 milles de tour ; 3 000 habitants ; idem. Samos : 30 sur 15 milles ; 12 000 habitants ; mahométans. Nicaria : 70 milles de tour ; 3 000 habitants ; chrétiens grecs. Andros : 120 milles de tour ; 4 000 habitants ; idem. Cyclades, dont Délos est la principale : 700 habitants ; idem. Zia : 40 milles de tour ; 8 000 habitants ; idem. Cérigo, ou Cythère : 50 milles de tour ; 1 000 habitants ; idem. Santorin : 36 milles de tour ; 10 000 habitants ; idem, et papistes. Policandra : 8 milles de tour ; 400 habitants ; idem. Patmos : 18 milles de tour ; 600 habitants ; idem. Sephanto : 36 milles de tour ; 5 000 habitants ; Grecs. Claros : 40 milles de tour ; 1 700 habitants ; mahométans. Amorgo : 36 milles de tour ; 4 000 habitants ; chrétiens grecs. Leros : 18 milles de tour ; 800 habitants ; chrétiens et mahométans. Therima : 40 milles de tour ; 6 000 habitants ; chrétiens grecs. Stampalia : 50 milles de tour ; 3 000 habitants ; idem. Salamis : 50 milles de tour ; 1 000 habitants ; idem. Scarpanta : 20 milles de tour ; 2 000 habitants ; idem. Cephalonia : 130 milles de tour ; 50 000 habitants ; idem. Zant : 50 milles de tour ; 30 000 habitants ; chrétiens grecs. Milo : 60 milles de tour ; 40 000 habitants ; idem. Corfu : 120 milles de tour ; 60 000 habitants ; idem. Candie, ou Crète : 200 sur 60 milles ; 400 000 habitants ; idem, et mahométans. Cos, ou Stanchio : 70 milles de tour ; 12 800 habitants ; mahométans et chrétiens. Rhodes : 60 sur 25 milles ; 120 000 habitants ; idem. Chypre : 150 sur 70 milles ; 300 000 habitants ; mahométans.Isle of Tenedos: 5 by 3 miles; 200 inhabitants; Mahometans. Negropont: 90 by 25 miles; 25,000 inhabitants; Ditto. Lemnos: 25 by 25 miles; 4,000 inhabitants; Ditto. Paros: 36 miles in compass; 4,500 inhabitants; Greek Christians. Lesbos, or Mitylene: 160 miles in compass; 30,000 inhabitants; Mahometans and Greeks. Naxia: 100 miles in compass; 8,000 inhabitants; Greeks and Papists. Scio, or Chios: 112 miles in compass; Greek Christians, Papists, & Mahometans. Nio: 40 miles in compass; 1,000 inhabitants; Ditto. Scyros: 60 miles in compass; 1,000 inhabitants; Ditto. Mycone: 36 miles in compass; 3,000 inhabitants; Ditto. Samos: 30 by 15 miles; 12,000 inhabitants; Mahometans. Nicaria: 70 miles in compass; 3,000 inhabitants; Greek Christians. Andros: 120 miles in compass; 4,000 inhabitants; Ditto. Cyclades, Delos the Chief: 700 inhabitants; Ditto. Zia: 40 miles in compass; 8,000 inhabitants; Ditto. Cerigo, or Cytheraea: 50 miles in compass; 1,000 inhabitants; Ditto. Santorin: 36 miles in compass; 10,000 inhabitants; Ditto, and Papists. Policandra: 8 miles in compass; 400 inhabitants; Ditto. Patmos: 18 miles in compass; 600 inhabitants; Ditto. Sephanto: 36 miles in compass; 5,000 inhabitants; Greeks. Claros: 40 miles in compass; 1,700 inhabitants; Mahometans. Amorgo: 36 miles in compass; 4,000 inhabitants; Greek Christians. Leros: 18 miles in compass; 800 inhabitants; Christians and Mahometans. Therima: 40 miles in compass; 6,000 inhabitants; Greek Christians. Stampalia: 50 miles in compass; 3,000 inhabitants; Ditto. Salamis: 50 miles in compass; 1,000 inhabitants; Ditto. Scarpanta: 20 miles in compass; 2,000 inhabitants; Ditto. Cephalonia: 130 miles in compass; 50,000 inhabitants; Ditto. Zant: 50 miles in compass; 30,000 inhabitants; Greek Christians. Milo: 60 miles in compass; 40,000 inhabitants; Ditto. Corfu: 120 miles in compass; 60,000 inhabitants; Ditto. Candia, or Crete: 200 by 60 miles; 400,000 inhabitants; Ditto, and Mahometans. Coos, or Stanchia: 70 miles in compass; 12,800 inhabitants; Mahometans and Christians. Rhodes: 60 by 25 miles; 120,000 inhabitants; Ditto. Cyprus: 150 by 70 miles; 300,000 inhabitants; Mahometans.

Note de Carey 4 : Le reste des possessions prussiennes, dispersées dans plusieurs pays, est compté avec les pays où elles se trouvent.Carey’s footnote 4: The rest of Prussian dominions being scattered about in several countries, are counted to those countries where they lie.

ASIEASIA

Turquie d’Asie, qui comprend l’Anatolie, la Syrie, la Palestine, le Diarbékir, la Turcomanie et la Géorgie : 1000 sur 800 milles ; 20 000 000 habitants ; le mahométisme y domine, mais il y a beaucoup de chrétiens grecs, latins, eutychiens et arméniens. Arabie : 1300 sur 1200 milles ; 16 000 000 habitants ; mahométans. Perse : 1280 sur 1140 milles ; 20 000 000 habitants ; idem, de la secte d’Ali. Grande Tartarie : 4000 sur 1200 milles ; 40 000 000 habitants ; mahométans et païens. Sibérie : 2800 sur 960 milles ; 7 500 000 habitants ; chrétiens grecs et païens. Samoyédie : 2000 sur 370 milles ; 1 900 000 habitants ; païens.Turkey in Asia, which contains Anatolia, Syria, Palestine, Diabekr, Turcomania and Georgia: 1000 by 800 miles; 20,000,000 inhabitants; Mahometanism is most prevalent, but there are many Greek, Latin, Eutychian, and Armenian Christians. Arabia: 1300 by 1200 miles; 16,000,000 inhabitants; Mahometans. Persia: 1280 by 1140 miles; 20,000,000 inhabitants; Ditto, of the Sect of Ali. Great Tartary: 4000 by 1200 miles; 40,000,000 inhabitants; Mahometans and Pagans. Siberia: 2800 by 960 miles; 7,500,000 inhabitants; Greek Christians and Pagans. Samojedia: 2000 by 370 miles; 1,900,000 inhabitants; Pagans.

Kamtchatka : 540 sur 236 milles ; 900 000 habitants ; idem. Nouvelle-Zemble : non découverte ; peu habitée ; idem. Chine : 1400 sur 1260 milles ; 60 000 000 habitants ; idem. Japon, qui comprend l’île de Nifon : 900 sur 360 milles ; 10 000 000 habitants ; idem.Kamtschatcha: 540 by 236 miles; 900,000 inhabitants; Ditto. Nova Zembla: undiscovered; thinly inhabited; Ditto. China: 1400 by 1260 miles; 60,000,000 inhabitants; Ditto. Japan, which contains Niphon Island: 900 by 360 miles; 10,000,000 inhabitants; Ditto.

Île de Ximo : 210 sur 200 milles ; 3 000 000 habitants ; païens. Xicoco : 117 sur 104 milles ; 1 800 000 habitants ; idem. Tsussima : 39 sur 34 milles ; 40 000 habitants ; idem. Iki : 20 sur 17 milles ; 6 000 habitants ; idem. Kubitessima : 30 sur 26 milles ; 8 000 habitants ; idem. Matounsa : 54 sur 26 milles ; 50 000 habitants ; idem. Fastistia : 36 sur 34 milles ; 30 000 habitants ; idem. Firando : 30 sur 28 milles ; 10 000 habitants ; idem. Amacusa : 27 sur 24 milles ; 6 000 habitants ; idem. Awasi : 30 sur 18 milles ; 5 000 habitants ; idem.Isle of Ximo: 210 by 200 miles; 3,000,000 inhabitants; Pagans. Xicoco: 117 by 104 miles; 1,800,000 inhabitants; Ditto. Tsussima: 39 by 34 miles; 40,000 inhabitants; Ditto. Iki: 20 by 17 miles; 6,000 inhabitants; Ditto. Kubitessima: 30 by 26 miles; 8,000 inhabitants; Ditto. Matounsa: 54 by 26 miles; 50,000 inhabitants; Ditto. Fastistia: 36 by 34 miles; 30,000 inhabitants; Ditto. Firando: 30 by 28 miles; 10,000 inhabitants; Ditto. Amacusa: 27 by 24 miles; 6,000 inhabitants; Ditto. Awasi: 30 by 18 miles; 5,000 inhabitants; Ditto.

Inde au-delà du Gange : 2000 sur 1000 milles ; 50 000 000 habitants ; mahométans et païens. Hindoustan : 2000 sur 1500 milles ; 110 000 000 habitants ; idem. Tibet : 1200 sur 480 milles ; 10 000 000 habitants ; païens.India beyond the Ganges: 2000 by 1000 miles; 50,000,000 inhabitants; Mahometans and Pagans. Indostan: 2000 by 1500 miles; 110,000,000 inhabitants; Ditto. Tibet: 1200 by 480 miles; 10,000,000 inhabitants; Pagans.

Île de Ceylan : 250 sur 200 milles ; 2 000 000 habitants ; païens, sauf les chrétiens hollandais. Maldives : 1000 en nombre ; 100 000 habitants ; mahométans. Sumatra : 1000 sur 100 milles ; 2 100 000 habitants ; idem, et païens. Java : 580 sur 100 milles ; 2 700 000 habitants ; idem. Timor : 2400 sur 54 milles ; 300 000 habitants ; idem, et quelques chrétiens. Borneo : 800 sur 700 milles ; 8 000 000 habitants ; idem. Celebes : 510 sur 240 milles ; 2 000 000 habitants ; idem. Boutam : 75 sur 30 milles ; 80 000 habitants ; mahométans. Carpentyn : 30 sur 3 milles ; 2 000 habitants ; chrétiens protestants. Ourature : 18 sur 6 milles ; 3 000 habitants ; païens. Pullo Lout : 60 sur 36 milles ; 10 000 habitants ; idem.Isle of Ceylon: 250 by 200 miles; 2,000,000 inhabitants; Pagans, except the Dutch Christians. Maldives: 1000 in number; 100,000 inhabitants; Mahometans. Sumatra: 1000 by 100 miles; 2,100,000 inhabitants; Ditto, and Pagans. Java: 580 by 100 miles; 2,700,000 inhabitants; Ditto. Timor: 2400 by 54 miles; 300,000 inhabitants; Ditto, and a few Christians. Borneo: 800 by 700 miles; 8,000,000 inhabitants; Ditto. Celebes: 510 by 240 miles; 2,000,000 inhabitants; Ditto. Boutam: 75 by 30 miles; 80,000 inhabitants; Mahometans. Carpentyn: 30 by 3 miles; 2,000 inhabitants; Christian Protestants. Ourature: 18 by 6 miles; 3,000 inhabitants; Pagans. Pullo Lout: 60 by 36 miles; 10,000 inhabitants; Ditto.

Outre les petites îles de Manaar, Aripen, Caradivia, Pengandiva, Analativa, Nainandiva et Nindundiva, qui sont habitées par des chrétiens protestants.Besides the little Islands of Manaar, Aripen, Caradivia, Pengandiva, Analativa, Nainandiva, and Nindundiva, which are inhabited by Christian Protestants.

Et Banca, Madura, Bally, Lambeck, Florès, Solor, Leolana, Panterra, Miscomby et plusieurs autres, habitées par des païens et des mahométans.And Banca, Madura, Bally, Lambeck, Flores, Solor, Leolana, Panterra, Miscomby, and several others, inhabited by Pagans and Mahometans.

Les Moluques sont : Banda : 20 sur 10 milles ; 6 000 habitants ; païens et mahométans. Buro : 25 sur 10 milles ; 7 000 habitants ; idem. Amboyna : 25 sur 10 milles ; 7 500 habitants ; chrétiens ; les Hollandais y ont 25 églises. Ceram : 210 sur 45 milles ; 250 000 habitants ; païens et mahométans. Gillola : 190 sur 110 milles ; 650 000 habitants ; idem.The Moluccas are: Banda: 20 by 10 miles; 6,000 inhabitants; Pagans and Mahometans. Buro: 25 by 10 miles; 7,000 inhabitants; Ditto. Amboyna: 25 by 10 miles; 7,500 inhabitants; Christians;—the Dutch have 25 churches. Ceram: 210 by 45 miles; 250,000 inhabitants; Pagans and Mahometans. Gillola: 190 by 110 miles; 650,000 inhabitants; Ditto.

Et Pully-way, Pullo-rin, Nera, Guamanapi, Guilliaien, Ternate, Motir, Machian et Bachian, qui sont habitées par des païens et des mahométans.And Pully-way, Pullo-rin, Nera, Guamanapi, Guilliaien, Ternate, Motir, Machian, and Bachian, which are inhabited by Pagans and Mahometans.

Île de Mindanao : 60 sur 40 milles ; 18 000 habitants ; païens et mahométans. Bahol : 24 sur 12 milles ; 6 000 habitants ; idem. Layta : 48 sur 27 milles ; 10 000 habitants ; idem. Parragon : 240 sur 60 milles ; 100 000 habitants ; idem.Isle of Mindanao: 60 by 40 miles; 18,000 inhabitants; Pagans and Mahometans. Bahol: 24 by 12 miles; 6,000 inhabitants; Ditto. Layta: 48 by 27 miles; 10,000 inhabitants; Ditto. Parragon: 240 by 60 miles; 100,000 inhabitants; Ditto.

Les Calamines sont : Sebu : 60 sur 24 milles ; 10 000 habitants ; papistes. Mindora : 60 sur 36 milles ; 12 000 habitants ; païens et mahométans. Philippina : 185 sur 120 milles ; 104 000 habitants ; idem. Île des Nègres : 150 sur 60 milles ; 80 000 habitants ; papistes. Manille : 31 000 habitants ; idem, et païens.The Calamines are: Sebu: 60 by 24 miles; 10,000 inhabitants; Papists. Mindora: 60 by 36 miles; 12,000 inhabitants; Pagans and Mahometans. Philippina: 185 by 120 miles; 104,000 inhabitants; Ditto. Negroes Isle: 150 by 60 miles; 80,000 inhabitants; Papists. Manilla: 31,000 inhabitants; Ditto, and Pagans.

Les îles des Larrons sont habitées par des païens très peu civilisés.The Ladrone Islands are inhabited by most uncivilized Pagans.

Nouvelle-Hollande : 2500 sur 2000 milles ; 12 000 000 habitants ; païens ; il s’y trouve un ou deux ministres. Nouvelle-Zélande[5] : 960 sur 180 milles ; 1 120 000 habitants ; idem. Nouvelle-Guinée : 1000 sur 360 milles ; 1 900 000 habitants ; idem. Nouvelle-Bretagne : 180 sur 120 milles ; 900 000 habitants ; idem. Nouvelle-Irlande : 180 sur 60 milles ; 700 000 habitants ; idem. Onrong Java : un groupe d’îles ; idem.New Holland: 2500 by 2000 miles; 12,000,000 inhabitants; Pagans;—1 or 2 Ministers are there. New Zealand[5]: 960 by 180 miles; 1,120,000 inhabitants; Ditto. New Guinea: 1000 by 360 miles; 1,900,000 inhabitants; Ditto. New Britain: 180 by 120 miles; 900,000 inhabitants; Ditto. New Ireland: 180 by 60 miles; 700,000 inhabitants; Ditto. Onrong Java: a cluster of isles; Ditto.

Nouvelle-Calédonie : 260 sur 30 milles ; 170 000 habitants ; idem. Nouvelles-Hébrides : idem. Îles des Amis : 20 en nombre ; idem. Îles Sandwich : 7 en nombre ; 400 000 habitants ; idem. Îles de la Société : 6 en nombre ; 800 000 habitants ; idem. Îles Kouriles : 45 en nombre ; 50 000 habitants ; idem.New Caledonia: 260 by 30 miles; 170,000 inhabitants; Ditto. New Hebrides: Ditto. Friendly Isles: 20 in number; Ditto. Sandwich Isles: 7 in number; 400,000 inhabitants; Ditto. Society Isles: 6 in number; 800,000 inhabitants; Ditto. Kurile Isles: 45 in number; 50,000 inhabitants; Ditto.

Îles Pelew : païens. Île d’Oonalashka : 40 sur 20 milles ; 3 000 habitants ; idem. Les autres îles de la mer du Sud : idem.Pelew Isles: Pagans. Oonalashka Isle: 40 by 20 miles; 3,000 inhabitants; Ditto. The other South-Sea Islands: Ditto.

Note de Carey 5 : Deux îles.Carey’s footnote 5: Two Islands.

AFRIQUEAFRICA

Égypte : 600 sur 250 milles ; 2 200 000 habitants ; mahométans et juifs. Nubia : 940 sur 600 milles ; 3 000 000 habitants ; idem. Barbarie : 1800 sur 500 milles ; 3 500 000 habitants ; mahométans, juifs et chrétiens. Biledulgerid : 2500 sur 350 milles ; 3 500 000 habitants ; mahométans, chrétiens et juifs. Zaara, ou le Désert : 3400 sur 660 milles ; 800 000 habitants ; idem. Abyssinie : 900 sur 800 milles ; 5 800 000 habitants ; chrétiens arméniens.Egypt: 600 by 250 miles; 2,200,000 inhabitants; Mahometans and Jews. Nubia: 940 by 600 miles; 3,000,000 inhabitants; Ditto. Barbary: 1800 by 500 miles; 3,500,000 inhabitants; Mahometans, Jews, and Christians. Biledulgerid: 2500 by 350 miles; 3,500,000 inhabitants; Mahometans, Christians, and Jews. Zaara, or the Desart: 3400 by 660 miles; 800,000 inhabitants; Ditto. Abyssinia: 900 by 800 miles; 5,800,000 inhabitants; Armenian Christians.

Abex : 540 sur 130 milles ; 1 600 000 habitants ; chrétiens et païens. Negroland (Pays des Noirs) : 2200 sur 840 milles ; 18 000 000 habitants ; païens. Loango : 410 sur 300 milles ; 1 500 000 habitants ; idem. Congo : 540 sur 220 milles ; 2 000 000 habitants ; idem. Angola : 360 sur 250 milles ; 1 400 000 habitants ; idem. Benguela : 430 sur 180 milles ; 1 600 000 habitants ; idem.Abex: 540 by 130 miles; 1,600,000 inhabitants; Christians and Pagans. Negroland: 2200 by 840 miles; 18,000,000 inhabitants; Pagans. Loango: 410 by 300 miles; 1,500,000 inhabitants; Ditto. Congo: 540 by 220 miles; 2,000,000 inhabitants; Ditto. Angola: 360 by 250 miles; 1,400,000 inhabitants; Ditto. Benguela: 430 by 180 miles; 1,600,000 inhabitants; Ditto.

Mataman : 450 sur 240 milles ; 1 500 000 habitants ; idem. Ajan : 900 sur 300 milles ; 2 500 000 habitants ; idem. Zanguebar : 1400 sur 350 milles ; 3 000 000 habitants ; idem. Monoemugi : 900 sur 660 milles ; 2 000 000 habitants ; idem. Sofala : 480 sur 300 milles ; 1 000 000 habitants ; païens. Terre de Natal : 600 sur 350 milles ; 2 000 000 habitants ; idem.Mataman: 450 by 240 miles; 1,500,000 inhabitants; Ditto. Ajan: 900 by 300 miles; 2,500,000 inhabitants; Ditto. Zanguebar: 1400 by 350 miles; 3,000,000 inhabitants; Ditto. Monoemugi: 900 by 660 miles; 2,000,000 inhabitants; Ditto. Sofala: 480 by 300 miles; 1,000,000 inhabitants; Pagans. Terra de Natal: 600 by 350 miles; 2,000,000 inhabitants; Ditto.

Cafrerie, ou le pays des Hottentots : 708 sur 660 milles ; 2 000 000 habitants ; idem, et quelques chrétiens au Cap.Caffraria, or the Hottentots Country: 708 by 660 miles; 2,000,000 inhabitants; Ditto, and a few Christians at the Cape.

Île de Madagascar : 1000 sur 220 milles ; 2 000 000 habitants ; païens et mahométans. Sainte-Marie : 54 sur 9 milles ; 5 000 habitants ; papistes français. Mascarin : 39 sur 30 milles ; 17 000 habitants ; idem. Sainte-Hélène : 21 milles de tour ; 1 000 habitants ; chrétiens anglais et français. Annabon : 16 sur 14 milles ; 4 000 habitants ; papistes portugais. Saint-Thomas : 25 sur 23 milles ; 9 000 habitants ; païens. Socotora : 80 sur 54 milles ; 10 000 habitants ; mahométans. Îles Comores : 5 en nombre ; 5 000 habitants ; idem. Maurice : 150 milles de tour ; 10 000 habitants ; papistes français. Bourbon : 90 milles de tour ; 15 000 habitants ; papistes français. Madère : 3 en nombre ; 10 000 habitants ; papistes. Îles du Cap-Vert : 10 en nombre ; 20 000 habitants ; idem. Canaries : 12 en nombre ; 30 000 habitants ; idem. Açores : 9 en nombre ; 100 000 habitants ; idem. Malte : 15 sur 8 milles ; 1 200 habitants ; idem.Isle of Madagascar: 1000 by 220 miles; 2,000,000 inhabitants; Pagans and Mahometans. St. Mary: 54 by 9 miles; 5,000 inhabitants; French Papists. Mascarin: 39 by 30 miles; 17,000 inhabitants; Ditto. St. Helena: 21 miles in compass; 1,000 inhabitants; English and French Christians. Annabon: 16 by 14 miles; 4,000 inhabitants; Portuguese Papists. St. Thomas: 25 by 23 miles; 9,000 inhabitants; Pagans. Zocotora: 80 by 54 miles; 10,000 inhabitants; Mahometans. Comora Isles: 5 in number; 5,000 inhabitants; Ditto. Mauritius: 150 miles in compass; 10,000 inhabitants; French Papists. Bourbon: 90 miles in compass; 15,000 inhabitants; French Papists. Madeiras: 3 in number; 10,000 inhabitants; Papists. Cape Verd Isles: 10 in number; 20,000 inhabitants; Ditto. Canaries: 12 in number; 30,000 inhabitants; Ditto. Azores: 9 in number; 100,000 inhabitants; Ditto. Maltha: 15 by 8 miles; 1,200 inhabitants; Ditto.

AMÉRIQUEAMERICA

Brésil : 2900 sur 900 milles ; 14 000 000 habitants ; païens et papistes. Paraguay : 1140 sur 460 milles ; 10 000 000 habitants ; païens. Chili : 1200 sur 500 milles ; 2 000 000 habitants ; païens et papistes. Pérou : 1800 sur 600 milles ; 10 000 000 habitants ; païens et papistes. Pays des Amazones : 1200 sur 900 milles ; 8 000 000 habitants ; païens. Terre Ferme : 1400 sur 700 milles ; 10 000 000 habitants ; païens et papistes.Brazil: 2900 by 900 miles; 14,000,000 inhabitants; Pagans and Papists. Paraguay: 1140 by 460 miles; 10,000,000 inhabitants; Pagans. Chili: 1200 by 500 miles; 2,000,000 inhabitants; Pagans and Papists. Peru: 1800 by 600 miles; 10,000,000 inhabitants; Pagans and Papists. Country of the Amazons: 1200 by 900 miles; 8,000,000 inhabitants; Pagans. Terra Firma: 1400 by 700 miles; 10,000,000 inhabitants; Pagans and Papists.

Guyane : 780 sur 480 milles ; 2 000 000 habitants ; idem. Terre Magellanique : 1400 sur 460 milles ; 9 000 000 habitants ; païens. Ancien Mexique : 2220 sur 600 milles ; 13 500 000 habitants ; idem, et papistes. Nouveau-Mexique : 2000 sur 1000 milles ; 14 000 000 habitants ; idem. Les États d’Amérique : 1000 sur 600 milles ; 3 700 000 habitants ; chrétiens, de diverses dénominations. Terre du Labrador, Nouvelle-Écosse, Louisiane, Canada et tout l’intérieur du pays depuis le Mexique jusqu’à la baie d’Hudson : 1680 sur 600 milles ; 8 000 000 habitants ; chrétiens, de diverses dénominations, mais la plupart des Indiens d’Amérique du Nord sont païens.Guiana: 780 by 480 miles; 2,000,000 inhabitants; Ditto. Terra Magellanica: 1400 by 460 miles; 9,000,000 inhabitants; Pagans. Old Mexico: 2220 by 600 miles; 13,500,000 inhabitants; Ditto, and Papists. New Mexico: 2000 by 1000 miles; 14,000,000 inhabitants; Ditto. The States of America: 1000 by 600 miles; 3,700,000 inhabitants; Christians, of various denominations. Terra de Labrador, Nova-Scotia, Louisiana, Canada, and all the country inland from Mexico to Hudson’s-Bay: 1680 by 600 miles; 8,000,000 inhabitants; Christians, of various denominations, but most of the North American Indians are Pagans.

Californie, et de là le long des degrés de latitude sud, et vers l’intérieur jusqu’à rejoindre l’article ci-dessus : 2820 sur 1380 milles ; 9 000 000 habitants ; païens. Tout ce qui est au nord de 70 degrés : étendue inconnue ; païens.California, and from thence along the degrees south latitude, and so far inland as to meet the above article: 2820 by 1380 miles; 9,000,000 inhabitants; Pagans. All to the north of 70 degrees: extent unknown; Pagans.

Cap-Breton : 400 sur 110 milles ; 20 000 habitants ; chrétiens. Terre-Neuve : 350 sur 200 milles ; 1 400 habitants ; protestants. Île de Cumberland : 780 sur 300 milles ; 10 000 habitants ; païens. Madre de Dios : 105 sur 30 milles ; 8 000 habitants ; idem. Terre de Feu : 120 sur 36 milles ; 5 000 habitants ; idem.Cape Breton: 400 by 110 miles; 20,000 inhabitants; Christians. Newfoundland: 350 by 200 miles; 1,400 inhabitants; Protestants. Cumberland’s Isle: 780 by 300 miles; 10,000 inhabitants; Pagans. Madre de Dios: 105 by 30 miles; 8,000 inhabitants; Ditto. Terra del Fuego: 120 by 36 miles; 5,000 inhabitants; Ditto.

Toutes les îles voisines du cap Horn : païens. Les Bermudes : 16 sur 5 milles ; 20 000 habitants ; moitié Anglais et moitié esclaves.All the Islands in the Vicinity of Cape Horn: Pagans. The Bermudas: 16 by 5 miles; 20,000 inhabitants; Half English, and Half Slaves.

Les Petites Antilles sont : Aruba : 5 sur 3 milles ; 200 habitants ; Hollandais, et Noirs païens. Curaçao : 30 sur 10 milles ; 11 000 habitants ; idem. Bonaire : 10 sur 3 milles ; 300 habitants ; idem. Margaritta : 40 sur 24 milles ; 18 000 habitants ; Espagnols, et Noirs païens. La Trinité : 90 sur 60 milles ; 100 000 habitants ; idem.The Little Antilles are: Aruba: 5 by 3 miles; 200 inhabitants; Dutch, and Pagan Negroes. Curassoa: 30 by 10 miles; 11,000 inhabitants; Ditto. Bonaire: 10 by 3 miles; 300 inhabitants; Ditto. Margaritta: 40 by 24 miles; 18,000 inhabitants; Spaniards, and Pagan Negroes. St Trinidad: 90 by 60 miles; 100,000 inhabitants; Ditto.

Les Bahamas sont : Bahama : 50 sur 16 milles ; 16 000 habitants ; païens. Providence : 28 sur 11 milles ; 6 000 habitants ; idem.The Bahamas are: Bahama: 50 by 16 miles; 16,000 inhabitants; Pagans. Providence: 28 by 11 miles; 6,000 inhabitants; Ditto.

Outre Eluthera, Harbour, Lucayonegua, Andross, Cigateo, Guanaliana, Yumeta, Samana, Yuma, Mayaguana, Ynagua, Caieos et Triangula : païens.Besides Eluthera, Harbour, Lucayonegua, Andross, Cigateo, Guanaliana, Yumeta, Samana, Yuma, Mayaguana, Ynagua, Caieos, and Triangula—Pagans.

Les Antilles sont : Cuba : 700 sur 60 milles ; 1 000 000 habitants ; papistes. Jamaïque : 140 sur 60 milles ; 400 000 habitants ; Anglais, et Noirs païens. Saint-Domingue : 450 sur 150 milles ; 1 000 000 habitants ; Français, Espagnols et Noirs. Porto Rico : 100 sur 49 milles ; 300 000 habitants ; Espagnols et Noirs. île à Vache, ou île aux Vaches : 18 sur 2 milles ; 1 000 habitants ; idem.The Antilles are: Cuba: 700 by 60 miles; 1,000,000 inhabitants; Papists. Jamaica: 140 by 60 miles; 400,000 inhabitants; English, and Pagan Negroes. St. Domingo: 450 by 150 miles; 1,000,000 inhabitants; French, Spaniards, and Negroes. Porto Rico: 100 by 49 miles; 300,000 inhabitants; Spaniards and Negroes. Vache, or Cows I.: 18 by 2 miles; 1,000 inhabitants; Ditto.

Les îles Vierges sont au nombre de 12, dont l’île des Danois est la principale : protestants.The Virgin Isles are 12 in number, of which Danes Island is the principal—Protestants.

Les Caraïbes sont : Sainte-Croix : 30 sur 10 milles ; 13 500 habitants ; protestants danois. Anguilla : 30 sur 9 milles ; 6 000 habitants ; protestants, et Noirs. Saint-Martin : 21 sur 12 milles ; 7 500 habitants ; idem. Saint-Barthélemy : 6 sur 4 milles ; 720 habitants ; idem. Barbuda : 20 sur 12 milles ; 7 500 habitants ; idem. Saba : 5 sur 4 milles ; 1 500 habitants ; idem. Guadeloupe (Guardulope) : 45 sur 38 milles ; 50 000 habitants ; catholiques, et Noirs païens. Marie-Galante : 15 sur 12 milles ; 5 400 habitants ; idem. Tobago : 32 sur 9 milles ; 3 400 habitants ; idem. Defiada (Désirade) : 12 sur 6 milles ; 1 500 habitants ; idem. Grenade : 30 sur 15 milles ; 13 500 habitants ; Anglais, et Noirs païens. Sainte-Lucie : 23 sur 12 milles ; 5 000 habitants ; idem, et Caraïbes autochtones païens. Saint-Eustache : 6 sur 4 milles ; Blancs 5 000, Noirs 15 000 ; Hollandais, Anglais, etc. Saint-Christophe : 20 sur 7 milles ; Blancs 6 000, Noirs 36 000 ; Anglais. Nevis : 6 sur 4 milles ; Blancs 5 000, Noirs 10 000 ; idem. Antigua : 20 sur 4 milles ; Blancs 7 000, Noirs 30 000 ; idem. Montserrat : 6 sur 4 milles ; Blancs 5 000, Noirs 10 000 ; idem. Martinique : 6 sur 4 milles ; Blancs 20 000, Noirs 50 000 ; Français. Saint-Vincent : 60 sur 4 milles ; Blancs 8 000, Noirs 5 000 ; les 8 000 sont des Caraïbes autochtones. Barbade : 24 sur 4 milles ; Blancs 30 000, Noirs 100 000 ; Anglais. Dominique : 28 sur 4 milles ; 40 000 habitants ; idem ; 2 000 d’entre eux sont des Caraïbes autochtones. Saint-Thomas : 15 milles de tour ; 8 000 habitants ; protestants danois.The Caribbees are: St. Cruz: 30 by 10 miles; 13,500 inhabitants; Danish Protestants. Anguilla: 30 by 9 miles; 6,000 inhabitants; Protestants, and Negroes. St. Martin: 21 by 12 miles; 7,500 inhabitants; Ditto. St. Bartholomew: 6 by 4 miles; 720 inhabitants; Ditto. Barbuda: 20 by 12 miles; 7,500 inhabitants; Ditto. Saba: 5 by 4 miles; 1,500 inhabitants; Ditto. Guardulope: 45 by 38 miles; 50,000 inhabitants; Catholics, and Pagan Negroes. Marigalante: 15 by 12 miles; 5,400 inhabitants; Ditto. Tobago: 32 by 9 miles; 3,400 inhabitants; Ditto. Defiada: 12 by 6 miles; 1,500 inhabitants; Ditto. Granada: 30 by 15 miles; 13,500 inhabitants; English, and Pagan Negroes. St. Lucia: 23 by 12 miles; 5,000 inhabitants; Ditto, and Native Pagan Caribbs. St. Eustatia: 6 by 4 miles; whites 5,000, Negroes 15,000; Dutch, English, &c. St. Christopher: 20 by 7 miles; whites 6,000, Negroes 36,000; English. Nevis: 6 by 4 miles; whites 5,000, Negroes 10,000; Ditto. Antigua: 20 by 4 miles; whites 7,000, Negroes 30,000; Ditto. Montserrat: 6 by 4 miles; whites 5,000, Negroes 10,000; Ditto. Martinico: 6 by 4 miles; whites 20,000, Negroes 50,000; French. St. Vincent’s: 60 by 4 miles; whites 8,000, Negroes 5,000; The 8,000 are Native Caribbs. Barbadoes: 24 by 4 miles; whites 30,000, Negroes 100,000; English. Dominica: 28 by 4 miles; 40,000 inhabitants; Ditto, 2,000 of them Native Caribbs. St. Thomas: 15 miles in compass; 8,000 inhabitants; Danish Protestants.

Tel est, autant que j’ai pu m’en informer, l’état du monde ; bien que pour beaucoup de pays, comme la Turquie, l’Arabie, la Grande Tartarie, l’Afrique et l’Amérique, à l’exception des États-Unis, et la plupart des îles asiatiques, nous n’ayons pas de renseignements dignes de foi sur le nombre des habitants. Je n’ai donc fait que calculer l’étendue et compter un certain nombre moyen d’habitants par mille carré ; dans certains pays davantage, dans d’autres moins, selon que les circonstances le déterminent. Quelques remarques générales à ce sujet concluront cette section.This, as nearly as I can obtain information, is the state of the world; though in many countries, as Turkey, Arabia, Great Tartary, Africa, and America, except the United States, and most of the Asiatic Islands, we have no accounts of the number of inhabitants, that can be relied on. I have therefore only calculated the extent, and counted a certain number on an average upon a square mile; in some countries more, and in others less, according as circumstances determine. A few general remarks upon it will conclude this section.

PREMIÈREMENT : les habitants du monde, selon ce calcul, s’élèvent à environ sept cent trente et un millions ; dont quatre cent vingt millions sont encore dans les ténèbres païennes ; cent trente millions sont disciples de Mahomet ; cent millions catholiques ; quarante-quatre millions protestants ; trente millions des Églises grecque et arménienne, et peut-être sept millions de Juifs. Il doit sans doute frapper tout esprit réfléchi de voir quelle vaste proportion des fils d’Adam demeurent encore dans l’état le plus déplorable des ténèbres païennes, sans aucun moyen de connaître le vrai Dieu, sinon ceux que leur offrent les œuvres de la nature, et entièrement privés de la connaissance de l’Évangile du Christ et de tout moyen de l’obtenir. Dans beaucoup de ces pays, ils n’ont pas de langue écrite, par conséquent pas de Bible, et ne sont guidés que par les coutumes et les traditions les plus puériles. Tels sont, par exemple, toutes les parties centrales et reculées de l’Amérique du Nord, l’intérieur de l’Amérique du Sud, les îles des mers du Sud, la Nouvelle-Hollande, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Guinée ; et je puis ajouter la Grande Tartarie, la Sibérie, la Samoyédie et les autres parties de l’Asie contiguës à la mer glaciale ; la plus grande partie de l’Afrique, l’île de Madagascar et bien d’autres lieux. Dans beaucoup de ces régions aussi, ils sont cannibales, se nourrissant de la chair de leurs ennemis tués avec la plus grande brutalité et avidité. La vérité de ce fait a été établie, hors de tout doute, par le célèbre navigateur feu Cook, au sujet des Néo-Zélandais et de quelques habitants de la côte occidentale de l’Amérique. Des sacrifices humains sont aussi très fréquemment offerts, de sorte qu’il se passe à peine une semaine sans exemples de ce genre. Ce sont en général des païens pauvres, barbares et nus, aussi dépourvus de civilisation que de vraie religion.FIRST, the inhabitants of the world according to this calculation, amount to about seven hundred and thirty-one millions; four hundred and twenty millions of whom are still in pagan darkness; an hundred and thirty millions the followers of Mahomet; an hundred millions catholics; forty-four millions protestants; thirty millions of the greek and armenian churches, and perhaps seven millions of jews. It must undoubtedly strike every considerate mind, what a vast proportion of the sons of Adam there are, who yet remain in the most deplorable state of heathen darkness, without any means of knowing the true God, except what are afforded them by the works of nature; and utterly destitute of the knowledge of the gospel of Christ, or of any means of obtaining it. In many of these countries they have no written language, consequently no Bible, and are only led by the most childish customs and traditions. Such, for instance, are all the middle and back parts of North America, the inland parts of South America, the South-Sea Islands, New Holland, New Zealand, New Guinea; and I may add Great Tartary, Siberia, Samojedia, and the other parts of Asia contiguous to the frozen sea; the greatest part of Africa, the island of Madagascar, and many places beside. In many of these parts also they are cannibals, feeding upon the flesh of their slain enemies, with the greatest brutality and eagerness. The truth of this was ascertained, beyond a doubt, by the late eminent navigator, Cooke, of the New Zealanders, and some of the inhabitants of the western coast of America. Human sacrifices are also very frequently offered, so that scarce a week elapses without instances of this kind. They are in general poor, barbarous, naked pagans, as destitute of civilization, as they are of true religion.

DEUXIÈMEMENT : si barbares que soient ces pauvres païens, ils paraissent aussi capables de connaissance que nous ; et en bien des lieux, du moins, ils ont montré un génie et une docilité peu communs ; et je doute fort que la plupart des barbaries qu’ils pratiquent n’aient pas pris naissance dans quelque affront réel ou supposé, et ne soient donc pas, plus exactement, des actes de légitime défense plutôt que des preuves de dispositions inhumaines et sanguinaires.SECONDLY, barbarous as these poor heathens are, they appear to be as capable of knowledge as we are; and in many places, at least, have discovered uncommon genius and tractableness; and I greatly question whether most of the barbarities practiced by them, have not originated in some real or supposed affront, and are therefore, more properly, acts of self-defence, than proofs of inhuman and blood-thirsty dispositions.

TROISIÈMEMENT : dans d’autres régions, où ils ont une langue écrite, comme aux Indes orientales, en Chine, au Japon, etc., ils ne savent rien de l’Évangile. Les jésuites, il est vrai, firent autrefois beaucoup de convertis au papisme parmi les Chinois ; mais leur plus haute ambition semblait être d’obtenir leur bonne opinion ; car, bien que les convertis se déclarassent chrétiens, on leur permettait d’honorer l’image de CONFUCIUS, leur grand législateur ; et à la fin leurs intrigues ambitieuses leur attirèrent le mécontentement du gouvernement, qui aboutit à la suppression de la mission et presque, sinon entièrement, du nom chrétien. C’est aussi un fait affligeant que les vices des Européens se sont communiqués partout où ils sont allés ; de sorte que l’état religieux des païens eux-mêmes a été rendu pire par les relations avec eux !THIRDLY, in other parts, where they have a written language, as in the East-Indies, China, Japan, &c. they know nothing of the gospel. The jesuits indeed once made many converts to popery among the Chinese; but their highest aim seemed to be to obtain their good opinion; for though the converts professed themselves Christians, yet they were allowed to honour the image of CONFUCIUS their great law-giver; and at length their ambitious intrigues brought upon them the displeasure of government, which terminated in the suppression of the mission, and almost, if not entirely, of the Christian name. It is also a melancholy fact, that the vices of Europeans have been communicated wherever they themselves have been; so that the religious state of even heathens has been rendered worse by intercourse with them!

QUATRIÈMEMENT : une très grande partie de l’Asie et de l’Afrique, avec une partie de l’Europe, sont mahométans ; et ceux de Perse, qui sont de la secte d’Ali, sont les ennemis les plus acharnés des Turcs ; et ceux-ci, en retour, ont les Perses en horreur. Les Africains sont parmi les plus ignorants de tous les mahométans, surtout les Arabes, qui sont dispersés dans toutes les parties septentrionales de l’Afrique et vivent des déprédations qu’ils commettent continuellement contre leurs voisins.FOURTHLY, a very great proportion of Asia and Africa, with some part of Europe, are Mahometans; and those in Persia, who are of the sect of Hali, are the most inveterate enemies to the Turks; and they in return abhor the Persians. The Africans are some of the most ignorant of all the mahometans; especially the Arabs, who are scattered through all the northern parts of Africa, and live upon the depredations which they are continually making upon their neighbours.

CINQUIÈMEMENT : quant à ceux qui portent le nom chrétien, un très grand degré d’ignorance et d’immoralité règne parmi eux. Il y a des chrétiens, ainsi nommés, des Églises grecque et arménienne dans tous les pays mahométans ; mais ils sont, si possible, plus ignorants et plus vicieux que les mahométans eux-mêmes. Les chrétiens géorgiens, qui sont près de la mer Caspienne, subsistent en vendant leurs voisins, leurs parents et leurs enfants comme esclaves aux Turcs et aux Perses. Et l’on remarque que, si quelques-uns des Grecs d’Anatolie se font musulmans, les Turcs n’en font jamais grand cas, parce qu’ils sont si connus pour leur dissimulation et leur hypocrisie. Il est bien connu que la plupart des membres de l’Église grecque sont très ignorants. Les papistes aussi sont en général ignorants des choses divines, et très vicieux. La masse de l’Église d’Angleterre ne les surpasse guère, ni en connaissance ni en sainteté ; et beaucoup d’erreurs et un grand relâchement de conduite se trouvent parmi les dissidents de toutes les dénominations. Les luthériens du Danemark sont à peu près au niveau des ecclésiastiques d’Angleterre ; et l’aspect de la plupart des pays chrétiens présente une scène affreuse d’ignorance, d’hypocrisie et de débauche. Diverses erreurs funestes et pernicieuses semblent gagner du terrain dans presque toutes les parties de la chrétienté ; les vérités de l’Évangile, et même l’Évangile lui-même, sont attaqués, et toutes les méthodes que l’ennemi peut inventer sont employées pour saper le royaume de notre Seigneur Jésus-Christ.FIFTHLY, in respect to those who bear the Christian name, a very great degree of ignorance and immorality abounds amongst them. There are Christians, so called, of the greek and armenian churches, in all the mahometan countries; but they are, if possible, more ignorant and vicious than the mahometans themselves. The Georgian Christians, who are near the Caspian Sea, maintain themselves by selling their neighbours, relations, and children, for slaves to the Turks and Persians. And it is remarked, that if any of the greeks of Anatolia turn mussulmen, the Turks never set any store by them, on account of their being so much noted for dissimulation and hypocrisy. It is well known that most of the members of the greek church are very ignorant. Papists also are in general ignorant of divine things, and very vicious. Nor do the bulk of the church of England much exceed them, either in knowledge or holiness; and many errors, and much looseness of conduct, are to be found amongst dissenters of all denominations. The lutherans in Denmark, are much on a par with the ecclesiastics in England; and the face of most Christian countries presents a dreadful scene of ignorance, hypocrisy, and profligacy. Various baneful, and pernicious errors appear to gain ground, in almost every part of Christendom; the truths of the gospel, and even the gospel itself, are attacked, and every method that the enemy can invent is employed to undermine the kingdom of our Lord Jesus Christ.

Toutes ces choses sont de puissants appels aux chrétiens, et surtout aux ministres, à faire tous leurs efforts dans leurs diverses sphères d’action et à essayer de les élargir autant que possible.All these things are loud calls to Christians, and especially to ministers, to exert themselves to the utmost in their several spheres of action, and to try to enlarge them as much as possible.

4. La possibilité de faire davantage pour les païens4. The Practicability of Doing More for the Heathen

William Carey, An Enquiry into the Obligations of Christians, to Use Means for the Conversion of the Heathens (Leicester, 1792), section IV (« La possibilité de faire davantage que ce qui se fait pour la conversion des païens »). Texte intégral ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.William Carey, An Enquiry into the Obligations of Christians, to Use Means for the Conversion of the Heathens (Leicester, 1792), Section IV (“The Practicability of something being done, more than what is done, for the Conversion of the Heathen”). Complete text; the interpretations are the author’s.

Note du STC : Carey répond à cinq objections : la distance, une manière de vivre « non civilisée », le danger, le coût de la vie et la langue. Son plan pratique (des missionnaires allant au moins deux par deux, avec leurs familles, subvenant à leurs besoins par l’agriculture et apprenant la langue parmi le peuple) a façonné la mission baptiste qu’il rejoignit bientôt en Inde. Des mots comme « barbares », « sauvages » et « à peine humains » montrent les présupposés européens de 1792 ; les missions modernes distinguent l’Évangile de la culture propre au missionnaire. Remarquez aussi son dernier conseil : les missionnaires ne doivent pas mépriser le peuple, et doivent encourager les dons des nouveaux croyants, dont la connaissance de leur propre langue et de leurs coutumes donne un grand poids à leur ministère.CTS note: Carey answers five objections: distance, an “uncivilized” way of life, danger, the cost of living, and language. His practical plan (missionaries going at least two by two, with families, supporting themselves by farming, and learning the language among the people) shaped the Baptist mission he soon joined in India. Words such as “barbarous,” “savage” and “scarcely human” show the European assumptions of 1792; modern missions distinguish between the gospel and a missionary’s own culture. Notice also his closing counsel: missionaries must not despise the people, and should encourage the gifts of new believers, whose knowledge of their own language and customs gives their ministry great weight.

SECT. IV. La possibilité de faire davantage que ce qui se fait pour la conversion des païens.SECT. IV. The Practicability of something being done, more than what is done, for the Conversion of the Heathen.

Les obstacles à la prédication de l’Évangile parmi les païens doivent provenir, je pense, de l’une ou l’autre des choses suivantes : leur éloignement de nous, leur manière de vivre barbare et sauvage, le danger d’être tués par eux, la difficulté de se procurer le nécessaire de la vie, ou l’inintelligibilité de leurs langues.The impediments in the way of carrying the gospel among the heathen must arise, I think, from one or other of the following things; —either their distance from us, their barbarous and savage manner of living, the danger of being killed by them, the difficulty of procuring the necessaries of life, or the unintelligibleness of their languages.

PREMIÈREMENT, quant à leur éloignement : quelles que soient les objections que l’on ait pu faire à ce sujet avant l’invention de la boussole marine, on ne peut rien alléguer de plausible à cet égard à l’époque présente. Les hommes peuvent maintenant naviguer sur la grande mer du Sud avec autant de sûreté que sur la Méditerranée ou toute mer plus petite. Bien plus, la providence semble en quelque sorte nous inviter à l’essai, puisqu’il existe à notre connaissance des compagnies de commerce dont le négoce s’étend à beaucoup des lieux où habitent ces barbares. De temps à autre, des navires sont envoyés visiter des lieux de découverte plus récente et explorer les régions les plus inconnues ; et chaque nouveau récit de leur ignorance ou de leur cruauté devrait éveiller notre pitié et nous pousser à concourir avec la providence pour chercher leur bien éternel. L’Écriture semble aussi indiquer ce moyen : Car les îles espèrent en moi, et les navires de Tarsis sont en tête, pour ramener de loin tes enfants, avec leur argent et leur or, à cause du nom de l’Éternel, ton Dieu (És. 60:9). Cela semble impliquer qu’au temps de l’accroissement glorieux de l’Église, dans les derniers jours (dont tout le chapitre est sans aucun doute une prophétie), le commerce servira à la diffusion de l’Évangile. Les navires de Tarsis étaient des vaisseaux marchands, qui faisaient des voyages de négoce en diverses régions ; il faut donc au moins entendre par là que la navigation, surtout la navigation commerciale, sera un grand moyen d’accomplir l’œuvre de Dieu ; et peut-être cela implique-t-il qu’une part très considérable de richesse sera affectée à ce but.FIRST, as to their distance from us, whatever objections might have been made on that account before the invention of the mariner’s compass, nothing can be alledged for it, with any colour of plausibility in the present age. Men can now sail with as much certainty through the Great South Sea, as they can through the Mediterranean, or any lesser Sea. Yea, and providence seems in a manner to invite us to the trial, as there are to our knowledge trading companies, whose commerce lies in many of the places where, these barbarians dwell. At one time or other ships are sent to visit places of more recent discovery, and to explore parts the most unknown; and every fresh account of their ignorance, or cruelty, should call forth our pity, and excite us to concur with providence in seeking their eternal good. Scripture likewise seems to point out this method, Surely the Isles shall wait for me; the ships of Tarshish first, to bring my sons from far, their silver, and their gold with them, unto the name of the Lord, thy God. Isai. lx. 9. This seems to imply that in the time of the glorious increase of the church, in the latter days, (of which the whole chapter is undoubtedly a prophecy,) commerce shall subserve the spread of the gospel. The ships of Tarshish were trading vessels, which made voyages for traffic to various parts; thus much therefore must be meant by it, that navigation, especially that which is commercial, shall be one great mean of carrying on the work of God; and perhaps it may imply that there shall be a very considerable appropriation of wealth to that purpose.

DEUXIÈMEMENT, quant à leur manière de vivre non civilisée et barbare : ce ne peut être une objection pour personne, sinon pour ceux dont l’amour du confort les rend peu disposés à s’exposer à des désagréments pour le bien d’autrui.SECONDLY, as to their uncivilized, and barbarous way of living, this can be no objection to any, except those whose love of ease renders them unwilling to expose themselves to inconveniencies for the good of others.

Ce ne fut pas une objection pour les apôtres et leurs successeurs, qui allèrent parmi les barbares Germains et Gaulois, et parmi les Bretons, plus barbares encore ! Ils n’attendirent pas que les anciens habitants de ces pays fussent civilisés avant de pouvoir être christianisés, mais allèrent simplement avec la doctrine de la croix ; et TERTULLIEN pouvait se vanter que « ces parties de la Bretagne qui avaient résisté aux armées romaines furent conquises par l’Évangile du Christ ». Ce ne fut pas une objection pour un ELLIOT ou un BRAINERD en des temps plus récents. Ils partirent, affrontèrent toutes les difficultés de ce genre, et trouvèrent qu’un accueil cordial de l’Évangile produisait ces heureux effets que les relations les plus prolongées avec les Européens, sans lui, n’auraient jamais pu accomplir. Ce n’est pas une objection pour les hommes de commerce. Il faut seulement que nous ayons autant d’amour pour les âmes de nos semblables et de nos compagnons pécheurs qu’ils en ont pour les profits que rapportent quelques peaux de loutre, et toutes ces difficultés seraient aisément surmontées.It was no objection to the apostles and their successors, who went among the barbarous Germans and Gauls, and still more barbarous Britons! They did not wait for the ancient inhabitants of these countries, to be civilized, before they could be christianized, but went simply with the doctrine of the cross; and TERTULLIAN could boast that “those parts of Britain which were proof against the Roman armies, were conquered by the gospel of Christ”—It was no objection to an ELLIOT, or a BRAINERD, in later times. They went forth, and encountered every difficulty of the kind, and found that a cordial reception of the gospel produced those happy effects which the longest intercourse with Europeans, without it could never accomplish. It is no objection to commercial men. It only requires that we should have as much love to the souls of our fellow-creatures, and fellow sinners, as they have for the profits arising from a few otter-skins, and all these difficulties would be easily surmounted.

Après tout, l’état non civilisé des païens, au lieu de fournir une objection contre la prédication de l’Évangile parmi eux, devrait fournir un argument en sa faveur. Pouvons-nous, en tant qu’hommes ou en tant que chrétiens, entendre dire qu’une grande partie de nos semblables, dont les âmes sont aussi immortelles que les nôtres, et qui sont aussi capables que nous d’orner l’Évangile et de contribuer par leur prédication, leurs écrits ou leur conduite à la gloire du nom de notre Rédempteur et au bien de son Église, sont enveloppés dans l’ignorance et la barbarie ? Pouvons-nous entendre dire qu’ils sont sans Évangile, sans gouvernement, sans lois, sans arts ni sciences, et ne pas nous efforcer d’introduire parmi eux les sentiments d’hommes et de chrétiens ? La diffusion de l’Évangile ne serait-elle pas le moyen le plus efficace de leur civilisation ? Cela n’en ferait-il pas des membres utiles de la société ? Nous savons que de tels effets ont suivi dans une certaine mesure les efforts déjà mentionnés d’Elliot, de Brainerd et d’autres parmi les Indiens d’Amérique ; et si des tentatives semblables étaient faites dans d’autres parties du monde, et réussissaient avec la bénédiction divine (ce que nous avons toute raison de croire), ne pourrions-nous pas espérer voir d’habiles théologiens, ou lire des traités bien conduits pour la défense de la vérité, même parmi ceux qui aujourd’hui semblent à peine humains ?After all, the uncivilized state of the heathen, instead of affording an objection against preaching the gospel to them, ought to furnish an argument for it. Can we as men, or as christians, hear that a great part of our fellow creatures, whose souls are as immortal as ours, and who are as capable as ourselves, of adorning the gospel, and contributing by their preaching, writings, or practices to the glory of our Redeemer’s name, and the good of his church, are inveloped in ignorance and barbarism? Can we hear that they are without the gospel, without government, without laws, and without arts, and sciences; and not exert ourselves to introduce amongst them the sentiments of men, and of Christians? Would not the spread of the gospel be the most effectual mean of their civilization? Would not that make them useful members of society? We know that such effects did in a measure follow the afore-mentioned efforts of Elliot, Brainerd, and others amongst the American Indians; and if similar attempts were made in other parts of the world, and succeeded with a divine blessing (which we have every reason to think they would) might we not expect to see able Divines, or read well-conducted treatises in defence of the truth, even amongst those who at present seem to be scarcely human?

TROISIÈMEMENT, quant au danger d’être tués par eux : il est vrai que quiconque y va doit prendre sa vie dans sa main et ne pas consulter la chair et le sang ; mais la bonté de la cause, les devoirs qui nous incombent en tant que créatures de Dieu et chrétiens, et l’état de perdition de nos semblables ne nous appellent-ils pas hautement à tout risquer et à faire tout effort légitime pour leur bien ? PAUL et BARNABAS, qui avaient exposé leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, ne furent pas blâmés comme téméraires, mais loués pour l’avoir fait, tandis que JEAN MARC, qui par timidité d’esprit les abandonna dans leur périlleuse entreprise, fut frappé de censure. Après tout, comme on l’a déjà observé, je doute fort que la plupart des barbaries pratiquées par les sauvages envers ceux qui les ont visités n’aient pas pris naissance dans quelque affront réel ou supposé, et n’aient donc pas été, plus exactement, des actes de légitime défense plutôt que des preuves de dispositions féroces. Il n’est pas étonnant que l’imprudence des marins les pousse à offenser le simple sauvage, et que l’offense soit vengée ; mais Elliot, Brainerd et les missionnaires moraves ont été très rarement molestés. Bien plus, en général les païens se sont montrés disposés à entendre la parole, et ont principalement exprimé leur haine du christianisme à cause des vices des chrétiens de nom.THIRDLY, In respect to the danger of being killed by them, it is true that whoever does go must put his life in his hand, and not consult with flesh and blood; but do not the goodness of the cause, the duties incumbent on us as the creatures of God, and Christians, and the perishing state of our fellow men, loudly call upon us to venture all and use every warrantable exertion for their benefit? PAUL and BARNABAS, who hazarded their lives for the name of our Lord Jesus Christ, were not blamed as being rash, but commended for so doing, while JOHN MARK who through timidity of mind deserted them in their perilous undertaking, was branded with censure. After all, as has been already observed, I greatly question whether most of the barbarities practiced by the savages upon those who have visited them, have not originated in some real or supposed affront, and were therefore, more properly, acts of self-defence, than proofs of ferocious dispositions. No wonder if the imprudence of sailors should prompt them to offend the simple savage, and the offence be resented; but Elliot, Brainerd, and the Moravian missionaries, have been very seldom molested. Nay, in general the heathen have shewed a willingness to hear the word; and have principally expressed their hatred of Christianity on account of the vices of nominal Christians.

QUATRIÈMEMENT, quant à la difficulté de se procurer le nécessaire de la vie : elle ne serait pas aussi grande qu’elle peut le paraître à première vue ; car, si nous ne pouvions nous procurer de la nourriture européenne, nous pourrions nous procurer celle dont subsistent eux-mêmes les indigènes des pays que nous visitons. Et ce ne serait là que passer par ce à quoi nous nous sommes virtuellement engagés en entrant dans l’office du ministère. Un ministre chrétien est une personne qui, en un sens particulier, ne s’appartient pas ; il est le serviteur de Dieu, et doit donc lui être entièrement consacré. En entrant dans cet office sacré, il s’engage solennellement à être toujours occupé, autant que possible, à l’œuvre du Seigneur, et à ne pas choisir son propre plaisir ou son propre emploi, ni à exercer le ministère comme une chose destinée à servir ses propres fins ou intérêts, ou comme une sorte d’occupation accessoire. Il s’engage à aller où Dieu le veut, et à faire ou à endurer ce qu’il jugera bon de lui commander ou de l’appeler à faire dans l’exercice de sa fonction. Il dit virtuellement adieu à ses amis, à ses plaisirs et à ses commodités, et se tient prêt à endurer les plus grandes souffrances dans l’œuvre de son Seigneur et Maître. Il est incohérent que des ministres se complaisent dans la pensée d’un auditoire nombreux, d’amis cordiaux, d’un pays civilisé, de la protection des lois, de l’opulence, de la splendeur, ou même d’une honnête aisance. Les affronts et la haine des hommes, et même de prétendus amis, de sombres prisons et des tortures, la société de barbares au langage rude, de misérables logements dans des déserts désolés, la faim et la soif, la nudité, la fatigue et la douleur, un travail dur et peu d’encouragements terrestres, devraient plutôt être l’objet de leur attente. Ainsi agirent les apôtres aux temps primitifs, et ils endurèrent les souffrances comme de bons soldats de Jésus-Christ ; et bien que nous, vivant dans un pays civilisé où le christianisme est protégé par la loi, ne soyons pas appelés à souffrir ces choses tant que nous demeurons ici, je doute pourtant que tous soient justifiés de rester ici, tandis que tant d’hommes périssent sans moyens de grâce dans d’autres pays. Ce dont je suis sûr, c’est qu’il est entièrement contraire à l’esprit de l’Évangile que ses ministres y entrent par des motifs intéressés ou avec de grandes attentes terrestres. Au contraire, la mission est un appel suffisant pour qu’ils risquent tout et, comme les premiers chrétiens, aillent partout prêcher l’Évangile.FOURTHLY, As to the difficulty of procuring the necessaries of life, this would not be so great as may appear at first sight; for though we could not procure European food, yet we might procure such as the natives of those countries which we visit, subsist upon themselves. And this would only be passing through what we have virtually engaged, in by entering on the ministerial office. A Christian minister is a person who in a peculiar sense is not his own; he is the servant of God, and therefore ought to be wholly devoted to him. By entering on that sacred office he solemnly undertakes to be always engaged, as much as possible, in the Lord’s work, and not to chuse his own pleasure, or employment, or pursue the ministry as a something that is to subserve his own ends, or interests, or as a kind of bye-work. He engages to go where God pleases, and to do, or endure what he sees fit to command, or call him to, in the exercise of his function. He virtually bids farewell to friends, pleasures, and comforts, and stands in readiness to endure the greatest sufferings in the work of his Lord, and Master. It is inconsistent for ministers to please themselves with thoughts of a numerous auditory, cordial friends, a civilized country, legal protection, affluence, splendor, or even a competency. The flights, and hatred of men, and even pretended friends, gloomy prisons, and tortures, the society of barbarians of uncouth speech, miserable accommodations in wretched wildernesses, hunger, and thirst, nakedness, weariness, and painfulness, hard work, and but little worldly encouragement, should rather be the objects of their expectation. Thus the apostles acted, in the primitive times, and endured hardness, as good soldiers of Jesus Christ; and though we living in a civilized country where Christianity is protected by law, are not called to suffer these things while we continue here, yet I question whether all are justified in staying here, while so many are perishing without means of grace in other lands. Sure I am that it is entirely contrary to the spirit of the gospel, for its ministers to enter upon it from interested motives, or with great worldly expectations. On the contrary the commission is a sufficient call to them to venture all, and, like the primitive Christians, go every where preaching the gospel.

Il pourrait être nécessaire, cependant, qu’ils aillent au moins à deux, et en général je penserais qu’il vaut mieux que ce soient des hommes mariés ; et, pour éviter que leur temps soit employé à se procurer le nécessaire, deux autres personnes ou davantage, avec leurs femmes et leurs familles, pourraient aussi les accompagner, qui seraient entièrement occupées à pourvoir à leurs besoins. Dans la plupart des pays, il leur serait nécessaire de cultiver un petit coin de terre juste pour leur subsistance, ce qui serait pour eux une ressource chaque fois que leurs approvisionnements viendraient à manquer. Sans parler des avantages qu’ils retireraient de leur compagnie mutuelle, cela supprimerait l’énorme dépense qui a toujours accompagné les entreprises de ce genre, la première dépense étant la seule ; car, si une grande colonie a besoin de soutien pendant un temps considérable, un si petit nombre, une fois la première récolte reçue, subviendrait à ses propres besoins. Ils auraient l’avantage de choisir leur emplacement ; leurs besoins seraient peu nombreux ; les femmes, et même les enfants, seraient nécessaires pour les travaux domestiques ; et quelques têtes de bétail, comme une vache ou deux et un taureau, et quelques autres bêtes des deux sexes, très peu d’outils agricoles et un peu de grain pour ensemencer leur terre, suffiraient. Ceux qui accompagnent les missionnaires devraient s’entendre à l’agriculture, à la pêche, à la chasse aux oiseaux, etc., et être pourvus des instruments nécessaires à ces fins. En vérité, on peut imaginer bien des méthodes, et une fois l’œuvre entreprise, beaucoup de choses nous viendront à l’esprit dont nous ne pouvons à présent nous faire aucune idée.It might be necessary, however, for two, at least, to go together, and in general I should think it best that they should be married men, and to prevent their time from being employed in procuring necessaries, two, or more, other persons, with their wives and families, might also accompany them, who should be wholly employed in providing for them. In most countries it would be necessary for them to cultivate a little spot of ground just for their support, which would be a resource to them, whenever their supplies failed. Not to mention the advantages they would reap from each others company, it would take off the enormous expence which has always attended undertakings of this kind, the first expence being the whole; for though a large colony needs support for a considerable time, yet so small a number would, upon receiving the first crop, maintain themselves. They would have the advantage of choosing their situation, their wants would be few; the women, and even the children, would be necessary for domestic purposes; and a few articles of stock, as a cow or two, and a bull, and a few other cattle of both sexes, a very few utensils of husbandry, and some corn to sow their land, would be sufficient. Those who attend the missionaries should understand husbandry, fishing, fowling, &c. and be provided with the necessary implements for these purposes. Indeed a variety of methods may be thought of, and when once the work is undertaken, many things will suggest themselves to us, of which we at present can form no idea.

CINQUIÈMEMENT, quant à l’apprentissage de leurs langues : on trouverait nécessaire ici le même moyen que dans le commerce entre nations différentes. Dans certains cas, on pourrait obtenir des interprètes, qui pourraient être employés pour un temps ; et là où il ne s’en trouverait pas, les missionnaires devraient avoir de la patience et se mêler au peuple jusqu’à ce qu’ils aient appris assez de sa langue pour pouvoir lui communiquer leurs idées. Il est bien connu qu’il ne faut pas des talents très extraordinaires pour apprendre, en l’espace d’un an, ou de deux au plus, la langue de n’importe quel peuple de la terre, du moins assez pour pouvoir faire comprendre à son intelligence toute pensée que nous voulons lui transmettre.FIFTHLY, As to learning their languages, the same means would be found necessary here as in trade between different nations. In some cases interpreters might be obtained, who might be employed for a time; and where these were not to be found, the missionaries must have patience, and mingle with the people, till they have learned so much of their language as to be able to communicate their ideas to them in it. It is well known to require no very extraordinary talents to learn, in the space of a year, or two at most, the language of any people upon earth, so much of it at least, as to be able to convey any sentiments we wish to their understandings.

Les missionnaires doivent être des hommes d’une grande piété, prudence, courage et patience ; d’une orthodoxie indubitable dans leurs convictions, et ils doivent entrer de tout leur cœur dans l’esprit de leur mission ; ils doivent être disposés à laisser derrière eux tout le confort de la vie et à affronter toutes les rigueurs d’un climat torride ou glacial, une manière de vivre inconfortable et tous les autres inconvénients qui peuvent accompagner cette entreprise. Il faut leur fournir des vêtements, quelques couteaux, de la poudre et du plomb, des engins de pêche et les articles d’agriculture mentionnés plus haut ; et, une fois arrivés au lieu de leur destination, leur première tâche doit être d’acquérir quelque connaissance de la langue des indigènes (pour quoi deux vaudraient mieux qu’un), de s’efforcer par tous les moyens légitimes de cultiver leur amitié, et de leur faire connaître le plus tôt possible la mission pour laquelle ils ont été envoyés. Ils doivent s’efforcer de les convaincre que c’est leur seul bien qui les a poussés à quitter leurs amis et tout le confort de leur pays natal. Ils doivent prendre grand soin de ne pas se venger des torts qui pourraient leur être faits, ni de penser hautement d’eux-mêmes au point de mépriser les pauvres païens, et de poser ainsi un fondement pour leur ressentiment ou pour leur rejet de l’Évangile. Ils doivent saisir toute occasion de leur faire du bien, et, travaillant et voyageant nuit et jour, ils doivent instruire, exhorter et reprendre avec toute patience et avec un ardent désir pour eux, et, par-dessus tout, persévérer dans la prière pour l’effusion du Saint-Esprit sur le peuple dont ils ont la charge. Que des missionnaires tels qu’on vient de les décrire s’engagent seulement dans l’œuvre, et nous verrons qu’elle n’est pas irréalisable.The Missionaries must be men of great piety, prudence, courage, and forbearance; of undoubted orthodoxy in their sentiments, and must enter with all their hearts into the spirit of their mission; they must be willing to leave all the comforts of life behind them, and to encounter all the hardships of a torrid, or a frigid climate, an uncomfortable manner of living, and every other inconvenience that can attend this undertaking. Clothing, a few knives, powder and shot, fishing-tackle, and the articles of husbandry above-mentioned, must be provided for them; and when arrived at the place of their destination, their first business must be to gain some acquaintance with the language of the natives, (for which purpose two would be better than one,) and by all lawful means to endeavour to cultivate a friendship with them, and as soon as possible let them know the errand for which they were sent. They must endeavour to convince them that it was their good alone, which induced them to forsake their friends, and all the comforts of their native country. They must be very careful not to resent injuries which may be offered to them, nor to think highly of themselves, so as to despise the poor heathens, and by those means lay a foundation for their resentment, or rejection of the gospel. They must take every opportunity of doing them good, and labouring, and travelling, night and day, they must instruct, exhort, and rebuke, with all long suffering, and anxious desire for them, and, above all, must be instant in prayer for the effusion of the Holy Spirit upon the people of their charge. Let but missionaries of the above description engage in the work, and we shall see that it is not impracticable.

Il pourrait aussi être important, si Dieu bénissait leurs travaux, qu’ils encouragent toute manifestation de dons parmi le peuple dont ils ont la charge ; si de telles personnes étaient suscitées, on retirerait de nombreux avantages de leur connaissance de la langue et des coutumes de leurs compatriotes ; et leur changement de conduite donnerait un grand poids à leur ministère.It might likewise be of importance, if God should bless their labours, for them to encourage any appearances of gifts amongst the people of their charge; if such should be raised up many advantages would be derived from their knowledge of the language, and customs of their countrymen; and their change of conduct would give great weight to their ministrations.

5. Le devoir des chrétiens et les moyens à employer5. The Duty of Christians and the Means to Be Used

William Carey, An Enquiry into the Obligations of Christians, to Use Means for the Conversion of the Heathens (Leicester, 1792), section V (« Enquête sur le devoir des chrétiens en général, et sur les moyens qu’il faut employer pour promouvoir cette œuvre »). Texte intégral ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.William Carey, An Enquiry into the Obligations of Christians, to Use Means for the Conversion of the Heathens (Leicester, 1792), Section V (“An Enquiry into the Duty of Christians in general, and what Means ought to be used, in order to promote this Work”). Complete text; the interpretations are the author’s.

Note du STC : Cette section a conduit directement à l’action. En octobre 1792, quelques mois après la parution de l’Enquiry, Carey et d’autres pasteurs fondèrent à Kettering la Société baptiste particulière pour la propagation de l’Évangile parmi les païens, plus tard la Société missionnaire baptiste, et en 1793 Carey s’embarqua pour l’Inde. Les « baptistes particuliers » étaient les baptistes calvinistes d’Angleterre. Les « réunions mensuelles de prière » avaient commencé parmi eux en 1784. Le vote perdu sur l’abolition de la traite (1791), la colonie libre de Sierra Leone et le boycott du sucre des Indes occidentales produit par des esclaves étaient des événements d’actualité lorsqu’il écrivait. Carey propose que chaque dénomination organise sa propre mission tout en souhaitant du bien aux autres ; les lecteurs d’aujourd’hui peuvent peser ce conseil à côté des formes ultérieures de coopération entre Églises.CTS note: This section led directly to action. In October 1792, a few months after the Enquiry appeared, Carey and fellow ministers formed at Kettering the Particular Baptist Society for Propagating the Gospel among the Heathen, later the Baptist Missionary Society, and in 1793 Carey sailed for India. The “Particular Baptists” were the Calvinistic Baptists of England. The “monthly prayer-meetings” were begun among them in 1784. The defeated vote on abolishing the slave trade (1791), the free settlement at Sierra Leone, and the boycott of slave-grown West-India sugar were current events when he wrote. Carey proposes that each denomination organize its own mission while wishing the others well; readers today may weigh that counsel alongside later patterns of cooperation between churches.

SECT. V. Enquête sur le devoir des chrétiens en général, et sur les moyens qu’il faut employer pour promouvoir cette œuvre.SECT. V. An Enquiry into the Duty of Christians in general, and what Means ought to be used, in order to promote this Work.

Si les prophéties concernant l’accroissement du royaume du Christ sont vraies, et si ce qui a été avancé au sujet de la mission donnée par lui à ses disciples, comme nous obligeant, est juste, il faut en conclure que tous les chrétiens doivent concourir de tout cœur avec Dieu pour promouvoir ses glorieux desseins, car celui qui s’attache au Seigneur est avec lui un seul esprit.If the prophecies concerning the increase of Christ’s kingdom be true, and if what has been advanced, concerning the commission given by him to his disciples being obligatory on us, be just, it must be inferred that all Christians ought heartily to concur with God in promoting his glorious designs, for he that is joined to the Lord is one spirit.

L’un des premiers et des plus importants des devoirs qui nous incombent est la prière fervente et unie. Quoique l’influence du Saint-Esprit soit tenue pour rien et dénigrée par beaucoup, on trouvera à l’épreuve que tous les moyens que nous pouvons employer sans elle seront inefficaces. Si un temple est élevé pour Dieu dans le monde païen, ce ne sera ni par la puissance ni par la force, ni par l’autorité du magistrat ou l’éloquence de l’orateur, mais par mon Esprit, dit l’Éternel des armées. Nous devons donc être réellement ardents à implorer sa bénédiction sur nos travaux.One of the first, and most important of those duties which are incumbent upon us, is fervent and united prayer. However the influence of the Holy Spirit may be set at nought, and run down by many, it will be found upon trial, that all means which we can use, without it, will be ineffectual. If a temple is raised for God in the heathen world, it will not be by might, nor by power, nor by the authority of the magistrate, or the eloquence of the orator; but by my Spirit, saith the Lord of Hosts. We must therefore be in real earnest in supplicating his blessing upon our labours.

Il est représenté dans les prophètes que, lorsqu’il y aura un grand deuil dans le pays, pareil au deuil d’Hadadrimmon dans la vallée de Meguiddo, et que chaque famille sera dans le deuil à part, et les femmes à part, tout cela suivra un esprit de grâce et de supplication. Et lorsque ces choses arriveront, il est promis qu’une source sera ouverte pour la maison de David et les habitants de Jérusalem, pour le péché et pour l’impureté, et que les idoles seront détruites et que les faux prophètes auront honte de leur profession (Zach. 12:10–14 ; 13:1–6). Cette prophétie semble enseigner que, lorsqu’il y aura une union universelle dans la prière fervente, et que tous estimeront le bien de Sion comme le leur, alors d’abondantes influences de l’Esprit seront répandues sur les Églises, qui, comme une source purifiante, laveront les serviteurs du Seigneur. Et cette influence purifiante ne s’arrêtera pas là ; tous les vieux préjugés idolâtres seront déracinés, et la vérité triomphera si glorieusement que les faux docteurs auront tellement honte qu’ils préféreront être rangés parmi d’obscurs bergers ou les plus humbles paysans plutôt que de porter l’ignominie qui accompagne leur découverte.It is represented in the prophets, that when there shall be a great mourning in the land, as the mourning of Hadadrimmon in the valley of Megiddon, and every family shall mourn apart, and their wives apart, it shall all follow upon a spirit of grace, and supplication. And when these things shall take place, it is promised that there shall be a fountain opened for the house of David, and for the inhabitants of Jerusalem, for sin, and for uncleanness,—and that the idols shall be destroyed, and the false prophets ashamed of their profession. Zech. xii 10. 14.—xiii. 1. 6. This prophesy seems to teach that when there shall be an universal conjunction in fervent prayer, and all shall esteem Zion’s welfare as their own, then copious influences of the Spirit shall be shed upon the churches, which like a purifying fountain shall cleanse the servants of the Lord. Nor shall this cleansing influence stop here; all old idolatrous prejudices shall be rooted out, and truth prevail so gloriously that false teachers shall be so ashamed as rather to wish to be classed with obscure herdsmen, or the meanest peasants, than bear the ignominy attendant on their detection.

Les œuvres de grâce les plus glorieuses qui aient jamais eu lieu ont été des réponses à la prière ; et c’est de cette manière, nous avons les plus fortes raisons de le supposer, que sera accordée la glorieuse effusion de l’Esprit que nous attendons à la fin.The most glorious works of grace that have ever took place, have been in answer to prayer; and it is in this way, we have the greatest reason to suppose, that the glorious out-pouring of the Spirit, which we expect at last, will be bestowed.

Quant à nos propres relations immédiates, nous avons, ces dernières années, été favorisés de quelques signes de bien, accordés en réponse à la prière, qui devraient nous encourager à persévérer et à progresser dans ce devoir important. J’ai confiance que nos réunions mensuelles de prière pour le succès de l’Évangile n’ont pas été vaines. Il est vrai qu’un manque d’insistance accompagne trop généralement nos prières ; pourtant, si peu insistantes et si faibles qu’elles aient été, il faut croire que Dieu les a entendues et y a répondu dans une certaine mesure. Les Églises qui ont adopté cette pratique ont en général, depuis lors, été manifestement en croissance ; certaines controverses qui ont longtemps embarrassé et divisé l’Église sont exposées plus clairement que jamais ; il y a des appels à prêcher l’Évangile en bien des lieux où il n’était pas habituellement annoncé ; oui, une porte glorieuse est ouverte, et le sera probablement de plus en plus, par la diffusion de la liberté civile et religieuse, accompagnée aussi d’une diminution de l’esprit de la papauté ; un noble effort a été fait pour abolir l’inhumaine traite des esclaves, et, bien qu’il n’ait pas eu jusqu’à présent tout le succès souhaitable, il faut espérer qu’on y persévérera jusqu’à ce qu’il aboutisse. En attendant, c’est une satisfaction de considérer que l’échec récent de l’abolition de la traite a été l’occasion d’un effort digne d’éloges pour établir une colonie libre à Sierra Leone, sur la côte d’Afrique ; un effort qui, s’il est accompagné de la bénédiction divine, promet non seulement d’ouvrir la voie à un commerce honorable avec ce vaste pays et à la civilisation de ses habitants, mais peut devenir l’heureux moyen d’introduire parmi eux l’Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ.With respect to our own immediate connections, we have within these few years been favoured with some tokens for good, granted in answer to prayer, which should encourage us to persist, and increase in that important duty. I trust our monthly prayer-meetings for the success of the gospel have not been in vain. It is true a want of importunity too generally attends our prayers; yet unimportunate, and feeble as they have been, it is to be believed that God has heard, and in a measure answered them. The churches that have engaged in the practice have in general since that time been evidently on the increase; some controversies which have long perplexed and divided the church, are more clearly stated than ever; there are calls to preach the gospel in many places where it has not been usually published; yea, a glorious door is opened, and is likely to be opened wider and wider, by the spread of civil and religious liberty, accompanied also by a diminution of the spirit of popery; a noble effort has been made to abolish the inhuman Slave-Trade, and though at present it has not been so successful as might be wished, yet it is to be hoped it will be persevered in, till it is accomplished. In the mean time it is a satisfaction to consider that the late defeat of the abolition of the Slave-Trade has proved the occasion of a praise worthy effort to introduce a free settlement, at Sierra Leona, on the coast of Africa; an effort which, if succeeded with a divine blessing, not only promises to open a way for honourable commerce with that extensive country, and for the civilization of its inhabitants, but may prove the happy mean of introducing amongst them the gospel of our Lord Jesus Christ.

Ce sont là des événements qu’il ne faut pas négliger ; il ne faut pas les compter pour de petites choses ; et pourtant peut-être sont-elles petites en comparaison de ce qu’on aurait pu attendre si tous étaient entrés cordialement dans l’esprit de la proposition, de manière à faire leur la cause du Christ, ou, en d’autres termes, à s’en soucier comme si leur propre avantage dépendait de son succès. Si une sainte sollicitude avait régné dans toutes les assemblées de chrétiens en faveur du royaume de leur Rédempteur, nous aurions probablement vu avant maintenant non seulement une porte ouverte pour l’Évangile, mais plusieurs le parcourant, et la connaissance augmentée ; ou un usage diligent des moyens que la providence a mis en notre pouvoir, accompagné d’une bénédiction du ciel plus grande que l’ordinaire.These are events that ought not to be over-looked; they are not to be reckoned small things; and yet perhaps they are small compared with what might have been expected, if all had cordially entered into the spirit of the proposal, so as to have made the cause of Christ their own, or in other words to have been so solicitous about it, as if their own advantage depended upon its success. If an holy solicitude had prevailed in all the assemblies of Christians in behalf of their Redeemer’s kingdom, we might probably have seen before now, not only an open door for the gospel, but many running to and fro, and knowledge increased; or a diligent use of those means which providence has put in our power, accompanied with a greater blessing than ordinary from heaven.

Beaucoup ne peuvent rien faire d’autre que prier, et la prière est peut-être la seule chose en laquelle les chrétiens de toutes les dénominations peuvent s’unir cordialement et sans réserve ; mais en cela nous pouvons tous être un, et en cela la plus stricte unanimité devrait régner. Si tout le corps était ainsi animé d’une seule âme, avec quel plaisir les chrétiens s’acquitteraient de tous les devoirs de la religion, et avec quelle joie leurs ministres vaqueraient à toutes les affaires de leur vocation !Many can do nothing but pray, and prayer is perhaps the only thing in which Christians of all denominations can cordially, and unreservedly unite; but in this we may all be one, and in this the strictest unanimity ought to prevail. Were the whole body thus animated by one soul, with what pleasure would Christians attend on all the duties of religion, and with what delight would their ministers attend on all the business of their calling.

Nous ne devons cependant pas nous contenter de prier, sans faire effort dans l’usage des moyens pour obtenir les choses pour lesquelles nous prions. Si les enfants de lumière étaient seulement aussi prudents à l’égard de leurs semblables que les enfants de ce siècle, ils tendraient tous leurs nerfs pour gagner un prix si glorieux, et n’imagineraient jamais qu’on puisse l’obtenir d’une autre manière.We must not be contented however with praying, without exerting ourselves in the use of means for the obtaining of those things we pray for. Were the children of light, but as wise in their generation as the children of this world, they would stretch every nerve to gain so glorious a prize, nor ever imagine that it was to be obtained in any other way.

Lorsqu’une compagnie de commerce a obtenu sa charte, elle va d’ordinaire jusqu’à ses dernières limites ; ses capitaux, ses navires, ses officiers et ses hommes sont choisis et réglés de manière à répondre probablement à son but ; mais elle ne s’arrête pas là, car, encouragée par la perspective du succès, elle fait tous les efforts, jette son pain sur la face des eaux et cultive l’amitié de quiconque peut, par ses informations, lui procurer le moindre avantage. Ils traversent les mers les plus larges et les plus orageuses, et affrontent les climats les plus défavorables ; ils s’introduisent chez les nations les plus barbares, et subissent parfois les épreuves les plus pénibles ; leur esprit demeure dans un état d’anxiété et d’incertitude, et un retard plus long que d’habitude dans l’arrivée de leurs navires les agite de mille pensées changeantes et de sombres appréhensions, qui durent jusqu’à ce que les riches cargaisons soient arrivées à bon port. Mais pourquoi ces craintes ? D’où viennent toutes ces inquiétudes et tout ce labeur ? N’est-ce pas parce que leurs âmes entrent dans l’esprit du projet, et que leur bonheur dépend en quelque sorte de son succès ? Les chrétiens sont un corps dont le véritable intérêt réside dans l’exaltation du royaume du Messie. Leur charte est très étendue, leurs encouragements extrêmement grands, et les profits promis infiniment supérieurs à tous les gains de la société la plus lucrative. Que chacun donc, à son poste, se considère comme tenu d’agir de toutes ses forces et de toutes les manières possibles pour Dieu.When a trading company have obtained their charter they usually go to its utmost limits; and their stocks, their ships, their officers, and men are so chosen, and regulated, as to be likely to answer their purpose; but they do not stop here, for encouraged by the prospect of success, they use every effort, cast their bread upon the waters, cultivate friendship with every one from whose information they expect the least advantage. They cross the widest and most tempestuous seas, and encounter the most unfavourable climates; they introduce themselves into the most barbarous nations, and sometimes undergo the most affecting hardships; their minds continue in a state of anxiety, and suspence, and a longer delay than usual in the arrival of their vessels agitates them with a thousand changeful thoughts, and foreboding apprehensions, which continue till the rich returns are safe arrived in port. But why these fears? Whence all these disquietudes, and this labour? Is it not because their souls enter into the spirit of the project, and their happiness in a manner depends on its success?—Christians are a body whose truest interest lies in the exaltation of the Messiah’s kingdom. Their charter is very extensive, their encouragements exceeding great, and the returns promised infinitely superior to all the gains of the most lucrative fellowship. Let then every one in his station consider himself as bound to act with all his might, and in every possible way for God.

Supposons qu’un groupe de chrétiens sérieux, ministres et particuliers, se constitue en société et établisse un certain nombre de règles concernant l’organisation du plan, les personnes qui doivent être employées comme missionnaires, les moyens de couvrir les dépenses, etc., etc. Cette société doit être composée de personnes dont le cœur est dans l’œuvre, d’hommes d’une religion sérieuse et possédant un esprit de persévérance ; il doit y avoir la détermination de n’admettre aucune personne qui ne soit pas de ce caractère, ou de ne la garder qu’aussi longtemps qu’elle y répond.Suppose a company of serious Christians, ministers and private persons, were to form themselves into a society, and make a number of rules respecting the regulation of the plan, and the persons who are to be employed as missionaries, the means of defraying the expence, &c. &c. This society must consist of persons whose hearts are in the work, men of serious religion, and possessing a spirit of perseverance; there must be a determination not to admit any person who is not of this description, or to retain him longer than he answers to it.

De cette société, un comité pourrait être nommé, dont la tâche serait de se procurer toutes les informations possibles sur le sujet, de recevoir les contributions, de s’enquérir du caractère, du tempérament, des capacités et des convictions religieuses des missionnaires, et aussi de leur fournir le nécessaire pour leurs entreprises.From such a society a committee might be appointed, whose business it should be to procure all the information they could upon the subject, to receive contributions, to enquire into the characters, tempers, abilities and religious views of the missionaries, and also to provide them with necessaries for their undertakings.

Ils doivent aussi prêter une grande attention aux intentions de ceux qui entreprennent cette œuvre ; faute de cela, les missions aux îles aux épices, envoyées par la Compagnie hollandaise des Indes orientales, furent bientôt corrompues, beaucoup y allant davantage pour s’établir dans un lieu où le gain temporel les attirait que pour prêcher aux pauvres Indiens. Cela introduisit bientôt un certain nombre de personnes indolentes ou débauchées, dont la vie était un scandale pour les doctrines qu’elles prêchaient ; et à cause d’elles l’Évangile fut chassé de Ternate en 1694, et le christianisme tomba en grand discrédit en d’autres lieux.They must also pay a great attention to the views of those who undertake this work; for want of this the missions to the Spice Islands, sent by the Dutch East-India Company, were soon corrupted, many going more for the sake of settling in a place where temporal gain invited them, than of preaching to the poor Indians. This soon introduced a number of indolent, or profligate persons, whose lives were a scandal to the doctrines which they preached: and by means of whom the gospel was ejected from Ternate, in 1694, and Christianity fell into great disrepute in other places.

S’il y a quelque raison pour moi d’espérer avoir quelque influence sur certains de mes frères et compagnons chrétiens, ce sera probablement plus particulièrement parmi ceux de ma propre dénomination. Je proposerais donc qu’une telle société et un tel comité soient formés au sein de la dénomination des baptistes particuliers.If there is any reason for me to hope that I shall have any influence upon any of my brethren, and fellow Christians, probably it may be more especially amongst them of my own denomination. I would therefore propose that such a society and committee should be formed amongst the particular baptist denomination.

Je n’entends pas par là la limiter en aucune façon à une seule dénomination de chrétiens. Je souhaite de tout mon cœur que quiconque aime notre Seigneur Jésus-Christ avec sincérité s’y engage d’une manière ou d’une autre. Mais dans l’état actuel de division de la chrétienté, il serait plus probable que du bien se fasse si chaque dénomination s’engageait séparément dans l’œuvre, plutôt que si elles s’y embarquaient conjointement. Il y a assez de place pour nous tous sans nous gêner les uns les autres ; et s’il n’y avait pas d’ingérence hostile, chaque dénomination voudrait du bien à l’autre, et désirerait et prierait pour son succès, le considérant, dans l’ensemble, comme favorable à la grande cause de la vraie religion ; mais si tous étaient mêlés, il est probable que leurs discordes privées refroidiraient leur ardeur et retarderaient beaucoup leur utilité publique.I do not mean by this, in any wise to confine it to one denomination of Christians. I wish with all my heart, that every one who loves our Lord Jesus Christ in sincerity, would in some way or other engage in it. But in the present divided state of Christendom, it would be more likely for good to be done by each denomination engaging separately in the work, than if they were to embark in it conjointly. There is room enough for us all, without interfering with each other; and if no unfriendly interference took place, each denomination would bear good will to the other, and wish, and pray for its success, considering it as upon the whole friendly to the great cause of true religion; but if all were intermingled, it is likely their private discords might throw a damp upon their spirits, and much retard their public usefulness.

Quant aux contributions pour couvrir les dépenses, il faudra sans doute de l’argent ; et si les riches engageaient dans cette importante entreprise une portion de cette richesse dont Dieu les a faits intendants, il y a peut-être peu de moyens qui, à la fin, tourneraient mieux à leur compte. Et cela ne devrait pas se limiter aux riches ; si les personnes de condition plus modeste consacraient au Seigneur une portion, disons un dixième, de leur revenu annuel, cela correspondrait non seulement à la pratique des Israélites, qui vivaient sous l’économie mosaïque, mais aussi à celle des patriarches Abraham, Isaac et Jacob, avant que cette dispensation ne commence. Beaucoup de nos plus éminents ancêtres parmi les puritains suivaient cette pratique ; et si l’on y prenait garde maintenant, il y aurait non seulement assez pour soutenir le ministère de l’Évangile chez nous et pour encourager la prédication dans les villages de nos voisinages respectifs, mais aussi pour couvrir les dépenses nécessaires pour porter l’Évangile dans le monde païen.In respect to contributions for defraying the expences, money will doubtless be wanting; and suppose the rich were to embark a portion of that wealth over which God has made them stewards, in this important undertaking, perhaps there are few ways that would turn to a better account at last. Nor ought it to be confined to the rich; if persons in more moderate circumstances were to devote a portion, suppose a tenth, of their annual increase to the Lord, it would not only correspond with the practice of the Israelites, who lived under the Mosaic Oeconomy, but of the patriarchs Abraham, Isaac, and Jacob, before that dispensation commenced. Many of our most eminent fore-fathers amongst the Puritans, followed that practice; and if that were but attended to now, there would not only be enough to support the ministry of the gospel at home, and to encourage village preaching in our respective neighbourhoods, but to defray the expences of carrying the gospel into the heathen world.

Si les assemblées ouvraient des souscriptions d’un penny ou plus par semaine, selon leurs moyens, et les déposaient comme fonds pour la propagation de l’Évangile, on pourrait réunir beaucoup de cette manière. Par des moyens aussi simples, elles pourraient bientôt être en mesure d’introduire la prédication de l’Évangile dans la plupart des villages d’Angleterre, où, bien qu’il y ait des hommes établis dont la tâche devrait être de donner la lumière à ceux qui sont assis dans les ténèbres, on sait bien qu’ils ne l’ont pas. Là où personne n’ouvrirait sa maison pour recevoir l’Évangile, on pourrait se procurer quelque autre bâtiment pour une petite somme, et même alors on pourrait réserver quelque chose de considérable pour le comité baptiste, ou d’autres comités, pour la propagation de l’Évangile parmi les païens.If congregations were to open subscriptions of one penny, or more per week, according to their circumstances, and deposit it as a fund for the propogation of the gospel, much might be raised in this way. By such simple means they might soon have it in their power to introduce the preaching of the gospel into most of the villages in England; where, though men are placed whose business it should be to give light to those who sit in darkness, it is well known that they have it not. Where there was no person to open his house for the reception of the gospel, some other building might be procured for a small sum, and even then something considerable might be spared for the baptist, or other committees, for propogating the gospel amongst the heathen.

Beaucoup de personnes ont récemment cessé d’utiliser le sucre des Indes occidentales à cause de la manière inique dont il est obtenu. Les familles qui l’ont fait, sans rien lui substituer, ont non seulement lavé leurs mains du sang, mais ont fait une économie pour leur famille, les unes de six pence, les autres d’un shilling par semaine. Si cette somme, ou une partie de celle-ci, était affectée aux usages mentionnés plus haut, elle suffirait amplement. Nous n’avons qu’à garder le but en vue et à avoir le cœur pleinement engagé à le poursuivre, et les moyens ne seront pas très difficiles.Many persons have of late left off the use of West-India sugar on account of the iniquitous manner in which it is obtained. Those families who have done so, and have not substituted any thing else in its place, have not only cleansed their hands of blood, but have made a saving to their families, some of six pence, and some of a shilling a week. If this, or a part of this were appropriated to the uses before-mentioned, it would abundantly suffice. We have only to keep the end in view, and have our hearts thoroughly engaged in the pursuit of it, and means will not be very difficult.

Nous sommes exhortés à nous amasser des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Il est aussi déclaré que ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Ces Écritures nous enseignent que les jouissances de la vie à venir ont un rapport étroit avec la vie présente ; un rapport semblable à celui de la moisson et de la semence. Il est vrai que toute la récompense est de pure grâce, mais elle n’en est pas moins encourageante ; quel trésor, quelle moisson doivent attendre des hommes comme PAUL, ELLIOT, BRAINERD et d’autres, qui se sont donnés entièrement à l’œuvre du Seigneur ! Quel ciel ce sera de voir les nombreuses myriades de pauvres païens, et parmi eux des Bretons, qui par leurs travaux ont été amenés à la connaissance de Dieu ! Assurément, une couronne de joie comme celle-là vaut la peine d’être recherchée. Assurément, il vaut la peine de nous employer de toutes nos forces à promouvoir la cause et le royaume du Christ.We are exhorted to lay up treasure in heaven, where neither moth nor rust doth corrupt, nor thieves break through and steal. It is also declared that whatsoever a man soweth, that shall he also reap. These Scriptures teach us that the enjoyments of the life to come, bear a near relation to that which now is; a relation similar to that of the harvest, and the seed. It is true all the reward is of mere grace, but it is nevertheless encouraging; what a treasure, what an harvest must await such characters as PAUL, and ELLIOT, and BRAINERD, and others, who have given themselves wholly to the work of the Lord. What a heaven will it be to see the many myriads of poor heathens, of Britons amongst the rest, who by their labours have been brought to the knowledge of God. Surely a crown of rejoicing like this is worth aspiring to. Surely it is worth while to lay ourselves out with all our might, in promoting the cause, and kingdom of Christ.

FIN.FINIS.

Lectures assignées tirées d’une édition historique du domaine public (Public-domain original / CTS interim elective edition 2026) ; l’espagnol et le français sont des traductions du STC.Assigned readings from a historical public-domain edition (Public-domain original / CTS interim elective edition 2026); the Spanish is a CTS translation.