Manuel de masterMaster's textbook

📘 De la préparation et du débit des sermons (extraits) — John A. BroadusOn the Preparation and Delivery of Sermons (selections) — John A. Broadus

Manuel de l’option (CTSElecBap4) · Culte, ordonnances et prédication baptistes · extraits du traité de Broadus de 1870 en cinq chapitres : le texte, l’explication et l’illustration, la disposition, le style, le débit et le culte publicElective textbook (CTSElecBap4) · Baptist Worship, Ordinances, and Preaching · selections from Broadus’s 1870 treatise in five chapters: the text, explanation and illustration, arrangement, style, delivery and public worship

John A. Broadus (1827–1895), <em>A Treatise on the Preparation and Delivery of Sermons</em>, première édition (Philadelphie : Smith, English and Co., 1870) ; domaine public. Texte de la première édition de 1870 (le texte propre de Broadus). Texte anglais tiré de l’OCR d’Internet Archive de l’impression de 1870 (document treatiseonprepar00broa), selon le manifeste des sources du STC ; nettoyé et corrigé, mais pas encore collationné avec le fac-similé. Les pages 342–343 manquent dans ce scan. Traduit par le STC (ébauche assistée par machine).John A. Broadus (1827–1895), <em>A Treatise on the Preparation and Delivery of Sermons</em>, first edition (Philadelphia: Smith, English and Co., 1870); public domain. Text of the 1870 first edition (Broadus’s own text). English text from the Internet Archive OCR of the 1870 printing (item treatiseonprepar00broa), as packaged in the CTS source manifest; cleaned and corrected, but not yet collated with the page images. Pages 342–343 are missing from that scan. Translated by CTS (machine-assisted draft).

À propos de ce manuelAbout this textbook

Les lectures assignées de ce livre se trouvent sur cette page, en anglais et dans des traductions espagnole et française réalisées par le STC.The assigned readings from this book are on this page, in English and in a CTS Spanish translation. Les étudiants des parcours M.Div. et Th.M. doivent les lire et réussir l’examen du manuel (vingt questions à compléter) pour terminer le cours ; il est ouvert à tous.Students on the M.Div. and Th.M. tracks must read them and pass the textbook test (twenty fill-in-the-blank questions) to complete the course; it is open to everyone.

1. Le texte et son interprétation1. The Text and Its Interpretation

John A. Broadus, A Treatise on the Preparation and Delivery of Sermons, première édition (Philadelphie, 1870), partie I, chapitre I, « Le texte : son choix », § 2, et chapitre II, « Le texte : son interprétation », §§ 1, 2 et 4. Texte de la première édition de 1870 (le texte propre de Broadus). Abrégé ; les omissions sont signalées par […]. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John A. Broadus, A Treatise on the Preparation and Delivery of Sermons, first edition (Philadelphia, 1870), part I, chapter I, “The Text — Selection,” § 2, and chapter II, “The Text — Interpretation,” §§ 1, 2 and 4. Text of the 1870 first edition (Broadus’s own text). Abridged; omissions are marked […]. Primary source; the interpretations are the author’s.

Note du STC : Broadus (1827–1895) enseigna la prédication au Séminaire théologique baptiste du Sud, et il écrivait dans le Sud des États-Unis au XIXe siècle. Le STC emploie son œuvre comme source historique d’homilétique, non comme approbation des présupposés raciaux ou sociaux de son époque. L’« accommodation » consiste à employer les mots de l’Écriture dans un sens que l’auteur ne leur donnait pas. « Spiritualiser », c’est chercher des sens spirituels cachés dans des passages simples. Quand Broadus dit « notre version », il parle de la version anglaise du roi Jacques (King James) ; le lecteur peut appliquer ses conseils à sa propre Bible. Ce chapitre suit la première édition de Broadus, de 1870. Les passages qui ne figurent que dans la révision de 1898 due à E. C. Dargan, comme ceux qui citent Phillips Brooks (1877), Austin Phelps (1881) et la Version révisée anglaise (1881), ne sont pas inclus.CTS note: Broadus (1827–1895) taught preaching at the Southern Baptist Theological Seminary, and he wrote in the nineteenth-century American South. CTS uses his work as a historical source in homiletics, not as approval of the racial or social assumptions of his time. “Accommodation” means using the words of Scripture in a sense the writer did not intend. “Spiritualizing” means finding hidden spiritual meanings in plain passages. When Broadus says “our version,” he means the English King James Version; readers can apply his advice to their own Bibles. This chapter follows Broadus’s 1870 first edition. Passages found only in the 1898 revision by E. C. Dargan, such as those citing Phillips Brooks (1877), Austin Phelps (1881) and the Revised Version (1881), are not included.

Partie I, chapitre I. Le texte : son choixPart I, Chapter I. The Text — Selection

§ 2. Avantages d’avoir un texte§ 2. Advantages of Having a Text

Il est manifeste que prendre un texte donne au discours un certain air de sacralité. Mais il y a plus. L’idée première est que le discours est un développement du texte, une explication, une illustration, une application de ses enseignements. Notre tâche est d’enseigner la parole de Dieu. Et bien que nous traitions souvent des sujets, et des aspects de sujets, qui ne sont présentés exactement sous cette forme par aucun passage de l’Écriture, il faut habituellement conserver la conception fondamentale selon laquelle nous allons exposer ce que le texte contient. Quand les circonstances déterminent le sujet à traiter et que nous devons chercher un texte, on peut presque toujours en trouver un qui ait quelque rapport réel, fût-il général, avec le sujet. S’il existe de rares cas où il en va autrement, mieux vaudra alors n’avoir aucun texte qu’un texte avec lequel le sujet n’a qu’un lien fantaisiste ou forcé.It is manifest that to take a text gives a certain air of sacredness to the discourse. But more than this is true. The primary idea is that the discourse is a development of the text, an explanation, illustration, application of its teachings. Our business is to teach God’s word. And although we may often discuss subjects, and aspects of subjects, which are not presented in precisely that form by any passage of Scripture, yet the fundamental conception should be habitually retained, that we are about to set forth what the text contains. When circumstances determine the subject to be treated, and we have to look for a text, one can almost always be found which will have some real, though it be a general relation to the subject. If there be rare cases in which it is otherwise, it will then be better to have no text than one with which the subject has only a fanciful or forced connection.

Il y a plusieurs avantages à prendre régulièrement un texte. (1.) Cela rappelle constamment le fait que nous venons de mentionner : notre entreprise n’est pas de guider le peuple par notre propre sagesse, mais de lui communiquer les enseignements de Dieu dans sa Parole. Ce fait nous permet de parler avec assurance et amène le peuple à reconnaître l’autorité de ce que nous disons. (2.) Si le texte est bien choisi, il éveille l’intérêt dès le début. (3.) Il aide souvent l’auditeur à se souvenir de l’enchaînement des pensées, et produit cet effet partout où le sermon découle réellement du texte. (4.) Il donne l’occasion d’expliquer et de faire impression au moyen d’un passage de l’Écriture. (5.) Il tend à nous empêcher de nous éloigner entièrement des sujets et des points de vue bibliques. (6.) On obtiendra plus de variété que si l’esprit était laissé entièrement à la suggestion des circonstances, car alors il retomberait souvent dans ses vieilles ornières ; et cette variété s’obtient précisément dans la mesure où l’on s’en tient à la pensée spécifique de chaque texte particulier.There are several advantages in regularly taking a text. (1.) It constantly recalls the fact just mentioned, that our undertaking is not to guide the people by our own wisdom, but to impart to them the teachings of God in his Word. This fact enables us to speak with confidence, and leads the people to recognize the authority of what we say. (2.) If the text is well chosen, it awakens interest at the outset. (3.) It often aids the hearer in remembering the train of thought, having this effect wherever the sermon is really evolved from the text. (4.) It affords opportunity of explaining and impressing some passage of Scripture. (5.) It tends to prevent our wandering utterly away from Scriptural topics and views. (6.) Greater variety will be gained than if the mind were left altogether to the suggestion of circumstances, for then it will often fall back into its old ruts; and this variety is attained just in proportion as one restricts himself to the specific thought of each particular text.

Les objections à l’usage des textes sont généralement venues d’une de deux ou trois causes. Le grave relâchement dans l’interprétation des textes, qui a si largement prévalu, amène certains à en juger l’emploi mauvais ou inutile. C’est la vieille histoire : l’abus d’une chose fait mettre en doute la légitimité de son usage. En outre, des personnes qui n’ont que peu ou point de véritable respect pour l’Écriture, ou qui en apprécient peu les richesses, parlent du texte comme d’une entrave à la liberté de la pensée et à l’élan de l’éloquence. Ainsi Voltaire : « Il serait à souhaiter que Bourdaloue, en bannissant de la chaire le mauvais goût qui la déshonorait, eût aussi banni la coutume de prêcher sur un texte. En effet, parler longtemps sur une citation d’une ligne ou deux, s’épuiser à assujettir tout un discours à cette ligne, paraît un travail puéril, peu digne de la gravité du ministère. Le texte devient une espèce de devise, ou plutôt d’énigme, que le discours développe. » Il paraît clair que ce sarcasme est né en partie de l’interprétation torturée dont on était si souvent témoin, et surtout du manque de respect du critique pour la Bible et de son ignorance de la vraie relation du prédicateur avec la Bible. Et peut-être, comme troisième motif d’objection aux textes, quelques prédicateurs capables et pieux, qui n’aiment pas la prédication expositive ni même textuelle, et qui voudraient que chaque sermon soit une dissertation philosophique ou un discours élaboré sur un sujet défini, sont-ils enclins à considérer la coutume de toujours prendre un texte comme une contrainte gênante. Tel semble avoir été le sentiment de Vinet.Objections to the use of texts have commonly arisen from one of two or three causes. The grievous laxity in the interpretation of texts which has so widely prevailed, leads some men to regard the employment of them as wrong or useless. This is the old story — the abuse of a thing causing men to question the propriety of its use. Again, persons who have little or no true reverence for Scripture, or appreciation of its riches, speak of the text as a restriction upon freedom of thought and flow of eloquence. Thus Voltaire: “It were to be wished that Bourdaloue in banishing from the pulpit the bad taste which disgraced it, had also banished the custom of preaching on a text. Indeed, to speak long on a quotation of a line or two, to exhaust one’s self in subjecting a whole discourse to the control of this line, seems a trifling labor, little worthy of the dignity of the ministry. The text becomes a sort of motto, or rather enigma, which the discourse develops.” It seems plain that this sneer arose partly from the torturing interpretation so often witnessed, and chiefly from the critic’s want of reverence for the Bible, and ignorance of the preacher’s true relation to the Bible. And perhaps, as a third ground of objection to texts, some able and devout preachers, disliking expository and even textual preaching, and wishing that every sermon should be a philosophical discussion or an elaborate discourse upon a definite topic, incline to regard the custom of always taking a text as an inconvenient restriction. Such appears to have been the feeling of Vinet.

Il n’est parfois pas inopportun d’avoir deux textes, ou même davantage. Ainsi, à Hébreux 9.22, « Et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon », on pourrait joindre 1 Jean 1.7, « Le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché ». Ou bien, avec Ésaïe 6.3, « Toute la terre est pleine de sa gloire », on peut prendre Psaume 72.19, « Que toute la terre soit remplie de sa gloire » : aux yeux des anges il en est ainsi ; l’esprit humain ne peut que prier pour qu’il en soit ainsi. (Comparez Habakuk 2.14.) Spurgeon a un sermon sur les mots « J’ai péché », tels qu’ils se rencontrent sept fois dans la Bible, et il présente des vues intéressantes sur les différentes circonstances et dispositions d’esprit dans lesquelles ils furent prononcés.It is sometimes not unsuitable to have two texts, or even more. Thus with Heb. 9:22, “And without shedding of blood is no remission,” there might be united 1 John 1:7, “The blood of Jesus Christ his Son cleanseth us from all sin.” Or with Isa. 6:3, “The whole earth is full of his glory,” may be taken Psa. 72:19, “And let the whole earth be filled with his glory;” to angelic eyes it is so — the human mind can only pray that it may be so. (Comp. Hab. 2:14.) Spurgeon has a sermon on the words, “I have sinned,” as occurring seven times in the Bible, and gives interesting views of the different circumstances and states of mind in which they were uttered.

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Partie I, chapitre II. Le texte : son interprétationPart I, Chapter II. The Text — Interpretation

§ 1. Obligation d’interpréter avec soin et rigueur§ 1. Obligation to Interpret Carefully and Strictly

Interpréter et appliquer son texte selon son sens réel est l’un des devoirs les plus sacrés du prédicateur. Il se tient devant le peuple dans le but même de l’enseigner et de l’exhorter à partir de la Parole de Dieu. Il annonce un passage particulier de la Parole de Dieu comme son texte, avec l’entente clairement implicite que de là sera tiré son sermon : sinon toujours ses diverses pensées, du moins certainement son sujet général. S’il ne veut pas être lié par cette entente, il devrait renoncer à la pratique qui l’y engage et prêcher sans texte. Mais si nous nous servons d’un texte et entreprenons d’en développer et d’en appliquer les enseignements, nous sommes solennellement tenus de présenter le texte comme signifiant exactement ce qu’il signifie.To interpret and apply his text in accordance with its real meaning, is one of the preacher’s most sacred duties. He stands before the people for the very purpose of teaching and exhorting them out of the Word of God. He announces a particular passage of God’s Word as his text with the distinctly implied understanding that from this his sermon will be drawn — if not always its various thoughts, yet certainly its general subject. If he is not willing to be bound by this understanding, he ought to reject the practice which commits him to it, and preach without any text. But using a text, and undertaking to develop and apply its teachings, we are solemnly bound to represent the text as meaning precisely what it does mean.

Cela semblerait une évidence. Mais elle est souvent et gravement violée. Non seulement il y a beaucoup d’ignorance satisfaite en matière d’interprétation, beaucoup de négligence de la part de personnes bien capables d’interpréter correctement, et beaucoup de spiritualisation effrénée de paroles toutes simples ; mais encore, selon le misérable principe de l’« accommodation », on emploie des phrases ou des expressions de l’Écriture comme signifiant ce que l’écrivain sacré, on le sait bien et on le déclare même parfois sur le moment, n’a pas voulu dire et n’a nullement dit. « Le sens original de ces paroles, telles que l’écrivain inspiré les a employées, est ceci et cela ; mais je me propose en cette occasion de les employer dans le sens suivant. » C’est-à-dire — cher frère, voyez ce que vous faites — que vous vous levez pour enseigner les hommes à partir d’un passage de la bienheureuse Parole de Dieu, et déclarez froidement que vous vous proposez de faire dire au passage ce qu’il ne dit pas. « Mais ces paroles pourraient avoir ce sens. » Elles le pourraient ; mais comme partie de la Bible, comme texte de l’Écriture, elles ne l’ont pas. Si nous prenons le passage dans un sens entièrement étranger à ce que l’écrivain sacré avait en vue, tel que l’indique le contexte, alors, tel que nous l’employons, ce n’est plus du tout un passage de l’Écriture. Ce ne sont que des mots de l’Écriture, employés sans autorité pour transmettre un autre sens ; tout aussi réellement que si nous avions pris des mots dans une concordance pour en composer une phrase. « Mais je n’emploie le passage que comme devise. » Eh bien, si un prédicateur a le droit de ne prendre aucun texte mais seulement une devise — ce qui est contestable —, il n’a certainement pas le droit de faire signifier à une devise biblique ce qu’il sait qu’elle ne signifie pas. « Mais le langage de l’Écriture est si riche, ses paroles fécondes veulent souvent dire tant de choses, que je pense que peut-être cette expression peut contenir, entre autres choses, le sens que je propose. » Si elle le contient réellement, il n’y a aucune objection à l’employer ainsi. Mais un vague « peut-être » est une excuse bien mince et bien chancelante pour un prédicateur que le peuple regarde comme une autorité en cette matière, qui est censé avoir étudié son texte et en connaître le sens, et dont les affirmations, pour cette raison, seront acceptées par beaucoup sans discussion. Un tel homme est vraiment coupable devant Dieu s’il ne s’efforce pas honnêtement de comprendre ce qu’il interprète et d’en donner le sens réel, et aucun autre.This would seem to be a truism. But it is often and grievously violated. Not only is there much contented ignorance as to interpretation, and much careless neglect on the part of persons well able to interpret correctly, and much wild spiritualizing of plain words, but, upon the wretched principle of “accommodation,” Scripture sentences or phrases are employed as signifying what it is well known, and perhaps even declared at the time, that the sacred writer did not mean to say, and has not at all said. “The original meaning of these words, as used by the inspired writer, is — so and so; but I propose on the present occasion to employ them in the following sense.” That is to say — honored brother, see what you are doing — you stand up to teach men from a passage of God’s blessed word, and coolly declare that you propose to make the passage mean what it does not mean. “But the words might have that sense.” They might, but as a part of the Bible, as a text of Scripture, they do not. If we take the passage in a sense entirely foreign to what the sacred writer designed, as indicated by his connection, then, as we use it, the phrase is no longer a passage of Scripture at all. It is merely words of Scripture, used without authority to convey a different meaning; just as truly as if we had picked out words from a concordance, and framed them into a sentence. “But I use the passage merely as a motto.” Well, if a preacher has the right to take no text but only a motto — which is questionable — he certainly has not the right to make a Scriptural motto signify what he knows it does not signify. “But the language of Scripture is so rich, its pregnant sayings often mean so much, that I think perhaps this expression may convey, among other things, the sense which I propose.” If it really does, there is no objection whatever to using it so. But a mere vague “perhaps” is a slender and tottering excuse for a preacher, who is looked up to by the people as authority in this matter, who is supposed to have studied his text and to know its meaning, and whose statements will, for that reason, be accepted by many without question. Such a man is verily guilty before God if he does not honestly strive to understand that which he interprets, and give forth its real meaning and no other.

Or, même en supposant chez le prédicateur un désir sincère d’interpréter correctement son texte, il ne trouvera pas toujours la tâche facile. Outre les notions relâchées, les mauvais exemples et les mauvaises habitudes antérieures, qui obscurcissent souvent l’esprit en matière d’interprétation, celle-ci présente des difficultés intrinsèques et sérieuses qu’on ne peut surmonter que par un effort réfléchi. C’est pourquoi, bien que le vaste sujet de l’herméneutique biblique, ou interprétation, n’appartienne pas dans son ensemble à un traité d’homilétique, il paraît convenable et nécessaire de rendre compte des erreurs que le prédicateur doit éviter, et des méthodes qu’il doit adopter, en interprétant son texte.Now supposing in the preacher an earnest desire to interpret his text correctly, he will not always find it an easy task. Apart from the loose notions, bad examples, and previous wrong practice, which often becloud the mind with reference to interpretation, it has some intrinsic and serious difficulties which can be overcome only by thoughtful effort. While, therefore, the whole great subject of Biblical Hermeneutics or Interpretation does not belong to a treatise on Homiletics, it seems proper and necessary to give some account of the errors to be avoided, and the methods to be adopted, by a preacher in interpreting his text.

§ 2. Principales sources d’erreur dans l’interprétation d’un texte§ 2. Chief Sources of Error in the Interpretation of a Text

1. Les interprétations erronées viennent souvent de ce qu’on comprend mal la phraséologie du texte lui-même. Le langage ne peut jamais faire plus qu’approcher d’une parfaite précision d’expression, à l’abri de toute possibilité de malentendu ; et un style aisé et familier est particulièrement sujet à comporter un certain nombre d’ellipses, de constructions brisées, de mots au sens varié et mal défini, et d’autres causes d’ambiguïté. Si donc une révélation devait être donnée en langage humain, et exprimée pour la plus grande partie dans ce style familier qui la ferait « toucher aux affaires et aux cœurs des hommes », qui en ferait un livre pour les hommes et les femmes, les garçons et les filles, les gens cultivés et incultes, ce devait être une condition inévitable d’une telle révélation que des questions pussent souvent s’élever sur le sens exact de ses détails. La portée générale d’un récit, d’un argument ou d’une exhortation peut être assez évidente, et son impression pratique sur un esprit docile et réceptif peut être très nette ; et pourtant ceux qui viennent en critiquer les détails, surtout s’ils viennent avec des préventions et des préjugés, peuvent trouver de nombreuses expressions susceptibles d’être interprétées de diverses manières, et peut-être quelques-unes dont le sens exact est réellement douteux. Cela vaut bien mieux, évidemment, que l’idée d’une révélation présentée dans un style uniformément didactique et rigoureusement scientifique, qui finirait par manquer de précision absolue tout en étant entièrement dépourvu d’intérêt pour l’esprit humain ordinaire. Acceptons donc de bon cœur la nécessité d’user d’un grand soin quand nous interprétons le langage de l’Écriture, comme nous sommes obligés de le faire pour tout autre langage.1. Erroneous interpretations often arise from misunderstanding the phraseology of the text itself. Language can never do more than approximate to perfect precision of expression, with freedom from the possibility of being misunderstood; and an easy, colloquial style is especially apt to involve a number of ellipses, broken constructions, words of various and not well-defined meaning, and other causes of ambiguity. If, then, a revelation was to be given in human language, and to be expressed for the most part in that familiar style which would make it “come home to men’s business and bosoms,” would make it a book for men and women, and boys and girls, for cultivated and uncultivated people, it must be an inevitable condition of such a revelation that questions might often arise as to the exact meaning of its details. The general drift of a narrative, argument, or exhortation may be obvious enough, and its practical impression upon a docile and susceptible mind may be very distinct, and yet those who come to criticise the details, especially if they come with prepossessions and prejudices, may find numerous expressions capable of being variously interpreted, and perhaps some whose exact sense is really doubtful. Far better this, it is evident, than the idea of a revelation presented in a uniformly didactic and rigorously scientific style, which must at last fail of absolute precision, while it would be thoroughly devoid of interest for the ordinary human mind. Let us, therefore, cheerfully accept the necessity of exercising great care when we interpret the language of Scripture, as we are compelled to do with all other language.

De plus, notre tâche comporte certaines conditions particulières. Beaucoup d’entre nous doivent interpréter une traduction. Or les meilleures traductions sont nécessairement imparfaites. Il arrive rarement, si jamais, que deux mots de langues différentes contiennent exactement la même somme de sens sous la même forme et portent avec eux la même atmosphère d’associations et de suggestions. Les différences idiomatiques de construction introduiront parfois aussi de l’ambiguïté là où l’original était précis, ou rendront trop défini ce qui n’était que général dans l’original. Sont particulièrement fréquents les cas où notre langue ne parvient pas à marquer l’accent, qui peut être nettement indiqué en hébreu ou en grec. Et puis la traduction que nous employons, bien que son style général soit si admirable, et qu’aucune autre traduction populaire ne l’ait jamais égalée en exactitude, est déparée par bon nombre d’erreurs, et contient divers mots et expressions devenus désuets ou ayant changé de sens. Pourtant, rien de tout cela ne décourage le prédicateur ni ne le dispense de faire des efforts sérieux pour déterminer le vrai sens de son texte. S’il parvient, par une lecture étendue, constante et pieuse de la Bible, à entrer en pleine sympathie avec ses modes de pensée et ses formes d’expression caractéristiques ; s’il s’abandonne au courant de l’enchaînement général de son texte, de manière à être porté par-dessus les difficultés particulières ; s’il le compare à divers autres passages où le même sujet, ou un sujet voisin, est traité ; et s’il consulte les ouvrages d’exégètes savants et vraiment judicieux, le prédicateur intelligent qui n’emploie que notre version anglaise aura un grand succès dans l’interprétation de l’Écriture. Témoins les sermons et les écrits d’une foule de ministres baptistes, et aussi de méthodistes et d’autres. Témoin Andrew Fuller, qui n’avait pratiquement aucune connaissance des langues originales, et dont les interprétations de l’Écriture sont pourtant claires et sûres à un degré très rarement dépassé.Moreover, there are in our task some peculiar conditions. Many of us have to interpret a translation. Now the best translations are necessarily imperfect. It is rarely, if ever, the case that two words in different languages will contain precisely the same bulk of meaning in the same form, and carry with them the same atmosphere of association and suggestion. Idiomatic differences of construction, too, will sometimes introduce ambiguity where the original was precise, or make too definite what in the original was only general. Especially frequent are the cases in which our language fails to indicate the emphasis, which in the Hebrew or the Greek may be distinctly marked. And then the translation which we employ, though its general style is so admirable, and though no other popular translation has ever equalled it in correctness, is disfigured by not a few errors, and contains various words and phrases which have become obsolete, or have changed their meaning. Yet with all this, there is nothing to discourage or to excuse the preacher from earnest efforts to ascertain the true meaning of his text. By working himself, through extensive, constant and devout reading of the Bible, into thorough sympathy with its characteristic modes of thought and forms of expression, by throwing himself upon the current of the general connection of his text, so as to be borne over any particular difficulties, by comparing it with various other passages in which the same or a kindred subject is treated, and by consulting the works of learned and really judicious expositors, the intelligent preacher who uses only our English Version will have great success in the interpretation of Scripture. Witness the sermons and the writings of hosts of Baptist ministers, and also of Methodists and others. Witness Andrew Fuller, who had practically no knowledge of the original languages, and yet whose interpretations of Scripture are clear and safe in a degree very rarely surpassed.

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En outre, il faut observer que le langage de l’Écriture est, en général, non pas philosophique mais populaire, non pas scientifique mais poétique ; non pas tant une langue analytique, éprise de distinctions tranchées et d’énoncés exacts, qu’une langue synthétique, abondant en termes concrets, qui représentent non des abstractions, mais des faits de l’existence et de l’expérience réelles, dont les sens se fondent graduellement les uns dans les autres sans ligne de démarcation précise. Ce caractère donne lieu à certaines formes d’expression particulières, qui abondent dans la Bible et qui sont importantes pour l’interprétation de nombreux textes.Further, it is to be observed that the language of Scripture is, as a general thing, not philosophical but popular, not scientific but poetic, not so much an analytical language, fond of sharp discriminations and exact statements, as a synthetical language, abounding in concrete terms, the representatives not of abstractions, but of facts of actual existence and experience, and which in their meaning gradually shade into each other, without any definite line of distinction. This character leads to some peculiar forms of expression, which abound in the Bible, and are important for the interpretation of many texts.

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On peut ajouter ici cette remarque : lorsqu’un texte, dans son contexte, admet plus d’un sens, nous ferons bien soit de l’éviter comme trop ambigu pour notre dessein, soit d’indiquer que nous prenons le sens le plus probable et de borner notre attention aux leçons qu’il contient ainsi compris. On ne saurait approuver la méthode qui consiste à prendre successivement plusieurs sens différents et à faire une application pratique de chacun. Nous devons présenter à l’esprit des hommes, comme partie de la Parole de Dieu, seulement ce que le texte signifie réellement, autant que nous pouvons le déterminer.The remark may be here added, that where a text in its connection admits of more than one meaning, we shall do well either to avoid it as too ambiguous for our purpose, or to indicate that we take the more probable sense, and confine attention to its lessons as thus understood. The plan of taking up in succession several different senses and making a practical application of each, cannot be approved. We must bring to bear upon men’s minds as a part of God’s Word, only what the text really means, as best we can ascertain it.

3. Une troisième source d’erreur dans l’interprétation des textes est la spiritualisation abusive.3. A third source of error in the interpretation of texts is improper spiritualizing.

Nous n’avons pas d’autre moyen de représenter les choses spirituelles que des métaphores tirées des choses temporelles ; et nos conceptions mêmes du monde invisible dépendent d’images fournies par le monde où nous vivons maintenant. Swedenborg enseignait, dans la « doctrine des correspondances » d’après laquelle il affirme que les Écritures ont été écrites, que tout objet et toute relation de la sphère matérielle a quelque chose qui lui correspond dans la sphère spirituelle. Comme fait universel, nous pouvons bien demander de cela une meilleure preuve que les visions du baron suédois ; mais c’est aller à l’extrême opposé que d’imaginer que la relation entre les choses temporelles et spirituelles est simplement une affaire de métaphores. Les Écritures semblent enseigner qu’il y a réellement beaucoup de lien intime et beaucoup de correspondance étroite entre ces deux grandes sphères de l’existence. Toutes les fausses religions présentent des perversions et des déformations de cette conception. Et l’allégorique, au sens large du terme, est très largement et très diversement employé dans les Écritures de vérité. Les nombreux sacrifices et purifications prescrits par la loi représentaient l’œuvre du Christ et de son Esprit. Les prophètes employaient fréquemment des objets ou des événements proches pour dépeindre des réalités appartenant à l’ère messianique. L’histoire d’Israël avait une relation typique, d’une part avec la vie du Christ, d’autre part avec les destinées de son Église ; et Sion, la capitale et la représentante d’Israël, fournissait une image prophétique favorite pour dépeindre l’avenir de l’Israël spirituel. Des personnages individuels de l’histoire, comme Melchisédek, Moïse, Josué, David, Cyrus, portaient sans aucun doute, à certains égards, une ressemblance voulue de Dieu avec le Messie à venir. La relation entre le mari et la femme fournissait une image souvent reprise de la relation entre Dieu et la nation élue, entre le Christ et son Église. Même l’inimitié de Sara et d’Agar figurait l’opposition entre la servitude sous la loi et la liberté dans l’Évangile.We have no other means of representing spiritual things than by metaphors derived from things temporal; and our very conceptions of the unseen world depend upon images furnished by the world in which we now live. Swedenborg taught, in the “doctrine of correspondences” upon which he asserts the Scriptures to have been written, that every object and relation in the material sphere has something corresponding to it in the spiritual sphere. As a universal fact, we may well ask for some better proof of this than the Swedish Baron’s visions; but it is going to the opposite extreme if we imagine that the relation between things temporal and spiritual is simply an affair of metaphors. The Scriptures appear to teach that there really is much of intimate connection and much of close correspondence between these two great spheres of existence. All the false religions present perversions and distortions of this conception. And the allegorical, in the broad sense of that term, is very widely and variously employed in the Scriptures of truth. The numerous sacrifices and purifications enjoined in the law, represented the work of Christ and of his Spirit. The prophets frequently employed objects or events near at hand to picture realities belonging to the Messianic age. The history of Israel had a typical relation, on the one hand to the life of Christ, on the other to the fortunes of his Church; and Zion, the capital city and representative of Israel, furnished a favorite prophetic image in depicting the future of the spiritual Israel. Individual personages of history, as Melchizedek, Moses, Joshua, David, Cyrus, undoubtedly bore a divinely designed resemblance, in some respects, to the coming Messiah. The relation between husband and wife afforded an oft-recurring image of the relation between God and the chosen nation, between Christ and his Church. Even the enmity of Sarah and Hagar pictured the opposition between bondage under the law and liberty in the gospel.

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Et remarquez : dans le cas des passages figurés qui ont réellement un sens spirituel, il y a danger de presser trop la figure, d’imaginer un sens spirituel dans des aspects ou des détails de la figure qui ne sont pas réellement dans l’intention de l’écrivain inspiré. Quand notre Seigneur dit : « Prenez mon joug sur vous », nous n’avons aucun droit de rechercher toutes sortes de détails sur les jougs et les bœufs et d’établir un parallèle fantaisiste pour chaque particularité ; le sens général est assez clair, et c’est tout. Il en est de même lorsqu’il dit : « Soyez prudents comme les serpents », ou : « Je vous ferai pêcheurs d’hommes » ; et dans dix mille passages de l’Écriture le même principe s’applique. Nous devons rechercher ce que l’orateur ou l’écrivain sacré voulait dire par la figure ; c’est cela qu’elle signifie, mais au-delà, comme partie de l’Écriture, elle ne signifie rien. Les erreurs de ce genre sont particulièrement fréquentes dans l’interprétation des paraboles de notre Seigneur. Les histoires racontées par le grand Maître sont des illustrations d’une beauté et d’une force sans égales, mais ce sont toujours des illustrations. Comme les comparaisons et les incidents illustratifs que nous employons, certaines sont fondées sur une ressemblance ou une analogie plus étroite, d’autres sur une ressemblance plus lointaine ; certaines courent longtemps parallèlement au sujet auquel on les compare, d’autres le touchent à peine en un seul point. Quand il est dit que la venue du Christ sera comme celle d’un voleur dans la nuit, la ressemblance ne porte que sur le caractère inattendu ; quant au caractère et aux desseins des parties, et presque à tout le reste, l’illustration et la chose illustrée sont entièrement dissemblables.And observe: In the case of figurative passages, which really have a spiritual meaning, there is danger of pressing the figure too far, of fancying a spiritual sense in aspects or details of the figure which are not really within the scope of the inspired writer. When our Lord says, “Take my yoke upon you,” we have no right to hunt up all manner of details as to yokes and oxen, and run a fanciful parallel as to each particular; the general meaning is plain enough, and that is all. When he says, “Be ye wise as serpents,” or, “I will make you fishers of men,” and in ten thousand passages of Scripture, the same principle holds. We must inquire what the sacred speaker or writer designed by the figure; so much it means, but beyond that, as a part of Scripture, it means nothing. Especially common are errors of this kind in the interpretation of our Lord’s Parables. The stories which were told by the Great Teacher are illustrations of unrivalled beauty and impressiveness, but still they are illustrations. Like the illustrative comparisons and incidents which we employ, some of them are founded upon a closer, and others upon a more remote, resemblance or analogy; some run parallel for a long distance to the subject compared with them, others barely touch it at a single point. When Christ’s coming is said to be as a thief in the night, the resemblance extends only to unexpectedness; as to the character and objects of the parties, and almost everything else that is involved, the illustration and the thing illustrated are utterly unlike.

Et quand il est dit : « Le royaume des cieux est semblable à du levain qu’une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que la pâte soit toute levée » (Matthieu 13.33), quel sens y a-t-il à chercher une vérité spirituelle illustrée par le nombre trois, ou à dire que la femme représente l’Église, alors que tout naturellement c’est une femme et non un homme qu’un récit montrerait en train de faire le pain ? Quand nous entreprenons d’interpréter une parabole, nous devons apprendre par le contexte quel sujet notre Seigneur l’a employée à illustrer ; puis remarquer quelle lumière la parabole dans son ensemble jette sur ce sujet, quels aspects du sujet elle met sous nos yeux ; et enfin rechercher dans quelle mesure nous pouvons légitimement considérer les divers détails du récit comme significatifs séparément. Sur ce dernier point, nous devons éviter les extrêmes, exercer un jugement sain, et garder constamment à l’esprit que la parabole est une illustration, fondée sur une ressemblance ou une analogie qui n’est au mieux que partielle. Après avoir ainsi étudié une des paraboles du Christ, nous sommes prêts à prêcher sur elle, avec quelque chance d’en faire ressortir le sens réel et les applications légitimes.And when it is said, “The kingdom of heaven is like leaven, which a woman took, and hid in three measures of meal, till the whole was leavened” (Matthew 13:33), what sense is there in looking for some spiritual truth illustrated by the number three, or in saying that the woman represents the Church, when as a matter of course a woman and not a man would be introduced in a story as making up bread? In undertaking to interpret a parable, we must learn from the connection what subject our Lord used it to illustrate — must then notice what light the parable as a whole throws on that subject, what aspects of the subject it brings to our view — and finally inquire how far we may fairly regard the several details of the story as separately significant. In this last respect we must avoid extremes, exercise sound judgment, and constantly keep in mind that the parable is an illustration, and founded on some resemblance or analogy which is at best only partial. After thus studying one of the parables of Christ, we are prepared to preach upon it, with some prospect of bringing out its real meaning and legitimate applications.

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§ 4. Brèves règles pour interpréter un texte§ 4. Brief Rules for Interpreting a Text

Bien que nous ayons traité longuement des principales sources d’erreur dans l’interprétation des textes, et que nous les ayons illustrées par de nombreux exemples, il paraît bon de donner, de manière positive, quelque idée des principes d’après lesquels on doit procéder si l’on veut interpréter correctement. On trouve de bons traités d’interprétation, et il suffit ici de donner quelques règles brèves.Though we have discussed at length the chief sources of error in the interpretation of texts, and illustrated them by many examples, it seems best to give, positively, some account of the principles upon which one must proceed if he would interpret correctly. Good treatises on Interpretation are accessible, and it is sufficient here to give several brief rules.

1. Interprétez grammaticalement. Efforcez-vous de déterminer le sens précis des mots et des expressions employés dans le texte. Recherchez si certains d’entre eux ont un sens particulier dans l’Écriture, et si ce sens particulier vaut dans ce passage. S’il y a dans le texte des mots clés, ou des mots d’une importance spéciale, examinez, à l’aide d’une concordance, d’autres passages où ce mot est employé. Cela se fait le mieux dans l’original, car notre version aura souvent le même mot là où l’hébreu ou le grec est différent, et le même mot grec ou hébreu se rencontrera dans des passages importants où notre version traduit autrement. Il existe d’admirables concordances de l’hébreu et du grec, et là où l’on ne les possède pas, les lexiques de ces langues donneront beaucoup de références, souvent toutes. Dans les cas d’une importance spéciale, des hommes capables qui ne connaissaient pas les originaux ont trouvé utile d’employer la Concordance grecque du Nouveau Testament et la Concordance hébraïque de l’Ancien Testament établies pour le lecteur anglais. Pour le Nouveau Testament, l’index de la grammaire de Winer montrera s’il a expliqué quelque construction grammaticale du texte. Les meilleures traductions dans notre propre langue ou dans d’autres jetteront souvent de la lumière sur le texte, ou soulèveront au sujet de son sens des questions qu’il nous sera utile d’approfondir. Les passages familiers prennent souvent une grande fraîcheur, et suggèrent de nouvelles suites de pensées, quand on les regarde dans une nouvelle version anglaise, ou dans une traduction en latin, en français, en allemand, etc. Même ceux qui savent se servir des langues originales le constatent, car en regardant l’hébreu ou le grec, on est très porté à regarder en réalité, à travers lui, la version anglaise familière, comme si elle était écrite en dessous. Et puis, par tous les moyens, examinez les meilleurs commentaires accessibles ; non pas ceux qui font des remarques sur le texte et s’étendent sur ses enseignements, mais ceux qui en expliquent soigneusement le sens exact.1. Interpret grammatically. Endeavor to ascertain the precise meaning of the words and phrases used in the text. Inquire whether any of them have a peculiar sense in Scripture, and whether such peculiar sense holds in this passage. If there are key-words in the text, or words of special importance, examine, by the help of a Concordance, other passages in which such word is employed. This is best done in the original, because our version will often have the same word where the Hebrew or Greek is different, and the same Greek or Hebrew word will be used in important passages where our version renders differently. There are admirable Concordances of the Hebrew and the Greek, and where these are not in possession, the Lexicons of those languages will give many references, frequently all. In cases of special importance, able men not acquainted with the originals have found it useful to employ the Englishman’s Greek Concordance of the N. T., and the Englishman’s Hebrew Concordance of the O. T. In the New Test., the Index to Winer’s Grammar will show whether he has explained any grammatical constructions in the text. The best translations into our own or other languages will often throw light on the text, or raise questions as to its meaning which we may find it useful to pursue. Familiar passages often assume great freshness, and suggest new trains of thought, when looked at in a new English Version, or a translation into Latin, French, German, etc. Even those who can use the original languages find this true, because one is so apt when looking at the Hebrew or Greek to be really looking through it at the familiar English version, as if written underneath. And then by all means examine the best accessible Commentaries, not such as remark upon the text, and enlarge upon its teachings, but such as carefully explain the exact meaning.

Cette étude grammaticale du texte ne saurait guère être trop minutieuse ni trop prolongée. Whately disait : « Avant d’écrire votre sermon, regardez votre texte au microscope » ; et Shedd remarque avec justesse : « Chaque parcelle de soin mise d’abord à obtenir un excellent texte, puis à atteindre et à faire ressortir son sens réel et sa portée, contribue à rendre plus facile et plus heureuse la construction et la composition effectives du sermon. Le travail fait sur ce point épargne du travail sur tous les points suivants. »This grammatical study of the text can scarcely be made too minute or protracted. Whately used to say, “Before writing your sermon, look at your text with a microscope,” and Shedd justly remarks: “Every particle of care in first obtaining an excellent text and then getting at, and getting out, its real meaning and scope, goes to render the actual construction and composition of the sermon, more easy and successful. Labor at this point saves labor at all after points.”

2. Interprétez logiquement. L’enchaînement de pensée dans lequel se trouve un texte jettera évidemment de la lumière sur son sens, et il est d’ordinaire indispensable pour le comprendre. Cet enchaînement logique sera parfois, en réalité, le livre entier auquel appartient le texte. Il y a très peu de phrases, dans l’Épître aux Hébreux ou dans les onze premiers chapitres de l’Épître aux Romains, qu’on puisse comprendre pleinement sans avoir à l’esprit tout l’argument de l’épître. Sans doute cela n’est-il pas aussi frappant pour la plupart des livres, mais chacun d’eux a son contenu, son enchaînement et son caractère distinctifs. Il est peu de choses qu’on doive recommander avec autant d’insistance à celui qui étudie l’Écriture que d’en étudier habituellement les livres en tenant compte de leur enchaînement d’ensemble. Il pourra alors examiner minutieusement un texte particulier en connaissant exactement sa place générale et son entourage. Mais, en un sens plus restreint, il y a un contexte, qui s’étendra de quelques versets à quelques chapitres avant et après le texte, et dont le prédicateur ne doit pas seulement avoir une connaissance générale, mais qu’il doit examiner spécialement en examinant son texte ; et il faut résister à la tendance commune à s’imaginer que ce contexte commence ou finit avec le chapitre où se trouve le texte. L’étendue à donner à cette étude du contexte sera évidemment très différente selon les cas ; mais il n’est guère de textes pour lesquels on puisse à bon droit la négliger entièrement. Partout où cela est possible, le contexte, aussi bien que le texte, doit absolument être lu dans les langues originales, ou à l’aide des autres secours recommandés dans la règle précédente. Dans un grand nombre de cas, il existe un intéressant rapport verbal entre le texte et quelque phrase placée un peu avant ou un peu après, rapport qu’obscurcissent les conditions nécessaires de la traduction, ou l’extrême penchant de notre version anglaise à varier la traduction là où l’original a le même mot. Il faut remarquer qu’outre l’importance d’étudier l’enchaînement logique pour comprendre à fond le texte, un exposé du contexte forme souvent une bonne introduction au sermon, et parfois une introduction nécessaire.2. Interpret logically. The connection of thought in which a text stands will of course throw light upon its meaning, and is usually indispensable to understanding it. This logical connection will sometimes really be the entire book to which the text belongs. There are very few sentences in Hebrews, or in the first eleven chapters of Romans, which can be fully understood without having in mind the entire argument of the Epistle. Of course this is not so strikingly true in most of the books, but each of them has its own distinctive contents, connection and character. Few things are to be so earnestly urged upon the student of Scripture, as that he shall habitually study its books with reference to their whole connection. Then he can minutely examine any particular text with a correct knowledge of its general position and surroundings. But in a narrower sense there is a context, which will embrace from a few verses to a few chapters, before and after the text, and of which the preacher should not only have a general knowledge, but should make special examination, when examining his text; and we must resist the common tendency to imagine that this context begins or ends with the chapter in which the text stands. The extent to which such study of the context should be carried, will of course be very different in different cases; but there are scarcely any texts with reference to which it can with propriety be entirely neglected. Wherever it is practicable, the context, as well as the text, should by all means be read in the original languages, or with such other helps as are recommended under the foregoing rule. In a great number of cases there is an interesting verbal connection between the text and some sentence a little before or after it, which is obscured by the necessary conditions of translation, or by the extreme fondness of our English Version for varying the translation where the original has the same word. It should be remarked that besides the importance of studying the logical connection in order to a thorough understanding of the text, an exposition of the context often forms a good, and sometimes a necessary, introduction to the sermon.

3. Interprétez historiquement. Indépendamment de l’enchaînement logique du discours où se trouve un texte, on peut souvent tirer un secours important de la connaissance historique générale. Dans les récits, qui forment la plus grande partie de l’Écriture, nous avons constamment besoin d’observer des faits de géographie qui jetteraient de la lumière sur le texte. De même pour les mœurs et coutumes des Juifs et des autres nations qui paraissent dans l’histoire sacrée. Tout cela est évident, bien que ces secours pour comprendre les textes soient rarement employés avec toute la diligence voulue. Mais il y a aussi beaucoup à apprendre en tenant compte des opinions et de l’état d’esprit des personnes auxquelles un texte s’adresse. Il nous faut nous rappeler les relations entre celui qui parle ou écrit et ceux qu’il a spécialement en vue. Pour cela, nous ne devons pas seulement connaître les relations antérieures entre les parties, comme dans le cas des épîtres de Paul, mais nous devons nous efforcer de découvrir quelles erreurs ou quels maux existaient parmi eux, que le docteur inspiré cherche ici à corriger. On peut souvent le déduire du livre lui-même. On n’aurait jamais eu à s’inquiéter de la prétendue contradiction entre Paul et Jacques au sujet de la justification, si l’on avait fait attention aux erreurs théoriques et pratiques que visent respectivement l’un et l’autre. Dans le cas des enseignements de notre Seigneur, on peut apprendre beaucoup des Évangiles, ainsi que des écrits juifs et des ouvrages modernes fondés sur eux, au sujet des fausses notions et des mauvaises pratiques qui existaient chez les Juifs, et auxquelles ses paroles se rapportent souvent de façon très directe et très précise. Au sujet, par exemple, du divorce, des serments, du sabbat ou du devoir de payer le tribut, ses enseignements seront imparfaitement saisis si nous ne comprenons pas les abus pratiques et les vives controverses qui existaient parmi ses auditeurs sur ces sujets. Sur ces points, les meilleurs commentaires donnent quelques renseignements. Ou, pour prendre un exemple d’un autre genre, les paroles : « Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire » (Jean 6:44), ne furent pas prononcées comme une simple affirmation didactique générale, et encore moins adressées à des chercheurs humbles et inquiets ; elles visaient une foule entièrement dépourvue de spiritualité, qui le suivait non par des motifs élevés, mais par simple exaltation fanatique et dans l’espoir de continuer à être nourrie sans travailler — des gens qui se disaient ses disciples et parlaient de le forcer à se faire roi. Le souvenir de tout cela n’affaiblit pas la force de ce qu’il a dit, mais il nous aide à apprécier le but précis qu’il avait à ce moment-là, et nous donne un exemple important quant à l’adaptation de la doctrine. Plus on s’applique à ce sujet, plus on risque d’être convaincu que presque tout dans le Nouveau Testament, comme beaucoup de choses dans l’Ancien, est en réalité polémique dans son dessein particulier, et que nous devons constamment rechercher quelles erreurs ou quelles mauvaises pratiques sont visées, afin d’apprécier la portée précise donnée, dans un texte quelconque, aux principes qu’il peut contenir, ainsi que les modifications d’énoncé qui peuvent être nécessaires (mutatis mutandis) lorsqu’on oriente ces principes vers de nouvelles applications.3. Interpret historically. Apart from the logical connection of discourse in which a text is found, there is often important aid to be derived from general historical knowledge. In the narratives, which make up the larger part of Scripture, we have constant need of observing facts of Geography, which would throw light on the text. So as to the Manners and Customs of the Jews, and other nations who appear in the sacred story. Thus much is obvious, though these helps for understanding texts are seldom used as diligently as they should be. But there is also much to be learned by taking account of the opinions and state of mind of the persons addressed in a text. We need to remember the relations between the speaker or writer and those whom he has specially in view. In order to this, we must not merely know the previous relations of the parties, as in the case of Paul’s Epistles, but must endeavor to ascertain what errors or evils existed among them which the inspired teacher is here aiming to correct. This can often be gathered from the book itself. No trouble need ever have been felt as to the supposed contradiction between Paul and James with regard to justification, if attention had been paid to the theoretical and practical errors at which they are respectively aiming. In the case of our Lord’s teachings, much may be learned from the Gospels, and also from the Jewish writings, and the modern works founded on them, concerning the wrong notions and evil practices existing among the Jews, and to which his sayings have often a very direct and specific reference. With respect, for example, to divorce, to oaths, to the Sabbath, or to the duty of paying tribute, his teachings will be imperfectly apprehended unless we understand the practical abuses and vehement controversies which existed among his hearers as to those subjects. On such points the best Commentaries give some information. Or, to take a different kind of example, the words “No man can come to me, except the Father which hath sent me draw him” (John 6:44), were not spoken as a mere general, didactic utterance, much less were they addressed to humble and anxious inquirers, but were aimed at an utterly unspiritual rabble, who were following him not from any elevated motives, but from mere fanatical excitement, and in the hope of continuing to be fed without working for it — who called themselves his disciples, and talked about forcing him to set up for king. The recollection of all this does not weaken the force of what he said, but it helps us to appreciate his specific aim at the moment, and gives us an important example as to the adaptation of doctrine. The more one attends to the subject the more he is likely to become convinced, that almost everything in the New Testament, as well as much in the Old, is really controversial in its specific design, and that we must constantly inquire what errors or evil practices are aimed at, in order to appreciate the precise bearing given, in any text, to the principles it may contain, and the modifications of statement which may be necessary (mutatis mutandis) in turning these principles towards new applications.

4. Interprétez au sens figuré quand il y a une raison suffisante. Partout où il est clair, par la nature du cas, par l’enchaînement, ou par des expressions exactement semblables dans d’autres passages, que le sens littéral n’est pas voulu, nous devons entendre au sens figuré. Dans le langage de l’Écriture, comme dans tout autre langage, la présomption est en faveur du sens littéral. Écarter comme figuré tout ce qui paraît heurter des préjugés doctrinaux, des notions fantaisistes et des sentiments maladifs en matière de morale ou d’esthétique, ou des inférences hâtives tirées de faits scientifiques imparfaitement établis, c’est se jouer de ce que nous reconnaissons comme une révélation faisant autorité. Pourtant, il y a dans l’Écriture beaucoup de choses clairement figurées, et beaucoup plus encore qui, à la lumière de l’usage d’autres passages de l’Écriture, pourraient si aisément être entendues ainsi, que nous devons nous garder de bâtir des théories importantes sur leur sens littéral. Cela est particulièrement vrai des prophéties de choses encore à venir, où il est nécessairement très difficile de distinguer d’avance le littéral du figuré, bien que l’accomplissement doive un jour le rendre manifeste. Et rappelez-vous que le langage peut être hautement figuré sans être fictif. Assurez-vous seulement de ce que les figures de l’Écriture étaient destinées à signifier, et ce sens est aussi certainement vrai que s’il était énoncé en termes simples. Ainsi le « feu qui ne s’éteint point » peut être appelé une figure, si l’on veut ; mais il signifie assurément qu’il y aura en enfer quelque chose d’aussi terrible que le feu, quelque chose d’aussi torturant que l’est le feu pour le corps terrestre ; bien plus, la réalité de l’enfer, comme celle du ciel, dépasse sans doute de beaucoup les images les plus saisissantes que les choses terrestres puissent fournir.4. Interpret figuratively, where there is sufficient reason. Wherever it is clear, from the nature of the case, from the connection, or from precisely similar expressions in other passages, that the literal sense is not designed, then we must understand figuratively. In the language of Scripture, as in all other language, the presumption is in favor of the literal sense. To explain away as figurative whatever seems to conflict with doctrinal prejudices, or with fanciful notions and morbid feelings as to ethics or aesthetics, or with hasty inferences from imperfectly established scientific facts, is to trifle with that which we acknowledge as an authoritative revelation. Still, there is very much in Scripture that is clearly figurative; and very much more which might so readily be thus understood, in the light of other Scripture usage, that we ought to be careful about building important theories upon its literal sense. This is especially true as regards prophecies of things yet to come, in which it is of necessity quite difficult to distinguish beforehand between literal and figurative, though the fulfilment will some day make it plain. And remember that language may be highly figurative without being fictitious. Only ascertain what the figures of Scripture were designed to mean, and that meaning is as certainly true as if stated in plain words. Thus the “fire that cannot be quenched” may be called a figure, if you choose; yet it assuredly means that in hell there will be something as bad as fire, something as torturing as fire is to the earthly body — nay, the reality of hell, as well as of heaven, does no doubt greatly transcend the most impressive imagery that earthly things can afford.

5. Interprétez au sens allégorique quand cela est clairement à propos. Nous ne pouvons pas tenir pour acquis qu’un passage a un sens allégorique, ou prétendu « spirituel », simplement parce que cette idée plaît à notre imagination ou sert notre commodité. Il faut avoir de bonnes raisons de le penser. Ce que le Nouveau Testament emploie ainsi est certainement allégorique ; tout ce qui est exactement semblable aux choses ainsi employées dans le Nouveau Testament est très probablement allégorique. Au-delà, nous n’avons sûrement aucun droit d’aller. Nous pouvons tirer des illustrations, nos propres illustrations, des choses spirituelles, peut-être de tout ce que contiennent l’histoire, les prophéties et les proverbes de l’Écriture, comme nous pouvons en tirer de l’histoire profane et de la nature ; mais nous n’avons pas plus le droit de présenter les premières comme une interprétation que les secondes. Joseph fournit, à certains égards, une bonne illustration du Christ ; et de même cet Athénien qui leva devant le peuple son bras mutilé pour plaider en faveur de son frère. Pourquoi donc, simplement parce que nous pouvons tirer une illustration du cas de Joseph, l’appellerions-nous un « type » du Christ ? De plus, de ce que certaines choses des rites lévitiques, de l’histoire de Josué, de David ou de Cyrus, des Proverbes de Salomon ou du livre d’Ésaïe ont, outre leur sens naturel, une référence allégorique au Christ, il ne s’ensuit pas que tout ce qui s’y trouve ait une telle référence. Sur tout ce sujet, il faut éviter les extrêmes ; et ce serait, semble-t-il, une bonne règle pour la prédication que, si l’on peut alléguer comme probables, au cours d’un discours, des sens allégoriques probables, on ne prenne pour texte aucun sens allégorique qui ne résulte d’une interprétation clairement fondée sur l’usage de l’Écriture. Et deux choses méritent d’être soigneusement gardées à l’esprit. La manie de « spiritualiser » fait que beaucoup négligent, ou délaissent en pratique, les leçons extrêmement variées et précieuses sur la Providence divine et le devoir humain que fournissent les passages pris dans leur sens naturel. Ceux qui tiennent à faire de Joseph un type du Christ oublient souvent de présenter à leurs auditeurs son exemple intéressant et saisissant de foi ferme en Dieu au milieu d’une adversité écrasante et d’une prospérité soudaine, de résistance à une tentation puissante parce que céder serait « pécher contre Dieu », de sage affection dans ses rapports avec sa parenté, et ainsi de suite. Il en est ainsi dans mille cas, et c’est là un moyen de trouver une compensation à la perte qui résulte de l’abandon de la spiritualisation effrénée. L’autre considération est que beaucoup de passages qui ne peuvent être interprétés, dans la mesure où nous sommes autorisés à aller, que dans leur sens naturel, peuvent fournir un enseignement abondant sur des choses proprement spirituelles, en ce que le principe qu’ils contiennent, ou l’analogie qu’ils présentent, peut être appliqué ou étendu par nous à quelque chose de spirituel ; ce que nous faisons sous notre propre responsabilité, mais avec l’appui d’une convenance manifeste et d’autres passages.5. Interpret allegorically, where that is clearly proper. We cannot take it for granted that any passage has an allegorical, or so-called “spiritual” sense, merely because the notion suits our fancy, or would promote our convenience. There must be good reason to think so. Whatever the New Testament so uses, is certainly allegorical; whatever else is precisely similar to matters so used in the New Testament, is very probably allegorical. Farther than this, we have surely no right to go. We may derive illustration, our own illustration, of spiritual things from perhaps everything in Scripture history, prophecies and proverbs, as we may from profane history and from nature; but we have no more right to present the former as interpretation, than the latter. Joseph furnishes a good illustration, in certain respects, of Christ; and so does the Athenian, who held up his mutilated arm before the people to plead for his brother. Why then, merely because we can draw illustration from the case of Joseph, shall we call him a “type” of Christ? Moreover, because some things in the Levitical rites, the history of Joshua, David or Cyrus, the Proverbs of Solomon, or the book of Isaiah, have in addition to their natural sense, an allegorical reference to Christ, it does not follow that everything comprised therein has such a reference. As to the whole subject, we must avoid extremes; and it would seem to be a good rule as to preaching, that while probable allegorical meanings may be adduced, as probable, in the progress of a discourse, no allegorical meaning shall be taken as a text, which does not result from an interpretation having clear warrant in Scripture usage. And two things deserve to be carefully borne in mind. The rage for “spiritualizing” causes many to overlook, or practically neglect, the exceedingly varied and valuable lessons as to Divine Providence and human duty which are afforded by passages in their natural sense. Those who insist on making Joseph a type of Christ, are apt never to hold up before their hearers his interesting and impressive example, of steadfast faith in God amid crushing adversity and sudden prosperity, of resistance to powerful temptation because yielding would be to “sin against God,” of wise affection in dealing with his kindred, and the like. So in a thousand instances, and there is here one way in which compensation may be found for the loss arising from the abandonment of wild spiritualizing. The other consideration is, that many passages which can be interpreted only, so far as we have warrant to go, in a natural sense, may yield copious instruction as to properly spiritual things, in that the principle they contain, or the analogy they present, may be by us applied or extended to something spiritual — this being done on our own responsibility, yet sustained by manifest propriety, and by other passages.

6. Interprétez en accord avec les enseignements généraux de l’Écriture, et non contrairement à eux. Ces enseignements sont harmonieux, et peuvent être réunis en un tout symétrique. Si un passage peut avoir deux sens, à cause de l’ambiguïté de quelque mot ou de quelque construction, ou du doute sur le caractère figuré de quelque expression, etc., nous devons alors choisir celui qui s’accorde avec ce que la Bible enseigne clairement en général, plutôt que celui qui ferait que la Bible se contredise. C’est un grave abus de ce principe — bien qu’il soit souvent pratiqué — que d’imposer à un passage un sens que ses mots et ses constructions n’admettent pas grammaticalement, afin qu’il donne le sens exigé par notre système. Mais entre les sens grammaticalement possibles, nous sommes obligés de choisir d’après quelque principe, et assurément un principe important à considérer est que les enseignements de l’Écriture doivent être cohérents. Là où les probabilités grammaticales sont à peu près égales, une préférence relativement légère à cet égard doit faire pencher la balance ; et même un sens beaucoup moins probable — pourvu qu’il soit grammaticalement possible et appuyé par quelque usage correspondant de la langue — peut être préféré à un sens plus probable et plus commun, si le premier s’accorde parfaitement avec les enseignements généraux reconnus de l’Écriture et si le second les heurte gravement. Pour appliquer ce principe avec justesse et sûreté, il est manifestement nécessaire que nous y apportions, non des vues étroites et hâtives sur l’enseignement de l’Écriture, mais les résultats d’une étude large, réfléchie et pieuse de la théologie biblique.6. Interpret in accordance with, and not contrary to, the general teachings of Scripture. These teachings are harmonious, and can be combined into a symmetrical whole. If a passage may have two senses, owing to the ambiguity of some word or construction, to the doubt whether some expression is figurative, etc., then we must choose one which accords with what the Bible in general plainly teaches, rather than one which would make the Bible contradict itself. It is a gross abuse of this principle — though one often practised — to force upon a passage some meaning which its words and constructions do not grammatically admit of, in order that it may give the sense required by our system. But between possible grammatical meanings we are compelled to choose upon some principle, and certainly one important principle to be considered is that the teachings of Scripture must be consistent. Where the grammatical probabilities are pretty evenly balanced, a comparatively slight preference in the respect mentioned must turn the scale; and even a much less probable sense — provided it be grammatically possible, and sustained by some corresponding usage of language — may be preferred to a more probable and common sense, if the former would perfectly accord, and the latter would grossly conflict, with the acknowledged general teachings of Scripture. In order to apply this principle with propriety and safety, it is manifestly necessary that we should bring to bear no narrow and hasty views of Scripture teaching, but the results of a wide, thoughtful, and devout study of Biblical Theology.

L’examen attentif des « références » de l’Écriture, quand on étudie un texte, est une chose de grande importance. Elles aideront souvent dans la partie grammaticale de l’interprétation, en montrant comment les mêmes mots et les mêmes expressions sont employés ailleurs ; et dans la partie historique, en montrant comment le même sujet a été présenté en des circonstances différentes, ou quel était l’état particulier des choses dans lequel le texte a été prononcé. Elles peuvent aussi nous aider, en présentant des usages parallèles ou analogues de l’Écriture, à déterminer si des expressions du texte doivent être prises au sens figuré ou au sens allégorique ; et il est des cas où même quelques autres passages exposeront assez les enseignements généraux de l’Écriture sur le sujet que touche le texte pour aider à choisir entre les sens possibles de son langage. De plus, les passages de « référence » fourniront très souvent des matériaux utiles pour le corps du sermon, en nous suggérant de nouveaux aspects, de nouvelles preuves, illustrations ou applications du sujet traité. Le jeune prédicateur devrait se faire une règle fixe de consulter les références de son texte ; et bien des hommes et des femmes sont devenus « puissants dans les Écritures » par l’usage diligent des références dans leur lecture quotidienne.The careful examination of Scripture “references” in studying a text, is a matter of great importance. These will often help in the grammatical part of interpretation, by showing how the same words and phrases are elsewhere employed; and in the historical, by showing how the same subject was presented under different circumstances, or what was the peculiar state of things in which the text was uttered. They may also assist us, by presenting parallel or analogous Scripture usage, in determining whether expressions of the text ought to be taken as figurative, or as allegorical; and there are cases in which even a few other passages will so far set forth the general teachings of Scripture on the subject involved in the text, as to be of service in choosing among the possible meanings of its language. Moreover, the “reference” passages will very often furnish useful material for the body of the sermon, suggesting to us new aspects, proofs, illustrations or applications of the subject treated. The young preacher should make it a fixed rule to consult the references to his text; and many men and women have become “mighty in the Scriptures,” by the diligent use of references in their daily reading.

2. Les matériaux de la prédication : l’explication et l’illustration2. The Materials of Preaching: Explanation and Illustration

John A. Broadus, A Treatise on the Preparation and Delivery of Sermons, première édition (Philadelphie, 1870), partie I, chapitre V, « Matériaux particuliers : l’explication », début et § 1, et chapitre VII, « L’illustration », §§ 1–3. Texte de la première édition de 1870 (le texte propre de Broadus). Abrégé ; les omissions sont signalées par […]. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John A. Broadus, A Treatise on the Preparation and Delivery of Sermons, first edition (Philadelphia, 1870), part I, chapter V, “Special Materials — Explanation,” opening and § 1, and chapter VII, “Illustration,” §§ 1–3. Text of the 1870 first edition (Broadus’s own text). Abridged; omissions are marked […]. Primary source; the interpretations are the author’s.

Note du STC : Broadus distingue quatre sortes de matériaux particuliers du sermon : l’explication, l’argumentation (la preuve), l’illustration et l’application. Le recueil de lectures de ce cours ne contient que ses chapitres sur l’explication et l’illustration. Son chapitre sur l’argumentation n’est pas inclus, et l’application paraît dans son étude de la conclusion du sermon (chapitre 3 de ce manuel). Ses exemples tirés de la science et des journaux reflètent le XIXe siècle. Ce chapitre suit la première édition de Broadus, de 1870, où l’explication et l’illustration forment les chapitres V et VII. Les passages qui ne figurent que dans la révision de 1898 due à E. C. Dargan, comme ceux qui citent les Conférences de Yale de Beecher (1872), ne sont pas inclus.CTS note: Broadus names four kinds of special materials for sermons: explanation, argument (proof), illustration and application. The source reader for this course contains his chapters on explanation and illustration only. His chapter on argument is not included, and application appears in his treatment of the sermon’s conclusion (chapter 3 of this textbook). His examples from science and the newspapers reflect the nineteenth century. This chapter follows Broadus’s 1870 first edition, where explanation and illustration are chapters V and VII. Passages found only in the 1898 revision by E. C. Dargan, such as those quoting Beecher’s Yale Lectures (1872), are not included.

Partie I, chapitre V. Matériaux particuliers : l’explicationPart I, Chapter V. Special Materials — Explanation

Les matériaux de la prédication sont évidemment sans limites. Les recueillir en général, par l’observation, la lecture et la réflexion, puis les choisir et les adapter au dessein de chaque discours particulier, telle est la grande tâche du prédicateur. Et non seulement la nature des matériaux, mais aussi la manière de les traiter, doit varier à l’infini selon le dessein du sermon. Mais certaines classes particulières de matériaux sont d’une telle importance, et leur bon traitement d’une telle difficulté, qu’elles justifient une étude à part. Les classes choisies ici à cette fin, et traitées dans des chapitres successifs, sont les matériaux de l’explication, de la preuve, de l’illustration et de l’application. Ce n’est pas présenté comme une classification scientifique des matériaux. Elle est loin de les embrasser tous, et ses divisions empiètent parfois les unes sur les autres. Ainsi l’illustration peut servir à expliquer, à prouver ou à impressionner ; l’application peut embrasser l’explication, la preuve et la persuasion ; et certains procédés qu’on range toujours sous l’explication, comme la narration et la description, sont souvent employés en même temps, et même principalement, à d’autres fins que l’explication. Mais on pense qu’une classification scientifique serait ici moins utile que l’étude pratique de certains buts principaux d’après lesquels le prédicateur doit trouver et traiter ses matériaux.The materials of preaching are obviously boundless. To collect in general, by observation, reading and reflection, and then to select and adapt to the design of each particular discourse, is the preacher’s great task. And not only the character of the materials, but the method of handling them, must vary indefinitely, according to the design of the sermon. But certain special classes of materials are of such importance, and their proper treatment of such difficulty, as to justify a separate discussion. The classes here selected for that purpose, and treated in successive chapters, are the materials of Explanation, of Proof, of Illustration, and of Application. This is not presented as a scientific classification of materials. It by no means embraces all, and its departments sometimes overlap. Thus illustration may be employed to explain, to prove, or to impress; application may embrace explanation, proof, and persuasion; and certain processes which are always classed under explanation, as narration and description, are often used at the same time, and even mainly, for other than explanatory ends. But it is thought that a scientific classification would here be less useful than the practical discussion of certain leading objects according to which the preacher must invent and handle his materials.

Il y a dans la prédication un besoin très fréquent d’explication. De nombreux passages de l’Écriture ne sont pas compris, ou sont même mal compris, par nos auditeurs ; et beaucoup se sont tellement habitués à les passer sous silence qu’ils ne se rendent plus compte qu’ils présentent quelque difficulté. Certaines des doctrines les plus importantes de la Bible sont en général très imparfaitement comprises ; ceux qui les reçoivent ont besoin d’idées plus claires sur ce qu’ils font profession de croire, et ceux qui les combattent s’opposent souvent en réalité à quelque chose de très différent de la vraie doctrine. Le plan du salut est rarement compris tant qu’on n’est pas réellement disposé à s’y conformer, de sorte qu’il se présente constamment une nouvelle occasion de répondre à la grande question : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? » Et mille questions sur ce qui est vrai et ce qui est juste dans la conduite pratique de la vie embarrassent les âmes pieuses et appellent une explication. La prédication ne doit pas être seulement convaincante et persuasive, mais éminemment instructive. Nous accablons souvent les hommes d’arguments et d’appels, alors qu’ils ont bien plus besoin d’explications pratiques et simples sur ce qu’il faut faire et sur la manière de le faire. Et même si certaines personnes présentes nous ont entendus expliquer à plusieurs reprises certaines questions importantes, nous ne devons pas oublier qu’il y en a d’autres — des enfants qui grandissent, des étrangers qui arrivent, des convertis qui entrent dans l’Église — pour qui de telles explications seront nouvelles et au plus haut point nécessaires.There is in preaching very frequent need of Explanation. Numerous passages of Scripture are not understood, or are even misunderstood, by our hearers; and many have become so accustomed to passing over these, as to be no longer aware that they present any difficulty. Some of the most important doctrines of the Bible are in general very imperfectly understood; those who receive them need clearer views of what they profess to believe, and those who object to them are often in fact objecting to something very different from the real doctrine. The plan of salvation is seldom comprehended till one is really willing to conform to it, so that there is constantly arising new occasion for answering the great question, “What must I do to be saved?” And a thousand questions as to what is true and what is right in the practical conduct of life, perplex devout minds, and call for explanation. Preaching ought to be not merely convincing and persuasive, but eminently instructive. We often belabor men with arguments and appeals, when they are much more in need of practical and simple explanations, as regards what to do, and how to do it. And while some persons present may have repeatedly heard us explain certain important matters, we must not forget that there are others, children growing up, strangers moving in, converts entering the church, to whom such explanations will be new, and are in the highest degree necessary.

Mais c’est justement ici que le ministre inexpérimenté peut tirer profit de quelques avertissements tout simples. N’essayez pas d’expliquer ce qui n’est pas certainement vrai. On trouve parfois une grande difficulté à mettre au point l’explication d’un prétendu fait ou principe, parce qu’en réalité il n’est pas vrai. N’entreprenez pas d’expliquer ce que vous ne comprenez pas. Oh ! l’insupportable lassitude d’écouter un homme qui fait cela ! Et dans la prédication comme ailleurs, cela arrive si souvent que ce serait ridicule si ce n’était lamentable. Comment la ménagère peut-elle cuire ce qui n’a jamais été pris ? Comment le prédicateur peut-il expliquer ce qu’il ne comprend pas ? N’essayez jamais d’expliquer ce qui ne peut être expliqué. Certaines choses enseignées dans la Bible sont, dans leur essence, incompréhensibles ; par exemple, la nature de la Trinité, ou la coexistence de l’absolue prédestination divine avec la liberté et la responsabilité humaines. En pareil cas, il est très important d’expliquer exactement ce que les Écritures enseignent réellement, afin de dissiper les malentendus ; et il peut valoir la peine de présenter quelques analogies lointaines tirées d’autres sphères de l’existence, afin de diminuer peut-être la répugnance de l’auditeur à recevoir la doctrine ; mais les tentatives pour expliquer la difficulté essentielle doivent nécessairement échouer, et l’échec provoquera une réaction qui ne fera que fortifier le doute et l’opposition. Ne perdez pas de temps à expliquer ce qui n’a pas besoin d’explication. Un exemple frappant est la nature de la foi. Les hommes se plaignent souvent de ne pas comprendre ce que c’est réellement que croire, et les prédicateurs s’efforcent constamment de l’expliquer. Mais la plainte n’est en bien des cas qu’une simple excuse pour refuser ou pour différer, et la vraie difficulté est dans tous les cas un manque de disposition à croire. Les explications élaborées ne diminuent pas cette mauvaise disposition ; elles ne font que fortifier la prétendue excuse, et peuvent même embarrasser celui qui cherche avec inquiétude, en lui donnant l’idée qu’il y a quelque chose de très mystérieux dans la foi, alors qu’elle est en fait si simple qu’elle ne se prête pas à l’explication. Notre devoir principal est de dire au peuple ce qu’il doit croire et pourquoi il doit le croire.But just here the inexperienced minister may profit by several homely cautions. Do not attempt to explain what is not assuredly true. One sometimes finds great difficulty in working out an explanation of a supposed fact or principle, because it is really not true. Do not undertake to explain what you do not understand. Oh the insufferable weariness of listening to a man who does this! And in preaching as well as elsewhere, it happens so often as to be ridiculous, if it were not mournful. How can the housewife cook what has never been caught? How can the preacher explain what he does not understand? Never try to explain what cannot be explained. Some things taught in the Bible are in their essence incomprehensible; as, for example, the nature of the Trinity, or the coexistence of absolute Divine predestination with human freedom and accountability. In such a case it is very important to explain just what the Scriptures really do teach, so as to remove misapprehensions; and it may sometimes be worth while to present any remote analogies in other spheres of existence, so as perhaps to diminish the hearer’s unwillingness to receive the doctrine; but attempts to explain the essential difficulty must necessarily fail, and the failure will react so as only to strengthen doubt and opposition. Do not waste time in explaining what does not need explanation. A conspicuous instance is the nature of faith. Men frequently complain that they do not understand what it really is to believe, and preachers are constantly laboring to explain. But the complaint is in many cases a mere excuse for rejection or delay, and the real difficulty is in all cases a lack of disposition to believe. Elaborate explanations do not lessen this indisposition, do but strengthen the supposed excuse, and may even embarrass the anxious inquirer with the notion that there is something very mysterious about faith, when it is in fact so simple as not to admit of being explained. Our main duty is to tell the people what to believe, and why they should believe it.

§ 1. L’explication des textes§ 1. Explanation of Texts

Expliquer les Écritures semblerait être parmi les fonctions premières du prédicateur. Et il y aura souvent l’occasion d’expliquer, non seulement le texte du sermon, mais divers autres passages de l’Écriture introduits dans le développement. Le pouvoir de rendre ces explications attrayantes, en même temps que claires, dépendra évidemment beaucoup de la tournure d’esprit du prédicateur. Mais les plus doués pour cette tâche importante doivent chercher à progresser constamment, et ceux qui y éprouvent une grande difficulté doivent faire des efforts diligents et pleins d’espoir pour la surmonter. Quelle œuvre plus noble y a-t-il que celle d’« ouvrir » les Écritures, comme le fit Paul à Thessalonique ? (Actes 17.3.)To explain the Scriptures would seem to be among the primary functions of the preacher. And there will often be occasion to explain, not merely the text of the sermon, but various other passages of Scripture which may be introduced into the discussion. The power of making such explanations attractive as well as clear, will of course depend largely upon the preacher’s turn of mind. But the most gifted in respect of this important task should seek constant improvement, and they who have great difficulty must put forth diligent and hopeful efforts to overcome it. What nobler work than that of “opening” the Scriptures, as Paul did at Thessalonica? (Acts 17:3.)

L’exégèse des textes, en tant que processus par lequel le prédicateur parvient lui-même à les comprendre, a déjà retenu notre attention. L’exégèse en chaire, ou exposition, est à certains égards une chose différente. Nous avons ici, sauf dans des cas exceptionnels, à présenter des résultats et non des procédés. Nous devons omettre diverses choses qui nous ont peut-être beaucoup intéressés nous-mêmes, parce qu’elles n’intéresseraient pas le peuple ou ne se rapportent pas à l’objet du présent discours. Certains prédicateurs se permettent, dans l’introduction du sermon ou dans une digression, de longues explications sur quelque point d’un passage, ou de son contexte, qui n’a aucun rapport avec leur sujet, et nuisent ainsi à l’unité et dispersent l’attention. Il ne doit évidemment y avoir aucun étalage de connaissance des langues originales, et il ne doit pas y avoir non plus une crainte maladive d’être accusé d’un tel étalage. On peut mentionner les commentaires si le peuple en connaît quelque chose et en serait plus facilement satisfait, ou s’il est souhaitable de lui faire connaître de bons auteurs populaires. Répéter des listes de noms étranges et ronflants en faveur de telle ou telle interprétation est toujours inutile, et c’est en général un bien pitoyable étalage d’érudition à bon marché, qu’avec l’aide de certains livres on peut fabriquer de seconde main en quelques minutes. On peut très facilement indiquer, sans aucun déploiement d’autorités, que c’est l’opinion des meilleurs auteurs, de quelques bons commentateurs, etc. L’essentiel est de prendre les résultats de la recherche la plus soigneuse dont nous soyons capables, d’en choisir les points appropriés et de les présenter clairement, brièvement et, si possible, d’une manière intéressante. Parfois le texte, ou un autre passage introduit, peut être expliqué amplement et admirablement en quelques mots ; mais ces mots ne viennent pas d’eux-mêmes : ils résultent d’une réflexion serrée et d’un choix soigneux des expressions. Parfois des passages peuvent être introduits dans un contexte tel que, sans un mot d’explication, ils prennent un sens et un prix nouveaux. C’est un défaut chez beaucoup de ministres capables que de négliger relativement d’introduire et d’expliquer les paroles appropriées de l’Écriture, qui à la fois donneraient et recevraient de la lumière. Et quoique les assemblées reculent devant l’exégèse élaborée ou devant les tentatives d’explication maladroites et fastidieuses, elles accueilleront toujours avec plaisir l’introduction heureuse et l’éclaircissement rapide et vivant de passages de la Parole de Dieu.The exegesis of texts, as the process by which the preacher himself comes to understand them, has already received our attention, Pulpit exegesis, or exposition, is in certain respects a different thing. We have here, save in exceptional cases, to present results and not processes. We must omit various matters, which have perhaps greatly interested ourselves, because they would not interest the people, or do not pertain to the object of the present discourse. Preachers sometimes allow themselves, in the introduction to the sermon or as a digression, to give long explanations of something in a passage or its connection, which has no bearing on their subject, and thus impairs unity, and distracts attention. There must of course be no parade of acquaintance with the original languages, and there should be no morbid fear of being charged with such parade. Commentaries may be mentioned if the people know something of them, and would thereby be more readily satisfied, or if it is desirable to bring good popular authors to their notice. To repeat lists of strange and high-sounding names in favor of this or that interpretation, is always useless, and is in general a very pitiful display of cheap erudition, which with the help of certain books may all be gotten up at second hand in a few minutes. One may very easily indicate, without any array of authorities, that this is the view of the best writers, of some good commentators, etc. The great matter is, to take the results of the most careful investigation in our power, select from them such points as are appropriate, and present these clearly, briefly, and if possible in such a way as to be interesting. Sometimes the text, or another passage introduced, may be amply and admirably explained by a few words; but such words do not come of themselves — they result from close thinking, and careful choice of expressions. Sometimes passages may be introduced in such a connection, as without a word of explanation to give them new meaning and preciousness. It is a fault in many able ministers, that they comparatively neglect to bring in and explain the apposite sayings of Scripture which would both give and borrow light. And however congregations may shrink from elaborate exegesis or bungling and tedious attempts to explain, they will always welcome the felicitous introduction, and quick, vivid elucidation of passages from God’s Word.

La narration a dans la prédication un caractère particulier. Les ouvrages récents de rhétorique la traitent presque exclusivement telle qu’on la pratique dans l’histoire écrite et autres genres semblables. Les auteurs anciens traitent de la narration oratoire, et sont donc plus utiles pour notre propos, bien qu’ils se rapportent surtout à la narration dans l’éloquence judiciaire. Le prédicateur, naturellement, narre en orateur, et traite principalement de l’histoire biblique. Un orateur doit toujours subordonner la narration à l’objet de son discours, à la conviction ou à la persuasion qu’il veut produire. Il ne doit pas développer ou s’étendre sur un récit simplement parce qu’il est intéressant en lui-même, ni suivre l’histoire pas à pas selon ses propres lois. « Dans les discours démonstratifs, la narration n’est pas continue, mais donnée par morceaux épars ; car il faut parcourir les actions dont naît le discours ; un discours est en effet une sorte de composé, dont une partie est indépendante de l’art, et l’autre partie naît de l’art. » C’est-à-dire que les faits sont indépendants de l’orateur, mais qu’il les divise et les présente selon son objet. « Pour cette raison, il y a des moments où l’on ne doit pas raconter chaque fait successivement, parce que ce mode d’exposition est difficile à retenir. Un genre de narration est trop simple ; l’autre a la grâce de la variété et n’est pas aussi dépourvu d’élégance. Mais ce qu’il faut faire, c’est réveiller le souvenir de faits bien connus ; c’est pourquoi beaucoup de sujets n’auront nul besoin de narration — si l’on veut, par exemple, faire l’éloge d’Achille, puisque tout le monde connaît ses actions —, mais il faut simplement se servir des actions sans les raconter. Si, au contraire, on veut faire l’éloge de Critias, il est nécessaire de raconter, car peu de gens connaissent ses exploits. »Narration has in preaching a peculiar character. Recent works on Rhetoric treat of it almost exclusively as practised in historical writing and the like. Ancient writers treat of oratorical narration, and are therefore more valuable for our purpose, though relating chiefly to the narrative in judicial oratory. The preacher of course narrates as a speaker, and deals mainly with Scripture history. A speaker must always subordinate narration to the object of his discourse, the conviction or persuasion which he wishes to effect. He must not elaborate or enlarge upon some narrative merely because in itself interesting, nor follow the story step by step, according to its own laws. “In demonstrative speeches the narration is not continuous, but given in scattered portions; for one must go over the actions out of which the speech arises; for a speech is a kind of compound, having one portion, indeed, independent of art, and another portion originating in art.” That is, the facts are independent of the speaker, but he breaks them up and presents them according to his object. “Owing to this, there are times when one ought not to narrate every fact successively; because this mode of exposition is difficult to remember. The one style of narration is too simple; the other has the grace of variety, and is not so void of elegance. But what you have to do is to awaken the recollection of facts well known; on which account many subjects will stand in no need of narration — supposing, for instance, you would praise Achilles, because all are acquainted with his actions — but you must simply use the actions without narration. If, on the other hand, one wishes to praise Critias, it is necessary to narrate; for not many are acquainted with his exploits.”

Ainsi, lorsque nous prêchons sur les personnages secondaires et moins connus de l’Écriture, il est tout à fait convenable de raconter tous les faits qui les concernent. Mais lorsqu’il s’agit d’un des grands personnages, nous devons choisir entre deux voies. Nous pouvons choisir les points saillants ou caractéristiques de son histoire, et les raconter de façon à faire ressortir les principales leçons de cette histoire, en introduisant les détails qui conviennent au but et en omettant rigoureusement tous les autres. On peut ainsi traiter commodément l’histoire de Joseph, de Job, de Jean-Baptiste. En pareil cas, chaque orateur mentionnera ou développera différentes parties de l’histoire selon son objet particulier ; comme le discours d’Étienne et celui de Paul à Antioche de Pisidie esquissent de façon très différente l’histoire d’Israël, et comme Paul, dans les deux discours où il raconte l’histoire de sa conversion, développe dans chacun certaines choses qui ne sont qu’effleurées dans l’autre, adaptant la narration au caractère et aux besoins de son auditoire. Mais il vaut généralement mieux choisir un seul événement de l’histoire de l’homme, ou un seul trait de son caractère, et ne raconter que ce qui s’y rapporte. En prêchant sur la douceur de Moïse, il y aurait lieu d’exposer brièvement les circonstances de sa formation et de sa carrière qui étaient particulièrement défavorables au développement de la douceur, puis de raconter, avec des touches vivantes, les principaux cas où sa douceur se manifesta, ainsi que ceux où elle fit momentanément défaut ; et le discours se terminerait convenablement par une application assez étendue de tout le sujet à nous-mêmes. De cette manière, l’histoire de Moïse serait reproduite de façon beaucoup plus saisissante que si l’on tentait d’en esquisser l’ensemble.And so when we preach with reference to the minor and less familiar personages of Scripture, it is proper enough to narrate all the facts concerning them. But when it is one of the great characters we must choose between two courses. We may select the salient or characteristic points of his history, and so narrate these as to exhibit the chief lessons of that history, introducing such details as are to the purpose, and rigorously omitting all others. Thus the history of Joseph, of Job, of John the Baptist, may be conveniently treated. In such a case, every speaker will mention or enlarge upon different parts of the history, according to his particular object; as Stephen’s speech, and that of Paul at Antioch in Pisidia, sketch very differently the history of Israel; and as Paul in the two speeches which tell the story of his conversion, expands in each of them certain matters which in the other are but slightly touched, adapting the narration to the character and wants of his audience. But it is generally better to choose some one event of the man’s history, or some one trait of his character, and narrate only what bears upon that. In preaching upon the meekness of Moses, there would be occasion to state briefly those circumstances of his training and career which were particularly unfavorable to the development of meekness, and then to narrate, with vivid touches, the leading instances in which his meekness was exhibited, as well as those in which it temporarily failed; and the discourse would properly close with a somewhat extended application of the whole matter to ourselves. In this way the history of Moses would be much more impressively reproduced, than if one should attempt an outline of the whole.

La narration se place généralement dans l’introduction du sermon. En ce cas, il faut veiller particulièrement à ne pas la faire trop longue, à ne pas s’égarer dans des parties de l’histoire qui n’ont aucun rapport avec le dessein du discours, et à ne pas s’arrêter, sauf en de très rares cas, pour faire des remarques sur des sujets étrangers que le récit peut suggérer. Il y a ici un danger particulier de violer les lois de l’unité et de la proportion.Narration is usually given in the introduction to the sermon. In so doing special pains, should be taken not to have it too long, not to wander into parts of the story which have no bearing upon the design of the discourse, and not to pause, except in very rare cases, for remarks upon outside topics which the narrative may suggest. There is especial danger here of violating the laws of unity and proportion.

Outre les cas où quelque histoire de la Bible est notre thème, il y aura constamment l’occasion de tirer des illustrations de l’histoire biblique, et un grand besoin d’habileté dans la narration brève et intéressante des événements ainsi employés. Heureux le prédicateur qui peut ainsi garder toujours vivantes dans l’esprit de ses auditeurs ces belles et saintes histoires, qui ne sont pas seulement douces au cœur de l’enfance et pleines d’instruction pour la jeunesse, mais qui, bien considérées, prennent un intérêt et un sens nouveaux à chaque étape de la vie.Besides the instances in which some history in the Bible is our theme, there will be constant occasion to derive illustration from Scripture history, and great demand for skill in the brief and interesting narration of events thus employed. Happy the preacher who can in this way keep ever fresh in the minds of his hearers those beautiful and sacred stories, which are not only sweet to the heart of childhood and full of instruction to youth, but which, when rightly contemplated, assume new interest and meaning at every stage of life.

C’est un défaut assez commun en chaire que de raconter d’une manière déclamatoire. Le prédicateur s’est échauffé, et il expose un fait tout simple, ou raconte une histoire simple, avec une telle véhémence et un tel fracas que c’est extrêmement déplacé. Quintilien raille finement ceux qui croient au-dessous de leur dignité d’exposer les faits dans le langage de tous les jours, qui ne se trouvent pas éloquents s’ils n’ont pas tout mis en agitation par des vociférations bruyantes, et qui, au lieu de raconter simplement, s’imaginent avoir là un champ pour briller, et « infléchissent la voix, rejettent le cou en arrière, frappent leur flanc du bras et se livrent à toutes les variétés d’idées, de mots et de style ». Retenons la leçon.It is a rather common fault in the pulpit to narrate in a declamatory way. The preacher has become excited, and he states a plain fact, or tells a simple story, with such vehemence and boisterousness as to be extremely incongruous. Quintilian keenly satirizes those who think it beneath their dignity to set forth facts in every-day language, who do not seem to themselves eloquent, unless they have thrown everything into agitation by boisterous vociferation, and instead of simply narrating, imagine that they have here a field for showing off, and “inflect the voice, set back the neck, and fling the arm against the side, and riot in every variety of ideas, words, and style.” Let us learn the lesson.

La description est généralement une partie nécessaire de la narration, les différentes scènes du récit étant décrites dans une certaine mesure. Il y a aussi de fréquentes occasions de décrire des scènes de l’Écriture en dehors de leur place dans le récit, comme dans l’introduction d’un sermon, dans l’emploi d’illustrations historiques tirées de l’Écriture, etc. Et bien que nous ne parlions ici de la narration et de la description qu’en ce qui concerne les événements et les scènes de l’histoire biblique, il est évident que la même habileté peut s’appliquer à cette grande variété de matériaux illustratifs de toute autre provenance, qu’il faut raconter ou décrire de façon vivante pour produire quelque impression. Un éminent prédicateur américain a dit que « celui qui veut retenir l’oreille du peuple doit ou bien raconter des histoires, ou bien peindre des tableaux ».Description is usually a necessary part of narration, separate scenes of the narrative being to some extent described. There is also frequent occasion to describe Scripture scenes apart from their connection in the narrative, as in the introduction to a sermon, in the employment of historical illustrations from Scripture, etc. And while we speak here of narration and description only as regards the events and scenes of the Bible history, it is obvious that the same skill may be applied to that great variety of illustrative matter from every other source, which must be vividly narrated or described in order to make any impression. A leading American preacher has said that “he who would hold the ear of the people, must either tell stories, or paint pictures.”

Le talent de décrire est évidemment en partie un don naturel ; mais beaucoup d’hommes intelligents s’étonnent et se lamentent de ne pas savoir décrire, alors qu’ils n’ont jamais vraiment essayé — qu’ils ne se sont jamais donné aucune formation générale à cet égard, ni n’ont jamais réellement étudié une seule scène ou un seul objet qu’ils voulaient décrire. Ces hommes savent bien qu’ils ne peuvent pas développer un argument sans beaucoup de réflexion préalable, mais ils ne semblent pas savoir qu’un effort correspondant est nécessaire pour réussir une bonne description.Power of description is of course partly a natural gift; but many intelligent men will marvel and lament that they cannot describe, when they have never fairly tried — never given themselves any general training in that respect, nor ever really studied any one scene or object which they attempted to describe. Such men are aware that they cannot work, out an argument without much previous thought, but seem not aware that corresponding effort is necessary in order to achieve a good description.

Celui qui veut décrire quelque chose doit l’avoir vu ; non pas nécessairement des yeux du corps, mais des yeux de l’esprit. Il doit donc commencer par obtenir des renseignements exacts sur la scène ou l’objet ; et ces renseignements doivent s’étendre, si possible, aux détails. Pour les scènes de l’Écriture, il faut souvent une connaissance familière de la géographie biblique et des mœurs et coutumes des Juifs. Pendant qu’il rassemble ces renseignements, et après l’avoir fait, il doit fixer son esprit sur la scène, afin que l’imagination la rende réelle ; il doit la regarder comme il regarderait un paysage ou un tableau, d’abord en embrassant l’ensemble, puis en examinant les détails les plus intéressants, et ensuite en réunissant le tout dans une vue générale. Il faut continuer ainsi, en variant le point de vue et en s’efforçant à plusieurs reprises d’imaginer, jusqu’à ce que toute la scène se détache claire et vivante devant les yeux de l’esprit ; alors seulement il est prêt à la décrire.He who would describe anything, must have seen it; not necessarily with bodily vision, but with the mind’s eye. He must begin, then, with gaining correct information about the scene or object; and this information must extend, if possible, to details. As regards Scripture scenes, there is often need of a familiar acquaintance with Biblical Geography, and with the manners and customs of the Jews. While gathering such information, and after doing so, he must fasten his mind upon the scene, so that the imagination may realize it; he must look at it as he would at a landscape or a painting, first surveying the whole, then inspecting the most interesting details, and afterwards comprising all in a general view. This should be kept up, with the point of view varied, and repeated effort to imagine, till the whole scene stands out clear and vivid before the eye of the mind; only then is he prepared to describe it.

Rappelons-nous maintenant que l’orateur ne doit pas décrire comme le ferait l’auteur d’un poème, d’un roman ou d’un récit de voyage, mais qu’il doit rendre la description brève et subordonnée aux objets de son discours ; nous pouvons ainsi voir, d’une manière générale, comment la description doit être conduite. Les contours du tableau doivent être tracés rapidement, et ils peuvent être grossiers, pourvu qu’ils soient nets. Ensuite, certains points saillants ou caractéristiques de la scène doivent être présentés. Et avec quelques-uns d’entre eux, il faut donner quelques-uns des détails les plus suggestifs, qui éveilleront l’imagination de l’auditeur pour compléter le tableau. C’est là le grand art de la description, surtout pour les orateurs : stimuler l’imagination de l’auditeur pour qu’il voie par lui-même. Il y a parfois quelques détails si caractéristiques qu’ils n’ont besoin que de la plus légère indication de contour pour former un tableau ; comme dans une caricature, un ou deux traits particuliers, un peu exagérés, et quelques lignes grossières de plus amuseront davantage qu’un tableau achevé, parce qu’ils suggèrent davantage. Et même lorsqu’aucun détail particulièrement frappant ne se présente, on peut imaginer de légères touches çà et là qui donneront de la vie à l’ensemble. Si notre connaissance des faits ne les fournit pas, on peut les imaginer ouvertement, en prenant soin qu’elles ne suggèrent que ce qui s’accorde avec les faits. Ainsi, dans cette remarquable scène d’intérieur à Béthanie, après avoir décrit Marie assise aux pieds de Jésus et écoutant sa parole, on pourrait imaginer Marthe arrivant à la porte de la pièce, le visage échauffé par l’agitation et le dépit, et, après avoir vainement essayé de capter le regard de Marie et de l’appeler, s’adressant enfin directement au Maître lui-même avec sa plainte ; et ce bref coup d’œil jeté sur elle avant qu’elle n’entre aidera à rendre la scène réelle.Remember now that a speaker is not to describe as the writer of a poem, a romance, or a book of travels might do, but is to make the description brief, and subordinate to the objects of his discourse; we may thus perceive, in a general way, how the description should be managed. The outlines of the picture should be rapidly drawn, and may be rude, provided they are distinct. Then certain prominent or characteristic points of the scene must be presented. And with some of these there should be given a few of the most suggestive details, which will arouse the hearer’s imagination to fill up the picture. In this lies the great art of description, especially for speakers — to stimulate the hearer’s imagination into seeing for himself. Sometimes there are a few details so characteristic, that they need only the slightest indication of outline to make a picture; as in a caricature, one or two peculiar features, somewhat exaggerated, and a few rude lines beside, will be more amusing than a finished picture, because more suggestive. And even where no remarkably striking details present themselves, one may contrive slight touches here and there, which will give life to the whole. If these are not afforded by our knowledge of the facts, they may be avowedly imagined, care being taken to have them suggest only what will harmonize with the facts. Thus in that remarkable home-scene at Bethany, after describing Mary seated at Jesus’ feet, and hearing his word, one might imagine Martha as coming to the door of the room, her face heated with excitement and vexation, and after vainly striving to catch Mary’s eye and call her forth, at length stepping straight to the Master himself, with her complaining request; and this slight glance at her before she enters will help to realize the scene.

Évitez la description élaborée. On attend du prédicateur qu’il ait toujours un dessein si pratique et qu’il éprouve un sérieux si absorbant qu’il n’ait pas le temps de peindre des tableaux achevés. Les auditeurs de bon goût les trouveront toujours déplacés. Quant à la tentation de donner des descriptions recherchées parce qu’elles montreraient son talent dans ce domaine, il faut évidemment y résister, comme à toutes les autres tentations d’étalage. Mais nous ne pouvons tirer le meilleur parti des portions historiques de l’Écriture, ni employer avec avantage d’autres illustrations narratives et pittoresques, sans cultiver nos facultés de narration et de description ; et celui qui s’efforcera patiemment, sous la direction de principes justes, d’abord de voir clairement, puis de décrire de manière suggestive, pourra bientôt s’étonner lui-même de la facilité et du plaisir avec lesquels il peut faire revivre, en peu de mots, quelque histoire ou quelque scène de la Bible.Avoid elaborate description. The preacher is expected always to cherish so practical a design, and feel such absorbing earnestness, as not to have time for painting finished pictures. Hearers of good taste will always feel them to be out of place. As regards the temptation to give high-wrought descriptions, because it will show one’s talent in that respect, this must of course be resisted, like all other temptations to display. But we cannot turn to the best account the historical portions of Scripture, nor use to advantage other narrative and pictorial illustration, without cultivating our powers of narration and description; and he who will patiently strive, under the guidance of correct principles, first to see clearly, and then to describe suggestively, may ere long surprise himself by the facility and pleasure with which he can bring out, in not many words, some story or scene from the Bible.

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Partie I, chapitre VII. L’illustrationPart I, Chapter VII. Illustration

§ 1. Divers usages de l’illustration§ 1. Various Uses of Illustration

Illustrer, d’après l’étymologie, c’est jeter de la lumière (ou du lustre) sur un sujet ; et par conséquent l’illustration, au sens strict, ne comprendrait que l’explication et l’ornement. Mais ce qui explique peut aussi contenir une preuve par analogie ; ou ce qui orne un sujet peut en même temps y rattacher des associations touchantes. Aussi ce que nous appelons illustrations sert-il à expliquer, à prouver, à orner et à rendre le sujet plus saisissant. À strictement parler, on ne dirait pas que l’illustration est une classe distincte des matériaux du discours. Comme moyen d’expliquer, de prouver ou d’éveiller l’émotion, elle relèverait de l’explication, de l’argumentation et de l’application ; comme moyen d’ornement, elle appartiendrait à l’élégance du style. Mais comme la même illustration sert souvent à des fins différentes, et comme le bon maniement des illustrations est d’une grande importance pratique, il semble préférable de traiter le sujet à part.To illustrate, according to the etymology, is to throw light (or lustre) upon a subject; and hence illustration would strictly include only explanation and ornament. But that which explains may also contain a proof by analogy; or that which adorns a subject may at the same time connect with it pathetic associations. Accordingly, what we call illustrations are used to explain, to prove, to adorn, and to render impressive. Strictly speaking, one would not call illustration a distinct class of the materials of discourse. As a means of explaining, proving, or awakening emotion, it would fall under the heads of Explanation, Argument, and Application; as a means of adornment, it would belong to Elegance of Style. But as the same illustration often subserves different ends, and as the proper handling of illustrations is a matter of great practical importance, it seems best to give the subject a separate discussion.

(1.) Le principal usage des illustrations est peut-être d’expliquer. Elles le font soit en présentant un exemple de la chose dont il s’agit, un cas concret (exemplification), soit en présentant quelque chose de semblable ou d’analogue qui rendra la chose claire.(1.) Perhaps the principal use of illustrations is to explain. This they do either by presenting an example of the matter in hand, a case in point (Exemplification), or by presenting something similar or analogous to it,, which will make the matter plain.

(2.) Mais les illustrations sont aussi très fréquemment employées pour prouver. Cela se fait, dans quelques cas rares, en présentant un exemple qui autorise une induction ; le plus souvent, c’est un argument par analogie. Dans l’épître aux Romains, aux chapitres 6 et 7, l’apôtre introduit trois illustrations pour montrer l’absurdité de supposer que la justification par la foi encouragera à pécher : les croyants sont morts au péché et ressuscités à une autre vie ; ils ont cessé d’être esclaves du péché et sont devenus esclaves (pour ainsi dire) de la sainteté, de Dieu ; ils ont cessé d’être mariés à la loi et sont mariés à un nouvel époux, le Christ, pour qui ils doivent maintenant porter du fruit. Chacune d’elles n’explique pas seulement la position du croyant, mais renferme un argument par analogie. Il en est de même de l’olivier au chapitre 11. Nous avons déjà vu que les arguments par analogie s’emploient le plus fréquemment et le plus sûrement dans la réfutation, et que, lorsqu’on les utilise pour établir une vérité positive, ils exigent un très grand soin, de peur de nous tromper nous-mêmes et de tromper les autres.(2.) But illustrations are also very frequently employed to prove. This is done in some rare cases by presenting an example which warrants an Induction; commonly, it is an argument from Analogy. In Romans, chap. 6 and 7, the apostle introduces three illustrations, as showing the absurdity of supposing that justification by faith will encourage to sin: believers are dead to sin, and risen to another life; they have ceased to be the slaves of sin, and become the slaves (so to speak) of holiness, of God; they have ceased to be married to the law, and are married to a new husband, Christ, to whom they must now bear fruit. Each of these is not merely explanatory of the believer’s position, but involves an argument from analogy. So with the olive-tree in chap. 11, We have heretofore seen that arguments from analogy are most frequently and most safely employed in refutation; and that when used to establish positive truth, they demand very great care, lest we deceive ourselves and others.

Le fait qu’une illustration puisse fournir une preuve en même temps qu’elle sert à expliquer, à orner, etc., mérite une attention particulière. Telle analogie peut être si ornementale, si amusante ou si touchante qu’elle nous fasse oublier qu’elle a aussi, de droit, une force argumentative ; et telle comparaison peut être un si bel ornement qu’on lui accorde une force probante, alors qu’en réalité ce n’est qu’un simple rapprochement fondé sur une ressemblance, qui ne présente aucune véritable analogie, et donc aucun argument. Nous devons examiner de près les illustrations employées à d’autres fins, et voir si elles ne contiennent pas aussi un argument.The fact that an illustration may furnish proof at the same time that it serves for explanation, ornament, etc., calls for special attention. Some analogy may be so ornamental, so amusing, or pathetic, as to make us overlook the fact that it has of right an argumentative force also; and some comparison may be so beautiful an ornament as to be allowed force in the way of proof when in reality it is a mere simile founded on resemblance, and presents no true analogy, and thus no argument. We should look closely at illustrations employed for other purposes, and see whether they also contain an argument.

(3.) Les illustrations ont de la valeur comme ornement. Leur usage à cette fin, quant à la nature et à la quantité, doit être réglé par les principes généraux qui relèvent de l’élégance du style. Ceux qui se sentent très portés à l’usage des illustrations ornementales doivent exercer sur eux-mêmes un contrôle rigoureux, et cultiver leur goût de manière à écarter tout ce qui n’est pas véritablement beau. Ceux dont le style est dépourvu de tels ornements doivent les rechercher, non pas en y attachant des fleurs artificielles usées et fanées, mais en aidant le sujet à fleurir, si telle est tant soit peu sa nature.(3.) Illustrations are valuable as an ornament. Their use for this purpose, as to kind and amount, must be governed by the general principles which pertain to Elegance of Style. Those who find themselves much inclined to the use of ornamental illustration, should exercise a rigorous self-control, and so cultivate their taste that it will discard all but the genuinely beautiful. Those whose style is barren of such ornament should seek after it, not by tying on worn and faded artificial flowers, but by encouraging the subject to blossom, if that be at all its nature.

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L’importance de l’illustration dans la prédication est inexprimable. Dans de nombreux cas, c’est notre meilleur moyen d’expliquer la vérité religieuse, et souvent, pour l’esprit populaire, notre seul moyen de la prouver. L’ornement aussi a sa place légitime dans la prédication, et tout ce qui nous aide à toucher le cœur endurci des hommes est d’un prix inexprimable. De plus, quel que soit le but particulier pour lequel on emploie l’illustration, elle fait souvent que la vérité est retenue. Parfois même, alors que sa force comme explication ou comme preuve n’a pas été pleinement saisie au premier abord, l’illustration, surtout si c’est un récit, reste dans l’esprit jusqu’à ce qu’un enseignement ou une expérience ultérieure en fasse ressortir le sens. Tel fut souvent le cas des premiers auditeurs des paraboles de notre Seigneur. En prêchant aux enfants, et à la grande masse des adultes, l’illustration est tout simplement indispensable si nous voulons les intéresser, les instruire ou les impressionner ; et la bonne illustration est toujours bienvenue et utile même pour les auditeurs du plus haut talent et de la plus haute culture. L’exemple de notre Seigneur tranche toute la question ; et les illustrations qui abondent tant dans les récits de sa prédication devraient être soigneusement étudiées par tout prédicateur, quant à leur source, leur but, leur style et leur rapport avec les autres éléments de son enseignement. Parmi les prédicateurs chrétiens des différentes époques qui se sont le plus distingués par l’abondance et le bonheur de leurs illustrations, on peut citer Chrysostome, Jeremy Taylor, Christmas Evans, Chalmers, Spurgeon et Beecher.The importance of illustration in preaching is beyond expression. In numerous cases it is our best means of explaining religious truth, and often to the popular mind our only means of proving it. Ornament, too, has its legitimate place in preaching, and -whatever will help us to move the hard hearts of men is unspeakably valuable. Besides, for whatever purpose illustration may be specially employed, it often causes the truth to be remembered. Sometimes, indeed, even where its force as an explanation or proof was not at first fully apprehended, the illustration, particularly if it be a narrative, is retained in the mind until subsequent instruction or experience brings out the meaning. Such was frequently the case with the first hearers of our Lord’s Parables. In preaching to children, and to the great mass of adults, illustration is simply indispensable, if we would either interest, instruct or impress them; while good illustration is always acceptable and useful to hearers of the highest talent and culture. The example of our Lord decides the whole question; and the illustrations which so abound in the records of his preaching ought to be heedfully studied by every preacher, as to their source, their aim, their style, and their relation to the other elements of his teaching. Among the Christian preachers of different ages who have been most remarkable for affluence and felicity of illustration, there may be mentioned Chrysostom, Jeremy Taylor, Christmas Evans, Chalmers, Spurgeon and Beecher.

§ 2. Sources de l’illustration§ 2. Sources of Illustration

L’illustration de la vérité religieuse peut être tirée de tout le domaine de l’existence et de l’imagination. Il pourrait sembler oiseux de classer les sources, mais il y a deux raisons de le faire. Le prédicateur peut ainsi être incité à chercher ces matériaux dans des directions qu’il a relativement négligées, et la tentative de classification fournira l’occasion de quelques remarques pratiques en passant.Illustration of religious truth may be drawn from the whole realm of existence and of conception. It might seem idle to make any classification of the sources, but there are two reasons for doing so. The preacher may thereby be stimulated to seek such materials in directions which he has comparatively neglected, and the attempt at classification will furnish the occasion for some practical remarks in passing.

(1.) L’observation. Il est d’une importance capitale que celui qui enseigne la religion soit un observateur attentif ; en partie pour qu’il sache adapter l’instruction religieuse au caractère réel de ses auditeurs et aux conditions réelles de leur vie, mais aussi pour qu’il puisse puiser dans cette réserve inépuisable d’illustrations qui s’offre partout à l’homme qui a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre.(1.) Observation. It is pre-eminently important that the teacher of religion should be a close observer; partly that he may know how to adapt religious instruction to the real character of his hearers, and the actual conditions of their life, but also that he may be able to draw from that inexhaustible store of illustration which lies everywhere open to the man who has eyes to see and ears to hear.

La nature foisonne d’analogies avec la vérité morale ; et nous ne devons pas seulement accepter celles qui s’imposent à notre attention, mais les rechercher constamment. Outre les analogies que contiennent nos métaphores familières et celles qui appartiennent au fonds commun de l’illustration, il y en a d’autres, presque sans nombre, que tout observateur réfléchi peut apercevoir par lui-même ; et ici comme ailleurs, ce qui est même relativement original a, par là même, une force accrue. Les écrits de John Foster sont particulièrement riches en analogies de ce genre, et sa biographie montre qu’il les cherchait habituellement et notait systématiquement toutes celles qu’il trouvait. Plusieurs des illustrations les plus saisissantes de notre Seigneur sont tirées de sa propre observation attentive de la nature ; par exemple, le lis, le grain de sénevé, les oiseaux. Et remarquez que, bien qu’elles soient toutes exprimées de façon très belle, il les emploie à des fins plus élevées, pour expliquer ou pour argumenter. Il y a là une leçon importante, car les prédicateurs qui tirent leurs illustrations de la nature ne sont que trop portés à suivre les poètes en en faisant surtout un ornement.Nature teems with analogies to moral truth; and we should not merely accept those which force themselves on our attention, but should be constantly searching for them. Besides those analogies which are embodied in our familiar metaphors, and those which belong to the common stock of illustration, there are others, almost without number, which every thoughtful observer may perceive for himself; and here, as elsewhere, what is even relatively original has thereby an augmented power. The writings of John Foster are particularly rich in such analogies, and his Memoir shows that he habitually sought for them, and systematically recorded all that he found. Several of our Lord’s most impressive illustrations are drawn from his own close observation of nature; as, for example, the lily, the mustard-seed, the birds. And notice that although these are all so stated as to be very beautiful, he employs them for higher ends, for explanation or for argument. There is here an important lesson, for preachers who derive illustration from nature are too apt to follow the poets in making it chiefly ornamental.

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Il ne faut pas oublier qu’une grande partie des meilleures illustrations provient des occupations les plus communes et des expériences les plus familières de la vie, et qu’un homme peut exceller à cet égard sans vivre à New York ou à Londres. La grande masse des illustrations de notre Seigneur est tirée de la vie humaine ordinaire. Dans les travaux agricoles, nous trouvons des allusions aux semailles du blé et à diverses circonstances qui en favorisent ou en entravent la croissance, à la moisson, au vannage et à la mise en grange, aux soins des figuiers et des vignes, et à la mise du vin dans les outres. Dans les affaires domestiques, il parle de bâtir des maisons, de divers devoirs des serviteurs et des intendants, de faire lever la pâte, de cuire le pain, d’emprunter des pains tard dans la nuit, des chiens sous la table, du raccommodage des vêtements et de leur exposition aux teignes, de l’allumage des lampes et du balayage de la maison. Quant au commerce, etc., il mentionne l’achat de perles de grand prix, la découverte d’un trésor caché, l’argent confié aux serviteurs comme capital, le prêt à intérêt, les créanciers et les débiteurs, la prison pour dettes et les péagers. Parmi les relations sociales, il parle de festins, de noces et de cortèges nuptiaux, du juge et de la veuve à qui l’on avait fait tort, du riche et du mendiant, du bon Samaritain. Des affaires politiques, il évoque les rois qui partent en guerre ; et la parabole des dix mines (Luc 19.11 et suiv.) correspond en tous points à l’histoire d’Archélaüs telle qu’elle se déroula dans l’enfance de notre Seigneur. L’enfant prodigue est une suite des plus beaux tableaux de la vie réelle. Et qui peut penser sans émotion à Jésus debout sur quelque place publique, regardant les enfants à leurs jeux, dont il tira ensuite une illustration frappante ? Tout cela ne forme qu’une partie des matériaux illustratifs que, dans les brefs récits que nous avons de son enseignement, nous le voyons tirer de l’observation de la vie humaine, et presque toujours de choses familières à tous. La leçon est évidente, mais elle doit être longuement méditée.It should not be forgotten that much of the choicest illustration is derived from the commonest pursuits and the most familiar experiences of life, and a man may excel in this respect without living in New York or London. The great mass of our Lord’s illustrations are drawn from ordinary human life. Of agricultural operations, we find reference to sowing wheat and various circumstances which help or hinder its growth, to harvesting, winnowing, and putting in barns, to the management of fig-trees and vineyards, and to bottling the wine. In domestic affairs, he speaks of building houses, various duties of servants and stewards, leavening bread, baking, and borrowing loaves late at night, of dogs under the table, patching clothes, and their exposure to moth, lighting lamps, and sweeping the house. As to trade, etc., he mentions the purchase of costly pearls, finding hid treasure, money intrusted to servants as capital, lending on interest, creditors and debtors, imprisonment for debt, and tax-gatherers. Among social relations, he tells of feasts, weddings and bridal processions, the judge and the widow who had been wronged, the rich man and the beggar, the good Samaritan. Of political affairs, he alludes to kings going to war, and the parable of the ten pounds (Luke 19:11 ff.) corresponds in every particular to the history of Archelaus in our Lord’s childhood. The Prodigal Son is a series of the most beautiful pictures of real life. And who can think without emotion of Jesus standing in some market-place, and watching children at their sports, from which he afterwards drew a striking illustration? All these form but a part of the illustrative material which, in our brief records of his teaching, we find him deriving from the observation of human life, and in nearly every case from matters familiar to all. The lesson is obvious, but it should be pondered long.

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(2.) La pure invention. Il est parfaitement légitime d’inventer une illustration, même sous forme d’histoire, pourvu qu’elle soit vraisemblable, et pourvu que nous montrions qu’elle est imaginaire ou que rien ne dépende de l’idée qu’elle est réelle. Il semble presque certain que certaines des paraboles de notre Seigneur sont fictives en ce sens. Cela se voit, dans un cas, à la forme même de l’expression : « Le semeur sortit pour semer. » Lorsque nous employons une illustration imaginée comme argument, il faut prendre grand soin qu’elle soit loyale. Il est très courant que des orateurs ou des écrivains polémistes « supposent un cas », et le supposent tel qu’il convienne exactement à leur dessein, sans égard suffisant à la loyauté. « Si les lions étaient les sculpteurs, c’est le lion qui serait au-dessus. » Les illustrations imaginées pour expliquer ou orner sont souvent trop formelles ou trop élaborées. « Comme lorsque quelque chêne géant », etc., etc. « Supposons qu’il y ait un homme…, et supposons…, et supposons… », etc. Nous savons tous comment se font ces choses.(2.) Pure invention. It is perfectly lawful to invent an illustration, even in the form of a story, provided that it possesses verisimilitude, and provided that we either show it to be imaginary, or let nothing depend upon the idea that it is real. It seems almost certain that some of our Lord’s Parables are in this sense fictitious. It is shown, in one case, by the very form of the expression, “The sower went forth to sow.” When we use imagined illustration as affording an argument, great care must be taken to make it fair. It is very common for controversial speakers or writers to “suppose a case,” and suppose it of such a kind as just to suit their purpose, without due regard to fairness. “If lions were the sculptors, the lion would be uppermost.” Imagined illustrations for explanation or ornament are frequently too formal or elaborate. “As when some giant oak,” etc. etc. “Suppose there were a man and suppose and suppose,” etc. We all know how such things are done.

(3.) La science. Outre ce que nous tirons de notre propre observation de la nature et de la vie humaine, il y a un immense fonds d’illustrations dans la science, qui recueille les résultats d’une observation beaucoup plus étendue, les classe et cherche à les expliquer. Avec le vaste développement des sciences physiques de nos jours, et la large diffusion de quelque connaissance de leurs principales branches, il devient de plus en plus convenable que les prédicateurs tirent des illustrations de cette source. Par ce moyen aussi, ils contrecarreront le plus efficacement les efforts de certains savants incrédules, et de certains maîtres de religion peu sages, pour faire paraître le christianisme et la science en état d’hostilité. Il vaut beaucoup mieux, dans ce but et dans d’autres, qu’un prédicateur s’efforce de bien connaître une ou quelques branches des sciences physiques plutôt que d’en effleurer beaucoup.(3.) Science. Besides what is derived from our own observation of nature and of human life, there is an immense fund of illustration in Science, which, collecting the results of a far wider observation, classifies and seeks to explain them. With the vast growth of Physical Science in our day, and the extensive diffusion of some knowledge of its leading departments, it becomes increasingly appropriate that preachers should draw illustration from that source. In this way, too, they will most effectually counteract the efforts of some infidel men of science, and some unwise teachers of religion, to bring Christianity and Science into an appearance of hostility. It is much better, both for this purpose and for others, that a preacher should strive to be well acquainted with one or a few departments of Physical Science, than that he should dip lightly into many.

Deux difficultés particulières accompagnent l’emploi de l’illustration scientifique. Il a été si courant de faire de l’astronomie, de la géologie, etc., l’occasion de merveilleux envols d’une prétendue éloquence, que beaucoup de personnes reculent devant toute allusion à ces sujets, comme si elle sentait la pure déclamation. Mais un extrême fort répréhensible ne doit pas nous pousser vers l’autre. Il est sûrement possible d’employer ces illustrations d’une façon directe et tranquille ; et si de temps à autre elles enflamment réellement l’imagination et excitent l’émotion, ce sera naturel en pareil cas, et l’effet sera bon. Mais gardez-vous d’emprunter aux Sermons astronomiques de Chalmers : c’est revêtir l’armure de Saül. L’autre difficulté est qu’une grande partie des meilleures illustrations scientifiques exige plus de connaissances scientifiques que n’en possède réellement la grande masse des auditeurs. Or une illustration qui serait particulièrement agréable et profitable à quelques-uns peut parfois être employée, pourvu que nous l’introduisions par quelque remarque tranquille ; non pas en disant que la plupart des gens ignorent ce sujet, mais que ceux qui ont eu l’occasion de prêter attention à telle ou telle chose se souviendront, etc. Alors personne ne se plaindra que nous fassions allusion à un sujet qu’il ignore. Ou bien il peut être convenable de donner les renseignements nécessaires pour apprécier l’illustration, pourvu que nous puissions le faire en peu de mots et sans rien qui ressemble à un étalage. Il est certainement permis de consacrer autant de temps à décrire un phénomène ou à expliquer un principe de la nature qui fournira une bonne illustration que nous en consacrerions à raconter une anecdote dans le même but, pourvu que la description ou l’explication soit rendue intelligible et intéressante pour tous. Certains sermons ne sont que des conférences scientifiques assorties d’une application religieuse.Two especial difficulties beset the use of scientific illustration. It has been so common to make Astronomy, Geology, etc. the occasion for marvellous flights of would-be eloquence, that many persons shrink from all allusion to such subjects, as savoring of mere declamation. But one highly objectionable extreme should not drive us to the other. It is surely possible to use such illustrations in a direct and quiet fashion; and if now and then they really kindle the imagination and excite emotion, in such cases it will be natural, and the effect will be good. But beware of borrowing from Chalmers’ Astronomical Sermons; it is wearing Saul’s armor. The other difficulty is, that much of the finest scientific illustration demands more knowledge of science than the great mass of hearers really possess. Now an illustration which would be particularly acceptable and profitable to a few, may sometimes be employed, provided we introduce it with some quiet remark, not saying that most persons are unacquainted with this subject, but that such persons as happen to have paid attention to such or such a matter will remember, etc. Then no one will complain of our alluding to a topic of which he is ignorant. Or it may be proper to give the information necessary in order to appreciate the illustration, provided we can do so in few words, and without anything that looks like display. It is certainly lawful to spend as much time upon describing a phenomenon or explaining a principle of nature which will afford good illustration, as we should spend upon telling an anecdote for the same purpose, if only the description or explanation be made intelligible and interesting to all. Some sermons are but scientific lectures, with a religious application.

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Tous les prédicateurs tirent des illustrations des nouvelles du jour. Certains vont trop loin dans ce sens, et méritent le reproche de « prendre le texte dans la Bible et le sermon dans les journaux ». Mais c’est une grave erreur si quelqu’un est ainsi amené à éviter une source d’illustration d’un intérêt si frais, et tellement plus familière à l’auditoire que la science ou l’histoire. En faisant judicieusement allusion à tous les faits récents qui conviennent, qu’ils aient été rapportés dans les journaux ou qu’ils se soient produits dans notre propre localité, nous pouvons rendre le sermon plus intéressant, et avoir en même temps l’occasion de glisser des remarques pratiques utiles sur bien des questions de bien et de mal. Le danger est de mettre en mouvement l’esprit du peuple sur les choses qui l’occupent chaque jour, au détriment de notre thème sacré. On peut l’éviter si, d’une part, on prend soin de ne pas mêler une quantité excessive de telles allusions et, d’autre part, de les tenir strictement subordonnées, dans nos propres sentiments et dans la manière de les introduire, au but religieux du discours. Si elles ne sont pas ainsi subordonnées, l’allusion la plus intéressante sera la pire illustration.All preachers derive illustration from the news of the day. Some carry this too far, warranting the reproach that they “get the text from the Bible, and the sermon from the newspapers.” But it is a grave mistake if any are thereby repelled into avoiding a source of illustration so fresh in its interest, and so much more generally familiar to the audience than either science or history. By judiciously alluding to all suitable matters of recent occurrence, whether recorded in the newspapers, or happening in our own community, we may render the sermon more interesting, and may at the same time have opportunity to throw in useful practical remarks about many questions of right and wrong. The danger is, that we shall set the people’s minds a-going upon the matters which occupy them every day, to the neglect of our sacred theme. This may be avoided if on the one hand we take care not to intermingle an excessive amount of such allusion, and on the other hand to keep it strictly subordinate, in our own feelings and in the method of introduction, to the religious aim of the discourse. If not thus subordinate, then the most interesting allusion will be the worst illustration.

Les anecdotes — littéralement, choses non publiées — désignaient à l’origine des faits intéressants, surtout des incidents historiques et biographiques, recueillis dans des manuscrits inédits d’auteurs anciens et réunis en un recueil de mélanges. Bien que le terme soit aujourd’hui employé plus largement, il s’applique encore le plus proprement aux récits de ce qu’on a soi-même observé ou recueilli de sources orales. Entendues cependant au sens large, de façon à inclure des récits publiés d’incidents isolés, les anecdotes sont un précieux moyen d’illustration, que certains prédicateurs emploient à l’excès ou avec mauvais goût, mais que d’autres devraient employer beaucoup plus qu’ils ne le font. Celui qui croit que son style serait dégradé par l’introduction d’une anecdote ferait bien de se demander si son style n’est pas trop guindé ou, en tout cas, trop monotone dans son élévation soutenue pour le discours populaire. Que les anecdotes soient certainement vraies, si nous les présentons comme vraies, et qu’on les raconte sans exagération ni « embellissement ». Qu’elles ne soient pas ridicules — bien qu’une légère touche d’humour délicat soit parfois permise —, ni insignifiantes, et surtout pas ennuyeuses. Et comme l’illustration est en général une chose subordonnée dans la prédication, et que ce qui est subordonné doit rarement devenir saillant, le prédicateur doit éviter de multiplier les anecdotes dans un même sermon, ou dans des sermons successifs, au point d’attirer une attention toute particulière. Une plus grande liberté, tant pour la quantité que pour le genre, est admise dans les discours de tribune que dans ces discours plus graves qu’on appelle d’ordinaire des sermons.Anecdotes, literally things unpublished, originally denoted interesting matters, chiefly historical and biographical incidents, gathered from unpublished manuscripts of ancient authors, and thrown into a miscellaneous collection. Though now more widely used, the term is still most properly applied to stories of what one has himself observed, or has drawn from oral sources. Understood, however, in the wider sense, so as to include published narratives of detached incidents, anecdotes are a valuable means of illustration, which some preachers employ excessively or in bad taste, but which others ought to employ much more largely than they do. He who feels that his style would be degraded by introducing an anecdote, may profitably inquire whether his style be not too stilted, or -at any rate too monotonous in its sustained elevation, for popular discourse. Let anecdotes be certainly true, if we present them as true, and let them be told without exaggeration or “embellishment.” Let them not be ludicrous — though a slight tinge of delicate humor is sometimes lawful — not trivial, and especially not tedious. And as illustration is in general a subordinate thing in preaching, and that which is subordinate should rarely be allowed to become prominent, a preacher should avoid such a multiplication of anecdotes in the same sermon, or in successive sermons, as would attract very special attention. A greater freedom, both as to amount and kind, is admissible in platform-speaking, than in those more grave discourses which are usually called sermons.

(5.) La littérature et l’art. Même une fois exclues la science et l’histoire, la littérature, ancienne et moderne, en prose et en vers, couvre un champ immense et offre une vaste réserve de matériaux illustratifs. On peut citer des pensées suggestives, agréables ou saisissantes, et des expressions frappantes, et faire allusion à des œuvres et à des personnages littéraires bien connus, chaque fois que cela aidera réellement à rendre le discours intéressant et utile. Les citations de poésie, bien que certains en usent avec un excès choquant, sont employées par un très grand nombre avec un effet admirable ; et tandis que quelques-uns ont besoin de modérer leur exubérance à cet égard, la grande masse des ministres devrait s’exciter à remarquer et à retenir davantage, et à employer plus librement, des citations poétiques appropriées. Personne n’aura manqué de remarquer combien souvent des citations de cantiques, surtout lorsqu’ils sont familiers, ajoutent beaucoup à l’intérêt et à la force d’un sermon. Spurgeon en fait souvent un usage très efficace. Le Voyage du pèlerin, avec son solide bon sens et sa simplicité familière, son charme poétique et sa douceur pieuse, est si riche en illustrations de choix que tout prédicateur devrait se familiariser à fond avec lui et en rafraîchir sa connaissance encore et encore au cours de sa vie. On fait si souvent allusion aux fables dans la conversation courante que nous le remarquons à peine, et les occasions sont très nombreuses où elles pourraient être employées utilement dans la prédication. Un auteur distingué, aux connaissances et à l’expérience de la vie étendues, remarquait il y a quelques années qu’à son avis, après la Bible et Shakespeare, le livre le plus instructif du monde était les Fables d’Ésope. Même les comptines, bien qu’elles soient rarement tout à fait appropriées dans les sermons ordinaires, ont été employées avec profit pour parler aux enfants.(5.) Literature and Art. Even when science and history have been excluded, literature, ancient and modern in prose and in verse, covers an immense field, and offers a vast store of illustrative material. Suggestive, pleasing, or impressive sentiments, and striking expressions may be quoted, and allusion made to well-known literary works and characters, whenever it will really help to render the discourse interesting and useful. Quotations of poetry, though made by some men in offensive excess, are employed by very many with admirable effect; and while a few need to check their exuberance in this respect, the great mass of ministers should stimulate themselves to observe and retain more largely, and to use more freely, any appropriate poetical quotations. No one can have failed to notice how often quotations from hymns, particularly when they are familiar, add greatly to the interest and impressiveness of a sermon. Spurgeon often uses these very effectively. The Pilgrim’s Progress, -with its strong sense and homely simplicity, its poetic charm and devotional sweetness, is so rich in the choicest illustration that every preacher ought to make himself thoroughly familiar with it, and to refresh his knowledge again and again through life. Fables are so often alluded to in common conversation that we scarcely notice it, and the occasions are very numerous in which they might be usefully employed in preaching. An author of distinction, and of wide attainments and experience of life, remarked some years ago that, in his judgment, next to the Bible and Shakespeare, the most instructive book in the world was sop’s Fables. Even nursery rhymes, though not often exactly appropriate in regular sermons, have been employed to good purpose in speaking to children.

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(6.) L’Écriture. Les Écritures offrent des matériaux d’illustration convenant à tout sujet légitime de prédication, et appartenant à presque chacune des classes mentionnées ci-dessus, surtout l’histoire et la biographie, la poésie et les proverbes, et toutes sortes de paroles frappantes. Plusieurs causes concourent à en faire la meilleure de toutes les sources d’illustration. Les matériaux sont dans une certaine mesure familiers à tous, et ainsi l’illustration sera aisément comprise. De plus, ces matériaux seront beaucoup plus saisissants que tous les autres, à cause de leur caractère sacré et de leur rapport, connu et senti, avec nous-mêmes. En outre, l’emploi fréquent de l’illustration biblique sert à raviver et à étendre la connaissance de l’Écriture chez les auditeurs.(6.) Scripture. The Scriptures present materials of illustration suited to every legitimate subject of preaching, and belonging to almost every one of the above-mentioned classes, especially history and biography, poetry and proverbs, and all manner of pointed sayings. Several causes combine to make this the best of all the sources of illustration. The material is to some extent familiar to all, and thus the illustration will be readily intelligible. Again, this material will be much more impressive than any other, because of its sacredness, and its known and felt relation to ourselves. Besides, the frequent use of Scripture illustration serves to revive and extend the knowledge of Scripture among the hearers.

Tout prédicateur devrait puiser avec la plus grande diligence à cette source. Et à cette fin, outre qu’ils doivent toujours avoir en main quelque livre ou autre portion particulière de la Bible pour l’étudier à fond, les prédicateurs devraient poursuivre toute leur vie la lecture rapide mais attentive de la Bible entière, afin que ses faits et ses paroles restent frais dans leur esprit et se présentent aisément pour l’usage.Every preacher should most diligently draw from this source. And to this end, besides keeping on hand some book or other particular portion of the Bible for thorough study, preachers should continue through life the rapid but attentive reading of the whole Bible, that its facts and sayings may be kept fresh in their minds, and readily present themselves for use.

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§ 3. Précautions dans l’emploi de l’illustration§ 3. Cautions as to the Employment of Illustration

(1.) N’employez pas toutes les illustrations qui vous viennent à l’esprit, et ne les recherchez pas pour elles-mêmes. La question est de savoir si telle ou telle contribuera réellement aux objets du discours, si elle expliquera ou prouvera réellement ce dont il s’agit, ou si elle le rendra plus intéressant et plus saisissant. Certains se font une idée générale que l’illustration est une bonne chose et qu’il est de leur devoir de l’employer, et ils produisent laborieusement de prétendues illustrations qui en réalité n’accomplissent rien et ne sont donc qu’un bric-à-brac inutile. D’autres, qui ont une imagination fertile ou une mémoire bien garnie, mais qui manquent de vraie culture et de bon goût, multiplient ou allongent à l’excès leurs illustrations. Ils oublient que la maîtrise de l’illustration, comme la maîtrise des mots, implique non seulement une production abondante, mais un choix judicieux et une adaptation heureuse.(1.) Do not use every illustration that occurs to you, nor seek after them for their own sake. The question is, whether this or that will really conduce to the objects of the discourse, will really explain or prove what is under discussion, or make it more interesting and impressive. Some men get a general notion that illustration is a good thing, and that it is their duty to employ it, and they laboriously bring forward so-called illustrations which really effect nothing, and are therefore but useless lumber. Others, who have a fertile fancy or a well-stocked memory, while wanting in genuine culture and good taste, will excessively multiply or expand their illustrations. They forget that command of illustration, like command of words, involves not only copious production, but judicious selection and felicitous adaptation.

(2.) En règle générale, il ne convient pas de parler d’illustrer, mais simplement d’illustrer. Si vous pouvez jeter une vive lumière sur votre sujet, il sera rarement nécessaire d’avertir d’avance que vous allez le faire.(2.) As a general rule, it is not well to talk about illustrating, but just to illustrate. If you can throw the light vividly on your subject, it will seldom be necessary to give notice beforehand that you are about to do so.

(3.) Évitez soigneusement de détourner l’attention du sujet illustré vers l’illustration elle-même. C’est évidemment une faute très grave, mais elle est souvent commise. Des illustrations exposées très longuement, avec des images recherchées et des phrases polies, comme Guthrie en emploie fréquemment, auront presque inévitablement cet effet ; bien que parfois, comme dans le cas de Chalmers, elles puissent être si heureuses, et appliquées avec une ardeur si passionnée, que nous finissions par tout oublier dans le sujet illustré. Tant d’auditeurs cherchent surtout à être divertis que c’est une chose triste de détourner leur esprit d’un sujet qu’ils devraient considérer, pour l’attacher à l’examen curieux ou admiratif du simple appareil par lequel nous l’éclairons.(3.) Carefully avoid turning attention away from the subject illustrated to the illustration itself. This is obviously a very grave fault, but is often committed. Illustrations stated at great length, with high-wrought imagery and polished phrase, such as Guthrie frequently employs, will almost inevitably have this effect; though sometimes, as in the case of Chalmers, they may be so felicitous, and applied with such passionate earnestness, that we at last forget everything in the subject illustrated. So many hearers are caring mainly for entertainment, that it is a sad thing if we divert their minds from some subject they ought to consider to the curious or admiring examination of the mere apparatus by which we throw light on it.

De toute cette étude, il ressortira clairement que le prédicateur doit sans cesse amasser des matériaux d’illustration. S’il vaut mieux pour lui noter tout ce qui lui vient à l’esprit, tenir un cahier de coupures, etc., ou se fier principalement à sa mémoire, cela dépendra de sa constitution mentale et de ses habitudes ; mais aucune de ces méthodes ne doit être employée au mépris total de l’autre.From this whole discussion it will be evident that a preacher should be constantly accumulating the materials of illustration. Whether he had better jot down all that occur to him, keep a scrap-book, etc., or rely mainly on his memory, will depend on his mental constitution and habits; but neither method should be employed to the total neglect of the other.

3. La disposition : le plan et les parties du sermon3. Arrangement: The Plan and Parts of a Sermon

John A. Broadus, A Treatise on the Preparation and Delivery of Sermons, première édition (Philadelphie, 1870), partie II, chapitre I, « Importance de la disposition », et chapitre II, « Les diverses parties du sermon », §§ 1–3. Texte de la première édition de 1870 (le texte propre de Broadus). Abrégé ; les omissions sont signalées par […]. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John A. Broadus, A Treatise on the Preparation and Delivery of Sermons, first edition (Philadelphia, 1870), part II, chapter I, “Importance of Arrangement,” and chapter II, “The Several Parts of a Sermon,” §§ 1–3. Text of the 1870 first edition (Broadus’s own text). Abridged; omissions are marked […]. Primary source; the interpretations are the author’s.

Note du STC : la « disposition » est la mise en ordre des matériaux du sermon. La « proposition » est un bref énoncé du sujet, et les « divisions » sont les points principaux du sermon. Beaucoup de citations anonymes de ce chapitre viennent du prédicateur suisse Alexandre Vinet, dont Broadus admirait l’Homilétique. Ce chapitre suit la première édition de Broadus, de 1870. Les passages qui ne figurent que dans la révision de 1898 due à E. C. Dargan, comme ceux qui citent Phelps (1881), ne sont pas inclus.CTS note: “Arrangement” is the ordering of a sermon’s materials. The “proposition” is a short statement of the subject, and the “divisions” are the main heads of the sermon. Many unnamed quotations in this chapter come from the Swiss preacher Alexandre Vinet, whose Homiletics Broadus admired. This chapter follows Broadus’s 1870 first edition. Passages found only in the 1898 revision by E. C. Dargan, such as those citing Phelps (1881), are not included.

Partie II, chapitre I. Importance de la dispositionPart II, Chapter I. Importance of Arrangement

La disposition efficace des matériaux dans un discours n’est guère moins importante que leur intérêt et leur force intrinsèques. C’est une partie distincte du travail de l’orateur, et elle doit être envisagée et traitée comme quelque chose de séparé de l’invention d’une part et du style d’autre part, bien qu’elle soit étroitement liée à l’une et à l’autre. En fait, cette tâche exige un talent particulier. Certains hommes montrent dès le début une aptitude à construire des discours tout à fait hors de proportion avec leurs capacités générales ; et d’autres ne trouvent rien d’aussi difficile à acquérir ou à exercer que l’habileté dans la disposition. Et ici, comme en tout ce qui demande un talent particulier, il faut une formation et une pratique spéciales.The effective arrangement of the materials in a discourse is scarcely less important than their intrinsic interest and force. This is a distinct part of the speaker’s work, and should be contemplated and handled as something apart from invention on the one hand and from style on the other, albeit closely connected with both. In fact, the task calls for a specific talent. Some men exhibit from the very outset a power of constructing discourses which is quite out of proportion to their general abilities; and other men find nothing so difficult to acquire or exercise as skill in arrangement. And here, as in everything else that demands specific talent, there is need of special training and practice.

À cet égard, l’orateur est un architecte. Avec les matériaux rassemblés, il doit élever une construction, et une construction appropriée à son dessein particulier. Les mêmes matériaux, ou presque les mêmes, peuvent servir à faire une maison, une prison, une usine, une église. Mais combien le plan de l’édifice diffère selon sa destination, et combien il importe qu’il soit bâti en vue précisément de cette destination ! De même, des matériaux à peu près identiques peuvent être mis en œuvre dans un récit, un dialogue, un essai ou un discours ; et plusieurs discours sur le même sujet, renfermant à peu près les mêmes pensées, peuvent produire une impression très différente selon le plan.In this respect the speaker is an architect. Out of gathered materials he is to build a structure, and a structure suited to its specific design. The same, or nearly the same materials may be made into a dwelling, a jail, a factory, a church. But how different the plan of the building according to its design, and how important that it be built with special reference to the design. In like manner, substantially the same materials may be wrought into a story, a dialogue, an essay, or a speech; and several speeches on the same subject, and embodying much the same thoughts, may make a very different impression according to the plan.

Ou bien on peut comparer la tâche de l’orateur à l’organisation d’une armée, puis à la concentration de ses diverses divisions sur un seul objectif.Or the speaker’s task may be compared to the organization of an army, and then the concentration of its several divisions upon one objective point.

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(1.) La disposition est d’une grande importance pour l’orateur lui-même. Elle réagit sur l’invention. On n’a pas réellement étudié un sujet quand on y a simplement pensé d’une manière décousue, si prolongée et si vigoureuse qu’ait été cette réflexion. L’effort pour ordonner ses pensées sur ce sujet en suggère d’autres, et peut seul donner une juste vue du sujet dans son ensemble. Une bonne disposition aide à développer les détails, que cela se fasse mentalement ou par écrit. Chaque pensée particulière, considérée à sa place, se développe selon sa situation, grandit en accord avec ce qui l’entoure. Si l’on parle sans manuscrit, une disposition ordonnée du discours aide beaucoup à s’en souvenir. L’une des raisons pour lesquelles certains prédicateurs trouvent si difficile de parler d’abondance, c’est qu’ils ne disposent pas bien leurs sermons. Et la disposition importe non seulement à l’invention et à la mémoire, mais aussi à l’émotion. Dans la préparation comme dans le débit, les sentiments d’un homme ne couleront naturellement et librement que s’il a le stimulant, l’appui et la satisfaction que procure un ordre conscient.(1.) Arrangement is of great importance to the speaker himself. It reacts upon invention. One has not really studied a subject when he has simply thought it over in a desultory fashion, however long-continued and vigorous the thinking may have been. The attempt to arrange his thoughts upon it suggests other thoughts, and can alone give him just views of the subject as a whole. Good arrangement assists in working out the details, whether this be done mentally or in writing. Each particular thought, when looked at in its proper place, develops according to the situation, grows to its surroundings. If one speaks without manuscript, an orderly arrangement of the discourse greatly helps him in remembering it. One reason why some preachers find extemporaneous speaking so difficult is, that they do not arrange their sermons well. And not only to invention and memory, but to emotion also, is arrangement important. Whether in preparation or in delivery, a man’s feelings will flow naturally and freely, only when he has the stimulus, support and satisfaction which comes from conscious order.

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(2.) La bonne disposition est plus importante encore quant à son effet sur l’auditoire. Elle est nécessaire, d’abord, pour rendre le discours intelligible. « Les auditeurs, en général, quand le prédicateur a un mauvais plan, en sentent la difficulté, même s’ils ne peuvent pas en découvrir la véritable cause ; et l’une des raisons pour lesquelles un homme d’esprit vraiment philosophique est capable de “rendre les choses claires” même pour des auditeurs illettrés, c’est qu’il présente des pensées claires dans un ordre convenable. » Beaucoup de personnes semblent penser que l’intelligibilité est entièrement une affaire de style, alors qu’en réalité elle dépend tout autant d’une pensée claire et d’une bonne disposition que d’une expression limpide. Il est triste de penser combien grande est la portion du peuple, même dans des communautés favorisées, qui ne comprend réellement pas la plus grande partie des prédications qu’elle entend. Plus d’un dirait, comme le « Fermier du Nord » de Tennyson, s’il parlait avec la même franchise, qu’il a souvent entendu « le pasteur bourdonner et bourdonner » :(2.) Still more important is good arrangement as regards the effect upon the audience. It is necessary, first, in order to make the discourse intelligible. “Hearers generally, when the preacher has a poor plan, feel the difficulty, though they may not be able to trace it to its real source; and one of the reasons why a man of truly philosophical mind is able ‘to make things plain’ even to illiterate hearers, is, that he presents clear thoughts in a proper order.” Many persons appear to think that intelligibility is altogether an affair of style; when in fact it depends quite as much on clear thinking and on good arrangement as on perspicuous expression. It is melancholy to think how large a portion of the people, even in favored communities, really do not understand most of the preaching they hear. Not a few would say, like Tennyson’s “Northern Farmer,” if they spoke with equal frankness, that they had often heard “parson a bummin’ awaay,”

« Et j’ai jamais su c’qu’il voulait dire, mais j’pensais qu’il avait quelque chose à dire ; et j’pensais qu’il disait c’qu’il fallait dire, et j’m’en suis revenu. »“An’ I niver knaw’d whot a mean’d, but I thowt a ‘ad summut to saay, An’ I thowt a said whot a owt to ‘a said, an’ I coom’d awaay.”

Et cela n’est pas vrai seulement des gens relativement ignorants et lourdement inattentifs ; beaucoup de sermons ne sont pas compris par les gens de la meilleure classe. « L’auditoire ne retient rien du discours ; il emporte, en se retirant, une masse confuse de remarques, d’assertions, d’appels, que rien ne coordonne dans sa mémoire, et les impressions reçues se résument dans la plus triste critique que puisse faire une personne pieuse venue écouter avec attention : Je ne sais pas exactement sur quoi le prédicateur a prêché. » De plus, il peut arriver pire que de n’être pas compris : le discours peut être mal compris, entièrement, et avec des résultats déplorables. Nous devons nous efforcer non seulement de rendre possible que le peuple nous comprenne, mais de rendre impossible qu’il nous comprenne mal.And not merely is this true of the comparatively ignorant and stolidly inattentive, but many sermons are not understood by the better class. “The audience keep nothing of the discourse; they carry away, in retiring, an indistinct mass of remarks, of assertions, of appeals, which nothing co-ordinates in their memory, and the impressions received are summed up in the saddest criticism that can be made by a devout person who came to hear with attention: I do not know exactly what the preacher preached about.” Besides, something worse may happen than that the discourse should not be understood; it may be misunderstood, utterly, and with deplorable results. We must strive not merely to render it possible that the people should understand us, but impossible that they should misunderstand.

En outre, elle contribue beaucoup à rendre le discours agréable. « L’ordre est la première loi du ciel. » Même les phénomènes de la nature qui paraissent les plus irréguliers, et les paysages qui semblent marqués par la variété la plus sauvage, sont pénétrés d’un ordre subtil sans lequel ils ne plairaient pas. Le chaos pourrait être terrible, mais jamais beau. Et les discours qui plaisent mais semblent n’avoir aucun plan se révéleront posséder en réalité un ordre qui leur est propre, si discret ou si particulier qu’il soit. Un sermon mal disposé peut évidemment contenir des passages particuliers qui plaisent, mais ceux-ci mêmes paraîtraient à plus grand avantage encore comme parties d’un tout ordonné, et l’effet général de ce tout serait incomparablement meilleur. Ajoutons qu’un discours bien disposé retiendra beaucoup plus sûrement l’attention de l’auditoire. Et cela non seulement parce qu’il est plus intelligible et plus agréable, mais aussi parce que, étant conforme aux lois naturelles de la pensée humaine, il entraînera plus facilement avec lui les pensées de l’auditeur.Again, it greatly contributes to make the discourse pleasing. “Order is heaven’s first law.” Even those phenomena in nature which seem most irregular, and those scenes which appear to be marked by the wildest variety, are pervaded by a subtle order, without which they would not please. Chaos might be terrible, but could never be beautiful. And discourses, which are pleasing but appear to have no plan, will be found really to possess an order of their own, however unobtrusive or peculiar. An ill-arranged sermon may of course contain particular passages that are pleasing, but even these would appear to still greater advantage as parts of an orderly whole, and the general effect of that whole must be incomparably better. Let it be added that a well-arranged discourse will much more surely keep the attention of the audience. And this not merely because it is more intelligible and more pleasing, but also because, being conformed to the natural laws of human thinking, it will more readily carry the hearer’s thoughts along with it.

De plus, une bonne disposition rend un discours plus persuasif. Dans la présentation des motifs comme dans les appels au sentiment, l’ordre est d’une grande importance. Celui qui veut briser un rocher dur avec sa masse ne frappe pas au hasard sur la surface, mais multiplie ses coups sur un point donné ou le long d’une ligne donnée. Ceux qui soulèvent d’énormes bâtiments appliquent leur force motrice méthodiquement, en des points soigneusement choisis. Il en est de même quand on fait agir des motifs sur la volonté. Et les sentiments de l’auditeur seront beaucoup plus puissamment et plus durablement excités lorsque les appels seront faits dans un ordre naturel. « Nous pouvons, par une parole ou par un acte isolé, donner un mouvement à l’âme, l’incliner immédiatement vers un certain objet, à faire un acte de volonté ; mais ce mouvement n’est qu’un choc. Par les mêmes moyens, nous pouvons répéter, multiplier ces chocs… L’éloquence consiste à entretenir le mouvement par le développement d’une pensée ou d’une preuve, à le perpétuer ; selon l’expression de Cicéron : “Qu’est-ce que l’éloquence, sinon un mouvement continu de l’âme ?” »Further, good arrangement makes a discourse more persuasive. Both in presenting motives and in appeals to feeling, order is of great importance. He who wishes to break a hard rock with his sledge, does not hammer miscellaneously over the surface, but multiplies his blows upon a certain point or along a certain line. They who lift up huge buildings apply their motive power systematically, at carefully chosen points. So when motives are brought to bear upon the will. And the hearer’s feelings will be much more powerfully and permanently excited, when appeals are made in some natural order. “We may, by a word or an isolated act, give a movement to the soul, inclining it immediately to a certain object, to perform an act of will; but this movement is only a shock. By the same means we may repeat, multiply these shocks.... Eloquence consists in maintaining movement by the development of a thought or proof, in perpetuating it, according to the expression of Cicero, ‘What is eloquence but a continuous movement of the soul?’”

Et enfin, elle fait que le discours est plus facilement retenu.And finally, it causes the discourse to be more easily remembered.

L’importance de la disposition se voit encore mieux si l’on observe quels sont les principaux éléments d’une bonne disposition. Ils semblent être l’unité, l’ordre et la proportion. Il pourrait paraître tout à fait inutile d’insister sur l’importance de l’unité dans un discours, mais elle est très souvent négligée dans la pratique, en particulier dans les sermons textuels et les sermons expositifs, qui se composent fréquemment de deux ou trois petits sermons à la suite. Que l’unité soit celle d’une proposition doctrinale, d’un personnage historique ou d’un dessein pratique, il faut de quelque manière qu’il y ait unité. Et pas seulement cela, mais aussi ordre. Tout ce qui est dit pourrait porter sur le même sujet, sans que les diverses pensées se suivent du tout selon leurs relations naturelles ou selon le dessein du discours. Mais il faut en outre de la proportion. Cela implique deux choses. Les diverses parties du discours, qu’elles soient expressément indiquées ou non, doivent être traitées de manière à former un tout symétrique. Non qu’elles doivent toutes être traitées avec la même longueur, mais avec une longueur proportionnée à leurs relations entre elles et avec l’ensemble du discours. Et outre cette proportion de symétrie naturelle, il y a celle du dessein particulier. On peut traiter pour l’essentiel le même sujet, d’une manière essentiellement semblable, et pourtant varier beaucoup la longueur de certaines parties, et l’accent qu’on y met, selon l’objet qu’on a en vue en ce lieu et à ce moment ; de même qu’on trouve souvent deux animaux construits sur le même plan et avec une égale symétrie, tandis que certains os sont de taille extrêmement différente, parce qu’ils sont adaptés à des fonctions particulières.The importance of arrangement may be further seen by observing what are the principal elements of good arrangement. They appear to be unity, order, and proportion. It might seem quite unnecessary to urge the importance of unity in a discourse, but it is very often neglected in practice, particularly in text-sermons and expository sermons, which are frequently made up of two or three little sermons in succession. Whether the unity be that of a doctrinal proposition, of an historical person, or of a practical design, in some way there must be unity. And not only this, but order. All that is said might be upon the same subject, while the several thoughts by no means follow one another according to their natural relations, or according to the design of the discourse. But further, there must be proportion. This involves two things. The several parts of the discourse, whether they are distinctly indicated or not, must be so treated as to make up a symmetrical whole. Not that they are to be all discussed at the same length, but at a length proportioned to their relations to each other and to the entire discourse. And besides this proportion of natural symmetry, there is that of specific design. One may treat substantially the same topic, in essentially the same manner, and yet greatly vary the length of particular parts, and the stress laid upon them, according to the object then and there had in view; just as two animals are often found constructed according to the same plan, and with equal symmetry, while yet certain bones are of exceedingly different size, being adapted to special functions.

Coquerel dit que le manque de méthode est le défaut le plus commun de la prédication, et le plus inexcusable, parce qu’il résulte d’ordinaire d’un travail insuffisant. « Un homme ne peut pas se donner toutes les qualités de l’orateur ; mais en prenant la peine nécessaire, il peut lier ses idées et procéder avec ordre dans la composition d’un discours. » Sans un talent particulier pour construire des discours, on ne trouvera pas la tâche facile, et l’on ne parviendra peut-être jamais à tracer des plans remarquablement heureux ; mais un degré honnête de succès dans la disposition est certainement à la portée de tous, pourvu qu’ils veuillent travailler.Coquerel says that the lack of method is the most common fault of preaching, and the most inexcusable because usually the result of insufficient labor. “A man cannot give himself all the qualities of the orator; but by taking the necessary pains, he can connect his ideas, and proceed with order in the composition of a discourse.” Without specific talent for building discourse, one will not find it an easy task, and may never become able to strike out plans that will be remarkably felicitous; but a fair degree of success in arrangement is certainly within the reach of all, provided they are willing to work.

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Partie II, chapitre II. Les diverses parties du sermonPart II, Chapter II. The Several Parts of a Sermon

L’analyse du discours que certains auteurs ont proposée est trop artificielle. Certaines des parties qu’ils distinguent se confondent très souvent avec d’autres. L’exposition, par exemple, constituera souvent l’introduction, et dans bien des cas aucune exposition formelle n’est nécessaire ni appropriée. La proposition du sujet n’a guère besoin d’être traitée comme une partie distincte du discours. L’analyse la plus simple et la plus naturelle semblerait être celle qui donne trois parties, à savoir : l’introduction, le plan (y compris les divisions, quand on en fait) et la conclusion.The analysis of a discourse which some writers have proposed is too artificial. Some of the parts which they distinguish are very often blended with other parts. The exposition, for instance, will often constitute the introduction, and in many cases no formal exposition is necessary or appropriate. The proposition of the subject scarcely needs to be treated as a distinct part of the discourse. The simplest and most natural analysis would seem to be that which gives three parts, viz. the introduction, the plan, (including divisions, when these are made,) and the conclusion.

§ 1. L’introduction§ 1. The Introduction

1. Il n’est guère nécessaire d’argumenter longuement pour montrer que les sermons doivent en général avoir une introduction. Les hommes ont une aversion naturelle pour ce qui est brusque, et aiment une approche quelque peu graduelle. Un bâtiment a rarement un aspect agréable sans un porche, ou quelque chose qui en tienne lieu. La lumière de l’aurore, dont l’éclat va croissant jusqu’au milieu du jour, nous enseigne une leçon. Et ainsi toute composition ou tout discours qui n’a pas d’introduction risque de paraître incomplet. Un morceau de musique élaboré aura toujours un prélude, ou au moins quelques notes d’introduction ; et dans les poèmes, les histoires, etc., il y a généralement quelque introduction. Il en est de même de beaucoup de livres de la Bible. L’introduction a deux buts principaux : intéresser nos auditeurs au sujet et les préparer à le comprendre. Quant au premier, le prédicateur peut, il est vrai, compter d’ordinaire sur une certaine disposition à écouter. Peu de ceux qui viennent sont hostiles à la vérité, mais beaucoup, hélas ! y sont tristement indifférents. Et une introduction intéressante peut obtenir une attention beaucoup plus vive. « Nous savons tous combien, dans les affaires ordinaires de la vie, dépend des premières impressions. Le succès de son sermon dépend souvent des premières impressions que le prédicateur produit sur ses auditeurs dans son exorde. Si ces impressions sont favorables, son auditoire écoutera le reste de son discours avec plaisir et attention, et par conséquent avec profit. » Notre but doit être d’éveiller non seulement un intérêt intellectuel, mais, autant que possible dès le début, un intérêt spirituel et pratique : de mettre nos auditeurs en sympathie avec notre propre sentiment, et d’accorder leur esprit avec le sujet que nous nous proposons de présenter. On peut parfois demander expressément l’attention, comme le firent Moïse (Deutéronome 4.1), Ésaïe (28.14), Étienne (Actes 7.2) et notre Seigneur (Matthieu 15.10) ; mais une telle demande, si on la répétait souvent, perdrait sa force, et il vaut généralement mieux chercher à dire quelque chose qui intéresse aussitôt l’esprit de l’auditeur. « Quel est le meilleur moyen, demandait un jeune prédicateur à un plus âgé, d’obtenir l’attention de l’assemblée ? » « Donnez-leur quelque chose à quoi faire attention », fut la réponse bourrue.1. It can scarcely be necessary to argue at length to the effect that sermons ought generally to have an introduction. Men have a natural aversion to abruptness, and delight in a somewhat gradual approach. A building is rarely pleasing in appearance, without a porch, or something corresponding to a porch. The shining light of dawn, which shineth more and more till the perfect day, teaches us a lesson. And so any composition or address which has no introduction, is apt to look incomplete. An elaborate piece of music will always have a prelude, or at least a few introductory notes; and in poems, histories, etc., there is usually some introduction. The same thing is true as to very many books of the Bible. The introduction has two chief objects, to interest our hearers in the subject, and to prepare them for understanding it. As to the former, a preacher may usually, it is true, count on a certain willingness to hear. Not many come who are hostile to the truth, but very many, alas! who are sadly careless about it. And a much more lively attention may be secured by an interesting introduction. “We all know how much depends in the ordinary affairs of life upon first impressions. The success of his sermon often depends upon the first impressions which a preacher makes upon his hearers in his exordium. If these impressions be favorable, his audience will listen to the remaining part of his discourse with pleasure and attention; and consequently, with profit.” Our aim should be to excite not merely an intellectual interest, but, so far as possible at the outset, a spiritual and practical interest — to bring them into sympathy with our own feeling, and attune their minds into harmony with the subject we design to present. One may sometimes expressly request attention, as did Moses (Deut. 4:1), Isaiah (28:14), Stephen (Acts 7:2), and our Lord (Matt. 15:10); but such a request, if often repeated, would lose its force, and it is usually best to aim at saying something which will at once interest the hearer’s mind. “What is the best way,” asked a young preacher of an older one, “to get the attention of the congregation?” “Give ‘em something to attend to,” was the gruff reply.

L’autre but, préparer l’auditoire à comprendre le sujet, est évidemment très important, et dans une certaine mesure on peut souvent l’atteindre. Mais nos efforts à cet égard doivent soigneusement se garder du danger d’anticiper quelque chose qui appartient proprement au corps du discours.The other object, to prepare the audience for understanding the subject, is obviously very important, and to some extent can often be effected. But our efforts in this respect must be carefully guarded against the danger of anticipating something which properly belongs to the body of the discourse.

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Il y a des cas où il vaut mieux se passer d’introduction et entrer d’emblée dans le développement ; par exemple, quand le sermon doit nécessairement être long, ou quand on n’a rien trouvé qui puisse faire une introduction vraiment bonne. Dans les allocutions familières, comme aux réunions de prière, aux réunions d’école du dimanche et autres semblables, cette manière de faire est assez souvent préférable. En toute prédication, qu’il y ait une bonne introduction, ou aucune. « Chose bien commencée est à moitié faite. » Et chose mal commencée risque d’être entièrement gâtée.There are cases in which it is best to dispense with introduction, and plunge at once into the discussion; for example, when the sermon must needs be long, or when nothing has been struck out that would make a really good introduction. In familiar addresses, as at prayer-meetings, Sunday School meetings, etc., this course is quite often preferable. In all preaching, let there be a good introduction, or none at all. “Well begun is half done.” And ill begun is apt to be wholly ruined.

2. Les sources où le prédicateur peut puiser ses introductions sont extrêmement nombreuses et variées. Il peut cependant y avoir quelque avantage à les classer comme suit : (1.) Le texte. Partout où le sens du texte demande une explication, cette explication peut évidemment former l’introduction. De même lorsqu’une explication du contexte éclairerait le sens du texte. Ces sources semblent très naturelles ; et Robert Hall, avec son goût sévère, commençait ordinairement par quelque explication du texte ou du contexte, la préférant à des introductions plus ambitieuses. Et à défaut d’explication proprement dite, il peut y avoir lieu d’illustrer le texte au moyen de connaissances historiques et géographiques qui rendront son sens, sinon plus clair, du moins plus vivant et plus intéressant. Dans d’autres cas, quelques renseignements sur l’auteur du texte, ou sur la condition des personnes particulières auxquelles il s’adressait (comme dans le cas de Paul), peuvent servir à intéresser les auditeurs au texte ou à les préparer à le comprendre.2. The sources from which the preacher may draw introductions are extremely numerous and various. There may, however, be some advantage in classifying them as follows: (1.) The text. Wherever the meaning of the text requires explanation, this explanation may of course form the introduction. So, too, when an explanation of the context would throw light on the meaning of the text. These seem to be very natural sources; and Robert Hall, with his severe taste, commonly began with some explanation of the text or the context, preferring this to more ambitious introductions. And if not for explanation proper, there may be occasion for illustration of the text, by means of historical and geographical knowledge, such as will make its meaning, though not more clear, yet more vivid and interesting. In other cases, some account of the writer of the text, or of the condition of any particular persons whom he addressed (as in the case of Paul;, may serve to interest hearers in the text, or to prepare them for understanding it.

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Passons à l’examen des qualités d’une bonne introduction.Let us turn to consider the qualities of a good Introduction.

L’introduction doit présenter quelque pensée étroitement liée au thème du discours, de manière à conduire au thème avec naturel et aisance, et cependant une pensée bien distincte du développement. Les prédicateurs inexpérimentés se trompent très souvent en anticipant dans l’introduction quelque chose qui appartient au corps du discours ; et le danger de le faire doit retenir tout particulièrement leur attention.The introduction must present some thought closely related to the theme of discourse, so as to lead to the theme with naturalness and ease, and yet a thought quite distinct from the discussion. Inexperienced preachers very frequently err by anticipating in the introduction something which belongs to the body of the discourse; and the danger of doing this should receive their special attention.

En règle générale, l’introduction ne doit pas chercher à donner un enseignement séparé et indépendant des leçons du discours. Son but est entièrement préparatoire. Le prédicateur se sentira souvent tenté, surtout dans les introductions tirées du texte ou du contexte, de faire en passant des remarques sur des points intéressants qui se présentent d’une manière ou d’une autre, mais qui sont étrangers à son dessein en cette occasion. Il faut résister à cette tentation, sauf dans des cas très particuliers. Vous avez résolu de conduire l’auditoire le long d’une certaine ligne de pensée, dans l’espoir d’arriver à une conclusion précise et importante. N’allez pas d’abord errer et vous égarer un moment dans d’autres sentiers, mais avancez vers la route choisie et engagez-vous-y.As a rule, the introduction should not aim to give instruction separate and apart from the lessons of the discourse. Its design is altogether preparatory. The preacher will often find himself tempted, especially in introductions drawn from the text or context, to remark in passing upon interesting matters which are somehow suggested, but are foreign to his purpose on that occasion. This temptation should be resisted, except in very peculiar cases. You have determined to carry the audience along a certain line of thought, hoping to arrive at a definite and important conclusion. Do not first wander about and stray awhile into other paths, but lead on towards the route selected, and enter it.

L’introduction doit en général consister en une seule pensée ; nous ne voulons pas d’un porche devant le porche. Mais il convient souvent de présenter quelque pensée d’introduction, puis de donner une exposition, qui dans ce cas fait partie du corps du discours, ou bien constitue une sorte de halte pendant que nous dégageons le chemin pour le développement.The introduction should generally consist of a single thought; we do not want a porch to a porch. But it is frequently appropriate to present some introductory thought, and afterwards give an exposition, which in such cases becomes a part of the body of the discourse, or else constitutes a sort of halt, while we clear the way for the discussion.

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D’autre part, l’introduction ne doit pas sembler promettre trop, ni dans ses pensées, ni dans son style, ni dans son débit. Qu’elle soit de nature à éveiller l’intérêt et l’attente, pourvu que cette attente puisse être honnêtement satisfaite par le corps du discours. Elle ne doit être ni très argumentative, ni très passionnée. Quant à ce dernier point, il faut se rappeler que, même si le prédicateur est très ému au début, l’auditoire, lui, ne l’est généralement pas, et qu’il fera bien de se contenir, afin de ne pas sortir de la portée de sa sympathie. Quand Cicéron éclata par ses premiers mots contre Catilina, le Sénat était déjà très agité ; et de même pour Massillon aux funérailles de Louis le Grand. De tels cas exceptionnels doivent être jugés quand ils se présentent. « C’est le privilège du talent, et le fruit de l’étude et de l’expérience, de savoir quand oser et quand s’abstenir. Il ne peut être permis à l’enseignement proprement dit de mettre de côté le talent ou d’anticiper sur les leçons de l’expérience. » De plus, tout en cherchant sérieusement à rendre l’introduction intéressante et attrayante, nous devons fuir le sensationnel et le prétentieux. Tout ce qui sent l’étalage est extrêmement répréhensible chez un prédicateur, et particulièrement au début. Et il doit commencer non seulement avec une modestie personnelle, mais aussi avec une modestie officielle, réservant pour un moment ultérieur du sermon tout ce qu’il peut convenir d’affirmer avec l’autorité qui appartient à sa charge.On the other hand, the introduction must not seem to promise too much, in its thoughts, style, or delivery. Let it be such as to excite interest and awaken expectation, provided the expectation can be fairly met by the body of the discourse. It should not be highly argumentative, nor highly impassioned. As to the latter, it must be remembered that even if the preacher is greatly excited at the outset, the audience usually are not, and he had better restrain himself, so as not to get beyond the range of their sympathies. When Cicero broke out with his opening words against Catiline, the Senate was already much excited; and so with Massillon at the funeral of Louis the Great. Such exceptional cases must be decided as they arise. “It is the privilege of talent and the fruit of study and experience, to know when to venture and when to abstain. It cannot be allowed to teaching, strictly so called, to set aside talent or anticipate the dictates of experience.” Moreover, while earnestly seeking to make the introduction interesting and engaging, we must shun the sensational, and the pretentious. Whatever savors of display is exceedingly objectionable in a preacher, and particularly at the outset. And he should not merely begin with personal modesty, but also with official modesty, reserving for some later period of the sermon anything which it may be proper to state with the authority belonging to his office.

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L’introduction ne doit pas être trop longue. Un éminent prédicateur, très enclin à ce défaut, fut abordé un jour par un vieil homme tout simple qui lui dit : « Eh bien, vous nous avez gardés si longtemps sous le porche ce matin que nous sommes à peine entrés dans la maison. » Bien entendu, elle peut parfois être beaucoup plus longue qu’il ne conviendrait d’ordinaire ; et la prétention de certains auteurs de dire combien de phrases doit contenir une introduction est extrêmement malavisée. Mais « pour un sermon qui pèche par une entrée en matière trop brusque, il y en a cent qui pèchent par une préface longue et fatigante ».The introduction must not be too long. An eminent preacher, much inclined to this fault, was one day accosted by a plain old man as follows: “Well, you kept us so long in the porch this morning that we hardly got into the house at all.” Of course it may sometimes be much longer than would be generally proper; and the attempt of some writers to tell how many sentences an introduction should contain, is exceedingly unwise. But “where one sermon is faulty from being too abruptly introduced, one hundred are faulty from a long and tiresome preface.”

L’introduction, bien que simple et sans apprêt, doit être soigneusement préparée. Quintilien remarque qu’un exorde défectueux peut ressembler à un visage couvert de cicatrices, et qu’on tiendra certainement pour un très mauvais pilote celui qui laisse le navire heurter en sortant du port. L’orateur qui parle d’abondance doit savoir exactement ce qu’il dira dans l’introduction. Mais il est très douteux qu’il doive, comme on le recommande et le pratique fréquemment, avoir l’introduction écrite alors que le reste du discours ne l’est pas. Elle risque de paraître formelle, et le passage à ce qui n’est pas écrit d’être brusque et précipité, un peu comme sauter d’un quai dans l’eau profonde, en comparaison d’une entrée tranquille dans l’eau depuis la rive. Il arrivera parfois qu’à un stade précoce de la préparation une introduction se présente à l’esprit ; plus ordinairement, il faut la trouver ou la choisir après que les principaux matériaux ont été rassemblés. Mais pour la composition détaillée du sermon (qu’elle soit écrite ou non), l’introduction doit être composée avant le corps du discours. C’est l’ordre naturel, et l’introduction achevée aidera le prédicateur à composer le reste, un peu comme elle aidera les auditeurs. L’introduction d’un discours est tout autre chose que la préface d’un livre.The introduction, though simple and inelaborate, should be carefully prepared. Quintilian remarks that a faulty proem may look like a scarred face; and that he will certainly be thought a very bad helmsman who lets the ship strike in going out of the harbor. The extemporaneous speaker should know quite exactly what he is to say in the introduction. But it is very doubtful whether he ought, as is frequently recommended and practised, to have the introduction written, when the remainder of the discourse is unwritten. It is too apt to seem formal, and the transition to the unwritten to be abrupt and precipitous, something like stepping from a wharf into deep water, as compared with quietly wading out from the shore. It will sometimes happen that at an early stage of the preparation, an introduction will occur to the mind; more commonly, it has to be struck out or selected after the principal materials have been gathered. But as to the composition of the sermon in detail, (whether it be written or unwritten composition,) the introduction should be composed before the body of the discourse. This is the natural order, and the finished introduction will assist the preacher in composing the remainder, somewhat as it will help the hearers. An introduction to a discourse is quite different from a preface to a book.

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§ 2. Le plan et les divisions§ 2. Plan and Divisions

1. Le corps du discours doit être construit selon un plan, ou bien ce n’est pas du tout un discours. Même s’il n’y a pas de divisions ni aucune disposition formelle, les pensées doivent se suivre selon les lois naturelles de la pensée. Les hommes qui comptent sur leur faculté d’improvisation absolue, ou qui s’imaginent posséder une sorte d’inspiration, chancellent et s’égarent d’ordinaire dans toutes les directions, sans suivre aucune ligne définie et en accomplissant fort peu de chose, sauf lorsque la passion intervient et trace un ordre qui lui est propre. Le plan d’un discours, au sens le plus large, comprend l’introduction et la conclusion ; mais comme celles-ci sont traitées ici séparément, nous pouvons, par commodité, parler du plan indépendamment d’elles.1. The body of the discourse must be constructed on some plan, or it is not a discourse at all. Though there be no divisions, and no formal arrangement of any kind, yet the thoughts must follow each other according to the natural laws of thought. Men who rely on their powers of absolute extemporizing, or who imagine themselves to possess a quasi-inspiration, usually stagger and stray in every direction, following no definite line, and accomplishing very little, save where passion comes in, and strikes out an order of its own. The plan of a discourse in the broadest sense includes the introduction and the conclusion, but as these are here discussed separately, we may, for convenience, speak of the plan apart from them.

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On doit chercher non seulement un plan quelconque, mais le meilleur. « Il y a des plans énergiques et riches qui, appliquant le levier aussi profondément que possible, soulèvent toute la masse du sujet ; il y en a d’autres qui manquent les divisions les plus profondes de la matière, et qui ne soulèvent, pour ainsi dire, qu’une couche du sujet. C’est ici, c’est surtout ici, dans la conception des plans, que l’on distingue les orateurs capables du bien de ceux qui sont capables du mieux, de ce mieux qui, à vrai dire, est la preuve décisive du talent ou du travail… Chacun doit tendre, autant que possible, à ce mieux, et ne pas se contenter du premier plan qui se présente à sa pensée, à moins qu’après l’avoir sondé il ne le trouve suffisant pour son but, propre à épuiser son sujet, à en tirer la force ; à moins, en un mot, qu’il ne voie rien au-delà. » Le plan doit être simple, non seulement exempt d’obscurité, mais exempt de toute recherche de l’effet ; et pourtant il doit être, autant que possible, frais et frappant. Tant de sermons suivent le chemin battu, où l’on peut bientôt prévoir tout ce qui va venir, que c’est une tâche lassante, même pour des auditeurs pieux, d’écouter attentivement. On se sent porté à pousser un cri plaintif : « Digne frère, excellent frère, si seulement vous pouviez parfois nous conduire par une autre route, fût-elle beaucoup moins unie, ne la connussiez-vous pas très bien ! Je suis si las de celle-ci ! » Et seul un plan qui frappe a quelque chance d’être retenu. Néanmoins, nous devons éviter soigneusement les plans simplement sensationnels, bizarres ou « astucieux ». Un sermon pourrait susciter beaucoup d’intérêt, et être longtemps retenu, à cause de telles qualités, sans faire la moitié du bien réel qu’un autre qui fut écouté tranquillement et vite oublié, mais qui produisit, dans la mesure où il alla, une impression salutaire. Nous devons aussi éviter une grande raideur de plan.One ought to seek not merely for some plan, but for the best. “There are plans energetic and rich, which, applying the lever as deeply as possible, raise the entire mass of the subject; there are others which escape the deepest divisions of the matter, and which raise, so to speak, only one layer of the subject. Here it is, especially here, in the conception of plans, that we distinguish those orators who are capable of the good, from those who are capable of the better — of that better, to say the truth, which is the decisive evidence of talent or of labor. Every one should strive, as far as possible, for this better, and not be content with the first plan which may present itself to his thought, unless, after having fathomed it, he finds it sufficient for his purpose, suited to exhaust his subject, to draw forth its power — unless, in a word, he can see nothing beyond it.” The plan ought to be simple, not only free from obscurity, but free from all straining after effect, and yet ought, so far as possible, to be fresh and striking. So many sermons follow the beaten track, in which we can soon foresee all that is coming, as to make it a weary task even for devout hearers to listen attentively. One feels inclined to utter a plaintive cry, “Worthy brother, excellent brother, if you could only manage to drive us sometimes over a different road, even if much less smooth, even if you do not know it very well — I am so tired of this!” And it is only a plan that strikes, that has any chance of being remembered. Still, we must carefully avoid mere sensational, odd, or “smart” plans. A sermon might excite much interest, and be remembered long, by reason of such qualities, without doing half as much real good as another that was heard quietly and soon forgotten, but made, so far as it went, a salutary impression. We must also avoid great formality of plan.

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2. Le plan d’un discours comprendra généralement un énoncé du sujet, ce qu’on appelle techniquement la proposition. Souvent elle n’est pas nécessaire, le sujet étant évident d’après le texte ou suffisamment indiqué par l’introduction. Dans la plupart des cas, cependant, le sujet doit être énoncé clairement, même dans beaucoup de sermons textuels et expositifs, et parfois la proposition demande un grand soin. Quant à sa forme, la proposition peut être logique ou oratoire. « La religion produit le bonheur » serait une proposition logique ; « Les joies de la piété », une proposition oratoire. La première favorise l’unité, la pensée suivie et la force argumentative ; la seconde, la liberté et la variété du traitement, laissant place à la preuve, à l’exposition saisissante, à l’application ou à tout autre mode de traitement que l’on désire. Un prédicateur sera porté à préférer l’une ou l’autre selon sa tournure d’esprit et sa formation. Quelle que soit celle qu’il préfère, il doit fréquemment employer l’autre, pour son propre progrès et pour la variété de ses discours. Parfois les deux formes peuvent être employées dans le même discours ; ainsi un homme pourrait annoncer comme sujet : « La religion produit le bonheur, ou les joies de la piété. » Une variante de la forme logique est la forme interrogative. Elle éveille parfois l’attention en semblant laisser ouverte la question, à trancher en la présente occasion, de savoir si la proposition en jeu est vraie ou fausse, ou en piquant la curiosité sur la réponse précise que le prédicateur donnera à la question. Dans certains cas, il est plus conforme à la modestie de proposer une recherche qu’une démonstration. Et lorsque le sujet demande à être traité à la fois négativement et affirmativement, la forme interrogative de la proposition est particulièrement commode. « Si le sujet du prédicateur était, par exemple, Les marques de la piété personnelle, il serait plus convenable, au lieu d’exposer sous cet énoncé, en plusieurs articles, des marques insuffisantes ou fausses, puis de mentionner dans la même série les marques satisfaisantes, de poser la question : Quelles sont les vraies marques de la piété ? En répondant à cette question, il pourrait, d’une manière didactique, nier la valeur de certaines marques supposées, ou proposer diverses questions, comme : Telle qualité, ou telle conduite, est-elle une vraie marque ? Telle autre l’est-elle ? etc., … puis exposer les vraies marques. »2. The plan of a discourse will usually embrace a statement of the subject, what is technically called the Proposition. There is frequently no need of this, the subject being obvious from the text, or sufficiently indicated by the introduction. In most cases, however, the subject should be distinctly stated, even in many text-sermons and expository sermons, and sometimes the proposition requires great care. As to its form, the proposition may be logical or rhetorical. “Religion produces happiness” would be a logical, “The pleasures of piety” a rhetorical proposition. The former conduces to unity, consecutive thinking, argumentative force; the latter to freedom and variety of treatment, giving room for proof, impressive exhibition, application, or whatever mode of treatment may be desired. A preacher will be likely to prefer one or the other according to his turn of mind and training. Whichever he prefers, he ought frequently to employ the other, for the sake of his own improvement and of variety in his discourses. Sometimes the two forms may both be used in the same discourse; thus a man might announce as his subject, “Religion produces happiness, or the pleasures of piety.” A variety of the logical is the interrogative form. This sometimes awakens attention by seeming to leave it an open question, to be decided on the present occasion, whether the proposition involved is true or false, or by stimulating curiosity as to the precise answer to the question which the preacher will give. In some cases it is more consistent with modesty to propose an inquiry than a process of proof. And where the subject requires to be discussed both negatively and affirmatively, the interrogative form of proposition is particularly convenient. “Should the preacher’s subject be, for instance. Evidences of personal piety, it would be more congruous, instead of exposing under this statement, in several items, insufficient or false evidences, and then mentioning in the same series the satisfactory evidences, to raise the inquiry, What are genuine evidences of piety? In answering this inquiry, he might either in a didactic manner deny the sufficiency of certain supposed evidences, or propose various questions, such as Is such a quality, or course of conduct, a genuine evidence? Is such another? etc., .... and then exhibit the true evidences.”

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3. C’est une question d’une grande importance pratique de savoir si le plan d’un discours doit comprendre des divisions, et dans ce cas quels doivent être leur nombre, leur caractère, leur ordre et leur maniement général.3. It is a question of much practical importance whether the plan of a discourse ought to include Divisions, and if so, what should be their number, character, order, and general management.

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De ces principes et de ces faits, que devons-nous conclure ? Des divisions nettement marquées ne sont pas nécessaires, et il n’est pas besoin d’en faire là où le plan du discours peut être facilement suivi sans elles ; seulement le prédicateur doit se rappeler, en jugeant ce point, que le plan lui est évidemment familier, et que ses auditeurs peuvent ne pas remarquer des transitions qui sont manifestes à ses yeux, à moins qu’on n’attire d’une façon ou d’une autre leur attention sur elles. Mais, sans être nécessaires, des divisions nettement marquées seront d’ordinaire utiles, non seulement pour rendre clair aux auditeurs l’enchaînement des pensées, mais aussi pour le prédicateur lui-même, à la fois parce qu’elles l’obligent à une préparation logiquement correcte et complète, et parce qu’elles l’aident à se souvenir quand il parle d’abondance. Pour chaque sermon particulier ou chaque genre de sermons, nous devons trancher selon le cas ; mais le plus souvent il vaudra mieux faire des divisions. Si elles doivent être marquées légèrement ou fortement, et avec quel soin il faut indiquer l’entrée dans une nouvelle division, cela doit aussi être décidé selon le cas. Là où le sujet demande particulièrement de l’explication et de l’argumentation, il sera ordinairement avantageux d’avoir des divisions clairement énoncées, et souvent aussi des subdivisions ; mais celles-ci ne doivent pas être multipliées ni énoncées de façon à empêcher le discours de se présenter comme un tout vivant, ou à interrompre son mouvement progressif vers le but pratique qu’on a en vue.From these principles and facts, what are we to conclude? Distinctly marked divisions are not necessary, and need not be made where the plan of the discourse can be easily followed without them; only the preacher must remember in judging on this point, that the plan is of course familiar to him, and his hearers may not note transitions which are obvious to his eye, unless attention be somehow called to them. But while not necessary, distinctly marked divisions will usually be of service, not only in making the train of thought plain to the hearers, but also of service to the preacher himself, both as compelling to logical correctness and completeness of preparation, and as helping him to remember, in extemporaneous delivery. In every particular sermon or class of sermons, we must decide the case upon its own merits; but it will commonly be best to make divisions. Whether they shall be slightly or broadly marked, and how carefully the entrance upon a new division should be indicated, must also be decided according to the merits of the case. Where the subject specially requires explanation and argument, it will commonly be advantageous to have clearly stated divisions, and frequently subdivisions also; but these must not be so multiplied, nor so stated, as to prevent the discourse from standing out as a living whole, or to interrupt its progressive movement towards the practical end in view.

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4. Les transitions d’une partie du discours à la suivante sont les plus heureuses quand elles se remarquent le moins. L’idéal de la perfection serait que les parties s’ajustent parfaitement, « comme des pierres bien taillées qui n’ont pas besoin de ciment », pour reprendre l’image de Cicéron, ou que chacune naisse de la précédente par un processus de développement naturel. Cet idéal peut rarement être réalisé ; mais dans tous les cas la transition sera aisée dans la mesure où le sujet proposé aura été étudié à fond et où les pensées à présenter auront été bien disposées. On ne peut faire de bonne transition entre des sujets qui n’ont pas entre eux une relation réelle et naturelle, telle qu’il convienne qu’ils se suivent immédiatement. Quand donc nous trouvons la transition difficile, il est bon de nous demander si la disposition n’est pas défectueuse. Souvent, en effet, la difficulté vient de ce que nous essayons d’introduire quelque idée ou quelque passage qui n’a pas de place naturelle dans l’enchaînement de la pensée. Buffon a remarqué : « Ceux qui craignent de perdre des pensées isolées, et qui écrivent en différents temps des morceaux détachés, ne les réunissent jamais sans transitions forcées. » Et la difficulté est plus grande encore avec des bribes glanées dans les lectures. Celles-ci ne doivent être introduites que lorsqu’on peut les incorporer entièrement au discours. Autrement, si sensées, frappantes ou agréables qu’elles soient, mieux vaudrait les omettre ; si elles sont vraiment si bonnes, elles trouveront bientôt leur place ailleurs. Un discours n’est pas un simple conglomérat ou un amas de matières étrangères. Quelle que soit la provenance de ses matériaux, il faut les faire s’unir et croître ensemble. Comme la sève dans la plante ou le sang dans le corps, le courant vital de la pensée doit circuler à travers tout le discours, lui donnant animation, souplesse et force.4. The transitions from one part of a discourse to the next are most felicitous when least noticeable. The ideal of excellence would be that the parts should fit perfectly together, “like well-cut stones, needing no cement,” to use Cicero’s image, or that each should grow out of the preceding, by a process of natural development. This ideal can seldom be realized; but in all cases transition will be easy in proportion as the subject proposed has been thoroughly studied, and the thoughts to be presented have been well arranged. No good transition can be made between topics that have not a real and natural relation, such as to make it appropriate that they should stand in immediate succession. When therefore we find the transition difficult, it is well to inquire whether the arrangement is not defective. Often, indeed, the difficulty arises from the fact that we are attempting to work in some idea or passage which has no natural place in the train of thought. Buffon has remarked, “Those who fear to lose isolated thoughts, and who write detached passages at different times, never combine them without forced transitions.” And the difficulty is even greater with scraps gathered from reading. These should be introduced only when they can be thoroughly incorporated into the discourse. Otherwise, no matter how sensible, striking or pleasing, they had better be omitted; if really so good, they will soon find their place somewhere else. A discourse is not a mere conglomeration or accretion of foreign matters. From whatever source its materials may have been derived, they must be made to unite and grow together. Like sap in the plant or blood in the body, the vital current of thought must flow through the whole discourse, giving it animation, flexibility, strength.

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§ 3. La conclusion§ 3. Conclusion

Posons donc la règle que la conclusion doit être soigneusement préparée. Si elle doit comprendre quelque appel personnel passionné, nous trouverons souvent l’occasion de le modifier en prêchant, selon l’état de sentiment auquel nous serons parvenus, nous et nos auditeurs. Mais on peut d’ordinaire déterminer, en se préparant, exactement les pensées par lesquelles le sermon doit se terminer, tout en laissant la manière de les exprimer dépendre des sentiments du moment. On doit en tout cas avoir prêt, et bien préparé, quelque chose qui fera une conclusion appropriée et efficace, tout en se laissant libre, si le moment y pousse, de prendre une autre direction ou de s’élever à un niveau plus haut. Là où le sujet conduit naturellement à une exhortation passionnée, nous pouvons presque toujours prévoir un certain domaine dans lequel cette exhortation doit se renfermer si elle veut rester en rapport avec le sujet, et nous pouvons ordinairement fixer quelque point au-delà, vers lequel tendra ce développement émotif, et où nous pourrons terminer par quelque énoncé d’ensemble ou un appel final. La difficulté qu’on rencontre ainsi pour la conclusion n’est qu’un degré plus élevé de celle qui se présente partout dans les meilleures formes de la parole, et que nous devons apprendre à surmonter, à savoir : comment unir la préparation la plus complète possible à la plus grande liberté dans le débit ?Let us lay down the rule, then, that the conclusion should be carefully prepared. If it is to comprise any impassioned personal appeal, we shall often find occasion to modify it in delivery, according to the state of feeling which has then been reached by ourselves and the hearers. But one can usually determine, when preparing, precisely the thoughts with which the sermon ought to conclude, though he may leave the mode of stating them to be controlled by the feelings of the moment. He ought in every case to have ready, and well prepared, something that will make an appropriate and effective conclusion, even though leaving himself free, if the moment should so prompt, to strike in a different direction, or rise to a higher level. Where the subject will naturally lead to passionate exhortation, we can almost always foresee a certain range within which such exhortation must be restricted, if it is to be kept in relation to the subject, and can commonly fix some point beyond, towards which this emotional expatiation shall tend, and where we may close with some comprehensive statement or final appeal. The difficulty thus encountered as to the conclusion is only a higher degree of that which everywhere presents itself in the best forms of speaking, and which we must learn to overcome, viz. how shall we combine the most thorough possible preparation with the largest liberty in delivery?

Un élément de la conclusion d’un sermon sera souvent la récapitulation. Si le discours a consisté principalement en une explication soigneuse ou une argumentation laborieuse, et s’il importe que ses diverses divisions soient retenues, et qu’il soit douteux qu’elles le soient, alors les divisions, et parfois même certaines subdivisions, peuvent être nettement rappelées. Mais il faut s’y prendre de façon, pour employer une expression de Cicéron, « que le souvenir soit ravivé, non le discours répété ». Même si nous sommes peut-être désireux sur le moment de nous étendre de nouveau sur quelque point favori, nous devons borner la récapitulation à son office propre. Dans la plupart des sermons, cependant, nous ne tenons pas à reproduire les diverses pensées et à les fixer séparément dans l’esprit de l’auditeur, mais plutôt à les rassembler toutes et à concentrer leur force dans un effort final de conviction ou de persuasion. En pareil cas, il ne convient pas de faire une récapitulation formelle, mais de rappeler plus librement l’enchaînement des pensées, ou ses points principaux, en employant parfois des formes d’énoncé très différentes. C’est là, semble-t-il, ce que Vinet appellerait le résumé, par distinction d’avec la récapitulation. Pour des fins proprement oratoires, il est ordinairement de beaucoup préférable. La récapitulation, ou le résumé, surtout ce dernier, peut parfois constituer toute la conclusion ; mais le plus souvent il ne fait que conduire à la conclusion proprement dite. Il vaut souvent mieux, surtout quand le discours comprend beaucoup de points, faire quelque récapitulation avant d’arriver à la conclusion, généralement en passant à la dernière division.One element in the conclusion of a sermon will often be recapitulation. If the discourse has consisted chiefly of careful explanation or labored argument, and if it is important that its several divisions should be remembered, and doubtful whether they will be, then the divisions, and occasionally even certain subdivisions, may be distinctly re-stated. But this must be so managed, to use a phrase of Cicero’s, “that the recollection may be revived, not the speech repeated.” Though perhaps anxious at the moment to enlarge anew upon some favorite point, we must confine recapitulation to its proper office. In most sermons, however, we do not care to reproduce the several thoughts and fix them separately in the hearer’s mind, but rather to gather them all together, and concentrate their force upon one final effort of conviction or persuasion. In such cases it is not well to make any formal recapitulation, but in a freer way to recall the train of thought, or the principal points of it, sometimes using very different forms of statement. This appears to be what Vinet would call résumé, as distinct from recapitulation. For properly oratorical purposes, it is commonly much to be preferred. The recapitulation, or the résumé, especially the latter, may sometimes form the entire conclusion; but in most cases it only leads to the conclusion proper. It is often better, particularly where the discourse includes many points, to give some recapitulation before reaching the conclusion, usually when passing to the last division.

La conclusion consistera, pour la plus grande partie, en application. Ce terme, comme nous l’avons déjà vu, est employé couramment pour embrasser divers matériaux, y compris l’application proprement dite, les conseils pour la conduite pratique et l’appel persuasif.The conclusion will, for the most part, consist of application. This term, as we have already seen, is popularly used to embrace a variety of materials, including application proper, suggestions for practical guidance, and persuasive appeal.

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Mais c’est tout à fait une erreur de supposer, comme certains prédicateurs semblent le faire, que chaque sermon doive se terminer par un appel très pathétique ou bouleversant. Il vaut assez souvent mieux finir tranquillement, de façon cependant à faire impression. Et quoi que le sujet puisse demander, que personne ne parle d’une manière émue s’il ne l’est réellement. L’effort pour s’échauffer soi-même parce que cela serait souhaitable à ce moment-là échouera d’ordinaire ; et s’il réussit pour le prédicateur lui-même, il risque de produire sur les auditeurs tout autre chose qu’une bonne impression. Si l’on a préparé une conclusion passionnée et que l’orateur s’aperçoive alors que ses propres sentiments et ceux de l’auditoire se sont lentement apaisés au point qu’il n’y a guère d’espoir de les exciter, qu’il omette la conclusion préparée, ou qu’il en modifie le ton de manière à ne rien tenter que ce qui peut être accompli. Peu de choses sont aussi pénibles ou aussi nuisibles que la réaction produite par des paroles passionnées que ne sentent ni les auditeurs, ni même l’orateur. Et qu’on n’oublie jamais que nous ne devons pas chercher à exciter l’émotion simplement pour elle-même, comme si c’était là le but, mais en faire un moyen de déterminer la volonté et de pousser à l’action correspondante. Même l’amour pour Dieu ne subsistera pas comme simple sentiment.But it is quite wrong to suppose, as some preachers appear to do, that every sermon must end with a very pathetic or overwhelming appeal. It is not unfrequently best to end quietly, yet still so as to impress. And whatever the subject might require, let a man not speak in an emotional manner unless he really feels it. An effort to work oneself up into feeling, because it is desirable at this point, will usually fail; and if it succeeds as to the preacher himself, will be apt to make anything else than a good impression on the hearers. If an impassioned conclusion was prepared, and the speaker now finds that his own feelings and those of the audience have slowly subsided till there is no good prospect of exciting them, let him omit the prepared conclusion, or modify its tone so as to attempt nothing but what can be achieved. Few things are so painful or so injurious as the reaction produced by passionate words which are not felt by the hearers, nor even by the speaker. And let it never be forgotten that we must not aim to excite emotion merely for its own sake, as if that were the end in view, but to make it a means of determining the will and stimulating to corresponding action. Even love to God will not subsist as a mere feeling.

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Lorsque le sermon a été un avertissement ou une invitation, il est parfois naturel et saisissant de conclure par quelque chose de la tendance opposée. Le prédicateur doit juger dans chaque cas si cette combinaison approfondira l’impression générale, ou si les deux choses se neutraliseront dans l’esprit de l’auditeur et le laisseront insensible à l’une comme à l’autre. On peut ajouter que les avertissements, et tout ce qu’il y a d’alarmant dans la vérité de l’Évangile, doivent être prononcés non comme si nous prenions plaisir à dénoncer, mais avec une tendresse particulière, montrant que nous parlons dans la fidélité de l’amour.When the sermon has been one of warning or of invitation, it is sometimes natural and impressive to conclude with something of the opposite tendency. The preacher must judge in every case, whether this combination will deepen the general impression, or whether the two will neutralize each other in the hearer’s mind, and leave him unaffected by either. It may be added that warnings, and all that is alarming in gospel truth, should be uttered not as if we delighted in denunciation, but with especial tenderness, showing that we speak in the faithfulness of love.

La longueur de la conclusion, comme celle de l’introduction, dépend des circonstances, et l’on ne peut poser aucune règle. Mais il y a un grand danger de la faire trop longue, surtout dans les appels exhortatifs. Le sentiment de l’orateur le porte à continuer, mais les sentiments des auditeurs ne peuvent être longtemps maintenus à un point élevé. Si le sermon a été long, la conclusion doit certainement être brève, sauf dans des cas très particuliers. Parfois la fin de la dernière division mène réellement à son terme tout l’enchaînement des pensées et lui donne un tour pratique ; une conclusion séparée est alors inutile, et ordinairement peu souhaitable. Parfois une conclusion abrupte est très efficace, quand elle est bien conduite, avec goût et une solennité sans affectation. « La longueur excessive est un défaut commun de la conclusion chez les prédicateurs et les écrivains qui improvisent ; en fait, chez tous ceux qui ne se gouvernent pas, dans la préparation comme dans le débit des sermons, par des plans bien définis. De nouvelles pensées leur viennent, et ils les accrochent à ce qui précède. Pis encore, le prédicateur s’aperçoit parfois qu’il n’a pas atteint l’objet de son discours, ou qu’il n’a pas éveillé le degré d’intérêt qu’il aurait dû susciter, et il continue à lutter dans le vain effort de réparer la faute, jusqu’à ce qu’enfin il soit forcé de terminer plus loin de son but qu’au moment où il a commencé sa conclusion. » Il est surtout malavisé de laisser voir qu’on va conclure, puis de repartir, ou de traîner en longueur.The length of the conclusion, like that of the introduction, is dependent on circumstances, and no rule can be laid down. But there is great danger of making it too long, especially in hortatory appeals. The feeling of the speaker inclines him to continue, but the feelings of the hearers cannot be long kept up to a high point. If the sermon has been long, the conclusion should certainly be brief, save in very peculiar cases. Sometimes the close of the last division really brings the whole train of thought to an end, and gives it a practical turn; any separate conclusion is then unnecessary, and commonly undesirable. Sometimes an abrupt conclusion is very effective, when well managed, with good taste and unaffected solemnity. “Excessive length is a common fault of the conclusion of extemporaneous preachers and writers; in fact, of all who do not govern themselves both in the preparation and delivery of sermons by well-defined plans. New thoughts occur to them, and they are hitched on to what has gone before. What is worse, sometimes the preacher becomes conscious that he has failed to accomplish the object of his discourse, or to awaken the degree of interest he ought to have excited, and he struggles on in the vain endeavor to compensate the fault, until at last he is forced to terminate further from his object than when his conclusion began.” Most of all is it unwise to give indication that one is about to conclude, and then start again, or keep dragging on.

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Les derniers mots de la conclusion peuvent parfois consister en un nouvel énoncé, ample et saisissant, du sujet qui a été traité. « Il est très efficace, dans notre appel final, de pouvoir reproduire fortement et vivement l’idée maîtresse de tout le discours. C’est d’un très grand effet sur nos auditeurs, après tant de preuves solides et tant de traits habiles d’éloquence qui lui ont été consacrés, de voir la grande vérité dominante, l’idée mère, reparaître une fois encore, en ce moment suprême, dans toute la force de sa belle simplicité, dans toute la vigueur de son unité. » Ou bien le texte lui-même peut être le dernier mot. Lorsque le discours a été développé à partir du texte et en a montré toute la richesse de sens, la répétition emphatique du texte en terminant résumera de façon saisissante tout ce qui a été dit. Ou nous pouvons finir par un autre passage de l’Écriture, ou par une partie d’un cantique, ou par une invocation de la bénédiction divine. Ce dernier procédé est parfois naturel et saisissant, mais ne doit jamais devenir une forme habituelle. Très souvent, cependant, le contenu général ou le dessein de la conclusion exigera que nous terminions par quelque pensée particulière. La dernière phrase, quelle qu’elle soit, doit être appropriée et saisissante, mais son style ne doit être ni recherché ni ambitieux. C’est un moment très solennel. Ne pensez pas à votre réputation, cher frère, mais à votre responsabilité et au salut de vos auditeurs.The final words of the conclusion may sometimes consist of a comprehensive and impressive restatement of the subject which has been discussed. “It is very effective when, in our final appeal, we can strongly and vividly reproduce the leading idea of the whole discourse. It has a very great effect upon our hearers, after so many solid proofs and so many skilful strokes of oratory have been devoted to it, to see the great leading truth, the parent idea, appear once more at this crowning moment in all the force of its beautiful simplicity, in all the strength of its unity.” Or the text itself may be the last words. When the discourse has been developed out of the text, and has exhibited all its wealth of meaning, then the emphatic repetition of the text in closing will impressively sum up all that has been said. Or we may end with another passage of Scripture, or with part of a hymn, or with an invocation of the divine blessing. This last is sometimes natural and impressive, but should never become a regular form. Very often, however, the general contents or design of the conclusion will require that we close with some particular thought. The last sentence, of whatever it may consist, ought to be appropriate and impressive, but its style ought not to be elaborate and ambitious. It is a very solemn moment. Do not be thinking of your reputation, good brother, but of your responsibility, and of your hearers’ salvation.

4. Le style : la clarté et l’énergie4. Style: Perspicuity and Energy

John A. Broadus, A Treatise on the Preparation and Delivery of Sermons, première édition (Philadelphie, 1870), partie III, chapitre II, « La clarté du style », et chapitre III, « L’énergie du style ». Texte de la première édition de 1870 (le texte propre de Broadus). Abrégé ; les omissions sont signalées par […]. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John A. Broadus, A Treatise on the Preparation and Delivery of Sermons, first edition (Philadelphia, 1870), part III, chapter II, “Perspicuity of Style,” and chapter III, “Energy of Style.” Text of the 1870 first edition (Broadus’s own text). Abridged; omissions are marked […]. Primary source; the interpretations are the author’s.

Note du STC : à la suite des auteurs écossais George Campbell et Richard Whately, Broadus distingue trois qualités du style : la clarté (perspicuité), l’énergie et l’élégance. Seules les deux premières sont incluses ici. Ses remarques sur les mots anglo-saxons et latins, sur l’ordre des mots en anglais et sur la version King James concernent l’anglais. Le lecteur francophone peut les appliquer à la différence entre les mots de tous les jours et les mots savants de sa propre langue. Ce chapitre suit la première édition de Broadus, de 1870. Les passages qui ne figurent que dans la révision de 1898 due à E. C. Dargan, comme ceux qui citent Genung (1886) et Phelps (1881), ne sont pas inclus. Les pages 342–343 manquent dans l’exemplaire numérisé de 1870 ; un court passage sur le choix des mots est donc également omis.CTS note: Following the Scottish writers George Campbell and Richard Whately, Broadus names three qualities of style: perspicuity (clearness), energy and elegance. Only the first two are included here. His remarks on Anglo-Saxon and Latin words, on English word order and on the King James Version concern English. Spanish and French readers can apply them to the difference between everyday words and learned ones in their own language. This chapter follows Broadus’s 1870 first edition. Passages found only in the 1898 revision by E. C. Dargan, such as those quoting Genung (1886) and Phelps (1881), are not included. Pages 342–343 are missing from the scanned 1870 copy, so a short passage on the choice of words is also left out.

Partie III, chapitre II. La clarté du stylePart III, Chapter II. Perspicuity of Style

La propriété la plus importante du style est la clarté. Le style est excellent lorsque, comme l’atmosphère, il laisse voir la pensée sans être vu lui-même. Pourtant cette comparaison, et le terme de « perspicuité » qui en est dérivé, sont l’une et l’autre insuffisants, car le bon style est comme les verres du stéréoscope, qui, transparents eux-mêmes, donnent forme, relief et contour net à ce qu’ils montrent.The most important property of style is perspicuity. Style is excellent when, like the atmosphere, it shows the thought, but itself is not seen. Yet this comparison, and the term “perspicuity” which was derived from it, are both inadequate, for good style is like stereoscopic glasses, which, transparent themselves, give form and body and distinct outline to that which they exhibit.

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Le prédicateur est plus solennellement tenu que quiconque de rendre son langage clair. Cela est très important pour rédiger une loi, écrire un titre de propriété ou une ordonnance de médecin, mais plus important encore pour proclamer la Parole de Dieu, des paroles de vie éternelle.A preacher is more solemnly bound than any other person, to make his language perspicuous. This is very important in wording a law, in writing a title-deed, or a physician’s prescription, but still more important in proclaiming the Word of God, words of eternal life.

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Il est vrai aussi que le prédicateur a plus de difficulté qu’aucune autre classe d’orateurs à rendre son style clair pour tous ses auditeurs, car nul autre ne parle à un auditoire aussi hétérogène, comprenant des personnes des deux sexes, de tous âges depuis la petite enfance, et de tous degrés d’intelligence et de culture. Mais cette difficulté, quand on la sent le plus vivement, ne doit que stimuler à un effort diligent et minutieux. Car à quoi sert de prêcher, si nous ne pouvons espérer faire du bien ? Et quel bien peut-on faire, sinon dans la mesure où l’on est compris ? Une obscurité prétentieuse peut exciter une pauvre admiration, une joliesse vide de sens peut donner un certain plaisir, la simple vocifération — comme le rôle de Bottom, « rien que rugir » — peut agir sur les nerfs de certaines gens ; mais seule la vérité, et la vérité comprise, peut apporter un bienfait réel. De plus, il peut arriver pire que de ne pas faire de bien : nous pouvons faire du mal. Certains auditeurs sont rebutés et dégoûtés par l’obscurité. D’autres sont égarés. C’est une chose triste à penser, mais qui n’est pas rare, que des hommes nous comprennent si mal qu’ils prennent ce que nous voulions donner comme remède et le changent en poison. Si nous aimons les âmes des hommes, nous devons nous efforcer d’empêcher un résultat si terrible. On ne peut pas s’attendre, comme le remarque déjà Quintilien, « à ce que l’auditeur soit si appliqué à comprendre qu’il jette sur l’obscurité du discours une lumière tirée de sa propre intelligence. Ce que nous disons doit être rendu si clair qu’il pénètre dans son esprit comme le soleil pénètre dans les yeux, même lorsqu’ils ne sont pas tournés vers lui. Nous devons veiller, non à ce qu’il lui soit possible de comprendre, mais à ce qu’il lui soit absolument impossible de ne pas comprendre ». Le philosophe allemand Fichte écrivit un traité portant ce titre : « Exposé clair comme le soleil de la vraie nature de ma philosophie : essai pour forcer le lecteur à comprendre. » Seul un homme très sûr de lui pouvait publier un tel titre ; mais il indique ce que tout maître des hommes doit viser, non avec arrogance mais avec résolution : forcer le lecteur ou l’auditeur à comprendre.It is also true that a preacher has greater difficulty than any other class of speakers in making his style perspicuous to all his hearers, for no others speak to so heterogeneous an audience, including persons of both sexes, of every age from early childhood, and of every grade of intellect and culture. But this difficulty, when most deeply felt, should but stimulate to diligent and painstaking effort. For what is the use of preaching, unless we may hope to do good? And what good can be done, save in proportion as we are understood? Pretentious obscurity may excite a poor admiration, unmeaning prettiness may give a certain pleasure, mere vociferation, — like Bottom’s part, “nothing but roaring,” — may affect some people’s nerves, but only truth, and truth that is understood, can bring real benefit. Moreover, something worse may happen than the failure to do good; we may do harm. Some hearers are repelled and disgusted by obscurity. Others are misled. It is a mournful thing to think of, but one of not infrequent occurrence, that men should so misunderstand us, as to take what we meant for medicine and convert it into poison. As we love men’s souls we must strive to prevent so dreadful a result. One cannot expect, as Quintilian already remarks, “that the hearer will be so intent upon understanding as to cast upon the darkness of the speech a light from his own intelligence. What we say must be made so clear that it will pour into his mind as the sun pours into the eyes, even when they are not directed toward it. We must take care, not that it shall be possible for him to understand, but that it shall be utterly impossible for him not to understand.” The German philosopher Fichte wrote a treatise with this title; “An account clear as the sun, of the real nature of my philosophy; an attempt to compel the reader to understand.” None but a very self-confident man would put forth such a title; but it indicates what every teacher of men ought to aim at, not arrogantly, but resolutely, — to compel the reader or hearer to understand.

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On remarque souvent que les mots anglo-saxons sont en général plus clairs pour le peuple que les mots d’origine latine. Ces derniers sont souvent plus précis, étant restreints dans l’usage à un certain sens particulier, tandis que le mot anglo-saxon est le terme général. Ainsi l’expression anglaise perspicuity of style est plus précise que plainness ou clearness of style, et elle est donc préférable dans un traité, ou dans la conversation avec une personne cultivée. Mais en parlant à un auditoire ordinaire, il vaudrait mieux employer le terme plainness, malgré son ambiguïté, parce que le peuple en saisit le sens beaucoup plus facilement et plus vivement. Et s’il y avait danger qu’il confonde les deux sens — la simplicité opposée à l’obscurité, et la simplicité opposée à l’ornement —, nous pouvons y parer en ajoutant quelque autre expression simple qui montre ce que l’on veut dire. En général, l’élément anglo-saxon de notre langue mérite une grande attention, car ses termes ne sont pas seulement clairs pour tous, mais ils sont souvent singulièrement suggestifs, grâce aux associations d’idées de toute une vie ; outre la somme de sens qu’ils contiennent, ils portent avec eux une atmosphère de suggestion souvent extrêmement attrayante et stimulante. Ceux qui ont étudié le latin et le français devraient étudier aussi l’anglo-saxon ; et, qu’il soit ou non linguiste, tout prédicateur devrait posséder pratiquement les mots simples et familiers, les « mots de la maison », de notre propre anglais. Qu’on ne tienne pas pour acquis que nous les connaissons déjà ; car l’usage judicieux de ces mots n’est nullement universel, même parmi les hommes instruits.It is often remarked that Anglo-Saxon words are generally more perspicuous to the people at large, than words of Latin origin. The latter are frequently more precise, being restricted in usage to a certain specific sense, while the Anglo-Saxon word is the general term. Thus the phrase, perspicuity of style, is a more precise expression than plainness or clearness of style, and is therefore preferable in a treatise, or in conversation with a cultivated person. But in speaking to a general audience it would be better to use the term plainness, notwithstanding its ambiguity, because the people so much more readily and vividly see its meaning. And if there should be danger of their confusing the two senses, of plainness as opposed to obscurity, and plainness as opposed to ornament, we may guard against this by adding some other simple phrase which will show what is meant. In general, the Anglo-Saxon element of our language deserves great attention, for its terms are not only perspicuous to all, but are apt to be singularly suggestive, through life-long association of ideas; besides the bulk of meaning contained, they carry with them an atmosphere of suggestion, often surpassingly attractive and stimulating. Those who have studied Latin and French ought to study Anglo-Saxon also; and whether a student of language or not, every preacher should practically master the homely, “household words” of our own English. Let it not be taken for granted that we know these already; for the discriminating use of them is by no means universal, even among educated men.

(2.) Nous devons employer des mots et des expressions qui rendent exactement notre pensée. Des termes peuvent être intelligibles pour l’auditoire, et pourtant ne pas lui représenter avec certitude ce que nous voulons dire. Ils peuvent être ambigus, de sorte que, tout en comprenant les deux sens, l’auditeur ne voit pas facilement lequel est visé ici. Même les écrivains sacrés, qui emploient un style aisé et familier, nous ont parfois laissé des expressions ambiguës. Par exemple, « l’amour de Dieu », en grec comme dans notre langue, peut désigner notre amour pour Dieu ou son amour pour nous. Lequel des deux est visé dans chaque cas doit se déterminer par le contexte, ou peut-être par l’usage de l’écrivain. Jean l’emploie dans les deux sens ; Paul, presque invariablement, dans le second. Un style absolument exempt de telles ambiguïtés ne serait pas naturel, et pourtant il faut évidemment les éviter autant que possible. Ou bien des termes peuvent être employés dans des sens différents dans le même contexte, et ainsi, sans être ambigus en eux-mêmes, laisser le sens douteux. Ou bien ce peuvent être des termes généraux, qui n’indiquent pas l’idée précise qu’on avait en vue. Ou bien ils peuvent être indéterminés, et laisser incertaine l’étendue du sens visé. En général, les termes doivent être précis, taillés pour ainsi dire à la mesure du sens, de sorte que l’expression et l’idée correspondent exactement, sans que l’une contienne rien que l’autre ne contienne. On peut presque toujours trouver de tels termes, et nous devons nous astreindre habituellement à les chercher. Outre l’avantage de la clarté pour les autres, cette habitude profitera grandement à notre propre esprit, car nos pensées n’acquièrent une forme définie et des contours nets que dans la mesure où nous trouvons les termes précis pour les exprimer. Elle donnera aussi de la fraîcheur. Il n’y a pas deux hommes qui pensent exactement de même, de même que tous les visages sont différents ; et celui qui réfléchit tant soit peu sur un sujet, et qui dit ensuite exactement ce qu’il pense, ne peut manquer d’être dans une certaine mesure original.(2.) We must use words and phrases that exactly express our thought. Terms may be intelligible to the audience, and yet not certainly represent to them our meaning. They may be ambiguous, so that while the hearer understands both senses, he does not readily see which is here intended. Even the sacred writers, employing an easy, colloquial style, have sometimes left us ambiguous expressions. For example, the love of God, in Greek as in English, may denote our love to God, or his love to us. Which it means in any case must be determined from the connection, or perhaps from the usage of the writer. John uses it in both senses, Paul almost invariably in the latter. A style absolutely free from such ambiguities would not be natural, and yet they ought of course to be avoided as far as possible. Or, terms may be used in different senses in the same connection, and thus, although not in themselves ambiguous, may leave the meaning doubtful. Or they may be general terms, and fail to indicate what specific idea was meant. Or they may be indefinite, and leave it uncertain what extent of meaning was designed. In general, the terms ought to be precise, as it were cut down to fit the meaning, so that the expression and the idea exactly correspond, neither of them containing anything which the other does not contain. Such terms may almost always be found, and we should habitually constrain ourselves to seek for them. Besides the advantage of perspicuity to others, this habit will greatly benefit our own minds, for our thoughts attain a definite form and distinct outlines only in proportion as we find the precise terms to express them. It will also give freshness. No two men think exactly alike, even as all countenances are different; and he who thinks at all upon a subject, and then says just what he thinks, cannot fail of being to some extent original.

Un moyen important d’obtenir la précision est la distinction exacte entre les prétendus synonymes. Même la langue anglaise, qui dans tant de cas conserve un mot anglo-saxon et un mot latin de sens originel à peu près identique, n’a, à strictement parler, pas de synonymes. Notre usage a assigné à ces mots des parties différentes du domaine autrefois commun aux deux, ou du moins une étendue d’application différente. Plus une langue se cultive, comme l’a remarqué De Quincey, plus elle distingue entre les synonymes apparents. Pour prendre un exemple familier, le mot grec sympathy, le mot latin compassion et le composé anglo-saxon fellow-feeling sont à l’origine substantiellement la même chose ; mais combien ils sont maintenant distincts comme mots anglais ! Pourtant il y a de très nombreux cas où des mots différents coïncident plus ou moins, si bien que l’observateur inattentif les tiendrait pour équivalents à tous égards, et entre ceux-là il est très important de distinguer. Notre propre langue, pour la raison que nous venons d’indiquer, abonde en ces synonymes, et l’on ne saurait trop instamment exhorter le prédicateur à leur accorder une attention constante et minutieuse.One important means of securing precision, is accurate discrimination between so-called synonymes. Even the English language, which in so many cases retains both an Anglo-Saxon and a Latin word of much the same original meaning, has, strictly speaking, no synonymes. Our usage has assigned to the words different departments of the field once common to both, or at least a different extent of application. The more cultivated a language becomes, as De Quincey has remarked, the more it distinguishes between apparent synonymes. To take a familiar example, the Greek word sympathy, the Latin compassion, and the compound of Anglo-Saxon, fellow-feeling, are in origin substantially the same; but how distinct they now are as English words. Yet there are very many cases in which different words will coincide, to a greater or less extent, so that the careless observer would regard them as in all respects equivalent, and between these it is highly important to discriminate. Our own language, for the reason just indicated, greatly abounds in these synonymes, and the preacher cannot be too earnestly urged to give them his constant and pains-taking attention.

L’habileté dans le choix des termes ne vient d’elle-même à personne. Tous ceux qui réussissent à cet égard, si doués ou si peu lettrés qu’ils soient, l’ont acquise par l’observation, la réflexion et la pratique. Celui qui croit que les mots sont sans importance ne sera jamais clair dans l’expression, ni net dans la pensée.Skill in the choice of terms comes to no man as a matter of course. All who succeed in this respect, however gifted or however unlettered, have attained it by observation, reflection, practice. He who thinks words unimportant, will never be perspicuous in expression, nor clear in thinking.

2. La clarté dépend aussi de la construction des phrases et des paragraphes. Cet important sujet ne sera pas traité ici en détail, parce qu’il demande à être illustré par de nombreux exemples et ne peut être pleinement maîtrisé que par des exercices écrits.2. Perspicuity also depends on the construction of sentences and paragraphs. This important subject will not here be discussed at length, because it requires to be illustrated by numerous examples, and can be thoroughly mastered only by means of written exercises.

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Dans la composition non écrite, ou ce qu’on appelle parler d’abondance, il vaut mieux en pratique, bien que cela revienne au même, fixer l’esprit sur des points plutôt que sur des paragraphes. Ne pensez pas à la manière dont vous distribueriez cela en pages si vous écriviez, mais disposez une suite de points à traiter. Puis, en reprenant chacun d’eux dans l’ordre, souvenez-vous du dicton familier : « tenez-vous à votre point ». On peut ainsi obtenir l’unité et la suite qui appartiennent à un paragraphe écrit. Pourtant il n’y a probablement aucun point sur lequel un orateur ait autant besoin de la discipline de la composition écrite que sur cette question de la suite dans le développement d’une seule pensée. Un homme qui n’écrit jamais rien peut parfois apprendre à bien construire ses phrases et à bien disposer ses discours. Il peut avoir des points distincts, correspondant à des paragraphes, et dont chacun forme une unité. Mais développer ces points avec ordre, de façon que chaque phrase naisse de la précédente, ou ait avec elle un lien bien marqué, de façon que l’unité développée devienne une construction, une organisation harmonieuse, c’est ce que peu d’hommes parviennent à faire sans la pratique de la rédaction de paragraphes. Et l’écriture hâtive, si commune chez ceux qui lisent des sermons, ne remédie nullement à la chose.In unwritten composition, or what is called extemporaneous speaking, it is practically better, though amounting to the same thing, to fix the mind on points, rather than on paragraphs. Do not be thinking how you would distribute this on pages if you were writing, but arrange a succession of points to be treated. Then taking up each of these in order, remember the homely saying, and “stick to your point.” One may thus gain the unity and consecutiveness which belong to a written paragraph. Yet there is probably no one particular in which a speaker so much needs the discipline of written composition, as in respect to this matter of consecutiveness in developing a single thought. A man who never writes anything may sometimes learn to frame sentences well, and to arrange discourses well. He may have distinct points, corresponding to paragraphs, and each constituting a unit. But to develop these points in an orderly manner, so that each sentence may grow out of the preceding, or have a well-indicated connection with it, so that the developed unit may become a structure, an harmonious organization, this is what few men learn to achieve without practice in writing paragraphs. Nor does the hurried writing so common among those who read sermons, at all mend the matter.

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3. La clarté dépend non seulement du choix des termes et de la bonne construction des phrases et des paragraphes, mais aussi de la brièveté ou de l’abondance générale du style.3. Perspicuity depends not only on the choice of terms, and the proper construction of sentences and paragraphs, but also on the general brevity or diffuseness of the style.

C’est une erreur de supposer que l’énoncé le plus bref d’une idée sera sûrement le plus clair. S’il est réellement rendu clair pour la personne à qui l’on s’adresse, alors évidemment plus il est bref, mieux cela vaut. Mais « une extrême concision ne convient pas aux auditeurs ou aux lecteurs dont les facultés intellectuelles et la culture sont médiocres… Les anatomistes remarquent que la qualité nutritive n’est pas la seule chose requise dans la nourriture ; qu’un certain degré de distension de l’estomac est nécessaire pour qu’il puisse agir de toute sa force ; et que c’est pour cette raison qu’il faut donner aux chevaux du foin ou de la paille aussi bien que du grain, afin de fournir le volume nécessaire. Il se passe quelque chose d’analogue pour la généralité des esprits, qui sont incapables de digérer et d’assimiler pleinement ce qu’on leur présente, si clairement que ce soit, sous un très petit volume… Il est nécessaire que l’attention soit retenue un certain temps sur le sujet ; et les personnes d’esprit peu philosophique, bien qu’elles puissent faire attention à ce qu’elles lisent ou entendent, sont peu portées à s’y arrêter ensuite par la méditation ».It is a mistake to suppose that the briefest statement of an idea is sure to be the clearest. If it be really made clear to the person addressed, then of course the briefer the better. But “extreme conciseness is ill-suited to hearers or readers whose intellectual powers and cultivation are but small It is remarked by anatomists, that the nutritive quality is not the only requisite in food; — that a certain degree of distention of the stomach is required, to enable it to act with its full powers; — and that it is for this reason hay or straw must be given to horses, as well as corn, in order to supply the necessary bulk. Something analogous to this takes place with respect to the generality of minds; which are incapable of thoroughly digesting and assimilating what is presented to them, however clearly, in a very small compass It is necessary that the attention should be detained for a certain time on the subject: and persons of unphilosophical mind, though they can attend to what they read or hear, are unapt to dwell upon it in the way of subsequent meditation.”

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La prolixité est donc pire que l’extrême concision. Celle-ci, bien qu’imparfaitement comprise, peut stimuler l’attention et la réflexion, et conduire à un examen ultérieur du sujet. Celle-là ne fait que lasser et dégoûter. Il faut reconnaître que la prolixité est très commune en chaire. Les prédicateurs doivent souvent préparer et prêcher lorsque leur esprit n’est pas en disposition créatrice. Il leur semble de leur devoir de dire quelque chose, et la coutume exige que, si stérile que soit le sujet et si défavorable que soit leur état d’esprit, ils continuent au moins un certain nombre de minutes. En de telles circonstances, les idées d’un homme ne sont pas claires, et dans le faible effort qu’il fait pour les exprimer, il devient inévitablement prolixe.Prolixity, then, is worse than extreme conciseness. The latter, though imperfectly understood, may stimulate attention and reflection, and lead to subsequent examination of the subject. The former does but weary and disgust. It must be granted that prolixity is very common in the pulpit. Preachers often have to prepare and preach when their minds are not in a creative mood. It seems their duty to say something, and custom requires that, however unfruitful the subject and however unfavorable their own state of mind, they shall continue for at least a certain number of minutes. Under such circumstances a man’s ideas are not clear, and in the feeble struggle to express them, he inevitably becomes prolix.

Il y a plusieurs moyens d’éviter une trop grande concision sans tomber dans la prolixité. L’un d’eux est la répétition. Dans certains cas, il est bon de répéter l’énoncé dans les mêmes termes. Plus ordinairement, nous pouvons « répéter le même sentiment et le même argument sous beaucoup de formes d’expression différentes, chacune brève en elle-même, mais toutes ensemble donnant au sens à transmettre une expansion telle, et y retenant l’esprit autant, que le sens l’exige ». Cette répétition ne doit évidemment pas être une simple tautologie. La pensée doit être présentée sous un autre point de vue ou dans quelque relation nouvelle. « Ce qui a été exprimé en termes propres peut être répété en termes métaphoriques ; l’antécédent et le conséquent d’un argument, ou les parties d’une antithèse, peuvent être intervertis ; ou plusieurs points différents qui ont été énumérés peuvent être présentés dans un ordre varié, etc. » Un autre moyen est l’illustration variée. Après avoir énoncé la pensée aussi clairement qu’on peut le faire dans un espace modéré, nous pouvons en présenter diverses illustrations, ou illustrer ses différents aspects. Elles intéressent l’auditeur et retiennent son attention sur le sujet, jusqu’à ce qu’il lui devienne parfaitement familier, sans pourtant qu’il s’en lasse. Il n’y a pas d’exemple plus remarquable de cela que Chalmers. Ses sermons consistent souvent en une seule idée, qu’il présente sous différents jours, tourne et retourne encore et encore, jusqu’à ce que nous en ayons vu toutes les facettes ; et pourtant chacun de ces aspects est rendu si brillant par des illustrations fraîches, si éclatant des couleurs de l’imagination, que nous ne pouvons nous lasser. En cela, comme à d’autres égards, Chalmers est l’un des pires modèles à imiter, mais l’un des exemples les plus profitables à étudier. Et un troisième moyen d’obtenir l’ampleur nécessaire sans prolixité est la division. La matière présentée, si menue soit-elle, peut souvent être divisée en plusieurs points, comme nous divisons les sujets plus vastes ; et ces points étant successivement énoncés, l’ensemble se voit clairement.There are several means by which we may avoid too great conciseness without falling into prolixity. One of these is repetition. In some cases it is well to repeat the statement, in the same words. More commonly, we may “repeat the same sentiment and argument in many different forms of expression; each in itself brief, but all together affording such an expansion of the sense to be conveyed, and so detaining the mind upon it, as the sense may require.” This repetition must of course not be a mere tautology. The thought must be presented in some other view or some new relation. “What has been expressed in appropriate terms may be repeated in metaphorical; the antecedent and consequent of an argument, or the parts of an antithesis may be transposed; or several different points that have been enumerated, presented in a varied order, &c.” Another means is by varied illustration. After stating the thought as clearly as can be done within a moderate compass, we may present various illustrations of it, or of its different aspects. These interest the hearer, and detain his attention on the matter in hand, until he becomes perfectly familiar with it, and yet not weary of it. There is no more remarkable example of this than Chalmers. His sermons often consist of a single idea, which is held up in different lights, turned over and over, and round and round, until we have seen every facet it possesses; and yet each of these aspects is made so bright with fresh illustration, so brilliant with hues of fancy, that we cannot grow weary. In this, as in some other respects, Chalmers is one of the worst models to be imitated, but one of the most profitable examples to be studied. And a third means of gaining the requisite expansion without prolixity, is division. The matter presented, however minute, may often be divided into several points, just as we divide larger topics; and these points being successively stated, the whole is clearly seen.

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En conclusion, souvenons-nous que les efforts pour être clair peuvent être poussés trop loin. Il est terriblement fastidieux d’entendre un homme expliquer soigneusement ce que tous les assistants comprennent d’avance, ou continuer à répéter, développer et illustrer ce qu’il a déjà rendu suffisamment clair. Et l’abondance oratoire dont nous venons de parler est tout autre chose que ce torrent de mots inutiles que nous sommes si souvent obligés de subir.In conclusion, let us remember that efforts to be perspicuous may be carried too far. It is wretchedly tiresome to hear a man carefully explaining what every one present understands beforehand, or continuing to repeat and open and illustrate what he has already made sufficiently plain. And the oratorical diffuseness just spoken of,, is a very different thing from that torrent of useless words which we are so often compelled to endure.

Partie III, chapitre III. L’énergie du stylePart III, Chapter III. Energy of Style

Le terme d’énergie, appliqué au style, comprend tout ce que nous entendons par des termes distincts comme animation, force et passion. L’animation, ou vivacité, sert à stimuler l’attention ; il ne suffit pas que l’orateur dise ce que l’auditeur peut comprendre s’il fait attention ; il s’agit de le réveiller, de lui insuffler de la vie, de rendre l’attention facile et agréable, et l’inattention difficile. Pour cela, les principaux agents sont la fraîcheur de la pensée et la puissance magnétique du débit ; mais on peut aussi obtenir beaucoup par l’animation du style. Le terme de force s’emploie surtout à propos des arguments, et le mot voisin de puissance s’applique à la fois aux arguments et aux motifs. La passion — que dans ses formes plus douces et plus tendres nous appelons le pathétique, et dans sa forme la plus haute le sublime — agit sur les sentiments, souvent par l’intermédiaire de l’imagination ; et la force comme la passion visent en définitive à influencer la volonté. Il est donc clair, d’après la conception de l’éloquence que nous avons adoptée, que la propriété caractéristique d’un style éloquent est l’énergie. La clarté, il en a besoin en commun avec le style philosophique ou didactique ; l’élégance, il peut la posséder en commun avec le style poétique ; mais l’énergie, c’est-à-dire l’animation, la force ou la passion, est ce qui le caractérise.The term energy, as applied to style, includes all that we mean by such separate terms as animation, force, and passion. Animation, or liveliness, serves to stimulate attention; it is not enough for a speaker to say what the hearer may understand if he attends; the point is to arouse him, to put life into him, to make attention easy and pleasant, and inattention difficult. For this the freshness of the thought, and the magnetic power of delivery are the chief agents; but much may also be accomplished by animation of style. The term, force is used especially with reference to arguments, and the kindred word power is applied both to arguments and to motives. Passion — which in its milder and more tender forms we call pathos, and in its highest form the sublime — has its effect upon the feelings, often by means of the imagination; and both force and passion aim at last to influence the will. It is thus plain, according to the view we have taken of eloquence, that the characteristic property of an eloquent style is energy. Perspicuity it needs in common with the philosophical or didactic style; elegance it may possess in common with the poetic style; but energy, i. e. animation, force or passion, is its characteristic.

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La condition suivante est d’avoir quelque chose à dire, et quelque chose que l’on considère comme extrêmement important. L’esprit doit être plein de pensée, s’il doit y avoir une expression vigoureuse. Ce qui est dit doit être ce que l’orateur croit de tout cœur être vrai, sent profondément être important et désire ardemment faire pénétrer chez les autres. Le prédicateur a des avantages particuliers quant aux matériaux propres à l’énergie, s’il a de la Bible une connaissance familière, profonde et toujours renouvelée. Aucun intérêt temporel n’est aussi capital que ceux de l’éternité. Aucun autre sujet ne peut donner à l’esprit autant de vigueur et d’autorité que des vérités dont nous savons personnellement qu’elles sont enseignées dans la Parole de Dieu. « Un orateur sacré vraiment puissant est “puissant dans les Écritures”. »The next requisite is something to say, and something regarded as exceedingly important. The mind must be full of thought, if there is to be forcible expression. That which is said must be what the speaker heartily believes to be true, deeply feels to be important, and earnestly desires to impress upon others. The preacher has peculiar advantages in respect of materials conducive to energy, if he has a familiar, profound, and ever-freshened acquaintance with the Bible. No temporal interests are so momentous as those of eternity. No other topics can impart to the mind such vigor and authority as truths which we personally know to be taught in God’s Word. “A truly mighty sacred orator is ‘mighty in the Scriptures.’”

L’énergie du style doit être considérée sous quatre chefs : le choix des termes, la construction des phrases, la concision et l’emploi des figures.Energy of style must be considered under four heads; the choice of terms, the construction of sentences, conciseness, and the use of figures.

1. Quant au choix des termes, un point est que, dans la mesure où le sujet le permet, nous devons préférer les termes concrets aux termes abstraits, et les termes particuliers ou spécifiques aux termes généraux. Dans la discussion philosophique, ou dans les énoncés d’ensemble, on a évidemment besoin de termes abstraits ou généraux, mais ceux-ci sont très défavorables à l’énergie du style. « Plus les termes sont généraux, plus le tableau est pâle ; plus ils sont particuliers, plus il est brillant. Les mêmes sentiments peuvent être exprimés avec autant de justesse, et même de clarté, de la première manière que de la seconde ; mais comme le coloris sera alors plus languissant, il ne peut donner un plaisir égal à l’imagination, et par conséquent ne contribuera pas autant à fixer l’attention ni à frapper la mémoire. » Campbell illustre ensuite cela par des exemples frappants tirés de l’Écriture.1. As to the choice of terms, one point is, that so far as the subject may admit we should prefer concrete to abstract terms, and particular or specific to general terms. In philosophical discussion, or in comprehensive statements, there is of course need for abstract or for general terms, but these are very unfavorable to energy of style. “The more general the terms are, the picture is the fainter; the more special they are, it is the brighter. The same sentiments may be expressed with equal justness, and even perspicuity, in the former way as in the latter; but as the coloring will in that case be more languid, it cannot give equal pleasure to the fancy, and by consequence will not contribute so much either to fix the attention or to impress the memory.” Campbell proceeds to illustrate this by striking examples from Scripture.

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2. Beaucoup de choses dépendent, quant à l’énergie, de la construction des phrases. La structure périodique des phrases demande une attention particulière. Le mot « période » signifie un tour, un circuit, une révolution, etc., et, à strictement parler, une phrase serait appelée période lorsqu’elle revient à la fin à ce par quoi elle a commencé. Il était très courant en grec et en latin, surtout dans cette dernière langue, de commencer par un nom au nominatif, puis de faire une longue phrase composée d’abord de compléments du nom, ensuite de compléments du verbe, et de donner le verbe comme dernier mot. Ce serait strictement une période : la phrase décrit un cercle, et le dernier mot est en étroite liaison grammaticale avec le premier. En anglais, nous donnons rarement exactement cette forme aux longues phrases, sauf dans le style inversé du vers blanc.2. Much depends, as to energy, upon the construction of sentences. The periodic structure of sentences requires special attention. The word “period” signifies a going round, a circuit, revolution, etc., and strictly speaking, a sentence would be called a period when it returns at the close to the matter with which it began. It was very common in Greek and Latin, particularly the latter, to begin with a noun in the nominative case, then make a long sentence, consisting first of adjuncts to the noun and afterwards of adjuncts to the verb, and as the closing word to give the verb. This would be strictly a period; the sentence circles round, and the last word is in close grammatical connection with the first. In English we seldom give precisely this form to long sentences, except in the inverted style of blank verse.

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La position la plus en vue dans une phrase est le début, et après lui, la fin. Si un mot qui, selon l’ordre grammatical ordinaire, viendrait ailleurs, est placé au début ou à la fin, il attirera une attention particulière ; il deviendra l’un des mots importants, emphatiques, de la phrase. Et en général, mettre un mot hors de sa place habituelle le fera particulièrement remarquer. De telles inversions de l’ordre, en donnant un relief particulier au mot ou au membre de phrase le plus important, rendront souvent une phrase beaucoup plus énergique. Comparez « Grande est la Diane des Éphésiens ! » et « La Diane des Éphésiens est grande ». Dans la parole de Pierre, « Je n’ai ni argent ni or ; mais ce que j’ai, je te le donne », prenez l’ordre grammatical commun, « Je n’ai pas d’or ni d’argent », etc., et comme c’est faible ! Remarquez aussi qu’ici la version anglaise augmente l’énergie en séparant l’adjectif « aucun » de ses substantifs et en le plaçant à la fin du membre de phrase, l’autre position la plus emphatique. Et non seulement le prédicat peut ainsi venir en premier, pour l’emphase, mais beaucoup d’autres inversions sont possibles. « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux. » « Voici maintenant le temps favorable. »The most prominent position in a sentence is the beginning, and next to this, the end. If now a word which, according to the common grammatical order, would come elsewhere, be placed at the beginning or the end, it will attract special attention; it will become one of the important, the emphatic words of the sentence. And in general, to put a word out of its ordinary place, will cause it to be specially noticed. Such inversions of order, by giving particular prominence to the most important word or clause, will often render a sentence far more energetic. Compare “Great is Diana of the Ephesians,” and “Diana of the Ephesians is great.” In the saying of Peter, “Silver and gold have I none, but such as I have, give I thee,” take the common grammatical order, “I have no gold and silver,” etc., and how feeble! Observe too, that here our version increases the energy by separating the adjective none from its substantives, and putting it at the end of the clause, the other most emphatic position. And not only may the predicate thus come first, for emphasis, but many other inversions are possible. “Not every one that saith unto me, Lord, Lord, shall enter into the kingdom of heaven.” “Now is the accepted time.”

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L’antithèse ajoute souvent beaucoup à l’énergie. Par exemple : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat. » « Tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses ; une seule chose est nécessaire. » « La mémoire du juste est en bénédiction, mais le nom des méchants tombe en pourriture. » De telles expressions antithétiques abondent dans les Proverbes de Salomon, comme dans les proverbes non inspirés de toutes les nations, leur concision et leur force contribuant à les rendre populaires. Quelle vigueur dans la parole citée par Quintilien : « Je ne vis pas pour manger, je mange pour vivre » ! Dans tous ces cas, chacun des deux membres opposés éclaire l’autre, de sorte que, sans perdre en clarté, les expressions peuvent être rendues très brèves, et par là plus incisives et plus vigoureuses ; tandis qu’en même temps le contraste rend l’énoncé tout entier plus frappant. L’antithèse contribue tellement à l’énergie et à l’éclat du style que beaucoup d’écrivains et d’orateurs l’emploient avec un grand excès. Cela dépare le style de Macaulay, si admirable à bien des égards. Dans la prédication, un effort manifeste, et surtout fréquent, pour frapper est particulièrement malséant. Et outre l’offense au goût dans l’usage excessif de l’antithèse, il y a danger, dans chaque cas particulier, d’offenser la vérité. Pour opposer deux choses d’une manière frappante, nous pouvons inconsciemment exagérer la différence. Ainsi lord Bacon, qui aimait beaucoup les antithèses et en a laissé un remarquable recueil, dit dans l’essai De l’adversité que « la prospérité est la bénédiction de l’Ancien Testament, l’adversité est la bénédiction du Nouveau ». Mais la différence réelle entre les deux Testaments à cet égard est relative, et non absolue. L’Ancien Testament enseigne à plusieurs reprises la bénédiction de l’adversité, le Nouveau promet plusieurs fois la prospérité temporelle. Le premier parle surtout de prospérité, le second surtout d’adversité. Mais cette différence de degré, Bacon la change, pour les besoins de son antithèse, en une différence de nature. Le danger d’une telle exagération est très grand, et c’est une chose triste que de gagner de la force aux dépens de la vérité.Antithesis often adds greatly to energy. E. g. “The Sabbath was made for man, not man for the Sabbath.” “Thou art anxious and troubled about many things: but one thing is needful.” “The memory of the just is blessed: but the name of the wicked shall rot.” Such antithetical expressions abound in the Proverbs of Solomon, as they do in the uninspired proverbs of all nations, their terseness and force contributing to give them popularity. How vigorous is the saying quoted by Quintilian: “I do not live to eat, I eat to live.” In all such cases, each of the two contrasted clauses throws light upon the other, so that, without losing perspicuity the expressions may be made very brief, and thus more pointed and forcible; while at the same time the contrast makes the whole statement more striking. So much does antithesis contribute to energy and brilliancy of style, that many writers and speakers employ it in great excess. This disfigures the style of Macaulay, which is in many respects so admirable. In preaching, a manifest, and especially a frequent effort to strike, is particularly unbecoming. And besides the violation of taste in the excessive use of antithesis, there is danger, in any single case, of violating truth. In order strikingly to contrast two things, we may unconsciously exaggerate the difference. Thus Lord Bacon, who was very fond of antitheses, and has left a remarkable collection of them, says in the Essay on Adversity, that “prosperity is the blessing of the Old Testament, adversity is the blessing of the New.” But the real difference in this respect between the two Testaments is relative, and not absolute. The Old Testament repeatedly teaches the blessing of adversity, the New several times promises temporal prosperity. The former speaks mainly of prosperity, the latter mainly of adversity. But this difference in degree, Bacon converts, for the sake of his antithesis, into a difference in kind. The danger of such exaggeration is very great, and it is a sad thing to gain force at the expense of truth.

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3. L’énergie est grandement favorisée par la concision. « On peut poser en maxime qui n’admet aucune exception que, moins il y a de mots, pourvu que ni la propriété ni la clarté ne soient violées, plus l’expression est toujours vive. “La brièveté, dit Shakespeare, est l’âme de l’esprit.” Ce qui est certain, c’est que, de quelque nature que soit la pensée — spirituelle, plaisante, grave, animée ou sublime —, plus elle est exprimée brièvement, plus l’énergie est grande, ou plus la pensée est avivée… De même que, lorsque les rayons du soleil sont réunis au foyer d’un verre ardent, plus la tache qui les reçoit est petite par rapport à la surface du verre, plus l’éclat est grand…, de même, en présentant nos pensées par la parole, plus est étroit le cercle de mots dans lequel la pensée est exprimée, plus l’expression est énergique… La même pensée, exprimée diffusément, sera à peine reconnue comme juste ; exprimée avec concision, elle sera admirée comme pleine d’esprit. » Il n’y a pas d’exemple plus remarquable de concision énergique que le célèbre mot de César, Veni, vidi, vici, « Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu ». La brièveté étudiée du parler lacédémonien nous a donné le mot laconique. Les orateurs des Indiens d’Amérique se sont souvent fait remarquer par des paroles brèves, substantielles et incisives. Tous les hommes, cultivés ou non, apprécient la brièveté.3. Energy is greatly promoted by Conciseness. “It may be established as a maxim that admits no exception, that the fewer the words are, provided neither propriety nor perspicuity be violated, the expression is always the more vivid. ‘Brevity,’ says Shakspeare, ‘is the soul of wit.’ Thus much is certain, that of whatever kind the sentiment be, witty, humorous, grave, animated, or sublime, the more briefly it is expressed, the energy is the greater, or the sentiment is the more enlivened As when the rays of the sun are collected into the focus of a burning-glass, the smaller the spot is which receives them, compared with the surface of the glass, the greater is the splendor; .... so, in exhibiting our sentiments by speech, the narrower the compass of words is wherein the thought is expressed, the more energetic is the expression The very same sentiment, expressed diffusely, will be admitted barely to be just; expressed concisely, it will be admired as spirited.” There is no more remarkable example of energetic conciseness than the famous saying of Caesar, Veni, vidi, vici, “I came, saw, conquered.” The studied brevity of Lacedaemonian speech has given us the word laconic. The orators among the American Indians have often been remarkable for brief, pithy, pointed sayings. All men, cultivated and uncultivated, appreciate brevity.

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La grande majorité des jeunes orateurs et écrivains doivent cultiver la concision avec un soin particulier. La plupart de ceux qui se sentent poussés à écrire ou à parler ont naturellement la parole facile. Ils trouvent la volubilité et la verbosité aisées pour eux-mêmes et agréables à beaucoup de leurs auditeurs. Une exubérance excessive du style promet beaucoup plus qu’une extrême sécheresse ; mais, comme l’a remarqué Cicéron, elle a besoin, comme un blé trop poussé au printemps, d’être broutée et rabattue par la plume. La tâche exige souvent un rigoureux empire sur soi. Le garçon qui éclaircit le maïs voudrait laisser là-bas trois tiges dans une même butte, parce qu’elles lui semblent toutes si grandes et si belles. Mais il doit se rappeler que trois ne donneront pas plus que deux ; bien plus, elles donneront moins. Certaines personnes, au contraire, devraient s’exciter à une plus grande fécondité de style, ce qu’on peut obtenir en développant l’imagination, en se familiarisant avec de bons écrivains dont le style tend à l’abondance, et en s’efforçant de parler et d’écrire sous l’influence d’une passion plus vive ou d’un sentiment plus tendre.The great majority of young speakers and writers need with especial care to cultivate conciseness. Most of those who feel moved to write or speak are naturally fluent. They find volubility and verbosity to be easy to themselves, and acceptable to many of their hearers. An excessive luxuriance of style is much more promising than extreme barrenness; but, as Cicero remarked, it needs, like an overgrowth of grain in spring, to be pastured down with the pen. The task often requires rigorous self-control. The lad who is thinning corn longs to leave three stalks yonder in one hill, because they all seem so large and fine. But he must remember. Three will make no more than two; nay, will make less. Some persons, on the other hand, should stimulate themselves to greater fertility in respect to style, which may be effected by improving the imagination, by familiarity with good writers whose style tends to luxuriance, and by endeavoring to speak and write under the influence of a more stirring passion, or a more tender sentiment.

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4. Le principal élément de l’énergie dans le style est peut-être l’emploi des figures. Le sentiment passionné, que ce soit la colère, la crainte, l’amour ou l’émotion du sublime, s’exprime naturellement au moyen d’images hardies — hardies, mais jamais recherchées ni tirées par les cheveux.4. Perhaps the chief element of energy in style is the use of figures of speech. Passionate feeling, whether anger, fear, love, or the emotion of the sublime, naturally expresses itself by means of bold imagery, — bold, though never elaborate or far-fetched.

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La métaphore contribue plus à l’énergie que la comparaison. Celle-ci est utile pour la clarté ou pour l’élégance, mais on l’évite volontiers dans le discours passionné ou énergique de quelque autre manière. On a souvent remarqué que dans le grand discours de Démosthène Sur la couronne, où tant d’intérêts étaient en jeu et où il parle avec tant de franchise, de force et de véhémence, il n’y a qu’une seule comparaison, et encore exprimée en deux mots. Pourtant les comparaisons peuvent parfois, par la nature de la matière, être extrêmement saisissantes. « Ses yeux étaient comme une flamme de feu, et sa voix comme le bruit de grandes eaux. » « Car, comme l’éclair part de l’orient et se montre jusqu’en occident, ainsi en sera-t-il de l’avènement du Fils de l’homme. » « Les méchants… sont comme la paille que le vent dissipe. »Metaphor is more conducive to energy than comparison. The latter is useful in order to perspicuity or to elegance, but is apt to be avoided in impassioned or otherwise energetic discourse. It has been often remarked that in Demosthenes’ great oration on the Crown, where he had so much at stake, and speaks with such directness and force and vehemence, there is but a single comparison, and that couched in two words. Yet comparisons may sometimes, from the nature of the subject-matter, be exceedingly impressive. “His eyes were as a flame of fire, and his voice as the sound of many waters.” “As the lightning cometh out of the east, and shineth even unto the west, so shall the coming of the Son of man be.” “The ungodly .... are like the chaff which the wind driveth away.”

La métaphore suppose ou implique une ressemblance ou une analogie sans l’énoncer, comme le fait la comparaison, et elle est ainsi plus condensée et plus concise. Lorsqu’une métaphore ne serait pas facilement intelligible, on peut la combiner avec une comparaison ou l’éclaircir par quelque terme supplémentaire. Une grande multitude de métaphores sont devenues si familières qu’elles n’ont plus de force particulière ; mais dans les nombreuses métaphores qui ne s’usent jamais, et dans le champ illimité de l’invention et de la combinaison nouvelles, les métaphores offrent à l’orateur une source inépuisable d’expression énergique. C’est l’imagination qui doit les produire, et le bon goût qui doit en régler l’usage. Les orateurs inexpérimentés emploient souvent des métaphores incohérentes en elles-mêmes, ou poussées jusque dans des détails ridicules ou fastidieux. Mais beaucoup dépendra du sujet, de l’occasion et du sentiment. Même l’exemple si souvent condamné de métaphore mêlée chez Shakespeare — « prendre les armes contre une mer de tourments » — est admissible et naturel chez Hamlet, égaré, méditant le suicide et se parlant à lui-même.The metaphor assumes or implies a resemblance or an analogy, without stating it as in the comparison, and is thus more condensed and terse. Where a metaphor would not be readily intelligible, it may be combined with a comparison, or made plain by some additional term. A great multitude of metaphors have become so familiar, that they no longer possess any special force; but in the many that never wear out, and in the unlimited range of new invention and combination, metaphors present to the orator an inexhaustible source of energetic expression. It is imagination that must produce them, and good taste that must regulate their use. Inexperienced speakers often employ metaphors that are incongruous in themselves, or carried out into ridiculous or wearisome detail. But much will depend on subject, occasion and feeling. Even Shakspeare’s often condemned example of a mixed metaphor, “To take arms against a sea of troubles,” is allowable and natural in Hamlet, when frenzied and meditating suicide, and speaking to himself alone.

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L’hyperbole, qui consiste à dire plus qu’on ne veut dire, est très naturelle chez une personne si absorbée dans la contemplation d’un objet ou d’un sujet particulier qu’elle en exagère l’importance relative, ou chez quelqu’un de si intensément ému que toute expression ordinaire lui paraît fade. Elle est aussi permise dans tous les cas où l’on sait que le langage exagéré ne risque pas d’être mal compris, et où l’on veut produire une impression profonde au sujet d’un fait important. « Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu’on écrirait » (Jean 21.25). De telles expressions sont particulièrement naturelles à l’esprit oriental ardent, et elles ont une grande puissance sur la masse des hommes. L’apôtre Paul est remarquable par ses hyperboles et par un langage fort de toute espèce. Son expression passionnée, « Car je voudrais moi-même être anathème et séparé de Christ pour mes frères » (Romains 9.3), se comprend mieux comme un exemple de langage hyperbolique, et ne peut être appréciée que dans la mesure où nous sympathisons avec son ardeur et son dévouement patriotiques et pieux. L’enseignement de notre Seigneur présente une particularité singulière et très frappante dans l’emploi de cas extrêmes pour exposer un principe. « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. » Lorsqu’il fut lui-même frappé sur la joue, nous ne lisons pas qu’il présenta l’autre. C’était une manière extrême, hyperbolique, d’énoncer le commandement de ne pas rendre le coup ; et bien qu’on l’ait parfois mal compris et mal présenté, c’est une parole que personne n’oublie jamais. (Matthieu 6.3 ; Luc 14.26.) Comme maître des hommes, notre Seigneur employait une grande variété de moyens pour stimuler leur attention languissante, pour les forcer à se souvenir et à réfléchir. Plus d’une de ses paroles n’est pas comprise si nous ne gardons pas cela à l’esprit ; et son exemple montre que de tels efforts peuvent être faits dans un esprit et sur un ton tout à fait différents de ceux des prédicateurs « à sensation ».Hyperbole, or saying more than is meant, is very natural to a person so absorbed in the contemplation of a particular object or subject as to exaggerate its comparative importance, or to one so intensely excited that all ordinary expression seems to him tame. It is also allowable in any case where one knows that the exaggerated language need not be misunderstood, and desires to make a deep impression as to an important fact. “And there are also many other things which Jesus did, the which, if they should be written every one, I suppose that even the world itself could not contain the books that should be written.” (John 21:25.) Such expressions are particularly natural to the fervid Oriental mind, and they have great power with the masses of men. The Apostle Paul is remarkable for hyperboles, and for strong language of every kind. His impassioned expression, “I could wish that myself were accursed from Christ for my brethren” (Rom. 9:3), is best understood as an instance of hyperbolical language, and can be appreciated only in proportion as we sympathize with his patriotic and pious ardor and devotion. Our Lord’s teaching has a singular and very striking peculiarity in the use of extreme cases to set forth a principle. “Whosoever shall smite thee on thy right cheek, turn to him the other also.” When he himself was smitten on the cheek, we do not read that he turned the other. It was an extreme, hyperbolical way of stating the injunction not to strike back; and though sometimes misunderstood and misrepresented, the statement is one which no man ever forgets. (Matt. 6:3; Luke 14:26.) As a teacher of men, our Lord used a great variety of expedients for stimulating their languid attention, for compelling them to remember and reflect. Many a phrase of his fails to be understood unless we bear this in mind, and his example shows that such efforts may be made in a spirit and tone wholly unlike that of “sensation” preachers.

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L’interrogation est pour tous les orateurs un moyen fréquent de donner de l’animation au discours. Non seulement on peut interroger un adversaire, réel ou imaginaire, de manière à éveiller un vif intérêt chez les auditeurs, mais on adresse constamment des questions aux auditeurs eux-mêmes. Leur esprit est ainsi éveillé un peu comme s’ils étaient appelés à répondre réellement. Il faut remarquer qu’on risque parfois de tomber pour ainsi dire dans un mode interrogatif, et de mettre une si grande partie de son discours sous forme de questions qu’on produit la plus désagréable espèce de monotonie. Il importe d’être en garde contre cela et, lorsqu’on s’en aperçoit en quelque occasion, de s’en dégager par un effort résolu.Interrogation is with all orators a frequent means of giving animation to discourse. Not only may an antagonist, real or imaginary, be questioned, in such a manner as to awaken lively interest on the part of the hearers, but questions are constantly addressed to the hearers themselves. Their minds are thus aroused somewhat as if called on actually to answer. It should be observed that one is liable sometimes to fall as it were into an interrogative mood, and throw so much of his discourse into the form of questions, as to produce the most disagreeable species of monotony. It is important to be on our guard against this, and when upon any occasion conscious of it, to break away by a resolute effort.

En ce qui concerne toute la question de l’énergie du style, on commet souvent de graves erreurs. Certains orateurs s’imaginent qu’ils doivent être énergiques dans leur style et leur manière même lorsque cela ne convient pas au sujet ou ne s’accorde pas avec leurs sentiments réels. Or seul un sentiment fort inspire l’expression passionnée ou énergique de quelque façon que ce soit. Pour obtenir celle-ci, nous devons cultiver notre sensibilité, et garder l’esprit en contact avec le sujet à traiter jusqu’à ce que les émotions correspondantes soient excitées. Si en réalité il n’existe que peu ou point d’émotion, le langage de la passion ne produit aucun effet, ou même un effet contraire à celui qu’on désire. C’est l’une des leçons les plus importantes qu’un prédicateur puisse apprendre : ne pas prendre un style ou un débit fervent lorsqu’il n’a pas un sentiment fervent.As to the whole matter of energy of style, grave mistakes are often committed. Some speakers imagine that they must be energetic in style and manner even when it does not suit the subject, or does not accord with their actual feelings. Now it is only strong feeling that prompts impassioned or in any wise energetic expression. To gain the latter we must cultivate our sensibilities, and must keep the mind in contact with the subject to be treated until the corresponding emotions are excited. If little or no emotion really exists, the language of passion produces no effect, or even a contrary effect to that desired. It is one of the most important lessons a preacher can learn, not to assume earnestness of style or delivery, when he has not earnestness of feeling.

Une autre erreur grave et très commune consiste à s’efforcer de maintenir une énergie uniforme d’un bout à l’autre du discours. « Un auteur doit se garder de la vaine ambition de tout exprimer dans un style également élevé, brillant et vigoureux. La négligence de cette précaution rend souvent nuisible l’imitation des meilleurs modèles. Lorsque l’admiration de quelques passages beaux et animés porte un jeune écrivain à prendre ces passages pour modèle général, et à s’efforcer de rendre chaque phrase qu’il compose également belle, il donnera au contraire de la platitude à l’ensemble, et détruira l’effet des parties qui auraient été vigoureuses si on les avait laissées se détacher. Éclairer les parties sombres d’un tableau produit à peu près le même résultat que d’assombrir les parties claires ; dans l’un et l’autre cas, il manque du relief et du contraste ; et la composition, comme la peinture, a ses lumières et ses ombres, qui doivent être distribuées avec non moins d’habileté si nous voulons produire l’effet désiré. »Another serious and very common mistake is in the effort to maintain uniform energy throughout a discourse. “An author should guard against the vain ambition of expressing everything in an equally high-wrought, brilliant, and forcible style. The neglect of this caution often occasions the imitation of the best models to prove detrimental. When the admiration of some fine and animated passages leads a young writer to take these passages for his general model, and to endeavor to make every sentence he composes equally fine, he will, on the contrary, give a flatness to the whole, and destroy the effect of those portions which would have been forcible if they had been allowed to stand prominent. To brighten the dark parts of a picture, produces much the same result as if one had darkened the bright parts; in either case there is a want of relief and contrast; and Composition, as well as Painting, has its lights and shades, which must be distributed with no less skill, if we would produce the desired effect.”

Dans la parole très passionnée, il faut de la variété, de l’alternance. Dans tout effort physique intense, on a besoin de changer fréquemment de posture, de manière à mettre en jeu différents muscles et à les laisser se relayer. Il en est de même de l’excitation mentale. Ni les auditeurs, ni même l’orateur, ne peuvent soutenir une très haute excitation au-delà d’une brève période, du moins pas d’une manière naturelle et saine. Or l’alternance la plus complète serait ici celle qui passe du pathétique ou de la passion à l’humour. Les écrivains et les orateurs humoristiques introduisent presque toujours des passages pathétiques simplement pour délasser, et inversement le principe s’applique tout aussi bien. Mais le prédicateur ne peut délasser l’esprit de ses auditeurs que par des touches d’humour rares et délicates. Il peut cependant redescendre à plusieurs reprises de la passion au ton calme et aisé, faire monter la passion par vagues successives, reculant pour avancer plus loin ; et il doit varier d’autres manières les émotions qu’il suscite, dans la mesure compatible avec son dessein particulier.In highly passionate speaking there must be variety, alternation. In any intense physical exertion, one needs frequent change of posture, so as to bring different muscles into play, and let them relieve each other. The same thing is true as to mental excitement. Neither the hearers, nor even the speaker himself, can keep up a very high excitement for more than a brief period, certainly not in a natural and healthy way. Now the most complete alternation here would be from pathos or passion to humor. The humorous writers and speakers almost always introduce pathetic passages merely for relief, and vice versa the principle applies equally well. But the preacher cannot relieve the minds of his hearers by any but rare and delicate touches of humor. He may, however, again and again descend from the impassioned to the quiet and easy, may cause passion to swell by successive waves, receding in order to advance farther; and he must in other ways vary the emotions excited, just so far as will be compatible with his specific design.

On commet aussi de grandes erreurs sur ce qui constitue l’énergie du style. Il y a une énergie saccadée et convulsive, comme celle de Carlyle, qui n’est nullement digne d’imitation. Il y a une énergie forcée, exagérée, que Longin décrit comme « non pas sublime, mais prétendant toucher au ciel », et une prétendue énergie enflée et boursouflée qui n’est que de l’emphase. Et en cette époque agitée, surtout parmi notre peuple américain, il y a une tendance à s’exciter prodigieusement pour peu de chose, à employer des superlatifs, des épithètes exagérées et des images passionnées là où elles ne sont pas nécessaires, et donc pas à leur place.And great mistakes are also made as to what constitutes energy of style. There is a jerky, convulsive energy, like that of Carlyle, which is by no means worthy of imitation. There is an over-wrought, exaggerated energy, which Longinus describes as “not sublime, but sky-scraping,” and a turgid, inflated, would-be energy, which is nothing but bombast. And in this stirring age, especially among our American people, there is a tendency to be prodigiously excited upon small occasion, to use superlatives, exaggerated epithets, and impassioned imagery, where they are unnecessary, and therefore inappropriate.

5. Le débit et la conduite du culte public5. Delivery and the Conduct of Public Worship

John A. Broadus, A Treatise on the Preparation and Delivery of Sermons, première édition (Philadelphie, 1870), partie IV, chapitre I, « Les trois méthodes de préparation et de débit », §§ 3 et 5, et partie V, « La conduite du culte public », §§ 1–6. Texte de la première édition de 1870 (le texte propre de Broadus). Abrégé ; les omissions sont signalées par […]. Source primaire ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John A. Broadus, A Treatise on the Preparation and Delivery of Sermons, first edition (Philadelphia, 1870), part IV, chapter I, “The Three Methods of Preparation and Delivery,” §§ 3 and 5, and part V, “Conduct of Public Worship,” §§ 1–6. Text of the 1870 first edition (Broadus’s own text). Abridged; omissions are marked […]. Primary source; the interpretations are the author’s.

Note du STC : la prédication « d’abondance » signifie ici prêcher sans lire ni apprendre par cœur un manuscrit, après avoir pleinement préparé la pensée. Cela ne signifie pas prêcher sans préparation. Broadus décrit le culte des Églises baptistes, méthodistes et presbytériennes des États-Unis au XIXe siècle, et l’oppose à la liturgie épiscopalienne. Les assemblées d’aujourd’hui peuvent adapter ses conseils sur les cantiques, les chœurs et l’ordre du culte. Ce chapitre suit la première édition de Broadus, de 1870, où la parole libre forme le § 3 de la partie IV, chapitre I. Les passages qui ne figurent que dans la révision de 1898 due à E. C. Dargan, comme ceux qui citent W. M. Taylor et les lettres de Macaulay (publiées en 1876), ne sont pas inclus.CTS note: “Extemporaneous” preaching here means preaching without reading or memorizing a manuscript, after the thought has been fully prepared. It does not mean preaching without preparation. Broadus describes the worship of nineteenth-century American Baptist, Methodist and Presbyterian churches and contrasts it with the Episcopal liturgy. Congregations today can adapt his advice on hymns, choirs and the order of the service. This chapter follows Broadus’s 1870 first edition, where free speaking is § 3 of part IV, chapter I. Passages found only in the 1898 revision by E. C. Dargan, such as those quoting W. M. Taylor and Macaulay’s letters (published 1876), are not included.

Partie IV, chapitre I. Les trois méthodes de préparation et de débitPart IV, Chapter I. The Three Methods of Preparation and Delivery

Lire, réciter, parler d’abondance : quelle est la meilleure méthode de prédication ? Bien qu’elle ait été si souvent débattue, cette question revient constamment, non seulement pour les jeunes prédicateurs que chaque année amène, mais pour beaucoup d’hommes plus mûrs, qui ne sont pas convaincus d’avoir suivi la voie la plus sage. C’est une question qui touche non seulement la manière de débiter, mais toute la méthode de préparation, et en fait toutes les habitudes de pensée et d’expression. Bien qu’elle ne soit pas une condition d’utilité aussi indispensable que le fait de tenir la vérité, d’aimer son œuvre ou d’être un orateur né, il est assurément d’une très grande importance, pour celui qui consacre à la prédication les meilleures énergies de sa vie, d’étudier et de parler de la manière la plus efficace.Reading, reciting, extemporaneous speaking, — which is the best method of preaching? Though so often discussed, this question constantly recurs, not merely for the young preachers whom every year brings forward, but for many of maturer age, who are not satisfied that they have been pursuing the wisest course. It is a question affecting not only one’s manner of delivery, but his whole method of preparation, and in fact all his habits of thought and expression. While not so indispensable a condition of usefulness as that a man shall hold the truth, or that he shall love his work, or that he shall be a born speaker, it is surely a matter of very great importance to one whose best energies through life are devoted to preaching, that he should study and speak in the most effective way.

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§ 3. La parole improvisée§ 3. Extemporaneous Speaking

Le sens technique de cette expression demande à être défini. Au sens premier, évidemment, elle désigne le fait de parler sans préparation, simplement sous l’inspiration du moment. L’expression familière anglaise pour cela est parler « sans appui », l’image étant celle d’un tir sans appuyer l’arme ; et les Allemands ont une expression correspondante, parler « depuis l’étrier », comme lorsqu’on tire à cheval, sans mettre pied à terre. Cette phraséologie populaire est suggestive. Par une extension naturelle, l’expression « parler d’abondance » s’applique aux cas où il y a eu préparation de la pensée, si complète soit-elle, mais où le langage est laissé à l’inspiration du moment. Plus encore, lorsqu’on prend des notes pour aider la préparation, lorsque le plan du discours est tracé sur le papier et que tous les points principaux sont énoncés ou indiqués, nous appelons cela parler d’abondance, parce que tout cela n’est considéré que comme un moyen d’ordonner et de rappeler les pensées, et que le langage est improvisé. Si l’on compte dans une large mesure sur ces notes pour le langage, c’est dans cette mesure une récitation, quand les notes restent à la maison, et une lecture, quand on les garde devant soi en chaire ; mais en général il n’en est pas ainsi, et la prédication sur notes s’appelle à juste titre improvisée. Et nous faisons un pas de plus lorsque, comme on l’a déjà dit, nous tenons à ce que la parole libre, après que le discours a été entièrement écrit en guise de préparation, mais sans aucun effort pour répéter le langage du manuscrit, soit appelée parole improvisée. Nous pensons avoir montré de façon satisfaisante que cette dernière extension de l’expression est juste et nécessaire. Et s’il en est ainsi, beaucoup d’hommes éminents, par exemple Whitefield, dont on a ordinairement dit qu’ils récitaient, étaient en réalité, en partie ou entièrement, des prédicateurs d’abondance.The technical meaning of this expression requires to be defined. Primarily, of course, it denotes speaking without preparation, simply from the promptings of the moment. The colloquial expression for this is speaking “off hand,” the image being that of shooting without a rest; and the Germans have a corresponding phrase, speaking “from the stirrup,” as when one shoots on horseback, without dismounting. This popular phraseology is suggestive. By a natural extension, the phrase extemporaneous speaking is applied to cases in which there has been preparation of the thought, however thorough, but the language is left to be suggested at the moment. Still further, when notes are made, as a help to preparation, when the plan of the discourse is drawn out on paper, and all the principal points are stated or suggested, we call it extemporaneous speaking, because all this is regarded only as a means of arranging and recalling the thoughts, and the language is extemporized. If one to any great extent relies on these notes for his language, then it is so far a recitation, where the notes are left at home, and reading, where they are kept before him in the pulpit; as a general thing, however, this is not true, and preaching from notes is fairly called extemporaneous. And one step further we go, when, as already stated, we insist that free speaking, after the discourse has been written in full as preparation, but without any effort to repeat the language of the manuscript, shall be called extemporaneous speaking. We think it has been satisfactorily shown that this last extension of the phrase is proper and necessary. And if so, then many eminent men, for example, Whitfield, who have usually been spoken of as reciting, were really, in part or in whole, extemporaneous preachers.

Aucun homme intelligent ne proposerait aujourd’hui que les prédicateurs parlent habituellement d’abondance quant à la matière. Il est vrai qu’il se présente assez souvent des occasions où il importe qu’ils puissent parler sans préparation spéciale immédiate ; mais ceux qui le feront le plus convenablement et le plus efficacement sont ceux qui ont l’habitude de faire autrement. En vérité, les hommes fanatiques ou paresseux qui disent ne jamais se préparer se trompent eux-mêmes. La plus grande partie de ce qu’ils disent a été préparée en le disant bien des fois auparavant, et la substance en a été d’abord empruntée, soit aux livres, soit à la prédication d’autrui et à la conversation. Sauf pour des pensées isolées suggérées sur le moment, leur esprit est conduit par l’association des idées, même inconsciemment, vers ce qu’ils ont élaboré auparavant. Improviser réellement la matière de la prédication est aussi impraticable qu’inconvenant. Et il est tout à fait injuste de présenter les partisans de la prédication d’abondance comme s’ils voulaient que les hommes prêchent sans préparation.No intelligent man would now propose that preachers should habitually speak extempore, as regards the matter. It is true that occasions not unfrequently arise which make it important that they should be able to speak without any special immediate preparation; but this will be done most fitly and effectively by those whose habit it is to do otherwise. In truth, the fanatical or slothful men who say that they never make any preparation, deceive themselves. Most of what they say has been prepared by saying it many times before, and its substance was originally borrowed, whether from books, or from the preaching of others and from conversation. Except as to single thoughts suggested at the moment, their minds are led by association of ideas, even though it be unconsciously, into what they have previously worked out. Really to extemporize the matter of preaching is as impracticable as it is improper. And it is utterly unfair to represent the advocates of extemporaneous preaching as meaning that men shall preach without preparation.

En présentant les avantages et les inconvénients de cette méthode, il faudra répéter quelque peu des idées déjà avancées. Cela est évidemment nécessaire pour être complet, et ces questions seront maintenant considérées d’un point de vue différent.In presenting the advantages and disadvantages of this method, there must be some repetition of ideas already advanced. This is obviously necessary to completeness, and such matters will now be regarded from a different point of view.

1. Considérons donc les avantages.1. Consider then, the advantages.

(1.) Quant à la préparation, cette méthode accoutume à penser plus rapidement, et avec moins de dépendance à l’égard des aides extérieures, que si l’on écrivait habituellement tout en entier.(1.) As regards preparation, this method accustoms one to think more rapidly, and with less dependence on external helps, than if he habitually wrote in full.

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(5.) Et, comme nous l’avons déjà vu, il y a un gain plus important que les pensées nouvelles qui surgissent. Toute la masse des matériaux préparés est éclairée, réchauffée, parfois transfigurée par cette inspiration du débit. Le langage du prédicateur s’élève, sans effort conscient, pour répondre à la grandeur et à la beauté accrues de ses conceptions ; et, comme l’a dit Everett en parlant de Webster, « le discours se transpose instinctivement dans un ton plus élevé ». Cette exaltation de l’âme, qui va parfois jusqu’au ravissement, ne peut jamais être décrite comme il convient ; mais l’orateur qui ne sait pas, dans une certaine mesure, ce qu’elle signifie, n’est pas né pour être orateur. Et il faut insister fortement sur le fait qu’outre les pensées qui viennent alors pour la première fois à l’esprit — chose constamment remarquée —, le débit produit cet effet bien plus important : il change la forme et la couleur, et augmente incalculablement la puissance, des pensées préparées d’avance.(5.) And, as we have before seen, there is a more important gain than the new thoughts elicited. The whole mass of prepared material becomes brightened, warmed, sometimes transfigured, by this inspiration of delivery. The preacher’s language rises, without conscious effort, to suit the heightened grandeur and beauty of his conceptions; and, as Everett has expressed it in speaking of Webster, “the discourse instinctively transposes itself into a higher key.” This exaltation of soul, rising at times to rapture, can never be fitly described; but the speaker who does not in some measure know what it means, was not born to be a speaker. And great stress should be laid upon the fact that besides the thoughts which then first occur to the mind, — a matter constantly remarked, — there is this effect of far greater importance produced by delivery, in changing the form and color, and incalculably augmenting the power of the thoughts previously prepared.

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(7.) Et ici, demandons-le : qu’en est-il de la dépendance envers le Saint-Esprit, et de la prière pour obtenir son aide dans la prédication ? Comment un homme peut-il prier Dieu de le guider à travers une forêt, quand il a déjà balisé tout le chemin et s’est engagé à le suivre ? Évidemment, on doit chercher de l’aide pour préparer son discours, et si l’on lit, on doit prier pour obtenir de sentir justement en lisant. Mais combien cette prière est plus naturelle, combien la dépendance envers le secours divin est plus réelle, combien la porte est plus largement ouverte à l’Esprit pour aider réellement, si le sermon n’est pas déjà coulé dans des moules, mais si les matériaux rassemblés sont maintenant en fusion dans l’esprit et que l’opération finale reste à accomplir !(7.) And here let it be asked, What of dependence upon the Holy Spirit, and prayer for his help in preaching? How can a man pray that God will guide him through a forest, when he has already blazed the entire path, and committed himself to follow it? Of course one should seek help in preparing his discourse, and if he reads, should pray that he might be enabled to feel aright in reading. But how much more natural is such prayer, how much more real the dependence upon Divine assistance, how much freer the opening for the Spirit really to help, if the sermon is not already cast in moulds, but the material which has been gathered, is now molten in the mind, and the ultimate process remains to be performed.

(8.) Quant au débit lui-même, c’est seulement dans la parole improvisée, sous l’une ou l’autre de ses formes, qu’il peut jamais être parfaitement naturel et atteindre le plus grand effet. L’idéal de la parole, a-t-on dit avec raison, ne peut être atteint d’aucune autre manière. C’est seulement ainsi que la voix, l’action, le regard seront exactement ce que dicte la nature, et atteindront toute leur puissance. Et tandis que la culture la plus soigneuse s’efforce en vain de lire ou de réciter exactement comme on parle, celui qui parle d’abondance peut, avec une facilité relative, s’élever au meilleur débit dont il soit capable. De cette manière aussi, comme on l’a remarqué, nous gagnons le plus aisément la sympathie de nos auditeurs ; ils sympathisent avec un homme, non avec une composition — un homme tout vivant des pensées qu’il pense en ce moment et des ardeurs qu’il ressent en ce moment, et non pas simplement occupé à faire revivre, autant que possible, la pensée et le sentiment de quelque temps passé.(8.) As to the delivery itself, it is only in extemporaneous speaking, of one or another variety, that this can ever be perfectly natural, and achieve the highest effect. The ideal of speaking, it has been justly said, cannot be reached in any other way. Only thus will the voice, the action, the eye, be just what nature dictates, and attain their full power. And while painstaking culture vainly strives to read or recite precisely like speaking, the extemporaneous speaker may with comparative ease, rise to the best delivery of which he is capable. In this way, too, as before remarked, we most readily gain the sympathy of our hearers; they are sympathizing with a man, not a composition,— a man all alive with thoughts he is now thinking, and fervors he is now feeling, and not simply reviving, as far as possible, the thought and feeling of some former time.

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2. Mais nous devons passer aux inconvénients de la parole improvisée, dont certains demandent non seulement un examen attentif dans la discussion, mais une attention très vigilante dans la pratique.2. But we must turn to the disadvantages of extemporaneous speaking, some of which require not only careful consideration in argument, but very watchful attention in practice.

(1.) Le plus grave de tous consiste peut-être dans la tendance à négliger la préparation, une fois qu’on a acquis de la facilité à penser sans aide et à s’exprimer d’abondance. Les hommes sont enclins à abuser de tous leurs privilèges ; mais c’est une philosophie superficielle que celle qui en conclut qu’il faut éviter les privilèges. Et si beaucoup d’improvisateurs deviennent paresseux et comptent trop sur les suggestions du moment, du moins doivent-ils avoir sur le moment quelque activité d’esprit ; tandis que les mêmes hommes paresseux, s’ils avaient l’habitude de lire ou de réciter, répéteraient des sermons préparés depuis longtemps, l’esprit n’étant plus actif ni le cœur vraiment chaud. Cette tendance à négliger la préparation est réelle et puissante, mais on peut y résister, et beaucoup d’improvisateurs y résistent, continuant toute leur vie à préparer leurs sermons avec soin ; et, comme on vient de l’insinuer, ce n’est que beaucoup de ceux qui lisent, et nullement tous, qui en font autant.(1.) Perhaps the gravest of them all consists in the tendency to neglect of preparation, after one has gained facility in unaided thinking and extemporized expression. Men are prone to abuse all their privileges; but it is a superficial philosophy which thence concludes that privileges should be avoided. And if many extemporizers grow indolent, and rely too much upon the suggestions of the moment, at least they must at the moment have some mental activity; whereas the same indolent men, if accustomed to read or recite, would repeat sermons long ago prepared, with their minds no longer active, nor their hearts truly warm. This tendency to neglect of preparation is real and powerful, but it may be resisted, and many extemporizers do resist it, continuing through life to prepare their sermons with care; and as just intimated, it is only many readers, and by no means all, that do likewise.

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Qu’on remarque maintenant avec soin que tous les inconvénients de la parole improvisée sont de ceux qu’un effort résolu et judicieux peut entièrement écarter, tandis que la lecture et la récitation ont beaucoup d’inconvénients inhérents qui peuvent évidemment être plus ou moins diminués, mais jamais supprimés. Qu’on le note bien. L’orateur né pourra surmonter les difficultés de la parole improvisée, et trouvera là, et là seulement, libre carrière pour ses facultés. Nous ne pensons pas aux quelques grands orateurs, mais à tous ceux qui ont réellement un talent naturel pour la parole, y compris certains chez qui ce talent reste longtemps non développé, faute d’exercice ou à cause de mauvaises méthodes. Certains hommes qui ne sont pas des orateurs nés, mais qui désirent faire le bien et sont des pasteurs zélés, peuvent être capables d’écrire et de lire des discours passablement instructifs et acceptables, alors qu’ils ne pourraient jamais prêcher d’abondance. Mais ce qui est le meilleur pour eux n’est certainement pas pour autant démontré être le meilleur en général. Les méthodes de parole doivent être choisies d’après les besoins et les facultés de ceux qui ont quelque don comme orateurs. Bien peu d’autres, si même il y en a, devraient faire de la parole leur métier.Let it now be carefully observed that all the disadvantages of extemporaneous speaking are such as can be completely obviated by resolute and judicious effort, while reading and recitation have many inherent disadvantages, which may, of course, be more or less diminished, but can never be removed. Let this be noticed. The born speaker will be able to overcome the difficulties of extemporaneous speaking, and will find here, and here alone, free play for his powers. We are not referring to the few great orators, but to all who have really a native talent for speaking, including some in whom this long remains undeveloped, through lack of exercise or wrong methods. Some men, not born speakers, but anxious to do good, and zealous pastors, may be able to write and read tolerably instructive and acceptable discourses, while they could never preach extemporaneously. But certainly what is best for them, is not thereby shown to be best in general. Methods of speaking ought to be chosen according to the wants and the powers of those who have some gift as speakers. Very few, if any others, ought to make speaking their business.

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§ 5. Préparation générale et particulière à la prédication improvisée§ 5. General and Special Preparation for Extemporaneous Preaching

Le prédicateur doit prendre soin de sa santé, non seulement pour d’autres raisons, mais parce que parler, parler vraiment, exige un haut degré d’énergie nerveuse et d’endurance. Plus d’un noble sermon est gâté parce que le prédicateur commence à faiblir physiquement vers la fin, et ne peut ni éprouver une émotion élevée, ni parler avec passion et puissance.The preacher should be careful of his health, not only on other accounts, but because speaking, real speaking, demands a high degree of nervous energy and power of endurance. Many a noble sermon is spoiled by the fact that the preacher begins to flag physically toward the close, and can neither feel high-wrought emotion, nor speak with passion and power.

Il doit cultiver l’exactitude et la rapidité de la pensée, et s’exercer à suivre des enchaînements d’idées sans interruption et, autant que possible, sans dépendre d’aides extérieures. Il doit avoir sa connaissance de l’Écriture, et toute sa connaissance (autant que possible), sur le bout de la langue. L’habitude de tenir ses connaissances prêtes à servir, de façon à pouvoir exposer aussitôt ce qu’il sait ou pense sur les sujets qu’il a étudiés, le préservera du danger de rester court, et lui permettra de préparer des sermons avec autant de soin en moins de temps.He should cultivate accuracy and rapidity of thinking, and should discipline himself to pursue trains of thought without interruption, and as far as possible without dependence on outward helps. He must get his knowledge of Scripture, and all his knowledge (as far as may be) at his tongue’s end. The habit of keeping one’s knowledge fit for service, so that he can at once state what he knows or thinks on subjects he has studied, will preserve from the danger of breaking down, and will enable him to prepare sermons with equal thoroughness in a shorter time.

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Le prédicateur qui parle d’abondance doit disposer soigneusement son sermon selon l’ordre naturel des pensées, et alors il n’aura aucune difficulté à s’en souvenir. Le sermon ne doit pas errer à volonté sur le sujet, mais avoir ses points distincts et bien marqués, et avancer résolument de l’un à l’autre. Sous ces deux rapports, ce qui l’aide lui-même aidera aussi beaucoup l’auditeur. Qu’il ait ou non une division formelle, un discours populaire doit toujours avoir des points. Et c’est un avantage de la parole improvisée qu’elle oblige à une telle disposition. Si l’on a devant soi un chemin de pensée bien tracé, divisé en sections distinctes par des repères naturels, on peut s’en écarter à l’occasion et y revenir sans difficulté.The extemporaneous preacher must carefully arrange his sermon, according to the natural order of the thoughts, and then he will have no difficulty in remembering. The sermon must not wander at will over the subject, but have its distinct and well-marked points, and advance steadily from one to another. In both these respects, what helps him will also greatly help the hearer. Whether it has any formal division or not, a popular address should always have points. And it is one advantage of extemporaneous speaking, that it compels to such an arrangement. If now one has stretching before him a well-defined track of thought, divided by natural landmarks into distinct sections, he can diverge from it upon occasion and return without difficulty.

Si le prédicateur prend des notes en se préparant, comme il vaut d’ordinaire mieux le faire, il ne doit pas, en général, les emporter en chaire. Certains sujets ou certains modes de traitement le rendront parfois souhaitable. Mais en général, on doit prendre assez de temps d’avance pour avoir la matière du sermon comme dissoute dans son esprit, de sorte qu’elle puisse couler librement ; ou, pour reprendre l’autre image, pour avoir le chemin à suivre si clair devant sa vue intérieure qu’on puisse le parcourir d’un seul coup d’œil d’un bout à l’autre. Ce n’est pas apprendre des mots par cœur, et avec un peu de pratique cela peut se faire rapidement. À d’autres égards aussi, on tirera un grand profit de cette nécessité de repasser à fond la matière préparée peu avant de prêcher, car ainsi l’esprit et le cœur s’enflamment et entrent en sympathie avec le sujet particulier à traiter. Parfois les mots mêmes doivent être fixés d’avance. Cela s’applique généralement aux définitions, souvent aux transitions, et parfois aux images qui doivent être présentées avec précision et élégance, sous peine d’être pires que rien. Une telle préparation de phrases particulières peut se faire par écrit et être apprise par cœur, ou être entièrement mentale. On conseille souvent d’apprendre par cœur l’introduction et d’improviser le langage du reste du discours. C’est d’une convenance douteuse. Cela donne un air formel au début, et rend volontiers la transition brusque. Les passages de l’Écriture qu’on doit citer, ou les autres citations prévues, doivent être repassés mentalement pendant la préparation immédiate, afin qu’il n’y ait ni bévue ni hésitation.If a preacher makes notes in preparing, as it is usually best to do, he ought, in general, not to carry them into the pulpit. Particular subjects or modes of treatment will sometimes make this desirable. But in general, one should take time enough beforehand to get the matter of the sermon in solution in his mind, so that it can flow freely; or, to resume the other figure, to get the track he is to follow so clear to his mental vision, that he can flash a single glance from beginning to end of it. This is not memorizing words, and with a little practice it can be quickly done. In other respects, too, great benefit will be derived from this necessity of going thoroughly over the prepared matter shortly before preaching, for thus the mind and heart become kindled, and brought into sympathy with the particular subject to be treated. Sometimes the very words ought to be fixed beforehand. This applies generally to definitions, frequently to transitions, and sometimes to images, such as must be presented with precision and elegance, or they will be worse than nothing. Such preparation of particular sentences may be made in writing and memorized, or may be altogether mental. The advice is often given, to memorize the introduction, and extemporize the language of the remainder of the discourse. This is of questionable propriety. It gives a formal air at the outset, and is apt to make the transition precipitous. Passages of Scripture which are to be quoted, or other proposed quotations, should be gone over in the mind during the immediate preparation, that there may be no blundering or hesitation.

Nous voyons maintenant comment le jeune prédicateur inexpérimenté peut parler d’abondance sans grand danger d’échec complet. Qu’il dispose le discours avec grand soin, et qu’il repense l’ensemble à plusieurs reprises, sans faire aucun effort pour retenir les mots qui lui viennent (sauf pour les définitions, etc.), mais en se rendant parfaitement familières les pensées et leur succession. Le répéter à haute voix dans sa chambre ou dans la forêt n’est pas mal, et certains trouvent cela très utile dans leurs premières préparations. Ensuite, qu’il prie pour obtenir du secours et qu’il aille de l’avant — il peut se souvenir mieux qu’il ne le suppose —, et la facilité croîtra rapidement.We now see how the inexperienced young preacher may speak extemporaneously without any great danger of utter failure. Let him arrange the discourse with great care, and again and again think through the whole, making no effort to retain the words he lights upon (save as to definitions, etc.), but getting the thoughts, and their succession, perfectly familiar. Speaking it over in his room or in the forest is not wrong, and some find it in their early preparations very useful. Then let him pray for help, and go forward, — he can remember better than he supposes, — and facility will rapidly increase.

Dans une conversation familière avec un tel jeune frère, on pourrait ajouter quelques conseils comme ceux-ci, en vue de la prédication elle-même. Si vous oubliez ce que vous vouliez dire ensuite, ne vous arrêtez pas. Rien n’est aussi gênant qu’une pause morte ; et la gêne croît en proportion géométrique des secondes écoulées. Dites quelque chose, répétez, récapitulez, parlez même au hasard — n’importe quoi plutôt que de vous arrêter. Si vous vous embarrassez dans une phrase enchevêtrée, ne revenez pas en arrière, mais passez au travers. Si vous avez fait une faute de grammaire, de prononciation ou autre, ne vous arrêtez pas pour la corriger, à moins qu’elle ne soit sérieuse. Une inadvertance occasionnelle se pardonne aisément si le style général est bon. Et si vous commettez de grosses fautes de style, si vous oubliez la moitié de vos meilleures pensées, ou si vous échouez complètement, cela ne vous tuera pas. D’autres grands hommes ont échoué. Souvenez-vous du jeune Robert Hall.In familiar conversation with such a young brother, one might add such hints as the following, with reference to the actual preaching. If you forget what you meant to say next, do not stop. Nothing is so awkward as a dead pause; and the awkwardness increases in geometrical ratio to the seconds of time. Say something, repeat, recapitulate, talk at random even, — anything rather than stop. If you become embarrassed with a tangled sentence, do not turn back, but burst through. If you have made a mistake of grammar, pronunciation; or the like, do not stop to correct it, unless it is serious. An occasional inadvertence is readily pardoned, if the general style be good. And if you greatly blunder in style, forget half your best thoughts, or utterly break down, it will not kill you. Other great men have failed. Remember young Robert Hall.

La parole publique est l’un des plus nobles exercices des facultés humaines ; la prédication en est la forme la plus haute ; et si la parole improvisée est la meilleure méthode de prédication, il vaut assurément la peine de travailler pour y exceller : par une culture de soi diligente et fidèle, et la ferme résolution de toujours faire de notre mieux, aussi longtemps que nous vivrons.Public speaking is one of the noblest exercises of the human powers; preaching is its highest form; and if extemporaneous speaking be the best method of preaching, it is surely worth labor to attain excellence in this, — diligent and faithful self-cultivation, resolute determination always to do our best, as long as we live.

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Partie V. La conduite du culte publicPart V. Conduct of Public Worship

On peut souvent observer dans nos assemblées religieuses une tendance à négliger le culte et à ne penser qu’à la prédication. En effet, nous entendons souvent de braves gens parler des « exercices préliminaires ». La lecture pieuse de la Parole de Dieu, les doux cantiques de louange, et « la prière et la supplication, avec des actions de grâces » : il faut entendre que tout cela n’a pas grande importance, que ce n’est que le porche, le seuil ! Les brins de paille montrent d’où vient le vent, et la forme même des avis publics est ici instructive. « Le service divin aura lieu à l’église Saint-Marc le —— prochain », etc. « Le Rév. —— prêchera à l’église baptiste (presbytérienne, méthodiste, etc.) le —— prochain », etc. L’avis épiscopal ne mentionne que le service. Les autres ne mentionnent que la prédication, et manquent rarement de dire qui va prêcher. Aussi les tenants de la Haute Église se soucient-ils d’ordinaire peu du sermon, désirant surtout qu’il soit convenablement court ; bien que les épiscopaliens évangéliques attachent beaucoup plus d’importance à la prédication, et désirent souvent quelque liberté d’omission dans le service. Les autres dénominations mentionnées pensent trop généralement peu au service, au culte. Certaines personnes parmi elles, mécontentes du manque d’intérêt qu’elles ressentent, s’imaginent qu’il n’y a pas d’autre remède que d’avoir une « forme de culte », ou quelque chose qui s’en approche ; et l’on rencontre ainsi de temps à autre une école du dimanche ou une assemblée qui lit des versets alternés, ou qui fait des répons chantés, etc. : quelque « coin » enfoncé pour d’autres choses.A tendency may often be observed in our religious assemblies to neglect the worship, and think only of the preaching. Indeed, we frequently hear good men speak of the preliminary exercises. The devout reading of God’s Word, sweet hymns of praise, and “prayer and supplication, with thanksgiving” — these, we must understand, are of no great importance, only the porch, the threshold! Straws show which way the wind blows, and the very form of public notices is here instructive. “Divine service will be held at St. Mark’s Church, on next,” etc. “The Rev. will preach at the Baptist (Presbyterian, Methodist, etc.) Church, on next,” etc. The Episcopal notice mentions only the service. The others mention only the preaching, and rarely fail to say who is to preach. Accordingly, Highchurchmen usually care little for the sermon, being mainly concerned that it should be suitably short; though evangelical Episcopalians lay much greater stress on preaching, and are often anxious for some liberty of omission in the service. The other denominations mentioned, too generally think little of the service, the worship. Some persons among them, dissatisfied with the felt lack of interest, imagine that there is no remedy save in having a “form of worship,” or some approach to it; and accordingly one meets now and then with a Sunday-school or congregation reading alternate verses, or engaged in choral responses, etc., — some “entering wedge” for other things.

Mais le remède est ailleurs. La liberté, la spontanéité, la simplicité, la spiritualité du culte du Nouveau Testament doivent être maintenues à tout prix. La tendance naturelle du cœur humain à faire grand cas des choses extérieures tout en étant dépourvu de spiritualité doit être combattue par tous les moyens. Dans la mesure où c’est le manque de sentiment pieux qui lasse les hommes des formes de culte non liturgiques, dans cette mesure nous devons nous garder de céder. Mais le mécontentement est souvent causé, au moins en partie, par la froideur, le manque d’animation, le manque de liaison et la négligence générale qui marquent notre culte dans tant de cas. Nous devons y prêter beaucoup plus d’attention qu’on ne le fait d’ordinaire, aussi bien par une culture générale que par la préparation de chaque occasion particulière. Cela est moins nécessaire pour ceux qui n’ont qu’à suivre une forme de service préparée par d’autres que pour celui qui, à chaque occasion distincte, doit produire un culte, pour lui-même et pour l’assemblée. Tout à fait simple dans sa forme, afin de ne pas encourager le peuple à se reposer sur les choses extérieures, mais plein d’intérêt, d’animation, de piété, de douceur solennelle, et avec une adaptation précise, mais sans recherche, à l’occasion : tel doit être notre culte. Ce qui n’est pas intéressant et saisissant ne peut être l’expression complète d’une piété ardente ; et l’expression, par une loi générale, réagit sur le sentiment. Les choses extérieures, si fort qu’elles parlent au sens esthétique, ne peuvent jamais créer la piété ; mais une expression animée et sincère fortifiera la piété, et l’on peut y parvenir tout en évitant soigneusement le danger du formalisme.But the remedy lies elsewhere. The freedom, spontaneity, simplicity, spirituality, of New Testament worship must be maintained at all costs. The natural tendency of the human heart to make much of externals while devoid of spirituality, must by all means be resisted. So far as it is lack of devotional feeling on their part that makes men weary of informal modes of worship, so far we must beware of yielding. But the dissatisfaction is often caused, at least in part, by the coldness, lack of animation, want of connection, and general slovenliness which in so many cases mark our worship. We must pay far more attention to this than is common, both in the way of general cultivation and of preparation for each particular occasion. This is less necessary for those who have only to go through a form of service prepared by others, than for him who, on every separate occasion, is required to produce a service, for himself and for the congregation. Thoroughly simple in form, so as not to encourage the people to rest in externals, but full of interest, animation, devoutness, solemn sweetness, and with a specific but inelaborate adaptation to the occasion, — such should be our worship. That which is not interesting and impressive cannot be the full expression of warm devotion, and then the expression, by a general law, reacts upon the feeling. Externals, however they may appeal to aesthetic sentiment, can never create devotion; but animated and earnest expression will strengthen devotion, and this may be achieved while carefully avoiding the danger of formalism.

On estime donc important de parler de la part du prédicateur dans la conduite du culte public. On ne peut le faire ici que très brièvement, bien que le sujet mérite une étude minutieuse, et même un traité à part.It is therefore deemed important to speak of the preacher’s part in the conduct of public worship. This can only be done very briefly here, though the subject deserves minute discussion, and, in fact, a separate treatise.

§ 1. La lecture de l’Écriture§ 1. Reading Scripture

1. En choisissant la ou les portions de l’Écriture à lire, nous devons préférer celles qui sont à un haut degré propres à la dévotion ; par exemple, beaucoup de psaumes, des passages d’Ésaïe et des autres prophètes, des Évangiles, des Épîtres et de l’Apocalypse. Ces passages n’instruiront pas seulement, mais éveilleront des sentiments pieux. Leur lecture précédera naturellement la prière principale, soit immédiatement, soit avec un cantique intercalé. Le genre particulier de passages de dévotion choisis et le ton général du sermon doivent s’harmoniser. Lire un passage triste et prêcher ensuite un sermon joyeux, ou l’inverse, serait déplacé. Pourtant une harmonie générale suffit ; un grand effort pour trouver une correspondance exacte est inutile, sinon malséant.1. In selecting the portion or portions of Scripture to be read, we should prefer such as are in a high degree devotional; e. g. many of the Psalms, passages from Isaiah and other Prophets, from the Gospels, Epistles, and Revelation. These will not only instruct, but will awaken devout feeling. The reading of them will naturally precede the principal prayer, whether immediately, or with the intervention of a hymn. The particular kind of devotional passages selected, and the general tone of the sermon, should harmonize. To read a mournful passage, and afterward preach a joyful sermon, or vice versa, would be inappropriate. Still, a general harmony is sufficient; great effort to find an exact correspondence is unnecessary, if not unbecoming.

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Il est particulièrement important que les Écritures soient bien lues. Un nombre relativement petit, et qui diminue rapidement, de personnes de nos assemblées dépendent aujourd’hui nécessairement de la lecture publique pour toute leur connaissance de l’Écriture, comme c’était si courant au début, lorsqu’il fut dit : « Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie ! » Mais en fait, beaucoup de personnes ne lisent pas elles-mêmes la Bible, et leur esprit n’entre en contact direct avec elle que par la lecture publique. D’autre part, ceux qui lisent le plus la Bible chez eux sont souvent ceux qui aiment le plus l’entendre lire dans le culte public. Et en général, toutes les raisons qu’il y a de bien lire quoi que ce soit s’appliquent au plus haut point au livre des livres, la Parole de Dieu. Une bonne lecture a une valeur exégétique, en aidant à rendre le sens clair. Elle fait aussi ressortir tout l’intérêt et toute la force du passage lu. Il y a des passages qui ont pris pour nous un sens nouveau et une douceur accrue depuis que nous les avons un jour entendu lire, il y a peut-être longtemps, par un bon lecteur.It is particularly important that the Scriptures should be well read. A comparatively small, and rapidly diminishing number of persons in our congregations are now necessarily dependent on public reading for their entire knowledge of Scripture, as was so common at first, when it was said, “Blessed is he that readeth, and they that hear, the words of this prophecy.” But as a matter of fact, many persons do not read the Bible themselves, and their minds are brought in direct contact with it only by the public reading. On the other hand, those who read the Bible most at home, are often most pleased to hear it read in public worship. And in general, whatever reasons there are for reading anything well, apply pre-eminently to the book of all books, the Word of God. Good reading has an exegetical value, helping to make plain the sense. It also brings out the full interest, and impressiveness, of the passage read. There are passages which have had a new meaning for us, and an added sweetness, ever since we once heard them read, it may be long ago, by a good reader.

Mais bien lire la Bible est une tâche difficile. La manière courante d’imprimer les versets obscurcit souvent gravement l’enchaînement. Les noms propres demandent de l’attention, afin que nous les prononcions aisément, correctement, et cependant sans pédanterie. Bien plus important est le manque de pleine sympathie intellectuelle et spirituelle avec l’Écriture, qui nous empêche si souvent d’entrer pleinement dans le sens. Il y a une tendance commune à se laisser réduire, par un respect mal compris, à un ton uniforme dépourvu de véritable expression. La Bible ne doit jamais être lue exactement comme nous lisons d’autres livres. Elle est tout entière sacrée, et même en lisant ses parties les moins remarquablement propres à la dévotion, il doit régner une certaine solennité ; mais cette solennité n’interdit pas une riche variété d’expression, comme beaucoup de lecteurs semblent l’imaginer.But to read the Bible really well, is a difficult task. The common mode of printing the verses, often seriously obscures the connection. The proper names require attention, that we may pronounce them readily, correctly, and yet without pedantry. Far more important is the lack of full intellectual and spiritual sympathy with Scripture, which so often prevents our entering fully into the sense. There is a common tendency to be subdued by mistaken reverence into a uniform tone, devoid of real expression. The Bible should never be read precisely as we read other books. It is all sacred, and in reading even its less strikingly devotional parts there should be a prevailing solemnity; but this solemnity does not forbid a rich variety of expression, as many readers appear to imagine.

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On ne devrait jamais lire un passage dans le culte public sans le connaître à fond, et cela exigera d’ordinaire qu’on l’ait soigneusement repassé peu de temps auparavant.One ought never to read a passage in public worship, without being thoroughly acquainted with it, and this will usually require that it be carefully gone over but a short time before.

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§ 2. Les cantiques§ 2. Hymns

1. Il est étrange que certains ministres se soucient si peu du bon choix des cantiques. Ils ne considèrent sûrement pas la bienfaisante puissance du chant sacré, ni le fait que des cantiques mal choisis et sans force non seulement ne font aucun bien, mais sont positivement glaçants et pénibles. Certains prennent leurs cantiques là où le livre s’ouvre d’abord, sans se soucier de les accorder au ton général du culte. D’autres tiennent à ce que chaque cantique porte précisément sur le sujet traité dans le sermon, oubliant que les cantiques ne sont pas destinés à instruire, mais à exprimer et à vivifier le sentiment de dévotion.1. It is strange that some ministers should care so little for the proper selection of hymns. They surely do not consider the blessed power of sacred song, nor the fact that inappropriate and unimpressive hymns not only fail of doing good, but are positively chilling and painful. Some take their hymns at the first opening of the book, with no care to make them suit the general tone of the service. Others are solicitous that every hymn shall be upon precisely the subject discussed in the sermon, forgetting that hymns are designed not for instruction, but to express and quicken devotional feeling.

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Il vaut mieux que le premier cantique chanté ne se rapporte pas au sujet précis du sermon, mais soit avant tout un cantique d’adoration. Surtout lorsque le sermon s’adresse aux inconvertis, il doit être déplacé de commencer le culte solennel de Dieu par une simple exhortation versifiée aux impénitents. Bien entendu, ce cantique d’ouverture, comme toute autre partie du culte, doit avoir une harmonie générale de ton avec tout ce qui va suivre. Le cantique qui précède immédiatement le sermon sera naturellement préparatoire. Le dernier cantique appliquera le sermon, ou exprimera les sentiments que le sujet présenté doit éveiller, ou formera une conclusion générale du culte. Et il faut constamment garder à l’esprit que la convenance précise au sujet du sermon importe beaucoup moins dans un cantique que le fait qu’il soit un cantique vraiment bon, éminemment agréable, saisissant et chaleureux. Comme pour les textes, il est fort peu sage d’éviter les cantiques familiers, car ils sont devenus familiers parce qu’ils sont singulièrement bons.It is better that the first hymn sung should not relate to the precise subject of the sermon, but be emphatically a hymn of worship. Especially when the sermon is to the unconverted, must it be out of place to begin the solemn worship of God by a mere metrical exhortation to impenitent men. Of course this opening hymn, as well as every other part of the worship, should have a general harmony of tone with all that is to follow. The hymn immediately preceding the sermon will naturally be preparatory. The last hymn will apply the sermon, or express the sentiments which the subject presented ought to excite, or form a general conclusion to the services. And it should be constantly borne in mind that specific appropriateness to the subject of the sermon is far less important in a hymn than that it should be a truly good hymn, eminently pleasing, impressive, warm. As in the case of texts, it is very unwise to avoid the familiar hymns, for they have become familiar because they are singularly good.

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3. Au sujet de la musique des cantiques, il convient de ne faire ici qu’une brève remarque. La supériorité du chant de l’assemblée est hors de question. Pourtant il semble généralement nécessaire d’avoir un chœur, dont la fonction propre est de conduire le chant de l’assemblée, mais dont la tendance bien connue est de tout accaparer. De là résultent de grands maux, tristement familiers à nous tous. Or le prédicateur est le médiateur naturel entre le chœur et l’assemblée. S’il aime la musique, surtout s’il sait bien chanter en lisant les notes, il peut garder la sympathie du chœur et l’amener, non par des demandes publiques mais privées, à chanter la plupart du temps des airs familiers ; et alors une exhortation occasionnelle, publique et privée, au peuple pour qu’il prenne part au chant réalisera le meilleur arrangement qui soit d’ordinaire possible. Un entretien amical avec le chef de chant pourrait aussi assurer une meilleure adaptation de l’air au cantique qu’on ne le voit souvent.3. With reference to the music of hymns, it is proper here to make only a brief remark. The superiority of congregational singing is beyond question. Yet it seems generally necessary to have a choir, whose proper function is to lead the singing of the congregation, but whose well-known tendency is to usurp the whole. Hence result great evils, sadly familiar to us all. Now the preacher is the proper mediator between choir and congregation. If a lover of music, especially if able to sing well by note, he may keep the sympathies of the choir, and may induce them, not by public but private requests, to sing for the most part familiar tunes; and then an occasional public and private exhortation to the people, to take part in the singing, will effect the best arrangement that is usually practicable. Friendly conference with the leader of the singing might also secure a better adaptation of tune to hymn than is often observed.

§ 3. La prière publique§ 3. Public Prayer

Les prières forment la partie la plus importante du culte public. Celui qui conduit une grande assemblée dans la prière, qui entreprend d’exprimer ce qu’elle ressent, ou devrait ressentir, devant Dieu, de donner voix à son adoration, à sa confession, à sa supplication, assume une très lourde responsabilité. Nous convenons tous aisément, et nous le sentons parfois en partie, que c’est une chose solennelle de parler au peuple de la part de Dieu ; l’est-ce moins quand nous parlons à Dieu de la part du peuple ? Toute la préparation possible à l’accomplissement de ce devoir devrait assurément être faite avec le plus grand soin. Et pourtant, alors que bien peu contestent aujourd’hui la convenance d’une préparation, générale et particulière, à l’œuvre de la prédication, il est à craindre que la grande majorité néglige encore entièrement de se préparer à conduire la prière publique.The prayers form the most important part of public worship. He who leads a great congregation in prayer, who undertakes to express what they feel, or ought to feel, before God, to give utterance to their adoration, confession, supplication, assumes a very heavy responsibility. We all readily agree, and sometimes partially realize, that it is a solemn thing to speak to the people for God; is it less so when we speak to God for the people? Whatever preparation is possible for performing this duty, ought surely to be most carefully made. And yet, while very few now question the propriety of preparation, both general and special, for the work of preaching, it is feared the great majority still utterly neglect to prepare themselves for the conduct of public prayer.

La préparation générale à la conduite de la prière publique consiste principalement dans les choses suivantes : (1) Une piété fervente. Elle comprendra l’habitude de prier en particulier et dans les réunions fraternelles. S’il est vrai que « la seule manière d’apprendre à prêcher, c’est de prêcher », il est encore plus vrai que la seule manière d’apprendre à prier, c’est de prier. Et si certains tolèrent qu’on prêche pour s’exercer, tous condamneront absolument qu’on prie pour s’exercer. Il est donc clair que personne ne priera habituellement bien en public s’il ne prie beaucoup et pieusement en particulier. On peut remarquer en outre que dans toute tentative de prier, en quelque circonstance que ce soit, on doit s’efforcer sérieusement de se rendre compte de ce que l’on fait. (2) La familiarité avec l’Écriture, tant parce qu’elle fournit des sujets de prière que parce qu’elle fournit le langage de prière le plus approprié et le plus touchant. Le ministre doit sans cesse emmagasiner dans sa mémoire les expressions les plus directement propres à la dévotion qui se trouvent partout dans la Bible, et surtout dans les Psaumes et les Prophètes, les Évangiles, les Épîtres et l’Apocalypse.The general preparation for leading in public prayer consists chiefly in the following things: (1) Fervent piety. This will include the habit of praying in private, and in social meetings. If it be true that “the only way to learn to preach is to preach,” it is still more emphatically true that the only way to learn to pray is to pray. And while some do tolerate preaching for practice, all will utterly condemn praying for practice. It is thus plain that no one will regularly pray well in public, who does not pray much and devoutly in private. Along with this it may be observed, that in every attempt to pray, under whatever circumstances, one should earnestly endeavor to realize what he is doing. (2) Familiarity with Scripture, both as furnishing topics of prayer, and supplying the most appropriate and affecting language of prayer. The minister should be constantly storing in his memory the more directly devotional expressions found everywhere in the Bible, and especially in the Psalms and Prophets, the Gospels, Epistles and Revelation.

Peut-être quelques-uns se trompent-ils en faisant consister leurs prières en une suite presque ininterrompue de longues citations ; mais cela est rare, et la plupart d’entre nous ont grand besoin, dans leurs prières, d’un apport plus large et plus varié du langage de l’Écriture. (3) L’étude d’exemples instructifs de prière. On trouve dans la Bible, outre les nombreuses expressions de dévotion isolées, divers exemples frappants de prières suivies et complètes, et un très grand nombre de cas où la substance d’une prière est donnée, sinon la forme. On doit les étudier soigneusement, pour s’instruire de la matière et de la manière de prier. Certaines des liturgies établies de longue date sont aussi très instructives. Si fermement que nous nous opposions à l’imposition d’une forme de prière quelconque, il y a certainement beaucoup à apprendre de l’étude de formes préparées avec le plus grand soin, et le plus souvent par des hommes très capables et très pieux. Des ouvrages plus modernes, comme les recueils de prières, et les prières consignées dans des journaux intimes, mériteront aussi un examen occasionnel. Dans toute cette étude des prières, il faut prendre grand soin de ne pas perdre l’esprit de dévotion dans un esprit purement critique.Perhaps a few men err, in making their prayers consist of an almost uninterrupted succession of long quotations; but this is uncommon, and most of us greatly need in our prayers a larger and more varied infusion of Scripture language. (3) Study of instructive specimens of prayer. In the Bible there are found, besides the numerous single devotional expressions, various striking examples of connected and complete prayers, and very many instances in which the substance of a prayer is given though not the form. These ought to be carefully studied, for instruction in the matter and the manner of praying. Some of the long-established liturgies are also very instructive. However earnestly we may oppose the imposition of any form of prayer, there is certainly much to be learned from studying forms prepared with the greatest care, and in most cases by very able and very devout men. More modern works, as collections of prayers, and those recorded in diaries, will also repay occasional examination. In all such study of prayers, great pains must be taken not to lose the devotional in the merely critical spirit.

La préparation particulière qu’on doit faire pour la prière en une occasion donnée se comprendra le mieux en considérant la prière publique quant à sa matière, à sa disposition, à son langage et à son débit.The special preparation which ought to be made for prayer on any given occasion, may be best understood by considering public prayer as to its matter, arrangement, language, and utterance.

1. Quant à la matière, les prières seront très générales et étendues, ou très précises, selon les circonstances. La prière simple et merveilleusement complète que notre Seigneur a donnée comme modèle dans le Sermon sur la montagne, et qu’il a répétée plus tard sous une forme beaucoup plus brève, et qu’on appelle communément l’Oraison dominicale, est un exemple du premier genre, tandis qu’au second appartient la prière du dix-septième chapitre de Jean. Dans les deux directions, nous sommes souvent témoins de graves erreurs. Certaines prières sont si générales qu’elles embrassent presque tout, et n’ont ainsi aucun point précis. Une prière ne doit jamais être vague et décousue, mais doit toujours avoir certains sujets bien définis ; et ceux-ci doivent, si possible, être déterminés d’avance. D’autres entrent dans des détails si minutieux que cela ne convient plus au caractère d’une prière faite pour toute une assemblée, et devient parfois inconvenant.1. As to the matter, prayers will be very general and comprehensive, or very specific, according to circumstances. The simple and wonderfully comprehensive prayer given by our Lord as a model in the Sermon on the Mount, and afterwards repeated in a much shortened form, which is commonly called the Lord’s Prayer, is a specimen of the former kind, while to the latter belongs the prayer in the 17th chapter of John. In both directions we often witness grave errors. Some prayers are so general as to include almost everything, and thus to have no point. A prayer ought never to be indefinite and straggling, but should always have certain well-defined topics; and these should, when practicable, be determined beforehand. Other persons enter into such minute details as to be inconsistent with the character of a prayer suited to a whole assembly, and sometimes to be indecorous.

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On répète souvent, et avec raison, qu’en priant nous ne devons pas entreprendre d’instruire Dieu. Pourtant cette idée ne doit pas être poussée trop loin. Notre Seigneur, dans la prière de Jean 17, déclare ce qu’il a fait et explique comment s’obtient la vie éternelle. Il convient donc parfois de rappeler des faits ou de faire des déclarations, pourvu qu’ils deviennent l’occasion d’actions de grâces ou de demandes. De même, la prière ne doit pas servir de moyen pour exhorter le peuple, comme on le fait souvent à demi inconsciemment. Elle ne doit pas non plus contenir d’allusions flatteuses. Prier avec des compliments recherchés pour un autre ministre présent est une pratique tristement fréquente et grossièrement inconvenante. Robert Hall eut tort de prier trop souvent pour des personnes distinguées présentes. De même pour les allusions à « cette nombreuse et intelligente assemblée ». Bien entendu, on peut prier pour des catégories particulières de personnes, et parfois pour des individus ; mais pas de compliments. Les allusions à des questions politiques, ou à des sujets qui causent des divisions dans la communauté, ne peuvent se justifier que par des circonstances particulières et par la manière de les traiter.It is often and justly urged that we must not, in praying, undertake to instruct God. Yet this idea must not be carried too far. Our Lord, in the prayer of John 17, states what he has been doing, and explains how eternal life is attained. It is therefore proper sometimes to recite occurrences, or make statements, provided they become the occasion of thanksgiving or petition. Again, prayer must not be used as a medium for exhorting the people, as is often half unconsciously done. Nor must it contain complimentary allusions. To pray for another minister present, with elaborate compliment, is a sadly frequent, and grossly improper practice. Robert Hall erred in praying too often for distinguished persons present. So with allusions to “this large and intelligent congregation.” Of course there may be prayer for particular classes of persons, and sometimes for individuals; but no compliments. Allusions to political questions, or any matters which are occasioning strife in the community, can be justified only by peculiar circumstances and mode of handling.

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2. La disposition de la prière ne doit pas être formelle, mais il doit toujours y avoir un ordre réel. Il n’est pas nécessaire, même si c’est souhaitable, que cet ordre descende jusqu’aux détails. Les sujets principaux ne doivent pas seulement être choisis, comme nous l’avons vu, mais ordonnés d’avance dans l’esprit. Tous les arguments que nous avons fait valoir en faveur de la disposition dans la prédication s’appliquent, plus ou moins, à l’ordre dans la prière.2. The arrangement of prayer must not be formal, but there should always be a real order. It is not necessary, if desirable, that this should descend to details. The leading topics must not only be chosen, as we have seen, but arranged in the mind beforehand. All the arguments we have urged in favor of arrangement in preaching, apply, more or less, to order in prayer.

L’ordre que l’on juge d’ordinaire le plus approprié peut s’énoncer ainsi : (1) invocation, adoration, actions de grâces ; (2) confession, et prière pour le pardon ; (3) consécration renouvelée, et prière pour obtenir du secours ; (4) intercession, pour tous les objets généraux ou particuliers. En commençant par la pensée du caractère et des bontés de Dieu, nous sommes naturellement amenés à penser ensuite à nos propres péchés ; d’où l’ordre indiqué. Mais l’adoration peut aussi être naturellement suivie de la prière pour que Dieu soit connu et adoré sur toute la terre (voyez l’Oraison dominicale), et ce qui nous concerne nous-mêmes, actions de grâces ou supplication, peut venir ensuite. Ou bien les tout premiers mots, après s’être adressé à Dieu, peuvent être une confession du péché et un cri pour obtenir miséricorde. De plus, quelque chose de particulier dans l’occasion, quelque chose qu’on sait peser sur le cœur des fidèles, peut exiger qu’on s’écarte beaucoup de l’ordre habituel, aussi bien que du choix habituel des sujets. Nous devons éviter les deux extrêmes : errer çà et là, et suivre un ordre raide, formel et immuable. Dans ces limites, on peut se laisser guider par le jugement et le goût, par le sentiment et l’occasion.The order which seems to be usually thought most appropriate, may be stated as follows: (1) Invocation, adoration, thanksgiving. (2) Confession, and prayer for forgiveness. (3) Renewed dedication, and prayer for help. (4) Intercession, for all general or special objects. Beginning with the thought of God’s character and mercies, we are naturally led to think next of our own sins; and hence the order named. But adoration may also naturally be followed by prayer that God may be known and adored over all the earth, (see the Lord’s Prayer,) and reference to ourselves, whether thanksgiving or supplication, be introduced afterwards. Or the very first words, after addressing God, may be a confession of sin, and a cry for mercy. Moreover, something peculiar in the occasion, something known to be pressing upon the hearts of the worshippers, may demand a great departure from the usual order, as well as the usual selection, of topics. We must avoid the two extremes, of wandering hither and thither, and of stiff, formal, unchangeable order. Within these limits, one may be guided by judgment and taste, by feeling and the occasion.

3. Le langage de la prière doit évidemment être correct et exempt de toute vulgarité et de toute bizarrerie. Il doit être parfaitement simple — ni bas ni grossier, mais ni savant ni ampoulé. Nous devons éviter la recherche et la mièvrerie, extrêmement choquantes pour le bon goût et pénibles pour le sentiment vraiment pieux ; mais nous ne devons pas éviter, quand nous sommes profondément émus, le langage naturel de l’émotion, qui est volontiers figuré, et parfois très figuré. Là où cela est vraiment naturel, cela ne fera jamais l’effet d’une parure. C’est l’un des plus pauvres compliments qu’on puisse faire à un homme que de dire qu’il a fait une prière « éloquente » ; sérieuse, fervente, solennelle, profondément saisissante : tels sont les termes souhaitables, si tant est qu’on doive louer une prière.3. The language of prayer must, of course, be grammatical, and free from all vulgarisms and oddities. It should be thoroughly simple, — not low and coarse, but not learned or inflated. We must avoid elaborateness, and prettiness, which is extremely offensive to good taste and painful to truly devout feeling, but must not avoid, when deeply affected, the natural language of emotion, which is apt to be figurative, and sometimes very highly figurative. Where this is really natural, it will never strike one as finery. It is one of the poorest compliments that can be paid a man to say, that he made an “eloquent” prayer; earnest, fervent, solemn, deeply impressive — such are the terms to be desired, if indeed a prayer is complimented at all.

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Le débit doit à tout prix être distinct — non pas bruyant, mais parfaitement audible dans toute la salle. Il est très pénible, et assez fréquent, de ne pouvoir entendre. Quant aux tons précis à employer, qu’on s’efforce de se rendre compte de ce que l’on fait, puis qu’on parle simplement comme on sent, à moins qu’on ne prenne conscience de défauts particuliers. Certains ont l’habitude d’un ton lugubre, qui n’appartient pas au langage naturel de la repentance et de l’amour, et qui est parfois ridicule. Le ton doit évidemment être solennel et respectueux plutôt que familier, mais cela n’exige pas qu’il soit « plaintif ».The utterance must by all means be distinct — not boisterous, but perfectly audible throughout the room. It is very painful, and somewhat common, to be unable to hear. As to the precise tones to be employed, let one strive to realize what he is doing, and then speak simply as he feels, unless he becomes conscious of special faults. Some men are given to the use of a lugubrious tone, which does not belong to the natural language of penitence and love, and is sometimes ridiculous. The tone should, of course, be solemn and reverential, rather than familiar, but that does not require it to be “mournful.”

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§ 4. La durée des cultes§ 4. Length of the Services

En général, comme on l’a laissé entendre, les différentes parties du culte — lecture de l’Écriture, chant, prédication, prière — doivent varier en durée selon les circonstances, une partie étant allongée quand une autre est raccourcie, sans recherche de nouveauté sensationnelle, mais avec la variété qu’inspire naturellement un sentiment libre.In general, as has been intimated, the different parts of the service, reading Scripture, singing, preaching, prayer, should vary in length according to circumstances, one part being made longer when another is shorter, with no straining after sensational novelty, but with the variety which unrestricted feeling naturally prompts.

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§ 5. La bienséance en chaire§ 5. Pulpit Decorum

Le prédicateur ne doit jamais montrer d’irritation devant l’inattention, ou même la mauvaise conduite, de l’auditoire. Lorsqu’il est vraiment nécessaire de reprendre, et de reprendre sévèrement, il doit être manifeste qu’il ne venge pas un affront personnel, mais qu’il est mû par des motifs plus élevés. Et dans la grande majorité des cas, il vaut mieux omettre les réprimandes publiques. Elles offensent souvent, et le bien qu’elles font pourrait d’ordinaire être atteint d’une autre manière. Une parole bienveillante mais ferme en particulier vaut ordinairement beaucoup mieux. Peu de prédicateurs ont jamais eu à regretter de s’être tus, quand ils se sentaient poussés à une réprimande publique ; beaucoup ont regretté d’avoir parlé.A preacher should never exhibit irritation at inattention, or even at misconduct, in the audience. When it is really necessary to rebuke, and to rebuke sharply, it ought to be manifest that he is not resenting a personal slight, but affected by higher motives. And in the great majority of cases, public rebukes are better omitted. They often give offence, and the good they do might usually be reached in some other way. A kind, but decided word in private is commonly much better. Few preachers have ever had occasion to regret that they had been silent, when moved to public rebuke; many have regretted that they spoke.

Il ne doit rien y avoir d’important ni de guindé dans la manière du prédicateur. Il vaut généralement mieux dire « je » que d’employer le « nous » royal, le pluriel de majesté. Il peut y avoir plus d’égotisme dans le second cas que dans le premier. Pour éviter le retour trop fréquent de la première personne du singulier, le prédicateur peut souvent s’associer à ses auditeurs, et dire alors « nous ».There should be nothing self-important, or formal, in the preacher’s manner. It is generally better to say “I” than to use the royal “we,” the plural of majesty. There may be more egotism in the latter case than the former. To avoid the too frequent recurrence of the first person singular, the preacher may often associate himself with the hearers, and then say “we.”

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§ 6. Remarques finales§ 6. Concluding Remarks

Après toute notre préparation, générale et particulière, à la conduite du culte public et à la prédication, c’est de l’Esprit de Dieu que nous dépendons pour un véritable succès. Et là où l’on prêche l’Évangile en comptant sur la bénédiction de Dieu, on ne prêche jamais en vain. Le sermon destiné aux inconvertis peut faire grand bien aux croyants, et inversement. Sans le moindre résultat visible pour le moment, un sermon peut porter du fruit longtemps après ; peut-être seulement dans l’éternité. Et l’échec le plus lamentable, qui semble entièrement inutile, peut profiter au prédicateur lui-même et, par lui, à tous ceux qui l’entendront par la suite. Nous voyons ainsi en partie comment la Parole de Dieu fait toujours du bien, accomplit toujours ce pour quoi il l’a envoyée.After all our preparation, general and special, for the conduct of public worship and for preaching, our dependence for real success is on the Spirit of God. And where one preaches the gospel, in reliance on God’s blessing, he never preaches in vain. The sermon meant for the unconverted may greatly benefit believers, and vice versa. Without the slightest manifest result at present, a sermon may be heard from long afterwards; perhaps only in eternity. And the most wretched failure, seeming utterly useless, may benefit the preacher himself, and through him, all who afterwards hear him. Thus we partially see how it is that God’s Word always does good, always prospers in the thing whereto he sent it.

Et nous ne devons jamais oublier la puissance du caractère et de la vie pour renforcer la parole. Ce qu’est un prédicateur détermine pour une large part l’effet de ce qu’il dit. Il y a un proverbe médiéval, Cujus vita fulgur, ejus verba tonitrua : si la vie d’un homme est un éclair, ses paroles sont des tonnerres.Nor must we ever forget the power of character and life to reinforce speech. What a preacher is, goes far to determine the effect of what he says. There is a mediaeval proverb, Cujus vita fulgur, ejus verba tonitrua, If a man’s life be lightning, his words are thunders.

Lectures assignées tirées d’une édition historique du domaine public (Public-domain original / CTS interim elective edition 2026) ; l’espagnol et le français sont des traductions du STC.Assigned readings from a historical public-domain edition (Public-domain original / CTS interim elective edition 2026); the Spanish is a CTS translation.