1. Le devoir d’étudier la vérité religieuse et les sources de la connaissance1. The Duty of Studying Religious Truth and the Sources of Knowledge
John L. Dagg, Manual of Theology (1857), livre I, « L’étude de la vérité religieuse », chapitres 1–2 (« L’obligation » ; « Les sources de la connaissance »). Texte intégral de ces chapitres ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John L. Dagg, Manual of Theology (1857), Book I, “Study of Religious Truth,” chapters 1–2 (“The Obligation”; “Sources of Knowledge”). Complete text of these chapters; the interpretations are the author’s.
Note du STC : Dagg écrivait en 1857, et ses données scientifiques (comme la distance du soleil) reflètent les connaissances de son temps. Sa conception de l’inspiration plénière, mot pour mot, est une position baptiste historique ; d’autres chrétiens, y compris des baptistes, décrivent l’inspiration autrement. La dernière phrase du paragraphe sur les copies et les traductions semble incomplète dans la transcription et est reproduite telle quelle en attendant sa vérification sur l’édition imprimée.CTS note: Dagg wrote in 1857, and his scientific details (such as the distance of the sun) reflect the knowledge of his day. His view of plenary, word-for-word inspiration is a historic Baptist position; other Christians, Baptists among them, describe inspiration in other ways. The last sentence of the paragraph on copies and translations appears incomplete in the transcription and is reproduced as found until it is checked against the printed edition.
Section 1. L’ÉTUDE DE LA VÉRITÉ RELIGIEUSESection 1. STUDY OF RELIGIOUS TRUTH
Chapitre 1. L’obligationChapter 1. The Obligation
L’étude de la vérité religieuse doit être entreprise et poursuivie par sentiment du devoir, et en vue de l’amélioration du cœur. Une fois apprise, elle ne doit pas être reléguée sur une étagère comme un objet de spéculation, mais déposée au plus profond du cœur, où son pouvoir sanctifiant doit se faire sentir. Étudier la théologie pour satisfaire sa curiosité, ou pour se préparer à une profession, c’est abuser et profaner ce qui doit être tenu pour très saint. Apprendre les choses qui concernent Dieu simplement pour se divertir, ou pour un avantage temporel, ou pour satisfaire le simple amour du savoir, c’est traiter le Très-Haut avec mépris.The study of religious truth ought to be undertaken and prosecuted from a sense of duty, and with a view to the improvement of the heart. When learned, it ought not to be laid on the shelf, as an object of speculation; but it should be deposited deep in the heart, where its sanctifying power ought to be felt. To study theology, for the purpose of gratifying curiosity, or preparing for a profession, is an abuse and profanation of what ought to be regarded as most holy. To learn things pertaining to God, merely for the sake of amusement, or secular advantage, or to gratify the mere love of knowledge, is to treat the Most High with contempt.
Nos intérêts extérieurs sont engagés dans la question de la religion, et nous devons l’étudier en vue de ces intérêts. Un cultivateur doit étudier l’agriculture en vue d’accroître sa récolte ; mais si, au lieu de cela, il s’épuise à rechercher comment les plantes reproduisent leurs semblables et comment les divers sols ont été produits à l’origine, ses terres seront envahies de ronces et d’épines, et ses greniers seront vides. Tout aussi stérile sera l’étude de la doctrine religieuse qui ne vise qu’à la spéculation. C’est comme si la nourriture nécessaire à l’entretien du corps, au lieu d’être mangée et digérée, était simplement disposée de manière à plaire aux yeux. En ce cas, le corps périrait certainement de faim ; et, avec la même certitude, l’âme dépérira si elle ne se nourrit pas de la vérité divine.Our external interests are involved in the subject of religion, and we should study it with a view to these interests. A farmer should study agriculture, with a view to the increase of his crop; but if, instead of this he exhausts himself in inquiring how plants propagate their like, and how the different soils were originally produced, his grounds will be overrun with briers and thorns, and his barns will be empty. Equally unprofitable will be that study of religious doctrine which is directed to the mere purpose of speculation. It is as if the food necessary for the sustenance of the body, instead of being eaten and digested, were merely set out in such order as to gratify the sight. In this case, the body would certainly perish with hunger; and, with equal certainty will the soul famish if it feed not on divine truth.
Lorsque la doctrine religieuse n’est considérée que comme un objet de spéculation, l’esprit ne se contente pas de la simple vérité telle qu’elle est en Jésus, mais il s’égare à la poursuite de questions stériles et s’empêtre dans des difficultés dont il ne peut se dégager. De là vient le scepticisme de beaucoup. La vérité, qui sanctifierait et sauverait l’âme, ils la rejettent volontairement, parce qu’elle ne satisfait pas toute leur curiosité et ne résout pas toutes leurs perplexités. Ils agissent comme le ferait le jardinier qui rejetterait toute la science de l’agriculture et refuserait de cultiver ses terres parce que la croissance des plantes renferme bien des mystères qu’il ne peut expliquer.When religious doctrine is regarded merely as an object of speculation, the mind is not content with the simple truth as it is in Jesus, but wanders after unprofitable questions, and becomes entangled in difficulties, from which it is unable to extricate itself. Hence arises the skepticism of many. Truth, which would sanctify and save the soul, they willfully reject, because it will not gratify all their curiosity, and solve all their perplexities. They act as the gardener would, who should reject the whole science of agriculture, and refuse to cultivate his grounds, because there are many mysteries in the growth of plants, which he cannot explain.
Si nous entreprenons notre recherche de la vérité religieuse par sentiment du devoir, et dans le dessein d’en faire le meilleur usage possible, nous pouvons espérer le succès. Le Seigneur bénira nos efforts, car il a promis : « Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu » (Jean 7:17). À mesure que nous avancerons, nous découvrirons tout ce qui est nécessaire à toute fin pratique ; et le sentiment du devoir sous lequel nous procédons ne nous poussera pas au-delà de ce point.If we set out, in our search for religious truth, from a sense of duty, and with the purpose of making the best possible use of it, we may hope for success. The Lord will bless our efforts; for he has promised, “If any man will do his will, he shall know of the doctrine” (John 7:17). As we advance, we shall find out all that is necessary for any practical purpose; and the sense of duty, under which we proceed, will not drive us beyond this point.
Le sentiment de l’obligation religieuse qui nous pousse à rechercher la connaissance de la vérité, bien que négligé par une grande partie du genre humain, appartient à la constitution de la nature humaine. L’homme a été destiné à l’origine à la religion, aussi sûrement que l’œil a été formé pour la vision. Il sera avantageux de bien considérer ce fait au début de nos recherches. Nous sentirons alors que nous procédons selon les meilleures inspirations de la nature humaine.The sense of religious obligation which moves us to seek the knowledge of the truth, though disregarded by a large part of mankind, belongs to the constitution of human nature. Man was originally designed for religion, as certainly as the eye was formed for the purpose of vision. It will be advantageous to consider well this fact, at the outset of our inquiries. We shall then feel that we are proceeding according to the best dictates of human nature.
Les diverses parties du monde que nous habitons sont admirablement adaptées les unes aux autres. Beaucoup de ces adaptations se présentent à l’observation la plus distraite ; et, si nous les cherchons avec diligence, elles se multiplient sous nos yeux à l’infini. La semence tombe à terre de la tige qui l’a portée, comme un grain de sable ; mais, à la différence du sable, elle contient dans ses dimensions minuscules une admirable provision pour la production d’une plante future. Cette provision serait cependant inutile si elle ne trouvait un sol propre à nourrir le jeune germe. Il faut aussi de l’humidité ; et la vapeur, s’élevant d’une mer lointaine, est portée en ce lieu par le vent et, condensée dans l’atmosphère, descend en averse fertilisante. Mais toutes ces adaptations sont insuffisantes si la chaleur n’est pas fournie ; et, pour achever l’opération, le soleil, à la distance de quatre-vingt-quinze millions de milles, envoie ses rayons vivifiants. De tels enchaînements de dispositions abondent dans toutes les œuvres de la nature.The various parts of the world which we inhabit, are admirably adapted to each other. Many of these adaptations present themselves to our most careless observation; and, if we search for them with diligence, they multiply to our view beyond number. The seed falls to the ground from its parent stalk, like a grain of sand; but, unlike the sand, it contains in its minute dimensions, a wonderful provision for the production of a future plant. This provision, however, would prove unavailing, if it did not find a soil adapted to give nourishment to the young germ. Moisture is also needed: and the vapor, rising from a distant sea, is wafted to the place by the wind, and, condensed in the atmosphere, descends in the fertilizing shower. But all these adaptations are insufficient, if warmth is not supplied; and, to complete the process, the sun at the distance of ninety-five millions of miles, sends forth his enlivening beams. Such complications of arrangements abound in all the works of nature.
Les fins que ces adaptations accomplissent sont souvent parfaitement évidentes. Chez les plantes et les animaux, elles pourvoient à la vie de l’individu et à la perpétuation de l’espèce. Les plantes sont adaptées pour servir de nourriture aux animaux ; et plantes et animaux rendent d’importants services à l’homme. Mais l’homme aussi a ses adaptations ; et, en les considérant, on peut en déduire la place qui lui revient dans le grand système de l’univers.The purposes which these adaptations accomplish, are often perfectly obvious. In plants and animals, they provide for the life of the individual and the continuance of the species. Plants are adapted to become food for animals; and plants and animals render important benefits to man. But man, too, has his adaptations; and, from a consideration of these, his proper place in the great system of the universe may be inferred.
Comme les autres animaux, l’homme est constitué de telle sorte qu’il est pourvu à la continuation de sa vie et de sa race. S’il n’y avait pas dans sa constitution d’indications plus élevées, il pourrait manger et boire comme les autres animaux, et la satisfaction de ses appétits et de ses penchants naturels pourrait être la fin suprême de son être. Mais que des êtres humains s’abrutissent ainsi est une dégradation manifeste de leur nature. Ils possèdent des facultés qui, comme chacun le sent, les rendent propres à des fins bien plus nobles.Like other animals, man is so constituted, that provision is made for the continuance of his life, and of the race. Were there no higher indications in his constitution, he might eat and drink, like other animals; and the indulgence of his natural appetites and propensities might be the highest end of his being. But, for human beings so to brutalize themselves, is a manifest degradation of their nature. They possess endowments, which, as every one feels, fit them for far nobler purposes.
Les hautes facultés intellectuelles de l’homme réclament un exercice approprié. Sa connaissance ne se borne pas aux objets proches, ni aux relations et propriétés des choses que les sens perçoivent immédiatement ; mais sa raison suit des rapports éloignés et poursuit la chaîne des causes et des effets à travers de longues successions. Du moment présent, il remonte le cours de l’histoire passée et relie les événements dans leur juste ordre de dépendance. Par sa connaissance du passé, il peut anticiper l’avenir et s’y préparer. Dans les causes qui existent maintenant, il peut discerner les effets qui se développeront longtemps après. De telles facultés s’accordent bien avec l’opinion qu’il est un être immortel, et que la vie présente et passagère est une préparation à une autre qui ne finira jamais ; mais elles ne s’accordent nullement avec la supposition qu’il meurt comme la bête. Personne n’imagine que le bœuf ou l’âne se soucie de savoir si une immortalité l’attend, à laquelle il lui importerait de se préparer ; mais l’idée d’un état futur a eu sa place dans l’esprit humain à toutes les époques et sous toutes les formes de religion. L’abeille et la fourmi se pourvoient pour l’hiver qui approche ; et l’hiver, auquel leurs instincts les poussent à se préparer, vient sur elles. Si la vie future, que les hommes ont si généralement attendue, que leur esprit est si bien fait pour attendre, et à laquelle beaucoup ont travaillé à se préparer avec un soin incessant, ne se réalisait jamais, le cas violerait toute analogie et serait en discordance avec l’harmonie de la nature universelle.The high intellectual powers of man, call for appropriate exercise. His knowledge is not confined to objects near at hand, nor to such relations and properties of things as are immediately perceived by the senses; but his reason traces remote relations, and follows the chain of cause and effect through long successions. From the present moment he looks back through past history, and connects events in their proper order of dependence. By his knowledge of the past he is able to anticipate and prepare for the future. In the causes now existing, he can discover the effects which will be developed long hereafter. Such endowments agree well with the opinion that he is an immortal being, and that the present transitory life is preparatory to another which will never end; but they, by no means, accord with the supposition, that he dies as the brute. No one imagines that the ox, or the donkey, is concerned with the question whether an immortality awaits him, for which it is important that he should prepare; but the idea of a future state has had a place in the human mind in all ages, and under all forms of religion. The bee and the ant provide for the approaching winter; and the winter, for which their instincts lead them to prepare, comes upon them. If the future life, which men have so generally looked for, which their minds are so fitted to expect, and for which many have labored to prepare, with unceasing care, should never be realized, the case would violate all analogy, and be discordant with the harmony of universal nature.
L’esprit humain est fait pour un progrès continu dans la connaissance et, par conséquent, pour un état d’immortalité. Cette adaptation comprend un désir insatiable de connaître et la capacité d’acquérir la connaissance. Le petit poussin, peu d’heures après avoir quitté la coquille où commence sa frêle existence, est capable de choisir sa nourriture, d’aller la chercher et de revenir sous l’aile de sa mère pour être protégé. L’homme naît au monde comme le plus démuni des animaux. De longues semaines s’écoulent avant que le développement de ses facultés intellectuelles commence à paraître. Le progrès est lent, et bien des mois d’amélioration graduelle passent avant qu’il égale, en aptitude à se conserver, beaucoup d’autres créatures qui n’ont vécu que quelques heures. Ces animaux, toutefois, s’arrêtent à un point au-delà duquel, peut-on dire, ils ne vont jamais. Les oiseaux de l’époque présente bâtissent leurs nids exactement comme on les bâtissait il y a cinq mille ans ; et les admirables organisations sociales qu’on trouve chez les abeilles et les fourmis n’ont subi aucune amélioration. Mais aucun point, aucune ligne ne borne le progrès de l’esprit humain. Bien que nous soyons maintenant familiers avec les grands progrès accomplis dans les arts et les sciences, nous les contemplons avec admiration et étonnement ; et nous sentons qu’une carrière sans limites s’ouvre devant l’intelligence de l’homme, invitant les efforts qu’il se sent intérieurement poussé à faire. Mais, en ce qui concerne chaque individu de la race, les vastes champs de la connaissance s’ouvrent en vain devant lui, son pouvoir de les explorer existe en vain, et le désir de les explorer brûle en vain dans son sein, si la vie présente, qui fuit comme la navette du tisserand, est la seule occasion accordée, et si toutes ses espérances et ses aspirations doivent être à jamais ensevelies dans la tombe.The human mind is fitted for continued progress in knowledge; and, therefore for a state of immortality. This adaptation includes an insatiable desire of knowledge, and an ability to acquire it. The little chicken, not many hours after it has left the shell in which its feeble existence commences, is able to select its food, to roam abroad in search of it, and to return to its mother’s wing for protection. Man is born into the world, the most helpless of animals. Tedious weeks pass away before the development of his intellectual powers begins to appear. The progress is slow, and many months of gradual improvement pass, before he becomes equal in ability for self-preservation, to many other creatures that have lived a few hours. These animals, however, stop at a point beyond which, it may be said, they never go. The birds of the present age build their nests just as they were built five thousand years ago; and the admirable social arrangements found among bees and ants have undergone no improvements. But no point, no line, bounds the progress of the human mind. Though we are now familiar with the great improvements which have been made in arts and sciences, we contemplate them with admiration and astonishment; and we feel that a boundless career is open before the intellect of man, inviting the efforts which he finds himself internally prompted to make. But, as far as each individual of the race is concerned, the vast fields of knowledge open before him in vain, his power to explore them exists in vain, and the desire to explore burns in vain in his breast, if the present life, which flies as the weaver’s shuttle, is the only opportunity granted, and if all his hopes and aspirations are to be forever buried in the grave.
Les facultés morales dont l’homme est doté le rendent propre à un état de soumission à un gouvernement moral. Notre esprit est constitué de telle sorte que nous sommes capables de percevoir une qualité morale dans les actions, et de les approuver ou de les désapprouver. La conscience d’avoir bien agi nous procure l’un de nos plus grands plaisirs ; et l’angoisse du remords pour les mauvaises actions est aussi intolérable que toute souffrance dont le cœur humain soit susceptible. Notre conscience exerce en nous un gouvernement moral, et nous récompense ou nous punit de nos actions selon leur caractère moral. Une grande part de notre bonheur dépend de l’approbation de ceux que nous fréquentons. Ainsi trouvons-nous un gouvernement moral au-dehors aussi bien qu’au-dedans ; et, sur tous les points, dans nos rapports avec des êtres intelligents, nous en sentons les contraintes. Où sont les limites de ce gouvernement moral ? Il doit être aussi étendu que nos rapports avec des êtres moraux, et aussi durable que notre existence.The moral faculties with which man is endowed, adapt him to a state of subjection to moral government. Our minds are so constituted, that we are capable of perceiving a moral quality in actions, and of approving or disapproving them. A consciousness of having done what is right, affords us one of our highest pleasures; and the anguish of remorse for evil deeds, is as intolerable as any suffering of which the human heart is susceptible. Our conscience exercises a moral government within us, and rewards or punishes us for actions according to their moral character. Much of our happiness depends on the approbation of those with whom we associate. Hence, we find moral government without, as well as within; and at every point, in our relations to intelligent beings, we feel its restraints. Where are the bounds of this moral government? It must be as extensive as our relations to moral beings, and as lasting as our existence.
Que les hommes soient immortels et sous un gouvernement moral par lequel leur état futur sera rendu heureux ou malheureux selon leur conduite dans la vie présente, ce sont là des vérités fondamentales de la religion. L’homme est un animal religieux, parce que la persuasion de son immortalité et l’attente d’une rétribution future trouvent si aisément place dans son esprit. Personne n’imagine que de telles pensées aient jamais été conçues un seul instant par l’un quelconque des innombrables animaux sans raison qui ont foulé la terre. Mais dans la race humaine, de telles pensées ont prévalu dans toutes les nations et à toutes les époques ; elles se sont mêlées aux réflexions des savants et des ignorants, des sages et des insensés ; et elles ont intimement uni la religion à l’histoire du genre humain.That men are immortal and under a moral government, by which their future state will be made happy or miserable, according to their conduct in the present life, are fundamental truths of religion. Man is a religious animal; because a persuasion of his immortality and an expectation of future retribution so readily find a place in his mind. No one imagines that such thoughts were ever entertained for a moment, by any one of the innumerable brute animals that have trodden the earth. But in the human race, such thoughts have been prevalent in all nations and ages; have mingled with the cogitations of the learned and the unlearned, the wise and the unwise; and have blended religion thoroughly with the history of mankind.
Les considérations qui ont été présentées établissent le droit de la vérité religieuse à notre plus haut respect et à notre plus diligente investigation. Celui qui méconnaît ce droit agit contrairement à sa propre nature et se dégrade au niveau de la bête qui périt. Que les hommes se dégradent ainsi, c’est un fait que des vues justes de la vérité religieuse ne peuvent ignorer : « Le bœuf connaît son possesseur, et l’âne la crèche de son maître : Israël ne connaît rien, mon peuple n’a point d’intelligence » (És 1:3). C’est une gloire et une excellence particulières de la révélation chrétienne d’être adaptée à cette condition déchue du genre humain, et d’avoir le pouvoir d’opérer une restauration. Elle est un remède pour le malade, aussi bien qu’une nourriture pour l’homme en santé. Un appétit sain réclame la nourriture ; et la nourriture, une fois reçue, fournit l’alimentation nécessaire ; de sorte qu’entre l’estomac sain et l’aliment nutritif l’adaptation est réciproque. Mais dans la maladie l’estomac a la nourriture en dégoût et rejette le remède nécessaire à la guérison ; et pourtant l’adaptation du remède à l’état du malade demeure. Il en est exactement ainsi de l’Évangile de Christ. Bien que rejeté par les hommes, il est « digne d’être entièrement reçu », parce qu’il est un remède précisément adapté à notre état dépravé. Des milliers de milliers ont éprouvé son pouvoir restaurateur, et s’unissent pour en recommander l’efficacité aux multitudes qui ne veulent pas en faire l’essai.The considerations which have been presented, establish the claim of religious truth to our highest respect and most diligent investigation. He who disregards its claim acts contrary to his own nature, and degrades himself to the level of the beast that perishes. That men do so degrade themselves, is a fact which correct views of religious truth cannot overlook: “The ox knows his owner, and the donkey his master’s crib; but Israel does not know, my people does not consider” (Isa 1:3). It is a peculiar glory and excellence of the Christian revelation, that it is adapted to this fallen condition of mankind; and that it has power to effect a restoration. It is medicine for the sick, as well as food for the healthy. A healthy appetite calls for food; and the food, when received, administers needed nourishment; so that between the healthy stomach and the nutritious food, the adaptation is reciprocal. But in sickness the stomach loathes food, and rejects the medicine which is needed to effect a cure: yet the adaptation of the medicine to the condition of the sick man still remains. Just so it is with respect to the gospel of Christ. Though rejected by men, it is “worthy of all acceptance,” because it is a remedy, precisely adapted to our depraved state. Thousands of thousands have experienced its restoring power, and unite in recommending its efficacy to the multitudes who are unwilling to make trial of it.
En contemplant les vérités de la religion, nous pouvons les considérer sous divers aspects. Nous pouvons les considérer comme procédant de Dieu ; comme démontrées par des preuves abondantes ; comme s’harmonisant entre elles ; et comme tendant à la gloire de Dieu. Il est intéressant et instructif de les contempler en contact immédiat avec le cœur humain, et, comme l’Esprit de Dieu se mouvant au-dessus du chaos originel, tirant l’ordre de la confusion et répandant la lumière et la vie là où régnaient auparavant les ténèbres et la mort. Dans l’exercice de ce pouvoir de nouvelle création paraît la divinité de la vérité chrétienne ; et la démonstration en est d’autant plus satisfaisante qu’elle est pratique et à la portée de tous.In contemplating the truths of religion, we may view them in various aspects. We may consider them as proceeding from God; as demonstrated by abundant proof; as harmonizing with one another; and as tending to the glory of God. It is interesting and instructive to view them in immediate contact with the human heart, and, like the Spirit of God, brooding over the original chaos, bringing order out of confusion, and infusing light and life where darkness and death had previously reigned. In exerting this new-creating power, the divinity of Christian truth appears; and the demonstration of it is the more satisfactory, because practical, and leveled to the capacity of all.
En tant qu’êtres religieux, cherchons à comprendre les vérités de la religion. En tant qu’êtres immortels, efforçons-nous de connaître la doctrine dont dépend notre bonheur éternel. Et veillons à ne pas la recevoir froidement dans notre intelligence seulement, mais à ce que son pouvoir renouvelant soit toujours à l’œuvre dans nos cœurs.As religious beings, let us seek to understand the truths of religion. As immortal beings, let us strive to make ourselves acquainted with the doctrine on which our everlasting happiness depends. And let us be careful that we do not merely receive it coldly into our understanding, but that its renewing power is ever operative in our hearts.
Chapitre 2. Les sources de la connaissanceChapter 2. Sources Of Knowledge
Nous nous trouvons dans un monde où nous n’avons point de demeure permanente. En nous et hors de nous, nous avons des preuves et des avertissements que nos intérêts principaux se trouvent dans un autre monde, et que notre principale affaire dans celui-ci est de nous préparer à l’état futur dans lequel nous entrerons très bientôt. Nous avons besoin d’être renseignés sur ce monde invisible et sur la bonne manière de nous y préparer, et aucune autre connaissance ne peut nous être aussi importante que celle-là. Se peut-il que nous n’ayons aucun moyen de l’acquérir ? Pour notre conduite dans les choses de ce monde, toute disposition nécessaire a été prise. Nous possédons des yeux ; et le monde où nous sommes placés fournit la lumière nécessaire pour les rendre utiles à la direction de nos pas. Nous possédons l’intelligence ; et des moyens extérieurs de connaissance nous sont présentés, par lesquels nous pouvons choisir les objets de nos efforts et les meilleures méthodes pour les atteindre. Nous pouvons en conclure qu’il doit exister quelque moyen de connaissance au sujet de nos intérêts les plus élevés. Les sources d’où l’on peut tirer cette connaissance sont les suivantes :We find ourselves in a world where we have no continuing abode. Within us, and without us, we have proofs and admonitions that our chief interests lie in another world, and that our chief business in this is to prepare for the future state, into which we shall very soon enter. We need information respecting that unseen world and the right method of preparing for it, and no other knowledge can be so important to us as this. Can it be that we have no means of acquiring it? For our guidance in the things of this world, every necessary provision has been made. We possess eyes; and the world in which we are placed affords the light that is needed to render them useful in directing our steps. We possess understanding; and means of knowledge from without are presented, by which we may select the objects of our pursuits, and the best methods of gaining them. We may hence infer that some means of knowledge respecting our highest interests must exist. The sources from which this knowledge may be obtained, are the following:
1. Nos sentiments moraux et religieux. Les animaux sans raison ont des instincts qui les guident ; et chez l’homme aussi existent des penchants instinctifs, adaptés à sa nature et à la condition et aux circonstances de son être. L’affection maternelle ne se limite pas aux bêtes comme un instinct qui leur serait propre, mais elle se trouve au plus haut degré chez la mère humaine ; et dans son cœur elle se mêle à des sentiments moraux et religieux propres à la nature humaine et inséparables d’elle. La mère humaine sent l’obligation morale de prendre soin de son enfant avant tout raisonnement sur ce sujet. Quand nous déterminons ce qui est bien ou mal par un raisonnement, nous jugeons d’après quelque loi ou règle du droit ; mais, dans ce cas, la mère est à elle-même sa propre loi. Elle n’a besoin d’aucun enseignement extérieur pour savoir que c’est son devoir de prendre soin de sa progéniture. Le péché peut avilir la nature humaine au point que des mères ne montrent aucun sentiment moral ; mais, quelque enseveli qu’il soit sous nos corruptions, le principe moral est un élément de notre nature. À cause de lui, même les païens sont une loi pour eux-mêmes, et montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs. Le sentiment moral qui d’abord coopère avec l’affection instinctive de la mère pour l’amener à prendre soin de son enfant coopère ensuite avec sa raison pour trouver le meilleur moyen de lui faire du bien.1. Our moral and religious feelings. Brute animals have instincts by which they are guided; and in man, also, instinctive propensities exist, adapted to his nature and the condition and circumstances of his being. Maternal affection is not confined to brutes as an instinct peculiar to them, but it is found in the highest degree in the human mother; and in her breast, mingles with moral and religious feelings peculiar to human nature and inseparable from it. The human mother feels the moral obligation to take care of her child, antecedent to all reasoning on the subject. When we determine what is right or wrong by a process of reasoning, we judge according to some law, or rule of right; but, in this case, the mother is a law to herself. She needs no teaching from without, to inform her that it is her duty to take care of her offspring. Sin may so debase human nature, that mothers may evince no moral feeling; but, however it may be buried under our corruptions, the moral principle is an element of our nature. Because of it, even the heathen are a law unto themselves, and show the work of the law written in their hearts. The moral feeling which at first co-operates with the mother’s instinctive affection to induce her to take care of her child, co-operates afterwards with her reason in devising the best method of promoting its good.
Lorsqu’il fallut déterminer laquelle de deux femmes était la mère d’un enfant vivant que toutes deux réclamaient, la sagesse de Salomon décida que la relation maternelle existait là où existait l’affection maternelle. D’après le même principe, nous pouvons déduire de nos sentiments moraux et religieux notre relation avec un gouvernement moral et avec le Souverain suprême. De cette loi écrite dans le cœur, nous pourrions tirer beaucoup de connaissance religieuse, si la chute de l’homme n’en avait obscurci l’écriture.When it was to be determined which of two women was the mother of a living child claimed by both, the wisdom of Solomon decided, that the maternal relation existed where maternal affection existed. On the same principle we may, from our moral and religious feelings, infer our relation to moral government and to the Supreme Ruler. From this law, written in the heart, we might obtain much religious knowledge, if the fall of man had not obscured the writing.
2. Les sentiments moraux et religieux de nos semblables. Nous sommes faits pour la société, et capables de nous faire du bien les uns aux autres dans les choses de cette vie et de celle qui est à venir. Les jugements d’autrui aident nos jugements ; et leurs sentiments moraux et religieux peuvent, de la même manière, aider les nôtres. Dans l’approbation ou la désapprobation du genre humain, nous pouvons trouver un moyen important de connaître ce qui est bien ou mal. De là vient que c’est une règle de devoir de faire les choses qui sont « dignes de louange ».2. The moral and religious feelings of our fellow-men. We are formed for society, and are capable of benefitting each other in the things of this life, and of that which is to come. The judgments of others assist our judgments; and their moral and religious feelings may, in like manner, assist ours. In the approbation or disapprobation of mankind, we may find an important means of knowing what is right or wrong. Hence, it is a rule of duty to do those things which are “of good report.”
Si un écrit ancien nous est transmis en de nombreuses copies, toutes mutilées et fort effacées, la probabilité de retrouver ce qu’était l’original est bien plus grande lorsque nous comparons de nombreuses copies entre elles que si nous n’en possédions qu’une seule. Pour la même raison, le sentiment moral et religieux du genre humain en général est une source de connaissance plus digne de confiance que celle qui s’offre à notre examen dans la nature morale d’un seul individu. La propre conscience d’un transgresseur endurci peut manquer de le reprendre, alors que ses crimes choquent le sens moral de toute la compagnie ; et, par la désapprobation de celle-ci, il pourrait apprendre l’iniquité de sa conduite, quand même tout sentiment moral serait éteint dans son propre cœur.If an ancient writing is transmitted to us in numerous copies, all of which are mutilated and greatly effaced, the probability of ascertaining what the original was is far greater, when we compare many copies with each other, than it would be, if we possessed one copy only. For the same reason, the moral and religious feeling of mankind generally, is a source of knowledge more to be relied on, than that which is opened for our examination in the moral nature of a single individual. A hardened transgressor’s own conscience may fail to reprove him, when his crimes shock the moral sense of the whole company; and, from their disapprobation, he might learn the iniquity of his conduct, though all moral feeling were extinguished in his own breast.
En examinant cette deuxième source de connaissance, nous observons le consentement commun du genre humain sur ces points : qu’il y a un Dieu ; qu’il doit être adoré ; qu’il y a une différence entre la vertu et le vice ; qu’il existe un gouvernement moral, administré en partie dans cette vie par la divine Providence ; que l’âme de l’homme est immortelle ; et qu’une rétribution future attend tous les hommes après la mort. Ces vérités de la religion apparaissent dans l’histoire du genre humain, à travers toutes les corruptions qui les ont recouvertes et obscurcies.In examining this second source of knowledge, we observe the common consent of mankind, that there is a God; that he ought to be worshiped; that there is a difference between virtue and vice; that a moral government exists, which is partly administered in this life by Divine Providence; that the soul of man is immortal; and that a future retribution awaits all men after death. These truths of religion appear in the history of mankind, through all the corruptions which have covered and obscured them.
3. Le cours de la Nature. Les choses sont disposées par le Créateur et Souverain du monde de telle sorte que certaines actions tendent à favoriser, et d’autres à détruire, le bonheur de l’individu et de la société. En observant la tendance des actions, nous pouvons apprendre ce qu’il faut faire et ce qu’il faut éviter. Dieu a établi la nature des choses, et la voix de la Nature est la voix de Dieu. La conscience, c’est Dieu qui parle en nous ; mais, à cause de l’apostasie de l’homme loin de Dieu, elle rend souvent de faux oracles. C’est pourquoi nous faisons bien de prêter l’oreille à la voix de Dieu qui parle dans la Nature universelle.3. The course of Nature. Things are so arranged by the Creator and Ruler of the world, that some actions tend to promote, and others to destroy, the happiness of the individual and of society. By observing the tendency of actions, we may learn what to do and what to avoid. God has established the nature of things, and the voice of Nature is the voice of God. Conscience is God speaking within us, but, because of man’s apostasy from God, it often delivers false oracles. Hence, we do well to turn our ear to the voice of God, speaking in universal Nature.
La tendance du vice à produire la misère est évidente pour quiconque observe le cours des choses autour de lui. Les ivrognes et les joueurs s’appauvrissent, ruinent leurs familles, gaspillent leur santé et se conduisent à une tombe prématurée, souvent par des mains violentes, et parfois par leur propre main. De dix mille manières, le crime de toute espèce montre sa tendance pernicieuse ; et, dans cette disposition des choses, le gouvernement moral de Dieu se voit clairement, et la conduite qu’il approuve est désignée par le doigt de sa Providence. Il paraît assez du gouvernement moral de Dieu dans la vie présente pour en démontrer l’existence ; et l’imperfection qui se manifeste dans son administration présente fournit une preuve satisfaisante qu’il s’étend au-delà de la vie présente et se parfait dans le monde à venir.The tendency of vice to produce misery, is obvious to every one who observes the course of things around him. Drunkards and gamblers, impoverish themselves, ruin their families, waste their health, and bring themselves to an untimely grave, frequently by violent, and sometimes, by suicidal hands. In ten thousand ways, crime of every species exhibits its pernicious tendency, and, in this arrangement of things, the moral government of God is clearly seen, and the conduct which he approves, is pointed out by the finger of his Providence. Enough of God’s moral government appears in the present life, to demonstrate its existence; and the imperfection which is manifest in its present administration, furnishes satisfactory proof that it extends beyond the present life, and is perfected in the world to come.
La connaissance religieuse qu’on peut tirer des trois sources qui ont été énumérées constitue ce qu’on appelle la Religion naturelle. Bien qu’insuffisante pour répondre aux besoins de l’homme dans sa condition déchue, elle enseigne les vérités fondamentales sur lesquelles repose toute religion, et conduit à la source plus élevée de connaissance par laquelle nous pouvons devenir sages à salut. Cette source estThe religious knowledge which may be obtained from the three sources which have been enumerated, constitutes what is called Natural Religion. Though insufficient to meet the wants of man in his fallen condition, it teaches the fundamental truths on which all religion is based, and leads to the higher source of knowledge by which we may become wise to salvation. That is
4. La Révélation divine. Parce que tous les autres moyens de connaissance sont insuffisants pour amener les hommes à la sainteté et au bonheur, il a plu à Dieu, dans sa pitié pour notre race, de faire connaître sa volonté par une révélation spéciale. Outre sa voix dans la conscience et dans la Nature, il fait entendre sa voix du Ciel. Cette révélation fut faite autrefois par les prophètes, chargés de parler aux hommes en son nom, et ensuite par son Fils venu du Ciel. À nous, en ces derniers temps, il parle dans sa parole écrite, la Bible, qui est la source parfaite de la connaissance religieuse et la norme infaillible de la vérité religieuse.4. Divine Revelation. Because all other means of knowledge are insufficient to bring men to holiness and happiness, God has been pleased, in pity to our race, to make known his will by special revelation. Besides his voice in conscience and in Nature, he utters his voice from Heaven. This revelation was anciently made by prophets, who were commissioned to speak to men in his name, and afterwards by his Son from Heaven. To us, in these latter days, he speaks in his written word, the Bible, which is the perfect source of religious knowledge, and the infallible standard of religious truth.
La Bible se compose de deux parties :The Bible consists of two parts:
1. L’Ancien Testament, ou Écritures hébraïques. C’est le livre très soigneusement conservé par les Juifs dans le monde entier, et tenu par eux pour sacré comme une révélation de Dieu.1. The Old Testament, or Hebrew Scriptures. This is the book very carefully preserved by the Jews throughout the world, and held sacred by them as a revelation from God.
2. Le Nouveau Testament. Il se compose de divers écrits qui ont été soigneusement conservés par les chrétiens des siècles passés, et qu’ils regardent maintenant comme une révélation de Dieu faite par l’intermédiaire des disciples immédiats de Jésus-Christ.2. The New Testament. This consists of various writings, which have been carefully preserved by the Christians of past ages, and are now regarded by them as a revelation from God, made through the immediate followers of Jesus Christ.
Nous admettrons ici que la Bible est une révélation de Dieu. Si le lecteur a quelque doute sur ce point, il pourra étudier avec profit l’un quelconque des nombreux ouvrages existants sur les Preuves du christianisme ; ou, à défaut d’ouvrages plus élaborés, il pourra lire un petit traité de l’Auteur, intitulé L’origine et l’autorité de la Bible. [Ce traité a été inséré dans le présent ouvrage comme Appendice, pp. 26-42.]We shall here assume that the Bible is a revelation from God. If the reader has any doubts on this point, he may study, to advantage, any of the numerous works extant on the Evidences of Christianity; or, in the absence of more elaborate productions, he may read a small tract by the Author, entitled The Origin and Authority of the Bible. [This Tract has been introduced into the present work as an Appendix, pp. 26-42.]
L’inspiration et la transmission des Écritures. La Bible, bien qu’elle soit une révélation de Dieu, ne vient pas immédiatement de lui jusqu’à nous qui la lisons, mais elle est reçue par l’intermédiaire d’agents humains. C’est une question importante que de savoir si sa vérité et son autorité sont altérées en passant par cet intermédiaire. Des agents humains furent employés dans la première rédaction des Écritures, et ensuite dans leur transmission, au moyen de copies et de traductions, en des lieux éloignés et aux générations suivantes.Inspiration and transmission of the Scriptures. The Bible, though a revelation from God, does not come immediately from him to us who read it, but is received through the medium of human agency. It is an important question, whether its truth and authority are impaired by passing through this medium. Human agency was employed in the first writing of the Scriptures, and afterwards in transmitting them, by means of copies and translations, to distant places, and succeeding generations.
Les hommes qui ont originellement écrit les Saintes Écritures ont accompli l’œuvre sous l’influence du Saint-Esprit. Telle fut l’étendue de cette influence que l’écrit, au sortir de leurs mains, fut dit donné par l’inspiration de Dieu. Ainsi Paul dit, en se référant particulièrement à l’Ancien Testament : « Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile… afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre » (2 Tim 3:16). Bien que Moïse et les prophètes aient exécuté l’écriture, il est dit qu’elle a été donnée par Dieu, et la perfection qui lui est attribuée démontre qu’elle n’avait pas souffert de l’instrument qu’il avait choisi d’employer. Christ s’est référé aux Écritures hébraïques comme à la parole de Dieu (Marc 7:13). Paul présente ce qui a été dit par les prophètes comme dit par Dieu (Héb 1:1). Pierre attribue aux écrits de Paul une autorité égale à celle des Écritures de l’Ancien Testament (2 Pi 3:16). Paul aussi revendique une égale autorité pour ce qu’il a dit et écrit (1 Cor 14:37). Christ promit à ses apôtres, après son départ, le don du Saint-Esprit, et décrivit l’effet de son influence sur eux en ces termes : « Ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous » (Matt 10:20). Ce don du Saint-Esprit fut répandu sur eux le jour de la Pentecôte ; et leur possession de ce don fut prouvée par leur pouvoir de parler en langues et d’opérer des miracles. De tout cela nous apprenons que ce qui a été dit et écrit par inspiration est venu avec une autorité aussi haute que s’il avait procédé de Dieu sans l’emploi d’instruments humains. Lorsque Pierre dit au boiteux : « Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche » (Act 3:6), la voix qui parlait était celle de Pierre, mais la puissance qui raffermit les chevilles était celle de Dieu. Les paroles, quoique de Pierre, furent prononcées sous l’influence divine, sinon la puissance divine ne les aurait pas accompagnées. Ainsi l’Évangile, reçu de la bouche des apôtres, fut reçu « non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu » (1 Thessaloniciens 2:13). Les hommes qui ont parlé et écrit, poussés par le Saint-Esprit, furent les instruments dont Dieu s’est servi pour dire et écrire sa parole. Leurs particularités de pensée, de sentiment et de style n’ont pas eu plus d’effet pour empêcher que ce qu’ils ont dit et écrit fût la parole de Dieu, que leurs particularités de voix ou d’écriture.The men who originally wrote the Holy Scriptures, performed the work under the influence of the Holy Spirit. Such was the extent of this influence, that the writing, when it came forth from their hands, was said to be given by inspiration of God. So Paul said, with special reference to the Old Testament: “All Scripture is given by inspiration of God, and is profitable . . . that the man of God may be perfect, thoroughly furnished unto good works.” (2Tim 3:16) Though Moses and the prophets executed the writing, it is said to have been given by God, and the perfection attributed to it demonstrates that it had not suffered by the instrumentality which he had chosen to employ. Christ referred to the Hebrew Scriptures, as the word of God (Mk 7:13). Paul represents what was spoken by the prophets, as spoken by God (Heb 1:1). Peter attributes to the writings of Paul equal authority with that of the Old Testament Scriptures (2Pet 3:16). Paul also claims equal authority for what he spoke and wrote (1Cor 14:37). Christ promised to his apostles, after his departure, the gift of the Holy Spirit, and described the effect of his influence on them in these words: “It is not you that speak, but the Spirit of your father which speaks in you.” (Mt 10:20) This gift of the Holy Spirit was poured out upon them on the day of Pentecost; and their possession of it was proved by their power to speak with tongues, and work miracles. From all this, we learn that what was spoken and written by inspiration, came with as high authority as if it had proceeded from God without the use of human instrumentality. While Peter said to the lame man, “In the name of Jesus Christ of Nazareth, rise up, and walk,” (Acts 3:6) the voice which spoke was Peter’s, but the power which restored the ankle bones was God’s. The words, though Peter’s, were spoken under divine influence, or the divine power would not have accompanied them. So the gospel, received from the lips of the apostles, was received, “not as the word of men, but as it is in truth the word of God.” (1 Thessalonians 2:13) The men who spoke and wrote as they were moved by the Holy Spirit, were the instruments that God used to speak and write his word. Their peculiarities of thought, feeling, and style, had no more effect to prevent what they spoke and wrote from being the word of God, than their peculiarities of voice or of chirography.
À la question de savoir si l’inspiration s’est étendue aux mots mêmes de la révélation, aussi bien qu’aux pensées et aux raisonnements, Paul répond : « Nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit » (1 Cor 2:13). Les pensées et les raisonnements présents à l’esprit des écrivains inspirés n’étaient pas une révélation pour d’autres avant d’avoir été exprimés en paroles ; et si l’influence du Saint-Esprit avait cessé avant que l’expression fût donnée à ces pensées et à ces raisonnements, il n’aurait pas fait de révélation au genre humain. Dans cette supposition, nous ne pouvons pas lire la Bible comme la parole de Dieu, mais comme la parole des hommes ; d’hommes bons et honnêtes, il est vrai, mais néanmoins d’hommes faillibles. L’opinion selon laquelle l’expression est purement humaine sape la confiance avec laquelle la parole de Dieu mérite d’être considérée ; car nous ne savons ni quand ni jusqu’à quel point cette expression peut manquer de rendre la pensée du Saint-Esprit. On ne pourrait plus dire que les Écritures sont « la parole prophétique d’autant plus certaine » (2 Pi 1:19), qu’elle « ne peut être anéantie » (Jean 10:35), et que les choses écrites « sont un commandement du Seigneur » (1 Cor 14:37).The question, whether inspiration extended to the very words of revelation, as well as to the thoughts and reasonings, is answered by Paul: “We preach, not in the words which man’s wisdom teaches, but which the Holy Spirit teaches.” (1Cor 2:13) The thoughts and reasonings in the minds of the inspired writers, were not a revelation to others until they were expressed in words; and if the Holy Spirit’s influence ceased before expression was given to these thoughts and reasonings, he has not made a revelation to mankind. On this supposition, we cannot read the Bible as the word of God, but as the word of men; of good and honest men, it is true, but nevertheless of fallible men. The opinion that the expression is merely human, undermines the confidence with which the word of God deserves to be regarded; because we know not when, or how far, that expression may fail to convey the meaning of the Holy Spirit. It can no longer be said, that the Scriptures are “a more sure word of prophecy,” (2Pet 1:19) that “they cannot be broken,” (John 10:35) and that the things written “are the commandments of the Lord.” (1Cor 14:37).
La doctrine de l’inspiration plénière, bien comprise, n’implique pas que le Saint-Esprit ait employé l’écrivain comme un instrument inconscient. Elle soutient que sa mémoire et ses autres facultés mentales furent employées à l’exécution de l’œuvre aussi réellement que sa main ; mais elle affirme que celle-ci fut dirigée par le guide infaillible aussi certainement que celles-là. La doctrine n’implique pas non plus que le Saint-Esprit soit l’auteur originel de chaque mot contenu dans le volume sacré. Celui-ci rapporte les discours de Satan et de l’orateur Tertulle, et les rapporte fidèlement ; mais le Saint-Esprit n’a pas été l’auteur de ces discours.The doctrine of plenary inspiration, if properly understood, does not imply that the Holy Spirit employed the writer as an unconscious instrument. It maintains that his memory, and other mental powers, were employed in the execution of the work, as truly as his hand; but it insists that the latter was as certainly controlled by the unerring guide as the former. Nor does the doctrine imply, that the Holy Spirit is the original author of every word contained in the sacred volume. It records the speeches of Satan, and of the Orator Tertullus, and records them faithfully; but the Holy Spirit was not the author of these speeches.
En 1 Corinthiens 7, Paul distingue entre ce qu’il transmettait comme un commandement du Seigneur et ce qu’il disait sans un tel commandement. Il peut sembler, à première vue, qu’il désavoue l’inspiration au sujet des choses de la seconde sorte. Mais si l’on admet que ces choses étaient des conseils humains sans autorité divine, il ne s’ensuit pas que l’écrit qui contient son conseil ne soit pas inspiré. La parole inspirée qui rapporte les discours de Satan et de Tertulle peut rapporter le prudent conseil d’un apôtre sage, même lorsque ce conseil ne vient pas avec la pleine sanction de l’autorité divine. Mais, en donnant ce conseil, Paul dit : « Je crois avoir aussi l’Esprit de Dieu » (v. 40) ; et, s’il pensait le donner par l’Esprit, il serait téméraire à nous de penser autrement. Nous ne devons pas comprendre le mot « croire » comme impliquant un doute dans l’esprit de Paul, et nous n’avons pas à douter que le conseil qu’il a donné procédait de la sagesse d’en haut.In 1 Cor 7, Paul distinguishes between what he delivered, as a commandment of the Lord, and what he spoke without such commandment. It may appear, at first view, that he disclaims inspiration with regard to the things of the last kind. But if it be admitted, that these things were matters of human advice without divine authority, it does not follow, that the writing which contains his advice, is uninspired. The inspired word which records the speeches of Satan and Tertullus, may record the prudent counsel of a wise apostle, even when that counsel does not come with the full sanction of divine authority. But, in giving this counsel, Paul says, “I think that I have the Spirit of God,” v. 40; and, if he thought that he gave it by the Spirit, it would be rash in us to think otherwise. We are not to understand the word “think,” as implying doubt in Paul’s mind, and we need have no doubt that the counsel which he gave, was by the wisdom from above.
Bien que les Écritures aient été écrites à l’origine sous la direction infaillible du Saint-Esprit, il ne s’ensuit pas qu’un miracle continu ait été opéré pour les préserver de toute erreur de copie. Au contraire, nous savons que les manuscrits diffèrent entre eux ; et là où les leçons varient, une seule d’entre elles peut être correcte. Un miracle était nécessaire pour la production originelle des Écritures ; et, en effet, un miracle fut opéré ; mais la préservation de la parole inspirée, avec toute la perfection nécessaire pour répondre au but pour lequel elle fut donnée, n’exigeait pas de miracle, et c’est pourquoi elle fut confiée à la providence de Dieu. Pourtant, la providence qui a préservé les oracles divins a été spéciale et remarquable. Ils furent d’abord confiés aux Juifs, qui apportèrent le plus grand soin à leur conservation et à leur transmission exacte. Après que les Écritures chrétiennes y eurent été ajoutées, les copies manuscrites se multiplièrent considérablement ; de nombreuses versions furent préparées en d’autres langues ; d’innombrables citations furent faites par les premiers Pères ; et il s’éleva des sectes qui, dans leurs controverses mutuelles, en appelaient aux écrits sacrés et en gardaient la pureté avec une vigilance incessante. La conséquence en est que, bien que les variantes qu’on trouve dans les manuscrits existants soient nombreuses, nous sommes en mesure, dans tous les cas, de déterminer la leçon correcte autant qu’il est nécessaire pour l’établissement de notre foi ou la direction de notre conduite sur tout point important. Les copies diffèrent si peu entre elles, après tout, que ces différences minimes, mises en contraste avec leur accord, rendent ce fait d’accord d’autant plus frappant, et l’on peut dire qu’elles servent en pratique plutôt à accroître qu’à affaiblir notre confiance en leur exactitude générale. Leurs plus grands écarts ne changent pas la direction de la ligne de la vérité ; et si, sur quelques points, ils semblent élargir très peu cette ligne, le sentier qui se trouve entre leurs limites les plus larges est trop étroit pour nous permettre de nous égarer. De même que les copies des Saintes Écritures, quoique faites par des mains faillibles, suffisent pour nous guider dans l’étude de la vérité divine, de même les traductions, quoique faites avec une habileté humaine non inspirée, suffisent à ceux qui n’ont pas accès à l’original inspiré. Les hommes sans instruction ne seront pas tenus responsables d’un degré de lumière supérieur à celui qui leur est accordé ; et la bienveillance de Dieu, en donnant la révélation, n’a pas doté tous les hommes du don d’interpréter les langues. Lorsque ce don était accordé miraculeusement dans les temps anciens, c’était pour l’édification de tous ; et maintenant, lorsqu’il est conféré dans le cours ordinaire de la providence, le but en est le même. Dieu a jugé plus sage et meilleur de laisser les membres de Christ sentir le besoin d’une sympathie et d’une dépendance mutuelles plutôt que d’accorder chaque don à chaque individu. Il a accordé la connaissance nécessaire aux traductions dont le peuple est favorisé, est pleine de vérité divine, et peut rendre sage à salut.Although the Scriptures were originally penned under the unerring guidance of the Holy Spirit, it does not follow, that a continued miracle has been wrought to preserve them from all error in transcribing. On the contrary, we know that manuscripts differ from each other; and where readings are various, but one of them can be correct. A miracle was needed in the original production of the Scriptures; and, accordingly, a miracle was wrought; but the preservation of the inspired word, in as much perfection as was necessary to answer the purpose for which it was given, did not require a miracle, and accordingly it was committed to the providence of God. Yet the providence which has preserved the divine oracles, has been special and remarkable. They were at first committed to the Jews, who exercised the utmost care in their preservation and correct transmission. After the Christian Scriptures were added, manuscript copies were greatly multiplied; many versions were prepared in other languages; innumerable quotations were made by the early fathers; and sects arose which, in their controversies with each other, appealed to the sacred writings, and guarded their purity with incessant vigilance. The consequence is, that, although the various readings found in the existing manuscripts, are numerous, we are able, in every case, to determine the correct reading, so far as is necessary for the establishment of our faith, or the direction of our practice in every important particular. So little, after all, do the copies differ from each other, that these minute differences, when in contrast with their agreement, render the fact of that agreement the more impressive, and may be said to serve practically, rather to increase, than impair our confidence in their general correctness. Their utmost deviations do not change the direction of the line of truth; and if they seem in some points to widen that line a very little, the path that lies between their widest boundaries, is too narrow to permit us to stray. As copies of the Holy Scriptures, though made by fallible hands, are sufficient for our guidance in the study of divine truth; so translations, though made with uninspired human skill, are sufficient for those who have not access to the inspired original. Unlearned men will not be held accountable for a degree of light beyond what is granted to them; and the benevolence of God in making revelation, has not endowed all with the gifts of interpreting tongues. When this gift was miraculously bestowed in ancient times, it was for the edification of all: and now, when conferred in the ordinary course of providence, the purpose of conferring it is the same. God has seen it wiser and better to leave the members of Christ to feel the necessity of mutual sympathy and dependence, than to bestow every gift on every individual. He has bestowed the knowledge necessary for the translations with which the common people are favored, is full of divine truth, and able to make wise to salvation.
Une pleine conviction que la Bible est la parole de Dieu est nécessaire pour nous donner confiance en ses enseignements et respect pour ses décisions. Lorsque cette conviction pénètre notre esprit pendant que nous lisons les pages sacrées, nous comprenons que Dieu nous parle ; et lorsque nous sentons la vérité saisir notre cœur, nous savons que c’est à Dieu que nous avons affaire. Quand nous étudions ses préceptes, toutes nos facultés s’inclinent devant eux comme devant la volonté incontestable de notre souverain Seigneur ; et quand nous sommes réjouis et soutenus par ses consolations, nous les recevons comme des bénédictions répandues du trône éternel. La nature et la science n’offrent aucune lumière qui puisse nous guider dans notre recherche de la félicité immortelle ; mais Dieu nous a donné la Bible comme une lampe à nos pieds et une lumière sur notre sentier. Recevons ce don avec gratitude et confions-nous à sa direction.A full conviction that the Bible is the word of God, is necessary to give us confidence in its teachings, and with respect for its decisions. With this conviction pervading the mind when we read the sacred pages, we realize that God is speaking to us, and when we feel the truth take hold of our hearts, we know that it is God with whom we have to do. When we study its precepts, all our powers bow to them, as the undoubted will of our sovereign Lord; and when we are cheered and sustained by its consolations, we receive them as blessings poured down from the eternal throne. Nature and science offer no light that can guide us in our search for immortal bliss; but God has given us the Bible, as a lamp to our feet, and a light to our path. Let us receive the gift with gratitude and commit ourselves to its guidance.
2. L’origine et l’autorité de la Bible2. The Origin and Authority of the Bible
John L. Dagg, Manual of Theology (1857), livre I, appendice, « L’origine et l’autorité de la Bible » (1. Origine ; 2. Autorité). Texte intégral de l’appendice ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John L. Dagg, Manual of Theology (1857), Book I, Appendix, “Origin and Authority of the Bible” (1. Origin; 2. Authority). Complete text of the appendix; the interpretations are the author’s.
Note du STC : Cet appendice contient des polémiques du XIXe siècle que le STC n’approuve pas. Dagg appelle l’Église catholique romaine « le grand Antichrist » et présente les souffrances du peuple juif comme un châtiment pour la crucifixion. Le STC rejette toute accusation collective du peuple juif pour la mort du Christ et n’adopte pas l’identification que fait Dagg d’une Église avec l’Antichrist. Ses remarques sur les autres religions, son recours à Rousseau, son astronomie et sa lecture des prophéties sont de son époque et doivent être comparés avec d’autres interprétations chrétiennes.CTS note: This appendix contains nineteenth-century polemics that CTS does not endorse. Dagg calls the Roman Catholic Church “the great Antichrist” and describes the sufferings of the Jewish people as a punishment for the crucifixion. CTS rejects collective blame of the Jewish people for the death of Christ and does not adopt Dagg’s identification of any church with the Antichrist. His comments on other religions, his use of Rousseau, his astronomy and his reading of prophecy are those of his time and should be compared with other Christian interpretations.
Appendice. L’origine et l’autorité de la BibleAppendix. Origin And Authority Of The Bible
1. Origine.1. Origin.
Nous sommes des êtres raisonnables ; et, comme tels, le désir de connaître nous est naturel. Dans la petite enfance, à mesure que chaque nouvel objet d’intérêt vient à notre attention, nous demandons qui l’a fait ; et, à mesure que nous avançons en âge, la même curiosité nous accompagne et nous pousse à examiner les sources de connaissance qui s’ouvrent sans cesse devant nous. Les bêtes peuvent regarder avec indifférence les œuvres de Dieu et fouler aux pieds les productions de l’ingéniosité humaine sans s’enquérir de leur origine ; mais des hommes raisonnables ne peuvent agir ainsi sans faire violence aux premiers principes de leur nature. Parmi les objets qui ont occupé une large place dans la pensée humaine, et qui réclament notre considération, la BIBLE se distingue entre tous. Son antiquité ; la vénération dont elle a été entourée, et l’est encore, par une grande partie du genre humain ; et l’influence qu’elle a manifestement exercée sur la conduite et le bonheur des hommes suffisent, sinon à éveiller des émotions plus hautes, du moins à attirer notre curiosité et à susciter le désir de connaître son origine et son vrai caractère.We are rational beings; and, as such, the desire of knowledge is natural to us. In early childhood, as each new object of interest comes under our notice, we ask, who made it; and as we advance in years, the same inquisitiveness attends us, and prompts us to investigate the sources of knowledge which are ever opening before us. Brutes may look with indifference on the works of God, and tread under foot the productions of human ingenuity, without inquiry into their origin; but rational men cannot act thus without violence to the first principles of their nature. Among the objects which have occupied a large space in human thought, and which claim our consideration, the BIBLE stands conspicuous. Its antiquity; the veneration in which it has been held, and continues to be held, by a large part of mankind; and the influence which it has manifestly exerted on their conduct and happiness, are sufficient, if not to awaken higher emotions, at least to attract our curiosity, and excite a desire to know its origin and true character.
Nous sommes des êtres moraux. La Bible se présente à nous comme une règle de conduite. Ce que l’on revendique pour elle, c’est qu’elle est la norme la plus haute de la morale, n’admettant aucun appel de ses décisions. Nous avons donc la plus forte obligation d’examiner le fondement de cette prétention.We are moral beings. The Bible comes to us as a rule of conduct. The claim which is set up for it is, that it is the highest standard of morals, admitting no appeal from its decisions. We are, therefore, under the strongest obligations to examine the foundation of this claim.
Nous sommes, si la Bible est vraie, des êtres immortels. Des philosophes païens ont conjecturé que l’homme pouvait être immortel, et des incrédules ont fait profession de le croire ; mais si nous excluons la Bible, nous n’avons aucun moyen de connaissance certaine sur ce point. C’est pourtant une question de la plus haute importance. Si nous sommes immortels, nous avons au-delà du tombeau des intérêts qui dépassent infiniment tous nos intérêts de la vie présente. Quelle folie donc de rejeter la seule source d’information sur ce sujet capital ! En outre, si nous avons de tels intérêts dans un monde futur, nous n’avons aucun moyen de savoir comment les assurer, sinon par la Bible. Rejetterons-nous loin de nous ce livre pour nous fier à de vaines conjectures, dans des questions où notre tout est engagé ? Ce serait folie et démence.We are, if the Bible is true, immortal beings. Heathen philosophers have conjectured that man may be immortal; and infidels have professed to believe it; but, if we exclude the Bible, we have no means of certain knowledge on this point. Yet it is a matter of the utmost importance. If we are immortal, we have interests beyond the grave which infinitely transcend all our interests in the present life. What folly, then, it is, to reject the only source of information on this momentous subject! Besides if we have such interests in a future world, we have no means of knowing how to secure them, except from the Bible. Shall we throw this book from us, and trust to vain conjecture, on questions in which our all is involved? It would be folly and madness.
Demandons-nous donc : d’où vient la Bible ? Vient-elle du Ciel ou des hommes ? Si elle vient des hommes, est-elle l’œuvre d’hommes bons ou d’hommes méchants ?Let us then inquire, whence came the Bible? Is it from Heaven, or from men? If it is from men, is it the work of good men, or of bad men?
Si des hommes méchants avaient été les auteurs de la Bible, ils l’auraient faite à leur goût. Faite pour leur plaire, elle plairait à d’autres hommes de même caractère. Mais ce n’est pas un livre où les méchants prennent plaisir. Ils le haïssent. Ses préceptes sont trop saints ; ses doctrines trop pures ; ses menaces contre toute espèce d’iniquité trop terribles. Il n’est nullement écrit selon le goût de tels hommes. Il y a des hommes qui chérissent la Bible ; qui en parcourent les pages avec délices ; qui y ont recours dans toutes leurs perplexités et leurs afflictions ; qui y cherchent des conseils pour les guider et des instructions pour les rendre sages ; qui estiment ses paroles plus que l’or et s’en nourrissent comme de leur plus doux aliment. Mais qui sont ces hommes ? Ce sont ceux qui détestent toute tromperie et tout mensonge, et que ce livre même a transformés d’hommes d’iniquité et de vice en hommes de pureté et de sainteté. Il est donc impossible que la Bible soit l’œuvre d’hommes méchants.If bad men had been the authors of the Bible, they would have made it to their liking. If made to please them, it would please other men of like character. But it is not a book in which bad men delight. They hate it. Its precepts are too holy; its doctrines too pure; its denunciations against all manner of iniquity too terrible. It is not at all written according to the taste of such men. There are men who prize the Bible; who pore over its pages with delight; who have recourse to it in all their perplexities and sorrows; who seek its counsels to guide them, and its instructions to make them wise; who esteem its words more than gold, and feast on them as their sweetest food. But who are these men? They are those who detest all deceit and falsehood, and whom this very book has transformed, from men of iniquity and vice, to men of purity and holiness. It is impossible, therefore, that the Bible should be the work of bad men.
Il reste que la Bible vient soit du Ciel, soit d’hommes bons. Un courant si pur ne peut sortir d’une source corrompue. Si elle vient d’hommes bons, ils ne nous tromperont pas volontairement. Considérons donc le récit qu’ils ont donné de son origine : « Toute Écriture est inspirée de Dieu » (2 Tim 3:16). « Ce que je vous écris est un commandement du Seigneur » (1 Cor 14:37). « Et ainsi nous tenons pour plus certaine la parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour vienne à paraître et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs ; sachant tout d’abord ceci, qu’aucune prophétie de l’Écriture n’est d’invention particulière. Car jamais, en aucun temps, la prophétie n’a été apportée par une volonté d’homme, mais les saints hommes de Dieu ont parlé, poussés par le Saint-Esprit » (2 Pi 1:19 ; traduction de Macknight).It remains that the Bible must be either from Heaven or from good men. So pure a stream cannot proceed from a corrupt fountain. If it be from good men, they will not willfully deceive us. Let us, then, look to the account which they have given of its origin: “All Scripture is given by inspiration of God.” (2Tim 3:16) “The things that I write unto you are the commandments of the Lord.” (1Cor 14:37) “And so we have the prophetic word more firm, to which you do well to take heed, as to a lamp shining in a dark place, until the day dawn, and the morning star arise in your hearts; knowing this first, that no prophecy of Scripture is of private invention. For never, at any time, was prophecy brought by the will of man, but the holy men of God spoke, being moved by the Holy Spirit.” (2Pet 1:19; Macknight’s Translation).
On objectera peut-être, à l’usage de ces citations, que nous laissons la Bible parler pour elle-même ; mais ce procédé n’est pas sans précédent. Si un étranger passait dans notre voisinage et que nous désirions savoir d’où il vient, il ne serait pas déraisonnable de poser la question à l’homme lui-même. S’il y avait en lui des marques d’honnêteté et de simplicité de caractère, et si, après nos recherches les plus attentives, il apparaissait qu’il n’a aucun mauvais dessein à accomplir ni aucun intérêt à servir en nous trompant, nous nous fierions aux renseignements reçus de lui. Tel est l’étranger qu’est la Bible ; et pourquoi ne pourrions-nous pas nous fier à son témoignage sur elle-même ? Bien plus, elle n’est pas une étrangère. Bien qu’elle revendique une origine céleste, elle a longtemps habité sur la terre, et elle est entrée et sortie parmi nous comme une compagne familière. Nous avons été accoutumés à entendre ses paroles ; nous les avons vues éprouvées par tous les soupçons et tous les examens, et aucun mensonge n’y a été découvert. Plus encore, elle a été parmi nous une maîtresse de vérité et de sincérité ; et la vérité et la sincérité ont abondé exactement dans la mesure où ses enseignements ont été écoutés. De vieux trompeurs ont reculé devant ses sondages et tremblé devant ses menaces ; et des jeunes gens ont appris d’elle à rejeter tout mensonge et toute hypocrisie. Se peut-il que la Bible elle-même soit une trompeuse et une imposture ? Impossible ! Elle doit être ce qu’elle prétend être : un livre venu du ciel, le Livre de Dieu.It may, perhaps, be objected to the use of these quotations, that we permit the Bible to speak for itself; but this is no unprecedented procedure. If a stranger were passing through our neighborhood, and we were desirous to know whence he came, it would not be unnatural to propose the inquiry to the man himself. If there were about him marks of honesty and simplicity of character, and if, after our most careful investigations, it should appear that he has no evil design to accomplish, and no interest to promote by deceiving us, we should rely on the information we derive from him. Such a stranger is the Bible; and why may we not rely on its testimony concerning itself? Nay, it is not a stranger. Though claiming a heavenly origin, it has long dwelt on earth, and gone in and out among us, a familiar companion. We have been accustomed to hear its words; and have known them to be tried with every suspicion, and every scrutiny, and no falsehood has been detected. More, it has been among us as a teacher of truth and sincerity; and truth and sincerity have abounded just in proportion as its teachings have been heeded. Old men of deceit have shrunk from its probings, and trembled at its threatenings; and young men have been taught by it to put away all lying and hypocrisy. Can it be that the Bible itself is a deceiver and impostor? Impossible! It must be, what it claims to be, a book from heaven — the Book of God.
La vérité que la Bible vient de Dieu n’est pas seulement attestée par les hommes inspirés qui l’ont écrite ; elle est établie par beaucoup d’autres preuves décisives, dont nous allons examiner quelques-unes.The truth that the Bible is from God, is not only testified by the inspired men who wrote it, but it is established by many other decisive proofs, some of which we shall proceed to consider.
L’origine divine de la Bible est prouvée par le CARACTÈRE DE LA RÉVÉLATION qu’elle contient.The Divine origin of the Bible is proved by the CHARACTER OF THE REVELATION which it contains.
Le caractère de Dieu, tel qu’il est présenté dans la Bible, ne peut être d’origine humaine. Nous savons quelle sorte de dieux font les hommes, car ils les ont multipliés sans nombre. Ils taillent des divinités dans des blocs de bois et de pierre, et les adorent avec une stupide vénération ; mais ce n’est pas là l’idolâtrie la plus avilissante et la plus abominable dont ils soient coupables. Leurs vaines imaginations façonnent des dieux plus vils que ceux-là. Les blocs de bois ou de pierre peuvent prendre la forme d’oiseaux, de quadrupèdes et de reptiles ; mais les divinités qui tirent leur origine de l’imagination des hommes ont des passions et des penchants bestiaux, et même pires que bestiaux. Tels sont les objets qu’ils adorent avec une dévotion laborieuse et coûteuse. Que quelqu’un visite les temples des païens, observe leurs horribles cérémonies et étudie le caractère de leurs dieux ; puis qu’il dise si ces dieux et le Dieu de la Bible ont une même origine commune.The character of God, as exhibited in the Bible, cannot be of human origin. We know what sort of gods men make; for they have multiplied them without number. They carve deities from blocks of wood and stone, and worship them with stupid adoration; but this is not the most debasing and abominable idolatry of which they are guilty. Their vain imaginations fashion gods more vile than these. The blocks of wood or stone may take the form of birds, four-footed beasts, and creeping things; but the deities which derive their origin from the imaginations of men have passions and propensities that are beastly, and even worse than beastly. Such are the objects which they worship with laborious and costly devotion. Let any man visit the temples of the heathen, observe their horrid ceremonies, and study the character of their gods; and then let him say whether these gods, and the God of the Bible, are from one common origin.
Quelques contradicteurs allégueront peut-être que les divinités dont nous avons parlé sont celles de tribus non civilisées. Eh bien ? Les dieux des nations les plus civilisées valaient-ils mieux que ceux-là ? Qu’étaient les divinités adorées par les anciens Grecs et Romains, même par leurs sages et leurs philosophes, dont les talents et le génie ont été admirés à toutes les époques ? Jupiter, leur Optimus Maximus, le très bon et très grand, était un monstre de crimes ; et Vénus, Bacchus, Mercure, Mars et le reste de leurs divinités étaient ses dignes compagnons. Ils étaient les patrons et les modèles du vice. L’incrédule Rousseau a correctement dépeint leur caractère : « Jetez les yeux sur toutes les nations du monde, parcourez toutes les histoires. Parmi tant de cultes inhumains et bizarres, parmi cette prodigieuse diversité de mœurs et de caractères, vous trouverez partout les mêmes idées et les mêmes distinctions du bien et du mal moral. L’ancien paganisme enfanta des dieux abominables, qu’on eût punis ici-bas comme des scélérats, et qui n’offraient pour tableau du bonheur suprême que des forfaits à commettre et des passions à contenter. Mais le vice, armé d’une autorité sacrée, descendait en vain du séjour éternel ; l’instinct moral le repoussait du cœur des humains. En célébrant les débauches de Jupiter, on admirait la continence de Xénocrate ; la chaste Lucrèce adorait l’impudique Vénus ; l’intrépide Romain sacrifiait à la Peur. Il invoquait le dieu qui détrôna son père, et mourait sans murmure de la main du sien. Les plus méprisables divinités furent servies par les plus grands hommes. La sainte voix de la Nature, plus forte que celle des dieux, se faisait respecter sur la terre, et semblait reléguer dans le Ciel le crime avec les coupables. »Some objectors may allege that the deities to which we have referred are those of uncivilized tribes. What then? Were the gods of the most civilized nations better than these? What were the divinities which were worshiped by the ancient Greeks and Romans, even by their sages and philosophers, whose talents and genius have been admired in every age? Jupiter, their Optimus Maximus, best and greatest, was a monster of crime; and Venus, Bacchus, Mercury, Mars, and the rest of their deities, were his fit companions. They were patrons and examples of vice. The infidel Rousseau has drawn their character correctly. “Cast your eyes over all the nations of the world, and all the histories of nations. Amid so many inhuman and absurd superstitions, amid that prodigious diversity of manners and characters, you will find everywhere the same principles and distinctions of moral good and evil. The paganism of the ancient world produced, indeed, abominable gods, who on earth would have been shunned or punished as monsters, and who offered as a picture of supreme happiness only crimes to commit and passions to satiate. But vice, armed with this sacred authority, descended in vain from the eternal abode; she found, in the heart of man, a moral instinct to repel her. The continence of Xenocrates was admired by those who celebrated the debaucheries of Jupiter — the chaste Lucretia adored the unchaste Venus — the most intrepid Roman sacrificed to Fear. He invoked the God who dethroned his father, and he died without a murmur by the hand of his own. The most contemptible divinities were served by the greatest men. The holy voice of Nature, stronger than that of the gods, made itself heard, and respected, and obeyed on earth, and seemed to banish as it were to the confinement of Heaven, guilt, and the guilty.”
Allez maintenant au Panthéon, et étudiez le caractère et les œuvres des innombrables divinités de Rome. Après que l’incrédulité a reconnu que ce sont des monstres, plus méchants que les hommes, et répandant une influence corruptrice dans la société humaine, invitez-la à étudier le caractère de l’Éternel, le Dieu de la Bible : un Esprit dont la forme ne peut être représentée ; un Être dont les yeux sont trop purs pour voir l’iniquité, qui est magnifique en sainteté, digne de louanges, opérant des prodiges ; et qui veut être adoré avec des ornements sacrés. Qu’elle se tienne avec Moïse dans le creux du rocher, et qu’elle entende le Seigneur proclamer son nom : « L’Éternel, l’Éternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu’à mille générations, qui pardonne l’iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent » (Ex 34:6). Assurément, elle inclinera la tête avec révérence et confessera : C’est la voix de Dieu.Go now to the Pantheon, and study the character and works of Rome’s innumerable deities. After infidelity has acknowledged that they are monsters, more wicked than men, and sending forth a corrupting influence into human society, invite her to study the character of Jehovah, the God of the Bible, a Spirit, whose form cannot be represented; a Being whose eyes cannot behold iniquity, who is glorious in holiness, fearful in praises, and doing wonders; and who requires to be worshiped in the beauty of holiness. Let her stand with Moses in the cleft of the rock, and hear the Lord proclaim his name: “The LORD, the LORD God, merciful and gracious, long-suffering and abundant in goodness and truth, keeping mercy for thousands, forgiving iniquity, and transgression, and sin, and that will by no means clear the guilty.” (Ex 34:6) Surely she will bow her head with reverence, and confess, this is the voice of God.
Le récit de la vie et du caractère de Christ que donnent les Évangiles n’est pas une fiction d’invention humaine. L’introduction du christianisme, son existence dans le monde, les persécutions qu’il a rencontrées, sa propagation malgré l’opposition et l’influence qu’il a exercée sur les nations et les gouvernements sont tous si intimement mêlés à l’histoire des dix-huit derniers siècles qu’il faudrait douter de toute l’histoire si ces choses étaient des fables. La preuve qu’il a existé des hommes tels qu’Alexandre et Jules César n’est pas aussi abondante et incontestable que celle que Jésus-Christ a paru au temps et au lieu indiqués dans les Évangiles. Les récits de sa vie, de ses souffrances et de sa mort, donnés par Matthieu, Marc, Luc et Jean, nous parviennent avec toutes les marques de l’histoire authentique. On ne peut découvrir dans ces récits aucun signe de fraude. L’admirable simplicité des écrivains, leur candeur à rapporter les fautes et les faiblesses de leur propre caractère, leur naturel à dépeindre les sublimes vertus de leur Maître et à rapporter ses œuvres prodigieuses, et la manière impassible dont ils ont décrit le traitement cruel qu’il reçut de ses persécuteurs et de ses meurtriers : toutes ces considérations placent la vérité de leurs récits hors de doute. Ajoutez à tout cela qu’ils avaient des moyens suffisants de connaître la vérité des faits qu’ils ont rapportés ; qu’ils ont attesté la sincérité de leur foi en ces faits en endurant les tortures et la mort ; et que ceux qui ont reçu leur témoignage et nous l’ont transmis ont attesté leur foi par une semblable constance. Aucun autre fait de l’histoire du monde n’a de preuves aussi fortes. Mais si ces preuves pouvaient être rejetées, une difficulté insurmontable resterait encore. Il est impossible d’expliquer l’existence des Évangiles par une autre supposition que celle-ci : ils sont ce qu’ils prétendent être, des portraits fidèles d’un personnage réel. Les auteurs étaient incapables de concevoir une telle fiction. Même des hommes tels que Virgile et Homère étaient incapables d’un tel effort. Ils ont pu concevoir et décrire des personnages comme Énée et Ulysse, mais non un personnage tel que Jésus-Christ. De plus, la science du monde était rangée contre le christianisme ; et c’est aux humbles et ignorants pêcheurs de Galilée que fut confiée la tâche de rapporter la vie et les œuvres de Jésus de Nazareth. Que de tels hommes aient transmis aux siècles suivants une fiction comme celle-ci, c’est incroyable, impossible.The account of the life and character of Christ given in the gospels, is not a fiction of human invention. The introduction of Christianity, its existence in the world, the persecutions which it has encountered, its spread in spite of opposition, and the influence which it has exerted on nations and governments, are all so interwoven with the history of the last eighteen hundred years, that all history must be doubted, if these are fables. The evidence that there were such men as Alexander and Julius Caesar, is not so abundant and indisputable as that Jesus Christ appeared at the time and place stated in the gospels. The accounts of his life, sufferings, and death, given by Matthew, Mark, Luke, and John, come down to us with all the marks of authentic history. No signs of fraud can be detected in the narratives. The admirable simplicity of the writers, their ingenuousness in relating the faults and weaknesses of their own characters, their artlessness in depicting the sublime virtues of their Master, and recording his stupendous works, and the unimpassioned manner in which they described the cruel treatment he received from his persecutors and murderers; all these considerations place the truth of their narratives beyond question. Add to all this, that they had sufficient means of knowing the truth of the facts which they have recorded; that they attested the sincerity of their faith in them by enduring tortures and death; and that those who received their testimony, and transmitted it to us, testified their faith in it by like endurance. No other facts in the history of the world have evidence so strong. But if this evidence can be rejected, an insuperable difficulty still remains. It is impossible to account for the existence of the gospels on any other supposition, than that they are what they profess to be, true delineations of a real character. The authors were incapable of conceiving such a fiction. Even such men as Virgil and Homer were incapable of such an effort. They could conceive and describe such characters as Aeneas and Ulysses, but not such a character as Jesus Christ. Besides, the learning of the world was arrayed against Christianity; and to the unlearned and humble fishermen of Galilee the task was assigned of recording the life and works of Jesus of Nazareth. That such men should have transmitted to succeeding ages a fiction such as this, is incredible — impossible.
Une autre citation de Rousseau montrera l’influence irrésistible de ces considérations sur l’esprit d’un incrédule : « Je vous avoue aussi que la majesté des Écritures m’étonne, la pureté de l’Évangile parle à mon cœur. Voyez les livres des philosophes avec toute leur pompe : qu’ils sont petits, qu’ils sont méprisables près de celui-là ! Se peut-il qu’un livre à la fois si simple et si sublime soit l’ouvrage des hommes ? Se peut-il que celui dont il fait l’histoire ne soit qu’un homme lui-même ? Est-ce là le ton d’un enthousiaste ou d’un ambitieux sectaire ? Quelle douceur, quelle pureté dans ses mœurs ! Quelle grâce touchante dans ses instructions ! Quelle élévation dans ses maximes ! Quelle profonde sagesse dans ses discours ! Quelle présence d’esprit ! Quelle finesse ! Quelle justesse dans ses réponses ! Quel empire sur ses passions ! Où est l’homme, où est le sage qui sait ainsi vivre et mourir sans faiblesse et sans ostentation ? Dirons-nous que l’histoire de l’Évangile est une pure fiction ? Mon ami, elle n’a pas les marques de la fiction. Au contraire, l’histoire de Socrate, dont personne ne doute, est moins attestée que celle de Jésus-Christ. Les auteurs juifs n’eussent trouvé ni ce ton ni cette morale ; et l’Évangile a des caractères de vérité si frappants et si invincibles que l’inventeur en serait plus étonnant que le héros. »Another quotation from Rousseau will show the overpowering influence of these considerations on the mind of an infidel: “I will confess to you further, that the majesty of the Scripture strikes me with admiration, as the purity of the gospel has its influence on my heart. Peruse the works of our philosophers, with all their pomp of diction — how mean — how contemptible — are they, compared with the Scripture! Is it possible, that a book at once so simple and sublime should be merely the work of man? Is it possible that the sacred personage whose history it contains should be himself a mere man? Do we find that he assumed the air of an enthusiast or ambitious sectary? What sweetness, what purity in his manner! What an affecting gracefulness in his delivery! What sublimity in his maxims! What profound wisdom in his discourses! What presence of mind! What subtlety! What truth in his replies! How great the command over his passions! Where is the man, where the philosopher, who could so live and die, without weakness and without ostentation? Shall we suppose the Evangelic History a mere fiction? Indeed, my friend, it bears not the marks of fiction. On the contrary, the history of Socrates, which nobody presumes to doubt, is not so well attested as that of Jesus Christ. The Jewish authors were incapable of the diction, and strangers to the morality contained in the gospels; the marks of whose truth are so striking and invincible, that the inventor would be a more astonishing character than the hero.”
Si les Évangiles donnent un récit véridique de Jésus-Christ, il fut un docteur venu du Ciel ; et la doctrine qu’il a enseignée, aussi bien que les Écritures auxquelles il en appelait souvent comme revêtues d’une autorité divine, viennent de Dieu.If the gospels give a true account of Jesus Christ, he was a teacher from Heaven; and both the doctrine which he taught, and the Scriptures, to which he often appealed as of divine authority, are from God.
La méthode de salut révélée dans la Bible n’est pas une invention humaine. La prédication de Christ crucifié était un scandale pour les Juifs et une folie pour les Grecs ; pourtant le salut par la Croix est le grand trait distinctif de l’Évangile. Si le christianisme était une fable habilement imaginée, une doctrine si choquante pour le genre humain n’aurait pas été mise en avant dans le système. Aujourd’hui encore, les hommes à l’intelligence orgueilleuse et au cœur corrompu rejettent la doctrine du salut par l’obéissance et les souffrances d’un autre. Pour les humbles et les contrits, accablés par le sentiment du péché et cherchant, au bord du désespoir, quelque moyen divin d’échapper à la colère à venir, cette doctrine est trois fois bienvenue ; mais les humbles et les contrits ne sont pas hommes à tromper le monde par un système de religion contrefait.The method of salvation revealed in the Bible is not a human device. The preaching of Christ crucified was to the Jews a stumbling-block, and to the Greeks foolishness, yet salvation by the Cross is the grand peculiarity of the gospel. Were Christianity a cunningly-devised fable, a doctrine so offensive to mankind would not have been made prominent in the scheme. To this day, men of proud intellect and corrupt heart reject the doctrine of salvation by the obedience and sufferings of another. To the humble and contrite, oppressed with a sense of sin, and seeking, from the borders of despair, some divine method of escape from the wrath to come, this doctrine is thrice welcome; but the humble and contrite are not the men to cheat the world with a forged system of religion.
Les BIENFAITS que la Bible confère au genre humain ont leur origine dans une Bienveillance infinie.The BLESSINGS which the Bible confers on mankind have their origin in infinite Benevolence.
Comparez la condition des nations où règne le paganisme avec celle des nations où existent les formes les plus corrompues du christianisme, et vous trouverez celle-ci préférable. Établissez une autre comparaison entre ces dernières et les pays où prévaut un christianisme plus pur, et où la Bible, au lieu d’être refusée au peuple, est ouverte à la lecture de tous, et vous apercevrez un état bien meilleur de la société humaine là où le Volume sacré est le mieux connu. Comparez encore, dans ces pays les plus favorisés, les familles où la Bible est le moins considérée avec celles où ses doctrines sont révérées et ses préceptes obéis, et vous sentirez qu’une influence céleste pénètre ces dernières. Mais même dans de telles familles, les membres diffèrent souvent beaucoup les uns des autres. Bien qu’ils adorent tous au même autel et lisent la même Bible, certains n’ont la parole de vérité que sur les lèvres, tandis que d’autres la conservent au plus profond de leur cœur et la trouvent plus douce que le miel, que celui qui coule des rayons. Quelle élévation de caractère, quelle félicité pure et sans tache goûtent ces derniers ! Prenez enfin un individu de cette classe la plus favorisée, et comparez les différents moments de sa vie : ceux où la Bible est le moins considérée, avec ceux où il se nourrit de ses vérités et de ses promesses et éprouve une joie ineffable et glorieuse en recevant la parole divine dans son cœur ; et vous aurez une vue complète de la bienheureuse influence que la Bible peut communiquer. Nous savons que le soleil est une source de lumière et de chaleur, parce que tout est sombre et froid quand ses rayons sont absents ; et l’on trouve que la lumière et la chaleur augmentent à mesure que nous nous approchons de lui. Il en est exactement ainsi de la Bible. Depuis le paganisme, froid et obscur, où la Bible est inconnue, jusqu’au saint dans ses dévotions les plus ravies, quand il goûte le plus doux avant-goût du Ciel dont les mortels puissent jouir sur la terre, la lumière de la vérité qui remplit l’intelligence et la chaleur de l’amour qui brûle dans le cœur sont en exacte proportion avec la proximité de la Bible. Si le soleil, qui éclaire le monde matériel, est l’œuvre d’un Créateur bienveillant, à bien plus forte raison pouvons-nous attribuer à la même bienveillance la paternité de la Bible, source de l’illumination spirituelle.Compare the condition of those nations where Paganism reigns with that of the nations where the most corrupt forms of Christianity exist, and you will find the latter preferable. Institute another comparison between these, and the lands where a purer Christianity prevails, and where the Bible, instead of being withheld from the common people, is open to the reading of all, and you will perceive a far better state of human society, where the Sacred Volume is best known. Compare, again, in these most favored lands, the families where the Bible is least regarded, with those in which its doctrines are revered and its precepts obeyed and you will be sensible that a heavenly influence pervades the latter. But even in such families as these, the individual members often differ widely from each other. Though they may all worship at the same altar, and read the same Bible, some have the word of truth on their lips only, while others treasure it up deep in their hearts, and find it sweeter to their taste than honey and the honeycomb. What elevation of character, what pure and unsullied bliss do the latter enjoy! Take, lastly, an individual of the last most favored class, and compare the different moments of his life — those in which the Bible is least regarded, with those in which he feasts on its truths and promises, and experiences joy unspeakable and full of glory, while he receives the divine word into his heart; and you will have a full view of the blessed influence which the Bible can impart. We know that the sun is a source of light and heat, because all is dark and cold when his beams are absent; and light and heat are found to increase in proportion as we draw nearer to him. Precisely so it is with the Bible. From Paganism, cold and dark, where the Bible is unknown, to the saint in his most rapturous devotions, when he has the sweetest foretaste of Heaven which mortals on earth can enjoy; the light of truth which fills the understanding, and the warmth of love which glows in the heart, bear an exact proportion to the proximity of the Bible. If the sun, which enlightens the material world, is the work of a benevolent Creator, much more may we ascribe to the same benevolence the authorship of the Bible, the source of spiritual illumination.
Ayant comparé la Bible au soleil, ce peut être une occasion convenable de remarquer que ces deux lumières ont leurs obscurités : la Bible ses passages obscurs, et le soleil ses taches. Le déiste peut chicaner sur l’une, et l’athée sur l’autre ; mais les chicanes de l’un et de l’autre sont également absurdes et vaines. Parce qu’il y a des taches dans le soleil, conclurons-nous que Dieu ne l’a pas fait, ou qu’il n’est pas une bénédiction pour le genre humain ? Cette conclusion ne serait pourtant pas plus irrationnelle que de nier que Dieu soit l’auteur de la Bible, ou que la Bible soit une bénédiction pour le monde, parce qu’on trouve des obscurités dans ses pages. Supposons qu’on admette que les taches du soleil et les obscurités de la Bible sont des imperfections : Dieu n’est-il l’auteur de rien où se trouvent des imperfections ? Si tout ce qui est matériel et tout ce qui est humain porte la marque de l’imperfection, Dieu ne peut-il pas néanmoins se glorifier par des choses matérielles et humaines ? La nouvelle Jérusalem n’a pas besoin d’un soleil matériel pour l’éclairer, car la gloire de Dieu et de l’Agneau est son flambeau ; mais Dieu a fixé le soleil au firmament pour éclairer ce monde de matière ; et le soleil au firmament, malgré ses taches, raconte la gloire de son Créateur. Ainsi Dieu peut se révéler aux pures intelligences du Ciel dans un langage exempt d’imperfection humaine ; mais lorsqu’il parle aux mortels sur la terre, il emploie le langage des mortels ; et, quelle que soit l’imperfection du moyen, cette révélation de Dieu déploie sa gloire dans la lumière la plus éclatante sous laquelle des yeux humains puissent la contempler.Having compared the Bible to the sun, it may be a fit occasion to remark that both these lights have their darknesses — the Bible its obscurities, and the sun its spots. The Deist may cavil at the one, and the Atheist at the other; but the cavils of both are alike absurd and unavailing. Because there are spots in the sun, shall we conclude that God did not make it, or that it is not a blessing to mankind? Yet this conclusion would not be more irrational than to deny that God is the author of the Bible, or that the Bible is a blessing to the world, because there are obscurities found in its pages. Suppose it be admitted that the spots in the sun, and the obscurities in the Bible are imperfections, is God the author of nothing in which imperfections exist? If everything material, and everything human, be marked with imperfection, may not God nevertheless glorify himself by things material and human? The new Jerusalem has no need of a material sun to enlighten it, because the glory of God and the Lamb is the light thereof; but God has fixed the sun in the firmament to enlighten this world of matter; and the sun in the firmament, notwithstanding its spots, declares its Maker’s glory. So God may make revelation of Himself to the pure intelligences of Heaven in language free from human imperfection; but when He speaks to mortals on earth, He uses the language of mortals; and whatever may be the imperfection of the medium, this revelation of God displays his glory in the brightest light in which human eyes can behold it.
Mais les taches du soleil et les obscurités de la Bible doivent-elles être tenues pour des imperfections ? La lumière du soleil est pure et abondante ; et, si elle était insuffisante, l’insuffisance pourrait être comblée aussi bien en agrandissant le soleil qu’en ôtant ses taches. Il serait donc aussi raisonnable de se plaindre que le soleil ne soit pas plus grand que de se plaindre qu’il y ait des taches sur son disque. De même, la lumière de la Parole de Dieu est pure et suffisante pour rendre les hommes sages à salut ; et l’on pourrait aussi bien se plaindre que la Bible ne soit pas plus étendue que de se plaindre qu’elle contienne des obscurités. De plus, les obscurités de la Bible peuvent avoir un usage bienfaisant. Si, comme le supposent quelques astronomes, les taches solaires sont le corps du soleil vu à travers les déchirures de son atmosphère lumineuse, on ne peut guère les considérer comme des imperfections ; bien moins encore si ce sont des courants de gaz qui s’élèvent dans l’atmosphère du soleil et s’y répandent pour devenir le combustible de la lampe du jour. Selon cette dernière hypothèse, les taches sont aussi loin d’être des imperfections que les nuages qui obscurcissent parfois notre ciel, mais qui sont les riches sources de la fertilité de la terre et les greniers de notre pain. Ainsi, certaines des obscurités de la Bible sont les profondeurs de Dieu, vues à travers la lumière de la révélation : le mystère insondable de la nature divine qui paraît à travers la lumière dont il s’est revêtu. D’autres mystères se dissipent avec le temps et, comme des nuées qui crèvent, répandent une bénédiction. C’était un mystère « que les païens sont cohéritiers et participants de la promesse en Jésus-Christ par l’Évangile » ; mais, au temps marqué, ce mystère fut expliqué, et la nuée qui creva répandit la plus riche bénédiction sur tout le monde des païens.But are the spots in the sun and the obscurities in the Bible to be accounted imperfections? The light of the sun is pure and abundant; and, if it were deficient, the deficiency might be supplied, as well by enlarging the sun, as by removing its spots. It would, therefore, be as rational to complain that the sun is not larger, as to complain that there are spots in its disc. In like manner, the light of God’s Word is pure, and sufficient to make men wise to salvation; and we might as well complain that the Bible is not larger, as that it contains obscurities. Besides, the obscurities of the Bible may have a beneficial use. If, as some astronomers suppose, the solar spots are the body of the sun, seen through the partings of its luminous atmosphere, they can scarcely be deemed imperfections; much less can they be so regarded, if they are streams of gas rising in the sun’s atmosphere, and diffusing itself to become fuel for the lamp of day. According to the latter hypothesis, the spots are as far from being imperfections, as are the clouds that sometimes darken our sky, but which are the rich sources of the earth’s fertility, and the granaries of our bread. So, some of the obscurities of the Bible are the deep things of God, seen through the light of revelation — the inscrutable mystery of the divine nature appearing through the light with which He has clothed Himself. Other mysteries are, in process of time, dissipated; and, like clouds which burst, pour out a blessing. It was a mystery “that the Gentiles should be fellow-heirs and partakers of the promise of Christ by the gospel;” but in due time this mystery was explained, and the bursting cloud poured the richest blessing on all the Gentile world.
L’économie de l’Ancien Testament était obscure, pleine des ombres des biens à venir ; mais depuis que le Soleil de justice s’est levé, les lieux obscurs ont été éclairés et sont pleins d’instruction. Des prophéties ont été prononcées en un langage obscur ; mais leur accomplissement les a interprétées. Certaines obscurités ont fourni à l’incrédule l’occasion d’accuser la Bible de contradictions ; mais un examen attentif de la parole inspirée n’a pas seulement servi à repousser l’accusation en conciliant les divergences apparentes : il a ajouté une preuve nouvelle que les Écritures ont été écrites par des hommes sans artifice et honnêtes, sans aucune collusion, et qu’il y a une parfaite harmonie dans leurs déclarations, même quand elles semblent le plus discordantes. Des hommes d’intelligence supérieure peuvent trouver un exercice agréable et profitable de leurs facultés en étudiant les parties de la Bible qui sont moins claires ; tandis que ses vérités les plus simples sont adaptées aux hommes de moindre capacité et suffisent à leurs besoins. Il y a là des eaux où « un agneau peut marcher » et où « un éléphant peut nager ». Il y a encore un autre usage des obscurités de la Bible. Quand Dieu a donné une loi au genre humain, il n’en a pas donné une qu’il fût impossible de violer, mais une que les hommes, en tant qu’agents libres, pouvaient violer, et, en la violant, attirer la ruine sur leurs âmes. De même, quand il a donné une révélation au genre humain, il n’en a pas donné une sur laquelle on ne pût chicaner, mais une sur laquelle les hommes pouvaient chicaner, et, en chicanant, attirer sur eux-mêmes la colère. Les obscurités de la Bible servent à cet usage ; car la Bible elle-même déclare qu’elle contient « des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, pour leur propre ruine ». Que ceux qui préfèrent chicaner sur les obscurités de la Bible plutôt que de marcher dans sa lumière lisent cette déclaration, et qu’ils craignent et tremblent.The Old Testament dispensation was dark, abounding with shadows of good things to come; but since the Sun of Righteousness has arisen, the dark places have been illuminated, and are full of instruction. Prophecies have been delivered in obscure language; but their fulfillment has interpreted them. Some obscurities have given occasion to the infidel to charge the Bible with contradictions; but a careful examination of the inspired word has not only served to repel the charge by reconciling the apparent discrepancies, but it has added new proof that the Scriptures were written by undesigning and honest men, without any collusion; and that there is perfect harmony in their statements, even when apparently most discordant. Men of superior intellect may find a pleasant and profitable exercise of their powers in investigating those parts of the Bible which are less clear; while its plainest truths are adapted to men of least capacity, and are sufficient for their necessities. Here are waters in which “a lamb may wade,” and in which “an elephant may swim.” There is yet another use of Bible obscurities. When God gave a law to mankind, he did not give one which it was impossible to violate, but one which men, as free agents, might violate, and by violating bring ruin on their souls. So, when he gave a revelation to mankind, he did not give one which could not be caviled at, but one at which men might cavil, and, by caviling, bring wrath upon themselves. The obscurities of the Bible serve for this use; for the Bible itself declares, that it contains “some things hard to be understood, which they that are unlearned and unstable wrest unto their own destruction.” Let those who choose rather to cavil at the obscurities of the Bible, than to walk in its light, read this declaration, and fear and tremble.
Les révélations contenues dans la Bible ont l’attestation des MIRACLES. C’est une évidence du sens commun que le Dieu tout-puissant, qui a créé et gouverne le monde, peut en diriger les mouvements comme il lui plaît. Il a établi les lois de la Nature, et il peut suspendre ces lois quand il lui plaît et détourner le cours des choses de leur lit ordinaire. Il est également clair que nul autre que l’Auteur de la Nature ne peut effectuer de tels changements. Il s’ensuit donc que les miracles, s’ils sont opérés pour attester une révélation qui se dit venue du Ciel, y apposent le sceau de la Toute-Puissance. Les personnes qui virent opérer de tels miracles raisonnaient bien lorsqu’elles disaient : « Nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui. »The revelations contained in the Bible have the attestation of MIRACLES. It is a plain dictate of common sense, that Almighty God, who created and governs the world, may direct its movements as He chooses. He appointed the laws of Nature, and He may suspend these laws whenever He pleases, and turn the course of things out of the ordinary channel. It is equally clear, that none but the Author of Nature can effect such changes. It follows, therefore, that miracles, if wrought in attestation of a revelation professing to be from Heaven, stamp upon it the seal of Omnipotence. Persons who saw such miracles wrought, reasoned well when they said: “We know that you are a teacher come from God; for no man can do these miracles that you do, except God be with him.”
Bien que les miracles aient fourni à ceux qui les virent de leurs propres yeux une preuve plus frappante qu’à nous, qui les voyons à la lumière de l’histoire, l’argument qui se fonde sur eux est parfaitement concluant, même à présent. Que Moïse et les prophètes, Christ et ses apôtres aient accompli des œuvres vraiment miraculeuses, c’est aussi bien attesté qu’aucun fait ancien, quel qu’il soit. Le caractère des œuvres qui leur sont attribuées, leur nombre, les circonstances dans lesquelles elles furent accomplies, l’absence de tout ce qui indiquerait la fraude ou l’imposture, les souffrances par lesquelles les témoins démontrèrent leur sincérité, le crédit que leur témoignage obtint rapidement et largement, et en face d’une amère persécution, et l’absence de tout témoignage contraire : toutes ces considérations obligent à croire que des miracles furent opérés ; et, s’ils furent opérés, la révélation qu’ils attestent doit venir de Dieu. La preuve, bien qu’elle soit peut-être moins frappante, n’est pas moins décisive que si nous avions été personnellement témoins des miracles.Though miracles furnished, to those who saw them with their own eyes, a more impressive evidence than to us who see them through the light of history, yet the argument founded on them is perfectly conclusive, even at the present time. That Moses and the prophets, Christ and his apostles, performed works truly miraculous, is as well attested as any ancient fact whatever. The character of the works attributed to them, their number, the circumstances in which they were performed, the absence of everything indicating fraud or imposture, the sufferings by which the witnesses demonstrated their sincerity, the credence which their testimony obtained rapidly and extensively, and in the face of bitter persecution, and the absence of all counter testimony; all these considerations compel the belief that miracles were wrought, and if wrought, the revelation which they attest must be from God. The evidence, though it may be less impressive, is not less decisive than it would have been if we had personally witnessed the miracles.
Nous ne dépendons pas entièrement de la lumière de l’histoire pour la preuve des miracles. Il n’est pas besoin de preuve historique pour nous convaincre que les pyramides d’Égypte ont été bâties par le travail et l’habileté des hommes. Nous en sommes aussi convaincus que si nous les avions vues s’élever sous les mains des ouvriers. Nous savons qu’elles sont l’œuvre de l’homme parce qu’elles ressemblent, dans leur genre, à d’autres œuvres humaines. Mais celui qui contemple ces structures prodigieuses peut tourner les yeux vers le grand globe qui les porte, et se sentir également assuré qu’il n’est pas l’œuvre de l’homme. Ainsi, en contemplant un système de mythologie ou de philosophie païenne, nous pouvons être convaincus qu’il est d’origine humaine, parce qu’il porte les marques du travail de l’homme ; mais en contemplant la Bible et la religion qu’elle a introduite dans le monde, nous pouvons être également assurés que leur origine est surhumaine. Un système si dépourvu de tout ce qui pouvait le recommander à l’esprit charnel, et se disant attesté « par des signes, des prodiges et divers miracles », ne pourrait, en l’absence de tels miracles, obtenir, selon le cours ordinaire des choses, une créance facile et étendue parmi les hommes, ni s’établir fermement dans leur confiance. Sa propagation, en de telles circonstances, doit avoir été elle-même miraculeuse. Il n’importe pas au présent argument que le miracle ait été opéré sous les yeux de celui qui recevait la doctrine, ou dans son esprit pour l’incliner à la recevoir. Dans l’un et l’autre cas, il y eut un miracle, une intervention de la Puissance divine, et une telle intervention démontrait que la doctrine venait de Dieu.We are not wholly indebted for the evidence of miracles, to the light of history. It does not need historical proof to satisfy our minds that the pyramids of Egypt were built by human labor and skill. We are as well satisfied of this, as if we had seen them rise under the hands of the workmen. We know that they are the work of man, because they resemble, in kind, other works of man. But he who gazes on these stupendous structures, may turn his eyes to the great globe beneath them, and feel equally well assured that it is not the work of man. So, in contemplating a system of heathen mythology or philosophy, we may be convinced that it is of human origin, because it bears the marks of man’s workmanship; but in contemplating the Bible, and the religion which it has introduced into the world, we may be as well assured that the origin of these is superhuman. A system so destitute of everything which could recommend it to the carnal mind, and claiming to be attested “with signs and wonders, and with divers miracles,” could not, in the absence of such miracles, obtain, according to the ordinary course of things, easy and extensive credence among mankind, and become firmly established in their confidence. The propagation, in such circumstances, must itself have been miraculous. It is of no importance to the present argument, whether the miracle was wrought before the eyes of him who received the doctrine, or on his mind, to incline him to receive it. In either case, there was a miracle, an interposition of Divine Power, and such an interposition demonstrated that the doctrine was from God.
Les PROPHÉTIES que contient la Bible doivent provenir d’une prescience infaillible. Cela est prouvé par leur accomplissement exact.The PROPHECIES which the Bible contains, must have proceeded from infallible foreknowledge. This is proved by their exact fulfillment.
Daniel prophétisa à Nebucadnetsar, le chef orgueilleux de l’empire babylonien, alors dans sa gloire et sa force, que cet empire ferait place à trois autres qui devaient s’élever après lui (Dan 2:39, 45). Cette succession d’empires, le babylonien, le médo-perse, le grec et le romain, est décrite plus amplement ensuite dans les prophéties de Daniel, avec une série d’événements qui s’étend jusqu’au temps présent (Dan 7:12). Plus d’un siècle avant le temps de Daniel, le prophète Ésaïe prédit (És 21:9 ; 45:1 ; 45:3) la prise de Babylone par les Perses, qui étaient, au moment de la prédiction, une nation faible et obscure. Il annonça le nom même du chef perse et la manière de son entrée dans la ville, par des portes que, par une disposition spéciale de la Providence, les Babyloniens laissèrent négligemment ouvertes au milieu de leurs festins d’ivresse. D’autres prophètes prédirent la destruction et la désolation finale de Babylone (Jér 51:1) et de Ninive (Nah 1:1 ; 3:1), le renversement de l’ancienne Tyr par Nebucadnetsar (Éz 26:7 ; 26:11), et ensuite de Tyr l’insulaire par Alexandre (Éz 27:32), ainsi que le déclin et l’état présent de l’Égypte (Éz 29:1), jadis la plus orgueilleuse des nations. Toutes ces prédictions furent faites quand les événements prédits étaient si improbables qu’aucune sagacité humaine n’aurait pu les prévoir ; et pourtant l’histoire et les rapports des voyageurs en attestent l’accomplissement exact. On pourrait aisément citer beaucoup d’autres exemples de prophéties accomplies.Daniel prophesied to Nebuchadnezzar, the proud head of the Babylonian empire, then in its glory and strength, that this empire would give place to three others which were to arise after it (Dan 2:39, 45). This succession of empires, the Babylonian, the Medo-Persian, the Grecian, and the Roman, is more fully described afterward in the prophecies of Daniel, together with a series of events extending down to the present time (Dan 7:12). More than a century before the time of Daniel, the prophet Isaiah predicted (Isa 21:9; 45:1; 45:3) the taking of Babylon by the Persians, who were, at the time of the prediction, a feeble and obscure nation. He foretold the very name of the Persian leader, and the manner of his entrance into the city, through gates which, by a special ordering of Providence, were carelessly left open by the Babylonians in their drunken festivity. Other prophets foretold the destruction and final desolation of Babylon (Jer 51:1), and of Nineveh (Nah 1:1; 3:1), the overthrow of ancient Tyre by Nebuchadnezzar (Ezek 26:7; 26:11), and afterward of insular Tyre by Alexander (Ezek 27:32), and the decline and present state of Egypt (Ezek 29:1), once the proudest of nations. All these predictions were made when the events predicted were so improbable, that they could not be foreknown by any human sagacity; yet history, and the reports of travelers, attest their exact accomplishment. Many other examples of fulfilled prophecy might readily be cited.
Les prophéties concernant les Juifs sont remarquables, et nous y renvoyons avec d’autant plus de satisfaction que le lecteur a probablement, dans une certaine mesure, une connaissance personnelle des faits prédits. Ce peuple est dispersé dans notre nation et dans la plupart des nations de la terre. Ses synagogues, où il se réunit pour adorer le Dieu de ses pères, se trouvent dans toutes nos villes principales. Les Écritures de l’Ancien Testament sont lues régulièrement dans son culte public, et regardées avec une vénération religieuse comme son livre sacré, reçu de Dieu par ses anciens prophètes et transmis par ses ancêtres. Ce livre décrit minutieusement (Lév 26 ; Deut 27 ; Deut 30), en langage de prédiction, les souffrances qu’il a endurées ; sa merveilleuse conservation comme peuple distinct, malgré ces souffrances ; et sa condition de dispersion parmi toutes les nations. D’autres tribus anciennes, une fois dispersées, se sont perdues dans la masse générale du genre humain ; mais ce peuple, après des siècles de dispersion et de persécution, demeure distinct et se présente au monde comme témoin du merveilleux accomplissement des prédictions le concernant, prononcées par ses anciens prophètes.The prophecies concerning the Jews are remarkable, and we refer to them with the more satisfaction, because the reader has probably, to some extent, personal knowledge of the facts predicted. These people are scattered through our nation, and through most of the nations on earth. Their synagogues, in which they meet to worship the God of their fathers, are found in all our principal cities. The Scriptures of the Old Testament are regularly read in their public worship, and are regarded with religious veneration, as their sacred book, received from God by their ancient prophets, and handed down to them from their forefathers. This book minutely describes (Lev 26; Dt 27; Dt 30), in the language of prediction, the sufferings which they have undergone; their wonderful preservation as a distinct people, notwithstanding these sufferings, and their dispersed condition among all nations. Other ancient tribes, when scattered, have been lost in the general mass of mankind; but these people, after centuries of dispersion and persecution, still remain distinct, and stand forth to the world as witnesses of the wonderful fulfillment of the predictions respecting them, uttered by their ancient prophets.
Les écrits sacrés des Juifs ne contiennent pas seulement des prédictions de la dispersion, des souffrances et de la merveilleuse conservation de ce peuple ; ils fournissent aussi l’explication de ces événements extraordinaires. Le livre décrit une alliance entre cette nation et le Dieu qu’elle adore, et ses annales montrent qu’elle a violé à maintes reprises cette alliance et subi la peine dont elle avait été menacée. Toute l’histoire de la nation illustre la manière dont Dieu a agi envers elle, conformément aux stipulations de cette alliance. Déjà une fois, en punition de son infidélité, elle fut chassée de son pays en captivité pendant soixante-dix ans ; et pourtant elle fut conservée et ramenée. Les déclarations prophétiques de son volume sacré expliquent que sa dispersion et ses souffrances présentes sont, de la même manière, la conséquence de ses crimes, et que sa conservation est en vue d’une autre restauration. Sa condition ressemble donc à celle d’un malfaiteur cloué à la croix, avec son accusation écrite au-dessus de sa tête : juste châtiment pour la nation qui a crucifié le Seigneur de gloire. Ils tiennent dans leurs mains le livre qui spécifie leurs crimes et prédit leurs souffrances, et ils offrent dans leurs personnes le spectacle de ces prédictions accomplies. Non seulement ils affirment que leur livre est divin, mais ils sont eux-mêmes la preuve de sa divinité.The sacred writings of the Jews not only contain predictions of the dispersion, sufferings, and wonderful preservation of this people, but also furnish explanation of these extraordinary events. The book describes a covenant between this nation and the God whom they worship, and its records show that they have repeatedly violated this covenant, and suffered the threatened penalty. The whole history of the nation illustrates the dealings of God with them, in accordance with the stipulations of this covenant. Once before, as a punishment of their unfaithfulness, they were driven from their land into captivity for seventy years, yet they were preserved and brought back. The prophetic declarations of their sacred volume explain that their present dispersion and sufferings are, in like manner, in consequence of their crimes, and that their preservation is in prospect of another restoration. Their condition, therefore, resembles that of a malefactor nailed to the cross, with his accusation written over his head; a fit punishment for the nation that crucified the Lord of glory. They hold in their hands the book which specifies their crimes and predicts their sufferings, and they furnish, in their persons, the spectacle of these predictions fulfilled. They not only claim that their book is divine, but they are the proof of its divinity.
Les Juifs peuvent être pris aussi comme témoins en faveur du Nouveau Testament, qu’ils rejettent, et du christianisme, qu’ils haïssent. Quel crime si grand a prolongé leur dispersion et leurs souffrances pendant la longue période de dix-huit siècles ? Le Nouveau Testament donne la seule réponse satisfaisante à cette question, et il répond en parfait accord avec leurs propres Écritures. Ils ont rejeté et crucifié leur Roi, leur Messie longtemps attendu, que leurs prophètes avaient annoncé. Il avait été prédit qu’il paraîtrait avant que la tribu de Juda ne s’éteigne ou ne cesse de maintenir un gouvernement propre et distinct (Gen 49:10) ; avant que le second temple ne soit détruit (Agg 2:7 ; Agg 2:9) ; et dans les 490 ans à partir du décret de Cyrus pour rebâtir Jérusalem (Dan 9:24). C’est à ce moment que parut Jésus-Christ, se déclarant leur Messie et fournissant les preuves les plus abondantes qu’il venait de Dieu ; et pourtant, comme leurs prophètes l’avaient prédit, ils le rejetèrent (És 53:3) et s’unirent aux chefs païens pour le faire périr (Ps 2:1, 2). Leurs propres Écritures et leur haine avouée de Jésus-Christ établissent pleinement le crime pour lequel ils souffrent, et ces choses s’unissent au fait connu de leurs souffrances pour démontrer la messianité de Jésus et l’origine divine du christianisme.The Jews may be made witnesses for the New Testament also, which they reject, and for Christianity, which they hate. What crime so great, has extended their dispersion and sufferings through the long period of eighteen centuries? The New Testament gives the only satisfactory answer to this inquiry, and it answers in perfect accordance with their own Scriptures. They have rejected and crucified their King, their long-expected Messiah, whom their prophets had foretold. It was predicted that he would appear before the tribe of Judah should become extinct, or should cease to maintain a distinct government of its own (Gen 49:10); before the second temple should be destroyed (Hag 2:7; Hag 2:9); and in 490 years from the decree of Cyrus to rebuild Jerusalem (Dan 9:24). At this time Jesus Christ appeared, claiming to be their Messiah, and furnishing most abundant proofs that he came from God; yet, as their prophets had foretold, they rejected him (Isa 53:3), and united with Gentile rulers to destroy him (Ps 2:1, 2). Their own Scriptures, and their confessed hatred of Jesus Christ, fully make out the crime for which they suffer, and these unite with the known fact of their sufferings to demonstrate the Messiahship of Jesus and the divine origin of Christianity.
Le Nouveau Testament contient diverses prédictions (Matt 24 ; Marc 13 ; Luc 21) qui se sont exactement accomplies, concernant la destruction de Jérusalem ; les calamités des Juifs ; leur dispersion et leur conservation ; et aussi concernant les persécutions du christianisme, sa propagation dans le monde et l’Apostasie papale (2 Thessaloniciens 2:3-12 ; 1 Jean 2:18 ; 1 Tim 4:1-3). En outre, il contient des prédictions non encore accomplies sur la conversion des païens, la restauration des Juifs et l’état millénaire de l’Église. Quand elles se seront accomplies, la preuve prophétique, qui s’accumule constamment aujourd’hui, sera complète.The New Testament contains various predictions (Mt 24; Mk 13; Lk 21) which have been exactly fulfilled concerning the destruction of Jerusalem; the calamities of the Jews; their dispersion and their preservation; also concerning the persecutions of Christianity; its spread through the world, and the Papal Apostasy (2 Thessalonians 2:3-12; 1Jn 2:18; 1Tim 4:1-3). Besides these, it contains predictions, yet not accomplished, of the conversion of the Gentiles, the restoration of the Jews, and the millennial state of the Church. When these shall have been fulfilled, the prophetical evidence now constantly accumulating will be complete.
En concluant cette brève recherche sur l’origine de la Bible, nous pouvons admirer et adorer la merveilleuse providence de Dieu, qui a fait de ses ennemis les gardiens et les témoins de sa révélation. Les Juifs, qui ont tué les prophètes et crucifié le Fils de Dieu lui-même, ont conservé et transmis les Écritures de l’Ancien Testament, et sont maintenant devant le monde les témoins de son origine divine et de la vérité de ses prophéties. L’Église catholique romaine, le grand Antichrist, ou homme de péché, ivre du sang des saints, nous a transmis les Écritures du Nouveau Testament, et rend maintenant, de la même double manière, son témoignage à cette partie du Volume sacré. Même l’incrédule moqueur est fait témoin inconscient. Dans ses pages, ses moqueries mêmes sont prédites, et son cœur corrompu, d’où procèdent ces moqueries plutôt que d’un jugement réfléchi, y est dépeint avec une exactitude et une habileté qui révèlent l’Auteur divin, Celui qui sonde les cœurs. La parole qui « est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles, et qui juge les sentiments et les pensées du cœur », doit être « la parole de Dieu ». Même la langue réticente de l’incrédule, comme dans le cas de Rousseau, est parfois contrainte de proclamer son témoignage à haute voix ; et d’autres fois, quand vient le danger ou que menace la mort, son alarme et sa terreur divulguent la vérité que son rocher n’est pas comme notre rocher, lui-même en étant juge. Malheureux incrédule ! Y a-t-il un Dieu ? As-tu une âme immortelle ? Tant que tu ne pourras pas, avec une audace inébranlable, répondre « Non » à ces deux questions, ne rejette pas loin de toi la Bible, le Livre de Dieu, la Lumière de l’immortalité.In concluding this brief inquiry into the origin of the Bible, we may admire and adore the wonderful providence of God, which has made his enemies the preservers and witnesses of his revelation. The Jews, who killed the prophets and crucified the Son of God himself, have preserved and transmitted the Scriptures of the Old Testament, and are now witnesses to the world of its divine origin, and the truth of its prophecies. The Roman Catholic Church, the great Antichrist, or man of sin, drunk with the blood of the saints, has transmitted to us the Scriptures of the New Testament, and now gives, in the same two-fold manner, its testimony to this part of the Sacred Volume. Even the infidel scoffer is made an unconscious witness. In its pages, his very scoffs are predicted, and his corrupt heart, from which, rather than from sober judgment, these scoffs proceed, is portrayed with an accuracy and skill which bespeak the Author divine, the Searcher of hearts. The word which “is quick and powerful, and sharper than any two-edged sword, piercing even to the dividing asunder of soul and spirit, and of the joints and marrow, and is a discerner of the thoughts and intents of the heart,” must be “the word of God.” Even the reluctant tongue of the infidel, as in the case of Rousseau, is sometimes constrained to utter its testimony aloud; and at other times, when danger comes or death threatens, his alarm and terror divulge the truth, that his rock is not as our rock, himself being judge. Unhappy infidel! Is there a God? Have you an immortal soul? Until you can, with unfaltering hardihood, answer, No to both these inquiries, do not cast away from you the Bible, the Book of God, the Light of immortality.
2. Autorité.2. Authority.
BIEN QUE la Bible ait été écrite par des hommes inspirés, ceux-ci doivent être considérés simplement comme les instruments choisis, préparés et employés par Dieu pour la production de cette œuvre. Dieu lui-même est l’auteur de la Bible. Quand nous lisons ses pages sacrées, nous devons comprendre que Dieu nous parle ; et quand nous la laissons négligée, nous devons nous souvenir que nous refusons d’écouter Dieu lorsqu’il offre de nous instruire sur des sujets d’une importance infinie.THOUGH the Bible was written by inspired men, they are to be regarded merely as the instruments chosen, fitted, and employed by God, for the production of this work. God himself is the author of the Bible. When we read its sacred pages, we should realize that God speaks to us, and when we suffer it to lie neglected, we should remember that we are refusing to listen to God, when he proffers to instruct us on subjects of infinite moment.
La Bible contient le témoignage de Dieu, et elle est donc une Règle de foi. Les déclarations d’un honnête homme doivent être crues ; à plus forte raison celles qui sont faites par le Dieu de vérité : « Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand. » Rejeter le témoignage de Dieu, c’est le faire menteur. Traiter un semblable de menteur, c’est lui faire une insulte des plus grossières. Cette insulte, nous la faisons au grand Dieu quand nous refusons de recevoir son témoignage, qui nous est donné dans sa sainte Parole.The Bible contains the testimony of God, and is therefore a Rule of Faith. The declarations of an honest man ought to be believed, much more ought those which are made by the God of truth; “if we receive the witness of men, the witness of God is greater.” To reject the testimony of God, is to make him a liar. To call a fellow-man a liar, is to offer an insult of the grossest character. This insult we offer to the great God, when we refuse to receive his testimony, given to us in his holy Word.
La Bible contient les préceptes de Dieu, et elle est donc une Règle de devoir. Nous sommes tenus d’obéir aux ordres des parents et des magistrats civils, mais Dieu a un droit plus élevé à notre obéissance. Il est notre Père qui est au Ciel et le Législateur suprême de l’univers. Contre cette haute autorité nous nous révoltons quand nous refusons d’obéir aux préceptes de la Bible.The Bible contains the precepts of God, and is therefore a Rule of Duty. We are bound to obey the commands of parents and civil rulers, but God has a higher claim on our obedience. He is our Father in Heaven, and the Supreme Lawgiver of the universe. Against this high authority we rebel, when we refuse to obey the precepts of the Bible.
La Bible contient les promesses de Dieu, et elle est donc une Règle d’espérance. Elle détermine non seulement ce que nous devons croire et faire, mais aussi ce que nous devons attendre. Elle présente, comme fondement de notre espérance, la promesse et le serment de Dieu, deux choses immuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu mente. Nous regardons à lui comme à celui qui récompense ceux qui le cherchent avec diligence, et toute notre confiance au sujet de la nature et de l’étendue de cette récompense, et de la certitude de l’obtenir, est fondée sur la parole prophétique très certaine, la Bible.The Bible contains the promises of God, and is therefore a Rule of Hope. It determines, not only what we are to believe and to do, but also what we are to expect. It presents, as the foundation of our hope, the promise and the oath of God, two immutable things, in which it is impossible for God to lie. We look to him as the rewarder of those that diligently seek him, and all our confidence respecting the nature and extent of this reward, and the certainty of our obtaining it, is founded on the sure word of prophecy, the Bible.
Que ce soit comme règle de foi, de devoir ou d’espérance, l’autorité de la Bible est suprême. Nous pouvons nous fier au témoignage des hommes, mais ils nous trompent parfois. Nous pouvons régler notre conduite d’après l’ordre de ceux qui sont au-dessus de nous, ou d’après les injonctions de notre propre conscience, mais les chefs peuvent ordonner ce qui est mal, et la conscience n’est pas infaillible. Nous pouvons nourrir des espérances fondées sur des promesses humaines ou sur les tendances naturelles des choses, mais les promesses humaines sont souvent trompeuses, et les promesses de la Nature sont des bourgeons qui, si beaux et si parfumés soient-ils, sont souvent flétris avant de produire du fruit. Dieu ne trompe jamais. « L’herbe sèche, et la fleur tombe ; mais la parole du Seigneur demeure éternellement. » Quand la Bible parle, tout le reste peut se taire, et ses décisions ne laissent aucune place au doute et n’admettent aucun appel.Whether, as a rule of faith, of duty, or of hope, the authority of the Bible is supreme. We may rely on the testimony of men, but they sometimes deceive us. We may regulate our conduct by the command of those who are over us, or by the dictates of our own conscience, but rulers may command what is wrong, and conscience is not infallible. We may cherish hopes founded on human promises, or the natural tendencies of things, but human promises are often delusive, and the promises of Nature are buds which, however beautiful and fragrant, are often blasted before they produce fruit. God never deceives. “The grass withers, and the flower thereof falls away, but the word of the Lord endures forever.” When the Bible speaks, all else may be silent, and its decisions leave no room for doubt and admit no appeal.
L’autorité de la Bible est indépendante. Elle ne lui a pas été conférée par les hommes inspirés qui l’ont écrite, et elle n’en tire aucune des personnes qui nous l’ont transmise. L’Église la plus pure de la terre ne peut l’investir d’autorité ; bien moins encore la corrompue Église de Rome. Les écrivains inspirés rapportaient à Dieu l’autorité de ce qu’ils écrivaient ; et c’est là qu’elle doit reposer. Les copistes des manuscrits, qui ont été les agents de la Providence pour conserver et nous transmettre le Volume sacré, et les imprimeurs et relieurs, par les travaux desquels ce volume est si largement répandu, ne lui ont conféré aucune autorité ; et elle n’en a pas plus reçu de l’Église de Rome que d’eux. Elle possède l’autorité simplement parce qu’elle est la parole de Dieu.The authority of the Bible is independent. It was not conferred on it by the inspired men who wrote it; nor does it derive any from the persons who have transmitted it to us. The purest church on earth cannot invest it with authority; much less can the corrupt Church of Rome. The inspired writers referred the authority of what they wrote to God; and here it must rest. The transcribers of the manuscripts, who have been the agents of Providence in preserving and transmitting the Sacred Volume to us, and the printers and bookbinders by whose labors this volume is so widely circulated, have conferred no authority on it, and it has received as little from the Church of Rome as from these. It possesses authority simply because it is the word of God.
L’autorité de la Bible est immédiate. Son message vient directement de Dieu, et s’adresse directement à l’esprit et au cœur de chaque lecteur. Nous n’avons d’autre médiateur que Christ, et d’autre interprète infaillible que le Saint-Esprit. Nous pouvons recevoir des hommes de l’aide pour comprendre la Bible, mais ils n’ont aucun droit de la comprendre à notre place. Nous devons employer notre propre esprit à l’étude de la Parole de Dieu, et ne permettre à aucun interprète humain de s’interposer entre Dieu et notre propre conscience. Chacun de nous doit dire pour lui-même : « Parle, Seigneur, car ton serviteur écoute. »The authority of the Bible is immediate. Its address is directly from God, and directly to the mind and heart of every individual reader. We have no mediator but Christ, and no infallible interpreter but the Holy Spirit. We may derive assistance from men in understanding the Bible, but they have no right to understand it for us. We should employ our own minds in the study of God’s Word, and allow no human interpreter to intervene between God and our own conscience. We should say, each one for himself, “Speak, Lord, for your servant hears.”
Quel don précieux que la Bible ! Qui ne la chérira ? Qui ne la liera sur son cœur ? Nous nous tenons sur l’étroit isthme de la vie, entre deux océans : le passé sans bornes et l’avenir sans bornes. Les annales de l’éternité passée sont hors de notre portée, mais l’Ancien des jours les a ouvertes et nous a révélé dans la Bible tout ce qu’il nous est nécessaire de savoir. Le présent qui s’évanouit est pour nous de la plus haute importance, car de lui dépend notre tout éternel ; mais qui nous apprendra à employer comme il faut les moments qui passent si vite ? Le seul Dieu sage a daigné nous parler dans la Bible, et nous enseigner à régler nos pas dans le court chemin de la vie, de manière à assurer la vie éternelle. Le monde futur est juste devant nous. Pour moi, je sens que je me tiens sur le rivage de l’océan sans bornes, avec à peine un pouce de sable croulant qui me reste. J’entends à mes côtés les cris de l’incrédule mourant, aux yeux duquel tout est couvert de ténèbres impénétrables. Lui aussi est arrivé au bord, et il refuserait volontiers d’avancer, mais il ne le peut. Perplexe, terrifié, frissonnant, il plonge et s’enfonce, il ne sait où. Combien précieux, en ce moment d’épreuve, est le Livre de Dieu ! Combien réconfortante cette Lumière du Ciel ! Devant elle, je vois les ombres se retirer. La Bible lève son flambeau ; non pas un faible flambeau, tel que la raison peut en élever, qui éclaire les ténèbres pour les rendre seulement visibles ; la Bible répand la lumière du soleil de midi sur la vaste perspective qui s’étend devant moi, et me permet, tranquille et joyeux, de m’élancer dans l’éternité avec la pleine assurance de l’espérance. Mortels qui vous hâtez vers les rétributions de l’éternité, soyez sages ; recevez la révélation du Ciel qui vous est présentée dans la Bible ; soyez attentifs à ses instructions et révérez son autorité, comme la parole du Juge final devant qui vous comparaîtrez bientôt.What a precious gift is the Bible! Who will not prize it? Who will not bind it to his heart? We stand on the narrow isthmus of life, between two oceans, the boundless past and the boundless future. The records of eternity past are beyond our reach, but the Ancient of Days has opened them, and has revealed to us in the Bible whatever it is necessary that we should know. The vanishing present is all important to us, because on it depends our everlasting all, but who will instruct us how to use the swiftly passing moments as we ought? The only wise God has condescended to speak to us in the Bible, and to teach us how to order our steps in life’s short way, so as to insure life eternal. The future world is just before us. For myself, I realize that I am standing on the shore of the boundless ocean, with but an inch of crumbling sand remaining. I hear the shrieks of the dying infidel at my side, to whose view all is covered with impenetrable darkness. He, too, has come to the brink, and would gladly refuse to proceed, but he cannot. Perplexed, terrified, shuddering, he plunges in and sinks, he knows not where. How precious, at this trying moment, is the Book of God! How cheering this Light from Heaven! Before it I see the shades retiring. The Bible lifts its torch — nay, not a feeble torch, such as reason may raise, to shine on the darkness and render it visible; the Bible sheds the light of the noonday sun on the vast prospect before me, and enables me, tranquil and joyful, to launch into eternity with the full assurance of hope. Mortals, hastening to the retributions of eternity, be wise; receive the revelation from Heaven presented to you in the Bible; attend diligently to its instructions, and reverence its authority, as the word of the final Judge before whom you will soon appear.
3. La repentance, l’état originel de l’être humain et la chute3. Repentance, Humanity’s Original State and the Fall
John L. Dagg, Manual of Theology (1857), livre IV, « La chute et l’état présent de l’homme », introduction (« Le devoir de la repentance ») et chapitres I–II (« L’état originel de l’homme » ; « La chute de l’homme »). Texte intégral ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John L. Dagg, Manual of Theology (1857), Book IV, “The Fall and Present State of Man,” Introduction (“Duty of Repentance”) and chapters I–II (“Original State of Man”; “The Fall of Man”). Complete text; the interpretations are the author’s.
Note du STC : Dagg lit Genèse 2–3 comme une histoire littérale et parle d’une « alliance des œuvres » avec Adam, un cadre partagé par de nombreux réformés et baptistes particuliers ; d’autres baptistes et chrétiens lisent ces chapitres et ce langage d’alliance autrement. Sa brève remarque sur 1 Corinthiens 11:7 reflète sa propre lecture ; le STC présente équitablement, dans d’autres cours, les positions complémentariennes, égalitariennes et de ministère en équipe. Comme la plupart des auteurs de son temps, Dagg emploie « l’homme » pour désigner tous les êtres humains.CTS note: Dagg reads Genesis 2–3 as literal history and speaks of a “covenant of works” with Adam, a framework shared by many Reformed and Particular Baptists; other Baptists and Christians read these chapters and this covenant language differently. His brief remark on 1 Corinthians 11:7 reflects his own reading; CTS presents complementarian, egalitarian and team-ministry views fairly elsewhere in its courses. Like most writers of his time, Dagg uses “man” for all human beings.
Section 4. Doctrine concernant la chute et l’état présent de l’HOMMESection 4. Doctrine Concerning the Fall and Present State of MAN
Introduction.Introduction.
Le devoir de la repentance. (Matt 3:2 ; Act 17:30)Duty of Repentance. (Mt 3:2; Act 17:30)
Nous avons vu que la religion ne se borne pas à l’intelligence, mais qu’elle met en exercice les sentiments les plus forts du cœur. On a montré que l’amour pour Dieu et le plaisir pris à sa volonté et à ses œuvres en sont des éléments essentiels ; et ce sont là des affections qui ne jouent pas à la surface, mais qui remuent l’âme jusque dans ses plus basses profondeurs. Si, dans notre étude de la vérité religieuse, nous sommes allés jusqu’ici sans émotion, sans émotion forte, notre travail a été stérile, et nous ferions bien de recommencer. Il ne faut pas perdre de temps pour atteindre le but principal pour lequel la vérité de Dieu doit être étudiée ; et si jusqu’ici nous l’avons traitée comme nous traitons les vérités des autres sciences, nous ne devons pas persévérer plus longtemps dans cette voie, de peur que l’usage profane des choses saintes ne devienne une habitude et ne pousse Dieu à nous refuser sa grâce illuminatrice.We have seen that religion is not confined to the intellect, but brings into exercise the strongest feelings of the heart. Love to God, and delight in his will and works, have been shown to be essential elements; and these are affections which do not play on the surface, but move the soul from its lowest depths. If, in our study of religious truth, we have proceeded thus far without feeling, without strong feeling, our labor has been unprofitable, and we would do well to begin anew. No time should be lost in securing the main end for which God’s truth should be studied; and if heretofore we have treated it as we do the truths of other science, we should persevere in this course no longer, lest the profane use of sacred things become habitual, and provoke God to deny us his illuminating grace.
L’amour pour Dieu et le plaisir pris à sa volonté et à ses œuvres sont des exercices saints et agréables de l’âme ; mais la religion, chez un être pécheur, est nécessairement accompagnée de douleur. Être à l’aise dans le péché est une preuve que le cœur est mort, « mort par ses offenses et par ses péchés ». Quiconque est vivifié par l’Esprit de Dieu prend conscience du péché et ressent, à cause de lui, la souffrance d’un cœur brisé. L’angoisse du remords peut être adoucie par le sentiment de la miséricorde qui pardonne ; mais la joie du pardon ne peut arrêter le cours de la pénitence. Comme la femme à qui beaucoup avait été pardonné, le croyant, tout en recevant son pardon avec une joie débordante, ne perd pas le sentiment de son péché, mais il est prêt à laver de ses larmes les pieds de son Seigneur. Ces larmes ont leur douceur.Love to God, and delight in his will and works, are holy and pleasurable exercises of the mind; but religion in a sinful being is necessarily attended with pain. To be at ease in sin, is a proof that the heart is dead, “dead in trespasses and sins.” Every one whom the spirit of God quickens, becomes sensible of sin, and feels the pang of a broken heart on account of it. The anguish of remorse may be alleviated by a sense of pardoning mercy; but the joy of pardon cannot stop the flow of penitence. Like the woman to whom much had been forgiven, the believer, while receiving his pardon with overflowing joy, does not lose his sense of sin, but is ready to wash the feet of his Lord with tears. These tears have their sweetness.
La nécessité de la repentance est abondamment enseignée dans le volume sacré. Le langage de Christ est explicite : « Si vous ne vous repentez, vous périrez tous également » (Luc 13:3). Nous n’avons aucun droit de nous considérer sur le chemin de la vie éternelle si nous sommes étrangers à la repentance. Il ne suffira pas non plus d’avoir été un jour alarmés au sujet de notre péché. Une fausse repentance, dont il faudrait se repentir, satisfait bien des âmes abusées. La repentance véritable est un sentiment profond et durable du péché, une condamnation de nous-mêmes devant Dieu à cause de lui, un éloignement du péché avec horreur et dégoût, et une résolution ferme de l’âme de ne jamais plus le commettre ni être en paix avec lui. Ce sentiment du péché pousse l’âme vers Christ, et s’unit à l’exercice de la foi en Christ pour distinguer la religion véritable des contrefaçons dont le monde abonde.The necessity of repentance is abundantly taught in the sacred volume. The language of Christ is explicit, “Except you repent, you shall all likewise perish.” (Lk 13:3) We have no right to consider ourselves in the way to eternal life, if we are strangers to repentance. Nor will it suffice to have been at some time alarmed about our sin. A false repentance, which needs to be repented of, satisfies many a deluded soul. Genuine repentance is a deep-felt and abiding sense of sin, a condemnation of ourselves before God on account of it, a turning away from it with abhorrence and loathing, and a fixed purpose of soul never again to commit it, or be at peace with it. This sense of sin drives the soul to Christ, and unites with the exercise of faith in Christ, to distinguish genuine religion from the counterfeits with which the world abounds.
La raison enseigne que c’est le devoir des hommes, en tant que pécheurs, de se repentir de leurs péchés. Lorsqu’un homme a donné à un autre un juste sujet d’offense, c’est son devoir, selon le consentement commun du genre humain, d’être affligé de son offense. Si nous n’éprouvons aucune tristesse d’avoir offensé Dieu, nous le traitons avec moins de respect qu’il n’en est dû à un semblable, ver comme nous. N’en être pas affligé, c’est justifier l’offense et, en fait, la répéter. Dieu sonde nos cœurs et connaît nos pensées les plus intimes ; et si nous restons impénitents après avoir péché contre lui, c’est comme si nous lui disions en face que nous avons bien fait de traiter son autorité avec mépris. Notre impénitence outrage la majesté du Ciel et défie sa colère.Reason teaches that it is the duty of men, as sinners, to repent of their sins. When one man has given just occasion of offence to another, by the common consent of mankind it is his duty to be sorry for his offence. If we have no sorrow for having offended God, we treat him with less respect than is due to a fellow-worm. Not to be sorry is to justify the offence, and virtually to repeat it. God searches our hearts, and knows our inmost thoughts; and, if we remain impenitent after having sinned against him, it is as if we told him to his face that we did right to treat his authority with contempt. Our impenitence insults the majesty of Heaven, and defies his wrath.
Mais le devoir de la repentance n’est pas laissé à la déduction du sens commun des hommes. Il est vrai qu’aucun commandement de se repentir ne se trouve dans le décalogue. Ce résumé du devoir a été donné aux hommes en tant qu’hommes, et non en tant que pécheurs. Il n’était pas destiné à rétablir l’homme dans la faveur de Dieu, et c’est pourquoi il ne les traitait pas comme pécheurs. Mais quand l’Évangile commença d’être prêché, sa première proclamation fut : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Matt 3:2). Dans tout le ministère de l’Évangile, c’est le premier devoir exigé des hommes. Sans lui, on ne peut faire un seul pas sur le chemin du retour à Dieu ; et sans lui, il n’y a aucune possibilité d’obtenir la faveur divine. « Si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. » Il est donc de la plus haute importance de comprendre ce qu’est la repentance, et d’avoir de la vérité des vues propres à la produire dans nos cœurs.But the duty of repentance is not left to be inferred from the common sense of mankind. It is true, that no command to repent is found in the decalogue. That summary of duty was given to men as men, and not as sinners. It was not designed to restore man to the favor of God, and, therefore, did not treat with them as sinners. But when the gospel began to be preached, its first proclamation was, “Repent you, for the kingdom of Heaven is at hand.” (Mt 3:2) In all the ministry of the gospel, this is the first duty required of men. Without it, not a step can be taken in the way of return to God; and, without it, there is no possibility of obtaining the divine favor. “Except you repent, you shall all likewise perish.” It is, therefore, of the very highest importance to understand what repentance is, and to have such views of truth as will tend to produce it in our hearts.
Lorsque nous nous approchons d’un semblable que nous avons offensé, pour lui présenter nos aveux et rechercher son pardon, on s’attend à ce que nous ayons conscience d’avoir mal agi, que nous regrettions l’acte, que nous nous en blâmions, que nous reconnaissions son droit d’être mécontent, et que nous résolvions, et peut-être promettions, de ne plus recommencer. Tout cela doit exister dans la repentance envers Dieu, si nous ne voulons pas renouveler nos outrages envers Celui qui sonde les cœurs. Nous pouvons tromper un homme comme nous par des professions de pénitence qui ne sont pas sincères et qui visent seulement à l’apaiser ; mais Dieu ne peut être trompé, et tenter de le faire, c’est se moquer de lui.When we approach a fellow-man whom we have offended, to offer to him our confessions, and seek his pardon, it is expected that we shall be sensible of having done wrong, shall regret the deed, blame ourselves for it, acknowledge his right to be displeased, and resolve, perhaps promise, to do so no more. All this must exist in repentance toward God, if we do not mean to repeat our insults to the Searcher of hearts. We may deceive a man like ourselves with professions of penitence that are insincere, and designed merely to propitiate him, but God cannot be deceived, and to attempt it is to mock him.
Pour une repentance sincère envers Dieu, il est indispensable que nous comprenions que nous avons péché contre lui. Les hommes ne comparent pas d’ordinaire leurs actions avec sa juste loi, mais avec les actions des autres hommes. Nous marchons selon le train de ce monde, et nous sommes satisfaits si nous nous conformons aux règles de conduite estimées honorables parmi les hommes. Des multitudes traversent la vie sans aucune conviction réelle de péché, et meurent impénitentes, sans avoir jamais examiné et éprouvé leur conduite à une règle plus haute. Pour détromper ces personnes et les dépouiller de ces excuses fausses et trompeuses, il est nécessaire de les convaincre que le train de ce monde est descendant et mauvais, et que leur conformité à ce train devrait les alarmer plutôt que les satisfaire. La doctrine de la dépravation totale et universelle est donc propice à la vraie repentance.In order to sincere repentance toward God, it is indispensable that we should understand that we have sinned against him. Men do not usually compare their actions with his righteous law, but with the actions of other men. We walk according to the course of this world, and are satisfied if we conform to such rules of conduct as are esteemed reputable among men. Multitudes pass through life without any proper conviction of sin, and die impenitent, who have never examined and tried their conduct by a higher rule. To undeceive such persons, and to strip them of such false and delusive pleas, it is necessary to convince them that the course of this world is downward and wicked, and that their conformity to it should alarm rather than satisfy them. The doctrine of universal total depravity, is therefore conducive to true repentance.
Nous ne nous repentons pas vraiment d’une offense faite à un semblable, et nous ne lui demandons pas sincèrement pardon, à moins de croire qu’il a un juste sujet d’être offensé. Si son mécontentement est né d’une simple méprise, nous comptons l’apaiser en lui donnant les renseignements propres à corriger sa méprise. S’il est devenu mécontent par simple susceptibilité, nous pouvons nous justifier devant lui et le convaincre de son tort. Pour l’exercice d’une repentance véritable envers Dieu, nous devons savoir qu’il a le droit d’être mécontent de nous, qu’il ne s’est aucunement mépris en cette affaire, et que toute tentative de notre part de le convaincre de tort dans ce cas sera vaine. Pour imprimer profondément tout cela dans notre esprit, il suffit que nous soyons pleinement convaincus que nous sommes sous la juste condamnation de Dieu, et que toutes nos excuses pour nous justifier sont sans fondement.We do not truly repent of an offence to a fellow-man and sincerely ask pardon, unless we believe that he has just cause to be offended. If his displeasure has arisen from mere mistake, we expect to appease him by giving such information as will correct his mistake. If he has become displeased through mere captiousness, we may justify ourselves before him, and convict him of the wrong. In order to the exercise of genuine repentance towards God, we must know that he has a right to be displeased with us, that he has made no mistake in the matter, and that every attempt of ours to convict him of wrong in the case, will be abortive. To impress all this deeply on our minds, it is only necessary we should be fully convinced that we are under just condemnation from God, and that all our pleas in self-justification are without foundation.
Les hommes pieux ont eu coutume de tirer des motifs de pénitence des doctrines qui ont été mentionnées. David s’humilia devant Dieu en confessant sa dépravation naturelle : « Voici, je suis né dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché » (Ps 51:5). Il regardait son péché avec d’autant plus d’horreur qu’il voyait et confessait la justice de la condamnation que lui infligeait son Juge : « En sorte que tu seras juste dans ta sentence, sans reproche dans ton jugement » (Ps 51:4).Good men have been accustomed to draw motives to penitence from the doctrines that have been mentioned. David humbled himself before God, with a confession of his natural depravity. “Behold, I was shaped in iniquity; and in sin did my mother conceive me.” (Ps 51:5) He viewed his sin with the greater abhorrence, as he saw and confessed the justice of the condemnation which it received from his Judge. “That you might be justified when you speak, and be clear when you judge.” (Ps 51:4)
La vraie pénitence est rendue plus profonde et plus poignante par la vue de la misère et de l’impuissance que le péché a attirées sur nous. Ainsi Paul s’écriait : « Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? » (Rom 7:24).True penitence is rendered more deep and pungent by a view of the wretchedness and helplessness which sin has brought upon us. So Paul exclaimed, “O wretched man that I am; who shall deliver me from the body of this death?” (Rom 7:24)
Chapitre I. L’état originel de l’hommeChapter I. Original State Of Man
LE PREMIER HOMME ET LA PREMIÈRE FEMME FURENT CRÉÉS SAINTS ET, PENDANT UN TEMPS, SERVIRENT LEUR CRÉATEUR D’UNE MANIÈRE AGRÉABLE. (Gen 1:27 ; Gen 1:31 ; Eccl 7:29)THE FIRST MAN AND WOMAN WERE CREATED HOLY, AND, FOR A TIME, SERVED THEIR CREATOR ACCEPTABLY. (Gen 1:27, Gen 1:31; Eccl 7:29)
Combien de temps le premier couple demeura dans son état originel d’innocence et de bonheur, nous n’avons aucun moyen de le savoir ; mais qu’il y soit demeuré un certain temps, cela ressort à l’évidence du récit sacré. Une libre communion avec leur Créateur existait, et le signe de la faveur divine, le fruit de l’arbre de vie, ne leur fut pas refusé jusqu’au moment, clairement marqué dans leur histoire, où ils violèrent pour la première fois l’alliance de leur Dieu.How long the first pair continued in their original state of innocence and happiness we have no means of knowing; but that they did so continue for a time, is apparent on the face of the sacred record. A free fellowship with their Maker existed, and the token of the divine favor, the fruit of the tree of life, was not denied until a period arrived, distinctly marked in their history, when they first violated the covenant of their God.
Le fait que le premier couple ait continué, pendant un temps, à servir Dieu d’une manière agréable prouve que leur Créateur les avait dotés des facultés nécessaires à ce service. La possession de ces facultés est impliquée dans la phrase : « Dieu créa l’homme à son image » (Gen 1:27). Interpréter cela comme se rapportant à la forme du corps humain est entièrement incompatible avec la spiritualité de Dieu. Il est vrai que Dieu s’est ensuite manifesté sous une forme humaine ; mais les Écritures présentent le Fils de Dieu, dans cette prise de notre nature, comme « rendu semblable à ses frères » ; et, par conséquent, supposer que son corps humain ait été le modèle d’après lequel le corps d’Adam fut formé renverserait l’ordre présenté dans la parole divine. L’expression « image de Dieu », telle que Paul l’explique (Col 3:10 ; Éph 4:24), comprend « la connaissance, la justice et une sainteté que produit la vérité ». Elle se rapporte donc à leurs facultés spirituelles, par lesquelles ils étaient rendus propres au service de Dieu.The fact that the first pair continued, for a time, to serve God acceptably, proves that their Creator had endowed them with the powers necessary for this service. The possession of these endowments is implied in the phrase, “God created man in his own image.” (Gen 1:27) To interpret this as referring to the form of the human body, is wholly inconsistent with the spirituality of God. It is true, that God was afterwards manifested in human form; but the Scriptures represent the Son of God, in this assumption of our nature, as “made like his brethren,” and, therefore, to suppose his human body to have been the pattern after which the body of Adam was formed, would change the order presented in the divine word. The phrase, “image of God,” as explained by Paul, (Col 3:10; Eph 4:24) includes “knowledge, righteousness and true holiness.” It, therefore, refers to their mental endowments, by which they were fitted for the service of God.
L’intelligence était nécessaire pour rendre à Dieu le service auquel l’homme était destiné. Un vaste monde avait été créé, rempli de créatures qui manifestaient dans leur merveilleuse structure la sagesse et la puissance de leur Créateur ; et, dans la généreuse provision faite pour subvenir à leurs besoins, sa bonté se déployait richement ; mais pas une seule de toutes ces créatures n’était capable d’apprécier cette sagesse, cette puissance et cette bonté. Elles avaient des yeux pour voir la lumière du soleil matériel ; mais, bien que les cieux racontent la gloire de Dieu et que la terre fût pleine de sa bonté, toutes étaient totalement aveugles à cette gloire et à cette bonté. Il fallait une créature capable de connaître Dieu, et cette connaissance, nos premiers parents la possédaient.Intelligence was necessary to render the service to God for which man was designed. A vast world had been created, abounding with creatures which exhibited, in their wonderful structure, the wisdom and power of their Creator, and, in the bountiful provision made for the supply of their wants, his goodness was richly displayed; but not one of all these creatures was capable of appreciating this wisdom, power, and goodness. They had eyes to see the light of the material sun; but, though the heavens declared the glory of God, and the earth was full of his goodness, to that glory and goodness all were totally blind. A creature was wanted capable of knowing God, and this knowledge our first parents possessed.
Quelque chose de plus que de simples facultés intellectuelles était nécessaire pour rendre nos premiers parents propres à un service agréable à Dieu. Ces facultés, les anges qui n’ont pas gardé leur dignité première les possédaient, et pourtant ils étaient ennemis de Dieu et chassés de sa présence. Il fallait la pureté du cœur ; et, en effet, Adam et Ève furent dotés de justice et de vraie sainteté. Non seulement ils connaissaient Dieu, mais ils l’aimaient par-dessus tout. Chaque désir naturel qu’ils possédaient était dûment subordonné à cette affection souveraine. Même leur amour l’un pour l’autre, pur et sans mélange, était bien inférieur à celui qu’ils ressentaient tous deux pour celui qui les favorisait chaque jour de ses visites et leur apprenait à voir sa gloire dans toutes les œuvres dont ils étaient entourés.Something more than mere intellectual endowments was necessary to fit our first parents for acceptable service to God. These were possessed by the angels that had not kept their first estate, and yet they were enemies of God, and cast out from his presence. Purity of heart was needed; and, accordingly, Adam and Eve were endowed with righteousness and true holiness. They not only knew God, but they loved him supremely. Every natural desire which they possessed was duly subordinated to this reigning affection. Even their love to each other, pure and unalloyed, was far inferior to that which they both felt to him, who daily favored them with his visits, and taught them to see his glory in all his works by which they were surrounded.
Nous pouvons interpréter l’expression « image de Dieu » comme comprenant aussi la domination dont l’homme fut investi sur toutes les créatures inférieures. En présentant l’homme comme le chef de la femme, Paul parle de lui, dans cette relation, comme de « l’image et la gloire de Dieu » (1 Cor 11:7). Cette investiture d’autorité lui donne une ressemblance avec Dieu, le Souverain suprême. Dans l’état d’innocence, l’homme possédait cette autorité sans avoir rien à craindre d’aucune des créatures. Jusqu’à ce qu’il se fût révolté contre son Dieu, il ne leur fut pas permis de se révolter contre lui. Comme seigneur désigné du monde inférieur, toutes les créatures lui rendaient hommage ; et, comme en leur nom, il se tenait, prêtre dans le grand temple, pour offrir un culte et un service spirituels au Dieu de toute la création. De chaque créature à laquelle Adam donna un nom, il pouvait apprendre quelque chose de Dieu ; et, à chaque nouvelle leçon, un nouveau tribut de louange et d’adoration était rendu au Créateur de toutes choses.We may interpret the phrase, “image of God,” as including, also, the dominion with which man was invested over all inferior creatures. When representing man as the head of the woman, Paul speaks of him, in this relation, as “the image and glory of God.” (1Cor 11:7) This investiture of authority gives him a likeness to God, the Supreme Ruler. In the state of innocence, man possessed this authority without fear from any of the creatures. Until he had rebelled against his God, they were not permitted to rebel against him. As the appointed lord of the lower world, all creatures rendered him homage; and, as it were in their name, he stood, the priest in the grand temple, to offer up spiritual worship and service to the God of the whole creation. From every creature which Adam named he could learn something of God; and, with every new lesson, a new tribute of adoring praise was rendered to the Maker of all.
Dans les points qui ont été mentionnés, l’image de Dieu est « renouvelée » chez ceux qui éprouvent les influences régénératrices du Saint-Esprit et qui sont créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres. Le mot « renouvelée » ramène nos pensées à l’état originel de l’homme. Une nouvelle création est opérée par l’Esprit, qui rétablit les régénérés dans la connaissance, la justice et la sainteté d’où l’homme est déchu. Dans leur état renouvelé, les effets de la chute paraissent encore, et ils demeureront jusqu’à ce que le dernier ennemi, la mort, soit détruit ; mais leur union avec le second Adam assure l’achèvement de la bonne œuvre commencée, et leur garantit qu’ils porteront finalement l’image du céleste, qui est l’image de Dieu.In the particulars which have been mentioned, the image of God is “renewed” in those who experience the regenerating influences of the Holy Spirit, and are created in Christ Jesus unto good works. The word “renewed” carries back our thoughts to man’s original state. A new creation is effected by the Spirit, restoring the regenerate to the knowledge, righteousness, and holiness from which man has fallen. In their renewed state, the effects of the fall still appear, and will remain until the last enemy, death, shall be destroyed; but their connection with the second Adam secures the completion of the good work begun, and assures them that they shall ultimately bear the likeness of the heavenly, who is the image of God.
L’âme humaine porte la ressemblance de Dieu, « le Père des esprits », dans sa spiritualité et son immortalité. De même, le bonheur dont Adam et Ève jouissaient tant que durait leur innocence était un ruisseau de la source de félicité qui est dans le Dieu éternel. Dans ce bonheur paraissait l’image de Dieu, jusqu’à ce qu’elle fût tristement effacée par la transgression. La spiritualité et l’immortalité de l’âme demeurent, mais le bonheur de l’Éden n’a jamais revisité la terre ; et l’on ne doit en jouir de nouveau que dans le paradis céleste. La spiritualité et l’immortalité, sans la connaissance, la justice, la sainteté et la communion avec le Dieu béni, feraient de nous des esprits immortels dans un malheur éternel.The human soul bears likeness to God, “the Father of spirits,” in its spirituality and immortality. Also, the happiness which Adam and Eve enjoyed, while their innocence remained, was a rill from the fountain of blessedness, which is in the eternal God. In this happiness the image of God appeared, until it became sadly effaced by transgression. The spirituality and immortality of the soul remain, but the happiness of Eden has never revisited the earth; and it is again to be enjoyed only in the celestial paradise. Spirituality and immortality, without knowledge, righteousness, holiness, and communion with the blessed God, would constitute us immortal spirits in eternal woe.
Nous pouvons avec profit regarder en arrière vers l’état saint et heureux où se trouvaient nos premiers parents lorsqu’ils sortirent de la main de leur Créateur ; et nous pouvons, avec un bon effet, nous souvenir d’où nous sommes tombés. Une juste contemplation de ce sujet nous recommandera d’accepter le plan de restauration plein de grâce que l’Évangile déploie dans la personne et l’œuvre du second Adam. Quel sabbat que celui où Dieu, se reposant de l’œuvre des six jours de la création, eut communion avec l’homme, la dernière œuvre de ses mains ; et où l’homme, sans tache de péché, répandit depuis la terre nouvellement créée la première offrande de louange, libre et agréable au Créateur ! Un tel sabbat, la terre ne le connaît pas aujourd’hui ; mais un tel repos de sabbat reste pour le peuple de Dieu, et bienheureux ceux qui entreront dans ce repos.We may profitably look back to the holy and happy state in which our first parents stood when they came from the hand of their Creator; and we may, with good effect, remember from whence we have fallen. A due contemplation of this subject will recommend to our acceptance the gracious plan of restoration which the gospel unfolds, in the person and work of the second Adam. What a Sabbath was that, when God, resting from the six days’ work of creation, held communion with man, the last work of his hands; and when man, unstained by sin, poured forth the first offering of praise from the newly-created earth, free and acceptable to the Creator! Such a Sabbath the earth does not now know; but such a Sabbath remains to the people of God, and blessed are they who shall enter into this rest.
Chapitre II. La chute de l’hommeChapter II. The Fall of Man
LE PREMIER HOMME, AYANT ÉTÉ PLACÉ SOUS UNE ALLIANCE DES ŒUVRES, LA VIOLA, ET ATTIRA SA PEINE SUR LUI-MÊME ET SUR SES DESCENDANTS. (Gen 2:17 ; 3:6, 16-19 ; Rom 5:12, 15-19)THE FIRST MAN, HAVING BEEN PLACED UNDER A COVENANT OF WORKS, VIOLATED IT, AND BROUGHT ITS PENALTY ON HIMSELF AND HIS DESCENDANTS. (Gen 2:17; 3:6, 16-19; Rom 5:12, 15-19)
Le récit de la Chute, tel qu’il est donné dans le livre de la Genèse, doit être considéré non comme une représentation mythique, mais comme une histoire proprement dite. Il y est toujours fait référence de cette manière dans les parties ultérieures du volume sacré ; et sa liaison avec d’autres événements historiques est telle qu’elle exclut la supposition qu’il ait été autre chose qu’un simple fait.The narrative of the Fall, as given in the book of Genesis, is to be considered, not as a mythical representation, but as proper history. It is always so referred to in subsequent parts of the sacred volume; and its connection with other historical events is such as excludes the supposition, that it was anything else than simple fact.
La révélation de la volonté de Dieu à Adam, telle qu’elle est rapportée dans le livre de la Genèse, n’y est pas appelée alliance ; et certains ont douté qu’il convienne d’employer ce terme pour la désigner. Si le mot, dans son usage biblique, signifiait, comme dans les affaires humaines, un marché conclu entre égaux indépendants l’un de l’autre, nous pourrions à bon droit en rejeter l’application à ce sujet. Mais dans la sainte Écriture, il est employé dans une signification plus étendue. Il désigne : 1. Une ordonnance immuable (Jér 33:20). Sous ce sens peut être compris un testament ou une volonté irrévocable (Héb 9:15-17). 2. Une promesse sûre et stable (Act 3:25 ; Ex 34:10 ; És 59:21). 3. Un précepte (Ex 34:28). 4. Un accord mutuel (Gen 31:44 ; 26:28, 29 ; 1 Sam 18:3). Avec cette étendue de sens, le mot doit être considéré comme applicable au cas présent ; et pourtant il ne serait pas nécessaire d’insister sur son emploi, si les Écritures ne l’avaient pas employé dans cette application. Voyez Osée 6:7, qu’on peut traduire plus exactement que dans la version commune : « Ils ont, comme Adam, transgressé l’alliance. » La même expression hébraïque peut s’entendre ainsi en Job 31:33 et en Psaume 82:6, 7.The revelation of God’s will to Adam, as recorded in the book of Genesis, is not there called a covenant; and some have doubted the propriety of using this term to denote it. If the word, in the Scripture use of it, signified, as it does in human transactions, a bargain made between equals, who are independent of each other, we might well reject the application of it to this subject. But in the sacred Scripture, it is used in a more extended signification. It denotes, 1. An immutable ordinance (Jer 33:20). Under this sense may be included an irrevocable will or testament (Heb 9:15-17). 2. A sure and stable promise (Act 3:25; Exo 34:10; Isa 59:21). 3. A precept (Exo 34:28). 4. A mutual agreement (Gen 31:44; 26:28, 29; 1 Sam 18:3). With this latitude of meaning, the word must be considered applicable in the present case; yet there would be no necessity to insist on its use, were it not that the Scriptures have used it in this application. See Hosea 6:7, which may be more properly rendered than in the common version, “They, like Adam, have transgressed the covenant.” So the same Hebrew phrase may be understood in Job 31:33; Psalm 82:6, 7.
Comme le terme d’alliance s’applique parfois à une promesse gratuite dans laquelle aucune condition n’est stipulée, il convient de caractériser celle qui fut faite avec Adam comme une alliance des œuvres. C’était une loi assortie d’une peine : « Tu pourras manger librement de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement » (Gen 2:16, 17). Aucune promesse ne fut donnée qu’Adam continuerait à jouir de la faveur divine s’il restait obéissant ; mais on peut considérer que cela était clairement sous-entendu. Si une faveur plus haute que celle dont il jouissait alors lui aurait été accordée à condition de persévérer dans l’obéissance pendant une période d’épreuve prescrite, nous n’en sommes pas informés. Nous avons des raisons de conclure que la persévérance à bien faire aurait reçu des marques plus fortes d’approbation divine à mesure de ses progrès ; et, d’après ce que nous savons de la puissance de l’habitude pour affermir l’homme dans la vertu ou dans le vice (tendance qu’elle possède parce que Dieu l’a ainsi voulu), la conjecture n’est pas improbable que, si Adam avait persévéré dans son obéissance, il aurait été, après un temps, confirmé dans la sainteté. Mais là où les Écritures se taisent, nous ne devons pas forger de conjectures pour en faire des articles de foi.As the term covenant is sometimes applied to a free promise, in which no condition is stipulated; it is proper to characterize that which was made with Adam as a covenant of works. It was a law, with a penalty affixed. “Of every tree of the garden, you may freely eat; but of the tree of knowledge of good and evil, you shall not eat of it; for in the day that you eat thereof, you shall surely die.” (Gen 2:16, 17) No promise was given, that Adam would continue to enjoy the divine favor if he continued obedient; but this may be understood to be clearly implied. Whether higher favor than he then enjoyed, would have been granted on condition of his persevering in obedience through a prescribed term of probation, we are not informed. We have reason to conclude, that a continuance in well-doing, would have received stronger marks of divine approbation according to its progress; and, from what we know of the power of habit, as tending to establish man in virtue or vice, (a tendency which it has, because God has so willed it) the conjecture is not improbable, that, had Adam persevered in his obedience, he would, after a time, have been confirmed in holiness. But, where the Scriptures are silent, we should not frame conjectures and make them articles of faith.
Il est vain et coupable de citer Dieu au tribunal de notre raison pour avoir prescrit une épreuve d’obéissance telle que de manger une pomme. Nous pouvons oublier la révérence due à Dieu au point de mettre en question la sagesse et la bonté de faire tant d’affaires d’une si petite chose ; mais en cela nous trahissons une grande impiété. Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice ? Il suffit que Dieu l’ait fait. Les actes de Dieu ne sont pas petits quand il crée le plus infime atome ; et les exigences de Dieu ne doivent pas être méprisées quand il donne l’un des plus petits de ses commandements. La simplicité même de la chose, bien que la folie humaine puisse s’en moquer, peut s’accorder au mieux avec la sagesse de Dieu. Si Adam avait tenté de détrôner son Créateur, la raison humaine admettrait la grandeur du crime ; mais par son faible effort il n’aurait pas infligé un plus grand mal à la toute-puissance qu’en mangeant le fruit défendu. Quelle différence y a-t-il donc dans la grandeur des crimes ? Aucune dans leur effet, et aucune dans leur principe. Désobéir, c’est, autant que la créature peut aller, détrôner. Les hommes se moqueront-ils de Dieu en lui permettant d’occuper le siège de l’autorité universelle, tandis qu’ils refusent d’obéir à cette autorité ? Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Celui qui désobéit à Dieu rejette son règne ; et c’est ainsi que Dieu le considère. L’épreuve d’obéissance prescrite à Adam était facile ; et ce fait même rend la transgression plus inexcusable. Ce qui montra la grandeur de la foi d’Abraham, c’est qu’elle résista à une épreuve si rude lorsqu’il lui fut demandé d’offrir son fils Isaac ; et ce qui prouve la grandeur du péché d’Adam, c’est qu’il fut commis alors qu’il aurait pu si facilement l’éviter.It is vain and sinful, to arraign God at the tribunal of our reason, for having prescribed such a test of obedience, as the eating of an apple. We may so far forget the reverence due to God, as to call in question the wisdom and goodness, of making so much ado about so little a matter; but in this we betray great impiety. Shall not the Judge of all the earth do right? It is enough that God has done it. God’s acts are not little, when he creates the minutest atom; and God’s requirements are not to be contemned, when he gives one of the least of his commandments. The very simplicity of the thing, though human folly may scoff at it, may best agree with the wisdom of God. Had Adam made an attempt to dethrone his Maker, human reason would admit the magnitude of the crime; but no greater evil would have been inflicted on omnipotence by his puny effort, than when he ate the forbidden fruit. What difference, then, is there, in the magnitude of the crimes? None, in their effect; and none in their principle. To disobey, is, as far as the creature can go, to dethrone. Shall men mock God by permitting him to occupy the seat of universal authority, while they refuse obedience to that authority? Be not deceived; God is not mocked. He who disobeys God, rejects his reign; and so God views it. The test of obedience prescribed to Adam was easy; and this very fact makes the transgression the more inexcusable. It showed the greatness of Abraham’s faith, that it stood so severe a test when he was required to offer up his son Isaac; and it proves the greatness of Adam’s sin, that it was committed, when he might so easily have avoided it.
Quelles sortes de fruits portaient l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal, nous n’avons aucun moyen de le savoir ; et cette connaissance, si nous pouvions y parvenir, ne nous serait d’aucun bien. Certains ont demandé si l’un des fruits avait une efficacité naturelle pour produire l’immortalité, et l’autre pour produire la mort ; mais c’est là encore une question stérile. La nature n’a d’autre efficacité que la volonté de Dieu ; et sa désignation de ces arbres pour l’usage auquel il lui plut qu’ils servent était aussi efficace qu’aucune loi de la nature.What kinds of fruit the tree of life, and the tree of the knowledge of good and evil, bore, we have no means of knowing; and the knowledge, if we could attain to it, would do us no good. Some have asked, whether one fruit had a natural efficacy to produce immortality, and the other to produce death; but this also is an unprofitable question. Nature has no other efficacy than the will of God, and his appointment of these trees, for the use which it was his pleasure they should serve, was as efficacious as any law of nature.
Le récit sacré nous apprend que le jardin d’Éden, où fut placé le couple innocent et heureux, abondait en arbres portant toutes sortes de fruits agréables. Au milieu du jardin se trouvaient deux arbres distingués de tous les autres et destinés à un usage spécial. Quel était cet usage, on peut le déduire de leurs noms. L’arbre de vie, dont il leur était permis de manger, leur assurait l’immortalité, ou l’exemption de la peine de l’alliance. L’arbre de la connaissance du bien et du mal était destiné à un autre but ; et son fruit était défendu. Ne pas connaître le bien et le mal est un trait attribué aux enfants (Deut 1:39 ; Héb 5:14). Le bien et le mal, quand ils sont mentionnés en opposition, peuvent se rapporter à la qualité morale des actions ; mais ils ne sont pas restreints à cette signification. Quand Job dit : « Nous recevons de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal ! », il ne se référait pas à la distinction morale entre les actions, mais à la jouissance et à la souffrance. Quand Barzillaï refusa d’accompagner David à Jérusalem pour y vivre avec lui, et donna pour raison son incapacité de distinguer entre le bien et le mal, il se référait à la jouissance, non à la qualité morale (2 Sam 19:35). Ève décida de manger du fruit défendu parce qu’« elle vit que l’arbre était bon », non au sens moral, mais « à manger ». Les enfants, qui n’ont pas la connaissance du bien et du mal, sont instruits par leurs parents de ce qu’ils doivent faire et de ce dont ils peuvent jouir ; et il est de leur devoir et de leur intérêt de suivre les instructions reçues. Le premier couple humain se trouvait dans la relation d’enfants à l’égard de leur Créateur ; et, tant qu’ils s’abstenaient du fruit défendu, ils reconnaissaient leur incapacité de connaître le bien et le mal, et leur dépendance à l’égard de la direction de la sagesse infinie. En s’abstenant, ils reconnaissaient la prérogative de Dieu de décider pour eux de ce qui était bien et de ce qui était mal. Les deux arbres étaient très significativement placés près l’un de l’autre, et au milieu du jardin. L’arbre de vie était le symbole de la faveur divine ; et l’autre arbre, le symbole de la prérogative divine. Les arbres du jardin, en général, portaient des fruits agréables et propres à entretenir la vie ; mais le fruit de l’arbre de vie se distinguait des autres comme un gage spécial de la faveur divine. Cependant la proximité de cet arbre avec celui qui portait le fruit défendu rappelait sans cesse aux sujets de cette épreuve que la faveur de Dieu ne pouvait être goûtée qu’en respectant sa prérogative. Ce signe de l’autorité divine se trouvait au milieu du jardin, pour leur rappeler qu’ils tenaient le privilège de manger de tous les fruits agréables par la concession du Seigneur suprême, et que leur désir et leur jouissance du bien naturel devaient être réglés par la décision de celui à qui appartenait la prérogative de connaître le bien et le mal.The sacred narrative informs us that the garden of Eden, in which the innocent and happy pair were placed, abounded with trees, yielding all sorts of pleasant fruits. In the midst of the garden, were two trees distinguished from all the rest, and designed for special use. What that use was, may be inferred from their names. The tree of life, of which they were permitted to eat, secured to them immortality, or exemption from the penalty of the covenant. The tree of knowledge of good and evil, was designed for a different purpose; and its fruit was prohibited. Not to know good and evil, is a distinction ascribed to children (Deu 1:39; Heb 5:14). Good and evil, when spoken of in contrast, may refer to the moral quality of actions; but they are not restricted to this signification. When Job said, “Shall we receive good at the hand of God, and shall we not receive evil?” he did not refer to the moral distinction between actions, but to enjoyment and suffering. When Barzillai declined to accompany David to Jerusalem, and live with him there, and assigned as a reason his inability to distinguish between good and evil; his reference was to enjoyment, not to moral quality (2 Sam 19:35). Eve decided to eat of the forbidden fruit, because “she saw that it was good,” not in a moral sense, but “for food.” Children, who have not the knowledge of good and evil, are instructed by their parents, both what to do, and what to enjoy; and it is their duty and interest to follow the instructions received. The first human pair stood in the relation of children to their Creator; and, while they abstained from the forbidden fruit, they acknowledged their inability to know good and evil, and their dependence on the guidance of infinite wisdom. In abstaining, they acknowledged the prerogative of God, to decide for them what was good, and what was evil. The two trees were very significantly placed near to each other, and in the midst of the garden. The tree of life was the symbol of the divine favor; and the other tree, the symbol of the divine prerogative. The trees of the garden, generally, yielded fruit that was pleasant and life-sustaining; but the fruit of the tree of life was distinguished from the rest, as a special pledge of divine favor. Yet the proximity of this tree to that which bore forbidden fruit, perpetually reminded the subjects of this probation, that the favor of God could be enjoyed only by respecting his prerogative. This token of the divine authority was in the midst of the garden; to remind them, that they held the privilege of eating all the pleasant fruits, by the grant of the Supreme Lord; and that their desire and enjoyment of natural good, was to be regulated by the decision of him, whose prerogative it was to know good and evil.
L’écart d’Ève hors de la ligne droite du devoir est clairement marqué dans le récit sacré : « La femme vit que l’arbre était bon à manger » (Gen 3:6), etc. Elle vit. Elle jugea par elle-même de ce qui était bon. Le compte rendu que Dieu fait de la transgression est : « Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour la connaissance du bien et du mal » (Gen 3:22) ; il a usurpé notre prérogative. Telle fut la première transgression. Le désir du bien naturel fut érigé en règle d’action. « Elle vit », etc. Le désir du bien naturel l’emporta sur la révérence due à l’autorité de Dieu ; et dans la transgression on peut voir non seulement le désir du fruit agréable, mais aussi le désir d’être affranchi de la nécessité de s’en rapporter à la décision de Dieu comme règle de conduite : « un arbre précieux pour ouvrir l’intelligence » (Gen 3:6), c’est-à-dire pour se rendre indépendant de la sagesse de Dieu. Telle fut la première transgression. Elle rejeta l’autorité de Dieu, usurpa sa prérogative et livra l’âme à la domination du désir naturel.The departure of Eve from the straight line of duty is distinctly marked in the sacred narrative. “When the woman saw that the tree was good for food,” (Gen 3:6) etc. When she saw. She judged for herself what was good. God’s account of the transgression is: “Behold, the man has become as one of us, to know good and evil;” (Gen 3:22) he has usurped our prerogative. This was the first transgression. The desire of natural good was made the rule of action. “When she saw,” etc. The desire of natural good prevailed over reverence for the authority of God; and, in the transgression may be seen not only a desire of the pleasant fruit, but also a desire to be exempt from the necessity of referring to God’s decision as the rule of conduct—“a tree to be desired to make one wise;” (Gen 3:6) to make one independent of God’s wisdom. Such was the first transgression. It cast off the authority of God, usurped his prerogative, and gave the mind up to the dominion of natural desire.
À cause de sa violation de l’alliance, l’homme fut exclu du symbole de la faveur divine. Un chérubin, avec une épée flamboyante, fut placé pour garder le chemin de l’arbre de vie, de peur qu’il n’en mangeât et ne vécût éternellement. Il avait encouru la peine dont il avait été menacé, et elle commença aussitôt à lui être infligée.Because of his violation of the covenant, man was excluded from the symbol of the divine favor. A cherub, with a flaming sword, was placed to guard the approach to the tree of life, lest he should eat thereof and live forever. He had incurred the threatened penalty, and it began at once to be inflicted on him.
Quel était le sens précis de la mort, comme peine dont Adam fut menacé, c’est une question de quelque difficulté. Si elle signifiait la mort du corps, la menace ne fut pas exécutée au moment désigné : « le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement ». Il ne mourut pas littéralement le jour de sa transgression. Certains ont expliqué cela en supposant que la médiation de Christ intervint et empêcha l’exécution de la menace. Que le dessein de miséricorde de Dieu, par Christ, ait été en vue dans sa manière d’agir envers Adam, nous n’avons aucune raison d’en douter ; mais les Écritures n’expliquent nulle part qu’il ait arraché l’homme à la peine dont il était menacé. Si la mort littérale immédiate était le sens propre de la peine annoncée, et si Adam en fut sauvé par la médiation de Christ, il fut délivré d’un mal moindre pour en endurer un bien plus grand. Il fut épargné pour vivre une vie de dépravation, et pour mourir, s’il mourait impénitent, sous la colère de Dieu, et être condamné à la misère éternelle. Si l’on dit que la misère éternelle aurait suivi sa mort si elle avait eu lieu immédiatement, comment expliquer que cette terrible conséquence de la transgression n’ait pas été indiquée dans la menace ? Si l’on dit que le terme de mort comprenait aussi cela, alors on abandonne l’interprétation littérale, et l’on fait porter son sens principal sur une autre réalité, bien plus grave que la dissolution du corps. Le Saint-Esprit est le meilleur interprète sur ce sujet ; et, après avoir déclaré que la mort est entrée dans le monde par le péché d’Adam (Rom 5:12), il met cette mort en contraste avec la vie éternelle procurée par Christ : « Le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur » (Rom 6:23). De même que la vie éternelle ne consiste pas dans l’exemption de la mort littérale, son contraire ne consiste pas dans la simple perte de la vie du corps.What was the precise import of death, as the penalty threatened to Adam, is a question of some difficulty. If it imported the death of the body, the threat was not executed at the time designated: “in the day that you eat thereof you shall surely die.” He did not literally die on the day of his transgression. Some have accounted for this by supposing that the mediation of Christ interposed, and prevented the execution of the threat. That God’s purpose of mercy, through Christ, was kept in view in his dealings with Adam, we have no reason to doubt; but the Scriptures nowhere explain that it rescued man from the threatened penalty. If immediate literal death was the proper import of the threatened penalty, and if Adam was rescued from it by the mediation of Christ, he was delivered from a less evil to endure far greater. He was spared to live a life of depravity, and to die, if he died impenitent, under the wrath of God, and be doomed to eternal misery. If it be said that eternal misery would have followed his death had it taken place immediately, how can it be accounted for that this dreadful consequence of transgression was not intimated in the threatening? If it be said that the term death included this also, then the literal interpretation of it is abandoned, and its chief import is made to relate to another matter, of far greater magnitude than the dissolution of the body. The Holy Spirit is the best expositor on this subject; and, after stating that death was introduced into the world by the sin of Adam (Rom 5:12), sets this death in contrast with the eternal life procured by Christ: “The wages of sin is death; but the gift of God is eternal life, through Jesus Christ our Lord.” (Rom 6:23) As eternal life does not consist in exemption from literal death, so its opposite does not consist in the mere loss of life to the body.
Nous pouvons comprendre que la peine annoncée fut exécutée sur Adam, dans son sens propre, lorsque l’accès à l’arbre de vie lui fut refusé. Celui-ci avait été pour lui le symbole de la faveur divine. Quelle notion il avait de la mort en ce qui concerne le corps, nous l’ignorons ; et peut-être ne lui avait-on jamais rien enseigné à ce sujet jusqu’à ce qu’il entendît la sentence : « Tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière » (Gen 3:19). Mais Adam, outre qu’il avait un corps fait de poussière, avait reçu de Dieu « une âme vivante », qui ne pouvait subir de dissolution. Quelque idée de ce principe de vie, qui le distinguait des bêtes autour de lui, devait faire partie de cette « connaissance » dont il était doté, et en laquelle consistait en partie l’image de Dieu. Qu’était la mort pour son âme vivante ? Il savait, par une heureuse expérience, ce que c’était que d’avoir la communion et la faveur du Dieu vivant ; et en être retranché était la plus terrible des morts, et la seule mort dont l’esprit immortel fût capable. Cette peine lui fut infligée dans son terrible sens. La séparation du corps et de l’âme, à laquelle on donne le nom de mort, présente quelque ressemblance avec la séparation de l’âme d’avec Dieu ; et la dissolution du corps, que ce soit par les vers ou par le bûcher funèbre, conduit l’esprit au ver qui ne meurt point et au feu qui ne s’éteint point, qui sont les conséquences de la seconde mort. Tel était le sens plein et si grave de la mort de l’âme. Si Adam devint croyant en Christ, il fut délivré de dessous la peine, et non simplement empêché d’y tomber. La dissolution du corps, qui est l’extension de la peine à la partie matérielle de sa constitution, ne lui fut pas épargnée ; mais de cela aussi il sera racheté à la résurrection.We may understand that the threatened penalty was executed on Adam, in its proper import, when he was denied approach to the tree of life. This has been to him the symbol of the divine favor. What notion he had of death, as pertaining to the body, we know not; and he may never have been taught anything on this subject until he heard the sentence, “Dust you are, and unto dust shall you return.” (Gen 3:19) But Adam, besides having a body made of dust, had received from God “a living soul,” which could not suffer dissolution. Some idea of this living principle, which distinguished him from the brutes around him, must have formed a part of that “knowledge” with which he was endowed, and in which the image of God in part consisted. What was death to his living soul? He knew, by happy experience, what it was to have the communion and favor of the living God; and to be cut off from these was the most dreadful death, and the only death of which the immortal spirit was capable. This penalty was inflicted in its awful import. The separation of the body from the soul, to which the name death is given, bears some likeness to the separation of the soul from God; and the dissolution of the body, whether by worms, or the funeral fire, leads the mind to the worm that dies not, and the fire that is not quenched, which are consequences of the second death. Of this full and most momentous import was the death of the soul. If Adam became a believer in Christ, he was delivered from under the penalty, and not merely prevented from falling under it. The dissolution of the body, which is the extension of the penalty to the material part of his constitution, he was not prevented from enduring; but from this, too, he will be redeemed at the resurrection.
Le couple déchu ne fut pas seulement exclu des signes de la faveur de Dieu, mais il commença à subir des châtiments positifs de son déplaisir. Ils furent bannis de l’Éden, demeure de leur innocence et de leur joie. Ses ombrages agréables, ses belles fleurs, ses parfums odorants, ses fruits délicieux, ils sont contraints de les quitter pour toujours. L’agréable occupation de cultiver et de garder le jardin, qui donnait la subsistance sans labeur pénible, devait faire place au dur travail de cultiver un sol maudit, produisant des ronces et des épines ; et le pain, péniblement gagné à la sueur du visage, devait être leur nourriture. Sur la femme, la première dans la transgression, fut prononcé un malheur : « Tu enfanteras avec douleur » (Gen 3:16). La première douleur ainsi annoncée devint le modèle de la souffrance la plus aiguë. Ces sentences annonçaient un triste avenir. Rongés par le remords, harcelés par les craintes, Dieu offensé et leurs âmes perdues, ils dirent adieu à leur récente demeure bienheureuse et devinrent errants sur la terre, jusqu’à ce que leurs corps, succombant sous le poids des maux infligés, retombent en poussière. Quels autres maux étaient compris dans cette terrible peine, la mort ; quel était le plein sens du mot, eux et leur postérité devaient l’apprendre par une douloureuse expérience.The fallen pair were not only excluded from the tokens of God’s favor, but they began to suffer positive inflictions of his displeasure. They were banished from Eden, the home of their innocence and joy. Its pleasant shades, its beautiful flowers, its fragrant odors, its delicious fruits, they are compelled to leave forever. The delightful employment of dressing and keeping the garden, which yielded sustenance without painful toil, was to be exchanged for hard labor in cultivating a cursed soil, yielding briers and thorns; and bread, hardly earned by the sweat of the face, was to be their food. On the woman, first in the transgression, a woe was denounced; “In sorrow shall you bring forth children.” (Gen 3:16) The first pain, thus intimated, became the model pain of exquisite suffering. These denunciations foretold a sad future. Stung with remorse, harassed with fears, God offended, and their souls undone, they bade farewell to their late blissful abode, and became wanderers on the earth, until their bodies, sinking under the weight of the ills inflicted, should crumble into dust. What other evils were included in that dreadful penalty, death; what the full import of the word, they and their posterity were to learn by woeful experience.
4. L’état présent de l’être humain : péché, dépravation et condamnation4. Humanity’s Present State: Sin, Depravity and Condemnation
John L. Dagg, Manual of Theology (1857), livre IV, chapitre III, « L’état présent de l’homme », sections I–III (« Le péché actuel » ; « La dépravation » ; « La condamnation »). Texte intégral ; traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John L. Dagg, Manual of Theology (1857), Book IV, chapter III, “Man’s Present State,” sections I–III (“Actual Sin”; “Depravity”; “Condemnation”). Complete text; the interpretations are the author’s.
Note du STC : Dagg présente la dépravation totale et l’imputation du péché d’Adam sous la forme calviniste tenue par de nombreux baptistes particuliers (réguliers) de son époque. Les baptistes généraux et de libre arbitre, ainsi que beaucoup d’autres chrétiens, expliquent autrement le péché originel, la culpabilité et l’état des petits enfants ; les étudiants doivent comparer ces positions équitablement. Une phrase du paragraphe sur l’imputation du péché d’Adam (« ou, en comparant Adam et Christ comme chefs publics, a… ») semble avoir perdu des mots dans la transcription et est reproduite telle quelle.CTS note: Dagg presents total depravity and the imputation of Adam’s sin in the Calvinist form held by many Particular (Regular) Baptists of his day. General and Free Will Baptists, and many other Christians, explain original sin, guilt and the state of infants differently; students should compare these views fairly. One sentence in the paragraph on the imputation of Adam’s sin (“or, in comparing Adam and Christ as public heads, has…”) appears to have lost words in the transcription and is reproduced as found.
Chapitre III. L’état présent de l’hommeChapter III. Man’s Present State
Les maux consécutifs à la désobéissance de nos premiers parents ne se sont pas limités à eux personnellement, mais sont tombés aussi sur leurs descendants. Adam avait été créé à l’image de Dieu ; mais, lorsque cette image eut été perdue par la transgression, il engendra un fils à sa ressemblance (Gen 5:3). Ainsi tous ses descendants depuis lors ont porté l’image du progéniteur terrestre et déchu, et lui ont ressemblé, non seulement par le caractère, mais par la condition. Le sujet sera examiné plus avant dans les sections suivantes.The evils consequent on the disobedience of our first parents were not confined to them personally, but have fallen on their descendants also. Adam had been created in the image of God; but when that image had been lost by transgression, he begat a son in his own likeness (Gen 5:3). So all his descendants since have borne the image of the earthly, fallen progenitor, and have been like him, not only in character, but in condition. The subject will be examined further in the following sections.
I. – Le péché actuel.I. – Actual Sin.
LES HOMMES DE TOUS LES ÂGES ET DE TOUTES LES NATIONS ONT, DANS LEURS ACTIONS, VIOLÉ LA LOI DE DIEU (Rom 3:9-19 ; 1 Jean 5:19 ; Éph 2:2, 3).MEN OF ALL AGES AND NATIONS HAVE, IN THEIR ACTIONS, VIOLATED THE LAW OF GOD (Rom 3:9-19; 1 John 5:19; Eph 2:2, 3).
Le volume sacré, en décrivant l’état du monde avant le déluge, dit que « la terre était pleine de violence » (Gen 6:11). L’histoire de la période antérieure au déluge est très brève ; et pourtant nous y trouvons, au commencement, le meurtre d’Abel par son frère (Gen 4:8) ; dans son cours, la bigamie de Lémec (Gen 4:19-23) et le meurtre qu’il avoua à ses femmes ; et, à la fin, ce récit de la corruption complète de la terre et de la prévalence générale de la violence. Le déluge fut envoyé dans la colère à cause des transgressions des hommes ; mais ses eaux ne purifièrent pas la terre du péché. Les iniquités prévalurent après le déluge comme avant ; et la condition du genre humain, dans toutes les nations, était telle que Paul l’a décrite dans le premier chapitre de son Épître aux Romains. Les enfants d’Abraham furent séparés du reste du genre humain et devinrent pour Dieu un peuple particulier ; mais, malgré les avantages religieux dont ils jouissaient, leur histoire n’est guère autre chose qu’un registre de rébellions contre Dieu et de jugements infligés à cause de leurs provocations. La méchanceté est si commune sur la terre qu’on l’appelle « le train de ce monde » (Éph 2:2), et il est dit : « le monde entier est sous la puissance du malin » (1 Jean 5:19).The sacred volume, in describing the state of the world before the flood, says that “the earth was filled with violence.” (Gen 6:11) The history of the period before the flood is very brief; yet we find, in the beginning of it, the murder of Abel by his brother (Gen 4:8); in the progress of it, the bigamy of Lamech (Gen 4:19-23), and the murder which he confessed to his wives; and, in the close of it, this account of the complete corruption of the earth, and the general prevalence of violence. The flood was sent in wrath for the transgressions of men; but its waters did not cleanse the earth from sin. Iniquities prevailed after the flood, as they had done before; and the condition of mankind, in all nations, was such as Paul has described in the first chapter of his Epistle to the Romans. The children of Abraham were separated from the rest of mankind, and made a peculiar people to God; but, notwithstanding the religious advantages which they enjoyed, their history is little else than a record of rebellions against God; and judgments inflicted on them for their provocations. So common is wickedness in the earth, that it is called “the course of this world,” (Eph 2:2) and it is said, “the whole world lies in wickedness.” (1 John 5:19)
De cette corruption universelle nul homme n’est exempt. « Il n’y a point d’homme qui ne pèche » (2 Chr 6:36). Tous ceux que l’Esprit de Dieu amène à se connaître eux-mêmes confessent : « Nous bronchons tous de plusieurs manières » (Jacq 3:2) ; et ils prient : « Pardonne-nous nos péchés » (Luc 11:4). Si d’autres ne font aucune confession de péché et aucune demande de pardon, c’est à cause de l’aveuglement et de l’endurcissement de leur cœur.From this universal corruption no man is exempt. “There is no man which sins not.” (2 Chr 6:36) All whom the Spirit of God brings to a knowledge of themselves confess, “In many things we offend all;” (Jam 3:2) and they pray, “Forgive us our sins.” (Luke 11:4) If others make no confessions of sin, and no petitions for pardon, it is because of the blindness and hardness of their hearts.
Celui qui observe l’état de la société autour de lui trouve la preuve de la méchanceté de l’homme. Les crimes abondent partout ; et la terre est pleine de violence, comme elle l’était autrefois. Les lois répriment les crimes et la violence des hommes ; mais la nécessité même des lois démontre la méchanceté du genre humain. La guerre et l’oppression composent, dans une large mesure, l’histoire de notre race ; et d’innombrables actes de méchanceté, qui ne trouvent jamais place dans les annales de l’histoire, sont écrits dans le livre de souvenir de Dieu, et seront mis en lumière en ce jour où les hommes seront jugés selon ce qu’ils auront fait dans leur corps.He who looks into the state of society around him, finds proof of man’s wickedness. Crimes abound everywhere; and the earth is filled with violence, as it was of old. Laws restrain the crimes and violence of men; but the very necessity of laws demonstrates the wickedness of mankind. War and oppression make up, in great measure, the history of our race; and innumerable deeds of wickedness, which never find a place in the historic record, are written in God’s book of remembrance, and will be brought to light in that day, when men shall be judged according to the deeds done in the body.
Les transgressions actuelles des hommes consistent à faire ce que Dieu a défendu et à omettre ce qu’il a commandé. Celles-ci s’appellent péchés d’omission ; celles-là, péchés de commission. De ces deux sortes de transgressions tous les hommes sont plus ou moins coupables. Ceux qui s’abstiennent des crimes les plus grossiers ont néanmoins commis beaucoup de péchés et omis beaucoup de devoirs. Mais le péché dans l’acte manifeste ne constitue qu’une très petite partie de la culpabilité de l’homme, comme on le verra dans la section suivante.The actual transgressions of men consist in doing what God has forbidden, and in leaving undone what he has commanded. The latter are called sins of omission; the former, sins of commission. With both these kinds of transgression all men are more or less chargeable. They who abstain from grosser crimes have, nevertheless, committed many sins, and omitted many duties. But sin, in the overt act, constitutes only a very small part of man’s sinfulness, as will appear in the next section.
II. – La dépravation.II. – Depravity.
TOUS LES HOMMES SONT PAR NATURE TOTALEMENT DÉPRAVÉS (Gen 6:5 ; 8:21 ; Ps 14:2, 3 ; 51:5 ; Rom 1:21-25 ; 3:9-23 ; 6:17 ; 8:5-8 ; Éph 2:1 ; 1 Jean 5:19).ALL MEN ARE BY NATURE TOTALLY DEPRAVED (Gen 6:5; 8:21; Psa 14:2, 3; 51:5; Rom 1:21-25; 3:9-23; 6:17; 8:5-8; Eph 2:1; 1 John 5:19).
La dépravation que nous avons à déplorer dans le genre humain concerne ses principes d’action en tant qu’êtres moraux. En tant qu’êtres simplement raisonnables, les objets extérieurs produisent sur eux les effets qui conviennent ; et, comme êtres raisonnables, ils tirent dans les sciences des conclusions correctes. La maladie et la faiblesse qui sont la conséquence du mal moral peuvent altérer à la fois les sens et la raison ; mais nous ne pouvons affirmer de ces facultés qu’elles sont totalement dépravées. La dépravation morale se manifeste dans des actes extérieurs de transgression ; mais, si atroces que soient souvent ces actes, c’est principalement dans le cœur que Dieu la voit et la hait. « L’Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal » (Gen 6:5). C’est dans le cœur que Dieu vit la grande méchanceté de la terre. Le cœur est un terme métaphorique désignant ces affections de l’âme qui sont les principes ou les commencements de l’action. Ici, la dépravation existe à la source même d’où découle toute action humaine.The depravity which we have to lament in mankind, respects their principles of action as moral beings. As merely rational beings, external objects produce on them the proper effects; and, as rational beings, they draw conclusions in science with correctness. The disease and debility which are the consequence of moral evil, may impair both sense and reason; but we cannot affirm of these powers that they are totally depraved. Moral depravity shows itself in outward acts of transgression; but, atrocious as these often are, it is chiefly in the heart that God beholds and hates it. “God saw that the wickedness of man was great in the earth, and that every imagination of the thoughts of his heart was only evil continually.” (Gen 6:5) In the heart it was that God saw the great wickedness of the earth. The heart is a metaphorical term, denoting those mental affections which are the principles or beginnings of action. Here depravity exists at the very fountain from which all human action flows.
La dépravation de l’homme est totale. Nous ne voulons pas dire par là que sa conduite soit aussi mauvaise qu’elle pourrait l’être, ni qu’aucune affection aimable n’ait place dans son cœur. Le jeune homme qui s’adressa à notre Rédempteur avec une question très respectueuse sur la manière d’obtenir la vie éternelle semble n’avoir pas été converti ; et pourtant il possédait des qualités si aimables qu’il est écrit : « Jésus, l’ayant regardé, l’aima » (Marc 10:21). La bonté de Dieu est grande, même envers les ingrats et les méchants ; et il lui a plu d’implanter des affections naturelles dans des cœurs qui ne désirent pas le garder dans leur connaissance, et d’équilibrer de telle sorte les penchants, même là où il n’y a pas de sainteté, que la vie et la société humaine aient beaucoup de jouissances. Lorsque nos premiers parents laissèrent le désir naturel l’emporter sur l’autorité de Dieu, la dépravation humaine commença à couler ; et ce qu’elle fut à la source, elle l’a été dans tous les ruisseaux qui se sont répandus sur la terre. Les hommes cherchent le bien à leur propre gré et marchent dans leurs propres voies, sans égard à l’autorité de Dieu. L’amour de Dieu est détrôné du cœur ; c’est pourquoi le grand principe de la moralité fait défaut, et il n’existe aucune vraie moralité. L’absence totale de ce par quoi les actions devraient être réglées et dirigées, c’est la dépravation totale. De là vient que le langage énergique de l’Écriture, déjà cité, décrit avec justesse la nature humaine dans son état déchu : « Toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal. »The depravity of man is total. We do not mean by this that his conduct is as bad as it could be, or that no amiable affections have a place in his heart. The young man who addressed our Redeemer with most respectful inquiry how to attain eternal life, appears to have been unconverted, yet he possessed so amiable qualities that it is recorded, “Jesus, beholding him, loved him.” (Mar 10:21) The goodness of God is great, even to the unthankful and evil; and he has been pleased to implant natural affections in hearts which desire not to retain him in their knowledge, and so to balance the propensities, even where there is no holiness, that life and human society have many enjoyments. When our first parents permitted natural desire to prevail over the authority of God, human depravity began to flow, and what it was at the fountain-head, it has been in all the streams that have spread through the earth. Men seek good at their own choice, and walk in their own ways, regardless of the authority of God. The love of God is dethroned from the heart, and therefore the grand principle of morality is wanting, and no true morality exists. A total absence of that by which the actions should be controlled and directed, is total depravity. Hence the strong language of Scripture, already quoted, is properly descriptive of human nature in its fallen state; “Every imagination of the thoughts of his heart was only evil continually.”
La dépravation humaine est universelle. Dans les nations païennes, les hommes ne se sont pas souciés de connaître Dieu, et leur religion même s’est remplie de rites abominables. Dans les pays bénis de la lumière de la révélation, les hommes aiment mieux les ténèbres que la lumière, et donnent la triste preuve qu’ils n’ont pas en eux l’amour de Dieu. Le riche et le pauvre, le savant et l’ignorant, le jeune et le vieux, tous donnent la preuve que servir et plaire à Dieu n’est pas leur principal plaisir, leur nourriture et leur breuvage. Un petit nombre, convertis par la grâce divine, diffèrent du reste du genre humain et estiment que c’est leur plaisir et leur honneur d’obéir à Dieu ; mais ces hommes mêmes témoignent qu’ils sont semblables aux autres hommes. « Et c’est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ, et par l’Esprit de notre Dieu » (1 Cor 6:11). « Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair » (Rom 7:18).Human depravity is universal. In heathen nations, men did not delight to retain God in their knowledge, and their very religion became filled with abominable rites. In lands blessed with the light of revelation, men love darkness rather than light, and give melancholy proof that they have not the love of God in them. The rich and poor, the learned and the unlearned, the young and the old, all give evidence that, to serve and please God, is not their chief delight, their meat and their drink. A few, converted by divine grace, differ from the rest of mankind, and esteem it their pleasure and honor to obey God; but these very men testify that they are like other men. “Such were some of you; but you are washed, but you are sanctified, but you are justified, in the name of the Lord Jesus, and by the Spirit of our God.” (1 Cor 6:11) “I know that in me, that is, in my flesh, dwells no good thing.” (Rom 7:18)
La dépravation est naturelle à l’homme ; elle naît avec lui, et n’est pas acquise au cours de la vie. Il ne faut pas l’attribuer à une mauvaise habitude ou au mauvais exemple. Les mauvaises habitudes se forment en faisant le mal ; et l’on ne ferait pas le mal s’il n’y avait pas de penchant au mal. Le mauvais exemple n’existerait pas partout si la nature humaine n’était pas partout corrompue ; et la tendance à suivre le mauvais exemple ne serait pas si commune, et il ne faudrait pas tant s’en garder, si elle n’était pas naturelle à l’homme. Les Écritures enseignent clairement cette doctrine : « Voici, je suis né dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché » (Ps 51:5). Le psalmiste n’entendait pas accuser sa mère de crime dans ces humbles aveux, mais il veut manifestement reconnaître que sa dépravation était tissée dans sa nature et datait de l’origine même de son être. Le Sauveur a enseigné que ce qui est né de la chair est chair (Jean 3:6). Le terme de chair, qui est ici opposé à esprit, désigne, comme en d’autres endroits, notre nature dépravée. Il fait remonter la dépravation humaine jusqu’à notre naissance même.Depravity is natural to man; it is born with him, and not acquired in the progress of life. It is not to be ascribed to evil habit, or evil example. Evil habits are formed by evil doing; and evil doing would not be, if there were no evil propensity. Evil example would not everywhere exist, if human nature were not everywhere corrupt; and the tendency to follow evil example would not be so common, and so much to be guarded against, if it were not natural to man. The Scriptures clearly teach this doctrine. “Behold, I was shaped in iniquity, and in sin did my mother conceive me.” (Psa 51:5) The psalmist did not mean to charge his mother with crime in these his humble confessions, but manifestly designs them to be an acknowledgment that his depravity was in-woven in his nature, and bore date from the very origin of his being. The Savior taught, that which is born of the flesh, is flesh (John 3:6). The term flesh, which is here opposed to spirit, signifies, as it does in other places, our depraved nature. It traces human depravity up to our very birth.
Comme chaque individu de notre race naît de parents dépravés et apporte avec lui la dépravation dans le monde, nous sommes amenés à la concevoir comme propagée des parents aux enfants. Cela s’accorde avec ce que présente l’Écriture : « Adam engendra un fils à sa ressemblance » (Gen 5:3). Cela s’accorde aussi avec des analogies qui nous sont familières.As every individual of our race is born of depraved parents, and brings depravity with him into the world, we are led to conceive of it as propagated from parent to child. This accords with the representations of Scripture; “Adam begat a son in his own likeness.” (Gen 5:3) It accords also with analogies to which we are familiar.
Les plantes et les animaux propagent leurs semblables ; les maladies sont souvent héréditaires, et les particularités d’humeur et d’esprit qui distinguaient les parents apparaissent souvent chez leurs enfants. Dans notre penchant à critiquer les dispositions de Dieu, nous demandons pourquoi la nature déchue d’Adam a été propagée, plutôt que la nature originelle qu’il avait reçue de la main de Dieu. Mais nous pourrions aussi bien nous plaindre que la remontée de l’état de péché à celui d’innocence ne soit pas aussi aisée que la descente s’est trouvée l’être. La vertu rend les créatures de Dieu propres à la société, et c’est dans les relations sociales que l’occasion se présente de ses manifestations les plus belles. Toutes ces relations donnent à une créature de l’influence sur une autre, selon le caractère de la relation qui les unit. Même les anges, qui ont été créés indépendants les uns des autres, avaient de l’influence les uns sur les autres, de sorte que le chef des apostats dans la grande rébellion entraîna des partisans à sa suite. Lorsque l’homme fut créé, il parut bon à la Sagesse infinie d’instituer des relations sociales plus étroites que celles qui existaient parmi les anges. Il en résulta une influence plus étendue que celle qu’on connaissait dans les rangs angéliques. Or, si Adam avait transmis sa nature originelle, telle qu’elle avait été créée par Dieu, l’effet eût été le même que si le fils avait été créé immédiatement par la main divine, et le trait distinctif destiné à caractériser la race humaine aurait été virtuellement aboli.Plants and animals propagate their like; diseases are often hereditary, and peculiarities of temper and mind by which parents were distinguished, often appear in their children. In our proneness to find fault with God’s arrangements, we ask, why was the fallen nature of Adam propagated, rather than the original nature which he received from the hand of God. But we might as well complain that the ascent from the state of sin to that of innocence, is not as easy as the descent was found to be. Virtue fits the creatures of God for society, and for its most beautiful exhibitions opportunity is presented in the social relations. All these give one creature an influence over another, according to the character of the relation between them. Even angels, who were created independent of each other, had an influence on each other, so that the chief apostate in the great rebellion led followers after him. When man was created, it appeared good, in the view of Infinite Wisdom, to institute closer social relations than subsisted among angels. From these resulted a more extended influence than was known in angelic ranks. Now, if Adam had transmitted his original nature, as created by God, the effect would have been the same as if the son had been immediately created by the divine hand, and the peculiarity designed to distinguish the human race would have been virtually abolished.
Une autre plainte qui s’élève parfois dans nos esprits murmurateurs est que les hommes pieux ne propagent pas leur piété, mais leur dépravation naturelle. Nous pourrions aussi bien nous plaindre que les hommes de grandes connaissances scientifiques ne transmettent pas leur savoir à leurs enfants comme un héritage naturel. Cette plainte aurait même une plus grande apparence de justesse, car leurs connaissances sont, en un sens, les leurs ; mais tout ce qui se trouve de sainteté dans l’homme n’est pas une faculté ou une acquisition naturelle, mais un don spécial de la grâce divine.Another complaint which sometimes rises in our murmuring minds is, that pious men do not propagate their piety, but their natural depravity. We might as well complain that men of great scientific attainments do not transmit their knowledge to their children as a natural inheritance. This complaint would have even greater appearance of propriety, for their attainments are, in a sense, their own; but whatever of holiness is found in man, is not a natural endowment or attainment, but a special gift of divine grace.
Lorsque nous avons découvert que la propagation de la dépravation dans la race humaine s’accorde avec les analogies qu’on trouve dans la nature, notre esprit semble obtenir quelque soulagement ; mais, en réalité, la question n’a pas été expliquée. La nature n’est pas une règle supérieure à laquelle Dieu aurait été contraint de se conformer, mais une institution qui est la sienne propre, et elle ne peut être juste dans l’ensemble si ses parties ne sont pas justes. Si la propagation de la dépravation humaine n’est pas juste en elle-même, toutes les analogies de la nature ne pourraient la rendre telle. Le véritable profit qu’on tire de ces analogies, c’est que nous puissions percevoir que toutes les dispositions procèdent de la même pensée divine, que nous inclinions plus respectueusement notre jugement devant la décision de la Sagesse infinie, et que nous réduisions nos murmures à un plus profond silence.When we have discovered that the propagation of depravity in the human race accords with the analogies found in nature, our minds seem to obtain relief; but, in reality, the matter has not been explained. Nature is not some superior rule to which God was compelled to conform, but it is an institution of his own, and cannot be right in the whole, if its parts are not right. If the propagation of human depravity is not in itself right, all the analogies of nature could not make it so. The true benefit of tracing these analogies is, that we may perceive all the arrangements to be from the same divine mind, and may the more reverently bow our judgment to the decision of Infinite Wisdom, and hush our murmurs into the more profound silence.
Notre curiosité naturelle prend occasion de ce sujet pour se livrer à des spéculations stériles. Comme la dépravation qui se propage appartient plus proprement à l’âme qu’à la structure matérielle, nous demandons si l’âme se propage. Certains ont préféré considérer l’âme comme une production procédant immédiatement de la puissance créatrice de Dieu. Ils supposent que c’est ce qui est voulu lorsque les Écritures disent qu’il forme l’esprit de l’homme au-dedans de lui (Zacharie 12:1). Ils considèrent le corps comme tout ce qui se propage, et supposent que le Créateur forme un esprit au-dedans de lui, comme il souffla l’esprit de vie dans le corps inanimé d’Adam, lorsque celui-ci devint une âme vivante. Ils voient la propagation comme appartenant à la partie matérielle de notre nature, et jugent impossible, dans la nature des choses, que celle-ci engendre un esprit immatériel. Ce dernier argument, qui est purement philosophique, doit lutter contre le fait que tous les animaux engendrent quelque chose de plus que de la simple matière, dans les facultés dont ils sont doués et qui ressemblent fortement, à bien des égards, aux facultés mentales de l’homme. L’argument précédent, tiré de l’Écriture, est en défaut en ceci que Dieu est également dit former le corps de l’enfant dans le sein de la mère (Job 31:15 ; És 44:2), et pourtant nous ne regardons jamais ce corps comme le produit d’une création immédiate. Il est vrai que le corps d’Adam fut un temps sans vie ; mais ce ne fut pas en tant que corps inanimé qu’il engendra un fils à sa ressemblance. Nous ne conclurions pas de ce cas que toute vie, soit dans les plantes, soit dans les animaux, est le produit d’une création immédiate et non de la propagation ; et il ne semble pas qu’on puisse en tirer un argument plus valable pour prouver la création immédiate de chaque âme humaine. Après tout, à quoi se ramène la question ? Si la conservation de toutes choses est strictement une création perpétuelle, la distinction est entièrement anéantie ; car l’âme est, au premier moment de son être et à chaque moment suivant de toute son existence, une création immédiate. Mais si l’on n’admet pas ce point de vue, il reste vrai que la conservation dépend de la volonté efficace de Dieu tout autant que la création. Dieu voulut que l’âme d’Adam propageât un fils, et que ce fils eût, comme le père, une âme et un corps. La descendance vint à l’existence selon la volonté de Dieu. Cette œuvre diffère de la précédente en ce qu’elle n’est pas singulière, mais se conforme à ce que nous appelons une loi de la nature ; mais les lois de la nature n’ont aucune efficacité en elles-mêmes ; et lorsque nous attribuons l’œuvre à la volonté efficace de Dieu, c’est une simple question de classification que de la rapporter à la création ou à la Providence.Our natural inquisitiveness takes occasion from this subject to indulge in unprofitable speculations. As the depravity which is propagated belongs more properly to the soul than to the material frame, we ask whether the soul is propagated. Some have preferred to consider the soul as a production immediately proceeding from the creating power of God. They suppose this to be intended when the Scriptures say, that he forms the spirit of man within him (Zechariah 12:1). They regard the body as all that is propagated, and suppose the Creator to form a spirit within it, as he breathed the spirit of life into the inanimate body of Adam, when he became a living soul. They view propagation as belonging to the material part of our nature, and consider it impossible, in the nature of things, that this should generate an immaterial spirit. The latter argument, which is merely philosophical, has to struggle with the fact that all animals generate something more than mere matter, in the powers with which they are endowed, and which bear a strong resemblance, in many respects, to the mental endowments of man. The preceding argument, from Scripture, fails in this, that God is equally said to form the body of the child in the womb of the mother (Job 31:15; Isa 44:2), and yet we never regard that body as a production of immediate creation. It is true that the body of Adam was lifeless for a time; but it was not, as lifeless, that begat a son in his likeness. We would not argue, from this case, that all life, whether in plants or animals, is a production of immediate creation, and not of propagation; and it does not appear that a more valid argument can be deduced from it, to prove the immediate creation of every human soul. After all, what does the question amount to? If the preservation of all things is strictly a perpetual creation, the distinction is wholly annihilated; for the soul is, at the first moment of its being, and at every subsequent moment throughout its whole existence, an immediate creation. But if this view be not admitted, it is still true that preservation is as dependent on the efficacious will of God, as creation. God willed that the soul of Adam should propagate a son, and that this son should, like the father, have both a soul and a body. The progeny came into being according to the will of God. This work differs from the former, in that it is not singular, but conforms to what we call a law of nature; but nature’s laws have no efficacy in themselves; and when we attribute the work to the efficacious will of God, it is a mere question of classification, whether we refer it to creation or Providence.
Une objection à la doctrine de la dépravation naturelle se fonde sur le fait que Jésus a présenté les petits enfants comme des exemples à ses disciples. Ce fait, cependant, n’autorise pas la conclusion que les petits enfants ne sont pas dépravés. Le même maître a dit à ses disciples : « Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes » (Matt 10:16). De même qu’il peut exister quelque chose de digne d’imitation chez des animaux qui n’ont pas de caractère moral, et même chez les serpents, malgré leur venin, de même on pouvait signaler chez les enfants quelque chose à imiter, malgré leur dépravation. Une autre objection est tirée de la déclaration de l’Écriture concernant des enfants qui n’avaient fait ni bien ni mal (Rom 9:11). Mais la doctrine n’affirme pas que tous aient commis des actes manifestes de transgression. Elle se rapporte au premier ressort de l’action dans le cœur ; et une source peut être corrompue avant d’avoir envoyé ses ruisseaux, aussi réellement qu’après. On ne peut tirer aucune objection digne de considération de la déclaration de Paul que les enfants des chrétiens de Corinthe étaient saints (1 Cor 7:14) ; car cela se rapporte manifestement à leur aptitude à une communion familière.An objection to the doctrine of natural depravity is founded on the fact, that Jesus referred to little children, as examples for his disciples. This fact, however, will not authorize the inference, that little children are not depraved. The same teacher said to his disciples, “Be you wise as serpents, and harmless as doves.” (Mat 10:16) As something may exist, proper to be imitated in animals which have no moral character, and even in serpents, notwithstanding their venom, so, something for imitation could be pointed out in children, notwithstanding their depravity. Another objection is drawn from the statement of Scripture, concerning children that had not done either good or evil (Rom 9:11). But the doctrine does not affirm that all have committed overt acts of transgression. It refers to the first spring of action in the heart; and a fountain may be corrupt, before it has sent forth streams, as truly as afterwards. No objection, worthy of consideration, can be drawn from Paul’s statement, that the children of the Corinthian Christians were holy (1 Cor 7:14); for this manifestly relates to their fitness for familiar fellowship.
Il sera vain de recevoir la doctrine de la dépravation humaine dans notre credo, si elle n’est pas reçue dans notre cœur. Une conviction profonde de notre dépravation totale est nécessaire pour nous humilier devant Dieu et nous pousser vers la source ouverte pour le péché et pour l’impureté. Aucune expérience chrétienne véritable ne peut exister là où cela n’est pas senti et agissant.Vain it will be, to receive the doctrine of human depravity into our creed, if it is not received into our hearts. A thorough conviction of our total depravity is necessary to humble us before God, and drive us to the fountain opened for sin and impurity. No genuine Christian experience can exist, where this is not felt and operative.
III. – La condamnation.III. – Condemnation.
TOUS LES HOMMES NAISSENT SOUS LA JUSTE CONDAMNATION DE DIEU (Ps 7:11 ; Marc 16:16 ; Jean 3:36 ; Rom 1:18 ; 2:5, 6 ; 3:19 ; 5:12-21).ALL MEN ARE BORN UNDER THE JUST CONDEMNATION OF GOD (Psa 7:11; Mar 16:16; John 3:36; Rom 1:18; 2:5, 6; 3:19; 5:12-21).
La dépravation du genre humain le rend impropre à la faveur et à la jouissance de Dieu ; et la séparation d’avec lui, en quoi consiste la mort de l’âme, en serait le résultat nécessaire, quand même aucune déclaration n’aurait été faite en ce sens. La voix de la Providence le déclare hautement. La douleur avec laquelle nous respirons pour la première fois ; la maladie et la souffrance qui accompagnent le berceau ; les chagrins et les labeurs de nos meilleures années ; les infirmités de l’âge ; et enfin la mort, qui, si elle ne termine pas plus tôt notre course, après nous avoir menacés à chaque pas et nous avoir tenus toute notre vie dans la servitude, triomphe finalement de nous : toutes ces choses proclament, en un langage qui ne peut être mal compris, que nous sommes sous le déplaisir de Dieu. La malédiction de Dieu repose sur le sol même que nous foulons ; et sa colère est répandue sur notre race dans les guerres, les famines et les pestes dont les nations sont souvent visitées. La sentence est prononcée par la voix de la conscience au-dedans de nous, qui est pour nous comme la voix de Dieu : « car si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses » (1 Jean 3:20). Dieu parle dans sa sainte parole, proclamant la sentence : « Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas en pratique » (Gal 3:10). « Or, nous savons que tout ce que dit la loi, elle le dit à ceux qui sont sous la loi, afin que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit reconnu coupable devant Dieu » (Rom 3:19). La vue qui est présentée ici de la condition de l’homme ne se rapporte pas seulement à ses transgressions, mais à son état naturel. C’est pourquoi il est dit : « Et nous étions par nature des enfants de colère » (Éph 2:3).The depravity of mankind unfits them for the favor and enjoyment of God; and that separation from him, in which the death of the soul consists, would be the necessary result, even if no declaration to that effect were declared. The voice of Providence loudly declares it. The pain with which our first breath is drawn; the sickness and suffering which attend on the cradle; the sorrows and toils of our best years; the infirmities of age; and lastly death, which, if it does not terminate our course earlier, after threatening us at every step, and keeping us all our life-time in bondage, finally triumphs over us; all these proclaim, in language not to be misunderstood, that we are under the displeasure of God. The curse of God rests on the very ground that we tread; and his wrath is poured out on our race in the wars, famines, and pestilence, with which the nations are often visited. The sentence is pronounced by the voice of conscience within us, which is to us as the voice of God; “for if our heart condemn us, God is greater than our heart, and knows all things.” (1 John 3:20) God speaks in his holy word, proclaiming the sentence; “Cursed is every one that continues not in all things which are written in the book of the law to do them.” (Gal 3:10) “What things the law says, it says to them who are under the law, that every mouth may be stopped, and all the world become guilty before God.” (Rom 3:19) The view which is here presented of man’s condition, relates not merely to his transgressions, but to his natural state. Hence it is said, “And were by nature, the children of wrath.” (Eph 2:3)
Ces manifestations du déplaisir de Dieu sont de date ancienne, commençant avec les premiers malheurs du genre humain. On peut les faire remonter à la première sentence prononcée contre nos parents coupables lorsqu’ils furent chassés de l’Éden. Paul a expliqué que nous étions tous compris dans cette sentence, et c’est là la date propre de notre condamnation. « Par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes » (Rom 5:18). Depuis cette heure, les descendants d’Adam, leur demeure, leurs occupations et leurs jouissances ont tous été sous la malédiction. Des bénédictions, il est vrai, ont été répandues avec une riche profusion sur notre race coupable ; mais notre corbeille même et notre huche ont été maudites, et la coupe des miséricordes a été mêlée d’amertume. La patience et la longanimité de Dieu se manifestent ; mais la main de sa colère est levée.These manifestations of God’s displeasure are of early date, commencing with the first woes of mankind. They may be traced to the first sentence pronounced on our guilty parents, when they were expelled from Eden. Paul has explained, that we were all included in this sentence, and this is the proper date of our condemnation. “By the offence of one, judgment came upon all men to condemnation.” (Rom 5:18) From that hour, the descendants of Adam, their habitation, their employments, and their enjoyments, have all been under the curse. Blessings have, indeed, been poured out in rich profusion on our guilty race; but our very basket and store have been cursed, and the cup of mercies has been mingled with bitterness. The forbearance and long-suffering of God are manifested; but the hand of his wrath is uplifted.
La condamnation sous laquelle nous naissons est juste. C’est la sentence de Dieu ; et tous ses jugements sont justes. Il n’est pas rare que ceux qui sont condamnés par les lois humaines se plaignent de leur sentence ; et nous montrons notre manque de réconciliation avec la justice de Dieu par nos dures pensées à son égard, lorsque nous souffrons ou craignons son déplaisir contre nous.The condemnation under which we are born is just. It is God’s sentence; and all his judgments are righteous. It is not unusual for those who are condemned by human laws, to complain of their sentence; and we show our want of reconciliation to the justice of God, by our hard thoughts of God, when we either suffer or fear his displeasure against us.
Nos cœurs rebelles nient la justice de notre condamnation, en alléguant que Dieu nous a faits, et que ce n’est pas nous qui nous sommes faits. S’il n’a pas créé directement nos âmes avec des penchants dépravés, il les a amenées à l’existence dans des circonstances qui rendaient leur dépravation certaine. Il nous a donné l’existence selon son bon plaisir ; et sur les circonstances de notre origine nous n’avions aucun pouvoir. Il est donc injuste, dit le cœur charnel, de nous condamner et de nous punir pour les penchants coupables que nous apportons avec nous dans le monde, ou pour les actes coupables qui en découlent naturellement et nécessairement. De cette manière, nous sommes enclins à transférer le blâme de nos iniquités de nous-mêmes à notre Créateur. Ainsi fit Adam : « La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé » (Gen 3:12) ; et ainsi font tous ses descendants. Chacun a probablement conscience que de tels raisonnements ont eu, à quelque moment, place dans son esprit, et qu’il est difficile de les exclure entièrement. C’est pourquoi ils ont besoin d’un examen complet et réfléchi.Our rebellious hearts deny the justice of our condemnation, on the ground that God made us, and not we ourselves. If he did not create our souls directly with depraved propensities, he brought them into being, in circumstances which made their depravity certain. He gave us existence at his own pleasure; and over the circumstances of our origin we had no manner of control. It is therefore unjust, says the carnal heart, to condemn and punish us, for the sinful propensities which we bring with us into the world, or for the sinful deeds which naturally and necessarily proceed from them. In this manner, we are prone to transfer the blame of our iniquities from ourselves to our Maker. So did Adam; “The woman whom you gave to be with me, she gave me of the tree, and I did eat,” (Gen 3:12) and so do all his descendants. Every one is probably conscious that such reasonings have at some time had a place in his mind; and that it is difficult to exclude them wholly. On this account, they need a full and sober examination.
Une considération qui devrait faire taire nos pensées accusatrices contre Dieu, c’est que, quelque condamnation que nous portions contre lui, nous ne nous acquittons pas pour autant nous-mêmes. Si nous admettons qu’Adam n’aurait pas mangé le fruit défendu si Dieu ne lui avait pas donné une femme ; et si nous admettons même que Dieu fut à blâmer de lui donner une femme qui pouvait devenir sa tentatrice : cela n’excuse pourtant pas Adam. Sa femme fut certainement coupable de le tenter ; et pourtant la culpabilité de sa transgression à lui n’en est pas moindre. Tout agent est responsable de lui-même. La justice distributive, qui rend à chacun ce qui lui est dû, n’a pas d’autre règle et ne peut en avoir d’autre. Les tribunaux humains n’excusent pas les coupables à cause des influences corruptrices qui les ont conduits à violer la loi. La loi prend directement connaissance de l’agent et de son acte. Cela s’accorde avec le sens commun du genre humain. Ainsi la justice divine condamne le méchant, et ne peut faire autrement que de le condamner, de quelque manière qu’il soit devenu méchant, et qui que ce soit d’autre qui soit à blâmer de ce qu’il le soit. Ce principe, nous devons le tenir fermement dans nos raisonnements sur ce sujet.A consideration which ought to silence our accusing thoughts of God, is, that however much we may condemn him, we do not thereby acquit ourselves. If we admit that Adam would not have eaten the forbidden fruit had not God given him a wife; and if we even admit that God was to blame for giving him a wife who might become his tempter: still this does not exculpate Adam. His wife was certainly to blame for tempting him; and yet the guilt of his transgression is not the less on that account. Every agent is responsible for himself. Distributive justice, which gives to every man his due, has no other rule, and can have no other. Human courts do not excuse culprits, because of the corrupting influences which have led them to violate the law. The law takes direct cognizance of the agent and his deed. This accords with the common sense of mankind. So divine justice condemns the wicked man, and cannot do otherwise than condemn him, however he may have become wicked, and whoever else may be to blame for his being so. This principle we should hold fast in our reasonings on that subject.
Une difficulté à tenir fermement le principe qui vient d’être posé, et à l’appliquer constamment au cas présent, provient de la circonstance que le Juge par qui nous sommes condamnés est aussi notre Créateur. Pour libérer nos pensées de l’embarras qui en résulte, supposons que le cas soit autre. Imaginons qu’après que « tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie » en voyant poser les fondements de la terre, et sa surface achevée se couvrir de verdure et de beauté, il plut au Très-Haut de désigner l’un de ce chœur joyeux pour l’honorable service de peupler ce monde nouveau, et de lui conférer à cette fin une puissance créatrice. Imaginons qu’au moment même où cet agent choisi s’apprêtait à exécuter sa commission, il conçut la pensée de se faire le Dieu du monde qu’il allait peupler, et, à cette fin, le remplit d’habitants impies, disposés à se joindre à lui dans la rébellion contre le Souverain suprême. Ce cas, quoique purement imaginaire, servira à éprouver le principe en question ; et la question qu’il présente à juger est de savoir comment, selon la règle de la justice éternelle et immuable, ce monde de rebelles devrait être traité.A difficulty in holding fast the principle just laid down, and applying it steadily to the case, arises from the circumstance that the Judge by whom we are condemned is also our Creator. To free our thoughts from embarrassment on this account, let us suppose the case were otherwise. Let us imagine that, after “the Sons of God had shouted for joy,” at seeing the foundations of the earth laid, and its finished surface covered with verdure and beauty, the Most High was pleased to appoint one of this joyful choir to the honorable service of populating this new world, and to confer on him creative power for this purpose. Let us imagine that, just as this chosen agent was proceeding to execute his commission, he conceived the thought of making himself the God of the world he was about to people; and, for this purpose, filled it with unholy inhabitants, willing to join him in rebellion against the Supreme Ruler. This case, though merely imaginary, will serve to test the principle under consideration; and the question which it presents for adjudication, is, how, according to the rule of eternal and immutable justice, ought this world of rebels to be treated.
On dira peut-être que l’agent qui a abusé de la puissance créatrice qui lui avait été conférée devrait être puni, et que les créatures qu’il a appelées à l’existence devraient être anéanties. Mais ce n’est pas là la défense que l’on présente en faveur de la race humaine. La défense que les fils d’Adam présentent devant le Juge de la terre n’est pas que nous devrions être anéantis, mais que nous ne devrions être ni condamnés ni punis ; et ce nouvel ordre de créatures pourrait s’opposer à l’anéantissement, et s’estimer aussi bien en droit à la vie et à l’impunité que nous le faisons nous-mêmes. Elles pourraient dire que l’anéantissement n’est qu’un expédient pour soustraire la question au tribunal et tirer le Juge d’embarras ; et elles pourraient insister sur leur droit, et soutenir que, ayant été créées immortelles par la commission accordée à celui qui les a faites, elles ont droit à l’immortalité ; et que cette immortalité, puisque leur dépravation leur est naturelle, devrait être exempte de tout châtiment. Or, le Juge pourrait, pour de sages raisons, ne pas vouloir éluder la responsabilité de juger l’affaire. Quelle serait alors la juste sentence ? Même les anéantir contre leur volonté serait un châtiment, qui ne devrait pas être infligé si la défense « non coupables, parce que la dépravation est naturelle » pouvait être soutenue. Devant un juge terrestre, cette défense ne tiendrait pas un instant. Qui supporterait qu’un criminel fût acquitté et relâché dans la société parce qu’il est né méchant, qu’il a grandi méchant, et qu’il lui était aussi naturel de commettre le vol, le meurtre et toute sorte de crimes que de respirer ? Une telle défense, que la justice des hommes n’admet pas, la justice de Dieu ne l’admettra pas. Le nouvel ordre de créatures doit être traité comme il le mérite ; et la Sagesse infinie, au lieu de les anéantir, doit adopter quelque autre expédient pour contrecarrer les intentions diaboliques de l’agent qui les a créées.Perhaps it will be said, that the agent who abused the creative power conferred on him ought to be punished, and that the creatures that he had brought into being ought to be annihilated. But this is not the plea which is set up for the human race. The plea which the sons of Adam present before the Judge of the earth, is, not that we ought to be annihilated, but that we ought not to be condemned and punished; this new order of creatures might object to annihilation, and think themselves as much entitled to life and impunity as we do. They might say, that annihilation is only a scheme to get the question out of court, and to free the Judge from difficulty; but they might insist on right, and claim, as they were created immortal by the commission granted to him by whom they were made, they have a right to immortality; and that this immortality, since their depravity is natural to them, ought to be free from all punishment. Now, the Judge might, for wise reasons, not choose to evade the responsibility of adjudicating the case; What, then, would the righteous sentence be? Even to annihilate them against their will, would be a punishment; that ought not to be inflicted, if the plea not guilty, because depravity is natural, can be sustained. The plea before an earthly judge would not stand a moment. Who could bear that a criminal should be acquitted and turned loose on the community, because he was born wicked, and grown up wicked, and it was as natural for him to commit theft, murder, and all manner of crimes, as it was to breathe? Such a plea, which the justice of men will not admit, the justice of God will not admit. The new order of creatures must be treated as they deserve; and Infinite Wisdom, instead of annihilating them, must adopt some other expedient, to counteract the diabolical intentions of the agent that created them.
Le cas que nous avons supposé n’est pas aussi entièrement imaginaire qu’il a pu le paraître au premier abord. Bien qu’il ne soit pas vrai qu’un ange de lumière ait été chargé de créer une population pour la terre, quelque chose d’autre a été fait qui, pour tous les besoins de la présente discussion, revient au même. Adam et Ève, alors qu’ils étaient encore dans l’innocence, furent chargés de procréer une race d’immortels qui devait peupler le monde nouveau. De ce pouvoir, Satan, ambitieux d’honneurs divins, se servit pour se faire le Dieu du monde. Par la tentation, il gagna le premier couple à son dessein ; et le pouvoir de procréation dont ils étaient investis fut si complètement tourné à son profit que les descendants qui en sont issus sont appelés « les enfants du diable » (1 Jean 3:10 ; Jean 8:44). Si complète est sa domination sur eux, qu’il est appelé « l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion » (Éph 2:2), et qu’ils « sont pris dans ses pièges pour faire sa volonté » (2 Tim 2:26) ; et la mort qui vient sur eux à cause de la désobéissance est attribuée à sa puissance : « afin que, par la mort, il anéantît celui qui avait la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable » (Héb 2:14). Le cas imaginaire est donc, en substance, le nôtre ; et si la rébellion contre Dieu, la soumission à Satan et la confédération avec lui pour renverser le gouvernement du Roi éternel ne peuvent être justifiées au tribunal de la justice divine, nous sommes vraiment coupables et justement condamnés.The case which has been supposed is not so wholly imaginary as at first view it may have appeared. Though it is not true that an angel of light was commissioned to create a population for the earth, something else was done which, for all the purposes of the present discussion, amounts to the same. Adam and Eve, while yet in innocence, were commissioned to procreate a race of immortals, that should people the new world. This power, Satan, ambitious of divine honor, availed himself of to make himself the God of the world. By temptation he gained over the first pair to his design; and so completely is the procreating power with which they were invested, turned to his account, that the offspring of it are called the “children of the devil.” (1 John 3:10; John 8:44) So complete is his control of them, that he is called “the spirit that works in the children of disobedience,” (Eph 2:2) and they “are taken captive by him at his will;” (2 Tim 2:26) and the death which comes on them for disobedience is attributed to his power: “That through death he might destroy him that had the power of death, that is the devil.” (Heb 2:14) The imaginary case, therefore, is substantially our own; and, if rebellion against God, subserviency to Satan, and confederacy with him to overthrow the government of the King Eternal, cannot be justified at the tribunal of divine justice, we are truly guilty, and justly condemned.
Mais nos pensées accusatrices contre Dieu ne se répriment qu’avec difficulté. Nous avons vu que le monde entier est coupable devant lui ; et pourtant toute bouche n’est pas fermée. Nous entretenons encore de dures pensées et proférons de dures paroles contre lui ; et le vase d’argile dit à celui qui l’a formé : Pourquoi m’as-tu fait ainsi ? (Rom 9:20). D’une telle impiété il nous convient de nous garder. Nous devons sentir que notre dépravation est bien la nôtre, de quelque manière que nous l’ayons reçue ; qu’elle nous rend entièrement impropres à la société et aux jouissances du saint lieu où Dieu habite, ainsi qu’à sa faveur, à son service et à sa communion ; et qu’elle devrait être odieuse à nos propres yeux, et qu’elle doit l’être aux yeux du Dieu saint. Si notre propre cœur la condamne, nous serons prêts à admettre, sans plainte, que Dieu aussi la condamne. Et que pouvons-nous dire contre Dieu en cette affaire ? Quel tort a-t-il fait ? Sa justice distributive ne fait aucun tort en traitant les impies selon leur caractère. S’il a fait quelque tort, ce doit être dans le domaine de la justice publique, qui, comme on l’a expliqué précédemment, recherche le plus grand bien et ne fait qu’un avec la bienveillance universelle. Or, qui dira que le plan de Dieu ne produira pas le plus grand bien ? Qui est plus sage et meilleur que Dieu, pour lui enseigner une voie préférable ? Lorsque Satan remporta sa victoire sur nos premiers parents, Dieu aurait pu l’enfermer aussitôt dans l’abîme et lui infliger le plein tourment qui lui est encore réservé ; et il aurait pu anéantir toute la race humaine dans le couple originel. Cela aurait mis fin à la difficulté par un acte de puissance ; mais qui affirmera que c’eût été le plus sage ou le meilleur ? Dieu aurait paru déçu et vaincu. La justice distributive aurait paru soulagée plutôt que déployée. Satan triompha par la ruse, et Dieu a choisi de le vaincre par le conseil de sa sagesse. Satan s’éleva jusqu’à la domination du monde ; Dieu choisit de le vaincre, non par la puissance, mais par l’humiliation. Satan obtint son succès par le moyen du premier Adam ; Dieu, dans le second Adam, écrasa la tête du serpent. Satan, par son succès, obtint la puissance de la mort ; Dieu, par la mort, la mort de Jésus-Christ, l’a anéanti, lui et sa puissance (Héb 2:14). Qui osera affirmer que la voie de Dieu n’est pas la meilleure ? Il nous convient d’être assurés, quelles que soient les obscurités qui demeurent encore sur ce sujet, que Dieu n’aurait pas livré son Fils pour nous délivrer de la condamnation si cette condamnation n’avait pas été juste ; et qu’il n’aurait pas fait un don si grand, un sacrifice si coûteux, si le plan n’avait pas été digne de sa sagesse infinie, ou si un autre, par lequel le sacrifice aurait pu être épargné, avait été préférable.But our accusing thoughts of God are suppressed with difficulty. We have seen that the whole world is guilty before him; and yet every mouth is not stopped. We still entertain hard thoughts, and vent hard words against him; and the thing formed says to him that formed it, Why have you made me thus? (Rom 9:20) Of such impiety it becomes us to beware. We should feel that our depravity is our own, however we came by it; that it renders us wholly unfit for the society and enjoyments of the holy place where God dwells, and for his favor, service, and communion; and that it ought to be loathsome in our own view, and must be so in the view of the holy God. If our own hearts condemn it, we shall be ready to admit, without complaint, that God also condemns it. And what can we say against God in the matter? What wrong has he done? His distributive justice does no wrong in treating the unholy according to their character. If he has done any wrong, it must relate to the department of public justice, which, as formerly explained, seeks the greatest good, and is the same as universal benevolence. Now, who will say that God’s plan will not produce the greatest good? Who is wiser and better than God, to teach him a preferable way? When Satan gained his conquest over our first parents, God could have confined him at once in the pit, and inflicted on him the full torment yet in store for him; and he might have annihilated the whole race of man in the original pair. This would have terminated the difficulty by an act of power; but who will affirm that it would have been wisest or best? God would have appeared disappointed and defeated. Distributive justice would have appeared relieved rather than developed. Satan triumphed by artifice, and God has chosen to defeat him by the counsel of his wisdom. Satan exalted himself to dominion over the world; God chose to overcome him, not by power, but by humiliation. Satan gained his success by means of the first Adam; God, in the second Adam, bruised the serpent’s head. Satan, by his success, gained the power of death; God, by death, the death of Jesus Christ, has destroyed him and his power (Heb 2:14). Who will dare affirm that God’s way is not best? It becomes us to feel assured, whatever darkness may yet remain on this subject, that God would not have given up his Son to free us from condemnation, if that condemnation had not been just; and that he would not have made so great a gift, so costly a sacrifice, if the scheme had not been worthy of his infinite wisdom; or if some other, by which the sacrifice might have been spared, would have been preferable.
Lorsque la question a été réglée, et le principe établi que les hommes peuvent être tenus pour responsables de leurs propres péchés sans qu’on recherche comment ils sont devenus pécheurs, il reste encore une difficulté quant à la date de la condamnation sous laquelle nous sommes tous, et au fondement de la sentence originelle. Lorsque l’esprit s’embarrasse de raisonnements subtils, il est bon de garder fermement les faits en vue et de s’attacher au clair témoignage de la vérité inspirée. Il est expressément dit dans la parole infaillible : « Par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes » ; et encore : « le jugement est venu d’une seule [offense] pour la condamnation » (Rom 5:16, 18). Il est ici clairement enseigné qu’un seul jugement, une seule sentence, a compris tous les hommes, et que ce jugement a été établi et la sentence prononcée sur une seule offense d’un seul homme. Avec cet enseignement exprès de l’Écriture les faits s’accordent. Les marques du déplaisir de Dieu contre la race ne sont pas différées jusqu’à ce que chaque individu soit né au monde. Chaque mère n’est pas ramenée en Éden avant de mettre au monde un fils, afin qu’il reçoive en sa propre personne la sentence de condamnation, se voie refuser l’accès à l’arbre de vie, soit chassé du jardin de délices et condamné à la douleur, au labeur et à la mort. Quoi que disent nos raisonnements sur ce sujet, il est pleinement établi que c’est la volonté de Dieu, avant qu’un individu ne naisse au monde, qu’une fois né il se trouve dans la condition où la malédiction a laissé le père de la race. La Bible et la voix de la Nature parlent de même sur ce point ; et si nos raisonnements disent que l’Auteur de la Nature et de la Bible a mal agi, nous devrions soupçonner que nous nous sommes trompés dans nos déductions, ou dans les prémisses dont elles sont tirées. Et s’il pouvait être démontré qu’une sentence distincte est prononcée sur chaque individu à mesure qu’il vient au monde, sa condition n’en serait pas meilleure. Étant dépravés par nature, nous sommes « par nature des enfants de colère » (Éph 2:3). La colère demeure notre héritage ; et si l’on admet l’ancienneté de la sentence qui l’a décrétée, la mesure de cette colère n’en est pas accrue, ni le moment de la subir avancé. Quant à ces résultats, la question est sans aucune importance. Sa relation, telle qu’elle est présentée dans l’Écriture, avec la doctrine de la justification par l’obéissance de Christ, constitue son principal titre à notre examen attentif.When the question has been settled, and the principle established, that men may be held responsible for their own sins, without inquiring how they became sinners, a difficulty still remains as to the date of the condemnation under which we all lie, and the ground of the original sentence. When the mind becomes perplexed with subtle reasonings, it is well to keep facts steadily in view, and to hold fast the plain testimony of inspired truth. It is expressly said, in the unerring word, “By the offence of one judgment came upon all men to condemnation;” and again, “The judgment was by one [offence] to condemnation.” (Rom 5:16, 18) It is here clearly taught that one judgment, one sentence, included all men, and that this judgment was made up and the sentence pronounced on one offence of one man. With this express teaching of Scripture facts agree. The indications of God’s displeasure against the race are not postponed until each individual has been born into the world. Every mother is not carried back to Eden before she brings forth a son, that he may, in his own person, receive the sentence of condemnation, be denied access to the tree of life, driven from the garden of delights, and doomed to sorrow, toil, and death. Whatever our reasonings may say on the subject, it is fully ascertained to be the will of God, before an individual is born into the world, that, when born, he shall be in the condition in which the curse left the father of the race. The Bible, and the voice of Nature, speak alike on this point; and if our reasonings say that the Author of Nature and the Bible has done wrong, we should suspect that we have erred in our inferences, or in the premises from which they are drawn. And if it could be shown that a separate sentence is pronounced on each individual as he comes into the world, his condition would be no better. Being depraved by nature, we are “by nature children of wrath.” (Eph 2:3) Wrath is still our inheritance; and if the antiquity of the sentence which appointed it be admitted, the measure of that wrath is not thereby increased, nor the endurance of it made earlier. As to these results, the question is one of no importance whatever. Its relation, as exhibited in Scripture, to the doctrine of justification by the obedience of Christ, constitutes its chief claim to our careful consideration.
La sentence « Tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière » fut prononcée sur Adam au singulier ; et pourtant il semble se tenir sous cette sentence comme le représentant de ses descendants, sur tous lesquels la sentence prend effet. De même Ève fut interpellée au singulier : « Tu enfanteras avec douleur » ; mais elle se tenait, dans cette sentence, comme la représentante de toutes ses filles, sur qui tombe cette peine. Comme parents naturels, Adam et Ève se tenaient ensemble à la tête de la race ; mais il y avait un sens particulier dans lequel cette qualité de chef appartenait à Adam. Bien qu’Ève ait été la première dans la transgression, il n’est pas dit « par une seule femme », mais « par un seul homme le péché est entré dans le monde ». Le jugement ne vint pas par les deux offenses des deux parents naturels de la race, mais par une seule offense du seul homme, l’offense antérieure de la femme étant laissée hors de compte. Dans cette qualité de chef, Adam est mis en contraste avec Christ, étant appelé « la figure de celui qui devait venir » (Rom 5:14). Cette comparaison est encore mise en lumière en 1 Corinthiens 15:45, 47, où Christ est appelé le second Adam ; et au verset 22, où il est dit : « Comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. » Sur Adam, qui fut formé le premier, reposait spécialement la responsabilité de peupler le monde nouveau d’une race d’immortels saints ; et, bien que Satan ait habilement dirigé son premier assaut contre la femme, son plan aurait échoué si Adam n’avait pas été gagné à sa cause. Cette qualité de chef divinement conférée à Adam fit de sa désobéissance le point décisif dont dépendait la condition future de sa postérité ; et Paul en prend occasion pour illustrer la dépendance des croyants à l’égard de l’obéissance du second Adam, pour la justification et la vie.The sentence, “Dust you are, and unto dust shall you return,” was pronounced on Adam in the singular number; yet he appears to stand under this sentence as the representative of his descendants, on all of whom the sentence takes effect. So Eve was addressed in the singular number, “In sorrow shall you bring forth children;” but she stood, in this sentence, as the representative of all her daughters, on whom this penalty falls. As the natural parents, Adam and Eve stood together as the head of the race; but there was a peculiar sense in which that headship pertained to Adam. Though Eve was first in the transgression, it is not said by one woman, but “by one man sin entered into the world.” The judgment was not by the two offences of the two natural parents of the race, but by one offence of the one man; the previous offence of the woman being left out of the account. In this headship Adam is contrasted with Christ, being called “the figure of him that was to come.” (Rom 5:14) This comparison is further brought to view in 1 Corinthians 15:45, 47, where Christ is called the second Adam; and in verse 22, where it is said, “As in Adam all die, even so in Christ shall all be made alive.” On Adam, who was first formed, the responsibility of peopling the new world with a race of holy immortals specially rested; and, though Satan artfully directed his first assault against the woman, his scheme would have failed had not Adam been gained over to his interest. This divinely appointed headship of Adam made his disobedience the turning point on which the future condition of his posterity depended; and Paul takes occasion from this to illustrate the dependence of believers on the obedience of the second Adam, for justification and life.
À cette vue on objecte que, selon les principes de la justice, la culpabilité d’un homme ne peut être transférée à un autre, et que nul ne peut être justement condamné pour ce dont il lui est impossible de se repentir. Aucun homme vivant ne peut se repentir du péché d’Adam, et la culpabilité du péché d’Adam ne peut être justement imputée à aucune autre personne.To this view it is objected, that, according to the principles of justice, the guilt of one man cannot be transferred to another, and no man can be justly condemned for that of which it is impossible for him to repent. No man living can repent of Adam’s sin, and the guilt of Adam’s sin cannot justly be imputed to any other person.
Ce que l’on pose ici avec tant d’assurance comme des axiomes peut fort bien être mis en question. Nous devons croire les Écritures quand elles disent : « L’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous » (És 53:6). « Lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois » (1 Pi 2:24). Et nous savons que les hommes ne peuvent se repentir d’actes qu’ils ont entièrement oubliés, et pourtant ils en sont responsables. Mais il y a un chemin beaucoup plus court pour aborder cette question qu’un fastidieux examen de ces prétendus axiomes. Personne n’entend que la culpabilité d’Adam ait été transférée. Elle demeura la sienne, et resta étroitement et inséparablement attachée à lui. Mais chacun sait qu’il peut y avoir union et complicité dans le crime. Dans les affaires commerciales, si vingt hommes doivent cent dollars, chacun peut payer cinq dollars, et l’obligation de l’ensemble sera éteinte. Mais en morale, si vingt sujets conspirent pour assassiner leur roi, chacun est coupable du crime tout entier, parce que chacun en a la pleine intention. Un seul de la bande peut plonger le poignard dans le cœur du monarque ; mais son crime peut être justement imputé à tous, bien que sa culpabilité ne soit pas transférée à un autre. Or, nous pouvons rechercher s’il n’existe pas entre Adam et ses descendants une union telle qu’elle justifie l’imputation de son péché à ceux-ci ; ou, en comparant Adam et Christ comme chefs publics, a signalé, au cinquième chapitre de l’Épître aux Romains, des différences aussi bien que des ressemblances. La mort vient de la désobéissance de l’un ; et la vie, de l’obéissance de l’autre ; et en Romains 6:23, il enseigne qu’il y a une différence importante quant à la manière dont ces résultats s’ensuivent. La mort est un salaire, une chose méritée ; la vie est un don. Les bienfaits de la justice et de la vie, reçus de Christ, le sont par la foi ; et « c’est par la foi, pour que ce soit par grâce » (Rom 4:16). La condamnation et la mort qui viennent d’Adam ne sont ni gratuites ni arbitraires, mais viennent sur nous justement. Nous recherchons donc s’il y a entre Adam et ses descendants une liaison telle qu’elle fasse de l’imputation de son péché à ceux-ci un acte de justice.What are here so confidently assumed as axioms, may well be called in question. We must believe the Scriptures, when they say, “The Lord has laid on him the iniquity of us all.” (Isa 53:6) “He bore our sin in his own body on the tree.” (1 Pet 2:24) And we know that men cannot repent of deeds which they have wholly forgotten, and yet they are responsible for them. But there is a much shorter way of getting at this question, than by a tedious examination of these assumed axioms. No man understands that the guilt of Adam was transferred. It still remained his, and was closely and inseparably bound about him. But every one knows that there may be union and confederacy in crime. In commercial affairs, if twenty men owe one hundred dollars, each may pay five dollars, and the obligation of the whole will be cancelled. But in morals, if twenty subjects confederate to assassinate their king, each one is guilty of the whole crime, because each one has the full intention of it. Only one of the band may plunge the dagger to the monarch’s heart; but his crime may be justly imputed to them all, though his guilt may not be transferred to another. Now, we may inquire, whether such union does not exist between Adam and his descendants, as justifies the imputation of his sin to them; or, in comparing Adam and Christ as public heads, has, in the fifth chapter of Romans, pointed out disagreements as well as agreements. Death comes from the disobedience of the one; and life from the obedience of the other; and in Romans 6:23, he teaches that there is an important difference as to the mode in which these results follow. Death is wages, a thing deserved; life is a gift. The benefits of righteousness and life, received from Christ, are by faith; and “It is of faith, that it might be by grace.” (Rom 4:16) The condemnation and death which are from Adam, are not gratuitous and arbitrary, but come on us justly. We inquire, then, whether there is such a connection between Adam and his descendants, as renders the imputation of his sin to them, an act of justice.
1. Il y a une union morale entre Adam et ses descendants. Sa désobéissance déploya l’étendard de la rébellion, et nous nous rallions tous autour de lui. Nous avons approuvé l’acte de notre père, et nous prenons les armes pour soutenir la guerre contre le Ciel que sa désobéissance a proclamée. Il est le chef de cette conspiration de trahison, mais nous en sommes tous complices. Quant à l’acte extérieur, le fait de manger du fruit défendu, nous ne l’avons pas commis ; mais, le regardant comme une déclaration d’indépendance et de révolte, nous l’avons fait nôtre, et il peut être aussi justement porté à notre compte que si nous avions commis personnellement l’acte. Sous ce point de vue, si nous ne pouvons, à strictement parler, nous repentir du péché d’Adam, nous pouvons désapprouver de tout cœur toute la révolte contre Dieu dans laquelle notre race est engagée ; nous pouvons regretter très amèrement qu’elle ait jamais commencé ; et nous pouvons prendre sur nous la culpabilité et la honte, dans une profonde humiliation devant Dieu, d’y avoir été engagés. Avec de tels sentiments pénétrant nos cœurs, la doctrine selon laquelle le péché d’Adam nous est imputé ne sera pas rejetée comme incompatible avec la justice. Si nous ne pouvons, à strictement parler, nous en repentir, nous pouvons du moins en prendre sur nous la culpabilité, dans un sens qui s’accorde parfaitement avec les sentiments de la vraie pénitence ; et quand le Saint-Esprit nous aura appris à nous l’imputer à nous-mêmes, nous ne nous plaindrons pas que Dieu nous l’impute.1. There is a moral union between Adam and his descendants. His disobedience unfurled the banner of rebellion, and we all rally around it. We approved the deed of our father, and take arms in maintaining the war against Heaven, which his disobedience proclaimed. He is the chief in this conspiracy of treason, but we are all accessories. As to the outward act, the eating of the forbidden fruit, we did not commit it; but, regarding it as a declaration of independence and revolt, we have made it our own, and it may be as justly set to our account, as if we had personally committed the deed. In this view, if we cannot, strictly speaking, repent of Adam’s sin, we may most cordially disapprove the whole revolt from God, in which our race is engaged; may most bitterly regret that it was ever commenced; and may take guilt and shame to ourselves in deep humiliation before God, that we have been engaged in it. With such feelings pervading our hearts, the doctrine that Adam’s sin is imputed to us, will not be rejected as inconsistent with justice. If we cannot, strictly speaking, repent of it, we may at least take the guilt of it to ourselves, in a sense which perfectly accords with the feelings of true penitence; and when the Holy Spirit has taught us to impute it to ourselves, we shall not complain that God imputes it.
2. Il y a une union naturelle entre Adam et ses descendants. Il est leur père naturel ; et, à cause de cette relation, ils héritent d’une nature dépravée. Notre union morale avec lui rend notre condamnation juste dès le moment où nous possédons une existence distincte, à cause de notre dépravation personnelle ; et notre union naturelle avec lui a rendu convenable que notre condamnation soit comprise dans la sentence générale.2. There is a natural union between Adam and his descendants. He is their natural parent; and, because of this relation, they inherit a depraved nature. Our moral union with him renders our condemnation just, from the moment we possess separate existence, because of our personal depravity; and our natural union with him rendered it proper, that our condemnation should be included in the general sentence.
3. Il y a une union fédérale entre Adam et ses descendants. Nous avons vu précédemment qu’une alliance, non au sens commun, mais au sens scripturaire du terme, fut faite avec Adam. Cette alliance, cette disposition ou constitution des choses, fit dépendre de son obéissance le caractère et la condition futurs de ses descendants. Il était, à cet égard, leur chef fédéral. Certains soutiennent que l’alliance avec Adam était l’alliance de la nature, et qu’il n’y avait pas de qualité de chef fédéral distincte de la qualité de chef naturel qui lui appartenait comme premier père. Heureusement pour nous, la décision de cette question n’est pas indispensable à la présente discussion. L’union naturelle et morale que nous avons déjà considérée est un juste fondement de la sentence divine contre toute la race en la personne de son premier père ; mais un examen plus poussé de cette question peut contribuer à une meilleure intelligence du sujet.3. There is a federal union between Adam and his descendants. We have before seen that a covenant, not in the common, but the Scripture sense of the term, was made with Adam. This covenant, this arrangement or constitution of things, made the future character and condition of his descendants dependent on his obedience. He was, in this respect, their federal head. Some maintain that the covenant with Adam was the covenant of nature, and that there was no federal headship, different from the natural headship which belonged to him as the first parent. Happily for us, a decision of this question is not indispensable to our present discussion. The natural and moral union which we have already considered, is a just ground for the divine sentence against the whole race, in the person of their first parent; but a further examination of this question may be conducive to a better understanding of the subject.
Puisque la nature n’est rien d’autre que Dieu agissant, il ne peut être de grande importance de déterminer quelle part de ce qui se passa avec Adam fut naturelle, et quelle part dépassa le domaine propre de la nature. La révélation de la volonté de Dieu dans le jardin fut autant au-dessus de la nature que la révélation ultérieure du Sinaï ; et il en fut de même du jugement prononcé après la transgression. Mais l’inclusion des enfants avec leurs parents dans la peine infligée pour les péchés des parents se voit dans la providence de Dieu, tant dans ses dispensations ordinaires que dans ses dispensations extraordinaires. Chacun sait que la pauvreté et la souffrance tombent sur les enfants à cause de l’intempérance et d’autres crimes de leurs parents. Les maux de la guerre, de la famine et de la peste, jugements infligés pour les péchés des hommes, tombent sur les enfants aussi bien que sur leurs parents. Lors du déluge et de l’incendie de Sodome, des enfants furent détruits avec leurs parents. Sur ce point, la parole de Dieu s’accorde avec sa providence. Nous sommes parfois jaloux de la réputation du Seigneur, et nous craignons de parler de ce qu’il punit les péchés des pères sur les enfants ; mais nous sommes plus prudents que le Seigneur lui-même. Il a proclamé du Sinaï, de sa propre voix, et gravé sur la pierre de son propre doigt : « Je suis l’Éternel, ton Dieu, un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent » (Ex 20:5). Et quand il montra sa gloire à Moïse et proclama son nom, au lieu d’être jaloux de cacher ce fait, il fut jaloux plutôt de le faire connaître : « qui punit l’iniquité des pères sur les enfants » (Ex 34:7).Since nature is not something different from God operating, it cannot be of much importance to determine how much of the transaction with Adam was natural, and how much beyond the proper province of nature. The revelation of God’s will in the garden was as much above nature, as the subsequent revelation from Sinai; and so also was the judgment pronounced after the transgression. But the including of children with their parents, in the penalty inflicted for the sins of their parents, is seen in the providence of God, both in ordinary and extraordinary dispensations. Every one knows that poverty and suffering are brought on children by the intemperance and other crimes of their parents. The evils of war, famine, and pestilence, judgments inflicted for the sins of men, fall on children as well as their parents. In the deluge, and the burning of Sodom, children were destroyed with their parents. On this point, the word of God agrees with his providence. We are sometimes jealous for the Lord’s reputation, and are afraid to speak of his visiting the sins of parents on their children, but we are more cautious than the Lord himself. He proclaimed from Sinai, with his own voice, and recorded in stone with his own finger, “I, the Lord your God, am a jealous God, visiting the iniquity of the fathers upon the children, unto the third and fourth generation of them that hate me.” (Exo 20:5) And when he showed his glory to Moses, and proclaimed his name, instead of being jealous to conceal this fact, he was jealous rather to make it known; “Visiting the iniquity of the fathers upon the children.” (Exo 34:7)
Les déclarations solennelles de Dieu sur ce point n’expliquent pas seulement sa providence ; elles mettent en évidence, de la manière la plus frappante, la grande responsabilité des parents. Donner l’existence à un immortel et former son caractère pour le temps et pour l’éternité, c’est une responsabilité de la plus haute gravité. Cette responsabilité incombe aux hommes, et il convient qu’ils la sentent. Pour les éveiller au sentiment de cette responsabilité, Dieu s’adresse à eux dans le langage solennel qui a été cité.God’s solemn declarations on this point not only explain his providence, but, in the most impressive manner, exhibit the great responsibility of parents. To bring an immortal into being, and to form his character for time and eternity, is a responsibility most momentous. This responsibility devolves on men, and it is proper they should feel it. To awaken them to a sense of it, God addresses them in the solemn language which has been quoted.
Tandis que les Écritures éveillent les parents au sentiment de leur responsabilité, elles ne laissent aux enfants aucun prétexte pour couvrir leurs iniquités. Certains ont dit : « La voie du Seigneur n’est pas droite. Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées » (Ézéchiel 18:2). À ces plaignants Dieu a dit : « Voici, toutes les âmes sont à moi ; l’âme du fils comme l’âme du père, l’une et l’autre sont à moi ; l’âme qui pèche, c’est celle qui mourra » (Ézéchiel 18:4). Ce n’est pas une loi abrogeant le décalogue, mais elle doit être expliquée en harmonie avec lui. Les péchés des parents affectent à la fois le caractère et la condition de leurs enfants, et de tout cela ils sont responsables ; mais la condition des enfants n’est pas pire que leur caractère, et par conséquent les voies du Seigneur sont droites, et leurs plaintes contre lui sans fondement.While the Scriptures stir up parents to a sense of their responsibility, they leave to children no pretext with which to cover their iniquities. Some have said, “the Lord’s ways are not equal. Our fathers have eaten sour grapes, and the children’s teeth are set on edge.” (Ezekiel 18:2) To these complainers God said, “Behold all souls are mine; as the soul of the father, so also the soul of the son is mine; the soul that sins, it shall die.” (Ezekiel 18:4) This is not a law repealing the decalogue, but is to be explained in harmony with it. The sins of parents affect both the character and the condition of their children, and for all this they are responsible; but the condition of the children is not worse than their character, and therefore the Lord’s ways are equal, and their complaints against him groundless.
Le cas d’Adam différait de celui de tous les pères depuis lors. Ceux-ci peuvent transmettre des humeurs et des penchants particuliers, et influencer leurs enfants par l’instruction et l’exemple ; mais ils ne peuvent les mettre au monde exempts de la dépravation et de la condamnation que la transgression d’Adam fait peser sur eux. Mais, bien que la responsabilité d’Adam ait été plus grande, il reste vrai, comme dans les autres cas, que ses descendants sont responsables d’eux-mêmes, et que pas un d’entre eux ne souffrira au-delà du démérite de son caractère personnel. Telle est l’union entre Adam et ses descendants que la dépravation et la condamnation passent de lui à eux, non séparément, mais comme un seul héritage. Ce péché, pour lequel ils souffrent, est le leur aussi bien que le sien, et il leur est imputé parce qu’il leur appartient : il est justement le leur.The case of Adam differed from that of all fathers since. These may transmit peculiar tempers and propensities, and may influence their children by instruction and example, but they cannot bring them into the world free from the depravity and condemnation which the transgression of Adam brings upon them. But, though the responsibility on Adam was greater, it is still true, as in the other cases, that his descendants are responsible for themselves, and not one of them will suffer beyond the demerit of his personal character. Such is the union between Adam and his descendants, that depravity and condemnation pass from him to them, not separately, but as one inheritance. This sin, for which they suffer, is their own as well as his, and it is imputed to them because it belongs to them—is justly theirs.
Après toutes les explications qui ont été données, il se peut que nos cœurs accusent encore Dieu, et disent en secret que, si nous avions été à sa place, nous aurions traité la race humaine avec plus de bonté qu’il ne l’a fait. Ces accusations contre Dieu, il les entend ; ces murmures les plus secrets du cœur, il les comprend pleinement. Quelle impiété il y voit ! Que nous, qui connaissons si peu ses voies, ayons la présomption d’être plus sages ou meilleurs que lui, c’est une impiété audacieuse ; et si rien d’autre ne nous convainc que nous méritons la colère de Dieu, que cette impiété suffise. N’accusons plus, mais mettons la main sur notre bouche, et, dans un profond silence devant lui, confessons notre culpabilité.After all the explanations that have been made, it may be that our hearts still accuse God, and secretly say that, had we been in his stead, we should have dealt more kindly with the human race than he has done. These accusations of God, he hears; these most secret whispers of the heart, he fully understands. What impiety does he see therein! That we, who know so little of his ways, should presume to be wiser or better than he, is daring impiety; and if nothing else will convince us that we deserve the wrath of God, let this impiety suffice. Let us accuse no more, but lay our hands on our mouths, and in deep silence before him, confess our guilt.
5. L’impuissance humaine et la doctrine du Saint-Esprit5. Human Helplessness and the Doctrine of the Holy Spirit
John L. Dagg, Manual of Theology (1857), livre IV, chapitre III, section IV (« L’impuissance ») et conclusion ; livre VI, « Le Saint-Esprit », intégral (introduction, chapitres I–III, conclusion). Traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.John L. Dagg, Manual of Theology (1857), Book IV, chapter III, section IV (“Helplessness”) and Conclusion; Book VI, “The Holy Spirit,” complete (Introduction, chapters I–III, Conclusion). The interpretations are the author’s.
Note du STC : Dans le paragraphe sur la loi, les citations de Galates 3:10 et de Romains 3:19 et les deux phrases qui les suivent reprennent des mots de la section sur la condamnation ; elles sont reproduites telles qu’elles figurent dans la transcription.CTS note: In the paragraph on the law, the quotations of Galatians 3:10 and Romans 3:19 and the two sentences after them repeat words from the section on condemnation; they are reproduced as found in the transcription.
IV. – L’impuissance.IV. – Helplessness.
LES HOMMES SONT INCAPABLES DE SE SAUVER EUX-MÊMES (Jér 13:23 ; Jean 3:3 ; 6:44 ; Rom 3:19, 20 ; 8:7, 8 ; Gal 3:10 ; Héb 10:4 ; 12:14).MEN ARE UNABLE TO SAVE THEMSELVES (Jer 13:23; John 3:3; 6:44; Rom 3:19, 20; 8:7, 8; Gal 3:10; Heb 10:4; 12:14).
L’incapacité des hommes à se sauver eux-mêmes concerne à la fois leur condamnation et leur dépravation.The inability of men to save themselves, respects both their condemnation and their depravity.
1. Les hommes sont incapables de se libérer de la condamnation.1. Men are unable to free themselves from condemnation.
La justice par laquelle nous sommes tous condamnés est immuable. C’est un attribut de la nature de Dieu, qui n’est pas seulement la cause première de toutes choses, mais la norme même de toute perfection. Lorsque nous demandons si les voies de Dieu sont justes, nous n’avons qu’à demander si elles correspondent à ses propres perfections, car il n’y a pas de norme plus haute par laquelle on puisse les éprouver. Comme les perfections de Dieu sont immuables, la norme du droit est immuable. Un changement dans la loi par laquelle nous sommes condamnés est donc impossible. Dieu a parfois, en considération des circonstances particulières de certains hommes, donné des commandements spéciaux qui n’ont pas été obligatoires pour tous ; mais l’obligation de lui obéir, quels que soient ses commandements, est universelle et perpétuelle, et aucun acte de désobéissance ne peut jamais être justifié sous son juste gouvernement.The justice by which we are all condemned is immutable. It is an attribute in the nature of God, who is not only the first cause of all things, but the very standard of all perfection. When we inquire whether God’s ways are right, we have only to ask whether they correspond with his own perfections, for there is no higher standard by which they may be tried. As the perfections of God are immutable, the standard of right is immutable. A change in the law by which we are condemned is therefore impossible. God has sometimes, from regard to the peculiar circumstances of some men, given special commands to them, which have not been obligatory on all; but the obligation to obey him, whatever his commands may be, is universal and perpetual, and no act of disobedience can ever be justified under his righteous government.
La sentence de condamnation a été dûment prononcée. Ce ne fut pas une décision précipitée qui aurait besoin d’être révisée. Le Juge omniscient connaissait bien tous les faits de la cause, toutes les circonstances qui peuvent être invoquées comme atténuantes, tous les effets de sa décision sur nous, et toutes ses implications pour son propre caractère et son gouvernement. Sa détermination de créer le monde ne fut pas prise avec plus de délibération ni sur un fondement plus sûr ; et nous pouvons aussi bien nous attendre à ce qu’il anéantisse toutes les créatures qu’il a faites qu’à ce qu’il révoque la sentence par laquelle nous sommes condamnés.The sentence of condemnation has been duly pronounced. It was not a rash decision, needing to be revised. The Omniscient Judge knew well all the facts in the case, all the circumstances which may be pleaded in extenuation, all the effects of his decision on us, and all the bearings of it on his own character and government. His determination to create the world was not made with greater deliberation, or on surer ground; and we may as soon expect him to annihilate all the creatures that he has made, as to reverse the sentence by which we are condemned.
Les Écritures affirment que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi (Rom 3:20). La loi exige une obéissance parfaite et perpétuelle, et ne peut être satisfaite par rien de moins. La loi se réduit à un simple conseil quand ses exigences ne sont pas obligatoires. Revendiquer le privilège de violer la loi, ou de rester en deçà de ses exigences, c’est revendiquer, dans cette mesure, l’exemption de son autorité, et donc du gouvernement moral de Dieu. Une telle exemption, la justice divine ne la permettra pas. Son langage est : « Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas en pratique » (Gal 3:10). « Or, nous savons que tout ce que dit la loi, elle le dit à ceux qui sont sous la loi, afin que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit reconnu coupable devant Dieu » (Rom 3:19). La vue qui est présentée ici de la condition de l’homme ne se rapporte pas seulement à ses transgressions, mais à son état naturel. C’est pourquoi il est dit : « Et nous étions par nature des enfants de colère » (Éph 2:3). Dieu a tant à cœur le maintien de sa loi que celui qui était dans le sein du Père, et qui connaissait bien tous ses conseils, nous a assuré avec solennité : « Je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé » (Matt 5:18).The Scriptures affirm, that by the deeds of the law there shall no flesh be justified (Rom 3:20). The law requires perfect and perpetual obedience, and can be satisfied with nothing less. Law is converted into mere advice, when its requirements are not obligatory. To claim the privilege of violating the law, or coming short of its requirements, is to claim, so far, exemption from its authority, and therefore from the moral government of God. Such exemption divine justice will not allow. Its language is, “Cursed is every one that continues not in all things which are written in the book of the law to do them.” (Gal 3:10) “What things the law says, it says to them who are under the law, that every mouth may be stopped, and all the world become guilty before God.” (Rom 3:19) The view which is here presented of man’s condition, relates not merely to his transgressions, but to his natural state. Hence it is said, “And were by nature the children of wrath.” (Eph 2:3) So much has God the maintenance of his law at heart, that he who was in the bosom of the father, and well understood all his counsels, has with solemnity assured us; “Truly I say unto you, until Heaven and earth pass, one jot or one tittle shall in no wise pass from the law until all be fulfilled.” (Mat 5:18)
Il existe un moyen d’être délivré de la condamnation ; mais il n’est ni conçu ni exécuté par l’homme. Pour l’accomplir, il faut un déploiement de sagesse, de puissance et d’amour infiniment au-delà des plus hauts efforts de l’homme. C’est l’œuvre de Dieu, qui appelle l’admiration des anges et réclame de tout être humain la gratitude, la louange et une joyeuse acceptation.There is a method of rescue from condemnation; but it is not one of man’s devising or executing. To effect it requires a display of wisdom, power and love, infinitely beyond the highest efforts of man. It is God’s work, challenging the admiration of angels, and demanding gratitude, praise, and joyful acceptance from every human being.
2. Les hommes sont incapables de se libérer de la dépravation.2. Men are unable to free themselves from depravity.
Le premier élément de cette incapacité se voit dans le fait que les hommes n’ont pas la disposition nécessaire. Par nature, nous aimons mieux les ténèbres que la lumière, le péché que la sainteté. Être libéré de la dépravation, c’est être saint ; et nul ne peut désirer la sainteté, ou la parfaite conformité à la loi de Dieu, s’il ne prend plaisir à cette loi. Mais l’expérience et l’Écriture s’unissent pour nous enseigner que l’affection de la chair ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas (Rom 8:7). La cause en est que l’affection de la chair est inimitié contre Dieu. Les hommes aiment les voies de la transgression et ne désirent pas la connaissance des voies de Dieu ; c’est pourquoi ils n’ont pas la disposition nécessaire pour se libérer de la dépravation et se rendre strictement conformes à la loi de Dieu.The first element of this inability is seen in the fact that men lack the necessary disposition. By nature we love darkness rather than light, sin rather than holiness. To be free from depravity is to be holy, and no man can desire holiness or perfect conformity to the law of God, who does not delight in that law. But experience and Scripture unite in teaching us that the carnal mind is not subject to the law of God, neither indeed can be (Rom 8:7). The cause of this exists in the fact, that the carnal mind is enmity against God. Men love the ways of transgression, and desire not the knowledge of God’s ways; and therefore, they lack the disposition necessary to free themselves from depravity, and render themselves strictly conformed to the law of God.
Un autre élément qui rend l’incapacité complète, c’est que, si les hommes avaient la disposition, ils n’ont pas le pouvoir. Les hommes ont le pouvoir d’accomplir les actes extérieurs que la loi de Dieu exige d’eux. S’ils étaient entièrement disposés à accomplir ces actes et y manquaient par simple incapacité physique, cette incapacité serait une excuse valable. Dieu accepte selon ce qu’on possède (2 Cor 8:12). Il nous est commandé de ne pas abandonner nos assemblées ; mais l’homme cloué au lit par la paralysie n’est pas tenu de se réunir dans la maison de Dieu. La dépravation ne consiste pas en actes extérieurs, mais appartient au cœur ; et les affections du cœur ne sont pas soumises à la volonté comme le sont les mouvements des membres. C’est pourquoi l’Apôtre dit : « Vous ne faites point ce que vous voudriez » (Gal 5:17). Tout homme converti connaît le sens de ce langage. Le courant des affections dépravées dans nos cœurs, qui coule dans la mauvaise direction depuis le commencement de notre être, et qui a pris de la force par la puissance de l’habitude, ne s’arrête pas à notre commandement. Un acte de volonté ne peut l’arrêter avec autant de facilité qu’il remue un doigt. Si quelqu’un pense avoir le pouvoir d’être saint à volonté, qu’il essaie, et il découvrira son erreur.Another element which renders the inability complete, is, that if men had the disposition, they have not the power. Men have the power to perform such external acts as the law of God requires of them. If they were wholly disposed to perform such acts, and failed through mere physical inability, that inability would be a valid excuse. God accepts according to what a man has (2 Cor 8:12). We are commanded not to forsake the assembling of ourselves together; but the man who is fastened to his bed by palsy is not required to meet in the house of God. Depravity does not consist in external acts, but belongs to the heart; and the affections of the heart are not subject to volition, as the motions of the limbs are. Hence the Apostle says, “You cannot do the things that you would.” (Gal 5:17) Every converted man knows the meaning of this language. The current of depraved affections in our hearts, which has been flowing in the wrong direction from the beginning of our being, and gathering strength by the power of habit, does not stop at our bidding. A volition cannot stop it with as much ease as when it moves a finger. If any man thinks he has the power to be holy at will, let him try it, and he will find his mistake.
L’incapacité qui vient d’être décrite, et qu’on appelle d’ordinaire morale, doit être soigneusement distinguée de cette incapacité physique qui excuse les actes extérieurs. L’incapacité physique empêcherait l’action, même si le cœur tout entier était résolu à l’accomplir. Elle excuse le manquement à l’action ; mais elle n’excusera pas un cœur corrompu ou partagé. Le paralytique peut être excusé de ne pas se rendre à la maison de Dieu ; mais il n’est pas excusé de préférer en être absent, ni de n’avoir aucun désir des parvis du Seigneur. L’incapacité morale des hommes consiste à avoir soit un cœur partagé, soit un cœur entièrement disposé à faire le mal. Le premier, tout homme converti le déplore et s’en blâme ; et le second caractérise les hommes non convertis ou naturels. Cela comprend le manque à la fois de disposition et de pouvoir, et rend l’incapacité complète. Cette incapacité n’est pas une excuse pour la dépravation, mais elle est la dépravation elle-même, dans sa pleine influence sur toutes les facultés de l’âme.The inability last described, which is usually called moral, must be distinguished carefully from that physical inability which excuses outward acts. Physical inability would prevent the action, even if the whole heart were bent on performing it. It excuses the failure to act; but it will not excuse a corrupt or a divided heart. The paralytic may be excused for not attending at the house of God; but he is not excused for preferring to be absent, or for possessing no longing for the courts of the Lord. The moral inability of men consists in having either a divided heart, or a heart fully set in them to do evil. The former every converted man laments, and blames himself for; and the latter is descriptive of unconverted or natural men. This includes the lack, both of disposition and power, and renders the inability complete. This inability is not an excuse for the depravity, but is the depravity itself, in its full influence over all the powers of the soul.
Les représentations que l’Écriture donne de l’incapacité des hommes sont extrêmement fortes. Il est dit qu’ils sont sans force (Rom 5:6), captifs (2 Tim 2:26), dans la servitude (2 Pi 2:19 ; Rom 6:16, 17), endormis (1 Thess 5:6), morts (Éph 5:14 ; Col 2:13), etc. L’acte par lequel ils sont délivrés de l’état naturel est appelé régénération, vivification ou don de la vie, renouvellement, résurrection, transfert, création ; et il est directement attribué à la puissance de Dieu, la puissance qui a fait jaillir la lumière des ténèbres et qui a ressuscité Christ d’entre les morts.The Scripture representations of men’s inability are exceedingly strong. They are said to be without strength (Rom 5:6), captives (2 Tim 2:26), in bondage (2 Pet 2:19; Rom 6:16, 17), asleep (1 Thess 5:6), dead (Eph 5:14; Col 2:13), etc. The act by which they are delivered from the natural state, is called regeneration, quickening or giving life, renewing, resurrection, translation, creation; and it is directly ascribed to the power of God, the power that called light out of darkness, and raised up Christ from the dead.
Nos vues sur notre caractère et notre condition par nature sont entièrement fausses si nous imaginons qu’un petit travail, que nous pouvons accomplir à volonté, remettra tout en ordre. Des milliers remettent à plus tard les affaires de l’âme à cause de cette vaine imagination. Un vrai sentiment de notre incapacité nous pousserait vers celui qui est puissant pour sauver.Our views concerning our character and condition by nature are wholly incorrect, if we imagine that a little work, which we can effect at pleasure, will set all right. Thousands postpone the concerns of the soul from this vain imagination. A true sense of our inability would drive us to him who is able to save.
Conclusion.Conclusion.
Une admission insouciante que les hommes sont pécheurs est souvent faite par des personnes qui se soucient peu de la religion ; et elles peuvent même exhaler librement d’âpres plaintes contre les iniquités des autres. Mais tel est l’effet engourdissant de la dépravation humaine que les hommes ont très peu de plaintes à faire contre eux-mêmes ; et leur condition, en tant que pécheurs contre Dieu, éveille en eux très peu d’inquiétude. De temps à autre, la conscience peut s’éveiller et produire l’alarme ; mais, par la séduction du péché, ses reproches et ses avertissements restent sans effet, et les hommes sont de nouveau bercés dans une sécurité charnelle. Tant que ce sommeil fatal n’est pas rompu, et qu’une conviction de péché profonde et enracinée ne saisit pas l’esprit et ne laisse à l’homme aucun repos, son état spirituel ne présente aucun signe favorable.A careless admission that men are sinners is often made by persons who give themselves little concern about religion; and even acrimonious complaints may be freely vented by them against the iniquities of others. But such is the stupefying effect of human depravity, that men have very little complaint to make against themselves; and their condition, as sinners against God, awakens very little uneasiness. Occasionally conscience may be aroused, and produce alarm; but, through the deceitfulness of sin, its rebukes and warnings become unheeded, and men are again lulled to sleep in carnal security. Until this fatal slumber is broken, and a thorough, deep-rooted conviction of sin seizes the mind, and allows the man no quiet, his spiritual state exhibits no favorable indications.
La conviction de péché a parfois produit des effets très troublants dans l’esprit d’hommes païens, privés de la vraie connaissance de Dieu. On a eu recours à des sacrifices coûteux et à des austérités douloureuses dans le but d’apaiser leurs divinités offensées. La nature enseigne aux hommes leur danger, mais ne peut leur montrer le chemin du salut. En de telles circonstances, combien est bienvenue la lumière que la Bible répand sur notre sentier ! Elle nous découvre bien plus clairement notre danger et, en même temps, ouvre devant nous la porte de l’espérance.Conviction of sin has sometimes produced very disquieting effects in the minds of heathen men, destitute of the true knowledge of God. Costly sacrifices and painful austerities have been resorted to for the purpose of appeasing their offended deities. Nature teaches men their danger, but cannot show them the way of escape. In these circumstances, how welcome is the light which the Bible throws on our path! It gives a far clearer discovery of our danger, and, at the same time, opens before us the door of hope.
La conviction de péché peut d’abord ne concerner que nos actes manifestes de méchanceté ; mais, si elle est profonde et efficace, elle s’étendra au cœur dépravé d’où procèdent les mauvaises actions. Elle ouvrira à notre vue cette source de corruption, cette mer profonde qui rejette la vase et la boue. Pour explorer les profonds replis de la dépravation, obscurs et immondes, nous avons besoin du flambeau de la révélation. Son utilité pour nous faire connaître nous-mêmes démontre la divinité de son origine. La femme de Samarie dit de Jésus : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; ne serait-ce point le Christ ? » (Jean 4:29). Et la Bible, qui nous dit si exactement tout ce qui est dans nos cœurs, doit venir de Dieu, Celui qui sonde les cœurs. Le monde d’iniquité qui est en nous était autrefois pour nous une terre inconnue ; mais nous l’avons maintenant exploré en partie, et nous pouvons témoigner que la seule carte exacte en est dans les Saintes Écritures. À mesure que nous progressons dans la connaissance de nous-mêmes, tout au long de notre expérience religieuse, ce que nous lisons dans nos propres cœurs et ce que nous lisons dans la Bible s’accordent parfaitement, et nous portons toujours avec nous une preuve que la doctrine de la Bible est la vérité de Dieu.Conviction of sin may at first respect merely our overt acts of wickedness; but, if thorough and effectual, it will extend to the depraved heart, from which evil actions proceed. It will open to our view this fountain of corruption, this deep sea casting up mire and dirt. To explore the deep windings of depravity, dark and filthy, we need the torch of revelation. Its use in making us acquainted with ourselves, demonstrates the divinity of its origin. The woman of Samaria said of Jesus, “Come see a man which told me all things that ever I did; is not this the Christ?” (John 4:29) And the Bible, which tells us so exactly all that is in our hearts, must be from God, the Searcher of hearts. The world of iniquity within us was formerly to us a land unknown; but we have now explored it in part, and we can testify that the only correct map of it is in the Holy Scriptures. As we make progress in the knowledge of ourselves, throughout our course of religious experience, what we read in our own hearts and what we read in the Bible agree perfectly, and we ever carry with us a proof that the doctrine of the Bible is the truth of God.
Beaucoup de ceux qui font profession de regarder la Bible comme une révélation du Ciel ne reçoivent pas sa doctrine concernant l’état présent de l’homme. Ils ne peuvent concevoir que le cœur humain soit aussi tortueux et méchant que la Bible le déclare ; et surtout ils ne conçoivent pas ainsi leur propre cœur. Nous savons par là que de tels hommes n’auraient pas pu écrire la Bible. Lorsque la lumière de la vérité a produit en nous une profonde conviction de péché, nous lisons la Bible avec des yeux nouveaux, et nous y découvrons l’écriture de celui qui a dit : « Moi, l’Éternel, j’éprouve le cœur » (Jér 17:10).Many who profess to regard the Bible as a revelation from Heaven, do not receive its doctrine concerning the present state of man. They cannot conceive the human heart to be so deceitful and desperately wicked as the Bible declares it to be; and especially they do not so conceive of their own hearts. We hence know that such men could not have written the Bible. When the light of truth has produced in us a thorough conviction of sin, we read the Bible with new eyes, and we discover in it the handwriting of him who said, “I the Lord search the heart.” (Jer 17:10)
L’extrême culpabilité du péché apparaît lorsqu’on le considère comme commis contre Dieu. David dit : « J’ai péché contre toi seul » (Ps 51:4). Sous une conviction de péché véritable, la vue des perfections de Dieu rend la conviction accablante. Avoir péché contre un être si glorieux et si excellent ; s’être révolté contre le Souverain légitime de l’univers et avoir visé à le détrôner ; avoir violé sa loi, sainte, juste et bonne ; avoir foulé aux pieds son autorité, insulté sa majesté, méprisé les richesses de sa patience et de sa bonté ; avoir persévéré dans notre voie malgré les appels de sa miséricorde ; et, en dépit de tous ses avertissements et de toutes ses menaces, avoir défié, faibles vers que nous sommes, sa vengeance toute-puissante : lorsque de telles vues du péché sont présentées à la lumière de la parole de Dieu, nos âmes sont remplies d’angoisse, et, dans la profondeur de la tristesse et de la condamnation de nous-mêmes, nous faisons nôtre la prière du publicain : « Ô Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur » (Luc 18:13).The exceeding sinfulness of sin appears when it is viewed as committed against God. David said, “Against you, you only, have I sinned.” (Psa 51:4) While under genuine conviction of sin, a view of God’s perfections renders the conviction overwhelming. To have sinned against so glorious and excellent a being; to have rebelled against the rightful Sovereign of the universe, and aimed at dethroning him; to have violated his law, holy, just, and good; to have trampled his authority under our feet, insulted his majesty, despised the riches of his forbearance and goodness; to have persevered in our course, notwithstanding the calls of his mercy; and, in spite of all his warnings and threatening, to have, feeble worms as we are, defied his omnipotent vengeance; when such views of sin are presented, in the light of God’s word, our souls are filled with anguish, and in the depth of sorrow and self-condemnation we adopt the publican’s prayer, “God be merciful to me a sinner.” (Luke 18:13)
La parole de Dieu, qui pénètre jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles, et qui juge les sentiments et les pensées du cœur (Héb 4:12), cause souvent de la douleur par ses sondages ; mais leur tendance est bienfaisante. Ils sont importuns aux hypocrites et aux faux croyants ; mais l’homme d’une piété sincère prie : « Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! Éprouve-moi, et connais mes pensées ! Regarde si je suis sur une mauvaise voie, et conduis-moi sur la voie de l’éternité ! » (Psaume 139:23, 24). La Bible arrache le masque de l’hypocrite et montre au pharisien que toute sa justice est comme un vêtement souillé (És 64:6) ; mais, si humiliantes que soient ces salutaires instructions, le vrai pénitent se réjouit de les recevoir. Il craint d’être trompé ; et il bénit Dieu pour la lumière de la vérité, par laquelle son vrai caractère est révélé.The word of God, which pierces to the dividing asunder of soul and spirit, and of the joints and marrow, and is a discerner of the thoughts and intents of the heart (Heb 4:12), often gives pain by its probing, but their tendency is beneficial. They are unwelcome to hypocrites and false professors; but the man of sincere piety prays, “Search me, O God, and know my heart; try me, and know my thoughts; and see if there be any wicked way in me, and lead me into the way everlasting.” (Psalm 139:23, 24) The Bible tears the mask from the hypocrite, and shows to the Pharisee that all his righteousnesses are but filthy rags (Isa 64:6); but, humiliating as these wholesome instructions are, the true penitent rejoices to receive them. He fears to be deceived; and he blesses God for the light of truth, by which his true character is revealed.
Lorsque les yeux des hommes s’ouvrent pour voir leur danger spirituel, ils tentent généralement d’opérer leur salut par leurs propres forces. Ces efforts se révèlent vains ; et ils apprennent par expérience qu’ils n’ont aucun secours en eux-mêmes. Cette vérité, bien que clairement enseignée dans la Bible, ils ne l’avaient jamais vraiment crue avant de l’apprendre ainsi. Ici surgit, au cœur de l’expérience chrétienne, une autre confirmation de la doctrine biblique. Une vérité que nul ne croit sincèrement avant que l’Esprit de Dieu ne la lui ait enseignée par l’expérience intérieure doit procéder de Dieu. Dans tout le progrès de notre vie spirituelle, nous devenons de plus en plus convaincus de notre totale impuissance et de notre entière dépendance de la force divine ; et la doctrine biblique sur ce sujet acquiert une confirmation sans cesse croissante.When men’s eyes are opened to see their spiritual danger, they generally attempt, in their own strength, to work out their salvation. These efforts prove unavailing; and they learn, by experience, that they have no help in themselves. This truth, though clearly taught in the Bible, they never really believed until it was thus learned. Here arises, in the heart of Christian experience, another confirmation of Bible doctrine. A truth which no man sincerely believes until the Spirit of God has taught him, by inward experience, must have proceeded from God. In the whole progress of our spiritual life we become increasingly convinced of our utter helplessness and entire dependence on strength divine; and the Bible doctrine on this subject acquires perpetually increasing confirmation.
L’expérience chrétienne véritable commence par la conviction de péché ; mais, béni soit Dieu, elle ne s’arrête pas là. La connaissance de notre dépravation, de notre condamnation et de notre impuissance nous remplirait de désespoir, si un salut précisément adapté à nos besoins n’avait été préparé par la miséricorde de Dieu et révélé dans l’Évangile de son Fils. La vérité même qui, autrement, nous remplirait d’angoisse et de désespoir prépare à l’acceptation joyeuse du salut par Christ. Celui qui rejette cette vérité ne sent pas le besoin de Christ, et c’est pourquoi il ne vient pas à lui pour avoir la vie. Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin (Matt 9:12). Que la vérité de ce chapitre soit reçue au fond du cœur, et nous serons préparés à l’étude profitable du sujet suivant.Genuine Christian experience commences with conviction of sin; but, blessed be God, it does not end here. The knowledge of our depravity, condemnation, and helplessness, would fill us with despair, were it not that salvation, precisely adapted to our necessities, has been provided by the mercy of God, and revealed in the gospel of his Son. The very truth, which would otherwise fill us with anguish and despair, prepares for the joyful acceptance of salvation by Christ. He who rejects this truth does not feel the need of Christ; and, therefore, does not come to him for life. They that be whole need not a physician (Mat 9:12). Let the truth of this chapter be received deep in the heart, and we shall be prepared for the profitable study of the next subject.
Section 6. Doctrine concernant le SAINT-ESPRITSection 6. Doctrine Concerning the HOLY SPIRIT
IntroductionIntroduction
Le devoir de vivre et de marcher selon le Saint-Esprit. (Gal 5:25)Duty of Living And Walking In The Holy Spirit. (Gal 5:25)
En Dieu nous avons la vie, le mouvement et l’être. Sa présence est toujours avec nous ; et par sa puissance nous sommes, à chaque instant, maintenus dans l’être, et les facultés et les puissances d’où procèdent tous les mouvements, corporels ou mentaux, sont conservées dans l’existence et dans l’action. Telle est notre dépendance constante et immédiate à l’égard de Dieu. Nous dépendons, de la même manière et au même degré, du Saint-Esprit pour l’existence de la vie spirituelle et pour les facultés et les puissances nécessaires à toute action spirituelle. Notre dépendance à l’égard du Saint-Esprit s’étend encore plus loin. La disposition même à l’action sainte procède de l’Esprit ; et la production de cette disposition est son œuvre propre dans la sanctification. Dans nos actions naturelles, nous vivons et nous nous mouvons en Dieu ; dans nos actions spirituelles, nous vivons et nous marchons selon le Saint-Esprit.We live, move, and have our being in God. His presence is ever with us; and by his power, we are, at every moment, upheld in being, and faculties and powers, from which all movements corporeal or mental, proceed, are preserved in existence and action. Such is our constant and immediate dependence on God. We are, in like manner and degree, dependent on the Holy Spirit, for the existence of spiritual life, and for the faculties and powers necessary to all spiritual action. Our dependence on the Holy Spirit extends still further. The very disposition to holy action, proceeds from the Spirit; and the production of this disposition, is his peculiar work in sanctification. In our natural actions, we live and move in God; in our spiritual actions, we live and walk in the Holy Spirit.
Les représentations que l’Écriture donne de notre dépendance à l’égard du Saint-Esprit sont pleines et fortes. Notre vie spirituelle vient de lui, car c’est l’esprit qui vivifie (Jean 6:63) ; et il est appelé l’Esprit de vie (Rom 8:2). Lorsque le prophète vit les ossements morts dans la vallée, il pria : « Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu’ils revivent ! » (Ézéchiel 37:9) ; et l’esprit de vie entra en eux. Ainsi les âmes, mortes par leurs offenses et par leurs péchés, sont vivifiées par le Saint-Esprit. Et nous vivons dans le Saint-Esprit, dépendant de lui pour la vie spirituelle, comme le corps dépend, pour la vie animale, de l’atmosphère que nous respirons. De là viennent les prières ardentes pour que le Saint-Esprit soit accordé et ne soit pas retiré (Ps 51:11, 12). Et de là vient que le don du Saint-Esprit est regardé comme le don de tout bien (comparez Matt 7:11 avec Luc 11:13). L’importance de l’influence du Saint-Esprit dans les exercices de la vie spirituelle peut se déduire de passages comme les suivants : « Conduits par l’Esprit » (Gal 5:18) ; « Ils s’affectionnent aux choses de l’Esprit » (Rom 8:5) ; « Soyez remplis de l’Esprit » (Éph 5:18) ; « L’Esprit a des désirs contraires à ceux de la chair » (Gal 5:17) ; « Si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez » (Rom 8:13) ; « L’Esprit nous aide dans notre faiblesse » (Rom 8:26) ; « Nous sommes transformés en la même image par l’Esprit » (2 Cor 3:18) ; « L’Esprit rend témoignage à notre esprit » (Rom 8:16).The Scripture representations of our dependence on the Holy Spirit, are full and strong. Our spiritual life comes from him, for it is the spirit that quickens (John 6:63); and he is called the Spirit of Life (Rom 8:2). When the prophet saw the dead bones in the valley, he prayed: “Come from the four winds, O breath, and breathe upon these slain, that they may live;” (Ezekiel 37:9) and the spirit of life entered into them. So souls, dead in trespasses and sins, are quickened by the Holy Spirit. And we live in the Holy Spirit as dependent on him for spiritual life, as the body is dependent for animal life on the atmosphere which we breathe. Hence proceed the earnest prayers, that the Holy Spirit may be granted, and may not be taken away (Psa 51:11, 12). And hence the bestowment of the Holy Spirit is regarded as the giving of all good (Cf. Mat 7:11 with Luke 11:13). The importance of the Holy Spirit’s influence in the exercises of the spiritual life, may be inferred from such passages as the following: “Led by the Spirit;” (Gal 5:18) “Mind the things of the Spirit;” (Rom 8:5) “Filled with the Spirit;” (Eph 5:18) “The Spirit lusts against the flesh;” (Gal 5:17) “If you through the Spirit do mortify the deeds of the body, you shall live:” (Rom 8:13) “The Spirit helps our infirmity:” (Rom 8:26) “Changed into the same image by the Spirit;” (2 Cor 3:18) “The Spirit bears witness with our spirits.” (Rom 8:16)
Aucun croyant qui a un juste sentiment de sa dépendance à l’égard du Saint-Esprit, pour la vie divine dont il jouit et pour toutes les bénédictions qu’elle comprend, ne peut être indifférent envers l’Agent par qui tout ce bien est accordé. Il ne peut volontairement « attrister le Saint-Esprit de Dieu, par lequel il a été scellé pour le jour de la rédemption ». Il cherchera à connaître, en toutes choses, quelle est la pensée de l’Esprit ; et, pour lui, la communion du Saint-Esprit sera le plus doux avant-goût du Ciel dont on puisse jouir sur la terre. Et, pour lui, l’étude du caractère et de l’office du Saint-Esprit sera donc une source de joie.No believer, who has any just sense of his dependence on the Holy Spirit, for the divine life which he enjoys, and all its included blessings, can be indifferent towards the Agent by whom all this good is bestowed. He cannot willingly “grieve the Holy Spirit, by whom he is sealed to the day of redemption.” He will seek to know, in all things, what is the mind of the Spirit; and, to him, the communion of the Holy Spirit will be the sweetest foretaste of Heaven, that can be enjoyed on earth. And to him, therefore, the study of the Holy Spirit’s character and office, will be a source of delight.
Chapitre I. La PERSONNALITÉ du Saint-EspritChapter I. The PERSONALITY of the Holy Spirit
LE SAINT-ESPRIT EST UNE PERSONNE, DISTINCTE DU PÈRE ET DU FILS. (És 48:16 ; Matt 3:16 ; Jean 14:6, 14:26 ; 16:7 ; Act 10:19-20 ; 13:2 ; 15:28 ; 20:28 ; Éph 4:30 ; Matt 28:19)THE HOLY SPIRIT IS A PERSON, DISTINCT FROM THE FATHER AND THE SON. (Isa 48:16; Mat 3:16; John 14:6, 14:26; 16:7; Acts 10:19-20; 13:2; 15:28; 20:28; Eph 4:30; Mat 28:19)
Le Saint-Esprit est une personne, et non une simple influence ou opération. On peut le prouver par les arguments suivants :The Holy Spirit is a person, and not a mere influence or operation. This may be proved by the following arguments:
1. Lorsque Christ promit sa venue comme un autre Consolateur, le langage se rapporte clairement à lui comme à une personne : « Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur, afin qu’il demeure avec vous » (Jean 14:16). « Le Consolateur, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera » (Jean 14:26).1. When Christ promised his coming as another Comforter, the language clearly refers to him as a person: “I will pray the Father, and he shall give you another Comforter that he may abide with you.” (John 14:16) “The Comforter whom the Father will send in my name, he shall teach you.” (John 14:26)
2. Il est attribué au Saint-Esprit, dans les Saintes Écritures, des choses qui ne peuvent être vraies que d’une personne : « Il les distribue à chacun en particulier comme il veut » (1 Cor 12:11) ; « Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés » (Act 13:2) ; « Pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu mentes au Saint-Esprit ? » (Act 5:3) ; « N’attristez pas le Saint-Esprit » (Éph 4:30).2. Things are, in the Holy Scriptures, attributed to the Holy Spirit, which can be true only of a person: “He divides to every man severally as he will;” (1 Cor 12:11) “Separate me Barnabas and Saul for the work whereunto I have called them;” (Acts 13:2); “Why has Satan filled your heart to lie to the Holy Spirit;” (Acts 5:3) “Grieve not the Holy Spirit.” (Eph 4:30)
3. La mission donnée aux apôtres leur prescrivait de baptiser au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit (Matt 28:19). Une simple influence ou vertu ne pourrait être ainsi associée au Père et au Fils ; et il ne serait conforme ni au langage de l’Écriture de parler du nom d’une influence, ni à l’analogie de la foi d’administrer le baptême au nom d’une influence. Dans la bénédiction apostolique, le Saint-Esprit est uni de la même manière au Père et au Fils : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, et la communion du Saint-Esprit, soient avec vous tous ! » (2 Cor 13:14). En 1 Corinthiens 12:4-6, le Saint-Esprit est présenté, avec Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ, comme un agent personnel au même titre qu’eux.3. The commission given to the apostles required them to baptize in the name of the Father, and of the Son, and of the Holy Spirit. (Mat 28:19) A mere influence or virtue, could not thus be associated with the Father and the Son; nor would it accord with the language of Scripture, to speak of the name of an influence; or with the analogy of faith, to administer baptism in the name of an influence. In the apostolical blessing, the Holy Spirit is connected, in a similar manner, with the Father and the Son: “The grace of our Lord Jesus Christ, the love of God, and the communion of the Holy Spirit, be with you all.” (2 Cor 13:14) In 1 Corinthians 12:4-6, the Holy Spirit is introduced, together with God the Father, and the Lord Jesus Christ, as a personal agent equally with them.
À ces arguments on peut opposer que les Écritures emploient fréquemment les mots Esprit, Saint-Esprit, pour désigner l’influence divine. Mais il est très courant, dans le langage, qu’une influence soit désignée par le nom de la source d’où elle émane. Nous disons : « Cette plante prospère à l’ombre ; celle-là, au soleil » ; mais par le mot soleil nous n’entendons pas le corps de l’astre, mais la lumière et la chaleur qui en émanent. Ainsi, lorsqu’il est dit : « Il publiera que Dieu est réellement au milieu de vous » (1 Cor 14:25), ce n’est pas l’omniprésence générale de Dieu qui est visée, car elle est également vraie de toutes les personnes et de tous les lieux. C’est une présence particulière, impliquant une influence divine spéciale, qui est voulue. Il serait inexact de conclure de ce passage que Dieu n’est qu’une influence ; et il est de même inexact de conclure que le Saint-Esprit n’est pas une personne parce que son nom est employé dans les Écritures pour l’influence que lui, comme agent personnel, exerce.To these arguments, it may be opposed, that the Scriptures frequently use the words Spirit, Holy Spirit, to denote divine influence. But it is very common, in language, for an influence to be designated by the name of the source from which it emanates. We say: “This plant thrives in the shade; that, in the sun;” but by the word sun, we mean, not the body of the luminary, but the light and heat emanating from it. So, when it is said: “He will report that God is in you of a truth,” (1 Cor 14:25) the general omnipresence of God is not meant; for this is equally true of all persons and places. A peculiar presence, implying special divine influence, is intended. It would be improper to argue from this passage, that God is nothing but an influence; and it is, in the same manner improper to argue that the Holy Spirit is not a person, because the name is used in the Scriptures for the influence which he, as a personal agent, exerts.
La fréquence avec laquelle le nom est employé pour désigner l’influence exercée peut peut-être s’expliquer par le fait que le nom est donné à l’agent à cause de son influence. Il ne peut désigner rien de particulier dans la nature de l’agent ; car la première et la deuxième personnes de la Divinité sont, dans leur nature, esprit et saintes, aussi véritablement que la troisième. Le nom doit donc être regardé comme le distinguant par rapport à son opération. Il est appelé saint parce qu’il est l’agent immédiat de la production de la sainteté ; et il est appelé l’Esprit, l’Esprit de Dieu, parce qu’il est l’agent immédiat dans l’exercice de l’influence divine, invisible et vivifiante, qui procède de Dieu.The frequency with which the name is used to denote the influence exerted, may perhaps be accounted for, from the fact, that the name is given to the agent, because of his influence. It cannot denote anything peculiar in the nature of the agent; for the first and second persons in the Godhead, are, in their nature, spirit, and holy, as truly as the third. The name must, therefore, be regarded as distinguishing him with reference to his operation. He is called holy, because he is the immediate agent in the production of holiness; and he is called the Spirit, the Spirit of God, because he is the immediate agent in exerting the invisible, life-giving, divine influence which proceeds from God.
Le Saint-Esprit est distinct du Père et du Fils. Les mêmes passages qui prouvent sa personnalité prouvent aussi cela. Il ne pourrait être un autre Consolateur s’il n’était distinct du Père. Dans la mission de baptiser, et dans la bénédiction, sa personnalité n’est pas plus manifeste que sa distinction d’avec le Père et le Fils, avec lesquels il est nommé.The Holy Spirit is distinct from the Father and the Son. The same passages which prove his personality prove this also. He could not be another Comforter, if he were not distinct from the Father. In the commission to baptize, and in the blessing, his personality is not more manifest than the distinction from the Father and the Son, with whom he is named.
Chapitre II. La DIVINITÉ du Saint-EspritChapter II. The DIVINITY of the Holy Spirit
LE SAINT-ESPRIT EST DIEU. (Matt 28:19 ; Héb 9:14 ; Psaume 139:7 ; 1 Cor 6:19 ; 2 Cor 6:16 ; Act 5:3-4)THE HOLY SPIRIT IS GOD. (Mat 28:19; Heb 9:14; Psalm 139:7; 1 Cor 6:19; 2 Cor 6:16; Acts 5:3-4)
Lorsque nous avons établi qu’il y a une personne à qui le nom de Saint-Esprit est appliqué, nous ne pouvons avoir guère de difficulté à parvenir à la conclusion qu’il est une personne divine. Les arguments suivants établissent cette vérité.When we have ascertained that there is a person to whom the name Holy Spirit is applied, we can have little difficulty in arriving at the conclusion that he is a divine person. The following arguments establish this truth.
1. Dans la mission, il est compris au même titre que le Père et le Fils dans le nom en lequel nous sommes baptisés. S’il n’est pas Dieu, lorsque nous nous consacrons à lui dans notre baptême, nous sommes coupables d’idolâtrie. Ce n’est pas une objection à cet argument que Paul dise que les Israélites ont été baptisés en Moïse (1 Cor 10:2). Un baptême formel au nom de Moïse n’est ni affirmé ni voulu. Une analogie est présentée entre la course du croyant qui se consacre à Christ dans le baptême et la course des Israélites, qui se remirent à la conduite de Moïse depuis la mer Rouge jusqu’à la terre promise ; mais ce n’est qu’une analogie qui est voulue. Les Corinthiens n’ont pas été baptisés au nom de Paul (1 Cor 1:13), bien qu’il fût de leur devoir de le suivre comme il suivait Christ ; et les Israélites n’ont pas été baptisés au nom de Moïse, bien qu’ils l’aient suivi comme leur conducteur. L’Ange en qui était le nom de Dieu marchait devant eux dans la colonne de nuée et de feu ; et Moïse, comme tous les autres, suivait sa direction et reconnaissait son autorité.1. In the commission he is equally included with the Father and the Son, in the name into which we are baptized. If he is not God when we devote ourselves to him in our baptism, we are guilty of idolatry. It is no objection to this argument, that Paul says the Israelites were baptized unto Moses. (1 Cor 10:2) A formal baptism in the name of Moses is neither affirmed nor intended. An analogy is exhibited between the course of a believer who dedicates himself to Christ in baptism, and the course of the Israelites, who gave themselves up to the guidance of Moses, from the Red Sea to the promised land: but an analogy only is all that is intended. The Corinthians were not baptized in the name of Paul (1 Cor 1:13); though it was their duty to follow him as he followed Christ: and the Israelites were not baptized in the name of Moses; though they followed him as their leader. The Angel, in whom the name of God was, went before them, in the pillar of cloud and fire; and Moses, equally with all the rest, followed his guidance, and acknowledged his authority.
2. Dans la bénédiction, l’Esprit est nommé au même titre que le Père et le Fils, et regardé comme la source des bénédictions spirituelles. Ces paroles peuvent être considérées comme une prière adressée au Saint-Esprit pour l’octroi de ces bénédictions.2. In the blessing, the Spirit is named, equally with the Father and the Son, and regarded as the source of spiritual blessings. The words may be considered a prayer to the Holy Spirit, for the bestowment of these blessings.
3. Lorsque les corps des croyants sont appelés le temple du Saint-Esprit (1 Cor 6:19), la déité du Saint-Esprit est reconnue. Ceux à qui l’on élevait des temples de bois ou de pierre étaient regardés comme des divinités ; et celui dont les corps des saints sont les temples doit être Dieu. Mais nous ne sommes pas laissés à notre propre déduction sur ce sujet. Paul a tiré la conclusion pour nous : car, après avoir déclaré que les corps des saints sont les temples du Saint-Esprit, il parle d’eux comme appartenant à Dieu (1 Cor 6:20) ; et, dans un autre endroit, parlant des saints comme d’un temple, il appelle l’édifice « une habitation de Dieu en Esprit » (Éph 2:22). La même vue est présentée en 1 Corinthiens 3:16 : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes. » Ainsi l’on imaginait que les divinités païennes habitaient dans les temples qui leur étaient dédiés ; et ainsi Dieu était dans son saint temple à Jérusalem.3. When the bodies of believers are called the temple of the Holy Spirit (1 Cor 6:19), the deity of the Holy Spirit is recognized. They to whom temples of wood or stone were erected, were regarded as deities: and he to whom the bodies of the saints are temples, must be God. But we are not left to our own inference on this subject. Paul has drawn the conclusion for us: for after having stated that the bodies of the saints are the temples of the Holy Spirit, he speaks of them as belonging to God (1 Cor 6:20); and in another place, when speaking of the saints as a temple, he calls the building a “habitation of God through the Spirit.” (Eph 2:22) The same view is presented in 1 Corinthians 3:16: “Know you not, that you are the temple of God, and that the spirit of God dwells in you? If any man defile the temple of God, him shall God destroy: for the temple of God is holy, which temple you are.” So the heathen deities were imagined to dwell in the temples dedicated to them; and so God was in his holy temple at Jerusalem.
4. La gravité du péché contre le Saint-Esprit est une preuve de sa divinité. Lorsque Ananias et Saphira mentirent au Saint-Esprit, Pierre expliqua l’énormité de leur péché en ces termes : « Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu » (Act 5:3-4). Pécher contre le Saint-Esprit, c’est pécher non contre une créature, mais contre Dieu. Cet argument acquiert une force bien plus grande lorsque nous considérons les paroles de Christ : « Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné aux hommes » (Matt 12:31). Quelle que soit la raison qui rend impardonnable le blasphème contre le Saint-Esprit, elle doit inclure le fait qu’il est Dieu. S’il n’est pas Dieu, le péché commis contre lui serait moins grave que celui commis contre le Père et le Fils.4. The heinousness of the sin against the Holy Spirit, is proof of his divinity. When Ananias and Sapphira lied to the Holy Spirit, Peter explained the enormity of their sin in these words: “You have not lied to men, but to God.” (Acts 5:3-4) To sin against the Holy Spirit, is to sin, not against a creature, but against God. This argument acquires greatly increased force, when we consider the words of Christ: “All manner of sin and blasphemy shall be forgiven unto men; but the blasphemy against the Holy Spirit shall not be forgiven unto men.” (Mat 12:31). Whatever be the reason that renders blasphemy against the Holy Spirit unpardonable, it must include in it that he is God. If he is not God, sin committed against him would be less heinous than that committed against the Father and the Son.
5. Des passages de l’Ancien Testament qui parlent de l’Éternel, le Dieu suprême, sont appliqués dans le Nouveau Testament au Saint-Esprit (Ex 17:7 comparé avec Héb 3:9 ; És 6:8 avec Act 28:25 ; Jér 31:31-34 avec Héb 10:15-17).5. Passages of the Old Testament which speak of Jehovah, the Supreme God, are, in the New Testament, applied to the Holy Spirit (Exo 17:7 compared with Heb 3:9; Isa 6:8, with Acts 28:25; Jer 31:31-34, with Heb 10:15-17).
6. Les attributs de Dieu sont appliqués, dans l’Écriture, au Saint-Esprit.6. The attributes of God are applied, in Scripture, to the Holy Spirit.
Éternité. « Qui, par un esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu » (Héb 9:14).Eternity. “Who through the eternal Spirit offered himself without spot to God.” (Heb 9:14)
Omniprésence. « Où irais-je loin de ton esprit, et où fuirais-je loin de ta face ? » (Ps 139:7).Omnipresence. “Where shall I go from your Spirit? and where shall I flee from your presence?” (Psa 139:7)
Omniscience. « L’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu » (1 Cor 2:10).Omniscience. “The Spirit searches all things; yes, the deep things of God.” (1 Cor 2:10)
7. Des œuvres divines sont attribuées au Saint-Esprit.7. Divine works are ascribed to the Holy Spirit.
Création. « L’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux » (Gen 1:2). « Son souffle a donné au ciel la sérénité » (Job 26:13).Creation. “The Spirit of God moved on the face of the waters.” (Gen 1:2) “By his Spirit he garnished the heavens.” (Job 26:13)
Providence. « Tu envoies ton souffle : ils sont créés, et tu renouvelles la face de la terre » (Ps 104:30).Providence. “You send forth your Spirit, they are created; and you renew the face of the earth.” (Psa 104:30)
Miracles. « Si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu vers vous » (Matt 12:28). « À un autre, le don d’opérer des miracles », par le même Esprit (1 Cor 12:10).Miracles. “If I cast out devils by the Spirit of God, then the kingdom of God is come unto you.” (Mat 12:28) “To another is given the working of miracles by the same Spirit.” (1 Cor 12:10)
Résurrection de Christ. « Déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts » (Rom 1:4). « Ayant été mis à mort quant à la chair, mais ayant été rendu vivant quant à l’Esprit » (1 Pi 3:18).Resurrection of Christ. “Declared to be the Son of God with power, according to the spirit of holiness, by the resurrection from the dead.” (Rom 1:4) “Being put to death in the flesh, but quickened by the Spirit.” (1 Pet 3:18)
Résurrection des croyants. « Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d’entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous » (Rom 8:11).Resurrection of believers. “If the Spirit of him that raised up Jesus from the dead dwell in you, he who raised up Christ from the dead shall also quicken your mortal bodies by his Spirit that dwells in you.” (Rom 8:11)
Chapitre III. L’OFFICE du Saint-EspritChapter III. The OFFICE of the Holy Spirit
LE SAINT-ESPRIT EST LE SANCTIFICATEUR ET LE CONSOLATEUR DU PEUPLE DE DIEU. (Ps 51:10-12 ; Ézéchiel 36:27 ; Jean 14:26 ; Act 9:31 ; Rom 5:5 ; 8:13, 16, 26 ; 1 Cor 6:11 ; 2 Cor 1:22 ; 3:18 ; Gal 5:22 ; 2 Thess 2:13)THE HOLY SPIRIT IS THE SANCTIFIER AND COMFORTER OF GOD’S PEOPLE. (Psa 51:10-12; Ezekiel 36:27; John 14:26; Acts 9:31; Rom 5:5; 8:13, 16, 26; 1 Cor 6:11; 2 Cor 1:22; 3:18; Gal 5:22; 2 Thess 2:13)
Le Saint-Esprit est l’auteur de la sainteté chez tous ceux qui sont sauvés : « Par la sanctification de l’Esprit » (1 Pi 1:2). « Vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés… par l’Esprit de notre Dieu » (1 Cor 6:11). Il est l’auteur de la vie nouvelle ou spirituelle qui est produite dans la régénération (Jean 3:6). Non seulement le commencement de la vie nouvelle, mais tout son progrès dépend de l’Esprit : c’est pourquoi il est dit que les croyants vivent par l’Esprit (Gal 5:25), marchent selon l’Esprit, sont conduits par l’Esprit (Gal 5:18) et sont remplis de l’Esprit (Éph 5:18) ; et, pour cette raison, David pria : « Ne me retire pas ton esprit saint » (Ps 51:11). Comme c’est son office de transformer l’âme et, d’un état de mort par les offenses et les péchés, de l’amener à une vie nouvelle, de même c’est son office de transformer notre corps vil et de le rendre semblable au corps glorieux de Christ : « Celui qui a ressuscité Christ d’entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous » (Rom 8:11). Comme le corps et l’esprit sont tous deux rachetés par Christ, ainsi le corps et l’esprit sont tous deux transformés par le Saint-Esprit et rendus propres à la présence et à la jouissance de Dieu.The Holy Spirit is the author of holiness in all those who are saved: “Through sanctification of the Spirit.” (1 Pet 1:2) “You are washed, you are sanctified by the Spirit of our God.” (1 Cor 6:11) He is the author of the new or spiritual life which is produced in regeneration (John 3:6). Not only the beginning of the new life, but its whole progress, is dependent on the Spirit: wherefore, believers are said to live in the Spirit (Gal 5:25), to walk in the Spirit, to be led by the Spirit (Gal 5:18), and be filled with the Spirit (Eph 5:18); and, for this reason David prayed, “Take not your Holy Spirit from me.” (Psa 51:11) As it is his office to change the soul, and from a state of death in trespasses and sins, bring it into a new life, so it is his office to change our vile body, and fashion it like the glorious body of Christ: “He who raised up Jesus from the dead, shall also quicken your mortal bodies by his Spirit that dwells in you.” (Rom 8:11) As both body and spirit are redeemed by Christ, so both body and spirit are changed by the Holy Spirit, and fitted for the presence and enjoyment of God.
Le Saint-Esprit est le Consolateur du peuple de Dieu. Par son enseignement s’obtient la connaissance du salut par le pardon des péchés. Le Sauveur a promis : « Il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera » (Jean 16:15). En accomplissement de cette promesse, l’Esprit fait connaître la suffisance et la convenance de Christ comme Sauveur, et l’efficacité de son sang pour purifier du péché. Par le Saint-Esprit, les promesses de la parole divine sont appliquées au cœur. C’est pourquoi la paix et la joie sont appelées le fruit de l’Esprit (Gal 5:22). Ces jouissances spirituelles, qui sont un avant-goût du Ciel, sont appelées « les arrhes de l’Esprit » (Éph 1:13-14 ; 2 Cor 1:22). Et, puisque les arrhes sont données par lui, nous avons raison de conclure que la pleine possession sera donnée par lui. De même que Christ sera le moyen par lequel la félicité du monde à venir sera accordée, de même le Saint-Esprit sera l’agent immédiat qui l’accordera. La première consolation ici-bas, et la pleine félicité et la gloire du Ciel, sont également son œuvre.The Holy Spirit is the Comforter of God’s people. By his teaching, the knowledge of salvation by the remission of sins is obtained. The Savior promised: “He shall take of mine, and shall show it unto you.” (John 16:15) In fulfillment of this promise, the Spirit makes known the sufficiency and suitableness of Christ as Savior, and the efficacy of his blood to cleanse from sin. By the Holy Spirit the promises of the divine word are applied to the heart. Hence, peace and joy are called the fruit of the Spirit (Gal 5:22). These spiritual enjoyments, which are a foretaste of Heaven, are called “the earnest of the Spirit.” (Eph 1:13-14; 2 Cor 1:22) And, as the earnest is given by him, we have reason to conclude that the full possession will be given by him. As Christ will be the medium through which the felicity of the future world will be bestowed; so, the Holy Spirit will be the immediate agent in bestowing it. The first comfort here below, and the full bliss and glory of Heaven, are alike his work.
Conclusion.Conclusion.
Adam devint une âme vivante lorsque Dieu souffla en lui un souffle de vie (Gen 2:7) ; et, depuis lors, le fait de respirer est la preuve que la vie existe. La prière peut être regardée comme la respiration de l’homme spirituel. Une preuve suffisante fut donnée que Saul de Tarse avait été converti lorsque le Seigneur dit : « Car il prie » (Act 9:11). La vraie prière procède du Saint-Esprit, qui communique la vie spirituelle et allume ces désirs spirituels qui trouvent leur expression dans la prière. Ces désirs sont exhalés dans le sein de Dieu, dans l’exercice d’une confiance filiale en lui ; et, étant conformes à la volonté de Dieu (Rom 8:27), ils sont regardés par lui avec faveur et obtiennent des réponses de grâce et de paix.Adam became a living soul when God breathed into him the breath of life: (Gen 2:7) and from that time, the process of breathing is evidence that life exists. Prayer may be regarded as the breathing of the spiritual man. Sufficient proof was given that Saul of Tarsus had been converted, when the Lord said, “Behold, he prays.” (Acts 9:11) True prayer proceeds from the Holy Spirit, imparting spiritual life, and enkindling those spiritual desires which find their vent in prayer. These desires are breathed into the bosom of God, in the exercise of filial confidence in him; and, being in accordance with the will of God (Rom 8:27), they are regarded by him with favor, and obtain answers of grace and peace.
D’après cette vue de la prière, nous pouvons voir la justesse de l’injonction de l’Apôtre : « Priez sans cesse » (1 Thess 5:17). La cessation de la prière serait la cessation de la vie spirituelle. Une formule de paroles ne peut être employée sans cesse ; mais les désirs spirituels doivent toujours avoir place dans le cœur, et l’habitude doit toujours exister de regarder à Dieu pour l’accomplissement de ces désirs. Cette communion constante avec Dieu est la vie de foi. Nous vivons avec lui, conversons avec lui et jouissons de la communion avec lui, par le Saint-Esprit qui habite en nous.From this view of prayer, we may see the propriety of the Apostle’s injunction: “Pray without ceasing.” (1 Thess 5:17) The cessation of prayer would be the cessation of spiritual life. A form of words may not be incessantly used; but spiritual desires must ever have place in the heart; and the habit must ever exist, of looking to God for the fulfillment of these desires. This constant fellowship with God is the life of faith. We live with him, converse with him, and enjoy communion with him, through the Holy Spirit which dwells in us.
Nous nous plaignons souvent que nos prières ne soient pas exaucées ; mais il serait profitable de rechercher ce qu’étaient ces demandes non exaucées. Avons-nous demandé la richesse, le pouvoir et une longue vie ? Si c’est le cas, nos désirs étaient charnels et ne procédaient pas de l’Esprit de Dieu. Nous devons apprendre à régler nos désirs sur la volonté de Dieu, et nos prières seront sûres d’obtenir un accueil favorable.We often complain that our prayers are not answered; but it would be profitable to inquire, what those unanswered petitions were. Did we ask for wealth, power, and long life? If so, our desires were carnal, and did not proceed from the Spirit of God. We must learn to regulate our desires by the will of God, and our prayers will be sure to obtain a gracious hearing.
La prière sincère commence au commencement même de la vie spirituelle. Les cris d’un petit enfant expriment ses besoins avant qu’il sache les exprimer par des mots ; et la tendre mère comprendra ce langage inarticulé. Ainsi les désirs du petit enfant spirituel peuvent être exprimés par des « soupirs inexprimables » (Rom 8:26) ; mais le Seigneur comprend ces soupirs, et il connaît quelle est la pensée de l’Esprit, qui intercède pour eux. Comme l’agneau dans le sein du bon berger ; comme le nourrisson sur le sein de sa tendre mère ; ainsi le petit enfant spirituel repose dans le sein de l’amour éternel, et dans ce sein il exhale tous ses désirs.Sincere prayer begins with the very commencement of spiritual life. An infant’s cries express its wants, before it knows how to express them in words; and the tender mother will understand this inarticulate language. So the desires of the spiritual infant may be signified by “groanings which cannot be uttered:” (Rom 8:26) but the Lord understands these groans, and knows what is the mind of the Spirit, who makes intercession for them. As the lamb in the bosom of the kind shepherd; as the babe on the breast of its tender mother; so the spiritual babe reposes on the bosom of eternal love; and in that bosom breathes all its desires.
La vie spirituelle, manifestée d’abord par la respiration de la prière, est ensuite indiquée par la croissance spirituelle. Pour être spirituels, nous ne devons pas rester toujours des enfants en religion. Paul dit aux Corinthiens : « Je n’ai pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ » (1 Cor 3:1). La vie spirituelle est progressive, et tend à faire de nous des hommes, des hommes forts en Jésus-Christ. La vérité de Dieu fournit le lait pour les enfants, et la nourriture solide pour ceux qui ont atteint un âge plus avancé (1 Pi 2:2 ; Héb 5:12). Nous nous sommes appliqués à l’étude de cette vérité ; et il sera bon pour nous de rechercher si notre vie spirituelle en a été nourrie, et si nous croissons dans la foi, dans l’amour et en toute grâce. À moins que la vérité ne fortifie l’homme intérieur et ne donne une vigueur accrue à la vie chrétienne, notre étude en aura été vaine.Spiritual life, evidenced at first by the breathing of prayer, is afterwards indicated by spiritual growth. To be spiritual, we must not ever remain babes in religion. Paul said to the Corinthians, “I could not speak unto you, as unto spiritual, but as unto carnal, even as unto babes in Christ.” (1 Cor 3:1) Spiritual life is progressive, and tends to make us men, strong men in Christ Jesus. The truth of God supplies the milk for babes, and the strong meat for those who have attained to greater age (1 Pet 2:2; Heb 5:12). We have been engaged in the study of this truth; and it will be well for us to inquire whether our spiritual life has been nourished by it, and whether we are growing in faith, and love, and every grace. Unless the truth strengthens the inner man, and gives increased vigor in the Christian life, our study of it has been in vain.