Manuel de masterMaster's textbook

📘 The Expositor’s Bible: Ruth (Watson) and Esther (Adeney) (extraits choisis)The Expositor’s Bible: Ruth (Watson) and Esther (Adeney) (assigned excerpts)

Commentaires historiques · Robert A. Watson et Walter F. AdeneyHistorical commentaries · Robert A. Watson and Walter F. Adeney

Robert A. Watson et Walter F. Adeney · originaux du domaine public ; cinq extraits au programme traduits par le STCRobert A. Watson and Walter F. Adeney · public-domain originals; five assigned excerpts translated by CTS

À propos de ce manuelAbout this textbook

Les lectures assignées de ce livre se trouvent sur cette page, en anglais et dans des traductions espagnole et française réalisées par le STC.The assigned readings from this book are on this page, in English and in a CTS Spanish translation. La page de l’examen explique quand il est obligatoire pour valider le cours au niveau master. Les validations antérieures restent acquises.The test page explains when this examination is required for master’s course completion. Valid earlier completions remain valid.

1. Élimélec, Naomi et la famine1. Elimelech, Naomi, and the Famine

Robert A. Watson, The Expositor’s Bible: Judges and Ruth (1889), section sur Ruth, p. 117-118. Extrait au programme. Les interprétations sont celles de l’auteur.Robert A. Watson, The Expositor’s Bible: Judges and Ruth (1889), Ruth section, p. 117–118. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.

Nous allons suivre l’histoire d’Élimélec, de sa femme Naomi et de leurs fils Machlon et Kiljon, dont le foyer de Bethléhem est sur le point d’être dispersé. Les brebis meurent dans les vallons dénudés, le bétail dans les champs. De ce sol d’ordinaire si fertile, on n’a récolté que peu de blé. Élimélec, voyant ses biens fondre, a décidé de quitter Juda pour un temps afin de sauver ce qui lui reste jusqu’à la fin de la famine, et il choisit le refuge le plus proche, les champs bien arrosés de Moab, au-delà de la mer Salée. Ce n’était pas loin ; il pouvait s’imaginer revenant bientôt reprendre la vie habituelle dans l’ancienne maison. Vrais Hébreux, ces Éphratiens ne cherchaient pas une occasion de rejeter le devoir de la piété et de rompre avec l’Éternel en quittant son pays. Sans doute espéraient-ils que Dieu bénirait leur départ, les ferait prospérer en Moab et les ramènerait en temps voulu. Partir était une épreuve, mais que pouvaient-ils faire d’autre, puisque la vie même, croyaient-ils, était en danger ?We are to follow the story of Elimelech, his wife Naomi and their sons Mahlon and Chilion whose home at Bethlehem is about to be broken up. The sheep are dying in the bare glens, the cattle in the fields. From the soil usually so fertile little corn has been reaped. Elimelech, seeing his possessions melt away, has decided to leave Judah for a time so as to save what remains to him till the famine is over, and he chooses the nearest refuge, the watered Field of Moab beyond the Salt Sea. It was not far; he could imagine himself returning soon to resume the accustomed life in the old home. True Hebrews, these Ephrathites were not seeking an opportunity to cast off pious duty and break with Jehovah in leaving His land. Doubtless they hoped that God would bless their going, prosper them in Moab and bring them back in good time. It was a trial to go, but what else could they do, life itself, as they believed, being at hazard?

2. La décision d’Orpa à la frontière de Moab2. Orpah’s Decision at the Border of Moab

Robert A. Watson, The Expositor’s Bible: Judges and Ruth (1889), section sur Ruth, p. 120. Extrait au programme. Les interprétations sont celles de l’auteur.Robert A. Watson, The Expositor’s Bible: Judges and Ruth (1889), Ruth section, p. 120. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.

Une telle occasion se présenta à Ruth et à Orpa lorsqu’elles atteignirent la frontière de Moab. Pour Orpa, les arguments de Naomi furent persuasifs. Sa mère vivait en Moab, et elle pouvait retourner à la maison de sa mère. Là régnaient les coutumes qu’elle avait suivies depuis son enfance. Elle aurait aimé partir avec Naomi, mais son intérêt pour la femme hébreue, pour le pays et la loi de l’Éternel ne suffisait pas à l’entraîner en avant. Orpa voyait l’avenir tel que Naomi le dépeignait : guère attrayant, il est vrai, si elle retournait dans son pays natal, mais beaucoup plus incertain et peut-être humiliant si elle franchissait la rivière qui les séparait. Elle embrassa Naomi et Ruth et prit seule la route du sud, pleurant en marchant, se retournant souvent pour revoir encore une fois ses amies, entrant à chaque pas dans une existence qui ne pourrait jamais être simplement l’ancienne vie reprise, mais qui serait colorée, dans toute son expérience, par ce qu’elle avait appris de Naomi et par cette séparation qui avait été son propre choix. Les autres ne la blâmèrent pas beaucoup, et nous, pour notre part, n’avons rien à lui reprocher.Such an occasion came to Ruth and Orpah when they reached the border of Moab. To Orpah the arguments of Naomi were persuasive. Her mother lived in Moab, and to her mother's house she could return. There the customs prevailed which from childhood she had followed. She would have liked to go with Naomi, but her interest in the Hebrew woman and the land and law of Jehovah did not suffice to draw her forward. Orpah saw the future as Naomi painted it, not indeed very attractive if she returned to her native place, but with far more uncertainty and possible humiliation if she crossed the dividing river. She kissed Naomi and Ruth and took the southward road alone, weeping as she went, often turning for yet another sight of her friends, passing at every step into an existence that could never be the old life simply taken up again, but would be coloured in all its experience by what she had learned from Naomi and that parting which was her own choice. The others did not greatly blame her, and we, for our part, may not reproach her.

3. Boaz, la justice publique et l’obligation du rédempteur3. Boaz, Public Justice, and the Redeemer’s Obligation

Robert A. Watson, The Expositor’s Bible: Judges and Ruth (1889), section sur Ruth, p. 132. Extrait au programme. Les interprétations sont celles de l’auteur.Robert A. Watson, The Expositor’s Bible: Judges and Ruth (1889), Ruth section, p. 132. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.

Souvent, il ne suffit pas de faire une chose avec les meilleurs motifs ; il faut la faire de la meilleure manière, pour le soutien de la justice, de la pureté ou de la vérité. Si la bienfaisance privée est l’un des plus beaux des arts, le chrétien est assez souvent appelé à en exercer un autre, plus difficile et non moins nécessaire dans la société. Tenu à un moment de ne pas laisser sa main gauche savoir ce que fait sa droite, il est tenu à un autre moment de prendre, en toute modestie et simplicité, ses semblables à témoin qu’il agit pour la justice, qu’il combat pour une pensée de Christ, qu’il ne se tient pas dans le parvis extérieur parmi ceux qui ont honte, mais qu’il a pris place avec le Maître devant le tribunal du monde. De plus, lorsqu’une affaire dans laquelle un chrétien est impliqué est portée devant le public et a suscité beaucoup de discussions et peut-être bien des critiques contre la religion et ceux qui la professent, il ne suffit pas qu’à l’abri des regards, hors du tribunal, on conclue un arrangement qui passe pour un règlement moral. Cela ne suffit pas, même si une personne dont les droits et la réputation sont en jeu y consent. Si le monde a encore des raisons de se demander si justice a été faite, justice n’a pas été faite. Si la véracité de l’Église est encore fondée à être soupçonnée, l’Église ne manifeste pas Christ comme elle le devrait. Car aucune cause morale une fois ouverte devant les assises publiques ne peut être réglée en privé. Elle ne concerne plus seulement un homme et un autre, ni un homme et l’Église. La conscience du genre humain a été constituée en jury et ne peut être congédiée sans jugement. D’innombrables causes retirées du tribunal, réglées par compromis, étouffées ou arrangées dans des coins avec un semblant de justice, assombrissent encore l’histoire de l’Église et jettent l’ombre d’un soupçon justifié sur le chemin où elle voudrait avancer. Même dans cette petite affaire de Bethléhem, l’homme de bien veut que tout se fasse en toute transparence et avec honneur, et il s’en tiendra au résultat, qu’il réponde à ses espérances ou qu’il les déçoive. À la porte de la ville, lieu de rencontre ordinaire pour la conversation et les affaires, Boaz prend place et invite le goël à s’asseoir à côté de lui, ainsi qu’un jury de dix anciens. Le tribunal ainsi constitué, il expose le cas de Naomi et son désir de vendre une parcelle de terre qui appartenait à son mari. Quand Élimélec avait quitté Bethléhem, il avait sans doute emprunté de l’argent sur ce champ, et la question est maintenant de savoir si le plus proche parent paiera la dette et, en outre, le reste de la valeur de la terre, afin que la veuve ait quelque chose à elle. Aussitôt le goël répond qu’il est prêt à acheter la terre. Mais ce n’est pas tout. En achetant le champ et en l’ajoutant à son domaine, cet homme prendra-t-il Ruth pour femme, afin de relever le nom du défunt dans son héritage ? Il n’y est pas disposé, car les enfants de Ruth auraient droit à cette portion de terre, et il ne veut pas appauvrir sa propre famille. « Je ne puis pas racheter pour mon compte, crainte de détruire mon héritage. » Il ôte son soulier et le donne à Boaz, renonçant à son droit de rachat.Often it is not enough that we do a thing from the best of motives; we must do it in the best way, for the support of justice or purity or truth. While private benevolence is one of the finest of arts, the Christian is not unfrequently called to exercise another which is more difficult and not less needful in society. Required at one hour not to let his left hand know what his right hand doeth, at another he is required in all modesty and simplicity to take his fellows to witness that he acts for righteousness, that he is contending for some thought of Christ's, that he is not standing in the outer court among those who are ashamed but has taken his place with the Master at the judgment bar of the world. Again, when a matter in which a Christian is involved is before the public and has provoked a good deal of discussion and perhaps no little criticism of religion and its professors it is not enough that out of sight, out of court some arrangement be made which counts for a moral settlement. That is not enough though a person whose rights and character are affected may consent to it. If still the world has reason to question whether justice has been done,—justice has not been done. If still the truthfulness of the church is under valid suspicion,—the church is not manifesting Christ as it should. For no moral cause once opened at public assize can be issued in private. It is no longer between one man and another, nor between a man and the church. The conscience of the race has been empanelled and cannot be discharged without judgment. Innumerable causes withdrawn from court, compromised, hushed up or settled in corners with an effort at justice still shadow the history of the church and cast a darkness of justifiable suspicion on the path along which she would advance. Even in this little affair at Bethlehem the good man will have everything done with perfect openness and honour and will stand by the result whether it meet his hopes or disappoint them. At the town-gate, the common meeting-place for conversation and business, Boaz takes his seat and invites the goël to sit beside him and also a jury of ten elders. The court thus constituted, he states the case of Naomi and her desire to sell a parcel of land which belonged to her husband. When Elimelech left Bethlehem he had, no doubt, borrowed money on the field, and now the question is whether the nearest kinsman will pay the debt and beyond that the further value of the land so that the widow may have something to herself. Promptly the goël answers that he is ready to buy the land. This, however, is not all. In buying the field and adding it to his estate will the man take Ruth to wife, to raise up the name of the dead upon his inheritance? He is not prepared to do that, for the children of Ruth would be entitled to the portion of ground and he is unwilling to impoverish his own family. "I cannot redeem it for myself, lest I mar my own inheritance." He draws off his shoe and gives it to Boaz renouncing his right of redemption.

4. Le courage d’Esther au milieu du luxe de la cour4. Esther’s Courage amid Courtly Luxury

Walter F. Adeney, The Expositor’s Bible: Ezra, Nehemiah, and Esther (1893), section sur Esther, p. 121. Extrait au programme. Les interprétations sont celles de l’auteur.Walter F. Adeney, The Expositor’s Bible: Ezra, Nehemiah, and Esther (1893), Esther section, p. 121. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.

Et pourtant notre Esther est une héroïne — capable, énergique, courageuse et patriote. L’éclat de sa carrière se voit précisément en ceci, qu’elle ne succombe pas au luxe qui l’entoure. Le harem royal, parmi les parterres de lis de Suse, est comme un palais au pays des mangeurs de lotus, « où c’est toujours l’après-midi » ; et celles qui y vivent, dans leur indolence rêveuse, sont tentées d’oublier toute obligation et tout intérêt au-delà de l’obligation de plaire au roi et de leur propre intérêt à s’assurer tout le confort que la richesse peut leur prodiguer. Nous ne nous attendons pas à trouver une Boadicée dans une telle serre chaude de narcotiques. Et lorsque nous y trouvons une femme forte et désintéressée comme Esther, triomphant de tentations presque insurmontables à une vie facile, et choisissant pour l’amour de son peuple opprimé une voie terriblement dangereuse pour elle-même, nous pouvons faire écho à l’admiration des Juifs pour leur héroïne nationale. C’est donc une femme qui joue le premier rôle dans ce drame de l’histoire juive. D’Ève à Marie, des femmes ont maintes fois occupé les places les plus en vue dans les pages de l’Écriture. L’histoire d’Israël trouve quelques-unes de ses situations les plus puissantes dans les exploits de Débora, de Jaël et de Judith. Du côté du mal, Dalila, Athalie et Jézabel ne sont pas moins en vue. Les femmes d’Israël jouissaient d’une liberté qui n’était pas permise dans la civilisation plus raffinée des grands empires d’Orient, et cela développait un esprit d’indépendance et une vigueur qu’on ne voyait pas d’ordinaire chez les femmes orientales. Dans le cas d’Esther, ces bonnes qualités purent survivre aux contraintes extérieures et à l’atmosphère amollissante de sa vie de cour. La scène de son histoire se situe dans le harem. Les complots et les intrigues du harem en fournissent les principaux épisodes. Pourtant, si Esther avait été une bergère des montagnes de Juda, elle n’aurait pas pu se montrer plus énergique. Mais sa vie de cour lui avait appris l’habileté en diplomatie, car elle devait se frayer un chemin parmi les plus grands dangers, comme quelqu’un qui marche parmi des couteaux cachés. La beauté du caractère d’Esther est qu’elle n’est pas gâtée par sa grande élévation. Être la seule favorite parmi toutes les jeunes filles choisies du royaume, et savoir qu’elle doit sa position privilégiée uniquement au goût du roi pour ses charmes personnels, aurait pu gâter la grâce d’une simple Juive. Haman, nous l’avons vu, fut perdu parce que ses honneurs devinrent trop grands pour sa maîtrise de soi. Mais chez Esther, nous ne trouvons pas trace de la sotte vanité qui devint le trait le plus marqué du grand vizir. Cela fait honneur à la saine éducation que Mardochée donna à la jeune orpheline, que sa pupille se soit montrée d’un caractère stable là où une personne plus faible aurait été prise de vertige par une exaltation égoïste. La simplicité inchangée du caractère d’Esther apparaît d’abord dans son obéissance soumise envers son tuteur, même après qu’elle eut atteint sa haute position. Bien qu’elle soit traitée comme sa reine par le Grand Roi, elle n’oublie pas le bon portier qui l’a élevée depuis l’enfance. Autrefois, elle avait l’habitude d’obéir à ce Juif grave, et elle n’a aucune idée de secouer le joug maintenant qu’il n’a plus aucun pouvoir reconnu sur elle. L’habitude de l’obéissance persiste en elle après que la nécessité en a disparu.And yet our Esther is a heroine—capable, energetic, brave, and patriotic. The splendour of her career is seen in this very fact, that she does not succumb to the luxury of her surroundings. The royal harem among the lily-beds of Shushan is like a palace in the land of the lotus-eaters, "where it is always afternoon"; and its inmates, in their dreamy indolence, are tempted to forget all obligations and interests beyond the obligation to please the king and their own interest in securing every comfort wealth can lavish on them. We do not look for a Boadicea in such a hot-house of narcotics. And when we find there a strong, unselfish woman such as Esther, conquering almost insuperable temptations to a life of ease, and choosing a course of terrible danger to herself for the sake of her oppressed people, we can echo the admiration of the Jews for their national heroine. It is a woman, then, who plays the leading part in this drama of Jewish history. From Eve to Mary, women have repeatedly appeared in the most prominent places on the pages of Scripture. The history of Israel finds some of its most powerful situations in the exploits of Deborah, Jael, and Judith. On the side of evil, Delilah, Athaliah, and Jezebel are not less conspicuous. There was a freedom enjoyed by the women of Israel that was not allowed in the more elaborate civilisation of the great empires of the East, and this developed an independent spirit and a vigour not usually seen in Oriental women. In the case of Esther these good qualities were able to survive the external restraints and the internal relaxing atmosphere of her court life. The scene of her story is laid in the harem. The plots and intrigues of the harem furnish its principal incidents. Yet if Esther had been a shepherdess from the mountains of Judah, she could not have proved herself more energetic. But her court life had taught her skill in diplomacy, for she had to pick her way among the greatest dangers like a person walking among concealed knives. The beauty of Esther's character is this, that she is not spoiled by her great elevation. To be the one favourite out of all the select maidens of the kingdom, and to know that she owes her privileged position solely to the king's fancy for her personal charms, might have spoilt the grace of a simple Jewess. Haman, we saw, was ruined by his honours becoming too great for his self-control. But in Esther we do not light on a trace of the silly vanity that became the most marked characteristic of the grand vizier. It speaks well for Mordecai's sound training of the orphan girl that his ward proved to be of stable character where a weaker person would have been dizzy with selfish elation. The unchanged simplicity of Esther's character is first apparent in her submissive obedience to her guardian even after her high position has been attained. Though she is treated as his Queen by the Great King, she does not forget the kind porter who has brought her up from childhood. In the old days she had been accustomed to obey this grave Jew, and she has no idea of throwing off the yoke now that he has no longer any recognised power over her. The habit of obedience persists in her after the necessity for it has been removed.

5. Mardochée, le service loyal et la providence5. Mordecai, Loyal Service, and Providence

Walter F. Adeney, The Expositor’s Bible: Ezra, Nehemiah, and Esther (1893), section sur Esther, p. 125. Extrait au programme. Les interprétations sont celles de l’auteur.Walter F. Adeney, The Expositor’s Bible: Ezra, Nehemiah, and Esther (1893), Esther section, p. 125. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.

Par la suite, il reçoit les plus grands honneurs que le roi puisse accorder ; mais il ne les recherche jamais, et il serait tout à fait content de rester à l’arrière-plan jusqu’à la fin, pourvu que son ardent désir du bien de son peuple puisse être accompli par la reine, qui a appris dès son enfance à s’appuyer sur ses conseils. Un tel effacement de soi est des plus rares et des plus beaux. Une tentation subtile d’ambition personnelle guette le chemin de tout homme qui entreprend quelque grande œuvre publique pour le bien d’autrui d’une manière qui l’expose nécessairement aux regards. Même s’il se croit animé du patriotisme le plus pur, il ne peut pas ne pas s’apercevoir qu’il s’expose à l’admiration par le désintéressement même de sa conduite. La chose rare est de voir le même zèle chez une personne placée dans l’obscurité, qui accepte que toute son énergie soit consacrée à former et à guider une autre personne, qui seule deviendra l’agent visible de quelque grande œuvre. La seule action dans laquelle Mardochée occupe un moment la première place éclaire un autre côté de son caractère. Il y a dans l’histoire une intrigue secondaire. Mardochée sauve la vie du roi en lui découvrant une conspiration. La valeur de ce service est frappante à la lumière du fait historique que, plus tard, une autre conspiration toute semblable aboutit à l’assassinat de Xerxès. Dans les distractions de ses expéditions à l’étranger et dans son abandon aux plaisirs chez lui, le roi oublie toute l’affaire, et Mardochée poursuit son chemin tranquille comme auparavant, sans jamais imaginer l’honneur qui doit la récompenser. Or cet épisode semble introduit pour montrer comment les rouages compliqués de la providence travaillent tous ensemble à la délivrance finale d’Israël. La découverte fortuite du service resté sans récompense de Mardochée, alors que le roi trompe les longues heures d’une nuit sans sommeil en écoutant les chroniques de son règne, conduit à la reconnaissance de Mardochée et à la première humiliation d’Haman, et prépare le roi à d’autres mesures. Mais l’épisode jette aussi un éclairage indirect sur Mardochée dans une autre direction. L’humble portier est loyal envers le grand despote. C’est un Juif passionnément patriote ; mais son patriotisme ne fait pas de lui un rebelle, et ne lui permet pas non plus de se tenir silencieusement à l’écart en laissant se poursuivre sans obstacle une intrigue scélérate, même si elle vise le monarque qui tient son peuple sous le joug. Mardochée est l’humble ami du grand roi de Perse à l’heure du danger.Subsequently he receives the highest honours the king can bestow; but he never seeks them, and he would be quite content to remain in the background to the end, if only his eager desire for the good of his people could be accomplished by the queen who has learnt to lean upon his counsel from her childhood. Such self-effacement is most rare and beautiful. A subtle temptation to self-regarding ambition besets the path of every man who attempts some great public work for the good of others in a way that necessarily brings him under observation. Even though he believes himself to be inspired by the purest patriotism, it is impossible for him not to perceive that he is exposing himself to admiration by the very disinterestedness of his conduct. The rare thing is to see the same earnestness on the part of a person in an obscure place, willing that the whole of his energy should be devoted to the training and guiding of another, who alone is to become the visible agent of some great work. The one action in which Mordecai momentarily takes the first place throws light on another side of his character. There is a secondary plot in the story. Mordecai saves the king's life by discovering to him a conspiracy. The value of this service is strikingly illustrated by the historical fact that, at a later time, just another such conspiracy issued in the assassination of Xerxes. In the distractions of his foreign expeditions and his abandonment to self-indulgence at home, the king forgets the whole affair, and Mordecai goes on his quiet way as before, never dreaming of the honour with which it is to be rewarded. Now this incident seems to be introduced to show how the intricate wheels of Providence all work on for the ultimate deliverance of Israel. The accidental discovery of Mordecai's unrequited service when the king is beguiling the long hours of a sleepless night by listening to the chronicles of his reign leads to the recognition of Mordecai and the first humiliation of Haman, and prepares the king for further measures. But the incident reflects a side light on Mordecai in another direction. The humble porter is loyal to the great despot. He is a passionately patriotic Jew; but his patriotism does not make a rebel of him, nor does it permit him to stand aside silently and see a villainous intrigue go on unmolested, even though it is aimed at the monarch who is holding his people in subjection. Mordecai is the humble friend of the great Persian king in the moment of danger.

Lectures assignées tirées d’une édition historique du domaine public (Public-domain original / CTS faculty draft 2026) ; l’espagnol et le français sont des traductions du STC.Assigned readings from a historical public-domain edition (Public-domain original / CTS faculty draft 2026); the Spanish is a CTS translation.