1. Comment le texte de l’Écriture a été préservé1. How the Text of Scripture Has Been Preserved
Joseph Angus, The Bible Hand-Book (1868), chapitre 1, « On the Genuineness of Scripture: or the Bible as Inspired Men Wrote It » (De l’authenticité du texte de l’Écriture, ou la Bible telle que des hommes inspirés l’ont écrite). Extrait au programme. Les interprétations sont celles de l’auteur.Joseph Angus, The Bible Hand-Book (1868), chapter 1, “On the Genuineness of Scripture: or the Bible as Inspired Men Wrote It”. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.
Si l’on possédait encore un manuscrit de chaque livre de la Bible écrit de la main de son auteur, et si l’on pouvait prouver qu’il l’est, toute copie conforme à ce manuscrit serait parfaitement authentique. Mais il n’existe plus aujourd’hui de tels autographes d’aucun livre ancien ; et pourtant, certaines circonstances qui accompagnent la préservation et la transmission des manuscrits des Écritures prouvent leur authenticité avec presque autant de certitude que si les premières copies existaient encore.If a MS. of each book of the Bible in the author’s handwriting were still extant, and if the fact of its being such could be proved, every copy that agreed with the MS. would be perfectly genuine. There are now, however, no such autographs of any ancient books; and yet there are circumstances attending the preservation and transmission of the MSS. of the Scriptures, which prove their genuineness with nearly as much certainty as if the first copies were still in existence.
[Un manuscrit, ou un livre, qu’il soit anonyme ou écrit par la personne dont il porte le nom, ou par quelqu’un qui use d’un nom ou d’un titre d’emprunt, est authentique : 1) si tout ce qu’il affirme au sujet de son auteur est vrai ; et 2) si son texte, en tous les points essentiels, demeure tel qu’il est sorti de la main de l’auteur. Si le texte a été modifié de manière essentielle, il est corrompu. Si ce qu’il affirme au sujet de son auteur est faux, le manuscrit ou le livre est supposé, ou contrefait.][A MS., or book, whether anonymous or written by the person whose name it bears, or by one using an assumed name or title, is genuine, (1.) If whatever it affirms in respect to the authorship of it is true; and (2.) If its text in all material points remains as it proceeded from the author. If the text has been materially changed, it is corrupt. If its statements in respect to authorship are false, the MS. or book is spurious, or forged.]
La question de l’authenticité de l’Écriture est grandement simplifiée par l’invention de l’imprimerie. Cet art abrège et fixe les dates des livres et, en multipliant les exemplaires et les éditions, préserve le texte de la corruption. Comme les livres imprimés ne peuvent être modifiés à la plume, toute modification essentielle du texte devient impossible ou sans effet. Les manuscrits des livres imprimés sont donc désormais confiés, sans crainte de falsification, « à la garde immortelle de la presse ».The question of the genuineness of Scripture is much simplified by the invention of printing. That art shortens and fixes the dates of books, and by multiplying copies and editions secures the text from corruption. As printed books cannot be altered by the pen, any material change of the text becomes impossible or nugatory. The MSS. of printed books are now committed therefore without fear of falsification “to the immortal custody of the press.”
Il existe encore, par exemple, des exemplaires imprimés de l’Ancien Testament en hébreu, datés de Soncino, en 1488 apr. J.-C., et de Brescia, en 1494 apr. J.-C. Un exemplaire de 1488 se trouve à la bibliothèque d’Exeter College, à Oxford, et la Bibliothèque royale de Berlin possède l’exemplaire même (daté de 1494) à partir duquel Luther fit sa traduction allemande. Il existe aussi des exemplaires du Nouveau Testament en grec, datés de Bâle, 1516, édités par Érasme, et en grec et en latin, datés d’Alcalá ou Complutum (en Espagne), 1514. Comparés entre eux et avec les éditions modernes, ces exemplaires se révèlent concorder pour l’essentiel. Ils prouvent donc d’un seul coup l’existence des Écritures au XVe siècle. Ils prouvent aussi que le texte des éditions modernes n’a pas été altéré de façon essentielle au cours des 350 dernières années.There are still extant, for example, printed copies of the Old Testament in Hebrew, dated Soncino, A. D. 1488, and Brescia, A. D. 1494. A copy of the year 1488 is in the library of Exeter College, Oxford, and in the Royal Library at Berlin is the identical copy (dated 1494) from which Luther made his German translation. There are extant also copies of the New Testament in Greek, dated Basle, 1516, edited by Erasmus, and in Greek and Latin, dated Alcala or Complutum (in Spain), 1514. On being compared with each other, and with modern editions, these copies are found to agree in the main. They, therefore, prove by a single step, the existence of the Scriptures in the 15th century. They prove, also, that the text of modern editions has not been materially impaired during the last 350 years.
Ces deux éditions du Nouveau Testament, fondées sur un examen très partiel des manuscrits, forment la base du Texte reçu. La première édition de ce texte fut imprimée en 1624 par Elzevier. Outre les deux éditions que nous venons de nommer, il eut l’avantage de pouvoir consulter les éditions d’Estienne (Paris, 1546) et de Bèze (Genève, 1565), mais il n’en introduisit pas beaucoup de leçons importantes.These two editions of the New Testament which are founded upon a very partial examination of MSS. form the basis of the Received Text. The first edition of that text was printed in 1624, by Elzevir. Besides the two editions just named, he had the advantage of consulting the editions of Stephens (Paris, 1546), and of Beza (Gen. 1565), but did not introduce from them many important readings.
À l’époque où ces volumes furent imprimés, il existait des copies manuscrites des Écritures dans la plupart des bibliothèques publiques d’Europe. Avec les écrits des Pères, ou d’autres auteurs ecclésiastiques du Moyen Âge, elles forment l’essentiel de la plupart des catalogues de bibliothèque du XVe siècle. Le Dr Kennicott collationna 630 de ces manuscrits pour son édition critique de la Bible hébraïque. De Rossi en collationna 734 de plus. Et plus de 600 manuscrits ont été examinés pour les éditions récentes du Testament grec.At the time these volumes were printed, there were MS. copies of the Scriptures in most of the public libraries of Europe. They form, with the writings of the Fathers, or of other ecclesiastical authors of the middle ages, the bulk of most library catalogues of the 15th century. Dr. Kennicott collated 630 of these MSS. for his critical edition of the Hebrew Bible. De Rossi collated 734 more. And upwards of 600 MSS. have been examined for recent editions of the Greek Testament.
Pour les classiques grecs et romains, vingt ou dix manuscrits sont jugés amplement suffisants pour établir un texte exact : les critiques connaissent quinze manuscrits d’Hérodote, dont le plus ancien date du Xe siècle ; et c’est une bonne moyenne pour les manuscrits anciens des auteurs classiques. Il est donc évident qu’à cet égard l’avantage est largement du côté des Écritures. Le nombre des manuscrits a fourni des ressources abondantes pour rendre au texte sa pureté originelle, et donne en même temps une sécurité absolue contre des corruptions étendues.In the case of the Greek and Roman classics, twenty, or ten MSS. are deemed amply sufficient to form an accurate text: fifteen MSS. of Herodotus are known to critics, of which the most ancient belongs to the 10th century: and this is a fair average of the ancient MSS. of classic authors. It is obvious, therefore, that the advantage in this respect is greatly on the side of the Scriptures. The number of MSS. has afforded ample provision for restoring the text to its original purity, and at the same time gives absolute security against extensive corruptions.
2. L’histoire de la Bible anglaise et la valeur d’une parole écrite2. The History of the English Bible and the Value of a Written Word
Joseph Angus, The Bible Hand-Book (1868), chapitre 1, « On the Genuineness of Scripture: or the Bible as Inspired Men Wrote It » (De l’authenticité du texte de l’Écriture, ou la Bible telle que des hommes inspirés l’ont écrite). Extrait au programme. Les interprétations sont celles de l’auteur.Joseph Angus, The Bible Hand-Book (1868), chapter 1, “On the Genuineness of Scripture: or the Bible as Inspired Men Wrote It”. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.
La version anglaise des Écritures aujourd’hui en usage est elle-même le fruit de révisions successives. Dans la préface de la Bible des évêques (1568 apr. J.-C.), il est fait explicitement mention d’anciennes versions saxonnes, et il existe encore des parties de la Bible en saxon, traduites par Bède, par Alfred le Grand et par Ælfric de Cantorbéry. D’anciens manuscrits saxons des Évangiles sont encore conservés dans les bibliothèques du British Museum et de Corpus Christi College, à Cambridge.The English version of the Scriptures now in use is itself the result of repeated revisions. In the preface to the Bishops’ Bible, (A. D. 1568) a distinct reference is made to early Saxon versions, and there are still extant parts of the Bible in Saxon, translated by Bede, by Alfred the Great, and by Ælfric of Canterbury. Early Saxon MSS. of the Gospels are still preserved in the libraries of the British Museum, and Corpus Christi College, Cambridge.
La traduction de la Bible fut achevée par Wycliffe et ses collaborateurs vers 1382 apr. J.-C. Elle n’exista longtemps qu’en manuscrit, mais elle est aujourd’hui entièrement imprimée (Nouveau Testament, 1731 ; Ancien Testament, 1848). Cette œuvre fut regardée avec une grave méfiance, et un projet de loi fut présenté à la Chambre des lords pour la supprimer ; mais il fut rejeté grâce à l’influence de Jean de Gand. En 1408, cependant, dans une assemblée du clergé tenue à Oxford, il fut décidé que nul ne traduirait aucun texte de l’Écriture en anglais, sous forme de livre ou de traité, et qu’aucun livre de ce genre ne serait lu. Cette décision entraîna une grande persécution, bien qu’il y ait lieu de croire que, malgré cela, de nombreux manuscrits de l’Écriture circulaient alors largement dans toute l’Angleterre.The translation of the Bible was completed by Wycliffe and his helpers about A. D. 1382. It existed only in MS. for many years, but the whole is now in print (New Testament, 1731; Old Testament, 1848.) The work was regarded with grave suspicion, and a bill was introduced into the House of Lords for suppressing it; but through the influence of John O’Gaunt this was rejected. In 1408, however, in a convocation held at Oxford, it was resolved that no one should translate any text of Scripture into English, as a book or tract, and that no book of the kind should be read. This resolution led to great persecution, though there is reason to believe that, notwithstanding, many MSS. of Scripture were at that time in extensive circulation throughout England.
La première édition imprimée de la Bible en anglais fut publiée par Tyndale : le Nouveau Testament en 1526, et la Bible, en partie, en 1532. Tonstall, évêque de Londres, et Sir Thomas More se donnèrent beaucoup de peine pour racheter et brûler le tirage, mais cela eut pour effet de permettre au traducteur de publier une édition plus grande et améliorée, « soigneusement corrigée et comparée avec le grec ». Miles Coverdale révisa le tout et le dédia au roi Henri VIII, en 1535 apr. J.-C. ; et en 1537, John Rogers, qui avait aidé Tyndale et résidait alors à Anvers, réimprima une édition tirée de Tyndale et de Coverdale. Cette édition fut publiée sous le nom d’emprunt de Thomas Matthews. Une révision de cette édition fut à son tour publiée (1539 apr. J.-C.) par Richard Taverner.The first printed edition of the Bible in English, was published by Tyndale; the New Testament in 1526, and the Bible, in part, in 1532. Tonstall, Bishop of London, and Sir Thomas More, took great pains to buy up and burn the impression, but with the effect thereby, of enabling the translator to publish a larger and improved edition, “diligently corrected and compared with the Greek.” Miles Coverdale revised the whole, and dedicated it to King Henry the 8th, A. D. 1535; and in 1537 John Rogers, who had assisted Tyndale, and was then residing at Antwerp, reprinted an edition, taken from Tyndale and Coverdale. This edition was published under the assumed name of Thomas Matthews. A revision of this edition again was published (A. D. 1539,) by Richard Taverner.
La Grande Bible parut en 1539 apr. J.-C. C’était celle de Coverdale, révisée par le traducteur, avec l’approbation de Cranmer. Elle fut imprimée en grand in-folio. Pour l’édition de 1540, Cranmer écrivit une préface, d’où son nom de Bible de Cranmer. Elle fut publiée « par autorité ». Pendant les sept années du règne du roi Édouard VI, onze éditions des Écritures furent imprimées, mais on n’entreprit aucune nouvelle version ni révision. Sous le règne de Marie parut la Bible de Genève, en 1557-1560 apr. J.-C. Coverdale et d’autres, qui s’étaient réfugiés à Genève, l’éditèrent et y ajoutèrent des notes marginales.The Great Bible appeared A. D. 1539. It was Coverdale’s, revised by the translator, under the sanction of Cranmer. It was printed in large folio. For the edition of 1540 Cranmer wrote a preface, and it is hence called Cranmer’s Bible. It was published “by authority.” During the seven years of King Edward’s (VI.) reign eleven editions of the Scriptures were printed, but no new version or revision was attempted. During the reign of Mary was published the Geneva Bible, A. D. 1557-60. Coverdale and others who had taken refuge in Geneva, edited it, and added marginal annotations.
L’archevêque Parker obtint de la reine Élisabeth l’autorisation de réviser les traductions existantes et, avec l’aide de divers évêques et d’autres, publia en 1568 ce que l’on appela la Bible des évêques. Elle contient de brèves notes et, dans les éditions de petit format (à partir de 1589), le texte est divisé en versets, comme celui de la Bible de Genève. Le même texte fut ensuite imprimé (en 1572) en plus grand format, avec diverses préfaces, sous le nom de Bible de Matthew Parker. Elle resta d’usage courant dans les églises pendant quarante ans, bien que la Bible de Genève fût peut-être davantage lue en privé. Le Nouveau Testament de Reims et l’Ancien Testament de Douai forment la Bible anglaise des catholiques romains. Le premier fut imprimé à Reims en 1582 apr. J.-C., et le second à Douai en 1609-1610 apr. J.-C. En 1603, le roi Jacques résolut de faire réviser la traduction et nomma à cet effet cinquante-quatre hommes de savoir et de piété. Quarante-sept seulement entreprirent le travail, qui fut achevé en quatre ans (de 1607 à 1611). Le texte ainsi préparé et imprimé en 1611 est la version autorisée.Archbishop Parker obtained authority from Queen Elizabeth to revise the existing translations, and with the help of various bishops and others, published in 1568 what was called the Bishops’ Bible. It contains short annotations, and in the smaller editions (from 1589) the text is divided, like the Genevan, into verses. The same text was afterwards printed (in 1572) in a larger size, and with various prefaces, under the name of Matthew Parker’s Bible. It continued in common use in the churches for forty years, though the Genevan Bible was perhaps more read in private. The Rhemish New Testament and the Douay Old Testament form the English Bible of the Romanists. The former was printed at Rheims, A. D. 1582 and the latter at Douay, A. D. 1609-10. In 1603 King James resolved on a revision of the translation, and for this purpose appointed fifty-four men of learning and piety. Forty-seven only undertook the work, and in four years (from 1607-11), it was completed. The text, as thus prepared and printed in 1611, is the authorized version.
Quelle sagesse se voit dans le fait que nous ayons une parole écrite ; non une tradition, et non plusieurs Bibles, mais une seule ! Une révélation plus étendue que celle-ci aurait multiplié les difficultés de la recherche. Une révélation moindre aurait depuis longtemps perdu sa netteté. Même en dehors de toute volonté de corrompre un message divin, une tradition purement orale aurait souffert de l’état de ceux à qui elle était adressée. L’influence de l’état moral de l’homme sur son jugement et ses perceptions est si constante que toute révélation non écrite aurait subi des modifications essentielles, quoique peut-être insensibles. De plus, toute vérité qui, dans un siècle, aurait cessé d’avoir une importance immédiate, aurait été omise parmi les vérités transmises au siècle suivant. Sans la Bible, nous aurions eu une révélation affreusement mutilée et, pour ce qui en serait resté, nous aurions eu à combattre non tant pour le sens des paroles de notre Maître que pour les paroles elles-mêmes. Quelle grâce, donc, que dans un monde enclin à dégrader tout ce qui est saint et à falsifier tout ce qui est vrai, tout ce qui a pu vieillir avec l’âge ait le moyen de renouveler sa jeunesse, et que tout ce qui a pu se perdre dans la mémoire de l’Église ne soit pas perdu sans retour ! Nous avons les semences de la réforme et d’une connaissance renouvelée : la « parole du Seigneur », elle-même, qui « demeure éternellement ».What wisdom is seen in the fact that we have a written word; not tradition, and not many Bibles, but one. A revelation more than this would have multiplied the difficulties of inquiry. A revelation less than this would long ago have lost its distinctness. Apart from any desire to vitiate a Divine message, merely oral tradition must have suffered from the condition of those to whom it was addressed. So incessant is the influence of man’s moral state upon his judgment and perceptions, that any unwritten revelation must have undergone essential, though, perhaps, insensible modifications. Every truth too, which had ceased in one age to be of present importance, would have been omitted in the number of truths handed down to the next. But for the Bible we should have had a fearfully mutilated revelation, and of what remained we should have been contending, not so much for the sense of our Master’s words, as for the words themselves. What grace is it, therefore, that in a world prone to deteriorate everything holy, and to falsify everything true, whatever may have grown old with age, has the means of renewing its youth; whatever may have been lost from the memory of the Church is not lost irrecoverably. We have the seeds of reformation and of renewed knowledge: the very “word of the Lord, which liveth and abideth forever.”
3. L’inspiration de l’Écriture3. The Inspiration of Scripture
Joseph Angus, The Bible Hand-Book (1868), chapitre 2, « On the Authenticity and Authority of Scripture » (De l’authenticité et de l’autorité de l’Écriture). Extrait au programme. Les interprétations sont celles de l’auteur.Joseph Angus, The Bible Hand-Book (1868), chapter 2, “On the Authenticity and Authority of Scripture”. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.
Voici donc la première particularité de la Bible. Elle se présente comme un livre venant de Dieu, parle partout avec une autorité divine et exige notre soumission. C’est le seul livre qui revendique « Dieu pour auteur, la vérité sans mélange pour contenu, et le salut pour fin ». Si nous admettons l’autorité de notre Seigneur comme docteur divin, l’autorité de la Bible est établie. Si nous nions l’autorité de la Bible, nous nions la vérité de certains de ses enseignements les plus fréquents, et avec elle la divinité de sa mission.Here then we have the first peculiarity of the Bible. It professes to be a book from God, speaks everywhere with Divine authority, and demands our submission. It is the one book, which claims “God for its author, unmixed truth for its contents, and salvation for its end.” If we admit the authority of our Lord as a Divine teacher, the authority of the Bible is established. If we deny the authority of the Bible, we deny the truth of some of his most frequent teachings and with it the divinity of his mission.
La vérité générale selon laquelle les livres de l’Écriture sont d’origine et d’autorité divines s’exprime parfois sous une autre forme : on dit qu’ils sont inspirés. De saints hommes les ont prononcés ou écrits, poussés par le Saint-Esprit.The general truth that the books of Scripture are of Divine origin and authority is sometimes expressed in another form, and they are said to be inspired. Holy men spoke or wrote them as they were moved by the Holy Ghost.
Tout ce qui touche à l’explication de cette vérité — par exemple, comment les hommes furent inspirés, et si le même genre d’inspiration était nécessaire dans chaque cas — relève de la théorie, et concerne des questions plus curieuses qu’utiles. Seule la vérité elle-même est pleinement révélée.Whatever refers to the explanation of this truth—as, how men were inspired, and whether the same kind of inspiration was needed in each case—is theory, and is concerned with questions rather curious than useful. The truth itself is all that is fully revealed.
Chez les païens et chez les Juifs non inspirés, on pensait généralement que, pendant que les hommes inspirés étaient sous l’impulsion divine, toute action volontaire était suspendue. Chez les premiers chrétiens, la doctrine de l’inspiration était tenue de manière plus pratique que spéculative, bien qu’ils aient généralement soutenu que les auteurs de la Bible, lorsqu’ils étaient inspirés, exerçaient leurs facultés intellectuelles ordinaires. Sur le mode ou les sortes d’inspiration, ils dirent peu de chose. Lorsque, cependant, l’autorité de la papauté commença, à l’époque moderne, à être mise en question, toute la doctrine de l’inspiration fut examinée de plus près. Les faits étaient généralement admis, mais la théorie, ou la formulation d’ensemble qui les exprimait et les expliquait le mieux, était considérée comme un sujet ouvert à la discussion.Among the heathen and uninspired Jews it was generally held that while inspired men were under the Divine impulse, all voluntary action was suspended. Among the early Christians the doctrine of inspiration was held rather practically than speculatively, though they generally maintained that the writers of the Bible, when inspired, exercised their ordinary mental powers. On the mode or kinds of inspiration they said little. When the authority of the Papacy, however, began in modern times to be questioned, the whole doctrine of inspiration was more closely examined. The facts were generally admitted, but the theory or comprehensive statement which best embodied and accounted for them, was a topic regarded as open to discussion.
… de saints hommes écrivirent en obéissant à un ordre divin et, en écrivant, furent préservés, nous ne savons comment, de toute erreur, qu’ils enseignent des vérités qui leur étaient auparavant inconnues ou qu’ils publient des vérités et des faits déjà familiers. Dans cette théorie, qui est en réalité plutôt un énoncé du fait qu’une théorie à son sujet, l’inspiration est attribuée à toute l’Écriture, tandis que la révélation est limitée aux actes de l’Esprit par lesquels des vérités auparavant inconnues furent communiquées aux hommes. Toute l’Écriture est inspirée, et les vérités nouvelles de l’Écriture sont révélées ; ou, comme l’a dit Thomas Scott, l’inspiration découvre une vérité nouvelle (c’est ce que nous appelons révélation) et dirige la communication de l’ancienne. Il est commode de conserver cette distinction.…holy men wrote in obedience to Divine command, and that in writing they were kept free, we know not how, from all error, whether they taught truths previously unknown to them, or published truths and facts already familiar. In this theory, which is indeed rather a statement of the fact than a theory in relation to it, inspiration is ascribed to the whole of Scripture, while revelation is confined to those acts of the Spirit by which truths previously unknown were communicated to men. All Scripture is inspired, and the new truths of Scripture are revealed; or, as Thomas Scott expressed it, inspiration discovers new truth (this we call revelation), and superintends the communication of the old. This distinction it is convenient to retain.
Le fait qu’elles doivent exprimer et expliquer, c’est que l’Écriture est partout l’expression — la parole — de la sagesse divine, et qu’elle exprime les idées mêmes que le Saint-Esprit voulait communiquer. C’est ce don que les auteurs inspirés déclarent avoir reçu. Leurs écrits sont inspirés de Dieu…The fact which they have to embody and explain is that Scripture is everywhere the utterance—the word—of Divine wisdom, and that it expresses the very ideas which the Holy Spirit intended. It is this gift which the inspired writers profess to have received. Their writings are God-inspired…
Les auteurs de l’Ancien Testament, par exemple, le revendiquent pour eux-mêmes : Exode 4.15-16 ; 19.9 ; Lévitique, passim ; Deutéronome 4.2 ; Nombres 23.12 ; 2 Samuel 23.2 ; Jérémie 1.7-9 ; Ézéchiel 3.4-10 ; Michée 3.8, etc. Les auteurs du Nouveau Testament le revendiquent pour l’Ancien, et aussi pour eux-mêmes : 2 Pierre 1.20-21 ; Luc 1.70 ; 1 Pierre 1.11 ; Actes 1.16 ; 28.25 ; Hébreux 3.7 ; Jean 14.26 ; 16.13-14 ; 1 Corinthiens 2.13 ; 14.37 ; 1 Thessaloniciens 2.13 ; 4.8 ; 2 Pierre 3.1-2, etc.Old Testament writers, for example, claim it for themselves. Exod. iv. 15, 16; xix. 9: Lev. passim: Deut. iv. 2: Num. xxiii. 12: 2 Sam. xxiii. 2: Jer. i. 7-9: Ezek. iii. 4-10: Mic. iii. 8, etc. New Testament writers claim it for the Old, and also for themselves. 2 Pet. i. 20, 21: Luke i. 70: 1 Pet. i. 11: Acts i. 16; xxviii. 25: Heb. iii. 7. John xiv. 26; xvi. 13, 14: 1 Cor. ii. 13; xiv. 37: 1 Thess. ii. 13; iv. 8: 2 Pet. iii. 1, 2, etc.
4. Le canon du Nouveau Testament4. The Canon of the New Testament
Joseph Angus, The Bible Hand-Book (1868), chapitre 2, « On the Authenticity and Authority of Scripture » (De l’authenticité et de l’autorité de l’Écriture). Extrait au programme. Les interprétations sont celles de l’auteur.Joseph Angus, The Bible Hand-Book (1868), chapter 2, “On the Authenticity and Authority of Scripture”. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.
La question de l’autorité des livres de l’Écriture est parfois posée sous une autre forme : on demande s’ils appartiennent tous au canon ; question tranchée dès lors qu’il est prouvé qu’ils sont l’œuvre d’hommes inspirés. On dit parfois, il est vrai, que nous prouvons l’inspiration des livres en prouvant d’abord leur canonicité : l’Église les a reçus, donc ils sont divins. L’ordre exact est cependant l’inverse. Ils sont divins, et c’est pourquoi l’Église les a reçus. Les livres sont aujourd’hui reçus comme canoniques parce que nous avons des preuves satisfaisantes de leur inspiration ; et s’il y avait eu d’autres livres non reconnus dans le canon actuel, mais d’une origine divine démontrable, nous serions tenus de leur donner une place parmi les autres.The question of the authority of the books of Scripture is sometimes put in another form, and it is asked whether the whole belong to the Canon; a question settled, if it is once proved that they are the production of inspired men. It is sometimes said, indeed, that we prove the inspiration of the books by first proving their canonicity; the church has received them, and therefore they are Divine. The reverse, however, is the accurate order. They are Divine, and therefore the church has received them. The books are now received as canonical because we have satisfactory evidence of their inspiration; and if there had been other books not recognized in the present canon, but demonstrably of Divine origin, we should be bound to give them a place among the rest.
La question de la canonicité des livres de l’Écriture est donc triple. Chaque livre est-il l’œuvre de l’auteur qu’il revendique ? Est-il authentique ? Et l’auteur, en le composant, était-il sous la direction particulière de l’Esprit ? L’authenticité du texte et la véracité du contenu sont toutes deux en jeu ; et bien que la présente section soit placée entre les sections consacrées à ces sujets, l’argument a besoin des faits établis dans l’une et l’autre.The question, therefore, of the canonicity of the books of Scripture is three-fold. Is each book the production of its professed author? is it authentic? and was the writer in composing it under the special guidance of the Spirit? Genuineness and authenticity are both involved; and though the present section is placed between the sections on those subjects, the argument needs the facts of both.
Nous commençons par le Nouveau Testament. Dans l’Église primitive circulaient de nombreux écrits qui prétendaient rendre compte de la vie et du caractère de notre Seigneur ; mais quatre seulement furent reçus comme faisant autorité. Il était admis de tous côtés qu’ils étaient l’œuvre des évangélistes dont ils portent le nom, les Évangiles de Marc et de Luc ayant été écrits respectivement sous la direction de Pierre et de Paul. On rapporte de plus que l’apôtre Jean reconnut publiquement l’autorité des trois premiers Évangiles et y ajouta le sien pour les compléter. Ces livres furent donc écrits par des apôtres à qui notre Sauveur avait spécialement promis son Esprit, afin qu’il les conduise dans toute la vérité, leur rappelle tout ce que lui-même leur avait dit, et les rende capables de donner son Évangile au monde. De la même manière, quoique moins directement, Jean est censé avoir attesté le livre des Actes.We begin with the New Testament. In the early church many writings were extant, professing to give an account of the life and character of our Lord; but four only were received as authoritative. It was admitted on all hands that these were the productions of the Evangelists whose names they bear: the Gospels of Mark and Luke being respectively penned under the care of Peter and Paul. The apostle John, moreover, is recorded to have acknowledged publicly the authority of the first three Gospels, and added his own to complete them. These books, therefore, were written by apostles to whom our Saviour specially promised his Spirit, that He might guide them into all truth, bring to their remembrance whatever He himself had told them, and qualify them to give his gospel to the world. In the same way, though less directly, John is supposed to have attested the book of Acts.
Il en est de même des Épîtres de Paul. Il y en a treize qui portent son nom. D’autres disciples furent témoins qu’il les avait écrites. Le plus souvent, il écrivait par l’intermédiaire d’un secrétaire, qui devenait lui aussi témoin de l’authenticité de ses écrits ; dans ces cas, il ajoutait sa signature et sa salutation. Ses Épîtres étaient envoyées par des messagers particuliers. Neuf d’entre elles, de plus, étaient adressées à des communautés. Il ordonna que la plus ancienne soit lue dans l’assemblée publique ; la deuxième, et en fait toutes les autres, furent lues publiquement elles aussi ; et nous savons par Ignace, Polycarpe et Clément, et surtout par Pierre, que ses Épîtres étaient considérées comme Écriture inspirée, et lues avec la Loi et les Prophètes de l’Ancien Testament et les Évangiles du Nouveau. Pour compléter cette preuve, il faut ajouter que Pierre s’exprima ainsi après que toutes les Épîtres de Paul aux Églises eurent été écrites, et qu’il leur applique un nom (« Écriture ») qui, bien qu’il apparaisse cinquante fois dans le Nouveau Testament, n’est jamais appliqué à d’autres livres qu’aux livres canoniques actuels. La conclusion est donc que ces Épîtres sont de Paul, et qu’elles possèdent ce que Paul revendiquait pour elles, et ce que l’Église primitive et un apôtre de premier plan leur attribuaient : une autorité inspirée, et donc canonique. Ce ne sont pas des discours qu’enseigne la sagesse humaine : ce sont les paroles du Saint-Esprit.So of the Epistles of Paul. There are thirteen of them which bear his name. Other disciples were witnesses of his having written them. Generally he wrote by an amanuensis, who also became a witness of the genuineness of his writings; in these instances he added his subscription and salutation. His Epistles were sent by private messengers. Nine of them, moreover, were addressed to public bodies. The earliest of them he commanded to be read in the public assembly; the second, and indeed all the rest, were read in public too; and we know from Ignatius, Polycarp, and Clement, and especially from Peter, that his Epistles were regarded as inspired Scripture, and read with the Law and Prophets of the Old Testament and the Gospels of the New. To complete this evidence, it should be added that the language of Peter was used by him after all the Epistles of Paul to the churches had been written, and that he applies to them a name (“Scripture”) which, though occurring fifty times in the New Testament, is never applied to any other than the present canonical books. The conclusion, therefore, is that these Epistles are Paul’s, and that they have what Paul claimed for them, and what the early church and a chief apostle ascribed to them—inspired, and therefore canonical, authority. They are not the words which man teaches: they are the words of the Holy Ghost.
Toutes les parties du Nouveau Testament mentionnées jusqu’ici furent tenues pour divines dès leur publication, de même que 1 Pierre et 1 Jean. Les autres livres du Nouveau Testament furent appelés, comme nous l’avons vu, antilégomènes ou, parce qu’ils ne firent partie du canon qu’après un second examen, deutérocanoniques. Ils acquirent progressivement cette place dans le canon ; au début du IVe siècle, ils étaient reçus par la plupart des Églises, et à la fin de ce siècle, par toutes.All the parts of the New Testament mentioned thus far were deemed, as soon as published, to be Divine, as were 1 Peter and 1 John. The remaining books of the New Testament were called, as we have seen, Antilegomena, or, from their forming a part of the Canon only after a second revision, the Deutero-Canonical. That position in the Canon they gained gradually; at the beginning of the fourth century they were received by most of the churches, and at the end of that century they were received by all.
Il n’est pas nécessaire de donner maintenant les preuves particulières de chaque livre. Le point à remarquer est que les doutes qui existaient ne portaient pas sur la canonicité des écrits de Jacques, de Céphas, de Jean et de Jude, mais sur la question de savoir si les écrits portant leur nom avaient vraiment été écrits par eux. Et ces doutes ne sauraient surprendre. Le sujet était d’un profond intérêt. De nombreux écrits apocryphes circulaient sous le nom de ces mêmes apôtres. On pouvait citer l’enseignement apostolique pour justifier la prudence. Les indices internes de la paternité de ces Épîtres sont particuliers : l’Épître aux Hébreux, par exemple, ne porte pas le nom de son auteur et diffère par le style de la plupart des Épîtres de Paul. Le style de 2 Pierre diffère de la même manière de celui de la première Épître. Dans Jacques et Jude, les auteurs se présentent non comme apôtres, mais comme « serviteurs » de Christ, tandis que dans 2 et 3 Jean l’auteur se présente comme presbytre ou ancien, non comme apôtre. Jude fait aussi allusion à des récits que l’on supposait contenus dans des écrits apocryphes. Toutes ces Épîtres, de plus, étaient adressées soit aux chrétiens en général, soit à des particuliers, et non à des Églises déterminées. Aucun groupe n’avait donc intérêt à les conserver, et les témoignages extérieurs en leur faveur étaient nécessairement rares. Toutes ces causes de doute ont bien agi, nous le savons. À la fin, la conviction fut universelle ; et les doutes mêmes qui retardèrent la réception d’une petite partie de l’Écriture dans certaines régions de l’Église primitive servent aujourd’hui à confirmer notre foi dans le reste.The special evidence of each book it is not necessary to give now. The point to be noticed is that the doubts which existed had reference not to the canonicity of the writings of James, Cephas, John, and Jude, but to the question whether the writings bearing their names were really written by them. Nor can these doubts excite surprise. The subject was one of deep interest. Many spurious compositions were abroad under the names of these very apostles. Apostolic teaching might be quoted in defence of caution. The internal evidence of the authorship of these Epistles is peculiar; the Epistle to the Hebrews, for example, is without the author’s name, and differs in style from most of the Epistles of Paul. The style of 2 Peter differs in the same way from the style of the first Epistle. In James and Jude the authors are described not as apostles, but as “servants” of Christ, while in 2 and 3 John the writer describes himself as a presbyter or elder, not as an apostle. Jude also refers to stories which were supposed to be contained in apocryphal writings. All these Epistles, moreover, were addressed either to Christians generally or to private persons, not to particular churches. No body of men, therefore, were interested in preserving them, and external evidence in their favor was necessarily scanty. All these causes of doubt did operate, as we know. In the end there was universal conviction; and the very doubts which deferred the reception of a small portion of Scripture in certain parts of the early church now serve to confirm our faith in the rest.
5. Le canon de l’Ancien Testament et comment il a été préservé5. The Canon of the Old Testament and How It Was Preserved
Joseph Angus, The Bible Hand-Book (1868), chapitre 2, « On the Authenticity and Authority of Scripture » (De l’authenticité et de l’autorité de l’Écriture). Extrait au programme. Les interprétations sont celles de l’auteur.Joseph Angus, The Bible Hand-Book (1868), chapter 2, “On the Authenticity and Authority of Scripture”. Assigned excerpt. The interpretations are the author’s.
La canonicité de l’Ancien Testament est le mieux établie par le Nouveau. Notre Seigneur reçut comme Écriture ce que les Juifs lui transmettaient comme Écriture, et l’apôtre dit que l’avantage du Juif consiste surtout en ce que « les oracles de Dieu » lui ont été confiés. Comme preuve du lien étroit entre les deux économies, et de l’approbation donnée par le Nouveau Testament à l’Ancien, on peut remarquer que le premier contient au moins 263 citations directes du second, et que ces citations sont tirées de presque tous les livres. Les allusions évidentes à l’Ancien Testament sont plus nombreuses encore, et dépassent 350.The canonicity of the Old Testament is best established by the New. Our Lord received as Scripture what the Jews delivered to him as Scripture, and the apostle speaks of the advantage of the Jew as consisting chiefly in his possession of the “oracles of God.” As an evidence of the close connection of the two dispensations, and of the sanction given in the New Testament to the Old, it may be noticed that the former has not less than 263 direct quotations from the latter, and that these quotations are taken from almost every book. The obvious allusions to the Old Testament are even more numerous, amounting to upwards of 350.
Que le canon ait été fixé, au temps de notre Seigneur, tel qu’il l’est aujourd’hui, c’est ce qu’établissent des preuves décisives. Outre les citations de livres particuliers dans le Nouveau Testament, Josèphe et Philon rendent tous deux témoignage aux livres eux-mêmes et au respect avec lequel les Juifs les considéraient ; le premier déclare expressément que le canon qu’il énumérait était reçu par tous les Juifs, qu’ils le défendraient tous jusqu’à la mort, et que nul n’avait jamais osé rien ajouter aux livres sacrés, ni rien en retrancher, ni rien y changer.That at the time of our Lord the Canon was fixed as at present is established by decisive evidence. In addition to quotations in the New Testament from particular books, Josephus and Philo both testify to the books themselves, and to the reverence with which the Jews regarded them; the former expressly stating that the Canon he was setting down was received by all Jews, that they all would contend for it to the death, and that none had ever dared to add to, or take from, or change anything in the sacred books.
On trouvera au paragraphe suivant des témoignages non moins décisifs. En examinant cette liste, il faut se rappeler que, lorsque certains livres sont omis dans des catalogues qui se présentent comme ceux des Écritures de l’Ancien Testament, il est tout à fait probable que chacun de ces livres était compris dans le livre précédent : Esther, par exemple, dans Néhémie ; Ruth dans Juges ; et les Lamentations dans Jérémie. Le fait que certains livres ne soient pas cités dans le Nouveau Testament s’explique par le simple principe que ses auteurs n’ont pas eu l’occasion de les citer. Il est indubitable que tous nos livres actuels étaient compris, au temps de notre Seigneur, dans le canon de l’Ancien Testament, et c’est comme tels qu’ils sont cités selon la division juive habituelle.Testimonies no less decisive will be found in the next paragraph. In examining this list it must be remembered that when certain books are omitted from professed catalogues of the Old Testament Scriptures, there is the greatest probability that each of those books was included in the preceding book: Esther, for example, in Nehemiah; Ruth in Judges; and Lamentations in Jeremiah. The fact that some books are not quoted in the New Testament is accounted for on the simple principle that the writers had no occasion to quote them. That all our present books were included at the time of our Lord in the Old Testament Canon is undoubted, and as such they are quoted under the usual Jewish division.
Les autorités mentionnées au paragraphe précédent peuvent être classées ainsi : Le Nouveau Testament, qui fait réellement autorité, désigne toute l’Écriture selon la triple division de la Loi, des Prophètes et des Écrits. Il en appelle aussi à chacun des livres, sauf Ruth, Esdras, Néhémie, le Cantique, l’Ecclésiaste et peut-être les Lamentations. La version des Septante, qui constitue un témoignage, les comprend tous. Le fils de Sirach, en 130 av. J.-C., mentionne la triple division, de même que Philon, en 41 apr. J.-C., qui les cite tous sauf Ruth, les Chroniques, Néhémie, Esther, le Cantique, l’Ecclésiaste, les Lamentations, Ézéchiel et Daniel. Josèphe, né en 37 apr. J.-C., les énumère selon leurs catégories, en incluant tous les livres actuels. Méliton, en 177, les mentionne tous sauf Esther, Néhémie et les Lamentations. Origène, en 230, les mentionne tous, sans exception. Athanase, en 326, les mentionne tous sauf Esther. Cyrille (de Jérusalem), en 348, les mentionne tous, de même que le concile de Laodicée, en 363 ; Épiphane, en 368 ; et Hilaire de Poitiers, en 370. Grégoire de Nazianze, en 370, les mentionne tous sauf Esther, de même qu’Amphiloque, en 370. Les Canons apostoliques, de date incertaine mais pas plus tard que la fin de ce siècle, les mentionnent tous, de même que les Constitutions apostoliques. Ce sont là des autorités grecques. Parmi les autorités latines, les principales sont Jérôme, en 392 ; Rufin, en 397 ; le 3e concile de Carthage, en 397 ; et Augustin, en 395 ; et tous s’accordent à les énumérer dans leur totalité.The authorities referred to in the preceding paragraph, may be classed as follows: The New Testament, which is really authoritative, refers to all Scripture under the threefold division of Law, Prophets, and Writings. It also appeals to each of the books, except Ruth, Ezra, Nehemiah, Canticles, Ecclesiastes, and perhaps Lamentations. The version of the LXX, which is evidence, includes them all. The son of Sirach, B.C. 130, mentions the threefold division; as does Philo, A. D. 41, quoting from all except Ruth, Chronicles, Nehemiah, Esther, Canticles, Ecclesiastes, Lamentations, Ezekiel, and Daniel. Josephus, b. A. D. 37, enumerates them according to their classes, including all the present books. Melito, 177, mentions all except Esther, Nehem. and Lam. Origen, 230, mentions all, without exception. Athanasius, 326, mentions all except Esther. Cyril (Jerusalem), 348, mentions all, as also the Council of Laodicea, 363; Epiphanius, 368; and Hilary, of Poictiers, 370. Gregory of Nazianzen, 370, mentions all except Esther; as does Amphilochius, 370. The Apostolic Canons, of uncertain date, but not later than the end of this century, mentions all; as also the Apostolic Constitutions. These are Greek authorities. Of Latin authorities, the chief are Jerome, 392; Rufin, 397; 3d Council of Carthage, 397; and Augustine, 395; and all agree in enumerating the whole.
Comment les livres de l’Ancien Testament ont été préservés est une question assez difficile, et nous ne pouvons qu’en donner la solution la plus probable. Les livres de la loi furent placés dans le tabernacle avec l’arche de l’alliance, et y furent gardés pendant les voyages dans le désert, puis à Jérusalem. Dans ce même sanctuaire furent successivement déposés les divers livres historiques et prophétiques, depuis l’époque de Josué jusqu’à celle de David. Lors de la construction du temple, Salomon y déposa les livres les plus anciens, et enrichit la collection des productions inspirées de sa propre plume. Après lui se leva une succession de prophètes : Jonas, Amos, Ésaïe, Osée, Joël, Michée, Nahum, Sophonie, Jérémie, Abdias et Habacuc. Ils vécurent tous avant la destruction du temple, et accrurent le volume de l’inspiration par de précieux ajouts.How the books of the Old Testament were preserved, is a question of some difficulty, and we can but give the most probable solution. The books of the law were placed in the Tabernacle with the ark of the covenant, and were kept there during the journeyings in the wilderness, and afterwards in Jerusalem. To the same sanctuary were successively consigned the various historical and prophetic books, from the time of Joshua to that of David. On the erection of the temple, Solomon deposited in it the earliest books, and enriched the collection with the inspired productions of his own pen. After his days, a succession of prophets arose, Jonah, Amos, Isaiah, Hosea, Joel, Micah, Nahum, Zephaniah, Jeremiah, Obadiah, and Habakkuk. They all flourished before the destruction of the temple, and enlarged the volume of inspiration by valuable additions.
Environ 420 ans après sa construction, le temple fut brûlé par Nabuchodonosor. On ignore ce que devinrent les manuscrits des saintes Écritures. À Babylone, cependant, Daniel parle du « livre de la loi » comme lui étant familier, ainsi que de Jérémie et d’autres prophètes. Peu après la conquête de Babylone par Cyrus, les Juifs furent libérés de la captivité, rebâtirent le temple et rétablirent le culte divin, encouragés à persévérer par les exhortations d’Aggée et de Zacharie. Environ 50 ans après la reconstruction du temple, Esdras, selon la tradition, fit un recueil des écrits sacrés, de même qu’il se donna certainement beaucoup de peine pour expliquer et faire observer l’ancienne loi (voir Néhémie 8.1, 3, 9). À ce recueil furent ajoutés (probablement par Simon le Juste) les écrits d’Esdras lui-même, avec ceux de Néhémie et de Malachie ; ainsi fut achevé le canon de l’Ancien Testament. Car depuis les jours de Malachie, aucun prophète ne s’éleva jusqu’à Jean-Baptiste, qui relia les deux alliances, et dont il avait été prédit qu’il précéderait le grand jour de l’Éternel (Malachie 3.1).About 420 years after the temple was built, it was burnt by Nebuchadnezzar. What became of the MSS. of the Sacred Scriptures is not known. In Babylon, however, Daniel speaks of “the book of the law” as familiar to him, and also of Jeremiah, and of other prophets. Shortly after the conquest of Babylon by Cyrus, the Jews were released from captivity, rebuilt the temple, and restored Divine worship, being encouraged to persevere by the exhortations of Haggai and Zechariah. About 50 years after the temple was rebuilt, Ezra is recorded by tradition to have made a collection of the sacred writings, as he certainly took great pains to expound and enforce the ancient law (see Neh. viii. 1, 3, 9). To this collection were added (probably by Simon the Just) the writings of Ezra himself, with those of Nehemiah and Malachi, and thus was completed the canon of the Old Testament; for, from the days of Malachi, no prophet arose till John the Baptist, who connected the two covenants, and of whom it was foretold that he should precede the great day of the Lord. Mal. iii. 1.
La réunion des livres canoniques est généralement attribuée à la Grande Synagogue, une assemblée qui comprenait Esdras, Néhémie, Aggée, Zacharie, Malachie et, plus tard, Simon le Juste. L’existence et les travaux de cette assemblée sont clairement mentionnés dans les plus anciens écrits juifs. Après la captivité, des synagogues furent établies en Judée et dans le monde entier, et les copies des Écritures inspirées se multiplièrent tellement que la conservation de manuscrits particuliers devint une question de curiosité plutôt que d’importance historique.The collection of the canonical books is generally said to have been the work of the Great Synagogue, a body which included Ezra, Nehemiah, Haggai, Zechariah, Malachi, and afterwards, Simon the Just. The existence and labors of this body are distinctly referred to in the most ancient Jewish writings. After the captivity, synagogues were established in Judea, and throughout the world, and copies of the inspired Scriptures were so greatly multiplied as to make the preservation of particular MSS. rather a question of curiosity than of historical importance.