1. Succession ou vérité ? Comment Armitage retrace l’histoire baptiste1. Succession or Truth? How Armitage Traces Baptist History
Thomas Armitage, A History of the Baptists (1887), chapitre d’introduction, « Avons-nous une succession visible d’Églises baptistes depuis les apôtres ? » (p. 1–12). Texte abrégé ; les omissions sont signalées par […]. Texte anglais tiré d’une reconnaissance optique (OCR) non encore collationnée ; la division en paragraphes est du STC. Traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.Thomas Armitage, A History of the Baptists (1887), Introductory Chapter, “Have We a Visible Succession of Baptist Churches down from the Apostles?” (pp. 1–12). Abridged; omissions marked […]. English text from uncollated OCR; paragraph divisions supplied by CTS. The interpretations are the author’s.
Note du STC : Armitage (1819–1896), pasteur baptiste à New York, écrivit cette introduction contre la thèse de la « succession », popularisée plus tard par les baptistes landmarkistes et la brochure La Piste de sang, selon laquelle les Églises baptistes descendraient des apôtres par une chaîne ininterrompue d’assemblées. Sa propre position, selon laquelle l’identité baptiste repose sur la fidélité au Nouveau Testament et non sur une lignée visible, est proche de celle de la plupart des historiens actuels, qui datent les premières Églises baptistes des séparatistes anglais de Hollande et d’Angleterre vers 1609–1612 (John Smyth, Thomas Helwys), tout en reconnaissant que des groupes antérieurs, comme les vaudois, ont tenu des convictions semblables. Certains baptistes soutiennent encore la succession des Églises. Ses remarques sur l’Église catholique reflètent la vive controverse entre protestants et catholiques au dix-neuvième siècle ; l’enseignement catholique sur la succession apostolique est décrit ici par un adversaire, non dans ses propres termes. Un passage citant Matthew Arnold et Goethe a été omis.CTS note: Armitage (1819–1896), a Baptist pastor in New York, wrote this introduction against the “succession” view, later popularized by Landmark Baptists and the booklet The Trail of Blood, which holds that Baptist churches descend from the apostles through an unbroken chain of congregations. His own view, that Baptist identity rests on faithfulness to the New Testament rather than on a visible line, is close to that of most historians today, who date the first Baptist churches to English Separatists in Holland and England about 1609–1612 (John Smyth, Thomas Helwys), while recognizing that earlier groups such as the Waldenses held some similar convictions. Some Baptists still hold to church succession. His remarks about the Catholic Church reflect the sharp Protestant–Catholic controversy of the nineteenth century; Catholic teaching on apostolic succession is described here by an opponent, not in its own terms. A passage quoting Matthew Arnold and Goethe has been omitted.
Chapitre d’introduction. Avons-nous une succession visible d’Églises baptistes depuis les apôtres ?Introductory Chapter. Have We a Visible Succession of Baptist Churches down from the Apostles?
Sur la côte occidentale de l’Inde, près de Goa, et aussi en Méditerranée, des sources d’eau douce qui ne montent pas à la surface, mais sont emportées par le courant profond, jaillissent des couches du fond de la mer. Mais dans le golfe de Xagua, sur la côte sud de Cuba, une merveilleuse fontaine d’eau douce bouillonne en pleine mer ; écartant les eaux salées, elle s’en va avec le courant de surface et se perd dans l’océan. Les navigateurs y puisent souvent leur provision d’eau pure au milieu de l’immensité saumâtre. La nature nous offre ici une image saisissante du fait qu’il peut y avoir un flux de succession visible sans pureté, et qu’il peut y avoir une pureté continue sans flux de succession visible. Une succession ininterrompue, visible et historique d’Églises évangéliques indépendantes depuis les apôtres est-elle essentielle à l’existence valide des Églises baptistes d’aujourd’hui, en tant qu’apostoliques dans tous les sens du mot ?On the western coast of India, near Goa, and also in the Mediterranean, springs of fresh water, which do not rise to the surface but are run off by the undercurrent, rush out of the strata at the bottom of the sea. But in the Gulf of Xagua, on the southern coast of Cuba, a wonderful fountain of fresh water gurgles up in the open sea; forcing aside its salt waters, it passes off in the surface-current and is lost in the ocean. From this spring navigators often draw their supplies of pure water in the midst of the briny waste. Here nature lends us a forceful type of the fact that there may be a flow of visible succession without purity, and that there may be continuous purity without a flow of visible succession. Is an unbroken, visible, and historical succession of independent Gospel Churches down from the apostles, essential to the valid existence of Baptist Churches to-day, as apostolic in every sense of the word?
Cette question en suggère une autre, à savoir : quelle valeur pourrait avoir une succession linéaire quelconque, comparée à l’attachement présent à la vérité apostolique ? De ces deux questions en naît une troisième : la véritable filiation des Églises apostoliques ne repose-t-elle pas sur la conformité présente au modèle apostolique, même si l’Église locale d’aujourd’hui s’est organisée d’elle-même, avec des éléments qui ne sont jamais sortis d’aucune Église, pourvu qu’elle se tienne sur la seule apostolicité du Nouveau Testament ? La simple vérité est que l’unité du royaume du Christ sur la terre ne se trouve pas dans sa visibilité, pas plus que l’unité du système solaire ne se trouve de ce côté, car son plus vaste domaine n’est jamais soumis au regard d’aucun être, sinon de Dieu. De même, l’unité du christianisme ne se découvre pas en la suivant visiblement à travers un seul groupe de personnes. Elle a été renfermée en tous ceux qui, au long des siècles, ont suivi des principes purement apostoliques ; et ainsi la pureté de la vie baptiste se trouve dans l’essence de ses doctrines et de ses pratiques, quels que soient ceux qui les ont soutenues.This question suggests another, namely, Of what value could any lineal succession be, as compared with present adherence to apostolic truth? From these two questions a third arises: Whether true lineage from the Apostolic Churches does not rest in present conformity to the apostolic pattern, even though the local church of to-day be self-organized, from material that never came out of any church, provided, that it stands on the apostolicity of the New Testament alone. The simple truth is, that the unity of Christ's kingdom on earth is not found in its visibility, any more than the unity of the solar system is found in that direction, for its largest domain never falls under the inspection of any being but God. So, likewise, the unity of Christianity is not found by any visible tracing through one set of people. It has been enwrapped in all who have followed purely apostolic principles through the ages; and thus the purity of Baptist life is found in the essence of their doctrines and practices by whomsoever enforced.
Il faut peu de discernement pour découvrir le sophisme d’une succession apostolique visible dans le ministère, mais la succession visible des Églises est tout aussi fallacieuse, et exactement pour les mêmes raisons. Le catholique a raison dans sa théorie selon laquelle ces deux successions doivent tenir ou tomber ensemble ; c’est pourquoi il suppose, ipso facto, que tous ceux qui ne sont pas dans cette double succession sont exclus de la véritable lignée apostolique. Et beaucoup qui ne sont pas catholiques pensent que, s’ils ne parviennent pas à dérouler une succession continue d’Églises régulièrement organisées, ils perdent leur généalogie par une rupture de la chaîne, et ne peuvent donc prouver qu’ils sont des Églises apostoliques légitimes. Une telle preuve ne peut être établie par aucune Église sur la terre, et elle serait sans aucune valeur si elle le pouvait, car la légitimité réelle du christianisme doit se trouver dans le Nouveau Testament et nulle part ailleurs. La tentative même de retracer une lignée ininterrompue de personnes dûment baptisées sur leur foi personnelle en Christ, ou de ministres ordonnés par descendance linéaire depuis les apôtres, ou d’Églises organisées sur ces principes et attachées en toutes choses au Nouveau Testament, est en elle-même une tentative d’élever un rempart de l’erreur.Little perception is required to discover the fallacy of a visible apostolical succession in the ministry, but visible Church succession is precisely as fallacious, and for exactly the same reasons. The Catholic is right in his theory that these two must stand or fall together; hence he assumes, ipso facto, that all who are not in this double succession are excluded from the true apostolic line. And many who are not Catholics think that if they fail to unroll a continuous succession of regularly organized churches, they lose their genealogy by a break in the chain, and so fail to prove that they are legitimate Apostolic Churches. Such evidence cannot be traced by any Church on earth, and would be utterly worthless if it could, because the real legitimacy of Christianity must be found in the New Testament, and nowhere else. The very attempt to trace an unbroken line of persons duly baptized upon their personal trust in Christ, or of ministers ordained by lineal descent from the apostles, or of churches organized upon these principles, and adhering to the New Testament in all things, is in itself an attempt to erect a bulwark of error.
Dieu seul peut faire une nouvelle créature ; et l’effort pour retracer l’histoire chrétienne d’homme régénéré en homme régénéré implique que l’homme peut communiquer quelque pouvoir pour maintenir une succession de chrétiens individuels. Qu’on applique la même pensée à des groupes d’Églises descendant à travers soixante générations, et l’on obtient exactement le même résultat. Cette idée est la vie même du catholicisme. Notre seul terrain sûr face à ce système est celui-ci : si l’on ne pouvait trouver aucune trace de conformité au Nouveau Testament dans aucune Église depuis la fin du premier siècle, une Église établie aujourd’hui sur la vie et l’ordre du Nouveau Testament serait aussi véritablement une Église historique issue du Christ que l’Église que Paul planta à Éphèse. Robert Robinson l’a bien dit : « La succession ininterrompue est un leurre spécieux, un piège tendu par la sophistique, dans lequel tous les partis sont tombés.Only God can make a new creature; and the effort to trace Christian history from regenerate man to regenerate man, implies that man can impart some power to keep up a succession of individual Christians. Apply the same thought to groups of churches running down through sixty generations, and we have precisely the same result. The idea is the very life of Catholicism. Our only reliable ground in opposition to this system is: That if no trace of conformity to the New Testament could be found in any Church since the end of the first century, a Church established to-day upon the New Testament life and order, would be as truly a historical Church from Christ, as the Church planted by Paul at Ephesus. Robert Robinson has well said: 'Uninterrupted succession is a specious lure, a snare set by sophistry, into which all parties have fallen.
Et il est arrivé aux généalogistes spirituels ce qui est arrivé à d’autres qui ont retracé des descendances naturelles : les uns et les autres ont tressé des brindilles de toute espèce pour combler des abîmes lointains. Cette doctrine n’est nécessaire qu’aux Églises qui règlent leur foi et leur pratique sur la tradition, et c’est pour leur usage qu’elle fut d’abord inventée. . . . Les protestants, par les arguments les plus solides, ont ruiné la doctrine de la succession papale, et pourtant ces mêmes protestants ont entrepris de prouver une série ininterrompue de personnes de leurs propres sentiments, se suivant en bon ordre depuis les apôtres jusqu’à eux-mêmes. » La sainteté est le plus haut titre de légitimité dans le royaume de Dieu, parce que la sainteté, la douceur et la consécration de soi au Christ sont l’âme de la véritable vie de l’Église ; et sans ce lignage, l’antiquité ne peut rendre l’existence d’une Église même vénérable. Cette sainteté se manifeste par le rejet de l’erreur et le choix de la vérité, dans toutes les choses que le Nouveau Testament a prescrites, soit par précepte, soit par exemple.And it has happened to spiritual genealogists as it has to others who have traced natural descents, both have woven together twigs of every kind to fill up remote chasms. The doctrine is necessary only to such Churches as regulate their faith and practice by tradition, and for their use it was first invented. . . . Protestants, by the most substantial arguments, have blasted the doctrine of papal succession, and yet these very Protestants have undertaken to make proof of an unbroken series of persons, of their own sentiments, following one another in due order from the apostles to themselves.' Sanctity is the highest title to legitimacy in the kingdom of God, because holiness, meekness, and self-consecration to Christ are the soul of real Church life; and without this pedigree, antiquity cannot make Church existence even reverent. This sanctity is evinced by the rejection of error and the choice of truth, in all matters which the New Testament has enjoined, either by precept or example.
Dans les choses de peu d’importance, qui demandent un solide bon sens, l’esprit noble et courtois de Jésus doit être maintenu, car la sainteté personnelle est la plus haute épreuve du christianisme dans tous ses rapports historiques. Mais cette question de la succession visible des Églises est organiquement liée à l’idée de l’infaillibilité de l’Église, plutôt qu’à celle de la ressemblance avec le Christ. Ces doctrines jumelles sont nées des mêmes parents, et l’une implique l’autre, car une succession visible doit être pure dans toutes ses parties, c’est-à-dire infaillible ; si elle est corrompue en certaines choses, aucune démonstration logique ne peut la rendre parfaite. La vérité nous ramène à la conception radicale selon laquelle toute Église qui porte le véritable sceau apostolique descend historiquement en ligne directe des apôtres, sans rapport avec aucune autre Église passée ou présente. Pour défendre cette position, les considérations suivantes sont soumises à tous les esprits sincères :In things of light import, demanding a robust common sense, the noble and courteous spirit of Jesus must be maintained, for personal holiness is the highest test of Christianity in all its historical relations. But this matter of visible Church succession is organically connected with the idea of Church infallibility, rather than of likeness to Christ. The twin doctrines were born of the same parentage, and the one implies the other, for a visible succession must be pure in all its parts, that is, infallible; if it is corrupt in some things, no logical showing can make it perfect. Truth calls us back to the radical view, that any Church which bears the real apostolic stamp is in direct historical descent from the apostles, without relation to any other Church past or present. In defense of this position the following considerations are submitted to all candid minds:
I. Le Christ n’a jamais établi une loi de primogéniture chrétienne par laquelle il aurait doté les Églises locales du pouvoir exclusif de la régénération morale, rendant nécessaire qu’une Église soit la mère d’une autre en succession régulière, et sans laquelle elles ne pourraient être des Églises légitimes. Ceux qui organisèrent les Églises aux temps apostoliques partirent simplement avec les lignes de la doctrine et de l’ordre entre les mains, et fondèrent de nouvelles Églises sans l’autorisation, et même à l’insu, d’autres Églises. Certains de ces hommes n’étaient ni apôtres ni pasteurs, mais de simples chrétiens. Les hommes naissent de Dieu dans la régénération, et non de l’Église. Ils n’ont pas d’ascendance dans la régénération ; encore moins sont-ils les rejetons d’une ascendance organique. Les hommes qui composaient les vraies Églises d’Antioche et de Rome étaient « nés d’en haut », de sorte que l’agent par lequel les hommes sont « engendrés de Dieu » est l’Évangile et non l’Église.I. That Christ never established a law of Christian primogeniture by which he endowed local churches with the exclusive power of moral regeneration, making it necessary for one church to be the mother of another, in regular succession, and without which they could not be legitimate churches. Those who organized the churches in apostolic times went forth simply with the lines of doctrine and order in their hands, and formed new churches without the authority or even the knowledge of other churches. Some of these men were neither apostles nor pastors, but private Christians. Men are born of God in regeneration and not of the Church. They have no ancestry in regeneration, much less are they the offspring of an organic ancestry. The men who composed the true Churches at Antioch and Rome were 'born from above,' making the Gospel and not the Church the agency by which men are 'begotten of God.'
Cette fiction de la succession des Églises déplace la question première de la vie chrétienne du terrain apostolique de la vérité, de la foi et de l’obéissance vers la doctrine romaniste des personnes, et rend nécessaire une série historique de telles personnes pour administrer les ordonnances et communiquer une vie d’Église valide. Comment l’inspiration règle-t-elle cette question ? « Quiconque ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu ; celui qui demeure dans la doctrine a le Père et le Fils. Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas. » La doctrine pure, telle qu’elle se trouve sans corruption dans la parole de Dieu, est la seule ligne de succession ininterrompue que l’on puisse retracer dans le christianisme. Dieu n’a jamais confié sa vérité à la succession personnelle d’aucun corps d’hommes ; on ne pouvait confier à l’homme la garde de ce précieux dépôt, mais le Roi de la vérité a gardé dans sa propre main les clefs de la vérité.This Church succession figment shifts the primary question of Christian life from the apostolic ground of truth, faith and obedience, to the Romanistic doctrine of persons, and renders an historic series of such persons necessary to administer the ordinances and impart valid Church life. How does inspiration govern this matter? 'Whoso abideth not in the teaching of Christ, hath not God; he that abideth in the teaching, the same hath both the Father and the Son. If any man cometh to you and bringeth not this teaching, receive him not.' Pure doctrine, as it is found uncorrupted in the word of God, is the only unbroken line of succession which can be traced in Christianity. God never confided his truth to the personal succession of any body of men; man was not to be trusted with the custody of this precious charge, but the King of the truth has kept the keys of the truth in his own hand.
La véritable Église du Christ a toujours été celle qui s’est tenue sur sa personne et son œuvre. Whitaker, traitant de cette méprise de la hiérarchie, dit : « La foi est donc, pour ainsi dire, l’âme de la succession ; si elle manque, une succession nue de personnes n’est qu’un corps mort. » Tertullien dit : « Si quelques-uns des hérétiques osent se rattacher à l’âge apostolique, afin de paraître issus des apôtres, comme ayant existé sous eux, nous pouvons dire : Qu’ils déclarent donc l’origine de leurs Églises, qu’ils produisent la série de leurs évêques, descendant par une succession continue depuis le commencement, de manière à montrer que leur premier évêque a eu pour prédécesseur ou pour consécrateur quelque apôtre ou homme apostolique demeuré dans la même foi que les apôtres. Car c’est ainsi que les Églises apostoliques dressent la série de leurs évêques. »The true Church of Christ has ever been that which has stood upon his person and work. Whitaker, treating of this blunder of the hierarchy, says, 'Faith, therefore, is, as it were, the soul of the succession; which, being wanting, a naked succession of persons is a dead body.' Tertullian says, 'If any of the heretics dare to connect themselves with the Apostolic Age, that they may seem to be derived from the Apostles, as existing under them, we may say: Let them, therefore, declare the origin of their Churches, let them exhibit the series of their bishops, as coming down by a continued succession from the beginning, as to show their first bishop to have been some apostle or apostolic man as his predecessor or ordainer, and who continued in the same faith with the Apostles. For this is the way in which the Apostolical Churches calculate the series of their bishops.'
Ambroise adopte la même position : « Ils n’ont pas l’héritage, ils ne sont pas les successeurs de Pierre, ceux qui n’ont pas la foi de Pierre. » Grégoire (de Nazianze), défendant le droit d’Athanase au siège d’Alexandrie contre son adversaire, emploie ces paroles : « Cette succession de piété doit être tenue pour la vraie succession, car celui qui maintient la même doctrine de la foi a part au même siège ; mais celui qui défend la doctrine contraire doit, bien qu’il occupe le siège de saint Marc, être tenu pour son adversaire. Celui-ci, certes, peut avoir une succession nominale, mais l’autre a la chose même, la succession en fait et en vérité. » L’opinion de Calvin s’accorde avec ce témoignage ; il dit : « Je rejette le système de la succession comme une chose entièrement sans fondement. . . . Cette question d’être successeurs des apôtres doit se décider par l’examen des doctrines que l’on soutient. »Ambrose takes the same ground, thus: 'They have not the inheritance, are not the successors of Peter who have not the faith of Peter.' Gregory (Nazianzen), in defending the right of Athanasius, to the chair of Alexandria, against his opponent, uses these words: 'This succession of piety ought to be esteemed the true succession, for he who maintains the same doctrine of faith is partner in the same chair; but he who defends the contrary doctrine, ought, though in the chair of St. Mark, to be esteemed an adversary to it. This man, indeed, may have a nominal succession, but the other has the very thing itself, the succession in deed and in truth.' Calvin's view is in harmony with this testimony; he says: 'I deny the succession scheme as a thing entirely without foundation. . . . This question of being successors of the Apostles must be decided by an examination of the doctrines maintained.'
Zanchius exprime la même opinion : « Quand on se vante de la seule succession personnelle, la pureté de la vraie doctrine chrétienne s’étant retirée, il n’y a pas de ministère légitime, puisque l’Église et le ministère de l’Église sont liés non à des personnes, mais à la parole de Dieu. » Bradford, le martyr, a dit avec vérité de l’Église qu’elle n’est « pas liée à la succession, mais à la parole de Dieu ». Et Stillingfleet dit avec vigueur : « Que la succession connaisse sa place et apprenne à se découvrir devant les Écritures. La succession tant invoquée par les écrivains de l’Église primitive n’était pas une succession de personnes dans le pouvoir apostolique, mais une succession de la doctrine apostolique. » Il s’ensuit que ceux qui soutiennent une succession tangible d’Églises baptistes depuis l’âge apostolique doivent prouver par les Écritures que quelque chose d’autre que la sainteté et la vérité est un signe essentiel de l’Église de Dieu.Zanchius gives the same view: 'When personal succession, alone, is boasted of, the purity of true Christian doctrine having departed, there is no legitimate ministry, seeing that both the Church and the ministry of the Church are bound not to persons, but to the word of God.' Bradford, the martyr, truly said of the Church, that she is 'Not tied to succession, but to the word of God.' And Stillingfleet says, with spirit: 'Let succession know its place, and learn to vaile bonnet to the Scriptures. The succession so much pleaded by the writers of the primitive Church was not a succession of persons in apostolic power, but a succession of apostolic doctrine.' On this ground it follows, that those who hold to a tangible succession of Baptist Churches down from the Apostolic Age, must prove from the Scriptures that something besides holiness and truth is an essential sign of the Church of God.
Tout le système pseudo-apostolique fut, dès sa fondation, une création de la hiérarchie à des fins de tyrannie. La question de la véracité est d’une importance bien plus grande dans l’histoire baptiste que celle de l’antiquité. La véracité accepte toute vérité sans égard au temps ; elle la recueille et l’enregistre exactement telle qu’elle a été connue au cours des siècles. La vérité historique a de nombreuses parties en harmonie les unes avec les autres, mais les lignes rigides de la succession visible sont celles d’un simple système et non celles de la véritable histoire. La Bible est l’abîme où repose l’océan de la vérité évangélique, et tous ses courants doivent s’accorder avec leur source, et non avec une origine rêveuse et sentimentale. De même que ce n’est pas une vérité de l’Évangile que le Christ ait déposé dans ses Églises le pouvoir de la procréation spirituelle, de même il n’est pas vrai que tous ceux qui ne proviennent pas d’une lignée donnée d’Églises soient étrangers et illégitimes.The whole pseudo-apostolic scheme, from its foundation, was a creation of the hierarchy for the purposes of tyranny. The question of veracity is of vastly more moment in Baptist history than that of antiquity. Veracity accepts all truth without regard to time; gathering it up, and putting it on record exactly as it has been known through the centuries. Historic truth has many parts in harmony with each other, but the hard and fast lines of visible succession are those of a mere system and not those of true history. The Bible is the deep in which the ocean of Gospel truth lies, and all its streams must harmonize with their source, and not with a dreamy, sentimental origin. As it is not a Gospel truth that Christ has lodged the power of spiritual procreation in his Churches, so it is not true that all who come not of any given line of Church stock are alien and illegitimate.
II. Notre Seigneur n’a jamais promis à son Église une visibilité organique à perpétuité, chez aucun peuple ni à aucune époque. Il a doté son Église d’une vie immortelle lorsqu’il a dit : « Les portes de l’enfer (le Hadès) ne prévaudront point contre elle. » Mais cela n’a rien à voir avec la question d’une existence traçable ou cachée. Il donne sa promesse que son Église ne périra pas, et il lui a assuré cette stabilité. Les forces de la mort se sont mille fois fièrement brisées contre elle, mais malgré leur rage elle demeure fermement bâtie sur un « Rocher ». Elle a été chassée au désert encore et encore, comme une femme sans secours, pour y trouver un abri comme elle le pouvait. Ses retraites, ses solitudes, ses repaires et ses cavernes l’ont invitée à leur secret et à leur abri ; mais bien que ses membres aient été chassés comme la balle devant le vent, elle n’a jamais été détruite.II. Our Lord never promised an organic visibility to his Church in perpetuity, amongst any people or in any age. He endowed his Church with immortal life when he said: 'The gates of hell (Hades) shall not prevail against it.' But this has nothing to do with the question of a traceable or hidden existence. He gives his pledge that his Church shall not perish, and he has secured to her this stability. The forces of death have proudly dashed themselves against her a thousand times, but despite their rage, she stands firmly built on a 'Rock.' She has been driven into the wilderness again and again, as a helpless woman, to find a home as best she could. Its fastnesses, wastes, dens and caves, have invited her to their secrecy and shelter; but though her members have been driven like chaff before the wind, she has never been destroyed.
Une armée n’est pas vaincue quand elle se retire du champ de bataille ; elle ne se retire que pour être rendue indestructible. Un grain de blé enveloppé et caché dans une pyramide pendant des milliers d’années germe aussi frais que jamais lorsqu’on le rend à la lumière et à l’humidité. Ainsi le Christ montre singulièrement sa vigilance sur son Église lorsqu’il la conduit dans une retraite secrète pour sa sûreté, ou, comme le dit Jean, dans « son lieu préparé par Dieu », afin qu’elle y soit « nourrie pour un temps » et en sorte plus forte que jamais. Les hommes ont souvent cru l’Église morte, d’abord chez tel peuple, puis chez tel autre, alors qu’elle était plus vivante que jamais malgré son invisibilité passagère. En de tels temps, son organisation a été brisée, ses ordonnances suspendues, ses officiers mis à mort, ses membres réduits en poussière ; mais elle a reparu, non dans un nouveau rassemblement des mêmes personnes, mais dans le réveil de vérités anciennes chez un peuple nouveau, pour reproduire de nouveaux et illustres exemples d’hommes fidèles.An army is not overthrown when withdrawn from the field, it is retired only to make it indestructible. A grain of wheat enswathed and hidden in a pyramid for thousands of years grows as fresh as ever when brought back to light and moisture. So Christ signally evinces his watch-care over his Church when he brings her into a secret retreat for safety, or as John expresses it, into 'her place prepared by God,' that she may be 'nourished for a time,' to come forth stronger than ever. Men have often thought the Church dead, first amongst this people and then that, when she was more alive than ever for her occasional invisibility. At such times her organization has been broken, her ordinances suspended, her officers slain, her members ground to powder; but she has come forth again, not in a new array of the same persons, but in the revival of old truths amongst a new people, to reproduce new and illustrious examples of faithful men.
Le christianisme a été une seule étoffe où la bande dorée de la vérité a été parfois visible d’un bord à l’autre ; puis on n’en a vu qu’un simple fil ; puis elle a été entièrement couverte par la chaîne. Mais bientôt elle a reparu aussi brillante que jamais, après sa longue invisibilité. III. Le Christ n’a jamais promis à ses Églises d’être absolument préservées de l’erreur. Il a promis son Esprit pour conduire ses apôtres dans toute la vérité, et il a fidèlement tenu parole lorsqu’ils ont écrit et parlé selon que l’Esprit les poussait. Mais quand il eut achevé la règle inspirée pour les guider, il ne s’engagea pas à les garder pures, bon gré mal gré. Elles pouvaient mêler l’erreur et la fausse doctrine à sa vérité, et se déshonorer par des mélanges corrupteurs ; mais la perte et la responsabilité étaient les leurs. Leur promettre une pureté sans mélange pour tous les temps, malgré leur propre obstination, eût été les doter de l’infaillibilité, ce qui est précisément la doctrine de Rome et une contradiction de toute histoire digne de foi.Christianity has been one web through which the golden band of truth has been visible from edge to edge at times, then a mere thread has been seen, then it has been fully covered by the warp. But anon, it has re-appeared as bright as ever, from its long invisibility. III. Christ never promised to his churches their absolute preservation from error. He promised his Spirit to lead his Apostles into all truth, and kept his word faithfully when they wrote and spoke as the Spirit moved them. But when he had finished the inspired rule for their guidance, he did not vouchsafe to keep them pure, nolens volens. They might mix error and false doctrine with his truth, and disgrace themselves by corrupting admixtures; but the loss and responsibility were theirs. To have pledged them unmixed purity for all time despite their own self-will was to endow them with infallibility, which is precisely the doctrine of Rome, and a contradiction of all reliable history.
Dès le premier siècle il y eut une grande défection de la vérité, comme le montrent les épîtres. Certaines furent même écrites dans le but exprès de corriger l’erreur, notamment les derniers écrits de Paul et de Jean. Du deuxième au quatrième siècle, nous trouvons un rapide éloignement de la vérité inspirée, avec de nombreuses sectes et aucune Église exactement conforme à l’ordre apostolique. Quelques hommes, penseurs originaux qui ne suivaient l’enseignement de personne, s’affranchirent de la direction de tous. Ils allèrent d’eux-mêmes au texte de l’Écriture, mais restèrent seuls, et emportèrent avec eux quelque erreur dont ils ne purent se libérer, de sorte qu’ils demeurèrent en dessous de leur propre idéal ; et le modèle originel ne fut pas rétabli avant un temps assez long. Bien plus, il y a plus vrai encore. Les corps organisés d’hommes qui se rassemblèrent en Églises réformées furent mus par des motifs mêlés, et en tentant un nouvel ordre de choses, peu d’entre eux atteignirent en tous points la norme du Nouveau Testament.Even in the first century there was great defection from the truth, as the Epistles show. Some of them were written, indeed, for the express purposes of correcting error, especially the latter writings of Paul and John. From the second to the fourth century, we find a rapid departure from inspired truth, with many sects, and no churches exactly after the Apostolic order. Some few men, original thinkers who followed no man's teachings, broke loose from the leadership of all. They went independently to the text of Scripture, but stood single-handed, and took with them some error from which they could not free themselves, so that they fell below their own ideal; and the original model was not restored for some length of time. Nay, more than this even is true. Those organic bodies of men who were drawn together into reformed churches, were moved by mixed motives, and in attempting a new order of things, few of them came up to the New Testament standard in all respects.
Et l’échec à atteindre cette norme dans toutes les Églises a été si marqué qu’il rend vain de chercher une ligne visible de succession qui constituerait la seule vraie descendance ecclésiale depuis les temps apostoliques jusqu’aux nôtres. Certaines Églises ont été fidèles à une vérité divine, d’autres à une autre, mais aucune n’a incarné toute la vérité, et peu des hommes que nous connaissons aujourd’hui ont observé toutes les exigences de l’Évangile. Ce principe de l’infaillibilité et de la succession de l’Église est la corruption centrale de Rome, et il a tellement souillé sa foi qu’elle ne tient presque aucune vérité dans sa pureté, tant dans l’abstrait que dans le concret. Elle croit à la véritable divinité de Jésus-Christ et du Saint-Esprit, à l’unité et à la trinité de la Divinité, à l’authenticité et à l’inspiration des Écritures, aux doctrines de l’incarnation et de l’expiation, et à la gloire et à la rétribution éternelles.And the failure to reach that standard in all churches has been so marked as to render it vain to look for a visible line of succession, which constitutes the only true Church descent from Apostolic times to ours. Some churches have been faithful to one divine truth and some to another, but none have embodied all the truth, and few individual men now known to us have kept all the requisitions of the Gospel. This principle of infallibility and Church succession is the central corruption of Rome, and has so polluted her faith that she scarcely holds any truth purely, both in the abstract and the concrete. She believes in the proper Deity of Jesus Christ and of the Holy Spirit, — in the Unity and Trinity of the Godhead, — in the authenticity and inspiration of the Scriptures, — in the doctrines of incarnation and atonement,— and in eternal glory and retribution.
Mais laquelle de ces vérités n’a-t-elle pas modifiée et pervertie, sous prétexte qu’elle est dotée de la catholicité et d’une visibilité perpétuelle, comme la légitime Église apostolique, en dépit de toute sa souillure ? Et maintenant elle fait de ses erreurs sa vie véritable. Ce qui est vrai de la hiérarchie l’est également, à cet égard, de la plupart des corps qui ont protesté contre ses principales hérésies et s’en sont débarrassés. Ils se sont attachés à certaines vérités qu’elle foulait aux pieds, mais ils ont étreint certaines de ses erreurs aussi étroitement qu’elle-même, les ont défendues aussi fermement, et ont souvent persécuté jusqu’à la mort ceux qui différaient d’eux, même sur des points secondaires. IV. Le monde est bien plus redevable à une lignée d’hommes individuels qui ont combattu pour la vérité, chacun pour soi, qu’à quelques Églises organisées que ce soit, que l’on pourrait faire remonter par succession visible jusqu’aux apôtres, sous quelque nom que ce soit.But which of these has she not modified and perverted, under the pretense that she is endowed with Catholicity and perpetual visibility, as the rightful Church Apostolic, all her defilement to the contrary? and now she makes her errors her real life. What is true of the hierarchy is equally true, in this respect, of most of the bodies which have protested against and shaken off her chief heresies. They clung to some truths which she trod under foot, but they hugged some of her errors as closely as she hugged them, defended them as stoutly, and often persecuted unto death those who differed with them, even in minor matters. IV. The world is vastly more indebted to a line of individual men who have contended for the truth, each by himself, than to any organic churches which can be traced by visible succession from the Apostles, under any name whatever.
En religion, comme dans les autres domaines de la vie, les grands mouvements se sont presque toujours concentrés autour d’un ou deux individus isolés, devenus immensément influents parce qu’ils ont d’abord tourné les yeux vers les besoins de leur propre âme, sans aide humaine et généralement en opposition à toutes les organisations. Les influences extérieures ont peu contribué à former leurs facultés. Ils ont été façonnés au-dessus de leur siècle et en avance sur lui, et ont créé une vie nouvelle pour tous ceux qui les entouraient, souvent bien au-delà de leur sphère natale. Il leur fallut d’abord s’échapper d’eux-mêmes et se maîtriser ; puis ils conduisirent leur temps vers une piété plus haute et plus pure. Dieu accomplit par eux quelque grande œuvre sans l’aide d’aucune Église locale, selon ces lois uniformes de la vérité par lesquelles le royaume du Christ a toujours été gouverné. Ces exemples puissants, dispersés à travers les siècles, montrent que ce n’est pas l’association organique, mais l’humanité régénérée qui fait la véritable histoire, comme on pouvait s’y attendre, puisque le fondement de l’obéissance à l’Évangile est posé dans les profondes convictions de l’âme de chaque homme.In religion, as in other departments of life, great movements have almost always centered in one or two isolated individuals, who have become immensely influential, by first turning their eyes upon the needs of their own souls, without human aid, and generally in opposition to all organizations. External influences had little to do in shaping their powers. They were molded above and in advance of their age, and created a new life for all about them, often far outside of their native sphere. First of all they were obliged to escape from and master themselves, then they led their times into a higher and purer godliness. God wrought some grand consummation by them without the aid of any local church, under those uniform laws of truth by which Christ's kingdom has ever been governed. These powerful examples, scattered through the centuries, show that not organic association, but regenerated manhood makes true history, as we might expect from the fact, that the foundation of Gospel obedience is laid in the deep soul-convictions of individual men.
Les découvertes et les progrès les plus marquants de l’histoire ont été faits, non selon les plans de corps concertés, mais par des esprits individuels. Galilée conçut l’idée du télescope en regardant par hasard un garçon qui portait un tube à son œil ; et Newton découvrit dans une pomme qui tombait la loi qui unit l’univers. Ainsi, le petit nombre de ceux qui ont été pénétrés de saints desseins, imprégnés de part en part de fidélité au Christ, se sont levés avec une force souveraine pour défendre sa vérité ; ce sont les sommets alpins qui jalonnent les siècles. Leur amour pour le Christ rendait leur action responsable envers lui et en assurait les résultats ultimes. Des systèmes religieux sont nés de leurs efforts personnels ; mais quand un système religieux a-t-il créé une vie nouvelle après le premier siècle ? Les baptistes sont plus redevables à une telle lignée d’hommes qu’à aucune lignée d’Églises que l’on puisse nommer. Cette grande loi de l’individualité n’a pas échappé à l’attention des sceptiques.The most marked discoveries and advancements of history have been made, not on the plans of concerted bodies, but by individual minds. Galileo seized the idea of the telescope from a casual glance at a boy holding a tube to his eye; and Newton found the law that binds the universe in a falling apple. So, the few who have been impregnated with holy purposes, saturated through and through with fidelity to Christ, have arisen in imperial strength to vindicate his truth; these are the Alpine peaks that mark the centuries. Their love to Christ held their action responsible to him, and made its final results safe. Religious systems arose out of their personal exertions, but when did a religious system create a new life, after the first century? Baptists are greater debtors to such a train of men than to any train of churches that can be named. This great law of individuality has not escaped the notice of skeptics.
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Un grand esprit de notre temps affirme « que, durant toute la période du sixième au dixième siècle, il n’y eut pas dans toute l’Europe plus de trois ou quatre hommes qui osèrent penser par eux-mêmes » ; et même ceux-là ne furent pas comptés parmi les créateurs de leur époque. Ce n’étaient ni des gouvernants ni des hommes d’État, mais de discrets et obscurs inspirateurs, qui découvrirent des abus et indiquèrent des remèdes que les temps futurs furent fiers d’appliquer. C’est surtout à travers cette sorte d’esprits que nous devons retracer l’histoire des convictions baptistes, mais le nom de « baptiste » ne doit pas nous induire à enrôler dans nos rangs des hommes qui seraient aujourd’hui indignes de ce nom, simplement parce qu’ils avaient certaines choses en commun avec nous. Nous devons plutôt n’embrasser que ceux qui ont pleinement chéri la conception que les baptistes du Nouveau Testament et ceux du dix-neuvième siècle présentent comme le fondement de tout le royaume du Christ.A great mind of our day avows, 'That in the whole period from the sixth to the tenth century, there were not in all Europe more than three or four men who dared to think for themselves;' and even they were not classed with the creators of their age. They were neither rulers nor statesmen, but quiet and unobserved suggesters, who discovered abuses and pointed out remedies which future times were proud to apply. Chiefly through this order of mind we are to trace the record of Baptist sentiments, but the name 'Baptist' must not mislead us to enlist into our ranks men who would be unworthy of that name to-day, simply because they held some things in common with ourselves. Rather, we must embrace only those who cherished in full, the conception which both the New Testament Baptists and those of the nineteenth century set forth as underlying the entire kingdom of Christ.
C’est dans l’incarnation de ces principes, que ce soit dans des individus ou dans des Églises, que nous devons chercher la véritable histoire baptiste. Parce qu’ils sont enracinés dans la Bible, nous nous inclinons devant leurs saints enseignements, l’antiquité des principes étant tout autre chose que l’antiquité des organisations. Comme les doctrines et les pratiques nées dans les temps postérieurs sont tardives et nouvelles, nous ne devons révérer que l’antiquité que Dieu a prononcée au commencement. Un système qui traverse les siècles n’est qu’une vaine vantardise s’il ne reproduit pas la copie vivante et spirituelle du premier âge. Pendant soixante-dix ans, les Juifs perdirent la ligne de la Pâque, quand Jérusalem était en ruines et qu’Israël était asservi à Babylone ; mais quand Ézéchias les ramena et rétablit la fête, les soixante-dix maillons manquants de la célébration revinrent avec eux. Deux générations de leur peuple étaient mortes et l’on n’entendit plus jamais parler de certaines de leurs tribus, et pourtant leur véritable histoire comme Juifs ne fut pas rompue, ni la signification de la Pâque amoindrie, « bien qu’ils ne l’eussent pas célébrée depuis longtemps de la manière qui est écrite ».It is in the embodiment of these principles, whether in individuals or churches, that we are to look for true Baptist history. Because they are imbedded in the Bible we bow to their holy teachings, the antiquity of principles being quite another thing from the antiquity of organizations. As doctrines and practices originated in after times are late and new, we must reverence that antiquity alone which God uttered in the beginning. A system running through ages is an empty boast unless it reproduces the vital, spiritual copy of the first age. For seventy years the Jews lost the line of the Passover, when Jerusalem lay in heaps and Israel was enslaved in Babylon, but when Hezekiah brought them back and restored the feast, the seventy missing links of festivity came with them. Two generations of their people had died and certain of their tribes were never heard of again, yet their true history as Jews was not broken nor the significancy of the Passover impaired, 'although they had not done it of a long time in such sort as it is written.'
Dès que le temple fut rebâti, ses portes ouvertes et ses lampes rallumées, l’antique autorité de l’institution revécut. Aucune famille juive vivant aujourd’hui ne peut faire remonter sa descendance à une tribu déterminée de celles qui existaient lors de la chute de Jérusalem, en l’an 70. Toutes ont été si dispersées et si mêlées entre elles et avec les païens que les lignes tribales sont entièrement effacées ; et pourtant personne ne niera qu’elles soient les descendantes directes d’Abraham. Les principes exposés ci-dessus ne sont pas ceux que l’on a généralement adoptés dans l’histoire baptiste. Mais l’auteur est persuadé qu’ils sont le seul vrai canal par lequel on peut la retracer, et par lequel les baptistes peuvent ne faire qu’un avec les Églises apostoliques, tandis que la descendance visible et la succession ininterrompue des Églises ne sont pas et ne peuvent pas être une épreuve appropriée en cette matière. Nous jouissons aux États-Unis du droit de nous gouverner nous-mêmes par une descendance régulière de la démocratie depuis la République romaine, mais il est impossible d’en suivre le cours par une lignée de démocraties dont la nôtre serait l’héritière.The moment that the Temple was rebuilt, its doors opened, and its lamps relit, the old authority of the institution revived. No Jewish household now living can trace its descent to any given tribe which existed at the fall of Jerusalem, A. D. 70. All have been so scattered and intermixed amongst themselves and the Gentiles, that tribal lines are entirely obliterated; yet none will deny that they are the direct descendants of Abraham. The principles above set forth are not those which have been generally adopted in Baptist history. But the writer is persuaded that they are the only true channel through which it can be traced, and by which Baptists can be made a unit with Apostolic Churches, while visible descent and the unbroken succession of churches are not and cannot be a proper test in the matter. We enjoy the right of self-government in the United States by a regular descent of democracy from the Roman Republic, but it is impossible to trace its course by a line of democracies to which our own is the successor.
Mais les deux, si éloignées dans le temps, sont essentiellement les mêmes dans leurs libertés. Dans tous les pays, des individus ont affirmé les droits de l’homme, et des groupes ont lutté pour les inscrire dans tout gouvernement ; mais qui dira que ceux-là n’ont pas été les vrais patriotes du monde, parce qu’une ligne perpétuelle et visible de républiques organisées ne nous est pas parvenue, côte à côte avec une ligne semblable de gouvernements despotiques ? La vérité historique applique les mêmes procédés aux divers courants de la science naturelle. On trouve dans la vie végétale et animale certaines familles et tribus ; c’est-à-dire qu’un type donné se multiplie en groupes, la suite étant notre guide ; et pourtant aucun savant ne renonce à croire à l’existence d’un type parce qu’il ne peut en suivre la succession visible, alors qu’il en retrouve encore et encore le cours extérieur étrangement repris. Ainsi parlons-nous d’un peuple connu sous le nom de « baptistes », qui a été en substance d’un même ordre de foi et de pratique religieuse, et qui l’est devenu par un même ordre de principe religieux.But the two, separated so widely in point of time, are essentially the same in their liberties. Individuals have asserted the rights of man in every country, and bands have struggled to embody them in every government, but who will say that these have not been the true patriots of the world, because a perpetual and visible line of organized republics has not come down to us, side by side with a similar line of despotic governments? Historical truth applies the same processes to the several streams of natural science. Certain families and tribes are found in vegetable and animal life; that is to say, a given type multiplies itself into groups, sequence being our guide; yet no scientist discards faith in the existence of a type, because he cannot trace its visible sequence, while again and again he finds its outward course strangely resumed. So we speak of a people known as 'Baptists,' who have been substantially of one order of religious faith and practice, and have been made so by one order of religious principle.
S’ils furent écrasés à un moment donné, ou entièrement chassés du regard, d’autres portant le même sceau et la même force apostoliques se sont levés pour prendre leur place, sous d’autres noms. Un rayon de soleil est un rayon de soleil, quelle que soit la pourriture sur laquelle il tombe ou la souillure à laquelle il se mêle ; et c’est par un rayon de cette nature que nous suivons notre chemin depuis le Christ, en descendant dans la vie ecclésiastique. Mais prétendre qu’une communion quelconque existant aujourd’hui sur la terre puisse remonter jusqu’aux apôtres par une seule ligne de fidélité et de pureté envers les enseignements du Nouveau Testament, c’est contredire toute histoire digne de foi. Le Dr Abel Stevens dit : « Des communautés obscures, comme les cathares ou novatiens, les pauliciens, les albigeois et les vaudois, ont maintenu l’antique foi dans une pureté relative depuis le commencement du quatrième siècle jusqu’à la Réforme. » Ces sectes et d’autres ont tenu un ou plusieurs principes distinctement baptistes, mais aucune n’était baptiste de part en part.If crushed at one time, or entirely driven out of sight, others bearing the same Apostolic stamp and force have come forth to fill their places, under other names. A sunbeam is a sunbeam, no matter upon what putrescence it may fall, or with what pollution it may mingle; and by a ray of this character we thread our way from Christ down in ecclesiastical life. But the pretense that any one communion now on earth can trace its way down from the Apostles, in one line of fidelity and purity to New Testament teachings, is to contradict all reliable history. Dr. Abel Stevens says: 'Obscure communities, as the Cathari or Novatians, the Paulicians, the Albigenses, and the Waldenses, maintained the ancient faith in comparative purity from the beginning of the fourth century down to the Reformation.' These and other sects held one or more distinctive Baptist principles, but none of them were thorough Baptists, through and through.
Une Église baptiste est une assemblée, et non une dénomination d’assemblées ; et en quelque recoin que nous la trouvions, si elle peut faire remonter ses doctrines aux apôtres, c’est une Église apostolique. « Une Église, dit le Dr Ripley, qui a commencé d’exister hier, en stricte conformité avec les principes néotestamentaires de l’appartenance, loin de toute Église ou de tout groupe d’Églises anciennement établis, et donc incapable de retracer une descendance linéaire extérieure, est une véritable Église du Christ. . . . Tandis qu’une soi-disant Église qui ne repose pas sur les principes apostoliques de la foi et de la pratique, et qui peut pourtant regarder en arrière à travers une longue lignée jusqu’à des temps immémoriaux, peut n’avoir jamais appartenu à ce corps dont le Christ est la Tête. » Le lecteur de l’histoire religieuse doit être aussi honnête que celui qui l’écrit, car l’un est aussi exposé aux préjugés que l’autre.A Baptist church is a congregation, and not a denomination of congregations, and find it in what nook we may, if it can trace its doctrines to the Apostles it is an Apostolic Church. 'A church,' says Dr. Ripley, 'that came into existence yesterday, in strict conformity to the New Testament principles of membership, far away from any long-existing church or company of churches, and therefore unable to trace an outward lineal descent, is a true Church of Christ. . . . While a church so-called, not standing on the Apostolic principles of faith and practice, and yet able to look back through a long line up to time immemorial, may have never belonged to that body of which Christ is the Head.' The reader of religious history must be as honest as its writer, for the one is as much exposed to bias as the other.
Pourtant, les faits exacts que trouve l’historien véridique sont souvent condamnés sans être pesés, parce qu’ils déplaisent ; et les vraies chroniques sont souvent ensevelies sous les invectives qu’on amoncelle sur leur sujet. Pour une raison ou une autre, une grande part de cette injustice se manifeste chez beaucoup chaque fois que les vérités du Nouveau Testament sont en jeu. C’est pourquoi un homme ne s’honore lui-même, et n’honore les enseignements vitaux du Saint-Esprit, que lorsqu’il se sépare de tout ce qui est superficiel dans ses propres méthodes d’examen. Plus que tout autre peuple, les baptistes devraient se contenter de séparer leur histoire de tout matériau douteux, et de l’écrire et la lire dans la forme que les faits lui ont donnée, sa pierre de touche complète étant la conformité à l’Évangile. Seuls ont été baptistes ceux qui se sont conformés à cette règle, d’âge en âge, sans rien ajouter ni retrancher. L’erreur doit demeurer éternellement l’erreur, et aucune antiquité ne peut la sanctifier en vérité.Yet, the exact facts which are found by the truthful historian are often condemned unweighed, because they are unpalatable; and true chronicles are often buried under the abuse which they heap upon their subject. For some reason much of this unfairness crops out, with many, whenever the truths of the New Testament are under consideration. Hence a man only honors himself and the vital teachings of the Holy Spirit when he separates himself from all that is superficial in his own methods of examination. Above all people, Baptists should be content to separate their history from all questionable material, and to write and read it in the form in which facts have cast it, its complete touchstone being conformity to the Gospel. Those only have been Baptists who have conformed to this rule, from age to age, without addition or subtraction. Error must eternally remain error, and no antiquity can sanctify it into truth.
Pour toutes les fins de la vérité, la coutume simplement vénérable est faible ; pourtant, si un amour suprême de la vérité ne la refoule pas, elle dominera l’esprit par les sens, qui se laissent captiver par ce qui est chenu. Comme les digues de Hollande repoussent les assauts de la mer, ainsi les baptistes ne peuvent recevoir les plus belles provinces de la vérité qu’en résistant à la coutume ancienne, précisément parce qu’elle est ancienne. La coutume ecclésiastique est aussi changeante que son auteur, et pourtant, quand une pratique ancienne entre en conflit avec le Nouveau Testament, beaucoup font de cette pratique la vraie interprétation de la parole de Dieu sans en questionner l’autorité. Bien que pas un iota n’ait été ajouté à la vérité depuis la mort de l’apôtre Jean, la simple antiquité de la tradition la consacre dans la foi de beaucoup, surtout si elle remonte à l’un des soi-disant « Pères ». Un éminent disciple, aujourd’hui disparu, du Dr Wayland illustra le sentiment de beaucoup sur ce sujet.For all the ends of truth merely venerable custom is weak; yet, if a supreme love of truth does not force it back, it will dominate the mind through the senses, which are captivated by the hoary. As the dykes of Holland repel the approaches of the sea, so Baptists can only receive the fairest provinces of truth by resisting ancient custom, simply because it is ancient. Ecclesiastical custom is as mutable as its maker, and yet, when an old practice conflicts with the New Testament, many make that practice the true interpretation of God's word without questioning its authority. Although not one jot has been added to the truth since the death of the Apostle John, the bare antiquity of tradition enshrines it in the faith of many, especially if it came down from one of the so-called 'Fathers.' A late able scholar of Dr. Wayland's illustrated the feeling of many on this subject.
Il lui demanda si, au cas où le docteur aurait vécu près du temps de Paul, sa parole n’aurait pas eu plus de poids que celle des autres hommes. Le grand maître répondit : « Oui, pourvu que Paul eût dit dans ses écrits : “Je laisse Francis Wayland pour mon interprète.” » Et sinon, comment aurait-il pu interpréter un apôtre mieux que quiconque, sans une inspiration spéciale de Dieu ? Les esprits les plus nobles sont souvent paralysés par cette quête d’une antiquité non inspirée, dans l’idée qu’elle doit toucher au divin, sans tendre vers l’idéal infaillible du Christ, qui se tient ouvertement devant leurs yeux. Les historiens baptistes ont toujours écrit dans des conditions très défavorables. Ordinairement, ceux qui rejetaient nos principes dans les âges passés étaient remplis d’amertume, et ils détruisirent les meilleures sources de données exactes sous forme de traités, de récits et de registres. Le parti haï était faible, et le parti dominant cherchait sa destruction. Souvent, ces victimes sans défense de la tyrannie étaient obligées de détruire leurs propres documents, de peur que leur découverte ne les plonge dans le malheur.He asked whether, if the doctor had lived near the time of Paul, his word would not have been weightier than that of other men. The great tutor replied, 'Yes, provided Paul had said in his writings, "I leave Francis Wayland my interpreter."' And if not, how could he have interpreted an apostle better than any one else, without special inspiration from God? The noblest minds are often crippled by this straining after uninspired antiquity, under the notion that it must touch the divine, without reaching after Christ's infallible ideal, when it stands openly before their eyes. Baptist historians have always written against great odds. Commonly those who rejected our principles in past ages were filled with bitterness, and destroyed the best sources of exact data in the shape of treatise, narrative and record. The hated party was weak, and the dominant sought its destruction. Often these helpless victims of tyranny were obliged to destroy their own documents, lest discovery should overwhelm them in calamity.
Nous verrons aussi que, si beaucoup des anciennes sectes étaient plus ou moins imprégnées de principes baptistes, chacune avait sa propre série de déductions, de convictions et de pratiques. Par conséquent, ce qui était pour l’une une foi chérie était tenu en mépris par une autre, et ces dispositions d’esprit devinrent une partie des hommes eux-mêmes. Leurs différents degrés de foi étaient différents degrés de conscience ; et il arriva que s’opposer farouchement les uns aux autres revenait à atteindre une haute fidélité. Dans la triste faiblesse de la nature humaine, chacun tenait sa propre secte pour vertueuse et l’autre pour vicieuse, oubliant tout le temps que, comme corps en relation, elles se modifiaient l’une l’autre et étaient en grande partie responsables de la conduite les unes des autres. De plus, comme les baptistes ne contrôlaient aucun gouvernement national, ils ne pouvaient conserver leurs registres comme d’autres le faisaient. Ils ne dirigeaient aucune législation ni aucun système de jurisprudence civile, et ne pouvaient tenir d’archives, n’ayant aucun officier public dont la tâche spéciale fût de recueillir et de conserver les faits.We shall see also that while many of the old sects were more or less imbued with Baptist principles, each had its own class of deductions, convictions and practices. In consequence, what was a cherished faith with one was held in contempt by another, and these states of mind became a part of the men themselves. Their different stages of faith were different stages of consciousness; and it came to pass, that to oppose each other fiercely was to attain high fidelity. In the dreary weakness of human nature each man held his own sect virtuous and the other vicious, all the time forgetting that as relative bodies they modified each other, and were largely responsible for each other's conduct. Then, as the Baptists had control of no national government, they could not preserve their records as did others. They managed no legislation or system of civil jurisprudence, and could keep no archives, having no legal officers whose special business it was to store up and keep facts.
Nécessairement donc, les rares documents qu’ils ont laissés sont fragmentaires, sans la continuité voulue dans l’enregistrement, et presque dépourvus d’événements vitaux. La main qui portait l’épée pour frapper ce peuple portait aussi la torche pour brûler ses livres, et ses auteurs furent réduits en cendres par les flammes de leur propre littérature. Les matériaux pour bâtir leurs chroniques sont à la fois grossiers et maigres. C’est la vie dirigeante d’un peuple, et non les seules circonstances, qui donne de la valeur à sa revendication, et nous voilà ainsi renvoyés aux principes et à la généralisation rigoureuse. Si l’histoire baptiste est singulière, c’est seulement parce qu’ils ont été un peuple singulier. Leurs ennemis les ont toujours tenus pour des « hérétiques », dont la principale utilité était de garder un monde froid au chaud en servant de combustible au bûcher. Les hommes n’ont jamais voulu les comprendre, parce qu’ils n’ont jamais voulu les accepter sur leur propre témoignage, mais se sont obstinés à les mesurer à d’autres normes que les leurs.Necessarily, therefore, what few records they have left are fragmentary, without due continuity of register, and almost barren of vital events. The hand which carried the sword to smite this people, carried also the torch to burn up their books, and their authors were reduced to ashes by the flames of their own literature. The material for building up their chronicles is both crude and scanty. The governing life of a people, and not circumstances alone, gives value to their claim, and so we are thrown back on principle and hard generalization. If Baptist history be peculiar, it is only because they have been a peculiar people. Their enemies have always accounted them 'heretics,' whose prime value was to keep a cold world warm by their use as fuel for the stake. Men have never been willing to understand them, because they never would accept them on their own showings but have insisted on measuring them by other standards than their own.
C’est à grand prix qu’ils obtinrent leur liberté, et leur individualisme radical les faisait paraître aux autres hommes dérangeants, voire violents. En retour, presque toutes les mains se sont levées contre eux, et, comme peuple d’un seul livre, ils ont pris un caractère ferme et robuste qui les a fait paraître comme si leur main était contre tous. Ce que Burke disait des Américains dans un autre domaine est vrai d’eux dans leur dévotion à la Bible, à savoir : « En aucun pays du monde, peut-être, la loi n’est l’objet d’une étude aussi générale. » Nous voyons donc que Robinson, Crosby, Ivimey, Orchard, Jones, Backus, Benedict, Cramp et d’autres historiens baptistes ont écrit avec tous les désavantages possibles. Pourtant, leur œuvre montre un amour instinctif de la vérité pour elle-même, digne de tels vétérans. Leur spiritualité est élevée, leur piété sans artifice, leur dévouement à l’Évangile ardent, et leur pénétration historique tout à fait égale à celle des autres historiens de l’Église.With a great price they obtained their freedom, and their radical individualism made them appear to other men as disturbing and even violent. In turn, almost every man's hand has been against them, and as a people of but one book, they have taken a fixed and sturdy character, which has made them look as if their hand was against every man. What Burke said of Americans, in another line, is true of them in their devotion to the Bible, namely: 'In no country, perhaps, in the world, is the law so general a study.' We see, then, that Robinson, Crosby, Ivimey, Orchard, Jones, Backus, Benedict, Cramp, and other Baptist historians, have written under every possible disadvantage. Still, their work shows an instinctive love of the truth for the truth's sake, worthy of such veterans. Their spirituality is elevated, their piety without guile, their devotion to the Gospel ardent, and their historical acumen quite equal to that of other Church historians.
Pour l’essentiel, il n’a pas été démontré que leurs faits et leurs conclusions principaux soient indignes de confiance, et personne n’a tenté de montrer que leurs conclusions générales soient insoutenables. Peut-être leur principale erreur a-t-elle résidé dans la tentative de trouver les maillons épars et fortuits d’un certain ordre d’Églises que l’on peut, par accommodement, appeler baptistes. Le dessein de cet ouvrage sera de suivre certaines vérités à travers les âges, selon ce principe protestant radical qui fait profession de rejeter la prétention romaine à la catholicité et à la succession, et de suivre ainsi certaines vérités jusqu’à leurs principaux gardiens à notre époque, les baptistes. C’est par cette méthode que nous pouvons le mieux comprendre leurs combats contre l’erreur et le pouvoir, leurs défaites et leurs victoires. Dans l’histoire générale, aucun écrivain ne se contentera de chercher une succession de rois et de cours, de guerriers et de champs sanglants, mais il trouvera la vérité dans la vie sociale et civile d’un peuple, dans la marche de la liberté constitutionnelle et dans les phénomènes de l’élévation humaine.In the main, their leading facts and findings have not been proven untrustworthy, and no one has attempted to show that their general conclusions are untenable. Possibly, their chief mistake has lodged in the attempt to find the stray and casual links of a certain order of churches which may, by accommodation, be called Baptist. The design of this work will be, to follow certain truths through the ages, on that radical Protestant principle which professes to discard the Romish claim of catholicity and succession, and so to follow certain truths down to their chief conservators of this time, the Baptists. By this method we can best understand their battles with error and power, their defeats and victories. In general history no writer will be content to seek a succession of kings and courts, of warriors and bloody fields, but he will find truth in the social and civil life of a people, in the march of constitutional freedom, and the phenomena of human elevation.
Le meilleur service que l’on puisse rendre aux baptistes est de retracer l’énergie silencieuse et l’immortalité native des doctrines qu’ils professent, après tous leurs combats, pour la gloire du Christ, car c’est précisément là que nous voyons leur excellence comme peuple. Si l’on peut montrer que leurs Églises sont, parmi celles qui existent aujourd’hui, les plus semblables aux Églises apostoliques, et que les éléments qui les rendent telles ont traversé avec succès la longue lutte, la succession depuis les temps de leur Seigneur béni leur donne l’histoire la plus noble qu’un peuple puisse souhaiter. Procurer une imitation servile de choses simplement primitives n’a jamais été la mission des baptistes. Leur œuvre a été de favoriser la reproduction vivante des chrétiens du Nouveau Testament, et ainsi de faire de l’ancien semblable au Christ ce qui est toujours délicieusement nouveau. Leur appel perpétuellement neuf aux Écritures comme seule garantie de leur existence même ne doit pas être abandonné dans une folle tentative de retourner contre la hiérarchie ses propres armes.The best service that can be rendered to the Baptists is, to trace the noiseless energy and native immortality of the doctrines which they hold, after all their conflicts, to the glory of Christ, for it is exactly here that we see their excellency as a people. If it can be shown that their churches are the most like the Apostolic that now exist, and that the elements which make them so have passed successfully through the long struggle, succession from the times of their blessed Lord gives them the noblest history that any people can crave. To procure a servile imitation of merely primitive things has never been the mission of Baptists. Their work has been to promote the living reproduction of New Testament Christians, and so to make the Christlike old, the ever delightfully new. Their perpetually fresh appeal to the Scriptures as the only warrant for their existence at all must not be cut off, in a foolish attempt to turn the weapons of the hierarchy against itself.
L’épée de l’Esprit doit rester leur seule arme de service, offensive et défensive. En appeler maintenant à de fausses lettres de créance ne les couperait pas seulement de leur ancien tableau d’honneur, mais les priverait de l’usage de tout ce qui reste encore à découvrir et à appliquer dans la parole de Dieu. L’attribut distinctif du royaume du Christ est la vie ; non une vie historique, mais une vie surnaturelle, qui découle éternellement du Christ seul par sa vérité vivante. Une telle existence ne revendique pas le droit d’une longue possession sur tel sol ou tel autre, ou à travers telle ou telle période ; et ce n’est pas là le meilleur titre par lequel les baptistes puissent prouver leurs droits à leur bel héritage. Loin que leur droit de vivre réside dans une ascendance organique par descendance ancienne, leur droit d’exister au dix-neuvième siècle vient de leur unité avec la vérité donnée par le Christ au premier siècle.The sword of the Spirit must still be their only arm of service, offensive and defensive. An appeal to false credentials now would not only cut them off from their old roll of honor, but it would sever them from the use of all that now remains undiscovered and unapplied in the word of God. The distinctive attribute in the kingdom of Christ is life; not an historic life, but a life supernatural, flowing eternally from Christ alone by his living truth. Such existence does not claim the right of long possession in this soil or that, or through this or that course of time; nor is this the best title by which Baptists can prove their heirship to their fair inheritance. So far from their right to live inhering in organic ancestry by ancient descent, their right to be, in the nineteenth century, comes by their oneness with the truth given by Christ in the first century.
Leur possession présente de cette vérité est le témoignage de leur unité avec une vie sans fin ; elle est leur seule autorité pour exister en tout temps, avec ou sans registres humains, et exclut toute autre considération. La vie de toutes les Églises évangéliques doit avoir pour centre la vérité qui est descendue intacte depuis Jésus-Christ ; nous devons la trouver là ou nulle part, et il ne peut y avoir aucune voie, extrême ou moyenne, qui applique la vraie épreuve de la vie de l’Église, sinon celle-ci. Une fiction humaine peut servir les fins du catholicisme, mais comme les baptistes ne sont pas romanistes, seuls le Christ et l’apostolicité, tels qu’ils se trouvent dans les Écrits divins, peuvent leur suffire. L’esprit et le fruit de ceux-ci dans leur forme normale fournissent la matière d’une véritable histoire baptiste.Their present possession of that truth, is the testimony to their unity with an endless life, is their only authority for existence at any time, with or without human records, and shuts out all other considerations. The life of all Gospel churches must center in the truth which has come down unscathed from Jesus Christ; we must find it here or nowhere, and there can be no course, extreme or via media which applies the true test of Church life but this. A human figment may serve the ends of Catholicism, but as Baptists are not Romanists, only Christ and Apostolicity as they are found in the Divine Writings can suffice for them. The spirit and outcome of these in their normal form afford the staple for genuine Baptist History.
2. La guerre des paysans, Münster et la question anabaptiste2. The Peasants’ War, Münster, and the Anabaptist Question
Thomas Armitage, A History of the Baptists (1887), chapitre IV, « La Réforme : la guerre des paysans, Mühlhausen et Münster » (env. p. 363–378). Texte abrégé ; les omissions sont signalées par […]. Texte anglais tiré d’une reconnaissance optique (OCR) non encore collationnée ; la division en paragraphes est du STC. Traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.Thomas Armitage, A History of the Baptists (1887), Chapter IV, “The Reformation—Peasants’ War—Mühlhausen and Münster” (about pp. 363–378). Abridged; omissions marked […]. English text from uncollated OCR; paragraph divisions supplied by CTS. The interpretations are the author’s.
Note du STC : Armitage appelle « baptistes » les croyants pacifiques de Suisse, d’Allemagne du Sud et des Pays-Bas, et réserve le nom d’« anabaptistes » au parti violent de Münster (1534–35). Les historiens actuels appellent anabaptistes tous ces groupes. Ils s’accordent à dire que la plupart des anabaptistes étaient pacifiques et que Münster fut une exception, mais ils voient une Réforme radicale plus variée que ne le permet la division tranchée d’Armitage : Hubmaier (Hubmeyer), par exemple, ne rejetait pas l’épée, et la thèse selon laquelle les baptistes hollandais descendraient des vaudois n’est généralement pas admise. Sa manière de traiter Luther et le clergé catholique est polémique, écrite pour répondre aux auteurs catholiques et protestants qui rendaient les baptistes responsables de Münster. La bigamie de Philippe de Hesse et le conseil secret des réformateurs en 1539 sont historiques, mais certaines paroles attribuées à Luther sont des paraphrases ou sont citées hors de leur contexte. Plusieurs pages du scan manquent ou sont illisibles dans cette OCR et sont signalées par [illisible] ; une page fragmentaire et deux passages sur l’immoralité du clergé et les coutumes baptismales médiévales ont été omis.CTS note: Armitage calls the peaceful Swiss, South German and Dutch believers “Baptists” and keeps the name “Anabaptists” for the violent party at Münster (1534–35). Historians today call all these groups Anabaptists. They agree that most Anabaptists were peaceful and that Münster was exceptional, but they see a more varied radical Reformation than Armitage’s sharp division allows: Hubmaier (Hubmeyer), for example, did not reject the sword, and the claim that the Dutch Baptists descended from the Waldenses is not generally accepted. His treatment of Luther and of the Catholic clergy is polemical, written to answer Catholic and Protestant writers who blamed Baptists for Münster. The bigamy of Philip of Hesse and the reformers’ secret advice of 1539 are historical, but some sayings attributed to Luther are paraphrases or are quoted out of context. Several pages of the scan are missing or unreadable in this OCR and are marked [illegible]; a fragmentary page and two passages on clerical immorality and medieval baptismal customs have been omitted.
Chapitre IV. La Réforme : la guerre des paysans, Mühlhausen et MünsterChapter IV. The Reformation—Peasants' War—Mühlhausen and Münster
La guerre des paysans de 1525-26 ébranla l’Allemagne du Sud et du Centre. L’époque brûlait d’une fièvre d’agitation politique, et cette guerre ne fut pas une affaire de doctrine religieuse, mais de liberté politique et des droits naturels de l’homme. Le premier conquérant germain prit possession de la terre, puis la donna en fief à ses officiers ou seigneurs, et ceux-ci à leur tour attachèrent leurs dépendants à une occupation servile. Les habitants se rangèrent en nobles et en « vilains », et tous les autres étaient des serfs, attachés au sol sur lequel ils étaient nés. Ils ne pouvaient ni quitter le domaine de leur maître ni en appeler de son autorité, et lui ne pouvait pas les vendre. Il prenait pour lui les pâturages communs, la pêche et la chasse, exigeant de lourds loyers ou des dîmes, et ils devaient se soumettre ou se révolter. Il leur imposait aussi sa religion et les faisait agir par l’idée religieuse, leur savoir étant réduit à quelques notions sur ce sujet.The Peasants' War of A. D. 1525-26 shook Southern and Central Germany. The age was in a fever of political excitement, and this war was not an affair of religious doctrine but of political liberty and the natural rights of man. The first German conqueror took possession and then gave lands in fee to his officers or lords, and in turn these bound their dependants to servile occupancy. The citizens took rank as nobles and 'villains,' and all others were serfs, the serfs going with the soil on which they were born. They could not leave their master's domain nor appeal from his authority, nor could he sell them. He took to himself the common pastures, the fish and game, exacting high rents or tithes, and they must submit or revolt. He also forced his religion upon them and made them act through the religious idea, their knowledge being narrowed down to a few notions on that subject.
Pendant des siècles, l’Allemagne s’était vantée que la liberté était le droit de naissance de son peuple, du rustre comme du prince. Sa population teutonique primitive se composait de cultivateurs et d’éleveurs, qui erraient sans bornes ni demeure fixe. Puis ils se constituèrent en petits États sous une sorte de propriété foncière, mais avec peu de restrictions conventionnelles ou de prétentions à un droit perpétuel de propriété. Avec le temps, cependant, les domaines se modelèrent sur la carte d’une société restreinte, et les revenus devinrent héréditaires. Ainsi naquirent les tenures féodales ; la défense devint nécessaire et l’autorité grandit ; la richesse s’accrut, puis vinrent la puissance militaire et la domination impériale, avec toutes les exigences de l’obéissance aveugle. Sous ce joug, le paysan fut inquiet pendant des siècles, périodiquement [illisible] pour la pure parole de Dieu et le droit de choisir leurs propres pasteurs ; pour l’exemption de toutes les dîmes sauf celle du blé, dont ils paieraient le dixième pour l’entretien de leurs pasteurs et des pauvres ; pour la délivrance du servage et de cette obéissance aux magistrats qu’il n’est pas permis aux chrétiens de rendre ; pour une justice rendue équitablement et fermement selon des lois claires et écrites ; et pour la permission de pêcher dans les rivières et de chasser dans les forêts.For ages Germany had boasted that liberty was the birthright of her people, boor and prince. Her primitive Teutonic population were farmers and graziers, who wandered without landmark or fixed habitation. Then, they formed themselves into little States under a kind of land ownership but with few conventional restrictions or claims to the perpetual right of property. In time, however, estates shaped themselves after the map of restricted society and revenue became hereditary. Thus feudal tenures sprang up, defense became necessary and authority grew, wealth increased, military power and imperial rule followed, with all the exactions of blind obedience. Under this yoke the peasant was uneasy for ages, periodically [illegible] for the pure word of God and the right to choose their own pastors; for their exemption from all tithes except that of wheat, of which they would pay a tenth for the support of their pastors and the poor; for relief from bondage and from such obedience to the magistrates as it is not lawful for Christians to render: for justice administered fairly and firmly according to plain, written laws; and for permission to fish in the rivers and hunt in the forests.
Ils appuient chaque article d’un passage vigoureux de l’Écriture, car, d’une manière ou d’une autre, ils en étaient venus à croire que le Christ voulait que les hommes possèdent des droits de conscience. Ils disent : « Christ nous a achetés et rachetés par son précieux sang, le berger aussi bien que le plus noble, sans excepter personne ; c’est pourquoi il est conforme à l’Écriture que nous soyons et serons libres. » Ils terminent en promettant que, si l’une de ces demandes était injuste, elle n’aurait aucune force. Ces articles furent lus publiquement en tous lieux et adoptés par le peuple. Ils entrèrent triomphalement dans Würtzburg ; et bientôt Spire, le Palatinat, l’Alsace, la Hesse et d’autres grands centres adoptèrent les articles. Beaucoup de membres des classes supérieures, catholiques et réformés, se mirent à la tête des paysans. Le soulèvement général eut lieu de concert le 1er janvier 1525 ; en guise de signal, le couvent de Kempten fut pris, et dès ce moment le pays fut en flammes depuis le Rhin jusqu’à la frontière de Bohême.They back each article with a forceful passage of Scripture, because, in some way, they had come to believe that Christ intended men to possess rights of conscience. They say: 'Christ bought and redeemed us by his precious blood, the shepherd as well as the noblest, none being excepted; wherefore, it accords with Scripture that we are and will be free.' They close by promising that if any of these demands be unjust they shall have no force. These articles were read publicly in every place and adopted by the people. They marched triumphantly into Würtzburg; and before long, Spires, the Palatinate, Alsace, Hesse and other great centers adopted the articles. Many of the upper classes, Catholics and Reformers, put themselves at the head of the peasants. The general uprising took place by concert January 1st, 1525; as a signal, the Convent of Kempton was captured and from that moment the country was in a blaze from the Rhine to the frontier of Bohemia.
Monastères, châteaux et villes furent détruits, et toute sorte d’excès fut commise par 300 000 hommes en armes, rendus fous par une oppression intolérable jusqu’au désespoir. Tout cela eut lieu dix ans avant la folie de Münster, ce qui montre que celle-ci ne fut qu’un incident dans le long tumulte allemand. Nous voyons ici comment la religion entra dans les luttes de la guerre des paysans et par qui elle y fut introduite. Il est tout simplement absurde de dire que ces paysans étaient des « anabaptistes ». Exigeaient-ils le droit de choisir leurs propres pasteurs parce que leurs maîtres leur avaient imposé des bergers « anabaptistes » dont ils ne voulaient pas ? Les paysans étaient catholiques et luthériens, et les ministres qu’on leur imposait l’étaient aussi. Beaucoup de leurs maîtres étaient des évêques et d’autres membres du clergé. Tout ce trouble ne fut que l’esprit allemand, déréglé, se frayant grossièrement un chemin vers sa liberté native, et l’on ne peut en aucune façon se servir des anabaptistes comme d’un paravent pour mettre en avant une fausse question, contre la vérité historique.Monasteries, castles and cities were destroyed, and every kind of excess was committed by 300,000 men in arms, maddened by intolerable oppression to the desperation of despair. All this took place ten years before the madness of Münster, showing it to be but an incident in the long German uproar. We see here how religion entered the contests of the Peasants' War and by whom it was introduced. It is simply absurd to say that these peasants were 'Anabaptists.' Did they demand the right to choose their own pastors because their masters had forced unwelcome 'Anabaptist' shepherds upon them? The peasants were Catholics and Lutherans, and their enforced ministers were the same. Many of their masters were bishops and other clergy. The entire disturbance was simply the abnormal German mind forcing its way back in a crude manner to its native freedom, and the Anabaptists cannot for any purpose be made a stalking-horse, in the face of historic truth, to force a false issue to the front.
Les principaux acteurs de ces scènes nous exposent franchement les faits réels. Lorsque les princes demandèrent à l’Électeur de les aider contre la rébellion, il dit à son frère Jean : « On a donné sujet aux pauvres gens de faire ce tumulte. . . . Nous, gouvernants spirituels et temporels, les avons durement traités de bien des manières. » Les députés de Saxe et de Hesse dirent à la Diète d’Augsbourg : « Le soulèvement des paysans fut l’effet d’un traitement imprudent et [illisible]. » Au début, Luther, étant fils de paysan, sympathisa avec les siens et dit aux évêques : « C’est votre coupable oppression des pauvres du troupeau qui a poussé le peuple au désespoir. » Aux princes il dit : « Messeigneurs, ce ne sont pas les paysans qui se sont levés contre vous, c’est Dieu lui-même qui s’oppose à votre folie. Ne pensez pas que vous puissiez échapper au châtiment qui vous est réservé. »The chief actors in these scenes candidly lay before us the real facts. When the princes desired the Elector to aid them against the rebellion, he said to his brother, John: 'Cause has been given for the poor people to make this uproar. . . . They have been dealt hardly with in many ways by us rulers, both spiritual and temporal.' The deputies from Saxony and Hesse said in the Diet at Augsburg: 'The rising of the peasants was the effect of impolitic and [illegible] usage.' At first, Luther, being the son of a peasant, sympathized with his own race and said to the bishops: 'It is your guilty oppression of the poor of the flock which has driven the people to despair.' To the princes he said: 'My lords, it is not the peasants who have risen against you, it is God himself who is opposing your madness. Think not that you can escape the punishment reserved for you.'
[illisible] guerre, beaucoup de biens d’Église furent affectés à des usages séculiers, beaucoup de hauts privilèges et d’impôts furent abolis, tous les princes, sauf l’empereur, furent ramenés au niveau démocratique des citoyens, des tribunaux libres furent établis, le clergé fut restreint à ses Églises respectives, et l’on donna l’uniformité aux poids, aux mesures et à la monnaie. Mais ces résultats ne furent obtenus qu’après que la guerre eut coûté peut-être 160 000 vies et l’incendie de plusieurs centaines de châteaux, de couvents, de hameaux et de villes. Tantôt Luther tentait de se laver les mains de toute l’affaire en proclamant son innocence, tantôt il était prêt à en porter toute la responsabilité, mais d’autres en rejetaient la faute sur lui. Érasme lui dit : « Vous désavouez tout lien avec les insurgés, alors qu’ils vous considèrent comme l’auteur et l’interprète de leurs principes. » Un écrivain polémiste de 1532 dit : « Luther a le premier sonné le tocsin ; il ne peut se disculper de la rébellion, bien qu’il ait écrit que le menu peuple ne devait pas user de la force sans la magistrature.[illegible] war much church property was put to secular uses, many high privileges and taxes were abolished, all princes but the Emperor were brought down to the democratic level of citizens, free courts were established, the clergy were restricted to their individual churches, and uniformity was given to weights, measures and currency. But these were not secured until the war had cost possibly 160,000 lives, and the burning of several hundred castles, convents, hamlets and towns. Sometimes Luther attempted to wash his hands in innocence of the whole affair, and then again he was willing to bear the whole responsibility, but others laid the blame at his door. Erasmus said to him: 'You disclaim any connection with the insurgents, while they regard you as the author and expounder of their principles.' A controversial writer of 1532 says: 'Luther first sounded the tocsin; he cannot clear himself from the rebellion, although he wrote that the common folks should not use force without the magistracy.
Le peuple n’entend pas cela, mais il retient la partie des sermons et des écrits de Luther qui lui plaît. » Osiander écrit : « Quand Luther vit les paysans attaquer non seulement les évêques et le clergé, mais aussi son enseignement et les princes, il prêcha leur massacre comme celui de bêtes sauvages » ; et les ennemis des paysans furent aussi durs envers lui que les rebelles eux-mêmes. En 1525, Amerbach reçut une lettre de Zasius, où celui-ci dit : « Luther, cette peste de la paix, ce plus pernicieux de tous les êtres à deux jambes, a plongé toute l’Allemagne dans une telle fureur que l’on devrait tenir pour une sorte de sécurité qu’il ne soit pas tué sur-le-champ. » Parfois, cherchant un bouc émissaire, Luther tenta de rejeter la responsabilité sur « les prophètes du meurtre », comme il appelait les hommes de Zwickau. Mais d’autres fois il s’arrogea des prérogatives pour lesquelles, comme le dit Érasme, on ne trouve aucun parallèle, à peine distinctes de la folie, et pour lesquelles aucune excuse ne peut être donnée, comme celle-ci : « Moi, Martin Luther, j’ai tué tous les paysans de l’insurrection, car j’ai ordonné qu’on les tue ; leur sang est sur ma tête.The common people do not hear that, but they observe whatever part of Luther's sermons and writings they please.' Osiander writes: 'When Luther saw the peasants attacking not only the bishops and clergy, but also his teaching and the princes, he preached their slaughter like that of wild beasts;' and the enemies of the peasants were as bitter toward him as the rebels themselves. In 1525 Amerbach received a letter from Zasius, in which the latter says: 'Luther, this pest of peace, this most pernicious of all two-legged beings, has plunged the whole of Germany into such a fury that one must regard it as a sort of security if he be not killed at once.' Sometimes, when looking round for a scape-goat, Luther attempted to throw the responsibility on 'the prophets of murder,' as he called the Zwickau men. But at other times he arrogated prerogatives to himself, for which, as Erasmus says, no parallel can be found, scarcely distinguishable from madness, and for which no apology can be made, such as this: 'I, Martin Luther, have slain all the peasants in the insurrection because I commanded them to be killed; their blood is upon my head.
Mais je le remets sur le Seigneur Dieu, par l’ordre duquel j’ai parlé. » Ces faits, et beaucoup d’autres, montrent assez pourquoi Gieseler dit qu’« on ne vit aucune trace de fanatisme anabaptiste » dans la guerre des paysans. Quelques « anabaptistes » isolés furent entraînés dans la lutte, comme à Mühlhausen, sous la conduite de Münzer, qui n’était lui-même « anabaptiste » dans aucun emploi propre du terme. Au contraire, Keller, dans son récent ouvrage sur la « Réforme » (p. 370), dit que Cornelius a montré que, sur les points principaux, Münzer s’opposait aux baptistes. Il semblait inévitable que le fanatisme religieux fût jeté dans une lutte où les questions politico-religieuses formaient l’élément principal, et surtout là où l’on permit à un esprit si fougueux de passer au premier plan. Pourtant, il est d’une justice douteuse de le noircir lui-même de la tête aux pieds. La véritable histoire de Thomas Münzer paraît être celle-ci. Il naquit à Stollberg, au pied du massif du Harz, en 1490, et fit ses études, selon les uns à Wittenberg, selon d’autres à Leipzig ; il est clair qu’il obtint le grade de maître ès arts et qu’il avait une ample connaissance des Écritures. Après avoir enseigné en divers lieux, il devint chapelain et confesseur des religieuses [illisible]But I put it upon the Lord God, by whose command I spoke.' These and many other facts sufficiently show why Gieseler says that 'no traces of Anabaptist fanaticism were seen' in the Peasants' War. Some individual 'Anabaptists' were drawn into the contest, as at Mühlhausen, under the lead of Münzer, who was not in any proper use of the term an 'Anabaptist' himself. On the contrary, Keller, in his late work on the 'Reformation' (p. 370), says that Cornelius has shown that in the chief points Münzer was opposed to the Baptists. It seemed an inevitable result that religious fanaticism should be thrown into a contest in which politico-religious questions formed the chief element, and especially where such a fiery spirit was allowed to come to the front. Yet it is questionable justice, whether even he ought to be blackened from head to foot. The true story of Thomas Münzer appears to be this. He was born in Stollberg, at the foot of the Hartz Mountains, A. D. 1490, and studied, some think at Wittenberg, others at Leipsic; that he took a degree as master of arts is clear, and that he had large knowledge of the Scriptures. After teaching in several places, he became a chaplain and confessor to the nuns [illegible]
Voici un point des plus importants mis clairement en lumière. Si les luthériens et les zwingliens furent confondus avec les « méchants anabaptistes », comme nos auteurs appellent les hommes de Münster, combien plus facilement catholiques et protestants en vinrent-ils à confondre les honnêtes « baptistes » avec ces insensés ? Les historiens hollandais poursuivent en disant : « Les baptistes souffrirent le plus, mais toute la masse des protestants fut plus ou moins lésée. On le verra si l’on porte son attention sur les édits que l’empereur a publiés depuis lors dans le but de retarder l’œuvre de la Réforme. Dans ces édits, tous les chrétiens qui se séparaient de l’Église romaine étaient appelés anabaptistes. . . . L’empereur et tous ses hommes d’État savaient que les baptistes, en général, avaient témoigné, en paroles et en actes, que leurs cœurs pacifiques avaient en horreur la conduite séditieuse des anabaptistes. . . .Here is a most important point brought out clearly. If the Lutherans and Zwinglians were confounded with the 'wicked Anabaptists,' as our authors call the Münster men, how much more easily did both Catholics and Protestants come to confound the honest 'Baptists' with these madmen? The Dutch historians go on to state that: 'The Baptists suffered the most, yet the entire mass of the Protestants were more or less injured. This will appear if attention be directed to the edicts which since that time have been issued by the Emperor for the purpose of retarding the work of the Reformation. In these all Christians who separated from the Romish Church were called Anabaptists. . . . The Emperor and all his statesmen knew that the Baptists generally had, both by word and deed, testified that their peace-loving hearts abhorred the seditious conduct of the Anabaptists. . . .
De cette manière, on tenta de jeter de la poudre aux yeux des esprits superficiels parmi les romanistes. Ce ne fut pas une tâche bien difficile. Puisque le gouvernement englobait tous les protestants sous le nom général d’anabaptistes, les romanistes à courte vue, se fiant à son discernement supérieur, pouvaient facilement être amenés au même [illisible] de vue défavorable. . . . Les anabaptistes leur semblaient un peuple sans loi, composé en partie de baptistes, en partie de zwingliens, en partie de luthériens, hommes qui jadis adhéraient à l’ancienne foi catholique, mais qui avaient maintenant entièrement renoncé à la religion. . . . Ils ne voulurent pas voir ce qu’ils auraient pu voir. Combien il était évident que, bien que les baptistes parussent d’accord avec les anabaptistes sur la question baptismale, les premiers désapprouvaient entièrement la conduite suivie par les seconds.In this manner the attempt was made to throw sand in the eyes of the superficial thinkers among the Romanists. It was no very difficult task to do this. Since the government comprehended all the Protestants under the general name of Anabaptists, the short-sighted Romanists, confiding in its superior discernment, could easily be brought to the same unfavorable [illegible] of view. . . . The Anabaptists seemed to them to be a lawless people, consisting partly of Baptists, partly of Zwinglians, partly of Lutherans — men who formerly adhered to the old Catholic faith, but who had now entirely renounced religion. . . . They would not see that which they might have seen. How evident it was that although the Baptists appeared to agree with the Anabaptists in respect to the baptismal question, the former entirely disapproved of the course pursued by the latter.
Car c’était, et c’est encore, une doctrine des baptistes que le port des armes ne convient nullement à un chrétien. Les anabaptistes ne suivaient-ils pas une voie directement opposée ? . . . Qui aurait pu imaginer qu’un tel dessein régnât parmi les baptistes, qui étaient les plus doux des chrétiens ? Et pourtant les romanistes, sans divergence, s’accordent à attribuer ces choses à tous les baptistes. Nulle part nous n’avons vu de preuves plus claires de l’influence funeste du préjugé ; nulle part nous n’avons rencontré un refus plus obstiné d’être correctement informé, ni une disposition plus évidente à réduire au silence ceux qui comprenaient mieux la vérité de la chose. Le préjugé, une fois profondément enraciné, aveugle l’œil, trouble l’entendement, fait taire les instincts du cœur et détruit l’amour de la vérité et de la droiture.For it had been, and continued to be, a doctrine of the Baptists, that the bearing of arms was very unbecoming to a Christian. Did not the Anabaptists pursue a course directly the opposite of this? . . . Who could have imagined that such a purpose prevailed among the Baptists, who were the meekest of Christians? And yet the Romanists, without dissent, agree in ascribing these things to all the Baptists. We have nowhere seen clearer evidences of the injurious influence of the prejudice, nowhere have we met with a more obstinate unwillingness to be correctly informed, and a more evident disposition to silence those who better understood the truth of the matter. Prejudice, when once deeply imbibed, blinds the eye, perplexes the understanding, silences the instincts of the heart and destroys the love of truth and rectitude.
Nous allons maintenant examiner plus longuement la défense des dignes baptistes. Les baptistes sont des chrétiens protestants entièrement différents des anabaptistes par leur caractère. Ils descendaient des anciens vaudois, dont l’enseignement était évangélique et passablement pur, qui furent dispersés en divers pays par de sévères persécutions, et qui existaient aux Pays-Bas bien avant le temps de la Réforme de l’Église. Dans leur fuite, ils y arrivèrent vers la fin du douzième siècle. Dans ce pays et en Flandre, en Hollande et en Zélande, ils vécurent en habitants paisibles, sans se mêler des affaires de l’Église et de l’État, cultivant la terre dans les villages et, dans les villes, exerçant quelque métier ou se livrant au commerce, si bien que chacun était bien pourvu et n’était en rien une charge pour la société. Leur manière de vivre était simple et exemplaire.We shall now proceed more at length to notice the defense of the worthy Baptists. The Baptists are Protestant Christians entirely different from the Anabaptists in character. They were descendants from the Ancient Waldenses, whose teachings were evangelical and tolerably pure, and who were scattered by severe persecutions in various lands, and long before the time of the Reformation of the Church were existing in the Netherlands. In their flight they came thither in the latter part of the twelfth century. In this country and in Flanders, in Holland and Zealand they lived as quiet inhabitants, not intermeddling with the affairs of Church and State, in the villages tilling the land, and in the cities working at some trade or engaged in traffic, by which means each one was well supplied and in no respect burdensome to society. Their manner of life was simple and exemplary.
Aucun crime grave n’était connu parmi eux. Leur enseignement religieux était simple et pur, et il se montrait dans leur conduite quotidienne. » En 1524-25, Münster s’était soulevée et avait été soumise avec les autres villes de l’Allemagne du Sud et du Centre, et les choses avaient repris leur ancien cours. Puis, en 1532, Rothmann, pasteur luthérien très puissant de Münster, agita la ville avec une telle efficacité que six paroisses entières tombèrent aux mains des luthériens et [illisible] occupant la magistrature, des serments et de l’épée. En Suisse, où la guerre des paysans fit rage aussi violemment qu’en Allemagne, ils refusèrent catégoriquement de lier leur sort à celui des paysans, et leur conduite là-bas éclaire leur conduite en Allemagne. Grebel et Simon Stumpf, à leur honneur, sympathisèrent avec le peuple opprimé, mais leurs principes ne leur permettaient pas de tirer l’épée.No great crime was known among them. Their religious teaching was simple and pure, and was exemplified in their daily conduct.' In 1524-25 Münster had risen and been subdued with the other cities of Southern and Central Germany, and things flowed once more in the old channel. Then in 1532, Rothmann, a very powerful Lutheran pastor of Münster, stirred it so effectually that six entire parishes fell into the hands of the Lutherans and [illegible] filling the magistracy, from oaths and the sword. In Switzerland, where the Peasants' War raged as violently as in Germany, they positively refused to unite their fortunes with the peasants, and their course there throws light upon their conduct in Germany. Grebel and Simon Stumpf, to their honor, sympathized with the down-trodden people, but their principles would not allow them to draw the sword.
Grebel qualifia les oppresseurs de « tyrans de nos ancêtres », mais il nia avoir jamais pensé à renverser le gouvernement. Lorsque les paysans suisses se révoltèrent dans le district de Grüningen, ils attaquèrent les cloîtres de Bubikon et de Rüti, avec leurs pasteurs zwingliens dans leurs rangs. Leurs voisins baptistes, pendant ce temps, leur donnèrent leur appui moral, mais laissèrent l’épée au fourreau par motif de conscience. Ils comptaient sur l’esprit et la morale de l’Évangile pour éclairer les âmes du peuple, croyant que cela produirait aussi ses libertés sociales. Hubmeyer aida les paysans de Waldshut à peu près de la même manière. Zimmerman, l’historien de la guerre des paysans, dit : « À Waldshut et dans la Fraternité évangélique, il y avait des têtes capables de saisir la grande et audacieuse pensée d’unir les forces des paysans, divisés comme ils l’étaient entre d’innombrables chefs, en un seul dessein et un seul but : à savoir le rétablissement de l’ancienne liberté de l’empire et le renversement de l’oppression antichrétienne existante.Grebel branded the oppressors as 'the tyrants of our forefathers,' but he denied that he had ever thought of subverting government. When the Swiss peasantry revolted in the Grüningen district, they attacked the cloisters of Bubikon and Rüti with their Zwinglian pastors in their ranks. Their Baptist neighbors, meanwhile, gave them their moral support, but left the sword sheathed for conscience' sake. They relied upon the spirit and morals of the Gospel to enlighten the souls of the people, believing that this would work out their social liberties too. Hubmeyer aided the peasants at Waldshut much in the same way. Zimmerman, the historian of the Peasants' War, says: 'In Waldshut and the Evangelical Brotherhood there were heads capable of grasping the bold and great thought of uniting the forces of the peasants, split up as they were among countless leaders, in one purpose and aim: namely, the restoration of the old liberty of the empire, and the overthrow of existing un-Christian oppression.
À cette fin, des fraternités furent formées et armées dans tout l’empire allemand, et la communication par correspondance et par messagers fut régulièrement entretenue. » Cette Fraternité reçut 138 villes, et des comtes, des chevaliers et des évêques innombrables, mais peu de baptistes. Une branche fut organisée à Waldshut, ville où Muller entra avec 1 200 paysans ; mais lorsque les baptistes persécutés de cette ville furent accusés d’hérésie et de sédition, ils nièrent invariablement la seconde accusation, tout en faisant leurs délices de l’hérésie doctrinale qu’on leur imputait. Jacob Gross, disciple de Hubmeyer, s’enfuit de Waldshut plutôt que de porter les armes. Lorsque Bruppacher fut interrogé sous la torture à Zurich, il dit « qu’il n’avait jamais entendu ses frères enseigner qu’il ne devait pas y avoir de magistrature, ni qu’en cas de succès ils renverseraient l’État ». Et ils nièrent invariablement avoir quoi que ce soit à faire avec la sédition, la doctrine, et non la sédition, étant le fond de leurs discussions orales et de leur littérature.To this end brotherhoods were formed and armed throughout the entire German empire, and communication by means of correspondence and messengers was regularly sustained.' This Brotherhood was entered by 138 cities, and by counts, knights and bishops innumerable, but by few Baptists. A branch was organized at Waldshut, which city Muller entered with 1,200 peasants; but when the persecuted Baptists there were charged with heresy and sedition, they uniformly denied the second charge, although they delighted in the doctrinal heresy charged upon them. Jacob Gross, a disciple of Hubmeyer, fled from Waldshut rather than bear arms. When Bruppacher was examined on the rack at Zurich, he said 'that he had never heard his brethren teach that there should be no magistracy; or that in case they should be successful they would overthrow the State.' And they uniformly denied that they had any thing to do with sedition, while doctrine and not sedition was the burden of their oral discussions and literature.
Heureusement, dans les temps modernes, la calomnie selon laquelle les baptistes seraient responsables des horreurs de Münster a perdu son tranchant, et la vérité a fini par remonter à la surface. Brandt les attribue à « quelques anabaptistes exaltés », mais prend soin d’ajouter : « Non aux baptistes bien intentionnés. » Schaff déclare que c’est « la plus grande injustice de rendre les anabaptistes, comme tels, responsables des extravagances qui conduisirent à la tragédie de Münster ». Uhlhorn dit que « la sédition, ou l’appel à la sédition, ne peut être imputée aux anabaptistes de l’Allemagne du Sud à cette époque ; je n’ai trouvé aucune trace d’une communion quelconque avec les paysans séditieux ».Happily, in modern times, the calumny that the Baptists were responsible for the horrors of Münster has lost its edge and the truth has found its way to the surface. Brandt attributes them to 'some enthusiastical Anabaptists,' but is careful to add: 'Not to the well-meaning Baptists.' Schaff pronounces it 'The greatest injustice to make the Anabaptists, as such, responsible for the extravagances that led to the tragedy of Münster.' Uhlhorn says that 'Sedition, or a call to sedition, is not chargeable against the Anabaptists of Southern Germany at this time; I have found no trace of any fellowship with the seditious peasants.'
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Les hommes de Münster n’eurent jamais de rêves, de ravissements, d’apparitions, de visions et d’extases comparables à ceux des saints canonisés de Rome. Luther n’aida pas davantage ces déments à une doctrine plus saine lorsqu’il vit le diable « sous la forme d’un chien », d’« un fétu de paille », d’un sanglier et d’« une étoile », ni lorsqu’il lui lança l’encrier à la tête. Quant à la violence : catholiques et protestants leur avaient enseigné que la tradition, la raison et l’Écriture faisaient un pieux devoir aux saints de torturer et de brûler les hommes comme hérétiques, par pur amour pour leur sainteté et leur salut. Les protestants leur disaient que c’était un devoir sacré de massacrer comme schismatiques, sectaires et malfaisants ceux qui corrompaient l’Église et ne voulaient pas vivre en paix avec les réformés. Qui donc avait formé ces fanatiques à l’amour et à la douceur chrétiens ? La loi de leur temps était de repousser la force par la force.The Münster men never had such dreams, raptures, apparitions, phantasms and ecstasies as the canonized saints of Rome. Neither did Luther help the lunatics to sounder doctrine when he saw the devil in the 'form of a dog,' 'a whisp of straw,' a wild boar and 'a star;' nor when he threw the inkstand at his head. As to violence: Catholics and Protestants taught them that tradition, reason and Scripture made it the pious duty of saints to torture and burn men as heretics out of pure love for their holiness and salvation. Protestants told them that it was sacred duty to slaughter those as schismatics, sectaries, malignants who corrupted the Church and would not live in peace with the Reformed. Who educated these fanatics in Christian love and gentleness? The law of their times was to repel force with force.
Lorsque les hommes de Münster arrivèrent au pouvoir, ils appliquèrent le raisonnement de leurs maîtres en atrocité, disant : « Notre devoir impérieux est maintenant de débarrasser la terre des ennemis du Christ et des nôtres, comme eux voudraient l’en débarrasser de nous. » Et qui dira que tous ces meurtriers ne se tenaient pas, à cet égard, sur le même plan d’outrage et de barbarie ? Quant aux immoralités : tout esprit pur recule devant les abominables indécences de Münster. Et qui leur avait donné cet exemple ? Ils pratiquèrent la polygamie ; mais dix longues années auparavant, en 1524, Luther avait écrit : « Le mari doit être assuré dans sa propre conscience et par la parole de Dieu que la polygamie lui est permise. Quant à moi, j’avoue que je ne puis m’opposer à ce que des hommes épousent plusieurs femmes, ni affirmer qu’une telle conduite soit contraire à la Sainte Écriture. »When the Münster men came into power they applied the reasoning of their tutors in atrocity, saying: 'Our bounden duty is now to rid the earth of Christ's enemies and ours, as they would rid it of us.' And who will say that all these murderers did not stand on the same plane of outrage and barbarity in this respect? As to immoralities: Every pure mind shrinks from the abhorrent indecencies of Münster. And who had set them this example? They practiced polygamy; but ten long years before this, 1524, Luther had written: 'The husband must be certified in his own conscience and by the word of God that polygamy is permitted to him. As for me, I avow that I cannot set myself in opposition to men marrying several wives, or assert that such a course is repugnant to the Holy Scripture.'
Vers le même temps, il prêcha son célèbre sermon sur le « Mariage », que la pudeur peut fort bien passer sous silence, à l’exception de cette seule expression : « Pourvu qu’on ait la foi, l’adultère n’est pas un péché. » Ce ne furent pas les insensés de Münster, mais Martin Luther, qui dit : « Ce qui est permis dans la loi de Moïse quant au mariage n’est pas défendu par l’Évangile. » Sa conduite dans la honteuse affaire de Philippe, landgrave de Hesse, montre que, bien qu’il ne souhaitât pas voir « cette pratique (la polygamie) introduite parmi les chrétiens », il tenait encore à ses anciennes opinions. Ainsi, en 1539, quatre ans après l’abomination de Münster, Philippe lui déclara, avec ce que Michelet appelle « une audacieuse franchise », qu’il devait épouser une autre femme ou continuer ses adultères, disant : « J’ai lu avec une grande attention l’Ancien et le Nouveau Testament, et je ne puis découvrir d’autre ressource que celle de prendre une autre femme ; car je ne puis ni ne veux changer de vie ; je prends Dieu à témoin de mes paroles. »About the same time he preached his famous sermon on 'Marriage,' which chastity may well pass in silence, beyond this one expression: 'Provided one has faith, adultery is no sin.' It was not the madmen of Münster but Martin Luther who said: 'Whatever is allowed in the law of Moses as to marriage is not forbidden by the Gospel.' His course in the shameful affair of Philip, Landgrave of Hesse, shows that although he did not wish to see 'this practice (polygamy) introduced among Christians,' yet he held to his old views. Hence, in 1539, four years after the Münster abomination, Philip told him, with what Michelet calls 'a daring frankness,' that he must marry another wife or continue his adulteries, saying: 'I have read with great attention the Old and New Testaments, and I can discover no other resource save that of taking another wife; for I neither can nor will change my course of life; I call God to witness my words.'
Pourtant, avec ce front sans pudeur devant lui, Luther, avec Melanchthon, Bucer et quatre autres, signa et scella un document où il tentait de dissuader le landgrave, mais, n’y parvenant pas, concluait en disant : « Si toutefois Votre Altesse est absolument décidée à épouser une seconde femme, nous sommes d’avis que cela doit se faire en secret. » Antoine Corvinus, le quatrième signataire de cette réponse à Philippe, rend compte de l’interrogatoire de Jean de Leyde, auquel il assista, et au cours duquel Jean exposa ses sept articles de foi. Il se retrancha derrière la position de Luther, disant qu’ils suivaient « l’exemple des patriarches », déclara que le mariage était « une institution politique », puis avança le même plaidoyer que Philippe. Dans sa lettre aux théologiens de Wittenberg, Philippe disait : « Depuis mon mariage, j’ai vécu constamment dans un état d’adultère et de fornication, et comme je ne veux pas renoncer à ce genre de vie, il m’est interdit de prendre la sainte communion ; car saint Paul dit expressément : L’adultère ne verra pas le royaume des cieux. » Jean de Leyde adopta ce plaidoyer, disant dans son septième article : « Il vaut mieux avoir une pluralité d’épouses qu’une multitude de prostituées. Que Dieu soit notre juge. »Yet with that unblushing brow before him, Luther, with Melanchthon, Bucer and four others, signed and sealed a document, attempting to dissuade the Landgrave, but failing of that, closed by saying: 'If, however, your Highness is utterly determined upon marrying a second wife, we are of opinion that it ought to be done secretly.' Antony Corvinus, the fourth signer of this reply to Philip, gives an account of the examination of John of Leyden, at which he was present, in which John gave his seven articles of faith. He intrenched himself behind Luther's position, saying that they followed 'the example of the patriarchs,' declared marriage a 'political institution,' and then put in the same plea as Philip. In Philip's letter to the Wittenberg divines he said: 'Ever since my marriage I have lived constantly in a state of adultery and fornication, and as I will not forego this course of life I am interdicted from taking the holy communion; for St. Paul expressly says, 'The adulterer shall not see the kingdom of heaven.' John of Leyden adopted this plea, saying, in his seventh article: 'It is better to have a plurality of wives than a multitude of prostitutes. God be our judge.'
Henri, duc de Brunswick, reprocha à Luther son approbation de la bigamie de Philippe ; et Luther répondit, avec sa douceur habituelle, dans son célèbre écrit Contre le bouffon : « Le duc a avalé des diables chaque jour, et il est enchaîné en enfer avec les chaînes du jugement divin. » Il exhorte ensuite les pasteurs à dénoncer le duc du haut de la chaire comme quelqu’un qui « a été damné par jugement divin ». Mais lorsqu’il révisa son pamphlet, il dit à Melanchthon qu’il avait été beaucoup trop modéré. Et quels meilleurs exemples de pureté les catholiques avaient-ils donnés aux hommes de Münster ? Depuis le neuvième siècle, comme le dit Bowden dans sa Vie d’Hildebrand : « Les infamies répandues parmi le clergé doivent être évoquées, non détaillées. La licence ouverte des papes était effroyable. Les papes du quinzième siècle étaient dissolus et dépravés au-delà de toute croyance. »Henry, the Duke of Brunswick, berated Luther for his approval of Philip's bigamy; when Luther replied, with his usual mildness, in his famous article, Against the Buffoon: 'The duke has daily swallowed devils, and he is chained in hell with the chains of divine judgment.' He then exhorts the pastors to denounce the duke from the pulpit as one who 'has been damned by divine judgment.' But when he revised his pamphlet, he said to Melancthon that he had been altogether too moderate. And what better examples had the Catholics set the Münster men in the line of purity? From the ninth century down, as Bowden says, in his Life of Hildebrand: 'The infamies prevalent among the clergy are to be alluded to, not detailed. The open licentiousness of the popes was appalling. The popes of the fifteenth century were profligate and debased beyond belief.'
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Motley appelle les hommes de Münster « des fanatiques furieux, qui méritaient l’asile d’aliénés plutôt que l’échafaud » ; et combien meilleurs étaient les catholiques ou les protestants, qui pratiquaient les mêmes choses ! Il ne vaut guère la peine d’envoyer seuls à la perdition, bon gré mal gré, les démons de Münster pour une bestialité insupportable. Il y avait cette différence entre leur boucherie et les meurtres légaux des protestants et des catholiques, appelés martyres : les leurs furent des actes de violence perpétrés dans un accès de démence ou de frénésie religieuse, tandis que les autres furent le résultat d’une législation délibérée, inscrite dans les codes, avec cette sublimité glacée qui se revêt des dehors de la loi humaine et divine. Mais l’histoire rendra à tous ces partis cette justice tardive qui, en son temps, sera honnêtement acceptée par tous.Motley calls the Münster men 'furious fanatics, who deserved the mad-house rather than the scaffold;' and how much better were Catholics or Protestants, in practicing the same things! It is hardly worth while sending the Münster fiends to perdition alone, nolens volens, for unbearable beastliness. There was this difference between their butchery and the legal murders of Protestant and Catholic, called martyrdoms, namely: that theirs were acts of violence perpetrated in a religious craze or frenzy, while the others were the result of deliberate legislation, put on the statute-book, in that icy sublimity which dresses itself in the guise of human and divine law. But history will mete out to all these parties that tardy justice which will be honestly accepted by all in due time.
3. John Bunyan : prisonnier, prédicateur et la question du baptême des enfants3. John Bunyan: Prisoner, Preacher, and the Question of Infant Baptism
Thomas Armitage, A History of the Baptists (1887), chapitre IV, « Les baptistes britanniques : John Bunyan » (env. p. 475–510). Texte abrégé ; les omissions sont signalées par […]. Texte anglais tiré d’une reconnaissance optique (OCR) non encore collationnée ; la division en paragraphes est du STC. Traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.Thomas Armitage, A History of the Baptists (1887), Chapter IV, “British Baptists—John Bunyan” (about pp. 475–510). Abridged; omissions marked […]. English text from uncollated OCR; paragraph divisions supplied by CTS. The interpretations are the author’s.
Note du STC : John Bunyan (1628–1688), auteur du Voyage du pèlerin, fut membre puis pasteur de l’assemblée de Bedford rassemblée par John Gifford, Église d’appartenance ouverte qui recevait aussi bien ceux qui avaient été baptisés comme croyants que ceux qui l’avaient été enfants. Les historiens débattent encore pour savoir s’il faut appeler Bunyan baptiste. Une grande partie de ce chapitre répond à John Brown, biographe de Bunyan et pasteur ultérieur à Bedford, qui lisait une inscription de 1672 dans le registre de la paroisse Saint-Cuthbert comme le baptême de Joseph, fils de Bunyan ; Armitage soutient qu’elle concerne son petit-fils. La question reste ouverte. Ses paroles dures sur le clergé de l’Église d’Angleterre reflètent les conflits amers de l’époque de la Restauration. L’enseignement de Bunyan sur la place de l’épouse reflète les conceptions du mariage au dix-septième siècle ; les chrétiens d’aujourd’hui lisent les textes bibliques de différentes manières. L’OCR perd ou défigure plusieurs pages, signalées par [illisible] ; de longues sections sur la législation de l’état civil, l’arbre généalogique de la famille Bunyan et le rite du Livre de prières ont été omises.CTS note: John Bunyan (1628–1688), author of The Pilgrim’s Progress, was a member and later pastor of the Bedford congregation gathered by John Gifford, an open-membership church that received both those baptized as believers and those baptized as infants. Historians still debate whether Bunyan should be called a Baptist. Much of this chapter answers John Brown, Bunyan’s biographer and a later pastor at Bedford, who read a 1672 entry in the register of St. Cuthbert’s parish as the christening of Bunyan’s son Joseph; Armitage argues that it refers to his grandson. The question is still open. His harsh words about the Church of England clergy reflect the bitter conflicts of the Restoration period. Bunyan’s teaching on the place of wives reflects seventeenth-century views of marriage; Christians today read the biblical texts in different ways. The OCR loses or garbles several pages, marked [illegible]; long sections on registration law, the Bunyan family tree and the Prayer-book service have been omitted.
Chapitre IV. Les baptistes britanniques : John BunyanChapter IV. British Baptists—John Bunyan
Nous devons maintenant considérer les baptistes après la Restauration, dont le plus célèbre est John Bunyan. Il naquit à Elstow, près de Bedford, en 1628, l’année fameuse où Charles Ier fut contraint de concéder la Pétition des droits. Son instruction fut presque nulle, et pourtant il fut favorisé par rapport aux garçons de son village, car il fréquenta l’école de grammaire fondée par Sir William Harper à Bedford ; on ne sait combien de temps, mais au mieux ses connaissances furent bien maigres. La nature lui avait donné un cœur chaleureux, léger et folâtre, qui le tenait prêt à toute sorte de gaieté et d’espièglerie, et qui, dans les circonstances contraires, le livrait non seulement à la mélancolie, mais au découragement. Il craignit Dieu de bonne heure et désirait l’aimer, mais son étourderie et son goût du divertissement l’entraînèrent au péché, jusqu’à ce qu’il s’adonnât au mal, principalement au mensonge et aux jurons.We must now look at the Baptists after the Restoration, the most noted of whom is John Bunyan. He was born at Elstow, near Bedford, in 1628, the famous year in which Charles I was forced to yield the Petition of Right. His education was next to nothing, yet he was favored above the boys of his village, for he attended the grammar school founded by Sir William Harper at Bedford; how long is not known, but at the best his educational attainments were quite scanty. Nature had given him a warm, light, frolicsome heart, which held him ready for any sort of glee and mischief, and under reversed circumstances subjected him not only to the pensive, but the desponding. He early feared God and longed to love him, but his giddiness and love of fun drew him into sin, until he became addicted to wrong-doing, principally lying and swearing.
Comme son père et lui-même étaient chaudronniers, et que les Tziganes d’Angleterre ont été chaudronniers de temps immémorial, on a longtemps supposé qu’il était de ce sang étranger. Mais les registres de sa famille peuvent désormais être suivis jusque vers l’an 1200, et le nom lui-même, tel qu’on le connaissait alors, Buignon, indique que la famille était d’origine normande. Ce grand descendant de cette maison fut un homme aux sentiments intenses sur tous les sujets. La religion de son temps était d’une nature très fervente, émotive, profonde, presque fanatique, et quand le cœur de Bunyan commença à soupirer après le Seigneur Jésus, toute sa nature s’enflamma. Si nous prenions à la lettre sa propre version de son cas, il nous obligerait à croire qu’il fut un triste vaurien dans sa jeunesse et un scélérat désespéré au début de l’âge adulte. Il nous dit pourtant qu’il ne fut jamais ivrogne ni impudique, et certainement il ne fut jamais voleur ni bandit de grand chemin. Il violait le sabbat, aimait la danse, [illisible]Because his father and himself were tinkers, and Gipsies in England have been tinkers from time immemorial, he was long supposed to be of this alien blood. But the records of his family are now traceable to about A. D. 1200, and the name itself, as then known, Buignon, indicates that the family was of Norman origin. This great descendant of that house was a man of intense feeling on all subjects. The religion of his times was of the most earnest nature, emotional, deep, almost fanatical, and when Bunyan's heart began to yearn after the Lord Jesus, his whole nature was inflamed. If we should take his own version of his case literally, he would compel us to believe that he was a sad scamp in youth and a desperate villain in early manhood. He tells us, however, that he was never drunk nor unchaste, and certainly he was never a thief nor a highwayman. He broke the Sabbath, loved dancing, [illegible]
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Les grands poètes de son temps étaient Herbert et Milton, Dryden et Shakespeare. Et les puissants prédicateurs étaient Howe et Henry, Charnock et Owen, Tillotson et South, Sherlock et Stillingfleet. L’observation de Bunyan était pénétrante et étendue ; il vivait au cœur même de l’Angleterre, il fut acteur dans quelques-unes de ses scènes les plus agitées, et il est impossible que l’esprit du temps ne l’ait pas ému à chaque pas. De son temps, la littérature anglaise s’était entièrement imprégnée de tous les éléments de la poésie et de la fiction, et même du romanesque. Ceux-ci étaient venus par les grands auteurs italiens. Non seulement l’anglais familier était descendu par Wyckliff, et sa littérature plus élevée par Chaucer, mais ils s’étaient largement fondus dans la Bible, que Bunyan connaissait très bien ; de sorte que l’anglais saxon simple et idiomatique était tout prêt sous sa main, plein d’images et de crainte révérencielle, d’émerveillement et de grandeur, qu’il pouvait exprimer à l’esprit populaire dans un style très savoureux.The great singers of his day were Herbert and Milton, Dryden and Shakespeare. And the mighty preachers were Howe and Henry, Charnock and Owen, Tillotson and South, Sherlock and Stillingfleet. Bunyan's observation was keen and extensive; he lived in the very heart of England, was an actor in some of its most exciting scenes, and it is impossible but that the spirit of the times moved him at every step. In his day, English literature had become thoroughly imbued with all the elements of poetry and fiction; nay, even of romance. These had come down through high Italian authorship. Not only had the colloquial English descended through Wyckliff, and its higher literature through Chaucer, but they had been largely blended in the Bible, with which Bunyan was most familiar; so that simple idiomatic Saxon English was prepared to his hand; being full of image and awe, of wonder and grandeur, which he could express to the popular mind in a very racy style.
Sans s’en rendre compte, il sentit la force de sa langue maternelle ; elle stimula son génie, devint le fond de sa pensée et le modèle de son expression ; un choix qui le place aux côtés de Shakespeare et de la Bible anglaise comme l’un des grands gardiens de notre vigoureuse langue. Dans un élan de loyauté irréfléchie, le peuple anglais, en [illisible], plaça Charles II sur le trône sans exiger les garanties convenables de cette liberté qu’il avait achetée de son propre sang. Le roi avait donné sa parole d’honneur de protéger tous ses sujets dans leur liberté religieuse ; puis, en vrai Stuart, il vendit cet honneur à sa soif de pouvoir. À peine était-il assis sur le trône que la petite insurrection de Venner lui fournit un prétexte pour se venger de tous ses opposants, et surtout de ceux des sectes dissidentes, quelle que fût la preuve qu’ils donnaient de leur loyauté. Parmi les premières victimes de sa tyrannie, nous trouvons Bunyan, accusé de « s’abstenir diaboliquement et pernicieusement d’aller à l’église », « comme soutien ordinaire de réunions contraires aux lois du roi », et d’« enseigner aux hommes à adorer contrairement à la loi ».Unconsciously he felt the force of his mother-tongue; it stimulated his genius, became the groundwork of his thought and the model of his utterance; a choice which places him side by side with Shakespeare and the English Bible, as one of the great conservators of our powerful language. In a burst of unreasoning loyalty the English people, in [illegible], placed Charles II on the throne, without exacting proper guarantees for that liberty which they had bought with their own blood. He had given his word on honor to protect all his subjects in their religious freedom; and then, like a true Stuart, he sold that honor to his lust of power. Hardly was he seated on the throne when Venner's petty insurrection furnished a pretext for vengeance upon all his opponents, and especially those in the dissenting sects, no matter how much they proved their loyalty. Amongst the first victims of his tyranny we find Bunyan, charged with 'devilishly and perniciously abstaining from going to church,' 'as a common upholder of meetings contrary to the laws of the king,' and with 'teaching men to worship contrary to law.'
Il fut condamné à trois mois de prison à Bedford, et au terme de ce temps à être déporté s’il refusait de se conformer. Mais ses juges le gardèrent en prison six ans ; et lorsqu’il fut libéré, il se remit aussitôt à prêcher, sur quoi il fut emprisonné six autres années. Libéré encore une fois, il recommença immédiatement à prêcher et fut arrêté pour la troisième fois, mais ne fut détenu que quelques mois. Ses juges furent durs envers lui, mais ses véritables oppresseurs durant ces douze années pénibles furent le roi et le Parlement, qui firent un crime de prêcher pour quiconque n’était pas prêtre de l’Église d’Angleterre. On a longtemps supposé qu’il avait été emprisonné surtout dans la prison municipale de Bedford, sur le pont de l’Ouse, mais il est désormais clair que sa longue captivité eut lieu dans la prison du comté, où [illisible] le biographe anonyme de 1700 dit qu’il l’entendit prêcher à soixante dissidents et trois ministres. Il y a cependant de bonnes raisons de croire qu’il passe [illisible]He was sentenced to Bedford jail for three months, and at the end of that time to be transported if he refused to conform. But his judges kept him in prison for six years: and when released he instantly began to preach again, whereupon he was imprisoned for another six years. Being released still again, he began to preach at once, and was arrested for the third time, but was detained only a few months. His judges were harsh with him, but his real oppressors for these twelve weary years were the king and Parliament, who made it a crime for any one to preach but a priest of the Church of England. It was long supposed that he was imprisoned mostly in the town jail of Bedford, on the bridge over the river Ouse, but it is now clear that his long imprisonment was in the county jail, where [illegible] the anonymous biographer of 1700 says, that he heard him preach to sixty dissenters and three ministers. There is good ground for believing, however, that he passes [illegible]
[illisible] de la vie, de la vieillesse à l’enfance, en ont fait, après la Bible, l’histoire de leur propre vie. Dans toutes les âmes, il a créé des visions, interprété des songes et éveillé la joie qui m’a fait écrire. » Les huit éditions qu’il connut en trente ans ne laissaient guère présager le progrès de son pèlerinage depuis lors. Aucun livre n’a été traduit en autant de langues, sauf la parole de Dieu elle-même. À beaucoup de ceux qui sont maintenant « au sommet de la félicité, sur les collines de Dieu », il fit d’abord sonner les cloches de joie dans la cité habitée. L’indigent et le mendiant de Londres l’ont lu dans les rues et sur les places, et, guidés par lui, ont trouvé leur chemin à travers la Foire aux vanités. L’Italien s’est blotti à l’ombre du Vatican et a tremblé de lever les yeux de peur de voir le Géant Pape. Le Birman au teint sombre l’a emporté dans la jungle profonde pour qu’il lui montre les pierres de passage à travers le Bourbier du découragement. L’Africain s’est glissé avec lui dans un sentier écarté de la forêt sauvage et, sous le palmier, a rêvé du ciel de l’homme blanc.[illegible] of life, from old age to childhood, have made it next to the Bible, the story of their lives. In all souls it has created visions, interpreted dreams, and awakened the joy that made me write.' The eight editions through which it passed in thirty years gave but small promise of the progress of its pilgrimage since. No book has been rendered into so many languages, except the word of God itself. To many who are now 'high in bliss upon the hills of God,' it first set the joy-bells ringing in the city of habitation. The pauper and beggar of London have read it in thorough-fares and squares, and threaded their way by its guidance through Vanity Fair. The Italian has crouched beneath the shade of the Vatican, and trembled to look up lest he should see Giant Pope. The dusky Burman has taken it into the deep jungle, to show him stepping-stones through the Slough of Despond. The darker African has stolen with it into a by-path of the wild woods, and, under the palm-tree, has dreamed of the white man's Heaven.
Le fils d’Abraham et la fille de Jérusalem ont lu ses pages au soupir du vent dans les oliviers et au murmure du Cédron ; et l’hindou, Bunyan à la main, a pris courage en traversant le « fleuve profond » ; car des anges, comme il n’en attend pas sur les rives de son Gange sacré, lui font signe de passer. Il n’est pas étonnant que, lorsque M. Brown, pasteur de la congrégation de Bunyan, visita récemment l’Écosse, un brave montagnard ait sursauté en lui étant présenté comme « le successeur de Bunyan ». Reculant et le toisant de la tête aux pieds, il s’écria : « Eh, mon brave ! vous aurez bien du mal à remplir ses souliers ! » Le doyen Stanley dit : « Lorsque, dans ma jeunesse, je tombai sur le passage où le Pèlerin est conduit dans la Maison Belle pour voir “la généalogie de l’Ancien des jours, et les diverses choses et histoires de ce lieu, tant anciennes que modernes”, je résolus que, si jamais venait le temps où je serais professeur d’histoire ecclésiastique, ce seraient là les premiers mots par lesquels je décrirais les trésors de ce magnifique entrepôt.The son of Abraham and the daughter of Jerusalem have read its pages to the sigh of the wind amongst the olives and the ripple of Kedron; and the Hindoo, with Bunyan in his hand, has resolved on courage when he crossed the 'deep river;' for angels, such as do not wait upon the banks of his sacred Ganges, beckon him over. No wonder that when Mr. Brown, the minister of Bunyan's meeting, lately visited Scotland, a worthy Highlander was startled when introduced to him as 'Bunyan's successor.' Starting back and measuring him from head to foot, he exclaimed: 'Eh, mon! but ye'll ha' hard work to fill his shoon!' Dean Stanley says: 'When in early life I lighted on the passage where the Pilgrim is taken into the House Beautiful to see 'the pedigree of the Ancient of Days, and the varieties and histories of that place, both ancient and modern,' I determined that if ever the time should arrive when I should become a professor of ecclesiastical history, these should become the opening words in which I would describe the treasures of that magnificent store-house.
En conséquence, lorsque bien des années plus tard il en fut ainsi, je ne trouvai pas de meilleure façon de commencer mon cours à Oxford que de tenir cette promesse de jeunesse ; et quand le cours arriva à sa fin et que je voulus tracer un tableau des perspectives encore réservées à l’avenir de la chrétienté, je trouvai de nouveau que les meilleures paroles que je pouvais offrir étaient celles où, en quittant la Maison Belle, on montra au loin à Chrétien la vue des Montagnes délectables, “qui, disaient-ils, ajouteraient à son réconfort parce qu’elles étaient plus près du port désiré”. » Ce fut un hommage digne et sincère de Westminster au chaudronnier rêveur dont l’effigie orne aujourd’hui la Chambre des communes, aux côtés de celles d’orateurs, de héros et d’hommes d’État, en l’honneur de l’homme qui, bien qu’il se fût « abstenu diaboliquement de fréquenter l’église contrairement aux lois du roi », a prêché depuis dans toutes les chaires et dans tous les palais. Après la libération définitive de Bunyan en 1672, il devint pasteur de l’Église de Bedford, et se donna si entièrement à l’œuvre de l’Évangile que sa renommée de prédicateur grandit au point qu’il fut peut-être le ministre le plus célèbre de son temps. Les quelques sermons [illisible]Accordingly, when, many years after, it so fell out, I could find no better mode of beginning my course at Oxford than by redeeming that early pledge; and when the course came to an end, and I wished to draw a picture of the prospects still reserved for the future of Christendom, I found again that the best words I could supply were those in which, on leaving the Beautiful House, Christian was shown in the distance the view of the Delectable Mountains, "which, they said, would add to his comfort because they were nearer to the desired haven."' This was a worthy and heart-felt tribute from Westminster to the dreaming tinker whose effigy now adorns the House of Commons, side by side with those of orators, heroes and statesmen in honor of the man, who, though he 'devilishly abstained from attending the church contrary to the laws of the king,' has preached in all pulpits and palaces ever since. After Bunyan's final release in 1672, he became pastor of the Church at Bedford, and so threw his life into Gospel labor, that his fame as a preacher increased until he was, perhaps, the most famous minister of his day. The few sermons [illegible]
[illisible] Matthew Hale, Chester et Twisden. Avec toute la simplicité de l’amour d’une femme, elle raconta son histoire sans artifice. Elle dit que son mari était « une personne paisible » et qu’il désirait faire vivre sa famille. Ils avaient quatre enfants sans ressources, dont l’un aveugle, et pendant qu’il était en prison, ils devaient vivre de la charité. Hale la traita avec bonté, Twisden avec dureté, et demanda s’il cesserait de prêcher s’il était libéré. Avec une honnêteté enfantine, elle répondit qu’il n’oserait pas cesser de prêcher « tant qu’il pourrait parler ». Sa requête fut rejetée et elle quitta le tribunal en larmes, « non pas tant, dit-elle, parce qu’ils étaient si durs envers moi et mon mari, mais en pensant au triste compte que de si pauvres créatures auront à rendre à la venue du Seigneur ». Jésus pleura parce que Jérusalem lapidait les prophètes, et la femme de Bunyan lui ressemblait beaucoup.[illegible] Matthew Hale, Chester and Twisden. With all the simplicity of a woman's love she told her artless story. She said that her husband was 'a peaceable person,' and wished to support his family. They had four helpless children, one of them blind, and while he was in prison they must live on charity. Hale treated her kindly, Twisden harshly, and demanded whether he would leave off preaching if released. In child-like honesty she replied, that he dare not leave off preaching 'so long as he could speak.' Her request was denied and she left the Court in tears, 'not so much,' she said, 'because they were so hard-hearted against me and my husband, but to think what a sad account such poor creatures would have to give at the coming of the Lord.' Jesus wept because Jerusalem stoned the prophets, and Bunyan's wife was much like him.
Mais ce géant du génie avait le cœur aussi tendre que sa femme. Où trouvons-nous dans un passage quelconque un pathétique pareil à celui-ci, qu’il écrivit en prison : « La séparation d’avec ma femme et mes pauvres enfants a souvent été pour moi, en ce lieu, comme si l’on m’arrachait la chair des os ; et cela non seulement parce que j’aime trop, beaucoup trop, ces grandes grâces, mais aussi parce que me revenaient souvent à l’esprit les épreuves, les misères et les besoins que ma pauvre famille risquait de rencontrer si je lui étais enlevé ; surtout ma pauvre enfant aveugle, qui tenait à mon cœur plus que tout ce que j’avais d’autre. Pauvre enfant, pensais-je, quelle douleur sera probablement ta part en ce monde ! Tu devras être battue, souffrir la faim, le froid, la nudité et mille calamités, alors que maintenant je ne puis supporter que le vent souffle sur toi.But, this giant in genius was just as tender-hearted as his wife. Where do we find such pathos in any passage as this, which he wrote in prison: 'The parting with my wife and poor children hath often been to me in this place as the pulling off my flesh from my bones; and that not only because I am too, too fond of these great mercies, but also because I should have often brought to my mind the hardships, miseries and wants my poor family was like to meet with should I be taken from them; especially my poor blind child who lay nearer my heart than all I had besides. Poor child, thought I, what sorrow art thou like to have for thy portion in this world! Thou must be beaten, suffer hunger, cold, nakedness and a thousand calamities, though I cannot now endure the wind should blow on thee.
Et pourtant, pensais-je, je dois tout risquer avec Dieu, bien qu’il me soit douloureux jusqu’au vif de vous quitter. J’étais comme un homme qui abattait sa maison sur la tête de sa femme et de ses enfants. Pourtant, pensais-je, il faut que je le fasse, il faut que je le fasse. » La disposition de Bunyan était si aimante qu’il garda tout le temps le cœur du geôlier attendri. Celui-ci non seulement lui permettait de visiter souvent son Église, sans escorte, et d’y prêcher aussi l’Évangile, mais sa Marie aveugle venait constamment le voir, avec les petits présents qu’elle pouvait rassembler pour le consoler. Elle se faisait beaucoup de souci pour lui, de peur qu’il ne s’affligeât au-delà de toute espérance, et souvent, en le quittant, elle posait ses doigts délicats sur ses yeux et ses joues pour sentir si les larmes coulaient, afin de pouvoir les effacer de ses baisers.But yet, thought I, I must venture all with God, though it goeth to the quick to leave you. I was as a man who was pulling down his house upon the head of his wife and children. Yet, thought I, I must do it, I must do it.' So loving was Bunyan's disposition, that he kept the heart of the jailer soft all the time. He not only allowed him to visit his church frequently, unattended, and to preach the Gospel, too; but his blind Mary constantly visited him, with such little gifts as she could gather for his solace. She had great concern for him, lest he sorrowed beyond all hope, and often when parting with him, would put her delicate fingers to his eyes and cheeks, to feel if the tears flowed that she might kiss them away.
Son enfant aveugle mourut et le laissa en prison ; oh, avec combien de bénédictions paternelles sur sa douce mémoire ! Il convenait que la petite Marie Bunyan, aveugle, entrât par la Porte céleste avant le héros de la « tanière », véritable « être resplendissant », pour veiller et attendre sa venue. Et elle n’attendit pas longtemps. En 1688, il se rendit à Londres pour réconcilier un père et un fils brouillés, et il y réussit. Mais en route une violente tempête le surprit, et il contracta une maladie mortelle qui, au bout de dix jours, l’emmena vers Jésus, le Roi dans sa beauté, et vers Marie l’aveugle, quand il vit pour la première fois ses doux yeux briller de lumière. Elle ne porta pas alors la main à sa joue, comme c’était jadis son habitude à Bedford, car Dieu avait essuyé toute larme de ses yeux ; et depuis lors, le vieux pèlerin et la jeune pèlerine ont demeuré ensemble dans la cité d’or. Bunyan mourut au moment même où se levait sur l’Angleterre le jour où la seconde grande Révolution allait faire d’elle une nation libre, où les baptistes pourraient respirer librement. M. Froude l’associe ainsi à eux dans sa biographie de Bunyan : « Selon le langage du temps, il fut convaincu de péché et se joignit aux baptistes, les plus radicaux [illisible]His blind babe died and left him in prison; with O, how many fatherly benedictions upon her sweet memory. It was meet that little, blind Mary Bunyan should enter the Celestial Gate before the hero of the 'den,' a true 'shining one,' to watch and wait for his coming. Nor did she wait long. In 1688 he went to London to reconcile an alienated father and son, and succeeded. But on the journey a violent storm overtook him, and he contracted a fatal illness which after ten days took him to Jesus, the King in his beauty and to blind Mary, when he first saw her sweet eyes blaze with light. She raised not a hand to his cheek then, as was her old wont in Bedford, for God had wiped away all tears from his eyes; and since then the old and young pilgrim have dwelt together in the golden city. Bunyan died just as the day dawned on England when the second great Revolution was to make her a free nation, in which Baptists could breathe freely. Mr. Froude couples him thus with them, in his biography of Bunyan: 'In the language of the time, he became convinced of sin and joined the Baptists, the most thorough- [illegible]
[illisible] « . . . dans quels actes de désobéissance les tolérons-nous ? Dans le péché du baptême des enfants ? Nous ne les y encourageons pas, mais, ayant l’ordre de supporter les infirmités des faibles, nous le tolérons ; c’en est une à nos yeux, mais aux leurs, disent-ils, c’est un devoir, jusqu’à ce que Dieu les persuade. » Peu importe à ce stade de savoir si, lorsque Bunyan entra avec Gifford dans l’Ouse, il fut immergé ou non, bien que M. Brown, d’après ce qu’écrit Bunyan — « bien que je porte moi-même ce nom » (« anabaptiste ») —, dise : « Je dirais qu’il fut immergé. » Ceci, pourtant, est clair : quoi qu’on ait fait à Bunyan dans l’Ouse, il y répudia publiquement son propre baptême d’enfant. M. Brown nous dit (page 36) qu’il trouve le nom de John Bunyan dans la liste de dix-neuf baptêmes de l’église d’Elstow, sous la forme suivante : « 1628, John, fils de Thomas Bonnionn, Junr, le 30 novembre. »[illegible] '. . . acts of disobedience do we indulge them in? In the sin of infant baptism? We indulge them not, but being commanded to bear with the infirmities of the weak, suffer it; it being in our eyes such, but in theirs, they say, a duty, till God persuade them.' It matters not at this point whether, when Bunyan went with Gifford into the river Ouse, he was immersed or not, though Mr. Brown, judging by what Bunyan writes, 'though I go under that name myself' ('Anabaptist'), says, 'I should say he was immersed.' This much, however, is clear, that whatever was done to Bunyan in the Ouse, he did there publicly repudiate his own infant baptism. Mr. Brown tells us (page 36) that he finds John Bunyan's name in the list of nineteen christenings at Elstow Church in the following form: '1628, John the sonne of Thomas Bonnionn, Junr, the 30th of November.'
Mais comme Bunyan ne pouvait pas porter le nom d’anabaptiste du fait de ce baptême-là, il s’ensuit que, lorsqu’il entra avec Gifford dans la rivière, il répudia délibérément le baptême d’enfant que son père lui avait imposé en 1628, en accomplissant ce qu’il considérait comme son « devoir » de père en tant que membre de l’Église d’Angleterre. Reste à savoir si, un an après cette répudiation, il tomba ou non dans ce qu’il appelle l’infirmité du baptême des enfants, et qu’il disait être telle à ses yeux, en portant sa propre fille à cette même Église d’Angleterre pour la faire baptiser, par « devoir, jusqu’à ce que Dieu » le persuade autrement. Cela impliquerait évidemment qu’il retira la protestation qu’il avait faite un an plus tôt contre son propre baptême d’enfant, et qu’à son tour il répudia son baptême de croyant, après l’avoir solennellement pris sur lui comme « anabaptiste ».But as Bunyan could not go under the name of Anabaptist on that christening, it follows that when he went with Gifford into the river he deliberately repudiated the infant baptism which his father had imposed upon him in 1628, in the discharge of what he regarded as his parental 'duty,' as a member of the Church of England. It remains to be seen whether or not, a year after this repudiation, he fell into what he calls the weakness of infant baptism, and which he said was such in his eyes, by taking his own daughter to that same Church of England to christen her, in 'duty, till God persuaded' him otherwise. This, of course, would imply that he recalled his protest against his own infant baptism made a year earlier, and in turn repudiated his believers baptism, after he had solemnly taken it upon himself as an 'Anabaptist.'
Une telle conduite démontrerait tout, sauf qu’il n’avait pas de sentiment fort sur la question du baptême, car avec sa conscience si délicate il aurait dû éprouver des sentiments terribles à ce sujet s’il avait ainsi louvoyé. Non ; cette inscription révèle le sentiment le plus profond sur la question du baptême des enfants, et c’est sa seconde protestation publique contre cette pratique : la première, en lui-même, par son propre baptême de croyant ; la seconde, en sa fille bien-aimée et dans le simple enregistrement de sa naissance. La différence entre ces deux inscriptions, l’acte de baptême de Marie et l’acte de naissance d’Élisabeth, montre qu’entre les années 1650 et 1654 un changement bien défini s’était produit dans l’esprit de leur père au sujet du baptême des enfants. S’il l’avait voulu, il aurait pu faire baptiser Élisabeth et faire inscrire son baptême sous la même forme que celui de Marie, mais il choisit de ne pas le faire ; et, limitant l’acte à sa naissance, celui-ci dit simplement qu’Élisabeth est « née » le 14 avril 1654.This conduct would show any thing but that he had no strong feeling on the question of baptism, for with his very tender conscience he must have had terrible feelings on the subject, if he backed and filled in that way. No; this entry evinces the deepest feeling on the question of infant baptism and is his second public protest against its practice, the first being in himself by his own baptism as a believer, the second in his beloved daughter and her simple birth record. The difference between these two entries, the baptismal record of Mary and the birth record of Elizabeth, shows that between the years 1650 and 1654 a well defined change had taken place in their father's mind on the subject of christening. Had he chosen he could have had Elizabeth christened and her christening entered in the same form as that of Mary, but he chose not to do that; and limiting the record to her birth, it simply says that Elizabeth was 'borne' on the 14th day of April, 1654.
Les faits suivants jettent un flot de lumière sur cet acte, car ils prouvent qu’en 1645 le Parlement remit l’enregistrement des naissances entre les mains du clergé, qu’en 1653 cet enregistrement lui fut retiré, et que sous Guillaume et Marie il lui fut de nouveau rendu, et tout cela pour les meilleures raisons. 1. En 1645, le Parlement avait banni l’usage du Livre de prières de tout lieu de culte en Angleterre et au pays de Galles, et lui avait substitué une forme de culte appelée le Directoire. Cette loi exigeait que tous les Livres de prières fussent remis, et frappait quiconque en utilisait un dans un lieu de culte, église ou chapelle, d’une amende de 5 livres pour la première infraction, de 10 livres pour la deuxième, et, pour la troisième, d’une année entière de prison sans caution ni garant. » Elle avait aussi décrété « qu’il soit fourni, aux frais de chaque paroisse ou chapellenie du royaume d’Angleterre et de la principauté de Galles, un beau registre de vélin, tenu par le ministre et les officiers de l’église, et que les noms de tous les enfants baptisés, et de leurs parents, ainsi que la date de leur naissance et de leur baptême, y soient écrits et consignés par le ministre ».The following facts throw a flood of light upon this record, as they prove, that in 1645 Parliament put the recording of births into the hands of the clergy, that in 1653 this registration was taken out of their hands, and that under William and Mary it was restored to them again, and all this for the best of reasons. 1. In 1645 Parliament had banished the use of the Prayer-book in every place of worship in England and Wales, and had substituted a form of worship called the Directory. This law required all Prayer-books to be given up, and fined any who used one in any place of worship, church or chapel, £5 for the first offense, £10 for the second, and for the third offense one whole year's imprisonment without bail or mainprise.' It had also enacted, that 'There shall be provided at the charge of every parish or chapelry in the realm of England and dominion of Wales, a fair register book of vellum, to be kept by the minister and officers of the church, and that the names of all children baptized, and of their parents, and of the time of their birth and baptizing, shall be written and set down by the minister therein.'
Cette loi prévoyait l’enregistrement à la fois des naissances et des baptêmes, et prenait soin de ne pas confondre les deux en un seul. 2. Jusqu’en l’an 1653, année où Bunyan s’unit à l’Église de Gifford, les quakers, les baptistes et tous ceux qui rejetaient le baptême des enfants étaient soumis à toutes sortes de tracasseries pour avoir négligé d’aller trouver le clergé chargé de l’enregistrement, comme cela était exigé, afin de faire baptiser leurs enfants et de faire inscrire leur naissance et leur baptême dans le « registre de vélin » de l’église paroissiale, l’Église d’Angleterre. Il en allait de même pour leurs mariages et leurs enterrements. 3. En vue de leur soulagement, non seulement dans l’affaire du baptême, mais aussi dans celle des mariages et des enterrements, le court Parlement de Cromwell retira toute cette matière des mains du clergé, faisant du mariage un acte purement civil, affranchissant la naissance, le mariage et l’enterrement de toute soumission aux usages ecclésiastiques, et remit toute la tenue des registres paroissiaux entre des mains séculières, à des fins exclusivement civiles.This act provided for the registration of both births and baptisms, and was careful not to confound the two as one. 2. Down to A. D. 1653, the year in which Bunyan united with Gifford's Church, Quakers, Baptists and all who rejected infant baptism, were subjected to every sort of annoyance for neglecting to go to the recording clergy as thus required, to have their children christened and a record of their birth and baptism made in the 'book of vellum' at the parish church, the Church of England. The same was true also of their marriages and burials. 3. Having in view their relief, not only in the matter of baptism, but also in that of marriages and burials, Cromwell's short Parliament took this whole matter out of the hands of the clergy, making marriage a purely secular act, stripping birth, marriage and burial of subjection to all ecclesiastical usages, and put the entire keeping of the parish records into secular hands for civil purposes alone.
Naturellement, les baptistes, les quakers et tous les autres sujets semblables, loyaux envers le pouvoir civil, furent ravis d’être ainsi délivrés du mépris ecclésiastique et de se conformer à une simple disposition civile qui ne heurtait en rien leurs convictions sur ce qui est juste ; et ils se soumirent de bon cœur à une loi qui leur demandait simplement d’enregistrer la naissance de leurs enfants comme un devoir envers l’État. 4. C’est de cette loi que parle Cobbet dans son « Histoire parlementaire », à la date du 25 août 1653. Il écrit : « Une grande partie de ce mois avait été employée à débattre un projet de loi concernant les mariages et leur enregistrement, ainsi que les naissances et les enterrements. Ce jour-là, il fut adopté par la Chambre sur cette question, et il fut ordonné de l’imprimer et de le publier. Cette loi extraordinaire retira entièrement les mariages des mains du clergé et les remit à celles des juges de paix. »Of course, Baptists, Quakers and all other such subjects loyal to the civil power were delighted to be freed from ecclesiastical contempt in this way, and to comply with a mere civil provision, which in noway conflicted with their convictions of right; and they cheerfully complied with a law which simply required them to record the birth of their children as in duty to the State. 4. It is of this Act that Cobbet speaks in his 'Parliamentary History,' under date of August 25th, 1653. He writes: 'Great part of this month had been taken up in canvassing a bill concerning marriages and the registering thereof, and also of births and burials. This day it passed the house on this question, and was ordered to be printed and published. This extraordinary Act entirely took marriages out of the hands of the clergy, and put them into those of the Justices of the Peace.'
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Naturellement, elle souleva la colère du clergé d’État jusqu’à la plus vive indignation. Ils la traitèrent avec toutes les formes de mépris qu’ils purent imaginer. Lorsque le Directoire avait écarté le Livre de prières, plusieurs centaines d’entre eux, certains disent des milliers, renoncèrent à leurs bénéfices ou furent expulsés pour avoir bravé la loi. Celle-ci leur défendait absolument d’employer le Livre de prières pour l’enterrement des morts, aussi bien que dans leurs églises. Elle prescrivait : « Lorsqu’une personne quitte cette vie, que le corps, le jour de l’enterrement, soit décemment accompagné de la maison jusqu’au lieu désigné pour la sépulture publique, puis inhumé sans aucune cérémonie. . . . Parce que la prière, la lecture et le chant, tant en allant à la tombe qu’auprès d’elle, ont donné lieu à de graves abus, qu’ils ne profitent en rien aux morts et se sont révélés nuisibles aux vivants, que toutes ces choses soient donc mises de côté. »Of course, it aroused the wrath of the State clergy to the hottest indignation. They treated it with every form of contempt which they could devise. When the Directory had pushed the Prayer-book out of use, many hundreds of them, some say thousands, either resigned their livings or were ejected for setting the law at defiance. It absolutely forbade them to use the Prayer-book for the burial of the dead, as well as in their churches. It enjoined that, 'When any person departed this life, let the dead body upon the day of burial be decently attended from the house to the place appointed for public burial, and then interred without any ceremony. . . . For that praying, reading and singing, both in going to and at the grave, have been grossly abused, and are no more beneficial to the dead and have proved hurtful to the living; therefore, let all such things be laid aside.'
Assurément, c’était là tout ce que la chair et le sang du clergé de ce temps pouvaient supporter. Mais que cette révolution fût suivie d’une autre qui, huit ans plus tard, non seulement leur retirait entièrement le mariage, mais leur refusait le droit d’enregistrer les naissances qui honoraient ces mariages civils, cela leur était insupportable. Si quelqu’un voulait qu’ils baptisent ses enfants, la loi ne leur interdisait pas de le faire dans l’exercice de leurs droits religieux. Mais la loi ne voulait pas que leurs baptêmes fussent inscrits dans les registres publics comme des actes d’intérêt ou de portée civils. De plus, la manière dont leurs anciennes prérogatives leur furent retirées fut plus exaspérante encore. Les nouveaux officiers de l’état civil devaient être choisis par le vote populaire de leurs propres paroissiens, sur lesquels ils avaient exercé une domination si démesurée, et cela sans égard à la religion ni du candidat ni de l’électeur.Surely, this was all that the clerical flesh and blood of that day could bear. But now, to follow up that revolution with another, which eight years later not only took marriage entirely out of their hands, but denied them the right to record the births which honored those secular marriages, was unendurable to them. If any body wanted them to christen their infants, the law did not forbid their doing so, in the exercise of their religious rights. But the law would not have their christenings entered on the public records as acts of any civil interest or concern. Then, the way in which their former prerogatives were taken from them, was more exasperating still. The new Registrars were to be selected by the popular vote of their own parishioners, over whom they had so unconscionably domineered, and that without regard to the religion of either candidate or voter.
En outre, l’enregistrement des mariages devait être purement civil et attesté devant un juge de paix, et non par un prêtre. Et, pire que tout aux yeux du prêtre, cette loi du 25 août 1653 laissait tous ceux qui rejetaient la superstition du baptême des enfants libres de jouir des pleins droits des Anglais en enregistrant la naissance de leurs enfants, et de leur assurer tous les avantages légaux qu’une telle inscription civile garantissait quant aux droits de propriété et devant les tribunaux, sans compromettre leurs principes par une soumission forcée au baptême des enfants. Leurs enfants pouvaient désormais prouver leur filiation et tirer tous les droits politiques auxquels une telle inscription leur donnait droit de leur vivant, et à leur mort ils pouvaient être enterrés décemment dans une terre « consacrée » ou non consacrée, sans avoir à consulter en rien les caprices d’un sacerdoce arrogant.Besides, the record of the marriages entered was to be purely secular and to be attested before a Justice of the Peace and not by a priest. And, worse than all, in the eyes of the priest, this Act of August 25th, 1653, left all who rejected the superstition of christening at liberty to enjoy the full rights of Englishmen by recording the birth of their children, and of securing to them all the legal advantages which such a civil entry secured in property rights and courts of justice, without compromising their principles by a forced submission to infant baptism. Their children could now prove their lineage and derive all the political rights which such entry entitled them to while they lived, and when they died they could be buried decently in ground either 'consecrated' or unconsecrated without anyhow consulting the whimsical dictations of an arrogant priesthood.
Un tel état de choses convenait exactement aux idées de liberté de Bunyan. Jamais auparavant les Anglais dissidents n’avaient joui d’un tel droit, et Cobbet qualifie fort justement la loi d’« extraordinaire ». Son adoption rencontra une résistance obstinée comme une audacieuse innovation ; et il dit qu’elle retint le Parlement en discussion pendant une grande partie du mois entier, débat qui dut agiter les sentiments de tout le royaume. Les baptistes et les quakers durent surtout s’y intéresser, car elle retirait leurs mariages et leurs enterrements des mains d’un clergé oppresseur et offensant, et les laissait libres d’enregistrer la « naissance » de leurs enfants et de s’en tenir là pour ce qui était du baptême ; de sorte qu’ils se trouvaient désormais devant la loi à égalité avec leurs voisins, libres de toute proscription ecclésiastique pour avoir refusé de faire baptiser leurs enfants. Avec ce bouclier légal étendu sur sa tête, nous comprenons aisément pourquoi l’honnête John Bunyan, qui parla si librement dans ses écrits contre le baptême des enfants, comme nous le verrons, estima de son devoir d’Anglais libre d’obéir à la loi en inscrivant la naissance de son enfant au registre public, lorsque la loi anglaise s’avança enfin pour garder saintement les droits de sa conscience tandis qu’il remplissait son devoir de citoyen.Such a state of things would suit Bunyan's ideas of liberty exactly. Such a right had never been enjoyed by dissenting Englishmen before, and Cobbet well characterizes the Act as 'extraordinary.' Its passage was stubbornly resisted as a bold innovation; and he says that it held Parliament to discussion for a great part of the entire month, which canvassing must have stirred the feelings of the entire realm. Especially must all Baptists and Quakers have been interested, as it took their marriages and burials out of the hands of an oppressive and offensive clergy, and left them at liberty to record the 'birth' of their children and to stop there, as far as christening was concerned; so that they now stood before the law on equality with their neighbors, free from all ecclesiastical proscription because they refused to have their children baptized. With this legal shield thrown over head, we can easily understand why honest John Bunyan, who spoke so freely in his writings against infant baptism, as we shall see, felt it his duty as an English freeman to obey the law by entering the birth of his babe on the public record, when English law at last stepped forth sacredly to guard the rights of his conscience while discharging his duty as a citizen.
Ainsi, l’inscription de la naissance de son enfant, sans aucune inscription de son baptême, demeure jusqu’à la fin des temps dans le registre paroissial d’Elstow avec la force de sa protestation publique contre la superstition du baptême des enfants imposé par l’État. Élisabeth Bunyan fut-elle donc baptisée en fait ? Certainement pas. M. Brown cite l’inscription du registre paroissial d’Elstow et concède qu’elle ne certifie que sa naissance. Il se réfère aussi à la loi de 1653 en ces termes : « On fera peut-être remarquer que le registre note qu’Élisabeth Bunyan est “née” le [illisible] avril, et ne dit rien de son baptême. Mais on se souviendra que l’année précédente une loi du Parlement avait été adoptée, exigeant que la date de naissance fût inscrite au registre au lieu de celle du baptême. » [illisible] La divergence dont parle M. Copner (dont le précieux ouvrage sur Bunyan est cité ailleurs dans ces pages) consiste simplement dans l’emploi de « née » dans l’original et de « baptisée » dans la transcription.Thus the entry of his child's birth without any entry of her christening stands to the end of time on the Elstow parish Register with the force of his public protest against the superstition of infant baptism enforced by the State. Then was Elizabeth Bunyan christened as matter of fact? Certainly not. Mr. Brown quotes the entry in the Elstow parish Register and concedes that it certifies only to her birth. He also refers to the law of 1653 in the following words: 'It will be pointed out, perhaps, that the register notes that Elizabeth Bunyan was 'borne' on the [illegible] day of April, and says nothing about her baptism. But it will be remembered that the previous year an Act of Parliament had been passed requiring the date of birth to be inserted in the register instead of that of baptism.' [illegible] The discrepancy referred to by Mr. Copner (whose own valuable work on Bunyan is elsewhere cited in these pages) is simply that of the use of 'borne' in the original and 'christened' in the transcript.
Pour le reste, il semble que les documents concordent. L’enquête se ramène à la question de savoir lequel il faut croire : le registre original, qui dit qu’Élisabeth est née le 14 avril 1654, ou la transcription, qui affirme qu’elle fut baptisée ce jour-là ? Il est on ne peut plus improbable qu’elle soit née et ait été baptisée le même jour, et donc les deux actes ne peuvent être vrais tous les deux. Née dans la maison de son père le 14 avril, même s’il avait souhaité la faire baptiser, elle n’aurait pu être portée à l’église paroissiale le jour même de sa naissance. Mais si elle fut baptisée le 14 avril et naquit à une autre date, alors l’inscription originale devient un imbroglio. Ce ne fut jamais la coutume de l’Église anglaise, ni même de l’Église romaine, de baptiser les enfants le jour même de leur naissance, à moins qu’on ne craignît que l’enfant ne meure aussitôt venu au monde, et c’est pourquoi l’on aspergeait son corps pour sauver son âme.Otherwise it appears that the documents correspond. The investigation reduces itself to the inquiry, which shall be believed, the original register which says that Elizabeth was born on April 14th, 1654, or the transcript which states that she was christened on that day? It is to the last degree improbable that she was both born and christened on the same day, and therefore both records cannot be true. Born in her father's house on the 14th of April, even if he had wished her christened, she could not be taken to the parish church on the day of her birth. But if she was christened on the 14th of April and born at some other time, then the original entry is made a piece of confusion. It was never the custom of the English, or even of the Romish Church, to christen children on the very day of their birth, unless it was feared that the child would die immediately after coming into the world, and so its body was sprinkled to save its soul.
En outre, on ne prétend pas que ces transcriptions des registres aient été des actes indépendants rapportant des faits étrangers à ceux que contenaient les originaux. Les transcriptions étaient des copies annuelles du registre paroissial envoyées sur parchemin à l’archidiacre par le vicaire ou le recteur de la paroisse, conformément aux canons de 1603. Elles donnaient les noms de toutes les personnes mariées, baptisées ou enterrées l’année précédente, copiés du registre, et étaient expédiées chaque année à Pâques. Il s’agissait d’assurer l’existence d’un double au cas où le registre paroissial serait perdu. Les transcriptions prétendaient donc toujours être des copies exactes des originaux, et, en cas de divergence, les originaux prévalaient naturellement. Nous voici donc amenés à la question de savoir lequel mérite créance : un acte public tenu et dressé sous la direction de la loi du pays, avec les formalités prescrites, par un officier civil dûment élu, ou l’affirmation incohérente contenue dans un document non officiel, sans date ni signature, qui prétend être une copie de l’original et n’en est pas une copie fidèle ?Furthermore, it is not claimed that these transcript registers were independent records of facts outside of those contained in the originals. The transcripts were annual copies of the Parish Register sent up on parchment to the Archdeacon by the vicar or rector of the parish in compliance with the canons of 1603. They gave the names of all persons married, baptized, or buried the previous year copied from the Register, and forwarded each Easter. This was to provide for the existence of a duplicate copy in case the parish register should be lost. The transcripts, therefore, always purported to be exact copies of the originals and, in case of discrepancy, the originals would of course govern. We are thus brought to the question, which is entitled to credence: a public record kept and prepared under direction of the law of the land, with prescribed formalities by a duly elected civil officer, or the inconsistent statement contained in an extra-official document, without date or signature, which purports to be a copy of the original and is not a true copy thereof?
Ici encore, le simple énoncé de la question ne rend possible qu’une seule réponse. C’est une règle banale du droit qu’en matière de preuve une copie n’est pas recevable en présence de l’original, et l’on voit mal pourquoi M. Brown a produit une prétendue copie à côté de l’original, d’autant que l’original dit une chose et la soi-disant copie une autre. Dans une lettre datée du 21 mai 1886, il dit : « Cette transcription de 1654 se trouve à Bedford, dans les archives de l’archidiaconé, avec celles de toutes les paroisses du Bedfordshire. Celles de la période du Commonwealth furent envoyées en une seule fois pour les dix années entières [1650-1660] après la Restauration par le vicaire Christopher Hall, et elles sont complètes. » Il est difficile d’imaginer un motif pour que la coutume d’envoyer une transcription annuelle se soit maintenue sous le Commonwealth.Here again the mere statement of the proposition makes only one answer possible. It is a trite rule of the law that, for the purpose of evidence, a copy is not allowable in the presence of the original, and it is not easy to see why Mr. Brown should have brought in a professed copy with the original, especially as the original says one thing and the so-called copy another. In a letter dated May 21st, 1886, he says: 'This Transcript for 1654 is at Bedford in the Archives of the Archdeanery along with those from all the parishes of Bedfordshire. Those for the Commonwealth Period were sent up for the whole ten years at once [1650-1660] after the Restoration by the vicar, Christopher Hall, and are complete.' It is difficult to imagine any motive for the continuation of the custom of sending an annual transcript during the Commonwealth.
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Pourquoi avait-il été en prison près de treize ans ? Qu’il réponde lui-même à cette question : « Je fus accusé d’être soutien et défenseur d’assemblées et de conventicules illicites, et de ne pas me conformer à l’Église d’Angleterre. Un acte d’accusation fut dressé contre moi. En voici la teneur : “Que John Bunyan, de la ville de Bedford, journalier, étant une personne de telle et telle condition, s’est (depuis tel temps) abstenu diaboliquement et pernicieusement de venir à l’église pour entendre le service divin, et qu’il est un soutien ordinaire de plusieurs réunions et conventicules illicites, au grand trouble et au grand désarroi des bons sujets de ce royaume, contrairement aux lois de notre souverain seigneur le roi.” » La reine Élisabeth avait fait passer une loi sanguinaire « pour la punition des personnes qui refusent de venir à l’église ». Elle disposait que « toute personne âgée de plus de seize ans qui refuserait d’assister à la lecture de la prière commune dans quelque église serait d’abord emprisonnée ; puis, si elle refusait de signer une déclaration de conformité dans les trois mois, serait bannie ; et si elle revenait en Angleterre, subirait la mort sans bénéfice du clergé ».Why had he been in prison for nearly thirteen years? Let him answer that question himself: 'I was indicted for an upholder and maintainer of unlawful assemblies and conventicles, and for not conforming to the Church of England. There was a bill of indictment preferred against me. The extent thereof was as followeth: "That John Bunyan of the town of Bedford, laborer, being a person of such and such conditions, he hath (since such a time) devilishly and perniciously abstained from coming to church to hear divine service, and is a common upholder of several unlawful meetings and conventicles, to the great disturbance and distraction of the good subjects of this kingdom, contrary to the laws of our sovereign lord the king."' Queen Elizabeth had passed a sanguinary Act 'For the punishment of persons refusing to come to church.' It provided, that 'Any person above sixteen years of age who refused to attend the reading of Common prayer in some church, should be first imprisoned, then if he refused to sign a declaration of conformity within three months he should be banished, and if he returned to England he should suffer death without benefit of clergy.'
C’est en vertu de cette loi brutale que Bunyan fut accusé de « s’abstenir diaboliquement de venir à l’église ». En outre, peu après qu’il eut été mis en prison, la loi d’uniformité (1662) fit du Livre de prières la norme nationale de la foi, imposée par les lois pénales de tous les règnes précédents. Mais pourquoi cessa-t-il d’aller à l’église, après nous avoir dit qu’enfant il adorait presque le pasteur, ses vêtements et le Livre de prières, les regardant tous avec la plus sainte vénération ? Parce qu’il s’était convaincu que le clergé était corrompu, et il le regardait maintenant avec un souverain mépris. Dans sa « Justification par la foi », signée « John Bunyan, de la prison, le 27 du douzième mois, [illisible] », il dit à Fowler, ecclésiastique de l’Église d’Angleterre qui l’avait vilipendé : « Quant à ce que vous dites des “opinions douteuses, des modes, rites et circonstances variables en religion” (p. 230), je n’en connais point qui y soient aussi attachés que vous-mêmes, toute la bande de votre clergé contrefait et turbulent ; qui, généralement, comme le singe dont vous parlez, est occupé à gonfler les applaudissements et la gloire de vos colifichets. »It was under this brutal Act that Bunyan was charged with 'devilishly abstaining from coming to church.' Besides, shortly after he was put in prison, the Act of Conformity (1662) made the Prayer-book the national standard of faith, enforced by the penal laws of all preceding reigns. But why did he stay away from church, after telling us that when a boy he almost worshiped the parson and his vestments and the Prayer-book, looking upon them all with the most holy awe? Because he had become convinced that the clergy were corrupt and he now looked upon them with supreme contempt. In his 'Justification by Faith,' signed 'John Bunyan, From Prison, the 27th of the 12th month, [illegible],' he says to Fowler, a clergyman of the Church of England, who had vilified him: 'What you say about "doubtful opinion, alterable modes, rites, and circumstances in religion" (p. 230), I know none so wedded thereto as yourselves, even the whole gang of your rabbling counterfeit clergy; who generally, like the ape you speak of, lie blowing up the applause and glory of your trumpery.'
Et voici qu’on nous demande de croire que, moins d’un an après avoir écrit cette charge contre le clergé, il alla trouver cette « bande contrefaite et turbulente » pour faire baptiser son enfant ! Et pourquoi ne voulait-il pas écouter le Livre de prières ? « Ce n’est pas une institution de Dieu », disait-il. Son mépris pour le Livre de prières était au fond de toutes ses souffrances. Lorsque le juge Keeling, dans une violente colère, lui demanda lors de son procès pourquoi il n’allait pas à l’église, il répondit calmement : « La parole de Dieu ne me commande pas de prier selon le Livre de la prière commune. » Keeling lui dit savamment que ce livre venait des apôtres ! Le « journalier » de Bedford osa en douter, disant : « Montrez-moi l’endroit des épîtres où le Livre de la prière commune est écrit, ou un seul texte de l’Écriture qui me commande de le lire, et je le lirai. »Yet, now we are asked to believe that within a year of writing this blast against the clergy, he went to this 'counterfeit, rabbling gang' to get his baby christened! And why would he not listen to the Prayer-book? 'It is none of God's institution,' he said. His contempt for the Prayer-book lay at the bottom of all his sufferings. When Judge Keeling, in a towering passion, at his trial, asked why he stayed away from church, he calmly answered: 'The word of God does not command me to pray by the Common Prayer-book.' Keeling learnedly told him that this book had come down from the Apostles! This, the Bedford 'laborer' ventured to doubt, saying: 'Show me the place in the Epistles where the Common Prayer-book is written, or one text in Scripture that commands me to read it and I will read it.'
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Ces paroles furent publiées pour la première fois en 1678, six ans après ce prétendu baptême de Joseph. Mais en 1673, un an seulement après ce prétendu baptême, lorsque Kiffin, déjà cité en partie, lui demanda pourquoi il tolérait « les baptistes » (c’est-à-dire les membres de l’Église de Bedford) « dans beaucoup d’actes de désobéissance, car venir sans préparation à l’Église est un acte de désobéissance ; venir sans préparation à la Cène est un acte de désobéissance », Bunyan repoussa l’accusation avec beaucoup de vivacité, demandant : « Mais dans quels actes de désobéissance les tolérons-nous ? Dans le péché du baptême des enfants ? Nous ne les y encourageons pas ; mais, ayant l’ordre de supporter les infirmités les uns des autres, nous le tolérons ; c’en est bien une à nos yeux ; mais aux leurs, disent-ils, c’est un devoir, jusqu’à ce que Dieu les persuade autrement. »These words were first published in 1678, six years after this alleged christening of Joseph. But in 1673, only one year after this alleged christening, when Kiffin, already quoted in part, asked him why he indulged 'the Baptists' (that is, the members of the Bedford Church) 'in many acts of disobedience? For to come unprepared into the church is an act of disobedience; to come unprepared to the Supper is an act of disobedience.' Bunyan resented the charge with great spirit, demanding: 'But what acts of disobedience do we indulge them in? In the sin of infant baptism? We indulge them not; but being commanded to bear with the infirmities of each other, suffer it; it being indeed in our eyes such; but in theirs they say a duty, till God shall otherwise persuade them.'
À la même page, il dit qu’il ne peut pas « imposer le baptême selon notre conception à ceux qui ne peuvent le supporter ». Ici, pour le moins, il considère le baptême des enfants comme l’infirmité de ceux qui le pratiquaient, qu’il pouvait « tolérer » « jusqu’à ce que Dieu les persuade autrement ». Si Bunyan n’avait pas eu au sujet du baptême des enfants des scrupules tels que ceux qui sont exprimés ici, s’il lui était né un enfant en 1672 et qu’il eût désiré le faire baptiser, il aurait pu le faire lui-même comme pasteur de l’Église de Bedford, ou n’importe quel ministre dissident pédobaptiste d’Angleterre l’aurait fait volontiers pour lui. Mais l’absurdité suprême de l’envoyer à l’Église nationale pour le faire porte sa contradiction sur son front. Qu’aurait-il dû faire en pareil cas, comme simple question de fait, pour satisfaire aux exigences de la rubrique elle-même ? Voici ce qu’elle exigeait assurément : « Il y aura pour chaque enfant mâle à baptiser deux parrains et une marraine. . . . »On the same page he says, that he cannot 'press baptism in our notion, on those that cannot bear it.' Here, to say the least, he regards infant baptism as the infirmity of those who practiced it, which he could 'suffer' 'till God shall otherwise persuade them.' If Bunyan had had no such scruples on infant baptism as are here stated, if he had a babe born to him in 1672 and he desired him christened, he could have done this himself as pastor of the Bedford Church, or any Pedobaptist dissenting minister in England would have cheerfully done it for him. But the supreme absurdity of sending him off to the National Church to have this done, bears its contradiction on its face. What must he have done in such a case purely as a matter-of-fact in order to meet the demands of the Rubric itself? This certainly it required: 'There shall be for every male-child to be baptized two godfathers and one godmother. . . .'
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[illisible] Ces femmes étaient attachées en conscience à d’autres Églises, et, différant de leurs maris dans leurs opinions religieuses, elles se sentaient tenues, en tant que mères, de faire ce qu’elles estimaient être un devoir religieux. De plus, les ministres auxquels elles portaient leurs enfants les traitaient avec bonté, elles et leurs familles. Mais qu’Élisabeth Bunyan fût baptiste ou non, il n’était guère probable qu’elle allât trouver les persécuteurs déclarés de son mari, qui avaient attiré tous ses malheurs sur sa tête, avaient traité son mari comme une bête et laissé ses enfants mourir de faim, pour leur demander leur bénédiction sur un enfant qu’ils méprisaient à cause de son père ; en vérité, ce n’était pas une femme de cette trempe. Elle aimait trop son mari pour le compromettre de cette façon. De plus, si le Joseph qui fut baptisé était son fils, et qu’elle l’eût fait baptiser en cachette par conviction religieuse, pourquoi ne fut-elle pas conséquente avec elle-même en faisant de même pour sa fille Sarah, et en faisant inscrire son baptême dans le même registre, si Sarah était née dans la même paroisse ?[illegible] These women were conscientiously connected with other Churches, and differing with their husbands in their religious views, they felt it incumbent on them, as mothers, to do what they esteemed a religious duty. Besides, the ministers to whom they took their children treated them and their households kindly. But whether Elizabeth Bunyan were a Baptist or not, she was not likely to go to her husband's open persecutors, who had brought all her sorrows upon her head and had treated her husband like a brute and had left her children to starve, to seek their blessing upon a child whom they despised for his father's sake; indeed, she was not a woman of that stamp. She loved her husband too dearly to compromise him in that way. Besides, if the Joseph who was christened was her son, and she had him christened by stealth, on religious conviction, why was she not consistent with herself in doing the same for her daughter, Sarah, and in putting her christening on the same record, if Sarah was born in the same parish?
Si elle idolâtrait presque son mari, lui, à son tour, l’idolâtrait presque. Elle croyait en lui et en son jugement sur l’Église d’Angleterre. Elle plaida pour lui devant le banc des juges et alla à Londres demander sa liberté par l’intermédiaire de lord Barkwood et de la Chambre des lords. Et lorsque Sir Matthew Hale eut pitié d’elle et s’enquit du métier de son mari, un chœur des autres juges s’écria : « Un chaudronnier, milord ! » « Oui, dit la pauvre et intrépide femme, et parce qu’il est chaudronnier et pauvre, il est méprisé et ne peut obtenir justice. » L’un des juges répondit avec une grande colère : « Milord, il prêchera et fera ce qui lui plaît. » Sa noble épouse répliqua : « Il ne prêche rien que la parole de Dieu. » Le juge irrité s’écria : « Sa doctrine est la doctrine du diable ! » « Milord, répondit la fidèle Élisabeth, quand le juste Juge paraîtra, on saura que sa doctrine n’est pas la doctrine du diable ! »While she almost idolized her husband, he, in turn, almost idolized her. She believed in him and in his view of the Church of England. She pleaded for him before the bench of judges and went to London to pray for his liberty through Lord Barkwood and the House of Lords. And when Sir Matthew Hale pitied her, and asked of her husband's calling, a chorus of the other judges cried out: 'A tinker, my lord!' 'Yes,' said the poor and dauntless woman, 'and because he is a tinker and a poor man therefore he is despised and cannot have justice.' One of the judges responded in great anger: 'My lord, he will preach and do what he lists.' His noble wife replied: 'He preacheth nothing but the word of God.' The angry judge cried out: 'His doctrine is the doctrine of the devil!' 'My lord,' the true Elizabeth replied, 'when the righteous Judge shall appear, it will be known that his doctrine is not the doctrine of the devil!'
Faite de cette trempe, aurait-elle pourtant introduit en cachette le fils de son mari dans l’Église d’État, contre toute la prédication, tous les écrits et toutes les souffrances de son père ? Pouvait-elle se jouer ainsi des principes religieux de son mari, et par-dessus le marché de ses propres oppressions ? L’enseignement de Bunyan pour elle était que la femme doit regarder son mari « comme son chef et seigneur. Le chef de la femme, c’est l’homme. . . . C’est une chose malséante que, ne serait-ce qu’une seule fois dans toute sa vie, elle cherche à passer outre à son mari ; elle doit en toutes choses lui être soumise, et faire tout ce qu’elle fait comme en ayant reçu de lui l’autorisation, la permission et l’autorité. . . . La femme est maîtresse après son mari, et elle doit tout gouverner en son absence ; oui, en sa présence, elle doit diriger la maison et élever les enfants, pourvu qu’elle le fasse de telle sorte que l’adversaire n’ait aucune occasion de médire. . . .Made of that sort of metal, would she yet smuggle her husband's son into the State Church against all his father's preaching, writing and suffering? Could she thus trifle with his religious principles and with her own oppressions in the bargain? Bunyan's teaching to her was that the wife must look upon her husband 'as her head and lord. The head of the woman is the man. . . . It is an unseemly thing so much as once in all her life-time to offer to overstep her husband; she ought in every thing to be in subjection to him, and to do all that she doeth, as having her warrant, license and authority from him. . . . The wife is master next her husband, and is to rule all in his absence; yea, in his presence she is to guide the house, to bring up the children; provided, she so do it as the adversary have no occasion to speak reproachfully. . . .
Agis donc et fais toujours comme étant sous l’autorité du mari. » Le fait est que, selon son biographe de 1700 : « Dans sa famille, il maintenait une discipline très stricte, dans la prière et les exhortations. » Il n’y a donc pas la moindre probabilité qu’Élisabeth ait porté son enfant à Saint-Cuthbert pour le faire baptiser, et l’insinuation qu’elle l’aurait fait ne fait nullement honneur à son nom.Therefore, act and do still; as being under the power of the husband.' The fact is, according to his biographer of 1700: 'In his family he kept up a very strict discipline, in prayer and exhortations.' Hence, there is not the slightest probability that Elizabeth took her child to St. Cuthbert's to be christened, nor is the intimation that she did at all to the honor of her name.
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Quant au bail accordé par la corporation de Bedford à John Bunyan fils en 1705, mieux vaudrait n’en pas parler dans une tentative honnête de déterminer où il vivait en 1672, dix-sept ans avant que le bail fût accordé. En tenant compte de tout ce qui concerne sa famille propre et personnelle, nous avons simplement cette chaîne de circonstances : il légua en 1728 à sa petite-fille sa maison de la paroisse de Saint-Cuthbert, maison où son père avait vécu de 1681 à 1688 ; il est plus conforme à l’ordre naturel des choses de conclure que c’était son nom qui figurait sur la liste des contribuables de cette paroisse de 1670 à 1674, plutôt que celui de son père, qui fut en prison jusqu’en 1672. Et, tout bien considéré du côté de Bunyan père, son emprisonnement de 1661 à 1671, sa pauvreté extrême durant ces années, la dépendance partielle de sa famille envers des amis pour son pain, et l’absence absolue de preuve quant au lieu où ils vécurent pendant qu’il était en prison, toute conjecture raisonnable conduit à supposer que le Joseph du registre baptismal de 1672 était le fils de John Bunyan fils et le petit-fils de John Bunyan père. Le nom inscrit au registre reste « John », mais il faut prouver que ce John fut responsable de cette inscription avant que des hommes au jugement sain puissent être convaincus qu’il s’agit de l’acte de sa conformité à ce qu’il flétrissait comme un corps « antichrétien ».As to the lease given by the Corporation of Bedford to John Bunyan, Jr., in 1705, that had better not be mentioned in an honest attempt to determine where he lived in 1672, seventeen years before the lease was given. Taking every thing into the account connected with his special and personal household, we have simply this chain of circumstances: He bequeathed his house in St. Cuthbert's parish to his granddaughter in 1728, in which house his father had lived from 1681 to 1688; it is more in keeping with the natural order of things to infer that it was his name which appeared on the Tax-list of that parish from 1670 to 1674, rather than the name of his father who was in prison till 1672. And, taking all things into consideration on the Senior Bunyan's side of the house, his imprisonment from 1661 to 1671, his abject poverty during those years, the partial dependence of his family on friends for their bread, and the absolute absence of proof as to where they lived while he was in prison; all reasonable conjecture points to the supposition that the Joseph of the baptismal register of 1672 was the son of John Bunyan, Jr. and the grandson of John Bunyan, Sr. The name in the record still stands 'John,' but it must be proven that the John was responsible for its creation, before men of sound judgment can be convinced that it is the record of his Conformity to what he branded as an 'Anti-Christian' body.
4. Roger Williams et la liberté de l’âme au Rhode Island4. Roger Williams and Soul Liberty in Rhode Island
Thomas Armitage, A History of the Baptists (1887), chapitre III, « La fondation du Rhode Island » (env. p. 641–658). Texte abrégé ; les omissions sont signalées par […]. Texte anglais tiré d’une reconnaissance optique (OCR) non encore collationnée ; la division en paragraphes est du STC. Traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.Thomas Armitage, A History of the Baptists (1887), Chapter III, “Settlement of Rhode Island” (about pp. 641–658). Abridged; omissions marked […]. English text from uncollated OCR; paragraph divisions supplied by CTS. The interpretations are the author’s.
Note du STC : Roger Williams (vers 1603–1683) fonda Providence en 1636 après son bannissement de la baie du Massachusetts. En 1639, il aida à former la première Église baptiste d’Amérique, mais la quitta quelques mois plus tard et vécut le reste de sa vie comme « chercheur » (Seeker). Le portrait admiratif d’Armitage est largement partagé, bien que les historiens ajoutent que le bannissement fut aussi lié à des différends sur la charte de la colonie et les titres fonciers indiens, et que le Rhode Island ne fut pas toujours à la hauteur de ses principes. La clause excluant les catholiques romains, qu’Armitage tient pour une interpolation tardive, figurait dans les recueils de lois du dix-huitième siècle et fut abrogée en 1783 ; la date de sa première insertion est encore discutée. Le « complot papiste » de 1678 visait prétendument Charles II, et non Guillaume III comme le dit le texte. Ses descriptions des Amérindiens emploient le langage de son époque. Des passages sur les restes de Williams, une longue citation sur ses écrits, une affaire de violence conjugale et l’affaire de naturalisation de 1762 ont été omis.CTS note: Roger Williams (about 1603–1683) founded Providence in 1636 after his banishment from Massachusetts Bay. In 1639 he helped form the first Baptist church in America, but within months he left it and lived the rest of his life as a “Seeker.” Armitage’s admiring portrait is widely shared, though historians add that the banishment also involved disputes over the colony’s charter and Indian land titles, and that Rhode Island did not always live up to its principles. The clause excluding Roman Catholics, which Armitage treats as a later interpolation, appeared in the eighteenth-century law collections and was repealed in 1783; when it was first added is still discussed. The “Popish Plot” of 1678 was alleged against Charles II, not William III as the text says. His descriptions of Native Americans use the language of his day. Passages on Williams’s remains, a long quotation about his writings, a case of domestic violence and the naturalization case of 1762 have been omitted.
Chapitre III. La fondation du Rhode IslandChapter III. Settlement of Rhode Island
Salem fut remplie d’agitation et de douleur lorsque Williams fut banni, et elle demandait ce que son bon pasteur avait fait pour mériter cette cruauté de la part de ses condisciples en Christ. John Cotton, confortablement installé dans sa maison de Boston, dissertait sévèrement sur l’exil de Williams comme sur tout autre chose qu’un « bannissement ». En ce lugubre hiver de Nouvelle-Angleterre, tandis que son frère s’enfonçait au plus profond des forêts, il en parlait comme d’une « terre » vaste et fertile, « où il jouissait d’un ample élargissement ». Mais Cotton se garda bien de transgresser le commandement en convoitant pour lui-même cet « élargissement », et il ne soupira pas tant après les délicieux fruits du désert qu’il suivît son frère pour se réjouir avec lui dans sa tribulation. En fait, il se demande si ce fut « même un châtiment », et l’on retirerait plutôt de son exposé l’impression que la Cour l’avait simplement envoyé faire une excursion reposante, en abandonnant entièrement son devoir de punir le crime.Salem was filled with excitement and grief when Williams was banished, and asked what its good pastor had done to merit this cruelty at the hands of his fellow-disciples in Christ? John Cotton, snugly housed in his Boston home, severely descanted on Williams's exile as any thing but 'banishment.' In that dreary New England winter, as his brother plunged into the depths of the forests, he spoke of it as a large and fruitful 'land, in which he enjoyed ample enlargement.' But Cotton was careful not to break the command by coveting that 'enlargement' for himself, nor did he so hanker after the delicious fruits of the wilderness as to follow his brother, to rejoice with him in his tribulation. Indeed, he queries whether it was 'a punishment at all,' and one would rather catch the impression from his showing, that the Court had simply sent him on a restful excursion, in absolute dereliction of its duty to punish crime.
L’illustre héros pensait, lui, que Cotton aurait pu voir la chose autrement « si son âme avait été dans le cas de mon âme, exposée aux misères, aux pauvretés, aux nécessités, aux dettes et aux épreuves » qu’il endura. Les humbles gens de Salem pleuraient aussi comme si leur cœur allait se briser, parce qu’il était chassé ils ne savaient où, « car ils étaient très frappés par la perception de sa piété ». Neal dit que toute la ville était en effervescence, qu’ils poussèrent le « cri de persécution », et « qu’il aurait emmené la plus grande partie des habitants de la ville si les ministres de Boston n’étaient intervenus ». Ceux-ci admonestèrent l’Église de Salem pour avoir sympathisé avec un homme chassé de la civilisation comme un criminel. Upham, l’historien minutieux de l’Église de Salem, dit : « Ils lui restèrent attachés longtemps et fidèlement, et le protégèrent de toutes les attaques.The illustrious hero himself thought that Cotton might have seen the matter in another light, 'had his soul been in my soul's case, exposed to the miseries, poverties, necessities, debts and hardships,' which he endured. The weak people of Salem also wept as if their hearts would break, that he was driven they knew not where, 'for they were much taken with the apprehension of his godliness.' Neal says, that the whole town was in an uproar, that they raised the 'cry of persecution,' and 'that he would have carried off the greater part of the inhabitants of the town, if the ministers of Boston had not interfered.' These admonished the Church at Salem for sympathizing with one who had been driven out of civilization as a felon. Upham, the careful historian of the Salem Church, says: 'They adhered to him long and faithfully, and sheltered him from all assaults.
Et lorsque enfin il fut condamné par la Cour générale au bannissement de la colonie à cause de ses principes, nous ne pouvons qu’admirer la fidélité de cette amitié qui poussa beaucoup de membres de sa congrégation à l’accompagner dans son exil et à partager son sort alors qu’il était un proscrit sur la terre. » Grâce à Salem, sa perte fut le gain du monde. Ce jour-là, du faible sortit la force, et de l’amer sortit la douceur. Bonne vieille cité puritaine de la sorcellerie et des gibets, de toi, comme jadis de [illisible], sortit un illustre exilé : le premier pour racheter les âmes des hommes ; l’autre pour donner à cinquante millions d’entre eux la liberté de l’âme. Les hommes n’eurent en vue que le mal dans les deux cas, mais Dieu fit tourner leurs desseins au bien. Son œil se posa sur ce voyageur errant dans le Nouveau Monde, et sa voix lui dit que faire et où aller.And when at last he was sentenced by the General Court to banishment from the colony on account of his principles, we cannot but admire the fidelity of that friendship which prompted many of his congregation to accompany him in his exile, and partake of his fortunes when an outcast upon the earth.' Thanks to Salem, its loss was the world's gain. That day, out of the weak came forth strength, and out of the bitter came forth sweetness. Good old Puritan city of witchcraft and halters, out of thee, as from [illegible] of old, went forth an illustrious exile: the first to redeem the souls of men, and the other to give fifty millions of them soul liberty. Men intended only evil in both cases, but God overruled their aims for good. His eye rested on this wanderer in the New World, and his voice told him what to do and where to go.
Nous suivons maintenant Roger Williams dans ces étendues sauvages où le loup, l’ours et la panthère rôdaient dans toute leur voracité. Des épreuves perpétuelles avaient donné aux tribus sauvages de cette région des corps compacts et robustes, capables de subsister des jours entiers avec une poignée de maïs. En dehors de cela, avec leur pêche et leur gibier, ils avaient peu de nourriture au cœur de l’hiver, ne connaissant pas les viandes salées, et souvent ils étaient durement pressés par la faim. Autant qu’on puisse le savoir, Williams entra dans le désert sans arme, ni arc ni flèche, ni lance ni massue, ni hachette ni fusil, pour chasser l’oiseau ou la bête, et toute racine comestible était gelée dans le sol et ensevelie sous la neige. Cet hiver-là fut singulièrement rigoureux, et il en ressentit la dure sévérité. Il semble avoir hanté son esprit en 1652, lorsqu’il dédia son « Ministère mercenaire » à Charles II, dans l’épître duquel il appelle la Nouvelle-Angleterre « un désert misérable, froid et hurlant ». Sans pain ni lit pendant quatorze semaines, et premier homme blanc à avoir erré dans ces dédales, il se considérait comme pris en charge par Dieu aussi miraculeusement qu’Élie, et il chanta ce chant dans son pèlerinage désolé :We now follow Roger Williams into those wild tracts of nature where the wolf, the bear and the panther roamed in all their voracity. Perpetual hardships had given the wild tribes of that region compact and well-knit bodies, which could subsist for days on a handful of corn. Aside from this, with their fish and game, they had little food in the depth of winter, knowing nothing of salted meats, and often they were sorely pinched with hunger. So far as appears, Williams entered the desert without a weapon, bow or arrow, spear or club, hatchet or gun, to hunt for bird or beast, and every esculent root was frozen in the ground and buried in the snow. That winter was signally bitter and he felt its keen severity. It seems to have haunted his mind in 1652, when he dedicated his 'Hireling Ministry' to Charles II., in the epistle to which, he calls New England a 'miserable, cold, howling wilderness.' Without bread or bed for fourteen weeks, and the first white man who had ever wandered in those mazes, he regarded himself cared for of God as miraculously as was Elijah, and he sang this song in his desolate pilgrimage:
« La providence de Dieu est riche pour les siens ; / que nul ne se défie ; / au désert, en grande détresse, / ces corbeaux m’ont nourri. »'God's Providence is rich to his, / Let none distrustful be; / In wilderness, in great distress, / These ravens have fed me.'
Les barbares au teint bronzé dont il traversait les terres étaient superstitieux, féroces et souvent perfides. Il n’aurait pas été en sûreté une heure si ses actes de bonté envers eux n’avaient été divulgués parmi leurs tribus. Lorsqu’il était à Plymouth, il était allé parmi eux, avait visité leurs wigwams, appris leur langue et leur avait prêché la bonne nouvelle du royaume ; et maintenant son amour gouvernait l’élément sauvage de leurs cœurs, alors qu’il n’avait aucun pouvoir sur les violentes tempêtes de l’hiver. Il connaissait leurs chefs ou sachems, et en arrivant à leurs établissements de la baie de Narragansett, ses souffrances touchèrent le cœur sauvage. Ils se souvinrent de sa bonté passée, l’accueillirent selon l’hospitalité indienne, et Massasoit le reçut dans sa cabane comme il l’aurait fait d’un frère. Là, il acheta une parcelle de terre, dressa sa tente, et au début du printemps commença à planter et à bâtir sur la rive orientale de la rivière Seekonk.The bronzed barbarians through whose lands he passed were superstitious, ferocious and often treacherous. He would not have been safe for an hour, had not his kind acts toward them been noised through their tribes. While at Plymouth he had gone forth amongst them, had visited their wigwams, learned their language, preached to them the good news of the kingdom; and now his love governed the wild element in their bosoms when he had no power over fierce winter storms. He knew their chiefs or sachems, and on reaching their settlements on Narragansett Bay, his sufferings touched the savage heart. They remembered his former kindness, welcomed him to Indian hospitality, and Massasoit took him to his cabin as he would a brother. Here he bought a tract of land, pitched his tent, and with the opening spring began to plant and build on the east bank of the Seekonk River.
Aussitôt cependant, il reçut une lettre amicale de Winslow, gouverneur de Plymouth, lui conseillant de traverser la rivière et de s’enfoncer plus loin dans le désert, car il était trop près de la limite de cette colonie. Recherchant et poursuivant la paix, lui et ses compagnons prirent un canot, s’élancèrent dans le courant et descendirent jusqu’à une petite anse près d’India Point, où un groupe d’Indiens les salua d’une formule amicale qu’ils avaient apprise des Anglais : « What cheer ? » Ils s’y arrêtèrent un temps, mais continuèrent en contournant la pointe jusqu’à l’embouchure de la rivière Moshassuck, où une délicieuse source les invita à débarquer. Cherchant un lieu de repos dans l’épaisse forêt, où bêtes sauvages et sauvages les séparaient de leurs frères chrétiens, et où ils étaient assez loin des chrétiens persécuteurs pour donner au christianisme sa juste chance, ils foulèrent une terre sainte.Immediately, however, he received a friendly letter from Winslow, Governor of Plymouth, advising him to cross the river and push farther into the wilderness, as he was too near the boundary line of that colony. Seeking and pursuing peace, he and his companions took a canoe, shot into the stream and made their way down to a little cove near India Point, when a company of Indians hailed them with a friendly salutation which they had caught from the English: 'What cheer?' There they tarried for a time, but kept on round the Point to the mouth of the Moshassuck River, where a delicious spring of water invited them to land. Casting around for a resting-place in the dense forest, where wild beasts and savages hemmed them in from their Christian brethren, and where they were far enough from persecuting Christians to give Christianity fair play, they stood on holy ground.
Sous un lumineux ciel de juin, avec autour d’eux un sol que n’avait pas souillé le pied de l’oppression et une source vierge riant à leurs pieds, pour la première fois de leur vie « leurs cœurs se gonflèrent, pleinement libres d’adorer Dieu ». Là, il dit de ses durs frères : « J’avais le pays devant moi, je pouvais être aussi libre qu’eux, et nous serions des voisins qui s’aiment. » Il y éleva un autel et appela ce lieu Providence, car, disait-il, « Dieu a été miséricordieux envers moi dans ma détresse ». Là, il acheta des terres aux Indiens pour les plantations de Providence, et en juin 1636 il posa la première pierre de la ville et de l’État les plus libres de la terre ; une république de vraie liberté, mémorial perpétuel du Doigt invisible qui désigna ce lieu sacré. Jusqu’à ce jour, ce ruisseau vierge ne s’est mêlé à aucune larme arrachée aux yeux par la cruauté chrétienne, et le despotisme religieux n’y a encore fait couler aucune goutte de sang des veines des élus de Dieu.Under a bright June sky, with a soil around them which was unpolluted by the foot of oppression and a virgin fountain laughing at their feet, for the first time in life 'their bosoms swelled full free to worship God.' There he said of his harsh brethren: 'I had the country before me, and might be as free as themselves, and we should be loving neighbors together.' He built an altar there, and called the name of that place Providence; for he said, 'God has been merciful to me in my distress.' There he bought land of the Indians for the Providence plantations, and in June, 1636, laid the foundation-stone of the freest city and State on earth; a republic of true liberty, a perpetual memorial to the unseen Finger that pointed out the hallowed spot. To this day that virgin stream remains unmingled with a tear drawn from the eye by Christian cruelty, nor has religious despotism yet forced a drop of blood there from the veins of God's elect.
Le premier souci de son illustre fondateur fut que ce nouveau foyer fût un abri « pour les personnes affligées à cause de leur conscience ». Le pacte rédigé se lit ainsi : « Nous, dont les noms sont inscrits ci-dessous, désirant habiter dans la ville de Providence, promettons de nous soumettre, par une obéissance active et passive, à tous les ordres ou décisions qui seront pris pour le bien public du corps de manière ordonnée, par le consentement majoritaire des habitants actuels, chefs de famille, réunis en commune, et de tels autres qu’ils y admettront, seulement dans les choses civiles. » Nous trouvons ici le premier germe de cette grande doctrine moderne qu’il proclama plus tard dans son « Dogme sanglant » en ces termes : « Le pouvoir souverain de toute autorité civile est fondé sur le consentement du peuple. » De plus, ce simple pacte balaie d’un coup toute allégation selon laquelle il aurait été banni pour des torts civils et les aspects religieux de son cas n’auraient été qu’une idée après coup.The first concern of its illustrious founder was, that this new home should be a shelter 'to persons distressed for conscience.' The compact drawn reads thus: 'We whose names are here underwritten, being desirous to inhabit in the town of Providence, do promise to submit ourselves in active and passive obedience, to all such orders or agencies as shall be made for public good of the body in an orderly way, by the major consent of the present inhabitants, masters of families, incorporated together into a township, and such others whom they shall admit into the same, only in civil things.' Here we find the first germ of that great modern doctrine which he afterward avowed in his 'Bloody Tenet' in these words: 'The sovereign power of all civil authority is founded in the consent of the people.' Also, this simple compact sweeps away at a stroke every allegation that he was banished for civil wrongs, and that the religious aspects of his case were an after-thought.
Ceux qui font cette allégation sont tenus, par respect d’eux-mêmes autant que par justice historique, de montrer sur quel [illisible] de motivation humaine Williams, exilé pour faction et sédition, aurait d’abord exigé, en organisant un nouveau gouvernement, la garantie que nul homme sous ce gouvernement ne serait jamais « inquiété pour sa conscience ». Comment les antécédents d’un tel crime présumé se manifesteraient-ils dans une telle conséquence ? Non ; ici comme ailleurs, la nature humaine resta fidèle à elle-même. Ce qui lui avait été cruellement refusé au Massachusetts, et pour quoi il avait souffert la perte de toutes choses, devait maintenant être assuré à tout prix. Chacun se réserva les droits de la conscience, auxquels aucun nombre de la partie « majoritaire » ne pouvait toucher, et cela devint aussitôt un droit inaliénable ; tout le reste, « dans les choses civiles », pouvait être risqué comme de moindre conséquence. Nous avons déjà vu que, depuis les baptistes suisses de 1527, les baptistes hollandais, la « Confession » de 1611 et d’autres, cette doctrine était partie faire son œuvre et avait été un principe cardinal de tous les baptistes.Those who make that allegation are bound by self-respect as well as historic justice to show on what [illegible] of human motive Williams, exiled for faction and sedition, should, in organizing a new government, first exact the bond that no man under that government should ever be 'molested for his conscience.' How do the antecedents of such alleged crime express themselves in such a sequence? No; here, as elsewhere, human nature was true to itself. That which had been cruelly denied in Massachusetts, for which he had suffered the loss of all things, should now be secured at all hazards. Each man reserved to himself the rights of conscience, which no number of the 'major' part might touch, and that at once was made an inalienable right; all else 'in civil things' could be risked as of minor consequence. We have already seen that from the Swiss Baptists of 1527, the Dutch Baptists, the 'Confession' of 1611 and others, this doctrine had gone forth to do its work and had been a cardinal principle with all Baptists.
Nous avons vu aussi que Guillaume d’Orange fut le premier des gouvernants des anciens régimes à l’inscrire dans une constitution existante ; mais l’honneur était réservé à Roger Williams d’en faire la pierre de fondation sur laquelle devait reposer le gouvernement humain, car la conscience est la puissance souveraine à laquelle toute obligation fait appel dans l’homme individuel. Cela valut, de la part de Bancroft, notre grand historien, ce mémorable jugement dont se sont moqués comme d’une « rhétorique » des hommes indignes de délier la courroie de sa sandale, mais que, en chroniqueur honnête, il ne pouvait refuser de rendre au sujet de Roger Williams : « Il fut la première personne de la chrétienté moderne à affirmer dans sa plénitude la doctrine de la liberté de conscience, l’égalité des opinions devant la loi. . . . Williams ne voulait permettre la persécution d’aucune opinion, d’aucune religion, laissant l’hérésie sans dommage de la part de la loi et l’orthodoxie sans la protection des terreurs des lois pénales. . . .Also, that William of Orange was the first of rulers in the old governments who embodied it in an existing constitution; but the honor was reserved for Roger Williams of making it the foundation-stone on which human government should stand; because conscience is the regnant power to which all obligation appeals in the individual man. This demanded from Bancroft, our great historian, that memorable utterance which has been sneered at as 'rhetoric,' by men who are unworthy to untie the latchet of his shoe, although as an honest chronicler he could not withhold this testimony concerning Roger Williams: 'He was the first person in modern Christendom to assert in its plenitude the doctrine of the liberty of conscience, the equality of opinions before the law. . . . Williams would permit persecution of no opinion, no religion, leaving heresy unharmed by law, and orthodoxy unprotected by the terrors of penal statutes. . . .
Nous louons l’homme qui le premier analysa l’air, ou décomposa l’eau en ses éléments, ou tira la foudre des nuages, même si ces découvertes ont pu être autant le fruit du temps que du génie. Un principe moral a une influence bien plus vaste et plus proche sur le bonheur humain ; et aucune découverte de la vérité ne peut être d’un bienfait plus direct pour la société que celle qui établit une paix religieuse perpétuelle et répand la tranquillité dans toute communauté et dans tout cœur. Si Copernic est tenu en perpétuelle vénération parce que, sur son lit de mort, il publia au monde que le soleil est le centre de notre système ; si le nom de Kepler est conservé dans les annales de l’excellence humaine pour la sagacité avec laquelle il découvrit les lois des mouvements planétaires ; si le génie de Newton a été presque adoré pour avoir disséqué un rayon de lumière et pesé les corps célestes dans une balance, qu’il y ait pour le nom de Roger Williams au moins quelque humble place parmi ceux qui ont fait progresser la science morale et se sont faits les bienfaiteurs de l’humanité. »We praise the man who first analyzed the air, or resolved water into its elements, or drew the lightning from the clouds, even though the discoveries may have been as much the fruits of time as of genius. A moral principle has a much wider and nearer influence on human happiness; nor can any discovery of truth be of more direct benefit to society, than that which establishes a perpetual religious peace, and spreads tranquillity through every community and every bosom. If Copernicus is held in perpetual reverence, because, on his death-bed, he published to the world that the sun is the center of our system; if the name of Kepler is preserved in the annals of human excellence for his sagacity in detecting the laws of the planetary motions; if the genius of Newton has been almost adored for dissecting a ray of light and weighing heavenly bodies in a balance — let there be for the name of Roger Williams at least some humble place among those who have advanced moral science and made themselves the benefactors of mankind.'
En 1872, le Congrès des États-Unis avait placé un mémorial de Roger Williams au Capitole national, et le sénateur Anthony prononça le 9 janvier un éloge d’une grande justesse et d’une grande beauté, dans lequel il rendit l’hommage suivant à l’immortel défenseur de la liberté de l’âme : « Dans toute notre histoire, aucun nom ne brille d’une lumière plus pure que celui de l’homme dont nous avons récemment placé le mémorial au Capitole. Dans l’histoire du monde entier, il n’y a pas d’exemple plus frappant d’un homme saisissant d’un seul coup une grande idée dans toutes ses proportions, dans toute sa plénitude, et la menant sans fléchir jusqu’à ses conséquences légitimes les plus lointaines. Roger Williams n’a pas seulement posé les fondements de la liberté religieuse : il a construit tout l’édifice, dans toute sa force imprenable et dans toute sa beauté impérissable. Ceux qui l’ont suivi dans le même esprit n’ont rien pu ajouter aux grandes et simples paroles par lesquelles il énonça le principe, ni le surpasser dans la fidélité exacte avec laquelle il le traduisit dans la pratique du gouvernement.In 1872 the Congress of the United States had placed a memorial of Roger Williams in the National Capitol, and Senator Anthony, January 9, delivered a eulogy of great justice and beauty, in which he paid the following tribute to the immortal defender of soul liberty: 'In all our history no name shines with a purer light than his whose memorial we have lately placed in the Capitol. In the history of all the world there is no more striking example of a man grasping a grand idea, at once, in its full proportions, in all its completeness, and carrying it out, unflinchingly, to its remotest legitimate results. Roger Williams did not merely lay the foundations of religious freedom; he constructed the whole edifice, in all its impregnable strength, and in all its imperishable beauty. Those who have followed him in the same spirit have not been able to add any thing to the grand and simple words in which he enunciated the principle, nor to surpass him in the exact fidelity with which he reduced it to the practical business of government.
La liberté religieuse, qui aujourd’hui, d’un consentement général, sous-tend les principes fondamentaux du gouvernement civilisé, était considérée à cette époque comme une théorie plus extravagante que toute proposition morale, politique ou religieuse qui ait depuis occupé l’attention sérieuse de l’humanité. On la jugeait impraticable, désorganisatrice, impie, et si elle n’était pas absolument subversive de l’ordre social, c’était seulement parce que son absurdité manifeste empêcherait tout effort sérieux pour la mettre en œuvre. Le moindre châtiment jugé dû à celui qui la professait était de le chasser dans le désert hurlant. S’il n’avait pas trouvé auprès des enfants sauvages de la forêt un traitement plus chrétien que celui qu’il avait reçu de “l’oint du Seigneur”, il aurait péri au début de son expérience. . . . Tel était Roger Williams. Aucune pensée de lui-même, aucune idée de récompense ou de louange ne vint ternir la parfaite pureté de ses motifs, le parfait désintéressement de sa conduite.Religious freedom, which now, by general consent, underlies the foundation principles of civilized government, was, at that time, looked upon as a wilder theory than any proposition, moral, political, or religious, that has since engaged the serious attention of mankind. It was regarded as impracticable, disorganizing, impious, and, if not utterly subversive of social order, it was not so only because its manifest absurdity would prevent any serious effort to enforce it. The lightest punishment deemed due to its confessor was to drive him out into the howling wilderness. Had he not met with more Christian treatment from the savage children of the forest than he had found from "the Lord's anointed," he would have perished in the beginning of his experiment. . . Such a man was Roger Williams. No thought of himself, no idea of recompense or of praise, interfered to sully the perfect purity of his motives, the perfect disinterestedness of his conduct.
Travaillant pour le plus grand bien de ses semblables, il était entièrement indifférent à leurs louanges. Il savait (car Dieu, dont il était le prophète, le lui avait révélé) que le grand principe pour lequel il combattait et pour lequel il souffrait, fondé sur l’éternelle convenance des choses, durerait à jamais. Il ne se demandait pas si son nom survivrait une génération. Dans sa vision de l’avenir, il voyait l’humanité affranchie de l’esclavage du cléricalisme, de l’aveuglement du fanatisme, des cruautés de l’intolérance. Il voyait les nations s’avancer dans la liberté par laquelle le Christ les avait affranchies. » Pourtant, cette déclaration n’exprime rien de plus que la conviction générale du public américain. Récemment, un grand quotidien new-yorkais d’une influence considérable disait : « Les baptistes ont résolu un grand problème. Ils allient la conviction la plus résolue, la croyance la plus tenace en leurs propres doctrines particulières, à la plus admirable tolérance envers la foi des autres chrétiens.Laboring for the highest benefit of his fellow-men, he was entirely indifferent to their praises. He knew (for God, whose prophet he was, revealed it to him) that the great principle for which he contended, and for which he suffered, founded in the eternal fitness of things, would endure forever. He did not inquire if his name would survive a generation. In his vision of the future, he saw mankind emancipated from the thralldom of priestcraft, from the blindness of bigotry, from the cruelties of intolerance. He saw the nations walking forth in the liberty wherewith Christ had made them free.' Yet this statement expresses no more than the general conviction of the American public. Recently, a leading New York daily of weighty influence said: 'Baptists have solved a great problem. They combine the most resolute conviction, the most stubborn belief in their own special doctrines, with the most admirable tolerance of the faith of other Christians.
Et cette alliance d’une foi robuste et d’une tolérance gracieuse permet aisément de les reconnaître comme les disciples de Roger Williams. » En effet, les meilleurs penseurs d’Europe commencent à se rallier à ce sentiment. Il y a longtemps déjà, Gervinus, le profond penseur allemand, disait de Williams qu’il avait fondé « une société nouvelle au Rhode Island sur les principes d’une entière liberté de conscience et du pouvoir sans entraves de la majorité dans les affaires séculières, . . . principes qui non seulement s’y sont maintenus, mais se sont répandus dans toute l’Union, . . . ont donné des lois à un quart du globe, et, redoutés pour leur influence morale, se tiennent à l’arrière-plan de toute lutte démocratique en Europe ». Williams avait devant lui le choix entre une hostilité directe entre l’Église et l’État, comme aux jours païens du christianisme primitif ; une alliance entre eux, comme au temps de Constantin ; une suprématie de l’Église sur l’État, comme au Moyen Âge ; ou une entière indépendance de l’un envers l’autre, sincère, amicale et utile au bien commun.And this combination of sturdy faith with graceful tolerance makes it easy to recognize them as the followers of Roger Williams.' Indeed, the best thinkers in Europe begin to unite in this sentiment. Long since Gervinus, the profound German, said of Williams, that he founded 'a new society in Rhode Island upon the principles of entire liberty of conscience and the uncontrolled power of the majority in secular concerns, . . . which principles have not only maintained themselves here, but have spread over the whole Union, . . . and given laws to one quarter of the globe, and, dreaded for their moral influence, they stand in the background of every democratic struggle in Europe.' Williams had the choice before him of direct hostility between the Church and State, as in the pagan days of early Christianity; an alliance between them, as in Constantine's day; a supremacy of the Church over the State, as in the Middle Ages: or entire independence of each other, earnest, friendly, helpful in the common weal.
Cavour souhaitait « des Églises libres dans un État libre », ayant emprunté l’idéal de Roger Williams. Les premiers publicistes de notre temps sont les plus prompts à reconnaître à lui et à ses collaborateurs le mérite d’avoir lié la liberté à la loi et d’avoir prouvé qu’une religion volontaire est l’ennemie déclarée de la licence d’une part et de la tyrannie de l’autre, lorsque l’une et l’autre exercent leur vie libre indépendamment l’une de l’autre. Il exposa pleinement ce point, non seulement dans ses aspects pratiques, mais il le définit et le défendit sans équivoque dans ses ouvrages. Étant à Londres, en 1644, il publia son « Dogme sanglant de la persécution pour cause de conscience » ; en 1647, John Cotton répondit par son « Dogme sanglant lavé et blanchi » ; et Williams répliqua par son « Dogme sanglant plus sanglant encore », en 1652. Williams soutint d’un bout à l’autre la large position selon laquelle nul homme ne peut être tenu responsable envers son semblable de sa croyance religieuse.Cavour wished for 'Free Churches in a free State,' having borrowed the ideal of Roger Williams. The first publicists of our age are the most ready to credit him and his coadjutors with linking liberty to law, and with proving that a voluntary religion is the determined foe of license on the one hand and of tyranny on the other, when they exercise their free life independently of each other. This point he set forth fully not only in its practical bearings, but he defined and defended it unmistakably in his works. When in London, in 1644, he published his 'Bloody Tenet of Persecution for Cause of Conscience;' in 1647 John Cotton replied in his 'Bloody Tenet Washed and Made White;' and Williams rejoined in his 'Bloody Tenet yet more Bloody,' in 1652. Williams took the broad ground throughout that no man can be held responsible to his fellow-man for his religious belief.
Cotton tenta de prendre une position nouvelle, mais échoua et dut se replier sur l’ancienne position catholique. Il niait le droit de persécuter les hommes pour une « conscience droitement éclairée ». Mais si la conscience d’un homme est « erronée et aveugle dans des matières fondamentales et graves », alors le magistrat peut l’admonester à ce sujet ; et s’il demeure « volontairement aveugle et criminellement obstiné », alors le magistrat peut le punir. Cela fait du pouvoir civil le seul juge de l’erreur fondamentale, de l’aveuglement volontaire et de l’obstination coupable, et couvre tout ce que les pouvoirs catholiques ont jamais revendiqué en la matière. Lorsque les principes de Williams furent déformés et qu’on l’accusa de soutenir l’anarchie au détriment du gouvernement civil, il écrivit sur la question sa lettre immortelle, que l’on a qualifiée de « classique » et qui ne périra guère avant des siècles. Il y disait entre autres : « Il part en mer plus d’un navire portant plusieurs centaines d’âmes, dont le bonheur ou le malheur est commun, et qui est une véritable image d’une république, ou d’une association ou société humaine.Cotton attempted to take new ground, but failed, and was obliged to fall back upon the old Catholic view. He denied the right to persecute men for 'conscience rightly informed.' But if a man's conscience is 'erroneous and blind in fundamental and weighty matters,' then the magistrate may admonish him on the subject; and if he remains 'willfully blind and criminally obstinate,' then the magistrate may punish him. This makes the civil power the sole judge of fundamental error, willful blindness and cruel obstinacy, and covers all that the Catholic powers ever claimed on the subject. When the principles of Williams were distorted and he was charged with sustaining anarchy to the destruction of civil government, he wrote his immortal letter on the question, which has been denominated a 'classic,' and will scarcely perish for ages. Amongst other things he said: 'There goes many a ship to sea, with many hundred souls on one ship, whose weal or woe is common, and is a true picture of a commonwealth, or a human combination or society.
Il est arrivé parfois que papistes et protestants, juifs et Turcs, se trouvent embarqués sur un même navire ; sur cette supposition, j’affirme que toute la liberté de conscience que j’ai jamais plaidée tourne sur ces deux gonds : qu’aucun des papistes, protestants, juifs ou Turcs ne soit forcé de venir aux prières ou au culte du navire, ni empêché de ses propres prières ou de son propre culte, s’il en pratique. J’ajoute encore que je n’ai jamais nié que, nonobstant cette liberté, le commandant de ce navire doive commander la route du navire, oui, et aussi ordonner que la justice, la paix et la sobriété soient gardées et pratiquées tant parmi les marins que parmi tous les passagers. Si l’un des marins refuse de faire son service, ou les passagers de payer leur passage ; si quelqu’un refuse de contribuer, de sa personne ou de sa bourse, aux charges ou à la défense communes ; si quelqu’un refuse d’obéir aux lois et à l’ordre communs du navire touchant leur paix ou leur conservation communes ; si quelqu’un se mutine et se soulève contre ses commandants et ses officiers ; si quelqu’un prêche ou écrit qu’il ne doit y avoir ni commandants ni officiers parce que tous sont égaux en Christ, et donc ni maîtres ni officiers, ni lois ni ordres, ni corrections ni châtiments ; je dis que je n’ai jamais nié qu’en de tels cas, quel que soit le prétexte, le ou les commandants puissent juger, résister, contraindre et punir de tels transgresseurs selon leurs fautes et leurs mérites.It hath fallen out sometimes that both Papists and Protestants, Jews and Turks, may be embarked in one ship; upon which supposal I affirm, that all the liberty of conscience, that ever I pleaded for, turns upon these two hinges: that none of the Papists, Protestants, Jews or Turks be forced to come to the ship's prayers or worship, nor compelled from their own particular prayers or worship if they practice any. I further add, that I never denied, that notwithstanding this liberty, the commander of this ship ought to command the ship's course, yea, and also command that justice, peace and sobriety be kept and practiced both among the seamen and all the passengers. If any of the seamen refuse to perform their service, or passengers to pay their freight; if any refuse to help, in person or purse, toward the common charges or defense; if any refuse to obey the common laws and order of the ship concerning their common peace or preservation; if any shall mutiny and rise up against their commanders and officers; if any should preach or write that there ought to be no commanders or officers because all are equal in Christ, therefore, no masters or officers, no laws or orders, no corrections or punishments; I say, I never denied, but in such cases, whatever is pretended, the commander or commanders may judge, resist, compel and punish such transgressors, according to their deserts and merits.
Ceci, s’il est considéré sérieusement et honnêtement, peut, s’il plaît au Père des lumières, faire entrer quelque lumière chez ceux qui ne ferment pas volontairement les yeux. » Il serait intéressant de suivre la suite de sa vie et de l’histoire du Rhode Island dans leur défense et leur application de la liberté de conscience, mais qu’il suffise de dire que, durant le reste de ses jours, Williams en demeura l’interprète et le défenseur fidèle. Il avait suivi ses convictions sur ce sujet des épiscopaliens aux congrégationalistes, de ceux-ci aux baptistes, et de ceux-ci aux chercheurs (Seekers). Dans ces changements, son caractère religieux personnel resta sans tache ; il « accordait à tous les autres la même large liberté qu’il prenait pour lui-même », il respectait leurs motifs et leurs convictions, et dans ses controverses avec eux ne laissa aucune trace d’aigreur. Ses services personnels envers toutes les colonies de Nouvelle-Angleterre, par d’habiles négociations avec les Indiens qui les sauvèrent deux fois d’une guerre générale qui aurait pu les exterminer, ne sauraient guère être surestimés.This, if seriously and honestly minded, may, if it please the Father of lights, let in some light to such as willingly shut not their eyes.' It would be interesting to trace the further history of his life and of Rhode Island in their defense and application of the liberty of conscience, but it must suffice to say, that during the rest of his days Williams remained its faithful exponent and defender. He had followed his convictions on that subject from the Episcopalians to the Congregationalists, from them to the Baptists, and from them to the Seekers. In these changes his personal religious character remained without a spot; he 'gave the same large liberty to all others which he took for himself,' he respected their motives and convictions, and in his controversies with them left no trace of acerbity. His personal services to all the New England colonies, by skillful negotiations with the Indians, which twice saved them from a general war that might have exterminated them, can hardly be overestimated.
Bancroft qualifie à juste titre ses efforts pour briser la ligue des Pequots d’« exploit des plus intrépides et des plus heureux, une action aussi périlleuse dans son exécution qu’heureuse dans son issue ». Le jeune lecteur sera reconnaissant d’un récit plus détaillé de ces faits, que l’on tente ici brièvement. À l’automne 1636, six mois seulement après la fuite de Williams dans le désert, il découvrit que les tribus indiennes formaient une ligue pour la destruction des Anglais, et il informa aussitôt du complot le gouverneur du Massachusetts afin de les sauver. Les passions étaient vives du côté de cette colonie comme du côté des Peaux-Rouges, et le gouvernement du Massachusetts lui demanda d’intervenir comme médiateur entre eux. Voici la prompte réponse de l’exilé : « Le Seigneur m’aida aussitôt à mettre ma vie dans ma main et, prévenant à peine ma femme, à m’embarquer seul dans un pauvre canot, et à affronter un vent de tempête, par une grosse mer, à chaque minute en danger de mort, jusqu’à la maison du sachem.Bancroft justly characterizes his exertions in breaking the Pequod league as 'a most intrepid and successful achievement, an action as perilous in its execution as it was fortunate in its issue.' The youthful reader will be grateful for a fuller detail of these facts, which is here attempted in brief. In the fall of 1636, only six months after the flight of Williams into the wilderness, he found that the Indian tribes were forming a league for the destruction of the English, and at once informed the Governor of Massachusetts of the plot in order to save them. Passion ran high on the part of that colony and on the part of the red men, and the Massachusetts government asked him to step in as mediator between them. This was the exile's prompt reply: 'The Lord helped me immediately to put my life into my hand, and, scarce acquainting my wife, to ship myself alone, in a poor canoe, and to cut through a stormy wind, with great seas, every minute in hazard of life, to the sachem's house.
Trois jours et trois nuits, ma mission m’obligea à loger et à frayer avec les sanguinaires ambassadeurs pequots, dont les mains et les bras, me semblait-il, sentaient le sang de mes compatriotes, assassinés et massacrés par eux sur le fleuve Connecticut, et de qui je ne pouvais m’empêcher d’attendre chaque nuit leurs couteaux sanglants sur ma propre gorge. Dieu me préserva merveilleusement et m’aida à mettre en pièces la négociation et le dessein des Pequots, et à conclure et achever, par de nombreux voyages et de nombreux frais, la ligue anglaise avec les Narragansetts et les Mohegans contre les Pequots. » Il en résulta un traité de paix durable, rédigé en anglais, langue que les Indiens ne pouvaient comprendre, et le Massachusetts en envoya une copie à Williams en le priant de le leur interpréter. Ainsi l’illustre exilé servit et sauva le pays d’où il avait été banni, alors que ses os souffraient encore des épreuves de son voyage, illustrant magnifiquement les paroles de son Maître, Luc 6.22, 23, 27, 28.Three days and nights my business forced me to lodge and mix with the bloody Pequod ambassadors, whose hands and arms, methought, reeked with the blood of my countrymen, murdered and massacred by them on Connecticut River, and from whom I could not but nightly look for their bloody knives at my own throat also. God wondrously preserved me, and helped me to break to pieces the Pequods' negotiation and design; and to make and finish, by many travels and charges, the English league with the Narragansetts and Mohegans against the Pequods.' This resulted in a lasting treaty of peace, which was written in English, which language the Indians could not understand, and a copy was sent by Massachusetts to Williams, with the request that he would interpret it to them. Thus, the illustrious exile served and saved the country from whence he was banished, while his bones were yet aching with the hardships of his journey, in beautiful illustration of his Master's words, Luke vi, 22, 23, 27, 28.
Avec la candeur d’un enfant, il raconte à Winthrop son entrevue avec Canonicus, le grand chef, dans l’intérêt du Massachusetts. Il dit de ce guerrier qu’il « était très aigri, et accusait les Anglais et moi-même de leur avoir envoyé la peste, et menaçait de me tuer tout particulièrement. Ces nouvelles, semble-t-il, lui avaient été récemment rapportées par quelques-uns de ses flatteurs et de nos malveillants. Je vis qu’il y avait lieu de me démener et je restai plus longtemps, et à la fin, par la miséricorde du Très-Haut, non seulement j’adoucis son esprit, mais je le persuadai que la peste et les autres maladies étaient uniquement dans la main du seul Dieu, qui l’a fait, lui et nous, lequel, mécontent des Anglais pour le mensonge, le vol, l’oisiveté et l’impureté, péchés endémiques des indigènes, a frappé plusieurs milliers d’entre nous-mêmes de mortalités générales et récentes ».With the artless simplicity of a child, he tells Winthrop of his interview with Canonicus, the great chief, in the interests of Massachusetts. He says of this warrior that he 'was very sour, and accused the English and myself for sending the plague amongst them, and threatening to kill me especially. Such tidings it seems were lately brought to his ears by some of his flatterers and our ill-willers. I discerned cause of bestirring myself and stayed the longer, and at last, through the mercy of the Most High, I not only sweetened his spirit, but possessed him, that the plague and other sicknesses were alone in the hand of the one God, who made him and us, who being displeased with the English for lying, stealing, idleness and uncleanness, the natives' epidemical sins, smote many thousands of us ourselves with general and late mortalities.'
Et comment le Massachusetts le traita-t-il, lorsqu’il amassa sur sa tête ces charbons ardents d’amour chrétien ? Voyons. Il se rendit en Angleterre pour obtenir une charte, obligé de prendre un navire depuis l’établissement hollandais, et lorsqu’il revint en 1644 avec l’acte qui donnait à son peuple un gouvernement indépendant, afin qu’il pût débarquer à Boston, plusieurs nobles et membres du Parlement lui remirent une aimable lettre le recommandant aux autorités du Massachusetts ; mais celles-ci le traitèrent rudement et comme s’il était encore un banni. Hubbard dit pour leur défense (p. 349) qu’« ils ne voyaient aucune raison de se condamner eux-mêmes pour leurs procédures antérieures contre M. Williams ; mais, pour les offices de l’amour chrétien et les devoirs de l’humanité, ils étaient disposés à entretenir avec lui une correspondance mutuelle. Quant à ses dangereux principes de séparation, à moins qu’on ne pût l’amener à y renoncer, ils ne voyaient aucune raison de lui accorder, à lui ou à quiconque partageait ses idées, la libre faculté d’entrer et de sortir, de peur que quelqu’un de leur peuple ne fût entraîné par ses principes erronés ».And how did Massachusetts treat him, when he heaped these glowing coals of Christian love on her head? Let us see. He went to England to procure a charter, being obliged to take a ship from the Dutch settlement, and when he returned, in 1644, with the instrument which gave his people an independent government, in order that he might land in Boston, several nobles and Parliament men gave him a gracious letter commending him to the authorities of Massachusetts, but they treated him rudely and as still a banished man. Hubbard says, in their defense (p. 349), that 'They saw no reason to condemn themselves for any former proceedings against Mr. Williams; but for any offices of Christian love and duties of humanity they were willing to maintain a mutual correspondence with him. But as to his dangerous principles of separation, unless he can be brought to lay them down, they see no reason why to concede to him, or any so persuaded, free liberty of ingress and egress lest any of their people should be drawn away from his erroneous principles.'
John Callender, « ce disciple que Jésus aimait », peut bien dire de lui à sa mâle manière : « M. Williams paraît, par tout le cours et toute la teneur de sa vie et de sa conduite ici, avoir été l’un des hommes les plus désintéressés qui aient jamais vécu, une âme très pieuse et toute tournée vers le ciel. » (Hist. Dis., p. 17.) Et ce jugement sur sa sagesse, sa grandeur d’âme et sa bonté est partagé partout par les grands esprits. Southey l’appela « le meilleur et le plus grand des Gallois », et l’archevêque Whately, qui vénérait sa mémoire comme celle d’un grand bienfaiteur de l’humanité, lui rendit un éloge bien mérité, car il ne corrompit jamais personne par la plume ou par la langue, mais consacra sa longue vie au bien de sa race. La date exacte de sa mort n’est pas connue ; ce fut au début de 1683, alors qu’il avait environ quatre-vingt-quatre ans, et il fut enterré avec tous les honneurs que la colonie pouvait lui rendre.Well may John Callender, 'that disciple whom Jesus loved,' say of him in his own manly manner: 'Mr. Williams appears, by the whole course and tenor of his life and conduct here, to have been one of the most disinterested men that ever lived, a most pious and heavenly-minded soul.' (Hist. Dis., p. 17.) And this judgment of his wisdom, magnanimity and goodness, is shared by the great everywhere. Southey called him the 'best and greatest of the Welshmen,' and Archbishop Whately, who venerated his memory as a great benefactor of mankind, paid him well-merited praise, for he never corrupted any man by pen or tongue, but devoted his long life to the blessing of his race. The exact date of his death is not known; it was early in 1683, when about eighty-four years of age, and he was buried with all the honors that the colony could show.
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Un monument de vingt-sept pieds de haut, couronné d’une statue de sept pieds et demi, fut érigé à sa mémoire en 1877 dans le parc Roger Williams, à Providence, mais comme portrait du grand apôtre il est purement idéal. Le Rhode Island a très saintement gardé le dépôt sacré confié à ses soins, car nul homme n’a jamais été persécuté dans cet État souverain pour ses opinions et ses pratiques religieuses depuis sa première fondation en 1636. Williams obtint la première charte en 1643-44, et le premier corps de lois fut rédigé sous son régime en 1647. Sous la législation municipale des diverses villes, nées avant que la charte fût accordée, une liberté religieuse absolue fut assurée à chaque habitant ; en 1647, à la fin des dispositions civiles prises sous cette charte, ces mots furent ajoutés : « Et, hormis ce qui est ici défendu, tous les hommes peuvent marcher selon que leur conscience les persuade, chacun au nom de son Dieu. Et que les agneaux du Très-Haut marchent dans cette colonie sans être inquiétés, au nom de l’Éternel leur Dieu, à jamais. »A monument, twenty-seven feet high, crowned by a statue seven and a half feet in height, was erected to his memory in 1877 in Roger Williams Park, Providence, but as a likeness of the great apostle it is purely ideal. Most sacredly has Rhode Island guarded the hallowed trust committed to her charge, for no man has ever been persecuted in that sovereignty for his religious opinions and practices from its first settlement in 1636. Williams obtained the first charter in 1643-44, and the first body of laws was drawn under it in 1647. Under the town legislation of the several towns, which had sprung up before the charter was granted, absolute religious liberty was secured to each inhabitant; in 1647, at the close of the civil enactments made under this charter, these words were added: 'And otherwise than this, what is herein forbidden, all men may walk as their consciences persuade them, every one in the name of his God. And let the lambs of the Most High walk in this colony without molestation in the name of Jehovah their God forever.'
Au début, toutes les fonctions du gouvernement étaient exercées par l’ensemble des citoyens réunis en assemblée communale. Deux délégués étaient choisis pour maintenir la paix, convoquer l’assemblée et exécuter ses décisions. Le même esprit animait les deux colonies de Rhode Island et des Plantations de Providence. En fait, la première déclaration de démocratie formulée en Amérique date de l’île de Rhode Island, le 16 mars 1641, lorsqu’« il fut ordonné et unanimement convenu que le gouvernement que ce corps politique maintient dans cette île et sa juridiction, en faveur de notre prince, est une démocratie, ou gouvernement populaire ; c’est-à-dire qu’il est au pouvoir du corps des hommes libres, régulièrement assemblés, ou de leur majorité, de faire ou d’établir des lois justes par lesquelles ils seront régis, et de députer parmi eux tels ministres qui les feront fidèlement exécuter d’homme à homme ». Et les dispositions suivantes y garantirent la liberté religieuse : « Il fut en outre ordonné, par l’autorité de la présente Cour, que nul ne soit tenu pour délinquant en raison de sa doctrine, pourvu qu’elle ne soit pas directement contraire au gouvernement ou aux lois établies. »At the first, all the functions of government were exercised by the whole body of citizens in town-meeting. Two deputies were chosen to preserve the peace, call the meeting and execute its decisions. The same spirit animated the two colonies of Rhode Island and Providence Plantations. In fact, the first declaration of democracy formulated in America dates from the island of Rhode Island, March 16, 1641, when 'It was ordered and unanimously agreed upon, that the government which this body politic doth attend unto in this island and the jurisdiction thereof, in favor of our prince, is a Democracy, or popular government; that is to say, it is in the power of the body of freemen, orderly assembled, or major part of them, to make or constitute just laws, by which they will be regulated, and to depute from among themselves such ministers as shall see them faithfully executed between man and man.' And the following acts secured religious liberty there: 'It was further ordered, by the authority of this present Court, that none be accounted a delinquent for doctrine, provided, it be not directly repugnant to the government or laws established.'
En septembre 1641, il fut ordonné « que cette loi de la dernière Cour, faite au sujet de la liberté de conscience en matière de doctrine, soit perpétuelle ». Il fut décrété à Providence en 1647 que, puisque « notre charte nous donne le pouvoir de nous gouverner nous-mêmes, ainsi que ceux qui viendront parmi nous, et par telle forme de gouvernement civil qui, par consentement volontaire, etc., sera jugée la plus convenable à notre état et à notre condition, il est convenu par la présente Assemblée ainsi constituée, et déclaré par le présent acte, que la forme de gouvernement établie dans les Plantations de Providence est démocratique ; c’est-à-dire un gouvernement tenu par le consentement libre et volontaire de tous les habitants libres ou de leur majorité ». À Providence, en mai 1638, un citoyen qui avait porté atteinte aux droits de conscience de sa femme en refusant de la laisser assister au culte public quand elle le désirait fut privé de ses droits civiques en ces termes : « Joshua Verin, pour violation du pacte en restreignant la liberté de conscience, se verra retirer le droit de vote jusqu’à ce qu’il déclare le contraire. »On September, 1641, it was ordered, 'That that law of the last Court, made concerning liberty of conscience in point of doctrine, be perpetuated.' It was decreed at Providence in 1647 that since 'our charter gives us power to govern ourselves, and such other as come among us, and by such a form of civil government as by the voluntary consent, etc., shall be found most suitable to our estate and condition; it is agreed by this present Assembly thus incorporate, and by this present act declared, that the form of government established in Providence Plantations is Democratical; that is to say, a government held by the free and voluntary consent of all or the greater part of the free inhabitants.' At Providence, May, 1638, a citizen who had molested the rights of his wife's conscience by refusing to let her attend public worship, when she desired to do so, was disfranchised, in these words: 'Joshua Verin, for breach of covenant in restraining liberty of conscience, shall be withheld the liberty of voting, till he declare the contrary.'
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En 1745 fut imprimée une révision ou compilation de toutes les lois de la colonie depuis sa première charte, que l’on appela la « Révision de 1745 ». Elle fait mention d’une loi qui aurait été adoptée en 1663-64, portant que « tous les hommes professant le christianisme, et d’un avoir suffisant et d’une conduite civile (les seuls catholiques romains exceptés), seront admis comme hommes libres, ou pourront élire ou être élus officiers de la colonie ». Cette prétendue loi est mentionnée par Chalmers, auteur anglais, dans ses « Annales politiques », Londres (1780). Le juge Samuel Eddy, homme d’un grand savoir et d’une véracité scrupuleuse, qui fut secrétaire d’État du Rhode Island de 1797 à 1819 et eut tous les registres à sa disposition, dit qu’il examina soigneusement toutes les lois de la colonie depuis la première charte (1643-44) jusqu’en 1719, et qu’« il n’y a pas un mot dans les registres de la loi mentionnée par Chalmers » et contenue dans la « Révision de 1745 » avant cette année-là.In 1745 there was printed a revision or compilation of all the laws of the colony since its first charter, which was called the 'Revision of 1745.' This makes reference to a law said to have been passed in 1663-64 to the effect, that 'All men professing Christianity, and of competent estates and civil conversation (Roman Catholics only excepted), shall be admitted freemen, or may choose or be chosen colonial officers.' This alleged act is referred to by Chalmers, an English author, in his 'Political Annals,' London (1780). Judge Samuel Eddy, a man of great learning and scrupulous veracity, who was Secretary of State in Rhode Island from 1797 to 1819, and had all the records at command, says that he carefully investigated all the laws of the colony from the first Charter (1643-44) to 1719 and that 'there is not a word on record of the act referred to by Chalmers' and contained in the 'Revision of 1745' prior to that year.
Il le démontre de façon concluante : 1. En citant la première charte, par laquelle la liberté est accordée aux colons de faire leurs propres lois, et l’adoption qui s’ensuivit en 1647 d’un corps de lois coloniales disposant que « tous les hommes peuvent marcher selon que leur conscience les persuade, chacun au nom de son Dieu ». 2. Il cite la seconde charte (1663), qui dispose que « nulle personne dans ladite colonie ne sera désormais, en aucun temps, de quelque manière que ce soit, inquiétée, punie, troublée ou mise en cause pour des différences d’opinion en matière de religion » ; qu’ils puissent « avoir et posséder librement et pleinement leurs propres jugements et leurs propres consciences dans les affaires religieuses ». 3. Il cite une déclaration de l’Assemblée, de mai 1665, selon laquelle « ce fut un principe proclamé et maintenu dans cette colonie depuis son commencement, et ils ont fort à cœur de procurer la même liberté à toutes les personnes de cette colonie, à jamais, quant au culte de Dieu en son sein ».This he shows conclusively: 1. By citing the First Charter, in which liberty is granted the colonists to make their own laws, and the consequent passage in 1647 of a body of colonial laws, providing that 'All men may walk as their consciences persuade them, every one in the name of his God.' 2. He cites the Second Charter (1663), which provides that 'No person within said colony at any time hereafter shall be any wise molested, punished, disquieted, or called in question for any differences in opinion in matters of religion;' that they may 'freely and fully have and enjoy their own judgments and consciences in matters of religious concernments.' 3. He cites an expression of the Assembly, of May, 1665, that 'It hath been a principle held forth and maintained in this colony from the beginning thereof, so it is much in their hearts to procure the same liberty to all persons within this colony forever as to the worship of God therein.'
Une loi militaire, adoptée en mai 1677, va dans le même sens. 4. En 1680, l’Assemblée déclara : « Nous laissons chaque homme marcher selon que Dieu persuadera leurs cœurs, et qu’ils rendent une obéissance active et passive au magistrat civil. » Le juge Eddy dit : « Vous avez ainsi la preuve positive et indubitable que la loi excluant les catholiques romains des privilèges des hommes libres ne fut pas adoptée en 1663-64, mais qu’à cette époque et longtemps après ils avaient droit à tous les privilèges des autres citoyens. » Il ajoute que « la recherche fut faite en vue particulièrement de cette loi excluant les catholiques romains des privilèges des hommes libres, et l’on ne trouve rien qui s’y rapporte, ni rien qui donne quelque préférence ou quelque privilège aux hommes d’un ensemble d’opinions religieuses sur ceux d’un autre, jusqu’à la Révision de 1745 ». Roger Williams fut membre de la Chambre haute en 1664 et en 1670-71, et de la Chambre basse en 1667, et mourut en 1683.A military law, passed May, 1677, is to the same effect. 4. In 1680, the Assembly said: 'We leave every man to walk as God shall persuade their hearts and do actively and passively yield obedience to the civil magistrate.' Judge Eddy says: 'Thus you have positive and indubitable evidence that the law excluding Roman Catholics from the privileges of freemen was not passed in 1663-64, but that at that time and long after they were entitled to all the privileges of other citizens.' He adds, that 'the search was had with a particular view to this law excluding Roman Catholics from the privileges of freemen, and can find nothing that has any reference to it, nor any thing that gives any preference or privileges to men of one set of religious opinions over those of another till the Revision of 1745.' Roger Williams was a member of the Upper House, 1664, 1670-71, and of the Lower House in 1667, and died 1683.
Eddy dit : « Qu’une telle loi ait pu être adoptée du vivant des premiers colons est à peine croyable », et que l’affirmation de la Révision de 1745 est manifestement une erreur. Ce n’est que vingt ans après la nomination du Comité de révision que son rapport fut imprimé, en 1745, la colonie n’ayant pas d’imprimerie avant cette année-là, ni de journal avant 1758. L’existence de cette loi contre les catholiques en 1745 ne prouve pas nécessairement qu’elle ait été adoptée à cette époque, mais Eddy montre bien qu’elle dut être promulguée entre 1719 et 1745, la Révision étant le seul document où figure la loi. L’année exacte de son adoption n’apparaît nulle part, mais elle existait comme loi non abrogée en 1745, parmi les lois alors [illisible] imprimées officiellement par la colonie, tandis qu’Eddy prouve que la date de 1663-64 est manifestement une erreur.Eddy says: 'That such a law could have been passed in the life-time of the first settlers is hardly credible,' and that the statement in the Revision of 1745 is plainly an error. It was twenty years after the appointment of the Committee on Revision that their report was printed, 1745, there being no printing-press in the colony till that year, and no newspaper till 1758. The existence of this law against Catholics in 1745 does not necessarily show that the law was passed at that time, but Eddy does show that it must have been enacted between 1719 and 1745, the Revision being the only record of the law. Exactly in what year it passed does not anywhere appear, but it existed as an unrepealed statute in 1745, amongst the laws then [illegible] officially printed by the colony, while Eddy proves that the date 1663-64 is plainly a mistake.
La réputation universelle du Rhode Island, dans les colonies voisines, pour la plus large liberté en matière de religion est bien confirmée par ces lois, qui démentent complètement que quiconque y ait été persécuté pour cette raison, et moins encore les catholiques romains. Cotton Mather dit qu’il n’y avait pas de catholiques romains dans la colonie en 1695, et Chalmers dit la même chose de 1680. Puisque donc cette clause anticatholique entre parenthèses ne se trouve dans aucune loi manuscrite de la colonie, ni avant ni après 1663-64, et tant qu’aucune date ne peut être fixée pour sa promulgation, il s’ensuit la présomption raisonnable qu’il s’agit d’une interpolation. Cette présomption est encore renforcée par les faits supplémentaires que, bien que « tous les hommes » eussent depuis la fondation de la colonie marché « selon que leur conscience les persuadait », pendant vingt-sept ans aucun catholique romain n’était venu dans la colonie, ni n’avait été averti qu’il ne pouvait pas venir, et qu’aucun catholique ne s’y est jamais vu refuser ses pleins droits jusqu’à ce jour.The universal reputation of Rhode Island in the neighboring colonies for the largest freedom in religion, is well sustained by these laws, which completely deny that any were persecuted therefor, much less Roman Catholics. Cotton Mather says, that there were no Roman Catholics in the colony in 1695, and Chalmers says the same of 1680. Seeing, then, that this anti-Catholic, parenthetic clause is not to be found in any manuscript law of the colony either before 1663-64, or after, and so long as no date can be fixed upon for its enactment, the fair presumption follows that it is an interpolation. This presumption is strengthened also by the additional facts, that although 'all men' had from the founding of the colony walked 'as their consciences persuade' them, yet, for twenty-seven years no Roman Catholic had come to the colony, or been notified that he could not come, nor has any Catholic ever been refused his full rights there to this day.
La loi du 10 mai 1647 prévoyait expressément la liberté pour tous de marcher sans être inquiétés au nom de leur Dieu, et pourtant, selon Chalmers, il fallut trente-trois ans après cette loi, c’est-à-dire jusqu’en 1680, pour qu’un catholique se prévalût de cette liberté. Il n’y avait donc rien en 1663-64 qui appelât l’insertion législative d’une telle clause, changeant la loi par rapport à ce qu’elle avait été depuis la fondation de la colonie. L’opinion générale des meilleurs historiens du Rhode Island est qu’elle fut introduite dans un recueil mêlé et irrégulier des lois de cette colonie, paru en Angleterre, par quelque personne craintive qui redoutait que les protestants anglais ne se plaignent que le Rhode Island accordait trop de liberté aux catholiques, et que pour cette raison sa charte ne fût révoquée ; c’est pourquoi elle se risqua à faire l’interpolation pour éviter des difficultés.The law of May 10th, 1647, made express provision for the liberty of all to walk unmolested in the name of his God, and yet, according to Chalmers, it was thirty-three years after that enactment, namely, in 1680, before any Catholic availed himself of this freedom. So, then, there was nothing in 1663-64 to call for the legislative insertion of such a clause changing the law from what it had been since the founding of the colony. The general supposition of the best historians of Rhode Island is, that it was introduced into a mixed and irregular digest of the laws of that colony, which appeared in England, by some timid person, who feared that the English Protestants would complain that Rhode Island gave too much liberty to Catholics, and so that her charter would be revoked; hence, he ventured to make the interpolation to save difficulty.
En 1678, l’Angleterre fut jetée dans une intense agitation par la croyance générale en un « complot papiste » pour assassiner Guillaume III. L’idée populaire était que les protestants allaient être livrés à une Saint-Barthélemy britannique ; le duc d’York, catholique fanatique, devait usurper le trône, et tous étaient prêts pour une sanglante guerre civile. Quelque ami du Rhode Island a pu partager cette panique, mais il n’y a pas la moindre preuve que ses législateurs l’aient partagée, d’autant qu’ils abrogèrent la clause introduite en fraude dès qu’ils la découvrirent. Ce qui suit [illisible] la loi en 1798 : « Attendu qu’un objet principal de nos vénérables ancêtres, dans leur migration en ce pays et leur établissement dans cet État, fut, comme ils l’exprimaient, de présenter une expérience vivante qu’un État civil très florissant peut subsister et être le mieux maintenu avec une pleine liberté dans les affaires religieuses ; qu’il soit donc décrété par l’Assemblée générale, et par son autorité il est décrété, que nul ne sera contraint de fréquenter ou de soutenir aucun culte, lieu ou ministère religieux quel qu’il soit, ni ne sera forcé, entravé ou grevé dans sa personne ou dans ses biens, ni ne souffrira d’aucune autre manière à cause de ses opinions ou de ses croyances religieuses, mais que tous les hommes seront libres de professer et de défendre par l’argumentation leurs opinions en matière de religion, et que cela ne diminuera, n’augmentera ni n’affectera en rien leurs capacités civiles. » Tout cet exposé juridique se trouve dans l’« Appeal » de Robert Walsh, un in-octavo publié à Philadelphie en 1819, p. 429-435.In 1678 England was thrown into an intense excitement by the general belief in a 'Popish plot' for the assassination of William III. The popular idea was that the Protestants were to be given over to a British St. Bartholomew; the Duke of York, a bigoted Catholic, was to usurp the throne, and all were ready for a bloody civil war. Some friend of Rhode Island may have shared in this panic, but there is not the slightest evidence that its legislators did, especially as they repealed the smuggled clause on discovery. The following [illegible] the law in 1798: 'Whereas a principal object of our venerable ancestors, in their migration to this country and settlement in this State, was, as they expressed it, to hold forth a lively experiment, that a most flourishing civil State may stand and be best maintained with a full liberty in religious concernments; Be it therefore enacted by the General Assembly, and by the authority thereof it is enacted, that no man shall be compelled to frequent or support any religious worship, place or ministry whatsoever, nor shall he be enforced, restrained or burdened in his body or goods, nor shall otherwise suffer on account of his religious opinions or belief, but that all men shall be free to profess and by argument to maintain their opinions in matters of religion, and that the same shall in nowise diminish, enlarge or affect their civil capacities.' This whole legal presentation is found in Robert Walsh's 'Appeal,' an octavo, published in Philadelphia, 1819, pp. 429-435.
Il faut mentionner ici la liberté religieuse des Juifs au Rhode Island. Au début du dix-septième siècle, la Hollande était le seul pays où ils jouissaient de ce bienfait. Leur plus grande communauté européenne se trouvait à Amsterdam, ainsi que leur Talmud Torah, ou école pour la jeunesse hébraïque. Leonard Busher présenta le premier plaidoyer pour leur liberté en Angleterre, en 1614, disant : « Qu’il plaise au roi et au Parlement de permettre tous les chrétiens, oui, et les Juifs, les Turcs et les païens, aussi longtemps qu’ils sont paisibles et ne sont pas des malfaiteurs. » Un second plaidoyer fut présenté par Roger Williams dans trois passages de son « Dogme sanglant », publié à Londres en 1644, dont l’un se lit ainsi, les autres étant de même teneur : « C’est la volonté et le commandement de Dieu que, depuis la venue de son Fils, le Seigneur Jésus, la permission des consciences et des cultes les plus païens, juifs, turcs ou antichrétiens soit accordée aux hommes dans toutes les nations et dans tous les pays. . . .Religious liberty for Jews in Rhode Island must be referred to here. At the opening of the seventeenth century, Holland was the only country where they enjoyed this blessing. Their largest European congregation was in Amsterdam, also their Talmud Tora, or school for Hebrew youth. Leonard Busher made the first plea for their liberty in England, in 1614, saying: 'The king and Parliament may please to permit all Christians, yea, Jews, Turks and pagans, so long as they are peaceable and no malefactors.' A second plea was made by Roger Williams, in three passages of his 'Bloody Tenet,' published in London, 1644, one of which reads thus, and the others are of the same tenor: 'It is the will and command of God, that since the coming of his Son, the Lord Jesus, a permission of the most paganish, Jewish, Turkish or antichristian consciences and worships, be granted to men in all nations and countries. . . .
Que les États civils, avec leurs officiers de justice, ne sont ni les gouverneurs ni les défenseurs de l’état et du culte spirituels et chrétiens. » Les docteurs Featley, Baillie et d’autres l’accusèrent du plus scandaleux blasphème pour cette doctrine, et l’indignation populaire fut si violente que son livre fut brûlé. Samuel Richardson demande, dans son ouvrage sur la « Nécessité de la tolérance », publié en 1647 (p. 270) : « Les prêtres ne furent-ils pas la cause du brûlement du livre intitulé “Le dogme sanglant”, parce qu’il était contre la persécution ? Et leurs consciences ne se seraient-elles pas accommodées de brûler aussi son auteur ? » Baillie lui-même disait : « La liberté de conscience et la tolérance de toutes les religions ou de l’une quelconque sont une impiété si monstrueuse que ce Parlement religieux ne peut qu’en abhorrer le nom même. Quelles que soient les opinions de John Goodwin, de M. Williams et de quelques autres de cette trempe, . . . M. Burroughs rejette cette abomination. »That civil States with their officers of justice are not governors or defenders of the spiritual and Christian state and worship.' Drs. Featley, Baillie and others charged him with the most shocking blasphemy for this doctrine, and popular indignation was so savage that his book was burned. Samuel Richardson demands, in his work on the 'Necessity of Toleration,' published 1647 (p. 270): 'Whether the priests were not the cause of the burning of the book entitled "The Bloody Tenet," because it was against persecution? And whether their consciences would not have dispensed with the burning of the author of it?' Baillie himself said: 'Liberty of conscience, and toleration of all or any religion, is so prodigious an impiety, that this religious Parliament cannot but abhor the very naming of it. Whatever may be the opinions of John Goodwin, Mr. Williams and some of that stamp, . . . yet Mr. Burroughs explodes that abomination.'
Les Juifs avaient été chassés d’Angleterre en 1290, et, après un bannissement de 364 ans, ils demandèrent à Cromwell et au Parlement la permission de revenir, afin de commercer dans le royaume et de suivre leur religion. On ne sait quelle influence le livre de Williams avait exercée en faveur de leur retour, mais environ six ans après sa publication leur requête fut accordée, et en 1656 ils bâtirent leur première synagogue dans King Street, à Londres. Cette controverse fut bientôt transportée en Amérique. Edward Winslow écrivit à Winthrop, à la date du 24 novembre 1645, qu’à une récente session de la Législature ils avaient eu une violente dispute au sujet de la proposition : « Permettre et maintenir une pleine et libre tolérance de religion pour tous les hommes qui préserveraient la paix civile et se soumettraient au gouvernement, sans limitation ni exception contre le Turc, le Juif, le papiste, l’arien, le socinien, le nicolaïte, le familiste ou tout autre, etc. »The Jews had been driven from England in 1290, and after banishment for 364 years, they petitioned Cromwell and Parliament for permission to return, that they might trade in the realm and follow their religion. What influence Williams's book had exerted in favor of their return does not appear, but about six years after its publication their request was granted, and in 1656 they built their first synagogue in King Street, London. This controversy was soon transferred to America. Edward Winslow wrote to Winthrop, under date of November 24th, 1645, saying that at a late session of the Legislature they had had a violent contest over the proposition: 'To allow and maintain full and free toleration of religion to all men that would preserve the civil peace and submit unto government, and there was no limitation or exception against Turk, Jew, Papist, Arian, Socinian, Nicholayton, Familist, or any other, etc.'
M. Winslow dit que l’auteur de la proposition la lui soumit, et : « L’ayant lue, je lui dis que je l’abhorrais entièrement, comme une chose qui nous rendrait odieux à toutes les républiques chrétiennes. . . . Mais bien que notre gouverneur et plusieurs d’entre nous, surtout moi-même et M. Prence, eussions déclaré que de tristes conséquences s’ensuivraient, on exigea néanmoins qu’elle fût mise aux voix selon le règlement. Mais le gouverneur ne permit pas qu’elle fût soumise au vote, comme étant une chose qui, en vérité, rongerait la puissance de la piété, etc. . . . Par là vous pouvez voir que tous les troubles de la Nouvelle-Angleterre ne sont pas au Massachusetts. Que le Seigneur dans sa miséricorde jette les yeux sur nous et apaise cet esprit de division qui s’insinue parmi nous. » En opposition directe à cet enseignement, et en harmonie avec l’enseignement de Roger Williams, l’Assemblée générale du Rhode Island décréta en 1647, trois ans après la publication de son « Dogme sanglant » et trois ans avant que l’Angleterre ne permît aux Juifs de revenir dans le royaume, que dans cette colonie « TOUS les hommes peuvent marcher selon que leur conscience les persuade, chacun au nom de son Dieu ».Mr. Winslow says that the mover submitted it to him, and 'Having read it, I told him I utterly abhorred it as such as would make us odious to all Christian commonweals. . . . But our governor and divers of us having expressed that sad consequences would follow, especially myself and Mr. Prence, yet, notwithstanding it was required according to order to be voted. But the governor would not suffer it to come to vote, as being that indeed would eat out the power of godliness, etc. . . . By this you may see that all the troubles of New England are not at the Massachusetts. The Lord in mercy look upon us and allay this spirit of division that is creeping in amongst us.' In direct opposition to this teaching and in harmony with the teaching of Roger Williams, the General Assembly of Rhode Island decreed, in 1647, three years after his publication of the 'Bloody Tenet,' and three years before England permitted Jews to return to the realm, that in this colony, 'ALL men may walk as their consciences persuade them, every one in the name of his God.'
En 1649, Edward Winslow publia son « Danger de tolérer les niveleurs dans un État civil », et en 1652 Roger Williams publia sa lettre à Endicott, gouverneur du Massachusetts, avec un appendice adressé à quatre sortes de clergé, « papiste, prélatiste, presbytérien et indépendant », où il dit de ceux qui refusent d’être chrétiens : « Oui, s’ils refusent, nient et combattent la doctrine de Jésus-Christ, qu’ils soient Juifs ou païens, pourquoi demanderiez-vous le feu du ciel, ce qui ne s’accorde pas avec Jésus-Christ, son Esprit et ses desseins ? Pourquoi les contraindriez-vous à entrer par une autre épée que celle de l’Esprit de Dieu ? » À cette époque, il n’y avait aucune communauté juive organisée en Grande-Bretagne ni dans aucune de ses colonies américaines. Dès 1650, quelques Juifs portugais venus de Hollande avaient trouvé le chemin de New York, malgré la protestation de Peter Stuyvesant adressée à la Compagnie des Indes occidentales à Amsterdam en 1654 ; mais comme les Juifs étaient de gros actionnaires de cette compagnie, ils insistèrent pour que certains privilèges fussent accordés à leurs coreligionnaires.In 1649 Edward Winslow published his 'Danger of Tolerating Levelers in a Civil State,' and in 1652 Roger Williams published his letter to Endicott, Governor of Massachusetts, with an Appendix addressed to four classes of the clergy, 'Popish, Prelatical, Presbyterian and Independent,' in which he says of those who refuse to be Christians: 'Yea, if they refuse, deny, oppose the doctrine of Jesus Christ, whether Jews or Gentiles, why should you call for fire from heaven, which suits not with Jesus Christ, his Spirit and ends. Why should you compel them to come in, with any other sword but that of the Spirit of God?' At that time there was no organized Jewish congregation in Great Britain or any of her American Colonies. As early as 1650 a few Portuguese Jews from Holland had found their way to New York against the protest of Peter Stuyvesant, made to the West India Company at Amsterdam in 1654; but as the Jews were large stockholders in that company, they insisted on certain privileges being granted to their co-religionists.
Les habitants de La Nouvelle-Amsterdam refusaient de faire l’exercice avec eux dans la compagnie bourgeoise, et les Juifs furent exemptés du service militaire à condition de payer soixante-cinq stuivers par mois. En 1655, une loi spéciale leur permit d’y vivre et d’y commercer, pourvu qu’ils entretiennent leurs propres pauvres. Le 27 juillet 1655, ils demandèrent un terrain pour enterrer leurs morts, mais on le leur refusa sous prétexte qu’ils n’en avaient « pas encore besoin » ; l’un d’eux étant mort, le 14 février 1656, on leur accorda un terrain « pour lieu de sépulture » hors de la ville. Le 13 mars 1656, Stuyvesant, directeur de la Compagnie, reçut instruction qu’ils jouiraient des mêmes privilèges civils et politiques qu’en Hollande, mais qu’« ils ne devaient pas prétendre exercer leur culte religieux dans des synagogues ou des réunions, et que lorsqu’ils solliciteraient ce privilège », il devait renvoyer la requête à ses supérieurs.The citizens of New Amsterdam would not train with them in the Burgher Company, and the Jews were exempted from military duty on condition of paying sixty-five stivers per month. In 1655 a special Act permitted them to live and trade there, provided that they would support their own poor. On the 27th of July, 1655, they petitioned for a burying ground, but were refused on the pretext that they had 'no need of it yet;' one of their number dying, on the 14th of February, 1656, they were granted a lot 'for a place of interment,' outside the city. On the 13th of March, 1656, Stuyvesant, director of the Company, was instructed that they should enjoy the same civil and political privileges that they enjoyed in Holland, but that 'they should not presume to exercise religious worship in synagogues or meetings, and when they requested that privilege,' he was to refer the petition to his superiors.'
Cependant, il ne leur était pas permis « d’exercer aucun métier manuel ni de tenir boutique ouverte de détail », mais ils étaient libres « d’exercer leur culte religieux en toute tranquillité dans leurs maisons. À cette fin, ils chercheront sans doute à bâtir leurs demeures ensemble en un lieu plus commode, d’un côté ou de l’autre de La Nouvelle-Amsterdam ». Au printemps de 1657, ils furent admis au droit de cité, mais le savant rabbin Lyons, peut-être la plus haute autorité juive sur le sujet, dit dans son « Calendrier juif » (page 160) que leurs « premiers procès-verbaux des affaires de la communauté, écrits en espagnol et en anglais, sont datés du 20 tichri 5489, 1728 », et qu’ils se réfèrent à des « règles et règlements adoptés en 5466, 1706, vingt ans auparavant ». Leur première synagogue ne fut consacrée qu’en 1696, lorsque Samuel Brown était leur rabbin. Selon la même haute autorité, nous apprenons que la communauté juive Jeshuat Israel fut ouvertement organisée à Newport, au Rhode Island, en 1658, sous la large disposition de 1647 selon laquelle « tous les hommes » dans cette colonie « peuvent marcher selon que leur conscience les persuade, chacun au nom de son Dieu ».Still they were not allowed 'to exercise any handicraft or to keep any open retail store,' but they were at liberty to 'exercise their religious worship in all quietness within their houses. To which end they will, doubtless, seek to build their dwellings together in a more convenient place, on the one or the other side of New Amsterdam.' In the spring of 1657 they were admitted to the right of citizenship, but the learned Rabbi Lyons, possibly the highest Hebrew authority on the subject, says in his 'Jewish Calendar' (page 160), that their 'first minutes of congregational affairs, written in Spanish and English, are dated Tishree 20th, 5489—1728,' and that these refer to 'rules and regulations adopted, 5466 — 1706, twenty years previous.' Their first synagogue was not dedicated till 1696, when Samuel Brown was their rabbi. On the same high authority we find that the Jewish congregation, Jeshuat Israel, was openly organized in Newport, Rhode Island, in 1658, under the broad provision of 1647, that 'all men' in that Colony 'may walk as their consciences persuade them, every one in the name of his God.'
Ils n’avaient alors une telle liberté nulle part ailleurs sur le globe, sans excepter la Hollande, car même là il leur était interdit de parler ou d’écrire en dénigrant la religion chrétienne, de faire des prosélytes pour leur propre foi, d’exercer un métier manuel ou de faire le commerce de détail ; et les mariages entre chrétiens et Juifs étaient strictement prohibés. » Ils ne subissaient aucune de ces restrictions au Rhode Island, mais à tous ces égards ils étaient sur un pied de parfaite égalité avec les baptistes, les quakers et les autres groupes religieux, et cette communauté est restée en paix jusqu’à ce jour, durant deux cent vingt-huit ans, et n’a que quatorze ans de moins que la première Église baptiste de cette ville. Arnold dit qu’ils contribuèrent beaucoup à développer les intérêts commerciaux de Newport. Certains d’entre eux gagnèrent la faveur publique par leurs services envers l’État, et le 20 août 1750, « Moses Lopez, de Newport, fut dispensé à sa propre demande de tous autres devoirs civiques, en raison de ses services gratuits envers le gouvernement pour la traduction de documents espagnols ».Such liberty they had not elsewhere on this globe at that time, Holland not excepted, for even there they were forbidden to speak or to write disparagingly of the Christian religion; to make converts to their own faith; to exercise any handicraft or carry on retail trade; and marriages between Christians and Jews were strictly prohibited.' They labored under none of these restrictions in Rhode Island, but in all these respects stood upon a perfect equality with Baptists, Quakers and other religionists, and that congregation has remained undisturbed to this day, a period of two hundred and twenty-eight years, and is but fourteen years younger than the first Baptist Church of that city. Arnold says that they did much to build up the commercial interests of Newport. Some of them rose in public favor for their services to the State, and on August 20th, 1750, 'Moses Lopez, of Newport, was excused at his own request from all other civil duties, on account of his gratuitous services to the government in translating Spanish documents.'
Cela indique que jusqu’alors il avait rempli tous les devoirs civiques d’un homme libre. Vers l’an 1760, la petite communauté juive de Newport était passée à soixante familles, et ses besoins exigèrent la construction d’une synagogue, qu’ils commencèrent à bâtir en 1762 et que leur rabbin, Isaac Touro, consacra à l’Éternel en 1763, « en grande pompe et cérémonie ». Ce grand accroissement de leur nombre fut dû principalement au grand tremblement de terre de 1755, dont le centre se trouvait en Espagne et au Portugal ; il engloutit cinquante mille habitants à Lisbonne seulement. Beaucoup de Juifs qui fuyaient, pour leur sûreté, des ennemis plus cruels que la terre béante vinrent au Rhode Island, où leurs propres frères adoraient Dieu dans la paix et la sécurité depuis cent huit ans. Ces faits réfutent entièrement le prétendu fait qu’en 1663-64 le Rhode Island aurait adopté une loi restreignant la liberté religieuse à ceux qui « professent le christianisme ».This indicates that he had done all the civil duties of a freeman up to that time. By the year 1760, the little Jewish congregation at Newport had increased to sixty families, their necessities demanding the erection of a synagogue, which they began to build in 1762, and which their rabbi, Isaac Touro, dedicated to Jehovah in 1763, with 'great pomp and ceremony.' This large increase in their number was due chiefly to the great earthquake of 1755, the center of which was in Spain and Portugal; it swallowed up fifty thousand inhabitants of Lisbon alone. Many of the Jews, who fled for safety from more cruel foes than the yawning earth, came to Rhode Island, where their own brethren had worshiped God in peace and safety for one hundred and eight years. These facts entirely disprove the alleged fact that in 1663-64 Rhode Island passed a law restricting religious liberty to those 'professing Christianity.'
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Aucune catégorie de personnes ne reconnaît plus ardemment et plus vivement Roger Williams comme l’apôtre de ses libertés que les Juifs d’Amérique. L’un de leurs écrivains les plus capables dit dans un ouvrage récent : « Le premier champion de la liberté religieuse, ou “liberté de l’âme”, comme il appelait le plus précieux joyau de toutes les libertés, fut Roger Williams. . . . À lui revient de droit la gloire immortelle d’avoir été la première personne des temps modernes à affirmer et à maintenir dans sa plus pleine plénitude le droit absolu de tout homme à “une pleine liberté dans les affaires religieuses”, et à fonder un État où cette doctrine était la clef de voûte de ses lois organiques. . . . Roger Williams, premier type pur de l’homme libre américain, proclama les lois de la liberté civile et religieuse : que “le peuple était l’origine de tout pouvoir libre dans le gouvernement”, que Dieu n’a donné aux hommes aucun pouvoir sur la conscience, et que les hommes ne peuvent pas davantage s’accorder ce pouvoir les uns aux autres ; que la réglementation de la conscience n’est pas l’une des fins pour lesquelles les hommes s’unissent en société civile.No class of people more earnestly and gratefully recognize Roger Williams as the apostle of their liberties than do the American Jews. One of their ablest writers says in a recent work: 'The earliest champion of religious freedom, or "soul liberty," as he designated that most precious jewel of all liberties, was Roger Williams. . . . To him rightfully belongs the immortal fame of having been the first person in modern times to assert and maintain in its fullest plenitude the absolute right of every man to "a full liberty in religious concernments," and to found a State wherein this doctrine was the key-stone of its organic laws. . . . Roger Williams, the first pure type of an American freeman, proclaimed the laws of civil and religious liberty, that "the people were the origin of all free power in government," that God has given to men no power over conscience, nor can men grant this power to each other; that the regulation of the conscience is not one of the purposes for which men combine in civil society.
Pour avoir proféré de telles hérésies, ce grand fondateur de nos libertés fut banni de la juridiction des puritains en Amérique. . . . En souvenir reconnaissant de la providence miséricordieuse de Dieu envers lui dans sa détresse, il lui donna (à la nouvelle ville) le nom de Providence. “Je désirais, dit-il, qu’elle fût un abri pour les personnes affligées à cause de leur conscience.” . . . La jeune communauté de Providence entreprit aussitôt de rédiger des lois de gouvernement en stricte conformité avec l’esprit de l’établissement : “Chefs de famille réunis en commune, et tels autres qu’ils y admettront, seulement dans les choses civiles.” Ce simple instrument est la plus ancienne constitution de gouvernement dont nous ayons connaissance qui non seulement tolérait toutes les religions, mais reconnaissait comme un droit la liberté absolue de conscience. »For uttering such heresies, this great founder of our liberties was banished out of the jurisdiction of the Puritans in America. . . . In grateful remembrance of God's merciful providence to him in his distress, he gave to it (the new town) the name of Providence. "I desired," said he, "it might be a shelter for persons distressed for conscience." . . . The infant community at Providence at once set about to frame laws for government, in strict accord with the spirit of the settlement. "Masters of families incorporated together into a township, and such others as they shall admit into the same, only in civil things." This simple instrument is the earliest constitution of government whereof we have any record, which not only tolerated all religions, but recognized as a right, absolute liberty of conscience.'
5. Les baptistes et la liberté religieuse dans les constitutions américaines5. Baptists and Religious Liberty in the American Constitutions
Thomas Armitage, A History of the Baptists (1887), chapitre XII, « Les baptistes américains et la liberté constitutionnelle » (env. p. 796–813). Texte abrégé ; les omissions sont signalées par […]. Texte anglais tiré d’une reconnaissance optique (OCR) non encore collationnée ; la division en paragraphes est du STC. Traduction du Séminaire théologique de Chapala. Les interprétations sont celles de l’auteur.Thomas Armitage, A History of the Baptists (1887), Chapter XII, “The American Baptists and Constitutional Liberty” (about pp. 796–813). Abridged; omissions marked […]. English text from uncollated OCR; paragraph divisions supplied by CTS. The interpretations are the author’s.
Note du STC : Armitage retrace l’œuvre des baptistes pour la liberté religieuse au Rhode Island, en Virginie, au Massachusetts, au Vermont et en Caroline du Sud. Les historiens acceptent les grandes lignes, et reconnaissent aussi le rôle des presbytériens, des quakers et d’hommes d’État des Lumières comme Jefferson et Madison. Certains détails sont contestés ou reposent sur la tradition : l’histoire selon laquelle Jefferson aurait appris la démocratie dans une Église baptiste ne peut être documentée ; l’article sur la liberté religieuse de la Déclaration des droits de Virginie (1776) fut rédigé par George Mason et amendé par Madison, et la part de Patrick Henry est incertaine ; le récit sur Leland et Madison provient de souvenirs postérieurs. Le Massachusetts mit fin à son Église établie en 1833. Richard Furman, loué à la fin, était aussi propriétaire d’esclaves et publia en 1823 une défense de l’esclavage, ce qu’Armitage ne mentionne pas. Les mots coupés au bord des pages scannées sont signalés par [illisible] ; les passages sur l’« épiscopat américain », la cause des pasteurs (Parsons’ Cause), l’adresse des baptistes à Washington et le discours de Leland de 1811 ont été omis parce que l’OCR y est très endommagé.CTS note: Armitage traces Baptist work for religious liberty in Rhode Island, Virginia, Massachusetts, Vermont and South Carolina. Historians accept the broad outline, and also credit Presbyterians, Quakers and Enlightenment statesmen such as Jefferson and Madison. Some details are disputed or rest on tradition: the story that Jefferson learned democracy at a Baptist church cannot be documented; the religious-liberty article of the Virginia Declaration of Rights (1776) was drafted by George Mason and amended by Madison, and Patrick Henry’s share is uncertain; the account of Leland and Madison comes from later recollections. Massachusetts ended its church establishment in 1833. Richard Furman, praised at the end, was also a slaveholder who in 1823 published a defense of slavery, which Armitage does not mention. Words clipped at the page edge in the scan are marked [illegible]; passages on the “American Episcopate,” the Parsons’ Cause, the Baptist address to Washington and Leland’s 1811 speech have been omitted because the OCR is badly damaged there.
Chapitre XII. Les baptistes américains et la liberté constitutionnelleChapter XII. The American Baptists and Constitutional Liberty
Le Dr Leonard Bacon écrit ainsi des baptistes dans sa « Théocratie de la Nouvelle-Angleterre » : « On a affirmé de ces Églises que, depuis l’époque de la Réforme, elles ont toujours été au premier rang et toujours conséquentes dans la défense de la doctrine de la liberté religieuse. Qu’on ne pense pas que je mette en question leur droit à un si grand honneur. » Mais jusqu’à la Révolution américaine, ils eurent comparativement peu de moyens de démontrer la solidité pratique de cette affirmation. Pourtant, lorsque le champ s’ouvrit pour la preuve expérimentale de son bien-fondé, on ne les trouva pas infidèles dans leurs rapports ni avec les constitutions libres des divers États, ni avec celle des États-Unis. Ils avaient peu à espérer de la plupart de leurs concitoyens coloniaux, qui étaient allés jusqu’à la limite de leur pouvoir en employant toutes les forces sociales et légales pour les persécuter et les détruire en tant que corps religieux, et cet aspect de la question fut gravement pesé par eux.Dr. Leonard Bacon writes of the Baptists in his 'New England Theocracy' thus: 'It has been claimed for these Churches that from the age of the Reformation onward they have been always foremost and always consistent in maintaining the doctrine of religious liberty. Let me not be understood as calling in question their right to so great an honor.' But until the American Revolution they had scant means, comparatively, to demonstrate the practical soundness of this claim. Yet when the field was open for experimental proof that it was well founded, they were not found faithless in their relations either to the free constitutions of the several States or to that of the United States. They had little to hope from most of their fellow-colonists, who had gone to the verge of their power in using all social and legal forces to persecute and destroy them as a religious body, and that phase of the question was solemnly considered by them.
Lorsque le Dr Samuel Jones alla, comme membre de leur comité, présenter leur requête au Congrès continental, il dit : « Il nous semblait déraisonnable que l’on nous appelle à nous tenir à leurs côtés pour la défense de la liberté si, après tout, ce devait être une liberté permettant à un parti d’en opprimer un autre. » La petite colonie baptiste du Rhode Island avait plus à perdre et moins à gagner à la révolution qu’aucune de ses douze colonies sœurs. Contrairement au Massachusetts et à la Virginie, elle n’avait pas de gouverneur nommé par la Couronne qui pût opposer son veto à ses actes législatifs. Bancroft nous dit que cet État jouissait après la révolution d’« une forme de gouvernement, sous sa charte, si entièrement républicaine qu’aucun changement ne fut nécessaire, sinon la suppression du nom du roi dans l’intitulé de ses actes publics ». La révolution mettrait en péril ses plus larges libertés, tandis que le plein succès de la tentative d’obtenir l’indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne n’ajouterait que peu aux droits qu’elle possédait déjà.When Dr. Samuel Jones went as one of their committee to present their appeal to the Continental Congress he said: 'It seemed unreasonable to us that we should be called to stand up with them in defense of liberty, if, after all, it was to be a liberty for one party to oppress another.' The little Baptist colony of Rhode Island had more to lose and less to gain by revolution than any of her twelve sister colonies. Unlike Massachusetts and Virginia, she had no Governor appointed by the Crown, who could veto her acts of legislation. Bancroft tells us that this State enjoyed after the revolution, 'a form of government under its charter so thoroughly republican that no change was required beyond a renunciation of the King's name, in the style of its public acts.' Revolution would imperil her largest liberties, while complete success in the attempt to secure independence of Britain would add little to the rights which she already possessed.
Mais si elle était vaincue, elle devrait renoncer même à ceux-là, car la Couronne lui nommerait un gouverneur et contrôlerait sa législation, au moins par le droit de veto. Pourtant, aucune considération égoïste de ce genre ne pesa sur les baptistes du Rhode Island. Ils voyaient leurs frères des autres colonies plus opprimés qu’eux-mêmes, et comme leur propre amour de la liberté était un fruit authentique, ils la réclamaient comme le droit de naissance de tous. C’est pourquoi ils furent aussi prompts à résister aux empiétements sur les libertés civiles de toutes les colonies qu’ils l’avaient été à braver les exigences injustes d’une tyrannie spirituelle à leur propre égard. Ils portèrent donc dans la lutte contre l’oppression civile le même esprit qui les avait animés pour résister à tout empiétement sur les libertés de l’âme. Deux mois avant la Déclaration d’indépendance, et trente-deux jours avant que la Virginie ne renonçât à son allégeance envers la Couronne, le Rhode Island répudia toute allégeance à George III, le 4 mai 1776 ; et aussitôt après la retraite du général Gage de Concord et de Lexington, sa législature vota l’envoi de 1 500 hommes sur le théâtre du conflit.But should she be conquered she must relinquish even these, for the Crown would appoint her a Governor and control her legislation, at least by the power of the veto. Yet no selfish consideration of this sort weighed with the Baptists of Rhode Island. They saw their brethren of other colonies oppressed more than they were, and as their own love of liberty was a genuine growth, they demanded it as the birthright of all. Hence, they were as ready at once to resist encroachment upon the civil liberties of all the colonies as they had been to defy the unjust exactions of a spiritual tyranny upon themselves. They, therefore, carried with them into the struggle against civil oppression the same spirit which had moved them in resisting all encroachment upon the liberties of the soul. Two months before the Declaration of Independence, and thirty-two days before Virginia renounced allegiance to the Crown, Rhode Island repudiated all allegiance to George III., May 4th, 1776; and immediately after the retreat of General Gage from Concord and Lexington her Legislature voted to send 1,500 men to the scene of conflict.
C’est donc un témoignage significatif du caractère de l’enseignement de Williams et de Clarke que le bienfait qu’ils avaient apporté aux habitants du Rhode Island, d’abord l’assemblée communale puis l’Assemblée coloniale, dépouillées de tout pouvoir de toucher à la question de la « conscience » et limitées aux « choses civiles », ait porté au siècle suivant de si bons fruits. Près de cinq générations s’étaient écoulées depuis la fondation de la colonie, et maintenant elle était prête à mettre en péril sa propre liberté religieuse pour faire progresser les libertés politiques d’autres communautés. Cela mit à rude épreuve son patriotisme désintéressé. Les baptistes de Virginie firent un pas tout aussi résolu en faveur de l’indépendance, dans des circonstances différentes, mais pas le moins du monde moins honorable. Malgré les persécutions qu’ils subissaient de la part de la colonie elle-même, dès que la Convention de l’État se réunit pour déterminer le devoir de la colonie, soixante Églises baptistes dirent à ce corps civil : « Frappez le coup !It is, therefore, a significant testimony to the character of the teaching of Williams and Clarke that the boon which they had given the Rhode Islanders, first the town-meeting and then the Colonial Assembly shorn of all power to touch the question of 'conscience' and shut up to 'civil things,' should in the next century have borne such good fruit. Nearly five generations had passed since the colony was first planted, and now it was willing to imperil its own religious freedom in order to advance the political liberties of other communities. This brought no small strain upon its unselfish patriotism. The Baptists of Virginia took an equally resolute step in favor of independence, but though under different circumstances, not a jot less honorable. Notwithstanding their persecutions by the Colony itself, the moment that the State Convention met to determine the duty of the Colony, sixty Baptist Churches said to this civil body: 'Strike the blow!
Opposez une résistance militaire à la Grande-Bretagne dans son injuste invasion, son oppression tyrannique et ses hostilités répétées, et nous vous soutiendrons, pasteurs et peuple. » La Virginie n’avait aucune sympathie pour le puritanisme, et, dans son ancien attachement aux Stuarts, elle avait refusé de reconnaître l’autorité du Commonwealth. Pour cette raison, le Massachusetts avait interdit tout commerce avec elle ; et sous l’administration de George III, lorsque Patrick Henry présenta à la législature de Virginie sa fameuse Cinquième Résolution, qui contenait la doctrine de la révolution, dénonçait la loi du Timbre et refusait l’impôt sans représentation, les principaux hommes de cette assemblée s’écrièrent avec horreur : « Trahison ! trahison ! » Campbell, dans son histoire de la Virginie, dit : « Le président Robinson, Peyton Randolph, Richard Bland, Edward Pendleton, George Wythe et tous les chefs de la Chambre et propriétaires de grands domaines opposèrent une résistance acharnée. » Certes, la merveilleuse éloquence de Henry obtint une majorité pour la résolution, mais ceux qui la votèrent furent si alarmés par le cri de trahison qu’elle provoqua que le lendemain ils obtinrent qu’elle fût effacée des registres.Make military resistance to Great Britain, in her unjust invasion, tyrannical oppression and repeated hostilities, and we will sustain you, minister and people.' Virginia had no sympathy with Puritanism, and in her old devotion to the Stuarts had refused to recognize the authority of the Commonwealth. For this Massachusetts had prohibited all intercourse with her, and under the administration of George III., when Patrick Henry introduced his famous Fifth Resolution into the Virginia Legislature, containing the doctrine of revolution, denouncing the Stamp Act, and refusing taxation without representation, the leading men of that body cried with horror, 'Treason! treason!' Campbell, in his history of Virginia, says: 'Speaker Robinson, Peyton Randolph, Richard Bland, Edward Pendleton, George Wythe, and all the leaders in the House and proprietors of large estates made a strenuous resistance.' True, the wonderful eloquence of Henry secured a majority for the resolution, but the men who voted for it were so alarmed by the cry of treason which it provoked that the next day they secured its erasure from the records.
L’un des paradoxes de l’histoire américaine est que, malgré le sentiment de beaucoup de ses principaux hommes, si loyaux envers la Couronne, la Virginie ait fini par prendre le premier rang parmi les colonies révoltées. Jefferson, dans ses « Notes sur la Virginie », donne incidemment la clé de ce problème. Il déclare qu’au temps de la Révolution les deux tiers de sa population étaient devenus dissidents ; pour la plupart, c’étaient des quakers, des presbytériens et des baptistes. Par les souffrances intolérables et les labeurs infatigables des prédicateurs baptistes, ils avaient cultivé et répandu leur propre amour de la liberté dans toute la colonie pendant un demi-siècle. Leur mémoire à la Convention avait des racines plus profondes que le sentiment du moment ; il se fondait sur ces convictions évangéliques que partageait la majorité du peuple de Virginie. Que la Virginie [illisible] ses antécédents royalistes et ait loyalement épousé la cause de la révolution [illisible] en grande partie au fait que la souffrance, la prédication et la pratique démocratique des baptistes [illisible] préparé son peuple à cette lutte.One of the paradoxes of American history has been that, despite the sentiment of many of its leading men thus loyal to the Crown, Virginia should have finally taken front rank amongst the revolting colonies. Jefferson, in his 'Notes on Virginia,' incidentally supplies the clue to this problem. He states that at the time of the Revolution two-thirds of her population had become Dissenters; for the most part they were Quakers, Presbyterians and Baptists. By the intolerable sufferings and indefatigable labors of the Baptist preachers they had cherished and diffused their own love of liberty throughout the whole colony for half a century. Their memorial to the Convention had deeper root than the feeling of the hour; it was grounded in those evangelical convictions which were shared by a majority of the people of Virginia. That Virginia [illegible] her Royalist antecedents aside and loyally espoused the cause of the revolution [illegible] largely due to the fact that Baptist suffering, preaching and democratic practice [illegible] educated her people for the issue.
Thomas Jefferson, peut-être un unitarien avancé ; Patrick Henry, presbytérien fervent ; et James Madison, que l’on croyait [illisible] épiscopalien libéral, sentirent battre le cœur du public, virent que son patriotisme [illisible] fondé sur la conviction religieuse et, en hommes sages, au lieu de s’opposer à [illisible] puissant courant, ils en prirent la direction, sous laquelle il emporta tout, malgré l’opposition des recteurs anglais et les traditions paralysantes d’une hiérarchie oppressive. Les baptistes de Virginie, cependant, ne se jetèrent pas précipitamment dans cette lutte, et ils n’étaient pas sans dessein précis ; ils calculèrent le prix et prévirent [illisible] résultat légitime de leur position. Les registres de la Convention coloniale, du [illisible] 20 1776, disent : « Une pétition de diverses personnes de l’Église baptiste du comté de [illisible] William, dont les noms sont souscrits, fut présentée à la Convention et lue ; elle exposait qu’en [illisible] temps où cette colonie, avec les autres, combat pour les droits civils de l’humanité contre les desseins asservissants d’un ennemi puissant, ils sont persuadés que la plus stricte unanimité est nécessaire entre nous, et que toute cause de division qui subsiste encore doit, si possible, être supprimée ; c’est pourquoi ils estiment de leur devoir de demander les privilèges religieux suivants, qui [illisible] leur ont pas encore été accordés en cette partie du monde, à savoir : qu’il leur soit permis d’adorer Dieu à leur manière, sans être interrompus ; qu’il leur soit permis d’entretenir leurs propres ministres et nuls autres ; qu’ils puissent être mariés, enterrés et ainsi de suite sans payer le clergé d’autres dénominations ; et que, ces choses accordées, ils s’uniront volontiers à leurs frères et [illisible] la mesure de leurs moyens soutiendront la cause commune.Thomas Jefferson, possibly an advanced Unitarian; Patrick Henry, a devout Presbyterian; and James Madison, thought to [illegible] liberal Episcopalian, felt the throb of the public heart, saw that its patriotism [illegible] founded upon religious conviction, and, like wise men, instead of stemming [illegible] strong tide they gave it their leadership, under which it swept on, notwithstanding the opposition of English rectors and the entangling traditions of a grinding hierarchy. The Baptists of Virginia, however, did not rush hastily into this struggle, nor were they without a definite purpose; they counted the cost and anticipated [illegible] legitimate result of their position. The records of the Colonial Convention, [illegible] 20th, 1776, say that: 'A petition of sundry persons of the Baptist Church, in the County of [illegible] William, whose names are thereunto subscribed, was presented to the Convention and read, setting forth that at [illegible] time when this colony, with the others, is contending for the civil rights of mankind, against the enslaving schemes of a powerful enemy, they are persuaded the strictest unanimity is necessary among ourselves, and that every remaining cause of division may, if possible, be removed, they think it their duty to petition for the following religious privileges, which they have [illegible] yet been indulged with in this part of the world, to wit: That they be allowed to worship God in their own way, without interruption; that they be permitted to maintain their own ministers and none others; that they may be married, buried and the like without paying the clergy of other denominations; that, these things granted, they will gladly unite with their brethren, and [illegible] the utmost of their ability promote the common cause.
Il fut ordonné que ladite pétition soit renvoyée au Comité des propositions et des griefs ; qu’il en examine les allégations et en fasse rapport à la Convention avec son avis. » Les baptistes ne cachèrent rien. Pour une liberté pleine, civile et religieuse, ils [illisible] prêts à donner leur vie et tout ce qu’ils avaient, mais pour moins ils ne risqueraient rien ; autant valait être les vassaux civils de la Grande-Bretagne que les vassaux religieux d’un [illisible] en Virginie. Tout le monde le comprenait, et c’est pourquoi ils maintinrent des commissaires influents constamment présents auprès de la Législature et des Conventions de l’État, du commencement à la fin de la lutte pour une parfaite liberté religieuse ; [illisible] comme le dit l’évêque Meade lorsque leurs pleins droits furent assurés : « La guerre commencée par les baptistes vingt-sept ans auparavant était maintenant terminée. »Ordered, that the said petition be referred to the Committee of Propositions and Grievances; that they inquire into the allegations thereof and report the same, with their opinions thereupon, to the Convention.' The Baptists concealed nothing. For full liberty, civil and religious, they [illegible] ready to give their lives and all that they had, but for less they would risk nothing; they might as well be the civil vassals of Britain as the religious vassals of a [illegible] in Virginia. This was understood all around, and hence they kept influential commissioners in constant attendance on the Legislature and Conventions of the State from the beginning to the close of the struggle for perfect religious freedom; [illegible] as Bishop Meade expresses it, when their full rights were secured: 'The war begun by the Baptists seven and twenty years before was now finished.'
Ils eurent ce grand avantage que les trois hommes [illisible] étroitement identifiés à la cause révolutionnaire en Virginie épousèrent leur cause et coopérèrent avec eux : Jefferson, Henry et Madison. Cela fut dû peut-être, de leur part, à la même profonde conviction religieuse qui animait [illisible] baptistes. Mais, dans leur immense largeur d’esprit, l’attachement logique aux conclusions tirées des prémisses qui justifiaient la Révolution conduisit ces hommes puissants aux mêmes positions. Jefferson comprenait parfaitement les buts des baptistes, car il était en relations constantes avec leurs principaux hommes, et ils lui confièrent la garde de leurs documents publics. Sa mère était épiscopalienne, mais sa tante préférée, sœur de celle-ci, Mme Woodson, était baptiste. Ces deux sœurs étaient filles d’Isham Randolph, Mme Woodson résidant dans le comté de Goochland. Jeune, il aimait aller chez elle et l’accompagner à l’Église baptiste, dont elle et son mari étaient membres.They had a great advantage in the fact that the three men who were the [illegible] prominently identified with the Revolutionary cause in Virginia espoused their cause and co-operated with them — Jefferson, Henry and Madison. This was due, perhaps, on their part, to the same deep religious conviction which actuated [illegible] Baptists. But in their immense breadth of mind, logical adherence to conclusions drawn from those premises which justified the Revolution, brought these mighty men to the same positions. Jefferson comprehended Baptist aims perfectly, for he was in perpetual intercourse with their leading men, and they intrusted him with the charge of their public documents. His mother was an Episcopalian, but his favorite aunt, her sister, Mrs. Woodson, was a Baptist. These two sisters were the daughters of Isham Randolph, Mrs. Woodson residing in Goochland County. When young he loved to visit her house and accompany her to the Baptist Church, of which she and her husband were members.
C’est par les membres de la famille de son oncle et de sa tante, ainsi que par les Madison, que nous est parvenue la tradition selon laquelle il conçut ses premières idées d’une forme démocratique de gouvernement en assistant à ces réunions. L’auteur a sous les yeux une lettre de Mme O. P. Moss, du Missouri, dont le mari descendait directement de la famille Woodson ; sa mère connaissait intimement Jefferson et a gardé vivante cette tradition dans la famille. Elle dit que « devenu homme, ces impressions s’étaient si bien fixées qu’il forma sur elles le plan d’un gouvernement libre et fonda la Déclaration d’indépendance ». Jefferson lui-même parle de son étroite intimité avec les baptistes dans l’épître suivante, déjà mentionnée au chapitre VIII : « Aux membres de l’Église baptiste de Buck Mountain, en Albemarle ; Monticello, 18 avril 1809 : Je vous remercie, mes amis et voisins, de vos aimables félicitations pour mon retour dans mon foyer natal, et pour les occasions qu’il me donnera de jouir, au milieu de votre affection, des douceurs de la retraite et du repos.It is through the members of his uncle's and aunt's family, as well as through the Madisons, that the tradition has come down that he caught his first views of a democratic form of government while attending these meetings. A letter lies before the writer from Mrs. O. P. Moss, of Missouri, whose husband was a direct descendant of the Woodson family; his mother knew Jefferson intimately, and has kept the tradition alive in the family. She says that 'when grown to manhood these impressions became so fixed that upon them he formulated the plan of a free government and based the Declaration of Independence.' Jefferson himself speaks of his close intimacy with the Baptists in the following epistle, already referred to in Chapter VIII: 'To the members of the Baptist Church of Buck Mountain, in Albemarle; Monticello, April 18th, 1809: I thank you, my friends and neighbors, for your kind congratulations on my return to my native home, and of the opportunities it will give me of enjoying, amidst your affections, the comforts of retirement and rest.
Votre approbation de ma conduite m’est d’autant plus précieuse que vous m’avez mieux connu, et elle est une ample récompense pour les services que j’ai pu rendre. Nous avons agi ensemble depuis l’origine jusqu’à la fin d’une révolution mémorable, et nous avons apporté, chacun dans la ligne qui lui était assignée, nos efforts pour faire de ses résultats une bénédiction permanente pour notre pays. Que nos relations sociales, jusqu’au soir de nos jours, soient réjouies et affermies par la vue de la liberté et du bonheur pour lesquels nous avons travaillé, ce sera ma prière constante. Recevez l’hommage de mon affectueuse estime et de mon respect. » L’ancien John Leland parle de son intimité avec Jefferson. Dans son Discours sur une magistrature élective, il jugea nécessaire de repousser certaines accusations portées contre son idéal d’homme d’État, et dit : « J’ai vécu en Virginie de décembre 1770 à avril 1791, non loin de Monticello ; et pourtant je n’ai jamais entendu une syllabe de l’un ou l’autre de ces crimes. »Your approbation of my conduct is the more valued as you have best known me, and is an ample reward for any services I may have rendered. We have acted together from the origin to the end of a memorable revolution, and we have contributed, each in the line allotted to us, our endeavors to render its issues a permanent blessing to our country. That our social intercourse may, to the evening of our days, be cheered and cemented by witnessing the freedom and happiness for which we have labored, will be my constant prayer. Accept the offering of my affectionate esteem and respect.' Elder John Leland speaks of his intimacy with Jefferson. In his Address on an Elective Judiciary, he found it necessary to repel certain charges against his beau ideal statesman, and says: 'I lived in Virginia, from December 1770, until April, 1791, not far from Monticello; yet I never heard a syllable of either of these crimes.'
Il y avait entre lui et les baptistes une unité de vues et une estime mutuelle en tout ce qui touche à la liberté religieuse. John Leland était en communication constante avec lui à ce sujet, et il ne faisait qu’exprimer leurs sentiments lorsqu’il disait de Jefferson que « par ses écrits et son administration, il a justement acquis le titre d’Apôtre de la liberté ». Les réponses de Jefferson à trois associations baptistes, et aux baptistes de Virginie réunis en assemblée générale, parlent de la satisfaction que lui donnait le retour sur son temps, en se souvenant de sa longue et fervente coopération avec eux pour conquérir la liberté religieuse de l’Amérique. De bonne heure dans sa vie, Patrick Henry montra sa profonde sympathie pour eux sur le même point, car Semple dit de l’immortel patriote et orateur, et des efforts pour obtenir la pleine liberté de conscience : « C’est en faisant ces tentatives qu’ils eurent le bonheur d’intéresser à leur cause le célèbre Patrick Henry ; toujours ami de la liberté, il n’eut besoin que d’être informé de leur oppression : sans hésiter, il s’avança pour les secourir.There was a oneness of views and a mutual esteem in all that relates to religious liberty between him and the Baptists. John Leland was in constant communication with him on this subject, and he only spoke their sentiments when he said of Jefferson, that 'By his writing and administration, he has justly acquired the title of the Apostle of Liberty.' The replies of Jefferson to three Baptist Associations, and to the Baptists of Virginia in General Meeting assembled, speak of the satisfaction which the review of his times gave him, in remembering his long and earnest cooperation with them in achieving the religious freedom of America. Early in his life Patrick Henry evinced his deep sympathy with them on the same point, for Semple says of the immortal patriot and orator and of the efforts to attain full liberty of conscience: 'It was in making these attempts that they were so fortunate as to interest in their behalf the celebrated Patrick Henry; being always the friend of liberty, he only needed to be informed of their oppression — without hesitation, he stepped forward to their relief.
Depuis lors, jusqu’au jour de leur complète émancipation des chaînes de la tyrannie, les baptistes trouvèrent en Patrick Henry un ami inébranlable. » On suppose qu’il rédigea la noble pétition du presbytère de Hanover, adressée à la Convention coloniale de Virginie en faveur de la liberté religieuse, le 7 octobre 1776, et s’il le fit, cela suffit à rendre son nom immortel, car aucun document plus solide sur ce sujet ne fut jamais soumis à cette assemblée ni à aucune autre. William Wirt Henry, son petit-fils, affirme que son illustre ancêtre fut le véritable auteur de la seizième section de la Déclaration des droits de Virginie, qui garantit une parfaite liberté religieuse. George Mason, Edmund Randolph et Patrick Henry étaient tous membres du comité qui la rédigea ; et Randolph dit que, lorsque Mason soumit son projet à l’examen du comité, il n’avait pas pris les dispositions convenables pour la liberté religieuse.From that time, until the day of their complete emancipation from the shackles of tyranny, the Baptists found in Patrick Henry an unwavering friend.' It is supposed that he drew up the noble petition of the Presbytery of Hanover, addressed to the Virginia Colonial Convention, in favor of religious liberty, Oct. 7th, 1776, and if he did, it is enough to render his name immortal, for no abler document on the subject was ever submitted to that or any other body. William Wirt Henry, his grandson, claims, that his renowned ancestor was the real author of the sixteenth section of the Virginia Bill of Rights, which guarantees perfect religious liberty. George Mason, Edmund Randolph and Patrick Henry were all members of the Committee that framed it; and Randolph says, that when Mason submitted his draft for the consideration of the Committee, he had not made proper provisions for religious liberty.
Sur quoi Patrick Henry proposa les quinzième et seizième sections en ces termes : « Qu’aucun gouvernement libre, ni les bienfaits de la liberté, ne peuvent être conservés à aucun peuple sinon par un ferme attachement à la justice, à la modération, à la tempérance, à la frugalité et à la vertu, et par un fréquent retour aux principes fondamentaux. Que la religion, ou le devoir que nous devons à notre Créateur et la manière de l’accomplir, ne peut être dirigée que par la raison et la conviction, et non par la force ou la violence ; et que, par conséquent, tous les hommes doivent jouir de la plus pleine tolérance dans l’exercice de la religion, selon les injonctions de la conscience, sans être punis ni entravés par les magistrats, à moins que, sous couleur de religion, quelqu’un ne trouble la paix, le bonheur ou la sûreté de la société ; et que c’est le devoir mutuel de tous de pratiquer les uns envers les autres la patience, l’amour et la charité chrétiens. » M. Madison, cependant, qui était aussi membre du comité, décela un sérieux danger caché dans le mot « tolérance », et proposa cet amendement, qui fut adopté d’abord par le comité, puis, le 6 mai 1776, par la Convention : « Que la religion, ou le devoir que nous devons à notre Créateur, et la manière de l’accomplir, ne peut être dirigée que par la raison et la conviction, non par la force ou la violence ; et que, par conséquent, tous les hommes ont un droit égal au libre exercice de la religion selon les injonctions de la conscience ; et que c’est le devoir mutuel de tous de pratiquer les uns envers les autres la patience, l’amour et la charité chrétiens. »Whereupon, Patrick Henry proposed the fifteenth and sixteenth sections in these words: 'That no free government, or the blessings of liberty, can be preserved to any people but by a firm adherence to justice, moderation, temperance, frugality, and virtue, and by frequent recurrence to fundamental principles. That religion, or the duty we owe to our Creator and the manner of discharging it, can be directed only by reason and conviction, and not by force or violence; and, therefore, that all men should enjoy the fullest toleration in the exercise of religion, according to the dictates of conscience, unpunished and unrestrained by the magistrates, unless, under the color of religion, any man disturb the peace, the happiness, or the safety of society; and that it is the mutual duty of all to practice Christian forbearance, love, and charity toward each other.' Mr. Madison, however, who was also a member of the Committee, detected serious danger lurking in the word 'toleration,' and moved this amendment, which was adopted, first by the Committee, and on May 6, 1776, by the Convention: 'That religion, or the duty which we owe to our Creator, and the manner of discharging it, can be directed only by reason and conviction, not by force or violence; and therefore all men are equally entitled to the free exercise of religion according to the dictates of conscience; and that it is the mutual duty of all to practice Christian forbearance, love and charity toward each other.'
Jefferson ne faisait pas partie de la Convention qui rédigea cette Déclaration, mais neuf ans plus tard il siégea dans un comité de l’Assemblée générale chargé de réviser les lois du nouvel État, et il présenta le texte suivant, qui fut adopté le 16 décembre 1785 et demeure la loi fondamentale de la Virginie : « Loi pour établir la liberté religieuse : Qu’il soit décrété par l’Assemblée générale que nul ne sera contraint de fréquenter ou de soutenir aucun culte, lieu ou ministère religieux quel qu’il soit, ni ne sera forcé, entravé, inquiété ou grevé dans sa personne ou dans ses biens, ni ne souffrira d’aucune autre manière à cause de ses opinions ou de ses croyances religieuses ; mais que tous les hommes seront libres de professer et de défendre par l’argumentation leurs opinions en matière de religion, et que cela ne diminuera, n’augmentera ni n’affectera en rien leurs capacités civiles. »Jefferson was not in the Convention which framed this Bill, but nine years afterwards he served on a Committee of the General Assembly to revise the laws for the new State, when he submitted the following, which was adopted, Dec. 16, 1785, and is still the fundamental law of Virginia: 'An Act to establish Religious Freedom: Be it enacted by the General Assembly, That no man shall be compelled to frequent or support any religious worship, place, or ministry whatsoever, nor shall be enforced, restrained, molested, or burthened in his body or goods, nor shall otherwise suffer on account of his religious opinions or belief; but that all men shall be free to profess and by argument to maintain their opinions in matters of religion, and that the same shall in no wise diminish, enlarge, or affect their civil capacities.'
James Madison eut avec les baptistes des relations aussi étroites que ses deux illustres pairs, et il se familiarisa intimement avec leurs idées radicales sur l’égalité religieuse. L’honnête John Leland dit de lui : « Dès l’enfance, il fut un modèle de sobriété et d’une justice ferme et inflexible. Pour l’avoir connu intimement, je suis convaincu que tout l’État du Massachusetts, par la corruption, ne lui achèterait pas une seule voix. Une de ses paroles est fraîche dans ma mémoire : “Il est ridicule qu’un homme use de moyens détournés pour faire passer une cause, même s’il sait que la cause est bonne ; ce serait faire le mal pour qu’il en arrive du bien.” Cette parole décrit l’homme mieux que ma plume ne saurait le faire. » Le général Madison, son frère, était membre d’une Église baptiste, et leur famille prit un vif intérêt aux luttes de la dénomination.James Madison had as close relationship to the Baptists as his two illustrious peers, and made himself intimately acquainted with their radical views on the subject of religious equality. Honest John Leland says of him: 'From a child, he was a pattern of sobriety, sturdy and inflexible justice. From an intimate acquaintance with him, I feel satisfied that all the State of Massachusetts, for a bribe, would not buy a single vote of him. A saying of his is fresh in my memory: "It is ridiculous for a man to make use of underhand means to carry a point, although he should know the point is a good one; it would be doing evil that good might come." This saying of his better describes the man than my pen can do.' General Madison, his brother, was a member of a Baptist Church, and their family took a deep interest in the struggles of the denomination.
James fut l’un des plus jeunes membres de la Convention qui adopta la Déclaration des droits, et il fallait beaucoup de jugement et de fermeté pour s’y opposer à l’idée de « tolérance » par principe, ou pour soutenir le principe que « tous les hommes ont droit au libre exercice de la religion selon leur propre conscience ». Une mesure succéda à une autre contre la religion légalement établie de la Virginie, dans lesquelles les baptistes prirent parfois la part principale, et pour certaines desquelles ils furent entièrement seuls, jusqu’à ce que, principalement par l’influence de ces trois grands hommes d’État, le dernier pas fût franchi en 1802 : on ordonna de vendre les terres paroissiales pour payer la dette publique, au motif qu’elles avaient été achetées par un impôt public et appartenaient à l’État. Ainsi prit fin la lutte pour la liberté religieuse en Virginie, et avec la disparition de l’Église établie, le dernier vestige de la tyrannie ecclésiastique fut effacé des codes de cet État.James was one of the youngest members of the Convention which adopted the Bill of Rights, and it required no small judgment and nerve to oppose the idea of 'toleration' on abstract principles there, or to support the tenet that 'all men are entitled to the free exercise of religion, according to their own consciences.' One measure succeeded another, in opposition to the legally established religion of Virginia, in which the Baptists took the leading part at times, and on some measures stood entirely alone, until in the main through the influence of these three great statesmen, the last step was taken in 1802; the glebes were ordered to be sold in payment of the public debt, on the ground that they had been purchased by a public tax, and belonged to the State. Thus ended the struggle for religious liberty in Virginia, and with the disappearance of the Established Church, the last vestige of ecclesiastical tyranny was wiped from the statute-books of that State.
Les écrivains baptistes les plus dignes n’ont jamais prétendu que leurs pères baptistes aient obtenu seuls ce grand résultat, et une telle prétention ne pourrait être soutenue. Ils formaient le corps de dissidents le plus nombreux de Virginie et furent unis dans cet effort, mais ils furent ardemment aidés par tous les quakers et la plupart des presbytériens, corps moins nombreux mais influents. Les « tories » et les « traîtres » étaient fort mal vus dans ces deux dénominations, et il y en avait peu. En fait, autant qu’on le sache, les vingt-sept presbytériens qui se réunirent à Charlotte, en Caroline du Nord, en mai 1775, pour représenter le comté de Mecklenburg en convention patriotique furent le premier corps américain à se déclarer « un peuple libre et indépendant ; (qui) est, et de droit doit être, une association souveraine et autonome, sous le contrôle d’aucun pouvoir autre que celui de notre Dieu et du gouvernement général du Congrès ». En outre, à cette époque, il y avait de bonnes raisons pour que quakers, presbytériens et baptistes se tiennent fermement ensemble en faveur de la liberté religieuse. Depuis 1749, un projet avait été ouvertement poussé en Angleterre pour imposer un épiscopat américain à toutes les colonies américaines ; il suscita la plus vive alarme dans toutes les Églises non épiscopales et contribua beaucoup à attiser la flamme révolutionnaire.The most worthy Baptist writers have never claimed that their Baptist fathers achieved this grand result alone, nor could such a claim be sustained. They were the most numerous body of dissenters in Virginia, and were a unit in this effort, but they were earnestly aided by all the Quakers and most of the Presbyterians, as lesser but influential bodies. 'Tories' and 'traitors' were held at a large discount in both these denominations, and there were few of them. Indeed, so far as appears, the twenty-seven Presbyterians who met at Charlotte, N. C., May, 1775, to represent the County of Mecklenburg in patriotic convention were the first American body which declared itself 'a free and independent people; (who) are, and of right ought to be, a sovereign and self-governing association, under the control of no power other than that of our God and the general government of the Congress.' Besides, at that time, there were good reasons why the Quakers, Presbyterians and Baptists should stand firmly together in favor of religious liberty. From 1749, a plan had been openly pushed in England, to force an American Episcopate on all the American Colonies; it excited the deepest alarm in all the non-Episcopal Churches, and did much to fan the revolutionary flame.
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Cette question amena presbytériens et baptistes sur un terrain commun, à quelques exceptions près. Les presbytériens n’avaient pas été plus fidèles au principe de la pleine liberté religieuse dans l’Ancien Monde que les congrégationalistes ne l’avaient été dans le Nouveau, et des milliers d’entre eux avaient trouvé un foyer en Virginie dès [illisible], sous la promesse de protection de cette colonie. Ils en vinrent à éprouver une certaine solidarité avec leurs frères baptistes souffrants, si bien qu’ils purent dire dans leur Mémoire de Hanover, de 1777 : « En ce siècle éclairé, et dans un pays où tous, de chaque dénomination, sont unis dans les plus ardents efforts pour être libres, nous espérons et attendons que nos représentants concourront de bon cœur à supprimer toute espèce de servitude religieuse aussi bien que civile. Il est certain que tout argument en faveur de la liberté civile acquiert une force supplémentaire lorsqu’on l’applique à la liberté dans les affaires de la religion. »This question brought the Presbyterians and Baptists to common ground, with slight exceptions. The Presbyterians had not been true to the principle of full religious liberty in the Old World more than the Congregationalists had been in the New, and thousands of them had found a home in Virginia as early as [illegible], under the promise of protection from that colony. They came to have a touch of fellow-feeling with their suffering Baptist brethren, hence they were able to say in their Hanover Memorial, of 1777: 'In this enlightened age, and in a land where all of every denomination are united in the most strenuous efforts to be free, we hope and expect that our representatives will cheerfully concur in removing every species of religious as well as civil bondage. Certain it is, that every argument for civil liberty gains additional strength when applied to liberty in the concerns of religion.'
« À qui l’honneur, l’honneur », exige la Bible. Pendant que cette lutte se poursuivait, une autre, tout aussi vive et bien plus importante, se livrait au sujet de la Constitution des États-Unis, et principalement par les mêmes agents. Ce grand document civil fut adopté par la Convention constitutionnelle et soumis à la ratification des divers États le 17 septembre 1787, neuf États étant nécessaires pour le ratifier. Aussitôt, il rencontra une forte opposition dans tous les États, pour une raison ici et pour une autre là. Sa seule disposition touchant la religion se trouvait à l’article VI : « Aucune épreuve religieuse ne sera jamais exigée comme condition d’accès à aucune fonction ou charge publique sous l’autorité des États-Unis. » Un grand mécontentement régnait au sujet de plusieurs de ses dispositions, et pendant un temps il y eut un sérieux danger de rejet.'Honor to whom honor,' the Bible demands. While this contest was in progress, however, another, quite as warm and vastly more important, was waged in regard to the Constitution of the United States, and chiefly through the same agencies. This great civil document was adopted by the Constitutional Convention and submitted for ratification to the several States, September 17th, 1787, nine States being needed to ratify the same. Immediately it met with strong opposition from all the States, some for one reason and some for another. Its only provision on the subject of religion was found in Article VI, thus: 'No religious Test shall ever be required, as a Qualification to any office or public Trust under the United States.' Great dissatisfaction prevailed with many of its provisions, and there was serious danger of its rejection for a time.
Le mécontentement au sujet de cette disposition se manifesta chez les baptistes de tous les États, mais la Virginie devint leur grand champ de bataille. Le 7 mars 1788, les représentants de toutes leurs Églises se réunirent en leur Comité général à Goochland, et le procès-verbal de la réunion dit : « Le premier sujet politico-religieux abordé fut celui-ci : la nouvelle Constitution fédérale, qui venait de paraître en public, prenait-elle des dispositions suffisantes pour la jouissance assurée de la liberté religieuse ? Sur quoi il fut convenu à l’unanimité qu’elle ne le faisait pas. » Beaucoup des chefs politiques et sociaux de la Virginie étaient opposés à la Constitution, et parmi eux Patrick Henry, qui combattit son adoption à la Convention de Virginie parce que, selon son expression, elle « louchait vers la monarchie » et ne donnait aucune garantie de liberté religieuse. On peut noter ici un incident agréable où John Leland figure très honorablement.Dissatisfaction with this provision lodged with the Baptists in all the States, but Virginia became their great battle-field. On the 7th of March, 1788, the representatives of all their Churches met in their General Committee in Goochland, and the minutes of the meeting say: 'The first Religious Political subject that was taken up was: Whether the new Federal Constitution, which had now lately made its appearance in public, made sufficient provision for the secure enjoyment of religious liberty; on which it was agreed unanimously that it did not.' Many of the political and social leaders of Virginia were opposed to the Constitution, and amongst them Patrick Henry, who resisted its adoption in the Virginia Convention, because, as he phrased his difficulty, it 'squinted toward monarchy,' and gave no guarantee of religious liberty. Here a pleasant incident may be noticed, in which John Leland figures very honorably.
James Madison menait le parti virginien favorable à la ratification, mais il se trouvait à Philadelphie pendant l’élection des délégués à la Convention de l’État, occupé avec John Jay et Alexander Hamilton à préparer cette mémorable série d’écrits politiques en défense de la Constitution, connue sous le nom de « Fédéraliste ». À son retour en Virginie, il trouva que Leland avait été désigné dans Orange, son propre comté, par le parti opposé à la ratification, contre lui-même comme délégué favorable à cette mesure. Le gouverneur George N. Briggs, du Massachusetts, dit que Leland lui raconta que Madison vint le voir et lui expliqua soigneusement les buts de la Constitution, avec ses arguments en sa faveur. Les candidats adverses se rencontrèrent bientôt dans une réunion politique, en présence de la plupart des électeurs ; Madison monta alors sur un tonneau de tabac et, pendant deux heures, s’adressa à ses concitoyens d’une manière calme, franche et digne d’un homme d’État, présentant son point de vue et répondant à tous les arguments de ses adversaires. Bien qu’il ne fût pas éloquent, le peuple l’écouta avec un profond respect, et Leland dit : « Quand il quitta le tonneau et que mes amis m’appelèrent, j’y montai et je me prononçai pour M. Madison. » « Un noble patriote chrétien, remarque le gouverneur Briggs ; ce seul acte, avec les motifs [illisible]James Madison led the Virginia party which favored ratification, but was in Philadelphia during the election of delegates to the State Convention, engaged with John Jay and Alexander Hamilton in preparing that memorable series of political papers, written in defense of the Constitution, and known as the 'Federalist.' When he returned to Virginia, he found that Leland had been nominated in Orange, his own county, by the party opposed to ratification, against himself, as the delegate in favor of that measure. Governor George N. Briggs, of Massachusetts, says, that Leland told him that Madison called on him and carefully explained the purposes of the Constitution with his arguments in its support. The opposing candidates soon met at a political meeting, in the presence of most of the voters, when Madison mounted a hogshead of tobacco, and for two hours addressed his fellow-citizens in a calm, candid and statesmanlike manner, presenting his side of the case and meeting all the arguments of his opponents. Though he was not eloquent, the people listened with profound respect, and said Leland: 'When he left the hogshead, and my friends called for me, I took it, and went in for Mr. Madison.' 'A noble Christian patriot,' remarks Governor Briggs; 'that single act, with the motives [illegible]
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Il y eut au Massachusetts la même opposition à la ratification de la Constitution des États-Unis qu’en Virginie, et en grande partie pour les mêmes raisons. Isaac Backus prit à peu près la même position que Patrick Henry en Virginie, parce qu’il ne voyait pas qu’elle garantît suffisamment la liberté religieuse. Manning et Stillman furent plus sages en leur génération. Stillman [illisible] été choisi comme délégué de Boston à la Convention de l’État du Massachusetts, qui devait accepter ou rejeter cet instrument, une assemblée de près de 400 membres. Manning se hâta de se rendre au Massachusetts, et pendant deux semaines fut infatigable [illisible] arguments et appels pour amener tous les délégués baptistes et d’autres baptistes influents à aider à obtenir d’abord tout ce que la Constitution non amendée garantissait. [illisible] une crise très grave, l’esprit public était fiévreux, et ces deux grands [illisible] eurent fort à faire pour s’assurer le plein appui de leurs propres frères.There was the same opposition in Massachusetts to the ratification of the United States Constitution that there was in Virginia, and much for the same reasons. Isaac Backus took about the same ground that Patrick Henry had taken in Virginia, because he could not see that it sufficiently guaranteed religious liberty. Manning and Stillman were wiser in their generation. Stillman [illegible] been chosen a delegate from Boston to the State Convention of Massachusetts, which was to accept or reject this instrument, a body numbering nearly 400 members. Manning hastened to Massachusetts, and for two weeks was indefatigable [illegible] argument and appeal to induce all Baptist delegates and other Baptists of influence to aid in securing first all that the unamended Constitution did secure. It [illegible] very grave crisis, the public spirit was in a feverish state, and these two great [illegible] had their hands full to secure the full support of their own brethren.
Ils savaient [illisible] que ce document n’avait pas garanti tout ce qui leur était nécessaire, mais ils [illisible] aussi qu’une telle révolution ne pouvait reculer, sinon par la désunion des États. La Convention siégea pendant un mois, dont la moitié [illisible] Stillman et Manning furent à l’œuvre, et lorsque le vote final eut lieu, la Constitution fut ratifiée par 187 voix contre 168. Le Massachusetts adopta la Constitution des États-Unis le 6 février 1788. Après le vote, où les baptistes [illisible] l’équilibre des forces, John Hancock, président de la Convention, invita le Dr Manning à rendre grâces à Dieu, et l’on dit que le haut esprit de piété [illisible] patriotisme qui marqua sa prière remplit la Convention de respect et [illisible] Pour ce qui est des baptistes du Massachusetts, cette grande occasion [illisible] ni manquée ni mal conduite, mais devint un pas important vers la liberté.They knew [illegible] this document had not secured everything needful to them, but they also [illegible] that such a revolution could not go backward excepting through alienation between the States. The Convention was in session for a month, half of which [illegible] Stillman and Manning were at work, and when the final vote was taken the Constitution was ratified by 187 to 168 votes. Massachusetts adopted the Constitution of the United States February 6th, 1788. After the vote, in which the Baptists [illegible] the balance of power, John Hancock, the President of the Convention, invited Dr. Manning to return thanks to God, and it is said that the lofty spirit of piety [illegible] patriotism which marked his prayer filled the Convention with reverence and [illegible] So far as the Massachusetts Baptists were concerned, this great opportunity [illegible] neither missed nor mismanaged, but was made an important step toward freedom.
Le Massachusetts s’était donné une constitution d’État en 1780, et dans cette Convention les baptistes luttèrent avec ténacité pour leurs droits religieux. Noah Alden, descendant en ligne directe de la famille de Plymouth, était membre de cette Convention, et à cette époque pasteur de l’Église baptiste de Bellingham. Il fut aussi membre de la Convention qui forma la Constitution des États-Unis. Lorsque la fameuse Déclaration des droits du Massachusetts fut présentée, il proposa [illisible] renvoyer en commission le troisième article, qui donnait pouvoir aux gouvernants en matière religieuse ; [illisible] fut nommé membre d’un comité de sept chargé d’examiner la question, et bien qu’il ne pût obtenir l’égalité devant la loi pour toutes les sectes au Massachusetts, il [illisible] obtenir tant de concessions qu’on s’en émerveilla à l’époque, tant elles dépassaient tout ce que cet État avait connu auparavant en fait de libéralité religieuse.Massachusetts had formed a State Constitution in 1780, and in that Convention the Baptists contended with pertinacity for their religious rights. Noah Alden, a lineal descendant of the Plymouth family, was a member of this Convention, and at that time pastor of the Baptist Church at Bellingham. He was also a member of the Convention which framed the Constitution of the United States. When the famous Massachusetts Bill of Rights was reported he moved [illegible] recommit the third article, which gave power to the rulers in religious affairs, [illegible] was made a member of a committee of seven to consider the subject and although he could not secure equality before the law for all sects in Massachusetts, he [illegible] procure so much concession as to excite marvel at the time, it was so far in advance of anything that this State had previously known in religious liberality.
[illisible] le pouvoir des gouvernants civils de pourvoir à l’entretien de la religion dans les villes où cet entretien n’était pas assuré volontairement ; elle exigeait l’assistance au culte public « s’il y avait des maîtres religieux dont ils pussent suivre l’enseignement en conscience et commodément » ; elle disposait que le peuple aurait [illisible] droit exclusif d’élire ses maîtres publics et de passer contrat avec eux pour leur entretien et leur subsistance ; elle donnait à l’auditeur le droit d’affecter ses paiements publics de l’impôt religieux « à l’entretien du maître ou des maîtres publics de sa propre secte ou dénomination religieuse, pourvu qu’il y en ait un dont il suive l’enseignement » ; et « toute dénomination de chrétiens se conduisant paisiblement et en bons sujets de la république sera également sous la protection de la loi, et aucune subordination d’une secte ou dénomination à une autre ne sera jamais établie par la loi ».It [illegible] the power of the civil rulers to provide for the support of religion in towns where such provision was not made voluntarily; it required attendance on public worship, 'if there were any religious teachers on whose instructions they can conscientiously and conveniently attend'; it provided that the people should have [illegible] exclusive right of electing their public teachers, and of contracting with them for their support and maintenance; it gave the right of the hearer to apply his public payments of religious tax 'to the support of the public teacher or teachers of his own religious sect or denomination, provided there be any on whose instruction he attends,' and every denomination of Christians, demeaning themselves peaceably and as good subjects of the common wealth, shall be equally under the protection of the law, and no subordination of any one sect or denomination to another shall ever be established by law.'
Ce gain merveilleux de la Déclaration des droits ne supprima pas l’établissement de l’Église au Massachusetts, qui restait protégée par les diverses exceptions de l’article, mais il brisa son pouvoir tyrannique, et en un peu plus d’un demi-siècle il produisit l’entière séparation de l’Église et de l’État au Massachusetts. Il rencontra la plus violente résistance à la Convention, et un chef de l’opposition dit : « Nous croyons en conscience que la meilleure manière de servir Dieu est que la religion soit protégée et les ministres de l’Évangile entretenus par la loi, et nous espérons qu’aucun membre de cette assemblée ne voudra blesser nos consciences délicates. » « Ce qui, en bon anglais, dit Leland, signifie : nos consciences nous dictent que toute la république du Massachusetts doit se soumettre à notre jugement, et que si elle ne le fait pas, elle blessera nos consciences délicates. »This wonderful gain in the Bill of Rights did not dis-establish the Church in Massachusetts, which was still protected under the several exceptions of the article, but it broke its tyrannical power, and in a little more than half a century it wrought the entire separation of Church and State in Massachusetts. It met with the most violent resistance in the Convention, and a leader of the opposition said: 'We believe in our consciences that the best way to serve God is to have religion protected and ministers of the Gospel supported by law, and we hope that no gentleman here will wish to wound our tender consciences.' 'The plain English of which,' says Leland, 'is, our consciences dictate that all the common-wealth of Massachusetts must submit to our judgments, and if they do not they will wound our tender consciences.'
Alden fut noblement soutenu dans cette Convention par le Dr Asaph Fletcher, qui en était aussi membre et ardent défenseur de cette mesure. Sous ses dispositions, bien des actes malveillants furent commis, et l’on invoqua toutes sortes de chicanes, de prétextes et d’arguties que pouvait inventer un orgueil ingénieux mais blessé pour tracasser les baptistes ; mais cette Déclaration porta un coup mortel à la persécution proprement dite au Massachusetts. La nouvelle Constitution fut bientôt mise à l’épreuve, car plusieurs personnes furent imposées à Attleboro, en 1780, pour l’entretien de l’Église paroissiale, bien qu’elles fréquentassent un autre lieu de culte. Elijah Balkom fut saisi et, ayant poursuivi les répartiteurs en dommages-intérêts, il fut débouté ; mais, en appel devant la Cour du comté à Taunton, il obtint des dommages-intérêts et les dépens. En 1783, un cas semblable à bien des égards se produisit à Cambridge, où des baptistes furent poursuivis pour l’entretien de l’Ordre établi et leur argent extorqué ; mais ils en réclamèrent en justice la restitution, et il leur fut rendu.Alden was nobly sustained in this Convention by Dr. Asaph Fletcher, who was also a member, and a strong advocate of this measure. Under its provisions many ungracious acts were perpetrated, and all sorts of quibbles, pretexts and pleas that ingenious but wounded pride could invent were invoked to annoy the Baptists, but this Bill struck a death-blow at persecution proper in Massachusetts. The new Constitution was soon put to the test, for several persons were taxed at Attleboro, in 1780, to support the parish Church, although they attended elsewhere. Elijah Balkom was seized, and having sued the assessors for damages, judgment was had against him; but, on an appeal to the County Court at Taunton, he obtained damages and costs. In 1783 a similar case, in many respects, occurred in Cambridge, where Baptists were sued to support the Standing Order, and their money extorted, but they sued for its return and it was paid back.
Ces tracasseries continuèrent et furent parfois assez pénibles. Dans une lettre du Dr Backus à William Richards, datée du 28 mai 1796, il dit : « Bien que les maîtres et les gouvernants du parti dominant au Massachusetts, au Connecticut, au New Hampshire et au Vermont soient aussi acharnés que le fut jamais Pharaon à tenir l’Église du Christ sous le pouvoir fiscal du monde, ce pouvoir se consume chaque jour par le souffle de la bouche de Dieu. » Pour faire face à ces tentatives et les déjouer, l’Association de Warren maintint en fonction un comité vigilant. En 1797, il se composait des docteurs Stillman, Smith et Backus, avec M. Baldwin et M. Grafton, auxquels les Églises opprimées faisaient appel pour obtenir conseil et aide, et ils rendirent vraiment de grands services. John Leland dit en 1801 : « En l’an 1800, environ six cents dollars furent pris aux baptistes de Partridgefield pour la construction, dans ladite ville, d’une maison de réunion destinée à une autre dénomination.These annoyances continued and sometimes were grievous enough. In a letter from Dr. Backus to William Richards, dated May 28th, 1796, he says: 'Though the teachers and rulers in the uppermost party in Massachusetts, Connecticut, New Hampshire and Vermont are as earnest as ever Pharaoh was to hold the Church of Christ under the taxing power of the world, yet that power is daily consuming by the spirit of God's mouth.' To meet and thwart these attempts the Warren Association kept a vigilant committee in existence. In 1797 it consisted of Drs. Stillman, Smith and Backus, with Mr. Baldwin and Mr. Grafton, to whom the oppressed Churches appealed for counsel and help, and they did good service indeed. John Leland said, 1801: 'In the year 1800 about six hundred dollars were taken from the Baptists, in Partridge-field, for the building of a meeting-house in said town for another denomination.
L’affaire est maintenant en justice, en suspens, et nous ne savons quelle en sera l’issue. » On nourrissait de grands espoirs que la Convention tenue en novembre [illisible] 1820 pour amender la Constitution dissoudrait entièrement le dernier lien d’union entre l’Église et l’État au Massachusetts ; mais cela échoua, principalement par l’[illisible] résolue de John Adams, qui était membre de cette assemblée. Isaac Backus mourut en 1806, après une vie d’une activité étonnante [illisible] la liberté religieuse.The case is now in law, hung up, and what the event will be we know not.' Great hopes were entertained that the Convention held November [illegible], 1820, to amend the Constitution, would entirely dissolve the last bond of union between Church and State in Massachusetts; but this was defeated, chiefly by the determined [illegible] of John Adams, who was a member of that body. Isaac Backus died in 1806, after a life of astonishing activity in the [illegible] religious freedom.
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En 1811, le juge Parsons rendit une décision portant qu’aucune congrégation [illisible] société non constituée par la loi ne pouvait revendiquer [illisible] les privilèges que les [illisible] revendiquaient en vertu de la Déclaration des droits, et l’alarme se répandit parmi eux dans tout l’État. Des pétitions circulèrent partout et furent envoyées à la Législature, demandant une révision des lois religieuses, et le peuple de Cheshire élut l’ancien Leland [illisible] cette assemblée afin qu’il y plaidât leur cause.In 1811 Judge Parsons gave a decision to the effect, that no congregation [illegible] society not incorporated by law could claim [illegible] the privileges which the [illegible] claimed under the Bill of Rights, and alarm awakened them throughout the State. Petitions were circulated everywhere and sent to the Legislature, praying for a revision of the religious laws, and the people of Cheshire elected Elder Leland [illegible] that body for the purpose of pleading their cause.
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Mais leurs prières ne furent pas exaucées, et leurs efforts de réforme les plus acharnés restèrent vains, jusqu’à ce que le peuple se levât dans sa puissance et amendât la Déclaration des droits en 1833, de telle sorte que l’Église et l’État furent séparés pour toujours ; depuis lors, ce que Leland appelait le « principe criminel » a été banni des codes de tous les États, et comme Leland ne mourut qu’en 1841, il respira l’air de la liberté pendant les sept dernières années de sa vie, pour sa grande santé et son grand plaisir. Il vécut jusqu’à quatre-vingt-sept ans, et il méritait bien dix ans d’air frais après avoir travaillé soixante-sept ans à défendre le droit civil et religieux de tous les hommes. Repose, vieux et royal guerrier, repose sur les collines de Cheshire, que tu as tant fait pour rendre libres ! Au Vermont, la lutte ne fut ni si longue ni si dure.But their prayers were not heard, and their most strenuous efforts at reform were unavailing, until the people arose in their might and so amended the Bill of Rights in 1833 that the Church and State were forever separated, since which time what Leland called the 'felonious principle' has been banished from the statute books of all the States, and, as Leland did not die until 1841, he breathed free air for the last seven years of his life, to his great health and delectation. He lived to be eighty-seven years of age, and deserved ten years of fresh air after he had labored sixty-seven years to vindicate the civil and religious right of all men. Rest, royal old warrior, rest on the Cheshire hills, which thou didst so much to make free! In Vermont the contest was neither so long nor so severe. The lands which now form Vermont were claimed in part by New Hampshire and in part by New York, and were originally known as the 'New Hampshire grants.'
Les terres qui forment aujourd’hui le Vermont étaient revendiquées en partie par le New Hampshire et en partie par New York, et elles étaient connues à l’origine sous le nom de « concessions du New Hampshire ». Leurs habitants demandèrent au Congrès continental leur admission dans la confédération en 1770, mais, New York s’y opposant, ils se retirèrent. L’année suivante, ils se proclamèrent indépendants et se donnèrent une constitution, et ils furent admis dans l’Union en 1791. Le Dr Asaph Fletcher s’était transporté du Massachusetts à Cavendish, au Vermont, en 1787, et fut membre de la Convention qui demanda l’admission de l’État dans l’Union. Il fut aussi membre de la Convention de 1793 chargée de réviser la Constitution de l’État, où il lutta pour la séparation de l’Église et de l’État, mais l’idée contraire l’emporta. Un sujet si vital ne pouvait cependant rester longtemps en repos, surtout avec le Dr Fletcher en activité comme membre de la législature, juge de la Cour du comté, membre du Conseil et grand électeur présidentiel de l’État.Their inhabitants applied to the Continental Congress for admission into the confederacy in 1770, but, New York opposing, they withdrew. The next year they proclaimed themselves independent and formed a Constitution, and were admitted into the Union in 1791. Dr. Asaph Fletcher had removed from Massachusetts to Cavendish, Vermont, in 1787, and was a member of the Convention which applied for the admission of the State into the Union. He was also a member of the Convention of 1793 to revise the State Constitution, when he contended for the separation of Church and State, but the contrary idea prevailed. Such a vital subject could not long rest, however, especially with Dr. Fletcher in active service as a member of the legislature, a Judge of the County Court, a member of the Council, and a State Presidential elector. In 1780, two years after Fletcher's settlement in Vermont, he was followed by Rev. Aaron Leland, from Bellingham, Mass. His liberal political sentiments soon commended him to his fellow-citizens, and he was elected to the General Assembly.
En 1780, deux ans après l’établissement de Fletcher au Vermont, il fut suivi par le révérend Aaron Leland, de Bellingham, au Massachusetts. Ses opinions politiques libérales le recommandèrent bientôt à ses concitoyens, et il fut élu à l’Assemblée générale. Il y fut président de la Chambre pendant trois ans, et pendant quatre ans membre du Conseil du gouverneur. Pendant cinq ans, il fut aussi lieutenant-gouverneur de l’État, et pendant dix-huit ans juge assesseur à la Cour du comté. Il avait une grande influence parmi les baptistes de l’État, ainsi que parmi ses citoyens en général, et en 1828 il refusa une candidature au poste de gouverneur, craignant que la fonction n’empiétât trop sur ses devoirs pastoraux. Il était membre du conseil du Middlebury College, possédait une grande puissance intellectuelle et était un débatteur très vigoureux. Alors qu’il présidait la Chambre, une proposition de séparation de l’Église et de l’État lui fut soumise, et dans la discussion quelqu’un [illisible] assez faible pour dire que le christianisme s’effondrerait si l’État lui retirait son soutien.There he served as Speaker of the House for three years, and for four years he was one of the Governor's Council. For five years, also, he was Lieutenant-Governor of the State, and for eighteen he was an Assistant Justice in the County Court. He had large influence amongst the Baptists of the State, as well as with its citizens generally, and in 1828 he declined a nomination for Governor, fearing that the office would interfere too much with his pastoral duties. He was a Fellow of Middlebury College, possessed great mental power, and was a very forcible debater. While he was Speaker of the House a proposition came before it for a dissolution of Church and State, and in the discussion some one [illegible] weak enough to say that Christianity would go down if the State withdrew its support. This stirred all the fervor of his spirit.
Cela enflamma toute l’ardeur de son esprit. Il quitta le fauteuil et prit part au débat, prononçant l’un des plus vigoureux discours jamais entendus au Vermont en faveur de la liberté religieuse, la force principale de sa position étant que Dieu avait fondé son Église sur le roc et que les portes de l’enfer ne prévaudraient pas contre elle. Un troisième champion baptiste de la liberté religieuse au Vermont fut Ezra Butler, qui, en 1785, quitta Claremont, au New Hampshire, pour Waterbury, au Vermont, où, vers 1800, il devint baptiste et fonda une Église, qu’il servit comme pasteur pendant plus de trente ans. Ses talents et son caractère élevé portèrent ses concitoyens à lui confier des charges civiles, d’abord comme greffier municipal, juge de paix, puis comme membre de la Législature, [illisible] aussi comme juge principal du comté de Washington. En 1813-15, il servit son État au Congrès, et de 1826 à 1828 il [illisible] gouverneur du Vermont, avec Aaron Leland comme lieutenant-gouverneur, tous deux ministres baptistes à cette époque.He left the chair and took part in the debate, delivering one of the strongest speeches ever heard in Vermont in favor of religious liberty, the main strength of his position being that God had founded his Church upon a rock, and that the gates of hell should not prevail against her. A third Vermont Baptist champion of religious freedom is found in Ezra Butler, who, in 1785, removed from Claremont, N. H., to Waterbury, Vt., where, about 1800, he became a Baptist and formed a Church, which he served as pastor for more than thirty years. His talents and high character induced his fellow-citizens to intrust him with civil office, first as town clerk, justice of the peace, then as member of the Legislature, [illegible] also as Chief Justice for Washington County. In 1813-15 he served his State in Congress, and from 1826 to 1828 he [illegible] Governor of Vermont, with Aaron Leland as Lieutenant-Governor, both Baptist ministers at the time.
Sous ces grands chefs et leurs compagnons, l’opinion publique rejeta enfin l’union de l’Église et de l’État au Vermont, devançant de plusieurs années le Massachusetts dans cette course. Les baptistes de Caroline du Sud se tinrent fermement pour la liberté religieuse. L’État [illisible] sa Constitution en 1776, et l’amenda en 1778 et en 1790 ; mais les baptistes [illisible] de bonne heure conscients de la nécessité d’assurer leurs droits, et dès 1779 l’Association de Charleston chargea un comité permanent « de travailler à la parfaite égalité de toutes les personnes religieuses devant la loi, et à cette fin ils devaient [illisible] traiter avec le gouvernement au nom des Églises ». Personne ne contribua davantage à l’obtention de la liberté civile et religieuse en Géorgie que le célèbre Richard Furman, docteur en théologie, dont on peut donner ici une brève esquisse. Il naquit [illisible] Esopus, dans l’État de New York, en 1755, mais, alors qu’il était encore tout petit, ses parents s’installèrent en Caroline du Sud, sur les High Hills de Santee.Under these great leaders and their compeers public sentiment finally threw aside the union of Church and State in Vermont, distancing Massachusetts by a number of years in that race. South Carolina Baptists stood firmly for religious liberty. The State [illegible] its Constitution in 1776, and amended it in 1778 and 1790; but the Baptists [illegible] early awake to the need of securing their rights, and as early as 1779 the Charleston Association made it the duty of a standing committee 'to labor for the perfect equality of all religious people before the law, and for this purpose they were [illegible] treat with the government in behalf of the Churches.' No one contributed more to the result of civil and religious liberty in Georgia than did the noted Richard Furman, D.D., of whom a brief sketch may here be given. He was born [illegible] Esopus, N. Y., in 1755, but, while an infant, his parents removed to South Carolina and settled on the High Hills of Santee.
Là, après une bonne instruction première, il devint chrétien, et à dix-huit ans il commença à prêcher avec un degré remarquable de clarté, de dévotion et de force pour un jeune homme. Le district où [illisible] travailla s’étendait à l’est et au nord des rivières Wateree et Santee, où l’iniquité abondait. Il fonda beaucoup d’Églises, qui s’unirent à l’Association de Charleston. Il était extrêmement modeste, mais son ardeur sans prétention, avec la maturité de son jugement dans l’interprétation de l’Écriture et la force peu commune de ses appels, suscita une surprise et une admiration universelles. Il avait à peine vingt-deux ans quand la Révolution commença, et il se déclara aussitôt ferme partisan des patriotes et jeta toutes ses forces dans la cause américaine. Lorsque les Britanniques envahirent la Caroline du Sud, il dut se retirer en Caroline du Nord et en Virginie, et plus tard Cornwallis mit sa tête à prix. En Virginie, il se lia intimement avec Patrick Henry, qui lui offrit certains livres que la famille Furman conserve précieusement jusqu’à ce jour.Here, after a good early education, he became a Christian, and at the age of eighteen began to preach, with a remarkable degree of clearness, devotion and force, for a youth. The district where [illegible] labored lay to the east and north of the rivers Wateree and Santee, where wickedness abounded. He formed many Churches, which united with the Charleston Association. He was extremely modest, but his unassuming ardor, with his ripeness of judgment in interpreting Scripture, and his uncommon pungency of appeal, awakened universal surprise and admiration. He was scarcely twenty-two when the Revolution commenced, and he avowed himself at once a firm Whig and threw all his powers into the American cause. When the British invaded South Carolina he was obliged to retire into North Carolina and Virginia, and afterwards Cornwallis put a price on his head. In Virginia he became intimate with Patrick Henry, who presented him with certain books, which are cherished in the Furman family to this day.
En 1787, il accepta la charge pastorale de l’Église baptiste de Charleston, où il demeura trente-huit ans, et se lia intimement avec ces familles patriotes, les Pinckney, les Rutledge et les Sumter, avec lesquelles il avait travaillé ardemment pour la cause révolutionnaire. Lorsque l’indépendance fut acquise et que les principaux hommes de l’État furent choisis pour se réunir en convention et former une nouvelle constitution, leurs suffrages firent de lui un membre de cette assemblée, où il lutta ardemment contre l’exclusion des ministres chrétiens de certaines fonctions civiles, et fit beaucoup pour assurer la liberté de l’âme dans l’État. Il avait si noblement uni son patriotisme au raffinement et à l’urbanité d’un caractère saint qu’à la mort de Washington et d’Hamilton, la Société des Cincinnati et la Société de la Révolution le désignèrent pour prononcer des discours en hommage à leur mémoire. Tout bien considéré, il fut un très éminent serviteur de Dieu et de son pays.In 1787 he accepted the pastoral charge of the Baptist Church in Charleston, where he remained for eight and thirty years, and became intimate with those patriot families, the Pinckneys, Rutledges and Sumters, together with whom he labored earnestly for the Revolutionary cause. When independence was achieved, and the leading men of the State were selected to meet in convention and form a new Constitution, their suffrages made him a member of that body, in which he contended earnestly against the exclusion of Christian ministers from certain civil offices, and did much to secure soul-liberty in the State. So nobly had he blended his patriotism with the refinement and urbanity of a holy character, that on the death of Washington and Hamilton he was appointed by the Cincinnati and the Revolution Society to deliver orations in tribute to their memory: Taken altogether, he was a most eminent servant of God and of his country.
Le regretté Dr W. R. Williams a dit : « De cet éminent serviteur du Seigneur, il est difficile d’exprimer ce qui est juste et convenable sans paraître d’une partialité excessive. Le représenter dans les termes ordinaires de l’éloge, ou dépeindre ses vertus selon les normes communes de la description, serait le moyen le plus direct de rester en deçà de la vérité. La providence de Dieu donne au monde peu d’hommes tels que le Dr Furman. . . . Là où d’autres étaient grands, il était éminent, et là où d’autres étaient honnêtes et conséquents dans leur caractère, il se distinguait, aimable et lumineux, par tous les meilleurs attributs de l’homme. . . . En culture générale, il avait fait de tels progrès qu’il eût été rangé parmi les hommes de premier ordre en n’importe quel pays. . . . Ses études portaient principalement sur les mathématiques, la métaphysique, les belles-lettres, la logique, l’histoire et la théologie ; il cultivait aussi la connaissance des classiques anciens, particulièrement Homère, Longin et Quintilien, dont les beautés et les préceptes lui étaient familiers.The late Dr. W. R. Williams said: 'Of this eminent servant of the Lord it is difficult to express what is just and proper without the appearance of excessive partiality. To represent him in the ordinary terms of eulogy, or to depict his virtues by any of the common standards of description, would be the direct way to fall short of the truth. The Providence of God gives few such men to the world as Dr. Furman. . . . Where others were great he was transcendent, and where others were fair and consistent in character, he stood forth lovely and luminous in all the best attributes of man. . . . In general learning he had made such progress as would have ranked him among men of the first intelligence in any country. . . . His studies were chiefly confined to mathematics, metaphysics, belles-lettres, logic, history and theology; He cultivated also an acquaintance with the ancient classics, particularly Homer, Longinus and Quintilian, with whose beauties and precepts he was familiar.
Il lut avec une attention assidue tous les écrivains de l’âge augustéen de la littérature anglaise, et tout ce que la langue possédait de précieux en critique et d’immortel en poésie. Il est, croit-on, peu d’hommes qui aient eu l’esprit plus richement pourvu des beaux passages de Milton, Young, Pope, Addison, Butler et d’autres grands auteurs que le Dr Furman. Il pouvait en citer à propos, et avec justesse pour presque toute occasion, ce qu’il y avait de plus beau et de plus éloquent. Il avait un talent peu commun pour discerner l’utilité des études qui touchent à l’esprit et pour les condenser en des résumés qui les rendaient clairement intelligibles à toute intelligence. Il pouvait ainsi analyser et exposer les principes de la philosophie morale et de la logique avec une facilité qui ne pouvait résulter que d’une parfaite maîtrise de ces sujets. Mais ce qui donnait du charme à toute sa vie, c’était la saveur pieuse qui pénétrait et adoucissait tous ses dons et toutes ses qualités supérieures. Toute la vigueur de sa noble intelligence était consacrée à Dieu. Tout le fruit mûr de sa longue expérience était une offrande au Père des miséricordes. Toute la variété de ses connaissances et toute l’étendue de son esprit bien meublé se fondaient en une seule résolution dominante : ne savoir autre chose que Christ crucifié. »He read with sedulous attention all the writers of the Augustan age of English literature, and whatever the language possessed valuable in criticism and immortal in poetry. There are few men, it is believed, who have had their minds more richly stored with the fine passages of Milton, Young, Pope, Addison, Butler and other great authors than Dr. Furman. From them he could quote properly, and appositely for almost every occasion, what was most beautiful and eloquent. He possessed uncommon talent in discerning the utility of those studies connected with the mind, and in condensing them into such abstracts as to make them clearly intelligible to every capacity. In this way he could analyze and expound the principles of moral philosophy and logic, with a facility which could only have resulted from a ready mastery over the subjects. But that which imparted a charm to his whole life was the godly savor which pervaded and sweetened all his superior endowments and qualifications. All the vigor of his noble intellect was consecrated to God. All the matured fruit of his long experience was an oblation to the Father of Mercies. All the variety of his acquirements, and all the vastness of his well-furnished mind, were merged in one prevailing determination to know nothing save Christ crucified.'