Histoire de la Réforme et des Églises réformées — Unité 4: La foi réformée se répand : la France, les Pays-Bas, la Hongrie et le PalatinatHistory of the Reformation and Reformed Churches — Unit 4: The Reformed Faith Spreads: France, the Netherlands, Hungary and the Palatinate

Professeur : Dr Wayne Cook | Directeur : Dr Ted RogersProfessor: Dr. Wayne Cook | Director: Dr. Ted Rogers

Édition provisoire. Ce cours optionnel est rédigé de l’intérieur de sa propre tradition et compte pour les diplômes du STC comme tout autre cours. Il sera révisé ou complété par des cours de professeurs de cette tradition.Interim edition. This elective is written from inside its own tradition and counts toward CTS degrees like any other course. It will be revised or joined with lecture material from faculty of this tradition.

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Le parcours Certificat comprend les questions à choix multiple. Le diplôme associé ajoute les questions à compléter ; les parcours M.Div. et Th.M. ajoutent aussi les questions à réponse courte. Il faut 90 % dans chaque partie pour réussir.The Certificate track answers the multiple choice. The Associate adds the fill-in-the-blank questions; M.Div. and Th.M. add those and the short-answer questions. 90% of each part is required to pass.

Verset cléKey Verse

« Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. » (Apocalypse 2.10, LSG)"Be faithful until death, and I will give you the crown of life." (Revelation 2:10, NKJV)

Objectifs d'apprentissageLearning Objectives

Lorsque vous aurez terminé cette unité, vous devriez être capable de :When you finish this unit, you should be able to:

1. Décrire la croissance, les souffrances et la survie des Églises réformées de France, appelées huguenotes, de 1559 à 1685.1. Describe the growth, suffering and survival of the Reformed churches of France, called Huguenots, from 1559 to 1685.

2. Expliquer comment la foi réformée a pris racine aux Pays-Bas et pourquoi Guido de Brès et la Confession belge sont importants.2. Explain how the Reformed faith took root in the Netherlands and why Guido de Brès and the Belgic Confession matter.

3. Décrire l'Église réformée de Hongrie et nommer sa confession de foi et sa traduction de la Bible.3. Describe the Reformed church in Hungary and name its confession and its Bible translation.

4. Expliquer comment le Catéchisme de Heidelberg a été écrit dans le Palatinat, et décrire son plan.4. Explain how the Heidelberg Catechism came to be written in the Palatinate, and describe its plan.

5. Exposer l'objection selon laquelle la résistance politique réformée contredisait Romains 13, et donner la réponse réformée.5. State the objection that Reformed political resistance contradicted Romans 13, and give the Reformed answer.

La voix de ce coursThe Voice of This Course

Cette unité est écrite de l'intérieur de la tradition réformée, pour des étudiants réformés. Dans ces quatre pays, la foi réformée n'a pas été portée par des armées. Elle a été portée par des prédicateurs, des imprimeurs, des catéchismes, des exilés et des martyrs. Nous nous souvenons des croyants qui ont souffert, et nous admettons aussi que, dans certains de ces pays, des luttes politiques et militaires se sont mêlées à la cause de l'Évangile. Nous exposons les questions que posent les historiens à ce sujet, et nous donnons la réponse de notre tradition.This unit is written from inside the Reformed tradition for Reformed students. In these four lands the Reformed faith was not carried by armies. It was carried by preachers, printers, catechisms, exiles and martyrs. We remember the believers who suffered, and we also admit that in some of these lands political and military struggles became mixed with the cause of the gospel. We state the questions historians ask about this, and we give the answer of our tradition.

Comment une foi se répandHow a Faith Spreads

Dans les années 1550, le mouvement réformé n'était plus limité à Zurich et à Genève. Il se répandit de trois manières principales. D'abord, il se répandit par les livres. L'Institution de Calvin, les Bibles de Genève et les Psaumes dans les langues des gens ordinaires franchirent les frontières. Ensuite, il se répandit par les personnes. Des pasteurs formés à Genève et des réfugiés qui y avaient été accueillis retournèrent chez eux. Enfin, il se répandit par les confessions de foi et par l'ordre ecclésiastique. Partout où une Église réformée devenait forte, elle mettait par écrit ce qu'elle croyait et s'organisait avec des anciens et des synodes. Chacun des quatre pays de cette unité montre ces modèles dans un cadre différent.By the 1550s the Reformed movement was no longer confined to Zurich and Geneva. It spread in three main ways. First, it spread by books. Calvin's Institutes, the Genevan Bibles and the Psalms in the languages of ordinary people crossed borders. Second, it spread by people. Pastors trained in Geneva and refugees who had been sheltered there returned home. Third, it spread by confessions and church order. Wherever a Reformed church grew strong, it wrote down what it believed and organized itself with elders and synods. Each of the four lands in this unit shows these patterns in a different setting.

La France : l'Église sous la croixFrance: The Church Under the Cross

Les débuts. En France, la Réforme fut accueillie dès le début par la persécution royale. Malgré cela, les congrégations réformées grandirent dans les années 1550, beaucoup d'entre elles dirigées par des pasteurs formés à Genève. Elles se réunissaient en secret, dans des maisons et dans les champs. En mai 1559, leurs délégués se réunirent à Paris pour le premier synode national des Églises réformées de France. Le synode adopta une confession de foi, habituellement appelée la Confession gallicane ou Confession de foi de La Rochelle, et une discipline ecclésiastique. Calvin avait préparé un projet de confession, et le texte du synode s'appuya sur ce travail.The beginnings. In France the Reformation was met by royal persecution from early on. Even so, Reformed congregations grew in the 1550s, many of them led by pastors trained in Geneva. They met in secret, in houses and fields. In May 1559 their delegates met in Paris at the first national synod of the Reformed churches of France. The synod adopted a confession of faith, usually called the Gallic or French Confession, and a book of church order. Calvin had prepared a draft of a confession, and the synod's text drew on that work.

Un modèle de gouvernement. L'ordre ecclésiastique français était presbytérien. Chaque congrégation était gouvernée par un consistoire composé du pasteur et des anciens. Les congrégations d'une région envoyaient des délégués à un colloque et à des synodes provinciaux, qui envoyaient à leur tour des délégués au synode national. De cette manière, les Églises réformées de France montrèrent, avant l'Écosse, comment une Église sans protection de l'État pouvait se gouverner par des anciens et des synodes. Le Cours 4 étudiera ce système.A pattern of government. The French church order was presbyterian. Each congregation was governed by a consistory of pastor and elders. Congregations in a region sent delegates to a colloquy and to provincial synods, and these in turn sent delegates to the national synod. In this way the French Reformed churches showed, before Scotland did, how a church with no protection from the state could govern itself through elders and synods. Course 4 will study this system.

Le nom. Les croyants furent appelés huguenots. L'origine du mot est incertaine, et les savants ont proposé plusieurs explications ; nous ne nous appuyons donc sur aucune en particulier. Il fut d'abord employé par leurs ennemis.The name. The believers were called Huguenots. The origin of the word is uncertain, and scholars have suggested several explanations, so we do not rely on any one. It was first used by their enemies.

Les guerres de religion. Beaucoup de nobles rejoignirent la cause réformée, et la France entra dans une longue série de guerres civiles à partir de 1562. La tragédie la mieux connue fut le massacre de la Saint-Barthélemy, qui commença à Paris le 24 août 1572. De nombreux chefs réformés étaient venus dans la ville pour un mariage royal, et ils furent tués. La violence se répandit ensuite dans d'autres villes, et beaucoup d'autres huguenots furent tués. La nouvelle choqua les protestants de toute l'Europe. En 1598, le roi Henri IV, qui avait lui-même été élevé protestant et était devenu catholique, promulgua l'édit de Nantes. Il donnait aux huguenots le droit de célébrer leur culte en de nombreux lieux et une certaine protection de la loi.The wars of religion. Many nobles joined the Reformed cause, and France entered a long series of civil wars beginning in 1562. The best known tragedy was the massacre of Saint Bartholomew's Day, which began in Paris on 24 August 1572. Many Reformed leaders had come to the city for a royal wedding, and they were killed. The violence then spread to other cities and many more Huguenots were killed. The news shocked Protestants across Europe. In 1598 King Henry IV, who had himself been raised a Protestant and had become a Catholic, issued the Edict of Nantes. It gave the Huguenots the right to worship in many places and some protection under the law.

La révocation. Cette protection dura jusqu'en 1685, lorsque le roi Louis XIV révoqua l'édit. Le culte réformé fut interdit, et de nombreux pasteurs furent exilés. Les huguenots s'enfuirent en grand nombre vers la Suisse, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Angleterre, l'Amérique du Nord et l'Afrique du Sud. Certains restèrent en France et tinrent des cultes en pleine campagne, dans ce qu'ils appelaient « l'Église du désert ». La foi réformée survécut en France grâce à leur fidélité. L'appel du verset clé, « Sois fidèle jusqu'à la mort », décrit leur histoire.The revocation. That protection lasted until 1685, when King Louis XIV revoked the Edict. Reformed worship was forbidden, and many pastors were exiled. Huguenots fled in large numbers to Switzerland, Germany, the Netherlands, England, North America and South Africa. Some remained in France and held services in the open country, in what they called the "church of the desert." The Reformed faith survived in France because of their faithfulness. The call of the key verse, "Be faithful until death," describes their story.

Les Pays-Bas : une Église née dans la persécutionThe Netherlands: A Church Born in Persecution

Les débuts. Les Pays-Bas étaient alors sous la domination du roi d'Espagne, qui était un ardent défenseur de l'Église catholique et gouvernait par des gouverneurs. Les premiers mouvements protestants y furent sévèrement punis. L'enseignement réformé vint fortement des provinces méridionales de langue française, en contact avec Genève et la France, et des exilés de langue néerlandaise réfugiés dans les régions voisines d'Allemagne et d'Angleterre.The beginnings. The Low Countries were then under the rule of the king of Spain, who was a strong defender of the Catholic Church and ruled through governors. Early Protestant movements there met severe punishment. Reformed teaching came strongly from the French-speaking southern provinces, in contact with Geneva and France, and from the Dutch-speaking exiles in nearby Germany and England.

Guido de Brès et la Confession belge. Guido de Brès était un pasteur du sud des Pays-Bas, formé à Genève. En 1561, il écrivit la confession que nous appelons la Confession belge. Elle exprime la foi en trente-sept articles. Elle fut écrite en français et était destinée en partie à défendre les croyants persécutés : la tradition rapporte que des exemplaires furent jetés par-dessus le mur du château d'un noble afin que les autorités sachent que les réformés n'étaient pas des rebelles. De Brès fut arrêté et pendu en 1567. La Confession belge devint l'un des trois Formulaires d'unité des Églises réformées néerlandaises, avec le Catéchisme de Heidelberg et les Canons de Dort.Guido de Brès and the Belgic Confession. Guido de Brès was a pastor in the southern Netherlands who had been trained in Geneva. In 1561 he wrote the confession which we call the Belgic Confession. It states the faith in thirty-seven articles. It was written in French and was meant partly as a defense of the persecuted believers: tradition says that copies were thrown over the wall of a nobleman's castle so that the authorities would know that the Reformed were not rebels. De Brès was arrested and hanged in 1567. The Belgic Confession became one of the three Forms of Unity of the Dutch Reformed churches, together with the Heidelberg Catechism and the Canons of Dort.

Révolte et ordre ecclésiastique. En 1566, une vague de bris d'images balaya de nombreuses églises des Pays-Bas. Les autorités espagnoles répondirent par la force, et la situation tourna à une longue révolte contre la domination espagnole, conduite par le noble Guillaume d'Orange. Pendant la révolte, des réfugiés réformés réunis à Emden, en Allemagne, tinrent un synode en 1571 qui fixa le modèle d'ordre ecclésiastique pour les Églises réformées néerlandaises : des congrégations gouvernées par des consistoires, avec au-dessus d'elles des classes (réunions régionales) et des synodes. Huit ans plus tard, en 1579, les provinces du nord s'unirent dans l'Union d'Utrecht. L'Église réformée devint l'Église publique de la nouvelle République néerlandaise, dont l'Espagne reconnut l'indépendance en 1648. Les personnes d'autres croyances n'étaient pas forcées de la rejoindre, bien que les privilèges publics appartinssent à l'Église réformée.Revolt and church order. In 1566 a wave of image-breaking swept through many Netherlandish churches. The Spanish authorities answered with force, and the situation turned into a long revolt against Spanish rule, led by the noble William of Orange. During the revolt Reformed refugees in Emden, Germany, held a synod in 1571 that set the pattern of church order for the Dutch Reformed churches: congregations governed by consistories, with classes (regional meetings) and synods above them. Eight years later, in 1579, the northern provinces joined in the Union of Utrecht. The Reformed Church became the public church of the new Dutch Republic, whose independence Spain recognized in 1648. People of other beliefs were not forced to join it, though public privileges belonged to the Reformed Church.

Le chapitre suivant. En l'espace d'une génération, une dispute au sein de l'Église néerlandaise sur la prédestination conduisit au Synode de Dort. C'est le sujet de l'unité 6.The next chapter. Within a generation, a dispute within the Dutch church over predestination led to the Synod of Dort. That is the subject of Unit 6.

La Hongrie : la foi réformée à la frontièreHungary: Reformed Faith on the Frontier

La Hongrie était un pays divisé au seizième siècle. Après une grande victoire ottomane à Mohács en 1526, le royaume fut partagé. Les Ottomans dominaient la partie centrale, les rois des Habsbourg tenaient l'ouest et le nord, et la Transylvanie, à l'est, développa son propre gouvernement. Les idées évangéliques étaient entrées tôt en Hongrie par des étudiants qui avaient étudié en Allemagne et étaient rentrés chez eux. Au début, le mouvement fut surtout luthérien, mais vers le milieu du siècle, de nombreux prédicateurs hongrois avaient adopté des vues réformées sur la sainte cène et sur la vie de l'Église. La ville de Debrecen en devint le principal centre.Hungary was a divided land in the sixteenth century. After a great Ottoman victory at Mohács in 1526, the kingdom was split. The Ottomans ruled the central part, the Habsburg kings held the west and north, and Transylvania in the east developed its own government. Evangelical ideas had entered Hungary early through students who studied in Germany and returned home. At first the movement was mostly Lutheran, but by the middle of the century many Hungarian preachers had adopted Reformed views on the Lord's Supper and church life. The city of Debrecen became the leading center.

En 1567, un synode réuni à Debrecen adopta la Seconde Confession helvétique, écrite par Bullinger, pour l'Église réformée de Hongrie. Cela montre comment une confession écrite à Zurich pouvait servir une Église dans un pays lointain à l'est. L'Église réformée de Hongrie reçut aussi les Écritures dans la langue du peuple. En 1590, la Bible hongroise traduite par Gáspár Károli fut imprimée à Vizsoly. Elle devint, pendant des siècles, la Bible la plus aimée des protestants hongrois.In 1567 a synod meeting at Debrecen adopted the Second Helvetic Confession, written by Bullinger, for the Reformed Church of Hungary. This shows how a confession written in Zurich could serve a church in a land far to the east. The Reformed Church in Hungary also received the Scriptures in the language of the people. In 1590 the Hungarian Bible translated by Gáspár Károli was printed at Vizsoly. It became the best-loved Bible of Hungarian Protestants for centuries.

La Hongrie montre aussi que l'Église réformée vivait souvent sous des dirigeants étrangers ou hostiles. En 1568, la diète de Transylvanie, à Torda, publia un célèbre décret autorisant les prédicateurs à enseigner l'Évangile tel qu'ils le comprenaient et protégeant plusieurs confessions, un des premiers exemples de tolérance religieuse en Europe. Dans les terres hongroises royales qui étaient sous les Habsbourg, les croyants réformés subirent des pressions et parfois de sévères persécutions. L'Église réformée de Hongrie survécut, et elle reste aujourd'hui l'une des plus grandes Églises protestantes de ce pays.Hungary also shows that the Reformed Church often lived under foreign or hostile rulers. In 1568 the diet of Transylvania at Torda issued a famous decree allowing preachers to teach the gospel as they understood it, and protecting several confessions, an early example of religious toleration in Europe. In the royal Hungarian lands that were under the Habsburgs, Reformed believers faced pressure and sometimes severe persecution. The Reformed Church in Hungary survived, and it remains one of the largest Protestant churches there today.

Le Palatinat : le Catéchisme de HeidelbergThe Palatinate: The Heidelberg Catechism

Le Palatinat était un territoire allemand gouverné par un électeur, un prince qui avait une voix dans l'élection de l'empereur. Sa capitale était Heidelberg, qui possédait une célèbre université. En 1559, l'électeur Frédéric III monta sur le trône. Au début, il suivait l'enseignement luthérien, mais, par l'étude des Écritures et la persuasion de docteurs, il évolua vers la position réformée sur la sainte cène et sur la vie de l'Église. Sous son règne, le Palatinat devint l'État réformé le plus important d'Allemagne.The Palatinate was a German territory ruled by an elector, a prince who had a vote in choosing the emperor. Its capital was Heidelberg, which had a famous university. In 1559 the elector Frederick III came to the throne. At first he followed Lutheran teaching, but through study of the Scriptures and the persuasion of teachers he moved toward the Reformed position on the Lord's Supper and church life. Under his rule the Palatinate became the most important Reformed state in Germany.

Le catéchisme. Frédéric voulait un catéchisme pour enseigner la foi aux enfants et pour guider les pasteurs et les enseignants. Il demanda aux théologiens de Heidelberg d'en préparer un. Le Catéchisme de Heidelberg parut en 1563. La tradition nomme comme auteurs le jeune théologien Zacharie Ursinus et le prédicateur Gaspard Olevianus, travaillant avec Frédéric et d'autres. Les historiens débattent encore de la part exacte de chacun. Cela ne nous trouble pas, car le catéchisme fut l'œuvre d'une Église et fut reçu par l'Église.The catechism. Frederick wanted a catechism to teach the faith to children and to guide pastors and teachers. He asked the theologians of Heidelberg to prepare one. The Heidelberg Catechism appeared in 1563. Tradition names the young theologian Zacharias Ursinus and the preacher Caspar Olevianus as its authors, working with Frederick and others. Historians still debate exactly how much each man wrote. This does not trouble us, because the catechism was the work of a church and was received by the church.

Son plan. Le catéchisme comporte 129 questions, divisées en cinquante-deux sections appelées « dimanches », afin qu'il puisse être enseigné tout au long d'une année. Il est organisé autour de trois thèmes, habituellement appelés culpabilité, grâce et gratitude : la misère de notre péché, notre délivrance en Christ, et la vie reconnaissante d'obéissance qui en découle. C'est la plus chaleureuse et la plus personnelle des confessions réformées. La première question demande : « Quelle est ta seule consolation dans la vie et dans la mort ? » et la réponse est que nous appartenons, corps et âme, à notre fidèle Sauveur Jésus-Christ. Il ne commence pas par des décrets. Il commence par la consolation.Its plan. The catechism has 129 questions, divided into fifty-two sections called Lord's Days so that it can be taught through a year. It is arranged around three themes, usually called guilt, grace and gratitude: the misery of our sin, our deliverance in Christ, and the thankful life of obedience that follows. It is the most warm and personal of the Reformed confessions. The first question asks, "What is your only comfort in life and in death?" and the answer is that we belong, body and soul, to our faithful Savior Jesus Christ. It does not begin with decrees. It begins with comfort.

Sa portée. Le catéchisme fut traduit en de nombreuses langues. Aux Pays-Bas et dans les Églises qui en sont issues, il devint un fondement pour la prédication et l'enseignement. Beaucoup d'Églises réformées divisent encore une partie de leur prédication selon ses cinquante-deux dimanches. Frédéric défendit son Église devant la Diète d'Augsbourg en 1566, où la foi réformée du Palatinat fut contestée par d'autres princes allemands. Plus tard, dans les premières années de la guerre de Trente Ans, qui commença en 1618, le Palatinat fut dévasté et ses dirigeants réformés furent chassés. Mais le catéchisme était déjà entre les mains du peuple.Its reach. The catechism was translated into many languages. In the Netherlands and in the churches that came from them it became a foundation for preaching and teaching. Many Reformed churches still divide a part of their preaching according to its fifty-two Lord's Days. Frederick defended his church before the Diet of Augsburg in 1566, where the Palatinate's Reformed faith was challenged by other German princes. Later, in the early years of the Thirty Years' War, which began in 1618, the Palatinate was devastated and its Reformed leadership was driven out. But the catechism was already in the hands of the people.

Objections et réponsesObjections and Our Answers

Objection : Les huguenots et les Néerlandais se sont rebellés contre leurs dirigeants, et Romains 13 l'interdit.Objection: The Huguenots and the Dutch rebelled against their rulers, and Romans 13 forbids it.

Paul écrit en Romains 13.1-2 que toute personne doit être soumise aux autorités supérieures, puisque les autorités sont établies par Dieu. Certains historiens et beaucoup de chrétiens disent que les guerres et les révoltes réformées contredisaient cet enseignement, et que la résistance réformée a nui à l'Évangile. Pierre ordonne aussi d'honorer le roi (1 Pierre 2.17).Paul writes in Romans 13:1-2 that every person should be subject to the governing authorities, since authorities are appointed by God. Some historians and many Christians say that the Reformed wars and revolts contradicted this teaching, and that Reformed resistance harmed the gospel. Peter also commands us to honor the king (1 Peter 2:17).

Notre réponse. Romains 13 enseigne que les dirigeants sont des serviteurs de Dieu pour le bien du peuple, et que les chrétiens doivent ordinairement obéir. Mais la même Bible montre que l'obéissance a des limites. Quand les autorités commandent ce que Dieu défend, les apôtres répondirent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes » (Actes 5.29). Les premiers huguenots souffrirent le plus souvent sans combattre. Plus tard, après le massacre de la Saint-Barthélemy, le livre de Théodore de Bèze, Du droit des magistrats (1574), soutint que les magistrats inférieurs, tels que les nobles et les magistrats des villes, ont le devoir de défendre le peuple contre un dirigeant qui commet la tyrannie, et que les particuliers ne doivent pas prendre les armes. Cet enseignement plaçait la résistance entre les mains d'officiers légitimes, et non d'individus. Dans le cas néerlandais, Guillaume d'Orange et les États agirent en officiers légitimes. Nous admettons aussi que tous les actes de guerre du côté protestant n'étaient pas justes, et que la principale arme de l'Église est la Parole (2 Corinthiens 10.4). Le verset clé nous rappelle que la fidélité jusqu'à la mort, et non la victoire militaire, est la vocation de l'Église.Our answer. Romans 13 teaches that rulers are God's servants for the good of the people, and that Christians should ordinarily obey. But the same Bible shows that obedience has limits. When the authorities command what God forbids, the apostles answered, "We ought to obey God rather than men" (Acts 5:29). The early Huguenots mostly suffered without fighting. Later, after the St. Bartholomew massacre, Theodore Beza's book On the Right of Magistrates (1574) argued that lower officials, such as nobles and city magistrates, have a duty to defend the people against a ruler who commits tyranny, and that private persons should not take up arms. This teaching placed resistance in the hands of lawful officers, not individuals. In the Dutch case, William of Orange and the Estates acted as lawful officials. We also admit that not every act of war on the Protestant side was just, and that the church's main weapon is the Word (2 Corinthians 10:4). The key verse reminds us that faithfulness unto death, not military victory, is the church's calling.

Objection : La cause réformée dans ces pays était en réalité une affaire de politique, et non de foi.Objection: The Reformed cause in these lands was really about politics, not faith.

Certains historiens soutiennent que des nobles en France et des marchands aux Pays-Bas se sont servis de la religion pour accroître leur propre pouvoir ou leur richesse, et que les guerres étaient principalement politiques.Some historians argue that nobles in France and merchants in the Netherlands used religion to advance their own power or wealth, and that the wars were mainly political.

Notre réponse. La politique et la religion étaient liées au seizième siècle, et certaines personnes avaient des motifs mêlés. Les historiens ont raison de le dire. Mais des croyants ordinaires, des pasteurs et des martyrs comme Guido de Brès sont morts pour ce qu'ils croyaient, et ils refusèrent de renier leur foi alors qu'ils auraient pu se sauver. Les confessions qu'ils ont écrites sont des déclarations de foi, et non des programmes politiques. Ils furent aussi persécutés pour la foi. Ce serait une erreur de dire que la conviction n'a joué aucun rôle.Our answer. Politics and religion were joined in the sixteenth century, and some people had mixed motives. Historians are right to say so. But ordinary believers, pastors and martyrs like Guido de Brès died for what they believed, and they refused to deny their faith when they could have saved themselves. The confessions they wrote are statements of faith, not political programs. They were also persecuted for the faith. It would be a mistake to say that conviction played no part.

Application pastoralePastoral Application

Un pasteur sert une petite congrégation presbytérienne dans une ville où les évangéliques sont une minorité et subissent souvent la pression de leurs voisins et de leurs proches. Une jeune femme de la congrégation lui dit que sa famille lui a demandé de cesser de venir, et qu'elle est tentée de cacher sa foi pour garder la paix.A pastor serves a small Presbyterian congregation in a town where evangelicals are a minority and often face pressure from neighbors and relatives. A young woman in the congregation tells him that her family has asked her to stop attending, and that she is tempted to keep her faith hidden to keep peace.

Le pasteur ne la réprimande pas. D'abord, il l'écoute attentivement et demande ce que sa famille craint exactement. Ensuite, il lit avec elle Apocalypse 2.10, et lui raconte brièvement comment des familles huguenotes en France adoraient en secret et s'attachaient à leur foi sous la pression, et comment le Catéchisme de Heidelberg leur parlait de consolation. Troisièmement, il lui demande de lire la première question du catéchisme et d'en apprendre la réponse par cœur. Quatrièmement, il ne lui dit pas d'être fière ou provocante. Il l'encourage à être respectueuse et honnête à la maison, à prier pour sa famille et à apporter ses questions aux anciens, qui se tiendront à ses côtés. Il l'assure que la congrégation priera pour elle nommément.The pastor does not scold her. First, he listens carefully and asks what exactly her family fears. Second, he reads with her Revelation 2:10, and tells her briefly how Huguenot families in France worshiped in secret and held on to their faith under pressure, and how the Heidelberg Catechism spoke to them of comfort. Third, he asks her to read the first question of the catechism and to learn the answer by heart. Fourth, he does not tell her to be proud or defiant. He encourages her to be respectful and honest at home, to pray for her family, and to bring her questions to the elders, who will stand with her. He assures her that the congregation will pray for her by name.

RésuméSummary

La foi réformée se répandit par les livres, par les personnes et par les confessions de foi. En France, les huguenots tinrent un synode national en 1559, adoptèrent la Confession gallicane, se gouvernèrent par des consistoires et des synodes, endurèrent le massacre de la Saint-Barthélemy de 1572, obtinrent l'édit de Nantes en 1598 et le perdirent en 1685. Aux Pays-Bas, Guido de Brès écrivit la Confession belge en 1561 et fut pendu en 1567 ; la révolte contre l'Espagne, le synode d'Emden en 1571 et l'Union d'Utrecht en 1579 façonnèrent l'Église réformée néerlandaise. En Hongrie, le synode de Debrecen adopta la Seconde Confession helvétique en 1567, et la Bible de Károli fut imprimée à Vizsoly en 1590. Dans le Palatinat, l'électeur Frédéric III commanda le Catéchisme de Heidelberg de 1563, avec ses 129 questions sur la culpabilité, la grâce et la gratitude. Nous répondons à l'objection sur Romains 13 en rappelant la limite posée par Actes 5.29 et l'enseignement de Bèze sur les magistrats légitimes. Nous nous souvenons que la fidélité jusqu'à la mort est la vocation de l'Église.The Reformed faith spread by books, by people and by confessions. In France the Huguenots held a national synod in 1559, adopted the Gallic Confession, governed themselves by consistories and synods, endured the Saint Bartholomew's Day massacre of 1572, gained the Edict of Nantes in 1598, and lost it in 1685. In the Netherlands, Guido de Brès wrote the Belgic Confession in 1561 and was hanged in 1567; the revolt against Spain, the Synod of Emden in 1571 and the Union of Utrecht in 1579 shaped the Dutch Reformed Church. In Hungary, the Synod of Debrecen adopted the Second Helvetic Confession in 1567, and Károli's Bible was printed at Vizsoly in 1590. In the Palatinate, Elector Frederick III commissioned the Heidelberg Catechism of 1563, with its 129 questions on guilt, grace and gratitude. We answer the objection about Romans 13 by noting the limit set by Acts 5:29 and Beza's teaching on lawful magistrates. We remember that faithfulness unto death is the church's calling.

Pour aller plus loinFurther Reading

• La Confession gallicane (française) (1559).• The Gallic (French) Confession (1559).

• La Confession belge (1561).• The Belgic Confession (1561).

• Le Catéchisme de Heidelberg (1563), une source primaire et la meilleure porte d'entrée dans cette unité.• The Heidelberg Catechism (1563), a primary source and the best entrance to this unit.

• La Seconde Confession helvétique (1566).• The Second Helvetic Confession (1566).

• Zacharie Ursinus, Commentary on the Heidelberg Catechism (« Commentaire du Catéchisme de Heidelberg »), une exposition réformée classique.• Zacharias Ursinus, Commentary on the Heidelberg Catechism, a classic Reformed exposition.

• Théodore de Bèze, On the Right of Magistrates (1574) (« Du droit des magistrats »), une source primaire sur la résistance.• Theodore Beza, On the Right of Magistrates (1574), a primary source on resistance.

• Jean Calvin, Institutes of the Christian Religion (« Institution de la religion chrétienne »), livre 4, chapitre 20, sur le gouvernement civil (traduction de Beveridge, 1845).• John Calvin, Institutes of the Christian Religion, Book 4, chapter 20, on civil government (Beveridge translation, 1845).

Examen de l’unité 4Unit 4 Exam

Parcours certificat : les 20 questions à choix multiples. Associé : ajoutez les 10 phrases à compléter. Parcours de master : ajoutez les 10 questions à réponse courte.Certificate track: the 20 multiple-choice questions. Associate track: add the 10 fill-in-the-blank questions. Master’s tracks: add the 10 short-answer questions.

📖 Lectures du cours — obligatoires et avec mention
Certificat et diplôme associé : la mention est facultative. Lisez trois des cinq textes pour la mention ; aucun examen distinct des lectures obligatoires n’est exigé.

M.Div. et Th.M. : les cinq lectures assignées font partie du cours. Leur examen distinct est obligatoire après son activation ; consultez sa page pour la règle en vigueur. La mention reste facultative et ne remplace pas l’examen.

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